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Paul Craig Roberts : Combien de temps la Réserve fédérale peut-elle éviter l’inévitable ?

Combien de temps la Réserve fédérale peut-elle éviter l’inévitable?

Quand les multinationales américaines et Wall Street vont-elles s’asseoir avec le président Trump et lui expliquer que sa guerre commerciale n’est pas avec la Chine mais avec elles. La plus grande partie du déficit commercial de l’Amérique avec la Chine est la production délocalisée des multinationales américaines. Lorsque les multinationales introduisent sur le marché des consommateurs américains les produits fabriqués en Chine, c’est considéré comme des importations en provenance de Chine.

Il y a six ans, alors que j’écrivais « The Failure of Laissez Faire Capitalism » [l’Echec du Capitalisme « Laissez Faire »], j’ai conclu que la moitié des importations américaines en provenance de Chine provenait de la production délocalisée de sociétés américaines. La délocalisation est un avantage substantiel pour les sociétés américaines en raison des coûts de main-d’œuvre et de conformité beaucoup moins élevés. Les bénéfices, les primes des dirigeants et les gains en capital des actionnaires bénéficient d’une forte impulsion grâce à la délocalisation. Les coûts de ces avantages pour quelques-uns tombent sur le grand nombre – les anciens employés américains qui avaient autrefois un revenu de la classe moyenne et les projets pour leurs enfants.

Dans mon livre, j’ai cité des preuves que pendant la première décennie du 21ème siècle « les Etats-Unis ont perdu 54.621 usines, et l’emploi manufacturier a chuté de 5 millions d’employés. Au cours de la décennie, le nombre de grandes usines (celles employant 1 000 employés ou plus) a diminué de 40%. Les usines américaines employant 500-1 000 travailleurs ont diminué de 44%; ceux qui employaient entre 250 et 500 travailleurs ont diminué de 37% et ceux qui employaient entre 100 et 250 travailleurs ont diminué de 30%. Ces pertes sont nettes des nouvelles entreprises. Toutes les pertes ne sont pas dues à la délocalisation. Certains sont le résultat de faillites d’entreprises »(p.100)

En d’autres termes, pour le dire le plus simplement et le plus clairement, des millions d’Américains ont perdu leur emploi de classe moyenne non pas parce que la Chine fût déloyale, mais parce que les sociétés américaines trahissaient le peuple américain et exportaient leurs emplois. « Make America Great Again » [Rendre l’Amérique belle à nouveau] signifie traiter avec ces sociétés, pas avec la Chine. Quand Trump apprendra cela, à supposer que quelqu’un le lui dise, va-t-il laisser la Chine tranquille et affronter les multinationales américaines?

La perte d’emplois dans la classe moyenne a eu un effet désastreux sur les espoirs et les attentes des Américains, sur l’économie américaine, sur les finances des villes et des États et par conséquent, sur leur capacité à remplir leurs obligations de retraite et à fournir des services publics, en réduisant la base d’imposition pour la sécurité sociale et l’assurance-maladie, menaçant ainsi ces éléments importants du consensus américain. Bref, l’élite corporatiste cupide s’est enrichie à un coût énorme pour le peuple américain et pour la stabilité économique et sociale des États-Unis.

La perte d’emplois due à la délocalisation a également eu un impact énorme et terrible sur la politique de la Réserve Fédérale. Avec la baisse de la croissance des revenus, l’économie américaine a calé. La Réserve fédérale d’Alan Greenspan a substitué une expansion du crédit à la consommation à la croissance manquante des revenus des consommateurs afin de maintenir la demande globale des consommateurs. Au lieu d’augmenter les salaires, Greenspan s’est appuyé sur une augmentation de la dette des consommateurs pour alimenter l’économie.

L’expansion du crédit et la hausse conséquente des prix de l’immobilier, ainsi que la déréglementation du système bancaire, en particulier l’abrogation de la loi Glass-Steagall, ont provoqué la bulle immobilière, la fraude et les dérivés adossés à des hypothèques qui ont mené au crash financier de 2007-2008.

La Réserve fédérale a réagi au crash non pas en renflouant la dette des consommateurs, mais en renflouant la dette de ses membres – les grandes banques. La Réserve fédérale a laissé les petites banques faire faillite et être rachetées par les grandes banques, augmentant ainsi la concentration financière. L’augmentation de plusieurs milliards de dollars dans le bilan de la Réserve fédérale s’est fait entièrement au profit d’une poignée de grandes banques. Jamais auparavant, dans l’histoire, une agence du gouvernement des États-Unis n’avait agi de façon aussi décisive au nom de la classe des possédants.

La façon dont la Réserve fédérale a sauvé les grandes banques irresponsables, qui auraient dû faire faillite et être démantelées, a été d’augmenter les prix des actifs toxiques dans les livres des banques en abaissant les taux d’intérêt. Pour être clair, les taux d’intérêt et les prix des obligations évoluent dans des directions opposées. Lorsque les taux d’intérêt sont abaissés par la Réserve fédérale, ce qu’elle réalise en achetant des titres de créance, les prix des obligations augmentent. A mesure que les divers risques liés à la dette évoluent ensemble, la baisse des taux d’intérêt fait augmenter les prix de tous les titres de créance, même en difficulté. L’augmentation des prix des titres de créance a produit des bilans solvables pour les grandes banques.

