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Archives de Tag: obligataire

Paul Jorion : « Une crise obligataire va nécessairement avoir lieu ! »

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Publié par le 12 février 2018 dans économie, général, International, Vidéos (Toutes)

 

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Un krach obligataire est-il désormais inéluctable ?

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La vidéo ici

Olivier Delamarche répète ce que j’expliquais hier en somme … 

Depuis quelques jours, cela tangue sérieusement sur les marchés obligataires, avec des taux longs américains qui sont rapidement remontés à 2.85%. Est-on entré en zone critique ? Le point de vue d’Olivier Delamarche, fondateur de Triskelion Wealth Management

 
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Publié par le 6 février 2018 dans économie, général, International, Vidéos (Toutes)

 

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Marché obligataire : ce que le président Trump ne calculera pas

La hausse irrésistible des taux d’intérêts va progressivement allumer la mèche, ce qui commence d’ores et déjà à se produire car nous atteignons le niveau clef des 2.7 % , le niveau critique (2.6)  prédit par les plus grands investisseurs – qui a directement déclenché une chute des marchés .  Z

 Les déficits n’ont pas d’importance, jusqu’au moment où ils en ont. Le marché obligataire commence à trouver que c’est le cas.

Qu’il s’agisse de sexe, de guerre… ou du financeument par la monnaie factice… tant que ce n’est pas terminé, personne ne fait attention au coût.

Vous pouvez nous citer, chez lecteur.

Le président des Etats-Unis a fait son discours sur l’état de l’Union. Coïncidence (ou pas), la star du X Stormy Daniels – avec qui Trump aurait eu une histoire, selon le Wall Street Journal – était invitée dans une émission de divertissement à peu près au même moment.

Aucune des deux célébrités n’a fait le calcul.

Explosion de déficits à plus de 1 000 Mds$

Les déficits fédéraux américains devraient dépasser 1 000 Mds$ par an, à commencer l’an prochain – alors qu’aucune urgence n’est en vue .

Au cours de ce siècle, la dette américaine s’est développée huit fois plus vite que le PIB.

On estime que la dette totale américaine atteindra les 30 000 Mds$ d’ici 10 ans. Cependant, il est plus probable qu’elle atteigne les 40 000 Mds$ lorsque les déficits exploseront durant la prochaine récession.

Les programmes de subventions et d’aide sociale n’ont pas de date limite. Ils augmentent – sans que le Congrès ait son mot à dire – simplement parce que les gens vieillissent.

Les compères des secteurs de la défense, de l’industrie et de la lutte contre le terrorisme ont pour leur part une telle mainmise sur le Congrès que des augmentations leur sont pratiquement garanties – et peu importe l’ampleur des arnaques ainsi financées.

Quant aux gens qui pourraient mettre un frein à tout cela – les conservateurs budgétaires à l’ancienne –, ils ont disparu.

Tout ce qu’il nous reste, ce sont les conservateurs « culturels », prêts à intervenir partout, à tout moment, pour refaire le monde à leur propre image.

Déroute obligataire

Nous ne sommes que des observateurs. Nous ne nous permettrions pas de changer quoi que ce soit même si nous le pouvions.

Mais ce que nous voyons, c’est une force irrésistible qui se dirige tout droit vers un objet inamovible.

A vous de faire le calcul.

La dette doit être remboursée. Les intérêts doivent être payés. Si, comme nous le pensons, nous entrons dans un cycle de hausse des taux, le coût de la dette va considérablement augmenter.

Est-ce que vous suivez les gros titres, cher lecteur ?

Pas les idioties en une. Non, nous parlons des nouvelles importantes enterrées plus profondément dans les pages d’actualité.

« Les obligations gouvernementales US chutent à nouveau », p. 17, Wall Street Journal.

« Les investisseurs obligataires tirent la sonnette d’alarme sur la hausse de l’inflation », p. 18, Financial Times.

« La dégringolade du billet vert devrait allumer un voyant rouge pour Trump », p. 9, Financial Times.

Ah… et qu’avons-nous là ?

« Les actions enregistrent leur plus fort recul de 2018 à mesure que les rendements du Trésor grimpent », en première page de Bloomberg.

