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Ces normes pensées pour l’élevage industriel et qui détruisent le monde paysan

C’est une bataille peu médiatisée qui se déroule dans les campagnes. Face au risque d’un nouvel épisode de grippe aviaire, l’administration a sorti l’artillerie lourde à travers des mesures de biosécurité s’appliquant, de la même manière et quelle que soit leur taille, à tous les élevages de volailles. Plutôt que de questionner la densité des élevages, ou le rôle du transport d’animaux vivants dans la diffusion du virus, les élevages en plein air sont les plus affectés. Du Vaucluse au Calvados, en passant par la Drôme, des éleveurs, vétérinaires et consommateurs se mobilisent pour défendre l’élevage fermier face au modèle industriel.

Ces dernières semaines, les mesures de confinement des volailles ont été peu à peu levées dans l’hexagone, sauf dans le Sud-Ouest. L’influenza aviaire – appelée « grippe aviaire » si elle se transmet à l’homme, ce qui est rare – serait en voie « d’extinction prochaine », selon l’ancien ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, remplacé le 17 mai par Jacques Mézard. Stéphane Le Foll précisait alors « que le respect des règles de biosécurité reste un préalable indispensable à la reprise d’activité ». Et c’est là que le bât blesse. Car ces règles, définies dans un arrêté de février 2016 [1], concernent tous les élevages de volailles, quels que soient leur taille, dès lors qu’il y a une activité commerciale.

« Celui qui a 50 poules en complément d’activité est assujetti aux mêmes mesures que celui qui en a 18 000, c’est ubuesque ! », déplore Christine Filliat, vétérinaire spécialisée en aviculture, à Châteauneuf-sur-Isère dans la Drôme. « Ce texte de loi s’est imposé dans les élevages en plein air en occultant les savoirs-faire ou les contraintes inhérentes aux petits élevages. »

« Beaucoup d’éleveurs sont perdus »

Éleveur de poulets et de pintades en plein air à Saint-Saturnin-lès-Apt, dans le Vaucluse, Denis Surgey est inquiet. A l’entrée de chacune de ses unités de production, il devra mettre en place un « sas sanitaire » et, à chaque fois, changer de tenue. « Quand on se rend avec du matériel dans les prés, que ce soit avec un véhicule motorisé ou pas, il faudrait désinfecter systématiquement le véhicule », explique t-il à Basta ! [2].

« Ce n’est pas tant le coût financier que l’impact quotidien que ces normes peuvent représenter, sachant qu’on est déjà assommés sur le plan administratif… Il y a beaucoup d’éleveurs qui sont perdus, qui ont perdu la foi et qui n’ont pas attendu pour arrêter. Si l’administration s’entête à vouloir appliquer tel quel le décret, je ne continuerai pas. » Le collectif « Sauve qui poule », qui rassemble consommateurs et éleveurs, et dans lequel milite Denis Surgey, vient de lancer une pétition pour alerter sur cette situation (voir la vidéo ci-dessous).

Des normes calibrées pour l’industriel

Comment expliquer de telles mesures ? « La plus grande crainte de l’administration est le passage du virus aviaire au porc, avec un risque de mutation pour l’homme », explique Christine Filliat. Les palmipèdes étant ceux par lesquels le scandale est arrivé, ils doivent désormais être gérés séparément des gallinacées (poulets, pintades, dindes…). Résultat, nombre de paysans qui élevaient différentes espèces de volailles ont cessé les canards et les oies, afin d’éviter la mise en place de doubles sas.

Dans le Calvados, Olivier Storez poursuit pour le moment l’élevage en plein air de canards, oies, poulets et poules pondeuses. « D’après leurs normes, je n’ai plus le droit de nourrir et d’abreuver à l’extérieur. Quant aux sas, c’est complètement irréaliste : il faudrait en mettre un à l’entrée du bâtiment, et de chaque parc et champ. Je ne vais pas changer de bottes pour aller d’une clôture à l’autre ! Il faudrait se changer pour vérifier par exemple que l’abreuvoir fonctionne. De toutes manières, s’il y a un virus, il peut passer d’un parc à l’autre, il faut être réaliste ! Tout est pensé par rapport à l’agriculture industrielle, le bon sens paysan n’existe plus. »

Pour l’élevage fermier, des mesures « irréalisables »

« C’est normal qu’il y ait des mesures sanitaires, car le risque d’épidémie existe et l’éleveur peut être rendu responsable », commente Christine Filliat. « Mais elles ne sont absolument pas adaptées aux élevages fermiers. Elles les mettent en danger économiquement, ou en danger tout court, car elles sont irréalisables. » C’est le cas pour de nombreux éleveurs qui ne sont pas propriétaires de leur terrain, et qui ont besoin de l’aval de leur bailleur pour réaliser les aménagements.

Christine Filliat, qui parcourt l’hexagone pour dispenser des formations sur la biosécurité, fait également état de nombreux endroits où il n’y a pas d’eau courante. « L’État et leurs agents n’ont aucune notion des pratiques réelles dans ces élevages », observe t-elle. L’angoisse du contrôle chez les éleveurs proches de la retraite a amenés ces derniers mois plusieurs d’entre eux à cesser prématurément leur activité.

« Une épée de Damoclès au dessus de la tête »

Depuis son installation il y a dix ans, Annick Cellard, éleveuse de 3 000 poules pondeuses en plein air à Tupins-et-Semons dans le Rhône, est soumise à des prélèvements obligatoires pour détecter la salmonelle, une bactérie pouvant causer des intoxications alimentaires. Ces prélèvements ne sont pas effectués sur la poule ou l’œuf, mais dans l’environnement de l’élevage, à savoir les parois du bâtiment, la ventilation, les mangeoires ou les perchoirs.

Suite à un contrôle positif en octobre dernier, Annick s’est retrouvée sans salaire pendant quatre mois. « Entre le vide sanitaire et la désinfection du bâtiment, il faut compter au minimum trois semaines », explique t-elle. A cela s’ajoute le temps de trouver un abattoir et un nouveau lot de poules. « J’ai aussi dû payer un transporteur pour qu’il vienne chercher les poules ainsi qu’une autre société pour qu’elle décontamine et composte les fientes. Je pourrais investir, prendre un salarié, mais je travaille avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. »

Annick Cellard avec l’une de ses poules devant son bâtiment d’élevage.

Ce qui choque particulièrement Annick, c’est que si la litière a bien été testée positive à la salmonelle dans son bâtiment, ni les poules ni les œufs n’étaient contaminés et donc dangereux pour le consommateur. « Que l’on fasse des prélèvements c’est normal, mais pas des mesures draconiennes », juge-t-elle. Dans le cas présent, les œufs ont été envoyés dans une casserie en vue d’être transformés pour l’industrie agroalimentaire. Les poules, elles, ont été conduites à l’abattoir pour être transformées en aliments pour animaux ou en nuggets… « Ce qu’il faudrait, si les œufs et les poules ne sont pas contaminés, c’est que l’on puisse continuer en acceptant une surveillance plus étroite. », complète Annick.

Des protocoles de contrôle peu équitables

Jean-Maxime Buisson partage cette colère, après avoir fait face à trois épisodes de salmonelles depuis 2007. Il gère une exploitation familiale de poules pondeuses bio, située à Bourdeaux (Drôme). « On nous demande toujours plus d’investissements. On veut nous faire croire que l’on va éradiquer toutes les bactéries. Or, les salmonelles se trouvent naturellement dans les voies digestives des animaux. » Jean-Maxime est membre d’un collectif d’éleveurs et vétérinaires qui a rédigé un courrier de saisine à l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire des aliments), pour souligner les limites du protocole actuel et proposer des « techniques alternatives naturelles » comme la phagothérapie. La réponse de l’Anses, promise avant la fin de l’année 2016, se fait toujours attendre.

