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Insultes, verrouillage, pression : Les journalistes inquiets depuis l’arrivée de Macron

Insultes, verrouillage, pression : la communication de l’Élysée sur le banc des accusés

Insultes, verrouillage, pression : la communication de l’Élysée sur le banc des accusés

Depuis quelques jours, la polémique enfle : la communication sans faute d’Emmanuel Macron cacherait-elle un verrouillage qui menace la liberté de la presse ? Dernier éclat en date : le choix des journalistes autorisés à suivre le chef d’Etat en déplacement imposé par l’Élysée. Un choix démenti par la présidence.

L’Elysée assure ne pas avoir cherché à “imposer un journaliste plutôt qu’un autre” lors du déplacement du chef de l’État au Mali. C’est la réponse donnée par l’équipe du nouveau président aux sociétés de journalistes de plusieurs grands médias.

Plusieurs quotidiens français ont en effet publié jeudi une lettre ouverte, intitulée  “Monsieur le président, il n’appartient pas à l’Elysée de choisir les journalistes”, pour protester contre l’organisation de la communication du nouveau président de la République.

Ils pointaient du doigt notamment le fait que ce soit la présidence qui choisisse les journalistes autorisés à l’accompagner lors de son premier déplacement au Mali ce vendredi. “Aucun de vos prédécesseurs ne s’est prêté à ce genre de système, au nom du respect de la liberté de la presse”, écrivent-ils.

“L’Élysée n’entend pas faire le travail des rédactions”

Dans son courrier adressé ce vendredi à Reporters sans frontières (RSF), la présidence indique : “Il va de soi que nous avons ouvert l’option aux rédactions mais jamais imposé un journaliste plutôt qu’un autre (…). Les journalistes qui se sont inquiétés peuvent se rassurer : l’Élysée n’entend pas faire le travail des rédactions”.

Selon le courrier cité par RSF, l’Élysée affirme que sa démarche “est le contraire d’une démarche de fermeture : elle est une démarche d’ouverture”.

Il y est expliqué que le chef de l’État “est très attaché au traitement de fond des sujets et souhaite ouvrir l’Élysée aux journalistes sectoriels qui portent sur l’action présidentielle un autre regard. C’est dans cet esprit qu’il a été proposé aux rédactions d’élargir aux journalistes spécialisés Défense ou Diplomatie le voyage officiel auprès des forces armées”. Sous-entendu que ce ne soit pas seulement les journalistes politiques qui suivent le chef de l’État.

Il s’inspire d’Obama

Cette polémique pourrait retomber comme un soufflé s’il n’y avait pas d’autres signaux de verrouillage plus inquiétants. Alors la communication d’Emmanuel Macron va-t-elle trop loin ? C’est la question à laquelle tentent de répondre des journalistes dans une enquête publiée dans M le magazine Le Monde.

Ils décortiquent le système de communication autour du candidat, qui s’inspirerait grandement du précédent Obama, ce président cool et irréprochable sur papier glacé.

Mais comme pour le président américain, cette image parfaite a un revers : celui d’un verrouillage extrême de la communication avec un conseiller de l’Èlysée parfois prêt à décrocher son téléphone pour injurier les journalistes…

“Gros connard”

Deux exemples sont cités dans l’article. Le premier remonte au soir du premier tour et au traitement de l’affaire de la Rotonde, du nom de cette brasserie parisienne parfois comparée au Fouquet’s de Nicolas Sarkozy.

Le lendemain, selon le magazine M, le directeur de la communication d’Emmanuel Macron, appelle l’émission Quotidien, et “l’animateur de l’émission, se fait agonir par Sylvain Fort. ‘Gros connard.’ ‘Débile profond.’ (après lecture le 18 mai, l’intéressé dément le deuxième terme)”. Sylvain Fort confirme donc implicitement avoir usé du premier à l’endroit de Yann Barthès…

Michel Field également aurait fait les frais de la nervosité du même Sylvain Fort. Au soir du second tour, ce dernier aurait reproché à France 2 de ne pas consacrer toute sa soirée à la victoire d’Emmanuel Macron et de diffuser par exemple le discours de Jean-Luc Mélenchon en direct.

Source

Les journalistes inquiets depuis l’arrivée de Macron

Une quinzaine de rédactions, dont « Le Monde », signent une lettre ouverte au président de la République afin de lui « transmettre nos inquiétudes quant à l’organisation de la communication présidentielle ».

Vous effectuez demain votre premier déplacement de chef d’Etat au Mali. Avant votre décollage, nous souhaitons vous transmettre nos inquiétudes quant à l’organisation de la communication présidentielle qui est en train de se mettre en place depuis votre entrée en fonction.

Pour des raisons de place ou de sécurité, nous comprenons la nécessité de constituerdes pools de journalistes – parfois, et à condition que toutes les rédactions y aient accès selon un roulement établi. En revanche, il n’appartient en aucun cas à l’Elysée de choisir ceux d’entre nous qui ont le droit ou non de couvrir un déplacement, quel qu’en soit le thème (défense, diplomatie, économie, éducation, social…). Ce n’est pas au président de la République, ou à ses services, de décider du fonctionnement interne des rédactions, du choix de leurs traitements et de leurs regards. Ce choix relève des directions des rédactions et des journalistes qui la composent, qu’ils soient permanents ou pigistes, JRI ou reporters, photographes ou dessinateurs.

Aucun de vos prédécesseurs ne s’est prêté à ce genre de système, au nom du respect de la liberté de la presse. Alors que la défiance pèse de plus en plus sur l’information, choisir celui ou celle qui rendra compte de vos déplacements ajoute à la confusion entre communication et journalisme, et nuit à la démocratie.

