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Une nouvelle banque espagnole en difficulté : LiberBank

liberbank

Le timing ne pouvait pas être plus mal choisi : alors que l’Espagne est en proie à sa pire crise constitutionnelle depuis 40 ans avec le vote sur l’indépendance de la Catalogne, une autre banque est en train de vaciller.

LiberBank, la 8e banque espagnole, fut créée en 2011 par le mariage forcé de 3 cajas (banques d’épargne) : Cajastur, Caja de Extremadura et Caja Cantabria. Les actions fraîchement émises de la nouvelle banque furent vendues en mai 2013 au prix d’émission de 0,4 €. En avril 2014, le titre s’échangeait au-dessus des 2 €, soit une plus-value énorme de 400 %.

Mais à partir d’avril 2015, le titre a commencé à plonger. En mai 2017, il s’échangeait à environ 1,2 €. Après quoi Banco Popular s’est effondré début juin, ce qui prit de nombreux investisseurs par surprise et qui déclencha une nouvelle chute du titre LiberBank alors que ses investisseurs craignaient d’être les prochains sur la liste.

Reniflant l’odeur du sang, les vendeurs à découvert ont commencé à se positionner sur la banque alors que l’action entamait une chute vertigineuse. Le gouvernement est alors intervenu en interdisant les ventes à découvert sur le titre. Il s’est stabilisé pour ensuite entamer un redressement. À la mi-juillet, l’action avait dépassé la barre psychologique de l’euro. Des rumeurs commencèrent alors à circuler sur la levée imminente de l’interdiction des ventes à découvert.

À la fin août, après avoir atteint 1,7 €, l’ascension du titre se mit à ralentir. Depuis le début de la semaine les actions de LiberBank sont à nouveau devenues des titres à quelques centimes. Quelqu’un savait quelque chose…

Et pour cause. Mercredi soir, la banque a annoncé un plan de recapitalisation de 500 millions d’euros et la dilution de la valeur des actions. La réponse des investisseurs ne se fit pas attendre : les ventes provoquèrent un plongeon de l’action de plus de 12 % le jeudi et de 5 % supplémentaires le vendredi.

La crainte est bien compréhensible. Les investisseurs espagnols pansent toujours leurs blessures de la nationalisation en hâte de Santander et du sauvetage de Banco Popular. Pour la première fois depuis la crise financière de 2008, les actionnaires et les porteurs d’obligations subordonnées n’ont pas été compensés par le contribuable. Les spéculateurs furent sous le choc.

Avant son effondrement, Banco Popular avait renforcé à 3 reprises son capital pour un total de presque 5 milliards d’euros. Ces opérations n’ont fait que repousser l’inévitable, les  investisseurs naïfs de la banque le payant très cher au passage. LiberBank est en train de suivre la même voie.

Les grandes banques et les agences de notation ont déjà donné leur bénédiction à l’opération, comme elles l’avaient fait auparavant pour Banco Popular. (…)

suite et fin 

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Publié par le 13 septembre 2017 dans économie, général, International

 

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Trois des quatre partis politiques d’Italie veulent désormais une nouvelle monnaie parallèle à l’Euro

Dans le but de faire appel au sentiment croissant anti-euro en Italie , trois des plus grands partis politiques d’Italie veulent une double monnaie .

Les principaux partis d’opposition de l’Italie demandent l’introduction d’une monnaie parallèle à l’euro, ce qui, selon eux, stimulera la croissance et les emplois.

Trois des quatre plus grands partis du pays – le mouvement cinq étoiles, la Ligue du Nord et l’ancien Forza Italia, du Premier ministre Silvio Berlusconi – ont proposé d’introduire une nouvelle monnaie à la suite d’une élection prévue pour l’année prochaine.

Les propositions pour une monnaie parallèle ont remplacé les appels précédents des partis d’opposition pour laisser complètement l’euro.

