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Paul Craig Roberts – L’hésitation de Poutine a occasionné la perte de la province syrienne d’Idleb

L’hésitation de Poutine a occasionné la perte de la province syrienne d’Idleb

par Paul Craig Roberts

Les provocations suscitées par l’attitude modérée de Poutine montent d’un cran. Peter Ford, ancien ambassadeur britannique en Syrie, fait remarquer que Washington a rapidement profité de l’hésitation de Poutine pour radicaliser les prétextes justifiant le lancement d’une attaque contre les forces syriennes. Le prétexte de Washington était auparavant une fausse ‘attaque chimique’ imputée aux Syriens. Washington ayant fait savoir que toute tentative de débarrasser la province de ses alliés terroristes justifiera l’attaque contre la Syrie, ce nouveau prétexte bloque la libération d’Idleb. En fait, même un flux de réfugiés, dû ou non à l’action syrienne, est dit être un ‘problème humanitaire’ justifiant l’entrée en guerre de l’armée étasunienne contre la Syrie. L’envoyé spécial du président Trump en Syrie, James Jeffrey, vient d’annoncer que les États-Unis ne toléreront aucune attaque. Un point c’est tout !

À moins que Poutine ait la volonté d’instaurer la supériorité aérienne russe au-dessus de la Syrie avec son armement, ce qui rendrait impossible toute attaque des États-Unis, la libération d’Idleb des terroristes de Washington ne peut plus manifestement se faire. L’escalade des provocations de Washington signifie que Poutine devra accepter le risque de détruire toute force d’attaque étasunienne se risquant à tester ses défenses.

Autre casse-tête, la décision de Poutine de calmer Erdogan en instaurant une zone démilitarisée à Idleb, au lieu de libérer la province. Comment Poutine et Erdogan sont-ils arrivés à la fantastique conclusion que les États-Unis et leurs alliés terroristes coopéreraient avec leur plan de démilitarisation de la province d’Idleb ? La politique étrangère de la Russie s’illusionnerait-elle de faux espoirs ?

Nous observons le déroulement de ce que je redoutais. Ne pas réagir aux provocations se traduit par d’autres provocations toujours plus dangereuses. Que va faire Poutine maintenant ? S’il recule encore, il peut s’attendre à des provocations toujours plus graves jusqu’à ce que le seul choix soit la capitulation ou la guerre nucléaire.

L’agressivité de Washington n’aurait pas atteint les sommets actuels si Poutine avait tapé du poing sur la table à l’occasion de plusieurs provocations. À vrai dire, la crise syrienne serait entièrement terminée s’il n’y avait pas eu les hésitations répétées et les retraits prématurés des forces russes.

Le gouvernement russe ne comprend-il pas que Washington fait la guerre à la Russie, pas aux terroristes ?

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Paul Craig Roberts – La Russie pourra-t-elle survivre à ses ‘partenariats’ ?

La Russie pourra-t-elle survivre à ses ‘partenariats’ ?

La réaction de poutine qui contredit ses militaires en dédouanant Israël est incompréhensible pour PCR, qui pousse une nouvelle fois un coup de gueule face à la mollesse Russe  … Stratégie de Poutine ou Poutine qui a plié ?  Je pense que c’est un peu des 2 … 

 Poutine a évoqué  mardi des mesures de sécurité supplémentaires qui seront prises par Moscou pour ses militaires et ses installations en Syrie et qui seront «ressenties par tous». Il a aussi déclaré lors d’un entretien téléphonique avec Netanyahu que les opérations des forces israéliennes en Syrie étaient réalisées en violation de la souveraineté du pays.

«Le Président russe a appelé son interlocuteur à éviter à l’avenir toute situation semblable à celle qui a abouti au drame de l’Iliouchine Il-20 en Syrie», a noté le Kremlin.

Les médias Russes ne sont pas content du tout en effet, pour sputnik, c’est le point de vue des militaires qui prime  « Moscou considère les démarches israéliennes comme hostiles et se réserve le droit de répondre » peut on lire dans les 2 sources citées plus haut …

Poutine est un fin stratège, et il semble évident que ses déclarations ne reflètent pas la position Russe de fond .  Il a une vision géopolitique « globale » , et évite un affrontement pour le moment – une fois de plus … Mais la stratégie a ses limites .  

A suivre . Z

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Est-ce que Poutine fait une erreur de calcul stratégique ?

Grâce au subterfuge consistant à masquer derrière un avion russe des F-16 qui attaquaient le sol syrien, Israël a réussi à faire qu’un missile antiaérien syrien abatte l’avion russe et entraîne la mort de 15 militaires russes.

Selon les mots du ministère russe de la Défense : « Les pilotes israéliens se sont servi de l’avion russe comme d’une protection et l’ont piégé de manière à ce qu’il soit pris pour cible par les forces antiaériennes syriennes. En conséquence, l’Il-20, qui est beaucoup plus visible au radar que les F-16 [israéliens], a été abattu par un missile du complexe S-200. » Shoigu, le ministre de la Défense de Russie a déclaré : « La responsabilité de la perte de l’avion russe et de la mort de ses membres d’équipage, incombe pleinement au camp israélien. Les actions de l’armée israélienne ne se conformant pas à l’esprit du partenariat russo-israélien, nous nous réservons donc le droit de répondre. » Voir aussi le rapport de l’agence TASS.

Pendant quelques minutes, il a semblé qu’Israël allait enfin être tenu pour responsable de ses actions téméraires et irresponsables, mais ça n’a pas été le cas. Poutine, le président russe, a contredit son ministre de la Défense. Il a déclaré que la perte de vies russes était ‘accidentelle’, « le résultat de l’enchaînement de circonstances tragiques. »

On se demande comment Israël se débrouille pour arriver à cela. Le président Poutine a couvert la destruction par Israël de l’IL-20 russe, tout comme le président Johnson avait couvert l’attentat meurtrier d’Israël contre l’USS Liberty, qui avait occasionné la mort de 208 marins étasuniens. Puisque les Israéliens se tirent impunément de tout, y compris des massacres routiniers de femmes et d’enfants palestiniens non armés, il n’y a aucune raison de s’attendre à ce qu’ils changent de comportement.

Poutine aurait pu pourtant changer de comportement ou se lancer dans une guerre à grande échelle. J’ai longtemps admiré et défendu le refus de Poutine d’aggraver le conflit, son opposition à riposter aux provocations en provoquant lui-même. Poutine comprend qu’il a affaire à l’irrationalité, tant à Washington qu’en Occident et en Israël. Il ne veut pas voir cette irrationalité se déchaîner dans la guerre nucléaire. Tout le monde devrait admirer Poutine pour sa rectitude. Néanmoins, avec les barbares autoritaires que sont Washington et Israël, il y a un aspect désavantageux à la politique consistant à tendre l’autre joue. Le fait d’accepter la provocation et l’insulte, entraîne de nouvelles provocations et insultes.