« Pour l’instant, les petites structures sont mises sous pression par la Direction départementale de la protection des populations (DDPP), souligne Jean-Maxime Buisson, également co-porte-parole du groupement d’agriculture biologique de la Drôme. Nous avons 4 200 poules, mais comme on a plusieurs bâtiments, il faut compter entre vingt et trente prélèvements par an. A l’inverse, une structure bio industrielle qui compte dans un même bâtiment 18 000 poules sera soumise à 4 ou 5 prélèvements. C’est injuste, et psychologiquement, c’est insoutenable. Il n’y a aucune reconnaissance de notre travail. »

Selon les départements et les inspecteurs, des exigences variables

« Le règlement est national mais il n’y a pas une DDPP qui procède de la même façon », s’insurge Annick Cellard. Un avis partagé par Denis Surgey dans le Vaucluse, qui note « une pression maximale » dans son département. « Ici, la direction départementale a exigé que des aménagements soient faits immédiatement, alors que la date butoir est le 1er juillet 2018. » A l’inverse, dans le Calvados, Olivier Storez évoque une rencontre avec le Préfet sur l’application des normes dont « le discours était assez réconfortant » : « La DDPP nous a dit qu’elle allait faire remonter les difficultés que nous rencontrons au ministère ».

La vétérinaire Christine Filliat reconnaît le fait que l’interprétation de la loi varie d’une DDPP à l’autre. « Il faut en finir avec cette situation dans laquelle l’application de la norme dépend du contrôleur. C’est la raison pour laquelle une réunion s’est récemment tenue avec l’ensemble des inspecteurs nationaux, pour essayer d’aboutir à un consensus », détaille-t-elle.

Privilégier l’obligation de résultat sur celle de moyen

Christine Filliat travaille avec la Confédération paysanne sur l’élaboration d’un guide pratique qui doit être validé par l’Institut technique des filières avicoles et l’administration, pour adapter la loi aux élevages en plein air. Ce guide concerne notamment les élevages dits « en autarcie », ayant le contrôle de leur chaîne de production, pour éviter l’introduction de virus (lire notre enquête sur les dessous de l’influenza aviaire et voir cette pétition). L’enjeu : trouver un équilibre entre le risque réel et l’investissement réalisé.

« Je ne suis pas forcément contre les normes, mais elles doivent être adaptées en fonction de l’échelle d’élevage », appuie Olivier Storez, qui prévoit d’organiser une formation dans le département. « Nous militons pour une obligation de résultat, et pas de moyens, atteste Denis Surgey. Notre intérêt c’est de préserver la santé publique et de garder notre clientèle en prenant les précautions nécessaires. » Depuis sa ferme dans le Rhône, Annick Cellard regrette que les éleveurs ne soient pas assez soutenus par les élus. A défaut de promesses électorales qui risqueraient de ne pas être suivies d’effet, ce sont les consommateurs des Amap où elle livre ses œufs qui lui permettent de tenir.

Sophie Chapelle

Photo de une : CC darvoiteau
Autres photos : © Sophie Chapelle / accueil de public sur une ferme dans le Rhône

Notes

[1Voir ici l’arrêté du 8 février 2016 relatif aux mesures de biosécurité applicables dans les exploitations de volailles et d’autres oiseaux captifs dans le cadre de la prévention contre l’influenza aviaire. A noter que les élevages familiaux ne sont donc pas concernés (sauf dans le cas du confinement obligatoire pour la grippe aviaire.

[2Face aux rumeurs circulant dans la filière avicole autour des différentes mesures de biosécurité à mettre en place, la vétérinaire Christine Filliat insiste sur quelques points fondamentaux : revêtir une tenue spécifique à l’élevage en passant par un sas, pouvoir maitriser ce qui rentre dans les élevages – véhicule ou camion d’aliments à nettoyer à l’entrée et à la sortie du site –, être rigoureux sur la gestion des fumiers et cadavres d’animaux. Télécharger aussi ce document de la Confédération paysanne qui détaille les obligations.

Source

 

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Pour répondre à la grogne des LGBT, YouTube débloque 12 millions de vidéos

YouTube restreint des vidéos LGBTQ
YouTube restreint des vidéos LGBTQCrédit : Getty Images

Depuis le 18 mars, la plateforme avait restreint l’accès à des vidéos LGBT, considérant que leur contenu était « inapproprié ».

Le bad buzz durait depuis plus d’un mois. YouTube s’était attiré les foudres des LGBT (lesbienne, gay, bi et trans), exaspérés de voir des vidéos publiées par des Youtubeurs issus de la communauté passer en « mode restreint« . Vendredi 21 avril, la plateforme de vidéos en ligne a rectifié le tir en débloquant près de 12 millions de vidéos, comme l’indique le blog Pixel hébergé par Le Monde. Johanna Wrights, la vice-présidente de la firme américaine, s’est excusée dans la foulée d’avoir filtré de façon « non intentionnelle » ces contenus.

Ce « mode restreint » tant décrié part pourtant d’une bonne intention. Il permet en effet aux utilisateurs de se protéger des contenus « susceptibles de choquer » ou « inappropriés ». Confrontés à ce type de vidéos, les internautes sont chargés de les signaler. Cependant, durant le week-end du 18 mars, plusieurs d’entre eux ont accusé YouTube d’avoir lui-même masqué certaines vidéos faisant référence à la sexualité ou aux relations amoureuses des personnes issues de la communautéLGBT. Les réseaux sociaux s’étaient aussitôt emparés de l’affaire, créant un hashtag de protestation #YouTubeIsOverParty. Ce cri de ralliement avait même fini en trends (les sujets les plus commentés sur Twitter).

Face au tollé, la plateforme s’était fendue d’un communiqué de presse : « Nous sommes fiers de représenter sur notre plateforme les voix LGBT (…). L’objectif du mode restreint est de filtrer notre contenu mature pour le petit sous-ensemble des utilisateurs souhaitant une expérience plus limitée. Les vidéos LGBT sont disponibles sur le mode restreint, mais les vidéos qui traitent de questions plus sensibles ne le sont pas nécessairement. Nous regrettons toute confusion et entendons vos préoccupations ». YouTube fait désormais un pas de plus vers la communauté et espère clore la polémique. (source)

 
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Publié par le 19 mai 2017 dans général, société

 

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UN LYCÉE INVENTE UNE MÉTHODE PROMETTEUSE POUR DÉSALINISER L’EAU DE MER

Chaitanya Karamchedu, un lycéen de Portland (États-Unis), a développé une technique novatrice pour remédier au manque d’eau potable dans le monde : si un simple lycéen arrive à trouver une méthode efficace pour rendre l’eau de mer potable, on se demande ce que fait la corporatocratie qui a pourtant des moyens démesurés, pour solutionner définitivement ce problème  …

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Mers, océans, calottes polaires, glaciers, neiges éternelles, nappes phréatiques et aquifères, fleuves et rivières… L’eau couvre 70% de la Terre : elle est présente partout. Seulement, 97% de cette eau sont salés… Et donc non potables.

Aujourd’hui dans le monde, près d’une personne sur huit n’a pas accès à l’eau potable. Une statistique plus qu’effrayante, qui mérite vraiment qu’on s’attarde sur le problème.

