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L’arrogance israélienne force la main de Poutine, sous l’œil attentif de l’Iran

L’arrogance israélienne force la main de Poutine, sous l’œil attentif de l’Iran

Par Elijah J. Magnier

Traduction : Daniel G.

La Russie a décidé d’expédier son système S-300 VM en Syrie et a déjà commencé à livrer des Krasukha 4 qui brouillent les radars et d’autre équipement connexe. Ces installations témoignent de l’état des relations entre Moscou et Tel-Aviv. La capacité d’Israël de détruire le nouveau système russe en Syrie n’est pas en cause. Israël pourrait toujours trouver un moyen d’y parvenir. Sauf que tout geste en ce sens serait perçu comme une atteinte directe au statut de superpuissance de la Russie.

La Russie a démontré sa patience stratégique à maintes reprises : lorsque deux de ses avions ont été abattus (le premier par la Turquie en 2015), lorsque les USA ont lancé 59 missiles de croisière au-dessus de sa tête et lorsque les USA ont bombardé des positions syriennes et des volontaires russes à Deir Ezzor. Sauf que la dernière des nombreuses provocations israéliennes risquait de faire paraître la Russie plus faible qu’elle ne l’est. Ce faisant, Israël a ainsi forcé la Russie à réagir fortement.

Écran radar de l'AD russe en Syrie montrant l'AF F-16 israélien (cercle jaune) se cachant derrière RuAF Il-20 (vert) https://twitter.com/aldin_ww/status/104428283545613717717504

Écran radar de l’AD russe en Syrie montrant l’AF F-16 israélien (cercle jaune) se cachant derrière RuAF Il-20 (vert) https://twitter.com/aldin_ww/status/104428283545613717717504

La décision russe de livrer ces systèmes de missiles perfectionnés, capables de neutraliser toute cible ennemie dans un rayon de 200 km, ne veut pas dire que la Syrie commencera à s’en servir dès demain et qu’elle pourra ainsi abattre tout avion qui viole son espace aérien et celui du Liban. La Russie est reconnue comme lente à livrer la marchandise et voudra avoir le contrôle sur la gâchette en raison de la présence de ses forces aériennes dans le ciel qu’elles partagent avec celles de la coalition des USA.

L’arrogance israélienne a poussé le président Vladimir Poutine à sortir de sa zone de confort en prenant cette décision. Le commandement russe a exprimé sa colère sans ambages en qualifiant Israël de « très ingrat ». Il semble bien que la Russie a énormément aidé Israël pendant toutes les années de sa présence en Syrie (depuis 2015), au détriment de « l’Axe de la résistance », dont la Syrie. L’objectif de la Russie a toujours été de maintenir un équilibre entre cet axe et ses relations avec Israël.

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Le dilemme de la Russie réside en la difficulté d’assurer un tel équilibre dans ce conflit complexe. Les USA ont pris une position claire en faveur d’Israël. La Russie tentait aussi de s’aligner sur Israël, malgré le fait que l’État militaire assorti d’un gouvernement qu’est Tel-Aviv ne porte aucun intérêt à ce genre d’équilibre. Le comportement récent d’Israël n’est rien de moins qu’une tentative de rabaisser et de ridiculiser la Russie en tant que superpuissance.

Le leadership politico-miliaire en Israël ne s’est pas gêné pour informer la Russie une minute seulement avant sa frappe visant l’entrepôt de Lattaquié où sont fabriquées des pièces de rechange pour les M-600 syriens, l’équivalent des missiles de haute précision à combustible solide Fateh-110. Tel-Aviv a en outre mal informé le centre de coordination russe à Hmeimim, en prétendant que l’attaque israélienne viendrait de l’est. Sur la foi de ces renseignements, le commandement russe a ordonné au IL-20 de se diriger vers l’ouest et d’atterrir à l’aéroport pour éviter d’être pris dans le feu croisé. Sauf que les F-16 israéliens sont arrivés non pas de l’est, mais de l’ouest, ce qui a causé la perte du IL-20 et la mort de 15 militaires russes.

Les efforts de la Russie en vue de parvenir à une position équilibrée se sont heurtés à l’abus de confiance d’Israël. Lors de leur dernière conversation, le président Assad a dit à son homologue russe qu’Israël, sous le prétexte de frapper des convois d’armes du Hezbollah, détruit l’infrastructure de l’armée syrienne, l’empêchant ainsi de se reconstituer. Le premier ministre Netanyahu décrédibilise Poutine pour le punir de la neutralité que le président russe cherche à maintenir.

L’attitude agressive d’Israël l’a amené à commettre une erreur tactique. Israël est aujourd’hui aux prises avec une crise stratégique due à sa condescendance, qui pousse Poutine à armer davantage la Syrie. Mais la décision la plus grave, ce n’est pas la livraison longuement retardée du S-300 VM, mais celle de fermer l’espace aérien syrien et d’empêcher tout avion hostile de le violer. À cet égard, la Russie pourrait ne pas être en mesure d’éviter un affrontement direct avec les USA dont les forces (avec celles du R.U. et de la France) occupent le passage frontalier d’al-Tanf entre la Syrie et l’Irak, ainsi que la province d’Hassaké et une partie de la province de Deir Ezzor.

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Le S-300 VM peut protéger la côte syrienne, y compris Alep, Homs et Damas, ce qui devrait suffire à protéger aussi la présence iranienne au Levant. Cela amènera inévitablement Israël à renchérir, et même à utiliser ses chasseurs furtifs F-35 pour éviter toute interception par le système de défense antiaérienne syrien. Mais ce serait là un autre défi lancé directement à la Russie.

« L’Axe de la résistance » observe les choses de loin et a décidé de ne pas intervenir, pour ne pas s’immiscer dans la décision de Poutine. Il voit celle-ci d’un œil positif, comme une première étape l’écartant de sa neutralité. La décision est également perçue comme malvenue par « l’ingrat » Israël.

La décision russe n’est pas tombée des nues, mais résulte des effets cumulatifs des actions israéliennes visant à paralyser la capacité de l’armée syrienne alors que la Russie cherche à la reconstituer. La décision de Poutine va au-delà des relations entre Israël et Moscou. Une guerre régionale et internationale se joue au Levant. Toutes les armes sont utilisées sur le théâtre syro-libano-iranien, hormis les bombes nucléaires.

« L’Axe de la résistance » surveille les choses de près et récolte les fruits des erreurs des USA et d’Israël. Mais le dernier chapitre de cette guerre n’a pas encore été écrit. Un jour ou l’autre, il ne restera plus qu’Hassaké et al-Tanf à libérer, que les forces américaines occupent. La guerre syrienne demeure une boîte à surprises et les dangers risquent de se multiplier à tout moment.