Bien que ce soit la leçon de l’histoire, j’en ai eu connaissance dans l’émission télévisée Kung Fu, qui met en scène un prêtre Shaolin appelé Caine, à la frontière occidentale des États-Unis, dans les années 1800.

Poutine fait comme Caine. Sa réticence à se battre a poussé Netanyahou, le ‘partenaire des Russes’, à montrer qu’Israël avait sur la Russie la même emprise que sur les États-Unis. Netanyahou n’a pas eu la moindre crainte de sacrifier 15 Russes pour réussir à attaquer un site syrien. Netanyahou savait simplement que Poutine tolérerait n’importe quelle réaction nuisible.

Les conséquences pour Poutine sont graves. Les nationalistes russes, contrairement aux intégristes atlantistes pro-étasuniens, sont furax que Poutine ne défende pas l’honneur de la Russie. L’armée russe est furieuse que Poutine, dans l’intérêt d’Israël, ait coupé l’herbe sous les pieds du bien-aimé ministre de la Défense. Selon certains rapports que je ne puis vérifier, la confiance en Poutine s’érode car les Russes entendent d’éléments médiatiques russes contrôlés par des juifs, que Poutine, en éludant l’incident meurtrier, renforce la relation israélo-russe. Un site Internet a en fait pour titre : Poutine aux puissances attaquant la Syrie : Vous pouvez continuez à faire tuer mes soldats, je ne riposterai pas.

Les conséquences pour Poutine et pour la Syrie pourraient être pires que graves. Faisant une concession au président turc Erdogan, qui a aussi abattu un avion russe, Poutine venait d’annuler la libération de la province d’Idleb des terroristes – que le gouvernement russe qualifie [traîtreusement] par euphémisme ‘d’opposition syrienne’  –, libération qui avait été annoncée par la Russie et la Syrie. Qu’est-ce que cela révèle à Washington et à ses alliés terroristes bien payés ?

Cela leur révèle que les Russes sont faciles à neutraliser et qu’Idleb est solidement entre les mains de Washington au moment où des forces s’amassent pour relancer les tentatives visant à transformer la Syrie, en Libye, Irak, Yémen, Somalie.

Israël veut que la Syrie soit un terrain vague, comme l’Irak, et a l’intention d’obtenir ce résultat aussi pour l’Iran. Israël veut les ressources en eau du Sud Liban, mais la milice du Hezbollah, soutenue et ravitaillée par la Syrie et l’Iran, est en travers de son chemin. Deux fois, l’armée israélienne envoyée pour occuper le Sud Liban a été vaincue et chassée par le Hezbollah. Israël ne pouvant pas risquer une troisième déculottée, il utilise son pantin étasunien. À vrai dire, la raison unique des guerres de Washington au Moyen-Orient durant tout le XXIe siècle, est que Washington sert les desseins cachés d’Israël [le projet de morcellement du Proche-Orient en entités religieuses et ethniques, le ‘plan Oded Yinon’ qui est soi-disant abandonné, NdT].

Il est difficile de croire que le gouvernement russe est si mal avisé qu’il n’entrave que pouic à cette réalité. Le ‘partenariat russo-israélien’ dont parle Shoigu, le ministre de la Défense de Russie, ne peut exister qu’à cause de l’ignorance des Russes. Les deux pays ont des projets totalement opposées pour le Moyen-Orient. Israël utilise Washington pour éliminer tout gouvernement du Moyen-Orient non soumis à la politique étrangère étasunienne, qui est dirigée en sous-main par Israël, car les pays de ces gouvernements empêchent l’expansion du territoire d’Israël. Et, je pense en gros que la Russie tente d’empêcher la propagation des djihadistes parrainés par les États-Unis aux frontières de la Russie.

Ma compréhension des choses est toutefois remise en cause. Je suis contredit par les nationalistes russes. Selon eux, Poutine qui comprend mal que les terroristes djihadistes sont une armée organisée et soutenue par les États-Unis, s’est rendu en Syrie pour montrer sa solidarité avec ‘la guerre au terrorisme des États-Unis’. Je trouve difficile de croire que Poutine, même entouré d’intégrationnistes atlantistes adorant les États-Unis, puisse être possiblement aussi mal informé de ce qu’il se passe. Mais qui sait ? À quelle époque les États-Unis ont-ils eu un président bien renseigné ? Un président informé de la réalité des faits, et non pas d’intérêts particuliers chuchotés à son oreille.

Je m’inquiète que Poutine, cédant à la Turquie, couvrant Israël, annulant la libération de la province d’Idleb, ne réagissant pas jusqu’ici, se fasse piéger lors de son prochain test, qui pourrait bien être l’Ukraine. En ne voulant pas réintégrer les républiques russes de Donetsk et de Louhansk dans leur mère patrie, la Russie, Poutine a laissé ce mal s’envenimer. Ayant profité de l’occasion pour armer son pantin ukrainien, Washington parie que Poutine ne défendra pas les séparatistes russes, tout comme il n’a pas défendu les militaires russes contre Israël en Syrie.

Tôt ou tard, Poutine se retrouvera dans la même situation que Caine, le prêtre Shaolin. Il devra combattre ou se rendre. En attendant, Poutine fait en sorte que les provocations augmentent en intensité jusqu’à ce qu’il n’ait plus d’autre issue que d’asséner des coups de pataugas sur la table. C’est ainsi que prévenir le conflit garantit de bien plus vaste et dangereuse conflagration.

J’ai été stupéfait de lire que le ministre russe de la Défense a parlé de ‘partenariat russo-israélien’. J’ai été encore plus sidéré d’apprendre que la Russie, engagée depuis plusieurs années dans la libération de la Syrie des terroristes soutenus par l’Occident, autorise Israël et la France à attaquer la Syrie. La Russie peut faire disparaître Israël et la France de la surface du globe en quelques minutes sans que cela ne lui coûte, mais elle accepte les contraintes et d’être mise en échec par des puissances militaires insignifiantes.

L’armée russe rapporte qu’en même temps que l’avion russe a été détruit à cause de la ruse israélienne, depuis la frégate française FS Auvergne, des missiles ont été tirés apparemment vers l’objectif situé dans la province syrienne de Lattaquié, qui était attaquée par l’aviation israélienne. Semble-t-il sensé que la Russie, prête à libérer la province ou auparavant prête avant de renoncer, laisse faire des attaques israéliennes et françaises contre une autre province syrienne ?

À mon avis, l’incapacité de la Russie à se mettre fermement en travers de l’agression occidentale et israélienne, sera la principale cause de la Troisième Guerre mondiale dans laquelle nous allons tous crever avec la planète.

