RSS

Archives de Tag: rend

Le département de la Défense des États-Unis rend public un rapport sur le voyage supraluminique et le Warp Drive

chaîne de disque de distorsion espace temps de voyage navire plus rapide que la lumière nasa les bossinas.

Une illustration de 1998 d’un vaisseau spatial utilisant l’énergie négative pour déformer l’espace-temps et voyager plus vite que la lumière

Le département de la Défense des États-Unis a financé une série d’études concernant des technologies aérospatiales avancées, et notamment une étude rendue publique concernant la distorsion spatio-temporelle (Warp Drive) afin d’effectuer des voyages supraluminiques. La possibilité d’utiliser l’énergie noire et les dimensions supplémentaires pour distordre l’espace est évoquée, mais selon le physicien Sean Carroll, ces technologies ne pourraient être effectives avant au moins un millier d’années.

À la fin du mois d’août 2008, l’US Department of Defense a embauché plusieurs dizaines de chercheurs afin d’explorer des pistes technologiques ultra-avancées pour l’aérospatiale, incluant des méthodes de propulsion et de camouflage inédites. Deux chercheurs, le physicien Richard K. Obousy (Icarus Interstellar) et l’astrophysicien Eric W . Davis (consultant à la NASA) rendent un rapport de 34 pages le 2 avril 2010, intitulé « Warp drive, énergie sombre et manipulation des dimensions supplémentaires ». Celui-ci vient d’être rendu public par la Defense Intelligence Agency.

Ce n’est pas la première fois qu’Obousy travaille sur le voyage par distorsion spatiale. Depuis les années 2000, il a publié un certain nombre d’études concernant la faisabilité d’un tel moyen de déplacement. Les auteurs du rapport suggèrent que les scientifiques ne seraient pas si loin d’appréhender les dimensions supplémentaire et la nature de l’énergie noire (suspectée être à l’origine de l’accélération de l’expansion de l’univers).

warp drive

Le Warp Drive est un moyen théorique de propulsion supraluminique utilisant la distorsion de l’espace-temps. Crédits : ElixirOfKnowledge

« Le contrôle de ces dimensions spatiales supplémentaires pourrait permettre de manipuler technologiquement la densité de l’énergie noire et pourrait aboutir au développement de technologies de propulsion exotiques ; notamment le Warp drive. Des voyages entre les planètes de notre système solaire ne prendraient alors que quelques heures plutôt que des années, et des voyages vers les systèmes stellaires locaux ne prendraient que quelques semaines plutôt que des centaines de milliers d’années ».

Cependant, Sean Carroll, physicien théoricien spécialiste de l’énergie noire et de la relativité générale au Caltech, se montre moins optimiste et plus nuancé. « Ce sont des morceaux et des pièces de physique théorique habillés comme s’ils étaient vraiment reliés à de potentielles applications dans le monde réel, alors que ce n’est pas le cas. Ce n’est pas pour autant quelque chose de fou ou un discours de Maharishi affirmant que nous allons utiliser l’énergie spirituelle pour voler — c’est de la vraie physique. Mais ce n’est pas quelque chose qui pourra être utilisé en ingénierie à court terme, et peut-être même probablement jamais ».

L’origine de l’étude concernant la distorsion spatiale provient d’un document militaire concernant l’évaluation technologique des menaces extérieures ; c’est-à-dire un document aidant l’armée américaine à évaluer et prédire les nouvelles technologies développées par les pays/organisations « ennemis », y compris celles de nature tout à fait théorique. Cette étude s’inscrit également dans une série de rapports sur les technologies avancées destinés au Programme d’Application de l’Aérospatiale Avancée et des Systèmes d’Armement. Ce programme incluait notamment le Programme sur l’Identification des Menaces de l’Aviation Avancée (destiné notamment à évaluer les événements d’objets volants non-identifiés, rapportés par le personnel militaire).

