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Hélas, ce n’est pas fini !

Hélas, ce n’est pas fini !
Commençons par un bref résumé des événements.
  • Il y a environ un mois, Nikki Haley annonce au Conseil de sécurité de l’ONU que les États-Unis sont prêts à violer les règles de ce même Conseil de sécurité en cas d’attaque chimique en Syrie
  • Puis les Russes ont annoncé qu’ils avaient la preuve qu’une attaque chimique sous fausse bannière est en préparation en Syrie ;
  • Puis une attaque chimique (supposée) se produit (dans un endroit encerclé et essentiellement contrôlé par les forces gouvernementales !) ;
  • L’OIAC envoie des enquêteurs (même si les puissances occidentales clament haut et fort qu’aucune enquête n’est nécessaire) ;
  • Les Anglosionistes bombardent la Syrie ;
  • Puis le Conseil de sécurité de l’ONU refuse de condamner la violation de ses propres règles et décisions ;
  • Enfin, les États-Unis d’Amérique parlent d’une « frappe parfaite ».

Maintenant, dites-moi : avez-vous l’impression que c’est terminé ?

Si vous me dites que 32 sur 103 n’est pas parfait, je vous répondrais que vous êtes à côté du sujet. En fait, 32 sur 103 est une incitation supplémentaire à bombarder de nouveau !

Examinons les choses différemment pendant une seconde et posons-nous la question : qu’a démontré l’attaque anglosioniste, en fait ?

  • Le grand public occidental est si définitivement zombifié que les attaques sous fausse bannière peuvent désormais être annoncées quatre semaines à l’avance ;
  • Les Européens vivent maintenant selon la devise « mon honneur s’appelle solidarité » (une variante de la devise SS « mon honneur s’appelle fidélité ») ;
  • Emmenés par les États-Unis, les pays occidentaux n’ont pas d’objection à des guerres déclenchées en violation de leurs propres lois nationales ;
  • Le Conseil de sécurité de l’ONU n’a pas d’objection à des guerres déclenchées en violation de la Charte des Nations Unies et du droit international ;
  • Les dirigeants de la République populaire de Chine, dans leur infinie sagesse, agissent comme s’ils n’avaient rien de personnel en jeu et agissent comme des spectateurs ;
  • Les Israéliens, par l’intermédiaire des néocons de l’ONU, contrôlent maintenant totalement l’Empire et l’utilisent pour « nettoyer la maison d’à côté ».

J’entends déjà les objections. Elles ressemblent à peu près à ça :

– Mais l’attaque a été un échec lamentable !
– Et alors ? L’Empire n’a rien payé pour la mener.
– Mais les Américains ont cillé ! Ils ont attaqué depuis l’espace aérien jordanien et depuis la mer Rouge ! Ils ont totalement évité les Russes ! Ils ont peur d’eux !
– Et alors ? Ils ont encore bombardé un allié russe en totale impunité.
– Mais vous ne suggérez quand même pas que les Russes auraient dû déclencher une guerre contre les États-Unis à partir d’une attaque qui n’a même pas tué une seule personne ?
– Non, bien sûr que non, mais en ne prenant aucune mesure, les Russes n’ont pas non plus réussi à dissuader de futures attaques.
– Mais qu’auraient pu faire les Russes ?

ÇA, c’est la bonne question !

Examinons les choses d’un peu plus près. Grosso modo, les Russes ont le choix entre trois types de mesures de représailles : politique, économique et militaire. Cependant, chacune d’elle a un ensemble spécifique de prérequis qui sont actuellement problématiques, pour le moins :

Mesures Politique Économique Militaire
Prérequis Suppose un minimum de décence, d’intégrité et de respect de la loi par le reste de la planète. Suppose que d’autres pays, en particulier la Chine, seraient prêts et en mesure de soutenir ces mesures. Suppose que la Russie a la capacité militaire de vaincre la « coalition » anglosioniste.
Réalité actuelle La Russie peut gémir, tempêter, se plaindre, protester, faire appel à des valeurs plus élevées,  à la logique ou au faits – tout le monde s’en fout. Les Chinois et les autres ne sont pas prêts pour l’instant à faire quoique ce soit pour soutenir la Russie. La Russie peut vaincre militairement les Anglosionistes, mais seulement en risquant l’avenir de notre planète.

Cela peut se résumer en une phrase simple : l’hégémonie anglosioniste est une menace pour l’ensemble de la planète, mais personne à part la Russie et l’Iran n’est prêt à l’affronter. Quel paradoxe !

Le soi-disant « Occident chrétien » est devenu un parasite volontaire pour son hôte sioniste et les seuls qui ont le courage et l’intégrité morale de l’affronter sont les chrétiens orthodoxes et les musulmans. Sic transit gloria mundi en effet…

Mais ce qui est encore plus important, c’est que s’il est vrai que les néocons américains n’ont pas réussi à lancer le genre d’attaque massive qu’ils auraient voulu et s’il est vrai que l’attaque américaine a été à peu près aussi boiteuse que possible, il faut complètement oublier ces faits. Les faits ne comptent simplement pas. Ni la logique. Tout ce qui compte, ce sont les perceptions !

Et la perception est que « nous » (les dirigeants anglosionistes et leurs serfs) avons « botté le cul » d’Assad et que « nous le referons » si « nous » en avons envie. C’est tout ce qui importe dans L’Empire des illusions que l’hégémonie anglosioniste est devenue.

Dès que vous comprendrez cela, vous devrez aussi accepter que Trump avait raison : c’était une « frappe parfaite » (de nouveau, pas dans la réalité mais dans le monde d’illusions créé autour d’elle).

La boucle est bouclée.

L’hégémonie anglosioniste exige que la planète entière s’incline et la vénère.  À l’exception de la Russie et de l’Iran, tout le monde se met à genoux ou, au mieux, détourne les yeux. Dans leur réalité illusoire, les « Méricains » se sentent autorisés à frapper la Russie ou l’Iran à n’importe quel instant.  Il n’y a rien que l’Iran puisse faire pour les arrêter et alors que la Russie le peut, elle ne peut le faire qu’au risque de l’avenir de notre planète entière.