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Publié par le 20 septembre 2018 dans général, Guerre - 3e guerre mondiale, International, Politique

 

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Paul Craig Roberts – Les provocations finissent souvent par des guerres

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La guerre peut-elle être évitée et la planète sauvée ?

Le gouvernement russe et le président Poutine sont soumis à une forte pression. C’est une pression qui ne vient pas des sanctions américaines, qui sont très bénéfiques pour la Russie puisqu’elles poussent la Russie à l’indépendance ; elle vient des patriotes russes qui sont fatigués des réponses polies de Poutine aux insultes et provocations militaires incessantes de Washington. Les patriotes russes ne veulent pas la guerre, mais ils veulent défendre l’honneur de leur pays, et ils pensent que Poutine ne le fait pas. Certains d’entre eux accusent même Poutine d’être un atlantiste qui vénère l’Occident.

La désillusion engendrée par Poutine chez les patriotes, ainsi que l’approbation par Poutine du relèvement de l’âge de la retraite pour les pensions de retraite, un piège que lui ont tendu les économistes néolibéraux russes, ont nui à sa popularité au moment précis où il va à nouveau être confronté aux provocations de Washington en Syrie.

Dans mes articles, j’ai défendu Poutine contre l’accusation selon laquelle il n’est pas assez russe. Poutine veut éviter la guerre, parce qu’il sait que ce serait une guerre nucléaire, dont les conséquences seraient désastreuses. Il sait que les États-Unis et leurs alliés impotents de l’OTAN ne sont pas en mesure de mener une guerre conventionnelle contre la Russie ou la Chine, et encore moins contre les deux. Poutine sait également que les sanctions portent préjudice aux vassaux européens de Washington et que cela pourrait peut-être contraindre les États européens vassalisés à reprendre leur indépendance, ce qui limiterait la belligérance de Washington. La Russie a mis au point de nouvelles super-armes, qui donnent probablement à Poutine la capacité de détruire la totalité du monde occidental en causant peu ou pas de dommages à la Russie, mais Poutine ne voit pas l’intérêt d’une telle destruction, d’autant plus qu’on ne peut pas en prévoir les conséquences. Une telle guerre pourrait causer un hiver nucléaire ou d’autres catastrophes qui rendraient la planète inhabitable.

Par conséquent, comme je l’ai expliqué dans de nombreux articles, Poutine agit intelligemment. Il s’efforce d’agir sur le long terme tout en protégeant le monde d’une guerre dangereuse.

J’approuve la stratégie de Poutine et j’admire son sang-froid car il ne se laisse jamais guider par l’émotion, mais il y a néanmoins un problème. Les dirigeants de l’Occident avec qui il traite sont des idiots qui n’apprécient pas ses qualités d’homme d’État. Et donc, chaque fois que Poutine tend l’autre joue, comme on dit, le niveau d’insultes et de provocations monte.

Prenons l’exemple de la Syrie. L’armée syrienne, avec l’aide d’une toute petite partie de l’armée de l’air russe, a nettoyé tout le territoire syrien à l’exception d’une zone qui est occupée par des forces financées et équipées par les Américains et envoyées par Washington pour renverser le gouvernement syrien.

Ce qui reste des forces américaines par procuration est sur le point d’être éliminé. Afin de les sauver et de garder un pied en Syrie,  Washington pourrait essayer de relancer la guerre en organisant une nouvelle « attaque chimique » sous faux drapeau, dont les médias occidentaux aux ordres accuseront Assad. Le conseiller à la sécurité nationale du président Trump, un néoconservateur enragé, peut-être même fou, a dit à la Russie que Washington ne verra pas d’un bon œil l’utilisation d’armes chimiques par les Syriens et les Russes contre le « propre peuple d’Assad ».

Les Russes sont pleinement conscients qu’une attaque chimique serait une attaque sous faux drapeaux orchestrée par Washington par l’intermédiaire des mercenaires qu’il a envoyés en Syrie pour renverser le gouvernement. D’ailleurs, l’ambassadeur de Russie aux États-Unis l’a clairement expliqué hier au gouvernement américain.

Il est clair que c’est pour prévenir l’attaque orchestrée par Washington que Poutine a demandé à son ambassadeur de parler de cette éventuelle mise en scène aux responsables américains qui l’orchestrent.

La stratégie de Poutine montre qu’il croit que les fonctionnaires du gouvernement américain ont une conscience morale et de l’intégrité. Ce n’est absolument pas le cas. J’ai passé 25 ans avec eux. Ils ne savent même pas ce que ces mots veulent dire.

Que ce serait-il passé, si à la place, Poutine avait déclaré publiquement au monde entier que toute force, où qu’elle se trouve, qui serait responsable d’une attaque contre la Syrie serait annihilée ? Personnellement je pense, comme le  patriote russe Bogdasarov,  qu’un ultimatum de ce genre venant du dirigeant d’un pays capable de faire ce qu’il dit, refroidirait les ardeurs guerrières des russophobes de Washington. Il n’y aurait pas d’attaque contre la Syrie.

Bogdasarov et moi avons peut-être tort. Les forces russes déployées autour de la Syrie avec leurs missiles hypersoniques sont plus qu’à la hauteur des forces américaines rassemblées pour attaquer la Syrie. Cependant, l’arrogance des Etatsuniens peut les amener à faire fi de la réalité, auquel cas il faudra que Poutine détruise les plateformes d’où partent les missiles. En n’annonçant pas ce qu’il va faire, Poutine conserve sa liberté d’action. Washington pourrait vouloir attaquer la Syrie uniquement pour sauver la face, comme la dernière fois qu’il a frappé la Syrie. Néanmoins, tôt ou tard, la Russie devra répondre plus fermement aux provocations.

Je suis un Américain. Je ne suis pas un Russe, encore moins un nationaliste russe. Je ne veux pas que le personnel militaire américain soit victime de la volonté délétère de Washington de maintenir son hégémonie sur le monde, et encore moins s’il s’agit de servir les intérêts d’Israël au Moyen-Orient. La raison pour laquelle je pense que Poutine doit s’opposer davantage à Washington, c’est que, comme on le voit dans l’histoire, une attitude conciliante encourage les provocations, et il arrive toujours un moment où il faut se rendre ou se battre. Il vaut beaucoup mieux arrêter l’escalade avant qu’elle n’atteigne ce dangereux niveau.

Andrei Martyanov, qui vient d’écrire un livre dont j’ai parlé sur mon site, a récemment défendu Poutine, comme Le Saker et moi l’avons fait dans le passé, contre ceux qui disent que Poutine est trop passif face aux agressions. Comme je l’ai déjà dit, je ne peux qu’applaudir Martyanov et le Saker. Là où nous différons peut-être, c’est sur l’idée qu’accepter sans cesse des insultes et des provocations encourage leur escalade jusqu’à ce que la seule alternative soit la reddition ou la guerre.

