RSS

Archives de Tag: Simone Wapler

Simone Wapler – La monnaie des banques centrales n’est pas synonyme de richesse

Et même la FED elle même prévoit une croissance du PIB annualisée de 0.1 % : mais on vous répète que c’est la reprise … Une hausse des taux ? Impossible à tenir sans croissance forte et durable, elle ne peut etre au mieux que symbolique (un 10e de point, soit 0.1) Z .

▪ Les banquiers centraux ont échoué. Il n’y a ni croissance véritable, ni inflation, et l’une ou l’autre serait cependant indispensable pour ronger les dettes.

Les maquillages statistiques américains trompent de moins en moins de monde ; en Europe les perspectives restent moroses. Le Fonds monétaire international prévient que la croissance ne reviendra pas car la population vieillit et les investissements productifs diminuent.

La hausse des taux américains sera probablement repoussée au moment où les poules auront des dents en or (pour reprendre l’expression de ma collègue Cécile Chevré). Elle est impossible.

La monnaie ne fait pas la richesse, contrairement à une illusion d’optique toujours trop répandue

L’explication de cet échec des politiques monétaires est très simple : la monnaie ne fait pas la richesse, contrairement à une illusion d’optique toujours trop répandue.

En revanche qui contrôle la monnaie peut capter la richesse à son profit. Aristote, Oresme, Cantillon, Baudin et d’autres l’ont expliqué avec talent. Les banquiers centraux de nos démocraties actuelles arrivent cependant à défendre que cette captation des richesses s’effectue aujourd’hui pour le bien commun. Le génie du keynésianisme consiste à faire croire que les tours de passe-passe monétaire profitent au peuple.

▪ Allons faire quelques courses…
Imaginez un supermarché et des clients. Ce supermarché est un peu spécial : les clients en approvisionnent eux-mêmes les rayons. Ils y apportent les marchandises ou les offres de service qu’ils souhaitent vendre aux autres clients. On y paye la marchandise avec des bons d’achats.

Des chefs de rayon, qui ne fournissent rien eux-mêmes, disposent la marchandise ; ils décident des taxes qu’ils vont prélever pour se payer et financer le supermarché (bâtiment, électricité, nettoyage, sécurité et système de caisse). Ils décident aussi quels produits ou services vont être plus ou moins mis en valeur sur les rayons.

Malheureusement, ces choix ne sont pas toujours judicieux car ils ne se fondent pas sur le succès rencontré auprès d’une clientèle totalement libre de choisir. Plutôt que de laisser jouer la concurrence et de s’assurer qu’elle

soit loyale, les chefs de rayon préfèrent orienter les choix des clients. Petit à petit, les produits correspondent de moins en moins aux goûts véritables des chalands. Un chef de rayon a un cousin boulanger et souhaite promouvoir la viennoiserie au détriment de la charcuterie. Un autre déteste le bricolage et pense que la couture est une activité à promouvoir…

Plus il y a de chefs de rayon, moins il y a de clients approvisionneurs

Chacun continue d’approvisionner le supermarché mais en essayant d’optimiser son apport en fonction des diktats des chefs de rayon plutôt qu’en recherchant à fournir des biens et services qui plaisent aux autres clients. Petit à petit, les gondoles deviennent moins bien garnies. On multiplie les postes de chefs de rayon, les règles de sélection, de contrôle et de mise en valeur, les offres promotionnelles pour enrayer le déclin, mais rien n’y fait. Il est vrai aussi que plus il y a de chefs de rayon, moins il y a de clients approvisionneurs. Mais les chefs de rayon sont si gentils, si empressés, si désireux de bien faire, les clients n’y voient aucun mal…

La situation de notre supermarché empire. Les frais de fonctionnement gonflent et grèvent les prix. Les caissiers ont beau faire crédit de bons d’achat, rien n’y fait. Dans le cadre d’une opération commerciale choc, le directeur du supermarché décide alors d’une distribution de bons d’achats. Cette opération vise à insuffler de l’optimisme aux clients. Avec plus de bons d’achat, les rayons se videront et voyant ceci, les clients s’empresseront de les remplir à nouveau.

▪ Un raisonnement imparable, n’est-ce pas ?
Non, bien entendu. Ce n’est pas parce que les bons d’achat ont été multipliés que les produits en rayon vont eux aussi se multiplier par magie. Les rayons ne se vidaient pas par manque de bons d’achat. Ils ne se rempliront pas parce qu’il y a plus de bons d’achat.

