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« La guerre contre le cash n’est pas perdue ! Nous pouvons même la gagner ! »

Quand on sait que l’argent n’est que du vent qui ne repose que sur la confiance qu’on lui accorde, on peut se demander si la hausse de la demande de cash malgré la guerre qu’on lui mène avec la dématérialisation, n’est pas un des 1er signes d’une perte de confiance … Z 

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

J’écrivais hier que l’économie française était en urgence absolue. C’est une évidence tant les indicateurs sont mauvais.

Une économie, ou plus précisément les dirigeants d’un pays doivent accepter, pour une efficacité économique réelle, qu’il y a ait deux secteurs économiques. En fait, quatre.

Il y a ce que l’on appelle le secteur public et le secteur privé.
Il y a aussi le secteur formel (tout ce qui est officiellement déclaré) et les secteurs informels (tout ce qui est officieux et plus ou moins illégal).

Sans secteur informel, point de liberté. Il n’y a liberté que là où des excès peuvent s’exprimer, ce qui ne veut pas dire qu’ils ne doivent pas être réprimés.

Le trafic de drogue est réprimé, et il fait partie du secteur informel, mais désormais, il est comptabilisé dans le PIB !!

Une économie saine, même si cela fait hurler les bien-pensants parisiens qui ont un Monéo greffé dans les oreilles et un smartphone intégré dans le crâne, doit avoir des espèces, beaucoup d’espèces même.

Pourquoi ?

Parce que la vitesse de circulation d’un euro en billet non déclaré n’a rien à voir avec celle d’un euro numérique sur un compte en banque et dûment fiscalisé.

C’est d’une logique implacable de sans-dents, et en bas, c’est une évidence. Vous connaissez l’histoire.

Comprendre l’efficacité économique d’un billet de 100 euros !!

« Dans un village qui vit du tourisme, il n’y a plus de touristes, à cause de la crise. Pour survivre, tout le monde emprunte à tout le monde. Plusieurs mois passent, misérables. Arrive enfin un touriste qui prend une chambre dans l’hôtel, qu’il paie avec un billet de 100 euros. Le touriste n’est pas plutôt monté à sa chambre que l’hôtelier court porter le billet chez le boucher à qui il doit justement cent euros. Le boucher va lui-même aussitôt porter le même billet au paysan qui l’approvisionne en viande ; le paysan, à son tour, se dépêche d’aller payer sa dette à la prostituée à laquelle il doit quelques «services». La prostituée va à l’hôtel pour rembourser à l’hôtelier les chambres qu’elle louait à l’heure. Comme elle dépose le billet de 100 € sur le comptoir, le touriste, qui venait dire à l’hôtelier qu’il devait repartir tout de suite, ramasse le billet et disparaît. Au total, chacun a payé sa dette; rien n’a été dépensé, ni gagné, ni perdu, par personne. Et plus personne dans le village n’a de dettes. »

Un billet de banque circule infiniment plus vite et plus de fois que la même somme en banque qui est thésaurisée (mise de côté sous forme d’épargne).

D’ailleurs, il convient d’expliquer à nos mamamouchis, du Palais à Bercy, que l’économie la plus forte d’Europe, à savoir l’Allemagne, est aussi celle qui a le recours le plus important au cash et aux espèces.

La question est juste d’encadrer le secteur informel pour éviter qu’il ne représente une part trop importante de l’économie, mais vouloir l’éradiquer à tout prix et en totalité est une immense erreur aussi bien sociale qu’économique.

De très nombreuses innovations, inventions, et progrès sont réalisés par des « transgresseurs » à partir de ces zones grises indispensables à tout système sain.

Le nombre de billets en circulation augmente de 8 % cette année !!

Alors que tout le monde pense que le cash disparaît, en réalité, il n’a jamais été aussi disponible dans l’économie, y compris en France, où la masse monétaire en billet augmente de plus de 7,6 % en un an et atteint son plus haut niveau, comme vous pouvez le voir sur ces graphiques de… la Banque de France !!

Ci-dessous, vous pouvez télécharger le rapport complet de la Banque de France.

BDF statistiques-mensuelles-sur-l-activite-fiduciaire

En Europe, le phénomène est identique.

Plus on vous parle de carte, de paiement sans contact, et de cryptomonnaie, plus la demande en cash des agents économiques augmente.

C’est une excellente nouvelle, et la meilleure façon de gagner la guerre contre le cash, ce n’est effectivement pas de signer des pétitions, mais d’aller chercher des billets aux distributeurs à chaque fois que cela vous est possible en menant une véritable guérilla au tout numérique.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

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Publié par le 18 octobre 2018 dans économie, général

 

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Paul Craig Roberts : « Le problème n’est pas résolu. La guerre se profile toujours à l’horizon »