Donc, voilà les questions que je pose à Andrei Martyanov, au Saker, à Poutine et au gouvernement russe : Combien de temps faut-il tendre l’autre joue ? Faut-il tendre l’autre joue jusqu’à ce que votre adversaire ait réduit à zéro votre avantage dans la confrontation ? Faut-il tendre l’autre joue jusqu’à perdre le soutien de la foule des patriotiques qui pense que vous ne défendez pas l’honneur du pays ? Faut-il tendre l’autre joue jusqu’à être finalement contraint de choisir entre la guerre ou la soumission ? Faut-il tendre l’autre joue jusqu’à qu’une guerre nucléaire soit inévitable ?

Je pense que Martyanov et le Saker seront d’accord pour dire que ma question est légitime. Tous les deux mettent l’accent, dans leurs écrits très instructifs, sur le fait que l’histoire est écrite par et pour les vainqueurs. Réfléchissons un instant. Napoléon et Hitler étaient tous les deux à leur apogée, ils n’avaient connu aucune défaite militaire. Puis ils sont entrés en Russie et ont été complètement annihilés. Pourquoi ont-ils fait ça ? Parce que leurs succès les avaient rendus follement arrogants et sûrs de leur « exceptionnalisme », le mot dangereux qui résume la foi de Washington en sa puissance hégémonique.

Les néo-conservateurs sionistes qui gouvernent à Washington sont capables de commettre la même erreur que Napoléon et Hitler. Ils croient en « la fin de l’histoire », ils croient que l’effondrement soviétique signifie que l’histoire a choisi l’Amérique comme modèle pour les siècles des siècles. Leur orgueil dépasse en fait celui de Napoléon et d’Hitler.

Quand on est confronté à une arrogance aussi idéologique et aussi insensée, le fait de tendre l’autre joue améliore-t-il la situation ou appelle-t-il plus de provocations ?

C’est la question à laquelle le gouvernement russe doit répondre.

Peut-être que le gouvernement russe va comprendre le sens des dithyrambiques éloges funèbres dont l’Establishment a honoré John McCain. Il n’est pas normal qu’un sénateur américain fasse l’objet de tant d’éloges funèbres, surtout un sénateur qui n’a rien fait de remarquable. Ce qui explique ces éloges funèbres, c’est la haine de McCain envers la Russie et son bilan de belliciste. A travers McCain, Washington fait l’éloge de sa propre folie guerrière.

Paul Craig Roberts

Traduction : Dominique Muselet

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Paul Craig Roberts – L’impuissance volontaire des gouvernements russe et chinois

L’impuissance volontaire des gouvernements russe et chinois

Coup de gueule de Paul Graig Roberts, il n’est pas content des Russes et des Chinois, il estime qu’ils se laissent trop faire et qu’ils « se sont fait avoir » par les US … Mais Par ailleurs il sait bien que Russes et Chinois (et de plus en plus d’autres nations) tentent de changer les choses et l’ordre mondial … On le voit bien, ils y vont doucement mais surement, et ça s’accélère de plus en plus . Mais pour PCR ce n’est pas assez radical . Moi je pense qu’ils mettront le coup décisif sur les US d’un coup soudain, quand ils auront bien positionné leurs pions . Z

Les gouvernements russe et chinois sont déconcertants. Avec toutes les cartes de la guerre de sanction en main, ils restent là sans la moindre idée quant à la façon de les jouer.

Les Russes ne recevront aucune aide des médias occidentaux, ce qui obscurcit le problème en faisant ressortir que le gouvernement russe ne veut pas priver ses citoyens de biens de consommation occidentaux, ce pourquoi sont précisément faites les sanctions de Washington.

Les gouvernements russe et chinois sont entre les mains de Washington parce que, pensant que le capitalisme a gagné, la Russie et la Chine ont rapidement adopté l’économie néolibérale étasunienne, qui est un stratagème de propagande au service des seuls intérêts étasuniens.

Depuis des années, la NASA est incapable de se passer des moteurs de fusées russes. Malgré toutes les sanctions, les insultes et les provocations militaires, le gouvernement russe livre toujours des moteurs à la NASA. Pourquoi ? Parce que les économistes russes disent au gouvernement que les monnaies étrangères sont essentielles au développement de la Russie.

L’Europe dépend de l’énergie russe pour faire tourner ses usines et pour rester au chaud en hiver. Mais la Russie ne coupe pas l’énergie en réponse à la participation de l’Europe aux sanctions de Washington, car les économistes russes disent au gouvernement que les monnaies étrangères sont essentielles au développement de la Russie.

Comme Michael Hudson et moi l’avons expliqué à plusieurs reprises, c’est une ineptie. Le développement de la Russie ne dépend nullement de l’acquisition de monnaies étrangères.

Les Russes sont aussi convaincus de la nécessité d’avoir des investissements étrangers. Cela ne sert qu’à drainer les profits de leur économie.

Convaincus aussi de devoir laisser échanger librement leur monnaie, les Russes mettent ainsi le rouble à la merci des manipulations sur les marchés des changes. Si Washington veut déclencher une crise monétaire en Russie, tout ce que doivent faire la Réserve fédérale et ses banques centrales vassales, japonaise, européenne et britannique, c’est de faire se déprécier [to short = court-circuiter ?] le rouble. Les fonds spéculatifs et les spéculateurs participent aux bénéfices.

L’économie néolibérale est un canular, et les Russes se sont laissés avoir.

De même les Chinois.

Supposez qu’au moment où toutes ces accusations contre la Russie ont commencé – prenez par exemple la douteuse attaque contre les Skirpals –, Poutine se soit rebiffé et ait déclaré : « Le gouvernement britannique est en train de mentir et tous les gouvernements, y compris celui de Washington, font écho à ce mensonge. La Russie considère que ce mensonge est très provocateur et qu’il fait partie d’une campagne de propagande visant à préparer les Occidentaux à quelque attaque militaire contre la Russie. Le flux constant de mensonges gratuits et de manœuvres militaires à nos frontières a convaincu la Russie que l’Occident a l’intention de faire la guerre. Il en résultera la destruction totale des États-Unis et de ses États marionnettes. »

Cela aurait mis fin aux provocations gratuites, aux manœuvres militaires et aux sanctions.

Au lieu de cela, nous entendons parler de « malentendus » avec nos « partenaires étasuniens ». Ainsi sont encouragés de nouveaux mensonges et d’autres provocations.

