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L’Inde prépare une loi de « bail-in » particulièrement dure pour les épargnants

Indiens qui font la file pour retirer de l'argent

Aux 4 coins du monde, on s’active pour revoir les règlements qui encadrent la résolution des crises bancaires, en mettant toujours plus les épargnants en première ligne. Le gouvernement indien, qui pousse sa population vers les banques tout en la décourageant d’acheter de l’or, est en train de préparer une législation particulièrement dure qui pourrait ruiner les épargnants indiens, comme l’explique cet article du Logical Indian du 4 décembre 2017, intitulé : « Les banques peuvent anéantir votre épargne » :

Le piège tendu aux épargnants indiens

« Dans le cadre des réformes du système bancaire en cours de préparation, le gouvernement central a approuvé une proposition de loi de juin 2017 visant à l’adoption d’un nouveau cadre de résolution des faillites bancaires. Des détails ont commencé à émerger sur les réseaux sociaux, qui ont inquiété plus d’un épargnant. Si le parlement adopte la loi, elle donnera des énormes pouvoirs de «bail-in» à une entité baptisée «Resolution Corporation». Cette entité serait créée dans le cadre du Financial Resolution and Deposit Insurance Bill, elle aurait le pouvoir de confisquer des actifs pour sauver une banque au bord de la faillite.

Pour ceux qui l’ignorent, le « bail-in » (renflouement interne) est une méthode qui vise à imposer des pertes aux créditeurs, aux actionnaires et aux épargnants d’une banque. C’est le contraire d’un « bail-out », lorsque le sauvetage se fait via des entités externes à la banque. (…)

Le gouvernement de Narendra Modi a introduit, dans le cadre légal, le bail-in en Inde via la proposition de loi Financial Resolution and Depo-sit Insurance (FRDI) Bill. Elle est actuellement examinée par un comité parlementaire et pourrait être votée durant la session d’hiver du parlement. La section 52 de la proposition de loi confère des pouvoirs très étendus à la Resolution Corporation, tellement qu’elle est en droit d’effacer un engagement de la banque. Autrement dit, elle peut décréter que la banque ne vous doit plus rien alors que vous y avez déposé de l’argent. L’entité peut également décider de changer la nature du dépôt. Par exemple, si vous avez déposé 10 lakhs (note : un lakh = 100.000) sur 5 ans pour financer le mariage ou les études d’un enfant, l’entité peut décider de le convertir en dépôt sur 20 ans sans vous demander votre avis. (…)

suite et fin

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Publié par le 8 décembre 2017 dans économie, général, International

 

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L’Inde « ira sur la Lune » en 2018 !

Notez dans le papier suivant que ce que l’on entend par « L’inde ira sur la lune » est qu’un véhicule sera envoyé sur notre satellite , et non un humain . C’est qu’il y a les ceintures de Van Allen qui sont pratiquement infranchissables (de nouveaux boucliers capable de les franchir auraient été créés, mais pas en Inde ..) . Ce n’est pas encore demain la veille que nous verrons un homme sur notre beau satellite … Z .

L’Inde lancera et posera un véhicule sur la surface lunaire en 2018. Une première pour le pays qui compte bien se faire entendre dans le domaine en vogue de l’exploration spatiale.

En 2013, la Chine débarquait le rover Yutu sur la Lune. Depuis, personne n’a mis « les pieds » sur notre satellite. Cela va néanmoins changer au début de l’année 2018, avec l’entrée en scène de l’Inde. L’Organisation indienne de recherche spatiale (ISRO) débarquera en effet son premier rover lunaire au cours de l’année 2018 dans le cadre de sa mission baptisée Chandrayaan-2 (qui se traduit approximativement par « véhicule lunaire » ou « voyage lunaire »). L’agence vise actuellement un atterrissage au mois de mars prochain.