L’humanité et la conscience morale des Russes ne peuvent rien changer

Lisez un peu cette superbe analyse de l’ancien Secrétaire Adjoint au Trésor US, et il a raison, rien n’est fini, ce à quoi nous assistons est une escalade sans fin qui pourrait mener au pire à n’importe quel moment si aucun camps n’abdique . Et il y a peu de chance que cela se produise , chacun est déterminé à défendre ses intérêts quoi qu’il en coûte . Les Russes sont clairement visés, accablés de toutes parts, sur tous les terrains . Impossible que cela ne dure, ou c’est fini pour eux . Quel est la finalité à tout cela ??? Une attaque directe contre la Russie ? Une déstabilisation du régime pour le ramener dans le giron occidental ? C’est sur, Poutine ne laissera jamais faire et les Russes feront en sorte que ça ne se produise jamais . Mais au delà, pensez à …. la Chine !!! Pensez vous que les Chinois ne savent pas qu’ils sont sur la liste ?? Ils prennent déjà des mesures avec entre autres la guerre économique contre les US . Quelle est la prochaine étape ? Les Chinois modernisent fortement leur armée … Nous sommes dans une nouvelle lutte pour l’hégémonie mondiale, et les enjeux sont énormes et nombreux . Il y a les « intérêts vitaux » de quelques pays (Russie, Chine, Iran etc, de plus en plus de pays sont concernés, ne serait ce que à cause de l’hégémonie du dollar qui devient inadmissible pour eux) qui sont clairement en cause . Bref la situation est vraiment compliquée, et nul ne sait comment ça se terminera . Selon Craig Roberts, les Russes auraient du frapper pendant la dernière attaque, tant qu’il est encore temps, pour affirmer une détermination sans faille et éviter une « destruction » inéluctable selon lui ! Analyse hallucinante à 1ere vue, mais qui pourrait bien être visionnaire . Z 

Il semble que, pour que Donald Trump puisse sauver la face, le gouvernement russe de Vladimir Poutine animé par son humanité et sa grandeur morale, ait consenti à laisser faire une attaque simulée. Malheureusement pour nous tous, ce que récolteront les Russes pour leur générosité, ce ne sera pas les remerciements qu’ils méritent. La Russie et Poutine n’auront pas le prestige d’avoir épargné à Trump de devoir reculer, ni de n’avoir pas coulé sa flotte et abattu ses bombardiers.

Les Russes veulent éviter le conflit. Ce n’est pas parce qu’ils ont peur de l’armée étasunienne, mais parce qu’ils savent avoir affaire à un régime de psychopathes qui ont non seulement volontairement détruit entièrement ou en partie sept pays musulmans au cours des 17 dernières années, mais aussi l’humanité entière. Poutine se dérobe donc à toute confrontation qu’ils orchestrent et s’en tient au droit international et aux règles juridiques.

Seulement, le résultat n’est pas ce à quoi s’attendrait quelqu’un d’humain. La bienveillance russe ne fait que pousser le mal qu’est l’Occident à faire plus de provocations.

Ce matin, j’ai rendu visite à un ami qui avait la télé allumée. Je ne pouvais pas croire les mensonges que Trump, les membres de son gouvernement, et la pressetituée racontaient au monde. C’était étonnant. Stephen Lendman parle ici de quelques-uns de ces mensonges.

Seuls les lecteurs de mon site Internet et quelques autres sauront que si des milliers de marins et des douzaines de pilotes étasuniens sont toujours en vie, c’est parce que les Russes leur ont épargné la vie.

Bien que le gouvernement russe soit animé de bonnes intentions, de conscience morale et de la considération envers les autres, il pousse le monde vers l’Armageddon. La raison en est que les néocons qui contrôlent la politique étrangère des États-Unis, ne cesseront pas d’orchestrer des événements qu’ils reprocheront aux Russes. Plus les Russes attendront avant de sévir enfin, plus les provocations s’accentueront. Les provocations successives acculeront les Russes à se rendre ou à la guerre nucléaire.

La dernière provocation en Syrie était idéale pour les Russes. Les Russes avaient tous les atouts militaires. Ils auraient pu facilement détruire tous les navires et tous les avions, et comme ils avaient annoncé clairement les conséquences à l’avance au monde, les États-Unis auraient reculé. Leur défaite sans un coup de feu, aurait sapé les néocons fous qui cherchent l’hégémonie mondiale.

Après une déclaration aussi claire des Russes, selon laquelle les forces étasuniennes allaient être entièrement anéanties, les chefs d’état-major interarmées étasuniens n’auraient pas attaqué.

Tant que les Russes s’accommoderont de l’agressivité de Washington, la malveillance de Washington empirera.

Je pense parfois que les Russes espèrent que les peuples occidentaux prendront conscience des affrontements dangereux et gratuits qui sont faits en leur nom. En fait, les peuples occidentaux sont impuissants. Ni Washington, ni ses régimes vassaux britanniques et français, ne consultent le peuple ou ses représentants élus avant de lancer une attaque militaire contre un autre pays. Ce fait démontre définitivement que ni les États-Unis, ni le Royaume-Uni, ni la France, n’ont de respect pour la loi et leurs propres démocraties, et que ces pays ont des régimes qui ne rendent aucun compte de leurs actions à leurs peuples. Les régimes britannique et français sont responsables devant Washington, et Washington est responsable devant le complexe militaro-sécuritaire et Israël, dont l’histoire montre qu’ils peuvent faire tomber tout sénateur ou député étasunien.

Si le gouvernement russe avait regardé aujourd’hui les médias télévisés étasuniens, il comprendrait la futilité qu’il y a à éviter les provocations de Washington. Non seulement les Russes noteraient les mensonges de Washington à propos du grand succès d’un non-événement, mais aussi que d’un côté, une grande victoire étasunienne était proclamée, et de l’autre, les alliés néocons de John Bolton racontaient que l’attaque ne suffisait pas pour mettre la Syrie et la Russie au pas.