Ou, pour répondre plus modérément, Poutine aurait pu annoncer : « Comme Washington et ses serviles marionnettes européennes nous ont sanctionnés, nous coupons les moteurs de fusée à la NASA, toute l’énergie à l’Europe, le titane [*] aux compagnies aériennes étasuniennes, nous interdisons le survol d’avions cargo et de passagers étasuniens, et nous mettons en place des mesures punitives contre toutes les entreprises étasuniennes présentes en Russie. » [* NdT : Les Russes maîtrisant seuls la métallurgie du titane, ils fabriquent des pièces d’avions spéciales en titane pour la compagnie Boeing. Devant toutes ces incohérences, la logique impose de se demander si l’opposition entre Russie et États-Unis n’est pas un jeu de rôle.]

L’une des raisons pour laquelle la Russie ne fait pas cela, en plus de la croyance erronée en son besoin d’argent et de bonne volonté des Occidentaux, c’est peut-être que la Russie s’imagine à tort que Washington va lui voler son marché de l’énergie en Europe et y expédier son gaz naturel [liquéfié]. Aucune infrastructure de ce type n’existant, il faudrait plusieurs années pour les développer. D’ici là, l’Europe connaîtrait du chômage de masse et gèlerait pendant plusieurs hivers.

Et la Chine ? La Chine héberge un grand nombre de grandes compagnies étasuniennes, dont Apple, la plus grande société capitalisée du monde. La Chine pourrait tout simplement nationaliser sans compensation toutes les multinationales opérant en Chine, comme cela se fait en Afrique du Sud avec les fermiers blancs, sans que l’Occident ne proteste. Les multinationales submergeraient Washington de demandes de levée de toutes les sanctions contre la Chine et asserviraient complètement Washington au gouvernement chinois.

Ou, en plus, la Chine pourrait se débarrasser de la totalité de ses 1200 milliards de dollars en bons du Trésor étasunien. La Réserve fédérale imprimerait rapidement de l’argent pour les racheter afin que leur prix ne s’effondre pas. La Chine pourrait alors se débarrasser des dollars que la Fed a imprimés pour lui racheter les obligations. La Fed ne peut pas imprimer des monnaies étrangères pour racheter les dollars. Le dollar s’effondrerait et ne vaudrait pas un bolivar vénézuélien, sauf si Washington pouvait ordonner à ses banques centrales étrangères, japonaise, britannique et européenne, d’imprimer de l’argent dans leurs propres devises pour racheter les dollars. Cela, même si c’était respecté, engendrerait beaucoup de tension dans ce qui est appelé « l’alliance occidentale », qui est en réalité l’empire de Washington.

Pourquoi les Russes et les Chinois n’abattent-ils pas leurs cartes gagnantes ? Parce que ni l’un ni l’autre gouvernement n’ont de conseillers non endoctrinés par le néolibéralisme. Ce lavage de cerveau, mis en œuvre par les Étasuniens pendant les années Eltsine en Russie, y a été institutionnalisé. Piégée par ce conditionnement, la Russie est une cible facile pour Washington.

La Turquie est une opportunité parfaite pour la Russie et la Chine de faire un grand bond en avant en la sortant de l’OTAN. Les deux pays pourraient proposer à la Turquie d’adhérer aux BRICS, aux accords commerciaux et aux traités de sécurité communs. La Chine pourrait facilement racheter la monnaie turque sur les marchés des changes. La même chose pourrait être faite pour l’Iran. Mais ni la Russie ni la Chine ne semblent capables d’actions décisives. Les deux pays, tous deux attaqués comme l’est la Turquie par Washington, restent là à sucer leurs pouces.

Paul Craig Roberts

Ancien Secrétaire Adjoint au Trésor pour la politique économique, Paul Craig Roberts a tenu de nombreux postes universitaires, a été rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal, chroniqueur chez Business WeekScripps Howard News Service et Creators Syndicate, et il a écrit aussi de nombreux ouvrages, dont l’un, L’Amérique perdue : Du 11 septembre à la fin de l’illusion Obama, a été traduit en français.

Original : www.paulcraigroberts.org/2018/08/12/the-self-imposed-impotence-of-the-russian-and-chinese-governments/

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Publié par le 15 août 2018 dans général, International, Politique

 

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Paul Craig Roberts : Combien de temps la Réserve fédérale peut-elle éviter l’inévitable ?

Combien de temps la Réserve fédérale peut-elle éviter l’inévitable?

Quand les multinationales américaines et Wall Street vont-elles s’asseoir avec le président Trump et lui expliquer que sa guerre commerciale n’est pas avec la Chine mais avec elles. La plus grande partie du déficit commercial de l’Amérique avec la Chine est la production délocalisée des multinationales américaines. Lorsque les multinationales introduisent sur le marché des consommateurs américains les produits fabriqués en Chine, c’est considéré comme des importations en provenance de Chine.

Il y a six ans, alors que j’écrivais « The Failure of Laissez Faire Capitalism » [l’Echec du Capitalisme « Laissez Faire »], j’ai conclu que la moitié des importations américaines en provenance de Chine provenait de la production délocalisée de sociétés américaines. La délocalisation est un avantage substantiel pour les sociétés américaines en raison des coûts de main-d’œuvre et de conformité beaucoup moins élevés. Les bénéfices, les primes des dirigeants et les gains en capital des actionnaires bénéficient d’une forte impulsion grâce à la délocalisation. Les coûts de ces avantages pour quelques-uns tombent sur le grand nombre – les anciens employés américains qui avaient autrefois un revenu de la classe moyenne et les projets pour leurs enfants.

Dans mon livre, j’ai cité des preuves que pendant la première décennie du 21ème siècle « les Etats-Unis ont perdu 54.621 usines, et l’emploi manufacturier a chuté de 5 millions d’employés. Au cours de la décennie, le nombre de grandes usines (celles employant 1 000 employés ou plus) a diminué de 40%. Les usines américaines employant 500-1 000 travailleurs ont diminué de 44%; ceux qui employaient entre 250 et 500 travailleurs ont diminué de 37% et ceux qui employaient entre 100 et 250 travailleurs ont diminué de 30%. Ces pertes sont nettes des nouvelles entreprises. Toutes les pertes ne sont pas dues à la délocalisation. Certains sont le résultat de faillites d’entreprises »(p.100)

En d’autres termes, pour le dire le plus simplement et le plus clairement, des millions d’Américains ont perdu leur emploi de classe moyenne non pas parce que la Chine fût déloyale, mais parce que les sociétés américaines trahissaient le peuple américain et exportaient leurs emplois. « Make America Great Again » [Rendre l’Amérique belle à nouveau] signifie traiter avec ces sociétés, pas avec la Chine. Quand Trump apprendra cela, à supposer que quelqu’un le lui dise, va-t-il laisser la Chine tranquille et affronter les multinationales américaines?