Pour atteindre son objectif, la Réserve Fédérale a dû abaisser les taux d’intérêt à zéro, ce que même la faible inflation rapportée a réduit à des taux d’intérêt négatifs. Ces faibles taux ont eu des conséquences désastreuses. D’une part, les taux d’intérêt bas ont provoqué toutes sortes de spéculations. D’autre part, les faibles taux d’intérêt privés réduisent les intérêts de leur épargne-pension, les obligeant à entamer leur capital, réduisant ainsi l’épargne des 90%. Le taux d’inflation a été sous-estimé ce qui a également empêché d’ajuster la sécurité sociale  au coût de la vie pour les retraités, les forçant à dépenser leur capital de retraite.
Les faibles taux d’intérêt ont également encouragé les conseils d’administration à emprunter de l’argent pour racheter les actions de leur société, augmentant ainsi le prix et par conséquent les primes et options d’achat des dirigeants et des administrateurs. En d’autres termes, les entreprises se sont endettées au bénéfice à court terme des dirigeants et des propriétaires. Les entreprises qui ont refusé de participer à cette escroquerie ont été menacées par Wall Street de prises de contrôle.

Par conséquent, aujourd’hui, la combinaison de la délocalisation et de la politique de la Réserve Fédérale nous a laissé une situation dans laquelle tous les aspects de l’économie sont endettés: les consommateurs, le gouvernement à tous les niveaux et les entreprises. Une récente étude de la Réserve Fédérale a conclu que les Américains sont tellement endettés et si pauvres que 41% de la population américaine ne peut pas rassembler 400 $ sans emprunter à la famille et aux amis ou vendre des biens personnels.

Un pays dont la population est endettée n’a pas de marché de consommation. Sans  consommateurs, il n’y a pas de croissance économique sauf les faux chiffres présentés par le gouvernement américain qui sous-estiment le taux d’inflation.

Sans croissance économique, les consommateurs, les entreprises, les gouvernements étatiques, locaux et fédéraux ne peuvent honorer leurs dettes et s’acquitter de leurs obligations.

La Réserve Fédérale a appris qu’elle peut maintenir à flot le système de Ponzi qu’est l’économie américaine en imprimant de l’argent avec lequel soutenir les prix des actifs financiers. La prétendue hausse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale ne veut pas dire que les taux d’intérêt réels augmentent. Même le taux d’inflation sous-estimé est plus élevé que la hausse des taux d’intérêt, ce qui fait que le taux d’intérêt réel baisse. Si le marché boursier essaie de se vendre, avant que beaucoup de dommages puissent être faits, la Réserve Fédérale intervient et achète des futures de Standand & Poor’s, augmentant ainsi les prix des actions.
Normalement, la création de monnaie par la Réserve fédérale, surtout en conjonction avec un niveau d’endettement aussi élevé du gouvernement des États-Unis et des gouvernements locaux et étatiques, des consommateurs et des entreprises, entraînerait une chute du taux de change du dollar américain. Pourquoi cela n’est-il pas arrivé?

Pour trois raisons. La première est que les banques centrales des trois autres monnaies de réserve – la banque centrale japonaise, la banque centrale européenne et la Banque d’Angleterre – impriment également de l’argent. Leur assouplissement quantitatif, qui continue encore, compense les dollars créés par la Réserve fédérale et empêche le dollar américain de se déprécier.

Une deuxième raison est que lorsque la suspicion sur la valeur du dollar fait monter le prix de l’or, la Réserve Fédérale ou ses banques d’investissement vendent des contrats à terme sur l’or avec des contrats nus. Cela fait baisser le prix de l’or. Dave Kranzler et moi-même avons publié de nombreux articles sur mon site Web qui prouvent que c’est le cas. Cela ne fait aucun doute.

La troisième raison est que les gestionnaires de fonds, les particuliers, les caisses de retraite, tout le monde et tout les autres aussi, préfèrent faire de l’argent que le contraire. Par conséquent, ils sont complices du système de Ponzi. Les personnes qui n’en ont pas bénéficié au cours de la dernière décennie sont celles qui ont compris qu’il s’agissait d’un stratagème de Ponzi mais n’ont pas réalisé la corruption qui sévissait obligeant la réserve fédérale et la banque centrale à continuer à nourrir la pyramide de Ponzi.

Comme je l’ai expliqué précédemment, le système de Ponzi s’effondre lorsqu’il devient impossible de continuer à soutenir le dollar aussi lourdement grevé que le dollar par les niveaux d’endettement et l’abondance des dollars qui pourraient être sous-évalués sur les marchés des changes.

C’est pourquoi Washington est déterminé à conserver son hégémonie. C’est l’hégémonie de Washington sur le Japon, l’Europe et le Royaume-Uni qui protège le système américain de Ponzi. Au moment où l’une de ces banques centrales cesserait de soutenir le dollar, les autres suivraient, et le système de Ponzi s’effondrerait. Si les prix de la dette et des actions américaines étaient réduits à leur valeur réelle, les États-Unis n’auraient plus leur place dans les rangs des puissances mondiales.

L’implication est que la guerre, et non la réforme économique, est l’avenir le plus probable de l’Amérique.
Dans une colonne ultérieure, j’espère expliquer pourquoi aucun des partis politiques américains n’a la conscience et la capacité de traiter les vrais problèmes.

Paul Craig Roberts

https://www.paulcraigroberts.org/2018/06/26/long-can-federal-reserve-stave-off-inevitable-paul-craig-roberts/

Via RI 

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Publié par le 27 juin 2018 dans économie, général, International

 

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Paul Craig Roberts : « La crise n’en est qu’à son premier stade »

La crise n’en est qu’à son premier stade

Encore une excellente analyse de Paul Craig Roberts … Pour lui « Tout au long de la guerre froide, jamais l’ambassadeur des États-Unis auprès des Nations Unies n’a parlé de façon agressive et irrespectueuse au représentant soviétique, comme le fait Nikki Haley s’adressant à l’ambassadeur russe » , et c’est vrai !! La guerre froide 2.0 est pire que la 1ere, plus dangereuse en tous cas … Z

Nombre de gens, dont le Président russe Poutine, demandent pourquoi les États-Unis ont lancé l’attaque illégale contre la Syrie, avant que les inspecteurs de l’OIAC n’examinent le site de la présumée attaque chimique.