C’est ce qu’a fait Chaitanya Karamchedu, ou comme il le préfère, Chai, un étudiant américain d’origine indienne, en se penchant sur la désalinisation de l’eau de mer.

Ayant conscience de la difficulté d’application des techniques déjà existantes, qui sont, de plus, extrêmement onéreuses, il a tenté de prendre le problème sous un autre angle, et semble avoir réussi !

D’un point de vue moléculaire, l’eau salée est en réalité composée à 10% seulement de molécules d’eau salée. Pour séparer ces molécules d’eau « attachées » aux molécules de sel, on utilisait jusque là différents procédés de distillation, mais aussi l’électrodialyse, l’osmose inversée ou la condensation. En d’autres termes, on extrayait le sel d’un côté et l’eau douce de l’autre.

Chaitanya, lui, a préféré prendre le problème à l’envers en s’intéressant aux autres 90% d’eau, non rattachées aux molécules de sel.

Crédit photo : KPTV Fox 12 Oregon

Ainsi, il a utilisé un polymère hydrophile capable d’absorber l’eau douce pour la transformer en gel, sans toucher à l’eau salée… L’étape d’après consistait à séparer le gel de l’eau salée, puis à retransformer ce gel en eau douce, le tout sans apport d’énergie thermique ou électrique.

Avec un rendement de 70%, ses premiers essais ont été tellement concluants qu’il a présenté sa méthode à plusieurs concours, dont le Techcon, organisé par le MIT, qui a valu à son invention de remporter la deuxième place de la compétition, ainsi que la Foire Scientifique Internationale de Intel où il a remporté un prix 10 000 dollars, avec lequel il pourra financer et poursuivre ses recherches.

Crédit photo : KPTV Fox 12 Oregon

Les avantages de sa solution ? Une technique peu coûteuse, qui ne nécessite pas de matériel compliqué ou d’apport d’énergie extérieure, et qui peut être mise en oeuvre à petite comme à grande échelle.

Inspiré par cette expérience, Chaintanya explique travailler sur une série de 8 problèmes vitaux pour l’humanité sur sur le même schéma.

« Certains problèmes ont l’air d’être impossibles à résoudre, mais ils ne le sont pas. Aucun ne l’est, en réalité. »

Pour ceux qui n’ont pas besoin de sous-titres, voici une vidéo explicative de son travail :

On lui souhaite de réussir, pour lui car il le mérite, et pour tous ceux à qui ses inventions pourraient venir en aide. C’est de gens comme lui dont on a besoin, pourvu que ça continue !

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Publié par le 18 mai 2017 dans Climat - Environnement, général

 

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Êtes-vous prêt pour Matrix ? Une entreprise basée à Londres veut créer une véritable matrice

Matrix

Êtes-vous prêt pour Matrix ? Une entreprise londonienne (qui a travaillé dans plusieurs villes du monde où elle a créé des simulations virtuelles pour favoriser une meilleure planification urbaine) a reçu des fonds pour aller de l’avant : créer une «Matrice» presque impossible à distinguer de la réalité.

Qu’est ce qui pourrait aller mal ?

Selon l’entreprise Improbable, leurs experts informatiques ont développé un logiciel qui peut être utilisé pour tout, qu’il s’agisse de jeux ou de la création de nouveaux mondes auxquels les humains peuvent participer à l’aide de casques.

Fait intéressant, le conglomérat informatique japonais SoftBank a décidé de donner à Improbable un élan économique, en leur fournissant un cycle de financement évalué à environ 1 milliard de dollars.

« Nous croyons que la prochaine phase majeure de l’informatique sera l’émergence de mondes virtuels à grande échelle qui enrichiront l’expérience humaine et changeront la façon dont nous comprenons le monde réel », a déclaré Herman Narula, PDG d’Improbable.

Le premier produit de Improbable, SpatialOS, est décrit comme un système d’exploitation pour développer des simulations de données à grande échelle, permettant la création de mondes virtuels et de systèmes de données orientés vers différents domaines de comportement tels que la défense, l’économie, le trafic et le divertissement, entre autres. L’entreprise l’utilise pour créer des simulations du monde réel.

Matrix

La société soutient que son système d’exploitation Spatial pourrait permettre au petit développeur de construire des simulations massives malgré des ressources et des infrastructures potentiellement insuffisantes.

«Nous travaillons déjà sur des projets avec des entreprises de télécommunications, des gouvernements et d’autres clients d’entreprise pour explorer la capacité de simulations massives et détaillées pour conduire à de meilleures décisions en utilisant les données du monde réel et nous espérons en parler davantage à l’avenir», a déclaré Narula.

Mais attendez une minute, et si nous sommes déjà dans une matrice ? Vous savez, une matrice, à l’intérieur d’une matrice dans une autre matrice.

Au cours de la conférence du Code en 2016, le cerveau derrière SpaceX et Tesla, Elon Musk, a postulé que « les chances que nous ne sommes pas dans un univers simulé est un sur un milliard ».

Rich Terrile, un scientifique du Laboratoire de Propulsion Jet de la NASA, a déclaré : «Si l’on progresse au rythme actuel de la technologie, très rapidement, nous serons une société où il existera des entités artificielles vivant dans des simulations beaucoup plus abondantes que les êtres humains. »

« Si, à l’avenir, il y a plus de personnes numériques qui vivent dans des environnements simulés qu’il n’y en a aujourd’hui, alors comment dire que nous ne faisons pas déjà partie de cela ? »

Les raisons de croire que l’univers est une simulation incluent le fait qu’il se comporte mathématiquement et est divisé en morceaux (particules subatomiques) comme un jeu vidéo pixelé. « Même les choses que nous considérons comme du temps continu, de l’énergie, de l’espace, du volume, ont une limite à leur taille. Si tel est le cas, notre univers est à la fois calculable et fini. Ces propriétés permettent de simuler l’univers », a déclaré Terrile.

« Franchement, si nous ne vivons pas dans une simulation, c’est une circonstance extraordinairement improbable », a-t-il ajouté.

Alors, qui a créé cette simulation ? «Notre futur nous-mêmes», a déclaré Terrile.

Mais les approches de films comme The Matrix (1999) ou de séries comme Black Mirror (2011) ne sont pas nouvelles.

Les philosophes dans le passé lointain ont remis en question le niveau de réalité de notre monde et / ou prédit comment cela conduirait à une hyperréalité où rien n’est entièrement original.

Comme l’a écrit le philosophe Jean Baudrillard dans son travail Simulacra et Simulation (1981) : « Le réel est produit à partir de cellules miniaturisées, de matrices et de banques de mémoire, de modèles de contrôle, et il peut être reproduit un nombre indéterminé de fois. Il ne doit plus être rationnel, car il ne se mesure plus contre une instance idéale ou négative. Ce n’est plus que opérationnel. En fait, ce n’est plus vraiment le vrai, parce qu’aucun imaginaire ne l’enveloppe plus. C’est un hyperréalisme, produit à partir d’une synthèse rayonnante de modèles combinatoires dans un hyper-espace sans atmosphère. »

Alors, pendant que certains veulent construire une matrice, d’autres pensent que nous sommes déjà dedans et que nous cherchons un moyen d’en sortir.

