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Le ministre allemand de l’économie appelle l’Europe à défier les sanctions de Trump contre l’Iran

Le ministre allemand de l’Économie, Peter Altmaier. ©Intellivoire

Le ministre allemand de l’Économie s’en prend au président américain Donald Trump, dénonçant ses pressions sur l’Iran et ses diktats à ses partenaires commerciaux.

Dans un discours surprenant, le ministre allemand de l’Économie, Peter Altmaier, évoquant la décision américaine de réimposer des sanctions US contre l’Iran après le retrait unilatéral de Trump de l’accord nucléaire de 2015, a exhorté son pays à être « plus ferme » face aux dictats américains sur plan commercial et à défier les sanctions illégales américaines contre les autres qui sapent les investissements et les échanges commerciaux internationaux.

« Les États-Unis ne peuvent pas dicter les règles commerciales aux autres et l’Allemagne doit investir davantage en Iran », a insisté, Peter Altmaier, à l’occasion d’une interview accordée ce week-end, au quotidien allemand Bild am Sonntag, cité par le site web Intellivoire.

« Nous ne devons pas laisser Washington dicter ses volontés dans les relations commerciales avec d’autres pays », a déclaré le ministre allemand de l’Économie Peter Altmaier au journal Bild.

Fustigeant toujours le geste unilatéral des États-Unis de Trump et leur désengagement de l’accord nucléaire iranien, M. Altmaier a souligné l’importance du soutien au document historique de Vienne et la préservation des contrats d’affaires conclus en Iran avant d’exhorter Berlin à ne pas permettre à Washington de dicter ses règles commerciales.

Pour lui, les sanctions américaines contre l’Iran étaient « un exemple dans lequel la négligence de l’Amérique envers ses partenaires était clairement visible ».

« Que ce soit en Allemagne ou en Europe, nous examinons les moyens pour garder les canaux financiers ouverts », a-t-il promis.

L’Allemagne et d’autres pays européens devraient se sentir libres de poursuivre leurs relations avec Téhéran. « Les entreprises allemandes peuvent continuer à investir autant qu’elles le souhaitent en Iran », a déclaré M. Altmaier, ajoutant toutefois que « de nombreuses entreprises dépendent de prêts bancaires, dont la plupart se refinancent aux États-Unis – et cela peut créer des problèmes ».

Les déclarations du ministre allemand de l’Économie interviennent après que l’administration Trump a imposé une deuxième série de sanctions visant l’achat par l’Iran de dollars américains, malgré les appels de certaines puissances mondiales. Au début de cette année, Washington a imposé à Téhéran des sanctions visant à réduire le commerce ainsi que les industries de l’énergie et de la construction navale.

Ces restrictions ont endommagé les liens de l’UE avec l’Iran, qui a prospéré après l’accord nucléaire de 2015 abandonné par les États-Unis. La semaine dernière, l’UE a réagi aux dernières sanctions de l’Iran en appelant les entreprises à ignorer les menaces des États-Unis. Outre la question de l’Iran, les États-Unis et l’Europe sont en proie à un différend sur les droits de douane sur l’acier, l’aluminium et les automobiles.

Dans cet esprit, a déclaré le ministre allemand, le monde risque de sombrer dans un conflit économique généralisé, ajoutant que « nous sommes au bord de cette crise » et « une guerre commerciale mondiale ne connaîtra pas de gagnants, mais seulement des perdants ». « Les politiciens n’ont pas le droit de mettre en péril des centaines de milliers d’emplois européens qui dépendent du commerce américano-européen, a-t-il déclaré.

« Nous avons appris par le passé que la plupart des consommateurs souffrent des guerres commerciales alors que les biens et les services deviennent plus chers », a déclaré Altmaier. « Cette guerre commerciale entrave la croissance économique et apporte de nouvelles incertitudes », a averti le ministre allemand de l’Économie.

Les déclarations du ministre allemand de l’Économie interviennent après que l’administration Trump a imposé une deuxième série de sanctions visant l’achat par l’Iran de dollars américains, malgré les appels de certaines puissances mondiales. Au début de cette année, Washington a imposé à Téhéran des sanctions visant à réduire le commerce ainsi que les industries de l’énergie et de la construction navale.

Ces restrictions ont endommagé les liens de l’UE avec l’Iran, qui a prospéré après l’accord nucléaire de 2015 abandonné par les États-Unis. La semaine dernière, l’UE a réagi aux dernières sanctions de l’Iran en appelant les entreprises à ignorer les menaces des États-Unis. Outre la question de l’Iran, les États-Unis et l’Europe sont en proie à un différend sur les droits de douane sur l’acier, l’aluminium et les automobiles.

Dans cet esprit, a déclaré le ministre allemand, le monde risque de sombrer dans un conflit économique généralisé, ajoutant que « nous sommes au bord de cette crise » et « une guerre commerciale mondiale ne connaîtra pas de gagnants, mais seulement des perdants ». « Les politiciens n’ont pas le droit de mettre en péril des centaines de milliers d’emplois européens qui dépendent du commerce américano-européen, a-t-il déclaré.

« Nous avons appris par le passé que la plupart des consommateurs souffrent des guerres commerciales alors que les biens et les services deviennent plus chers », a déclaré Altmaier. « Cette guerre commerciale entrave la croissance économique et apporte de nouvelles incertitudes », a averti le ministre allemand de l’Économie.

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Publié par le 13 août 2018 dans général, International, Politique

 

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Demain, la guerre contre l’Iran ?

par Didier Chaudet

La détente récente entre États-Unis et Corée du Nord peut être vue comme le prélude à une montée des tensions avec les Iraniens, peut-être jusqu’à la guerre, comme le soulignait récemment Anshel Pfeffer dans Haaretz. Un tel scénario, si dangereux pour l’ensemble du Moyen-Orient, et donc pour la stabilité internationale, est-il vraiment possible aujourd’hui ?