Les opérations des banquiers centraux ont consisté jusqu’à présent à distribuer des bons d’achat, mais pas aux clients-approvisionneurs de notre supermarché. Ces bons ont été donnés aux chefs de rayon (les gouvernements) et aux caissiers (le système bancaire). Ces opérations se soldent par un échec, sauf pour les intéressés évidemment.

Les gouvernements ont ainsi trouvé à financer leurs promesses électorales stupides et à payer encore plus de postes de chefs de rayon. Les investissements ralentissent car on ne peut à la fois financer l’augmentation des frais de fonctionnement du supermarché et le développement de nouveaux produits.

Les banques font croire qu’elles sont assainies. Elles ne le sont évidemment pas puisque nous avons des taux négatifs. Ceci signifie que les gens qui ont de grosses sommes d’argent préfèrent payer pour avoir une créance signée d’un Etat ou d’une multinationale, plutôt que de laisser leur argent dans une banque (car un compte au solde créditeur est en réalité une créance que vous détenez sur votre banque).

L’helicopter money de Ben Bernanke décollera bientôt

Bien sûr, gouvernements et banquiers centraux ne vont pas crier sur les toits qu’ils se sont enrichis sur votre dos avec leurs opérations de création monétaire. Pas vu, pas pris. Ils vont continuer à profiter de l’ignorance. Si nécessaire, ils seront prêts à distribuer des bons d’achat à la foule. L’helicopter money de Ben Bernanke décollera bientôt.

Cela ne marchera pas mieux puisque la création de monnaie n’a rien à voir avec la création de richesse. Mais cela prolongera l’illusion. Les prévaricateurs continueront à s’enrichir car — comme Richard Cantillon l’a démontré il y a trois siècles — ceux qui sont au plus près de la source de création monétaire en profitent toujours. Les malheurs sont pour ceux qui en sont éloignés. Les faux-monnayeurs officiels ont encore de beaux jours devant eux puisque le peuple n’a pas de mémoire. Donnez-lui des bons d’achat et il se croit plus riche. Ca ne coûte rien, c’est l’Etat qui paie, pour paraphraser notre président.
[NDLR : Retrouvez toutes les analyses et explications de Simone Wapler jour après jour — avec en plus, des recommandations concrètes pour vos investissements : il suffit de cliquer ici…]

source

Publicités
 
1 commentaire

Publié par le 9 avril 2015 dans économie, général

 

Étiquettes : , , , , ,

Simone Wapler – L’hyperinflation peut-elle exister à l’heure de la Carte Visa ?

leadimg

Autre son de cloche ici …..Simone voit que  « la planche à billets en euro va pouvoir fonctionner à plein régime » .

OK je vois, c’est pierre Lecomte qui modère tout ça dans le monde des goldeux (faut dire que lui est LONG en US T BOND TLT

pas d’hyperinflation ? En Europe oui, Aux US je suis moins catégorique , Ils y courent … : tout l’enjeu est qui tombera en 1er pour moi, et les étasuniens essayent de nous faire tomber d’abord …

Le big reset, de Christine Lagarde : oui mais avant ou après le Crash ?

Comme le croit DELAMARCHE , je pense que ce sera après . Z .

▪ Ça y est, Mario Draghi a obtenu son imprimatur de la Cour européenne de justice, la planche à billets en euro va pouvoir fonctionner à plein régime. Joie et allégresse, l’Europe aura bientôt le droit de masquer l’insolvabilité par la fausse monnaie, comme les Etats-Unis, comme le Japon.

Pour certains, ce ne serait pas encore si simple. Pierre Leconte, du Forum monétaire de Genève, commente à chaud :

La question de la légalité des achats d’obligations d’Etats européens par la BCE n’est toujours pas clarifiée en raison de la ‘conditionnalité’ que le procureur auprès de la Cour européenne de justice a conseillé à ce tribunal d’exiger de la part de la BCE lorsqu’elle entend pratiquer ce type d’opérations. Ce qui signifie que Draghi annoncera probablement un QE le 22 janvier, sans pour autant en dévoiler la forme ni le montant, d’autant que la Bundesbank et l’Allemagne s’y opposent, ce qui pourrait décevoir les investisseurs et conduire à une forte correction baissière des actions européennes”.

Un système qui n’est pas à court d’argent n’a aucune raison de s’arrêter ou de se réformer

▪ Alors EQE (European quantitative easing)… ou pas ?