La physique derrière la distorsion spatio-temporelle

Les auteurs de l’étude font appel à diverses notions physiques bien établies dans la communauté scientifique, parmi lesquelles l’énergie noire, la relativité générale et la déformation géométrique de l’espace-tempsl’énergie quantique du vide et l’effet Casimir, ainsi que la théorie M — la théorie unifiant les 5 théories des supercordes et prédisant l’existence de 7 dimensions supplémentaires qu’une technologie comme le Warp drive pourrait exploiter. La combinaison de ces différentes notions permet d’aboutir, selon eux, à une propulsion supraluminique. « Si l’on souhaite maintenir l’idée réaliste de l’exploration interstellaire dans le délai d’une vie humaine, alors un véritable changement de paradigme concernant la propulsion spatiale est nécessaire », expliquent les auteurs.

L’étude inclut un tableau comportant différentes destinations et les temps de voyage théorique vers celles-ci en utilisant la distorsion spatiale, afin de voyager à 100 fois la vitesse de la lumière dans le vide. Selon les auteurs, le Warp drive pourrait fonctionner en manipulant l’énergie noire de manière à dilater une dimension supplémentaire, qui formerait alors une bulle ; une telle bulle pourrait contenir un vaisseau ou un volume de 100 m3. Une contraction de l’espace-temps en avant du vaisseau et une dilatation à l’arrière, pourraient ainsi permettre de propulser l’ensemble bulle-vaisseau dans une sorte de « tube d’espace-temps », sans techniquement dépasser la vitesse de la lumière.

Grâce à la métrique d’Alcubierre, en contractant l’espace-temps à l’avant d’un vaisseau et en le dilatant à l’arrière, le voyage supraluminique devient possible. Crédits : Anderson Institute

Sean Carroll rappelle qu’il ne s’agit pas là d’une idée démente mais bien d’un véritable concept physique développé par le physicien mexicain Miguel Alcubierre en 1994 : la métrique d’Alcubierre. Cette dernière implique une déformation ondulatoire de l’espace-temps, qui se contracte dans une direction et se dilate dans une autre.

« Vous ne pouvez pas aller plus vite que la lumière, mais vous pouvez imaginer distordre l’espace-temps et donner l’impression que vous voyagez à une vitesse supraluminique » explique Carroll. « Si vous souhaitez rejoindre Alpha Centauri par exemple, vous pouvez vous demander : puis-je distordre l’espace-temps et me retrouver à côté d’Alpha Centauri afin que cela me prenne des jours plutôt que des dizaines de milliers d’années ? La réponse est oui, vous pouvez théoriquement le faire ».

Mais selon Carroll, les auteurs exagèrent leur analyse. « Il y a quelque chose appelé Warp drive, il y a des dimensions supplémentaires, l’effet Casimir et, l’énergie sombre — tous sont de véritables concepts physiques. Mais il n’y a aucune chance pour que quelqu’un de notre époque ou des 1000 prochaines années construisent quelque chose en rapport direct avec ces concepts, que ce soit pour des questions de défense ou pour d’autres raisons ».

Les problèmes posés par la distorsion spatio-temporelle

Carroll indique que le Warp drive est actuellement déconnecté de la réalité physique, car personne ne connaît la nature de l’énergie noire, ne sait la créer ou encore la stocker. En outre, la quantité d’énergie noire requise pour faire voyager un volume de 100 m3 vers Alpha Centauri en seulement quelques années est phénoménale.

« Si vous annihiliez la Terre pour la transformer en pure énergie, cela correspondrait à la quantité d’énergie qu’il vous faudrait, tout en sachant qu’en réalité, c’est de l’énergie à pression négative qu’il vous faut, et que personne n’a d’indice sur comment en produire » explique Carroll. « C’est vraiment un discours démesuré, ce n’est pas comme s’il suffisait de dire « Oh, nous avons besoins de meilleurs transistors ! » ; c’est quelque chose de complètement en dehors du domaine de la faisabilité ».

warpdrive negative energie

Le Warp drive nécessite une importante quantité d’énergie noire (énergie à pression négative) pour fonctionner. Or, les physiciens ne connaissent pas encore la nature de l’énergie noire, ni comment la produire ou la stocker. Crédits : Lawrence H. Ford et Thomas A. Roman

Les auteurs sont conscients de l’aspect spéculatif de leur hypothèse et reconnaissent que la quantité d’énergie négative requise est effectivement incroyable ; ils ajoutent qu’une « compréhension complète de l’énergie noire pourrait prendre encore plusieurs années ». L’étude suggère tout de même qu’une « découverte expérimentale majeure au LHC ou que des développements concrets de la théorie M, pourraient conduire à un véritable bond quantique dans la compréhension de l’énergie noire, et peut-être aider au développement d’innovations technologiques ».