La victoire et son insuffisance s’allient pour pousser à des provocations pires. La prochaine provocation sera orchestrée de manière à être plus favorable aux armements des États-Unis qu’à ceux de la Russie. Washington ne risquera plus une confrontation comme il l’a fait en Syrie, où il aurait manifestement perdu. Cela signifie que l’humanité et la conscience morale des Russes aboutiront à une confrontation bien plus dangereuse pour la Russie et pour nous tous.

Comme je l’ai écrit plus tôt aujourd’hui, « Il serait erroné de conclure que la diplomatie a prévalu et que Washington a retrouvé la raison. Rien ne pourrait être plus loin de la vérité. Le problème n’est pas résolu. La guerre se profile toujours à l’horizon. »

Paul Craig Roberts

Ancien Secrétaire Adjoint au Trésor pour la politique économique, Paul Craig Roberts a été rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal, chroniqueur chez Business WeekScripps Howard News Service et Creators Syndicate, il a écrit de nombreux ouvrages, dont l’un, L’Amérique perdue : Du 11 septembre à la fin de l’illusion Obama, a été traduit en français, et il a aussi été affecté à de nombreux postes universitaires.

Original : www.paulcraigroberts.org/2018/04/14/russias-humanity-moral-conscience-leading-war/
Traduction Petrus Lombard

 

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Pourquoi n’avoir « rien à cacher » n’est pas une raison pour accepter la surveillance de masse

Pourquoi n’avoir « rien à cacher » n’est pas une raison pour accepter la surveillance de masse
« Je n’ai rien à cacher », « je n’ai rien de fait de mal ni d’illégal donc peu importe si on m’espionne ». C’est l’argument auquel se heurtent systématiquement les défenseurs de nos libertés numériques. Mais n’avoir « rien à cacher », et accepter de livrer toutes ses données à Facebook, Google et à une multitude de services « gratuits » tout en sachant, de façon plus précise depuis les révélations d’Edward Snowden, que ces données alimentent directement la surveillance de masse : est-ce vraiment un raisonnement tenable sur le long terme ? Est-ce la société que nous voulons ? Diffusé en salles depuis quelques mois, avant une mise en ligne sous licence Creative Commons prévue pour le 30 septembre, le documentaire « Nothing to Hide » de Marc Meillassoux est une réponse passionnante à cette question cruciale pour notre avenir.

Juin 2013. De la chambre d’hôtel de Hong-Kong où il est reclus, Edward Snowden observe le scandale des écoutes de la NSA éclater en direct à la télévision, à l’issue des huit jours pendant lesquels il vient de tout révéler aux journalistes devant la caméra de Laura Poitras (Citizenfour). Depuis, quatre ans ont passé. Et si Prism – du nom du programme de la NSA conçu pour scanner les communications numériques échangées sur AOL, Apple, Facebook, Google, YouTube, Microsoft, Skype, Paltalk et Yahoo! – et plusieurs affaires qui ont suivi ont largement contribué à éveiller la conscience des citoyens sur les données et la surveillance de masse, la plupart d’entre eux ont fini par se désintéresser de la question, sous prétexte qu’ils n’ont « rien à cacher ».

La société et ses données d’abord

« Dire que votre droit à la vie privée importe peu car vous n’avez rien à cacher revient à dire que votre liberté d’expression importe peu, car vous n’avez rien à dire. Car même si vous n’utilisez pas vos droits aujourd’hui, d’autres en ont besoin. Cela revient à dire : les autres ne m’intéressent pas » : Edward Snowden, qui témoigne dans Nothing to hide parmi une vingtaine d’autres intervenants, est toujours sur la même ligne, celle qui consiste à faire passer l’intérêt de la société devant les considérations individuelles. C’est aussi ce à quoi invite ce documentaire réalisé par deux journalistes, le Français Marc Meillassoux et l’Allemande Mihaela Gladovic.

Deux approches permettent de contrer l’argument « je n’ai rien à cacher » : prendre conscience, d’une part, que tout le monde a quelque chose à cacher – et que ce quelque chose s’appelle l’intimité – ou pourrait avoir quelque chose à cacher : « Imaginons que vous n’êtes pas engagé politiquement, ou que votre vie n’est actuellement pas très excitante. Vous vivez à la campagne et une compagnie pétrolière vient construire un gazoduc sur vos terres. Tout à coup, vous avez quelque chose à cacher, et vous avez un adversaire », suggère par exemple Alison Macrina, du projet Tor.