Source : Ancient Code, via ASR

 
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Publié par le 16 mai 2017 dans général, Insolite, société

 

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Des chercheurs pensent que les extraterrestres pourraient utiliser des faisceaux laser pour communiquer avec la Terre

faisceaux laser

Rechercher des lasers

L’une des questions les plus pressantes de l’humanité est : «Sommes-nous seuls dans l’Univers ?» Les scientifiques ont mené d’innombrables études pour répondre à la question, certaines ayant des données qui soutiennent un non, mais d’autres, comme une étude récente de l’université de Californie à Berkeley, penchent davantage vers un oui.

Des chercheurs de l’UCB ont analysé des scans de 5 600 étoiles proches dans la Voie lactée à la recherche de signes de rayons laser. Ils ont étudié les scans tirés par le télescope Keck à Hawaii entre 2004 et 2016 à la recherche de faisceaux couvrant les longueurs d’onde les plus visibles.

On a estimé que les étoiles examinées hébergeaient environ 2 000 planètes semblables à la Terre en taille et en température qui, théoriquement, peuvent soutenir les formes de vie extraterrestres. Cependant, apparemment, aucune de ces formes de vie (comme les chercheurs l’ont écrit dans leur rapport) « n’envoient des rayons lasers vers nous ».

Bien sûr, un manque de preuves ne réfute pas l’existence de la vie extraterrestre. Il est possible que les civilisations d’autres pays ne soient pas suffisamment avancées pour utiliser les lasers. Ou peut-être qu’ils ont des lasers, mais n’utilisent pas cet outil particulier pour essayer d’interagir avec d’autres mondes.

La lumière au bout du tunnel

Il est également intéressant de noter que l’étude a examiné un petit morceau de notre galaxie. Pour mettre cela en perspective, il y a environ 300 milliards d’étoiles dans la voie lactée, et on estime qu’elles accueillent près de 9 milliards de planètes terrestres habitables. S’il y a des civilisations avancées sur l’une de ces planètes qui nous envoient des faisceaux lasers, les analyses utilisées pour cette étude auraient certainement manqué.

En fait, les chercheurs ont déterminé que leur étude ne pouvait que représenter plus de 0,1% des planètes chaudes de la Terre dans la Voie lactée ; qui ne sont donc pas en train d’envoyer des signaux laser dans l’espace. Cela signifie qu’il y a encore 9 millions de planètes qui n’ont pas encore été vérifiées.

Les chercheurs notent qu’une plus grande étude des signaux laser interstellaires sera réalisée par l’initiative Breakthrough Listen, qui est salué comme le plus grand programme de recherche scientifique destiné à trouver des preuves de civilisations extraterrestres. L’étude de 10 ans examinera 1 million des étoiles les plus proches de la Voie lactée, y compris les types d’étoiles qui ont été négligés dans l’étude de Berkeley, comme les naines brunes.

Même si cette étude ne donne pas la preuve de la vie extraterrestre, il existe d’autres signes que nous pouvons rechercher en dehors des lasers. Au-delà, il y a toujours la galaxie d’Andromède.

Source

 

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Que faire des banques ? Des mesures immédiates pour aller vers la socialisation

Neuf ans après le début de la crise financière qui continue à produire ses effets délétères à travers des politiques d’austérité imposées aux populations, il est temps de revenir sur les engagements pris à l’époque par les banquiers, financiers, politiques et organismes de contrôle. Ces quatre acteurs ayant gravement failli nous promettaient à l’époque la moralisation du système bancaire, la séparation des banques de détail des banques d’investissement, la fin des bonus et des rémunérations exorbitantes, et enfin le financement de l’économie réelle. Nous ne les croyions pas à l’époque et nous avions raison. En lieu et place de moralisation du système bancaire, nous n’avons qu’une longue liste de malversations révélées au grand jour par les faillites des banques qui se succèdent depuis celle de Lehman Brothers le 15 septembre 2008.

 

Les mots précédés d’un astérisque (*) sont définis dans le glossaire se situant au bas de cet article.

Si on se contente de lister les sauvetages intervenus depuis 2012, on peut mentionner :Dexia en Belgique et en France (2012, 3e sauvetage), Bankia en Espagne (2012),Espirito Santo (2014) et Banif (2015) au Portugal, Laïki et Bank of Cyprus à Chypre (2013), Monte dei Paschi, Banca delle Marche, Banca Popolare dell’Etruria e del Lazio, Carife en Italie (2014-2015), NKBM en Slovénie (2012), SNS Reaalaux Pays-Bas (2013), Hypo Alpe Adria en Autriche (2014-2015), n’en sont que quelques exemples. Le plus grave est que les pouvoirs publics ont décidé de couvrir les exactions de ces banques en faisant supporter les conséquences des agissements coupables des dirigeants et des actionnaires par la population. La séparation des banques des *banques de dépôt et des *banques d’affaires reste toujours un vœu pieux. La soi-disant réforme bancaire engagée en France en 2012 par Pierre Moscovici, ministre de l’économie et des finances, n’aura été qu’une fumisterie. Interrogé le 30 janvier 2013 par Karine Berger, rapporteur de la loi de séparation et de régulation des activités bancaires pour savoir quelle est la part des activités spéculatives concernée par la loi, Frédéric Oudéa, PDG de la Société Générale, déclarait : « Cela représente entre 3 et 5 % de nos activités de BFI, qui représentent elles-mêmes 15 % des revenus totaux de la banque. » Ce qui fait entre 0,5 % et 0,75 % des revenus totaux de la banque. En ce qui concerne les rémunérations des banquiers, le plafonnement de la part variable décidé par le Parlement européen le 16 avril 2013 a eu pour conséquence immédiate… l’augmentation de la part fixe des rémunérations et le recours à une disposition dérogatoire prévue par la loi. Enfin, pour ce qui est du financement de l’économie réelle, les efforts déployés jusqu’à aujourd’hui par les *banques centrales, la *BCE en particulier, se sont révéler impuissants à enclencher un moindre début de reprise de l’économie.

Parce que nous pensons, notamment à la lumière de l’expérience grecque, que les banques sont un enjeu essentiel à tout projet de changement social, nous proposons ci-dessous les mesures immédiates à prendre pour atteindre les six objectifs suivants :

  • 1. Restructurer le secteur bancaire
  • 2. Eradiquer la *spéculation
  • 3. Mettre fin au secret bancaire
  • 4. Réguler le secteur bancaire
  • 5. Financer autrement les dépenses publiques
  • 6. Renforcer les banques publiques

Dans une seconde partie, nous développons nos arguments en faveur de la socialisation du secteur bancaire.


I. MESURES IMMEDIATES


1. Restructurer le secteur bancaire

Réduire radicalement la taille des banques afin de supprimer le risque « trop grande pour faire faillite » que représentent les *banques systémiques |1|.

Séparer les *banques de dépôt et les *banques d’affaires. Les *banques de dépôt seront les seules institutions financières autorisées à collecter des dépôts auprès des épargnants et à bénéficier d’un soutien public (garantie publique des dépôts d’épargne et accès à la *liquidité de la *Banque centrale). Ces *banques de dépôt ne seront autorisées à octroyer des prêts qu’aux particuliers, aux entreprises et aux acteurs publics locaux et nationaux. Il leur sera interdit de mener des activités sur les *marchés financiers. Cela veut dire qu’il leur sera interdit de faire de la *titrisation : les crédits ne peuvent pas être transformés en titres négociables et les *banques de dépôt doivent conserver dans leurs livres de compte jusqu’à leur remboursement définitif les crédits qu’elles ont consentis. La banque qui a consenti un crédit doit en porter le risque.

