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L’Europe et les Etats-Unis au bord de la rupture ?

Le président Emmanuel Macron plaide pour une Europe protectrice, quand le président du Conseil européen, Donald Tusk se dit inquiet de la perte du sens de l'intérêt commun entre les deux côtés de l'Atlantique. Le président de la Commission Jean-Claude Juncker appelle, lui, à plus de justice. (Photo : les présidents Trudeau (Canada), Trump (Etats-Unis), Macron (France) avec Donald Tusk, président du Conseil européen, au G7 de Taormina, le 26 mai)
Le président Emmanuel Macron plaide pour une Europe « protectrice », quand le président du Conseil européen, Donald Tusk se dit inquiet de la perte du sens de l’intérêt commun entre les deux côtés de l’Atlantique. Le président de la Commission Jean-Claude Juncker appelle, lui, à plus de « justice ». (Photo : les présidents Trudeau (Canada), Trump (Etats-Unis), Macron (France) avec Donald Tusk, président du Conseil européen, au G7 de Taormina, le 26 mai) (Crédits : Tony Gentile / Reuters)
Rencontres bilatérales, sommet de l’Otan, G7 : la visite du président américain Donald Trump en Europe a confirmé les craintes des Européens sur le climat, le commerce et la défense. Retour sur une semaine historique où le bloc occidental s’est fissuré.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk n’avait pas caché une certaine inquiétude jeudi 25 mai, à Bruxelles, à l’issue de son entretien avec le président américain Donald Trump.

« La plus grande tâche aujourd’hui est la consolidation de tout le monde libre autour de valeurs, pas juste des intérêts. Les valeurs et les principes d’abord. C’est ce que l’Europe et les Etats-Unis devraient dire », a-t-il dit.

Ce qu’ils « devraient dire », mais qu’ils ne peuvent pas dire, comme devait le confirmer la suite des rencontres de la semaine (sommet de l’Otan jeudi à Bruxelles et G7 à Taormina en Sicile ce week-end). Les deux rives de l’Atlantique semblent avoir perdu le sens d’un intérêt commun et, plus grave, le souci d’entretenir les institutions multilatérales qui ont jusqu’à présent permis de surmonter leurs divergences.

« Mon sentiment est que nous étions d’accord sur beaucoup de sujets. Avant tout le contre-terrorisme… mais que certains autres restent ouverts, comme le climat ou le commerce », avait précisé le président du Conseil.

« Méchanceté » allemande

Der Spiegel révélera peu après que Donald Trump s’était plaint des succès commerciaux de l’Allemagne, qui dégage 58 milliards d’euros d’excédent avec les Etats-Unis.

« L’Allemagne est mauvaise, très mauvaise », aurait déclaré le président américain, selon le site de l’hebdomadaire allemand.

Le lendemain,  le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker déplorait un « problème de traduction », pendant que des sources européennes laissaient filtrer le projet d’une « initiative commune euro-américaine » dans le commerce. Une initiative dont le traité transatlantique, censé couronner soixante-dix ans de rapprochement entre les marchés européen et américain, ne ferait toutefois pas partie. Le grand flou!

En matière de défense, le président Trump s’est tout simplement abstenu de réitérer son engagement à respecter l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord en vertu duquel les alliés occidentaux se doivent assistance mutuelle en cas d’agression. Il a de surcroît prétendu que les Européens « devaient » de l’argent. Ce qui est faux : l’horizon auquel ils se sont engagés à relever leur effort de défense à 2% du PIB a été fixé à… 2024.

Et, pour finir, le G7 de Taormina a confirmé la possibilité d’un désengagement américain de la politique mondiale de lutte contre le changement climatique, le président Trump faisant finalement savoir qu’il prendrait sa décision dans les prochains jours.