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Publié par le 27 septembre 2018 dans général, Guerre - 3e guerre mondiale, International, Politique

 

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L’armée chinoise s’ouvre à l’Iran

L’armée chinoise s’ouvre à l’Iran

La Chine entre dans la danse en soutenant ouvertement l’Iran, avec tout ce que ça implique (Syrie, Israël, US …) Z 

Alors que l’offensive de l’armée syrienne pour la libération d’Idlib est une question d’heure, le ministre chinois de la Défense qui a reçu son homologue iranien lui a proposé une coopération stratégique entre les deux armées iranienne et chinoise. C’est la première fois que l’APL (Armée populaire de la libération) veut engager une coopération militaire d’envergure avec l’armée iranienne. Cette coopération pourrait se traduire en acte non seulement en Syrie mais aussi dans la région.

La Chine est disposée à élargir la coopération stratégique entre les forces armées chinoises et iraniennes. Lors d’une rencontre ce samedi à Pékin avec son homologue iranien, le ministre chinois de la Défense s’est dit favorable à l’élargissement des relations militaires sino-iraniennes.

« Pékin est prêt à approfondir la coopération entre les forces armées chinoises et iraniennes », a déclaré le ministre chinois de la Défense, Wei Fenghe, lors d’une rencontre avec son homologue iranien le général de brigade Amir Hatami.

« Les relations entre les forces armées chinoises et iraniennes se développent de manière positive. Pékin est prêt à renforcer la relation stratégique avec Téhéran, à élargir les domaines de coopération, à accéder aux nouveaux acquis productifs du partenariat stratégique global des deux États » a réaffirmé le ministre chinois de la Défense.

« Pendant ces dernières années, la Chine et l’Iran ont obtenu des résultats fructueux en matière de coopération dans divers domaines », s’est-il félicité. Et de poursuivre : « Pékin et Téhéran se sont soutenus mutuellement et ont démontré une compréhension réciproque sur des questions d’intérêt majeur ».

Le général de brigade Amir Hatami, a de son côté, déclaré que l’Iran attachait une grande importance aux relations avec la Chine et avec l’armée de ce pays. « Téhéran apprécie hautement le rôle important joué par la Chine dans le maintien de la paix et de la stabilité internationales et régionales », a-t-il réitéré.

Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a déclaré lors d’un entretien téléphonique en juillet avec son homologue iranien Mohammad Javad Zarif que Pékin était prêt à développer sa coopération avec Téhéran et a condamné le recours par les États-Unis aux sanctions unilatérales à l’encontre de l’Iran.

Selon l’agence iranienne Mehr News, le ministre iranien de la Défense s’est rendu en Chine à l’invitation de son homologue chinois à la tête d’une délégation de haut rang.

Le général de brigade Amir Hatami prévoit également de s’entretenir avec les responsables militaires et politiques chinois. Il envisage de discuter des développements régionaux et internationaux, ainsi que la coopération sino-iranienne en matière de défense.

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Publié par le 9 septembre 2018 dans général, International, Politique

 

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Attention – L’Iran prend le contrôle du détroit d’Ormuz, à la stupéfaction de l’empire US !

Info confirmée ! Alors là attention ça risque de chauffer ! Il faut savoir que près de 30% du pétrole transporté par voie maritime passe par ce détroit qui est aussi vital pour le transport de gaz naturel liquéfié (GNL) produit notamment par le Qatar . Selon plusieurs experts, qui avaient déjà évoqué le scénario du blocage total , cela propulserait les prix du pétrole vers les sommets. Certains évoquent même un montant supérieur à 200 dollars le baril ! Il est évident que les Américains vont réagir en cas de blocage. Ils ne peuvent pas prendre le risque de voir le marché pétrolier exploser ! Pour le moment l’Iran en a pris le contrôle, mais n’a encore rien bloqué . Alors que quelque chose se prépare en Syrie où est aussi impliquée l’Iran, comme on l’a vu les jours précédents, c’est un événement majeur qui vient de se produire a Ormuz, et tout est lié . On va voir comment les US vont réagir, mais la tension risque de monter dramatiquement, avec l’Iran soutenu par les Russes au centre du jeu, et les chinois pas loin !  (la marine chinoise est stationnée à Oman)  N’oubliez non plus pas que pas plus tard qu’ avant hier, je rapportais que La Russie et la Chine développent de nouveaux systèmes d’armes impressionnants en vue d’une guerre contre les États-Unis  Z

ANALYSE COMPLÈTE : Les exercices militaires changent subitement de dimension, Ormuz est maintenant sous protection iranienne.

Par Joaquin Flores

FRN a été informé que le chef des gardes révolutionnaires iraniens, le major-général Mohammad Ali Jafari, a déclaré il y a quelques heures à peine que l’Iran avait entièrement libéré le Golfe et le détroit d’Ormuz de l’assujettissement étranger et hostile.  L’Iran menait des  » exercices  » dans la région, depuis la mi-juin, avec l’appui de la marine chinoise, quand tout à coup ces exercices sont devenus  » opérationnels « .

Cela confirme la déclaration de Alireza Tangsiri, chef de la marine des Gardiens de la Révolution islamique, qui a dit la même chose. L’Iran a confirmé qu’un certain nombre d’États amis et neutres continueront d’avoir un accès commercial complet à la voie navigable stratégique. La Chine a confirmé son soutien à l’initiative majeure prise aujourd’hui par la République islamique d’Iran.

Le détroit fera désormais partie d’une zone de coprospérité stratégique pour les pays de l’Axe de la Résistance, ainsi que pour les États de plus en plus neutres, y compris d’autres monarchies du Golfe, comme le Qatar, le Koweït, Bahreïn, Oman et les Émirats Arabes Unis, qui sont maintenant en train de se soustraire à l’ingérence et au contrôle israélo-saoudien. L’orientation de ces États avait commencé à changer radicalement au cours de la période 2016-17, lorsque le succès de l’Iran et de la Russie dans la guerre de Syrie est devenu évident.

Détails de l’événement d’aujourd’hui :

L’Iran menait une série d’ »exercices » et de  » manœuvres militaires  » depuis la mi-juin, dans le détroit, quand brusquement ces ‘ » exercices sont apparemment devenus opérationnels « , et l’Iran a déclaré avoir le contrôle militaire total du Golfe et du détroit d’Ormuz. Il s’agit d’un événement majeur, dont l’importance a déjà envoyé un message fort et stabilisateur dans le monde entier.

L’agence de presse officielle de l’IRNA a déclaré que le début de l’exercice majeur qui a conduit au grand événement d’aujourd’hui s’est déroulé le dimanche 17 juin et impliquait un navire de guerre iranien et deux destroyers chinois, un navire logistique et un hélicoptère.