Les *banques d’affaires ne doivent bénéficier d’aucune garantie publique, en cas de faillite les pertes seront intégralement assumées par le secteur privé, à commencer par les actionnaires (sur l’ensemble de leur patrimoine, voir plus bas).

Interdire les relations de crédit entre *banques de dépôt et *banques d’affaire. D’accord avec Frédéric Lordon pour imposer un véritable ’apartheid’ entre *banque de dépôt et banque d’affaires, une *banque de dépôt ne pourra en aucun cas être impliquée dans une relation de crédit avec une *banque d’affaires |2|.


2. Eradiquer la *spéculation

Interdire la *spéculation. Comme le propose Paul Jorion, il faut interdire la *spéculation.« En France la *spéculation a été autorisée en 1885, en Belgique en 1867. La *spéculation était d’ailleurs définie très clairement par la loi qui visait à « interdire les paris à la hausse ou à la baisse sur des titres financiers ». Avec une telle interdiction, les gens qui la pratiquent seraient en infraction ; qu’ils se trouvent dans une banque X ou Y, cela ne changerait rien » |3|. On peut ajouter que les banques qui spéculent pour le compte de clients ou pour leur propre compte seront condamnées.

L’acquisition par une banque ou une autre institution financière d’un bien matériel (matières premières, aliments, terres, immeubles…) ou d’un titre financier (*actions, *obligations ou tout autre titre financier) dans le but de spéculer sur son prix sera interdite.

Interdire les *produits dérivés. Cela signifie que les banques et autres institutions financières qui veulent se couvrir contre les risques de différents types (risques de change, de taux d’intérêt, de défaut de paiement…), doivent revenir à des contrats d’assurance classiques.

Obliger les *banques d’affaire à demander une autorisation préalable de mise sur le marché de produits financiers. Tout produit financier nouveau (les *produits dérivés ne sont pas concernés ici puisqu’ils sont interdits) devra être soumis aux autorités de contrôle par les *banques d’affaires afin d’obtenir une autorisation avant d’être mis sur le marché.

Séparer les activités de conseil et les *activités de marché. D’accord également avec l’économiste belge Eric de Keuleneer qui propose de séparer les activités de conseil et les *activités de marché : « Il est en effet anormal que des banques prennent des risques de placement de titres, et conseillent leurs clients quant à la qualité de ces titres, ou soient actuellement en mesure de spéculer sur l’or, tout en conseillant de façon « désintéressée » à leurs clients d’acheter de l’or. » Pour cela il propose de recréer la fonction de courtage.

Interdire le *trading de haute fréquence et le *shadow banking. Limiter strictement ce qui peut être mis dans le *hors-bilan |4|. Interdire les *ventes à découvert et les *ventes à nu.


3. Mettre fin au secret bancaire

Interdire les *marchés financiers de *gré à gré. Toutes les transactions sur les *marchés financiers doivent être enregistrées, traçables, réglementées et contrôlées. Jusqu’ici, les principaux *marchés financiers sont de *gré à gré, c’est-à-dire qu’ils ne sont soumis à aucun contrôle : il s’agit du marché des changes (5 300 milliards de dollars chaque jour) |5|, du marché des *dérivés, du marché des matières premières et des produits agricoles |6|…

Mettre fin au secret bancaire. Les banques doivent avoir l’obligation de communiquer toutes les informations sur leurs responsables, leurs différentes entités, leurs clients, les activités qu’elles exercent et les transactions qu’elles réalisent pour le compte de leurs clients et pour elles-mêmes. De même, les comptes des banques doivent également être lisibles et compréhensibles. La levée du secret bancaire doit devenir un impératif démocratique minimal pour tous les pays.

Concrètement cela signifie que les banques doivent tenir à la disposition de l’administration fiscale :
- une liste nominative des bénéficiaires d’intérêts, de dividendes, de plus-values et autres revenus financiers ;
- les informations sur les ouvertures, les modifications et les fermetures de comptes bancaires en vue d’établir un répertoire national des comptes bancaires ;
- toutes les informations sur les entrées et sorties de capitaux avec en particulier l’identification du donneur d’ordre.

Interdire les transactions avec les paradis fiscaux. Il faut interdire aux banques toute transaction avec un *paradis fiscal. Le non-respect de l’interdiction doit être assorti de sanctions très lourdes (pouvant aller jusqu’au retrait de la licence bancaire) et du paiement de lourdes amendes.


4. Réguler le secteur bancaire

Exiger des banques une augmentation radicale du volume de leurs *fonds propresen rapport avec le total du *bilan |7|. Alors que les *fonds propres sont en général inférieurs à 5 % du *bilan de la banque, nous sommes favorables à porter leur minimum légal à 20 %.

Interdire la socialisation des pertes des banques et des autres institutions financières privées. Il s’agit d’interdire aux pouvoirs publics de mettre à la charge des finances publiques des dettes privées.

Restaurer la responsabilité illimitée des grands actionnaires en cas de faillite. Le coût de la faillite doit pouvoir être récupéré sur l’ensemble du patrimoine des grands actionnaires (personnes physiques ou entreprises/personne morale).
En cas de faillite, les clients de la *banque de dépôt doivent continuer à bénéficier d’une garantie d’État pour leurs dépôts, limitée au montant raisonnable d’épargne d’un ménage moyen-supérieur (estimé aujourd’hui à 150 000 euros, montant à soumettre au débat démocratique).

Taxer fortement les banques. Les bénéfices des banques doivent être soumis strictement aux dispositions légales en matière d’imposition des sociétés. En effet actuellement le taux effectivement payé est très nettement inférieur au taux légal lui-même largement insuffisant. Les transactions bancaires sur les devises |8| et sur les titres financiers doivent être taxées. Les dettes bancaires à court terme doivent être taxées afin de favoriser le financement à long terme.

Poursuivre systématiquement les dirigeants responsables de délits et de crimes financiers et retirer la licence bancaire aux institutions qui ne respectent pas les interdictions et se rendent coupables de malversations.

Sauver les banques d’une autre manière. Outre les dispositions mentionnées plus haut : responsabilité illimitée des grands actionnaires (sur leur patrimoine global), garantie des dépôts jusque 150 000 euros, interdiction de mettre des dettes privées à la charge des finances publiques, il s’agit de créer un mécanisme de mise en faillite ordonnée des banques avec la création de deux structures : une banque de défaisance privée (à charge des actionnaires privés et sans aucun coût pour les pouvoirs publics) et une banque publique vers laquelle sont transférés les dépôts ainsi que les actifs sains. Certaines expériences récentes peuvent servir de source d’inspiration, notamment l’expérience islandaise engagée depuis 2008 |9|.


5. Financer autrement la dette publique

Imposer aux banques privées la détention d’un quota de titres de la dette publique.

Donner pour mission nouvelle à la *Banque centrale d’octroyer des prêts à taux zéro aux pouvoirs publics. A l’inverse de ce qui est pratiqué par la *BCE du fait des traités européens, la *banque centrale serait en capacité de permettre un financement à taux zéro de l’État et de l’ensemble des structures publiques (collectivités, hôpitaux, organisme de logement social, etc.) afin de mener des politiques socialement justes inscrites dans la transition écologique.