En s’installant sur le créneau d’une double monnaie, les analystes disent que les parties espèrent faire appel au sentiment anti euro dans le pays tout en évitant, pour l’instant, le bouleversement d’une sortie directe.

Un sondage mené par l’agence Winpoll en mars a montré que seulement la moitié des Italiens soutenaient l’euro.

À l’émergence de l’élection, et avec des sondages d’opinion montrant actuellement un parlement incertain, seul le parti démocratique au pouvoir ne propose pas de modifications à la mise en place actuelle de l’euro.

Élection générale suivante

 La prochaine élection générale italienne se tiendra au plus tard le 20 mai 2018.

Prenons un exemple , celui du parti de Silvio Berlusconi , qui a créé des remous sur les marchés avec sont projet de monnaie parallèle … :

L’ancien président du conseil Silvio Berlusconi, qui espère reconquérir le pouvoir avec son parti Forza Italia, soutient l’introduction d’une monnaie parallèle aux côtés de l’euro.

Les rendements de la dette publique italienne se sont tendus mardi et leur écart avec la dette allemande a atteint un plus haut de cinq semaines en réponse à des propositions d’introduction dans la péninsule d’une monnaie parallèle à l’euro à l’approche des élections générales. Le rendement des emprunts d’Etat à 10 ans a gagné huit points de base (pdb) pour s’établir à 2,11%, un plus haut de trois semaines, et enregistrer sa plus forte progression journalière en un mois.

Au-delà des tensions géopolitiques et de la perspective d’un ralentissement des achats d’actifs de la Banque centrale européenne, des analystes ont attribué les dégagements sur la dette italienne à des informations de presse selon lesquelles l’ancien président du conseil Silvio Berlusconi, qui espère reconquérir le pouvoir avec son parti Forza Italia, soutient l’introduction d’une monnaie parallèle aux côtés de l’euro.

Le projet a renforcé les inquiétudes des investisseurs sur le rejet de la monnaie unique européenne par une proportion croissante de la population en Italie où des élections générales doivendes histoires comme celles-là retiennent de plus en plus l’attention. »t se dérouler le 23 mai 2018 au plus tard.

« Des histoires comme celles-là retiennent de plus en plus l’attention »

« Des gens font référence à cet article dans lequel Berlusconi a développé son idée d’une monnaie parallèle », a dit Benjamin Schroeder, stratégiste sur les taux chez ING. « Ce n’est pas une idée nouvelle mais ce que l’on voit c’est que certains commencent à se positionner en vue des élections italiennes et des histoires comme celles-là retiennent de plus en plus l’attention. »

L’idée d’une monnaie parallèle en Italie pourrait aussi être un moyen pour Silvio Berlusconi de trouver un terrain d’entente avec de possibles alliés politiques comme la Ligue du Nord, parti anti-immigration, ou la formation d’extrême-droite Frères d’Italie-Alliance nationale, a dit Lorenzo Codogno, professeur invité à la London School of Economics.

« En fait les trois formations doivent se réunir dans les prochains jours pour décider d’une plateforme commune », a-t-il ajouté. « Politiquement, ce serait une étape importante dans la mise en ordre de bataille du centre-droit en vue des prochaines élections générales. » L’écart de rendement à 10 ans avec l’Allemagne s’est élargi à 170 points de base, un plus haut de cinq semaines, alors qu’il avait touché un plus bas de l’année à 152 pdb ce mois-ci.

(Avec Reuters)

 
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Publié par le 12 septembre 2017 dans économie, général, International

 

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Une nouvelle cyberattaque de grande ampleur est en cours

Après WannaCry, une nouvelle cyberattaque touchant plusieurs centaines de milliers d'ordinateurs dans le monde serait en cours.
Après WannaCry, une nouvelle cyberattaque touchant plusieurs centaines de milliers d’ordinateurs dans le monde serait en cours. (Crédits : Unplash)
Après l’attaque du rançongiciel WannaCry de vendredi, une nouvelle cyberattaque toucherait des centaines de milliers d’ordinateurs dans le monde. Son but ? Créer et récupérer de la monnaie virtuelle à l’insu des utilisateurs.