Maintenant, dites-moi : pensez-vous réellement que ce soit terminé ?

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«Prépare-toi, Russie !» : Donald Trump défie Moscou d’arrêter ses «tout beaux» missiles

«Prépare-toi, Russie !» : Donald Trump défie Moscou d'arrêter ses «tout beaux» missiles

 Ils sont devenus fous !!! De telles déclarations de la part du président étasunien, vous imaginez un peu ??? Et sur twitter en plus !!! Quelle inconscience !! C’est une provocation directe et grave envers les Russes, un casus belli ! La situation peut devenir hors de contrôle . Il jouent tous avec le sort de l’humanité, y compris les Russes, qui entrent dans le rapport de de force au lieu de calmer le jeu malgré l’agression qu’ils subissent . Ça c’est sur on le connait Poutine, il ne lâchera rien, et c’est bien ce qui me fait peur !  Z 

Le président a affirmé sur Twitter qu’il était prêt à lancer des frappes sur la Syrie malgré la mise en garde de l’ambassadeur russe au Liban. Ce dernier a déclaré le 10 avril que l’armée russe intercepterait tout missile tiré sur la Syrie.

Ce 11 avril, Donald Trump s’est dit toujours prêt à lancer des frappes contre la Syrie.

«La Russie promet de descendre tout missile tiré sur la Syrie. Prépare-toi Russie, parce qu’ils vont venir, tout beaux, tout nouveaux et « intelligents »», a-t-il lancé sur Twitter. Une allusion sans doute au dévoilement en mars dernier par le président russe Vladimir Poutine de toute une série de nouvelles armes sophistiquées.  «Vous ne devriez pas vous associer à un animal qui tue avec du gaz, qui tue son peuple et aime cela», a-t-il poursuivi, continuant à prendre pour acquise l’implication supposée de Damas dans l’attaque chimique présumée à Douma le 7 avril.

Un peu plus de 40 minutes plus tard, Donald Trump a publié un tweet semblant adoucir sa position. «Notre relation avec la Russie n’a jamais été aussi mauvaise, et cela inclut [la période de] la guerre froide. Il n’y a pas de raison pour ça […] Nous avons besoin que toutes les nations travaillent ensemble. Pourrions nous stopper la course aux armements ?», a-t-il tweeté.

Pour rappel, au début de l’année était annoncé que l’armée américaine allait bénéficier d’une dotation budgétaire record pour 2019, avec une  augmentation de 54 milliards de dollars par rapport à l’année précédente. Avec 686 milliards de dollars, le budget 2019 représente, à quelques milliards près, l’équivalent du PIB de la Suisse ou de l’Arabie saoudite. Autres ordres de grandeur : la Russie consacrait, selon les chiffres du Forum économique mondial, l’équivalent de 66 milliards de dollars à ses armées en 2015, la France 55 milliards.

Lire aussi : Budget record pour l’armée américaine : Washington se «prépare vraiment à la guerre» (VIDEOS)

Moscou conseille à Donald Trump de viser plutôt les groupes armés djihadistes

Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères n’a pas tardé à réagir à la déclaration du président américain. «Les missiles « intelligents » devraient frapper les terroristes, pas le gouvernement légitime [de la Syrie]», a-t-elle souligné. «[La mise en œuvre de] ces missiles intelligents pourraient constituer une tentative de détruire des preuves au sol de l’attaque chimique en Syrie», a déclaré Maria Zakharova. «Les inspecteurs n’auront plus rien à trouver en termes de preuves», a-t-elle ajouté, alors que les accusations d’attaque chimiques ont été relayées certains groupes liés aux rebelles, dont les controversés Casques blancs, ainsi que le pro-occidental Observatoire syrien des droits de l’homme, qui s’appuie sur des informations des mêmes rebelles, parmi lesquels Jaïch al-Islam.

Lire aussi : Les rebelles de la Ghouta s’opposent à l’évacuation des civils et reprochent à l’ONU son inaction

Alexandre Zassypkine, l’ambassadeur russe au Liban, a déclaré la veille 10 avril que si des missiles américains étaient tirés sur la Syrie, ils seraient détruits. Il a précisé que les sites de lancement de ces missiles seraient également visés. «S’il y a une frappe des Américains, alors… les missiles seront détruits et même les sources à partir desquelles les missiles ont été tirés», a-t-il ainsi déclaré à la chaîne al-Manar du Hezbollah.

Le chef du comité de défense de la Douma (chambre basse du Parlement russe) et ancien commandant des troupes aéroportées russes a également signalé le même jour que Moscou prendrait toutes les mesures, y compris militaires, en réponse à une éventuelle attaque américaine contre les forces gouvernementales en Syrie.

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La Russie alerte sur un Plan US d’un faux attentat chimique en Syrie pour justifier un bombardement !

Plan US d’un faux attentat chimique en Syrie pour justifier un bombardement…
… La Russie prévient qu’elle réagira

« La grave circonstance que nous décrivons semble être sans précédent, et pourrait aboutir à une confrontation directe entre les puissances nucléaires » 

Les événements en Syrie ressemblent de plus en plus à une confrontation directe entre grandes puissances plutôt qu’à une guerre par procuration. Les paroles de M. Lavrov, prononcées il y a quelques jours, révèlent la phase critique des relations internationales que le monde traverse, avec un conflit potentiellement dévastateur prêt à s’enflammer dans la région du Moyen-Orient.

