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JT de l’or – Comment les autorités procèdent pour créer une nouvelle crise ?

« Je vous explique pourquoi certains ont décidé de créer une nouvelle crise. Non en fait je ne sais pas pourquoi, mais je sais comment ils vont s’y prendre… Celui qui achète aujourd’hui des actions en bourse est SUICIDAIRE ! L’Or anticipe déjà l’insolvabilité du système. ATTENTION, surveillez bien l’évolution de la courbe des taux d’intérêt car c’est la clé de tout ce qui va se passer ! »

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Une nouvelle étude suggère que les micro-ondes pourraient être aussi nuisibles pour l’environnement que des millions de voitures

Une nouvelle étude suggère que les micro-ondes pourraient être aussi nuisibles pour l'environnement que des millions de voitures (University of Manchester)

 

L’utilisation des micro-ondes dans toute l’UE émet à elle seule autant de dioxyde de carbone que près de sept millions de voitures, selon une nouvelle étude de l’Université de Manchester.

Les chercheurs de l’Université ont réalisé la toute première étude approfondie sur les impacts environnementaux des micro-ondes, en tenant compte de tout leur cycle de vie, du « berceau à la tombe ».

 

L’étude a révélé :

Les micro-ondes émettent 7,7 millions de tonnes d’équivalent dioxyde de carbone par an dans l’UE. Cela équivaut aux émissions annuelles de 6,8 millions de voitures.
Les micro-ondes dans l’UE consomment environ 9,4 térawatts d’électricité par heure (TWh) chaque année. Cela équivaut à l’électricité annuelle produite par trois grandes centrales au gaz.
Les efforts visant à réduire la consommation devraient être axés sur l’amélioration de la sensibilisation et du comportement des consommateurs afin qu’ils utilisent les appareils plus efficacement.

Les micro-ondes représentent le plus grand pourcentage des ventes de tous les types de fours dans l’Union européenne (UE), avec des chiffres qui devraient atteindre près de 135 millions d’ici 2020. Malgré cela, l’ampleur de leurs impacts sur l’environnement n’était pas encore connue.

L’étude a utilisé l’analyse du cycle de vie (ACV) pour estimer les impacts des micro-ondes, en tenant compte de leur fabrication, de leur utilisation et de la gestion des déchets en fin de vie. Au total, l’équipe de recherche a étudié 12 facteurs environnementaux différents, dont le changement climatique, l’épuisement des ressources naturelles et la toxicité écologique. Ils ont constaté, par exemple, que les micro-ondes utilisées dans toute l’UE émettent 7,7 millions de tonnes d’équivalent dioxyde de carbone par an. Cela équivaut à l’émission annuelle de 6,8 millions de voitures.

La recherche montre que les principaux « points chauds » environnementaux sont les matériaux utilisés pour la fabrication des micro-ondes, le processus de fabrication et la gestion des déchets en fin de vie. Par exemple, le processus de fabrication à lui seul contribue à plus de 20 % à l’épuisement des ressources naturelles et au changement climatique.

Toutefois, c’est la consommation d’électricité par micro-ondes qui a le plus grand impact sur l’environnement, compte tenu de son cycle de vie complet, de la production de combustibles à la production d’électricité. Au total, les micro-ondes dans l’UE consomment environ 9,4 térawatts d’électricité par heure (TWh) chaque année. Cela équivaut à la production annuelle d’électricité de trois grandes centrales à gaz.

L’étude a révélé qu’en moyenne, un micro-ondes individuel consomme 573 kilowattheures (kWh) d’électricité sur une durée de vie de huit ans. Cela équivaut à l’électricité consommée par une ampoule LED de 7 watts, laissée allumée en continu pendant près de neuf ans. En dépit du fait que les micro-ondes passent plus de 90 % de leur vie en mode veille.

Les auteurs de l’étude suggèrent que les efforts visant à réduire la consommation devraient se concentrer sur l’amélioration de la sensibilisation et du comportement des consommateurs afin d’utiliser les appareils plus efficacement. Par exemple, la consommation d’électricité par micro-ondes peut être réduite en ajustant le temps de cuisson au type d’aliment.

Les déchets constituent un autre problème majeur. En raison de leur coût relativement faible et de leur facilité de fabrication, les consommateurs rejettent plus d’équipements électriques et électroniques (EE) que jamais auparavant, y compris les micro-ondes.

En 2005, dans toute l’UE, 184 000 tonnes de déchets électriques et électroniques ont été produits à partir de micro-ondes rejetées. D’ici 2025, on estime que ce chiffre passera à 195 000 tonnes, soit 16 millions d’unités individuelles envoyées pour élimination.

Dr. Alejandro Gallego-Schmid, de l’École de génie chimique et des sciences analytiques, explique : « Les développements technologiques rapides et la chute des prix poussent à l’achat d’appareils électriques et électroniques en Europe.

« Les consommateurs ont maintenant tendance à acheter de nouveaux appareils avant que les appareils existants n’atteignent la fin de leur durée de vie utile, car les produits électroniques sont devenus des articles à la mode et de « statut ».

« Par conséquent, les équipements électriques mis au rebut, comme les micro-ondes, sont l’un des flux de déchets qui croissent le plus rapidement dans le monde. »

La réduction de la durée de vie des micro-ondes est un autre facteur important qui contribue aux déchets. Il est maintenant près de sept ans plus court qu’il y a près de 20 ans. Les recherches montrent que le cycle de vie d’un micro-ondes est passé d’environ 10 à 15 ans à la fin des années 90 à six ou huit ans aujourd’hui.

M. Gallego-Schmid ajoute : « Étant donné que les micro-ondes représentent le plus grand pourcentage des ventes de tous les types de fours dans l’UE, il est de plus en plus important de commencer à examiner leur impact sur l’utilisation des ressources et les déchets en fin de vie ».

L’étude montre également que la réglementation existante ne suffira pas à réduire les impacts environnementaux des micro-ondes. Il recommande d’élaborer des règlements spécifiques pour ces dispositifs visant leur conception. Cela contribuera à réduire la quantité de ressources utilisées pour produire des micro-ondes et les déchets générés en fin de vie.

Référence

Alejandro Gallego-Schmid, Joan Manuel F. Mendoza, Adisa Azapagic, Science of the Total Environment DOI: 10.1016/j. scitotenv. 2017.11.064 « Environmental assessment of microwaves and the effect of the European energy efficiency and waste management legislation ».

Energie

L’énergie est l’un des phares de la recherche de l’Université de Manchester – exemples de découvertes pionnières, de collaboration interdisciplinaire et de partenariats intersectoriels qui s’attaquent à quelques-unes des plus grandes questions auxquelles la planète est confrontée. #ResearchBeacons

* Avec DeepL.com

 

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Votre voiture, une nouvelle occasion de vous espionner

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Il n’y a pas que vos smartphones qui vous observent. Vos voitures aussi sont bien placées pour suivre désormais le moindre de vos mouvements. Et les données récoltées représentent un sacré marché pour les constructeurs automobiles.