L’autre réponse est celle qui consiste à vouloir refuser les prémisses d’un Etat policier. « Il n’y a pas un argument valable pour tout le monde, nous détaille l’auteur du documentaire, Marc Meillassoux. Certains réagissent sur les notations financières en craignant d’avoir à payer plus cher leur emprunt ou leur assurance maladie selon ce que leurs données auront révélé de leur mode de vie. D’autres sont sensibilisés à la notion du tabou et à ce qui doit rester dans la sphère privée, par exemple si une personne de leur famille est touchée par une maladie mentale. D’autres peuvent avoir peur que le fisc ait accès à leurs données personnelles. Notre documentaire veut davantage insister sur le second aspect, sociétal : une tyrannie, qu’elle passe par une agression physique extérieure ou par la scrutation permanente de la population, reste une tyrannie. La surveillance policière est le fondement d’un État policier. Il faut se demander ce que c’est que de vivre dans une société où nos juges, avocats, chercheurs et journalistes sont potentiellement surveillés et sous contrôle. »

Un Mister X pour cobaye 

Nothing to Hide est riche de ses intervenants, nombreux et pertinents (lanceurs d’alerte, chercheurs, militants, hackers, etc.), qu’il fait dialoguer avec les témoignages de victimes des politiques de surveillance, parmi lesquelles une chercheuse en droits fondamentaux surveillée aux Etats-Unis (parce qu’elle a rencontré des femmes somaliennes, égyptiennes, irakiennes, afghanes et yéménites) ou un militant écolo surveillé en France. Le récit d’une ancienne activiste allemande surveillée dans les années 1980 par la Stasi introduit le parallèle avec le service d’espionnage de la RDA et les outils de surveillance actuels.

« Ils partagent la même obsession de tout récolter, ce même appétit sans fin pour les données, commente Marc Meillassoux. Avec l’idée que le moindre détail qui serait passé au travers sera considéré comme une faille dans le système de surveillance ». Ainsi, considérer qu’on n’a « rien à cacher » est une chose, mais comment ne pas s’inquiéter que « tous les mécanismes de surveillance soient déjà en place », comme l’explique le lanceur d’alerte et ancien cadre de la NSA Thomas Drake, même s’ils sont encore, la plupart du temps, dans les mains de démocraties ? Est-il alors excessif de parler de cyberdictature ?

L’autre fil rouge du documentaire est l’expérience de surveillance à laquelle se livre Mr. X, un ami du réalisateur qui pensait n’avoir « rien à cacher », en acceptant d’être surveillé pendant un mois sur son téléphone, sur lequel est installé un logiciel espion (qui n’a pas accès au contenu des messages), et sur son ordinateur, dont est récolté l’historique de navigation. Une analyste de données et un hacker se font ensuite un plaisir de lui présenter le fruit de leur travail : une cartographie complète de ses déplacements (dont ils déduisent ses heures de sommeil, travail, sorties, s’il fait une nuit blanche, dort au même endroit), des détails extrêmement précis sur son mode de vie ou ses fréquentations. Le tout en utilisant simplement les « métadonnées » (données de connexions, heures et fréquences d’appels, positions GPS, etc.) auxquelles ils ont accès et sur lesquelles reposent les dispositifs de surveillance du Web de la « loi renseignement » adoptée en France en 2015, et des lois équivalentes adoptées ailleurs en Europe.

Alors que le Conseil national du numérique (CNNum) s’alarme des menaces que fait peser sur les libertés individuelles le projet de loi antiterroriste dont l’examen a démarré le 13 septembre à l’Assemblée, signe supplémentaire d’une trajectoire sécuritaire jugée « préoccupante », il n’est jamais superflu de revenir aux fondements de la société de surveillance, du « péché originel » d’Internet (c’est-à-dire l’acceptation de la gratuité des services en échange du tracking publicitaire) à sa transformation en un espace de contrôle qui nous fait ressembler chaque jour un peu plus au personnage de Winston dans 1984, le roman de George Orwell. Il est sans doute encore moins vain de s’intéresser, trois ans après Citizenfour et sa figure de héros incarnée par Snowden, à la façon dont chacun de nous participe, activement ou par défaut, à la validation de ce système de surveillance.

Financé en crowdfunding par plus de 400 internautes, Nothing to Hide sera proposé le 30 septembre en Creative Commons. Un choix de la part des auteurs, qui ont tenu à prendre une licence libre, et espèrent toucher un plus large public. Voir ce film est important donc, ne serait-ce que pour rassurer Edward Snowden, convaincu que négliger son droit à la vie privée « est la chose la plus antisociale » qui soit.

Des projections-débat de Nothing to Hide sont encore organisées à Paris et dans plusieurs villes françaises, du 26 septembre au 30 novembre. Pour les dates, c’est ici. 

Annabelle Laurent

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Publié par le 4 février 2018 dans général, Nouvel ordre mondial, société

 

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Jérusalem n’est pas la capitale de l’Israël biblique

Jérusalem n’est pas la capitale de l’Israël biblique
Voici un épisode qui montre que trump est clairement à la botte des sionistes et qu’il défend leurs intérêts … Tout ce qui pouvait rester de crédibilité au président étasunien vient de s’effondrer avec l’affaire de Jérusalem … Z

Si historiquement Jérusalem était bien la ville du roi David, la décision idiote de Trump d’y faire transférer l’ambassade des Etats-Unis ne m’aurait pas irrité outre mesure et je n’aurais pas écrit l’article que vous êtes en train de lire. Mais la vérité est que la Jérusalem moderne n’a jamais été la capitale du royaume de David.

Bien des gens ont pensé que l’idée de construire un mur à la frontière américano-mexicaine fut la promesse électorale la plus stupide de Trump. Mais en fait ça ne l’était pas, transférer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem le fut. La décision de Trump a ravivé l’idéologie sioniste de l’occupation illégale et d’apartheid et quelques sionistes fanatiques ont perçu l’affaire comme étant “plus grosse que Balfour” et tant pis pour ces analystes qui ont soutenu Trump en le voyant comme le candidat qui allait devenir le président anti-establishment. Ils ne semblaient pas vouloir comprendre que le seul establishment auquel Trump est attaché, c’est le sien.

