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Archives de Tag: Simone Wapler

Simone Wapler : Inflation requiescat in pace ?

Il se peut que notre système monétaire ait à livrer son dernier combat contre l’inflation prochainement. Entre deux krachs – obligataires ou actions – les banquiers centraux devront choisir.

Comme vous le savez, notre système monétaire, au lieu de reposer sur une honnête marchandise, repose sur le crédit et donc la dette. Le crédit est supposé pouvoir gonfler à l’infini.

La meilleure « monnaie » est la dette d’Etat. Plus l’Etat émetteur est gros, armé et dispose de contribuables dociles, meilleure est sa devise, sa dette. Les obligations souveraines en dollar et en euro sont le socle de notre système monétaire et des échanges internationaux.

Ce système survit car avec des taux d’intérêt à presque zéro, la dette peut effectivement enfler sans douleur.

En 2017, il existe 63 000 Mds$ de dettes d’Etat libellées dans diverses monnaies ; un tiers est de la dette américaine.

La seule chose qui pourrait mettre fin à ce système serait la méfiance, la suspicion.

Cette suspicion n’arrivera pas parce que subitement l’Internationale des Contribuables se dirait « hé bien, mais nous ne pourrons jamais payer tout ça, nous serions esclaves de la dette et nous n’en voulons pas ».

La méfiance surgira si jamais l’inflation se réveille dans les pays gros émetteurs de dettes. Car les pays excédentaires qui leur vendent à crédit diront « hé, attendez, nous ne voulons pas être payés en monnaie de singe ! ».

Mais d’où pourrait surgir l’inflation ?

Jusqu’à présent, les Etats-Unis et l’Europe ont importé des baisses de prix en profitant d’importation de produits manufacturés bon marché ; ce qu’on appelle la mondialisation. Si jamais les producteurs de ces pays augmentent leurs prix, alors, l’Europe et les Etats-Unis importeront de l’inflation. Ce serait une sorte d’effet boomerang.

Est-ce possible ?

C’est possible si les salaires et les niveaux de vie progressent dans les pays producteurs à bas coût. Mais c’est aussi possible simplement parce que ces producteurs le veulent. Exactement comme lorsque les pays producteurs de pétrole ont augmenté leurs prix dans les années 1970 car ils étaient inquiets de la rupture du lien entre l’or et le dollar.

Les dernières données montrent que l’inflation des prix à la production en Chine atteint 7% et a bondi de « façon inattendue », selon Reuters. (*)

L’inflation des produits manufacturés et des services progresse aux Etats-Unis.

Pour le moment, l’inflation mondiale n’embraye pas.

Mais si l’inflation essaime, que feront les banquiers centraux ?

Continuer les opérations monétaires pour faire baisser les rendements des obligations souveraines alors qu’ils viennent de commencer à « normaliser » ?

Ce sera trop tard. Cela détruirait la confiance dans le système monétaire.

Relever les taux ? Cela va déclencher des faillites en cascade dans le secteur privé mais cela permettra de sauver le marché des obligations d’Etat.

Si l’inflation n’est pas morte, les banquiers centraux devront crever une bulle (celle des actions) pour maintenir encore un peu la fiction de l’autre bulle (les dettes d’Etat sont remboursables).

Cette fiction doit durer puisque c’est sur elle que repose le système monétaire.

(*) https://www.reuters.com/article/us-china-economy-inflation/china-september-producer-prices-jump-most-in-six-months-in-boost-for-global-inflation-idUSKBN1CL05E

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Publié par le 9 novembre 2017 dans économie, général, International

 

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Simone Wapler : Votre argent otage de la prochaine crise bancaire

Les zélites se préparent pour la future grande spoliation de nos avoirs bancaires : en plus de la directive BRRD qui prévoit le renflouement des banques en faillite par leurs clients (les créanciers), c’est maintenant une loi plus directe qui est en vue .

Pour sauver les banques zombies et éviter une « crise de liquidité », les autorités européennes discutent une loi leur permettant de geler vos dépôts

Nos grands argentiers commencent à perdre pied. Leurs plans ne fonctionnent pas comme prévu. Pour tenter de s’en sortir, ils veulent cette fois pouvoir disposer de votre argent et aller le chercher là où il se trouve : dans vos comptes en banque.