Titine is watching you. Lorsque vous allez au supermarché, que vous rentrez chez vous ou que vous vous rendez au travail, la plupart des nouveaux modèles de voitures collectent des données sur vos déplacements et vos préférences. Votre vitesse, le nombre de fois où vous faites le plein, jusqu’au moindre de vos coups de freins : elle sait potentiellement tout de vous.

Alors certes, les ordinateurs dans nos voitures ne datent pas d’hier. Les systèmes informatiques y ont été intégrés depuis les années 60. Mais ils servaient jusqu’à présent de simple boîte noire, permettant surtout de diagnostiquer les pannes. Désormais, ces données se font plus précises, plus variées et donc plus volumineuses. « Votre véhicule récolte deux sortes de données sur votre compte, nous explique Alain Bensoussan, avocat spécialiste du droit du numérique et des technologies avancées. D’abord, des données non-nominatives, comme le taux d’usure de vos pneus. Ensuite, des données nominatives, comme votre localisation ou encore vos informations dites ‘d’entertainment’, comme la musique que vous pouvez acheter« .

70% des nouvelles voitures

Surtout, ces données sont maintenant extraites des véhicules. « Au même titre qu’un smartphone, la voiture connectée va de plus en plus livrer des informations relatives à nos habitudes« , poursuit Alain Bensoussan. Selon une autre étude relayée dans le Washington Post d’ABI Research, une entreprise spécialisée dans l’analyse d’informations économiques, 78 millions d’automobiles en circulation sont déjà équipées d’une connexion Internet. D’ici à 2020, anticipe Gartner, 70% des nouvelles voitures vendues aux Etats-Unis et en Europe seront connectées. La masse de données collectées par ces véhicules sera donc immense.

Et pour les constructeurs automobiles, ces informations sont précieuses. Ils arguent qu’elles servent à augmenter la performance et la sécurité des véhicules. A terme, promettent-ils, la collecte de nos données leur permettra de réduire le nombre d’accidents sur la route. « Cette fonctionnalité peut permettre au constructeur d’envoyer des informations à l’automobiliste, confirme Alain Bensoussan.Par exemple, vous prévenir que votre voiture à plus de 20.000 km mais que vous n’avez pas fait votre révision et que vos plaquettes de frein risquent d’être dangereuses« .

Mais ces données accumulées sur vous, les firmes automobiles peuvent aussi… les revendre. Car dans la majorité des cas, vous avez donné votre accord. En effet, si les constructeurs automobiles assurent ne collecter les données de leurs utilisateurs qu’avec le consentement explicite de ceux-ci, au même titre que les conditions d’utilisation des réseaux sociaux, cet accord est souvent donné sans que l’utilisateur en mesure la portée. « En règle générale, la vente des données personnelles est noyée dans le consentement général d’achat du produit, et le consommateur donne son accord sans en avoir conscience », indique Alain Bensoussan. Une manne pour l’industrie automobile : les données récoltées sur les véhicules connectés pourraient valoir près de 750 milliards de dollars d’ici à 2030.

Un nouveau règlement en 2018

Un commerce si juteux que dès à présent, des compagnies se spécialisent dans l’extraction de vos données automobiles. La marque Volvo admet ainsi explicitement faire appel à un sous-traitant pour traiter les données de ses utilisateurs. Des groupes industriels comme Hewlett Packard ont créé une branche spécialement dédiée à la gestion et au partage des données de conducteurs avec les constructeurs. Les start-ups Otonomo ou Caruso, par exemple, s’occupent du traitement des données récoltées : elles les récupèrent, les trient et aident les constructeurs automobiles à les revendre à des annonceurs.

En octobre dernier, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a dû publier un guide des bonnes pratiques à destination des constructeurs automobiles. « Il fallait leur faire comprendre que les données techniques automobiles ont en réalité un caractère personnel, puisque les individus concernés sont identifiables via le numéro de châssis », expliquait alors aux EchosJoanna Masson, juriste de la Cnil responsable du sujet. D’autant que la législation sur les données personnelles va se renforcer en Europe cette année, avec l’entrée en application en mai d’un nouveau règlement européen. « Les constructeurs automobiles comme les réseaux sociaux seront obligés de demander clairement, et à part, la permission de vendre des données du consommateur« , précise Alain Bensoussan. Pour qu’enfin nous soyons tous responsables.

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Publié par le 18 janvier 2018 dans Education - information, général, Nouvel ordre mondial

 

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Êtes-vous prêt pour une nouvelle série d’exterminations de masses ?

Êtes-vous prêt pour une nouvelle série d’exterminations de masses ?
Voici la grande « pulsation » des exterminations de masse survenues au cours du XXe siècle (graphique créé par Rummel). Selon ce tableau, 262 millions de personnes ont été exterminées au cours du siècle dernier, principalement par les gouvernements dans une série d’actions que Rummel définit comme des « démocides ». La question est : « est-ce que quelque chose de similaire pourrait se produire dans le futur ? » Il s’avère que les exterminations de masse sont comme des tremblements de terre, leur occurrence ne peut pas être prédite exactement ; mais nous pouvons estimer la probabilité d’un événement d’une certaine taille à se produire. Et plus le temps passe, plus il est probable qu’une nouvelle impulsion d’exterminations massives se produise.

Dans cette analyse exclusive qui donne à réfléchir, le professeur Ugo Bardi dissèque les statistiques historiques sur la guerre pour décoder les modèles de violence du passé et découvrir ce que cela dit de notre présent – et de notre avenir. Il met en garde car les données statistiques suggèrent que nous sommes sur le point de nous engager dans une nouvelle série de guerres majeures entraînant potentiellement des exterminations massives à une échelle qui pourrait rivaliser avec ce que nous avons vu au début du XXe siècle. L’avertissement de Bardi, qui n’est pas un simple avertissement catastrophiste, est basé sur une évaluation minutieuse des tendances statistiques dans les données. Cependant, un tel avenir n’est pas gravé dans le marbre car pour la première fois nous sommes capables d’évaluer notre passé pour discerner ces modèles, d’une manière que nous ne pouvions pas faire auparavant. Peut-être, alors, le chemin pour se libérer des schémas du passé reste ouvert. La question est : qu’allons-nous faire de cette information ?

Les humains sont des créatures dangereuses ; c’est clair. Au cours du XXe siècle, environ un milliard d’humains ont été tués, directement ou indirectement, par d’autres humains.

Tous ces meurtres n’étaient pas intentionnels, mais une bonne partie, notamment les 262 millions de personnes tuées dans ce que Rummel appelle des « démocides », ont été des exterminations d’un grand nombre de personnes organisées par des gouvernements pour des raisons politiques, raciales ou généralement sectaires.