Bref ! Cette semaine de réunion au sommet pourrait bien rester comme celle où l’ordre multilatéral de l’après-Deuxième Guerre mondiale s’est effondré. C’est en tout cas ce que semble penser la chancelière allemande Angela Merkel pour qui l’« expérience de ces derniers jours » montrait que :

« L’époque où nous pouvions entièrement compter les uns sur les autres est quasiment révolue. »

La « protection » comme réponse à la crise

Pourtant, la crise de 2008 avait, dans un premier temps, resserré les rangs occidentaux. Le G20 s’était retrouvé au centre d’une entreprise de « re-régulation » financière mondiale dont le commissaire en charge des services financiers, Michel Barnier, avait fait sa propre feuille de route entre 2009 et 2014. En décembre 2015 était venu l’accord historique de Paris sur le climat.

Mais ce sursaut pourrait avoir été de courte durée. Les tensions sociales nées de la mondialisation et la crise, dont les effets avaient été atténués par les politiques monétaires accommodantes, déploient partout leurs conséquences politiques, de façon parfois paradoxale.

Aux Etats-Unis, la colère des « 99% » et l’accroissement des inégalités ont abouti à l’élection d’un milliardaire sans aucune autre doctrine économique que celle dont il pense qu’elle renforcera la capacité de négociation de ses entreprises et de son pays face au reste du monde, quitte à renier les engagements pris dans le passé en matière de climat, de défense ou de commerce. Si elle est confirmée, la dénonciation de l’accord de Paris se fera au nom de la défense des emplois américains.

En France, le premier tour de l’élection présidentielle a brisé le tabou de la fin possible de l’intégration européenne. Il était inimaginable il y a encore vingt ans que la moitié de l’électorat assume d’inscrire le destin du pays à l’écart de ce qui s’est construit depuis soixante-dix ans à Bruxelles. Par un effet d’inertie du système politique qui a empêché le regroupement des adversaires de l’intégration, c’est finalement un autre nouveau venu, libéral et pro-européen celui-là, qui a été élu.

Mais, tout en affirmant son attachement à la construction européenne et aux institutions multilatérales, Emmanuel Macron, qui s’était fait remarquer comme ministre de l’Economie par ses efforts pour obtenir des mesures de défense de l’industrie sidérurgique européenne, n’a passé qu’un seul message après son entretien avec le président de la Commission Jean-Claude Juncker le 25 mai à Bruxelles : celui du besoin de protection.

« Je défendrai d’abord la vision d’une Europe qui protège dans un cours du monde qui n’est plus compris par nos concitoyens », a expliqué le président français qui faisait ses premiers pas sur la scène internationale.

Cette rhétorique de la « protection », commune aux deux bords de l’Atlantique, ne peut qu’aboutir à les éloigner, voir les opposer, au moment où les bribes de gouvernance mondiale qui se sont mises en place depuis soixante-dix ans semblent fragilisées. Or, l’Europe aborde ce virage dans un état de grande fragilité stratégique.

« Paradoxe » de la défense européenne

Son alliance commerciale avec les Etats-Unis est inséparable historiquement et politiquement de son alliance militaire. Les bases de l’intégration européenne ont été jetées, alors que les Américains étaient militairement présents sur le Vieux Continent.

Ce n’est pas un hasard si, dans le traité fondateur de l’UE, celui de la « Communauté Economique Européenne », la liberté d’investissement ne profite pas seulement aux « Six » pays fondateurs mais qu’elle vaille également pour les investissements étrangers, à commencer par les siens. Autant que le socle de l’intégration européenne, il fut celui du formidable développement des investissements et des échanges transatlantiques que Washington semble prêt à remettre en question par ses menaces de sanctions commerciales et son refus de poursuivre les efforts de convergence réglementaire sur la finance ou le climat.

Alors que ce socle se fissure, bien peu a changé sur le front stratégique depuis qu’il y a soixante-dix ans, l’Europe a confié les clés de sa défense à l’Otan, laissant la France et le Royaume-Uni déployer leurs propres capacités et jouer les « junior partners » au sein de l’Alliance. L’Union européenne, en tant que construction politique et institutionnelle, ne fournit pas le cadre d’une politique de défense européenne.