La flottille chinoise  » s’est rendue à Oman  » après l’exercice naval, a également confirmé Xinhua dans son rapport. L’Iran a confirmé qu’Oman continuera d’y avoir accès, malgré les pressions de l’Arabie Saoudite et d’Israël. La flottille chinoise est toujours stationnée à Oman et, à ce propos, des rapports officiels datant du mois de mai indiquent que la Chine et Oman ont conclu un partenariat militaire stratégique.

La marine iranienne avait affecté son destroyer Alborz, un hélicoptère et environ 700 personnes à ces exercices.

Le Corps des gardiens de la révolution islamique (GRI) tenait des exercices militaires à grande échelle dans le golfe Persique. L’IRGC a déclaré qu’ils étaient prêts à perturber les expéditions de pétrole d’autres pays par le détroit si les exportations de l’Iran étaient entravées.

Les autorités iraniennes ont déjà menacé de bloquer le détroit d’Ormuz, coupant la principale voie de navigation pétrolière, en représailles à toute action hostile des États-Unis. Au début de juillet, le Corps des gardiens de la révolution islamique a organisé des exercices militaires à grande échelle dans le golfe Persique. Ces exercices s’inscrivaient dans le cadre des exercices annuels.

Grâce à l’utilisation et sous le couvert d’ »exercices », soutenus par les Chinois, la marine iranienne a pu prendre le contrôle total du détroit d’Ormuz, sans coup férir et sans qu’un seul coup de feu ne soit tiré.

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Auparavant, le principal conseiller du Guide suprême iranien pour les affaires internationales, Ali Akbar Velayati, avait déclaré au club de discussion de Valdai à Moscou que si l’Iran n’était pas autorisé à exporter son pétrole par le détroit, aucun autre État du Moyen-Orient ne pourrait le faire.

Le commandant des forces terrestres de l’Iran, le général de brigade Kiomars Heidari, a averti les Etats-Unis et ses alliés d’éviter d’essayer d’arrêter les exportations de pétrole de l’Iran, ajoutant que les forces armées du pays ont tout ce dont elles ont besoin pour défendre le pays.

Les médias russes et iraniens, de plus en plus soumis à un régime dangereux de censure de la part des médias corporatifs américains et d’Internet, ont apparemment minimisé intentionnellement l’événement majeur d’aujourd’hui. Le lien entre les exercices et l’annonce militaire iranienne soudaine n’est pas fait concrètement, même si les deux événements sont mentionnés dans les reportages journalistiques concernant cet événement d’importance majeure. Le média iranien de langue anglaise PressTV ne l’a pas couvert, et la couverture médiatique de Sputnik semble avoir intentionnellement omis de  » connecter  » certains  » points  » assez évidents et flagrants.

C’est pourquoi le soutien au journalisme indépendant, aux nouvelles et à l’analyse de FRN est d’une importance cruciale de nos jours.

L’Empire américain et ses alliés, impuissants à réagir :

L’Iran s’est effectivement insurgé contre la défunte politique officielle des États-Unis, comme l’a expliqué le secrétaire d’État américain Michael Pompeo. Pompeo et l’Empire américain ont été rayés de la page des affaires du Moyen-Orient, car il avait dit que les Etats-Unis étaient prêts à assurer un approvisionnement ininterrompu en pétrole à travers le détroit d’Ormuz malgré les menaces de l’Iran. L’Iran a aujourd’hui prouvé le contraire, et l’Empire américain en est sidéré.

De hauts responsables américains ont déclaré qu’ils visaient à réduire les exportations de pétrole de l’Iran à zéro. Les événements d’aujourd’hui semblent nous diriger vers l’anéantissement de cet objectif.

En juin, le département d’État américain a exhorté les compagnies pétrolières à cesser d’exporter du pétrole iranien à partir de novembre pour éviter les sanctions américaines, mais le plus grand marché occidental de l’Iran, l’UE – qui est vraiment concernée – a déjà clairement indiqué qu’elle ne se retirera pas du JCPOA (Joint Comprehensive Comprehensive Action Plan of Action).) L’accord nucléaire iranien, ou accord iranien, représente un accord sur le programme nucléaire de l’Iran conclu à Vienne le 14 juillet 2015 entre l’Iran, le P5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies – Chine, France, Russie, Royaume-Uni, États-Unis et Allemagne) et l’Union Européenne.

Ainsi, parmi les États mentionnés ci-dessus, seuls les États-Unis ont fait marche arrière. Le Royaume-Uni ne peut également faire marche arrière que s’il finalise le Brexit. Le processus du Brexit est un processus dont FRN a toujours expliqué qu’il s’agit d’un phénomène complexe qui représente des pressions atlantistes sur le Royaume-Uni pour qu’il soit une sorte de  » Airstrip One  » contre l’Eurasie à venir, à mesure que l’UE s’intègre davantage avec la Chine, la Russie et le Moyen-Orient. Ainsi, le maintien de la JCPOA, moins les Etats-Unis sous pression israélienne et néoconservatrice, a été un énorme succès pour le gouvernement dirigé par Rouhani. Rouhani est tout sauf  » quelqu’un qui s’accroche au pouvoir  » – cette expression, d’une incohérence ridicule mais prévisible, est empruntée au discours américain sur le changement de régime.

En mai dernier, le président américain Donald Trump avait déclaré que les États-Unis quitteraient l’accord nucléaire avec l’Iran, accord selon lequel Téhéran devait garantir le caractère pacifique de son programme nucléaire en échange de la levée progressive des sanctions. Cela illustre bien la capitulation des États-Unis face aux intérêts régionaux d’Israël. Israël et l’Arabie Saoudite ont fait une alliance pour diviser l’Irak et la Syrie, et l’Iran a fait une politique visant à assurer que la Syrie et l’Irak existent en tant qu’États unitaires et intégraux, assurant ainsi la stabilité, la croissance et la prévisibilité dans la région, et mettant fin à la montée du fondamentalisme  » islamique  » radical  » salafiste-sunnite dans la région.

Les Etats-Unis ont nécessairement ressenti ce coup de dard, et usent d’une certaine opacité dans leur reportage sur cet événement majeur. En effet, la circulation de l’information qui l’entoure aura sans aucun doute un effet absolument délétère sur la valeur boursière des entreprises dans lesquelles les élites américaines ont investi, et dont les intérêts militaires et financiers sont en désaccord avec ceux de l’Iran.

La manchette de Reuters commence à refléter l’importance de l’événement d’aujourd’hui :

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En plus de cela, nous avons assisté aujourd’hui à une hystérie médiatique qui s’intensifie sur ce qui est une histoire assez banale au sujet d’une enquête parlementaire à venir à laquelle M. Rouhani répondra à des questions. L’AFP, pauvrement informée et distordant la réalité, s’est mise en mode turbo pour livrer la prochaine série de discours de  » changement de régime  » à propos de Rouhani. Leur reportage met en évidence un objectif délibéré de désinformation du public. Ils font en outre des références anachroniques à l’ »opposition de la rue », même si aujourd’hui il n’y a aucune manifestation en République islamique d’Iran.