Si l’on ajoute le nombre de personnes assassinées au coup par coup (peut-être 177 millions au cours du XXe siècle), on arrive à un total de près d’un demi-milliard de personnes tuées sous le coup de la colère par d’autres personnes.

Considérant que près de 5 milliards de personnes sont mortes au cours du XXe siècle, nous pouvons dire que pendant ce siècle la probabilité de mourir tué par une autre personne était d’environ 10%. Pas mal pour des créatures qui prétendent avoir été créées à l’image d’un Dieu bienveillant.

Aucun autre vertébré sur Terre ne peut prétendre avoir fait quoi que ce soit de comparable, même si les chimpanzés et autres singes peuvent être cruels avec leurs parents et s’engager dans des escarmouches que nous pourrions définir comme des guerres à petite échelle.

Aujourd’hui, en comparaison avec le turbulent milieu du XXe siècle, nous semblons vivre une période relativement calme et Steven Pinker a soutenu que notre époque l’est particulièrement par rapport au passé (bien que le sens de calme puisse être sujet à débat ). Mais il y a une grande question : combien de temps durera la trêve ?

C’est, bien sûr, une question très difficile, c’est le moins que l’on puisse dire. Néanmoins, un bon moyen de se préparer à l’avenir est de regarder les tendances passées. Dans le cas des exterminations de masse, les données historiques sont rares et peu fiables, mais nous en avons. Un catalogue des conflits est produit par Peter Brecke et il contient des informations sur 3 708 conflits, remontant au XVe siècle. C’est un bon endroit pour commencer.

Les données sur les « Fatalités de guerre » du catalogue des conflits incluent les victimes civiles et militaires, même si elles ne semblent pas inclure les exterminations de masse qui n’impliquent pas d’opération militaire – par exemple l’extermination des Amérindiens en Amérique du Nord. Néanmoins, c’est un ensemble de données fascinant. Les voici.

Vous voyez que le graphique est dominé par les guerres du XXe siècle, avec la Seconde Guerre mondiale marquant un maximum historique. Cela ne signifie pas que les temps antérieurs étaient plus calmes : zoomons sur les données en les traçant sur une échelle qui agrandit les barres de données d’un facteur 10.

Maintenant, vous voyez mieux les éclats de guerre dans le passé, y compris la guerre de Trente Ans au début et au milieu des années 1600, ainsi que la Révolution française et les guerres napoléoniennes à la fin des années 1700 et au début des années 1800.

Maintenant, zoomons sur un autre facteur de 10, et voyons le résultat :

Les périodes qui semblaient tranquilles ne semblent plus si calmes, après tout. La guerre semble être endémique (et parfois épidémique) dans l’histoire de l’humanité, du moins au cours des six derniers siècles.

Alors, que pouvons-nous dire à propos de ces données ?

Un premier point est l’augmentation apparente de l’intensité avec le temps. Mais les données ne sont pas corrigées pour la croissance de la population, ce qui semble être un facteur clé expliquant la tendance à la hausse.

Par exemple, l’impulsion mondiale de démocides du XXe siècle a provoqué 260 millions de victimes pour une population mondiale d’environ 2,5 milliards de personnes. La guerre de Trente Ans en Europe, au cours du XVIIe siècle, a causé la mort d’environ 8 millions de personnes dans la population européenne qui, à l’époque, était de 80 millions. Le ratio est presque le même dans les deux cas : environ une personne sur dix a été tuée. Il semble que l’intensité et le taux des impulsions des conflits majeurs sont approximativement constants proportionnellement à la population.

Est-ce que nous y voyons alors une preuve d’une périodicité des données ? Apparemment pas dans les données ci-dessus. Mais nous pourrions essayer de lisser la courbe en faisant la moyenne. Voici les résultats présentés dans un tracé réalisé par « OurWorldInData ». Ces données sont les mêmes que celles que j’ai tracées auparavant, mais sur une échelle logarithmique. Les données ont également été lissées et le résultat est représenté par la ligne rouge.

Les morts dans le monde durant des conflits depuis l’an 1400 – Max Roser

Les morts dans le monde durant des conflits depuis l’an 1400 – Max Roser

À première vue, ce graphique semble indiquer une périodicité d’environ 50 ans, mais ce n’est peut-être pas vrai. Regardez bien : les cycles n’ont pas tous la même durée.

Ainsi, les oscillations sont probablement principalement un artefact du lissage. En réalité, les exterminations de masse ne semblent pas être cycliques. Au contraire, elles semblent suivre une « loi de puissance » – c’est-à-dire que leur probabilité est inversement proportionnelle à leur taille (Roberts et Turcotte (1998) et Gonzalez-Val Rafael (2014)).

C’est un résultat que nous devons prendre avec précaution car les données sont incertaines et peu fiables, notamment sur de longues périodes. Mais cela semble raisonnable : cela place les guerres dans la même catégorie que les feux de forêts, les avalanches, les glissements de terrain, les tremblements de terre, etc.

Tous ces événements ont une caractéristique commune : les grands événements sont déclenchés par de petits événements. Un galet roulant peut générer un glissement de terrain tandis qu’une cigarette allumée abandonnée peut générer un feu de forêt. Il en est de même pour les guerres, où la tendance des petites guerres à générer de grandes guerres est appelée « escalade ».

Ces événements ont tendance à suivre les « lois de puissance ». Cela signifie que les grandes guerres sont moins probables que les petites. Mais nous ne pouvons pas dire quand une nouvelle guerre va commencer, ni son intensité. C’est la même chose pour les tremblements de terre. C’est cette incertitude qui rend les tremblements de terre (et les guerres) si destructeurs et si difficiles à gérer.

Cela signifie que, statistiquement, une nouvelle impulsion d’extermination peut commencer à tout moment et que plus le temps passe, plus il est probable que cela va commencer. En effet, si nous étudions seulement un peu les événements qui ont conduit au démocide du XXesiècle que nous appelons la Seconde Guerre mondiale, vous pouvez voir que nous allons exactement dans le même sens.

Nous assistons à la montée de la haine, de la violence, du racisme, du fascisme, des dictatures, des inégalités croissantes, des idéologies sectaires, du nettoyage ethnique, de l’oppression et de la diabolisation de divers « sous-hommes » modernes. Tout cela peut être considéré comme le précurseur d’un nouvel engagement vers une guerre à venir.

Nous voyons déjà un arc de démocides qui commence en Afrique du Nord et continue le long du Moyen-Orient, jusqu’en Afghanistan et qui pourrait bientôt s’étendre à la Corée. Nous ne pouvons pas dire si ces démocides relativement limités vont se fondre en un autre beaucoup plus grand, mais ils peuvent devenir le déclencheur qui génère une nouvelle impulsion gigantesque d’exterminations massives.

