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Les mesures que les investisseurs devraient envisager pour se couvrir contre les risques

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Dans cette interview exclusive, Jim Rickards, éditeur de Strategic Intelligence et auteur à succès du New York Times, aborde l’avenir du système monétaire mondial, l’impact potentiel d’une crise de la dette souveraine et d’une crise monétaire mondiale qui pourraient frapper en cas de faillite du dollar US, l’avenir du Yuan chinois, ainsi que le nouveau plaidoyer pour l’or. Nous obtenons le point de vue d’un des plus brillants esprits de Wall Street, et explorons avec lui les mesures préparatoires que les investisseurs individuels et institutionnels devraient envisager pour se couvrir contre les risques.

Défauts multilatéraux

Executive Global : Le Yuan chinois a récemment été ajouté aux Droits de tirage spéciaux du Fonds monétaire international, et on sait que les Chinois aiment bien l’or. Même si la valeur de l’or semble être sur une tendance à la baisse, il pourrait suppléer l’influence du pétrodollar, dans les années à venir. Si cela devenait réalité, comment l’économie américaine serait-elle affectée ?

James Rickards : L’introduction du Yuan dans la base de calcul des DTS (Droits de tirage spéciaux) et l’accumulation d’or par la Chine sont des développements étroitement liés. Ils démontrent les efforts de la Chine, et d’autres pays, pour s’éloigner du dollar US comme devise de réserve internationale. Aujourd’hui, le dollar représente environ 60% des réserves mondiales et est utilisé dans 80% des paiements internationaux. Cela donne une puissance hégémonique aux États-Unis pour imposer des sanctions économiques, geler des actifs, couper l’accès aux systèmes de paiement en dollars, et utiliser le dollar comme une arme, afin de pouvoir dicter les résultats de la politique étrangère. Les seuls concurrents potentiels du dollar sont les DTS et l’or. La Chine poursuit son expansion dans ces deux marchés.

La Chine a plus que triplé ses réserves d’or au cours des dix dernières années, et elle détient certainement beaucoup plus d’or que ne l’indiquent les données officielles. C’est une couverture naturelle pour les bons du Trésor qu’elle détient. Si les États-Unis créent de l’inflation avec leur dollar, les bons du Trésor perdront de la valeur, mais l’or en gagnera. La Chine s’est couvert contre l’inflation américaine en achetant de l’or. La prochaine crise financière sera plus importante que la capacité des banques centrales à injecter des liquidités dans le système. La seule source de liquidité sera l’émission de DTS par le FMI. Cela va causer une inflation mondiale. La perte de confiance dans le dollar signifiera aussi la fin du pétrodollar. La nouvelle devise de référence sera le DTS.

Les effets sur l’économie américaine seront dévastateurs. La perte de croissance, la perte de prospérité, provoqueront des émeutes et des réactions néofascistes. La loi martiale sera alors instaurée. Les événements qui se sont déroulés, ces dernières années, à Chypre, en Grèce, en Inde et au Venezuela, sont un aperçu de ce qui arrivera aux États-Unis.

EG : Étant donné que les devises basées sur de la dette fluctuent constamment sous l’influence des événements internationaux, cela fait-il de l’or le point d’ancrage ultime de la stabilité (relative) mondiale ?

JR : Le problème principal du système monétaire international est qu’il n’y a pas d’ancrage. Au cours de récentes discussions avec Ben Bernanke, ancien directeur de la Fed, et John Lipsky, ancien directeur général du FMI, les deux ont utilisé le même terme pour décrire le système monétaire actuel : « incohérent ». Ils ont raison. Cette incohérence est due à l’absence d’un point d’ancrage. Le 15 janvier 2015, l’euro a chuté de 20% contre le franc suisse, en trente minutes.

Le Renminbi, le dollar US

JR : Le 10 août 2015, le Yuan chinois a instantanément perdu 3% par rapport au dollar US. Le 23 juin 2016, la livre sterling a chuté de 14% contre le dollar, en deux heures. De tels mouvements sont étonnants, et ils démontrent à quel point le système manque d’ancrage. L’or n’est pas une ancre parfaite, mais l’histoire a prouvé qu’il est mieux que d’autres. À moins que le système ne soit à nouveau ancré sur quelque chose, de préférence l’or, ces violentes dévaluations vont continuer, jusqu’à l’effondrement.