Cette mission prend ainsi le relais (tardif) de Chandrayaan-1 qui, en 2008, avait détecté de « l’eau magmatique » dans un cratère lunaire. Malheureusement, cette sonde s’était écrasée sur la Lune avant d’être retrouvée à la dérive par la NASA en 2016. Cette nouvelle mission permettra alors une vision plus précise de la surface lunaire. Ce lancement comprendra notamment trois véhicules sans équipage : un engin orbiteur qui planera au-dessus de la surface de la Lune, un rover lunaire, et un atterrisseur. Après un atterrissage tout en douceur — une première passionnante pour l’Inde — le rover explorera la croûte lunaire et le manteau tandis que l’orbiteur mettra au point « une carte tridimensionnelle détaillée de la surface », selon l’ISRO.

Le coût total de ce projet ambitieux est par ailleurs estimé à environ 93 millions de dollars. Notons également que l’agence indienne a également d’autres projets en cours. La mission « Aditya », notamment, qui vise à étudier le Soleil, et « XPoSat », un satellite qui analysera le rayonnement cosmique. Cette nouvelle mission, et les autres qui suivront, sont donc un signe positif que de plus en plus de pays investissent dans l’exploration spatiale et améliorent nos capacités à comprendre et à voyager vers le cosmos. Rendez-vous en mars prochain pour assister à cet atterrissage historique.

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Publié par le 6 décembre 2017 dans Espace, général, Insolite

 

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La Turquie et l’Inde veulent se passer du dollar dans leurs échanges

La Turquie et l’Inde veulent se passer du dollar dans leurs échanges

Dédollarisation – de plus en plus de grands pays privilégient des accords bilatéraux en devises nationales pour les échanges commerciaux, au détriment du king Dollar  .

La Turquie et l’Inde pourraient renoncer au billet vert dans leurs règlements réciproques au profit des monnaies nationales.

La Turquie et l’Inde pourraient renoncer au dollar et passer aux devises nationales dans les règlements réciproques, a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d’un forum commercial indo-turc à New Delhi au cours de sa visite en Inde.

« Les opérations d’import et d’export pourraient être effectuées en monnaies nationales, ce qui réduirait l’impact négatif des fluctuations monétaires », a assuré le président turc.

D’après lui, le passage aux paiements en livres turques et en roupies indiennes aurait une influence positive sur les économies des deux pays.

Selon le président turc, le potentiel de la coopération commerciale entre la Turquie et l’Inde n’est pas pleinement réalisé et il est temps de discuter du projet d’un accord sur la coopération économique à grande échelle entre les deux pays. Il a précisé que les sessions des commissions intergouvernementales contribueraient au renforcement de la coopération bilatérale dans la sphère économique.

M. Erdogan a également ajouté que le nucléaire pourrait devenir un des axes de coopération entre la Turquie et l’Inde.

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Publié par le 2 mai 2017 dans économie, général, International

 

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L’Inde est en train de bouleverser le marché de l’argent (et des métaux précieux)

Le Dollar Et les taux long (10 ans) se Découplent pour la première fois depuis l’élection de TRUMP, : les investisseurs se détournent du marché obligataire, squeeze (pression) sur le dollar .

L’or reprend sa course en avant (le dollar baisse comme indiqué dans le graph ci dessus : la « trumpinflation » – le protectionnisme bon pour les exports) . Rien ne pourra plus l’arrêter, le bas de 2015 est définitivement « in » (les haut sont de plus en plus haut, les bas de moins en moins bas) , sauf qu’il y a et aura beaucoup de volatilité .

De plus – entre autres –  grâce au nouvel étalon or de la Sharia, les Musulmans du monde peuvent désormais avoir accès à certains produits dérivés de l’or tels que les ETF et les actions minières, ainsi qu’aux barres de métal physique. Cette nouvelle possibilité d’investissement va participer à fortement modifier le paysage de l’offre et de la demande. Selon GoldCore, si 1% de la finance islamique était redirigée vers l’or (et cela se produira et s’amplifiera), la demande pourrait gonfler de 1.000 tonnes par an. 

Quant au marché de l’argent, il décolle aussi , notamment grâce à la demande Indienne qui grossi et qui devient énormissime. (L’inde, immense consommatrice de MP, impact énormément les 2 métaux)

Pour le moment, l’Inde est en train de bouleverser le marché de l’argent :

De nombreuses raisons justifient une hausse importante de l’argent dans les années à venir. En voici une nouvelle, qui échappe au radar de la plupart des investisseurs…

Les Indiens achètent énormément d’or. La banque Macquarie estime que l’or représente environ 78 % de l’épargne des ménages indiens, plus que n’importe où dans le monde. Habitude positive ou négative, une telle épargne en or entrave la croissance car les réserves des banques nécessaires pour accorder des crédits diminuent.