« Il y a un paradoxe au cœur de la politique de défense européenne. D’un côté, la demande stratégique pour une politique de défense plus active et efficace a grandi au cours des dernières années, principalement du fait du nombre croissant de crises de sécurité au voisinage de l’Europe’, estime Daniel Keohane, chercheur à l’Ecole polytechnique de Zurich.

« D’un autre côté, l’intérêt politique des capitales nationales pour la politique de défense a décliné. Si cette étrange dichotomie continue, cela démontrera la non-pertinence croissante de la politique de défense et de sécurité internationale européenne, et pèsera sur l’ambition de la stratégie européenne visant à disposer du spectre complet des instruments et des stratégies de politique étrangère », dit-il.

Prééminence… et affaiblissement de l’Otan

L’inexistence d’une politique de défense commune se lit dans l’évolution des dépenses d’armement. Les grandes nations de l’Ouest n’ont pas entrepris de renforcer leurs efforts financiers pour atteindre l’engagement de 2% de PIB consacré à la défense pris par les membres de l’OTAN en 2006, à l’exception de l’Allemagne.

Dépenses militaires en pourcentage du PIB (source : Otan)

Dépenses militaires en pourcentage du PIB

La France, « seule puissance militaire crédible » de l’UE post-Brexit, a rappelé le président de la Commission Jean-Claude Juncker la semaine dernière, a réduit ses dépenses de 5,9% entre 2006 et 2015. Pendant ce temps, la Pologne, la Slovaquie et les pays baltes, paniqués par la menace russe, se démènent et affichent une croissance à deux chiffres de leur budget militaire, sans que cela ait de conséquence significative sur les capacités stratégiques de l’UE dans son ensemble.

Les appels constants, formalisés lors du sommet de l’Otan de Varsovie en 2016, à renforcer la coopération entre l’UE et l’Otan ont débouché sur une liste de micro-initiatives présentées le 25 mai par la Haute-Représentante à la sécurité Federica Mogherini, dans l’indifférence générale.

Entre les deux blocs, « c’est sur le dossier russe où une certaine complicité règne : à l’UE, les sanctions économiques, à l’Otan les muscles du renforcement à l’Est », écrit le journaliste spécialisé Nicolas Gros-Verheide qui juge « proches de zéro » les suites de ce qui avait été présenté comme un tournant stratégique.

Pour les chercheurs Olivier de France et Sophia Besch, l’Europe aurait intérêt dans ce contexte à inventer sa propre « métrique » des 2% et expliciter ses priorités au sein de l’alliance au lieu de céder à ce qui ressemble à un chantage du président Trump lequel joue habilement de la menace russe.

« Les efforts européens pour émanciper le débat sur ses dépenses militaires des Etats-Unis ne devrait pas être une excuse pour l’UE d’oublier une nouvelle fois que le ‘hard power’ est utile dans un environnement chaotique », écrivent-ils, appelant les dirigeants du Vieux Continent à clarifier d’urgence leurs priorités.

A la fin de l’année dernière, en préambule de sa proposition de « traité germano-franco-britannique » pour une défense commune, le président de la Fondation Robert Schumann Jean-Dominique Giuliani reconnaissait n’avoir d’autre ambition que « d’inciter à la réflexion autant qu’à une action concrète ». C’est dire que l’on part de très loin.

Pour Juncker, l’Europe doit continuer à viser la justice par le multilatéralisme

Atlantiste s’il en est, la chancelière allemande Angela Merkel avait, quant à elle, tiré des réunions de la semaine dernière la conclusion que:

« Nous, Européens, devons nous battre pour notre propre destin, bien sûr en toute amitié avec les Etats-Unis d’Amérique, avec le Royaume-Uni et en étant de bons voisins partout où cela est possible également avec les autres pays, y compris la Russie. »

Pour un continent qui s’est défini depuis soixante-dix ans dans et par sa relation avec les Etats-Unis, le défi est immense.

En dépit des menaces, les Européens sont donc encore très loin de se penser comme une puissance et sont, eux aussi, tiraillés par le doute. A son arrivée vendredi à la réunion du G7 à Taormina, Jean-Claude Juncker s’est livré  à un plaidoyer en faveur d’une politique active de lutte contre les inégalités, réelles ou perçues, créées par la mondialisation.