Oui, l’info circule. Les bons du Trésor américain reculent depuis un an et demi. Les rendements ont doublé depuis leurs planchers de juillet 2016.

Un cycle de resserrement a-t-il commencé ?

Nous ne le saurons pas avant un certain temps. Mais lundi, le rendement du bon du Trésor à 10 ans a atteint les 2,7%.

Blondinet et dépensier

Que se passe-t-il ?

Il suffit de regarder le discours du président américain. Vous y trouverez une partie de la réponse.

  1. Trump n’est pas un conservateur à l’ancienne. En plus de ne pas limiter les programmes d’aide… d’augmenter les transferts vers le Pentagone… et de faire passer une loi fiscale qui gonfle le déficit de 1 500 Mds$ supplémentaires…

… Il va mettre en place un programme de dépenses d’infrastructures de 1 800 Mds$.

En deux mots, Donald J. Trump est un gros dépensier.

En général, lorsqu’un gros dépensier se trouve au gouvernement, il gaspille de l’argent que nous n’avons pas sur des projets dont nous n’avons pas besoin.

Et à moins que la Fed ne desserre le crédit dans le même temps, cela fait augmenter les rendements obligataires.

C’est l’effet de crowding out, ou effet d’éviction financière, dont s’inquiétaient les anciens conservateurs à l’époque où les anciens conservateurs existaient encore.

Le bassin d’épargne réelle est limité. Lorsque le gouvernement pompe trop dans ce bassin, le prix du crédit grimpe.

Quand le plus gros acheteur passe vendeur

Maintenant que les autorités essaient d’emprunter plus, elles s’apercevront que leur plus gros acheteur – la Fed – s’est transformée en vendeur. Oui, il y avait aussi cette petite note dans le journal :

« Les banques centrales passent au resserrement quantitatif », p. 11, Financial Times.

Et voilà que le blondinet aux commandes des Etats-Unis arrive avec plus de projets de lois à financer.Accordez-nous un instant, cher lecteur, nous allons faire un petit calcul.

A 30 000 Mds, le coût des intérêts – à un taux modeste de 5% – serait de 600 Mds$ environ. A 40 000 Mds$, la dette coûterait 800 Mds$.

Ces chiffres affreux arriveront alors même que les dépenses de Sécurité sociale et de retraite augmentent à leur tour.

Mais ne vous inquiétez pas ; les investisseurs obligataires sont déjà sur le coup. Ils savent compter.

Et c’est bien ce qu’ils font.

source

 
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Publié par le 5 février 2018 dans économie, général, International

 

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La déroute obligataire a commencé, les jours des actions sont comptés (Pritchard)

 

Les premiers effets concrets de la hausse des taux américains commencent à se faire sentir sur le marché obligataire. D’après des poids lourds du secteur, comme Bill Gross, le marché haussier séculaire des obligations est officiellement terminé. Ce qui n’augure rien de bon alors que nous sommes globalement plus endettés que jamais et que la confiance des investisseurs rappelle de funestes épisodes de l’histoire financière moderne, comme 1987 et 2000.

Voici ce que dit en substance cet article d’Ambrose Evans-Pritchard du Telegraph, publié le 10 janvier 2018. Il ne mentionne pas l’or, qui poursuit lentement mais sûrement sa hausse. On ne va pas vous prédire un krach financier pour 2018. Mais ce qui est certain, c’est que l’on se rapproche de plus en plus de cette échéance inéluctable :

« Tous les super cycles obligataires des 2 derniers siècles se sont étalés sur une carrière. Il s’agit de forces très puissantes. Mais quand le cycle s’inverse, le système économique mondial ne connaît rien d’autre qu’un changement de régime.

«L’âge de glace» actuel, pour emprunter le terme utilisé par Albert Edwards de Société Générale, a démarré en 1980 lorsque la FED provoqua un choc monétaire violent pour gagner la bataille contre la Grande Inflation.

Le taux de référence américain n’a cessé de baisser depuis, poussé encore plus bas par les forces déflationnistes d’Internet ainsi que les énormes afflux de ressources de main-d’œuvre bon marché dans les années 90 suite à l’intégration de la Chine et de l’Europe de l’Est dans l’économie mondiale.