Les cyberattaques se multiplient. Les experts en sécurité ont annoncé, mercredi 17 mai, que des centaines de milliers d’ordinateurs pouvaient avoir été infectés. L’ampleur serait plus importante que celle de l’attaque de vendredi dernier, WannaCry.

« Les chercheurs de Proofpoint (une société de sécurité informatique, ndlr) ont découvert une nouvelle attaque liée à WannaCry appelée Adylkuzz. Elle utilise de manière plus furtive et à des fins différentes les outils de piratage récemment divulgués par la NSA et la vulnérabilité désormais corrigée de Microsoft », a expliqué à l’AFP Nicolas Godier, chercheur et expert en cybersécurité à Proofpoint.

Pour rappel, WannaCry a déjà frappé plus de 300.000 ordinateurs dans 150 pays.

Plus concrètement, le logiciel malveillant de cette nouvelle attaque s’introduit dans les ordinateurs vulnérables de manière similaire à WannaCry, en utilisant la même faille, déjà repérée par l’agence de sécurité nationale américaine (NSA). Le « malware » crée de manière invisible des unités de monnaie virtuelle intraçable appelée Monero, à l’image du Bitcoin. Les données permettant d’utiliser ces gains sont ensuite extraites et envoyées à des adresses cryptées.

Le symptôme ? Un ralentissement des performances de l’ordinateur

Le chercheur Nicolas Godier ajoute:

« Bien que plus silencieuse et sans interface utilisateur, l’attaque d’Adylkuzz est plus rentable pour les cybercriminels. Elle transforme les utilisateurs infectés en participants involontaires au financement de leurs assaillants. »

Pour repérer l’attaque, les utilisateurs peuvent remarquer plusieurs symptômes tels que le ralentissement des performances de l’ordinateur.

Le cabinet Proofpoint aurait d’ores et déjà repéré des ordinateurs ayant versé l’équivalent de plusieurs milliers de dollars, à l’insu des utilisateurs.

Ce n’est pas la première fois qu’une cyberattaque utilise des logiciels créant de la monnaie cryptographique. Cependant, cela n’a jamais été à une échelle si importante.

(avec AFP)

 

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« El Salto » en Espagne, une nouvelle coopérative de médias indépendants pour le changement social

Voici ce que j’aimerais bien faire ici en France : créer un pole médiatique alternatif indépendant de pointe – Le journal espagnol indépendant Diagonal et une vingtaine d’autres médias viennent de lancer la première coopérative de médias indépendants espagnols, El Salto. Plus qu’un journal, dont le premier numéro sera distribué en avril, El Salto poursuit la voie d’un autre journalisme fonctionnant de façon horizontale sans dépendre économiquement de la publicité des grandes entreprises ni des gouvernements, un journalisme rigoureux, qui cherche à coopérer plutôt qu’à entrer en compétition, et qui contribue au changement social. Voici l’histoire et le manifeste de cette nouvelle coopérative de presse.

El Salto. L’histoire de cette coopérative vient de loin. Dans les années 80, un groupe de personnes a imaginé un moyen de raconter la réalité à contre-courant des informations « mainstream » qui affluent quotidiennement : le bulletin Molotov fait son apparition et publie 39 numéros. En 1994, Molotov fusionne avec l’agence de contre-information UPA, et constitue le collectif UPA-Molotov. En 2000, cette dynamique donne naissance au mensuel Molotov qui publie 43 numéros au format tabloïd. Lorsque le dernier numéro de Molotov est publié en décembre 2003, ce n’est pas tant pour disparaître que pour réaliser une mutation.