« Nous devons comprendre ceux – en Europe et ailleurs – qui ne voient pas comment la mondialisation fonctionne pour eux et qui pensent qu’elle est une menace et non une opportunité. Nous pensons qu’elle est une opportunité si elle est gérée de façon appropriée. Nous devons mettre la justice au centre de tout ce que font le G7 et nos partenaires », a-t-il dit.

Contre le glissement du discours politique vers un unanimisme de la « protection » reposant sur l’opposition manichéenne entre « victimes » et « agresseurs », les Européens devraient ainsi préférer le chemin plus difficile de la justice et du compromis, estime ce vétéran de la scène politique européenne. (source)

 
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Publié par le 30 mai 2017 dans économie, général, International, Politique

 

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«Dans une guerre nucléaire entre les États-Unis et la Russie, toute la population mourrait». Des experts du nucléaire abordent les dangers d’une guerre entre les États-Unis et la Russie

«Dans une guerre nucléaire entre les États-Unis et la Russie, toute la population mourrait». Des experts du nucléaire abordent les dangers d'une guerre entre les États-Unis et la Russie (WSWS)

Depuis la frappe de missiles du 6 avril par l’administration Trump contre une base aérienne syrienne, les tensions entre les États-Unis et les puissances européennes et la Russie sont à leur plus haut niveau depuis la guerre froide. Dans leur rhétorique, les États-Unis et leurs cherchent surtout à défendre l’attaque non provoquée, tandis que la Russie répond en augmentant son appui militaire pour le régime de Bashar al-Assad.

La plus récente escalade de ces tensions est le largage d’une bombe à effet de souffle d’artillerie lourde (MOAB) GBU-43/B par l’armée américaine en Afghanistan. Une MOAB est une bombe de 10 tonnes, la plus puissante arme non nucléaire dans l’arsenal de l’armée américaine. Elle n’avait jamais encore été utilisée au combat.

Bien que la cible officielle soit un complexe de grottes et de tunnels de l’État islamique dans la province de Nangarhar, le réel objectif était de démontrer à l’Iran, la Russie, la Syrie, la Corée du Nord, la Chine et à toutes autres nations qui se mettent dans le chemin des intérêts mondiaux de l’impérialisme américain qu’il n’y a aucune limite à la violence que l’armée américaine est prête à infliger à ceux qu’elle considère comme ses ennemis.

Ce qui est frappant à propos de la couverture médiatique de la crise géopolitique actuelle est l’absence de discussion, que ça soit de la part du New York Times, du Washington Post, de Fox News, de MSNBC ou CNN, des conséquences d’un échange nucléaire. La prochaine étape après une MOAB est une ogive thermonucléaire tactique de faible puissance, une arme dont le pouvoir de destruction est bien plus grand. Néanmoins, personne dans les médias corporatifs n’a demandé: qu’arriverait-il si de telles armes étaient utilisées en Syrie, en Iran ou en Corée du Nord ou encore contre la Russie ou la Chine?

Cela soulève deux autres questions: la situation actuelle est-elle proche d’un conflit direct et d’une escalade militaire entre les États-Unis et la Russie qui mèneraient à une guerre nucléaire? Combien de personnes mourraient dans un tel conflit?

Pour faire la lumière sur ces questions, le World Socialist Web Site s’est entretenu séparément avec deux experts sur les dangers d’une guerre nucléaire, Steven Starr et Greg Mello.

Steven Starr

Steven Starr est scientifique principal à Physicians for Social Responsibility (Médecins pour la responsabilité sociale) et associé de la Nuclear Age Peace Foundation (Fondation pour la paix à l’ère nucléaire). Ses articles sur les dangers environnementaux d’une guerre nucléaire ont été publiés dans le Bulletin of Atomic Scientists et dans la publication du Centre pour le contrôle des armes, l’énergie et les études environnementales de l’Institut de physique et de technologie de Moscou.