Outre les lacunes scientifiques concernant l’énergie noire et la théorie M, le Warp drive comprend en lui-même des risques. En effet, la distorsion spatio-temporelle pourrait créer une instabilité à l’allumage du vaisseau et entraîner une perte de contrôle totale. À l’arrêt du vaisseau et de la distorsion, le rayonnement de Hawking pourrait incinérer le vaisseau tout entier. Enfin, la décélération pourrait transformer les poussières et gaz alentours en particules de haute énergie, à l’origine d’une onde de choc disloquant le vaisseau.

« C’est possible dans le sens où je ne peux pas exclure l’idée, mais je ne pense pas que ce soit vraiment faisable. Je pense que si nous connaissions mieux la physique, nous dirions simplement « Non, nous ne pouvons pas faire ça » »conclut Carroll à propos du Warp drive et des voyages supraluminiques.

Sources : Trust My Science – Rapport sur le Warp DriveBusiness Insider

Publicités
 
16 Commentaires

Publié par le 5 juin 2018 dans Espace, général, Sciences

 

Étiquettes : , , , , , , ,

Un essaim de tremblements de terre sous la faille de San Andreas rend les scientifiques nerveux

Warner Bros Pictures pourrait vouloir repenser le tournage de San Andreas II – la suite de la superproduction de 2015 au sujet d’un tremblement de terre frappant la baie de San Francisco avec le Rock, Paul Giamatti et une foule d’autres acteurs.

Parce que si les pires craintes du US Geological Survey sont confirmées, la dévastation sismique décrite dans le film pourrait frapper un peu trop près  . Selon le Daily Mail, 134 tremblements de terre ont durement frappé un tronçon de trois milles autour du comté de Monterey sur la faille de San Andreas au cours de la dernière semaine – un rythme qui rend les sismologues nerveux.

La faille de San Andreas s’étend sur 750 miles du nord au sud à travers la côte californienne, formant la limite de la plaque Pacifique et de la plaque nord-américaine.

Parmi ces tremblements de terre, 17 étaient plus forts que 2,5 et 6 d’entre eux étaient plus forts que 3,0. Et les experts de l’USGS préviennent que d’autres secousses sont attendues dans les prochaines semaines.

Les rumeurs amplifient les craintes soulevées la semaine dernière que le ‘Big One’ – le tremblement mythique représenté dans le film ‘San Andreas’ – pourrait être sur le point de frapper. Dans un autre signe d’une catastrophe imminente, dix «mini-séismes» ont frappé la même région la semaine dernière. Cet essaim comprenait un séisme de magnitude 4,6 qui a été ressenti à San Francisco, à plus de 90 miles.

« Cette séquence a été très productive », a déclaré Ole Kaven, un sismologue du US Geological Survey.

« Nous pensons qu’il y aura des répliques de magnitude 2 à 3 pendant au moins quelques semaines », a-t-il dit.

Heureusement, personne n’a été blessé dans la série de séismes.

L’essaim de la semaine dernière a frappé le comté de Monterey en Californie lundi à 11h31 HE et à environ 13 miles au nord-est de Gonzales, près de Salinas.

Cela augmente considérablement la probabilité d’un séisme majeur en Californie, au moins temporairement, les experts ont affirmé.

Le séisme initial de magnitude 4,6 a été suivi de neuf répliques plus petites.

Selon Annemarie Baltay, une sismologue de l’US Geological Survey à Menlo Park, la plus grande des secousses a atteint la magnitude 2,8.

Le séisme s’est produit à une profondeur d’environ 4 milles directement au sommet de la faille, à proximité d’une région où la faille de Calaveras se détache.