Le rejet des négociations avec Téhéran

Quand on évoque une guerre future impliquant l’Iran, on pense à trois possibilités, principalement :

  • une opposition directe entre Washington et Téhéran ;
  • le réchauffement de la guerre froide entre Arabie saoudite et Iran ;
  • une guerre opposant Israël et l’Iran, plus particulièrement sur le champ de bataille syrien.

L’administration Trump compte en son sein au moins trois opposants de premier plan à l’influence iranienne au Moyen-Orient : James Mattis, ministre de la Défense (dont la modération récente est à mettre en perspective, et pourrait n’être que temporaire) ; Mike Pompeo, Secrétaire d’État ; et John Bolton, conseiller à la sécuritaire nationale.

Clairement, cette administration n’apparaît pas comme intéressée par de réelles négociations : Stephen Walt, professeur de relations internationales à Harvard, a récemment comparé la douzaine de demandes américaines exprimées par Mike Pompeo à l’endroit de l’Iran à l’ultimatum de l’Empire austro-hongrois à la Serbie, avant la Première Guerre mondiale…

Après tout, ces demandes se résument à intimer l’ordre à l’Iran d’abandonner ses politiques de sécurité et d’influence régionale, ce qui serait fatal non seulement pour le régime actuel, mais aussi pour tout gouvernement indépendant et patriote.

Comme l’explique le président du Conseil américano-iranien Trita Parsi : « Quand on associe des demandes irréalistes à une pression massive, on crée sciemment une évolution vers la confrontation. ») De fait, Washington semble plutôt viser une déstabilisation de régime iranien, et se contente, pour l’instant, d’une guerre économique pour atteindre ce but.

Comme un air d’Irak en 2003

En réalité, cette attitude était déjà celle d’administration Trump avant que les Américains ne se retirent de l’accord sur le nucléaire iranien. Après tout, alors que l’Iran le respectait, il semble bien que Washington ait violé les sections 26, 29 et 33 devant permettre la réintégration économique de l’Iran dans la communauté internationale. Le retrait n’a fait que confirmer le refus américain, sous l’actuelle présidence, de voir l’Iran réintégrer la communauté internationale, et donc de pouvoir se développer économiquement.

Continuer de faire de l’Iran un paria, c’est chercher à l’étouffer économiquement, pour le renverser sans avoir à bombarder. Ou le pousser à relancer son programme nucléaire, ce qui offrirait l’excuse d’une guerre préventive.

Plus largement, l’argumentaire actuel contre l’Iran, considérée comme radicalement déstabilisatrice pour le Moyen-Orient, est non seulement faux car simpliste, mais il fait aussi étrangement penser à ce qu’on a pu entendre avant la guerre d’Irak de 2003.

Rudy Giuliani, conseiller et avocat du président Trump, va jusqu’à affirmer qu’un changement de régime en Iran est plus important pour la paix au Moyen-Orient qu’un accord entre Israéliens et Palestiniens… Si la déstabilisation par la guerre économique ne marche pas, l’emploi de la force sera forcément tentant pour certains au sein de l’actuelle administration américaine.

Israël et l’Arabie Saoudite, soutiens des faucons américains

Pourtant, les ardeurs belliqueuses de Washington sont limitées par l’effort militaire conséquent que signifierait une attaque de l’Iran. Et une telle action militaire, si elle allait jusqu’au bout de sa logique, avec une occupation du pays, serait ingérable sans un retour à la conscription. Ces réalités expliquent la résistance d’un ancien militaire comme Mattis face à la vision idéologique de certains civils dans l’administration Trump.

Mais les faucons américains les plus bellicistes ont des alliés au Moyen-Orient, qui pourraient soutenir la politique du pire. Si, sur le dossier nord-coréen, on a un voisinage sud-coréen qui pousse l’Amérique à la modération, au Moyen-Orient, les principaux alliés de Washington – Israël et l’Arabie saoudite – considèrent le régime iranien comme un ennemi avec lequel la négociation serait impossible. Et contre lequel l’action militaire peut être une option.

Iraniens et Israéliens ont des positions irréconciliables sur la Syrie : les premiers veulent s’y maintenir, les seconds refusent radicalement un tel scénario. Pour l’instant, les accrochages entre les deux pays sont restés limités, mais le risque d’un dérapage militaire demeure réel. Israël (tout comme les États-Unis) mise pour l’instant sur une déstabilisation interne du régime iranien. Ce scénario n’étant pas forcément une évidence, comme on le verra plus loin, le désir d’une action militaire plus directe pour contrer l’Iran en Syrie, par exemple, pourrait être une action envisageable par l’État hébreu.

 Au Yémen, un combattant de la milice des Géants, soutenue par Riyad (21 juin 2018). Saleh Al-Obeidi/AFP

Au Yémen, un combattant de la milice des Géants, soutenue par Riyad (21 juin 2018). Saleh Al-Obeidi/AFP

Quant à l’Arabie Saoudite, son opposition à l’Iran est encore plus radicale : c’est une composante importante du nationalisme promu par Riyad. Certains Saoudiens exagèrent les capacités hégémoniques de l’Iran au Moyen-Orient : on en a un bon exemple avec un journaliste de premier plan dans le royaume, Jamal Khashoggi, qui parle, à propos de la situation actuelle au Moyen-Orient, d’un « moment 1939 ».

La peur que l’Iran suscite en Arabie saoudite comme concurrent régional ne fera donc pas du royaume un agent de modération, c’est le moins qu’on puisse dire. On peut même considérer que ces deux pays sont déjà indirectement en guerre, et qu’une escalade entre les deux pays, par exemple au Yémen, est très possible, avec les risques que cela implique.