EG : Au cas où l’or reprenait sa place au cœur de l’économie mondiale, quel serait le meilleur moment pour acheter de l’or, afin d’en tirer un maximum de profits, dans les années à venir ?

JR : Le meilleur temps pour acheter de l’or, c’est maintenant. Le prix est volatile, lorsqu’on le mesure en dollars, mais cela reflète l’instabilité du dollar, et non de l’or. Lorsque l’effondrement systémique aura lieu, ce qui n’est qu’une question de temps, l’or grimpera, par étapes, vers 10 000 $ l’once ou plus. Cette cible est le prix implicite non déflationniste de l’or, basé sur la masse monétaire mondiale et l’offre officielle d’or, si l’or était utilisé comme référence dans le nouveau système monétaire. Le problème, c’est que la disponibilité d’or physique commence à s’étioler. J’ai passé du temps avec des raffineurs suisses et des sociétés privées de stockage, et je me suis renseigné sur la disponibilité d’or physique, de Shanghai à New York. C’est la même histoire partout : il n’y a pas assez d’or physique pour satisfaire la demande des détenteurs de contrats papier, en cas de panique d’achat. Cela signifie que, même si vous voulez acheter de l’or lorsque le prix commencera à grimper, vous pourriez ne pas être en mesure d’en trouver. C’est le moment d’acquérir de l’or, avant que la panique ne s’installe et qu’il soit impossible de s’en procurer.

EG : Une fois nos actifs protégés en les convertissant dans l’or, que faire ensuite ? Devrions-nous laisser le tout « mariner » pendant un temps, ou y a-t-il des opportunités à surveiller ?

JR : Je recommande aux investisseurs d’allouer 10% de leurs actifs en or physique. Cela laisse 90% pour les autres classes d’actifs, incluant le cash, l’art, l’immobilier, les actions et les obligations. Pas besoin de vivre dans une grotte – une allocation de 10% sera adéquate. Ne vous inquiétez pas des fluctuations journalières du prix de l’or en dollars. Ces fluctuations en disent plus sur l’instabilité du dollar que sur l’or. Une fois que vous détenez votre or, vous n’avez qu’à attendre… Il n’y a rien d’autre à faire avant l’effondrement !

EG : Étant donné que tout le monde n’échange pas des actions, et qu’encore moins de gens investissent dans l’or, comment les fluctuations du dollar US et la montée de l’or impacteront-elles la vie de l’Américain moyen ?

JR : La conséquence de l’instabilité du système monétaire international sera un taux d’inflation élevé, voire de l’hyperinflation. Il s’agit de la seule façon d’alléger le fardeau de la dette des états souverains et des sociétés à travers le monde, à une époque de croissance insuffisante. Cela affectera les citoyens moyens américains, même s’ils n’ont aucun actif. Cependant, l’inflation n’arrivera pas directement; elle pourrait être précédée d’une déflation, causée par les facteurs démographiques, la technologie et le désendettement. Mais au final, l’inflation prévaudra, car c’est la seule issue pour sortir du piège de la dette dans lequel les gouvernements nous ont plongé.

EG : Y a-t-il un moyen pour les sociétés de naviguer à travers les turbulences à venir dans l’économie afin d’obtenir de bons résultats ?

JR : Les sociétés peuvent naviguer à travers ces turbulences en créant de la valeur réelle et en échangeant des actifs tangibles. Cela inclut la création de propriété intellectuelle, la possession de ressources naturelles, ainsi que l’investissement dans le capital humain. Ces actifs conserveront leur valeur, même lors de périodes d’inflation extrême ou de déflation. Les sociétés les plus vulnérables aux turbulences financières sont celles qui carburent avec un haut effet de levier et à l’ingénierie financière pour produire des rendements. Dans cette dernière catégorie figurent les banques, qui pourraient se retrouver insolvables lors de la prochaine crise financière.