Un avertissement alarmant de Sergueï Lavrov et du chef de l’état-major général russe, Valery Gerasimov, a été annoncé par l’intermédiaire de Russia Today (RT) et de plusieurs médias russes. Le contenu est explosif et mérite la plus large diffusion possible. Gerasimov a affirméque Moscou avait « des informations fiables selon lesquelles les combattants [djihadistes] se préparent à mettre en scène l’utilisation par les troupes gouvernementales d’armes chimiques contre la population civile ». Il a allégué que les États-Unis avaient l’intention d’accuser les troupes de Assad d’utiliser des armes chimiques contre des civils, puis de « bombarder » Damas. Gerasimov a averti que la Russie« engagerait des mesures de rétorsion » si les États-Unis ciblaient des zones où ses forces armées sont situées dans la capitale syrienne. « Des conseillers militaires russes, des représentants du Centre pour la réconciliation, et des membres de la police militaire se trouvent actuellement dans la capitale syrienne » a indiqué M. Gerasimov, ajoutant que les forces armées russes réagiraient, en cas de danger pour la vie des militaires russes, à la fois contre les « missiles » et leurs « lanceurs ». Quelques heures plus tôt, Lavrov a critiqué les propos de l’émissaire américain à l’ONU, Nikki Haley, au sujet de la disposition de Washington à « bombarder Damas et même le palais présidentiel de Bachar Assad, indépendamment de la présence des représentants russes là-bas »« C’est une déclaration absolument irresponsable » a ajouté le diplomate russe.

Les mots de Gerasimov sont encore plus graves, puisqu’il explique comment les États-Unis et leurs alliés préparent le terrain pour justifier une attaque contre la Syrie. Selon des informations, des terroristes stationnés à Al-Tanf – une base militaire américaine illégale en Syrie – ont reçu vingt tonnes de chlore gazeux et des détonateurs, camouflés en cartouches de cigarettes, pour attaquer dans une zone densément peuplée de civils sous le contrôle des terroristes. Ce qui se passerait alors est déjà évident, avec les Casques blancs – i.e. al-Qaïda – et les médias usuels prêts à diffuser les images des victimes de l’attaque, abusant les sentiments des spectateurs occidentaux ignorants de la conspiration en cours. Les efforts pour cibler la Russie ont déjà atteint les niveaux d’alerte les plus élevés, avec l’empoisonnement sous faux-drapeau de l’espion russe au Royaume-Uni. Il semble que les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne déploient des efforts considérables pour provoquer une confrontation militaire avec Moscou.

Comment pouvons-nous interpréter autrement les menaces de Macron de frapper Damas, ainsi que ses sinistres conseils aux journalistes étrangers de ne pas aller à Damas dans les prochains jours et, pour ceux qui sont déjà là-bas, de quitter la capitale immédiatement ? Il y a même eu des bavardages dans les cercles diplomatiques qui suggèrent que le personnel de l’ONU quitte Damas. Cela pourrait être une guerre psychologique ou un prélude à la guerre. Avec des enjeux si élevés, nous ne pouvons pas nous permettre d’ignorer les détails, même s’il s’agit de désinformation. L’attaque américaine semble imminente, avec des signes croissants de mouvements de navires de guerre américains et russes en Méditerranée en formation d’attaque.

Les représentants militaires russes ont réitéré qu’en cas d’attaque, ils répondront en frappant à la fois les missiles et les navires à partir desquels les missiles sont  lancés. Les choses deviennent très dangereuses et le risque d’une confrontation directe entre les États-Unis et la Fédération de Russie augmente à chaque heure qui passe. Le transfert de nombreux avions américains d’Incirlik, en Turquie, à Al-Azrak, en Jordanie, est une autre indication de la préparation d’une attaque, puisque les forces déplacées en Jordanie sont proches de la base d’Al-Tanf. La stratégie proposée pourrait impliquer une attaque contre la ville de Daraa, dans le but de sécuriser les frontières entre la Syrie, la Jordanie et Israël.

Les avertissements de Lavrov et Gerasimov semblent sans précédent, étant donné qu’ils détaillent un plan déjà en cours, manifestement approuvé aux plus hauts niveaux et visant à provoquer et à justifier une attaque contre la Syrie, attaque qui engloberait les forces russes en Syrie. Les tensions continuent de croître, suite à la destruction, par la Russie, d’un drone par deux missiles sol-air lancés depuis sa base aérienne de Hmeimim. Moscou a même déployé en Méditerranée la frégate Admiral Grigorovich Admiral Essen et la frégate anti-sous-marine de classe Krivak II Pytivyy. Les deux sont préparées pour des opérations anti-navires et anti-sous-marins. Des sources affirment que ce déploiement a été planifié il y a quelque temps et fait partie d’une routine de la marine russe. Mais pendant un moment si délicat, il vaut la peine de se concentrer sur les détails. Sans recourir à un alarmisme excessif, si Lavrov a déclaré que « les mouvements des navires de guerre des États-Unis et de leurs alliés en Méditerranée semblent compatibles avec la stratégie d’utiliser cette attaque chimique pour justifier une frappe contre l’armée arabe syrienne et les installations gouvernementales » il est alors raisonnable de spéculer sur la question de savoir si les navires russes se déplacent dans la zone pour contrer toute provocation.

Il y a deux défauts fondamentaux dans le raisonnement des décideurs politiques et de l’establishment militaire américains. Ils sont convaincus qu’une démonstration de force américaine (impliquant un grand nombre de missiles de croisière lancés contre la Syrie par le biais d’une participation significative de porte-avions et de bombardiers) étourdirait la Russie en la paralysant. De plus, les généraux militaires américains sont convaincus que la Syrie et la Russie n’ont pas la capacité de se défendre pendant une longue période. Ils semblent se leurrer avec leur propre propagande. Comme leurs collègues israéliens l’ont déjà appris, une telle hypothèse est erronée. Alors que l’idée qu’une puissance de feu élevée pourrait rencontrer un certain succès, la possibilité d’une riposte des forces syriennes et russes demeure. Et cette possibilité ne semble pas avoir été suffisamment prise en compte par les États-Unis et leurs alliés.

Comment l’armée américaine et la présidence de Trump réagiraient-elles si un navire de guerre américain était coulé par des missiles anti-navires ? Cela ne ferait que démontrer la vulnérabilité des forces navales américaines face à de telles armes avancées. Cela représenterait un choc énorme pour l’armée américaine, probablement le plus grand choc depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Que feraient Trump et les généraux en charge ? Ils réagiraient en bombardant davantage les forces russes, s’offrant eux-mêmes à une réaction russe dévastatrice. Le conflit pourrait s’intensifier en l’espace de quelques minutes, menant à une situation où il n’y aurait pas de gagnant possible.