Bouger l’ambassade vient-il vraiment comme une surprise ? En fait non, car contrairement à ses prédécesseurs, Trump veut être le premier président des Etats-Unis à remplir ses promesses électorales (aussi stupides furent-elles…). Peut-être veut-il que cela soit mémorisé comme son héritage présidentiel.

Mais ceci ne peut pas être le seul but de cette action si mal avisée, car relocaliser l’ambassade des Etats-Unis de Tel Aviv à Jerusalem va sûrement accordé à Trump le soutien (si nécessaire) du lobby juif et de ses organisations pleines de fric ainsi que le droit religieux sionistes et des évangélistes chrétiens (NdT: les plus sionistes de tous les chrétiens…)

Sans mentionner que cette pitrerie d’ambassade servira de diversion car un paquet de scandales sont en train de menacer la présidence de Trump et de transformer la Maison Blanche en un cirque.

Il semble que rien ne peut sauver Trump sauf de rendre Israël “encore plus grand”…

L’action de Trump, bien que stupide, va sans doute soulever de séreuses répercussions politiques et possiblement de la violence (et toujours plus d’extrémisme et de terrorisme) au Moyen-Orient et au-delà. Dans le même temps, peut-être pas, considérant que l’UE et le monde arabo-islamique s’opposent à cette décision scandaleuse.

Mais ce que ne réalise pas vraiment Trump, c’est que sa décision est extraordinairement ignorante du point de vue historique et c’est pourquoi je pense qu’elle est en même temps dangereuse. Ignorante parce que ni lui ni sont entourage de conseillers n’ont été éduqués, informés par des érudits et/ou universitaires impartiaux sur l’histoire ancienne du Proche Orient pour comprendre que Jérusalem n’est pas la ville historique de l’ancien Israël biblique. Décision dangereuse parce que cette décision inconsidérée va aider à consolider ce concept totalement falsifié au sujet de Jérusalem dans l’inconscient collectif des masses non informées dans le monde.

Le narratif/prétexte classique et déformé pour la justification de l’occupation de la ville palestinienne de Jérusalem (ainsi que du reste de la Palestine…) est qu’elle fut la capitale de ce magnifique royaume du roi David et de son fils Salomon.

Ce prétexte apparemment indiscutable parmi les pères du mouvement sioniste est que la Palestine est leur terre historique, terre sur laquelle eut lieu les histoires des patriarches. Ils voient aussi Jérusalem de manière non équivoque comme la ville établie par le roi David au 10ème siècle avant notre ère.

La construction de ce faux prétexte par le mouvement sioniste (aidé en cela par la Grande-Bretagne et les Etats-Unis dans la première moitié du XXème siècle) ont encouragé les Européens convertis au judaïsme de voir la terre arabe de Palestine comme leur ancienne terre perdue qui fut promise à Abraham et ses descendants israélites. Le plus marrant qui a échappé à des milliers de juifs européens qui se sont ensuite installés en Palestine est qu’ils ne sont en rien les descendants d’Abraham ou de sa tribu israélite, mais qu’ils sont les descendants du royaume khazar.

Si les musulmans de Chine et des Philippines ne peuvent affirmer aucun droit historique sur la ville de La Mecque comme étant leur ancienne capitale, il en va ainsi de même pour les juifs européens et la ville de Jérusalem. La même logique s’applique.

La ville sainte de Jérusalem apparaît d’abord dans les descriptions de la bible pendant l’époque d’Abraham (vers 1850 avant notre ère). Ce fut dans cette ville qu’Abraham fut reçu par un mystérieux prêtre/prophète de dieu nominé comme le plus haut gradé Melchizedek (roi honnête dans l’ancienne langue arabe/hébraïque) et qui fut aussi le roi d’Ur-Salem. Salem en arabe veut dire paix et Ur-Salem / Jérusalem signifie la cité de la paix. Voyez-vous, tout le vocabulaire des histoires du patriarche israélite est véritablement arabe.

Un autre détail édifiant que nous donne la bible est qu’avant que David ne conquît la ville biblique de Jérusalem, celle-ci était habitée par une tribu appelée les Jebusites (2 Samuel 5:6-7) et que Jérusalem était sécurisée, placée au sommet d’une montagne, comme une forteresse.

Mais ce qui laisse perplexe, est que durant à la fois le temps d’Abraham (19ème siècle AEC) jusqu’au temps de la conquête de la ville par David (10ème siècle AEC), Jérusalem n’a pas existé comme une entité territoriale sur la carte de l’ancien Proche Orient et spécifiquement du Levant. Simplement la ville n’y existait pas encore.

Il n’y a pas eu de Jérusalem pouvant accommoder l’histoire d’Abraham datant du 19ème siècle AEC ni de David et de son fils Salomon aux 10ème – 9ème siècles avant notre ère.

Sans même mentionner que l’histoire antique de la Palestine n’a jamais été témoin d’un peuple ou d’une tribu répondant au nom des Jebusites et desquels on ne peut trouver de trace historique que dans l’Arabie et le Yémen antiques avec leurs terrains montagneux et leurs villages cadrant parfaitement avec le narratif géographique biblique.

