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Un satellite espion israélien découvre une cache secrète de missiles russes en Syrie

Ils sont très fort ces Israéliens …. il faut savoir que leur technologie égale voir dépasse celle des américains (les transferts de technologie sont systématiques dans un sens, mais pas dans l’autre) .  Mais les Russes restent au dessus du lot sur ce point …  Un message de Poutine ?

Un satellite espion israélien a découvert un certain nombre de missiles balistiques russes mobiles à courte portée stockés en Syrie, a rapporté vendredi la chaîne israélienne Channel 2.

Dans des photos de haute définition prises par les satellite israélien « Éros B », on voit clairement les missiles, surnommées « Iskander », sur des camions à l’intérieur d’une base militaire à Lataquié, situé en Syrie occidentale.

Les images semblent prouver ce que les services de renseignements occidentaux ont longtemps soupçonné : la Russie a fourni à la Syrie un large panel de missiles les plus avancés.

Avant vendredi, il y a eu peu de preuves des missiles, étant donné le fait que les Russes et les Syriens avaient caché les armes dans des emplacements stratégiques dissimulés. Des pluies torrentielles fortes, cependant, ont forcé les russes à transférer les missiles dans des emplacements différents utilisant des camions…

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Un nouveau système de paiement électronique a été dévoilé à des banquiers lors d’une réunion secrète à New York

Quelques nouvelles infos sur les fameuses réunions secrètes du mois dernier – Le mois dernier, une “réunion secrète” qui avait impliqué plus de 100 cadres supérieurs de certaines des plus grandes institutions financières aux États-Unis a eu lieu à New York. Au cours de cette “réunion secrète”, une société connue sous le nom “Chain” a dévoilé une technologie qui transforme les dollars américains en véritables «actifs numériques». Selon les témoignages, il y avait des représentants du Nasdaq, de Citigroup, Visa, Fidelity, Fiserv et Pfizer dans la salle, et “Chain” revendique aussi d’être en partenariat avec Capital One, State Street et First Data. Cette technologie «révolutionnaire» est destinée à changer complètement la façon dont nous utilisons l’argent, et cela représenterait une étape importante vers une société sans numéraire et donc sans argent liquide. Mais si ce nouveau système de paiement électronique est un tel progrès et est si bénéfique pour la société, pourquoi a t-il été dévoilé au cours d’une réunion secrète pour les banquiers de Wall Street ? Y a t-il plus d’enjeux qu’on veut bien nous le dire ?

Aucun d’entre nous n’aurait probablement jamais entendu parler de cette réunion secrète, s’il n’y avait pas eu cette publication de Bloomberg. Ce qui suit provient de leur article intitulé “Au sein de la réunion secrète Où Wall Street a testé une monnaie numérique”

monnaie-numériqueUn Lundi, récemment au mois d’Avril, plus de 100 cadres supérieurs de certaines des plus grandes institutions financières au monde se sont réunies à une réunion privée dans un bureau du NASDAQ sur Times Squares. Ils n’étaient pas venus là pour simplement parler de la technologie blockchain(chaîne de blocs), cette nouvelle technologie dont certains prédisent qu’elle va transformer la finance, mais pour développer et tester cette technologie par le biais d’un logiciel.

A la fin de la journée, ils avaient tous vu quelque chose de révolutionnaire: des dollars américains transformés en véritables actifs numériques, capables d’être utilisés instantanément dès l’ouverture d’un commerce. Voilà la promesse d’un blockchain, où le système actuel complexe, lourd, susceptible d’entraîner des erreurs, qui prend des jours pour transférer de l’argent à travers la ville ou dans le monde entier est remplacé instantanément par un nouveau système quasi sûr et qui répond en temps réel.

Ce n’est donc pas seulement Michael Snyder rédacteur en chef du Blog de l’effondrement économique qui fait référence à cette «réunion secrète». C’est dorénavant expliqué par Bloomberg. Et je pense qu’il y a une bonne raison pour laquelle cette réunion se soit tenue en secret, parce que le grand public serait certainement alarmé par ce pas de géant vers une société sans argent liquide. En Voici plus sur ce nouveau système révélé par Bloomberg

Bien que l’argent déposé sur un compte bancaire se déplace déjà électroniquement et constamment aujourd’hui, il y a une différence entre ce système actuel et la monnaie numérique (monnaie virtuelle). Les paiements électroniques actuels sont en réalité des messages avertissant que l’argent a besoin de passer d’un compte à un autre, et ce mode de fonctionnement est lent puisqu’il prend du temps durant le processus de paiement. Pour les clients, transférer de l’argent entre les comptes peut prendre des jours puisque les banques attendent des confirmations. En revanche, les dollars numériques sont pré-chargés dans un système tel qu’un blockchain (chaîne de blocs). Ainsi, ils peuvent être échangés quasiment instantanément contre n’importe quel actif.

“Au lieu d’attendre à chaque réception et à chaque confirmation de paiement, ce qui correspond au dispositif actuel», a déclaré Ludwin. “Le paiement et le règlement et donc les échanges s’effectueraient quasiment en temps réels.”

Pourquoi serait-ce si alarmant d’assister à un basculement majeur vers une société sans cash. En Suède, 95 % de toutes les transactions se font déjà sans argent liquide, et les distributeurs automatiques de billets sont retirés par centaines. Au Danemark, les représentants du gouvernement ont en fait un objectif déclaré de “supprimer l’argent liquide” d’ ici 2030. Et en Norvège, la plus grande banque du pays a publiquement appelé à supprimer totalement l’argent liquide.

D’autres pays en Europe ont déjà interdit les transactions en liquide dépassant un certain montant. En voici quelques exemples ci-dessous

Cashless-Society-PublicComme je l’avais écrit précédemment, les transactions en espèces de plus de 2.500 euros ont déjà été interdites en Espagne, et récemment la France comme l’Italie ont interdit toutes les transactions liquide de plus de 1.000 euros.

Peu à peu, l’argent liquide disparaît, et ce que nous avons vu jusqu’à présent n’est que le début. 417 milliards de transactions électroniques ont été réalisées en 2014, et le nombre total pour 2015 devrait être beaucoup plus élevé.

Cette pression mondiale vers une société sans argent liquide va s’intensifier, parce que les banques et les gouvernements ont vraiment envie de voir l’idée d’un tel système s’installer.

Les banques aiment vraiment ce concept d’une société sans argent liquide qui forcerait tout le monde à devenir leurs clients de façon contrainte. Ainsi, personne ne pourrait plus cacher son argent sous le matelas à la maison ou essayer de payer toutes ses factures avec de l’argent liquide. Cela éviterait par la même occasion d’assister à des ruées devant les banques en cas de faillite bancaire car plus personne ne pourrait ainsi retirer d’argent liquide puisqu’il n’en n’existerait plus. Avec ce système d’une société sans cash, nous serions tous dépendants des banques, et elles gagneraient beaucoup d’argent en raison des frais qu’elles collecteraient au travers des transactions liées à l’utilisation des cartes de crédit et de débit.

Les gouvernements voient beaucoup d’avantages dans une société sans argent liquide. Du coup, ils nous expliquent qu’ils seraient en mesure d’agir contre les trafiquants de drogue, les fraudeurs fiscaux, les terroristes et contre le blanchiment d’argent, mais la vérité est que cela leur permettrait d’observer, suivre, surveiller et contrôler la quasi-totalité de nos transactions financières. Nos vies deviendraient des livres ouverts pour les dirigeants et gouvernements, et la vie privée financière serait quelque chose qui appartiendrait définitivement au passé.

En outre, des formes variées de contraintes et de tyrannies dans un tel scénario sont évidentes.

Imaginez un monde où votre gouvernement pourrait jouer le rôle de juge et d’arbitre sur ceux qui seraient autorisés ou non à utiliser le système sans cash. Il pourrait exiger que nous nous soumettions à une forme d’identification qu’elle aurait elle-même crée avant que vous ne soyez autorisé à utiliser ce système imposé, et il est même concevable qu’une sorte de serment de fidélité (des règles) serait nécessaire.

Bien sûr, si vous ne soumettez pas à leurs demandes, vous ne pourrez pas acheter, vendre, ouvrir un compte bancaire ou obtenir un emploi sans accès à leur système sans cash.

Espérons que les gens puissent comprendre vers où le monde se dirige. L’argent liquide est un droit fondamental de notre liberté, et si ce droit nous est retiré alors cela ouvrira la porte à toutes sortes d’abus.

Même maintenant, l’utilisation de l’argent liquide devient petit à petit un acte criminel aux Etats-Unis. Par exemple, si l’argent liquide est utilisé pour payer une chambre d’hôtel, c’est alors considéré par les autorités fédérales comme étant une “activité suspecte” qui devrait être signalée au gouvernement. Bien sûr, il n’est pas encore illégal de payer sa facture d’hôtel en liquide pour l’instant, mais selon le gouvernement, c’est la méthode utilisée par les «terroristes» et cela doit donc être surveillé de près.

Il ne faut pas beaucoup d’imagination pour voir vers où nous nous dirigeons. Et pour ceux d’entre nous qui comprennent où en est la situation actuelle, tout ceci explique clairement qu’il est déjà trop tard.

Source via BB

 

 
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Publié par le 6 mai 2016 dans économie, général, International

 

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INSOLITE : Révélation d’une armée spatiale secrète d’origine terrestre… !

Dans le même veine, à lire ou relire L’opération Solar Warden : Le programme spatial étasunien le plus ultra secret révélé . Il est fort probable que nous disposions effectivement d’une flotte spatiale secrète depuis la fin des années 70 – si ce n’est de la 2e guerre mondiale (avec comme couverture les programmes de la NASA). L’existence du TR 3B, aussi fou que ça puisse paraître,  a été confirmée par des sources de trés haut niveau ultra fiables, comme l’astrophysicien Jean pierre PETIT . 

——————————————

Alors là, j’en reste baba et c’est la raison pour laquelle j’ai choisi cet article : parce qu’il semble complètement fou !  Mais c’est dimanche et c’est permis. Uniquement pour esprits ouverts à tout ! (source)

La divulgation n’est pas une simple histoire d’ufologues en mal de preuves concernant une vie extraterrestre.

La divulgation permettra de mettre à disposition tout un arsenal de technologies cachées dont Morphéus nous parle depuis 13 ans : générateurs électriques surnuméraires, techniques de transmutation des matières radio-actives type plutonium ou uranium, puissantes méthodes psychologiques de reconstruction, appareillages médicaux et chirurgicaux révolutionnaires de régénération cellulaire, technologie de dépollution des eaux et enfin modèles novateurs de gestion économico-politique des ressources planétaires. Les solutions sont au-dessus de nos têtes…

Des indices historiques et scientifiques laissent à penser que les choses évoquées par Randy Cramer ont un haut niveau de crédibilité. Il dessine les contours d’une conquête spatiale secrète de notre système solaire qui commença en 1948 avec un premier alunissage. Une première base lunaire fut opérationnelle en 1954. De là, il fut possible de conquérir Mars et d’y installer également une base fin des années 60.

L’homme parle de projets de bases sur Titan, lune de Saturne et sur Triton, lune de Neptune. Il laisse entendre que l’homme a déjà posé le pied sur Ganymède, lune de Saturne, sur Europe, lune de Jupiter, et sans doute Obéron, lune d’Uranus. Les révélations de Randy Cramer sont soutenues par Laura Eisenhower, petite fille du Président Eisenhower qui fut personnellement conviée à aller sur Mars et par Andrew Basagio qui participa au Projet Pégase relatif aux technologies de télétransportation.