Je fais un raisonnement normal en considérant que la responsabilité de l’annihilation totale sera imputée aux forces spéciales américaines qui ont livré vingt tonnes de chlore gazeux à des terroristes d’al-Qaïda en Syrie en ordonnant l’exécution d’une attaque sous faux-drapeau dans le but de blâmer Damas et Moscou. Si nous relions cet événement à ce qui se passe actuellement au Royaume-Uni, et à l’hystérie aux États-Unis entourant le prétendu piratage russe pendant les élections américaines, nous pouvons comprendre à quel point les relations internationales se sont détériorées. Cette situation rappelle l’Ukraine en 2015. Les forces ukrainiennes ont subi des défaites répétées aux mains de la résistance du Donbass, se laissant encercler par milliers dans différents chaudrons. Au sein du siège de l’OTAN à Bruxelles pendant cette période, il y a eu des discussions ouvertes sur l’envoi d’un contingent pour soutenir les troupes ukrainiennes. Le plan n’a toutefois jamais été réalisé, étant donné la possibilité d’une confrontation directe en Ukraine entre la Fédération de Russie et l’OTAN.

Ces derniers mois, la possibilité d’une guerre dans la péninsule coréenne a également été évoquée, et peut-être en même temps évitée par les conséquences imprévisibles, tant pour Séoul que pour les forces américaines dans la région.

En Syrie, l’approche de Washington et de ses émissaires diplomatiques et militaires semble plus imprudente et moins liée à une chaîne de commandement où la responsabilité revient au président américain. Il semble que l’État profond des États-Unis en Syrie ait un contrôle plus grand et plus occulte sur les forces américaines, sabotant chaque accord conclu entre Moscou et Washington. Nous l’avons vu pendant la présidence d’Obama, où l’armée de l’air américaine a bombardé les troupes gouvernementales syriennes à Deir ez-Zor seulement quelques heures après un cessez-le-feu entre Lavrov et le secrétaire d’État Kerry.

La grave circonstance que nous décrivons semble être sans précédent, et pourrait aboutir à une confrontation directe entre les puissances nucléaires. Hélas, dans de telles circonstances, nous ne pouvons qu’espérer le meilleur en nous préparant au pire. Nous ne pouvons qu’attendre pour découvrir sur les manchettes des médias grand public la dernière attaque chimique en Syrie. Nous ne pouvons qu’espérer qu’il y a quelqu’un à Washington qui a suffisamment de bon sens pour prendre en compte les conséquences dévastatrices d’une attaque contre Damas et les forces russes dans la région. Jamais auparavant la région n’a été au bord d’une telle explosion comme dans les prochaines heures – en raison des actions typiquement imprudentes des États-Unis.

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Russie et Chine ont enterré l’ordre mondial dominé par l’Amérique

L’ordre mondial dominé par l’Amérique a vécu, déplore dans les colonnes de Bloomberg le journaliste Hal Brands

Pendant environ 25 ans après la fin de guerre froide, un des principaux objectifs de la politique américaine était l’instauration d’un ordre mondial libéral, estime Hal Brands. Washington espérait y parvenir en intégrant dans le système ses adversaires potentiels, Moscou et Pékin, en sorte que ces derniers n’aient aucune envie de le perturber. Le but était d’intégrer toutes les puissances majeures dans un système au sein duquel les États-Unis et leurs valeurs continueraient à régner sans partage. 

«Cette idée ambitieuse basée sur l’hypothèse selon laquelle la Russie et la Chine s’engageraient sur la voie de la libéralisation politique et économique s’est avérée inefficace. Le projet s’est immédiatement retrouvé dans l’impasse et le nouvel objectif de la stratégie américaine sera de défendre le système international existant contre l’action destructrice de la Russie et de la Chine», signale l’auteur de l’article deBloomberg.
Les hypothèses d’une stratégie l’administration américaine résumée par le secrétaire d’État adjoint Robert Zoellick en 2005e d’après lesquelles la Russie et la Chine devaient opter pour le libéralisme politique et économique occidental et définiraient leurs intérêts de la façon voulue par les États-Unis n’ont pas pris corps.

Au cours de la dernière décennie, la Russie s’est mise à remodeler l’ordre instauré en Europe après la guerre froide par «la force et l’intimidation». Selon l’auteur, Moscou tente de «saper les institutions libérales clés comme l’Otan et l’Union européenne».

La Chine, de son côté, profite «des avantages de l’inclusion dans l’économie mondiale», cherche à intimider les voisins du Vietnam au Japon et à affaiblir les alliances américaines en Asie-Pacifique.

«Cela signifie que les États-Unis doivent devenir plus durs et moins ambitieux dans leur approche des relations entre les grandes puissances et du système international», résume l’auteur de l’article.

Moins ambitieux dans le sens où il faut abandonner l’idée selon laquelle l’ordre libéral deviendra vraiment global et comprendre que la défense de l’ordre mondial existant demandera d’importants efforts. Et plus durs, dans le sens où la défense de l’ordre en place contre les défis lancés par ses adversaires exigera des efforts plus énergiques.
Hal Brands estime que les États-Unis devront fortement investir dans l’industrie de défense pour renforcer leur pouvoir et la dissuasion en Europe de l’Est, et faire face à la pression russe et chinoise sur leurs voisins. En outre, il faut accepter le fait que les relations entre les grandes puissances seront plus tendues que jamais.

«Bref, l’objectif consistant à atteindre un monde entièrement intégré n’est plus réalisable à l’heure actuelle. Défendre avec succès l’ordre international existant que les États-Unis ont construit et dirigé avec succès au cours de longues années sera un défi», conclut l’auteur de Bloomberg.

 
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Publié par le 23 octobre 2017 dans général, International, Nouvel ordre mondial, Politique

 

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Russie : La part de l’Or dans les réserves internationales au plus haut en 17 ans

Ce n’est pas un hasard – Vladimir Poutine fait sa part afin que le mouvement haussier de l’or perdure.