““La montée des états territoriaux au Levant fut le résultat de l’expansion vers l’ouest de l’empire assyrien vers le 9ème siècle avant notre ère. De plus, ni les archives assyriennes, ni les archives égyptiennes ne font une quelconque référence au soi-disant royaume de David et Salomon. En fait, des sources extra-bibliques laissent peu de doute sur le fait que tous les états majeurs de la région comme par exemple Damas, Moab et bien sûr Jérusalem, émergèrent après le 9ème siècle AEC. Il est très difficile de concevoir un royaume unifié israélite qui aurait gouverné depuis Jérusalem plus d’un siècle avant ce processus. Le plus ennuyeux de tout après un siècle de recherches et d’excavations à Jérusalem, la (supposée) capitale de la monarchie unifiée d’Israël si glamour, c’est que celles-ci ont échoué à montrer des preuves de toute construction notoire sur place au 10ème siècle. Il n’y a aucune trace de palais magnifiques ou de grands états, rien ne fut archéologiquement trouvé sur place concernant cette période. Bref, Jérusalem au 10ème siècle AEC, période de David et Salomon n’était rien de plus qu’un village perché et non pas cette capitale exquise et décorée d’un grand empire”, a écrit le professeur Israël Finkelstein, l’archéologue israélien de l’université de Tel Aviv et de l’académie des sciences israélienne dans son livre “The Bible Unearthed” (2001).

Quant à l’endroit de la Jérusalem biblique, d’autres universitaires de l’antiquité nous donnent certaines indications sur là où nous devrions regarder pour la trouver: sur la carte ancienne/antique de l’Arabie et du Yémen. La ville de Jérusalem d’après la Torah est située sur une montagne, c’est pour cela que le site le plus saint du judaïsme est nommé “Le Mont du Temple”. Mais lorsque nous regardons la carte de la Jérusalem actuelle, nous sommes surpris de découvrir qu’elle n’est pas située sur une montagne mais plutôt entre deux collines. N’est-ce pas un peu étrange ?

La mosquée Al-Aqsa et le dôme de la pierre (Le Mont du Temple pour les juifs) sont situés au point le plus bas de la topographie de Jérusalem. La question est: où est la montagne qui est mentionnée dans la bible ? Va t’elle venir avec l’ambassade de Trump ? Aucune intention de sarcasme ici.

Jérusalem pourrait être l’endroit où le temple d’Hérode (37 AEC ~ 70 EC) se situa mais elle n’est définitivement pas la terre du premier temple ou de la ville qui aurait été témoin des histoires des patriarches israélites.

Jérusalem n’est pas la ville historique du roi David ni la capitale de l’Israël biblique. Voilà pourquoi elle ne devrait jamais être reconnue ou acceptée comme la capitale de l’Israël moderne.

L’endroit réel du Mont du Temple et de la totalité de “l’état d’Israël” est basé sur une idéologie, à la fois fausse, mensongère et trompeuse. La décision fondée sur une ignorance crasse de Donald Trump, de transférer l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem ne fait que rendre l’affaire encore plus trompeuse.

Dr Ashraf Ezzat

url de l’article original:https://ashraf62.wordpress.com/2017/12/08/mr-trump-jerusalem-is-not-the-capital-of-biblical-israel/

Traduit de l’anglais par Résistance 71

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Publié par le 11 décembre 2017 dans Education - information, général, International, Politique

 

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L’or pourrait rapidement atteindre les 1 400 $ même si une correction n’est pas à écarter

Alors qu’un peu partout sur la planète la situation se dégrade, entre les ouragans et la guerre qui menace certaines régions du monde, beaucoup se demandent si la hausse des métaux précieux va se poursuivre au fur et à mesure que le dollar va continuer de baisser, et plus globalement ce qu’il va se passer par la suite sur les marchés de l’Or et de l’Argent.

Ci-dessus, vous trouverez un graphique qui retrace l’évolution du dollar et celle du cours de l’Or sur les 46 dernières années. Ce graphe va permettre aux lecteurs de comprendre pourquoi la patience va finir par payer puisque le marché de l’Or n’en est qu’au début de son prochain cycle haussier..

L’or pourrait rapidement atteindre les 1 400 $ même si une correction n’est pas à écarter

L’or continue sa belle envolée à plus de 1 350 $ l’once au moment d’écrire ces lignes. Selon Nizam Hamid, stratégiste ETF chez Wisdom Tree, l’or pourrait rapidement dépasser la barre des 1 400 $ l’once même si une correction n’est pas à écarter :

« L’or a franchi la barre des 1 300 $ la semaine dernière. Depuis, il poursuit sa hausse sans s’essouffler alors que les tensions entre la Corée du Nord et les États-Unis persistent. Certains experts affirment maintenant que le métal précieux pourrait continuer sur sa lancée positive.

« Il y a une conjonction d’événements qui poussent l’or à la hausse, notamment les incertitudes politiques et les achats des hedge funds. Si ce contexte politique extrême se poursuit, le métal jaune pourrait atteindre les 1 400 $ l’once », a déclaré Nizam Hamid, stratégiste ETF chez Wisdom Tree dans un communiqué de presse publié jeudi.