Cette question populaire est complètement à côté de la plaque. L’attaque étasunienne est un crime de guerre manifeste et indiscutable contre un pays souverain, que la Syrie ait ou non employé l’arme chimique à Douma, lors de l’offensive contre les terroristes sponsorisés par Washington. Personne n’a fait en sorte d’empêcher ce crime de guerre. Quelques vassaux de Washington, à l’exemple de l’Allemagne et de l’Italie, ont refusé de s’impliquer, mais nul n’a tenté d’empêcher ce crime de guerre. L’impuissant Conseil de sécurité de l’ONU, auquel la Russie fait perdre son temps, l’UE, l’OTAN, la Russie et la Chine, n’ont rien fait pour prévenir ce crime de guerre de l’ère nazie de Washington.

Les autorités russes ont fait savoir que si l’attaque de Washington portait préjudice à leurs citoyens, il y aurait des conséquences militaires, mais les Russes n’ont pas protégé leur allié syrien de l’attaque.

L’attaque n’a peut-être aucune importance, puisque menée avec soin, de façon à n’avoir aucun autre effet que de servir à Trump pour sauver la face. Apparemment, il n’y a eu aucune victime et rien de concret n’a été endommagé, à part un établissement servant à la fabrication d’antivenin pour morsure de serpent.

Par contre, l’attaque est grave à cause de l’image qu’en ont fait les organes de la pressetituée étasunienne : une grande victoire étasunienne contre le diabolique gouvernement syrien et son allié, le malfaisant gouvernement russe. Fabriquée par les journalistes avec leurs nouvelles trompeuses, cette perception de l’événement justifie le crime de guerre et inspirera d’autres attaques contre la Syrie.

Il est peu probable que le Conseil de sécurité de l’ONU condamne Washington, qui paie 25% du budget de l’ONU. De plus, le Conseil de sécurité étant rempli de vassaux de Washington, ils ne voteront pas pour censurer leur suzerain. Poutine perd son temps à porter l’affaire devant le Conseil de sécurité, à moins qu’il espère prouver que toute l’institution occidentale est complètement corrompue. Comme la plupart des gens informés le savent déjà, je ne comprends l’intention de prouver ce que l’on sait déjà. Poutine devrait lire cet article d’Eric Zuesse avant de trop se fier à l’ONU.

J’ai écrit de nombreuses fois que j’admire la personnalité chrétienne de Poutine, qui pour épargner au monde le nombre énorme de victimes d’une guerre mondiale, élude les coups qu’il prend en permanence de Washington. Le problème est qu’en « tendant l’autre joue », Poutine encourage Washington à aggraver ses agressions. Poutine a affaire à des psychopathes néocons, pas à des gens raisonnables.

Tout au long de la guerre froide, jamais l’ambassadeur des États-Unis auprès des Nations Unies n’a parlé de façon agressive et irrespectueuse au représentant soviétique, comme le fait Nikki Haley s’adressant à l’ambassadeur russe. Pendant la guerre froide, aucun président étasunien n’aurait toléré Nikki Haley. La chienne folle aurait été virée sur-le-champ.

Devant un gouvernement étasunien où Trump a choisi Nikki Haley au poste de porte-parole du pays, où John Bolton, un belliciste néocons, a une influence majeure dans la politique militaire et étrangère, et où le président lui-même est menacé d’inculpation pour avoir voulu normaliser les relations avec la Russie, le gouvernement russe est piégé par ses illusions s’il pense avoir la moindre chance d’éviter la guerre.

Pour éviter la guerre qui vient, le mieux à faire, c’est de former l’alliance russo-sino-iranienne et provoquer une défaite des forces armées étasuniennes dans un contexte régional, ne valant pas que les psychopathes de Washington lancent les armes nucléaires. De fait, tant que l’Oncle Sam n’aura pas subi de dommages, ses vassaux européens, le Conseil de sécurité de l’ONU et l’OIAC, resteront avec lui. Dès qu’il subira une défaite, l’OTAN se dissoudra. Avec cette dissolution, sa couverture disparaîtra comme par enchantement, et il n’aura plus alors les moyens de menacer d’autres pays.

Paul Craig Roberts

Original : www.paulcraigroberts.org/2018/04/17/crisis-beginning-stages/
Traduction Petrus Lombard

 

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Paul Craig Roberts : « Le problème n’est pas résolu. La guerre se profile toujours à l’horizon »