L’Iran se prépare à une guerre asymétrique

Le danger d’un dérapage guerrier, même s’il n’est globalement pas souhaité, est donc loin d’être négligeable, au niveau international ou régional. Mais qu’en est-il de l’attitude de l’Iran elle-même ? A-t-elle des intentions bellicistes ?

D’un point de vue militaire, l’Iran n’a pas investi en priorité dans son armée conventionnelle. Au contraire, elle s’est d’abord préparée à une possible guerre asymétrique, avec les États-Unis comme l’ennemi le plus probable.

Téhéran a un budget militaire bien modeste par rapport à celui de ses voisins : même les Émirats Arabes Unis dépensent deux fois plus que l’Iran pour leur défense. Téhéran n’a pas accès aux armes les plus sophistiquées de l’Occident, qui se refuse à lui vendre les matériels qu’ils fournissent à l’Arabie saoudite ou à Israël, et manque de moyens financiers pour rivaliser avec ces deux pays dans la course aux armements.

 Google, CC BY-SA

Google, CC BY-SA

Un simple coup d’œil sur une carte de l’Iran montre que la République islamique est entourée de bases et troupes américaines, ainsi que de pays proches alliés des États-Unis ou de l’Arabie Saoudite.

Un arsenal de missiles pour parer une possible invasion

Dès lors, les élites iraniennes ont fait le choix de rendre toute attaque-invasion particulièrement difficile, plutôt que de se concentrer sur des capacités réellement offensives. C’est avec cette logique à l’esprit qu’il faut comprendre le grand nombre de missiles balistiques iraniens : à défaut d’une aviation assez puissante, il s’agit surtout d’une arme capable de cibler une concentration de forces prête à l’invasion, ou des infrastructures régionales en réponse à une attaque conventionnelle.

Suite au traumatisme causé par la guerre Iran-Irak, et la large utilisation de missiles par Saddam Hussein, cet arsenal est vu comme un moyen efficace de protéger le régime et le peuple iraniens face à une agression militaire extérieure. Et on aurait tort de penser que la supériorité militaire américaine pourrait permettre d’annuler les avantages asymétriques de l’Iran.

On l’a bien vu lors de la simulation de guerre intitulée « Millenium Challenge » organisée par Pentagone pour voir comment la marine américaine résisterait à une attaque iranienne. Le résultat a été sans appel : 16 bateaux coulés, dont un porte-avions, et l’exercice a été suspendu en urgence, afin d’en changer les règles et de permettre, en fin de compte, une victoire américaine…

Le général de brigade Hossein Salami, le numéro deux des Pasdarans ou Corps des Gardiens de la Révolution, a bien résumé l’approche militaire iranienne : défensive au niveau de la stratégie d’ensemble, mais très offensive à partir du moment où un ennemi commence une guerre contre l’Iran.

Les Iraniens ne chercheront vraisemblablement pas les hostilités, mais dans le cas d’une attaque, l’assaillant peut s’attendre à être confronté à une terrible guerre asymétrique en territoire iranien, et sans doute plus largement au Moyen-Orient : au moins par un renforcement de l’aide au Hezbollah au Liban, et en l’incitant à réagir à une guerre contre l’Iran ; par des actions contre les intérêts américains en Syrie et en Irak ; et par un renforcement de l’aide aux Houthis au Yémen pour mettre les Saoudiens en difficulté.

A Téhéran, la crainte d’un coup de force bonapartiste

La politique agressive de l’administration Trump pourrait renforcer les plus radicaux en Iran, ceux qui croient le moins en une possibilité d’apaisement avec l’Occident. Rappelons que les « principlistes » (les conservateurs iraniens) ont perdu toutes les élections depuis 2013. Aujourd’hui, ils peuvent présenter leur vision des relations internationales comme étant la seule valable, les modérés autour du président Rouhani, et même Ali Khamenei, le Guide de la Révolution, s’étant fourvoyés dans un projet de dialogue avec Washington qui n’a pas apporté les résultats espérés.

L’actuelle visite d’Hassan Rouhani en Autriche et en Suisse risque de ne rien changer à ce sujet : c’est sans doute le dernier déplacement du Président iranien en Europe avant la réimposition de sanctions par les Américains (à partir du 6 août). Et cet événement a été éclipsé par un bien étrange complot terroriste déjoué à temps, censé avoir visé des opposants iraniens réunis à Paris le 30 juin dernier. Or on voit mal ce que le régime iranien aurait à gagner dans une attaque terroriste en Europe, où il cherche désespérément à trouver des appuis pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien.

Les Iraniens savent pertinemment que des attaques sur sol européen sont une ligne rouge à ne pas franchir. Que les allégations d’un tel complot présumé soient révélées avant l’arrivée du président Rouhani en Autriche, et avant la rencontre décisive du ministre des Affaires étrangères iranien avec les représentants des cinq puissances toujours officiellement associées à l’accord (France, Grande-Bretagne, Chine, Russie, Allemagne) explique la réaction ironique de Javad Zarif.

guerre Iran 20180810
La République islamique s’est dit prête à coopérer avec les autorités concernées et a condamné clairement le terrorisme. Mais même si pour les autorités iraniennes, il s’agit d’un complot contre le sauvetage de l’accord sur le nucléaire, cette affaire risque de peser sur ses rapports avec une Europe pressée par Donald Trump de s’associer à sa politique contre Téhéran. Il est peu probable que les réformistes et modérés iraniens obtiennent avec ce déplacement la victoire diplomatique dont il aurait bien besoin face aux principlistes.

Pire encore, un risque de coup de force militaire pourrait survenir au profit des conservateurs : le président Rouhani représentait un atout pour Ali Khamenei, le guide suprême de la Révolution, tant qu’un apaisement avec l’Occident était possible. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, et sa politique économique a mécontenté les classes populaires. Les récentes manifestations, les tensions avec Washington, de récents remaniements au sein des forces armées, amènent à penser que pour une partie des élites à Téhéran, une orientation bonapartiste est une possibilité.