Historique des technologies terrestres…

Le 23 mars 1956, sous la plume de l’auteur américain Intel, la revue spécialisée Interavia publia un article relatif à l’électrogravitation et aux moyens de maîtriser la pesanteur. L’article affirmait que ce type de recherches se poursuivait depuis 30 ans déjà. Alors qu’avions-nous comme recherches sur l’antigravité dans les années 1920 ?

On peut citer Tesla qui évoquait cette possibilité, malheureusement tous ses travaux ont été confisqués en 1943 et classés secret défense. On peut cependant fortement penser que Tesla connaissait et avait expérimenté les effets de puissantes différences de potentiel sur des matériaux. Dans les années 20, l’autrichien Schauberger fabriqua la Répulsine fondée sur le principe des vortex.

On peut noter également les modules lévitants verticalement de l’américain Henry Bull qui fit une démonstration en janvier 1935.

A cela s’ajoutent les travaux gravito-gyroscopiques anglo-saxons d’avant guerre qui donnèrent lieu à des brevets déposés par Henry Wallace et d’autres scientifiques plus tard.

Bien que presque tout document à ce propos ait été confisqué, il est indéniable que quelques sociétés secrètes allemandes envisageaient et travaillaient à la réalisation d’engins antigravitiques dans les années 20. Ces travaux donneront lieu incontestablement à la fabrication de tels engins fin des années 30 en Allemagne. En 1945, ces technologies seront en majeur partie saisies par les américains et dans une moindre mesure par les russes.

L’article de 1956 de la revue Interavia précise qu’avec le concours d’une douzaine d’entreprises américaines, l’antigravité sera maîtrisée sous quelques années. C’était oublier que John Searl, Henry Bull, Schauberger et d’autres scientifiques allemands et américains dans des cadres civils ou militaires avaient déjà touché au but depuis des années sinon des décennies.

Le point de vue d’Einstein…

La position d’Einstein concernant cette question, est extrêmement pudique mais très significative : « Il n’est pas vain d’espérer acquérir un jour une connaissance plus claire de la gravitation, car la généralité et le détachement extrêmes de la théorie de la relativité peuvent être éclairés par l’étude particulière d’un mécanisme précis ».

On peut difficilement imaginer que Einstein évoque « l’étude particulière d’un mécanisme précis » sans avoir eu vent de quelques techniques à différence de potentiel antigravifiques, de mécanismes inertiels de type gravito-gyroscopiques ou autres…

Même si toute cette histoire relevait d’implants mémoriaux, d’une conscience clonée ou de transferts de données via un Remote Neural Monitoring (transfert de data à distance), il n’en demeure pas moins qu’une certaine cohérence chronologique existe au vu des bribes d’informations dont nous disposons sur les technologies exotiques depuis 1945…

Une divulgation sur ordre de ses supérieurs…

Randy Cramer (alias Captain Kaye) de l’US Marine Corps (USMC), dit avoir servi durant 20 ans dans une armée spatiale secrète transnationale. Pour ses divulgations l’homme affirme agir sur ordres directs de ses supérieurs militaires. Il aurait le feu vert de la part d’un général de brigade et d’un colonel de la branche secrète de l’US Marine Corps (USMC).

Randy Cramer :

« Le Colonel Jamieson m’a mis en contact avec un homme se présentant comme le Général de Brigade Smythe. Le Général Smythe m’a donné une explication assez longue sur les « êtres sans âme du Comité » qu’il était censé servir, et sur les désaccords graves entre l’USMC avec ledit Comité.

Sans m’étendre, j’ai été convaincu par ses explications et ses choix stratégiques. Quand il m’a personnellement donné le feu vert (il a dit, et je cite, « Je vous donne le feu vert pour aller parler au public de tout ce que vous savez… »). Je demandai : « Tout ? ». Et il a dit : « TOUT ! »

L’USMC un organisme créé par Eisenhower…

Randy affirme que le président Eisenhower a créé cette section spéciale du Corps des Marines des États-Unis en 1953 afin de disposer d’un contre pouvoir face au complexe militaro-industriel en charge de « Black Project ». Icke voulait s’assurer qu’un corps militaire éthique et respectant un code d’Honneur puisse lui survivre. Il souhaitait disposer d’une unité militaire disciplinée et sous serment, en marge des services de renseignement US, de l’Armée classique et des forces aériennes.

Le recrutement s’est fait dans la première classe des officiers de la Marine et du Corps des Marines, avant de créer leur propre académie d’officiers spécialisés. L’existence de cette unité militaire n’a été révélée que fin 2013 par Randy Cramer en personne.

Fabriquer des supers soldats…

Randy affirme avoir été génétiquement modulé avant sa naissance afin de pouvoir supporter physiquement et mentalement les voyages spatiaux. Il a commencé son service à l’âge de 17 ans. Il se définit comme un être issu de brevets génétiques appartenant à l’Armée. Il est techniquement une propriété de l’Armée US.

Ses aptitudes mentales, émotionnelles, sensorielles, psychiques et physiques seraient très supérieures à celle d’un être humain naturel. Concernant la programmation mentale utilisée par les services militaires secrets, il distingue deux types de contrôle mental.

« Les techniques utilisées pour me former mentalement sont un type de programmation visant à « Agir volontairement ». Cela diffère des programmations MK Ultra visant « l’obéissance sans réflexion ». Ces dernières forcent les supers soldats à tuer sur ordre sans distinction, et au-delà à se suicider sur ordre si nécessaire sans aucune résistance, ni instinct de survie. Ce type de programmation a causé tant de désastres sur les sujets qu’il a été totalement abandonné pour l’armée spatiale… ».

« La programmation visant « l’action volontaire » ne cherche pas à créer un être qui tue sur commande autrui ou soi-même. Elle vise à générer un profond instinct de protection de sa tribu et de son territoire. Si une menace est identifiée, le soldat va alors utiliser toutes ses connaissances, ressources et ruses pour détruire toute chose qui pourraient nuire au périmètre d’un territoire, à l’habitat, ou aux êtres qu’il est génétiquement prédisposé à protéger. Toutes les unités de l’USMC fonctionnent sur ce mode de programmation. »

La guerre d’empoigne entre les directeurs des différents « Black Project »

« Autrefois il y avait un effort assez coordonné des différents programmes clandestins pour l’avancée des technologies exotiques. Cependant cette entente des débuts a dégénéré en conflits aiguës. Chaque directeur de programme « Noir Profond » qui a le contrôle d’un secteur de recherches, refuse de partager ses résultats et données. Pire, il essaye de voler et d’acquérir les données des autres. Chacun essaie de protéger les siennes en les camouflant dans des sous-programmes, de sorte qu’elles ne puissent être volées. Des alliances se font et se défont dans ces interminables conflits ».

« Toute haute technologie a pour objectif l’espionnage et vise à s’accaparer les données des autres programmes clandestins. Cela se fait dans l’espoir de gagner la « course aux Projets les plus secrets ». Doté d’une supériorité technologique sans partage, le gagnant pourra alors refaire le monde à son image et réécrire toutes les règles. Sans contre pouvoir, il n’y aura alors plus rien pour les empêcher de faire ce que bon leur semble, y compris le pire ».

Révélation d’une armée spatiale secrète d’origine terrestre… !

Earth Defense Force…

Randy a été choisi dans le cadre d’un projet nommé Moon Shadow (ombre de la Lune). Il a intégré la Earth Defense Force (Force de Défense Terrienne). A la fin de la seconde guerre mondiale a démarré un programme spatial secret, militaire et civil qui a impliqué tous les membres des pays industrialisés (G20). Ce projet faisait partie intégrante d’un programme de sécurité de l’ONU. La découverte des technologies antigravifiques de l’Allemagne nazie et la récupération d’un OVNI aux larges de la côte Ouest des Etats Unis ont amené les nations industrialisées à s’engager dans un programme spatial international.

Le cœur secret de ce programme spatial consistait à comprendre, étudier et reproduire des technologies antigravitiques fonctionnelles existantes. Le programme spatial public avec des fusées type Saturn fut une devanture. D’ailleurs la technologie des moteur-fusées n’a pas évolué depuis les années 60, c’est dire le peu d’intérêt que suscite cette approche spatiale depuis 56 ans.

Le programme spatial secret permit de se poser sur la Lune en 1948. La première base permanente sur la Lune fut opérationnelle en 1954. A cette époque, Eisenhower établit les premières relations diplomatiques secrètes avec deux races extraterrestres. Pour l’une d’entre elles, ces rencontres donnèrent lieu à des traités et des échanges de technologies militaires exotiques contre des ressources terrestres (eau, génome humain, abductions…). Ces accords furent dénoncés dans les années 80 et les relations avec cette race, définitivement rompues en 2006.

Mars Defense Force…

En 1987, à partir d’une base américaine j’ai embarqué sur un Astra TR3B (engin antigravitique triangulaire fabriqué aux USA). Nous étions environ 40 militaires. Cet appareil nous a emmené sur la Lune dans une base où j’ai subi de nombreux examens médicaux. Les TR3B font la navette entre les bases terrestres de l’armée spatiale et les bases lunaires. Ce voyage dure en moyenne 90 minutes. Plusieurs milliers de soldats sont ainsi regroupés sur les bases lunaires.

Sur la Lune, nous sommes montés à bord d’un grand vaisseau chrome d’environ 5 étages de haut et 500 mètres de large pouvant prendre à son bord 2 à 3000 militaires. Pour des raisons de sécurité nous n’avions aucune information sur notre destination et le but de notre mission. C’est seulement arrivé à notre destination qu’ils nous déclarèrent : « Bienvenue sur Mars ! ». Après un débriefing je sus que j’étais préposé à intégrer une unité dont je ne connaissais pas l’existence : « la Mars Defense Force » (Force de Défense Martienne).

Le voyage en direction de Mars ne dura que 15 minutes, car l’énorme vaisseau dans lequel nous étions est passé par un trou de ver. Un trou de ver plie l’espace-temps localement et permet de voyager quasi instantanément d’un point à un autre de l’univers.

L’univers martien…

Même si son atmosphère est respirable pour un être humain, du fait de très violentes tornades, de fortes variations de température et d’un oxygène raréfié, la planète est difficilement habitable en surface…

Source : Extraits de Morphéus n°73 janvier 2016

Image à la une : superwarfighter
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Source via Brindherbes

 

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« Révélation d’une armée spatiale secrète d’origine terrestre… ! »

Révélation d’une armée spatiale secrète d’origine terrestre… !

La divulgation n’est pas une simple histoire d’ufologues en mal de preuves concernant une vie extraterrestre.

La divulgation permettra de mettre à disposition tout un arsenal de technologies cachées dont Morphéus nous parle depuis 13 ans : générateurs électriques surnuméraires, techniques de transmutation des matières radio-actives type plutonium ou uranium, puissantes méthodes psychologiques de reconstruction, appareillages médicaux et chirurgicaux révolutionnaires de régénération cellulaire, technologie de dépollution des eaux et enfin modèles novateurs de gestion économico-politique des ressources planétaires. Les solutions sont au-dessus de nos têtes...