Les sociétés des journalistes de l’AFP, BFM TV, Europe 1, Le Figaro, France Info,France Inter, Libération, les JT de M6, Mediapart, Le Monde, Le Parisien, Le Point, RFI, RMC, Télérama, TF1

Jean-Philippe Baille, directeur de la rédaction de RTL

Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières

Guillaume Dubois, directeur de L’Express

Johan Hufnagel, directeur des éditions de Libération

Luc Bronner, directeur de la rédaction du Monde

David Pujadas viré du 20 heures. L’effet Macron ?

Convoqué par les dirigeants de France  Télévisions, David Pujadas s’est vu signifier son limogeage. Le présentateur du 20 heures de France 2, dont les audiences étaient pourtant excellentes, paye, semble-t-il ses mauvaises relations avec le patron de l‘info du groupe, Michel Field. Des négociations sont en cours quant aux modalités de son départ de la chaîne.

Il se dit qu’Anne-Sophie Lapix est la première sur la liste pour remplacer l’emblématique D. Pujadas qui aura été le visage des français durant plus de 16 ans.

Tout l’équipe du 20 heures semaine est également écartée. Trois jours après l’investiture d’Emmanuel Macron et du très écolo Edouard Philippe, l’heure est au grand nettoyage sur les chaînes de TV publique.

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Edward Snowden explique comment la NSA surveille les journalistes : « Nous devons contrôler les moyens de communication » pour protéger les libertés fondamentales

Edward Snowden

Lors d’une vidéoconférence à Göteborg (la deuxième plus grande ville de Suède), Edward Snowden a dévoilé les méthodes utilisées par les services spéciaux américains pour détecter les sources des journalistes.

L’ex-collaborateur de l’Agence nationale de la sécurité des États-Unis (NSA) Edward Snowden a raconté, à l’occasion d’une vidéoconférence pour les journalistes-investigateurs à Göteborg, comment les services spéciaux pouvaient détecter les sources des journalistes, rapporte le journal suédois Dagens Nyheter.

Selon M.Snowden, ils effectuent des cyberattaques contre les journalistes et piratent leurs ordinateurs.

« LES SERVICES DE RENSEIGNEMENT DÉTECTENT LE JOURNALISTE PEU DE TEMPS APRÈS LA FUITE », A DÉCLARÉ EDWARD SNOWDEN, CITÉ PAR LE JOURNAL.

Ensuite, ils analysent tous ses contacts. Une fois la famille et les amis supprimés de la liste, les services de renseignements épeluchent les contacts restants pour détecter la source, a souligné l’ex-collaborateur de NSA.

« ILS EXAMINENT TOUTE LES COMMUNICATIONS POUR ÉTUDIER LES CONVERSATIONS DU JOURNALISTE. LA LISTE SE RÉDUIT ET ILS DÉTECTENT ENFIN LA SOURCE », A-T-IL DIT.

Pour apprendre cette information, la NSA n’a besoin que de métadonnées, c’est-à-dire des informations sur les contacts du journaliste et des dates de ses conversations. Autrement dit, la NSA n’a pas besoin de contrôler les appels téléphoniques les messages du journaliste.

« Les journalistes sont toujours piratés par l’intermédiaire de leurs courriers électroniques. Au moment où ils ouvrent des messages avec des fichiers malveillants, les services de renseignement les piratent », a-t-il expliqué.

A la question de savoir si les services spéciaux auraient pu éviter les attaques terroristes de Paris et de Bruxelles s’ils avaient contourné les systèmes de sécurité cryptographique des terroristes, M. Snowden a répondu que les terroristes ne recouraient jamais au cryptage. D’après Edward Snowden, ils utilisent du matériel simple qu’ils jettent à la poubelle après leurs crimes.

En 2013, Edward Snowden a transmis au Washington Post et au Guardian plusieurs documents classifiés concernant un programme informatique secret, baptisé PRISM, qui permettait aux Etats-Unis de surveiller les échanges électroniques des utilisateurs d’Internet tant sur le sol américain que dans le reste du monde. Il a ensuite quitté les Etats-Unis pour Hong Kong, d’où il a pris un vol à destination de Moscou. Une fois sur le sol russe, il s’est retrouvé coincé pendant quelque temps dans la zone de transit de l’aéroport car les autorités américaines avaient annulé son passeport, l’empêchant ainsi de quitter immédiatement le territoire de la Fédération de .

En août 2014, la Russie lui a accordé un permis de résidence pour une durée de trois ans à condition qu’il mette fin à son activité contre les États-Unis.

Source

Edward Snowden : « Nous devons contrôler les moyens de communication » pour protéger les libertés fondamentales 

Le célèbre lanceur d’alerte de la NSA appelle à une action populaire radicale pour prendre le contrôle des technologies de l’information

Intervention publique d'Edward Snowden à Berlin samedi soir via une connexion vidéo

Intervention publique d’Edward Snowden à Berlin samedi soir via une connexion vidéo

Un parterre de journalistes, de hackers et de lanceurs d’alerte ont pu entendre ce week-end à Berlin l’ancien agent de la National Security Agency (NSA), Edward Snowden, appeler les citoyens à trouver les moyens de prendre le contrôle des technologies de l’information qu’ils utilisent au quotidien.