Depuis que le président russe est passé à l’offensive en Ukraine en 2014, l’actif refuge a enregistré son premier gain annuel en quatre ans, en 2016, et est en voie de récidiver en 2017. Bénéficiant des difficultés économiques et politiques (Corée du Nord, Brexit etc.) l’or est l’une des matières premières ayant le mieux performé cette année.

Pendant ce temps, la Banque de Russie a plus que doublé le rythme de ses achats d’or, portant ainsi la part de l’or dans ses réserves internationales au plus haut depuis 17 ans et l’arrivée au pouvoir de Poutine, selon les données du World Gold Council. Au second trimestre seulement, les achats d’or de la Russie ont représenté 38% de tout l’or acheté par les banques centrales.

 

 

La ruée vers l’or a permis à la Banque de Russie de continuer à accroître ses réserves, tout en s’abstenant d’acheter des devises étrangères depuis plus de deux ans. Elle est une des quelques banques centrales qui gardent foi en l’or, malgré que la demande mondiale pour le métal précieux ait chuté à un plus bas de deux ans au second trimestre. Mais ce qui importe le plus est que l’or est un investissement qui protège des tensions géopolitiques, à une époque de sanctions économiques et de profonds désaccords avec les États-Unis.

« L’or est un actif indépendant de tout gouvernement et, en effet, étant donné les quantités habituellement détenues en réserve, de tout gouvernement occidental », a déclaré Matthew Turner, analyste des métaux chez Macquarie Group Ltd., à Londres. « Cela pourrait intéresser la Russie, étant donné qu’elle fait face à des sanctions ».

En plus d’être le plus gros acheteur officiel d’or, la Russie fait aussi partie des trois plus grands producteurs mondiaux. La banque centrale achète de l’or aux minières domestiques via les banques commerciales plutôt que sur le marché libre.

Depuis que la Russie a commencé à accélérer ses achats d’or en 2007, ses réserves ont plus que quadruplé, pour atteindre 1 716 tonnes à la fin juin. Le pays reste juste derrière la Chine, mais détient plus d’or que la Turquie, l’Inde et le Mexique combinés, selon le World Gold Council. La part de l’or dans les réserves de change russes, qui s’élèvent à 427 milliards $, approche les 17%.

RYTHME SOUTENU

Si les achats de la Russie continuent au même rythme, l’augmentation sur l’ensemble de l’année 2017 « pourrait être très similaire » aux 200 tonnes annuelles achetées en 2015 et 2016.

La Banque de Russie a refusé de commenter. Son gouverneur, Elvira Nabiullina, a déclaré dans une interview, l’an passé, qu’une partie des réserves est détenue en or pour assurer une diversification. Tout l’or est stocké en Russie, et la gestion des investissements dans les métaux précieux se fait séparément des actifs libellées en devises étrangères, selon le site web de la banque centrale.

Bien que l’or soit toujours en hausse d’environ 11% en 2017, son prix a touché son plus bas en août et a subi sa plus grosse perte mensuelle depuis le début de l’année. La volonté de la Réserve fédérale américaine de resserrer sa politique monétaire font baisser l’attrait pour le métal qui ne rapporte pas d’intérêts, alors que le dollar rebondit.

L’important pourcentage d’or dans les réserves de la Russie n’inquiète pas l’agence de notation Fitch Ratings :

« En fin de compte, les réserves doivent être liquides », a déclaré Erich Arispe, directeur chez Fitch pour les pays souverains et les entités supranationales. Comme les autres matières premières, l’or « peut aussi être liquide. Donc, en ce moment, nous ne voyons aucune inquiétude au sujet des réserves ».

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Publié par le 4 octobre 2017 dans général, or et argent métal

 

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L’OTAN voit rouge après l’achat de missiles russes par la Turquie, la Russie fait des manoeuvres militaires aux portes de l’Europe

L'OTAN voit rouge après l'achat de missiles russes par la Turquie, Erdogan assume

Le jeu de la Turquie n’est vraiment pas clair du tout – L’OTAN a exprimé ses craintes après l’achat par la Turquie, pourtant l’un de ses membres, de missiles S-400 à la Russie. Mais Recep Tayyip Erdogan met en avant la nécessité de garantir la sécurité de son pays.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a balayé les critiques formulées à son encontre à propos du récent achat de missiles sol-air longue portée effectué par Ankara auprès de Moscou. Selon lui, la Turquie ne peut pas attendre d’être protégée par ses alliés de l’OTAN.

«Ils prennent la mouche parce que nous avons signé un contrat pour des S-400 [avec la Russie]», s’est agacé Recep Tayyip Erdogan lors d’un discours aux maires de son parti le 13 septembre, comme le rapporte le journal Hurriyet. «Mais à quoi s’attendaient-ils ? On devrait les attendre ?», s’est-il également interrogé. Selon lui, la Turquie veille sur elle-même.

Le contrat conclu entre Moscou et Ankara, et annoncé le 12 septembre dernier, a en effet provoqué l’irritation de Washington, qui y voit une remise en cause des accords liant la Turquie à l’OTAN. «Nous avons exprimé nos craintes aux autorités turques concernant cet achat : un système de défense antimissile commun reste la meilleure option pour défendre la Turquie contre les menaces dans la région», a mis en garde Johnny Michael, le porte-parole du Pentagone.

«L’achat de ces équipements militaires par la Turquie relève d’un choix souverain qu’il n’appartient pas aux membres de l’Alliance atlantique de commenter», a, de son côté, déclaré la porte-parole du Quai d’Orsay Agnès Romatet-Espagne, avant d’ajouter : «La Turquie est fortement soutenue par ses alliés de l’OTAN pour faire face aux menaces régionales qui pèsent sur sa sécurité.»