Certains parlent d’un coup d’État faisant tomber Rouhani, ou d’une « présidence militaire » à l’issue de son mandat. Si le scénario d’une reprise en main par des forces plus militaristes, nationalistes et conservatrices devient réalité, alors, on peut s’attendre à des tensions plus importantes au niveau régional.

Union sacrée à Téhéran contre Donald Trump

Quoi qu’il arrive, le régime est renforcé plus qu’affaibli par l’hostilité américaine, et les conservateurs reviennent en force grâce à la divine surprise que leur offre Donald Trump.

Du point de vue iranien, les Américains et leurs alliés israélien et saoudien ont un problème non pas seulement avec le régime, mais avec l’Iran comme puissance régionale. Leur but serait donc de démembrer le pays, de le pousser à la guerre civile.

Une vision iranienne qui semble, en partie, conforme à une certaine réalité : on constate un intérêt marqué de l’Arabie Saoudite pour la minorité baloutche iranienne… et des mouvements financiers suspects qui pourraient profiter aux séparatistes djihadistes évoqués dans une précédente analyse.

La réaction nationaliste face à ces menaces réelles est telle qu’on constate une réconciliation des élites, dans un sens favorable au régime, y compris celles qui ont été réprimées pour leur association au Mouvement vert. L’idée des réformateurs et modérés, selon laquelle il serait possible d’avoir un dialogue avec l’Occident, semble être passée de mode, au moins pour un temps.

Quand on ajoute à cette union nationale, le fait que les récentes manifestations en Iran, y compris celles impliquant le bazar de Téhéran, ne sont pas forcément unies par un sentiment anti-régime, on comprend que le désir d’un changement de régime de l’intérieur a bien peu de chance de se réaliser.

Ce qui pourrait, en définitive, pousser certains faucons américains à demander une action militaire plus directe.

Didier Chaudet: Attaché scientifique, Institut français d’études sur l’Asie centrale

source:https://theconversation.com/demain-la-guerre-contre-liran-99261?utm_source=twitter&utm_medium=twitterbutton

 

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Sanctions contre l’Iran : l’affrontement UE-USA construit la gouvernance globale

Sanctions Iran UE USA Affrontement Gouvernance Globale

Rien ne va plus entre l’Europe et les US, sur l’OTAN, la guerre commerciale, et maintenant la question Iranienne . La situation risque d’empirer, on se dirige droit vers une réorganisation géopolitique mondiale. Au profit du mondialisme ?? Z 

L’UE vient d’interdire aux entreprises européennes de se soumettre aux sanctions des USAcontre l’Iran, sous peine de sanctions. A-t-elle raison ? Est-ce réaliste ? Et surtout l’affrontement des deux mastodontes ne mène-t-il pas à la gouvernance globale ?

En dénonçant l’accord signé par les USA et l’UE avec l’Iran, Donald Trump avait assorti sa décision de sanctions contre les entreprises qui continueraient à faire des affaires avec l’Iran. Dans la présentation qu’il en faisait, il s’agissait de faire plier l’Iran en répondant à une menace militaire par une guerre économique. L’UE quant à elle, comme d’autres puissances comme la Russie et la Chine, estimait que le nucléaire iranien était sans danger et préconisait donc de pérenniser l’accord.

L’UE « regrette » les sanctions des USA et les sanctionne

Aujourd’hui les sanctions des USA sont effectives, et l’UE, qui les « regrette », s’y oppose officiellement. Elle vient de publier un communiqué où on lit : « Nous sommes déterminés à protéger les opérateurs économiques européens engagés dans des affaires légitimes avec l’Iran […] C’est pourquoi le statut de blocage mis à jour par l’Union européenne entre en vigueur le 7 août ».

La loi dite « de blocage », adoptée par l’UE en 1996 pour contourner les sanctions américaines contre Cuba, la Libye et l’Iran, n’a jamais été appliquée. Son actualisation a été approuvée par les ministres des Affaires étrangères de l’UE le 16 juillet de cette année. Elle interdit aux entreprises européennes de se plier aux injonctions américaines, sous peine de pénalités fixées par chaque Etat membre. Si ce n’est pas un vain mot, une entreprise aura le choix entre faire des affaires avec l’Iran et subir les sanctions des USA et ne pas en faire et se trouver pénalisée par l’UE.

Les sanctions de l’UE n’auront pas de portée pratique

En première analyse, un Européen peut s’en réjouir. Il y a dans la prétention des USA d’imposer leur manière de voir par des sanctions internationales qui s’appliquent hors de leur territoire quelque chose d’insupportable. La raison du plus fort est toujours la meilleure, on le sait, mais l’enrober dans le moralisme anglo-saxon est proprement exaspérant. Et il faut redire que l’exterritorialité des sanctions américaines est contraire au droit international.

Mais la décision de l’UE soulève dès qu’on l’examine une foule de questions. A qui s’adresse-t-elle ? Aux entreprises qui sont déjà en affaire avec l’Iran. Comment saura-t-on si elles s’arrêtent parce qu’un grain de sable a fait échouer l’opération ou pour se soumettre aux sanctions des USA ? De toute manière, des dérogations sont prévues pour les grands groupes. Ils devront demander l’autorisation de se retirer et se justifier. Cela limitera un peu plus la liberté d’entreprendre et augmentera leur soumission au contrôle supranational, mais cela risque de limiter la portée pratique de ce « blocage » à presque rien.

USA-UE : un affrontement en trompe-l’œil

On fait valoir à Bruxelles qu’il s’agit d’un « signe », d’une décision « politique » : mais précisément, envoyer un « signe » sans portée pratique est une manifestation d’impuissance qui réduit à néant les effets positifs éventuels d’une volonté politique, qui s’avère ainsi une simple velléité.