World Socialist Web Site: Selon vous, combien grand est le risque d’un conflit militaire entre les États-Unis et la Russie sur la Syrie ou avec la Chine sur la Corée du Nord?

Steven Starr: Je crois qu’il y a un très grand danger que cela se produise. Les Russes sont alliés avec [le président syrien Bashar al-]Assad et font reculer l’ÉI. Ils ont repris Alep et cela a rendu les médias et l’establishment politique hystériques, puisque ce n’est pas de cette façon qu’ils voulaient que la guerre finisse. Trump a fait campagne pour une détente avec la Russie, pour une politique non interventionniste. Lorsque [le secrétaire d’État Rex] Tillerson était en Turquie, il a dit qu’Assad pouvait rester. Mais cinq jours plus tard, les États-Unis lançaient des missiles de croisière sur la Syrie.

En raison de l’attaque de 59 missiles des États-Unis contre une base aérienne syrienne, nous avons essentiellement détruit les relations avec la Russie. Nous avons franchi le Rubicon. La Russie a suspendu le protocole de sécurité aérienne qui fournissait des canaux de communication visant à prévenir des contacts dangereux entre les aéronefs américains et russes. Cela donnera le droit à la Russie et à la Syrie de choisir de tirer ou non sur les avions américains. Les Russes ont déjà l’espace aérien syrien et ils ont mentionné qu’ils allaient augmenter la capacité de la défense aérienne syrienne. Qu’arrivera-t-il quand les avions américains vont se faire abattre par les Russes?

WSWS: Une chose qui vaut la peine d’être mise en contraste est les reportages faux et complètement malhonnêtes des grands médias et l’ampleur des conséquences des politiques qui sont mises en oeuvre. Cela est déjà grave de diffuser de la propagande au nom de l’establishment politique américain, mais lorsqu’il est question d’une politique qui entraînera la destruction de la planète, cela prend une toute nouvelle dimension.

SS: D’après ce que je vois, les «nouvelles» internationales publiées par les journaux d’importance sont en grande partie devenues de la propagande, particulièrement après les événements en Ukraine et en Crimée en 2014. Bien qu’on s’attende toujours à un biais dans les reportages de chaque pays, les médias occidentaux ne semblent plus contraints par le besoin de fournir des faits pour appuyer leurs arguments et allégations. Il n’y a eu aucune investigation à propos de l’attaque chimique en Syrie; Trump a lancé la frappe de missiles avant qu’une quelconque enquête puisse être menée.

La CIA est profondément impliquée dans ce processus. Il n’y a que six mégasociétés qui possèdent 90% des médias américains et occidentaux, et ils ne publient aucune histoire qui serait contraire à la ligne de parti officielle de Washington. La censure par omission où aucune dissidence n’est permise est la caractéristique centrale de ce qu’on entend aujourd’hui. L’usage de «sources officielles» sans preuve concrète crée un faux récit qui est utilisé pour appuyer les actions de l’armée américaine.

Ainsi, il y a un silence total dans les médias à propos des conséquences possibles d’une guerre avec la Russie. Quand avez-vous entendu des médias traditionnels parler des conséquences d’une guerre nucléaire avec la Russie?

WSWS: Qu’arriverait-il s’il y avait une autre attaque des États-Unis sur la Syrie, peut-être suivant une autre attaque fabriquée à l’arme chimique?

SS: La situation pourrait s’intensifier très rapidement, particulièrement depuis que les relations entre les États-Unis et Moscou se sont détériorées jusqu’à leur pire état dans l’histoire. J’ai lu dans un article qu’il y a des plans pour déployer 150.000 soldats américains en Syrie. Étant donné qu’il y a des troupes russes et iraniennes en Syrie (à la demande du gouvernement syrien), cela serait une décision incroyablement stupide pour les États-Unis d’envoyer des forces militaires d’envergure en Syrie. Cela serait très difficile d’éviter la troisième guerre mondiale.