Peut-être faut-il revenir sur ce qui choque profondément les Allemands dans cette affaire. Finalement, le QE revient à imprimer l’argent de ce qu’on appelle les minima sociaux (allocations chômage, allocations familiales, revenus de solidarité active, allocations équivalent retraite, allocations d’insertion, allocations aux adultes handicapés, allocations de solidarité aux personnes âgées, allocations supplémentaire d’invalidité) et à payer les salaires des fonctionnaires en surnombre. Il faut bien comprendre que l’Etat emprunte pour financer son déficit, que le rachat des émissions d’emprunt par la Banque centrale revient à créer de l’argent pour financer ces dépenses sociales. Or un système qui n’est pas à court d’argent n’a aucune raison de s’arrêter ou de se réformer.

Un ancien gestionnaire de hedge fund révèle…
“LE CALENDRIER MAGIQUE”Comment une “faille” créée par le gouvernement américain fait exploser les prix des actions les plus convoitées deWallStreet : grâce à une petite loi méconnue, vous pouvez connaître la date exacte de vos gains — des mois à l’avance !Découvrez comment en cliquant ici…

L’Allemagne de son côté est un pays vieillissant, son budget est équilibré ; or un pays de vieux a besoin d’une monnaie forte, stable qui garantisse l’épargne et de taux obligataires qui permettent aux assureurs de verser les pensions de retraite. L’Allemagne a peur de l’hyperinflation à laquelle pourrait conduire cette stupide expérimentation monétaire.

Lorsqu’on parle d’hyperinflation, on vous raconte toujours les histoires de l’Allemagne, du Zimbabwe, de l’Argentine, de la Hongrie. On voit les brouettes de marks, les piles de billets, le marché noir qui s’organise avec une autre monnaie.

Récemment, on a parlé de l’inflation en Russie. La baisse du rouble est difficile à encaisser pour les Russes. Certains avaient contracté des prêts immobiliers en dollar et voient leurs remboursements s’alourdir de 41% (c’est la chute du rouble face au dollar en 2014). L’inflation pourrait atteindre 17% au printemps. Les gens se ruent sur l’électroménager, l’électronique, l’automobile et l’ameublement. L’inflation déclenche une fièvre de consommation au comptant pour ceux qui le peuvent. Mais avec 17% de hausse des prix en rythme annuel, les Russes sont encore loin de l’hyperinflation.

▪ La grande inconnue
Il y a aujourd’hui une grande inconnue concernant la survenue d’une hyperinflation éventuelle, notamment en France : la dématérialisation de la monnaie. Lorsque vous faites vos courses, vous constatez que de plus en plus de gens payent avec une carte de débit. La manipulation physique de la monnaie devient rare. D’ailleurs les pièces et billets ne représentent qu’une très faible proportion de la monnaie en circulation.

La manipulation physique de la monnaie devient rare

Or l’hyperinflation traduit avant tout un emballement de l’inflation dû au rejet de la monnaie qui n’est plus considérée comme fiable. Il y a un catalyseur psychologique qui fait basculer de l’inflation vers l’hyperinflation. Réaliser que pour le même achat on sort une pièce ; puis le lendemain un billet ; le surlendemain deux billets ; à la fin du mois, les billets sont changés et portent un zéro de plus… Avec une carte de débit, on tape toujours le même code et le ticket conserve le même format.

Nous ne sommes pas la Russie ; l’euro n’a perdu que 10% de sa valeur face au dollar ; cette chute ne nous pénalise pas car le prix du pétrole a été divisé par deux. La monnaie est largement dématérialisée, cantonnée dans les comptes bancaires. Le moment venu d’assainir les comptes publics, nous ne verrons probablement pas d’hyperinflation mais simplement une confiscation de l’épargne directement à la source. C’est la même chose que l’hyperinflation, mais à la fois plus sophistiqué et plus brutal. Le big reset, de Christine Lagarde. Christine, Mario sont des gens raffinés, ils appartiennent à l’élite. Ils vont nous mitonner une arnaque élégante, n’en doutez pas.