Le fait que l’Iran ait un parlement démocratiquement élu et que l’Iran ait un système normal de freins et de contrepoids est accidentellement révélé dans son document, même si leur objectif était d’introduire le mot « mise en accusation ». Mais ce qu’ils disent accidentellement à l’opinion publique, c’est que l’Iran a effectivement un parlement et qu’il existe des méthodes pour destituer un président en exercice. Ce qu’ils font, c’est de confondre le fait qu’une telle procédure existe dans cette république iranienne, comme dans de nombreuses républiques, avec l’idée qu’une telle procédure se profile à l’horizon, ou qu’elle a une place prépondérante dans les nouvelles d’aujourd’hui au sujet de la prochaine enquête parlementaire.

Dans la capture d’écran ci-dessous de la campagne de désinformation de l’AFP – Etat Profond américain, on trouve des notes avec un sous-titre et un texte rouge pour signaler les formulations ridicules, les distorsions flagrantes et les contradictions de la logique interne. Ce qu’ils ne parviennent pas à expliquer, c’est que Rouhani soit un  » conservateur favorable aux réformes « . Sa popularité et sa réélection en mai dernier, avec un taux de participation d’environ 70 %, sont fondées sur la recherche d’une voie médiane entre le conservatisme économique et révolutionnaire iranien  » anti-occidental  » et le  » réformisme et pragmatisme  » favorable aux occidentaux « .

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La confusion et l’incapacité à  » contrôler les messages  » dans certains secteurs pour certains de ces États comme le Qatar, est attestée par l’absence de couverture (au moment de la publication, 16h GMT+2) d’Al Jazeera de cet événement géostratégique et géopolitique majeur. La capture d’écran suivante montre la couverture de l’actualité qatarie contrôlée par la dynastie Al-Thani pour aujourd’hui, concernant l’Iran. Aucune mention de ce grand événement, et au contraire, un reportage tout à fait banal.

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Dans la perspective de la montée de la révolution multipolaire (RMP) en cours, l’immense développement d’aujourd’hui ne peut être sous-estimé. Le détroit d’Ormuz est une voie navigable d’une importance considérable, et la libération de ce passage par l’Iran, soutenue par la marine chinoise stationnée à Oman, témoigne du changement tectonique auquel nous avons assisté au cours des cinq dernières années. Il y a cinq ans, les planificateurs militaires américains sont arrivés à la sobre conclusion qu’ils n’avaient plus la capacité de projection de force, ni le soutien international, pour frapper Damas directement avec les moyens aériens américains ou britanniques.

Cela a marqué un tournant énorme dans l’histoire, presque comme si une autre ligne du temps avait traversé la nôtre, une ligne du temps dans laquelle l’Empire américain devenait subitement impuissant et incapable de vaincre militairement une puissance militaire régionale de 4e ordre. En réalité, l’armée américaine était en phase terminale de déclin, de même que son économie, comme l’a bien noté le groupe de réflexion néoconservateur PNAC (Project for a New American Century) depuis 2000. Dans leur livre blanc, ils ont décrit que seul un  » événement du genre Pearl Harbor  » pourrait stimuler le genre d’investissement dans le réarmement militaire qui pourrait renverser la vapeur. En fin de compte, ces efforts ont réussi à redonner vie aux projets impériaux, mais seulement pour une décennie de plus, et cela a pris fin avec la destruction de la Libye. Leur stratagème consistant à s’emparer de la Crimée en organisant un coup d’État en Ukraine et à y créer une zone de guerre permanente s’est également soldé par un échec.

Tout cela explique la lutte des États-Unis contre les mouvements politiques et le journalisme  » chez eux « . Même FRN, une équipe composée et dirigée par des journalistes, des universitaires et des auteurs de l’A5, a ressenti la campagne massive pour faire taire notre travail critique. Soutenez notre travail.

Source : https://www.fort-russ.com/2018/08/breaking-drill-goes-live-iran-seizes-control-of-hormuz-strait-u-s-empire-stunned/

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Publié par le 28 août 2018 dans général, International, Politique

 

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L’Iran table sur l’or dans sa lutte contre l’embargo pétrolier et le dollar : il envisage de vendre son pétrole contre de l’or

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Si l’Iran, gros producteur de pétrole, commence à vendre (notez qu’ils utilisent le mot « troquer » , on revient aux bases du système monétaire) son brut contre de l’or, alors ce serait un tremblement de terre majeur . L’Iran, qui paradoxalement est un  « petit » pays au niveau la taille de son économie, pourrait ouvrir la boite de Pandore et accélérer fortement et décisivement le move qui a débuté, qui va mettre fin au pétrodollar, et au dollar … ça pourrait allumer la mèche en somme .. Z

Face aux sanctions américaines, l’Iran cherche les moyens de les contourner dans le commerce avec les pays étrangers. Des experts iraniens ont révélé à Sputnik que le troc était une solution en ce sens, notamment les échanges contre de l’or.

Confronté à de dures sanctions américaines, l’Iran cherche les moyens de maintenir à flot son commerce extérieur. Dans un entretien à Sputnik, le président du Conseil pour la coopération économique entre l’Iran et l’Afrique Hasan Khosrowjerdi et l’expert iranien en énergie Seyed Saeed Mirtorabi ont confié que le troc pouvait être une solution au problème et quels produits, outre l’or, pourraient être acceptés par l’Iran en tant que paiement pour le pétrole.

Hasan Khosrowjerdi a noté que malgré la pression exercée par les États-Unis il y a des pays qui n’ont pas peur d’acheter du pétrole à l’Iran. Plus encore, il y a des pays qui sont prêts à le payer en or.

«Je ne dois pas nommer ces pays, sinon ils pourraient avoir des problèmes. Nous sommes certes plutôt intéressés par les produits dont nous avons besoin, mais l’or est toujours demandé», a-t-il relaté.

Il a ajouté que le Ghana, l’Afrique du Sud et certains autres pays africains possédaient d’importantes réserves en or et l’Iran pourrait leur proposer de troquer du pétrole contre de l’or.

Le président du Conseil iranien pour la coopération économique avec l’Afrique a signalé que l’Iran pourrait échanger le pétrole non seulement contre l’or, mais aussi contre des produits qui sont importés par son pays. Il a cependant préféré ne pas les divulguer «pour ne pas créer de problèmes en la matière».

Selon lui le troc pourrait être organisé avec les pays qui ne cèdent pas à la pression des États-Unis, à savoir la Russie et la Chine.

Un autre expert, Seyed Saeed Mirtorabi, a indiqué que les sanctions obligeaient l’Iran à éviter les paiements en dollar ou à recourir au troc dans le cadre de ses contrats internationaux.