Si les États-Unis et la Russie entrent dans un conflit militaire direct, éventuellement un côté ou l’autre commencera à perdre. Alors, soit il admet sa défaite, soit il intensifie la situation. Et quand ceci arrive, la possibilité d’utiliser l’arme atomique devient plus grande. Dès que les bombes nucléaires commenceront à être lancées, l’escalade à grande échelle d’une guerre nucléaire pourrait avoir lieu très rapidement.

WSWS: À quel point cela serait-il catastrophique?

SS: Les États-Unis et la Russie ont chacun environ 1000 armes nucléaires stratégiques d’au moins 100 kilotonnes, toutes prêtes à être lancées dans l’espace de 2 à 15 minutes. Puisque cela prend environ 9 minutes à un missile d’un sous-marin américain pour frapper Moscou, cela veut dire que le gouvernement russe pourrait riposter. Et ceux-ci ne sont que les missiles qui sont prêts à être lancés immédiatement.

Les États-Unis et la Russie ont 3500 armes nucléaires stratégiques opérationnelles et déployées (chacune avec une puissance explosive minimale de 100.000 tonnes de TNT) qu’ils peuvent faire exploser en moins d’une heure. Ils ont 4600 autres armes nucléaires en réserve, prêtes à être utilisées. Il y a environ 300 villes aux États-Unis et 200 villes en Russie avec une population supérieure à 100.000 personnes. Étant donnée la quantité d’armes nucléaires, la plupart des grandes villes risquent fort d’être touchées.

Probablement que 30% de la population américaine et russe périraient dans la première heure. Quelques semaines après l’attaque, les retombées radioactives tueraient un autre 50% ou plus.

L’hiver nucléaire, l’une des conséquences environnementales à long terme d’une guerre nucléaire, entraînerait probablement la famine et la mort pour la plupart des gens sur la planète en l’espace de quelques années d’une guerre nucléaire d’envergure par les États-Unis et la Russie. La couche de fumée stratosphérique mondiale produite par l’incinération nucléaire empêcherait la plupart des rayons du soleil d’atteindre la surface de la Terre, produisant les conditions météorologiques d’une ère glaciaire qui durerait au moins 10 ans.

Une autre conséquence rarement discutée d’une guerre nucléaire est une impulsion électromagnétique en haute altitude, ou IEM. L’explosion d’une arme nucléaire considérable à haute altitude (150 à 300 km d’altitude) produira une énorme impulsion d’énergie électrique qui détruira les circuits électroniques sur une zone de dizaines de milliers de kilomètres carrés sous l’explosion. Une seule détonation au-dessus de la côte Est américaine détruirait le réseau et causerait la fusion du cœur de toutes les centrales nucléaires touchées par l’IEM. Imaginez 60 Fukushima arrivant en même temps aux États-Unis.

Greg Mello

Greg Mello est secrétaire et directeur général du Groupe d’étude de Los Alamos, une organisation qui a fait des recherches sur les dangers d’une guerre nucléaire et qui prône le désarmement depuis 1989. Ses recherches et analyses ont été publiées dans le New York Times, le Washington Post, le Bulletin of Atomic Scientists et dans Issues in Science and Technology.

WSWS: Quel rôle ont joué les démocrates dans les tensions accrues entre les États-Unis et la Russie sur la Syrie?

Gregg Mello: Aussi récemment qu’en 2013, lorsqu’il y a eu une fausse attaque à l’arme chimique en Syrie, je ne crois pas que les démocrates appuyaient autant la guerre qu’ils le font aujourd’hui. Mais maintenant, en raison de la candidature d’Hillary Clinton, l’attisement des tensions avec la Russie et l’hyperbole néo-maccarthyste ont vraiment augmenté, marginalisant même ceux à l’intérieur du parti qui osent exprimer le moindre scepticisme à propos de l’histoire officielle, comme la membre du Congrès Tulsi Gabbard. Et c’est une personne qui est allée en Syrie pour découvrir ce qui se passait réellement. Elle a découvert que la majorité des gens en Syrie veulent que les États-Unis arrêtent de financer les rebelles et qu’ils sont satisfaits avec les efforts du gouvernement Assad pour chasser Al-Qaïda et l’ÉI. Mais elle se fait réduire au silence.