Les experts ont déjà averti que toute activité sur la ligne de fracture serait préoccupante.

« Chaque fois qu’il y a une activité sismique significative dans le voisinage de la faille de San Andreas, nous, les sismologues, sommes nerveux », a déclaré Thomas Jordan, directeur du Southern California Earthquake Center, d’après le Daily Mail.*

Zero Hedge – resistanceauthentique

 
Poster un commentaire

Publié par le 23 novembre 2017 dans Climat - Environnement, général, Insolite

 

Étiquettes : , , , , , , ,

Le sucre rend le cancer plus agressif

Le sucre rend le cancer plus agressif

Le sucre provoque la croissance des tumeurs et rend le cancer plus agressif, ressort-il de recherches menées durant 9 ans par des scientifiques de l’Institut flamand de biotechnologie (Vlaams Instituut voor Biotechnologie – VIB), de la Katholieke Universiteit Leuven (KUL) et de la Vrije Universiteit Brussel (VUB), dont les résultats sont publiés dans la revue « Nature Communications ».

« Un régime sans sucre ou à faible teneur en sucre n’est donc pas un ‘luxe inutile’ pour un patient atteint du cancer », explique le professeur Johan Thevelein dans Het Nieuwsblad, qui précise que cela peut aider à surmonter le cancer et à rendre la chimiothérapie beaucoup plus efficace.

Depuis 2008, Johan Thevelein (VIB-KUL), Wim Versées (VIB-VUB) et Veerle Janssens (VUB) étudient l’effet Warburg, la conversion accélérée du glucose en acide lactique par les cellules cancéreuses. Pour découvrir pourquoi les cellules cancéreuses agissent de la sorte, les chercheurs ont examiné les cellules de levure plus simples, qui démontrent également cet effet.

« Dans les cellules de levure, nous avons découvert comment, lors de cette conversion du sucre, le fructose-1,6-bisphosphate est généré plus fortement dans les cellules. Cela active ensuite une protéine qui multiplie les cellules à son tour », indique Johan Thevelein, ajoutant que ce mécanisme a été confirmé pour les cellules cancéreuses humaines, pour lesquels le sucre a donc un effet multiplicateur.

« C’est une percée importante dans la recherche sur le cancer », a déclaré un représentant de la VIB. Johan Thevelein précise: « Nous ne pouvons pas dire que le sucre provoque le cancer. Pour cela, il faudrait mener des recherches supplémentaires. »

 
2 Commentaires

Publié par le 18 octobre 2017 dans général, Santé - nutrition, Sciences

 

Étiquettes : , , ,

John Embry : “Qu’est-ce qui rend morts de trouille, les Banques Centrales et les Gouvernements ?”

What Has Western Central Banks And Governments Scared To Death?

Aujourd’hui, un vétéran des marchés financiers depuis 50 ans a échangé avec kingworldnews à propos de ce qui terrifie les banques centrales et les gouvernements occidentaux.

John Embry: “Les marchés de l’or et de l’argent sont devenus une vaste fumisterie. Tous les récents rallyes haussiers ont été étouffés par des ventes massives d’or-papier et ce indépendamment des nouvelles en toile de fond. Comme je l’ai dit à maintes reprises, les banques centrales et les gouvernements occidentaux ont une peur bleue des métaux précieux…

John Embry poursuit:«Ils ont si peur de l’or et de l’argent car ils savent que ces deux métaux précieux ont été pendant des milliers d’années, les seuls moyens d’échange, alors que chaque monnaie fiduciaire s’est toujours finalement effondrée jusqu’à ne plus rien valoir.

Le système actuel s’applique depuis l’accord de Bretton Woods en 1944 lorsque la Seconde Guerre mondiale tirait à sa fin. On peut dire que ça commence à dater. Toutefois, afin de maintenir le système à flot face aux programmes massifs de quantitative easing(Planche à billets) appliqués à l’échelle mondiale, la valorisation des cours de l’or et de l’argent ont été violemment étouffés ces quatre dernières années.