 

Des indices historiques et scientifiques laissent à penser que les choses évoquées par Randy Cramer ont un haut niveau de crédibilité. Il dessine les contours d’une conquête spatiale secrète de notre système solaire qui commença en 1948 avec un premier alunissage. Une première base lunaire fut opérationnelle en 1954. De là, il fut possible de conquérir Mars et d’y installer également une base fin des années 60.

L’homme parle de projets de bases sur Titan, lune de Saturne et sur Triton, lune de Neptune. Il laisse entendre que l’homme a déjà posé le pied sur Ganymède, lune de Saturne, sur Europe, lune de Jupiter, et sans doute Obéron, lune d’Uranus. Les révélations de Randy Cramer sont soutenues par Laura Eisenhower, petite fille du Président Eisenhower qui fut personnellement conviée à aller sur Mars et par Andrew Basagio qui participa au Projet Pégase relatif aux technologies de télétransportation.

Historique des technologies terrestres…

Le 23 mars 1956, sous la plume de l’auteur américain Intel, la revue spécialisée Interavia publia un article relatif à l’électrogravitation et aux moyens de maîtriser la pesanteur. L’article affirmait que ce type de recherches se poursuivait depuis 30 ans déjà. Alors qu’avions-nous comme recherches sur l’antigravité dans les années 1920 ?

On peut citer Tesla qui évoquait cette possibilité, malheureusement tous ses travaux ont été confisqués en 1943 et classés secret défense. On peut cependant fortement penser que Tesla connaissait et avait expérimenté les effets de puissantes différences de potentiel sur des matériaux. Dans les années 20, l’autrichien Schauberger fabriqua la Répulsine fondée sur le principe des vortex.

On peut noter également les modules lévitants verticalement de l’américain Henry Bull qui fit une démonstration en janvier 1935.

A cela s’ajoutent les travaux gravito-gyroscopiques anglo-saxons d’avant guerre qui donnèrent lieu à des brevets déposés par Henry Wallace et d’autres scientifiques plus tard.

Bien que presque tout document à ce propos ait été confisqué, il est indéniable que quelques sociétés secrètes allemandes envisageaient et travaillaient à la réalisation d’engins antigravitiques dans les années 20. Ces travaux donneront lieu incontestablement à la fabrication de tels engins fin des années 30 en Allemagne. En 1945, ces technologies seront en majeur partie saisies par les américains et dans une moindre mesure par les russes.

L’article de 1956 de la revue Interavia précise qu’avec le concours d’une douzaine d’entreprises américaines, l’antigravité sera maîtrisée sous quelques années. C’était oublier que John Searl, Henry Bull, Schauberger et d’autres scientifiques allemands et américains dans des cadres civils ou militaires avaient déjà touché au but depuis des années sinon des décennies.

Le point de vue d’Einstein…

La position d’Einstein concernant cette question, est extrêmement pudique mais très significative : « Il n’est pas vain d’espérer acquérir un jour une connaissance plus claire de la gravitation, car la généralité et le détachement extrêmes de la théorie de la relativité peuvent être éclairés par l’étude particulière d’un mécanisme précis ».

On peut difficilement imaginer que Einstein évoque « l’étude particulière d’un mécanisme précis » sans avoir eu vent de quelques techniques à différence de potentiel antigravifiques, de mécanismes inertiels de type gravito-gyroscopiques ou autres…

Même si toute cette histoire relevait d’implants mémoriaux, d’une conscience clonée ou de transferts de données via un Remote Neural Monitoring (transfert de data à distance), il n’en demeure pas moins qu’une certaine cohérence chronologique existe au vu des bribes d’informations dont nous disposons sur les technologies exotiques depuis 1945…

Une divulgation sur ordre de ses supérieurs…

Randy Cramer (alias Captain Kaye) de l’US Marine Corps (USMC), dit avoir servi durant 20 ans dans une armée spatiale secrète transnationale. Pour ses divulgations l’homme affirme agir sur ordres directs de ses supérieurs militaires. Il aurait le feu vert de la part d’un général de brigade et d’un colonel de la branche secrète de l’US Marine Corps (USMC).

Randy Cramer :

« Le Colonel Jamieson m’a mis en contact avec un homme se présentant comme le Général de Brigade Smythe. Le Général Smythe m’a donné une explication assez longue sur les « êtres sans âme du Comité » qu’il était censé servir, et sur les désaccords graves entre l’USMC avec ledit Comité.

Sans m’étendre, j’ai été convaincu par ses explications et ses choix stratégiques. Quand il m’a personnellement donné le feu vert (il a dit, et je cite, « Je vous donne le feu vert pour aller parler au public de tout ce que vous savez… »). Je demandai : « Tout ? ». Et il a dit : « TOUT ! »

L’USMC un organisme créé par Eisenhower…

Randy affirme que le président Eisenhower a créé cette section spéciale du Corps des Marines des États-Unis en 1953 afin de disposer d’un contre pouvoir face au complexe militaro-industriel en charge de « Black Project ». Icke voulait s’assurer qu’un corps militaire éthique et respectant un code d’Honneur puisse lui survivre. Il souhaitait disposer d’une unité militaire disciplinée et sous serment, en marge des services de renseignement US, de l’Armée classique et des forces aériennes.

Le recrutement s’est fait dans la première classe des officiers de la Marine et du Corps des Marines, avant de créer leur propre académie d’officiers spécialisés. L’existence de cette unité militaire n’a été révélée que fin 2013 par Randy Cramer en personne.

Fabriquer des supers soldats…

Randy affirme avoir été génétiquement modulé avant sa naissance afin de pouvoir supporter physiquement et mentalement les voyages spatiaux. Il a commencé son service à l’âge de 17 ans. Il se définit comme un être issu de brevets génétiques appartenant à l’Armée. Il est techniquement une propriété de l’Armée US.

Ses aptitudes mentales, émotionnelles, sensorielles, psychiques et physiques seraient très supérieures à celle d’un être humain naturel. Concernant la programmation mentale utilisée par les services militaires secrets, il distingue deux types de contrôle mental.

« Les techniques utilisées pour me former mentalement sont un type de programmation visant à « Agir volontairement ». Cela diffère des programmations MK Ultra visant « l’obéissance sans réflexion ». Ces dernières forcent les supers soldats à tuer sur ordre sans distinction, et au-delà à se suicider sur ordre si nécessaire sans aucune résistance, ni instinct de survie. Ce type de programmation a causé tant de désastres sur les sujets qu’il a été totalement abandonné pour l’armée spatiale… ».

« La programmation visant « l’action volontaire » ne cherche pas à créer un être qui tue sur commande autrui ou soi-même. Elle vise à générer un profond instinct de protection de sa tribu et de son territoire. Si une menace est identifiée, le soldat va alors utiliser toutes ses connaissances, ressources et ruses pour détruire toute chose qui pourraient nuire au périmètre d’un territoire, à l’habitat, ou aux êtres qu’il est génétiquement prédisposé à protéger. Toutes les unités de l’USMC fonctionnent sur ce mode de programmation. »

La guerre d’empoigne entre les directeurs des différents « Black Project »

 

« Autrefois il y avait un effort assez coordonné des différents programmes clandestins pour l’avancée des technologies exotiques. Cependant cette entente des débuts a dégénéré en conflits aiguës. Chaque directeur de programme « Noir Profond » qui a le contrôle d’un secteur de recherches, refuse de partager ses résultats et données. Pire, il essaye de voler et d’acquérir les données des autres. Chacun essaie de protéger les siennes en les camouflant dans des sous-programmes, de sorte qu’elles ne puissent être volées. Des alliances se font et se défont dans ces interminables conflits ».

« Toute haute technologie a pour objectif l’espionnage et vise à s’accaparer les données des autres programmes clandestins. Cela se fait dans l’espoir de gagner la « course aux Projets les plus secrets ». Doté d’une supériorité technologique sans partage, le gagnant pourra alors refaire le monde à son image et réécrire toutes les règles. Sans contre pouvoir, il n’y aura alors plus rien pour les empêcher de faire ce que bon leur semble, y compris le pire ».

Révélation d’une armée spatiale secrète d’origine terrestre… !

Earth Defense Force…

Randy a été choisi dans le cadre d’un projet nommé Moon Shadow (ombre de la Lune). Il a intégré la Earth Defense Force (Force de Défense Terrienne). A la fin de la seconde guerre mondiale a démarré un programme spatial secret, militaire et civil qui a impliqué tous les membres des pays industrialisés (G20). Ce projet faisait partie intégrante d’un programme de sécurité de l’ONU. La découverte des technologies antigravifiques de l’Allemagne nazie et la récupération d’un OVNI aux larges de la côte Ouest des Etats Unis ont amené les nations industrialisées à s’engager dans un programme spatial international.

Le cœur secret de ce programme spatial consistait à comprendre, étudier et reproduire des technologies antigravitiques fonctionnelles existantes. Le programme spatial public avec des fusées type Saturn fut une devanture. D’ailleurs la technologie des moteur-fusées n’a pas évolué depuis les années 60, c’est dire le peu d’intérêt que suscite cette approche spatiale depuis 56 ans.

Le programme spatial secret permit de se poser sur la Lune en 1948. La première base permanente sur la Lune fut opérationnelle en 1954. A cette époque, Eisenhower établit les premières relations diplomatiques secrètes avec deux races extraterrestres. Pour l’une d’entre elles, ces rencontres donnèrent lieu à des traités et des échanges de technologies militaires exotiques contre des ressources terrestres (eau, génome humain, abductions…). Ces accords furent dénoncés dans les années 80 et les relations avec cette race, définitivement rompues en 2006.

Mars Defense Force…

En 1987, à partir d’une base américaine j’ai embarqué sur un Astra TR3B (engin antigravitique triangulaire fabriqué aux USA). Nous étions environ 40 militaires. Cet appareil nous a emmené sur la Lune dans une base où j’ai subi de nombreux examens médicaux. Les TR3B font la navette entre les bases terrestres de l’armée spatiale et les bases lunaires. Ce voyage dure en moyenne 90 minutes. Plusieurs milliers de soldats sont ainsi regroupés sur les bases lunaires.

Sur la Lune, nous sommes montés à bord d’un grand vaisseau chrome d’environ 5 étages de haut et 500 mètres de large pouvant prendre à son bord 2 à 3000 militaires. Pour des raisons de sécurité nous n’avions aucune information sur notre destination et le but de notre mission. C’est seulement arrivé à notre destination qu’ils nous déclarèrent : « Bienvenue sur Mars ! ». Après un débriefing je sus que j’étais préposé à intégrer une unité dont je ne connaissais pas l’existence : « la Mars Defense Force » (Force de Défense Martienne).

Le voyage en direction de Mars ne dura que 15 minutes, car l’énorme vaisseau dans lequel nous étions est passé par un trou de ver. Un trou de ver plie l’espace-temps localement et permet de voyager quasi instantanément d’un point à un autre de l’univers.