Le système monétaire et financier actuel repose sur une double tromperie. Il est au bord de l’effondrement mais il avantage une petite frange de la population qui entend garder ses privilèges exorbitants.

Une législation spoliatrice se met donc en place pour tenter de faire durer le système. Après la loi Sapin 2, qui emprisonnera les épargnants en cas de crise obligataire gênante pour les assureurs, voici une loi bancaire qui se profile et qui permettra de geler vos dépôts en cas de besoin… pour votre banque.

Le fait que les lois soient aujourd’hui faites, non pour protéger des individus, mais pour protéger des intérêts corporatistes, est un signe très inquiétant.

Mais avant de poursuivre sur cette loi bancaire en discussion, voyons pourquoi notre système monétaire et financier est une arnaque.

Une double arnaque, monétaire et bancaire

En premier lieu, la monnaie d’aujourd’hui n’est plus que du crédit. La tromperie consiste à avoir supprimé la monnaie « adossée à quelque chose de déjà existant » au profit du crédit pur, adossé à rien et sans contrepartie. C’est le principe « les crédits font les dépôts » qui sous-tend le système bancaire moderne. Une banque peut accorder des crédits en multiple de ses fonds propres (l’argent que les actionnaires ont vraiment mis dans l’affaire) simplement par le privilège de sa « licence bancaire ».

En France, seuls les buralistes ont le droit de vendre du tabac. De la même façon, en France et dans le monde, seules les banques ont le droit de vendre du crédit avec de l’argent qu’elles n’ont pas, qu’elles n’ont pas gagné et qui n’existe pas.

La deuxième tromperie est le mythe sur lequel repose le système bancaire moderne : votre argent en banque est instantanément disponible mais, « en même temps », il a été donné à quelqu’un d’autre à qui votre banque a consenti un prêt. Car les banques prêtent en fonction de leurs fonds propres mais elles prêtent aussi les dépôts de leurs clients.

Il est impossible qu’une même chose soit en même temps en deux endroits, mais c’est possible avec la monnaie d’aujourd’hui, crédit pur et totalement immatérielle. Tant que les gens ont confiance dans le système bancaire ils croient que leur argent en banque est en permanence disponible.

Confusion entre vrai argent et faux argent

L’économie fonctionne avec deux « argents ». Le vrai, celui que vous avez gagné par votre travail ou celui qui est adossé à des biens que vous avez légitimement acquis. Le faux, celui qui est créé par le système bancaire en vertu du principe « les crédits font les dépôts ».

Le drame est qu’il n’y a aucun moyen de distinguer le faux argent (le crédit adossé à rien) du vrai (le vôtre).

La crise de 2008, dite du crédit subprime, fut une crise de surendettement et d’insolvabilité. C’était une crise de la dette privée. Après la faillite de la banque Lehmann Brothers aux Etats-Unis, les autorités politiques et monétaires partout dans le monde ont choisi de sauver les banques et ce système monétaire et financier frelaté.

Elles l’ont sauvé parce qu’il leur convient à eux.

Elles l’ont sauvé en « passant la surmultipliée » en forçant les taux d’intérêt à baisser plus encore que par le passé, en multipliant le crédit public et privé.

L’espoir caché était de créer de l’inflation. Cette hausse des prix artificielle permettrait aux débiteurs de rembourser leurs dettes en monnaie dévaluée. Une façon élégante de plumer le créditeur (prêteur épargnant ou contribuable dans le cas de la dette d’Etat).

Une masse très inquiétante de crédits

Mais aujourd’hui, la masse de crédit – public et privé- est devenue telle qu’elle inquiète même le profane et l’inflation généralisée n’est pas vraiment au rendez-vous. L’inflation ne touche que les actifs financiers et l’immobilier.

Certains commencent donc à douter, comme le formule Bill Bonner, « que l’on peut tous s’enrichir en empruntant de l’argent qui n’a jamais existé à des gens qui ne l’ont jamais gagné… et sans jamais le rembourser… ». D’autant plus que les inégalités se creusent. La classe moyenne s’appauvrit tandis que les 0,1% qui ont le privilège de l’accès au robinet du crédit gratuit et illimité s’enrichissent de façon insolente.