Comme vous le savez probablement, cela fait des années que le gouvernement indien tente de réduire la demande. Depuis que j’analyse les métaux précieux, le gouvernement a introduit trois plans de démonétisation de l’or : “déposez votre métal jaune à la banque et nous vous payerons des intérêts” propose l’offre.

Le premier plan n’a pas vraiment marché, notamment parce que les taux offerts étaient bien trop bas. Mais le gouvernement indien n’a pas abandonné, si bien que leurs efforts plus récents ont commencé à jouer un rôle sur la demande d’or. Non seulement la tentative la plus récente a été plus efficace, notamment en raison de taux offerts plus élevés, mais la démonétisation de novembre des billets de 500 et de 1000 roupies a également joué un rôle.

Les chiffres de la demande d’or 2016 en Inde commencent à nous parvenir. Les importations de métal jaune furent de 570,8 tonnes l’année dernière, une baisse importante de 44 % par rapport à 2015. Il s’agit également d’un plus bas de 13 ans.

La plupart des analystes s’attendent à ce que cela perdure, comme ce spécialiste des matières premières l’a dit :

“Les aspects de la demande de métal physique seront carrément mauvais pour 2016. Pour la première fois les Indiens tenteront d’acheter de l’or sans cash. C’est un défi important.”

Mais alors, les Indiens vont-ils arrêter d’acheter de l’or ?

Retour aux sources

Les Indiens ne cesseront pas d’acheter de l’or. Mais la demande pourrait rester modeste si les interférences du gouvernement perdurent aux niveaux actuels. Mais que feront alors les investisseurs indiens ? Ils achèteront de l’argent. Comment puis-je en être sûr ? Pour deux raisons. Tout d’abord, parce que le processus est déjà engagé :
demande-argent-explose-indeÀ partir de 2013, la demande de bijoux en argent en Inde a explosé. Elle a plus que triplé en seulement trois petites années (nous n’avons pas encore les chiffres 2016). Et sur les 10 dernières années, il s’agit d’une augmentation de plus de 600 %.

Alors que les droits de douane, les taxes et les autres combines du gouvernement ont toujours eu plus d’impact, les Indiens se sont de plus en plus tournés vers l’argent, qui est quasi à l’abri des interférences du gouvernement. Mais les Indiens se tournent également vers l’argent en raison de leur histoire.

La longue histoire de l’argent en Inde

Saviez-vous que l’Inde était le premier acheteur d’argent bien avant de devenir le premier acheteur d’or du monde ? Les Indiens achetaient tellement d’argent qu’en fait, au début du XXe siècle, le gouvernement a fait face à des problèmes fiscaux similaires à ceux d’aujourd’hui provoqué par l’or.

À l’époque, le gouvernement indien avait réagi de la même façon : en 1910, il avait plus que doublé les droits de douane sur les importations d’argent, passés de 5 à 11 %. Sans surprise, la demande d’argent a chuté de 29 % en 1912, d’après un rapport du grossiste d’or Pixley and Abell.

La baisse de la demande d’argent fut attribuée non pas uniquement à la hausse des droits de douane, mais aussi, d’où l’objet de notre article, à la substitution de l’argent par l’or dans l’épargne des habitants, vu que le métal jaune était devenu plus abordable sur une base relative.

Les importations d’argent ont continué de baisser alors que les importations d’or augmentaient, jusqu’à ce que l’Inde finisse par devenir le plus gros importateur d’or du monde, un titre que le pays conserve depuis presque 100 ans.

Nous avons un précédent historique montrant non seulement que les Indiens furent de grands acheteurs d’argent, mais qu’ils ont également choisi, sciemment et en masse, de se tourner vers un autre métal précieux si l’autre devient trop cher ou difficile à acheter. Ce n’est pas spéculer que de dire qu’ils pourraient refaire la même chose, comme le graphique ci-dessus le montre, le processus de migration vers l’argent étant déjà en cours. Mais que pourrait-il se passer si l’argent devait monter en puissance ?