L’univers martien…

Même si son atmosphère est respirable pour un être humain, du fait de très violentes tornades, de fortes variations de température et d’un oxygène raréfié, la planète est difficilement habitable en surface…

Source : Extraits de Morphéus n°73 janvier 2016

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La guerre secrète multinationale de la CIA en Syrie et le chaos islamiste

Ces derniers mois, le secrétaire à la Défense Ashton Carter et le général Lloyd Austin – qui dirige les opérations du Pentagone au Moyen-Orient et en Asie centrale –, ont tous deux reconnu l’échec du programme de formation de rebelles « modérés » pour lutter contre Daech en Syrie. Monsieur Carter a d’abord affirmé devant le Congrès des États-Unis que seulement 60 combattants avaient été formés dans le cadre de cette opération, lancée en 2014 et budgétée à hauteur de 500 millions de dollars ; (1) puis le général Austin a estimé que seuls « 4 ou 5 » hommes entraînés par les militaires états-uniens étaient alors actifs sur le terrain. (2)

À la suite d’un ultime revers, ce programme d’entraînement a été « suspendu » puis « réduit » en octobre 2015. (3) La presse internationale est donc unanime sur l’échec de cette politique. Néanmoins, il est possible que les chiffres ridicules avancés par le Pentagone aient eu un impact majeur sur l’opinion publique mondiale, que cet effet soit recherché ou non. En d’autres termes, ils ont certainement contribué à renforcer le mythe de l’« inaction » militaire des États-Unis et de leurs alliés occidentaux pour renverser Bachar el-Assad. (4)

Or, bien que les puissances de l’OTAN et leurs alliés n’aient pas lancé de guerre ouverte contre ce régime, je vais analyser l’implication massive, illégale et clandestine de la CIA dans la déstabilisation de la Syrie, cette politique profonde ayant mobilisé différents services spéciaux moyen-orientaux et occidentaux. (5) Aujourd’hui, nous n’avons aucune idée précise de l’ampleur de cette intervention de l’Agence dans cette guerre civile. Cependant, d’après un article du Washington Post publié en juin 2015, la CIA a mené depuis 2013 contre le régime el-Assad « l’une [de ses] plus grandes opérations clandestines », dont le financement annuel avoisine le milliard de dollars. (6) D’après ce journal, cette intervention secrète – qui aurait notamment permis de former 10 000 rebelles –, s’inscrit dans un « plus vaste effort de plusieurs milliards de dollars impliquant l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie », c’est-à-dire les trois États notoirement connus pour soutenir les factions extrémistes en Syrie. (7) Bien qu’il ait officiellement démarré à l’automne 2013, (8) nous verrons que l’engagement de la CIA dans ce pays avait été lancé en janvier 2012, et qu’il trouve ses origines profondes en 2011, dans le contexte trouble de la guerre de l’OTAN en Libye. (9) Ainsi, je décrirai ce qui s’apparente à une guerre secrète multinationale contre le régime syrien, les opérations de la CIA et de ses alliés étant distinctes du programme lancé en 2014 par le Pentagone afin de former des combattants pour lutter contre Daech. (10)

L’objectif de cet article n’est pas de défendre le régime el-Assad et ses soutiens étrangers, qui partagent une lourde responsabilité dans cette guerre civile meurtrière. (11) Néanmoins, je souhaite démontrer que les principales puissances occidentales – essentiellement les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France –, en sont militairement coresponsables du fait de leurs politiques profondes en Syrie. (12) Le but de cet article n’est pas non plus d’établir une vérité historique encore impossible à déterminer. En effet, j’étudierai essentiellement des opérations clandestines, qui sont protégées par le secret-défense et qui ne sont en principe pas revendiquées par les États qui en sont à l’origine. Or, ces actions confidentielles font parfois l’objet de fuites dans la presse, ou de confirmations officielles plutôt rares et bien souvent imprécises. Ainsi, en me basant sur des informations recoupées, je tenterai de démontrer que l’« inaction » militaire occidentale contre le régime syrien est un mythe entretenu par les médias (13) et les États clandestinement engagés dans ce conflit. Ce mythe déresponsabilise ces gouvernements, puisqu’il leur permet de nier, de déformer ou de minimiser l’ampleur de leurs interventions secrètes dans cette guerre civile (14) – notamment en rejetant la faute de l’essor de Daech et d’al-Qaïda en Syrie sur leurs alliés turcs et pétromonarchiques. Du fait du caractère confidentiel de leurs opérations, mon article relèvera de la « Politique profonde », telle que définie par l’auteur et ancien diplomatePeter Dale Scott : l’étude de « l’ensemble des pratiques et des dispositions politiques, intentionnelles ou non, qui sont habituellement refoulées dans le discours public plus qu’elles ne sont admises. » (15)

Malgré sa clandestinité et la confusion qui en résulte, je tenterai de démontrer en quoi cet engagement massif de la CIA et de services spéciaux alliés dans la déstabilisation de la Syrie pourrait être considéré comme une guerre secrète de grande ampleur, à l’image des politiques profondes de l’Agence au Nicaragua et en Afghanistan dans les années 1980. Et j’expliquerai en quoi cette intervention de la CIA et de ses partenaires a favorisé la montée en puissance de réseaux islamistes que l’Occident est censé combattre, parmi lesquels Daech et le Front al-Nosra, c’est-à-dire la branche syrienne d’al-Qaïda. Mais avant de développer ces arguments, analysons pourquoi le rôle des États-Unis et de leurs alliés occidentaux dans la guerre en Syrie est refoulé, déformé ou minimisé – donc globalement incompris.

Derrière l’« inaction » occidentale, une guerre secrète à grande échelle

Le 21 août 2013, la Ghouta de Damas est frappée par une attaque chimique faisant des centaines de morts, la « ligne rouge » décrétée par le Président Obama en 2012 étant tragiquement franchie. Affirmant détenir des preuves de la culpabilité du régime de Bachar el-Assad, Obama annonce une intervention militaire « punitive » et « limitée », qui aurait en fait été planifiée par son état-major pour être une « frappe monstrueuse ». (16) L’année suivante, une étude du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) montrera que les tirs de roquettes chimiques provenaient d’une zone contrôlée par les rebelles. (17) Cette même année, le grand reporter Seymour Hersh relayera les accusations d’un haut responsable du Renseignement états-unien, qui affirma sous couvert d’anonymat que les services spéciaux turcs, via le Front al-Nosra, auraient perpétré cette attaque chimique pour susciter une intervention militaire directe des États-Unis et de leurs alliés contre le régime el-Assad. (18)

Malgré le franchissement de sa « ligne rouge », le Président Obama décida au dernier moment  de demander l’approbation du Congrès pour lancer ces frappes, (19) ce vote ayant été repoussé puis annulé du fait de l’initiative russe de désarmement chimique. En analysant ce revirement, le spécialiste de la Syrie Fabrice Balanche expliqua que l’opposition frontale de la Russie à cette intervention aurait incité Washington à renoncer à attaquer directement le régime el-Assad. (20) Seymour Hersh affirma quant à lui qu’Obama fût dissuadé par son état-major de déclencher les hostilités, ces généraux craignant un embrasement généralisé du Moyen-Orient en cas d’intervention. (21) Quelles qu’en soient les raisons, ce recul présidentiel a renforcé de facto la perception erronée du rôle de l’Occident dans le conflit syrien, puisque les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne ne sont pas intervenus directement, c’est-à-direouvertement, dans cette guerre civile.

Or, quelques jours après le revirement d’Obama annoncé le 31 août 2013, le Washington Post rapporta que les services spéciaux des États-Unis « commençaient » à armer les rebelles en Syrie, ce qui était en fait le cas depuis janvier 2012. (22) Néanmoins, les déclarations contradictoires sur la nature « létale » ou « non-létale » du soutien accordé aux rebelles « modérés » se succèderont, semant le trouble dans l’opinion publique et les médias. (23) Quoi qu’il en soit, l’option de l’intervention militaire directe fut abandonnée au profit de l’intensification d’une guerre secrète multinationale, qui trouve ses origines en 2011. (24)

Depuis cette année-là, Washington et ses partenaires occidentaux ont pu dissimuler l’ampleur réelle de leur engagement clandestin dans ce qui est devenu l’échiquier géopolitique syrien. J’ai détecté trois principales raisons expliquant pourquoi cette guerre secrète de la CIA et de ses alliés contre le régime el-Assad est incomprise, refoulée ou ignorée.

1. La clandestinité, donc la confidentialité

Coordonnées depuis des États limitrophes (Jordanie et Turquie), (25) et impliquant de nombreux pays hostiles à Bachar el-Assad, (26) les activités de la CIA visant la Syrie sontpeu et mal documentées. Le fait qu’elles soient classifiées empêche les dirigeants états-uniens d’en exposer les détails, comme l’avait rapporté le Guardian en 2014. (27) Leur caractère clandestin est donc une source majeure de confusion, puisque les médias manquent d’informations et les responsables à Washington en parlent peu, et de façon imprécise ou trompeuse. (28) Il en va de même en France et en Grande-Bretagne. (29)

Des sources autorisées, dont Hillary Clinton, ont affirmé que le Président Obama avait refusé d’armer les rebelles en 2012, (30) passant sous silence les trafics d’armes clandestins de la CIA lancés en janvier de cette année-là avec le Qatar, la Turquie, l’Arabie saoudite et le MI6 britannique. (31) Comme nous le verrons, ces opérations illégales de l’Agence se sont intensifiées en 2013, et elles ont approvisionné « presque exclusivement » des factions jihadistes. (32) Plus récemment, le sénateur John McCain a confirmé que la CIA était active en Syrie, mais il n’a donné aucun détail sur ces opérations. (33) D’autres sources gouvernementales de haut niveau, comme le Vice-président Joe Biden ou l’ancien chef d’états-majors interarmées Martin Dempsey, (34) ont désigné leurs alliés moyen-orientaux comme les financeurs des extrémistes sur le territoire syrien, omettant le fait que la guerre secrète de la CIA dans ce pays a impliquéjusqu’à présent (35) ces mêmes partenaires. Enfin, l’une des principales sources de confusion a été le Président Obama lui-même, puisqu’il a publiquement mis en doute l’efficacité des politiques de la CIA visant à soutenir clandestinement les insurrections – donnant ainsi la fausse impression de ne pas avoir lancé de guerre secrète contre el-Assad en Syrie. (36)

Il s’avère également que, depuis 2012, la plupart des articles de presse ont décrit une intervention limitée et inefficace de l’Agence. (37) Or, tout en alimentant cette notion d’« inefficacité », le Washington Post a révélé en juin 2015 que le coût annuel des opérations de la CIA en Syrie s’élevait à environ un milliard de dollars depuis 2013, et qu’au moins 10 000 rebelles auraient été formés par l’Agence. (38) En septembre 2014, des journalistes de McClatchyDC.com estimaient qu’environ 40 000 combattants étaient alors soutenus par les États-Unis et leurs alliés, en se basant notamment sur des informations du principal commandant de l’Armée Syrienne Libre (ASL). (39) Toujours d’après leWashington Post, ce programme clandestin de la CIA est cofinancé par un nombre indéterminé de milliards de dollars supplémentaires fournis par ses alliés turcs, saoudiens et qataris, qui soutiennent notoirement des groupes jihadistes sur le terrain. (40) Ces informations, que nous étudierons en détail, ne peuvent que bouleverser notre perception de l’engagement des États-Unis et de leurs partenaires dans la guerre en Syrie, et c’est le principal objectif de cet article.