«À l’heure actuelle, les paiements se font en euro ou en monnaie nationale. En ce qui concerne le troc, l’Iran a eu cette expérience pendant la guerre contre l’Irak, recevant des produits en échange du pétrole», a-t-il noté.

Selon lui, la tendance du commerce mondial à utiliser l’or en tant que moyen de paiement s’est esquissée depuis les années 2000. Actuellement, certains États recourent également à ce moyen de paiement ayant perdu la confiance envers le dollar en tant que monnaie de réserve mondiale.

«L’Iran se trouve dans une situation où l’acheteur du pétrole iranien ne peut pas le payer en dollar et dans ce contexte l’or est pour l’Iran une alternative au dollar», explique l’expert rappelant que lors des sanctions précédentes l’Iran avait déjà effectué une part de ses opérations commerciales en recourant à l’or.

«À l’époque, l’or était converti en devises dans des pays comme la Turquie et les devises étaient importées en Iran, ce qui reste toujours possible», a conclu l’expert.

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Le ministre allemand de l’économie appelle l’Europe à défier les sanctions de Trump contre l’Iran

Le ministre allemand de l’Économie, Peter Altmaier. ©Intellivoire

Le ministre allemand de l’Économie s’en prend au président américain Donald Trump, dénonçant ses pressions sur l’Iran et ses diktats à ses partenaires commerciaux.

Dans un discours surprenant, le ministre allemand de l’Économie, Peter Altmaier, évoquant la décision américaine de réimposer des sanctions US contre l’Iran après le retrait unilatéral de Trump de l’accord nucléaire de 2015, a exhorté son pays à être « plus ferme » face aux dictats américains sur plan commercial et à défier les sanctions illégales américaines contre les autres qui sapent les investissements et les échanges commerciaux internationaux.

« Les États-Unis ne peuvent pas dicter les règles commerciales aux autres et l’Allemagne doit investir davantage en Iran », a insisté, Peter Altmaier, à l’occasion d’une interview accordée ce week-end, au quotidien allemand Bild am Sonntag, cité par le site web Intellivoire.

« Nous ne devons pas laisser Washington dicter ses volontés dans les relations commerciales avec d’autres pays », a déclaré le ministre allemand de l’Économie Peter Altmaier au journal Bild.

Fustigeant toujours le geste unilatéral des États-Unis de Trump et leur désengagement de l’accord nucléaire iranien, M. Altmaier a souligné l’importance du soutien au document historique de Vienne et la préservation des contrats d’affaires conclus en Iran avant d’exhorter Berlin à ne pas permettre à Washington de dicter ses règles commerciales.

Pour lui, les sanctions américaines contre l’Iran étaient « un exemple dans lequel la négligence de l’Amérique envers ses partenaires était clairement visible ».

« Que ce soit en Allemagne ou en Europe, nous examinons les moyens pour garder les canaux financiers ouverts », a-t-il promis.

L’Allemagne et d’autres pays européens devraient se sentir libres de poursuivre leurs relations avec Téhéran. « Les entreprises allemandes peuvent continuer à investir autant qu’elles le souhaitent en Iran », a déclaré M. Altmaier, ajoutant toutefois que « de nombreuses entreprises dépendent de prêts bancaires, dont la plupart se refinancent aux États-Unis – et cela peut créer des problèmes ».

Les déclarations du ministre allemand de l’Économie interviennent après que l’administration Trump a imposé une deuxième série de sanctions visant l’achat par l’Iran de dollars américains, malgré les appels de certaines puissances mondiales. Au début de cette année, Washington a imposé à Téhéran des sanctions visant à réduire le commerce ainsi que les industries de l’énergie et de la construction navale.

Ces restrictions ont endommagé les liens de l’UE avec l’Iran, qui a prospéré après l’accord nucléaire de 2015 abandonné par les États-Unis. La semaine dernière, l’UE a réagi aux dernières sanctions de l’Iran en appelant les entreprises à ignorer les menaces des États-Unis. Outre la question de l’Iran, les États-Unis et l’Europe sont en proie à un différend sur les droits de douane sur l’acier, l’aluminium et les automobiles.

Dans cet esprit, a déclaré le ministre allemand, le monde risque de sombrer dans un conflit économique généralisé, ajoutant que « nous sommes au bord de cette crise » et « une guerre commerciale mondiale ne connaîtra pas de gagnants, mais seulement des perdants ». « Les politiciens n’ont pas le droit de mettre en péril des centaines de milliers d’emplois européens qui dépendent du commerce américano-européen, a-t-il déclaré.

« Nous avons appris par le passé que la plupart des consommateurs souffrent des guerres commerciales alors que les biens et les services deviennent plus chers », a déclaré Altmaier. « Cette guerre commerciale entrave la croissance économique et apporte de nouvelles incertitudes », a averti le ministre allemand de l’Économie.

Les déclarations du ministre allemand de l’Économie interviennent après que l’administration Trump a imposé une deuxième série de sanctions visant l’achat par l’Iran de dollars américains, malgré les appels de certaines puissances mondiales. Au début de cette année, Washington a imposé à Téhéran des sanctions visant à réduire le commerce ainsi que les industries de l’énergie et de la construction navale.

Ces restrictions ont endommagé les liens de l’UE avec l’Iran, qui a prospéré après l’accord nucléaire de 2015 abandonné par les États-Unis. La semaine dernière, l’UE a réagi aux dernières sanctions de l’Iran en appelant les entreprises à ignorer les menaces des États-Unis. Outre la question de l’Iran, les États-Unis et l’Europe sont en proie à un différend sur les droits de douane sur l’acier, l’aluminium et les automobiles.

Dans cet esprit, a déclaré le ministre allemand, le monde risque de sombrer dans un conflit économique généralisé, ajoutant que « nous sommes au bord de cette crise » et « une guerre commerciale mondiale ne connaîtra pas de gagnants, mais seulement des perdants ». « Les politiciens n’ont pas le droit de mettre en péril des centaines de milliers d’emplois européens qui dépendent du commerce américano-européen, a-t-il déclaré.

« Nous avons appris par le passé que la plupart des consommateurs souffrent des guerres commerciales alors que les biens et les services deviennent plus chers », a déclaré Altmaier. « Cette guerre commerciale entrave la croissance économique et apporte de nouvelles incertitudes », a averti le ministre allemand de l’Économie.

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Publié par le 13 août 2018 dans général, International, Politique

 

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Demain, la guerre contre l’Iran ?

par Didier Chaudet

La détente récente entre États-Unis et Corée du Nord peut être vue comme le prélude à une montée des tensions avec les Iraniens, peut-être jusqu’à la guerre, comme le soulignait récemment Anshel Pfeffer dans Haaretz. Un tel scénario, si dangereux pour l’ensemble du Moyen-Orient, et donc pour la stabilité internationale, est-il vraiment possible aujourd’hui ?