L’humanité et la conscience morale des Russes ne peuvent rien changer

Lisez un peu cette superbe analyse de l’ancien Secrétaire Adjoint au Trésor US, et il a raison, rien n’est fini, ce à quoi nous assistons est une escalade sans fin qui pourrait mener au pire à n’importe quel moment si aucun camps n’abdique . Et il y a peu de chance que cela se produise , chacun est déterminé à défendre ses intérêts quoi qu’il en coûte . Les Russes sont clairement visés, accablés de toutes parts, sur tous les terrains . Impossible que cela ne dure, ou c’est fini pour eux . Quel est la finalité à tout cela ??? Une attaque directe contre la Russie ? Une déstabilisation du régime pour le ramener dans le giron occidental ? C’est sur, Poutine ne laissera jamais faire et les Russes feront en sorte que ça ne se produise jamais . Mais au delà, pensez à …. la Chine !!! Pensez vous que les Chinois ne savent pas qu’ils sont sur la liste ?? Ils prennent déjà des mesures avec entre autres la guerre économique contre les US . Quelle est la prochaine étape ? Les Chinois modernisent fortement leur armée … Nous sommes dans une nouvelle lutte pour l’hégémonie mondiale, et les enjeux sont énormes et nombreux . Il y a les « intérêts vitaux » de quelques pays (Russie, Chine, Iran etc, de plus en plus de pays sont concernés, ne serait ce que à cause de l’hégémonie du dollar qui devient inadmissible pour eux) qui sont clairement en cause . Bref la situation est vraiment compliquée, et nul ne sait comment ça se terminera . Selon Craig Roberts, les Russes auraient du frapper pendant la dernière attaque, tant qu’il est encore temps, pour affirmer une détermination sans faille et éviter une « destruction » inéluctable selon lui ! Analyse hallucinante à 1ere vue, mais qui pourrait bien être visionnaire . Z 

Il semble que, pour que Donald Trump puisse sauver la face, le gouvernement russe de Vladimir Poutine animé par son humanité et sa grandeur morale, ait consenti à laisser faire une attaque simulée. Malheureusement pour nous tous, ce que récolteront les Russes pour leur générosité, ce ne sera pas les remerciements qu’ils méritent. La Russie et Poutine n’auront pas le prestige d’avoir épargné à Trump de devoir reculer, ni de n’avoir pas coulé sa flotte et abattu ses bombardiers.

Les Russes veulent éviter le conflit. Ce n’est pas parce qu’ils ont peur de l’armée étasunienne, mais parce qu’ils savent avoir affaire à un régime de psychopathes qui ont non seulement volontairement détruit entièrement ou en partie sept pays musulmans au cours des 17 dernières années, mais aussi l’humanité entière. Poutine se dérobe donc à toute confrontation qu’ils orchestrent et s’en tient au droit international et aux règles juridiques.

Seulement, le résultat n’est pas ce à quoi s’attendrait quelqu’un d’humain. La bienveillance russe ne fait que pousser le mal qu’est l’Occident à faire plus de provocations.

Ce matin, j’ai rendu visite à un ami qui avait la télé allumée. Je ne pouvais pas croire les mensonges que Trump, les membres de son gouvernement, et la pressetituée racontaient au monde. C’était étonnant. Stephen Lendman parle ici de quelques-uns de ces mensonges.

Seuls les lecteurs de mon site Internet et quelques autres sauront que si des milliers de marins et des douzaines de pilotes étasuniens sont toujours en vie, c’est parce que les Russes leur ont épargné la vie.

Bien que le gouvernement russe soit animé de bonnes intentions, de conscience morale et de la considération envers les autres, il pousse le monde vers l’Armageddon. La raison en est que les néocons qui contrôlent la politique étrangère des États-Unis, ne cesseront pas d’orchestrer des événements qu’ils reprocheront aux Russes. Plus les Russes attendront avant de sévir enfin, plus les provocations s’accentueront. Les provocations successives acculeront les Russes à se rendre ou à la guerre nucléaire.

La dernière provocation en Syrie était idéale pour les Russes. Les Russes avaient tous les atouts militaires. Ils auraient pu facilement détruire tous les navires et tous les avions, et comme ils avaient annoncé clairement les conséquences à l’avance au monde, les États-Unis auraient reculé. Leur défaite sans un coup de feu, aurait sapé les néocons fous qui cherchent l’hégémonie mondiale.

Après une déclaration aussi claire des Russes, selon laquelle les forces étasuniennes allaient être entièrement anéanties, les chefs d’état-major interarmées étasuniens n’auraient pas attaqué.

Tant que les Russes s’accommoderont de l’agressivité de Washington, la malveillance de Washington empirera.

Je pense parfois que les Russes espèrent que les peuples occidentaux prendront conscience des affrontements dangereux et gratuits qui sont faits en leur nom. En fait, les peuples occidentaux sont impuissants. Ni Washington, ni ses régimes vassaux britanniques et français, ne consultent le peuple ou ses représentants élus avant de lancer une attaque militaire contre un autre pays. Ce fait démontre définitivement que ni les États-Unis, ni le Royaume-Uni, ni la France, n’ont de respect pour la loi et leurs propres démocraties, et que ces pays ont des régimes qui ne rendent aucun compte de leurs actions à leurs peuples. Les régimes britannique et français sont responsables devant Washington, et Washington est responsable devant le complexe militaro-sécuritaire et Israël, dont l’histoire montre qu’ils peuvent faire tomber tout sénateur ou député étasunien.

Si le gouvernement russe avait regardé aujourd’hui les médias télévisés étasuniens, il comprendrait la futilité qu’il y a à éviter les provocations de Washington. Non seulement les Russes noteraient les mensonges de Washington à propos du grand succès d’un non-événement, mais aussi que d’un côté, une grande victoire étasunienne était proclamée, et de l’autre, les alliés néocons de John Bolton racontaient que l’attaque ne suffisait pas pour mettre la Syrie et la Russie au pas.

La victoire et son insuffisance s’allient pour pousser à des provocations pires. La prochaine provocation sera orchestrée de manière à être plus favorable aux armements des États-Unis qu’à ceux de la Russie. Washington ne risquera plus une confrontation comme il l’a fait en Syrie, où il aurait manifestement perdu. Cela signifie que l’humanité et la conscience morale des Russes aboutiront à une confrontation bien plus dangereuse pour la Russie et pour nous tous.