2. Les rebelles « modérés » 

Autre source majeure de confusion : il ne peut être remis en question que la CIA et des services spéciaux occidentaux ont clandestinement armé et soutenu l’opposition décrite comme « modérée » depuis 2011, en coopérant avec leurs alliés moyen-orientaux. (41) Avant d’analyser cette notion controversée de « modération », affirmons d’emblée que l’engagement clandestin de la CIA et de ses alliés dans ce pays n’est pas le seul facteur de la montée en puissance des groupes extrémistes dans cette guerre civile. En effet, le principal expert du terrorisme au sein de la « CIA privée » (42) Stratfor écrivait dès janvier 2013 que,

« [d]ans le paysage chaotique de l’opposition syrienne, la convergence des objectifs et l’efficacité au combat des jihadistes ont fait en sorte que ces groupes attirent un grand nombre de nouvelles recrues. Mais ce ne fut pas le seul facteur de la radicalisation des rebelles syriens. Tout d’abord, la guerre – et en particulier un conflit brutal et interminable –, tend à radicaliser les combattants qui y sont impliqués. Songez à Stalingrad, aux luttes de la guerre froide en Amérique centrale, ou aux épurations ethniques dans les Balkans à la suite de la dissolution de la Yougoslavie ; ce degré d’adversité et de souffrance transforme des personnes neutres en extrémistes. En Syrie, nous avons observé de nombreux musulmans laïcs devenir des jihadistes intransigeants. Ensuite, le manque d’espoir pour une intervention occidentale a supprimé tout élan en faveur d’un ancrage laïc de l’opposition. » (43)

L’auteur de cet article ajouta néanmoins que, « [l]orsque ces facteurs idéologiques furent associés à l’introduction [massive] d’argent et d’armements pour soutenir des groupes jihadistes en Syrie l’année dernière [, c’est-à-dire en 2012], la croissance de ces milices s’est dramatiquement accélérée. Aujourd’hui, ces dernières ne sont pas seulement un acteur majeur sur le champ de bataille, mais elles sont également une force qu’il va falloir prendre en compte à l’avenir. » (44) Cette analyse, sur laquelle nous reviendrons, montrait dès janvier 2013 que les factions extrémistes allaient poser problème sur le long terme, comme en Afghanistan depuis les années 1980. Par ailleurs, elle décrivait déjà une guerre secrète multinationale en Syrie, qui alliait « Washington et Riyad » avec « des États européens » et « des puissances régionales telles que la Turquie, la Jordanie, le Qatar et les Émirats Arabes Unis  ». (45) Cependant, les principales puissances occidentales ont toujours affirmé soutenir des rebelles « modérés », et non des milices jihadistes.

Or, en observant deux précédents historiques, la « modération » des groupes armés durant les guerres secrètes de la CIA a été systématiquement invoquée par les autorités et les médias grand public. Le 4 mai 1983, alors qu’il abordait la question du soutien des Contras au Nicaragua, le « Président Reagan déclara (…) que [c]es groupes d’insurgés recevant de l’aide clandestine de la part de [la CIA] étaient des “combattants de la liberté” s’opposant à un gouvernement qui avait trahi ses principes révolutionnaires ». (46) À l’époque, cette expression « combattants de la liberté » était aussi utilisée par la presse et par l’administration Reagan pour décrire les moudjahidines soutenus par l’Agence en Afghanistan. (47) Or, ces derniers et leur réseau de soutien – le Maktab al-Khadamat (MAK) géré par Abdullah Azzam et Oussama ben Laden –, deviendront les talibans et al-Qaïda dans les années 1990. (48) Par ailleurs, les Contras commettront de nombreuses exactions dans la guerre secrète de la CIA au Nicaragua. (49) Aujourd’hui, les médias et les gouvernements occidentaux continuent d’affirmer que les rebelles soutenus par l’Agence et ses alliés en Syrie sont des « modérés ». Or, la prédominance de factions jihadistes dans l’opposition armée ne fait plus aucun doute.

Allant plus loin dans ce raisonnement, de nombreux experts ont affirmé que la distinction entre les « extrémistes » et les « modérés » dans le conflit syrien n’existait plus. En septembre 2014, l’ancien représentant au Congrès Dennis Kucinich avait rédigé cette analyse percutante pour critiquer le programme de formation du Pentagone aujourd’hui interrompu :

« Écrivant sur la connexion entre l’Arabie saoudite et l’État Islamique (EI), l’historien [et ancien officier du MI6] Alastair Crooke a récemment décrit les insurgés “modérés” en Syrie comme étant “plus rares que la licorne des légendes”. Les “modérés” ont conclu un pacte de non-agression avec l’EI. Les “modérés” ont capturé [James Foley,] un journaliste états-unien [,] et l’ont vendu à l’EI, qui l’a décapité. L’Arabie saoudite qui, avec le Qatar, a financé les jihadistes en Syrie, propose désormais de “former” les rebelles. Le Congrès est prié d’avaler cette recette douteuse : les sponsors des jihadistes radicaux vont former des jihadistes “modérés”. (…) Les soi-disant “rebelles” sont des mercenaires qui viennent de plus de 20 pays. Ils s’organisent et se réorganisent constamment en nouveaux groupes, qui offrent leur allégeance à quiconque les paye ou leur fournit des armes – et ce à tout moment. » (50)

Récemment, le grand reporter et spécialiste du Moyen-Orient Richard Labévière a écrit que l’ASL « n’existe plus que sur le papier », expliquant que les rebelles « modérés » avaient été absorbés par le Front al-Nosra. (51) Peu après le lancement de l’intervention russe en Syrie, le célèbre journaliste d’investigation Gareth Porter a affirmé que l’opposition modérée – en tant que force offensive menaçant le régime el-Assad –, n’était qu’un mythe, s’étonnant que les médias continuent de présenter les rebelles appuyés par l’Agence comme des « modérés ». (52)

Or, après les premières frappes russes, le sénateur John McCain a déclaré que l’« Armée Syrienne Libre ou des groupes (…) armés et entraînés par la CIA » avaient été ciblés ; (53) en France, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a critiqué la Russie pour avoir frappé « des résistants », (54) malgré de sérieux doutes sur la modération des combattants actuellement soutenus par les États-Unis et leurs partenaires dans ce conflit. Par exemple, l’expert Alain Rodier a déclaré au Figaro qu’il était « tout à fait exact de dire que les Russes frappent à 80 % des mouvements autres que Daech. Il faut uniquement rajouter que la plupart dépendent d’al-Qaïda, vous savez, cette organisation à la base des attentats du 11 septembre 2001, de 2004 à Madrid et de 2005 à Londres… » (55)

Ainsi, cette distinction entre les « modérés » et les « extrémistes » est de plus en plus discutable, n’étant pas claire depuis le début de ce conflit. En effet, selon le Washington Post, de nombreux combattants « modérés » et affiliés à l’Armée Syrienne Libre (ASL) ont rejoint les rangs du Front al-Nosra ou de Daech après avoir été armés et/ou entraînés par des forces spéciales et des services secrets occidentaux, initialement en Libye. (56) En outre, certains des principaux commandants rebelles soutenus par les États-Unis ont affirmé transmettre des armes à ces deux organisations extrémistes, ou entretenir de bons rapports avec celles-ci. (57) D’après Charles Lister, un expert de la Brookings Institution pourtant hostile au régime de Bachar el-Assad, (58) « [l]a grande majorité de l’insurrection syrienne s’est étroitement coordonnée avec al-Qaïda depuis le milieu de l’année 2012 – ce qui a eu un impact considérable sur le terrain ». (59)

À cette époque, en juillet 2012, le prince Bandar était nommé à la tête des services spéciaux saoudiens, ce qui avait été analysé par la plupart des experts comme un signe de durcissement de la politique syrienne de l’Arabie saoudite. (60) Surnommé Bandar Bush du fait de sa proximité avec la dynastie présidentielle du même nom, il était ambassadeur à Washington à l’époque des attaques du 11-Septembre. Depuis plusieurs années, cet homme intimement lié à la CIA (61) est accusé par l’ancien sénateur de Floride d’avoir soutenu certains des pirates de l’air désignés coupables de ces attentats. (62) Jusqu’à ce qu’il soit poussé vers la sortie en avril 2014, le Guardian souligna que « Bandar avait dirigé les efforts saoudiens visant à mieux coordonner les livraisons d’armes aux rebelles combattant el-Assad en Syrie. Néanmoins, il a été critiqué pour avoir soutenu des groupes islamistes extrémistes, risquant ainsi le même “retour de bâton” que celui des combattants saoudiens d’Oussama ben Laden rentrant au pays après le jihad contre les Soviétiques en Afghanistan dans les années 1980 – une guerre sainte qui avait été autorisée officiellement. » (63)

En août 2012, quelques semaines après la nomination du prince Bandar à la tête des services saoudiens, Reuters révélait que le Président Obama avait signé un décret classifié autorisant une intervention clandestine prétendument « non-létale » de la CIA en Syrie. (64) Or, plusieurs sources convergentes ont indiqué que des opérations d’approvisionnement en armes avaient été lancées dès janvier 2012 par le général David Petraeus, (65) qui dirigeait alors la CIA. Aujourd’hui « à la retraite » dans un fonds d’investissement de Wall Street (KKR), ce dernier a publiquement exhorté l’administration Obama de soutenir des transfuges d’al-Qaïda pour combattre Daech. (66) À l’évidence, l’Agence et ses partenaires ont mené des politiques particulièrement troubles en Syrie, qui ont considérablement aggravé ce conflit.

En 2014, un parlementaire états-unien avait déclaré sous couvert d’anonymat que la CIA était « bien consciente que de nombreuses armes fournies [par l’Agence] avaient terminé dans de mauvaises mains. » (67) En octobre 2015, l’éminent expert de la Syrie Joshua Landis affirma qu’« entre 60 et 80 % des armes que les États-Unis ont introduites [dans ce pays] sont allées à al-Qaïda et les groupes qui lui sont affiliés ». (68) Or, cette politique clandestine et multinationale de soutien à l’insurrection s’est poursuivie jusqu’à présent, et elle n’a cessé de s’intensifier. La comparant à la guerre secrète de la CIA en Afghanistan, l’éditorialiste Michel Colomès a écrit que les « Américains et [les] Français, depuis l’entrée de la Russie dans la guerre syrienne, fournissent des armes à des islamistesréputés fréquentables. Ils ont la mémoire courte. » (69)

D’après le Washington Post, le député au Congrès Adam Schiff a indiqué en novembre 2014 avoir été « troublé par (…) l’exaspération des factions prétendument modéréesvis-à-vis des frappes états-uniennes contre des positions d’al-Nosra, suggérant que les milices soutenues par les États-Unis considèrent cette organisation affiliée à al-Qaïda comme un allié contre le Président syrien Bachar el-Assad, et non comme un adversaire ». (70) Il a également déclaré être au courant que l’« opposition modérée se liguait avec al-Nosra ». (71) Ainsi, des sources parlementaires confirment que les États-Unis et leurs alliés ont consciemment soutenu des factions pas aussi « modérées » qu’elles nous ont été décrites par les médias, mais aussi par les dirigeants ayant imposé le renversement de Bachar el-Assad comme une priorité stratégique. (72)

3. La multinationalité et le « déni plausible »

Le caractère multinational des opérations anti-Assad a aussi été une source majeure de confusion. Tout d’abord, bien que de nombreux services occidentaux et moyen-orientaux aient été conjointement impliqués dans ce conflit, il reste difficile de penser cette guerre secrète sous un angle multinational. En effet, les médias et les spécialistes ont eu tendance à dissocier les politiques syriennes des différents États clandestinement engagés dans la déstabilisation de la Syrie. Il est vrai que le renoncement des États-Unis à intervenir directement a suscité de vives tensions diplomatiques avec la Turquie et l’Arabie saoudite. (73) Par ailleurs, l’hostilité du roi Abdallah à l’égard des Frères musulmans a engendré des dissensions majeures entre, d’un côté, le royaume saoudien et, de l’autre, le Qatar et la Turquie – ces tensions s’étant atténuées après l’intronisation du roi Salmane en janvier 2015. (74)