Le Logan Symposium, organisé par le “Center for Investigative Journalism (CIJ)” à l’université Goldsmiths de Londres, a aussi été suivi par Julian Assange, l’éditeur des Wikileaks, et les lanceurs d’alerte de la NSA Thomas Drake et William Binney.

Cette conférence sur deux jours était soutenue par de nombreuses organisations de défense de la liberté de presse, des groupes de journalistes indépendants, et des médias traditionnels comme le magazine d’actualités allemand Der Spiegel.

J’ai participé à ce colloque en tant que conférencier, où moi et mes autres panélistes, y compris le journaliste d’investigation Jacob Appelbaum – qui a travaillé à la fois avec Assange et Snowden, et indépendamment révélé l’espionnage de la chancelière allemande Angela Merkel par la NSA – avons témoigné de nos expériences de reportages en première ligne.

Eveline Lubbers faisait partie de mon panel, elle a été la première à enquêter sur les opérations de police du Royaume-Uni visant à infiltrer les groupes d’activistes ; Martin Welz, rédacteur en chef du Noseweek, le seul magazine de journalisme d’investigation en Afrique du Sud ; Natalia Viana, co-directeur du principal journal d’investigation à but non lucratif au Brésil, Agencia Publica ; et Anas Aremeyaw, journaliste d’investigation de premier plan en Afrique.

Au cours de son allocution vidéo exclusive le samedi soir, Snowden a alerté sur la primauté donnée aux nouveaux développements en matière de cryptage comme moyen de déjouer la surveillance de masse, et a plutôt insisté sur l’urgence de réformes politiques et juridiques globales.

Le lanceur d’alerte a également critiqué l’attitude du président Barack Obama sur le différend entre Apple et le FBI concernant l’accès à l’iPhone utilisé dans la fusillade de San Bernardino.

“Il y a beaucoup à dire sur comment lancer nos défis avec des moyens techniques,” disait Edward Snowden lors de la conférence vidéo de Berlin transmise en direct.

“Nous devons réfléchir à comment nous en sommes arrivés là. Nous parlons de réformer légalement, mais ce ne sera pas accepté en premier lieu… Réformer les choses à l’intérieur du système c’est un idéal, au sein du système. C’est de cette façon que cela devrait fonctionner, la façon dont nos sociétés sont conçues pour fonctionner.

Mais que se passe-t-il lorsque le système ne fonctionne plus ?

Nous avons une tendance naturelle à croire que ce sont des déviations par rapport à l’ordre naturel des choses, que tout s’arrangera à nouveau, et que nous pourrons une fois de plus faire confiance au système.

Mais il se trouve que l’abus est inhérent au pouvoir… Quand des groupes de plus en plus restreints ont le pouvoir, on constate de plus en plus d’abus de pouvoir. Ce mécanisme est aujourd’hui technologique…

Il y a un croisement entre technologie et accès à l’information dans la société. L’Internet en est le raccourci… Il a de plus en plus d’impact sur nous tous, mais nous avons de moins en moins de contrôle sur lui.”

Vendredi, l’éditeur fondateur de Wikileaks, Julian Assange, a exprimé des préoccupations similaires dans son discours diffusé en direct en vidéo depuis l’ambassade équatorienne à Londres, où un comité spécial de l’ONU a récemment conclu qu’il est effectivement détenu arbitrairement. L’ONU est parvenue à cette conclusion, a dit Assange, “en dépit des pressions illégitimes des gouvernements américain et britannique.”

Assange a averti de connivences de plus en plus marquées entre Google, aujourd’hui la plus grande entreprise de médias du monde, et le complexe militaro-industriel des États-Unis, et il a souligné en particulier l’escalade des investissements de Google dans l’intelligence artificielle (IA) et dans la robotique, en grande partie pour des applications de « sécurité nationale » pour l’armée américaine et la communauté du renseignement.

“Google intègre des systèmes d’intelligence artificielle au système de sécurité nationale,” a déclaré Assange. “C’est une menace pour l’humanité. Nous devons cesser d’alimenter Google.”

Il a exhorté le public à trouver des services en ligne alternatifs pour atténuer la capacité de Google à collecter de grandes quantités de données personnelles dans les systèmes d’IA cooptés par le Pentagone.

La démocratie menacée

Assange et Snowden ont tous deux fait valoir que la rapide centralisation du contrôle des technologies de communication de l’information au sein d’entreprises du secteur privé de plus en plus étroitement liées à la sécurité de l’État représente une menace fondamentale pour le fonctionnement démocratique, et plus spécifiquement la liberté de la presse.

“Nous devons accepter que la seule façon de garantir les droits de certains est de protéger les droits de tous,” a dit Snowden. “C’est de plus en plus perçu comme une menace pour le gouvernement car cela représente un domaine dans lequel ils ne pourront bientôt plus intervenir.”

Décrivant la position du président Obama sur le différend entre Apple et le FBI comme une “fausse séparation entre confidentialité et sécurité,” il en conclut “Vous avez besoin des deux”, et ne pouvez avoir l’une sans l’autre.

Snowden ajoute que l’utilisation des métadonnées pour cibler les personnes considérées comme des menaces pour la sécurité nationale crée un dangereux précédent, avec un large champ propice aux erreurs judiciaires à l’encontre des citoyens. Une personne qui communique avec un journaliste qui sort un sujet fondé sur des révélations d’un lanceur d’alerte du gouvernement, par exemple, peut être condamnée comme la source – même si elle n’est pas la source  – à partir des liens établis par les métadonnées qui la lient au journaliste.

“Que vous soyez la source ou pas, si vous avez simplement communiqué avec le journaliste, vous pourriez être condamné,” a déclaré Snowden.