Il s’agit du seul environnement que la plupart des investisseurs, des traders et des docteurs en économie connaissent. Et si les chartistes ont raison – ignorez-les à vos risques et périls – la tendance baissière est enfin cassée. Les taux des obligations américaines à travers le spectre des échéances sont en train de transpercer les niveaux de résistance, avec des effets considérables et instantanés sur le marché mondial obligataire de 49 trillions, et par ricochet sur le crédit bancaire.

Louise Yamada, l’analyste technique très écoutée par Wall Street, (…) m’a dit : «L’obligation américaine sur 2 ans est le canari dans la mine. Il est légitime de dire que le marché haussier obligataire de ces 36 dernières années est terminé.»

Son conseil aux lecteurs du Telegraph est de sortir de toute obligation dont la maturité est supérieure à 2 ans. Toute échéance plus longue débouchera sur une érosion du capital. Ceux qui les conserveront, ou qui sont poussés de force vers les obligations par leur caisse de retraite, seront les victimes d’une érosion continue de leur capital.

Mme Yamada affirme qu’une augmentation du taux des obligations américaines sur 10 ans jusqu’à 3 % fera office de confirmation finale. C’est clairement en vue alors que le taux de référence du système international vient de s’affranchir à la hausse de ses écarts d’échange pour s’approcher de son plus haut de 3 ans de 2,6 %. «Le marché baissier obligataire est confirmé», a tweeté Bill Gross, le spécialiste de la dette de Janus Henderson.

Jusqu’à présent, les investisseurs obligataires ont notoirement refusé de valider la reprise économique, préférant suivre à la lettre leur scénario de la déflation, désireux de parier sur le fait que les faucons de la FED seront à nouveau dépassés par la mondialisation et le commerce en ligne.

Le fait que la Banque du Japon, l’éternel multirécidiviste du QE, a réduit ses achats obligataires est le facteur qui a changé subitement l’humeur ambiante. Elle fait un pas en arrière dans la plus grande expérience monétaire de l’histoire. Mais il y a plus étonnant encore : le spectacle d’une économie japonaise qui est littéralement en plein boum.

Nous avons dépassé depuis longtemps le pic des injections de liquidités des banques centrales. La FED a démarré son «resserrement quantitatif», d’ici la fin de l’année elle va accélérer ses ventes d’obligations, qui atteindront la somme de 50 milliards de dollars. La BCE a réduit de moitié ses achats, à 30 milliards d’euros, durant ce mois de janvier. Elle pourrait totalement se retirer d’ici septembre.

Les marchés devront absorber une offre supplémentaire d’un trillion de dette en 2018. Cela n’explique qu’à moitié la hausse des taux obligataires : l’autre explication est à chercher du côté des investisseurs, qui se soucient de moins en moins de l’inflation même s’ils sont toujours réticents à capituler sur le scénario plus significatif d’une relance durable. (…)

Donald Trump et le Congrès rajoutent de l’huile sur le feu avec ce blitz fiscal en fin de cycle économique. Les économistes de Standard & Poor’s estiment que la réforme fiscale correspond à une stimulation de 0,8 % du PIB pour cette année, et la prochaine. Willem Buiter de Citigroup estime que ce coup de pouce pourrait être encore supérieur lorsque les dépenses électoralistes promises durant la campagne seront incluses, ce qui devrait pousser le déficit annuel américain à 5,5 %. De quoi faire passer la débauche péroniste pour de la petite bière.

On peut faire une comparaison grossière avec l’année folle de 1987, lorsque Wall Street grimpa jusqu’à des niveaux indécents malgré les signaux d’alarme lancés par le marché obligataire. «L’économie allait de mieux en mieux. L’indice manufacturier était supérieur à 60, comme c’est presque le cas actuellement, et pourtant le marché s’est effondré», a déclaré Albert Edwards. (…)

L’indicateur «Bull/Bear» des conseillers financiers est actuellement aux mêmes niveaux euphoriques que ceux d’octobre 1987. Il est plus élevé qu’au pic de la bulle Internet, ce qui fait froid dans le dos. Le gourou des actions de Société Générale Andrew Lapthorne affirme que les entreprises américaines affichent un déficit global annuel de 250 milliards, et qu’elles ne sont désormais plus en mesure d’utiliser l’effet de levier de la dette pour financer leurs opérations de rachats d’actions.