A ce jour, les efforts des banquiers centraux ont été efficaces, car la population occidentale a été largement tenue à l’écart du secteur en raison de la très forte manipulation des prix. Mais ce n’est pas terminé étant donné l’ampleur de la chaîne de Ponzi utilisée pour créer ces prix artificiels sur les marchés papier de l’or et de l’argent ce qui est de plus en plus voyant.

Il y a maintenant des centaines et des centaines de demandes de papier sur chaque once d’or physique disponible en Occident. Savoir si cela peut continuer encore longtemps reste une énigme, mais tous les lecteurs de kingworldnews doivent s’assurer qu’ils ont leur or et argent physique dans un endroit sûr avant que le système des banques centrales occidentales ne vole en éclat. D’autre part, la majorité des gens qui pensent posséder de l’or et de l’argent physique avec leurs positions papier dans des fonds négociés en bourse, des comptes collectifs, etc, ou qui ont leur or dans un compte non alloué dans le système bancaire vont être très désagréablement surpris .
Déplaçons nous maintenant sur le plan économique, les choses continuent globalement de se détériorer lorsque l’on regarde les indicateurs clés comme le Baltic Dry Index. Nous avons également constaté une baisse mensuelle des chiffres de ventes de Caterpillar pour le 35ème mois consécutif(Caterpillar supprime 10.000 emplois et ferme des usines). Le monde se dirige vers une récession historiquevoire même quelque chose de pire. Il y a une quantité effroyable de dette dans le système et il n’y a rien que les banques centrales puissent faire à ce sujet.

Les choses sont encore pire sur le front géopolitique. L’événement géopolitique le plus dangereux dans ma vie était la crise des missiles cubains en 1962, où pour un bref moment il y avait la menace réelle d’une guerre nucléaire entre la Russie et les Etats-Unis.

Aujourd’hui, il y a des points chauds géopolitiques de partout. Nous avons le Moyen-Orient et la mer de Chine méridionale ainsi que le conflit ukrainien. Ajoutons à tout cela, les divers groupes islamiques radicaux qui apportent le chaos en Europe.

Donc, d’un point de vue financier, le moment est venu de rechercher la sécurité. Les métaux précieux or et argent sont considérés comme des monnaies étalons. Depuis des milliers d’années, elles constituent le moyen de paiement numéro un et également le rempart traditionnel contre les imprévus de la politique et de l’économie. Et face à la menace de la suppression de l’argent liquide, au fait de mettre toujours davantage l’accent sur les taux d’intérêt négatifs à l’échelle mondiale, à la surévaluation des marchés de financiers et immobiliers, je ne peux pas penser à une stratégie plus appropriée. ”

kingworldnews via BB

 

 
Poster un commentaire

Publié par le 7 décembre 2015 dans économie, général, International

 

Étiquettes : , , , , , ,

« L’avocat général rend un avis favorable pour les QE… Ce n’est pas gagné pour autant, loin de là même. Explications !! »

cjeu

Charles SANNAT nous propose un décryptage sur la question du QE : décryptons …

Hé bien il modère notre plaisir, rappelant que l’Allemagne peut bien ne pas faire de planche à billet (QE) : ce n’est pas « gagné disons » (et c’est ce qui fait monter l’or …)

Ce que j’en pense, c’est que là c’est l’Allemagne contre tous : soit elle plie, soit l’Euro explose, je vois pas de « 3e voie » qui ne mène pas à un blocage …(pensez aussi à TSIPRAS la terreur, donné gagnant en Grece) Z .

Mes chèrescontrariennes, mes cherscontrariens !

Bon, l’information du jour c’est évidemment une première avancée significative vers un QE européen, c’est-à-dire de l’injection d’argent tout fraîchement imprimé à partir de rien par la BCE. Derrière les communiqués de victoire destinés à rassurer les marchés, il se cache en réalité un dossier d’une exceptionnelle complexité juridique, économique et politique qui va mettre du temps à être totalement débouclé, si tant est d’ailleurs que l’on arrive à obtenir quelque chose de clair… En effet, les institutions européennes sont passées maître dans l’art d’être « ni pour, ni contre, bien au contraire » tant le nombre d’intérêts divergents empêchent généralement des décisions claires et fortes. Une ambiguïté en quelque sorte volontaire.Cet excellent article de La Tribune revient avec beaucoup de précision sur l’affaire en cours, il est bien fait et passionnant à lire. Détaillons donc ensemble les points clés soulevés.Les recommandations de l’avocat général de la cour de justice de l’UE ont rassuré les investisseurs. Mais elles posent aussi de nombreuses questions.