La demande d’argent bondira si les Indiens poursuivent de la sorte

Il est vrai qu’une demande d’or limitée et prolongée en Inde pourrait impacter le cours du métal jaune. Mais ce serait une aubaine pour l’argent. Voyez plutôt.

Soyons prudents et supposons que 10 % des sommes investies par les Indiens dans l’or vont dans l’argent. Voici ce qui se passerait avec la demande mondiale d’argent :

demande-argent-or-inde

Il est évident que cette rotation de seulement 10 % des investissements dans les métaux précieux en Inde provoquerait une hausse massive de la demande d’argent mondial. Dans ce scénario, de 65 %.

Et comme vous pouvez probablement le présumer, cette quantité d’argent n’est pas disponible. La production des mines et l’argent de récupération ne seraient pas en mesure de satisfaire cette nouvelle demande. La pression sur l’offre serait réelle, et mondiale..

Suite et fin

Et comme écrit dans le papier ci dessus, RIEN n’empêchera les indiens d’acheter de l’or aussi . Il existe simplement une pénurie mondiale d’or – qui s’amplifie. (d’où les actions du gouvernement indien qui du fait a créé involontairement et doit gérer gérer une pénurie de liquidités., en plus du déséquilibre que cela crée dans leur balance commerciale)


Voici quelques nouveautés et promos de chez acheter-or-argent.fr dont je vous parle régulièrement :

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Pays : Australie
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Année : 2017
Emetteur : Perth Mint Australia
Poids brut : 31,1 g
Poids fin : 31,1 g
Titre : .999
Ø : 40 mm
Epaisseur : 2,98 mm

£5 Queen’s Beasts Griffon 2017 2 oz, une nouveauté, un superbe prix (semi numi)

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Année 2017
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Emetteur : The British Royal Mint
Poids brut : 62,2 g
Poids fin : 62,2 g
Titre : 999,9/1000
Diamètre : 38.61 mm
Epaisseur : 5,5 mm

Valeur faciale : 5£ GBP

Souverain or 2017 Elisabeth II

Souverain or 2017 Elisabeth II

Année : 2017
Pièce neuve qualité BE
Boursable

Pays : Grande Bretagne
Poids brut : 7,99 g
Poids fin : 7,32 g
Titre : 916,6/1000
Ø : 22,05 mm
Epaisseur : 1,52 mm

N’hésitez pas à aller jeter un coup d’œil sur acheter-or-argent.fr

 
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Publié par le 25 janvier 2017 dans économie, général, or et argent métal

 

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L’Australie envisage d’imiter l’Inde en démonétisant son billet de 100 $

Billet de 100 dollars australiens

Apres L’inde, le Vénézuela (pour des raisons d’hyperinflation) , c’est maintenant l’Australie qui retire une de ses plus grosse dénomination dans ce qui reste une guerre contre le cash qui se poursuit tambour battant.

Après la décision surprise de l’Inde, qui a plongé le pays dans le chaos et la récession, c’est au tour de l’Australie d’envisager la suppression de son billet de 100 $.

Bien entendu, nous ne suggérons pas que cette décision, si elle devait être prise en Australie, aura les mêmes conséquences catastrophiques qu’en Inde vu que le pays est mieux organisé et que les moyens de paiements électroniques y sont beaucoup plus développés. Mais apparemment pas assez au goût de Kelly O’Dwyer, ministre des Revenus et des Services financiers.

Le billet de 100 dollars australiens dans le collimateur

Alors qu’elle s’adressait aux médias australiens ce mercredi, Mme O’Dwyer a plaidé en faveur de la remise en question de l’existence du billet de 100 $ australiens. Elle souhaite également se pencher sur la mise en place de plafonds pour les transactions en liquide, comme c’est déjà le cas en France (interdiction de régler plus de 1000 € à un professionnel en cash). L’objectif serait de récupérer des milliards de dollars de taxes impayées.