L’édifice tiendra debout tant que le coût du crédit restera cloué au ras des pâquerettes, un argument développé en avril dernier par le FMI

suite et fin

 
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Publié par le 17 janvier 2018 dans économie, général, International

 

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Rien ne va plus en Italie – Le Risque obligataire Italien et le chômage des jeunes explose à 40%

Rien ne va plus en Italie – Décalage entre le taux d’emploi qui explose et la dette Italienne qui s’effondre 

Pour la première fois depuis Juin 2015, le chômage des jeunes italiens a augmenté au-dessus de 40% et notamment, les rendements obligataires italiens sont en hausse …

Et cela résulte en de plus en plus de préoccupations au sujet du risque idiosyncrasique Italien alors que la prime de risque de BTPs par rapport aux Bunds monte à son plus haut depuis 2014 (c’est pire maintenant que pendant le pic référendaire) …

Hausse du chômage en Italie 

Le chômage augmente en Italie. Le phénomène perdure depuis la fin de l’été et aucun signe de résilience ne se manifeste. Cela fait en réalité 6 mois que le taux de chômage ne parvient plus à descendre sous les 11,4/11,5%.

La dégradation a repris au quatrième trimestre et s’est accélérée en décembre, passant 11,6 à 12%, malgré un nombre un peu plus élevé de personnes effectuant un travail rémunéré (par opposition à « emploi aidé »).

C’est surtout le chômage des jeunes qui est préoccupant : le taux repasse en 1 an de 37 à 40% et il ne risque pas de se résorber alors que le rythme des créations d’emploi chutait à +0,45%/an en fin d’année 2016.

Des experts s’empressent de souligner que le chômage des jeunes est retombé de 47 à 43% en Espagne… mais cette affirmation est une imposture !

En effet, il y a moins de chômage en Espagne chaque année depuis 2013 (le taux culminait alors à 57%) tout simplement parce que face à l’impossibilité de trouver un job, les jeunes Espagnols (surtout les mieux diplômés) s’exilent vers l’étranger (Allemagne, Etats-Unis, Amérique Latine) à un rythme de 300.000 à 400.000 par an.

C’est évidemment pire en Grèce mais on n’en parle plus parce que ce pays est tenu pour cliniquement mort. Pr ces jeunes sont les futurs « consommateurs de choc » dont dépend la croissance à venir en Europe. A présent, ils soutiennent la consommation américaine, au Royaume Uni… et celle de l’Allemagne qui en a bien besoin…

Le temps du  « whatever it takes » (« il faut ce qu’il faut ») – ignore les surtension transitoires liées à l’inflation et la guerre des devises sur lesquelles Trump a avertit. (ZH)

 
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Publié par le 1 février 2017 dans économie, général, International

 

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2017, année du « krach obligataire » … ou pas ?

2017 sonnera-t-elle la fin du bull market le plus long de l'histoire sur le marché mondial des obligations ?
2017 sonnera-t-elle la fin du « bull market » le plus long de l’histoire sur le marché mondial des obligations ?(Crédits : Reuters)

Alors que le krach obligataire a déjà commencé comme je l’ai rapporté, voici un point de vue plus « mainstream » et global pour obtenir une vision panoptique (ou « panoramique ») sur la question .

La flambée du Dow Jones depuis l’élection de Trump annonce-t-elle un mouvement violent de « grande rotation » des actifs au détriment des obligations ? Certains stratégistes mettent en garde les investisseurs. D’autres experts croient plus en des pics de volatilité, sans effondrement des marchés de la dette, soutenus par la politique de rachats de la BCE.