Cette fois, il est question d’amorcer un processus pluriel qui veut transcender le champ militant ; ce qui donnera naissance au site d’information et au journal bimensuel Diagonal distribué dans tout l’État espagnol. Douze ans et 284 numéros plus tard, Diagonal fait un nouveau pas en avant, « bondit » et devient… El Salto, le « saut » en castillan. Le 15 décembre 2016, le journal Diagonal publie donc son dernier numéro. Mais, encore une fois, au delà de la disparition de Diagonal, il s’agit bien plus d’une mutation profonde dont le seul défi est d’arriver à être lu par le voisin de palier, qu’il comprenne ce qu’est le patriarcat et le capitalisme…

Un journalisme qui contribue au changement social

El Salto, c’est une coopérative impulsée par le journal Diagonal et plus de vingt autres médias dont le média féministe Pikara Magazine, la revue Pueblos, le site d’informations économiques El Salmón Contracorriente, AraInfo en Aragon, Bostezo à Valence et d’autres collectifs audiovisuels comme Siberia TV ainsi que des projets radiophoniques… Une campagne d’information a démarré fin novembre 2016 pour une durée de 6 mois, afin d’atteindre le premier objectif de 10 000 abonnés, garant de toute indépendance.

Déjà, le numéro zéro vient de paraître et le premier numéro du mensuel sera distribué en avril. Au mois de mai, le nouveau site Internet sera accessible. Mais d’ores et déjà, El Salto poursuit la voie d’un autre journalisme, un journalisme qui fonctionne de façon horizontale sans dépendre économiquement de la publicité des grandes entreprises ni des gouvernements, un journalisme de qualité et rigoureux, un journalisme qui cherche à coopérer plutôt qu’à entrer en compétition, un journalisme qui contribue au changement social.

Voici leur manifeste :

Ils nous disent : impossible.
Nous répondons : nous sommes déjà en train de le faire

« Ils nous disent : impossible.
Nous répondons : nous sommes déjà en train de le faire

Ils nous disent : mettez-vous en concurrence, c’est la logique du marché. Nous répondons : nous coopérons, nous fonctionnons différemment.

Ils nous disent : pour qu’il y ait de l’ordre, il doit y avoir une hiérarchie. Nous répondons : pour qu’il y ait de l’ordre, nous avons besoin d’horizontalité, de bonne coordination et d’intelligence collective.

Ils nous disent : celui qui paie a accès à tous les contenus. Nous répondons : toute information doit toujours être accessible dès le premier moment. Tes ressources ne doivent pas limiter ton droit à l’information.

Ils nous disent : il est inévitable de se financer avec la publicité des grandes entreprises, sinon l’information n’est pas soutenable. Nous répondons : faisons un média de propriété collective. Une véritable indépendance est possible quand tu ne dépends pas de grands annonceurs, surtout si ce sont des multinationales qui violent les droits humains, économiques et sociaux. Très rapidement, ils finissent par conditionner ton contenu.

Ils nous disent : les contenus sponsorisés aident à la viabilité et ne font de mal à personne. Nous répondons : vendre de la publicité sous couvert d’information n’est pas éthique, ça déforme l’idée de journalisme et revient à tromper les gens.

Ils nous disent : plus ton poste est haut placé et spécialisé dans la hiérarchie, plus ton salaire est élevé, c’est logique. Nous répondons : rompons avec la logique selon laquelle le reproductif et le productif sont différents ; de nouveau, horizontalité et égalité salariale ; beaucoup de travaux invisibles sont nécessaires pour qu’un média voie le jour ; mettons-les au même niveau.

Ils nous disent : baisse les coûts autant que possible. Nous répondons : nous pensons que les coûts ne sont pas seulement économiques mais aussi écologiques et sociaux. Économie sociale et solidaire, distribution à bicyclette et qualité de la vie se trouvent au centre de notre proposition.

Ils nous disent : l’objectivité et le professionnalisme vont de pair. Nous répondons : l’objectivité n’existe pas, l’honnêteté est d’expliquer depuis quel lieu tu écris et vois la réalité. Nous ne sommes pas dans une tour d’ivoire, nous voulons contribuer au changement social, à la transformation de la réalité avec des contenus de qualité.