En Angleterre, le gouvernement conservateur essaie d’imposer un texte législatif particulièrement contraignant, le projet de loi sur la réglementation des pouvoirs d’investigation (IP Bill), qui offrirait à l’État des pouvoirs énormes pour entraver le journalisme. Le projet de loi qui, s’il est voté, pourrait servir de précédent aux pays occidentaux, devra être examiné en seconde lecture le mardi 15 mars au parlement.

Selon l’Union nationale des journalistes (National Union of Journalists), le projet de loi donnera au gouvernement le droit d’accéder aux communications des journalistes et de pirater leur équipement électronique, y compris d’intercepter le contenu et les métadonnées de leurs communications, sans les prévenir.

Malgré une opposition non négligeable de diverses commissions parlementaires, dont le comité mixte sur le projet de loi sur la réglementation des pouvoirs d’investigation, les amendements gouvernementaux n’ont fait que renforcer ces mesures.

Selon Michelle Stanistreet, secrétaire générale du NUJ, le projet de loi :

“… est une menace sur la capacité des journalistes à faire leur boulot, à vérifier leurs informations et à protéger leurs sources. Sans cette protection, nous n’avons tout simplement plus de presse libre opérationnelle… Ce manque de protections pour tous les journalistes aura de profondes conséquences sur le droit du peuple à savoir, au Royaume-Uni.”

Les métadonnées sont, bien sûr, déjà utilisées dans un large champ de contextes par la communauté du renseignement pour identifier non seulement les personnes suspectées de terrorisme, mais aussi les militants, les groupes de défense des droits de l’homme et d’autres opposants à la politique gouvernementale.

De plus en plus, des attaques de drones [dites “signature drone strikes”] contre des groupes non identifiés de présumés terroristes ciblés sur les théâtres de conflit de la Syrie, du Yémen, du Pakistan et de l’Afghanistan se fondent seulement sur les métadonnées collectées à travers la surveillance de téléphones mobiles, de profils sur les réseaux sociaux ou d’autres répertoires d’informations électroniques. Cela a conduit à faire d’innombrables victimes civiles.

Les métadonnées de nombreuses sources électroniques, y compris les médias sociaux, sont de plus en plus considérées par le Pentagone, ainsi que par les agences de sécurité du Royaume-Uni et de l’Union européenne, comme un vaste dépôt d’informations “open source” facilement accessible pour tenter de prévoir et contrôler le comportement des populations.

Comme je l’ai signalé en février, les documents officiels déclassifiés de l’Office américain de la recherche navale, entre autres programmes de recherche du Pentagone, mettent en lumière les intentions alarmantes (de type “minority report”) des fonctionnaires du gouvernement américain en termes de volonté d’anticiper et prédire précisément le prochain activisme, les manifestations, la criminalité, le terrorisme, les conflits et les renversements de pouvoir. Pourtant, les experts indépendants notent que ces technologies sont plus susceptibles de générer des faux positifs et des fausses pistes, plutôt que des prévisions fiables.

Cryptage ?

Edward Snowden a préconisé l’utilisation méthodique et l’amélioration des technologies de chiffrement par les journalistes pour les aider à protéger leurs sources, mais il a noté que la technologie seule n’est pas la réponse correcte.

Une nouvelle technologie très puissante, un système d’exploitation complet connu sous le nom de SubGraph OS qui peut être installé sur un PC ou un Mac pour fournir une gamme complète d’outils de communication cryptés, a été lancé lors de la conférence. SubGraph est le dernier d’une famille d’outils différents, mais similaires, tels que Tails – un système d’exploitation qui peut être lancé sur un ordinateur via une clé USB – ou Qubes, un autre système que l’on ne peut installer que sur des ordinateurs adaptés, munis d’une sécurité renforcée.

Les concepteurs de ces projets ont cependant alerté durant la conférence que si ces outils étaient très puissants, ils n’apportaient aucune garantie contre la surveillance gouvernementale, notamment contre l’éventuelle possibilité de placer des “backdoors” (portes dérobées) dans les logiciels grand public et dans le matériel.

“Ce sont vraiment des projets géniaux,” a dit Snowden, désignant SubGraph OS en particulier : “J’ai l’intention de l’utiliser moi-même. Mais nous devons reconnaître qu’ils ne sont pas accessibles à la majorité des utilisateurs, aux journalistes, qui ne sont pas des spécialistes.”

Le défi pour ces technologues est de développer pour les utilisateurs des interfaces plus accessibles, qui peuvent être apprises par les profanes au cours de l’utilisation. Snowden a suggéré d’étudier la “ludification” de la courbe d’apprentissage de ces outils et d’accumuler l’expérience pour une prise en main plus facile.

“Nous pouvons fournir aux gens les compétences de base, la compréhension, en leur enseignant dans le contexte – une ludification de l’interface, qui enseigne aux gens au fur et à mesure de l’utilisation, de façon amusante, pas ennuyeuse. Nous devons beaucoup travailler là-dessus.”

Snowden a également encouragé les technologues à « concurrencer directement les intérêts des entreprises aux milliards de dollars » comme Google, Facebook et Apple. Il y a une chance, dit-il, que l’esprit d’entreprise citoyenne puisse être plus fructueux, créant des produits plus attrayants, plus faciles à utiliser, mais pas aussi dangereux pour les libertés individuelles et d’association, en toute sécurité.”

