Mérite qu’on laisse sa photo quand même 

On estime que 160 000 tonnes d’or circulent dans le monde. Un gros cube de 20 mètres de hauteur. Chaque année, 2 000 à 3 000 tonnes d’or sont extraites. Une quantité qui devrait diminuer dans les prochaines années. L’Institut d’études géologiques des États-Unis estime même que dans 20 ans les ressources en or seront épuisées.

Les bijoux des Incas, les lingots de l’Égypte ancienne, les pièces en or de la Grèce antique, les temples bouddhistes dorés de haut en bas… Pour toutes les grandes civilisations, l’or est un métal mythique. Rare donc précieux, brillant, il dispose de propriétés uniques : malléable, inoxydable, non toxique, conductible, etc. Environ 80 % de l’or consommé chaque année l’est pour la bijouterie. On pense surtout à lui en des termes financiers. Difficile d’imaginer un monde sans ce métal synonyme de richesse et de pouvoir.

Le système économique et financier a été basé sur l’or pendant 4 000 ans. (Photo : Srdjan Zivulovic/Reuters)

L’or remplacé par le diamant ?

Pendant des années, l’or a été la base des échanges commerciaux et du système économique, de l’Égypte ancienne à l’Europe du XIXe siècle. Mais depuis les années 1970 et la fin des accords de Bretton Woods, le taux de change des monnaies est flottant. En bref, « le système économique et financier ne repose plus sur l’or,explique Michel Santi, macro-économiste, les gens se ruent sur l’or dans des contextes extrêmes. Comme au Venezuela où la monnaie ne vaut plus rien. » Aujourd’hui, l’or est une valeur de placement destinée à des temps de grande crise. Y compris pour les États qui gardent leur réserve de lingots. Mais s’il disparaissait, le système économique ne serait pas perturbé.

Et si l’or n’avait pas été ? « Au Moyen-Âge, on utilisait aussi l’argent et le cuivre», répond Philippe Herlin, économiste. « On aurait trouvé une autre valeur universelle comme l’encens ou les diamants »,ajoute Michel Santi.

Le téléphone portable vaut de l’or

La principale utilisation industrielle de l’or se fait dans l’électronique. Quasiment tous les composants électroniques contiennent une petite quantité d’or : téléphones mobiles, ordinateurs, GPS, télévisions, etc. On peut produire jusqu’à 300 grammes d’or par tonne de téléphones mobiles jetés.

L’or est notamment utilisé dans les composants électroniques, comme les microprocesseurs, pour sa très bonne conductivité. (Photo : Juan Carlos Ulate/Reuetrs)

Qu’est-ce qu’on lui trouve ? Il est très apprécié pour sa bonne conductibilité électrique et parce qu’il est inoxydable et inaltérable, contrairement à d’autres métaux comme le cuivre, lui aussi beaucoup utilisé dans l’électronique. « Pour le moment, on utilise toujours l’or, admet Laurent Pichon, professeur à l’Institut électronique et de télécommunications de Rennes. On n’a pas trouvé de matériau aux propriétés aussi bonnes en matière de conductivité et d’oxydation que l’or. » Et comme en électronique et en informatique, tout devient de plus en plus petit, les recherches se portent aujourd’hui sur les nanoparticules d’or.

En aéronautique, les fabricants de satellites et de véhicules spatiaux utilisent l’or pour les circuits électroniques mais aussi comme lubrifiant pour les pièces mécaniques des engins spatiaux.

L’or pour soigner le cancer

L’or étant inerte, non toxique (jusqu’à preuve du contraire), hypoallergénique (c’est-à-dire qui ne provoque pas ou peu d’allergies), il est aussi utilisé en dentisterie pour les plombages, les couronnes, etc. Même si, dans ce domaine, il tend à être remplacé par la céramique. Les nanoparticules d’or ont aussi des propriétés optiques et sont envisagées pour le traitement du cancer en radiothérapie.

L’or n’a pas fini de dévoiler ses secrets et on aurait du mal à s’en passer. Une équipe franco-allemande de chercheurs vient juste de découvrir l’ion responsable de la concentration de l’or en certains points bien précis. Une nouvelle piste pour localiser de nouvelles mines.

Environ 80 % de l’or consommé chaque année l’est pour la bijouterie. (Photo : Stringer/Reuters)

En effet, Des Chercheurs Toulousains Percent L’un Des Mystères De L’or : 

La formation des gisements d’or enfin expliquée dans des travaux réalisés par une équipe de chercheurs toulousaine de l’Université Toulouse Paul Sabatier.

or et croûte terrestre

Des géologues, chimistes et physiciens du CNRS, de l’UPMC et de l’Université Toulouse III – Paul Sabatier viennent de percer un premier mystère de l’or en démontrant « qu’une forme de soufre récemment découverte et présente en faible quantité dans les fluides géologiques (l’ion trisulfure S3-) transporte et dépose efficacement l’or« , ce qui pourrait élucider la formation de ses gisements expliquent les scientifiques. Ces résultats ont été obtenus grâce à des mesures en laboratoire et sur synchrotron aux températures et pressions rencontrées dans la croûte terrestre, combinées à des modélisations informatiques. Cette découverte pourrait permettre de localiser de nouvelles ressources de métaux précieux (l’or, mais aussi peut-être le molybdène et le platine) et d’améliorer le traitement de leurs minerais.

« Comme d’autres métaux, l’or est présent à l’état de trace dans toutes les roches terrestres, mais sa concentration est multipliée par mille à un million dans les gisements exploités. Ce phénomène est dû à la circulation de fluides dans la croûte terrestre : ils extraient le métal présent à faible dose dans les roches, le transportent, et favorisent son dépôt à des endroits donnés qui deviendront des gisements. Cependant, l’or est le plus inerte des métaux et a toujours été considéré comme difficilement transportable par les fluides géologiques. Jusqu’à maintenant, on ne parvenait donc pas à expliquer de manière satisfaisante la formation des gisements aurifères » soulignent les spécialistes.