« La « bulle obligataire » est-elle sur le point d’éclater ? », s’interroge Mark Burgess, le responsable de l’investissement en Europe du gérant d’actifs Columbia Threadneedle, qui avait déjà émis l’idée que « l’élection de Donald Trump pourrait être le catalyseur qui fait éclater la bulle ». Dans sa note sur les perspectives 2017, il relève ce lundi que « des milliers de milliards de dollars d’obligations affichent des rendements négatifs, ce qui signifie que les rendements ne sont pas du tout en adéquation avec la croissance et l’inflation ». Selon cet expert, « le cycle de crédit n’est pas encore arrivé à son terme, mais l’heure est à la prudence. » Et cela fait déjà plusieurs mois que l’on voit poindre cette inquiétude.

L’ancien patron de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan, l’a déclaré à plusieurs reprises : ce n’est plus « l’exubérance irrationnelle » des marchés actions qui le préoccupe mais les multiples de valorisation des marchés obligataires qui sont « hors des clous. »

Un « bull market » depuis 30 ans !

Le stratégiste en chef de Bank of America Merrill Lynch, Michael Hartnett, a récemment prévenu que le point d’inflexion remontait au 11 juillet dernier :

« Ce jour-là a signé la fin du plus important marché haussier jamais vu sur l’obligataire » a-t-il déclaré, prédisant une « grande rotation » des actifs vers les actions qui serait « très violente ».

Un marché haussier (ou « bull market ») qui dure depuis … plus de trente ans ! Or les chiffres parlent d’eux-mêmes : au mois de novembre, la capitalisation obligataire mondiale s’est contractée de 1.700 milliards de dollars. L’indice phare de ces marchés, le Bloomberg Barclays Global Aggregate Total Return qui inclut des obligations d’Etat et d’entreprises de tous horizons, a connu sa plus forte chute (-4%) depuis sa création en 1990. Il a quasiment effacé tous ses gains de l’année.

Indice marchés obligataires

[Evolution de l’indice Bloomberg Barclays Global Aggregate Total Return depuis cinq ans]

La « grande rotation » et le Dow proche des 20.000

Pendant ce temps, les investisseurs ont les yeux rivés sur le Dow Jones, guettant le record historique imminent des 20.000 points. Le franchissement de ce seuil hautement symbolique entérinerait ce basculement vers les marchés actions, très visible depuis l’élection de Donald Trump.

« La grande rotation est la situation dans laquelle les investisseurs, qui anticipent une remontée des taux d’intérêt à long terme, sortent massivement des obligations et renforcent leurs positions en actions », explique Laurent Gaetani, le directeur général de Degroof Petercam Gestion, qui observe « un début d’arbitrage des placements en obligations vers les actions. »

Il considère que « la grande rotation qui s’opère aux Etats-Unis aura, par corrélation, des impacts également sur les autres pays développés. Les actions pourraient donc retrouver des couleurs, y compris en Europe. »

Dow Jones vs Bonds Obligataire

[Evolution comparée de l’indice Dow Jones (en bleu) et de l’indice mondial obligataire Bloomberg Barclays Global Aggregate Total Return depuis janvier. Crédit : Bloomberg]

Qu’en dit celui que l’on a surnommé le « dieu de l’obligataire » ? Bill Gross, le gourou américain des obligations, parti en mauvais termes de chez Pimco (Allianz) pour le fonds Janus Capital, admet que les temps ne sont pas favorables aux « bonds » mais relativise, dans sa note de perspectives de décembre :

« Il n’y a aucun doute que de nombreux aspects du programme de Trump sont favorables aux actions et défavorables aux obligations à court terme – réductions d’impôts, dérèglementation, relance budgétaire etc. Mais à plus long terme, les investisseurs doivent prendre en compte les effets négatifs des idées « antimondialistes » de Trump, dont certaines risquent de freiner le commerce et impacter les bénéfices des entreprises. »

Les doses de « morphine » de la BCE

Selon une enquête menée par l’agence Reuters auprès de 60 responsables de stratégies d’investissement début décembre, nombre d’entre eux considèrent que le mouvement de correction massif sur les marchés obligataires mondiaux « correspond davantage à une réaction réflexe qu’à l’amorce d’une tendance durable ». Si la période des rendements souverains ultra-bas est perçue comme révolue, la remontée de ceux-ci sera lente en 2017. Car les autres banques centrales, et la BCE singulièrement, demeurent en mode « politique monétaire accommodante », le « quantitative easing » ou QE.