Si la proportionnalité de la taille du démocide avec celle de la population tient, nous devrions tenir compte du fait qu’aujourd’hui, il y a trois fois plus de personnes dans le monde qu’il n’y en avait au moment de la Seconde Guerre mondiale. Le démocide du XXIe siècle qui en résulterait pourrait donc impliquer quelque chose entre un demi-milliard et un milliard de victimes, voire plus ; d’autant plus que cette fois les armes nucléaires pourraient être utilisées à grande échelle.

Pouvons-nous faire quelque chose pour éviter ce résultat ? Selon Rudolph Rummel (1932-2014), qui a étudié les guerres tout au long de sa vie, les démocraties sont beaucoup moins susceptibles que les dictatures de s’engager dans des guerres. Dans cette interprétation, promouvoir la démocratie pourrait être un bon moyen d’éviter les guerres.

C’est discutable : on peut s’interroger sur la mesure dans laquelle les démocraties occidentales se sont vraiment abstenues de s’engager dans des guerres. Ou nous pourrions dire qu’une démocratie saine est une propriété émergente d’une société saine, tout comme la guerre est une propriété émergente d’une société malade.

Ainsi, lorsqu’une société tombe malade, appauvrie, divisée et violente, elle se débarrasse de la démocratie et s’engage dans la guerre. Il semble que ce soit exactement ce qui nous arrive de nos jours : nous affaiblissons et rejetons la démocratie, et nous nous préparons à une nouvelle vague d’exterminations massives.

Les 50 dernières années de calme relatif, du moins entre les États occidentaux, nous ont peut-être fait croire que nous sommes entrés dans une nouvelle ère de « paix longue ». Mais cela n’a peut-être été qu’une illusion si l’on considère les éruptions continues de la guerre sur le demi-millénaire écoulé. Les guerres semblent être trop inextricablement liées à la nature humaine pour être arrêtables avec de simples slogans et de la bonne volonté. Théoriquement, tout le monde est contre la guerre, mais quand les drapeaux commencent à s’agiter, la raison semble s’envoler avec le vent.

Pourtant, il y a plus à dire sur ces tendances. On dit souvent que toutes les guerres sont pour des ressources, mais ce n’est peut-être pas vrai. Les guerres ont besoin de ressources. On pourrait dire que les ressources génèrent des guerres, plutôt que le contraire. Ainsi, le grand cycle croissant des démocides du dernier demi-millénaire s’est déroulé dans un contexte d’accumulation croissante de population et de richesse. Cela a permis de construire et de maintenir l’appareil social et militaire nécessaire pour faire la guerre.

Mais maintenant ? De toute évidence, nous assistons au début d’une phase de diminution de la disponibilité des ressources. Les ressources minérales sont de plus en plus chères, les terres arables épuisent rapidement leurs éléments nutritifs, l’atmosphère est empoisonnée et le climat change rapidement de manière à nuire à l’humanité à des niveaux que nous ne pouvons même pas imaginer aujourd’hui. Il y a de moins en moins de surplus à investir dans les guerres.

Bien sûr, il y a encore beaucoup de raisons de se faire la guerre les uns contre les autres ; en particulier de prendre le contrôle des ressources restantes. Et il est également vrai que les democides n’ont pas besoin d’être chers. Certains démocides récents, comme celui qui a eu lieu au Rwanda en 1994, n’ont pas exigé d’armes plus sophistiquées que des machettes. Ensuite, il peut être encore plus facile de concevoir un démocide en refusant une assistance médicale à bas prix aux pauvres.

Pourtant, il reste de grandes incertitudes alors que nous passons de l’autre côté du grand cycle de ce que nous appelons la « civilisation industrielle » qui a duré plusieurs siècles.

Alors que les guerres et les exterminations étaient une caractéristique commune de la phase croissante du cycle, le seront-elles également en phase de déclin ? Nous ne pouvons pas le dire. Ce que l’avenir nous apportera, seul l’avenir nous le dira.

Mais pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, nous sommes capables de regarder le passé avec un oeil acéré qui peut nous informer des schémas de comportement que nous projetons sur cet avenir – ainsi, pour la première fois peut-être, nous pouvons apprendre collectivement des leçons de notre passé pour créer un avenir avec des modèles quelque peu différents.

Ugo Bardi

Source CassandraLegacy

Note du Saker Francophone

Notons que Ugo Bardi, lié formellement au Club de Rome, est sans doute influencé, à défaut d’y être impliqué, par la pensée globaliste et l’idée d’un gouvernement mondial transpire dans ces analyses. Il a raison de critiquer la démocratie qui est aussi un facteur de guerre, encore faudrait-il se mettre d’accord sur ce que le mot démocratie veut dire. Les avis des peuples dans les pays dit démocratiques sont régulièrement bafoués.

Il est regrettable qu’Ugo ne creuse pas un petit peu pour se demander si des gens mal intentionnés ne passeraient pas leur temps à vouloir prendre le contrôle des États pour ensuite organiser ou permettre toutes ces guerres. Mais au delà de ces articles un peu apocalyptique, il pose quand même de bonnes questions.

Ugo Bardi est professeur de chimie physique à l’Université de Florence, en Italie. Ses intérêts de recherche englobent l’épuisement des ressources, la modélisation de la dynamique des systèmes, la science du climat et les énergies renouvelables. Il est membre du comité scientifique de l’ASPO (Association pour l’étude du pic pétrolier) et des blogs en anglais sur ces sujets à « Cassandra’s Legacy ». Il est l’auteur du rapport du Club de Rome, Extrait : « Comment la quête de la richesse minière mondiale pille la planète » (Chelsea Green, 2014) et « Les limites de la croissance revisitées » (Springer, 2011), parmi de nombreuses autres publications savantes.

Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

via:http://lesakerfrancophone.fr/etes-vous-pret-pour-une-nouvelle-serie-dexterminations-de-masses

 
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Publié par le 17 décembre 2017 dans général, société

 

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Superbe Docu – Le jeûne, une nouvelle thérapie

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Dans les pays occidentaux, les cas de diabète, d’hypertension, d’obésité, de cancers se multiplient et la consommation de médicaments explose. Et s’il existait une autre voie thérapeutique ? Depuis un demi-siècle, en Russie, en Allemagne et aux États-Unis, des médecins et des biologistes explorent une autre piste : le jeûne

Voir la vidéo ici 

 

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Une science sans éthique : Allons-nous vers une nouvelle humanité ?