La perte d’emplois dans la classe moyenne a eu un effet désastreux sur les espoirs et les attentes des Américains, sur l’économie américaine, sur les finances des villes et des États et par conséquent, sur leur capacité à remplir leurs obligations de retraite et à fournir des services publics, en réduisant la base d’imposition pour la sécurité sociale et l’assurance-maladie, menaçant ainsi ces éléments importants du consensus américain. Bref, l’élite corporatiste cupide s’est enrichie à un coût énorme pour le peuple américain et pour la stabilité économique et sociale des États-Unis.

La perte d’emplois due à la délocalisation a également eu un impact énorme et terrible sur la politique de la Réserve Fédérale. Avec la baisse de la croissance des revenus, l’économie américaine a calé. La Réserve fédérale d’Alan Greenspan a substitué une expansion du crédit à la consommation à la croissance manquante des revenus des consommateurs afin de maintenir la demande globale des consommateurs. Au lieu d’augmenter les salaires, Greenspan s’est appuyé sur une augmentation de la dette des consommateurs pour alimenter l’économie.

L’expansion du crédit et la hausse conséquente des prix de l’immobilier, ainsi que la déréglementation du système bancaire, en particulier l’abrogation de la loi Glass-Steagall, ont provoqué la bulle immobilière, la fraude et les dérivés adossés à des hypothèques qui ont mené au crash financier de 2007-2008.

La Réserve fédérale a réagi au crash non pas en renflouant la dette des consommateurs, mais en renflouant la dette de ses membres – les grandes banques. La Réserve fédérale a laissé les petites banques faire faillite et être rachetées par les grandes banques, augmentant ainsi la concentration financière. L’augmentation de plusieurs milliards de dollars dans le bilan de la Réserve fédérale s’est fait entièrement au profit d’une poignée de grandes banques. Jamais auparavant, dans l’histoire, une agence du gouvernement des États-Unis n’avait agi de façon aussi décisive au nom de la classe des possédants.

La façon dont la Réserve fédérale a sauvé les grandes banques irresponsables, qui auraient dû faire faillite et être démantelées, a été d’augmenter les prix des actifs toxiques dans les livres des banques en abaissant les taux d’intérêt. Pour être clair, les taux d’intérêt et les prix des obligations évoluent dans des directions opposées. Lorsque les taux d’intérêt sont abaissés par la Réserve fédérale, ce qu’elle réalise en achetant des titres de créance, les prix des obligations augmentent. A mesure que les divers risques liés à la dette évoluent ensemble, la baisse des taux d’intérêt fait augmenter les prix de tous les titres de créance, même en difficulté. L’augmentation des prix des titres de créance a produit des bilans solvables pour les grandes banques.

Pour atteindre son objectif, la Réserve Fédérale a dû abaisser les taux d’intérêt à zéro, ce que même la faible inflation rapportée a réduit à des taux d’intérêt négatifs. Ces faibles taux ont eu des conséquences désastreuses. D’une part, les taux d’intérêt bas ont provoqué toutes sortes de spéculations. D’autre part, les faibles taux d’intérêt privés réduisent les intérêts de leur épargne-pension, les obligeant à entamer leur capital, réduisant ainsi l’épargne des 90%. Le taux d’inflation a été sous-estimé ce qui a également empêché d’ajuster la sécurité sociale  au coût de la vie pour les retraités, les forçant à dépenser leur capital de retraite.
Les faibles taux d’intérêt ont également encouragé les conseils d’administration à emprunter de l’argent pour racheter les actions de leur société, augmentant ainsi le prix et par conséquent les primes et options d’achat des dirigeants et des administrateurs. En d’autres termes, les entreprises se sont endettées au bénéfice à court terme des dirigeants et des propriétaires. Les entreprises qui ont refusé de participer à cette escroquerie ont été menacées par Wall Street de prises de contrôle.

Par conséquent, aujourd’hui, la combinaison de la délocalisation et de la politique de la Réserve Fédérale nous a laissé une situation dans laquelle tous les aspects de l’économie sont endettés: les consommateurs, le gouvernement à tous les niveaux et les entreprises. Une récente étude de la Réserve Fédérale a conclu que les Américains sont tellement endettés et si pauvres que 41% de la population américaine ne peut pas rassembler 400 $ sans emprunter à la famille et aux amis ou vendre des biens personnels.

Un pays dont la population est endettée n’a pas de marché de consommation. Sans  consommateurs, il n’y a pas de croissance économique sauf les faux chiffres présentés par le gouvernement américain qui sous-estiment le taux d’inflation.

Sans croissance économique, les consommateurs, les entreprises, les gouvernements étatiques, locaux et fédéraux ne peuvent honorer leurs dettes et s’acquitter de leurs obligations.

La Réserve Fédérale a appris qu’elle peut maintenir à flot le système de Ponzi qu’est l’économie américaine en imprimant de l’argent avec lequel soutenir les prix des actifs financiers. La prétendue hausse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale ne veut pas dire que les taux d’intérêt réels augmentent. Même le taux d’inflation sous-estimé est plus élevé que la hausse des taux d’intérêt, ce qui fait que le taux d’intérêt réel baisse. Si le marché boursier essaie de se vendre, avant que beaucoup de dommages puissent être faits, la Réserve Fédérale intervient et achète des futures de Standand & Poor’s, augmentant ainsi les prix des actions.
Normalement, la création de monnaie par la Réserve fédérale, surtout en conjonction avec un niveau d’endettement aussi élevé du gouvernement des États-Unis et des gouvernements locaux et étatiques, des consommateurs et des entreprises, entraînerait une chute du taux de change du dollar américain. Pourquoi cela n’est-il pas arrivé?

Pour trois raisons. La première est que les banques centrales des trois autres monnaies de réserve – la banque centrale japonaise, la banque centrale européenne et la Banque d’Angleterre – impriment également de l’argent. Leur assouplissement quantitatif, qui continue encore, compense les dollars créés par la Réserve fédérale et empêche le dollar américain de se déprécier.

Une deuxième raison est que lorsque la suspicion sur la valeur du dollar fait monter le prix de l’or, la Réserve Fédérale ou ses banques d’investissement vendent des contrats à terme sur l’or avec des contrats nus. Cela fait baisser le prix de l’or. Dave Kranzler et moi-même avons publié de nombreux articles sur mon site Web qui prouvent que c’est le cas. Cela ne fait aucun doute.

La troisième raison est que les gestionnaires de fonds, les particuliers, les caisses de retraite, tout le monde et tout les autres aussi, préfèrent faire de l’argent que le contraire. Par conséquent, ils sont complices du système de Ponzi. Les personnes qui n’en ont pas bénéficié au cours de la dernière décennie sont celles qui ont compris qu’il s’agissait d’un stratagème de Ponzi mais n’ont pas réalisé la corruption qui sévissait obligeant la réserve fédérale et la banque centrale à continuer à nourrir la pyramide de Ponzi.