Du fait de ces divergences, les politiques syriennes des États hostiles au régime el-Assad ont été trop peu analysées sous leur angle multinational. Plus exactement, les opérations occidentales ont été dissociées de celles des pays moyen-orientaux. Or, les services spéciaux de ces différents États ont mené jusqu’à présent des actions communeset coordonnées, dans l’opacité abyssale de la classification. En janvier 2012, la CIA et le MI6 ont lancé des opérations clandestines d’approvisionnement en armes des rebelles entre la Libye, la Turquie et la Syrie, avec de l’aide et des financements turcs, saoudiens et qataris. (75) Comme nous l’avons souligné précédemment, il s’est avéré que ces armements ont été livrés « presque exclusivement » à des factions jihadistes, selon le parlementaire britannique Lord Ashdown. (76) D’après le grand reporter Seymour Hersh, « [l]’implication du MI6 a permis à la CIA de se soustraire à la loi en classant sa mission comme une opération de liaison. » (77) Les actions de l’Agence en Syrie sont-elles mieux contrôlées aujourd’hui ? La question reste ouverte, mais la doctrine du « déni plausible » traditionnellement mise en œuvre par la CIA pourrait être un élément de réponse. (78)

En commentant la complexe affaire de Benghazi, un ancien expert du contre-espionnage à la CIA nommé Kevin Shipp souligna que, « dans les opérations de trafic d’armes que l’Agence souhaite pouvoir démentir, elle implique en général une tierce partie. “Le mode opératoire de la CIA nécessite un ‘intermédiaire’, donc on obtient du Qatar [qu’il] achemine les armes tout en lui facilitant le transport. Ainsi, la tierce partie sera tenue pour responsable [si l’opération est divulguée]”. » (79) Même si ce mode opératoire tend à brouiller les pistes, le rôle central de la CIA dans cette guerre secrète multinationale ne fait plus de doute. En octobre 2015, le New York Times expliqua que

« [l]es missiles antichars TOW de fabrication américaine ont fait leur apparition dans la région en 2013, à travers un programme clandestin [de la CIA] mené par les États-Unis, l’Arabie saoudite et d’autres alliés. Celui-ci vise à aider des groupes d’insurgés “sélectionnés” par l’Agence à combattre le gouvernement syrien. Ces armes sont livrées sur le terrain par des alliés des Américains, mais les États-Unis approuvent leur destination [– des autorisations qui sont en fait “implicites”, comme nous le verrons]. (…) Des commandants rebelles ont éclaté de rire lorsqu’on les a questionnés sur la livraison de 500 TOW en provenance d’Arabie saoudite, déclarant qu’il s’agissait d’un nombre ridicule comparé à ce qui est réellement disponible. En 2013, l’Arabie saoudite a commandé [à Washington] plus de 13 000 [TOW]. » (80)

Sans surprise, cet article limite le soutien états-unien à des rebelles « modérés », et le rôle de l’Agence dans les opérations de guérilla n’y est même pas évoqué. Or, l’Arabie saoudite, avec le Qatar et la Turquie, sont généralement accusés de soutenir al-Qaïda en Syrie, et nous verrons que la CIA coordonne ses opérations avec ces mêmes partenaires depuis deux centres de commandement situés sur les territoires turcs et jordaniens. Dans le cadre de ce programme multinational, des missiles antichars de fabrication états-unienne ont été livrés à al-Qaïda par des partenaires étrangers de la CIA. En effet, selon le journaliste Gareth Porter, « [l]a campagne d’Idleb [au printemps 2015] a été une conséquence directe d’une décision politique de l’Arabie saoudite et du Qatar –approuvée par les États-Unis –, de soutenir la création de l’“Armée de la Conquête” et de lui fournir du nouveau matériel militaire, qui fut un facteur crucial dans cette campagne : le missile antichars TOW. » (81) Il faut alors souligner que l’« Armée de la Conquête » est une coalition de milices majoritairement islamistes, dont l’une des principales forces est le Front al-Nosra, qui est la branche syrienne d’al-Qaïda. (82)

À la suite de l’entrée en guerre de la Russie, un ancien conseiller du Pentagone a confirmé au Washington Post que le recours à des partenaires étrangers impliquait le « déni plausible », ce qui permet de couvrir les opérations de la CIA en Syrie : « Fabriqués par Raytheon, les missiles [TOW] proviennent principalement des stocks du gouvernement saoudien, qui en avait acheté 13,795 en 2013 (…) Puisque les accords de vente nécessitent que l’acheteur informe les États-Unis de leur destination finale, l’approbation [de Washington] est implicite, selon Shahbandar, un ancien conseiller du Pentagone. D’après lui, aucune décision n’est requise de la part de l’administration Obama pour que ce programme puisse continuer. “II n’y a pas besoin d’un feu vert américain. Un feu orange est suffisant”. “Il s’agit d’un [programme] clandestin et il peut techniquement être démenti, mais c’est le propre des guerres par procuration.” » (83) Ainsi, la doctrine du « déni plausible », qui implique des tierces parties sur lesquelles on peut rejeter la faute, semble expliquer pourquoi le rôle de la CIA et de ses alliés occidentaux dans cette guerre secrète est refoulé, déformé ou minimisé.

Récemment, cette application de la doctrine du « déni plausible » par l’Agence dans cette guerre civile a été confirmée par l’expert britannique Nafeez Ahmed : « Les États-Unis ont fui leur responsabilité dans [le conflit syrien] en ayant recours à la plus traditionnelle des opérations de maquillage des faits : rendre leurs dénégations plausibles en rejetant la faute sur les autres. Depuis 2012, le programme d’approbation des rebelles, géré clandestinement par la CIA, est mis en œuvre en dehors de la Syrie, dans des pays partenaires comme l’Arabie saoudite, le Qatar, la Jordanie et la Turquie. Bien que les membres de la CIA et de l’armée américaine supervisent le programme, ils se fondent principalement sur les “renseignements” des pays alliés pour “l’approbation” des rebelles. » (84) Dans un contexte aussi trouble et opaque, l’engagement de l’Agence et de ses alliés occidentaux est officiellement limité au soutien de rebelles « modérés », alors que leurs partenaires moyen-orientaux sont continuellement accusés d’appuyer les extrémistes sur le terrain. Or, ces différents services spéciaux collaborent étroitementafin de combattre le régime de Bachar el-Assad. Le fait que si peu de journalistes et d’experts aient souligné ce paradoxe me semble pour le moins alarmant.

Au contraire, les médias et les spécialistes ont eu tendance à différencier les actions clandestines des États du Moyen-Orient de celles des puissances occidentales. Or, nous avons vu que, dès janvier 2013, la société privée de renseignement Stratfor décrivait uneguerre secrète multinationale en Syrie, qui alliait « Washington et Riyad » avec « des États européens » et « des puissances régionales telles que la Turquie, la Jordanie, le Qatar et les Émirats Arabes Unis  ». (85) Et les opérations multinationales de la CIA se sont intensifiées à partir de 2013, (86) malgré le scepticisme affiché par le Président Obama sur l’efficacité des politiques de soutien clandestin aux insurrections. (87)

Par conséquent, j’ai développé une vision plus inclusive et globale des ingérences anti-Assad, qui ont été organisées dans les arcanes confidentiels et mal contrôlés des services spéciaux. (88)  Au vu des informations disponibles, j’ai pu déterminer que le gouvernement des États-Unis et ses partenaires avaient bel et bien lancé, dès 2011, (89) une guerre secrète multinationale en Syrie. Étant illégale et clandestine, cette intervention de l’Agence et de ses alliés est mal comprise et insuffisamment documentée. Par ailleurs, des obstacles juridiques et moraux pourraient expliquer la discrétion de Washington et de ses partenaires sur ces opérations, et notamment la sous-traitance de celles-ci aux services turcs, qataris et saoudiens – qui montrent moins de scrupules à soutenir directement des milices islamistes. (90) Ainsi, la spectaculaire montée en puissance de Daech et d’al-Qaïda dans le conflit syrien semble avoir été grandement encouragée par cette politique clandestine et multinationale, bien que l’extension correspondante du chaos islamiste ait été anticipée dès 2012 par le Renseignement militaire du Pentagone (DIA). (91)

Une guerre secrète multinationale coordonnée depuis la Jordanie et la Turquie

En août dernier, j’ai étudié les révélations du général Michael Flynn sur Al-Jazeera, en soulignant qu’elles n’avaient pas été relayées par les médias français. (92) Ancien directeur de la DIA, le général Flynn a confirmé qu’en 2012, la Maison Blanche savait que le « noyau dur » de la rébellion en Syrie était extrémiste, et que le soutien multinational à ces groupes pourrait engendrer l’émergence d’un « État Islamique » entre l’Irak et ce pays. (93) Or, le général Flynn n’a pas démenti les accusations du journaliste d’Al-Jazeera, qui affirma à plusieurs reprises durant son interview qu’en 2012, «les États-Unis aidaient [la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite] à coordonner les transferts d’armes vers [des] groupes (…) salafistes, les Frères musulmans [et] al-Qaïda en Irak » afin de déstabiliser la Syrie. (94) Il semble même avoir confirmé ces allégations, qui se basaient sur un rapport déclassifié de la DIA. (95) Sollicité durant l’écriture de cet article, le général Flynn n’a pas répondu à mes demandes de clarification.

Pour contextualiser cette interview, j’avais reproduit un argument clé de Nafeez Mosaddeq Ahmed, selon lequel « la CIA a été directement impliquée dans la gestion de ces réseaux d’approvisionnement rebelles. (…) [D]es responsables américains du renseignement militaire (96) [ont] supervis[é] la fourniture d’armes et l’aide des États du Golfe et de la Turquie [aux rebelles en Syrie], à partir des mêmes centres de commandement opérationnel dans le Sud de la Turquie et en Jordanie, qui continuent d’être coordonnés conjointement par les services de renseignement occidentaux et arabes. » (97) Bien que Nafeez Ahmed soit un spécialiste mondialement reconnu, un ami m’a fait remarquer que cet argument était insuffisamment documenté. Or, dans un article plus récent, le Dr. Ahmed a cité Charles Lister, un expert de la prestigieuse Brookings Institution. En mai dernier, cet analyste confirma que les États-Unis dirigent des opérations de guérilla depuis deux centres de commandement multinationaux en Turquie et en Jordanie. Et d’après cette source crédible, à partir du printemps 2015, les services spéciaux états-uniens ont appuyé directement des forces islamistes :

« En public, la ligne officielle consiste à dire que la stratégie de l’Arabie saoudite, du Qatar et de la Turquie ne finance pas directement le Front al-Nosra, bien que cette coalition géopolitique ait conscience que ce groupe bénéficiera du soutien apporté à des factions islamistes rebelles.