Ils nous disent : impossible. Nous répondons : nous sommes déjà en train de le faire.

Faisons le pas. Moi aussi, je fais le pari d’un média fait par et pour les citoyens. »

Version originale du Manifeste en castillan 

Source

 

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Une nouvelle architecture globale, prélude d’un monde multipolaire

Jokowi, le président indonésien reçoit le roi Salman, d’Arabie saoudite.

Une nouvelle architecture globale, prélude d’un monde multipolaire

Comme dans une scène de film hollywoodien, le roi saoudien Salman s’est rendu en Indonésie, la nation musulmane la plus peuplée du monde, avec un entourage de 1000 aides et serviteurs, dont dix ministres et 25 princes saoudiens, voyageant à bord de quatre Boeing 747 et de deux Boeing 777. Le président indonésien Joko Widodo a dit que la visite faisait partie du «partenariat stratégique» entre l’Arabie saoudite et l’Indonésie. Salman s’est également rendu en Malaisie, qui a été impliquée dans un scandale politique majeur découlant de l’acceptation par son Premier ministre, Najib Razak, d’un « don » d’un milliard de dollars de la part d’une société publique saoudienne. Les opposants politiques de Razak ont qualifié le cadeau de « pot-de-vin ».

Cette projection du pouvoir saoudien en Asie du Sud Est et le voyage du roi d’Arabie Saoudite en Indonésie, première visite d’un monarque saoudien depuis 1970, par le roi Fayçal, interviennent alors que le président américain Donald Trump annonce que les États- Unis vont considérer leur intérêt national avant celui des autres pays. Dans un discours devant une session conjointe du Congrès des États-Unis, Trump a également déclaré que sa politique est que les États-Unis « respectent les droits souverains des nations » et que son administration « respecte le droit de toutes les nations à suivre leur propre voie ».

Trump a également signalé que même s’il « respectera les institutions historiques » – une référence claire à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), aux Nations Unies et à l’Union européenne, qu’il a critiquées par le passé – il s’attend à ce que les alliés américains de l’OTAN, du Moyen-Orient et du Pacifique « jouent un rôle direct et significatif dans les opérations stratégiques et militaires et payent leur juste part du coût qu’elles entraînent ».

Trump a félicité le Royaume-Uni pour les résultats du référendum sur le Brexit et sa décision de quitter l’UE. De plus, Trump espère que la France, les Pays-Bas et les autres membres de l’UE trouvent le chemin qui leur est propre et se distancent de l’« Eurocratie » bruxelloise.

Alors que Trump a demandé une augmentation massive du budget militaire pour le Pentagone, il y a clairement un changement dans les alignements mondiaux en raison de la nouvelle politique bilatéraliste de l’Amérique, en opposition au multilatéralisme. En raison de ce qui semble être la fin de la « coalition of the willing »adoptée par le président George W. Bush et poursuivie par le président Barack Obama, des pays comme l’Arabie saoudite ou d’autres cherchent à créer de nouvelles relations stratégiques.

L’objectif immédiat et déconcertant de Salman de visiter l’Indonésie, la Malaisie, le Brunei et les Maldives, tous pays à majorité musulmane, semble être de stimuler les sociétés musulmanes déjà strictes du Brunei et des Maldives et d’encourager la radicalisation islamique en Indonésie et en Malaisie, deux pays qui abritent d’importantes minorités chrétiennes, bouddhistes et d’autres groupes religieux. Récemment, les clercs financés par l’Arabie saoudite ont encouragé le prosélytisme islamique parmi les étudiants non musulmans fréquentant les écoles publiques en Malaisie, l’incendie d’églises en Indonésie et en Malaisie, l’adoption d’une Chariastricte dans certaines régions fondamentalistes comme la province d’Aceh sur Sumatra en Indonésie et les États malaisiens de Kelantan et Terengganu, avec la flagellation et l’amputation des membres; et des restrictions sévères contre les missionnaires chrétiens.