Il faut remarquer que l’UE n’a jamais protesté contre les sanctions abracadabrantes prononcées par la justice américaine contre la BNP voilà quelques années. En quoi les tribunaux américains seraient-ils juges de la politique d’une banque française ? Cette aberration judiciaire est aussi grave que les prétentions de l’exécutif de Trump. L’UE semble donc plus soucieuse de marquer son désaccord avec les USA sur l’Iran et les sanctions que de défendre les entreprises européennes ou le droit international. En d’autres termes, le débat sur l’exterritorialité n’est ici qu’un prétexte, ce n’est pas la vraie pomme de discorde. Forcément : l’UE, malgré son affrontement avec les USA, aimerait bien se faire aussi gros qu’eux et rêve aussi de tout régenter avec ses propres tribunaux.

L’Iran construit-il sa bombe atomique ?

Autre question, que je ne saurais trancher, mais qui n’est pas sans importance : qui, sur le plan militaire, a raison, les USA ou l’UE ? En d’autres termes, le nucléaire iranien présente-t-il un danger, comme l’ont prétendu les renseignements israéliens, dont Trump a repris la thèse, ou non ? Toute information est la bienvenue. Si l’on regardait la situation du point de vue de la guerre froide, on constaterait que l’Europe se « neutralise », qu’elle passe du côté de la Russie et de la Chine.

Autre donnée importante : si une entreprise se conforme au blocage de Bruxelles, elle encourra les sanctions des USA. L’UE a donc prévu de lui verser un dédommagement d’un montant équivalent. En d’autres termes, les contribuables européens devront payer pour la décision des juges américains. Outre le fait que cela laisse l’initiative aux USA (ils pourraient augmenter le montant des sanctions rien que pour assécher l’UE), cela crée une nouvelle usine à gaz typiquement socialiste de bonus et de malus. La situation deviendra si ubuesque qu’il faudra bien un jour créer une juridiction pour arbitrer, et l’on rentera ainsi un peu plus dans le processus qui mène à la gouvernance globale.

Les USA, l’UE et l’Iran construisent ensemble la gouvernance globale

L’actualité est une fable. Quelle leçon le public est-il appelé à tirer de l’histoire qu’on lui raconte ? D’abord que Trump, le gros populiste national, prend des poses hégémoniques agaçantes et qu’il nuit aux entreprises européennes et françaises, et, au-delà, au commerce international et à la paix dans le monde. En provoquant l’affrontement avec les USA sur l’Iran, l’UE nous montre que c’est paradoxalement elle qui défend l’intérêt de ses peuples : c’est une belle pédagogie d’européisme mondialiste. Nous sommes invités à appeler de nos vœux la gouvernance mondiale qui ne nous agacera pas par l’exterritorialité de son action et de ses prétentions, puisque nous appartiendrons tous à son territoire et serons donc, ipso facto, soumis à sa juridiction.*

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Israël menace de représailles militaires si les Houthis soutenus par l’Iran bloquent le détroit de la Mer Rouge

Israël menace de représailles militaires si les Houthis soutenus par l’Iran bloquent le détroit de la Mer Rouge

Sous l’administration Trump, Israël est plus actif que jamais, sur quasi tous les points chauds dans le monde . Nous allons peut être bientôt vivre de grands basculements, vers la pax judaica . Z

La guerre au Yémen deviendra-t-elle le prochain champ de bataille de la guerre par procuration entre l’Iran et Israël au Moyen-Orient ?

L’année écoulée a été témoin de l’accentuation d’une guerre ouverte par procuration entre l’Iran et Israel, mais leurs rôles au Yémen ont été plus dissimulés : Israël s’est fait l’écho des accusations américaines selon lesquelles l’Iran fournit aux rebelles chiites Houthis du Yémen des missiles balistiques capables de frapper Riyadh, tandis que les rebelles chiites ont accusé les Saoudiens « Sionistes » de massacrer la population civile, car l’alliance secrète du royaume Saoudien pour le partage de renseignements secrets avec Israël est devenue publique ces derniers temps.

Alors que les deux pays ont mené une guerre des mots au Yémen, accusant Israël d’opérer dans l’ombre, Israël a maintenant ouvertement menacé d’intervenir au large des côtes du Yémen si les Houthis bloquent la voie navigable par laquelle passent les cargos en provenance d’Asie et à destination d’Israël.

détroit de Bab el Mandeb

détroit de Bab el Mandeb

Selon un article de Reuters« Israël déploierait ses forces militaires si l’Iran essayait de bloquer le détroit de Bab al-Mandeb qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden, a déclaré mercredi le Premier ministre Benjamin Netanyahu. »

Il s’agit de la première menace importante de déploiement d’une force militaire provenant de Tel Aviv dans le théâtre yéménite, après l’arrêt temporaire des expéditions par le détroit stratégique de Bab el Mandeb qui a commencé il y a une semaine. Cet arrêt faisait suite à une accusation saoudienne selon laquelle les rebelles Houthis soutenus par l’Iran au Yémen avaient attaqué deux pétroliers saoudiens traversant la voie navigable, faisant comprendre la menace que le conflit fait peser sur le commerce international et le flux de pétrole du Golfe vers les marchés mondiaux. Les Houthis, pour leur part, ont prétendu avoir attaqué des navires de guerre saoudien et non pas des pétroliers.

Au cours des mois précédents, les Saoudiens avaient accusé les Houthis d’attaquer les navires commerciaux saoudiens qui traversaient le détroit avec des missiles sol-sol fournis par l’Iran. Début avril, par exemple, la coalition a déclaré qu’un pétrolier saoudien a été touché en Mer Rouge lors d’une attaque Houthie au large de la principale ville portuaire du Yémen, Hodeidah, et s’est échappé avec des dégâts mineurs après l’intervention d’un autre navire de la coalition.