Le rejet des négociations avec Téhéran

Quand on évoque une guerre future impliquant l’Iran, on pense à trois possibilités, principalement :

  • une opposition directe entre Washington et Téhéran ;
  • le réchauffement de la guerre froide entre Arabie saoudite et Iran ;
  • une guerre opposant Israël et l’Iran, plus particulièrement sur le champ de bataille syrien.

L’administration Trump compte en son sein au moins trois opposants de premier plan à l’influence iranienne au Moyen-Orient : James Mattis, ministre de la Défense (dont la modération récente est à mettre en perspective, et pourrait n’être que temporaire) ; Mike Pompeo, Secrétaire d’État ; et John Bolton, conseiller à la sécuritaire nationale.

Clairement, cette administration n’apparaît pas comme intéressée par de réelles négociations : Stephen Walt, professeur de relations internationales à Harvard, a récemment comparé la douzaine de demandes américaines exprimées par Mike Pompeo à l’endroit de l’Iran à l’ultimatum de l’Empire austro-hongrois à la Serbie, avant la Première Guerre mondiale…

Après tout, ces demandes se résument à intimer l’ordre à l’Iran d’abandonner ses politiques de sécurité et d’influence régionale, ce qui serait fatal non seulement pour le régime actuel, mais aussi pour tout gouvernement indépendant et patriote.

Comme l’explique le président du Conseil américano-iranien Trita Parsi : « Quand on associe des demandes irréalistes à une pression massive, on crée sciemment une évolution vers la confrontation. ») De fait, Washington semble plutôt viser une déstabilisation de régime iranien, et se contente, pour l’instant, d’une guerre économique pour atteindre ce but.

Comme un air d’Irak en 2003

En réalité, cette attitude était déjà celle d’administration Trump avant que les Américains ne se retirent de l’accord sur le nucléaire iranien. Après tout, alors que l’Iran le respectait, il semble bien que Washington ait violé les sections 26, 29 et 33 devant permettre la réintégration économique de l’Iran dans la communauté internationale. Le retrait n’a fait que confirmer le refus américain, sous l’actuelle présidence, de voir l’Iran réintégrer la communauté internationale, et donc de pouvoir se développer économiquement.

Continuer de faire de l’Iran un paria, c’est chercher à l’étouffer économiquement, pour le renverser sans avoir à bombarder. Ou le pousser à relancer son programme nucléaire, ce qui offrirait l’excuse d’une guerre préventive.

Plus largement, l’argumentaire actuel contre l’Iran, considérée comme radicalement déstabilisatrice pour le Moyen-Orient, est non seulement faux car simpliste, mais il fait aussi étrangement penser à ce qu’on a pu entendre avant la guerre d’Irak de 2003.

Rudy Giuliani, conseiller et avocat du président Trump, va jusqu’à affirmer qu’un changement de régime en Iran est plus important pour la paix au Moyen-Orient qu’un accord entre Israéliens et Palestiniens… Si la déstabilisation par la guerre économique ne marche pas, l’emploi de la force sera forcément tentant pour certains au sein de l’actuelle administration américaine.

Israël et l’Arabie Saoudite, soutiens des faucons américains

Pourtant, les ardeurs belliqueuses de Washington sont limitées par l’effort militaire conséquent que signifierait une attaque de l’Iran. Et une telle action militaire, si elle allait jusqu’au bout de sa logique, avec une occupation du pays, serait ingérable sans un retour à la conscription. Ces réalités expliquent la résistance d’un ancien militaire comme Mattis face à la vision idéologique de certains civils dans l’administration Trump.

Mais les faucons américains les plus bellicistes ont des alliés au Moyen-Orient, qui pourraient soutenir la politique du pire. Si, sur le dossier nord-coréen, on a un voisinage sud-coréen qui pousse l’Amérique à la modération, au Moyen-Orient, les principaux alliés de Washington – Israël et l’Arabie saoudite – considèrent le régime iranien comme un ennemi avec lequel la négociation serait impossible. Et contre lequel l’action militaire peut être une option.

Iraniens et Israéliens ont des positions irréconciliables sur la Syrie : les premiers veulent s’y maintenir, les seconds refusent radicalement un tel scénario. Pour l’instant, les accrochages entre les deux pays sont restés limités, mais le risque d’un dérapage militaire demeure réel. Israël (tout comme les États-Unis) mise pour l’instant sur une déstabilisation interne du régime iranien. Ce scénario n’étant pas forcément une évidence, comme on le verra plus loin, le désir d’une action militaire plus directe pour contrer l’Iran en Syrie, par exemple, pourrait être une action envisageable par l’État hébreu.

 Au Yémen, un combattant de la milice des Géants, soutenue par Riyad (21 juin 2018). Saleh Al-Obeidi/AFP

Au Yémen, un combattant de la milice des Géants, soutenue par Riyad (21 juin 2018). Saleh Al-Obeidi/AFP

Quant à l’Arabie Saoudite, son opposition à l’Iran est encore plus radicale : c’est une composante importante du nationalisme promu par Riyad. Certains Saoudiens exagèrent les capacités hégémoniques de l’Iran au Moyen-Orient : on en a un bon exemple avec un journaliste de premier plan dans le royaume, Jamal Khashoggi, qui parle, à propos de la situation actuelle au Moyen-Orient, d’un « moment 1939 ».

La peur que l’Iran suscite en Arabie saoudite comme concurrent régional ne fera donc pas du royaume un agent de modération, c’est le moins qu’on puisse dire. On peut même considérer que ces deux pays sont déjà indirectement en guerre, et qu’une escalade entre les deux pays, par exemple au Yémen, est très possible, avec les risques que cela implique.

L’Iran se prépare à une guerre asymétrique

Le danger d’un dérapage guerrier, même s’il n’est globalement pas souhaité, est donc loin d’être négligeable, au niveau international ou régional. Mais qu’en est-il de l’attitude de l’Iran elle-même ? A-t-elle des intentions bellicistes ?

D’un point de vue militaire, l’Iran n’a pas investi en priorité dans son armée conventionnelle. Au contraire, elle s’est d’abord préparée à une possible guerre asymétrique, avec les États-Unis comme l’ennemi le plus probable.

Téhéran a un budget militaire bien modeste par rapport à celui de ses voisins : même les Émirats Arabes Unis dépensent deux fois plus que l’Iran pour leur défense. Téhéran n’a pas accès aux armes les plus sophistiquées de l’Occident, qui se refuse à lui vendre les matériels qu’ils fournissent à l’Arabie saoudite ou à Israël, et manque de moyens financiers pour rivaliser avec ces deux pays dans la course aux armements.