La montagne de crédits ne tient que parce que les taux sont nuls. Si jamais les banquiers centraux commencent à resserrer le robinet, une cascade de faillites risque de se produire et les banques plombées par des créances douteuses seront en danger.

N’oubliez pas que des banques espagnoles et italiennes viennent d’être à nouveau sauvées ou nationalisées alors même qu’on nous dit que la croissance en Europe se reprend.

Des crises de liquidité qui ne sont que des crises de solvabilité

La banque espagnole Banco Popular s’est retrouvée en quasi-faillite car les déposants avertis (des administrations publiques !) en avaient retiré leurs dépôts.

« La détérioration significative de la liquidité de la banque […] a conduit à établir que l’entité aurait, dans un futur proche, été incapable de rembourser ses dettes ou d’honorer d’autres engagements à la date d’échéance », a expliqué la BCE.

Comme en 2008, on nous explique qu’il s’agit d’une crise de liquidité mais c’est bien de solvabilité dont il est question.

Les déposants avertis savaient que la situation était désastreuse et en ont été le révélateur en retirant leurs dépôts.

Exactement comme c’était le cas autrefois lorsque le système bancaire était encore honnête (et que les banquiers faillis se suicidaient par sens de l’honneur)…

En cas de difficulté, il va falloir empêcher l’argent de sortir pour maintenir en vie une banque zombie.

D’où cette idée des autorités de casser le thermomètre, d’interdire aux déposants de retirer leurs dépôts.

Cette législation est en discussion, comme l’a révélé Reuters fin juillet, grâce à un document rédigé par la présidence du Conseil de l’Union européenne.

Ce document mentionne que les clients devraient pouvoir toujours retirer une somme minimale, pour couvrir leurs besoins immédiats, et de limiter le gel des comptes à cinq jours ouvrés, pouvant être prolongée jusqu’à 20 jours en cas de « circonstances exceptionnelles ».

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit

Source: la-chronique-agora

 
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Publié par le 8 septembre 2017 dans économie, général

 

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Simone Wapler – Le Gold : un rempart contre le gaspillage

Notez au passage que l’or et l’argent ont désormais le statut de monnaie en Arizona, les MP reviennent en force :

Les efforts visant à miner la FED ont reçu un énorme coup d’accélérateur hier (lire le 22 mai). Le gouverneur de l’Arizona Doug Ducey a ratifié la loi qui élimine pour l’or et l’argent la taxe sur les plus-values, permettant ainsi aux habitants de l’Arizona d’utiliser les métaux précieux en tant que monnaie en lieu et place des billets de banque de la FED…

Car il ne faut pas se leurrer, il n’y a par nature pas de fiscalité sur une monnaie. Encore une fois, la monnaie est et doit-être neutre, c’est-à-dire qu’une monnaie ne rapporte rien et ne coûte rien. Ce qui rapporte (ou coûte), ce sont les opérations économiques que l’on peut entreprendre avec cette quantité de monnaie.

Supprimer la fiscalité sur l’or c’est donc directement « re-monétiser » le métal jaune et c’est une sacrée nouvelle !

Simone Wapler – Le Gold : un rempart contre le gaspillage

Jamais on n’a créé autant d’argent ou de crédit dans l’histoire. Plus de 9 000 Mds$ depuis la crise financière de 2008.

Jamais on n’a vu autant de gaspillages, de mauvaises allocations de capital. Les Etats-providence captent en moyenne 40% des économies et la croissance s’étouffe sous le poids de la dette. Même l’OCDE a récemment admis que trop de « redistribution » et « dépenses sociales » étaient nuisible à l’expansion économique.