La Turquie examine différentes solutions pour l’acquisition de missiles antiaériens depuis plusieurs années. En 2013, déjà, Ankara avait surpris les autres membres de l’OTAN en annonçant vouloir acheter un système de défense FD-2000 à la Chine, s’attirant ainsi les foudres de Washington. Finalement, la Turquie avait renoncé à ce contrat, arguant que la Chine s’était montrée trop lente à lui fournir toutes les technologies ad-hoc. Plusieurs experts avaient alors estimé que la Turquie avait surtout voulu mettre l’OTAN sous pression, notamment afin d’acquérir le système américain Patriot Pac-3 à un prix avantageux. (source)

Et de quoi angoisser encore plus l’OTAN, La Russie fait des manoeuvres militaires aux portes de l’Europe .. :

La Russie lance ce jeudi de vastes manoeuvres militaires aux portes de l’Europe. Menées conjointement avec le Bélarus, elle les présente comme «purement défensives».

Répondant au nom de code Zapad-2017 (Ouest-2017) ces exercices doivent impliquer près de 12 700 soldats pendant une semaine le long de la frontière avec la Lituanie et la Pologne. Dans un communiqué, le ministère de la Défense assure que ces manoeuvres présentent «un caractère purement défensif et (ne sont) dirigées envers aucun pays en particulier». La Lituanie et l’Estonie, entre autres, doutent des chiffres avancés par Moscou, la capitale russe, pour ces exercices militaires et évoquent «plus de cent mille soldats» mobilisés du 14 au 20 septembre.

Les exercices Zapad-2017 «sont désignés pour nous provoquer, pour tester nos défenses et c’est pour cela que nous devons être forts», a déclaré dimanche le ministre britannique de la Défense, Michael Fallon, s’inquiétant d’une Russie «de plus en plus agressive». Le secrétaire général de l’Otan (Organisation du traité de l’Atlantique nord), Jens Stoltenberg, assure ne pas y voir «de menace imminente contre un allié», tout en regrettant un manque de transparence.

 
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Publié par le 14 septembre 2017 dans général, Guerre - 3e guerre mondiale, International, Politique

 

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Vladimir Ilitch Trump ?

Que dieu bénisse Donald Trump pour s’être débarrassé de James Comey ! Quelques jours avant ce pas décisif, Justin Raimondo avait qualifié James Comey d’homme « le plus puissant de l’Amérique ». C’est Comey qui poussait les US à une guerre innécessaire avec une Russie réticente. Répondant à une question de Lindsey Graham, belliciste notoire, il avait dit que les Russes constituent « la plus grande menace pour n’importe quelle nation, étant données leurs intentions et leurs capacités. » Ce qui déborde quelque peu de l’agenda du FBI, certes. Il revendiquait le droit de décider de la politique étrangère des US, et de décider qui sont les médias légitimes, les MSM (main stream), par opposition à Wikileaks. Il avait vu trop grand, et il a pris une déculottée.

En saquant Comey, Trump a franchi une première étape pour regagner le terrain perdu. Nous l’avions vu reculer précédemment : il avait viré Bannon, bombardé la Syrie, promu sa bêtasse de fille et son coquin de mari, les hissant presque à un statut présidentiel. Les résultats étaient bien tristes. Il se retrouvait traité comme un canard boiteux, pas seulement une cible à abattre. Le comportement de Comey était particulièrement insultant. Si la politique extérieure doit être décidée par le FBI et le New York Times, nul besoin d’avoir un président.

J’applaudirais encore si Trump lâchait quelques drones tueurs, dans le style Obama, pour en finir avec John McCain et Lindsey Graham. J’imagine le spectacle géant : au-dessus d’un superbe gâteau au chocolat, regarder les drones foncer droit sur ces deux  salopards. Mais Trump n’est peut-être pas de cette trempe-là, il n’a qu’à inventer un moyen moins spectaculaire pour se débarrasser des traîtres.

L’initiative suivante, consistant à inviter M. Serguëi Lavrov à la Maison Blanche, était tout à fait justifiée aussi et utile, singulièrement dans le contexte du cri de ralliement de Comey : Sus à la Russie menace universelle ! De sages cerveaux ont cru bon de suggérer qu’il avait choisi un mauvais moment pour ce faire, et qu’il risquait de prendre des coups. Elle est bien bonne ! Il se serait fait attaquer de toute façon, tôt ou tard. En faisant ce qu’il a fait au moment où il l’a fait, Trump a prouvé qu’il en était capable, c’est tout. Malgré l’incroyable diabolisation de la Russie, malgré la stupide accusation d’être à la botte de Poutine, il a rencontré le Premier Ministre russe. Un geste viril, oui, « il en a », et a tout lieu d’en être fier.

Les va-t-en-guerre ont riposté avec l’accusation ridicule « il livre des secrets stratégiques à Lavrov. »

Ridicule, mais qui en dit long: l’idée est d’installer un réflexe conditionné chez les politiques et les hommes d’Etat, le genre de choses que faisait Pavlov avec les chiens. Ses chiens commençaient à saliver en entendant la cloche habituellement associée avec le repas, ou bien prenaient la fuite au son qu’ils avaient associé avec une raclée. Un politicien bien conditionné devrait changer de trottoir chaque fois qu’un diplomate russe est en vue, ce qui mettrait fin au danger de paix.

Jusqu’à maintenant, les schémas pavloviens les plus épurés, c’était le lobby israélien qui les produisait. Les juifs sont excellents pour vous conditionner. Tellement de journalistes et de politiques ont été formatés pour jurer allégeance au dogme juif. Au moindre haussement de sourcils, ils rampent à quatre pattes et clament leur amour pour Israël et/ou les juifs. Feu Joe Sobran, spirituel journaliste de Washington, les comparait aux vaches qui broutent dans un pré entouré d’une clôture légèrement électrifiée. Si elles essaient de s’en approcher, elles reçoivent une petite décharge très désagréable. Il n’en faut pas plus pour que la majorité du troupeau reste prudemment à sa place.

Et quand un politicien est formaté, on peut le mener partout où cela convient au berger. De fait, le premier à avoir murmuré que Trump « passait des secrets » à Lavrov, c’est Alan Dershowitz, le sioniste adorateur de la torture, qui a su former tellement de politiciens à l’amour d’Israël ou de ses avatars.