Défaut sur la dette souveraine des Etats-Unis

EG : Nous serons probablement témoins d’une perte de confiance dans le dollar US (si ce n’est déjà pas le cas) avec le déclin du système du pétrodollar. Faudra t-il, à ce moment là, conserver des actifs en dollars US, ou existe-t-il une alternative plus attrayante en ce qui concernes les devises ?

JR : Il y déjà une perte de confiance dans le dollar US, comme le démontrent les efforts de la Russie et de la Chine pour acquérir des tonnes d’or, ainsi que le fait que les investisseurs étrangers sont devenus des net vendeurs de bons du Trésor américain. Cette migration hors du dollar se réalise de façon ordonnée, pour le moment, mais cette dynamique est irréversible, et elle s’accélérera soudainement en un effondrement du dollar US. Les seules alternatives à long terme au dollar sont l’or, l’argent et les DTS (Droits de tirage spéciaux) du FMI.

EG : Les États-Unis ne produisent plus autant de produits manufacturés qu’ils le faisaient, et nous observons une société de consommation avec trop de consommateurs par rapport à la quantité de producteurs, qui fait dans la dette plutôt que dans les biens. Quelle est la relation entre la productivité et ces enjeux actuels ?

JR : La productivité, c’est sans doute le défi de politique économique le plus important dans le monde actuel. La croissance économique réelle est tout simplement une question du nombre de gens qui travaillent et de leur productivité. Le nombre total de travailleurs dans les grandes économies ne croît pas, à cause de la baisse du taux de natalité et de désastres comme la politique de l’enfant unique pratiquée en Chine, ou des avortements sélectifs en Inde et en Chine. Malheureusement, la productivité décline également, bien que les économistes ne s’entendent pas sur les raisons. Le fardeau de la dette n’est soutenable que si la croissance économique dépasse la croissance de la dette. Malheureusement, il se passe le contraire. Le fardeau de la dette continue de grandir, tandis que la croissance économique, qu’elle soit réelle ou nominale, stagne. Les situations démographiques peuvent prendre des décennies à se retourner. L’augmentation de la productivité est la seule façon d’éviter une crise mondiale de la dette. Mais il n’y a aucun signe indiquant que la productivité augmentera assez rapidement pour nous sauver.

Mesures préparatoires

EG : Le gouvernement pourrait-il intervenir pour aider l’économie à repartir à zéro de façon ordonnée et ainsi éviter un effondrement épique ?

JR : Le gouvernement pourrait faire plusieurs choses pour rendre le système financier plus sûr, comme le démantèlement des grandes banques, la séparation des activités bancaires commerciales et d’investissement, et l’interdiction de la plupart des produits dérivés. Malheureusement, tous ces changements politiques sont improbables, à cause du pouvoir du lobby bancaire. Le gouvernement pourrait aussi améliorer la productivité en réduisant les taxes et les charges réglementaires. Mais les changements réglementaires prennent du temps avant d’impacter les décisions d’investissement, et les réductions d’impôts aggraveront les déficits, au moment où le fardeau de la dette publique représente 104% du PIB, bien établi dans la « zone de danger » de 90% identifiée par Kenneth Rogoff et Carmen Reinhart. Il est possible d’éviter la catastrophe, mais le temps presse et les chances d’éviter l’effondrement sont faibles.

EG : Comment pourrions-nous empêcher ce scénario de se réaliser, et comment pouvons-nous réorienter le système économique sur la voie de la durabilité ?

JR : Il ne faut pas être trop optimiste sur la capacité des politiciens à retenir les leçons de la crise. Pour trois raisons : la première est que nous avons vécu une crise systémique aussi grave en 1998, et qu’aucune leçon n’en a été tirée; les politiciens ont fait le contraire de ce dont on avait besoin. La deuxième raison est que les décideurs utilisent des modèles d’équilibre obsolètes qui produisent des prévisions erronées et qui appréhendent mal les propriétés statistiques du risque. La troisième raison est la capacité qu’ont les banquiers et leurs lobbyistes à combattre le changement, même quand des réformes sont mises en place.