« Certes, l’avocat général de la CJUE a jugé que l’OMT était un instrument de politique monétaire et qu’il « était compatible » avec les traités. Certes, il a contesté point par point l’analyse de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe qui avait jugé que l’OMT était contraire aux traités. »

Mais attention, ce n’est qu’un avis, même si généralement la cour suit ses avis, elle pourrait également parfaitement ne pas le faire. Il n’y a là-dedans rien de systématique.

En gros, l’avocat général demande à la CJUE (la Cour de justice européenne) de laisser le champ libre à la BCE parce qu’avant tout, la compétence de la cour est juridique mais en aucun cas économique, ce qui n’est pas faux,. Dès lors se pose une question essentielle : le « juridique » doit-il laisser place à une primauté sans contexte de « l’économique » ? Cette question est beaucoup plus grave et importante que ce qu’elle peut paraître, car laisser du champ à la BCE c’est empêcher tout contre-pouvoir d’exister contre la Banque centrale européenne qui pourrait aussi « faire n’importe quoi ».

Voici les propos exacts de l’avocat général : « La BCE doit disposer d’une grande liberté dans la conception et la mise en place de sa politique monétaire et la cour doit adopter un degré considérable de prudence lorsqu’elle interprète l’activité de la BCE car elle ne dispose pas de l’expertise et de l’expérience de la BCE dans ce domaine. » Comme le résume très bien le journaliste de La Tribune, « autrement dit, il appelle le tribunal à un retrait volontaire des questions juridiques devant les impératifs économiques ».

Il est pourtant peu probable que la CJUE laisse une liberté totale à la BCE et pour cause, la cour est garante des traités européens et c’est à elle qu’il appartient de fixer des limites d’interprétations. Or qui dit limites dit limitations, et ces limitations sont d’une dangerosité extrême pour les marchés et pour la BCE elle-même qui, du coup, aurait juridiquement les mains liées… dans certaines limites. Ce ne serait pas de nature à rassurer les investisseurs qui parient en masse sur le fait que les vannes monétaires européennes finiront par s’ouvrir de façon illimitée.

Des conditions à préciser et qui pourraient devenir dangereuses

« Deuxième point, l’avocat général lui-même reconnaît qu’il faut encadrer le programme OMT et renforcer ses conditions. Il en cite quelques-unes : le retrait de la BCE des programmes d’assistances financières, donc de la troïka, afin que politique économique et monétaire ne soient pas mêlées ; le « respect du principe de proportionnalité » ; la clarification des motivations par la BCE et la mise en place d’un programme qui n’empêche pas la fixation d’un « prix de marché » de la dette rachetée. »

« La CJUE devra clarifier et confirmer ces conditions, mais d’ores et déjà, il convient de remarquer qu’elles semblent en contradiction avec un des aspects clés de l’OMT, son aspect « illimité » qui, précisément, avait permis de calmer les esprits en septembre 2012. »

« Par ailleurs, l’avocat général semble vouloir limiter l’usage de l’OMT à la capacité de contrer une attaque spéculative. Mais c’est là aussi un peu court. Si l’on prend les cas de la Grèce, du Portugal ou de l’Irlande en 2010, qui peut dire si la hausse des taux était le fruit d’une simple attaque spéculative ou, au contraire, une prise de conscience par les marchés d’une réalité budgétaire et d’une capacité de remboursement de ces pays… »

Déryptons ces derniers points. De l’avis même de l’avocat général, il faut non seulement encadrer et renforcer les conditions d’utilisation ou de mise en œuvre d’un éventuel programme qui serait lancé par la BCE, mais en plus il faudrait implicitement remettre en cause (juridiquement effectivement cela ne tient pas) qu’une action de la BCE puisse être « illimitée » et, enfin, il faudrait que la BCE n’intervienne que pour contrer par exemple une attaque spéculative… Autant dire qu’en réalité l’avis rendu par l’avocat général, loin d’être une victoire est plutôt un enterrement de première classe pour la politique monétaire de la BCE.