C’est pour cela que je préfère les hommes politiques qui prouvent qu’ils n’ont pas été effarouchés ou conditionnés par les juifs. Telle la merveilleuse Cynthia McKinney, qui a perdu son poste de députée sur la colline du Capitole, mais ne s’est pas rendue. C’est ce que j’appellerais le premier test pour un homme politique. Si les juifs peuvent vous faire plier, ils le feront. J’ajouterai, pour vous réconforter : il n’est pas nécessaire de combattre les juifs, il suffit de ne leur faire aucune concession, vous obtiendrez qu’ils fassent ce que vous voulez. C’est pratiquement la même chose que lorsqu’on promène un gros chien. Laissez-le choisir son chemin une fois, et c’est lui va vous tirer sur des kilomètres; tenez-lui la laisse courte, et il obéira.

J’ai vu cette qualité  chez le président Trump, justement. Il a rejeté l’appel juif à s’excuser pour l’étoile à six branches collée à l’image d’Hillary, il a envoyé promener ceux qui insistaient pour qu’il mentionne l’Holocauste, et même quand il l’a fait, il n’a pas même mentionné les juifs, ce qui les a consternés. Après il a filé doux pour un temps, bombardé la Syrie et fait quelques bruitages pro-israéliens, il a envoyé son Ivanka en faire plus selon la routine pro-juive, et on l’a cru en déroute. Et puis il a invité Lavrov, espérons que cette fois-ci il va garder les rênes bien en main.

Je suis quelque peu embarrassé d’encenser le président US pour des gestes aussi minimes comme de renvoyer un directeur du FBI ou de rencontrer  le ministre des Affaires étrangères d’un Etat important. La prochaine fois, il va falloir que je chante ses louanges pour avoir croqué une pomme ou s’être lavé les mains (“ah, le bon garçon!”). Mais c’est qu’on sent bien qu’il a besoin de nos encouragements pour faire quelque chose de bien. En tant que père de trois garçons, je le sais : les garçons ont besoin d’être encouragés. Et s’il n’y a pas de grands exploits à fêter, qu’ils se lavent les mains avant de passer à table, c’est déjà ça.

Ce qui attend Trump, c’est une tâche herculéenne : dérouter le navire de guerre America pour éviter la collision alors que tous les gens importants se trouvant à des postes importants veulent absolument mettre les gaz et foncer tout droit. Ils s’imaginent que l’autre, en face, se déviera le premier ; mais le « vaisseau ennemi » est un phare signalant un écueil. C’est le rocher de l’île-monde et de son cœur battant. Pourquoi est-ce que tellement d’Américains, de Britanniques et d’Européens voudraient tenter le diable en allant au-devant de la guerre et de ses désastres ?

Il y a cent ans exactement, Vladimir Ilitch Lénine avait découvert que le système auquel nous avons affaire produit nécessairement des guerres mondiales. Ce n’est pas une question de gentillesse ou de méchanceté, un affrontement entre des méchants et des  gentils, c’est le système qui veut ça. Il l’a expliqué dans un ouvrage concis, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme [de 1916, publié en 1917] mettant radicalement Marx à jour. L’idée c’est que le capitalisme évolue depuis la production dynamique et compétitive vers la mainmise du capital financier, alors que le capital financier mène inévitablement aux guerres. Si ce sont les financiers qui commandent, la guerre est inévitable, disait-il, parce qu’ils sont insatiables.

Industriels, bâtisseurs, fermiers peuvent s’arrêter aux limites de leur territoire, et le souhaiter, tandis que les financiers en  veulent toujours plus, parce qu’il n’y a pas de limite naturelle à leur expansion. Ils veulent coloniser encore plus de pays, soumettre plus de nations et pomper leur substance. La seule façon de sauver le monde des horreurs de la guerre (souvenez-vous que Lénine écrivait après Verdun et la bataille d’Ypres), c’est de se débarrasser de la domination par le capital financier (exactement la conclusion à laquelle était arrivé Jésus quand Il avait chassé les marchands du Temple).

La même année, Lénine réalisait sa grande expérience pour délivrer la Russie, son pays,des banquiers et autres exploiteurs, ce qui le vouait à subir leur haine éternelle (et des tonnes d’histoires mensongères sur sa cruauté sanguinaire, en supplément). L’histoire a démontré qu’il avait partiellement raison : les pays qui ont suivi la voie ouverte par Lénine n’ont jamais déclenché de guerre, n’ont jamais colonisé d’autres pays, mais ont prêté main-forte à d’autres qui voulaient chasser les sangsues et l’interférence occidentale. La Russie soviétique est un exemple : c’est un pays donateur pour tous les autres Etats socialistes, de la Géorgie à l’Afghanistan. Peut-être que les communistes étaient trop bons pour ce monde. Après la décommunisation de la Russie, les revenus de la Russie ont grimpé, tandis que ceux de presque tous les Etats ex-soviétiques dégringolaient, s’ils n’étaient pas soutenus par l’Europe. Et ils n’ont pas connu de guerre.

De l’autre côté, les Etats qui sont restés sous la férule des banquiers sont entrés en guerre de plus en plus fréquemment. Ils ont colonisé ou ont été colonisés. Probablement aucun plus que les US, la patrie de la Réserve Fédérale, du dollar et de tant de grandes sociétés financières.

Pour l’Amérique, la prochaine guerre mondiale est inévitable, à moins que les Américains se débarrassent de leurs financiers, et de leurs domestiques dans les médias et autres institutions d’Etat. Ma sympathie pour le président Trump se base sur son antipathie envers les hommes d’argent. A partir du moment où il a attaqué la Réserve Fédérale et Wall Street, j’ai été conquis, et vous aussi peut-être.

Seulement je ne suis pas un vrai marxiste. Je m’explique. Les marxistes considèrent les capitalistes de la finance comme une sorte d’exploiteurs progressistes. « Progressiste » n’est pas synonyme de meilleur ; c’est juste plus avancé, comme lorsqu’on parle d’une maladie à un stade avancé. Les marxistes classiques croient que le bonheur de l’humanité arrivera après la victoire totale du capitalisme financier progressiste. Lénine, lui, arrivait à la conclusion qu’il n’y avait pas de raison d’attendre leur victoire : les ouvriers peuvent tout faire en mieux. Tout dépend de ceux qui décident de s’y mettre, et comment, pour combattre le capital financier.