En privé, de nombreux commandants de la rébellion en charge de l’opération (…) menée à Idleb [au printemps 2015] ont déclaré à Charles Lister, [un expert de la] Brookings Institution, “que la salle d’opérations dirigée par les États-Unis au sud de la Turquie, qui coordonne les approvisionnements d’aide létale et non-létale à des groupes d’opposition sélectionnés [par la CIA], a servi à faciliter [l’]engagement [des islamistes] dans cette opération à partir de début avril [2015]. Ces dernières semaines, ce centre de commandement, ainsi qu’un autre en Jordanie, qui couvre le Sud de la Syrie, semblent avoir considérablement intensifié leur aide et leurs transferts de renseignements à des groupes jugés non extrémistes [par la CIA]”.

En d’autres termes, la branche officielle d’al-Qaïda en Syrie, et une autre milice étroitement liée à [cette nébuleuse terroriste], faisaient partie des factions “modérées” et “triées sur le volet” qui ont reçu des armes et du soutien de la part d’États du Golfe et de la Turquie, sous la supervision de personnel des renseignements militaires états-uniens sur le terrain. » (98)

Sollicité durant l’écriture de cette analyse, Nafeez Ahmed m’a indiqué que l’expression « personnel des renseignements militaires » des États-Unis désignait des officiers de la CIA collaborant avec le JSOC, le commandement des opérations spéciales du Pentagone. Ainsi, l’Agence et ses partenaires états-uniens et étrangers ont « facilité » au printemps 2015 les offensives des factions « islamistes » dans la province d’Idleb.

Nafeez Ahmed et Charles Lister désignent en fait l’Armée de la Conquête, une coalition de groupes jihadistes créée et soutenue par le Qatar, l’Arabie saoudite et la Turquie au premier trimestre 2015. (99) Cette milice allie le Front al-Nosra et le groupe Ahrar al-Sham, une force rebelle salafiste fréquemment décrite comme « modérée ». (100) Précédemment, nous avons souligné que cette coalition extrémiste recevait, essentiellement par l’entremise de l’Arabie saoudite, des missiles TOW de fabrication états-unienne – dans le cadre d’un programme clandestin de la CIA. Il semblerait donc que ces livraisons d’armes aient été coordonnées depuis ces « salles d’opérations » en Turquie et en Jordanie. Dans son article, Nafeez Ahmed a rapporté d’autres révélations alarmantes de Charles Lister sur ces politiques profondes : (101)

« “Bien que ces centres d’opérations multinationaux aient d’abord demandé que les bénéficiaires des aides militaires cessent leur coordination directe avec des groupes tels que le Front al-Nosra”, écrivit Lister, “les dynamiques récentes à Idleb nous amènent à un constat différent. En effet, non seulement ces livraisons d’armes à des groupes soi-disant ‘triés sur le volet’ se sont multipliées, mais ces centres de commandement ont spécifiquement encouragé une plus étroite collaboration avec des islamistes commandant les opérations sur le front” [, les missiles TOW étant un élément essentiel de ces offensives (102)]. »

Contacté durant l’écriture de cet article, Charles Lister n’a pas répondu à mes sollicitations, sachant que je lui avais demandé la localisation de ces centres de commandement multinationaux. Néanmoins, la base opérationnelle de la CIA en Jordanie est située à Amman, selon différentes sources de la presse grand public, dont le New York Times. (103) À ma connaissance, l’existence de ce centre de commandement – plus connu sous l’acronyme MOC, pour Military Operations Center –, avait été révélée en décembre 2013. (104)

De plus, nous savons depuis juillet 2012 qu’une autre salle d’opérations multinationale avait été mise en place dans la ville d’Adana, au sud de la Turquie. (105)  Par la suite, deux autres centres de ce type ont été créés à Istanbul puis à Ankara. (106) Or, sachant que Monsieur Lister a fait référence à une « salle d’opérations dirigée par les États-Unis au sud de la Turquie », il est possible que ce « centre névralgique » soit celui d’Adana – ville qui abrite également une base aérienne de l’OTAN. Par ailleurs, bien que la CIA soit officiellement en charge de superviser les opérations clandestines des États-Unis en Syrie, des forces spéciales et des services secrets occidentaux participent à ce conflit de l’ombre, en étroite collaboration avec leurs homologues turcs, qataris, saoudiens, jordaniens et israéliens – voire avec d’autres agences. (107) Depuis 2013, cet engagement profond de la CIA et de ses alliés dans la guerre civile en Syrie s’est considérablement intensifié, et nous commençons tout juste à en mesurer l’ampleur. (108)

En Syrie, « l’une des plus grandes opérations clandestines » de la CIA

Contrairement au mythe de l’« inaction » occidentale contre le régime de Bachar el-Assad, la CIA a été massivement impliquée en Syrie, dans le cadre d’une intervention clandestine subventionnée par des budgets classifiés, mais également étrangers. Or, ces financements extérieurs et les milliards de dollars qu’ils mobilisent ne sont pas supervisés par le Congrès US, cette institution n’ayant pas le pouvoir d’exercer son contrôle sur des politiques ou des budgets étrangers. (109) Selon le Washington Post, ce programme de la CIA a été cofinancé par le gouvernement des États-Unis à hauteur d’environ un milliard de dollars par an depuis 2013 ; et cette politique s’est inscrite jusqu’à présent dans un « effort de plusieurs milliards de dollars impliquant l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie », officiellement pour soutenir une coalition « modérée » depuis la Jordanie. (110)

Or, comme l’avons vu précédemment, de telles opérations sont également coordonnées par la CIA depuis le Sud de la Turquie, et elles impliquent actuellement les milices extrémistes de l’Armée de la Conquête. Le Washington Post n’a pas fait le lien avec ces actions dans le Nord de la Syrie, mais il a confirmé le caractère multinational de l’intervention de la CIA. Essentiellement, le volume de dépenses avancé par ce journal tend à confirmer une véritable guerre secrète, qui implique notamment « la gestion d’un vaste réseau logistique utilisé pour déplacer des combattants, des munitions et des armes à travers [la Syrie]. » Voici donc un extrait de cet important article :

« Récemment, la Commission de la Chambre des Représentants sur le Renseignement a voté à l’unanimité pour supprimer jusqu’à 20 % des fonds classifiés alimentant un programme [secret] de la CIA, que certains hauts responsables états-uniens ont décrit comme l’une des plus grandes opérations clandestines de l’Agence, dotée d’un budget avoisinant le milliard de dollars par an. (…) Le coût de ce programme de la CIA n’avait pas été dévoilé auparavant ; et ces chiffres nous montrent à quel point l’attention et les ressources de l’Agence ont été redirigées vers la Syrie. Financées à hauteur d’un milliard de dollars [par an], les opérations liées à ce pays représentent un dollar sur quinze dans le budget général de la CIA, à en juger par les niveaux de dépenses révélés dans des documents obtenus par le Washington Post grâce à l’ancien consultant des renseignements états-uniens Edward Snowden. (…)

La CIA a refusé de commenter ce programme et son budget. Mais des hauts responsables états-uniens ont défendu l’ampleur de ces dépenses, déclarant que cet argent finançait bien plus que des salaires et des armes, et qu’il entrait dans le cadre d’un plus vaste effort de plusieurs milliards de dollars impliquant l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie pour soutenir une coalition de milices regroupées sous le nom de “Front du Sud” de l’Armée Syrienne Libre.

La majorité de cet argent dépensé par la CIA est dédiée au fonctionnement de camps d’entraînements secrets en Jordanie, à la collecte de renseignements pour soutenir les opérations des milices appuyées par l’Agence, ainsi qu’à la gestion d’un vaste réseau logistique utilisé pour déplacer des combattants, des munitions et des armes à travers ce pays. » (111)

Comme je l’ai indiqué précédemment, les articles de presse et les déclarations publiques sur l’implication de la CIA en Syrie en ont presque systématiquement minimisé l’ampleur. (112) Or, cet engagement a été récemment décrit par leWashington Post comme l’une des priorités budgétaires de l’Agence. Et comme l’a révélé cet article, un nombre indéterminé de milliards de dollars provenant de « l’Arabie saoudite, [du] Qatar et [de] la Turquie » cofinancent ce programme. Il est néanmoins surprenant que le Post ait attribué ces budgets au seul soutien d’« une coalition de milices regroupées sous le nom de “Front du Sud” de l’Armée Syrienne Libre », tout en évoquant un « un vaste réseau logistiqueutilisé pour déplacer des combattants, des munitions et des armes à travers [la Syrie] ». (113) Par ailleurs, cet article n’évoque pas le centre de commandement de la CIA basé au sud de la Turquie, dont nous avons étudié les opérations récentes impliquant al-Qaïda. Contactés durant l’écriture de cette analyse, les deux journalistes à l’origine de ces révélations du WashingtonPost n’ont pas répondu à mes demandes.

Néanmoins, leurs informations nous confirment l’existence d’une opération clandestine de grande ampleur, qui implique les trois États notoirement connus pour soutenir les groupes extrémistes dans ce conflit. Loin de nous permettre d’en tirer des conclusions définitives, ces révélations soulèvent des questions dérangeantes sur les politiques profondes de la CIA et de ses alliés en Syrie, en particulier si l’on prend en compte la doctrine du « déni plausible » étudiée précédemment.

Les précédents afghans et nicaraguayens

Récemment, la collaboration du MI6 avec des groupes jihadistes en Syrie a été reconnue par la justice britannique. (114) Dans l’Hexagone, deux députés de l’opposition ont dénoncé le rôle trouble des services spéciaux français dans ce conflit, l’un d’entre eux ayant même déclaré que « la France soutient al-Qaïda en Syrie ». (115) En janvier 2012, « trois mois et demi après que l’administration [Obama] eut annoncé pour la première fois une “aide non-létale” à l’opposition [en Syrie], la CIA commença à faciliter des livraisons aéroportées d’armements à la rébellion. En mars 2013, 160 vols étaient recensés et “environ 3,500 tonnes d’équipement militaire” avaient été livrés aux rebelles. La CIA aida les “gouvernements arabes à acheter ces armes”, et “enquêta sur les commandants rebelles et leurs groupes afin de déterminer lesquels devaient recevoir ces armements lorsqu’ils arrivaient à destination.” » (116)

Or, quelques mois après ces révélations, le parlementaire britannique Lord Ashdown dénonça le fait que ces armements livrés « avec l’aide » de la CIA étaient destinés à desjihadistes en Syrie. D’après lui, « “[ces rebelles] n’ont pas besoin d’armes. Il n’a pas été démenti que 3 500 tonnes d’armes avaient été livrées depuis la Croatie avec l’aide de la CIA. Financés par les Qataris, financés par les Saoudiens, [ces armements] sont allés presque exclusivement vers les groupes les plus extrémistes”, déclara l’ancien haut représentant international en Bosnie lors d’un débat [parlementaire]. » (117)

Ainsi, à partir de l’année 2012, nous pouvions déjà parler d’une intervention clandestine multinationale à grande échelle – sur le modèle de l’Afghanistan dans les années 1980. En janvier 2013, le principal expert en terrorisme de la « CIA privée » Stratfor déclara que « le niveau d’ingérence extérieure en Syrie [était] comparable à celui observé contre l’URSS et ses alliés communistes à la suite de l’intervention soviétique en Afghanistan. Les soutiens étrangers [– désignés comme étant “les États-Unis, la Turquie, l’Arabie saoudite, le Qatar et des États européens” –,] fournissent non seulement des entraînements, des renseignements et de l’aide, mais également des armes – des armes exogènes qui rendent évidents ces approvisionnements extérieurs. Par ailleurs, il est intéressant de constater que deux des principaux soutiens externes en Syrie sont Washington et Riyad, bien qu’ils soient alliés dans ce pays avec des puissances régionales telles que la Turquie, la Jordanie, le Qatar et les Émirats Arabes Unis, plutôt qu’avec le Pakistan [– en référence à la guerre secrète de la CIA, de l’ISI pakistanaise et du GID saoudien en Afghanistan dans les années 1980]. » (118)