Au-delà de la propagation du wahhabisme radical, les Saoudiens adoptent une politique stratégique « tournée vers l’Est ». Salman et son entourage vont également se rendre au Japon et en Chine. À Pékin, Salman pourrait être attendu, au sujet du soutien de l’Arabie Saoudite aux Ouïgours musulmans qui se battent dans la région autonome du Xinjiang-Ouighour (XUAR) pour un État islamique indépendant « du Turkestan oriental ».

Le fait qu’un roi saoudien s’implique dans une région où il existe un conflit militaire potentiel entre la Chine et diverses nations de l’Asie du Sud Est, à propos des îles et des eaux de la mer de Chine méridionale, ne constitue qu’un exemple de la façon dont divers pays commencent à combler le vide laissé par le désengagement américain de diverses régions géopolitiquement importantes du monde. Il n’y a pas si longtemps, le président Obama annonçait son « pivot économique et militaire » vers l’Asie, fondé sur le partenariat transpacifique (TPP) et le renforcement des relations militaires américaines avec l’Australie, les Philippines, Singapour, le Japon et la Corée du Sud. Après le retrait de Trump du TPP, l’Australie se tourne vers la Chine pour des liens économiques plus étroits, les Philippines veulent mettre fin à la présence des troupes américaines dans le pays, et, comme on le voit avec la visite du roi Salman, l’Indonésie et la Malaisie lancent de nouveaux partenariats stratégiques avec le Moyen-Orient.

Les Émirats arabes unis étendent également leur influence au-delà du Golfe. Ils ont récemment annoncé qu’ils construisaient une base militaire à Berbera, sur le golfe d’Aden, dans la république séparatiste de Somaliland, qui n’est pas reconnue au niveau international. Le Somaliland a déclaré son indépendance de la Somalie en 1991. La base du Somaliland s’ajoute à une base des EAU déjà en activité à Assab en Érythrée.

La base de Berbera a été critiquée par le voisin, Djibouti, qui accueille une base navale chinoise au port d’Obock et une base américaine au Camp Lemonier, à côté de l’aéroport international Djibouti-Ambouli. Il fut un temps où il n’y avait que les États-Unis et la France qui possédaient des bases militaires dans la Corne de l’Afrique. Avec le réalignement stratégique mondial, ce n’est plus le cas. La France continue de maintenir une présence militaire à Djibouti et le Japon a établi sa première base militaire à l’étranger, sur un terrain de 12 hectares attenant à la base américaine du Camp Lemonier. En outre, les Saoudiens envisagent une base militaire à Djibouti pour soutenir leur campagne génocidaire contre les forces anti-saoudiennes au Yémen. La Turquie a également établi sa première base militaire en Afrique, dans la capitale somalienne de Mogadiscio.

Les États-Unis jouissaient autrefois de la distinction d’avoir l’une des plus grandes bases de l’océan Indien sur l’île de Diego Garcia, un territoire britannique. Toutefois, les Américains ont maintenant de la compagnie, en plus de l’apparition soudaine de bases militaires dans la Corne de l’Afrique. L’Inde a construit des bases navales sur l’île de l’Assomption aux Seychelles et dans l’archipel d’Agalega, un territoire de l’île Maurice qui se trouve à 1000 kilomètres au nord de Maurice. L’Inde entretient également une installation radar de renseignements dans le nord de Madagascar, près d’Ambilobe, et un dépôt naval à Mascate, Oman.

Alors que ce que l’on pourrait appeler la « Doctrine Trump » se met en place, des « projections de force » semblables par des nations qui, traditionnellement, n’opéraient pas militairement dans leurs propres régions, deviendront plus courantes. La France a, depuis un certain temps, maintenu une base militaire à Abou Dhabi, connue sous le nom de Camp de la Paix.