La période actuelle de grandes incertitudes, que ce soit sur le front de la politique intérieure américaine ou de sa politique extérieure, soutient le cours de l’or d’après Hamid.

« Au vu de la valorisation des autres classes d’actifs, il existe un potentiel réel pour que l’or poursuive sa hausse, surtout si les investisseurs mainstream entrent dans la danse. »

L’or s’échange en ce moment autour des 1 340 $ l’once. Il est en hausse de 2,45 % sur les 7 derniers jours, de 16 % depuis le début de l’année. Traditionnellement, les investisseurs se tournent vers les valeurs refuges telles que l’or, le franc suisse et le yen durant les périodes d’incertitude vu que les actifs traditionnels tels que les actions et les obligations peuvent devenir volatiles dans un tel contexte.

cours de l'or en 2017

Cependant, des rendements obligataires en berne et la faiblesse du dollar sont également des éléments en faveur de l’or, d’après le stratégiste d’UBS Join Teves.

suite et fin 

François Asselineau: « Si nous arrivons au pouvoir, nous demanderons au minimum… je dis bien..au minimum, on verra bien les voies et moyens juridiques de le faire, mais au minimum, nous demanderons une commission d’enquête parlementaire sur les raisons qui ont poussé Monsieur Sarkzy à brader aux alentours des années 2009 environ, 20% du stock d’Or des français au moment où l’Or était au plus bas. Nous demanderons des comptes à l’ancien Président de la République française et aux personnes qui ont autorisé ce choix absolument délirant de vendre 20% de l’Or des français. »

 
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Publié par le 11 septembre 2017 dans général, or et argent métal

 

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La Grèce n’est pas l’Inde ? Le Banques Grecques lancent un Plan de « taxation sur les retraits en espèces » pour lutter contre l’économie noire

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Les banques grecques ont proposé une série de mesures visant à combattre l’évasion fiscale , renforcer les transactions électroniques et limiter l’utilisation du cash dans l’économie, et comme KeepTalkingGreece.com le rapporte, l’une des mesures proposées est une taxe spéciale sur les retraits en espèces.

 Les banquiers soulignent que l’argent cash peut facilement et en grande partie être canalisée dans l’économie noire. Par conséquent, une taxe sur les retraits en espèces va considérablement réduire les transactions en espèces et par extension l’économie souterraine.

Les banquiers suggèrent que les cartes de crédit et de débit ainsi que le puits de nouvelles technologies permettant moins de transactions en espèces , même pour de petites sommes, et les téléphones mobiles, peuvent être utilisés pour l’achat d’un billet de transport ou d’un journal au kiosque.

La proposition des banquiers au gouvernement comprend également :

L’utilisation OBLIGATOIRE de cartes ou d’autres réseaux de paiements électroniques pour chaque transaction avec les professions où il y a de fortes preuves de fraude fiscale et où le cash est principalement utilisé [comme les boulangeries, les kiosques, les vendeurs ambulants et les … vendeurs de châtaignes ?].

 

L’utilisation -OBLIGATOIRE de cartes ou de réseaux électroniques pour les transactions dépassant un certain montant [cette mesure est déjà en vigueur].

 

Reformer Le système fiscal en introduisant un système de revenu et de dépenses. Les ménages ou les professionnels ne seront imposés que sur le montant du revenu qui n’aura pas été dépensé. De cette façon, les ménages et les professionnels auront une forte incitation à rechercher des reçus pour toute dépense afin d’augmenter leurs dépenses et réduire le montant de l’impôt qu’ils auront à payer.

 

L’obligation Pour toutes les entreprises quelle que soit leur taille de payer par voie électronique tous les salaires. (Source: Kathimerini via Liberal.gr)

Je ne peux pas dire qui a lancé cette idée révolutionnaire, si ce sont certains jeunes génies universitaires ou les banquiers grecs eux-mêmes, ceux de plus de 60 qui ont leurs secrétaires ou leurs enfants qui effectuent leurs transactions en utilisant leurs propres iPhones et iPads.

Je ne sais pas si ils ont demandé aux créanciers du pays de réformer le système fiscal avec plus d’incitations à ne pas utiliser de cash, dans un monde grec où les ménages seront obligés d’utiliser des livres de recettes et de dépenses.

Je ne comprends absolument pas comment un groupe de banquiers peut proposer de telles mesures et fixer la règle du système économique d’un pays où environ 30% de la population vit en situation de, ou est en risque de pauvreté, où le système de protection s’est effondré et où des milliers de familles vivent sur les dons d’un parent ou d’un ami qui met secrètement dans leurs poches quelques billets afin qu’ils achètent de la nourriture, des médicaments ou payent quelques factures.

Sans parler de ceux de plus de 60 ans avec une connaissance minimale des appareils et des applications électroniques et ceux de plus de 80 ans qui ne peuvent même pas utiliser un téléphone mobile.

La taxation sur les retraits en Cash donnera bien entendu aux « contrôles de capitaux » une nouvelle dimension.

Je suppose que l’ensemble de la proposition a été élaborée par un groupe de quelques professionnels universitaires coincés dans une énorme bulle .

Allons-nous maintenant interdire le cash et devenir comme l’Inde ?