Transformation radicale

Edward Snowden a également mis en garde contre l’hypothèse que tenter de contrer la surveillance de l’État par le seul cryptage serait une panacée, en préconisant une profonde remise en cause de la centralisation du pouvoir dans un contexte où les technologies de l’information sont aux mains d’entreprises et de l’État.

“Nous sommes dépendants des groupes de sociétés à but lucratif comme Apple pour la défense de nos droits. Nous devons sécuriser les protocoles et les systèmes qui transportent nos communications.

Nous devons devenir des technologues et des journalistes plus radicaux…

Il y a eu des déséquilibres de pouvoir extraordinaires à travers l’histoire. Je ne suis pas communiste, mais il y eu des gens qui prônaient la saisie des moyens de production. Nous approchons rapidement du moment où nous devons saisir les moyens de notre communication.”

La raison ?

Nous constatons beaucoup trop de contrôle des institutions auxquelles nous sommes censés faire confiance, mais nous ne pouvons pas leur faire confiance,” a-t-il dit. “Dans le même temps, nous voyons que des sociétés ont accès à notre vie privée, d’une manière que nous ne pouvions pas prévoir, et nous ne savons pas quelle utilisation elles en font.”

Confidentialité ou sécurité ?

Snowden a rejeté l’idée que la vie privée ou la liberté étaient antinomiques en quelque sorte d’une véritable sécurité.

“Les politiciens sont taraudés par la crainte spontanée concernant les messageries. Dire que « cela va sauver des vies,» c’est convaincant pour l’électeur. Les gens sont enclins à les croire… Regardons les faits réels, dans le cas [des attentats] du 11-Septembre. Nous avons eu une enquête du Congrès – qui a conclu que ce n’était pas la faute d’une insuffisance de collecte de renseignement. Le problème était que notre objectif était trop dispersé ; de si nombreux programmes collectaient un si grand nombre de messages, que nous ne les partagions pas suffisamment. Et à cause de cela, 3000 personnes sont mortes. Les politiciens d’aujourd’hui disent que nous devons collecter plus  –  mais ils nous rendent plus vulnérables, et mettent nos vies en danger.”

Les attentats du marathon de Boston, dit-il, ont fourni un exemple clair de la faillite du mantra de plus-de-surveillance-pour-plus-de-sécurité : les auteurs, bien qu’opérant sous le “plus grand programme de quadrillage dans l’histoire de mon pays” n’ont pas été détectés.

“En fin de compte, nous devons décider. Souhaitons-nous une société sous contrôle ? Ou voulons-nous vivre dans une société libre ? Car nous ne pouvons pas avoir les deux.”

Lors d’une étude le vendredi, Thomas Drake – l’ancien cadre supérieur de la NSA qui a inspiré à Snowden de lancer l’alerte sur les défauts du projet à un milliard de dollars Trailblazer de surveillance de masse de cette agence – a rappelé comment ses patrons de la NSA ont cyniquement vu l’échec du renseignement le 9/11 comme l’occasion d’augmenter le budget de l’agence de façon spectaculaire.

“Je ne pouvais le croire, lorsque mes supérieurs ont décrit le 9/11 comme un “cadeau fait à la NSA”.”

L’idée que la surveillance de masse a pour objet principal de véritablement nous protéger est donc profondément discutable. Le problème fondamental de l’insistance sur l’élimination de la vie privée au nom de la sécurité est son impact totalitaire qui touche toutes nos sociétés.

“Nous devons réfléchir à la finalité de nos droits. D’où viennent-ils ? Quelles sont leurs valeurs ? A quoi sert la vie privée, vraiment ?” dit Snowden au public lors de la rencontre CIJ.

“La vie privée est le droit dont tous les autres découlent. Sans la vie privée il n’y a que la société, que le collectif, ce qui suppose que nos comportements et nos pensées sont les mêmes. Vous ne pouvez rien avoir seul, vous ne pouvez pas avoir vos propres opinions, sauf si vous avez un espace qui n’appartient qu’à vous seul.

En prétendant que vous ne vous souciez pas de la vie privée parce que vous n’avez rien à cacher, c’est comme dire que vous ne vous souciez pas de la liberté de parole parce que vous n’avez rien à dire…”

Dissidence politique

Si la surveillance de masse avait pour seul but de contrer le terrorisme, ses cibles ne pourraient pas être des dissidents politiques, a fait valoir Snowden, évoquant le fameux discours “I have a dream” de Martin Luther King Jr – décrit par Snowden comme “le plus grand leader des droits civiques que mon pays ait jamais connu.”

Deux jours après ce discours, a dit Snowden, le FBI a considéré King comme « la plus grande menace pour la sécurité nationale » de l’époque.

Peu de choses ont changé depuis ce temps-là.

L’ancien agent du renseignement a souligné que l’agence de renseignement de la Grande-Bretagne, Le GCHQ, a illégalement espionné des groupes de défense des droits de l’homme comme Amnesty International, des journalistes, des personnalités des médias et d’autres ONG, “grâce aux pouvoirs publiquement alloués à la lutte contre le terrorisme.”

Citant les documents top secret qu’il a dévoilés, il a noté que la justification interne pour maintenir ces programmes secrets ne fait aucune référence aux questions de sécurité nationale. Au lieu de cela, les documents mentionnent que « les révéler nous conduirait à un “débat public dommageable” parce que nous [le public] voudrions protester contre ces activités. »

La conséquence est que l’État de sécurité nationale voit les fondements mêmes des démocraties saines – une presse vraiment libre, des débats publics contradictoires, le contrôle des politiques de renseignement hautement classifiées – comme l’ennemi.