Comme je l’ai écrit plus tôt aujourd’hui, « Il serait erroné de conclure que la diplomatie a prévalu et que Washington a retrouvé la raison. Rien ne pourrait être plus loin de la vérité. Le problème n’est pas résolu. La guerre se profile toujours à l’horizon. »

Paul Craig Roberts

Ancien Secrétaire Adjoint au Trésor pour la politique économique, Paul Craig Roberts a été rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal, chroniqueur chez Business WeekScripps Howard News Service et Creators Syndicate, il a écrit de nombreux ouvrages, dont l’un, L’Amérique perdue : Du 11 septembre à la fin de l’illusion Obama, a été traduit en français, et il a aussi été affecté à de nombreux postes universitaires.

Original : www.paulcraigroberts.org/2018/04/14/russias-humanity-moral-conscience-leading-war/
Traduction Petrus Lombard

 

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L’Amérique perdue ou comment les « services » et les médias contrôlent les citoyens

« AFIN DE POUVOIR ÊTRE EN SÉCURITÉ, LES AMÉRICAINS DOIVENT ÉGALEMENT CONSENTIR À ÊTRE ESPIONNÉS SUR CHAQUE COURRIEL, CHAQUE SITE INTERNET VISITÉ, CHAQUE APPEL TÉLÉPHONIQUE, CHAQUE LETTRE ÉCRITE, CHAQUE UTILISATION DE CARTE DE CRÉDIT… LES CITOYENS NE SERONT PAS EN SÉCURITÉ S’ILS N’ACCEPTENT PAS DE VIVRE SOUS L’ÉTAT POLICIER LE PLUS ABSOLU DE L’HISTOIRE DE L’HUMANITÉ ».

Cette citation tirée de la préface du livre de Paul Craig Roberts illustre la problématique de son livre (L’Amérique perdue, du 11 septembre à la fin de l’illusion Obama, éditions Xenia) sur la fabrique du consentement ou comment une oligarchie puissamment aidée par la presse dominante met en fermage une population peu armée pour résister à cette mise en coupe réglée.

Paul Craig Roberts n’a rien d’un hurluberlu et connaît le système de l’intérieur. Économiste, ancien membre de l’équipe de Reagan, membre de l’Institut Hoover, opposant résolu de la politique de George Bush et des néoconservateurs, il anime un blog suivi par des millions d’américains. Son livre reprend l’essentiel de ses articles entre août 2008 et novembre 2016 au lendemain de l’élection de Donald Trump.

Wikileaks fournit une bonne illustration d’une politique de répression systématique contre ceux qui s’opposent à l’empire. Julian Assange citoyen australien vit comme un reclus depuis juin 2012 à l’ambassade d’Equateur à Londres craignant d’être extradé d’abord en Suède (à la suite d’une plainte fantaisiste d’agression sexuelle) puis aux Etats-Unis où Mike Huckabee ancien gouverneur de l’Arkansas et ex-candidat républicain à la présidence réclame ouvertement sa mise à mort. Amazon à la suite des pressions américaines a renoncé à diffuser les informations contenues dans les documents de Wikileaks. Les très nombreux médias influencés par George Soros ne seront pas en reste pour discréditer Assange.

Analysant l’élection présidentielle de novembre 2016 qui a vu la victoire de Donald Trump alors que les médias américains soutenaient quasi unanimement Clinton, Craig Roberts constate que « les médias prostitués et les institutions politiques des deux partis n’ont aucune crédibilité auprès du peuple américain ».

Il détaille ce qu’il considère comme une alliance entre les médias dominants (New York Times en tête) et l’État profond militaro-industriel pour développer l’atmosphère d’une nouvelle guerre froide avec la Russie, susceptible de relancer la course à l’armement et ses juteux profits, au risque de conflits qui pourraient embraser la planète. Son dernier article écrit au lendemain de la victoire de Trump envisagée comme une défaite majeure de l’oligarchie semble toutefois pêcher par optimisme au regard de l’alignement (contraint ?) de Trump sur les intérêts militaro-industriels des États-Unis quelques semaines après son élection. Au total ce gros livre renforcé d’un index sera utile à qui veut découvrir l’envers du décor de la politique de Washington ainsi que les relations complexes entre politiciens, industriels et professionnels du renseignement ou des médias.

OJIM, le 15 mai 2017

VOIR AUSSI : TRUMP CONTRE LES MÉDIAS ET LE « DEEP STATE »

L’Amérique perdue, du 11 septembre à la fin de l’illusion Obama, Paul Craig Roberts, éditions Xenia, 2017, 583p, 29 €

Source: Ojim.fr

 

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Paul Craig Roberts : Tout « Effondrement majeur » est précédé du désastre dans lequel nous nous trouvons!

Nous voyons actuellement une distorsion sur la « parité des risques » (une panique ?)  : Un Découplage entre le marché obligataire et le marché action : le Dow tombe en dessous de 21k, les Rendements du 30Y approchant 3.10% … Quelque chose se brise… 

Les modèles d‘optimisation de portefeuille n‘ont cessé d‘évoluer . Le concept de parité de risque repose sur le principe selon lequel les différentes classes d‘actifs d’un portefeuille doivent contribuer de manière égale au risque global. Les classes d’actifs sont donc pondérées en fonction non pas de leurs performances attendues, mais bien de leur contribution à la volatilité du portefeuille.

Une répartition des investissements entre différentes classes d’actifs, faiblement corrélées entre elles, permet d‘optimiser le couple rendement/risque d’un portefeuille.