Comme je l’ai expliqué précédemment, le système de Ponzi s’effondre lorsqu’il devient impossible de continuer à soutenir le dollar aussi lourdement grevé que le dollar par les niveaux d’endettement et l’abondance des dollars qui pourraient être sous-évalués sur les marchés des changes.

C’est pourquoi Washington est déterminé à conserver son hégémonie. C’est l’hégémonie de Washington sur le Japon, l’Europe et le Royaume-Uni qui protège le système américain de Ponzi. Au moment où l’une de ces banques centrales cesserait de soutenir le dollar, les autres suivraient, et le système de Ponzi s’effondrerait. Si les prix de la dette et des actions américaines étaient réduits à leur valeur réelle, les États-Unis n’auraient plus leur place dans les rangs des puissances mondiales.

L’implication est que la guerre, et non la réforme économique, est l’avenir le plus probable de l’Amérique.
Dans une colonne ultérieure, j’espère expliquer pourquoi aucun des partis politiques américains n’a la conscience et la capacité de traiter les vrais problèmes.

Paul Craig Roberts

https://www.paulcraigroberts.org/2018/06/26/long-can-federal-reserve-stave-off-inevitable-paul-craig-roberts/

Via RI 

 
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Publié par le 27 juin 2018 dans économie, général, International

 

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Paul Craig Roberts : « La crise n’en est qu’à son premier stade »

La crise n’en est qu’à son premier stade

Encore une excellente analyse de Paul Craig Roberts … Pour lui « Tout au long de la guerre froide, jamais l’ambassadeur des États-Unis auprès des Nations Unies n’a parlé de façon agressive et irrespectueuse au représentant soviétique, comme le fait Nikki Haley s’adressant à l’ambassadeur russe » , et c’est vrai !! La guerre froide 2.0 est pire que la 1ere, plus dangereuse en tous cas … Z

Nombre de gens, dont le Président russe Poutine, demandent pourquoi les États-Unis ont lancé l’attaque illégale contre la Syrie, avant que les inspecteurs de l’OIAC n’examinent le site de la présumée attaque chimique.

Cette question populaire est complètement à côté de la plaque. L’attaque étasunienne est un crime de guerre manifeste et indiscutable contre un pays souverain, que la Syrie ait ou non employé l’arme chimique à Douma, lors de l’offensive contre les terroristes sponsorisés par Washington. Personne n’a fait en sorte d’empêcher ce crime de guerre. Quelques vassaux de Washington, à l’exemple de l’Allemagne et de l’Italie, ont refusé de s’impliquer, mais nul n’a tenté d’empêcher ce crime de guerre. L’impuissant Conseil de sécurité de l’ONU, auquel la Russie fait perdre son temps, l’UE, l’OTAN, la Russie et la Chine, n’ont rien fait pour prévenir ce crime de guerre de l’ère nazie de Washington.

Les autorités russes ont fait savoir que si l’attaque de Washington portait préjudice à leurs citoyens, il y aurait des conséquences militaires, mais les Russes n’ont pas protégé leur allié syrien de l’attaque.

L’attaque n’a peut-être aucune importance, puisque menée avec soin, de façon à n’avoir aucun autre effet que de servir à Trump pour sauver la face. Apparemment, il n’y a eu aucune victime et rien de concret n’a été endommagé, à part un établissement servant à la fabrication d’antivenin pour morsure de serpent.

Par contre, l’attaque est grave à cause de l’image qu’en ont fait les organes de la pressetituée étasunienne : une grande victoire étasunienne contre le diabolique gouvernement syrien et son allié, le malfaisant gouvernement russe. Fabriquée par les journalistes avec leurs nouvelles trompeuses, cette perception de l’événement justifie le crime de guerre et inspirera d’autres attaques contre la Syrie.

Il est peu probable que le Conseil de sécurité de l’ONU condamne Washington, qui paie 25% du budget de l’ONU. De plus, le Conseil de sécurité étant rempli de vassaux de Washington, ils ne voteront pas pour censurer leur suzerain. Poutine perd son temps à porter l’affaire devant le Conseil de sécurité, à moins qu’il espère prouver que toute l’institution occidentale est complètement corrompue. Comme la plupart des gens informés le savent déjà, je ne comprends l’intention de prouver ce que l’on sait déjà. Poutine devrait lire cet article d’Eric Zuesse avant de trop se fier à l’ONU.

J’ai écrit de nombreuses fois que j’admire la personnalité chrétienne de Poutine, qui pour épargner au monde le nombre énorme de victimes d’une guerre mondiale, élude les coups qu’il prend en permanence de Washington. Le problème est qu’en « tendant l’autre joue », Poutine encourage Washington à aggraver ses agressions. Poutine a affaire à des psychopathes néocons, pas à des gens raisonnables.

Tout au long de la guerre froide, jamais l’ambassadeur des États-Unis auprès des Nations Unies n’a parlé de façon agressive et irrespectueuse au représentant soviétique, comme le fait Nikki Haley s’adressant à l’ambassadeur russe. Pendant la guerre froide, aucun président étasunien n’aurait toléré Nikki Haley. La chienne folle aurait été virée sur-le-champ.

Devant un gouvernement étasunien où Trump a choisi Nikki Haley au poste de porte-parole du pays, où John Bolton, un belliciste néocons, a une influence majeure dans la politique militaire et étrangère, et où le président lui-même est menacé d’inculpation pour avoir voulu normaliser les relations avec la Russie, le gouvernement russe est piégé par ses illusions s’il pense avoir la moindre chance d’éviter la guerre.

Pour éviter la guerre qui vient, le mieux à faire, c’est de former l’alliance russo-sino-iranienne et provoquer une défaite des forces armées étasuniennes dans un contexte régional, ne valant pas que les psychopathes de Washington lancent les armes nucléaires. De fait, tant que l’Oncle Sam n’aura pas subi de dommages, ses vassaux européens, le Conseil de sécurité de l’ONU et l’OIAC, resteront avec lui. Dès qu’il subira une défaite, l’OTAN se dissoudra. Avec cette dissolution, sa couverture disparaîtra comme par enchantement, et il n’aura plus alors les moyens de menacer d’autres pays.