La négation de l’importance des droits de la vie privée, a dit Snowden, est fonction du rapport des forces. Le lanceur d’alerte a incité ses auditeurs à considérer que la demande d’éliminer la vie privée provient de gens puissants “dans une position privilégiée… Si vous êtes un vieux type blanc au sommet de la pyramide, la société a ordre de protéger vos intérêts. Vous avez conçu le système pour protéger vos intérêts.”

Cette inégalité du pouvoir, dit Snowden, signifie que « ce sont les minorités qui sont les plus touchées » par l’impact de la surveillance de masse.

« Il ne suffit pas d’y réfléchir, il ne suffit pas d’avoir des convictions, » a conclu Snowden sous des applaudissements nourris. « Vous devez vraiment vous battre pour quelque chose, vous exprimer, courir un risque, si vous voulez que cela aille mieux. »

Source : Insurge Intelligence, le 13/03/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

 

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Terrorisme, état d’urgence et choc des générations chez les journalistes

Pour finir l’année 2015, Thinkerview a réalisé mi-décembre une interview de trois personnes sur le thème de l’état d’urgence et du renseignement dans le cadre du terrorisme qui secoue la France actuellement.

Sans grande surprise pour les habitués de Thinkerview, les thèmes abordés et les réponses fournies recoupent en grande partie ce qu’on avait déjà pu comprendre et analyser lors de précédentes interviews, notamment parce que l’une des personnes présentes, Pierre Conesa, ancien haut fonctionnaire du Ministère de la Défense qui s’est spécialisé dans les questions de stratégie internationale, a déjà eu l’occasion de nous entretenir par le passé. Je vous encourage d’ailleurs à revoir ses précédents entretiens (ici et ) pour compléter cette dernière vidéo.

La présence de Eric Filiol, hacker et ancien de la DGSE, permet d’avoir cette fois-ci quelques éléments de réflexion supplémentaires sur le plan purement technique et de l’utilisation des technologies. Filiol explique ainsi assez bien que les gouvernements et les politiciens utilisent maintenant de façon assez étendue l’ensemble des procédés habituels de manipulation de l’information à des fins propagandistes et d’influence des populations.

En outre, pour le hacker et l’ancien des Renseignements, ces politiciens raisonnent en vase clos ce qui a une influence directe sur la façon dont, justement, ils entendent (dé)former l’opinion des individus. De ce point de vue, tant Pierre Conesa qu’Eric Filiol s’accordent assez bien à noter que là où les journalistes font parfois l’effort de s’adapter et d’aller chercher plusieurs sons de cloche pour tenter d’obtenir un tableau d’ensemble, les politiciens français refusent réflexivement d’en faire autant.

Sur les théâtres d’opération, les militaires sont alors confrontés à l’absence presque pathologique de tout désir d’écoute de la part des preneurs de décision, et, par voie de conséquence, à la perte progressive du terrain (que ce soit sur le plan militaire, opérationnel ou dans le renseignement). De fil en aiguille, Conesa constate (17:10) qu’on ne fait plus l’effort, faute de moyens mais surtout faute de réelle volonté et d’une démarche intellectuelle prévue pour, d’essayer de comprendre l’ennemi, de se mettre dans ses chaussures. Pour Filiol (38:50), c’est une affaire de risques, de plus en plus durs à prendre de nos jours :

« La France a perdu la culture de la prise de risque ; dès qu’un journaliste prend un risque, il se fait allumer méchamment. (…) Même mécanisme avec les hackers : lorsqu’un hacker découvre les failles d’un système développé par un industriel français acoquiné avec le pouvoir, il est rapidement désigné comme un pirate ou un terroriste alors qu’il s’agit plutôt d’un lanceur d’alerte et a fait œuvre utile. »

Concernant l’état d’urgence et plus spécifiquement la Loi Renseignement, Filiol confirme ce qui avait été dit dans ces colonnes et à d’autres reprises sur la Toile : cette loi ne remplira pas les objectifs affichés de lutte contre le terrorisme. Pour lui (54:50), « ce n’est pas une loi liberticide qui va permettre de détecter les renseignements pertinents ». Plus grave encore et mis en exergue tant par cette loi que par l’état d’urgence actuel : la France ne dispose pas de contre-pouvoir efficace. Dans ce contexte, Filiol craint (à juste titre, je pense) que cette loi et cet état ne soient qu’un alibi pour installer une société de surveillance à l’américaine.

Le but d’une telle surveillance ? Pour Filiol, il est assez clair (59:30) :

« Nos décideurs sont paniqués par les changements de la société. Ils sont passés d’une société pompidolienne où des élites parlaient à la masse laquelle prenait ça comme une vérité révélée, à un monde horizontal et collaboratif où les gens peuvent vérifier l’information, la croiser. Le citoyen, pour peu qu’il veuille être intelligent, a les moyens de le rester et de développer son intelligence collective. Ceci fait peur à nos dirigeants qui ne sont plus la vérité révélée, et le peuple se met à réfléchir indépendamment d’eux. »

Un autre problème, parallèle à ce décalage entre les élites et le peuple, est la confiance aveugle dans la technologie. Filiol rejoint Conesa (1:05:19) lorsqu’il explique qu’on capte à présent le renseignement de mieux en mieux, mais qu’on a de moins en moins d’analystes pour traiter le signal capté ensuite.

Au milieu de tout ça, on semble comme avoir oublié le troisième intervenant.