[NDLR : Comment vous protéger contre les risques liés aux manipulations monétaires de Mario, Christine et tous les autres ? Tout est expliqué ici…]

 
1 commentaire

Publié par le 15 janvier 2015 dans économie, général

 

Étiquettes : , , , , , ,

L’Euro survivra-t-il à 2015 ? Simone Wapler

L’Euro survivra-t-il à 2015 ? Simone Wapler

 
Poster un commentaire

Publié par le 14 janvier 2015 dans économie, général, International

 

Étiquettes : , , ,

Simone Wapler : « Morgan Stanley prédit que le prix du baril pourrait descendre jusqu’à 43 $ en 2015 »

leadimg

Alors ce chiffre de 40 $ est intéressant : ça ne vous rappelle pas le ministre des émirats hier, qui dit que  L’OPEP ne bougera pas même si le baril tombe à 40 dollars ! ?!  Si ça arrive va y avoir du gros dégât, non seulement pour les producteurs de brut ou de schiste (dans lequel les banques US sont très exposées) , mais pour l’économie mondiale ;  Z . 

Depuis plus de deux ans, dans L’Investisseur Or & Matières, j’ai démontré que le miracle du pétrole et gaz de schiste n’était qu’un mirage. Nous avons pu en profiter avec notamment Sundance Energy, vendu le 1er octobre avec 41,2% de plus-value.

L’important quand on investit dans une bulle est simplement d’être conscient des dangers et de laisser jouer les stops en fin de partie.

Désormais de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer la bulle énergétique. « Comme la bulle dot.com, la story du gaz de schiste américaine a été montée en épingle par les banques, sous de beaux slogans comme Saudi America , qui à présent séduisent moins d’investisseurs », dénonce Myret Zaki dans le journal suisse Bilan.

« C’est comme un cube de glace. Si la production n’augmente pas, vous êtes mort », Mike Kelly, Global Hunter Securities, cité par Bloomberg.

La semaine dernière, Morgan Stanley a prédit que le prix du baril pourrait descendre jusqu’à 43 $ en 2015

La baisse du pétrole est-elle durable ?
La semaine dernière, Morgan Stanley a prédit que le prix du baril pourrait descendre jusqu’à 43 $ en 2015.

On se demande pourquoi Morgan Stanley n’a pas sorti cette prévision en septembre alors que la baisse était déjà bien amorcée et le côté suiveur de tendance est suspect ; mais Morgan Stanley est une banque bien informée et qui a le moyen d’influencer les cours.

En dehors des questions géopolitiques, la baisse actuelle des cours reflète bien évidemment le ralentissement de la croissance mondiale, et donc de la demande.

Le phénomène est d’autant plus accentué que la demande de la Chine est en train de se transformer. L’économie chinoise termine sa période de gloutonnerie pétrolière justifiée par la construction d’infrastructures et les plans de relance mis en place depuis la crise.

Chine

En 10 ans, la consommation pétrolière chinoise a doublé pour atteindre 10,3 millions de barils par jour, mais depuis 2012 le rythme est beaucoup plus modéré. Par ailleurs, la Chine s’approvisionne essentiellement au Proche-Orient.

Proche-Orient

La baisse des prix trouve ses racines dans le ralentissement économique mondial et la Chine, devenue un poids lourd de la demande, a tendance à consommer moins même à activité économique stable

La baisse des prix trouve ses racines dans le ralentissement économique mondial et la Chine, devenue un poids lourd de la demande, a tendance à consommer moins même à activité économique stable.

Pour que les prix remontent, il faudrait qu’un gros robinet se referme quelque part dans le monde, ailleurs qu’aux Etats-Unis.

Quel est le seuil de rentabilité de l’activité américaine du pétrole de schiste ?
Les puits forés dans la zone Eagleville Condy, qui fait partie du grand champ d’Eagle Ford, se rentabilisent à 80,28 $ le baril, ou 55 $ le baril si l’on exclut les coûts perdus tels que la location du terrain et les infrastructures de forage.

Une estimation de l’Agence Internationale de l’Energie indiquait que 96% de la production américaine était rentable à 80 $ le baril

Une estimation de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) indiquait que 96% de la production américaine était rentable à 80 $ le baril, chiffre remis en cause par les analystes de Sanford & C. Bernstein LLC qui estimaient qu’un tiers des extractions du premier trimestre de 2014 n’était pas rentables avec un WTI à 80 $.

Un article de fin novembre 2014 de Bloomberg situait la barre de rentabilité à 75 $ le baril dans 19 régions (Kansas, Oklahoma, Arkansas, Mississipi, Texas) qui pompent 413 000 barils par jour.