6. Renforcer les banques publiques existantes 
et en recréer dans les pays où elles ont été privatisées (bien sûr en les soumettant comme toutes les autres banques aux mesures concrètes mentionnées plus haut). En France, s’est mis en place en 2012 un collectif « Pour un Pôle Public Financier au service des Droits ! » |10| favorable à la création d’un pôle public bancaire. Mais le grave inconvénient de ce projet est qu’il ne va pas au fond des choses car il laisse subsister, à côté d’un pôle public insignifiant, des banques privées et un pôle mutualiste qui n’a de mutualiste que le nom. Dans le cas de la Belgique où le gouvernement a privatisé les dernières banques publiques dans les années 1990, l’État a racheté en 2011, la « partie » banque de Dexia et en est actionnaire à 100 %. Dexia Banque est devenue Belfius et garde un statut privé. Il faut que Belfius devienne une véritable banque publique et qu’on y mette en pratique les mesures concrètes formulées plus haut. Le montant payé par l’État s’élève à 4 milliards d’euros, ce que la commission européenne a considéré elle-même comme tout à fait exagéré. Ce qu’il aurait fallu faire : Belfius aurait dû être constituée sans coût pour les finances publiques comme institution bancaire publique bénéficiant des dépôts des clients chez Dexia Banque et de tous les actifs sains. Cette banque aurait dû être mise sous contrôle citoyen. Les conditions de travail, l’emploi et les revenus du personnel auraient dû être garantis tandis que les rémunérations des dirigeants auraient dû être nettement réduites. Il fallait interdire aux administrateurs et directeurs d’avoir un mandat dans une institution privée. Les dirigeants de Dexia auraient dû être poursuivis en justice par le ministère public pour les différents délits qu’ils ont commis. Le rapport d’information du Sénat n° 58 sur la Société de financement local évalue à environ 20 milliards d’euros (13 milliards pour la France dont 6,6 milliards affectés à la recapitalisation et le reste à la prise en charge d’une partie des indemnités de remboursement anticipé des emprunts toxiques ; 6,9 milliards d’euros pour la Belgique, correspondant à la nationalisation de Dexia Bank Belgique et à la recapitalisation de Dexia) le coût de la faillite de Dexia à cette date. Le 1er février 2013, la France a créé une structure à 100 % publique (avec l’État à 75 %, le CDC à 20 % et la Banque postale à 5 %) afin de procéder à l’acquisition à 100 % de la société de crédit foncier Dexia Municipal Agency (filiale de Dexia Crédit Local) qui est devenue la Caisse Française de Financement Local (CAFFIL).


II. POUR LA SOCIALISATION DU SECTEUR BANCAIRE

La mise en pratique des mesures concrètes qui sont mentionnées plus haut constituerait une avancée dans la résolution de la crise du secteur bancaire mais le secteur privé continuerait à occuper une position dominante.

Il faut aller plus loin que les mesures immédiates proposées.

Ce que démontre l’expérience des dernières années, c’est qu’on ne peut pas laisser les banques aux mains des capitalistes. Si, par la mobilisation sociale, on arrive à faire appliquer les mesures présentées plus haut (qui sont soumises à la discussion afin de les améliorer et compléter), les capitalistes chercheront par tous les moyens à récupérer une partie du terrain perdu, ils multiplieront les activités leur permettant de contourner les réglementations, ils utiliseront leurs puissants moyens financiers pour acheter l’appui de législateurs et de gouvernants afin de déréglementer à nouveau et d’augmenter au maximum leurs profits sans prise en compte de l’intérêt de la majorité de la population.


Il faut la socialisation du secteur bancaire sous contrôle citoyen

Parce que les capitalistes ont démontré à quel point ils étaient capables de commettre des délits et de prendre des risques (dont ils refusent d’assumer les conséquences) dans le seul but d’augmenter leurs profits, parce que leurs activités entraînent périodiquement un lourd coût pour la société, parce que la société que nous voulons construire doit être guidée par la recherche du bien commun, de la justice sociale et de la reconstitution d’une relation équilibrée entre les humains et les autres composantes de la nature, il faut socialiser le secteur bancaire. Comme le propose Frédéric Lordon, il s’agit de réaliser « une déprivatisation intégrale du secteur bancaire » |11|. La socialisation de l’intégralité du secteur bancaire est préconisée par le syndicat Sud BPCE |12|.

Socialiser le secteur bancaire signifie :

- l’expropriation sans indemnité (ou avec comme seule indemnité l’euro symbolique) des grands actionnaires (les petits actionnaires seront indemnisés) ;

- l’octroi au secteur public du monopole de l’activité bancaire à une exception près : l’existence d’un secteur bancaire coopératif de petite taille (soumis aux mêmes règles fondamentales que le secteur public).

- la création d’un service public de l’épargne, du crédit et de l’investissement, doublement structuré : un réseau de petites implantations proches des citoyens, d’une part, et, d’autre part, des agences spécialisées en charge des activités de gestion de fonds et de financement d’investissements non assurés par les ministères en charge de la santé publique, de l’éducation nationale, de l’énergie, des transports publics, des retraites, de la transition écologique, etc. Ces ministères devront être dotés du budget nécessaire aux financements des investissements relevant de leurs attributions. Les agences spécialisées quant à elles interviendraient dans des domaines et des activités excédant les compétences et les sphères d’action de ces ministères et ce afin d’assurer le bouclage d’ensemble.

- la définition avec participation citoyenne d’une charte sur les objectifs à atteindre et sur les missions à poursuivre, qui mette le service public de l’épargne, du crédit et de l’investissement au service des priorités définies selon un processus de planification démocratique ;

- la transparence (de la comptabilité) des comptes qui doivent être présentés au public de manière compréhensible.

Le mot « socialisation » est utilisé de préférence à celui de « nationalisation » ou « étatisation » pour indiquer clairement à quel point est essentiel le contrôle citoyen avec un partage de décision entre les dirigeants, les représentants des salariés, des clients, d’associations, les élus locaux et les représentants des instances bancaires publiques nationales et régionales. Il faut donc définir de manière démocratique l’exercice d’un contrôle citoyen actif. De même, il faut encourager l’exercice d’un contrôle des activités de la banque par les travailleurs du secteur bancaire et leur participation active à l’organisation du travail. Il faut que les directions des banques remettent annuellement un rapport public sur leur gestion. Il faut privilégier un service de proximité et de qualité rompant avec les politiques d’externalisation menées actuellement. Il faut encourager le personnel des établissements financiers à assurer à la clientèle un authentique service de conseil et rompre avec les politiques commerciales agressives de vente forcée.

La socialisation du secteur bancaire et son intégration aux services publics permettront :
- de soustraire les citoyens et les pouvoirs publics de l’emprise des *marchés financiers ;
- de financer les projets des citoyens et des pouvoirs publics ;
- de dédier l’activité bancaire au bien commun avec entre autres missions celle de faciliter la transition d’une économie capitaliste, productiviste à une économie sociale et écologique.

Parce que nous considérons que l’épargne, le crédit, la sécurité des encaisses monétaires et la préservation de l’intégrité des systèmes de paiement relève de l’intérêt général, nous préconisons la création d’un service public bancaire par la socialisation de la totalité des entreprises du secteur bancaire et de l’assurance.

Parce que les banques sont aujourd’hui un outil essentiel du système capitaliste et d’un mode de production qui saccage la planète, génère un inégal partage des ressources, sème les guerres et la paupérisation, rogne chaque jour davantage les droits sociaux et attaque les institutions et les pratiques démocratiques, il est essentiel d’en prendre le contrôle et d’en faire des outils au service de la collectivité.