Hervé Brusini, l’actuel directeur du site FranceTV.info, est l’ancien rédacteur en chef du 20H de France 2, et journaliste de profession. Dans l’ensemble de l’interview, ses interventions sont étranges. Outre leur faible contenu informationnel, et des réponses peu claires voire confuses, partant sur plusieurs sujets à la fois, on constate surtout qu’il est en permanence sur la défensive et semble considérer chaque question sous l’angle un peu étonnant d’une attaque plus ou moins directe de sa profession de journaliste.

Brusini se plaint ainsi de la perte de confiance complète entre les internautes, les acteurs des réseaux sociaux, et les journalistes, plus ou moins institutionnalisés comme ceux des médias mainstream. Il estime (peut-être à raison) qu’un grand danger se cache dans ce désaveu complet de sa profession par les internautes, mais semble à court d’idée lorsqu’il s’agit de se remettre en cause, ou fait preuve d’une assez (probablement trop) grande mansuétude à l’égard de ses confrères, qu’il absout très vite de leurs pêchés.

24hGold - Thinkerview : terror...

Et s’il comprend que le flot informationnel est fondamentalement différent de ce qu’il fut lorsqu’il commença sa carrière, en constatant que tout le monde peut, finalement, produire et diffuser de l’information avec les moyens modernes, il ne tire pas la conclusion pourtant logique que sa valeur ajoutée doit résider ailleurs que dans la simple reproduction de dépêches d’agence, et la reproduction néfaste des mêmes filtres conscients ou non qui lui font sélectionner une dépêche plutôt qu’une autre.

Finalement, cette interview est intéressante par les déclarations des uns et des autres, certes, mais surtout par l’étonnante collision entre la nouvelle génération d’intervenants, des experts de terrain en prise directe avec les problèmes, et les anciens, qui fonctionnent avec des schémas et des prises de positions corporatistes totalement inopérantes dans ce nouveau paradigme.

Fascinant constat que celui d’une profession qui, jusqu’alors douillettement protégée par les habitudes et le corporatisme autant que la technique, se retrouve confrontée à un changement complet de mode d’action et de réflexion et qui, devant son immobilisme de lapin pris dans les phares d’une voiture lancée à pleine vitesse, impose de se demander si le journalisme français survivra à cette révolution.

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Publié par le 11 janvier 2016 dans Education - information, général, Politique

 

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Le Pentagone autorise à ouvrir le feu sur les journalistes !

The Pentagon is now openly admitting it will conduct ‘war-fighting’ training for the Ukrainian National Guard.

Le département de la Défense des États-Unis a publié une nouvelle instruction de conduite des opérations militaires qui explique notamment que les journalistes peuvent être qualifiés de « belligérants non privilégiés ». Ils sont donc ainsi assimilés à des combattants et donc il est autorisé d’ouvrir le feu sur eux.

Selon ce manuel de guerre de 1176 pages, dénommé « Instructions du département de la Défense sur les règles de conduite des opérations militaires », on énumère différentes possibilités pour tuer un ennemi, comme l’abattre, le faire exploser ou le poignarder,  mais il n’est pas toujours autorisé d’utiliser le poison ou des gaz asphyxiants. Pourtant, les attaques surprises et le massacre des troupes en retraite sont bel et bien approuvés.

En même temps, les journalistes se trouvant dans les zones du conflit, peuvent être qualifiés de « belligérants non privilégiés », rapporte le quotidien américain The Washington Times.

En outre,  l’instruction va plus loin et contient non seulement   les règles de conduite sur la ligne de front, mais aussi une section détaillée sur les journalistes, notamment le fait qu’ils peuvent être qualifiés de « terroristes ».

 « En général, les journalistes sont des civils. Cependant, les journalistes peuvent être des membres des forces armées, des personnes autorisées à accompagner les forces armées ou des belligérants non privilégiés », précise l’instruction. Pourtant, le Pentagone ne donne pas les critères selon lesquels  un journaliste peut être classé dans cette catégorie.

Le terme »belligérants non privilégiés » remplace celui de « combattant ennemi illégal » utilisé sous George Bush. Certains  défenseurs des droits de l’homme considèrent comme étrange et provocateur la présence d’un tel terme dans un document du département de la Défense.

Le professeur en journalisme de l’université de Georgetown Chris Chambers a confié à RT qu’il ne savait pas ce que signifiait ce nouveau terme, « parce que ni la Convention de Genève, ni les autres principes du droit international et même la loi américaine ne possèdent de terme « belligérants non privilégiés ». Cela autorise les militaires à « attaquer et même tuer des journalistes qui ne leur plaisent pas particulièrement, mais en même temps qui ne sont pas forcément de l’autre bord », explique Chris Chambers.

Le manuel affirme aussi qu’il n’existe aucune interdiction à propos des drones dans le droit de la guerre, précise RT. Le livre affirme que ces derniers peuvent être désignés comme avions militaires s’ils sont utilisés par un militaire américain.

Le porte-parole du Pentagone, le lieutenant-colonel Joseph R. Sowers, a déclaré que le manuel n’était pas significatif et qu’il n’avait pas valeur de loi.

Ce manuel est le premier guide légal du Pentagone en ligne pour quatre branches militaires.

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Les services secrets ont espionné les journalistes – Le FBI a payé des musulmans pour commettre des attentats.

Le FBI a payé des musulmans pour commettre des attentats.

Edward Snowden n’en fini pas de nous dévoiler les dérives des services de renseignement . Z .

Les services secrets britanniques ont intercepté les mails de journalistes étrangers, a rapporté lundi le journal The Guardian se référant aux données fournies par l’ancien employé de la NSA américaine Edward Snowden.