En réalité, l’examen des chiffres montre de très grandes disparités locales selon Bloomberg New Energy Finance. En Oklahoma le point mort varie selon les puits de 79,28 $ à 186,73 $ le baril. Au Kansas de 78,56 $ à 163,51 $ le baril…

– See more at: http://quotidienne-agora.fr/2014/12/15/petrole-schiste-chine/#sthash.dYTISRdB.dpuf

 
Poster un commentaire

Publié par le 17 décembre 2014 dans économie, général

 

Étiquettes : , , , , , , , , , , , ,

Simone Wapler – Le crédit subprime du pétrole de schiste, une vraie menace

e2712-bear-feed

Les Américains allaient redevenir les rois du pétrole ; l’Etats-Unis-Saoudite était née grâce au pétrole et gaz de schiste, les Etats-Unis redevenaient exportateurs nets d’énergie… C’était l’idée vendue fin 2013. C’était le bon temps du pétrole à 100 $.

Un an plus tard, avec la chute du baril de pétrole, la question se pose de savoir si les mauvais crédits accordés dans le secteur de l’énergie de schiste ne pourraient pas déclencher une nouvelle catastrophe de l’ampleur de celle du crédit subprime.

L’exploitation des gaz et pétrole de schiste par forage horizontal n’est pas une idée neuve. Beaucoup de projets sommeillaient dans des fonds de tiroir d’ingénieurs pétroliers. Ils y sommeillaient faute de rentabilité. Mais voilà, en 2009, la conjonction de taux d’intérêt très faibles et d’un prix élevé du pétrole permettait de les regarder d’un oeil neuf. En 2008, le pétrole frisait les 150 $ le baril ; la crise l’a fait retomber à 30 $ le baril mais dès la fin de 2009, il dépassait à nouveau 80 $ le baril. Avec des taux d’intérêt à presque zéro pour très longtemps et une tendance haussière de l’or noir, les pétroliers ont refait leurs comptes. Le coup pouvait être tenté…

Ce fut alors la ruée vers le pétrole de schiste… avec des financements par l’emprunt.

Ce fut alors la ruée vers le pétrole de schiste… avec des financements par l’emprunt. Les investisseurs s’arrachèrent la dette émise par des petites entreprises, mal notées, mais du papier qui rapportait quelque chose dans une morne plaine de taux désespérément bas. Les puits se multiplièrent au nord-ouest du golfe du Mexique.

Petit problème, la plupart de ces puits extraient du pétrole à un prix de revient compris entre 75 $ le baril et 186 $ le baril, selon Bloomberg. La moyenne est plutôt vers 85 $ – 90 $ le baril.

Il n’a pas échappé à votre profonde sagacité, cher lecteur, que le pétrole cotait actuellement 61 $ le baril. Par ailleurs, une grande banque d’affaire américaine Morgan Stanley a indiqué spéculer sur un retour à 43 $ le baril. Les entreprises qui ont émis de la dette et comptent payer les intérêts en vendant du pétrole à 80 $ ont donc un petit problème de trésorerie. Et les marchés financiers en ont un plus gros. De quelle taille exactement ?

▪ Des signes inquiétants
La dette dite haut rendement (high yield ou plutôt junk bonds, soit obligations pourries) représenterait environ 900 milliards de dollars, soit 15% du secteur obligataire américain du haut rendement. Le premier défaut a eu lieu en mai 2014, avant même le début de la baisse du pétrole. Une très modeste faillite de 1,3 milliard, pour le moment. Mais depuis octobre, l’écart de rendement des obligations pourries du secteur de l’énergie s’est écarté de façon très menaçante du rendement moyen de l’ensemble des obligations pourries. C’est mauvais signe : les investisseurs prennent peur et vendent.

chute des obligations
Par courtoisie de GKResearch et de l’Institut des Libertés

Toute la question est de savoir si l’effondrement de ce secteur peut provoquer une hausse des taux par contagion du secteur obligataire à haut rendement en général

Toute la question est de savoir si l’effondrement de ce secteur peut provoquer une hausse des taux par contagion du secteur obligataire à haut rendement en général. Face à l’avidité des investisseurs en quête d’un peu de retour sur capital, de nombreux fonds high yield se sont créés. Ces fonds peuvent se retrouver confrontés à une multiplication de défauts des émetteurs. Ceux qui ont une mémoire supérieure à celle d’un poisson rouge se souviendront certainement des trois obscurs fonds immobiliers de BNP Paribas qui avaient été suspendus de cotation en août 2007, prémisse de la crise de 2008.