Comme le rappelle Bill Bonner : « le progrès économique dépend de l’épargne et non des dépenses ». Il dépend de la bonne allocation de cette épargne vers des actifs productifs. Ce sont les détenteurs d’épargne qui sont les mieux à même de juger de ce qui est véritablement productif. S’ils se trompent, ils sont punis et par conséquent ils apprennent de leurs erreurs, contrairement aux grands planificateurs étatiques et à la bureaucratie. C’est ainsi que le monde avance…

Pourquoi ces grands principes sont-ils si importants et pourquoi nous les ressasser tous les jours ? Parce que le capital représente la liberté et que la dette représente la servitude. Parce que la première et préférable à la seconde. Mais aussi parce que toute une communication institutionnelle souhaite nous faire oublier ces principes…

Les gouvernements des Etats-providence ont intérêt à nous faire croire que leurs dépenses sociales sont la panacée qui nous soulagera de tous les maux. Ils ont intérêt à décourager l’épargne pour mieux organiser la dépendance. C’est le but même des politiques monétaires.

Face à cela,  faute d’opportunité d’investissement productif, stockez une partie de votre épargne en métaux précieux. L’or coûte actuellement 1 260 $ l’once (soit environ 1 130 €).

Un phénomène étrange se produit : alors que des milliers de milliards de monnaies factices sont créés, les métaux précieux ont beaucoup moins progressé que les actions, les obligations et même les crypto-monnaies comme le bitcoin.

Il est même possible qu’au cas où une récession s’officialise aux Etats-Unis, l’or baisse encore, exactement comme cela s’est produit en 2008. Lorsque la crise des subprimes avait éclaté de l’or avait été vendu pour couvrir des pertes, provoquant une chute des cours avant une hausse qui a culminé en 2012 à 1 900 $ l’once. En 2012, le bilan des banques centrales se montait à moins de 9 000 Mds$. Il a depuis augmenté de 50%.

L’or est aujourd’hui une opportunité contrarienne rare. Il peut encore reculer en cas de crise financière, mais faites confiance aux banquiers centraux pour à terme détruire l’épargne et la monnaie-crédit.

Comme le dit l’auteur libéral Daniel Tourre :

« Une pièce d’or, trouvée au fond de l’eau dans un galion naufragé, a conservé sa valeur pendant 400 ans, sans banque centrale, sans experts et sans ministres de l’Economie. Les crustacés sont manifestement plus compétents pour garder une monnaie saine, moins arrogants et moins coûteux qu’une banque centrale ».

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit

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Publié par le 30 mai 2017 dans général, or et argent métal

 

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Simone Wapler – Impôts : Cet Etat qui en veut à nos biens

L’Etat qui ne veut que notre bien en veut à nos biens. C’est assez logique, me direz-vous puisque l’Etat n’a pas d’argent, il n’a que le nôtre.

Parmi les mesures les plus stupides de l’ancien gouvernement, celle de l’idée du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu.

Tout est en place, tout est prêt pour transformer les entreprises en collecteurs de cet impôt direct payé par de moins en moins de monde. Il s’agit d’une mesure irrationnelle, la majorité des gens s’acquittant de cet impôt ayant déjà opté pour un prélèvement mensuel.

« Inutilement coûteux pour les entreprises et l’économie françaises, le prélèvement à la source dégrade notre capacité à exercer pleinement notre contrôle sur l’appareil d’Etat. Il s’agit d’une mesure anti-démocratique qui exonère davantage les hommes politiques et l’administration de rendre des comptes aux contribuables », estimions-nous l’été dernier.

Le nouveau président semble vouloir temporiser. Tant mieux.

Le prétexte invoqué est toutefois purement bureaucratique. « Il y aura immanquablement des loupés techniques et je n’ai pas envie de plonger le pays dans l’incertitude totale » a déclaré Macron. Cet énarque doit savoir de quoi il parle. Il pourrait y avoir des bugs, Bercy ne serait pas à 100% prêt, il faudrait plus de temps pour former les agents…

Les protestations des zélés agents du fisc à cet égard sont comiques. Bercy se déclare au taquet sur ce coup. Le ministère a même financé avec notre argent une campagne de publicité pour nous vanter les mérites de la nouvelle méthode pour nous prendre notre argent.

Avec des mignons slogans tels que « l’impôt s’adapte à votre vie ».

Mmmmmm…c’est plutôt nous qui adaptons notre train de vie aux impôts, il me semble. Sauf évidemment si vous vous appelez Cahuzac ou Thévenaud.