 Google, CC BY-SA

Google, CC BY-SA

Un simple coup d’œil sur une carte de l’Iran montre que la République islamique est entourée de bases et troupes américaines, ainsi que de pays proches alliés des États-Unis ou de l’Arabie Saoudite.

Un arsenal de missiles pour parer une possible invasion

Dès lors, les élites iraniennes ont fait le choix de rendre toute attaque-invasion particulièrement difficile, plutôt que de se concentrer sur des capacités réellement offensives. C’est avec cette logique à l’esprit qu’il faut comprendre le grand nombre de missiles balistiques iraniens : à défaut d’une aviation assez puissante, il s’agit surtout d’une arme capable de cibler une concentration de forces prête à l’invasion, ou des infrastructures régionales en réponse à une attaque conventionnelle.

Suite au traumatisme causé par la guerre Iran-Irak, et la large utilisation de missiles par Saddam Hussein, cet arsenal est vu comme un moyen efficace de protéger le régime et le peuple iraniens face à une agression militaire extérieure. Et on aurait tort de penser que la supériorité militaire américaine pourrait permettre d’annuler les avantages asymétriques de l’Iran.

On l’a bien vu lors de la simulation de guerre intitulée « Millenium Challenge » organisée par Pentagone pour voir comment la marine américaine résisterait à une attaque iranienne. Le résultat a été sans appel : 16 bateaux coulés, dont un porte-avions, et l’exercice a été suspendu en urgence, afin d’en changer les règles et de permettre, en fin de compte, une victoire américaine…

Le général de brigade Hossein Salami, le numéro deux des Pasdarans ou Corps des Gardiens de la Révolution, a bien résumé l’approche militaire iranienne : défensive au niveau de la stratégie d’ensemble, mais très offensive à partir du moment où un ennemi commence une guerre contre l’Iran.

Les Iraniens ne chercheront vraisemblablement pas les hostilités, mais dans le cas d’une attaque, l’assaillant peut s’attendre à être confronté à une terrible guerre asymétrique en territoire iranien, et sans doute plus largement au Moyen-Orient : au moins par un renforcement de l’aide au Hezbollah au Liban, et en l’incitant à réagir à une guerre contre l’Iran ; par des actions contre les intérêts américains en Syrie et en Irak ; et par un renforcement de l’aide aux Houthis au Yémen pour mettre les Saoudiens en difficulté.

A Téhéran, la crainte d’un coup de force bonapartiste

La politique agressive de l’administration Trump pourrait renforcer les plus radicaux en Iran, ceux qui croient le moins en une possibilité d’apaisement avec l’Occident. Rappelons que les « principlistes » (les conservateurs iraniens) ont perdu toutes les élections depuis 2013. Aujourd’hui, ils peuvent présenter leur vision des relations internationales comme étant la seule valable, les modérés autour du président Rouhani, et même Ali Khamenei, le Guide de la Révolution, s’étant fourvoyés dans un projet de dialogue avec Washington qui n’a pas apporté les résultats espérés.

L’actuelle visite d’Hassan Rouhani en Autriche et en Suisse risque de ne rien changer à ce sujet : c’est sans doute le dernier déplacement du Président iranien en Europe avant la réimposition de sanctions par les Américains (à partir du 6 août). Et cet événement a été éclipsé par un bien étrange complot terroriste déjoué à temps, censé avoir visé des opposants iraniens réunis à Paris le 30 juin dernier. Or on voit mal ce que le régime iranien aurait à gagner dans une attaque terroriste en Europe, où il cherche désespérément à trouver des appuis pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien.

Les Iraniens savent pertinemment que des attaques sur sol européen sont une ligne rouge à ne pas franchir. Que les allégations d’un tel complot présumé soient révélées avant l’arrivée du président Rouhani en Autriche, et avant la rencontre décisive du ministre des Affaires étrangères iranien avec les représentants des cinq puissances toujours officiellement associées à l’accord (France, Grande-Bretagne, Chine, Russie, Allemagne) explique la réaction ironique de Javad Zarif.

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La République islamique s’est dit prête à coopérer avec les autorités concernées et a condamné clairement le terrorisme. Mais même si pour les autorités iraniennes, il s’agit d’un complot contre le sauvetage de l’accord sur le nucléaire, cette affaire risque de peser sur ses rapports avec une Europe pressée par Donald Trump de s’associer à sa politique contre Téhéran. Il est peu probable que les réformistes et modérés iraniens obtiennent avec ce déplacement la victoire diplomatique dont il aurait bien besoin face aux principlistes.

Pire encore, un risque de coup de force militaire pourrait survenir au profit des conservateurs : le président Rouhani représentait un atout pour Ali Khamenei, le guide suprême de la Révolution, tant qu’un apaisement avec l’Occident était possible. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, et sa politique économique a mécontenté les classes populaires. Les récentes manifestations, les tensions avec Washington, de récents remaniements au sein des forces armées, amènent à penser que pour une partie des élites à Téhéran, une orientation bonapartiste est une possibilité.

Certains parlent d’un coup d’État faisant tomber Rouhani, ou d’une « présidence militaire » à l’issue de son mandat. Si le scénario d’une reprise en main par des forces plus militaristes, nationalistes et conservatrices devient réalité, alors, on peut s’attendre à des tensions plus importantes au niveau régional.

Union sacrée à Téhéran contre Donald Trump

Quoi qu’il arrive, le régime est renforcé plus qu’affaibli par l’hostilité américaine, et les conservateurs reviennent en force grâce à la divine surprise que leur offre Donald Trump.

Du point de vue iranien, les Américains et leurs alliés israélien et saoudien ont un problème non pas seulement avec le régime, mais avec l’Iran comme puissance régionale. Leur but serait donc de démembrer le pays, de le pousser à la guerre civile.

Une vision iranienne qui semble, en partie, conforme à une certaine réalité : on constate un intérêt marqué de l’Arabie Saoudite pour la minorité baloutche iranienne… et des mouvements financiers suspects qui pourraient profiter aux séparatistes djihadistes évoqués dans une précédente analyse.

La réaction nationaliste face à ces menaces réelles est telle qu’on constate une réconciliation des élites, dans un sens favorable au régime, y compris celles qui ont été réprimées pour leur association au Mouvement vert. L’idée des réformateurs et modérés, selon laquelle il serait possible d’avoir un dialogue avec l’Occident, semble être passée de mode, au moins pour un temps.

Quand on ajoute à cette union nationale, le fait que les récentes manifestations en Iran, y compris celles impliquant le bazar de Téhéran, ne sont pas forcément unies par un sentiment anti-régime, on comprend que le désir d’un changement de régime de l’intérieur a bien peu de chance de se réaliser.

Ce qui pourrait, en définitive, pousser certains faucons américains à demander une action militaire plus directe.