Mais évidemment, dans une telle situation, la réponse des autorités serait — comme toujours — à la hauteur de la situation. Il suffira de baisser les taux. Non ? Ce n’est plus possible ? Eh bien, il suffira de ne jamais les remonter, ce qui multipliera les mauvais investissements et vous verrez que finalement tout ira bien. Il restera toujours du goudron et des plumes pour Janet Yellen.
[NDLR : Retrouvez les analyses et conseils de Simone Wapler jour après jours dans La Stratégie de Simone Wapler : cliquez ici pour tout savoir !]

 

http://la-chronique-agora.com/subprime-petrole-schiste/

 
Poster un commentaire

Publié par le 11 décembre 2014 dans économie, général

 

Étiquettes : , , , , , ,

Simone Wapler : Comment les banques centrales confondent consommation et prospérité

leadimg

– « Les majors du pétrole vont recourir à la dette pour payer leurs dividendes »
L’Agefi du mardi 2 décembre 2014

▪ Décidément, nous vivons dans un monde bizarre. Des gens acceptent d’être copropriétaires d’une entreprise qui emprunte pour leur redonner l’argent de la dette contractée. Remarquez que d’une façon générale, des taux d’intérêt négatifs sont une insulte au bon sens. Arrivés à ce stade, plus rien ne doit nous étonner concernant ce qu’il est convenu d’appeler les « actifs financiers ». Même cette terminologie est d’ailleurs inadaptée car la majorité des actifs circulants sont de la dette, donc plutôt du passif.

Les medias nous proposent une vision très étrange de l’économie, soit keynésienne, soit monétariste — et le plus souvent un doux mélange des deux, ce qui nous vaut des absurdités.

La consommation n’est qu’un signe extérieur de richesse qui n’existe vraiment que si on a les moyens de consommer

Dans la vision keynésienne, la consommation est au centre de tout. Plus vous consommez, plus l’activité économique augmente, plus vous vous enrichissez. Tout recul de la consommation est un drame et les politiques de l’offre permettent de lisser des cycles. Un enfant comprendrait aisément que la consommation n’est qu’un signe extérieur de richesse qui n’existe vraiment que si on a les moyens de consommer. Mais les politiciens professionnels adorent le keynésianisme : il permet de justifier des politique de la demande – je prends à Pierre (qui ne consomme pas, le bougre d’animal obtus) pour donner à Paul qui va consommer (et qui est mon gentil électeur).

*** Confidentiel ***
Un conseiller de la CIA révèle le plan qui prépare en secret l’avènement de
LA « MONNAIE FANTÔME »Selon cet expert, la fin du système monétaire mondial est déjà programmée et pourrait avoir lieu d’ici mars 2015ou avant.

S’il a raison, les marchés boursiers pourraient être divisés par deux, l’épargne individuelle partirait en fumée, les faillites bancaires se multiplieraient… et des millions de gens perdraient TOUT.

Cliquez ici pour découvrir comment vous pouvez vous mettre à l’abri, vous et votre famille, de cette catastrophe à 100 000 milliards d’euros

 

Dans la vision monétariste, la monnaie est au centre de tout. Une économie a besoin d’une certaine quantité de monnaie pour bien fonctionner. S’il n’y a pas assez de monnaie, elle se grippe. Un grand planificateur omniscient, appelé banquier central, sait très précisément de quelle quantité de monnaie une économie a besoin. Il a un gros bouton « taux d’intérêt » qu’il tourne dans un sens ou dans l’autre. Concrètement, il le tourne toujours à la baisse et la masse de crédit gonflant, les gens se croient plus riches.

L’ancêtre des monétaristes était John Law : « La Hollande, placée sur le sol le plus ingrat et les rivages les plus dangereux, est la plus riche contrée du monde. Pourquoi ? Parce qu’elle regorge en numéraire », s’extasiait-il — en concluant que pour être riche, il fallait de la monnaie.

Aujourd’hui le banquier central, qui a oublié la faillite de John Law, a cassé la butée zéro de son gros bouton. Nous avons des taux d’intérêt négatifs, c’est-à-dire que des gens en payent d’autres pour emprunter. Là encore, politiciens et bureaucrates adorent la vision monétariste car elle justifie beaucoup de postes de grands planificateurs omniscients et d’économistes courtisans apologues de politiques monétaires, de dévaluations compétitives et autres sornettes. Cela marche durant un temps : lorsque les gens ont plus de monnaie et de crédits, ils ont la faiblesse de se croire plus riches même s’ils ne peuvent pas échanger plus.