Pour le long terme, la position de Macron et de son gouvernement sur ce sujet n’est pas encore tout à fait tranchée.

En revanche sur l’ISF c’est assez clair : cet impôt sera réformé pour devenir une taxe immobilière de plus, une sorte de méga-taxe foncière. En attendant, cette année encore, il faudra le déclarer si vous y êtes « assujetti » pour reprendre le jargon ad hoc. Heureusement vous n’êtes pas tout seul et vous pouvez éviter la « phobie administrative ».

Dans sa très grande complaisance, l’Etat qui ne veut que notre bien et nos biens ouvre sa base de données « Patrim » d’estimation de la valeur des biens immobiliers.

Une touchante attention. Sauf que la connexion n’est pas anonyme et vous devez donner votre numéro fiscal. Certains professionnels déconseillent donc aux particuliers de se connecter en direct pour y chercher des renseignements. Car si vous doutez sur la valeur d’estimation de votre bien, le fisc sait que vous doutez, vous pourriez donc avoir fait par le passé des estimations hasardeuses et il pourrait être tentant de regarder vos anciennes déclarations…

Mais je ne voudrai pas que vous succombiez à un accès de paranoïa par une si belle journée de printemps.

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Publié par le 23 mai 2017 dans économie, général

 

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Simone WAPLER – Comment survivre à la parasitocratie

 

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La fin de la mondialisation ?

Je voulais aujourd’hui prendre un peu de recul sur le début d’année catastrophique que les marchés mondiaux subissent… et sur l’état des économies dans le monde.

Il me semble que si l’on met bout à bout tous les éléments, toutes les causes, les catalyseurs (en fait, déjà en place depuis 2008), il s’agit de la fin d’un système. Une page de l’histoire économique se tourne lentement sous nos yeux : celle de la mondialisation, une organisation selon laquelle les Etats développés exportent leur dettes et importent ce qui leur est nécessaire.

Cette organisation a conduit :

– A l’appauvrissement des classes moyennes des pays développés

– A l’enrichissement de la population des pays dits émergents

– Au développement des infrastructures de la Chine et des autres pays émergents

– A de mauvais investissements

– A un monstrueux stock mondial de dettes

Aujourd’hui, l’argent reflue de Chine. La consommation de matières premières ralentit, laissant voir de monstrueuses surcapacités qui demanderont des années à être absorbées.

Les marchés financiers sont désorientés par les manoeuvres monétaires des banques centrales visant à camoufler les stocks de mauvaises dettes.

Face à la diminution du crédit disponible, la force relative (par rapport aux autres monnaies) du dollar gêne l’appareil productif américain tourné vers l’export des produits de grande consommation. La vente de biens à destination des classes moyennes des pays développés – comme ceux d’Apple – marque le pas.

Bref, il s’avère que vendre à crédit à des gens qui vivent au-dessus de leurs moyens n’est pas le business model rêvé.

« Où que nous regardions, nous constatons dans l’économie mondiale des conditions extrêmes, différentes de tout ce que nous avons connu jusqu’à présent ». « We’re seeing extreme conditions unlike anything we’ve experienced before just about everywhere we look. » Tim Cook, Président d’Apple

Les observations des entrepreneurs, hommes de terrain, me semblent infiniment plus crédibles que toutes les prévisions des banques centrales, du FMI, etc. Tim Cook sait ce qu’il vend, à qui, où dans le monde, ce que ça lui coûte et ce que ça lui rapporte. S’il est réservé quant aux ventes d’iPhone (et de ses autres produits haut de gamme) sur 2016… c’est que sa cible, la classe moyenne aisée, n’a sans doute plus les moyens de se les payer.

Je voudrai revenir aussi sur le deuxième point de l’organisation économique actuelle, l’enrichissement des populations des pays émergents.

Le discours sur l’inégalité prévaut. Les adeptes de l’économie administrée, du capitalisme de copinage, vous expliquent en long en large et en travers que la montée des inégalités est atroce, que 1% de la population possède plus que les 99% (selon l’étude Oxfam, abondamment relayée ces derniers temps) et que cette concentration est la résultante de l’ultralibéralisme sauvage et déchaîné, qu’il convient donc de piloter, réglementer, administrer, en les payant pour cela…

Personne ne rappelle qu’avec la mondialisation la pauvreté a baissé dans le monde. Pour la première fois dans l’histoire humaine, « moins de 10% de la population mondiale vivra dans l’extrême pauvreté à la fin de 2015 » selon les chiffres de la Banque mondiale.