Paul Craig Roberts

Original : www.paulcraigroberts.org/2018/04/17/crisis-beginning-stages/
Traduction Petrus Lombard

 

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Paul Craig Roberts : « Le problème n’est pas résolu. La guerre se profile toujours à l’horizon »

L’humanité et la conscience morale des Russes ne peuvent rien changer

Lisez un peu cette superbe analyse de l’ancien Secrétaire Adjoint au Trésor US, et il a raison, rien n’est fini, ce à quoi nous assistons est une escalade sans fin qui pourrait mener au pire à n’importe quel moment si aucun camps n’abdique . Et il y a peu de chance que cela se produise , chacun est déterminé à défendre ses intérêts quoi qu’il en coûte . Les Russes sont clairement visés, accablés de toutes parts, sur tous les terrains . Impossible que cela ne dure, ou c’est fini pour eux . Quel est la finalité à tout cela ??? Une attaque directe contre la Russie ? Une déstabilisation du régime pour le ramener dans le giron occidental ? C’est sur, Poutine ne laissera jamais faire et les Russes feront en sorte que ça ne se produise jamais . Mais au delà, pensez à …. la Chine !!! Pensez vous que les Chinois ne savent pas qu’ils sont sur la liste ?? Ils prennent déjà des mesures avec entre autres la guerre économique contre les US . Quelle est la prochaine étape ? Les Chinois modernisent fortement leur armée … Nous sommes dans une nouvelle lutte pour l’hégémonie mondiale, et les enjeux sont énormes et nombreux . Il y a les « intérêts vitaux » de quelques pays (Russie, Chine, Iran etc, de plus en plus de pays sont concernés, ne serait ce que à cause de l’hégémonie du dollar qui devient inadmissible pour eux) qui sont clairement en cause . Bref la situation est vraiment compliquée, et nul ne sait comment ça se terminera . Selon Craig Roberts, les Russes auraient du frapper pendant la dernière attaque, tant qu’il est encore temps, pour affirmer une détermination sans faille et éviter une « destruction » inéluctable selon lui ! Analyse hallucinante à 1ere vue, mais qui pourrait bien être visionnaire . Z 

Il semble que, pour que Donald Trump puisse sauver la face, le gouvernement russe de Vladimir Poutine animé par son humanité et sa grandeur morale, ait consenti à laisser faire une attaque simulée. Malheureusement pour nous tous, ce que récolteront les Russes pour leur générosité, ce ne sera pas les remerciements qu’ils méritent. La Russie et Poutine n’auront pas le prestige d’avoir épargné à Trump de devoir reculer, ni de n’avoir pas coulé sa flotte et abattu ses bombardiers.

Les Russes veulent éviter le conflit. Ce n’est pas parce qu’ils ont peur de l’armée étasunienne, mais parce qu’ils savent avoir affaire à un régime de psychopathes qui ont non seulement volontairement détruit entièrement ou en partie sept pays musulmans au cours des 17 dernières années, mais aussi l’humanité entière. Poutine se dérobe donc à toute confrontation qu’ils orchestrent et s’en tient au droit international et aux règles juridiques.

Seulement, le résultat n’est pas ce à quoi s’attendrait quelqu’un d’humain. La bienveillance russe ne fait que pousser le mal qu’est l’Occident à faire plus de provocations.

Ce matin, j’ai rendu visite à un ami qui avait la télé allumée. Je ne pouvais pas croire les mensonges que Trump, les membres de son gouvernement, et la pressetituée racontaient au monde. C’était étonnant. Stephen Lendman parle ici de quelques-uns de ces mensonges.

Seuls les lecteurs de mon site Internet et quelques autres sauront que si des milliers de marins et des douzaines de pilotes étasuniens sont toujours en vie, c’est parce que les Russes leur ont épargné la vie.

Bien que le gouvernement russe soit animé de bonnes intentions, de conscience morale et de la considération envers les autres, il pousse le monde vers l’Armageddon. La raison en est que les néocons qui contrôlent la politique étrangère des États-Unis, ne cesseront pas d’orchestrer des événements qu’ils reprocheront aux Russes. Plus les Russes attendront avant de sévir enfin, plus les provocations s’accentueront. Les provocations successives acculeront les Russes à se rendre ou à la guerre nucléaire.

La dernière provocation en Syrie était idéale pour les Russes. Les Russes avaient tous les atouts militaires. Ils auraient pu facilement détruire tous les navires et tous les avions, et comme ils avaient annoncé clairement les conséquences à l’avance au monde, les États-Unis auraient reculé. Leur défaite sans un coup de feu, aurait sapé les néocons fous qui cherchent l’hégémonie mondiale.

Après une déclaration aussi claire des Russes, selon laquelle les forces étasuniennes allaient être entièrement anéanties, les chefs d’état-major interarmées étasuniens n’auraient pas attaqué.

Tant que les Russes s’accommoderont de l’agressivité de Washington, la malveillance de Washington empirera.

Je pense parfois que les Russes espèrent que les peuples occidentaux prendront conscience des affrontements dangereux et gratuits qui sont faits en leur nom. En fait, les peuples occidentaux sont impuissants. Ni Washington, ni ses régimes vassaux britanniques et français, ne consultent le peuple ou ses représentants élus avant de lancer une attaque militaire contre un autre pays. Ce fait démontre définitivement que ni les États-Unis, ni le Royaume-Uni, ni la France, n’ont de respect pour la loi et leurs propres démocraties, et que ces pays ont des régimes qui ne rendent aucun compte de leurs actions à leurs peuples. Les régimes britannique et français sont responsables devant Washington, et Washington est responsable devant le complexe militaro-sécuritaire et Israël, dont l’histoire montre qu’ils peuvent faire tomber tout sénateur ou député étasunien.

Si le gouvernement russe avait regardé aujourd’hui les médias télévisés étasuniens, il comprendrait la futilité qu’il y a à éviter les provocations de Washington. Non seulement les Russes noteraient les mensonges de Washington à propos du grand succès d’un non-événement, mais aussi que d’un côté, une grande victoire étasunienne était proclamée, et de l’autre, les alliés néocons de John Bolton racontaient que l’attaque ne suffisait pas pour mettre la Syrie et la Russie au pas.

La victoire et son insuffisance s’allient pour pousser à des provocations pires. La prochaine provocation sera orchestrée de manière à être plus favorable aux armements des États-Unis qu’à ceux de la Russie. Washington ne risquera plus une confrontation comme il l’a fait en Syrie, où il aurait manifestement perdu. Cela signifie que l’humanité et la conscience morale des Russes aboutiront à une confrontation bien plus dangereuse pour la Russie et pour nous tous.

Comme je l’ai écrit plus tôt aujourd’hui, « Il serait erroné de conclure que la diplomatie a prévalu et que Washington a retrouvé la raison. Rien ne pourrait être plus loin de la vérité. Le problème n’est pas résolu. La guerre se profile toujours à l’horizon. »

Paul Craig Roberts

Ancien Secrétaire Adjoint au Trésor pour la politique économique, Paul Craig Roberts a été rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal, chroniqueur chez Business WeekScripps Howard News Service et Creators Syndicate, il a écrit de nombreux ouvrages, dont l’un, L’Amérique perdue : Du 11 septembre à la fin de l’illusion Obama, a été traduit en français, et il a aussi été affecté à de nombreux postes universitaires.

Original : www.paulcraigroberts.org/2018/04/14/russias-humanity-moral-conscience-leading-war/
Traduction Petrus Lombard

 

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