Une science sans éthique: Allons-nous vers une nouvelle humanité ?
«La science a fait de nous des dieux avant que nous soyons des hommes» (Jean Rostand, biologiste)

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Un scoop qui fait froid dans le dos ! Une équipe de neurochirurgiens, dirigée par le professeur Sergio Canavero, a annoncé avoir réussi à greffer une tête Nous avons, dans une contribution récente, démontré comment l’Homme était devenu une mécanique réparable, et que l’on peut même améliorer sa performance pour en obtenir un homme augmenté. Chacun se souvient que dans les années soixante-dix du siècle dernier le chirurgien sud-africain Chris Barnard avait ouvert «les hostilités» en greffant un cœur d’un homme dans le corps d’un autre ! Cette prouesse révolutionnaire fut saluée dans le monde entier.

C’était en effet l’ouverture d’un vaste champ de la chirurgie réparatrice amenant à «l’homme réparé», comme une voiture où on arrive graduellement à remplacer les pièces défectueuses reculant graduellement les limites de la mort. De proche en proche, après avoir changé graduellement toutes les parties du corps, la frontière entre la machine et l’homme se brouille. On produit alors un   un Iron man, une sorte de Terminator. Après l’homme de plus en plus réparé, voici venir l’homme augmenté avec un certain nombre d’additifs qui boostent son intelligence. Et ces ajouts nous font basculer dans l’homme machine, le cyborg.(1)

Changer de tête à la demande : l’avenir ?

Dans un article paru sur le journal Le Monde, Pierre Barthélémy rapporte une expérience troublante sur la mémoire : «Visant à fabriquer de nouveaux organes pour remplacer ceux qui se révèlent défectueux, la médecine régénératrice est un domaine en pleine expansion. Un domaine qui pose aussi des questions inattendues lorsqu’il touche au cerveau : pour les personnes souffrant d’une maladie neurodégénérative comme la maladie d’Alzheimer, qu’arrivera-t-il aux souvenirs stockés depuis l’enfance lorsqu’on repeuplera le cerveau avec des neurones tout neufs, issus de cellules souches ? Les informations seront-elles perdues comme des archives brûlées ou bien parviendront-elles à être conservées grâce à une sorte de mémoire dynamique en constant remodelage ?» Une expérience fascinante rapportée dans le Journal of Experimental Biology (JEB) : «Une équipe de l’université Tufts (Massachusetts) a montré que quand on coupe la tête à un ver planaire… elle repousse et ne perd rien de sa mémoire antérieure. Cela pose de fait le problème de la localisation de la mémoire et de la définition du cerveau. Ce qui paraît étrange, le croyons-nous, dans cette expérience : est-ce que la mort n’a pas envahi le ver décapité ? Comment la vie du ver a-t-elle survécu dans la tête décapitée et transmise à l’autre corps ? A moins d’admettre qu’il existe ‘‘le souffle divin’’ véhiculé par des cellules souches aussi bien dans la ‘‘queue’’ du ver que dans la ‘‘tête’’. La prouesse est double, non seulement la vie n’a pas disparu, mais de plus, la mémoire est transmise sans défaillance, ce qui relance, dans une certaine mesure, l’inné et l’acquis.»(1)

Une transplantation de tête réalisée chez le singe

On rapporte qu’en 2016, des chirurgiens chinois ont procédé à la transplantation de la tête d’un singe sur un autre primate. C’est la première étape avant d’arriver à l’expérience sur l’homme. : «Le singe aurait été maintenu en vie 20 heures. Selon eux, cette transplantation pourrait être appliquée à un homme tétraplégique ou souffrant d’une maladie génétique musculaire incurable. ‘‘C’est une vraie victoire pour l’humanité’’, s’est félicité Sergio Canavero. L’opération a été principalement réalisée par le professeur Xiaoping Ren, chirurgien du Centre de microchirurgie et de la main, intégré au département d’orthopédie de l’université. En juin 2015, dans le Wall Street Journal, ce dernier affirmait avoir procédé à un millier de greffes de têtes chez les souris. Certaines pouvaient bouger la tête, respirer, ouvrir les yeux et même boire. Toutefois, aucune n’avait survécu plus de quelques minutes.»(2)

Depuis 2013, le chirurgien italien a amélioré son protocole qui s’appelle Heaven (en pratique, les chirurgiens détachent les têtes en maintenant les circulations artérielle et veineuse au moyen de tubes en silicone. Puis ils raboutent la moelle épinière du corps du donneur (vivant, en état de mort cérébrale) avec celle de la tête du receveur au moyen d’une «colle chirurgicale» à base de polyéthylène glycol (un gel de synthèse) et de chitosane, un sucre issu de carapace de crustacé. Cette molécule est censée fusionner les fibres nerveuses (axones) sectionnées. Enfin, une stimulation électrique achève la reconnexion. Parallèlement, le cerveau serait protégé par un produit dont on ne révèle pas le nom. «La réserve essentielle est évidemment d’ordre éthique, pense le professeur Alain Privat, également membre de l’Académie de médecine. Comment le receveur (la tête) va-t-il pouvoir s’approprier ce corps nouveau et sain, quand on voit les difficultés psychologiques qu’ont rencontrées les patients qui ont reçu de nouvelles mains et de nouveaux visages ? De plus, il y a là pour moi une atteinte à la personne, à l’identité, car celle-ci n’est pas uniquement ‘‘localisée’’ dans le cerveau. Je crains que ces chirurgiens ne soient dans la situation des physiciens atomistes dans les années 1930. Je crains aussi qu’on s’approche dangereusement du transhumanisme», poursuit le chercheur. Toutefois, il peut exister une autre manière de voir les choses. Ainsi, en juin 2015, Bernard Devauchelle, professeur de chirurgie maxillo-faciale à l’Université d’Amiens et auteur de la 1re greffe partielle de visage en France en 2005, sans nier l’aspect choquant d’une telle intervention, observait qu’elle pouvait se justifier dans quelques cas très précis. Comme «de venir en aide à un malade bénéficiant de toutes ses facultés cognitives, éprouvant sentiments et émotions, mais atteint d’une maladie héréditaire incurable. Le malade reçoit un ‘‘corps organe’’, provenant d’un donneur volontaire, qui va, en quelque sorte, prolonger la vie d’un homme souffrant, voire permettre sa survie».(2)

Pourra-t-on un jour transplanter un corps humain ?

Le problème se pose différemment quand il s’agit de greffer une tête fonctionnelle sur un corps malade. Pour Bernard Devauchelle, professeur de médecine, auteur de la 1re greffe partielle de visage en France en 2005, «cette opération consisterait en fait à transplanter un corps sur une tête, et non pas l’inverse. Cela a son importance, car il s’agit bien de transplanter – et non pas de greffer, comme on le dit improprement – le corps d’une personne en état de mort cérébrale sur la tête d’une personne malade, atteinte d’une pathologie incurable. (…)» Devant les 150 spécialistes rassemblés au Congrès de l’Académie américaine de chirurgie neurologique et orthopédique qui vient de se tenir à Annapolis (Maryland), Sergio Canavero a assuré, qu’après de nombreux essais chez le rat, il savait ressouder les tissus nerveux de la moelle épinière au moyen d’une «colle biochimique», un mélange de polyéthylène glycol (un gel de synthèse) et de chitosane (un sucre issu de carapace de crustacé), le tout activé par un léger courant électrique.(3)

«Le principe d’une telle intervention pouvant être très choquant pour une grande partie de la population, je pense qu’il faut replacer la question éthique dans son contexte. La justification d’une transplantation de ce type est de venir en aide à un malade atteint d’une maladie héréditaire incurable.