Selon cet article de News18.com, « l’économie au noir en Australie est estimée à 1,5 % du PIB. Le gouvernement va mettre en place un groupe de travail pour lutter contre l’argent noir ». Sans vergogne, Kelly O’Dwyer joue sur la corde émotionnelle en affirmant que ce manque à gagner handicape « les écoles et les hôpitaux australiens ». Il s’agit également d’une injustice pour ceux qui paient leurs impôts.

Ce papier nous apprend également qu’il y a 3 fois plus de billets de 100 $ australiens en circulation que de billets de 5 $. Les billets de 100 $ représentent une masse monétaire de 300 millions. La masse monétaire australienne totale est composée à 92 % de billets de 50 et de 100 $.

La décision de supprimer le billet de 100 $, et de dire adieu à la splendide moustache de Sir John Monash qui figure sur la version en polymère, sera confiée à un « panel d’experts ». « En tant que tel, il n’y a rien de mal à payer en cash (sic), le problème est lorsque les gens ne le déclarent pas et ne paient pas d’impôts, » a-t-elle déclaré.

Le groupe de travail se basera sur l’expérience de pays comme la France (cocorico !), où vous ne savez que trop bien que le gouvernement interdit les paiements en liquide de plus de 1000 €. Kelly O’Dwyer ne manque cependant pas d’ambition. Elle a déclaré : « Je ne vais pas mettre de limite au plafond que pourrait considérer le groupe de travail. » Avouez que ça serait dommage !

UBS, qui accumule les scandales financiers, joue les M. Propre !

Mais c’est maintenant que ça devient tragico-comique..

Suite et fin

 
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Publié par le 16 décembre 2016 dans économie, général, International

 

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L’Inde s’enfonce dans la « crise du cash »

 
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Publié par le 16 décembre 2016 dans économie, général, International, Vidéos (Toutes)

 

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L’Inde laboratoire du pire avant l’Europe ou les Etats-Unis ?

Inde

Le Premier Ministre indien, Modi, a décrété que les bilets de 1 000 et 500 roupies n’avaient plus cours légal. Les citoyens indiens ont fait la queue afin d’échanger leurs billets devenus illégaux contre un crédit enregistré sur des comptes numériques. Ils ont découvert que les banques avaient fermé et que les distributeurs de billets étaient désactivés. Des émeutes ont éclaté par endroits.

Presque toujours, ce qui avait l’air brillant dans l’atmosphère feutrée des universités se révèle désastreux lorsque des êtres en chair et en os deviennent les cobayes des expérimentations monétaires. On peut citer de nombreux exemples, dont l’abandon de l’or par les Etats-Unis, en 1971, et l’émission incessante d’argent générée par les QE, QE2 et QE3 de 2008 à 2014.

Le dernier désastre en date s’est produit en Inde. Comme d’habitude, les élites hautement intellectuelles du monde politique ont mis en oeuvre une mesure insensée, et les pauvres sont condamnés à souffrir de ses pires conséquences.

Le 8 novembre 2016, alors que le monde entier attendait les résultats de l’élection présidentielle américaine, Modi, le Premier Ministre indien, a décrété que 86% des billets en circulation en Inde étaient de la contrebande : ils n’avaient plus cours légal. Ce décret constitue l’une des plus vastes opérations de confiscation de l’Histoire. Conséquence, l’économie indienne a été précipitée dans le chaos.

Passons en revue les évènements qui se sont produits en Inde le mois dernier afin de voir comment ce fiasco a débuté.

L’Inde n’est pas seulement la septième économie mondiale (son PIB annuel dépasse les 2 000 milliards de dollars) ; elle est également le deuxième pays le plus peuplé (environ 1,3 milliard d’habitants, juste derrière la Chine) et le troisième pays le plus vaste en termes de territoire. Bref, l’Inde est un mastodonte, et non un petit Etat comme Chypre, qui a également infligé des expérimentations monétaires à ses malheureux citoyens.

En dépit de sa taille et de sa richesse globales, l’Inde est indéniablement pauvre, en termes de revenu par habitant. Le revenu annuel par habitant est d’environ 1 600 dollars, ce qui classe l’Inde au 140ème rang parmi les 189 membres du FMI, juste derrière le petit pays des Iles Salomon.