On estime que 4,8 millions de barils de pétrole sont expédiés chaque jour par Bab al Mandeb, qui relie la mer Rouge à la mer d’Arabie, au large des côtes du Yémen, de Djibouti et de l’Érythrée.

Production d'énergie au Moyen-Orient et points de passage pourcentage de la production mondiale de pétrole

Production d’énergie au Moyen-Orient et points de passage
pourcentage de la production mondiale de pétrole

Pendant ce temps, les principaux médias occidentaux ont largement ignoré l’intervention militaire saoudienne dévastatrice au Yémen, qui en est à sa troisième année et qui a fait jusqu’à 70 000 morts, selon certains rapports de groupes humanitaires et militants.

Les Houthis du Yémen ont à plusieurs reprises menacé de bloquer le détroit stratégique de Bab al-Mandeb et ont annoncé la semaine dernière la grève des installations navales des ports saoudiens.

Simultanément, il y a un affrontement croissant dans un autre grand point de transit pétrolier, le détroit d’Ormuz dans le golfe Persique, où les dirigeants militaires iraniens (en particulier l’élite du CGRI (Corps des Gardiens de la Révolution Islamique)) et le Pentagone ont échangé des menaces à propos du passage en toute sécurité des pétroliers. Bien que l’Iran ait proféré des menaces à peine voilées de bloquer le détroit d’Hormuz, il ne fait pas directement allusion aux combats près de Bab al-Mandeb, jouant peut-être un rôle plus discret et réservé dans les coulisses au Yémen.

Mercredi, lors d’un défilé militaire à Haïfa, Netanyahu a annoncé :

« Si l’Iran essaie de bloquer le détroit de Bab al-Mandeb, je suis certain qu’il se trouvera confronté à une coalition internationale déterminée à empêcher cela, et cette coalition inclura également toutes les branches militaires d’Israël« .

Netanyahu a également qualifié les incidents récents présumés d’attaques Houthies contre des navires saoudiens « d’affrontement brutal avec les navires iraniens qui ont cherché à saboter la navigation internationale » à l’embouchure de la Mer Rouge.

le ministre de la défense israélien, Avigdor Lieberman

le ministre de la défense israélien, Avigdor Lieberman

Dans un discours séparé, le ministre israélien de la défense, Avigdor Lieberman, s’est fait l’écho de la charge du Premier ministre à propos de cet événement, déclarant qu’il avait « récemment entendu parler de menaces contre les navires israéliens en Mer Rouge » sans apporter de détails à l’appui de sa déclaration.

L’arrêt des expéditions de pétrole pourrait provoquer une escalade du conflit avec des puissances extérieures intervenant dans une tentative d’aider l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis à vaincre les Houthis et à porter un coup à la prétendue présence iranienne dans la région.

De même, cette interruption offre potentiellement à l’Arabie Saoudite et aux Émirats Arabes Unis l’occasion de focaliser l’attention internationale sur la résolution d’une guerre civile aggravée et transformée en conflit régional par l’intervention militaire des deux États du Golfe en mars 2015.

Plutôt qu’une campagne rapide qui aurait dû maîtriser les Houthis, l’intervention s’est transformée en un bourbier et un fiasco des relations publiques pour l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis.

Les critiques internationales à l’égard de leur gestion de la guerre sont de plus en plus nombreuses en raison de son coût humain dévastateur. Les voix au Congrès américain, au Parlement britannique et dans d’autres assemblées législatives occidentales, ainsi que les groupes de défense des droits de l’homme qui réclament l’arrêt des ventes d’armes à l’Arabie saoudite sont de plus en plus forts.

article originel : Israel Threatens Military Response If ‘Iran-backed’ Houthis Block Red Sea Strait

via RI

 

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Les États-Unis préparent un changement de régime et une guerre avec l’Iran

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Quelques jours seulement après que le président Donald Trump a publiquement menacé l’Iran de « conséquences comme peu [de pays] ont eu à en subir dans l’histoire », son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, a organisé une réunion au sommet pour discuter de plans pour affronter l’Iran.

Bien connu pour ses propres menaces envers l’Iran, Bolton préside le Forum décisionnel sur les questions de sécurité nationale, dont les membres comprennent le ministre de la Défense Jim Mattis et le ministre des Affaires étrangères Mike Pompeo. Des responsables ont déclaré au Wall Street Journalque ce n’était que la troisième réunion du genre organisée par Bolton depuis sa désignation comme conseiller à la sécurité nationale en avril.

En mai, le gouvernement Trump a effectivement saboté l’accord de 2015 avec l’Iran, dans le cadre duquel Téhéran restreignait fortement ses programmes nucléaires et soumettait ses installations nucléaires à une intense surveillance internationale en échange de la suspension de sanctions économiques sévères.

Les sanctions américaines recommenceront le mois prochain contre l’industrie automobile iranienne, et contre le commerce de l’or et d’autres métaux. En novembre, des interdictions viendront frapper le secteur énergétique iranien – la principal source d’exportations du pays et de financement pour le gouvernement – ainsi que le commerce maritime, les assurances et les transactions de la banque centrale du pays. Washington a juré de réduire les exportations de pétrole iranien à presque rien.

Les décisions du gouvernement Trump sont des provocations qui rapprochent les États-Unis d’un affrontement dangereux avec l’Iran. Elles ont également dégradé les relations avec les alliés des États-Unis en Europe, qui avaient développé des liens économiques avec Téhéran depuis 2015. Washington a refusé d’exempter les compagnies européennes de ces sanctions, menaçant de les exclure du système financier américain si elles continuaient à faire des affaires avec l’Iran.