Un malade particulier en ce sens qu’il bénéficie de toutes ses facultés cognitives, qu’il éprouve des sentiments, des émotions… mais qu’il est très fortement handicapé par un corps défaillant, qui dégénère de jour en jour. La question devient alors : qu’est-ce que la vie quand on est pratiquement tétraplégique ? Au même titre que : qu’est-ce qu’une vie sans visage humain (défiguration accidentelle), question que je me pose pratiquement tous les jours.»(3)

«Nous avons réalisé la première transplantation de tête humaine»

Le scoop le 17 novembre : coup de tonnerre ! L’équipe de Xiaoping Ren et Sergio Canavero a réalisé en Chine une transplantation de tête d’un donneur sur le corps d’un receveur, tous deux décédés. Une sorte de répétition générale avant de tenter l’intervention avec un patient receveur vivant.  «La première greffe de tête humaine a été réalisée», a triomphé le neurochirurgien italien Sergio Canavero, lors d’une conférence de presse à Vienne le 17 novembre. «La chirurgie a duré 18 heures. Tout le monde disait que c’était impossible mais cela a été un succès.» L’équipe menée par le professeur chinois Xiaoping Ren de Harbin Medical University (Chine) va publier l’étude dans Surgical Neurology International La publication détaille l’opération qui a consisté à transplanter, pour la première fois au monde, le corps d’un donneur (décédé) sous la tête d’un receveur, décédé également. Car cette opération baptisée chirurgicalement anastomose cephalosomatique (ACS) a été mise en œuvre sur deux cadavres.(4)

Un véritable travail d’orfèvre pour tout reconnecter

Puis, la tête de l’un (receveur) a été reconnectée au corps de l’autre (donneur). Un véritable travail d’orfèvre fait d’anastomoses — sutures — des vaisseaux et des nerfs. Certains nerfs comme les nerfs phréniques qui innervent le diaphragme venaient du donneur. D’autres, comme le nerf vague qui part du cerveau du receveur, ont dû être rabouté à celui du corps pour innerver les organes. Les vaisseaux sanguins aussi ont été reconnectés un à un. Les auteurs précisant que la procédure sur un corps vivant (qui saigne) serait plus longue.
L’autre grand écueil de l’intervention était d’assurer la stabilité de la tête une fois reconnectée pour «assurer une fusion de la moëlle épinière réussie». En fin d’opération une orthèse cervicothoracique a été mise en place. L’opération a duré 18 heures en tout de la première incision au dernier point de suture. Un succès ? Impossible à dire sur des patients décédés. «La description sur cadavre n’a rien d’exceptionnel. Technologiquement, c’est faisable», commente en effet Jocelyne Bloch, professeure de neurochirurgie au Centre hospitalier-universitaire de Lausanne, spécialiste des nouvelles techniques chirurgicales. «Les deux points, stabiliser la tête (par fixation standard de la colonne) et vasculariser tous les territoires du cerveau en continu sont en effet indispensables. Les techniques d’anastomoses des vaisseaux réalisées sont assez ingénieuses».(4)

 Une sorte de répétition générale !

L’objectif ? Une sorte de répétition générale avant de tenter l’intervention avec un patient receveur vivant. «L’ACS est considérée comme la seule option thérapeutique pour un certain groupe de maladies neuromusculaires (comme la maladie de Duchenne ou la sclérose latérale amyotrophique, ndlr) qui jusqu’à présent sont incurables par d’autres moyens», affirment les auteurs en introduction. Selon eux, la connexion de la tête du malade à un nouveau corps, fonctionnel, pourrait leur offrir une chance supplémentaire. En effet, des patients comme Valery Spiridonov souffrant de la maladie de Werdnig-Hoffman, proche de la maladie de Charcot, se disent prêts à être volontaires. «Depuis trop longtemps, la nature nous a dicté ses règles, argumente le truculent Sergio Canavero. Nous sommes entrés dans un âge où nous pouvons prendre notre destin en main. Ça va tout changer.»(4)

Répondant pied à pied aux critiques, l’équipe de Xiaoping Ren poursuit néanmoins son chemin en Chine. Selon leur évaluation, une ACS entière pourrait donc être conduite en moins de 36 heures, anésthésie et hypothermie incluses. «Nous pensons que quatre équipes de quatre chirurgiens est le nombre minimum pour mener à bien l’opération», concluent les chercheurs. Quand ? Pas avant la prochaine étape. Elle consiste à effectuer un échange de tête complet entre des donneurs d’organes en mort cérébrale mais cœur battant.»(4)

Greffe de tête : science et éthique

On peut comprendre que cela ne sera pas simple ! Mais la science avance d’une façon irrésistible. Vouloir l’en empêcher en soulevant des problèmes éthiques ne résiste pas à la réflexion. Trois réponses sont données ci-après, celle du Professeur Devauchemme qui, lui, pense que c’est possible et que cela ne pose pas de problème éthique si c’est un corps que lon greffe sur une tête ; la neuro-chirurgienne Marike Broekman appelle à stopper l’expérience. Quant au Professeur Serges Canaveiro, son avis fait froid dans le dos, il déconstruit ce qui fait de nous humain !

Ainsi, pour le professeur Devauchelle, «il n’y a donc pas là de question éthique particulière. Le corps qui est transplanté est considéré comme un organe : c’est donc un ‘‘corps-organe’’, provenant d’un donneur volontaire et qui va, en quelque sorte, prolonger la vie d’un homme souffrant, voire permettre sa survie. La personnalité, la spécificité, l’unicité de la personne receveuse sont conservées. Mais celle-ci devra s’approprier ce nouveau corps, au même titre qu’un transplanté cardiaque doit prendre conscience et accepter qu’il vît grâce au cœur d’un autre. D’une certaine manière d’ailleurs, il y a peut-être une charge symbolique plus forte encore dans la greffe d’un cœur, siège de l’âme, ou dans un visage, image de l’identité humaine, que dans celle d’un corps»(3).

La neurochirurgienne Marike Broekman, neurochirurgienne de l’Université d’Utrecht (Pays-Bas), actuellement à l’Ecole de médecine de Harvard (Etats-Unis), présidente de l’Ethico-Legal Committee of the European Association of Neurosurgical societies (EANS), est d’un avis contraire, elle lance un cri d’alarme. Cette intervention est contraire à l’éthique.