La Banque centrale européenne a en effet confirmé le prolongement de son programme de rachats de dettes jusqu’en décembre 2017, même si les montants diminueront à partir d’avril prochain à 60 milliards d’euros par mois. Un « activisme » qui a soutenu les performances du marché obligataire dans son ensemble, dette publique et privée depuis juin dernier, et que les professionnels comparent à des doses de « morphine » injectées dans le système. Les stratégistes crédit de JPMorgan observent que la BCE « rachète en ce moment 8 milliards d’euros de dettes obligataires corporate par mois ».

Félix Orsini, co-responsable mondial des émissions de dette d’entreprise à la Société Générale CIB, nous confie :

« L’action de la BCE a soutenu les marchés de la dette corporate. Tout le marché a bénéficié de la politique de QE. 2016 s’achève sur des volumes records d’émissions obligataires en euro, avec plus de 350 milliards d’euros levés par les entreprises, à comparer à environ 130 milliards par an avant la crise de fin 2007-2008. Cela fait cinq ans que les volumes augmentent année après année. »

Marchés primaires obligataires Euro

[Le marché des émissions obligataires en euro des Corporate, des institutions financières, des souverains et assimilés depuis 2013 au 15 novembre 2016 et prévisions Société Générale. Crédit : SG CIB, Dealogic]

La contribution de la BCE sur le marché primaire obligataire (les émissions de nouveaux emprunts) est estimée autour de 30%. Les grandes entreprises européennes, Saint-Gobain, Sanofi, Henkel par exemple, ont profité des taux ultra-bas pour se refinancer à des conditions très avantageuses et les investisseurs institutionnels ont suivi. Félix Orsini relève ainsi que

« Même en zone de rendement négatif, des émissions ont recueilli des livres d’ordres de plusieurs milliards d’euros : on s’est rendu compte que le zéro absolu (en termes de coupon) n’était pas un frein psychologique pour les gérants. »

Car l’alternative, qui consisterait à laisser dormir l’argent au coffre-fort, est en réalité plus coûteuse pour les banques, qui se font taxer par la BCE de 0,4% sur leur excédent de réserves.

Crises de volatilité en 2017

2017 s’annonce plus compliquée, de l’avis de tous les professionnels, avec le sentiment que les choses ne peuvent que se dégrader. La Société Générale attend une baisse de 2% en volumes des émissions. Le début de la « grande rotation » n’a pas (encore) créé de mouvements de panique. Mais dans leurs perspectives 2017, les experts de Goldman Sachs Asset Management n’excluent pas un « sell-off » technique lié au débouclement de positions de fonds de pension sur le marché de la dette, tant sur les catégories « investment grade » (les entreprises les mieux notées) que sur le « high-yield » (aux notes plus basses et profils plus risqués).

Pour autant, le spécialiste de Société Générale CIB ne croit pas à un retournement brutal :

« Les marchés européens de la dette corporate deviennent de plus en plus réactifs, résilients mais plus volatils aussi. Les émetteurs se professionnalisent. Je ne pense pas qu’il y aura de mouvements de panique qui conduiront à un effondrement du marché obligataire. Ce qui créerait vraiment une crise obligataire, c’est un assèchement de la demande, par exemple en cas de retraits massifs des contrats d’assurance-vie.

La présence d’investisseurs hedge funds sur l’obligataire en euro est limitée, ce qui est un facteur réduisant la volatilité. Des crises de volatilité, il y en aura, mais un krach obligataire parait peu probable. » (source)

 
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Publié par le 21 décembre 2016 dans économie, général, International

 

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Le krach obligataire a déjà commencé…

Ce qu’on prédit depuis assez longtemps à savoir un crash Obligataire inévitable,  a commencé  .  

Suffit de regarder les données et graphs que je diffuse régulièrement – La courbe des taux est en train de se retourner sur toute sa longueur et la tendance s’inverse, à croire que c’est la fin du marché haussier obligataire de 38 ans de mémoire .