Mais même ce faible revenu par habitant ne reflète pas l’extrême inégalité des revenus en Inde. Le pays possède une importante classe moyenne de 300 millions de personnes gagnant un revenu moyen annuel d’environ 7 000 dollars, ce qui est considéré comme un revenu intermédiaire, selon les critères internationaux. Le reste de la population, soit un milliard de personnes, gagne donc en moyenne 600 dollars par an seulement. Le pays a vraiment deux facettes.

Il n’est pas surprenant qu’un pays ayant ce type de démographie et d’économie s’appuie sur les espèces. Même si les téléphones portables avec systèmes de paiement numériques se développent et pourraient bien être la tendance dominante à l’avenir, l’Inde demeure une économie fonctionnant majoritairement avec des espèces.

Et c’est dans ce contexte qu’une périlleuse expérimentation économique a été lancée, conçue par quelques cerveaux de Harvard dont, notamment, les professeurs Larry Summers et Ken Rogoff. Summers a déclenché une campagne médiatique pour la suppression des billets de 100 dollars aux Etats-Unis. Rogoff est allé encore plus loin en réclamant l’élimination totale des espèces.

Leurs idées sont en train de gagner du terrain dans des pays comme la Suède, qui fonctionne déjà pratiquement sans espèces, et en Europe, où Mario Draghi et la Banque centrale européenne ont cessé d’imprimer des billets de 500 euros. Cette guerre mondiale contre les espèces est décrite en détail dans le premier chapitre de mon nouveau livre The Road to Ruin, qui est en cours de traduction en France (il devrait paraitre au premier trimestre). Le Premier Ministre indien, Narendra Modi, est tout à fait représentatif de cette élite mondiale de type Summers-Rogoff. Il est diplômé d’une des plus prestigieuses universités indiennes, et participe régulièrement aux sommets du G20 et des BRICS, partout dans le monde. Sa politique se fonde sur le « consensus néo-social-libéral » validé par l’élite mondiale. Le fait d’appliquer le programme de l’élite mondiale à une société pauvre, traditionnelle et basée sur les espèces, ne pouvait que dérailler – et c’est ce qui s’est produit.

Le 8 novembre, le premier ministre Modi a décrété que les billets de 1 000 et 500 roupies n’avaient plus cours légal. Au cas où vous auriez l’impression qu’il s’agit de grosses coupures, sachez que non. Au taux de change actuel, un billet de 1 000 roupies vaut environ 14 dollars et le billet de 500 roupies vaut sept dollars, soit l’équivalent, en gros, des billets de 10 dollars et cinq dollars (ou de 10 euros et 20 euros) que l’on a généralement sur soi.

Les citoyens ont été autorisés à rapporter ces billets en échange de plus petites coupures, ou de nouveaux billets de 2 000 roupies qui valent environ 28 dollars. Le problème, c’est que les files d’attente ont été monstrueuses et que l’économie s’est figée alors que des millions de personnes faisaient la queue pour procéder à l’échange.

Le gouvernement a redoublé d’incompétence en n’imprimant pas suffisamment de nouveaux billets. Certaines banques ont fermé car elles étaient à court de ces nouveaux billets. Pire encore, leur format était différent et incompatible avec les distributeurs. Par conséquent, tous les distributeurs du pays ont dû être désactivés et reprogrammés au nouveau format.

Grand coup de frein (-2%) sur la croissance indienne

Une pénurie d’espèces au sein d’une économie fondée sur les espèces signifie que l’activité économique s’arrête net. Les paysans et les pêcheurs ne pouvaient plus s’approvisionner en carburant et fournitures afin de pouvoir acheminer leurs récoltes ou leurs prises sur les marchés. Des pénuries de produits alimentaires sont apparues et des émeutes ont éclaté par endroits.

Enfin, dans un pur esprit « coupable jusqu’à preuve du contraire », des inspecteurs du fisc attendaient dans les agences bancaires, afin d’interroger ceux qui échangeaient de grosses sommes en anciennes coupures. Voilà qui a dissuadé bon nombre de personnes de procéder à l’échange.