Elle déclare : «Je suis très inquiète. Nous ne sommes prêts ni techniquement ni psychologiquement. C’est un de nos sujets de préoccupation au comité d’éthique de l’EANS. Il y a beaucoup trop de questions sans réponse (technique, biologique, éthique, psychologiques, etc.) concernant la transplantation de la tête, procédure encore hautement expérimentale. La première des exigences de la recherche est d’apporter une amélioration de la santé ou des connaissances.»(5)

«Je ne peux évidemment pas dire que c’est impossible mais il y a tellement de défis à relever… De plus, il y a des défis psychologiques, éthiques, sociaux, qui requièrent de l’attention avant une telle intervention. (…) Or, s’il existe des données partielles, il n’existe pas d’étude complète de transplantation de tête chez les animaux avec une survie à long terme plus une normalisation de la fonction neurologique. Pour cette raison, nous avons considéré à l’EANS que la transplantation de tête était contraire à l’éthique.(…) Pour que la recherche soit éthique, il faudrait que l’intervention ait un ratio bénéfice/risque positif. Je pense qu’il est bien trop tôt pour effectuer cette expérience dans un proche avenir.»(5)

Interviewé par l’agence d’information Sputnik, le chirurgien italien Sergio Canavero évoque le volet éthique, ainsi que d’autres aspects du projet. «Préparer un homme pour une greffe d’une partie du corps est en réalité beaucoup plus facile que pour une greffe du visage. Parce que notre visage est la façon dont nous nous percevons.

Lorsqu’à l’époque, la première greffe du visage a été évoquée, on soulignait que c’était impossible précisément pour des raisons psychologiques. En réalité, aujourd’hui, après 40 greffes de visage réalisées avec succès, nous savons que les patients s’adaptent à leur nouveau visage, le cerveau s’adapte», signale le médecin(6).

Le chirurgien évoque également les recherches concernant la greffe de cerveau, tout en précisant que ce type d’opérations est interdit en Italie. Selon Sergio Canavero, cela pourrait montrer que la conscience humaine ne se trouve pas dans le cerveau, ce dernier fonctionnant comme un filtre. En effet, le médecin est persuadé que la conscience survit à la mort. «La greffe de tête peut en être une preuve. Comme vous le savez, la tête sera totalement détachée, sans sang ni oxygène. Autrement dit, la tête sera morte de façon clinique et au moment où la tête sera ressuscitée, le patient nous racontera ce qu’il a vu», indique le chirurgien. Selon Sergio Canavero, cette expérience scientifique est extraordinaire parce qu’un homme pourrait découvrir ce qui se passe après la mort.»(6)

 Pourra-t-on un jour greffer un cerveau ? Que resterait-il de notre humanité ?

«Non ! lit-on sur la publication suivante ! Même si l’on s’en tient au seul aspect ‘‘technique’’ du problème, la réponse est négative. Pour qu’il y ait greffe, il faut qu’il y ait formation d’un lien (la cicatrisation impliquant la fabrication de nouvelles cellules nerveuses) entre le cerveau greffé et le réseau de connexions grâce auquel il envoie ses ordres. Or, même si aujourd’hui, on sait que le corps fabrique des cellules nerveuses, ce processus est très lent. Comment dans ces conditions le cerveau pourrait-il assurer sa fonction de chef d’orchestre du corps et donc de toutes ses fonctions vitales ? Et même si ‘’techniquement’’ de telles greffes étaient possibles, les envisager poserait plusieurs problèmes éthiques majeurs. Greffer un cerveau, donc une pensée, un affect sur un corps qui n’est pas le sien, est-ce bien humain ? De nombreux problèmes psychologiques seraient de ce fait à prévoir ! De plus, pour greffer un cerveau, il faut disposer d’un cerveau en état de fonctionner, c’est-à-dire un cerveau vivant. Cela signifie que pour transférer un tel cerveau à un patient dont le cerveau serait détruit et ainsi lui redonner vie, il faudrait tuer quelqu’un. Impensable !»( 7)

Et pourtant ! Rien n’interdit techniquement la faisabilité. Une singularité sur le plan éthique serait d’un vieillard espérant revivre avec un corps jeune. La question est de savoir si la quête de l’immortalité à n’importe quel prix entre dans la mission du médecin ? En fait, dans la quête de l’éternité, la solution finale serait la «copie» de cerveau, soit en recréant la matière grise in vitro, soit en simulant parfaitement sont fonctionnement par un système logiciel et en copiant le «contenu» du cerveau dans ce système. Le Human Brain Project a pour objectif précisément de modéliser le cerveau. La science conquérante envisage de s’emparer de tous les domaines à la fois physique et psychique de l’individu.

Cependant, du point de vue éthique, depuis toujours on pensait que le cœur était le siège du sentiment, de l’émotion et pourtant, du jour au lendemain, la science nous a dit de chercher ailleurs pour placer ce qui dans l’imaginaire, la philosophie, l’éthique et les religions ce «supplément d’âme» qui accompagne le corps. C’est un fait, la science bouscule d’une façon de plus en plus conquérante un certain nombre de «certitudes» avec lesquelles l’homme a vécues depuis l’avènement de l’humanité.

Que deviennent l’âme et l’esprit après la mort ?

On remarque que les sciences ne produisent plus seulement des visions du monde. Elles interviennent dans sa transformation. Ce faisant, elles sont tout autant cible qu’outil de formation de nos valeurs. Une question devient toutefois de plus en plus récurrente : quelle est la définition de l’Humain ? Changer de corps, changer de tête, dans tout ça où est l’identité de l’Homme ?

A partir du moment où nous partageons avec un exo cerveau, un exo squelette, en un mot avec la machine une partie de notre identité, il arrive un moment où même avec les avancées du bricolage du génome par une méthode, semble-t-il, très simple, la Crispc9, que reste-t-il de notre part d’humanité qui mit des milliers d’années à évoluer pour finalement se faire «doubler» par une machine qui fait de nous un cyborg mi-homme mi machine, une chimère qui, à un moment ou à un autre, cessera de vivre ou plus exactement de fonctionner ?
Notre marqueur identitaire sera dilué et notre carte spirituelle, que devient-elle près la mort ? Pour le père Souchon, jésuite : «Ce que nous devenons après la mort est un bien grand mystère. Le mot même après, qui suggère l’idée d’une continuité temporelle est mal adapté pour parler de l’éternité (…) Le mot rouh (vent, souffle, esprit) est un mot très riche et complexe. C’est d’abord le vent, un des éléments de la nature, vent de tempête ou brise légère, dont on ne sait ni d’où il vient ni où il va» (Jean 3,8). «Quand il est question de l’être humain, c’est la respiration, le souffle, la force et l’énergie vitale. Présent à la création, le souffle de Dieu (Son Esprit) est, en quelque sorte, le lien vital entre Dieu et l’homme.(…).»(8)

Plus largement, les religions notamment révélées devraient – de mon point de vue – montrer que la transcendance n’interdit pas d’aller vers la science notamment, pour réparer le corps, mais que l’existence de l’homme est un miracle non seulement en termes d’insufflation de la vie, mais même au vu des millions de contraintes physico-chimiques surmontées pour qu’il naisse.