« Le Government Communications Headquarters (GCHQ), l’agence de surveillance auprès du ministère britannique des Affaires étrangères, a récupéré les courriers électroniques envoyés et reçus par les journalistes de grandes éditions britanniques et américaines dont les chaînes de télévision BBC, NBC, l’agence Reuters, les journaux The Guardian, The New York Times, Le Monde, The Sun et The Washington Post », a indiqué le quotidien.

Selon The Guardian, le GCHQ a intercepté près de 70.000 messages électroniques lors d’un exercice de surveillance d’une dizaine de minutes un jour de novembre 2008. Pour ce faire, l’agence de surveillance a piraté des câbles de fibre optique.

« Les messages interceptés – des communiqués de presse et des discussions entre des journalistes et des rédacteurs – ont été stockés sur des serveurs du GCHQ et partagés sur son intranet. D’ailleurs, rien n’atteste qu’il s’agit d’une action visant les journalistes », a noté l’édition.

Selon d’autres données fournies par Edward Snowden, le GCHQ a surveillé les journalistes d’enquête, les considérant aussi dangereux que les terroristes ou les pirates informatiques. Plus de 100 journalistes britanniques ont adressé une lettre de protestation au premier ministre du pays.

L’ex-consultant de la CIA et de l’agence américaine de sécurité nationale (NSA) Edward Snowden a transmis en juin 2013 une série de documents secrets dévoilant la surveillance pratiquée sur Internet par les services secrets américains et britanniques aux quotidiens Washington Post et Guardian. M.Snowden vit actuellement à Moscou où il bénéficie d’un titre de séjour délivré pour trois ans.

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Et pour rester dans les services, on apprend dans le même temps par l’express que Le FBI « a payé des musulmans pour commettre des attentats » :

Selon l’organisation Human Rights Watch, le FBI a « poussé et parfois même payé », des musulmans américains pour les inciter à commettre des attentats. 

Le FBI a poussé des musulmans à commettre des attentats selon Human Rights Watch

Des membres de l’équipe d’intervention SWAT du Federal Bureau of Investigation (FBI) lors d’un entrainement antiterroriste.

 

« Opérations de contre-terrorisme abusives ». Le FBI a « encouragé, poussé et parfois même payé » des musulmans américains pour les inciter à commettre des attentats, au cours d’opérations de filature clandestines montées de toutes pièces après le 11 septembre, conclut un rapport de l’ONG internationale Human Rights Watch (lien en anglais). Le but: gonfler le nombre d’arrestations, prétendre ainsi protéger les Américains et justifier les lois antiterroristes. Selon HWR, « la théorie du FBI est que ces individus sont des terroristes en puissance et que s’il ne les avait pas poussé à commettre des actes terroristes, Al-Qaeda l’aurait fait ».

Dans nombre des plus de 500 affaires de terrorisme conduites par les tribunaux américains depuis le 11 septembre 2001, « le ministère américain de la Justice et le FBI ont ciblé des musulmans américains dans des opérations clandestines de contre-terrorisme abusives, fondées sur l’appartenance religieuse et ethnique », dénonce ce rapport de 214 pages -intitulé « Illusion de justice »- étayé de nombreux exemples (voir aussi à la fin de cet article).

« Des individus respectueux de la loi » transformés en terroristes par le FBI ?

L’organisation aidée de l’Institut des droits de l’homme de l’Ecole de droit de l’Université de Columbia a en particulier étudié 27 affaires, de l’enquête au procès, en passant par l’inculpation et les conditions de détention, et interviewé 215 personnes, qu’il s’agisse des inculpés ou condamnés eux-mêmes ou de leurs proches, d’avocats, juges ou procureurs.

« Dans certains cas, le FBI pourrait avoir créé des terroristes chez des individus respectueux de la loi en leur suggérant l’idée de commettre un acte terroriste », résume un communiqué, estimant que la moitié des condamnations résultent de coups montés ou guet-apens. Dans 30% des cas, l’agent infiltré a joué un rôle actif dans la tentative d’attentat.

Voir aussi la vidéo d’HWR (en anglais):

 

Le gouvernement prétendait ainsi assurer la sécurité des Américains

« On a dit aux Américains que leur gouvernement assurait leur sécurité en empêchant et en punissant le terrorisme à l’intérieur des Etats-Unis », a déclaré Andrea Prasow, l’un des auteurs du rapport. « Mais regardez de plus près et vous réaliserez que nombre de ces personnes n’auraient jamais commis de crime si les forces de l’ordre ne les avaient pas encouragés, poussés, et parfois même payés pour commettre des actes terroristes ».

L’étude cite notamment les quatre de Newburgh, accusés d’avoir planifié des attentats contre des synagogues et une base militaire américaine, alors que le gouvernement avait, selon un juge, « fourni l’idée du crime, les moyens, et dégagé la voie » et transformé en « terroristes » des hommes « dont la bouffonnerie était shakespearienne ».

Le rapport cite également le cas de Rezwan Ferdaus, condamné à 17 ans de prison à l’âge de 27 ans pour avoir voulu attaquer le Pentagone et le Congrès avec des mini-drones bourrés d’explosifs. Un agent du FBI avait dit de Ferdaus qu’il avait « de toute évidence » des problèmes mentaux, mais le plan avait été entièrement conçu avec le policier infiltré.

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique-nord/le-fbi-a-pousse-des-musulmans-a-commettre-des-attentats-selon-human-rights-watch_1560930.html

 
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Publié par le 20 janvier 2015 dans général, Insolite, International, Politique

 

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