Didier Chaudet: Attaché scientifique, Institut français d’études sur l’Asie centrale

source:https://theconversation.com/demain-la-guerre-contre-liran-99261?utm_source=twitter&utm_medium=twitterbutton

 

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Sanctions contre l’Iran : l’affrontement UE-USA construit la gouvernance globale

Sanctions Iran UE USA Affrontement Gouvernance Globale

Rien ne va plus entre l’Europe et les US, sur l’OTAN, la guerre commerciale, et maintenant la question Iranienne . La situation risque d’empirer, on se dirige droit vers une réorganisation géopolitique mondiale. Au profit du mondialisme ?? Z 

L’UE vient d’interdire aux entreprises européennes de se soumettre aux sanctions des USAcontre l’Iran, sous peine de sanctions. A-t-elle raison ? Est-ce réaliste ? Et surtout l’affrontement des deux mastodontes ne mène-t-il pas à la gouvernance globale ?

En dénonçant l’accord signé par les USA et l’UE avec l’Iran, Donald Trump avait assorti sa décision de sanctions contre les entreprises qui continueraient à faire des affaires avec l’Iran. Dans la présentation qu’il en faisait, il s’agissait de faire plier l’Iran en répondant à une menace militaire par une guerre économique. L’UE quant à elle, comme d’autres puissances comme la Russie et la Chine, estimait que le nucléaire iranien était sans danger et préconisait donc de pérenniser l’accord.

L’UE « regrette » les sanctions des USA et les sanctionne

Aujourd’hui les sanctions des USA sont effectives, et l’UE, qui les « regrette », s’y oppose officiellement. Elle vient de publier un communiqué où on lit : « Nous sommes déterminés à protéger les opérateurs économiques européens engagés dans des affaires légitimes avec l’Iran […] C’est pourquoi le statut de blocage mis à jour par l’Union européenne entre en vigueur le 7 août ».

La loi dite « de blocage », adoptée par l’UE en 1996 pour contourner les sanctions américaines contre Cuba, la Libye et l’Iran, n’a jamais été appliquée. Son actualisation a été approuvée par les ministres des Affaires étrangères de l’UE le 16 juillet de cette année. Elle interdit aux entreprises européennes de se plier aux injonctions américaines, sous peine de pénalités fixées par chaque Etat membre. Si ce n’est pas un vain mot, une entreprise aura le choix entre faire des affaires avec l’Iran et subir les sanctions des USA et ne pas en faire et se trouver pénalisée par l’UE.

Les sanctions de l’UE n’auront pas de portée pratique

En première analyse, un Européen peut s’en réjouir. Il y a dans la prétention des USA d’imposer leur manière de voir par des sanctions internationales qui s’appliquent hors de leur territoire quelque chose d’insupportable. La raison du plus fort est toujours la meilleure, on le sait, mais l’enrober dans le moralisme anglo-saxon est proprement exaspérant. Et il faut redire que l’exterritorialité des sanctions américaines est contraire au droit international.

Mais la décision de l’UE soulève dès qu’on l’examine une foule de questions. A qui s’adresse-t-elle ? Aux entreprises qui sont déjà en affaire avec l’Iran. Comment saura-t-on si elles s’arrêtent parce qu’un grain de sable a fait échouer l’opération ou pour se soumettre aux sanctions des USA ? De toute manière, des dérogations sont prévues pour les grands groupes. Ils devront demander l’autorisation de se retirer et se justifier. Cela limitera un peu plus la liberté d’entreprendre et augmentera leur soumission au contrôle supranational, mais cela risque de limiter la portée pratique de ce « blocage » à presque rien.

USA-UE : un affrontement en trompe-l’œil

On fait valoir à Bruxelles qu’il s’agit d’un « signe », d’une décision « politique » : mais précisément, envoyer un « signe » sans portée pratique est une manifestation d’impuissance qui réduit à néant les effets positifs éventuels d’une volonté politique, qui s’avère ainsi une simple velléité.

Il faut remarquer que l’UE n’a jamais protesté contre les sanctions abracadabrantes prononcées par la justice américaine contre la BNP voilà quelques années. En quoi les tribunaux américains seraient-ils juges de la politique d’une banque française ? Cette aberration judiciaire est aussi grave que les prétentions de l’exécutif de Trump. L’UE semble donc plus soucieuse de marquer son désaccord avec les USA sur l’Iran et les sanctions que de défendre les entreprises européennes ou le droit international. En d’autres termes, le débat sur l’exterritorialité n’est ici qu’un prétexte, ce n’est pas la vraie pomme de discorde. Forcément : l’UE, malgré son affrontement avec les USA, aimerait bien se faire aussi gros qu’eux et rêve aussi de tout régenter avec ses propres tribunaux.

L’Iran construit-il sa bombe atomique ?

Autre question, que je ne saurais trancher, mais qui n’est pas sans importance : qui, sur le plan militaire, a raison, les USA ou l’UE ? En d’autres termes, le nucléaire iranien présente-t-il un danger, comme l’ont prétendu les renseignements israéliens, dont Trump a repris la thèse, ou non ? Toute information est la bienvenue. Si l’on regardait la situation du point de vue de la guerre froide, on constaterait que l’Europe se « neutralise », qu’elle passe du côté de la Russie et de la Chine.

Autre donnée importante : si une entreprise se conforme au blocage de Bruxelles, elle encourra les sanctions des USA. L’UE a donc prévu de lui verser un dédommagement d’un montant équivalent. En d’autres termes, les contribuables européens devront payer pour la décision des juges américains. Outre le fait que cela laisse l’initiative aux USA (ils pourraient augmenter le montant des sanctions rien que pour assécher l’UE), cela crée une nouvelle usine à gaz typiquement socialiste de bonus et de malus. La situation deviendra si ubuesque qu’il faudra bien un jour créer une juridiction pour arbitrer, et l’on rentera ainsi un peu plus dans le processus qui mène à la gouvernance globale.

Les USA, l’UE et l’Iran construisent ensemble la gouvernance globale

L’actualité est une fable. Quelle leçon le public est-il appelé à tirer de l’histoire qu’on lui raconte ? D’abord que Trump, le gros populiste national, prend des poses hégémoniques agaçantes et qu’il nuit aux entreprises européennes et françaises, et, au-delà, au commerce international et à la paix dans le monde. En provoquant l’affrontement avec les USA sur l’Iran, l’UE nous montre que c’est paradoxalement elle qui défend l’intérêt de ses peuples : c’est une belle pédagogie d’européisme mondialiste. Nous sommes invités à appeler de nos vœux la gouvernance mondiale qui ne nous agacera pas par l’exterritorialité de son action et de ses prétentions, puisque nous appartiendrons tous à son territoire et serons donc, ipso facto, soumis à sa juridiction.*

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