EG : Avec la tendance émergente des transactions en ligne et des devises numériques, quel rôle peut jouer l’or dans cette équation ?

JR : L’or est l’actif idéal pour l’ère numérique. Avec la richesse numérique et les paiements numériques, viennent la guerre cyber-financière et les cyber-menaces. La richesse sous forme numérique (tous les dépôts bancaires, les actions, les obligations, les fonds du marché monétaire etc.) peut être anéantie par des cyber-brigades russes ou chinoises. L’or est physique, et il ne peut être piraté, gelé ou effacé. L’or est la meilleure façon de préserver la richesse dans un monde exposé aux cyber-attaques. C’est une autre raison pour laquelle la Chine et la Russie accumulent de l’or – ils voient cette cyber-guerre financière se profiler à l’horizon.

Source: goldbroker – GoldBroker.fr tous droits réservés

 

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Le Plafond de la Dette US a été atteint : voici les mesures prises pour éviter le pire

Traders work on the floor of the New York Stock Exchange (NYSE) in New York City, U.S., December 15, 2016. REUTERS/Brendan McDermid

Le Trésor public américain a arrêté de vendre des obligations au niveau des Etats et au niveau fédéral, le gouvernement ne contribue plus aux dépenses destinées aux personnes à la retraite et aux handicapés,  le gouvernement pourra fonctionner jusqu’en octobre avant de se retrouver à court d’argent…

Le Trésor américain est en train de prendre « des mesures extraordinaires » pour faire face à la situation économique. Rappelons que le Congrès américain avait jusqu’au 16 mars 2017 pour augmenter le plafond de la dette américaine estimée à 20 000 milliards de dollars, ce qui n’a pas été fait

La date du 16 mars fixée pour augmenter le plafond de la dette américaine est arrivée à échéance ce jeudi. Et aucune décision n’a été prise par le congrès pour reconduire ou non ce plafond de la dette américaine estimée à 20 000 milliards de dollars. Une situation plus que catastrophique pour l’économie mondiale.

24 heures après la date butoir, le Trésor américain se bat pour éviter à tout prix que les Etats-Unis ne soient en défaut de paiement sur ses dettes, une situation qui pourrait affoler les marchés financiers et mener à une prochaine crise financière. Les premières mesures appelées « mesures extraordinaires » ont ainsi été prises.

« Trésor public américain a arrêté de vendre des obligations »

Ce jeudi, le Secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a fait savoir que le Trésor public américain a arrêté de vendre des obligations au niveau des Etats et au niveau fédéral. Face à la gravité de la situation Steven Mnuchin, attire l’attention du Congrès. « J’en appelle au Congrès à garder sa bonne foi et à préserver la crédibilité des Etats-Unis en augmentant le plafond de la dette dès que possible », a-t-il martelé.

Ce n’est pas tout. Le secrétaire américain au Trésor a aussi annoncé que le gouvernement ne contribue plus aux dépenses destinées aux personnes à la retraite et aux handicapés afin de maintenir la dette du pays à un niveau stable. Steve Mnuchin affirme que cette décision est approuvée par la loi pour éviter d’enfreindre le plafond de la dette.

« Les taux d’intérêt relevés pour la troisième fois depuis la crise financière »

La situation est d’autant plus dramatique que la dette publique des Etats-Unis a atteint ce mardi 44 milliards de dollars, la hausse la plus importante en une année. Avec un plafond de la dette qui a atteint les 20 000 milliards de dollars (et qui n’est toujours pas augmenté), le gouvernement américain doit subvenir à ses besoins par tous les moyens, y compris des impôts.

D’après les analystes, le gouvernement pourra fonctionner jusqu’en octobre avant de se retrouver à court d’argent. Cette situation intervient au moment où la Réserve Fédérale Américaine vient d’augmenter les taux d’intérêts pour la deuxième fois en trois mois et pour la troisième fois depuis la crise financière de 2008.

Pour en savoir plus sur la dette américaine, cliquez ici : Treasury Department

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Publié par le 20 mars 2017 dans économie, général, International, Politique

 

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