Encore plus grave, le principe de proportionnalité !

« Il en va de même du respect du très incertain « principe de proportionnalité » qui interdit une surexposition de la BCE à une dette particulière. Mais là encore, si l’OMT est réellement illimité, il est structurellement en contradiction avec ce principe de proportionnalité. Si ce principe doit être appliqué, alors le caractère illimité de l’OMT est atteint et donc son efficacité… »

Et l’on voit bien dans ce cas toute la complexité des institutions européennes et toutes leurs contradictions également. On veut plus d’Europe mais en respectant une forme d’équité, de rapports de force. On voit aussi l’hétérogénéité de nos économies. En clair, là encore, si la BCE doit contrer une attaque à l’encontre de la dette italienne, cela veut dire qu’elle ne va acheter que des quantités monumentales de dette italienne. Dans son bilan, la dette italienne ne sera pas proportionnelle au poids économique de l’Italie, et ça… c’est interdit !

Karlsruhe en embuscade (la Cour allemande)

« Enfin, dernier point, sans doute le plus important, Karlsruhe reste en embuscade. Dans sa décision de février dernier, la cour constitutionnelle allemande avait prévenu qu’elle conservait la possibilité de rester sur ses positions. Autrement dit, même si la CJUE juge légal l’OMT, les juges de Karlsruhe pourront bloquer la réalisation effective de l’OMT en considérant que la participation de la Bundesbank à ce programme est contraire à la constitution allemande… »

Eh oui, les Allemands, pour qui leur souveraineté budgétaire est une ligne rouge à ne pas franchir, se réservent le droit de toutes les façons de s’opposer frontalement aux décisions de la BCE quand bien même le droit européen lui donnerait raison.

Cela ne veut pas dire que l’Allemagne dira NON à tout, cela veut dire que l’Allemagne utilisera l’avis de ses juges pour limiter considérablement la création monétaire par la BCE en échange de surcroît des réformes structurelles qu’elle souhaitera voir mises en application ailleurs.

Cette histoire est donc loin d’être terminée, l’issue est très loin d’être certaine malgré les commentaires béats auxquels nous sommes soumis, et il est important de noter la constance germanique dans la rigueur et l’austérité depuis maintenant presque 8 ans ! Enfin, ce dossier complexe démontre parfaitement à quel point une monnaie unique imposée à des économies hétérogènes donc différentes était une immense erreur économique dont nous payons très fortement le prix aujourd’hui. Il n’y a en réalité aucune bonne solution. Poursuivre avec cet euro mal ficelé est une grossière erreur. Mais défaire l’euro c’est loin d’être simple, facile ou indolore. Malgré ça, je pense que l’euro n’est fondamentalement pas viable et qu’il vaut mieux organiser la moins mauvaise sortie ordonnée possible que d’attendre de voir l’euro exploser en vol, lorsque toutes les contradictions européennes ne pourront plus être masquées.

Il est déjà trop tard, préparez-vous.

Charles SANNAT

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« L’Assemblée nationale est toujours otage de Thomas THÉVENOUD qui est toujours député. Pensons à elle. Ne l’oublions pas. »

(Pour protester pacifiquement et avec humour, n’hésitez pas à reprendre cette formule en bas de tous vos mails, de vos articles ou de vos publications, il n’y a aucun droit d’auteur !!)

http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20150114trib8ec6286ee/bce-l-omt-est-il-vraiment-sauve.html

http://www.lecontrarien.com/lavocat-general-rend-un-avis-favorable-pour-les-qe-ce-nest-pas-gagne-pour-autant-loin-de-la-meme-explications-15-01-2015-edito

 
Poster un commentaire

Publié par le 15 janvier 2015 dans économie, général

 

Étiquettes : , , , , , , , , , , , ,

 
%d blogueurs aiment cette page :