Intensification du marché noir

Un marché noir s’est développé via lequel on pouvait échanger des billets de 1 000 roupies contre de plus petites coupures ayant encore cours légal. Ceux qui proposaient ces échanges ont bénéficié d’une protection politique ou bien ont versé des pots-de-vin afin d’éviter le contrôle fiscal sur les grosses coupures qu’ils recevaient. Cet échange est une distorsion de marché par excellence : des « espèces » s’échangent avec une décote sur leur valeur nominale à cause de l’intervention du gouvernement.

Le gouvernement a invoqué la traque à l’ »argent non déclaré » pour mettre fin à l’évasion fiscale et à l’économie souterraine.

Mais dans les régions pauvres et rurales du pays, fonctionnant avec les espèces, l’économie souterraine n’est autre que l’économie. Le secteur non conventionnel n’est pas clandestin, il est normal.

Mais qu’est-ce que Modi imaginait ? Voici ce qu’il a déclaré lors d’une série d’interviews réalisées entre les 8 et 30 novembre :

« Le 8 novembre 2016, le gouvernement indien a pris une décision historique visant à éradiquer les menaces que représentent la corruption et l’argent non déclaré. Lorsque j’ai fait cette annonce, le 8 novembre, je savais que le peuple indien serait confronté à des difficultés, mais j’ai demandé à la population indienne de supporter ces souffrances à court terme pour accomplir un progrès à long terme. Je suis heureux de constater que la population indienne supporte ces difficultés temporaires pour que la nation progresse à long terme.

Au cours de ces trois dernières semaines, j’ai lancé un appel très fort pour que l’on augmente le volume des transactions réalisées sans espèces. Les grandes quantités d’espèces sont d’importantes sources de corruption et d’argent non déclaré. Aujourd’hui, nous vivons à l’ère des banques et porte-monnaie mobiles. Via les téléphones portables, il est possible de commander de la nourriture, d’acheter et de vendre des meubles, de commander un taxi… et bien d’autres choses. Les technologies nous ont apporté la rapidité et la commodité au quotidien.

Je suis sûr que la plupart d’entre vous se sert de cartes de crédit et de porte-monnaie électroniques régulièrement, mais j’ai pensé que je devais mettre à votre disposition des moyens permettant de réaliser davantage de transactions sans espèces.

Apprenez comment fonctionne l’économie numérique. Apprenez les différentes façons d’utiliser les comptes bancaires et la banque en ligne. Apprenez comment utiliser efficacement sur vos téléphones les applications mobiles des différentes banques. Apprenez à gérer vos entreprises sans espèces. Découvrez les cartes de paiement et autres modes de paiement électroniques. Observez leur fonctionnement. Une économie sans espèces offre de la sécurité et elle est saine. Vous avez un rôle primordial à jouer en vue d’amener l’Inde vers une économie de plus en plus numérique. »

Nous y voilà. D’une façon ou d’une autre, un pauvre pêcheur dans son hameau perdu au fin fond de l’Inde doit maîtriser « la banque mobile… le porte-monnaie électronique » d’un claquement des doigts. Difficile d’imaginer meilleur exemple de déconnexion entre l’élite et son propre peuple.

Les déclarations de Modi révèlent également les intentions secrètes de l’élite mondiale.

Des actions telles que celles qui ont été menées en Inde n’ont rien à voir avec l’évasion fiscale, qui se poursuivra quoi qu’il arrive avec ces nouvelles grosses coupures. En revanche, le plan de Modi a tout à voir avec la création d’une société sans « cash« , où l’on parque les petits épargnants dans les enclos informatisés des grandes banques. Ce sont des agneaux que l’on mène à l’abattoir via les taux d’intérêt négatifs et le gel des actifs.

Malgré ses dénégations, ce que Modi a fait est une bourde historique. Le mal a été fait, en ce qui concerne l’économie indienne. Le désastre ne fait que commencer.

Néanmoins, ce qui est un fiasco pour le peuple indien offre également aux investisseurs l’opportunité de tirer parti de l’incompétence des leaders indiens.
Plus d’infos sur : http://la-chronique-agora.com/inde-laboratoire-europe-etats-unis/
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Publié par le 13 décembre 2016 dans économie, général, International

 

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