WSWS: Pourriez-vous nous parler des intérêts corporatifs en jeu?

GM: Cinquante-neuf missiles de croisière coûtent beaucoup d’argent. Chaque missile utilisé coûte, je suppose, entre 1 et 1,6 million $, donc la frappe au total a coûté entre 60 et 100 millions de dollars. Ceci n’inclut pas les coûts de déploiement des navires et d’autres éléments qui composent une frappe. C’est probablement le double, si vous incluez ces éléments. En termes des missiles, s’ils sont remplacés, ceci est un revenu pour n’importe quelle compagnie qui les remplace.

Les compagnies reçoivent également de la publicité gratuite de telles frappes. J’ai vu le vidéo de la part de Brian Williams de MSNBC, qui a louangé les missiles utilisant les paroles de Leonard Cohen, «Je suis guidé par la beauté de nos armes» (I’m guided by the beauty of our weapons). Ceci est un clip publicitaire inestimable, surtout lorsque les mêmes images et vidéos des missiles sont aux bulletins télévisés et partout sur le NET. Je suis persuadé que leurs valeurs boursières ont, littéralement et figurativement, explosé.

Mais ce ne sont que des broutilles comparées aux très grosses sommes qui proviennent des tensions continues avec la Russie et le besoin du gouvernement américain de dominer le monde. Nous ne parlons pas de millions de dollars, mais des milliards; vraiment, des billions. Pour maintenir l’idée que nous devrions être dans toutes les parties du monde, les États-Unis dépensent sur toutes les composantes de la défense nationale environ un billion par année. Donc, cela augmente vraiment rapidement.

Et l’armée américaine vient de recevoir une augmentation à son budget de base qui est comparable au budget de défense entier de la Russie. Aux États-Unis, nous dépensons plus d’argent sur l’armée que tous nos adversaires potentiels combinés. C’est là que se trouve l’argent.

On pousse NATO à acheter l’équipement militaire de point, compatible avec le nôtre. Toutes ces ventes d’armes avec nos propres achats nationaux valent des billions. C’est ce que ces frappes cherchent à maintenir. Un modèle de dépenses militaires à une échelle colossale.

Cela va de pair avec les questions géopolitiques que vous avez mentionnées.

WSWS: Pourriez-vous parler davantage des questions géopolitiques?

GM: Trump a dit qu’il n’irait pas en Syrie, mais il n’y a aucune politique cohérente là-dessus. Supposons qu’il y ait une autre frappe, est-ce que cela impliquera la Russie? Est-ce que cela tuera des Russes? Qu’est-ce que Poutine ou tout autre dirigeant russe sentira le besoin de faire alors?

Stephen Cohen, professeur émérite en études russes à l’Université de Princeton et l’Université de New York, a noté que le premier ministre russe Dmitri Medvedev a qualifié les relations américano-russes de «ruinées». Et Medvedev n’est pas un partisan de la ligne dure contre l’Occident. Pour qu’il dise ça, vous pouvez juste imaginer ce que les généraux et les autres qui ont des positions plus radicales murmurent dans l’autre oreille de Poutine.

Si nous faisons une autre frappe, soit avec un avion américain ou un de la «coalition», il pourrait facilement être abattu par les armes antiaériennes de pointe qu’ont déployées la Syrie et la Russie. Cela provoquerait un tollé dans l’establishment politique américain pour en faire plus, pour doubler la mise sur notre erreur. Finalement, c’est difficile de voir comment une campagne aérienne pourrait avoir un effet décisif sur la guerre en Syrie sans créer un risque extrême d’escalade entre les États-Unis et la Russie.

En termes géopolitiques, la situation en Syrie a tellement évolué vers le maintien d’Assad au pouvoir et le recul des terroristes qu’une attaque américaine sur la Syrie serait inefficace, ou bien endommagerait considérablement les intérêts russes, humilierait la Russie et tuerait ses soldats ainsi que ceux d’Assad. Cela ferait pencher la balance vers une Troisième Guerre mondiale.