La socialisation du secteur bancaire ne peut être envisagée comme un slogan ou une revendication qui se suffirait en elle-même et que les décideurs appliqueraient après en avoir saisi le bon sens. Elle doit être conçue comme un objectif politique à atteindre par un processus porté par une dynamique citoyenne. Il faut non seulement que les mouvements sociaux organisés existants (dont les syndicats) en fassent une priorité de leur agenda et que les différents secteurs (collectivités locales, petites et moyennes entreprises, associations de consommateurs, etc.) se positionnent en ce sens, mais aussi – et surtout – que les employé.e.s de banque soient sensibilisé.e.s au rôle de leur métier et à l’intérêt qu’ils auraient à voir les banques socialisées ; que les usagers soient informés là où ils se trouvent (exemple : occupations d’agences bancaires partout le même jour) afin de participer directement à la définition de ce que doit être la banque.

Seules des mobilisations de très grande ampleur peuvent garantir que la socialisation du secteur bancaire soit réalisée en pratique car cette mesure touche au cœur le système capitaliste. Si un gouvernement de gauche ne prend pas une telle mesure son action ne pourra pas véritablement provoquer le changement radical pour rompre avec la logique du système et enclencher un nouveau processus d’émancipation.

La socialisation du secteur bancaire et des assurances doit faire partie d’un programme bien plus vaste de mesures complémentaires permettant d’enclencher une transition vers un modèle post-capitaliste et post-productiviste. Un tel programme, qui devrait avoir une dimension européenne tout en commençant à être mis en pratique dans un ou plusieurs pays, comprendrait notamment l’abandon des politiques d’austérité, l’annulation des dettes illégitimes, la mise en place d’une réforme fiscale d’ensemble avec une forte imposition du capital, la réduction généralisée du temps de travail avec embauches compensatoires et maintien du salaire, la socialisation du secteur de l’énergie, des mesures pour assurer l’égalité hommes-femmes, le développement des services publics et de la protection sociale et la mise en place d’une politique déterminée de transition écologique.

Aujourd’hui, la socialisation de l’intégralité du système bancaire est bien une urgente nécessité économique, sociale, politique et démocratique.

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Publié par le 5 mai 2017 dans économie, général, International

 

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Les mesures que les investisseurs devraient envisager pour se couvrir contre les risques

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Dans cette interview exclusive, Jim Rickards, éditeur de Strategic Intelligence et auteur à succès du New York Times, aborde l’avenir du système monétaire mondial, l’impact potentiel d’une crise de la dette souveraine et d’une crise monétaire mondiale qui pourraient frapper en cas de faillite du dollar US, l’avenir du Yuan chinois, ainsi que le nouveau plaidoyer pour l’or. Nous obtenons le point de vue d’un des plus brillants esprits de Wall Street, et explorons avec lui les mesures préparatoires que les investisseurs individuels et institutionnels devraient envisager pour se couvrir contre les risques.

Défauts multilatéraux

Executive Global : Le Yuan chinois a récemment été ajouté aux Droits de tirage spéciaux du Fonds monétaire international, et on sait que les Chinois aiment bien l’or. Même si la valeur de l’or semble être sur une tendance à la baisse, il pourrait suppléer l’influence du pétrodollar, dans les années à venir. Si cela devenait réalité, comment l’économie américaine serait-elle affectée ?

James Rickards : L’introduction du Yuan dans la base de calcul des DTS (Droits de tirage spéciaux) et l’accumulation d’or par la Chine sont des développements étroitement liés. Ils démontrent les efforts de la Chine, et d’autres pays, pour s’éloigner du dollar US comme devise de réserve internationale. Aujourd’hui, le dollar représente environ 60% des réserves mondiales et est utilisé dans 80% des paiements internationaux. Cela donne une puissance hégémonique aux États-Unis pour imposer des sanctions économiques, geler des actifs, couper l’accès aux systèmes de paiement en dollars, et utiliser le dollar comme une arme, afin de pouvoir dicter les résultats de la politique étrangère. Les seuls concurrents potentiels du dollar sont les DTS et l’or. La Chine poursuit son expansion dans ces deux marchés.

La Chine a plus que triplé ses réserves d’or au cours des dix dernières années, et elle détient certainement beaucoup plus d’or que ne l’indiquent les données officielles. C’est une couverture naturelle pour les bons du Trésor qu’elle détient. Si les États-Unis créent de l’inflation avec leur dollar, les bons du Trésor perdront de la valeur, mais l’or en gagnera. La Chine s’est couvert contre l’inflation américaine en achetant de l’or. La prochaine crise financière sera plus importante que la capacité des banques centrales à injecter des liquidités dans le système. La seule source de liquidité sera l’émission de DTS par le FMI. Cela va causer une inflation mondiale. La perte de confiance dans le dollar signifiera aussi la fin du pétrodollar. La nouvelle devise de référence sera le DTS.

Les effets sur l’économie américaine seront dévastateurs. La perte de croissance, la perte de prospérité, provoqueront des émeutes et des réactions néofascistes. La loi martiale sera alors instaurée. Les événements qui se sont déroulés, ces dernières années, à Chypre, en Grèce, en Inde et au Venezuela, sont un aperçu de ce qui arrivera aux États-Unis.

EG : Étant donné que les devises basées sur de la dette fluctuent constamment sous l’influence des événements internationaux, cela fait-il de l’or le point d’ancrage ultime de la stabilité (relative) mondiale ?

JR : Le problème principal du système monétaire international est qu’il n’y a pas d’ancrage. Au cours de récentes discussions avec Ben Bernanke, ancien directeur de la Fed, et John Lipsky, ancien directeur général du FMI, les deux ont utilisé le même terme pour décrire le système monétaire actuel : « incohérent ». Ils ont raison. Cette incohérence est due à l’absence d’un point d’ancrage. Le 15 janvier 2015, l’euro a chuté de 20% contre le franc suisse, en trente minutes.

Le Renminbi, le dollar US

JR : Le 10 août 2015, le Yuan chinois a instantanément perdu 3% par rapport au dollar US. Le 23 juin 2016, la livre sterling a chuté de 14% contre le dollar, en deux heures. De tels mouvements sont étonnants, et ils démontrent à quel point le système manque d’ancrage. L’or n’est pas une ancre parfaite, mais l’histoire a prouvé qu’il est mieux que d’autres. À moins que le système ne soit à nouveau ancré sur quelque chose, de préférence l’or, ces violentes dévaluations vont continuer, jusqu’à l’effondrement.

EG : Au cas où l’or reprenait sa place au cœur de l’économie mondiale, quel serait le meilleur moment pour acheter de l’or, afin d’en tirer un maximum de profits, dans les années à venir ?

JR : Le meilleur temps pour acheter de l’or, c’est maintenant. Le prix est volatile, lorsqu’on le mesure en dollars, mais cela reflète l’instabilité du dollar, et non de l’or. Lorsque l’effondrement systémique aura lieu, ce qui n’est qu’une question de temps, l’or grimpera, par étapes, vers 10 000 $ l’once ou plus. Cette cible est le prix implicite non déflationniste de l’or, basé sur la masse monétaire mondiale et l’offre officielle d’or, si l’or était utilisé comme référence dans le nouveau système monétaire. Le problème, c’est que la disponibilité d’or physique commence à s’étioler. J’ai passé du temps avec des raffineurs suisses et des sociétés privées de stockage, et je me suis renseigné sur la disponibilité d’or physique, de Shanghai à New York. C’est la même histoire partout : il n’y a pas assez d’or physique pour satisfaire la demande des détenteurs de contrats papier, en cas de panique d’achat. Cela signifie que, même si vous voulez acheter de l’or lorsque le prix commencera à grimper, vous pourriez ne pas être en mesure d’en trouver. C’est le moment d’acquérir de l’or, avant que la panique ne s’installe et qu’il soit impossible de s’en procurer.