Cette diversification consiste en une répartition statique du capital entre trois grandes classes d’actifs traditionnels : actions, obligations et liquidités. (l’or aussi ..)

Donc lorsque la « parité des risques » commence à se distordre ainsi, nous savons qu’il y a des turbulences sur les marchés financiers – qui risquent de s’amplifier . Ce sont les signes d’un effondrement qui à déjà commencé et qui s’accélère .  

Ce qui nous amène à Paul Craig Roberts : Tout « Effondrement majeur » est précédé du désastre dans lequel nous nous trouvons !

Bien que l’indice Dow Jones vient de clôturer juste au dessus des 21.000 points ce vendredi 03 Mars 2017, peu de gens croient en cette tendance haussière. En fait, Paul Craig Roberts, l’ancien fonctionnaire du Trésor américain, vient d’expliquer sur kingworldnews que ce à quoi nous assistons actuellement, ne s’observe qu’avant un effondrement majeur.

Eric King: « Comme nous, vous assistez à de nombreuses faillites dans le commerce de détail ainsi qu’à énormément de fermetures de magasins. Que se passe t-il se passe réellement dans l’économie ? »

Paul Craig Roberts: «Il n’y a pas eu de croissance du revenu médian des familles depuis plusieurs décennies. Il n’y a donc pas de revenu discrétionnaire parmi la population. Par conséquent, il n’y a pas de croissance des ventes au détail. On a uniquement obtenu qu’un appauvrissement de la population…

Eric, cet appauvrissement impacte aussi bien les jeunes que les personnes âgées. Les jeunes américains par exemple, sortent de l’université avec un endettement substantiel en ayant contracté d’importants prêts étudiants, mais malheureusement à la fin de leurs études, pour la plupart d’entre eux, les emplois ne sont pas à la hauteur de ce qu’on leur avait promis.

La génération du millénaire et la mort du commerce de détail

Vous avez la moitié des jeunes qui vivent encore à la maison avec leurs parents parce qu’ils n’arrivent pas à décrocher un emploi leur permettant de prendre leur indépendance. Ainsi, les ménages ne se forment pas. Les achats de meubles ou d’appareils électroménagers ne se font pas. Par conséquent, tout ceci est en train de tuer le commerce de détail.

A l’autre extrémité de la pyramide des âges, l’épargne des retraités ne rapporte plus rien depuis que les quantitative easing (planche à billets) ont été mis en place en 2008-2009. Nous avons des taux d’intérêt nuls, donc les retraités ne dégagent aucun revenu complémentaire de leur épargne. En plus de cela, la sous estimation de l’inflation signifie que ce qu’ils perçoivent de la sécurité sociale n’est plus réajusté à l’augmentation du coût de la vie. L’inflation continue de croître, mais elle n’est tout simplement plus prise en compte.

Ce à quoi nous assistons, ne s’observe qu’avant un effondrement majeur

Maintenant, nous commençons à voir la faillite des fonds de pension. Un régime de retraite syndical vient simplement de faire faillite, et on s’attend à d’autres faillites entre les régimes de retraite des fonctionnaires municipaux et nationaux. Nous faisons donc face à une sorte d’effondrement des revenus qui touche probablement 90 % de la population américaine…

 

Ecoutez ci-dessous l’intégralité de l’incroyable interview audio de Paul Craig Roberts

Source: kingworldnews – Via BB

 
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Publié par le 6 mars 2017 dans économie, général, International

 

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Pour en finir avec le grand cirque électoral yankee… (Paul Craig Roberts)

Mise à jour suite à recherche de R71:

Suite à une recherche rapide et après la remarque pertinente de PCR ci-dessous disant qu’effectivement nous ne saurons qui est véritablement Trump que lorsqu’il aura nommé son cabinet ministériel. Voici ce que nous avons trouvé dans le projet de nomination, précisons que ce n’est qu’un projet rien n’est fait mais on a déjà une petite idée:

  • Secretary of State (ministre des affaires étrangères):
    En tête de liste, un vétéran de la politique Newt Gingrich, qui n’a pas vraiment de casseroles au cul. Derrière lui sur la liste vient Bob Corker, sénateur du Tennessee sur toile de fond de construction/BTP (contrats de politique de « grands travaux » envisagés par Trump ?…). Supporteur du traité de limitation des armes nucléaires, contre la régulation sur la détention d’armes et soutient les guerres en Irak et Afghanistan.
    3ème sur la liste, là çà craint un max: John Bolton
    nouveau con, membre du think tank PNAC (qui avait pondu le rapport mentionnant un nouveau Pearl Harbor pour faire passer la pilule N.O.M) et du Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA), ex membre du cabinet de Deubeuliou Bush, architecte du mensonge des armes de destruction massive en Irak et sur la liste de War Criminals Watch, a échappé à une arrestation citoyenne en GB en 2008.
    Il est celui que la clique nouveau cons poussera à ce poste.
  • Secretary of Treasury (ministre des finances): Steve Mnuchin, Yale, ex-Goldman-Sachs a travaillé pour George Soros…
  • Secretary of Commerce (ministre du commerce): Lew Eisenberg, fnancier, ex-Golman-Sachs…
  • Secretary of Defense (ministre de la défense): ex-General Mike Flynn, ex-directeur du renseignement militaire (DIA), qui affirma il y a quelques mois lors d’un entretien presse qui avait fait beaucoup de bruit que les USA avaient créé l’EIIL/Daesh et en entraînaient les cadres.

A suivre donc, mais des nouveaux cons et des sbires des suspects habituels de Goldman Sachs sont déjà en position… En d’autres termes, le renard est-il déjà dans le poulailler ?