Singapour est en train de négocier des droits pour une base aérienne, destinés principalement à la formation de pilotes de la Force aérienne singapourienne, à la Base aérienne d’Ohakea en Nouvelle-Zélande et à la Base aérienne d’Anderson, dans le territoire américain de Guam. Singapour maintient également des bases de formation à Townsville et Shoalwater Bay dans le Queensland, en Australie. La récente saisie par les douanes de Hong Kong de neuf véhicules blindés Terrex, retournant par mer des exercices militaires conjoints singapourien-taïwanais à Taïwan, manœuvres qui se déroulent régulièrement depuis 1975, a mis en évidence la possibilité d’une présence militaire singapourienne permanente à Taïwan, même si Singapour reconnaît la République populaire de Chine comme unique et indivisible.

Le Pacifique Sud pourrait bientôt rejoindre la Corne de l’Afrique et l’océan Indien, comme endroit où tout le monde cherche à établir des bases navales et aériennes. La Chine est connue pour s’intéresser à de telles bases dans les pays qui sont les principaux bénéficiaires de l’aide chinoise, comme Fidji, les îles Samoa, les îles Tonga ou le Vanuatu. Les États-Unis considèrent le Pacifique Sud comme un « lac américain », mais comme ses substituts régionaux, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, cherchent de nouvelles relations stratégiques, d’autres acteurs étatiques, dont le Japon, l’Inde, la Russie, l’Allemagne et le Canada, pourraient établir leur propre présence militaire dans la région.

La Doctrine Trump provoque une nouvelle restructuration mondiale; Cependant, elle ne ressemble pas au « nouvel ordre mondial » envisagé par les majordomes mondialistes à Washington, à Bruxelles, à Londres, à Francfort et à New York.

Wayne Madsen

Concernant L’Arabie saoudite , on apprend qu’elle envisage l’expulsion de cinq millions d’étrangers par peur d’être «colonisée»

Alors que la monarchie saoudienne est souvent accusée de violer les droits des nombreux travailleurs étrangers vivant sur son sol, un programme d’expulsion massif est actuellement étudié par les autorités.

Un projet de loi réclamant l’expulsion de cinq millions d’immigrés, de nationalités diverses, a été déposé début mars au Majlis Al-Choura, un conseil consultatif nommé par le roi d’Arabie saoudite, rapportent plusieurs médias du pays cités par le Courrier international le 9 mars.

«Ces étrangers ne sont pas là pour travailler de manière régulière, ni pour des raisons religieuses, mais pour coloniser notre pays», a assuré Sadaqa Al-Fadhel, auteur de la proposition, avant de poursuivre : «Ils forment comme un peuple intrus qui cherche à s’imposer dans notre pays à travers une occupation sournoise».

 

 

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Le monde menacé par une nouvelle crise financière ?

C’est la mise en garde de Jean-Michel Naulot dans son livre « Eviter l’effondrement« , (éd. Seuil). L’ex banquier et ancien régulateur à l’AMF estime qu’une nouvelle crise est sur le point d’éclater. En cause selon lui : la dérégulation financière.

 

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Le rapport Fotyga ou comment l’UE alimente une nouvelle guerre froide

Le rapport du député européen Anna Fotyga contre la « propagande des pays tiers » a été adopté au parlement européen, à 304 voix contre 179. Une majorité moins écrasante que nous ne l’attendions. Plusieurs députés se sont fait remarquer par leur opposition à ce texte.

 

Daech n’a pas été mentionné une seule fois durant les explications du vote qui ont suivi l’adoption du rapport Fotyga, à 304 voix contre 179. C’est donc la Russie qui a été la seule et unique cible des attaques. Sputnik a d’ailleurs été mentionné en plein hémicycle par le député britannique Steven Woolfe, qui a voté contre le texte. En fait, c’est l’auteur de science-fiction George Orwell qui était sur toutes les lèvres, cité pour son roman 1984 : partisans et opposants du rapport se sont accusés mutuellement de céder à la propagande.