EG : Une fois nos actifs protégés en les convertissant dans l’or, que faire ensuite ? Devrions-nous laisser le tout « mariner » pendant un temps, ou y a-t-il des opportunités à surveiller ?

JR : Je recommande aux investisseurs d’allouer 10% de leurs actifs en or physique. Cela laisse 90% pour les autres classes d’actifs, incluant le cash, l’art, l’immobilier, les actions et les obligations. Pas besoin de vivre dans une grotte – une allocation de 10% sera adéquate. Ne vous inquiétez pas des fluctuations journalières du prix de l’or en dollars. Ces fluctuations en disent plus sur l’instabilité du dollar que sur l’or. Une fois que vous détenez votre or, vous n’avez qu’à attendre… Il n’y a rien d’autre à faire avant l’effondrement !

EG : Étant donné que tout le monde n’échange pas des actions, et qu’encore moins de gens investissent dans l’or, comment les fluctuations du dollar US et la montée de l’or impacteront-elles la vie de l’Américain moyen ?

JR : La conséquence de l’instabilité du système monétaire international sera un taux d’inflation élevé, voire de l’hyperinflation. Il s’agit de la seule façon d’alléger le fardeau de la dette des états souverains et des sociétés à travers le monde, à une époque de croissance insuffisante. Cela affectera les citoyens moyens américains, même s’ils n’ont aucun actif. Cependant, l’inflation n’arrivera pas directement; elle pourrait être précédée d’une déflation, causée par les facteurs démographiques, la technologie et le désendettement. Mais au final, l’inflation prévaudra, car c’est la seule issue pour sortir du piège de la dette dans lequel les gouvernements nous ont plongé.

EG : Y a-t-il un moyen pour les sociétés de naviguer à travers les turbulences à venir dans l’économie afin d’obtenir de bons résultats ?

JR : Les sociétés peuvent naviguer à travers ces turbulences en créant de la valeur réelle et en échangeant des actifs tangibles. Cela inclut la création de propriété intellectuelle, la possession de ressources naturelles, ainsi que l’investissement dans le capital humain. Ces actifs conserveront leur valeur, même lors de périodes d’inflation extrême ou de déflation. Les sociétés les plus vulnérables aux turbulences financières sont celles qui carburent avec un haut effet de levier et à l’ingénierie financière pour produire des rendements. Dans cette dernière catégorie figurent les banques, qui pourraient se retrouver insolvables lors de la prochaine crise financière.

Défaut sur la dette souveraine des Etats-Unis

EG : Nous serons probablement témoins d’une perte de confiance dans le dollar US (si ce n’est déjà pas le cas) avec le déclin du système du pétrodollar. Faudra t-il, à ce moment là, conserver des actifs en dollars US, ou existe-t-il une alternative plus attrayante en ce qui concernes les devises ?

JR : Il y déjà une perte de confiance dans le dollar US, comme le démontrent les efforts de la Russie et de la Chine pour acquérir des tonnes d’or, ainsi que le fait que les investisseurs étrangers sont devenus des net vendeurs de bons du Trésor américain. Cette migration hors du dollar se réalise de façon ordonnée, pour le moment, mais cette dynamique est irréversible, et elle s’accélérera soudainement en un effondrement du dollar US. Les seules alternatives à long terme au dollar sont l’or, l’argent et les DTS (Droits de tirage spéciaux) du FMI.

EG : Les États-Unis ne produisent plus autant de produits manufacturés qu’ils le faisaient, et nous observons une société de consommation avec trop de consommateurs par rapport à la quantité de producteurs, qui fait dans la dette plutôt que dans les biens. Quelle est la relation entre la productivité et ces enjeux actuels ?

JR : La productivité, c’est sans doute le défi de politique économique le plus important dans le monde actuel. La croissance économique réelle est tout simplement une question du nombre de gens qui travaillent et de leur productivité. Le nombre total de travailleurs dans les grandes économies ne croît pas, à cause de la baisse du taux de natalité et de désastres comme la politique de l’enfant unique pratiquée en Chine, ou des avortements sélectifs en Inde et en Chine. Malheureusement, la productivité décline également, bien que les économistes ne s’entendent pas sur les raisons. Le fardeau de la dette n’est soutenable que si la croissance économique dépasse la croissance de la dette. Malheureusement, il se passe le contraire. Le fardeau de la dette continue de grandir, tandis que la croissance économique, qu’elle soit réelle ou nominale, stagne. Les situations démographiques peuvent prendre des décennies à se retourner. L’augmentation de la productivité est la seule façon d’éviter une crise mondiale de la dette. Mais il n’y a aucun signe indiquant que la productivité augmentera assez rapidement pour nous sauver.

Mesures préparatoires

EG : Le gouvernement pourrait-il intervenir pour aider l’économie à repartir à zéro de façon ordonnée et ainsi éviter un effondrement épique ?

JR : Le gouvernement pourrait faire plusieurs choses pour rendre le système financier plus sûr, comme le démantèlement des grandes banques, la séparation des activités bancaires commerciales et d’investissement, et l’interdiction de la plupart des produits dérivés. Malheureusement, tous ces changements politiques sont improbables, à cause du pouvoir du lobby bancaire. Le gouvernement pourrait aussi améliorer la productivité en réduisant les taxes et les charges réglementaires. Mais les changements réglementaires prennent du temps avant d’impacter les décisions d’investissement, et les réductions d’impôts aggraveront les déficits, au moment où le fardeau de la dette publique représente 104% du PIB, bien établi dans la « zone de danger » de 90% identifiée par Kenneth Rogoff et Carmen Reinhart. Il est possible d’éviter la catastrophe, mais le temps presse et les chances d’éviter l’effondrement sont faibles.

EG : Comment pourrions-nous empêcher ce scénario de se réaliser, et comment pouvons-nous réorienter le système économique sur la voie de la durabilité ?

JR : Il ne faut pas être trop optimiste sur la capacité des politiciens à retenir les leçons de la crise. Pour trois raisons : la première est que nous avons vécu une crise systémique aussi grave en 1998, et qu’aucune leçon n’en a été tirée; les politiciens ont fait le contraire de ce dont on avait besoin. La deuxième raison est que les décideurs utilisent des modèles d’équilibre obsolètes qui produisent des prévisions erronées et qui appréhendent mal les propriétés statistiques du risque. La troisième raison est la capacité qu’ont les banquiers et leurs lobbyistes à combattre le changement, même quand des réformes sont mises en place.

EG : Avec la tendance émergente des transactions en ligne et des devises numériques, quel rôle peut jouer l’or dans cette équation ?

JR : L’or est l’actif idéal pour l’ère numérique. Avec la richesse numérique et les paiements numériques, viennent la guerre cyber-financière et les cyber-menaces. La richesse sous forme numérique (tous les dépôts bancaires, les actions, les obligations, les fonds du marché monétaire etc.) peut être anéantie par des cyber-brigades russes ou chinoises. L’or est physique, et il ne peut être piraté, gelé ou effacé. L’or est la meilleure façon de préserver la richesse dans un monde exposé aux cyber-attaques. C’est une autre raison pour laquelle la Chine et la Russie accumulent de l’or – ils voient cette cyber-guerre financière se profiler à l’horizon.

Source: goldbroker – GoldBroker.fr tous droits réservés

 

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