Béchade (et Agora) prédit la même chose, et même Delamarche si je ne me trompe pas …. La bulle obligataire , ou bulle de la dette publique, est en peut être bien train d’exploser . (par un effondrement déflationniste et une faillite généralisée si les taux continuent de monter et que le crash obligataire s’amplifie) 

Mais les planificateurs centraux réagiront au moindre petit nuage et tenteront de gagner du temps en faisant la seule chose qu’il savent faire : Créer plus de dette par le créditisme ou en imprimant de l’argent . En (re) baissant les taux directeurs ou encore le QE quitte à devenir acheteur en dernier ressort, ce qui est dans un 1er temps déflationniste et crée « une trappe à liquidité », et logiquement, les achats obligataires par la Banque centrale soutiennent le marché … ou en creusant les déficits publics par de « la relance budgétaire » comme le prévoit Trump qui provoquerait justement un « retour de l’inflation » – ce qui est précisément ce qui fait monter les taux longs – avec les perspectives économiques qui s’amélioreraient, la « Trumpeuphorie » (on verra quand ça s’estompera et que la réalité refera surface ) .

Ce que l’Europe fait en gardant une politique monétaire accommodante, et qui permet de limiter les dégâts (cf le spread entre le Bund et les Treasuries)

Seulement, et c’est ce qu’on voit en ce moment, les planificateurs perdent de plus en plus le contrôle de leur « politique monétaire », d’où entre autres la tentative de supprimer le cash .. : le château de cartes de la dette pourrait bien être en train de voler en éclats ….  Z .

Le krach obligataire a déjà commencé…

Force est de constater qu’elle s’est faite attendre. Régulièrement annoncée en vain depuis environ trois ans (notamment par votre serviteur), elle commence enfin à se mettre en place depuis quelques semaines. Il s’agit bien entendu de la remontée des taux d’intérêt des obligations d’Etat.

Et pour cause : d’un plancher de 0,097 % atteint le 27 septembre 2016, le taux d’intérêt de l’OAT 10 ans a atteint 0,9 % le 15 décembre, avant de revenir à 0,8 % le lendemain. Parallèlement, alors qu’en septembre dernier, des taux d’intérêt négatifs prévalaient sur la dette publique française jusqu’aux échéances de 9 ans, ils s’arrêtent désormais à 5 ans. Ce qui reste néanmoins toujours complètement anormal. En effet, comment peut-on accepter de payer pour avoir le droit de prêter à un pays dont l’Etat est en faillite, dont la dette publique va bientôt atteindre 100 % du PIB et qui est toujours incapable de réaliser une croissance économique significativement et durablement supérieure à 1 % ?!

Certes, il y a pire. Ainsi, l’augmentation des taux d’intérêt des obligations d’Etat est encore plus flagrante dans les pays du Sud de l’Europe, et notamment en Italie, où le taux des obligations du Trésor à dix ans atteint 2 % depuis que la victoire du Non au référendum sur la constitution est devenue inévitable, pour revenir vers 1,8 % depuis quelques jours. A l’inverse, l’Allemagne continue de bénéficier d’un « flight to quality » et reste, pour le moment, protégée contre une forte tension des taux longs. Pour autant, nos voisins d’outre-Rhin n’ont pas de quoi pavoiser excessivement, puisque le taux à dix ans du Bund avoisine actuellement 0,4 %, contre un plancher de – 0,18 % le 8 juillet dernier et un taux qui était encore négatif le 6 octobre.

Bien entendu, grâce à la « morphine » déversée par la BCE (c’est-à-dire à sa « planche à billets » de 80 milliards d’euros par mois), ces augmentations restent relativement modérées. Les taux obligataires à 10 ans des pays de la zone euro sont d’ailleurs encore très loin de leur homologue américain, à savoir 2,6 % pour le Bond dix ans, consacrant un spread historique avec le taux dix ans allemand.

Cet écart s’explique principalement par le différentiel de politique monétaire entre les deux côtés de l’Atlantique. Et pour cause : alors que la BCE n’a d’autre choix que de maintenir une politique ultra-accommodante, la Fed doit réagir face à la bonne tenue de l’économie américaine : taux de chômage de plein-emploi, forte remontée des indicateurs de confiance des entreprises et des ménages, sans oublier une vague progressive de reflation. C’est pour toutes ces raisons que la Fed a augmenté son taux objectif des federal funds à 0,75 % lors du FOMC du 14 décembre.