« Le même phénomène se passe aujourd’hui, a déclaré la Roumaine Monica Macoveï, qui accusait la Russie d’attaquer l’Europe par le biais de la propagande ». Comme Anna Fotyga, les partisans du rapport demeurent engoncés dans une loi d’airain de l’histoire : « reconnaissons que l’histoire est susceptible de se reproduire », poursuivait Macoveï. « La guerre dure », ajoutait le polonais Marek Jurek.

 

Une majorité moins écrasante

Pourtant, des voix se sont élevées contre ce rapport. Par ailleurs plus nombreuses que les estimations qu’avançaient le 22 novembre Jean-Luc Schaffhauser ou le député letton Tatiana Zdanocka. Virulent contre ce rapport, mais pessimiste quant à l’issue du vote, Schaffhauser nous d’éclairait qu’une centaine de députés s’y opposeraient.

Une majorité moins écrasante que prévu en faveur de cette résolution, donc. Nos sources au sein du parlement nous ont expliqué que la règle en vigueur au sein de l’Hémicycle strasbourgeois veut qu’aucun eurodéputé ne vote jamais contre la consigne de son groupe parlementaire. Seul moyen de contourner cette discipline parlementaire de fer : s’abstenir. Il semblerait donc qu’un certain nombre des 268 abstentionnistes soient en fait des opposants au rapport d’Anna Fotyga, sans qu’on puisse bien sûr les évaluer avec précision. En tout état de cause, les débats ont vu des arguments intéressants fuser dans l’hémicycle : « [ce rapport] est le signe de l’effondrement de la civilisation occidentale : je ne veux pas qu’une administration réglemente la pensée », déclarait Michal Marusik, Polonais du groupe Europe Nations et Libertés, estimant là que le vote est un pas décisif vers le contrôle de l’information au sein de l’UE.

 

Alimenter une nouvelle guerre froide

Le Bulgare Momchil Nekov, de l’Alliance progressiste, a de son côté souligné que le texte « s’oppose à un partenaire global et (…) contribuera à remettre en question notre relation bilatérale ». Plus mordant, le Britannique Jonathan Arnott s’est amusé à déclarer que « les fonds des contribuables ne devraient pas être utilisés pour cela » avant d’ajouter : « on pourrait utiliser une partie des fonds pour lutter contre la propagande pro-européenne ».

Et puis enfin Diane James, Britannique de l’Ukip : selon elle, ce rapport « adopte une position agressive contre la Russie, ignorant tous les autres pays qui sont aussi coupables ». « L’Union doit cesser d’aggraver les relations avec la Russie, ce n’est pas très constructif d’alimenter une nouvelle guerre froide », a-t-elle conclu.

 

L’asymétrie renversée

Le Parlement européen ne semble pas sortir grandi de ces débats, de ce rapport et de ce vote. Les partisans de Mme Fotyga évoquaient les « millions de dollars » du Kremlin ou de Vladimir Poutine, et ce pour les opposer au budget selon eux dérisoire de Stratcom, l’organe de communication externe de l’UE, doté de un million d’euros. Mais cela a-t-il un sens ? Les moyens considérables des médias mainstream, favorables à l’Europe de Bruxelles, n’ont pas été évoqués. Anna Fotyga et ses alliés renversent en fait totalement le rapport de force asymétrique entre les adversaires de la Russie et celle-ci.

Plus encore, ceci révèle la logique fallacieuse du rapport, qui au-delà d’une hostilité délibérée, voile difficilement certains : Bruxelles veut en réalité augmenter le budget de son propre organisme — que les eurosceptiques ne manquent pas de qualifier « de propagande ». Somme toute, l’UE semble se rigidifier, se crisper, réagir à sa manière et avec maladresse à la contestation à son encontre, qui se fait de plus en plus vive depuis au moins une décennie.

 
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Publié par le 24 novembre 2016 dans général, International, Politique

 

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