Aucune déclaration officielle n’a été faite après la réunion du forum décisionnel, mais son but était clairement de préparer une accentuation des pressions sur l’Iran. Des responsables ont déclaré au Wall Street Journal que cette réunion avait abordé une stratégie « holiste » pour saper l’influence iranienne dans tout le Moyen-Orient. Si l’on ne sait pas quelles options militaires ont été discutées, l’article notait que le ministère de la Défense avait par le passé « travaillé sur des options militaires limitées. »

Un article de la chaîne australienne ABC vendredi dernier a apporté des preuves supplémentaires que le gouvernement Trump se prépare à attaquer l’Iran. « De hauts responsables du gouvernement Turnbull {Australien] ont déclaré à ABC qu’ils croyaient que les États-Unis étaient prêts à bombarder les installations nucléaires iraniennes, peut-être dès le mois prochain, et que l’Australie était prête à contribuer à identifier des cibles envisageables », affirme cet article.

Citant des sources haut placées du gouvernement, ABC indiquait que des installations australiennes joueraient probablement un rôle de renseignement pour l’armée américaine dans une guerre avec l’Iran. Si les sources ont nié que l’Australie serait impliquée dans le « choix des cibles », la base d’espionnage américano-australienne de Pine Gap, en Australie centrale, fournit des renseignements sur toute la région entre le Moyen-Orient et l’Asie orientale ; elle a aussi fourni des informations sur des cibles d’assassinats par drones.

ABC a suggéré que « les analystes de la peu connue AGO [agence spatiale de renseignements australienne] joueraient aussi probablement un rôle. » L’AGO utilise des images satellites et aériennes pour fournir des renseignements géographiques (GEOINT) qui peuvent servir à déterminer des cibles dans diverses opérations militaires.

Le ministre américain de la Défense, Mattis, et le Premier ministre australien Malcolm Turnbull ont tenté de minimiser les informations d’ABC. Mattis a déclaré que c’était de la « fiction », ajoutant : « je suis sûr que ce n’est pas quelque chose qui est envisagé en ce moment. » Turnbull, cependant, n’est pas allé jusqu’à un démenti complet, se contentant de dire que les informations d’ABC « n’ont pas bénéficié d’une consultation avec moi, le ministre des Affaires étrangères, le ministre de la Défense ou le chef des forces armées. »

Mattis a insisté sur l’idée que le gouvernement Trump n’a pas de plan pour changer le régime en Iran. « Il n’y en a aucun qui ait été créé », a-t-il affirmé ; il a néanmoins déclaré « il faut qu’ils changent leur comportement sur un certain nombre de risques qu’ils peuvent créer avec leur armée, leurs services de renseignements et leurs intermédiaires. »

En réalité, ce n’est pas l’Iran qui menace les États-Unis, ce sont les gouvernements américains successifs qui ont menacé l’Iran avec toute la force de l’armée américaine, et tenté de déstabiliser le régime de Téhéran. Ayant déchiré l’accord de 2015, les États-Unis ont sans aucun doute envisagé toutes les options, y compris les options militaires, pour en finir avec ce qu’ils considèrent comme un obstacle sérieux à leur domination du Moyen-Orient.

Le journal israélien Haaretz a indiqué à la fin du mois dernier qu’il y avait des divergences au sein du gouvernement Trump sur l’Iran, Bolton faisant pression pour exploiter les troubles sociaux afin d’organiser un changement de régime. « Une personne qui a récemment parlé de la question avec des responsables haut placés de la Maison-blanche a résumé les idées de Bolton en ces mots : « Une pichenette et ils sont à terre », écrit-il. Mattis quant à lui aurait prévenu que ce genre de tentative pourrait mener à une guerre de grande ampleur.

Début juillet, Axios a indiqué qu’Israël et les États-Unis avaient « formé un groupe de travail commun il y a quelques mois qui se concentre sur les tentatives internes pour encourager les manifestations en Iran et faire pression sur le gouvernement du pays. »

En anticipation des sanctions du mois prochain, la valeur du rial iranien a chuté, passant de 97 500 à 111 500 rials pour un dollar américain sur les marchés non-officiels, d’après un site de vente de devises. La monnaie iranienne a perdu près de la moitié de sa valeur depuis avril sur fond de craintes des conséquences des sanctions sur l’économie.

Exacerber délibérément les tensions sociales en Iran, cependant, risque d’alimenter un mouvement explosif de la classe ouvrière contre le régime islamiste de Téhéran, ce qui ne serait pas du goût de Washington. À la fin de 2017 et au début de 2018, des manifestations de masse des travailleurs avaient éclaté dû à la détérioration des conditions sociales et à l’inégalité qui se creuse. Ces manifestations avaient un caractère de classe complètement différent de celles du « Mouvement vert » des classes moyennes supérieures de Téhéran, qui avait tenté d’inverser le résultat de l’élection présidentielle de 2009.

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Des sénateurs américains menaceraient Paris, Berlin et Londres dans une lettre sur l’Iran

Sénat américain

Les tentatives de contourner ou de violer les sanctions des USA contre l’Iran peuvent entraîner une riposte américaine, préviennent des sénateurs républicains. Selon un média allemand, ils ont adressé des lettres qui contiennent ce message aux ambassades allemande, française et britannique aux États-Unis.

Des sénateurs américains du parti républicain ont envoyé jeudi des lettres aux ambassades allemande, française et britannique aux États-Unis, les mettant en garde contre un contournement des sanctions contre l’Iran, informe le site allemand T-Online, qui se réfère à ces écrits.

Selon le média, ces missives ont été signées par Ted Cruz, Marco Rubio, Tom Cotton et d’autres sénateurs républicains qui ont souligné que certaines sanctions étaient introduites par des lois fédérales.

«Nous vous écrivons afin de vous appeler à respecter toutes les sanctions ainsi que de souligner que nous serons particulièrement préoccupés par vos tentatives de contourner les lois américaines ou de les violer», écrivent-ils.

Ils ont également averti Paris, Londres et Berlin d’une possible riposte de la part de Washington.

«Toute tentative de contourner ou de violer les sanctions peut entraîner des mesures de la part du Congrès et du gouvernement des États-Unis».