Alors oui, peut-être que les vendeurs de dettes, les brasseurs d’argent de la finance mondiale concentrent la richesse de façon « obscène », pour reprendre les mots de L’Humanité. Mais les plus pauvres le sont de moins en moins. L’Asie, qui comptait 31,7% de la population mondiale en extrême pauvreté en 1990, n’en compte plus que 9,6% en 2015.

Et même en Afrique sub-Saharienne le pourcentage de la population en état de pauvreté extrême est passé de 46,2% en 2012 à 35,2% en 2015.

Les échanges librement consentis dans la concurrence loyale sont source d’enrichissement mutuel.

Toutefois, nous faisons face à une crise de surconsommation à crédit. La plupart des gens des pays développés n’ont pas les moyens d’acheter ce que ceux des pays émergents fabriquent ; nous allons payer des décennies de mauvais investissements dans des capacités productives sans débouchés.

L’explosion des vilaines dettes des pays développés enrayera-t-il le recul de la pauvreté dans les autres pays ?

Plus d’infos sur : http://quotidienne-agora.fr/fin-mondialisation/
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Publié par le 1 février 2016 dans économie, général, International

 

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Simone Wapler – La monnaie des banques centrales n’est pas synonyme de richesse

Et même la FED elle même prévoit une croissance du PIB annualisée de 0.1 % : mais on vous répète que c’est la reprise … Une hausse des taux ? Impossible à tenir sans croissance forte et durable, elle ne peut etre au mieux que symbolique (un 10e de point, soit 0.1) Z .

▪ Les banquiers centraux ont échoué. Il n’y a ni croissance véritable, ni inflation, et l’une ou l’autre serait cependant indispensable pour ronger les dettes.

Les maquillages statistiques américains trompent de moins en moins de monde ; en Europe les perspectives restent moroses. Le Fonds monétaire international prévient que la croissance ne reviendra pas car la population vieillit et les investissements productifs diminuent.

La hausse des taux américains sera probablement repoussée au moment où les poules auront des dents en or (pour reprendre l’expression de ma collègue Cécile Chevré). Elle est impossible.

La monnaie ne fait pas la richesse, contrairement à une illusion d’optique toujours trop répandue

L’explication de cet échec des politiques monétaires est très simple : la monnaie ne fait pas la richesse, contrairement à une illusion d’optique toujours trop répandue.

En revanche qui contrôle la monnaie peut capter la richesse à son profit. Aristote, Oresme, Cantillon, Baudin et d’autres l’ont expliqué avec talent. Les banquiers centraux de nos démocraties actuelles arrivent cependant à défendre que cette captation des richesses s’effectue aujourd’hui pour le bien commun. Le génie du keynésianisme consiste à faire croire que les tours de passe-passe monétaire profitent au peuple.

▪ Allons faire quelques courses…
Imaginez un supermarché et des clients. Ce supermarché est un peu spécial : les clients en approvisionnent eux-mêmes les rayons. Ils y apportent les marchandises ou les offres de service qu’ils souhaitent vendre aux autres clients. On y paye la marchandise avec des bons d’achats.

Des chefs de rayon, qui ne fournissent rien eux-mêmes, disposent la marchandise ; ils décident des taxes qu’ils vont prélever pour se payer et financer le supermarché (bâtiment, électricité, nettoyage, sécurité et système de caisse). Ils décident aussi quels produits ou services vont être plus ou moins mis en valeur sur les rayons.