Le capitalisme financier a deux sortes d’ennemis : les progressistes et les réactionnaires ; les progressistes sont ceux qui veulent aller plus loin, éliminer le règne de l’argent, instaurer une joyeuse fraternité entre tous les hommes, le travail libéré, le développement humain, dans un monde sans maîtres et sans esclaves. Ces gens sont les travailleurs, et ils sont heureux de travailler à condition de ne pas être escroqués. Ils ne veulent ni exploiter ni être exploités. Julius Evola et Guénon, les penseurs phare de la droite extrême détestaient la modernité et croyaient qu’on pouvait revenir en arrière. Ils souhaitaient le retour du féodalisme ou de formations encore plus anciennes.

Nous ne réalisons pas complètement que le capitalisme industriel des années 1950, avec ses capitaines d’industrie et les gens qui ont fait l’économie réelle, celui des magnats du pétrole et des grands bâtisseurs, appartient aussi désormais au passé. Ils sont encore riches et puissants, mais les ducs et les rois aussi, et ils ont été battus aussi par des hommes d’argent très élégants.

Les marxistes croient que les progressistes vont gagner, tandis que les réactionnaires sont condamnés à la défaite. Lénine n’était pas un marxiste classique, parce qu’il croyait au grand potentiel des « réactionnaires », autrement dit des paysans. Il ne pensait pas que les gens doivent attendre que les banquiers mettent le grappin sur le monde entier. Il y a des raccourcis possibles, et les exploiteurs, on peut et on doit les battre.

Pour ma part, toujours optimiste et d’un caractère sujet à l’espérance, je ne suis pas même un vrai léniniste, dans la mesure où j’ai de la sympathie pour tous les ennemis des banquiers, révolutionnaires ou réactionnaires, d’extrême gauche ou d’extrême droite, qu’ils soient ouvriers, fermiers, aristos ou fondamentalistes religieux, gens à l’esprit libre, magnats du pétrole ou promoteurs immobiliers comme Trump. Je ne peux pas exclure la possibilité que Trump lui-même réussisse là où la gauche a échoué : réussisse à détruire la Réserve Fédérale, à tenir les banquiers en laisse, à donner aux Américains du travail productif, à les conduire vers la prospérité universelle et à les sauver d’une guerre horrible. L’idée du déterminisme historique est une idée fausse qui renie notre liberté de vouloir.

Trump comme vous peut voir que le monde peut être amélioré si les énormes ressources drainées vers la guerre sont redirigées vers la paix. Justement maintenant, la Chine vient de tenir une conférence internationale pour la Route de la Soie (OBOR) avec la participation active de la Russie, de la Chine, de la Turquie. Ils ont en tête un grand projet d’infrastructures qui permettra à de nombreux pays de se développer à côté les uns des autres. Les US n’y ont aucunement pris part, tandis que les Allemands objectaient que les Chinois  ne leur avaient pas permis d’acheter des firmes chinoises « comme eux le font en Allemagne ». Les Chinois ont bien raison ; il n’y a aucune raison de vendre ses propres firmes qui produisent. Qu’elles produisent dans l’intérêt de la nation. Cela devrait constituer une solution recevable pour Trump.

Dans bien des pays, les gens sont en train de chercher une issue à l’impasse actuelle. C’est ce que fait Jeremy Corbyn, le dirigeant des travaillistes anglais. Son problème est semblable à celui de Trump. Dans son parti, même si les organisations de base soutiennent Corbyn, les chefs ont été mis en place et promus par Tony Blair. Deux fois, Corbyn a su déjouer leurs tentatives de putsch. Et pourtant, les médias, surtout le Guardian, journal du parti dirigeant travailliste-libéral, veulent sa peau. Chaque jour, ils publient des oraisons funèbres pour la politique de Corbyn, en espérant, par quelque œuvre de magie noire, causer sa démission. Ils viennent de pré-publier un Manifeste travailliste de Corbyn révélant ce qu’il projette de faire après la victoire. Ils pensaient que cette publication serait le coup de grâce, et c’est tout le contraire qui s’est produit : les gens sont tout à fait favorables à son plan de dépenser des milliards pour revenir sur les privatisations de Thatcher et Blair. Le peuple anglais retrouverait son NHS (Service national de santé) qui était le meilleur au monde. Ils reprendraient en main leurs chemins de fer qui se détériorent, parce que les propriétaires privés écrèment les bénéfices et demandent aux contribuables de payer les charges.

Au demeurant, ces plans coûteront toujours moins cher que l’alternative conservatrice, parce que Corbyn veut éliminer l’arsenal nucléaire britannique et en finir avec l’argent  jeté par les fenêtres pour l’armement,  alors que les conservateurs veulent en dépenser encore plus en nouvelles armes. Mon petit doigt me dit que s’il gagne contre toute attente, les Russes seront accusés d’interférence en sa faveur. Ces accusations ne font pas mouche avec les candidats, mais encore moins avec les Russes, qui sont fiers d’être considérés comme aussi puissants.

Gardant à l’esprit que les travaux de Lénine ne sont pas populaires aujourd’hui, et comme son nom a été outrageusement sali, je vous recommande un nouveau livre qui vient de sortir en Russie, une biographie gigantesque rédigée par Lev Danilkine. C’est très bien écrit, ce n’est pas trop révérenciel, mais respectueux, et c’est écrit pour les lecteurs modernes, avec une radiographie de la vie de Lénine depuis son enfance sur les bords de la Volga et ses errances dans les villes d’Europe, jusqu’à sa mort à Moscou. Ce n’est pas encore traduit, mais je suis sûr que ce livre aura un grand retentissement dès que ce sera fait.

Israël Adam Shamir

Traduction : Maria Poumier

Original publié par The Unz Review.

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Publié par le 18 mai 2017 dans général, International, Politique

 

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