Le 8 mai dernier, Donald Trump a annoncé que son pays se retirait de l’accord signé en 2015 entre le groupe P5+1 (Russie, USA, Chine, France, Allemagne et Royaume-Uni) et l’Iran, qui avait accepté d’abandonner son programme nucléaire en échange de la levée d’une partie des sanctions internationales.

Les États-Unis ont donc rétabli leurs sanctions visant Téhéran ainsi que les entreprises ayant des liens avec l’Iran, qui ont jusqu’à 180 jours pour se retirer de la République islamique.

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Publié par le 30 juillet 2018 dans général, International, Politique

 

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Guerre : Les USA s’apprêterait à frapper l’Iran en août !

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On le voit venir depuis longtemps, dernièrement la tension est encore monté entre les US et l’Iran . Israël n’y est pas pour rien, et met la pression pour que les US attaquent l’Iran . Mais selon d’autres sources, ce pourrait être les Saoudiens qui feront le travail . C’est pourquoi les Russes se bougent dernièrement avec Lavrov qui a encore faire une visite surprise en Israël il y a quelques jours (lire ici et ici) . J’en avais parlé la semaine dernière, Si l’Iran est attaquée par qui que ce soit, inutile d’être devin pour prédire que la région va s’enflammer et que ça risque vraiment de finir en guerre mondiale . Z 

Washington s’apprêterait à frapper en août les installations nucléaires iraniennes, affirme la chaîne de télévision ABC en se référant à des sources au sein du gouvernement australien. Ces allégations ont toutefois été réfutées par le Premier ministre du pays.

Les États-Unis pourraient frapper les installations nucléaires iraniennes début août, estime des responsables hauts placés du gouvernement australien cités par la chaîne de télévision locale ABC.

Selon le média, les systèmes de défense australiens ainsi que les agences de renseignement britanniques pourraient contribuer à l’identification des cibles sur le territoire iranien.

Dans le même temps, le Premier ministre australien Malcolm Turnbull a déclaré vendredi qu’il n’avait aucune raison de croire que Donald Trump entendait bombarder l’Iran.

«Aujourd’hui, j’ai vu le reportage à ce sujet sur ABC qui cite des sources gouvernementales haut placées. Il s’agit des spéculations, elle [la chaîne, ndlr] cite des sources anonymes», a-t-il précisé.

Les allégations concernant une possible frappe américaine contre l’Iran interviennent sur fond de déclarations hostiles entre Donald Trump et Hassan Rohani.

Lundi 23 juillet, Donald Trump avait averti l’Iran sur sa page Twitter de ne jamais menacer les États-Unis.

«Ne menacez plus jamais les États-Unis ou vous allez subir des conséquences telles que peu au cours de l’histoire en ont connues auparavant. Nous ne sommes plus un pays qui supportera vos paroles démentes de violence et de mort. Faites attention!», avait-il écrit.

Auparavant, le Président iranien avait appelé Donald Trump à «ne pas jouer avec la queue du lion» soulignant que Téhéran «ne faisait la guerre à personne» et «qu’une guerre avec l’Iran serait la mère de toutes les guerres».

Les relations entre les deux pays se sont détériorées depuis mai 2018, lorsque le Président américain a annoncé le retrait de son pays de l’accord sur le nucléaire iranien et a décidé d’imposer à nouveau des sanctions unilatérales à Téhéran. Cette décision a été contestée par la Russie, la Chine, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’UE, qui ont confirmé leur engagement en faveur de l’accord nucléaire.

 

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Des actions militaires US contre l’Iran ? Elles seront menées par les Saoudiens

Alors que les tensions entre les Etats-Unis et l’Iran s’intensifient, l’administration du président américain Donald Trump étudie les différentes options militaires qui pourraient être nécessaires pour maintenir la sécurité du trafic maritime au Moyen-Orient, a rapporté samedi CNN, citant deux hauts responsables du gouvernement.

Selon ces sources, si des actions militaires sont entreprises, elles seront menées par des alliés américains régionaux, tels que les Saoudiens, et non par les forces américaines.

L’armée américaine assiste d’ores et déjà la coalition saoudienne dans la préparation des cibles de ses raids aériens dans leur offensive contre le Yémen.

Mais si les Etats-Unis envoient régulièrement des navires et des avions prêtant main forte à ses alliés, tout effort militaire à long terme nécessiterait la participation d’autres nations, affirment les responsables.

Le commandant des forces américaines au Moyen-Orient, Joseph Votel, s’est rendu cette semaine dans la région pour rencontrer ses homologues et organiser une réunion des commandants afin de discuter des problèmes de sécurité. Mais aucun détail sur les entretiens n’a été divulgué.

Selon un porte-parole, la réunion était cependant prévue depuis longtemps.

Néanmoins, le ton monte entre les Etats-Unis et l’Iran, et la menace du président iranien Hassan Rohani qui a en outre de nouveau averti que l’Iran pourrait fermer le détroit stratégique d’Ormuz, qui contrôle le Golfe et par où passe jusqu’à 30% du pétrole mondial transitant par voie maritime, a suscité l’inquiétude.

Selon des déclarations vendredi du ministre américain de la Défense, Jim Mattis, les Etats-Unis sont déterminés à maintenir ouvertes les voies maritimes internationales.

Et si les Iraniens entraînaient l’arrêt du trafic dans la région, «il faudrait évidemment une intervention internationale, car l’économie mondiale dépend de cette énergie (pétrole)», a-t-il prévenu.

Mattis a par ailleurs réitéré que le Pentagone continuerait à coopérer avec l’Arabie Saoudite, le Bahreïn, le Koweït et les Emirats Arabes Unis pour contrer l’influence iranienne dans la région.

 
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Publié par le 29 juillet 2018 dans général, Guerre - 3e guerre mondiale

 

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