Pour paraphraser Alexandre Dumas, la monnaie est bonne servante mais mauvaise maîtresse

▪ Ce qui fait vraiment la prospérité
En réalité, au coeur de l’économie se trouve l’échange librement consenti et non pas la consommation ou la monnaie. Les gens prospèrent s’ils peuvent échanger librement quelque chose contre quelque chose. Dans cet échange, pour paraphraser Alexandre Dumas, la monnaie est bonne servante mais mauvaise maîtresse. A l’échelle d’un pays, les exportations servent à payer les importations. Les dévaluations compétitives ne sont que poudre aux yeux et écrans de fumées. Tout ce qui entrave l’échange librement consenti entrave la création de richesses.

Tout le monde a oublié qu’ »une transaction ne peut se faire que si les deux parties en retirent un profit », comme dit Bill Bonner dans son dernier livre. Si les échanges sont forcés par l’Etat ou par la manipulation monétaire, l’économie devient exaction, vol, prébende, corruption. « Les pots-de-vin sont généralement versés pour remporter des contrats auprès d’entreprises détenues ou contrôlées par l’Etat dans les économies avancées, bien plus que dans les pays en développement, et la plupart des corrupteurs et des corrompus viennent des pays riches », indique l’OCDE dans son dernier rapport.

L’économie réelle, celle de l’échange, a été cassée en 1973, date de l’avènement des monnaies adossées à rien. Du pétrole, des marchandises, des services contre une promesse de payer un jour… C’est la belle vie, le retour de John Law. Les promesses de payer se sont accumulées et tout le monde sait maintenant qu’elles ne seront pas tenues. Mais cette situation absurde se maintient.

On ne doit jamais sous-estimer la longévité d’un système absurde. L’expérience de John Law a duré deux ans ; le communisme a duré presqu’un siècle. Mais tôt ou tard, l’une des parties s’aperçoit que l’échange n’est pas profitable. Elle veut autre chose que de la dette. Lorsqu’il s’agit de monnaie, en général, c’est de l’or ou de l’argent. Ce sont les seules monnaies qui garantissent un échange équitable, un monde civilisé.
[NDLR : Retrouvez toutes les analyses, conseils et recommandations de Simone Wapler dans sa lettre d’investissement — cliquez ici pour plus d’informations]

 
Poster un commentaire

Publié par le 4 décembre 2014 dans économie, général

 

Étiquettes : , , , , , ,

Simone Wapler : La dette, “un crime contre la postérité”

leadimg

▪ Pour l’économiste américain Laurence Kotlikoff, professeur à l’université de Boston, le fonctionnement actuel des Etats occidentaux et leur fol endettement est « un crime contre la postérité ».

Le principal a atteint une telle somme qu’il ne sera jamais payé. Aucune personne sensée n’acceptera cet immense passif en héritage

En effet, les engagements de retraites et de santé des social-démocraties sont insuffisamment provisionnés. L’endettement public pallie cette carence, mais il s’agit de dettes à long terme (10 ans, 20 ans, 30 ans) dont le paiement des intérêts échoit aussi à nos enfants ou petits-enfants. Le paiement du principal pèserait même sur nos arrières petits-enfants. Je mets ici à dessein un conditionnel, car le principal a atteint une telle somme qu’il ne sera jamais payé. Aucune personne sensée n’acceptera cet immense passif en héritage.

Selon les estimations de Kotlikoff, le fossé entre les promesses et le réalisable serait équivalent à 12 fois le PIB des Etats concernés que ce soit en Europe, au Japon ou aux Etats-Unis. Les systèmes de retraite « s’effondreront comme des châteaux de cartes dès que les plus jeunes ne voudront plus payer l’addition – où en seront incapables ». Pour combler le fossé budgétaire, il faudrait que les gouvernements relèvent les impôts ou baissent les reversements. Les impôts sont déjà à la limite du supportable. En France, il faut compter comme impôts les assurances chômage, maladie et vieillesse, systèmes publics en situation de monopole qui conduisent à des taux de prélèvements obligatoires de presque 50%.

Un ancien gestionnaire de hedge fund révèle…
« LE CALENDRIER MAGIQUE »

Comment une « faille » créée par le gouvernement américain fait exploser les prix des actions les plus convoitées de Wall Street : grâce à une petite loi méconnue, vous pouvez connaître la date exacte de vos gains — des mois à l’avance !