A ce sujet, il faut d’ailleurs souligner que le taux optimal de la politique monétaire américaine (dit « taux Taylor », c’est-à-dire en fonction de la croissance économique et de l’inflation) est actuellement de 1,5 % outre-Atlantique. Cependant, compte tenu des incertitudes qui pèsent encore sur la politique de Donald Trump, mais aussi de la fragilité de la croissance américaine, la Fed ne pourra pas aller trop loin dans son processus de resserrement monétaire. Selon nous, le taux objectif des federal funds sera porté à 1 % dans trois mois, voire, 1,25 % d’ici l’été. Cela sera néanmoins suffisant pour « emmener » le taux dix ans américain vers les 3 %.

Dans ce cadre, si les taux obligataires des Etats de la zone euro sont encore loin de ce niveau, cet écart montre combien le potentiel de remontée des taux eurolandais reste élevé. C’est en cela qu’il est possible de dire que le krach obligataire ne fait que commencer…

Ce qui était anormal était justement la situation précédente dans laquelle les taux d’intérêt des obligations d’Etat étaient proches de zéro, voire négatifs. Ne l’oublions pas : les taux d’intérêt à long terme correspondent théoriquement aux taux d’intérêt à court terme auxquels on ajoute deux types de composants. Primo, le coût d’opportunité du prêt, c’est-à-dire du renoncement de ses liquidités à court terme, ce coût étant positivement corrélé à l’échéance du prêt : plus on prête longtemps, plus ce coût augmente.

Secundo, des primes de risque. Ces dernières sont notamment relatives aux perspectives d’inflation, de croissance, de déficit public et à la crédibilité des Etats. Aujourd’hui, grâce à la sortie progressive de la déflation et à l’augmentation des cours des matières premières et notamment du pétrole, la prime de risque liée à l’inflation redevient positive et justifie donc en partie la remontée des taux longs. Celle de l’activité économique est neutre, voire légèrement positive. Mais surtout, celle des déficits publics et de la piètre crédibilité à réduire la dette est nettement haussière. Dans ce cadre, le niveau théorique du taux d’intérêt à dix ans des obligations de l’Etat français par exemple se situe autour des 2,5 %. De quoi confirmer que la récente remontée des taux longs est loin d’être terminée.

Parallèlement, cette remontée des taux obligataires va mécaniquement accroître les déficits publics et grever le peu de croissance économique qui est dernièrement apparue dans la zone euro. L’augmentation des déficits et de la dette va donc alimenter la hausse des taux longs, engendrant un cercle vicieux particulièrement dommageable pour l’activité économique.

Dès lors, ce ralentissement économique jouera également sur les marchés boursiers, qui apparaissent d’ores et déjà surévalués. Et ce notamment au regard d’une croissance mondiale certes améliorée mais que sera d’environ 3,2 % en 2017, soit encore 0,3 point en-deçà de sa moyenne de long terme.

Il faut donc se préparer à des mouvements de fortes corrections baissières et de volatilité élevée des indices boursiers. En Europe et notamment sur le Cac 40, ces mouvements seront de plus amplifiés par les nombreuses échéances électorales à venir (Pays-Bas en mars, mai en France, octobre en Allemagne), mais aussi par les risques politiques et bancaires en Italie et en Grèce. Au total, nous anticipons une baisse de 10 à 15 % des grands indices boursiers à l’horizon du printemps 2017. Rien d’insurmontable, mais mieux prévenir que guérir…

 

Le spread Bund – UST  le plus large Depuis la chute du mur de Berlin, du à la différence de politique monétaire en Europe et aux US (« spread » = écart de taux) :

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Et il n’y a pas que les obligations à 10 ans qui sont assis à des niveaux historiques. L’écart de taux à 5 ans est à un niveau record depuis 1997.

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 Au passage – La corrélation au cours de la dernière décennie entre le spread des taux des obligations du gouvernement américain-allemand et le S & P 500 a été de 89%.

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Si nous remplaçons le S & P 500 avec le ratio P / E (price/Earning) à la place du S & P 500 – la corrélation reste de 81%.

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Publié par le 16 décembre 2016 dans économie, général, International

 

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