Il n’y a pas lieu pour les croyants de tenter de se substituer au divin… Devant la science confucéenne qui a une autre vision de l’homme de sa présence sur Terre, les chercheurs n’ont pas d’état d’âme contrairement aux dernières digues qui commencent à sauter en Occident. Cette course vers l’abîme fait que l’homme, ce tard venu à l’échelle des temps cosmiques, se veut un destin prométhéen. Si l’humanité disparaît du fait d’une catastrophe anthropique de causes multiples, comme les changements climatiques, le bricolage biologique, la Terre et l’univers ne la pleureront pas ! Que représente en effet quelques millions d’années sur quelque 13,82 milliards d’années ! Un clin d’œil !

Et pourtant l’homme fait preuve d’hubris et se veut un destin prométhéen en arrachant à l’instar de Prométhée – connu pour avoir créé les hommes à partir de restes de boue transformés en roches, – le vol du « savoir divin » (le feu sacré de l’Olympe) ou Reviendra-t –il de lui –même à une démarche éthique ? La question reste posée.

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

 1.Chems Eddine Chitour https://oumma.com/vers-nouvelle-humanite-hybride-lhomme-cyborg/

2.https://www.la-croix.com/Sciences/Sciences/Une-transplantation-tete-realisee-chez-singe-2016-01-25-1200735094

3.https://www.la-croix.com/Ethique/Medecine/Pourra-t-on-un-jour-transplanter-un-corps-humain-2015-06-19-1325746

4.Elena Sender     https://www.sciencesetavenir.fr/ sante/la-premiere-greffe-de-tete-humaine-postmortem_118451

5.Elena Sender  https:  //www.s ciencesetavenir.fr/ sante/ greffe-de-tete-il-est-peu-probable-que-le-patient-survive-selon-marike-broekman_113107

6.https://fr.sputniknews.com/sci_tech/201706231031958101-greffe-tete-medecine-science-ethique/

 
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Publié par le 1 décembre 2017 dans général, Sciences, société

 

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Une nouvelle religion fondée sur l’intelligence artificielle suscite des inquiétudes

Aux États-Unis, une organisation religieuse fait la promotion d’une « divinité » basée sur une intelligence artificielle.

Anthony Levandowski, le père de la voiture autonome, a fondé aux États-Unis une organisation religieuse qui fait la promotion d’une « divinité » basée sur une intelligence artificielle.

Aux États-Unis, une organisation religieuse fait la promotion d’une « divinité » basée sur une intelligence artificielle. / zapp2photo – stock.adobe.com

Il avait déjà fait parler de lui pour d’autres raisons. Anthony Levandowski, le père de la voiture autonome de Google (Waymo), est accusé d’avoir transmis ce secret technologique à la concurrence, en l’occurrence Uber, le géant du VTC. Le procès opposant les deux entreprises, qui devait avoir lieu début octobre aux États-Unis, vient d’être repoussé au 4 décembre.

Mais cet ingénieur américain de 37 ans, figure incontournable de la Silicon Valley, s’illustre ces jours-ci dans un autre registre : la fondation d’une « nouvelle religion ». C’est ce qu’a révélé fin septembre le site Internet américain Wired.

Intitulée « Way of the Future » (La voie de l’avenir), cette organisation religieuse existerait en fait depuis septembre 2015. Selon les documents légaux déposés par Anthony Levandowski, il s’agit de « développer et promouvoir la prise de conscience d’une divinité basée sur l’intelligence artificielle » pour « améliorer la société ».

Religieux, le transhumanisme ?

L’information n’a pas échappé à Natalia Trouiller, directrice de l’association catholique Noé 3.0, qui se veut une présence « priante et moderne sur les réseaux sociaux ». Persuadée « depuis le départ » que le transhumanisme est bien un discours religieux, et non scientifique, Natalia Trouiller dément l’hypothèse selon laquelle Anthony Levandowski n’aurait créé cette religion que parce que celles-ci, aux États-Unis, sont exonérées d’impôts sur les dons qu’elles reçoivent.

« Pour moi, le transhumanisme est un délire progressiste et de type religieux, qui a toutes les chances de se poursuivre en France et en Occident », alerte l’ancienne chargée de communication du diocèse de Lyon. « D’abord à cause de la tentation perpétuelle de l’humanité à vouloir se sauver par ses propres forces ; ensuite à cause de l’attrait du gnosticisme dans le monde contemporain, qui consiste à voir le corps comme une entrave et à rêver de s’en débarrasser. »

Dorothée Browaeys, biologiste de formation et rédactrice en chef adjointe de Up magazine, site Internet consacré à l’innovation, est, elle aussi, frappée par l’emploi fréquent d’un vocabulaire religieux chez les partisans de l’intelligence artificielle. Elle a par exemple relevé les termes « credo », « communauté » et même « chapitre » dans la charte d’engagement à la Singularity University, think thank californien fondé par le « futurologue » Ray Kurzweil. Ce think-thank a ouvert une première antenne en France cet été, à Bordeaux.

« Grand récit » contemporain

La création de cette nouvelle religion intitulée « Way of the Future » est-elle surprenante dans le contexte actuel ? « Pas du tout », assure Dorothée Browaeys, qui se réjouit qu’« au moins, les masques tombent ». Le concept de singularité, auquel adhère Anthony Levandowski et qui désigne chez les transhumanistes le jour où l’ordinateur surpassera l’homme pour le faire entrer dans une nouvelle ère, est déjà selon elle quasiment religieux. « Si ça, ce n’est pas de la verticalité, et l’aspiration à une transcendance… »

Diplômé de l’ENA et en théologie Dominique de Gramont, auteur d’un récent ouvrage sur le sujet (1), voit quant à lui dans ce concept de singularité le pendant de la « Théosis » chrétienne orthodoxe, selon laquelle l’homme aspire à retrouver sa nature divine initiale. Convaincu que le transhumanisme est, avec l’islam, l’un des seuls « grands récits » que propose notre temps, il assure que cette idéologie a « gagné d’avance », en ce qu’elle propose « une espérance et une pseudo eschatologie » auxquelles aspire l’homme du XXIsiècle.

Refusant par ailleurs une diabolisation pure et simple des progrès techniques, ce catholique assure à la fin de son livre que le transhumanisme aurait besoin du christianisme et de sa morale de l’amour s’il veut éviter « l’échec apocalyptique ».

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