Découvrez comment en cliquant ici…

 

Les conclusions de l’économiste Kotlikoff sont également celles d’Emmanuel Todd qui a un regard d’historien, d’anthropologue et de démographe.

▪ Le cas de la France
En France, nous avons assisté à un emballement de l’espérance de vie dans les années 1970. Ce changement fondamental a pris par surprise le monde politique qui ne l’avait pas prévu et a refusé d’en tirer les conséquences.

« C’est comme si on avait eu une immigration sauvage de vieux. Les gens pensent que le problème de la société française c’est que les banlieues se remplissent d’immigrés sans qu’on puisse le contrôler mais la vérité des problèmes pour moi, c’est plutôt que la société française s’est remplie de vieux« *.

Nous vivons en démocratie, la population majoritaire est âgée et elle organise l’écrasement économique de la jeunesse, son étouffement par la dette. Ce n’est pas l’euthanasie financière du rentier par l’inflation préconisée par Keynes qui s’organise sous nos yeux, c’est l’euthanasie financière de la jeunesse par la dette et le paiement de la rente à leurs aînés.

Vous avez là les germes d’une situation violente : une minorité opprimée, rançonnée et sans représentation politique, sans contre-pouvoir.

En France, nos professionnels de la politique sont économiquement incompétents. Ils n’ont rien compris aux grands chocs du 20ème siècle et du 21ème siècle : démographie, mondialisation des échanges commerciaux. Ils sont en majorité monolingues et n’ont jamais connu un environnement de concurrence puisqu’ils sont surtout fonctionnaires. Hollande a découvert la Chine, « l’usine du monde », en avril 2013 ; il n’y avait jamais mis les pieds auparavant. Le prix Nobel** d’économie 2014, Jean Tirole, invité par la commission des affaires économiques du Sénat, a parlé devant une petite douzaine de sénateurs ! Il évoquait pourtant les réformes conduites par la Suède, l’Allemagne, l’Australie ou le Canada pour sauver leur modèle social.

Une société de vieux signifie moins de dynamisme, moins d’entrepreneurs, moins de créativité, plus de crainte

▪ Enfin une bonne nouvelle pour les jeunes…
Sur le plan économique, une société de vieux signifie moins de dynamisme, moins d’entrepreneurs, moins de créativité, plus de crainte. La croissance décline, le principe de précaution est gravé dans le marbre de la constitution. Cela signifie aussi une société qui consomme moins car elle épargne. Cette société n’est plus dans la logique de consommation qui prévaut lorsque les familles s’agrandissent.

Les banques centrales inondent le système de fausse monnaie pour que la pyramide de dettes ne s’écroule pas — ce qui ruinerait les vieux au pouvoir mais libérerait les jeunes. Dans le capitalisme normal, la faillite met une fin à l’absurde, mais dans le capitalisme de connivence, il reste toujours de l’argent puisqu’il suffit de le créer. Une situation absurde et injuste peut cependant durer très longtemps, comme nous l’apprennent les expériences communistes. Il suffit de recourir à l’exaction et au crime, d’où ce crime contre la postérité.

Aujourd’hui le prix des actifs financiers est soutenu par la création monétaire partout dans le monde. Si vous êtes tentés par les marchés à long terme, investissez plutôt dans des pays où les jeunes sont encore majoritaires et fuyez la dette de vieux. Reste les autres actifs, au premier rang desquels l’immobilier. En France, les jeunes actifs qui doivent payer les rentes de retraite et les soins de santé de leurs aînés (ou les intérêts de la dette publique, ce qui est finalement la même chose) n’auront jamais les moyens d’acheter de l’immobilier aux prix actuels. De surcroît, le Comité de Bâle souhaite mettre en place dès 2015 une règle qui imposerait le taux variable dans les crédits immobiliers afin de préserver les banques du risque de remontée des taux.

Donc l’immobilier devrait baisser, vraiment baisser. Enfin une bonne nouvelle pour les jeunes !

*Emmanuel Todd, conférence Le vieillissement de la population, quels effets ? à l’adresse des pharmaciens du Carré de l’Optique, du 10 octobre 2014

**Très précisément « prix 20144 de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel » puisque l’économie n’était pas un domaine initialement primé par Nobel.

http://la-chronique-agora.com/dette-crime-posterite/

 
3 Commentaires

Publié par le 27 novembre 2014 dans économie, général

 

Étiquettes : , , , ,

 
%d blogueurs aiment cette page :