La classe laborieuse a gagné les élections

L’élection présidentielle américaine est historique parce que le peuple américain a été capable de battre les oligarques. Hillary Clinton, agent de l’oligarchie, a été battue malgré la campagne médiatique vicieuse qui fut menée contre Donald Trump. Ceci montre que les médias et l’establishment politique des partis politiques n’ont plus aucune crédibilité au sein du peuple américain.

Nous verrons si Trump pourra sélectionner et nommer un gouvernement qui le servira dans ses buts de restaurer les emplois pour les Américains et de réétablir des relations amicales et respectueuses avec la Russie, la Chine, la Syrie et l’Iran.

Nous verrons également comment l’oligarchie va répondre à la victoire de Trump. Wall Street et la Réserve Fédérale peuvent provoquer une grave crise économique afin de mettre Trump sur la défensive et ils pourront utiliser cette crise pour forcer Trump à nommer quelqu’un des leurs comme secrétaire au trésor (NdT: ministre des finances). Des agents parias de la CIA et du Pentagone peuvent provoquer une attaque faux-drapeau qui ferait capoter les relations avec la Russie. Trump pourrait bien faire une erreur et maintenir des néoconservateurs au sein de son gouvernement.

Au moins avec Trump, il y a quand même un espoir. A moins qu’il ne soit obtrué par le mauvais jugement dans ses nominations et par les obstacles qui seront mis sur son chemin, nous devrions nous attendre à la fin du conflit avec la Russie orchestré par Washington, le retrait des missiles de la frontière russe en Pologne et en Roumanie, la fin du conflit en Ukraine et la fin des efforts de Washington pour renverser le gouvernement syrien. Mais de telles réalisations impliquent la défaite de l’oligarchie américaine. Bien que Trump ait battu Hillary, l’oligarchie existe toujours et elle est toujours extrêmement puissante.

Trump a dit qu’il ne voyait plus aucune nécessité pour l’OTAN quelques 25 ans après la chute de l’URSS. S’il maintient cette vision, cela veut dire gros changement politique à venir pour les vassaux de Washington dans l’UE. L’hostilité actuelle envers la Russie menée par l’UE et les officiels de l’OTAN devra cesser. La chancelière allemand Merkel devra changer de politique ou être remplacée. Le SG de l’OTAN Jens Stoltenberg devra être viré.

Nous ne savons pas encore qui Trump va sélectionner pour servir dans son gouvernement. Il est plus que probable que Trump ne soit pas très familier avec les différentes possibilités et leurs positions sur ces affaires. Ceci va vraiment dépendre de qui le conseille et quels types de conseils lui sont prodigués. Une fois son gouvernement dévoilé, alors nous saurons si nous pouvons espérer que ces projets de changements se réalisent.

Si l’oligarchie se trouve dans l’incapacité de contrôler Trump et s’il réussit à museler le pouvoir et le budget du complexe militaro-industriel et s’il parvient à rendre le secteur financier politiquement responsable, alors Trump pourra être assassiné.

Trump a dit qu’il ferait mettre Hillary en prison. Il devra d’abord la traduire devant la justice pour trahison et crimes de guerre avec toute la clique de néoconservateurs. Ceci nettoierait le pont du navire pour la paix avec les deux autres puissances nucléaires majeures sur lesquelles les néoconservateurs veulent posséder une hégémonie. Bien que les néoconservateurs auraient toujours des contacts au sein de l’état profond caché, il serait néanmoins beaucoup plus difficile pour cette vermine d’organiser des faux-drapeaux ou un assassinat. Des éléments incontrôlés du complexe militaro-industriel pourrait bien mener un assassinat, mais sans les néocons au gouvernemernt pour couvrir leur méfait, ce sera bien plus difficile.

Trump a bien plus de compréhension et de vision que ses opposants ne le réalisent. Pour un homme comme Trump, risquer de se faire tant d’ennemis puissants et de risquer sa richesse et sa réputation, il devait savoir que le mécontentement du peuple avec sa classe dirigeante voulait dire qu’il pouvait être élu président.

Nous ne saurons pas à quoi nous attendre tant que nous n’aurons pas vu qui seront ses ministres et secrétaires d’état. Si c’est la clique habituelle, alors nous saurons que Trump a été capturé.

Un résultat heureux et qui durera de cette élection est le discrédit total des médias américains. Ils avaient prédit une victoire très facile pour Hillary Clinton et même un contrôle du sénat par les démocrates. Plus important encore que la perte d’influence et de crédibilité des médias et malgré une vicieuse campagne anti-Trump pendant les primaires des présidentielles, les médias n’ont eu absolument aucun effet en dehors des côtes Nord-Est et Ouest, les bastions usuels du 1%. Le reste du pays a totalement ignoré les médias.

Je ne pensais pas que l’oligarchie aurait permis à Trump de l’emporter. Mais il semblerait que les oligarques furent trompés par la propagande de leurs propres médias. Assurés qu’ils étaient d’une victoire facile d’Hillary, ils n’étaient pas du tout préparés à mettre en pratique des plans pour voler les élections.

Hillary est battue et hors circuit, mais pas les oligarques. Si on conseille à Trump d’être conciliant, de tendre la main et de prendre l’establishment usuel dans son gouvernement, alors le peuple américain sera une nouvelle fois déçu. Dans un pays où les institutions ont été tant corrompues par l’oligarchie, il y est très difficile de parvenir à un véritable changement sans effusion de sang.

url de l’article original:

http://www.paulcraigroberts.org/2016/11/09/the-working-class-won-the-election-paul-craig-roberts/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 
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Publié par le 15 novembre 2016 dans général, International, Politique

 

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Paul craig roberts – Les progressistes préfèrent la guerre nucléaire aux Blancs pauvres

La préférence de l’électorat étasunien envers Donald Trump et Bernie Sanders, a mis deux faits en évidence. L’un est que la majorité des Étasuniens ne mordent pas à l’hameçon des médias. L’autre est que seuls les « progressistes » et les « libéraux », qui habitent sur les côtes nord-est de l’Atlantique et occidentales du Pacifique, font confiance à la pressetituée.