Malheureusement, ces choix ne sont pas toujours judicieux car ils ne se fondent pas sur le succès rencontré auprès d’une clientèle totalement libre de choisir. Plutôt que de laisser jouer la concurrence et de s’assurer qu’elle

soit loyale, les chefs de rayon préfèrent orienter les choix des clients. Petit à petit, les produits correspondent de moins en moins aux goûts véritables des chalands. Un chef de rayon a un cousin boulanger et souhaite promouvoir la viennoiserie au détriment de la charcuterie. Un autre déteste le bricolage et pense que la couture est une activité à promouvoir…

Plus il y a de chefs de rayon, moins il y a de clients approvisionneurs

Chacun continue d’approvisionner le supermarché mais en essayant d’optimiser son apport en fonction des diktats des chefs de rayon plutôt qu’en recherchant à fournir des biens et services qui plaisent aux autres clients. Petit à petit, les gondoles deviennent moins bien garnies. On multiplie les postes de chefs de rayon, les règles de sélection, de contrôle et de mise en valeur, les offres promotionnelles pour enrayer le déclin, mais rien n’y fait. Il est vrai aussi que plus il y a de chefs de rayon, moins il y a de clients approvisionneurs. Mais les chefs de rayon sont si gentils, si empressés, si désireux de bien faire, les clients n’y voient aucun mal…

La situation de notre supermarché empire. Les frais de fonctionnement gonflent et grèvent les prix. Les caissiers ont beau faire crédit de bons d’achat, rien n’y fait. Dans le cadre d’une opération commerciale choc, le directeur du supermarché décide alors d’une distribution de bons d’achats. Cette opération vise à insuffler de l’optimisme aux clients. Avec plus de bons d’achat, les rayons se videront et voyant ceci, les clients s’empresseront de les remplir à nouveau.

▪ Un raisonnement imparable, n’est-ce pas ?
Non, bien entendu. Ce n’est pas parce que les bons d’achat ont été multipliés que les produits en rayon vont eux aussi se multiplier par magie. Les rayons ne se vidaient pas par manque de bons d’achat. Ils ne se rempliront pas parce qu’il y a plus de bons d’achat.

Les opérations des banquiers centraux ont consisté jusqu’à présent à distribuer des bons d’achat, mais pas aux clients-approvisionneurs de notre supermarché. Ces bons ont été donnés aux chefs de rayon (les gouvernements) et aux caissiers (le système bancaire). Ces opérations se soldent par un échec, sauf pour les intéressés évidemment.

Les gouvernements ont ainsi trouvé à financer leurs promesses électorales stupides et à payer encore plus de postes de chefs de rayon. Les investissements ralentissent car on ne peut à la fois financer l’augmentation des frais de fonctionnement du supermarché et le développement de nouveaux produits.

Les banques font croire qu’elles sont assainies. Elles ne le sont évidemment pas puisque nous avons des taux négatifs. Ceci signifie que les gens qui ont de grosses sommes d’argent préfèrent payer pour avoir une créance signée d’un Etat ou d’une multinationale, plutôt que de laisser leur argent dans une banque (car un compte au solde créditeur est en réalité une créance que vous détenez sur votre banque).

L’helicopter money de Ben Bernanke décollera bientôt

Bien sûr, gouvernements et banquiers centraux ne vont pas crier sur les toits qu’ils se sont enrichis sur votre dos avec leurs opérations de création monétaire. Pas vu, pas pris. Ils vont continuer à profiter de l’ignorance. Si nécessaire, ils seront prêts à distribuer des bons d’achat à la foule. L’helicopter money de Ben Bernanke décollera bientôt.

Cela ne marchera pas mieux puisque la création de monnaie n’a rien à voir avec la création de richesse. Mais cela prolongera l’illusion. Les prévaricateurs continueront à s’enrichir car — comme Richard Cantillon l’a démontré il y a trois siècles — ceux qui sont au plus près de la source de création monétaire en profitent toujours. Les malheurs sont pour ceux qui en sont éloignés. Les faux-monnayeurs officiels ont encore de beaux jours devant eux puisque le peuple n’a pas de mémoire. Donnez-lui des bons d’achat et il se croit plus riche. Ca ne coûte rien, c’est l’Etat qui paie, pour paraphraser notre président.
[NDLR : Retrouvez toutes les analyses et explications de Simone Wapler jour après jour — avec en plus, des recommandations concrètes pour vos investissements : il suffit de cliquer ici…]

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Publié par le 9 avril 2015 dans économie, général

 

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