Avec Zero Hedge

 
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Publié par le 28 novembre 2016 dans économie, général, International

 

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Voici pourquoi le « beau » pain n’est pas forcément « bon »

La maîtrise des enzymes par les industriels leur a permis une avancée considérable dans la standardisation du pain. Pourtant, explique l’auteure de cette tribune, celles-ci ont un potentiel allergène et, surtout, elles empêchent les enzymes naturelles de se développer. Le pain reste donc insipide et difficile à digérer.

Rappelez-vous, la dernière fois que vous avez mangé un pain très léger, à la mie très blanche, insipide et sec quelques heures après l’achat. Si cette baguette plus proche du carton que du pain a été le summum de la modernité dans les années 1950 à 1970, elle se fait désormais de plus en plus rare. Chez le boulanger, la baguette tradition, plus goûteuse, à la mie crème, s’est fait une place. Au supermarché, la qualité générale s’est améliorée. La filière est sortie de cette période où la blancheur et le volume faisaient vendre. Le bon pain regagne du terrain… semble-t-il.

Car il faut voir au-delà des apparences. Ces pains plus beaux, plus diversifiés, moins fades et qui se conservent mieux qu’il y a trente ans ne sont pas le fruit d’une réelle remise en cause de la filière. Ils résultent d’un processus engagé par les fabricants de pain industriel, les producteurs d’additifs et les très grands moulins avant même la Deuxième Guerre mondiale. Leur but a toujours été de faciliter, de standardiser la production de pain. Dernièrement, la maîtrise des enzymes a permis une avancée majeure dans cette voie.

Sans elles, tout irait trop lentement

Les enzymes sont des protéines qui accélèrent les réactions chimiques. Sans elles, tout irait trop lentement pour que la vie soit possible. En boulangerie, les enzymes permettent la fermentation, ce moment où le pain gonfle, où les goûts se forment, où la structure de la mie se construit. Pour le pain, il y a deux sources « naturelles » d’enzymes : celles fabriquées par le grain de blé, et celles fabriquées par les levures et bactéries naturellement présentes à la surface des grains. S’il y en a trop, ou pas assez, la farine risque de ne pas être panifiable. Les meuniers le savent depuis longtemps, et mélangent farines riches et pauvres en enzymes pour qu’elles donnent ensuite de beaux pains. Ils utilisent le malt, c’est-à-dire des grains germés riches en enzymes, pour améliorer leurs produits.

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Le malt est une céréale germée riche en enzymes.

Depuis les années 1980, on connaît mieux les enzymes. On sait les sélectionner, les fabriquer, les« purifier », et de nouvelles apparaissent sans cesse. Leurs noms sont de plus en plus souvent présents sur les étiquettes, et leur liste s’allonge : hémicellulase, xylanase, glucose-oxydase, protéase, pullulanase, etc. Il est devenu quasiment impossible de trouver un sac de farine boulangère non corrigée à l’aide d’enzymes ajoutées. Que ce soit au supermarché ou chez l’artisan, presque tous les pains ont été fabriqués grâce à ces protéines magiques. Elles ouvrent d’infinies possibilités pour accélérer la fermentation, améliorer la résistance de la pâte à un passage en chambre froide ou à la surgélation, augmenter le volume du pain, rendre la mie plus souple, etc. Surtout, elles permettent de contrôler la fermentation et donc de standardiser toujours plus les processus de fabrication du pain, d’adapter la pâte aux besoins de chaque usine, chaque fournil. Ce n’est plus le boulanger qui accompagne le processus naturel de la fermentation, mais le cocktail d’enzymes ajoutées qui permet de le maîtriser. Enfin, dernier avantage et non des moindres : les enzymes sont censées disparaître à la cuisson. La législation européenne n’oblige donc pas à les mentionner sur l’étiquette du produit final. C’est pourquoi elles sont de plus en plus préférées aux additifs : elles ont le même usage, mais peuvent être éventuellement cachées au consommateur.

Un monde merveilleux

Grâce aux enzymes ajoutées, faire un « bon » pain — ou plutôt un beau pain — est devenu facile. Mais la filière devrait s’en méfier. D’abord, parce qu’elles ont un potentiel allergène. Or, l’allergie à la farine et à ses composants est l’une des principales maladies professionnelles en boulangerie. Si, officiellement, les enzymes sont considérées comme un allergène mineur (le principal est la farine elle-même), en coulisse certains meuniers et boulangers s’inquiètent, racontent des cas de rougeurs après qu’ils ont travaillé avec des mélanges de farines riches en enzymes.

Ensuite, parce que ces enzymes ajoutées empêchent celles naturellement présentes dans la farine de faire leur travail. La fermentation, ce moment où se créent les goûts et où la pâte est prédigérée, n’est pas aboutie. En bout de course, notre pain nous fait mal au ventre, et il est insipide.

Les enzymes ajoutées ont ouvert un monde merveilleux aux industriels, qui grâce à elles se rapprochent de plus en plus de la qualité proposée par les artisans. Pour préserver leur spécificité, pour la diversité des goûts du pain, pour leur santé et celle de leurs clients, les boulangers devraient donc comprendre les enzymes, et dire non à celles qui sont inutiles. La farine apporte déjà naturellement les siennes. Alors pourquoi ne pas réapprendre, à, tout simplement, travailler avec elles ?

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Publié par le 27 septembre 2016 dans général, Santé - nutrition, société

 

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