Ainsi, dès le début de l’année 2013, l’une des principales firmes mondiales de renseignement privé comparait cet ensemble d’actions clandestines en Syrie à la guerre secrète menée par la CIA en Afghanistan dans les années 1980. Or, ces opérations se sont intensifiées cette même année 2013, lorsque la Maison Blanche a révélé à la presse le lancement d’un programme de soutien « létal » à l’insurrection, et ce malgré les mises en garde des juristes de la présidence. En effet, selon The New Republic,

« l’administration Obama envisagea d’armer et d’entraîner des rebelles syriens [officiellement en 2013]. (119) À cette époque, les conseillers juridiques de la Maison Blanche incitèrent le Président Obama à agir discrètement, car cette politique pouvait potentiellement violer le Droit international. Bien qu’Obama en appelait fréquemment au départ de Bachar el-Assad, les États-Unis n’étaient pas en guerre contre la Syrie. El-Assad était encore le leader souverain de ce pays, et aider les rebelles reviendrait à soutenir une insurrection. Ces juristes mirent en garde [l’administration Obama] sur le fait que cette intervention s’apparenterait à la politique de soutien des Contras menée sous la présidence Reagan dans les années 1980 – une [intervention] que la Cour Internationale de Justice qualifia de “violation [des] obligations internationales [des États-Unis,] en vertu des normes coutumières du Droit international imposant de ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures d’un autre État.” Par conséquent,Obama a discrètement œuvré via la CIAqui collaborait avec des alliés du Golfe tels que le Qatar et l’Arabie saoudite. » (120)

Cette discrétion de l’administration Obama tend à expliquer la confusion qui règne autour de cette guerre secrète, qui est donc illégale par essence. À l’image des opérations de la CIA au Nicaragua, en Afghanistan et dans bien d’autres pays, la vérité historique sur ces interventions clandestines sera difficile à établir. (121) À l’heure actuelle, l’ampleur et la nature de l’engagement de l’Agence et de ses partenaires en Syrie restent impossibles à déterminer. Cette confusion a été alimentée par les innombrables déclarations trompeuses des États-Unis et de leurs alliés occidentaux sur les aides accordées à l’insurrection, qui se limitaient officiellement à un soutien « non-létal » de l’insurrection – du moins jusqu’à l’automne 2013 et le revirement inattendu du Président Obama. Quoi qu’il en soit, cette guerre secrète multinationale reste une guerre à part entière – déstabilisante, insidieuse, ultraviolente et meurtrière. De ce fait, les gouvernements occidentaux qui l’ont alimentée ne peuvent continuer de fuir leur coresponsabilité dans ce drame, en accablant aussi bien leurs ennemis syriens, russes et iraniens que leurs alliés turcs et pétromonarchiques. (122)

La diplomatie doit et peut triompher des politiques profondes

À travers les informations analysées dans cet article, j’ai tenté de démonter la persistance et l’intensification, depuis 2011, d’une guerre secrète multinationale en Syrie. Cette intervention clandestine a impliqué des États occidentaux et moyen-orientaux, ces derniers appuyant ostensiblement des milices jihadistes. (123) D’après différentes sources, cette guerre secrète de la CIA a été coordonnée jusqu’à présent depuis deux centres de commandement dirigés par les États-Unis, et elle pourrait être la principale raison de l’intervention russe. (124) Par ailleurs, comme nous l’avons démontré, la « modération » des principales forces soutenues par les puissances occidentales et leurs partenaires en Syrie est une notion de plus en plus discutable. Quoi qu’il en soit, ces politiques profondes ont alimenté décisivement un chaos islamiste qui s’est imposé comme l’une des premières menaces globales. (125) Dans ce contexte périlleux, sachant que la Russie tente d’enrayer militairement ce processus, il faut impérativement éviter que les Syriens ne subissent un état de guerre permanent, à l’instar des Afghans depuis le lancement de la guerre secrète de la CIA en 1978. (126) En Occident, d’anciens militaires de haut rang, comme le général Vincent Desportes ou le général Michael Flynn, ont décrit l’intervention russe en Syrie comme une démarche qu’il fallait soutenir pour contrer le péril islamiste. (127)

Par conséquent, il est indispensable d’expliquer à l’opinion publique qu’aujourd’hui, les puissances occidentales et leurs alliés soutiennent en priorité l’Armée de la Conquête – une coalition extrémiste coagulée autour d’al-Qaïda. Et il nous faut comprendre que la démarche russe, certes non dénuée d’intérêts, vise avant tout à empêcher la destruction complète de l’État syrien et le chaos islamiste encouragé par les politiques profondes de la CIA et de ses alliés. En particulier, il faut nous libérer du manichéisme imposé par les médias et saisir enfin toute la complexité de la situation tragique que subit le peuple syrien. En effet, bien que Bachar el-Assad, soutenu dès le début de cette guerre civile par Moscou et Téhéran, partage une lourde responsabilitédans ce drame humain, le dénoncer comme étant la seule et unique cause des exodes massifs et des centaines de milliers de morts engendrés par ce conflit brutal est une dangereuse illusion. (128) D’après l’ancien ambassadeur belge en Syrie Philippe Jottard,

« [o]n compte quatre à cinq millions de réfugiés installés dans les pays limitrophes de la Syrie. Ceux d’entre eux qui prennent la route de l’Europe proviennent pour une part, mais pas seulement, de Turquie après qu’ils aient été chassés de chez eux par les combats. L’opposition en rend responsable les bombardements aériens menés par l’armée sur les zones rebelles alors que, selon Bachar el-Assad, les Occidentaux sont seuls responsables de la crise des migrants en raison de leur soutien au “terrorisme”. Quant aux déplacés internes qui constituent la moitié de la population restée au pays (soit huit millions et demi de déplacés), ils se sont réfugiés dans les zones gouvernementales devant l’avance des groupes rebelles. Ceci n’en fait pas nécessairement des partisans de Bachar el-Assad, mais à choisir ils préfèrent la sécurité fournie par l’armée régulière. Environ 60% de la population totale se trouvent encore dans les territoires sous contrôle du régime. Les revers récents subis par les forces loyalistes affaiblies par plus de quatre ans de guerre en dépit de l’aide fournie par leurs alliés russes, iraniens, chiites irakiens et libanais font craindre non pas leur effondrement, mais que des avancées majeures des rebelles terrifient la population et lancent une partie de celle-ci sur les routes de l’exil. » (129)

La réalité syrienne est donc bien plus complexe que ne l’affirment les promoteurs intransigeants d’un renversement de Bachar el-Assad, alors que les politiques profondes de la CIA et de ses alliés appuient al-Qaïda en Syrie. À la suite des premières frappes russes contre cette organisation, les gouvernements des États-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne ont cosigné une déclaration commune avec le Qatar, la Turquie et l’Arabie saoudite. (130) Or, nous avons vu que ces trois États sont à l’origine de la création de l’Armée de la Conquête en Syrie – une politique discrètement approuvée et soutenue par Washington. (131) Comme nous l’avons indiqué, il s’agit d’une coalition de milices liées ou affiliées à al-Qaïda, qui constituait depuis le printemps dernier la principale menace contre le régime el-Assad. (132) Essentiellement, le fait que ce communiqué associe les quatre premières puissances occidentales avec les trois États unanimement désignés comme les soutiens d’al-Qaïda en Syrie a choqué bien peu d’observateurs, alors que les États-Unis et leurs alliés sont censés être en guerre globale contre cette organisation depuis le 11-Septembre. Ainsi, il ne semble pas illégitime de se demander pourquoi ces gouvernements n’ont-ils pas appelé Moscou à frapper al-Qaïda dans leur déclaration commune. Si l’on considère que la CIA mène une guerre secrète multinationale qui renforce la branche syrienne de cette nébuleuse terroriste, la réponse est sans équivoque.

Dans ce contexte, entre le chaos islamiste et la dictature, plusieurs millions de Syriens ont fait leur choix, sans nécessairement être des partisans de Bachar el-Assad. Ne pas prendre en compte cette réalité et amplifier la guerre secrète en Syrie reviendrait certes à combattre un régime criminel, mais surtout à favoriser la prise de Damas par des forces islamistes d’une puissance et d’une dangerosité sans précédent. Désignant Daech comme « l’ennemi numéro un », l’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine a rappelé « qu’au moment de combattre Hitler, il [avait] fallu s’allier avec Staline ». (133) Il faut donc espérer que les dirigeants occidentaux fassent preuve de la même sagesse, et qu’ils comprennent qu’intensifier leur engagement clandestin en Syrie pour faire échec aux Russes et aux Iraniens serait une grave erreur. (134) Alors que les principaux acteurs de ce conflit se réunissent à Vienne, et que l’Arabie saoudite a accepté pour la première fois que l’Iran participe aux négociations, la diplomatie doit et peut triompher des politiques profondes. (135)

Source et nombreuses notes

 

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La télé russe montre par erreur une arme secrète

Une télévision russe a diffusé ces images d'un document top-secret tenu par un haut gradé de l'armée lors d'une réunion avec le président Poutine.
Une télévision russe a diffusé ces images d’un document top-secret tenu par un haut gradé de l’armée lors d’une réunion avec le président Poutine. (Capture écran.)

Énorme bévue. La télévision russe a diffusé par erreur des images d’un… système secret de torpilles à charge nucléaire ! Les engins sont actuellement en développement en Russie, a indiqué ce mercredi le Kremlin en confirmant ainsi les informations circulant dans plusieurs médias russes.

«En effet, certaines données secrètes ont été filmées par la caméra (NDLR : des chaînes de télévision), c’est pourquoi les images ont ensuite été supprimées» du site de ces chaînes, a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. «Nous espérons que cela ne va pas se reproduire», a-t-il ajouté.

Deux chaînes de télévision russe, NTV et Pervy Kanal, contrôlées par l’Etat, ont diffusé mardi les images sur lesquelles on voit un responsable militaire russe regarder un document avec des dessins et le descriptif d’un nouveau système de torpilles à charge nucléaire, appelé Status-6.

De vastes zones de contamination radioactive

Les torpilles, qui doivent être lancées à partir des sous-marins et dont le développement est classé secret, sont destinées notamment à créer de «vastes zones de contamination radioactive qui seront inutilisables pour toute activité militaire, agricole ou économique pour une longue période», selon ces images prises en photo et zoomées par des blogueurs et certains médias russes en ligne. Cet engin doit être capable de déjouer un futur bouclier anti-missile de l’Otan.

Les images ont été tournées lors d’une réunion lundi du président russe Vladimir Poutine avec des responsables du secteur militaire à Sotchi, sur les bords de la mer Noire. La Russie doit construire des armes capables de vaincre «n’importe quel bouclier antimissiles», a plaidé cette semaine Vladimir Poutine en accusant les Etats-Unis et leurs alliés de chercher à neutraliser les capacités nucléaires de Moscou.

Voici les images :

source

 
 

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La Guerre secrète contre les peuples

Conférence de Claire Séverac au Théâtre de la Main d’or

 
 

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