    L’élection de Trump à la présidence a confirmé la profonde conviction de ces gens imbus de leur personne, que les USA sont un pays de pauvres Blancs racistes. Aujourd’hui, ils nous l’ont répété toute la journée.

 

    De ces gens et de la pressetituée, nous entendons dire que la suprématie blanche a élu Trump. C’est leur propagande, dont l’intention est de discréditer l’administration Trump avant son intronisation. Il est bizarre que la suprématie blanche ait déjà élu deux fois un Noir, Obama.

 

    Truthout l’a complètement oublié. John Knefel déclare: « Les David Duke du monde prévalent. »

 

    Kelly Hayes déclare, « La suprématie blanche a élu Donald Trump. »

 

    Selon William Rivers Pitt, « Nous avons choisi un fasciste que Mussolini reconnaîtrait à vue. »

 

    Hillary n’a remporté qu’une poignée d’États, États qui sont les lieux favoris des Un Pour Cent. Malgré cela, Amy Goodman de Democracy Now voit maintenant du sens dans ce que dit l’écrivain politique John Nichols, selon qui, comme Hillary a remporté New York et la Californie, elle a gagné le vote populaire et devrait être à la Maison Blanche. Je me souviens, il y a quelques jours, George Soros disait que Trump gagnerait le vote populaire, mais le vote électoral irait à Hillary, en débarrassant ainsi les oligarques de Trump.

 

    Earth Justice promet de tenir Trump responsable. Trump qui prévoit de mettre fin à la menace de guerre nucléaire avec la Russie et la Chine, faisant ainsi plus pour sauver la vie animale et humaine que l’intégralité du Parti démocrate et des organisations environnementales, va être tenu responsable par une organisation qui est en dehors de la politique et est vouée à la préservation des animaux de la destruction.

 

    L’ACLU, dont je suis membre, a aussi mis en demeure le président élu qui a dit qu’il nous sauverait de la guerre nucléaire. Devant une idiotie pareille de l’ACLU, je ne renouvellerai pas mon adhésion.

 

    Les féministes nous racontent que nous sommes « en deuil, effrayés et en état de choc », et qu’« il est essentiel que nous nous soutenions mutuellement. »

 

    Jeremy Ben-Ami de la communauté juive de J Street, nous dit que c’est « une journée incroyablement triste et difficile. Pour les dizaines de millions d’Étasuniens qui partagent un corps de croyances en la tolérance, la décence et la justice sociale, les résultats des élections sont un grave choc. En ce moment éprouvant, nous nous tournons les uns vers les autres pour le confort et la communauté. Au cours de cette élection, J Street a clairement exprimé notre conviction que Donald Trump n’est pas apte à être président des USA. »

 

    Van Jones, commentateur de CNN, a dit que l’élection de Trump est un cauchemar, « un moment profondément douloureux », « une violente réaction des Blancs » contre les minorités. Alors qu’il se lamentait du chagrin infligé à la pauvre petite pressetituée, Van Jones n’a pas craint d’insulter l’électorat et le nouveau président élu. Après tout, Van Jones considère cela comme sa prérogative raciste.

 

    Comme ça, la clique d’imbus d’eux-mêmes préfère Hillary, en dépit de son attitude non équivoque poussant à maximiser le conflit avec la Russie et la Chine, déclencher un conflit militaire direct entre les USA et la Russie en imposant une zone d’exclusion aérienne en Syrie, attaquer l’Iran et les autres cibles d’Israël, enrichir davantage ses manipulateurs de Wall Street en privatisant la sécurité sociale, et empêcher toute contestation de la classe des gens humbles envers ses manières tyranniques. Si William Rivers Pitt considère que Trump est un fasciste mussolinien, c’est que Trump est trop modéré pour lui. Pitt préfère Hillary, un Hitler puissance trois.

 

    Les progressistes se sont totalement discrédités, tout comme la pressetituée. Leur besoin de croque-mitaine pour nourrir leur hystérie révèle un sérieux trouble psychologique. En fait, ils préfèrent le risque d’Armageddon à la paix entre puissances nucléaires. Comme leurs 501(c)3s [*] vivent aux crochets des contributions de grands groupes, ils préfèrent les bénéfices des multinationales aux emplois des gens ordinaires.


[* NdT :
501(c)3s est la sous-section de l’Internal Revenue Code régissant le statut des organismes sans but lucratif, voués exclusivement à des fins religieuses, de bienfaisance, scientifiques, éducatives etc. Les organisations classées 501(c)3s sont exonérées de l’impôt fédéral et, dans la plupart des cas, les cotisations et les dons qui leur sont versés sont aussi exonérés d’impôt… Paul Craig Roberts parle donc des fameuses fondations des zélites.]

 

    Ce sont ces gens qui se considèrent nos guides, et les meilleurs.

 

    Si seulement Trump pouvait en exiler une charretée. Ils sont anti-étasuniens jusqu’au trognon.

www.paulcraigroberts.org/2016/11/09/progressives-prefer-nuclear-war-to-white-trash-americans-paul-craig-roberts/

Traduction Petrus Lombard

 
 

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