L’idée que l’empoisonnement à Khan Sheikhoun ait été causé par des armes chimiques ou des précurseurs relâchés par une attaque conventionnelle contre un entrepôt ou un atelier d’armes d’Al-Qaïda, soit le rapport qui a été produit par le gouvernement russe, fait le plus de sens étant donné tout ce que l’on sait. La notion qu’Assad ou certains éléments rebelles dans son armée ont largué des armes chimiques sur leur propre peuple, au moment où Assad gagnait militairement et politiquement, est ridicule.

Maintenant nous voyons que les États-Unis ne veulent pas que l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques mène une enquête sur l’attaque. Vraiment?

L’OIAC est la police du monde pour les armes chimiques, une entité que les États-Unis ont aidé à créer. Elle a reçu le prix Nobel de la Paix en 2013 pour avoir vérifié que toutes les armes chimiques en Syrie avaient été détruites. Elle les a détruites sur un navire américain. Dans ce cas et dans tous les autres, l’OIAC étudierait soigneusement dans un laboratoire agréé les preuves amassées dans la chaîne de possession. Toutes ces mesures sont essentielles lorsqu’il est question de guerre et de paix. On collecterait les preuves de la même façon que dans le cas d’un meurtre très médiatisé.

Ceci n’est pas arrivé dans la plus récente attaque à l’arme chimique; et les États-Unis ne veulent pas que cela se produise. Au lieu de cela, les États-Unis ont récemment publié un communiqué des «faits», un bout de papier rédigé supposément par toutes les 17 agences de renseignement, mais sans en-tête ou signature, qui utilise des termes ambigus comme «nous sommes confiants». Rien n’indique quelle agence a signé ni quelles preuves ont été réellement fournies. En plus, une attaque comme celle-ci prend quelques semaines à investiguer, pas quelques jours.

Tout ceci arrive parce que la Syrie est l’un des plus importants carrefours entre les hydrocarbures du Moyen-Orient et les consommateurs européens. Si vous voulez avoir du pétrole et du gaz naturel du Qatar jusqu’en Europe sans passer par l’Iran, vous devez avoir des oléoducs qui passent par la Syrie. Ceci est particulièrement important si vous ne voulez pas que l’Europe soit dépendante du gaz naturel russe, si vous voulez prévenir l’Allemagne et la Russie et le reste de l’Asie d’être encore plus intégrés économiquement. Le gouvernement américain ne veut pas que l’Europe soit dépendante des hydrocarbures fournis par la Russie ou l’Iran.

Donc, réellement, la Syrie est une guerre par procuration entre les États-Unis et les autres puissances régionales – l’Iran allié avec la Russie – pour le contrôle sur le gaz et le pétrole qui va vers l’Europe. De plus, Israël veut le contrôle du plateau du Golan afin de pouvoir forer dans cette région.

Il faut aussi considérer que la production pétrolière chinoise semble avoir plafonné. L’exportation nette de pétrole dans le monde, qui est le pétrole qui peut être acheté sur le marché international, commence très tranquillement à diminuer.

Puisqu’un baril de pétrole produira plus de valeurs dans des pays comme la Chine et l’Inde, car les travailleurs sont payés beaucoup moins, la Chine peut toujours surenchérir sur les États-Unis et l’Europe pour le pétrole. Considérant le libre marché, ils le feront. Avec ce problème, les pays producteurs de pétrole utilisent eux-mêmes plus de pétrole avec l’augmentation de leur population et de leur économie, ce qui produira inévitablement une crise dans l’accessibilité et la disponibilité du pétrole. Cette crise éclatera dans les années 2020 et cela implique un potentiel conflit entre les grandes puissances pour ces ressources.

Ce n’était pas comme ça durant la guerre froide parce que les États-Unis et la Russie, ainsi que nos alliés, avaient assez de ressources. Mais maintenant, le pétrole bon marché s’écoule et il n’y a pas de remplaçant abordable. Le risque d’un conflit, incluant un conflit entre les grandes puissances nucléaires, augmente.

WSWS: Combien de personnes perdraient la vie durant la première journée d’une telle guerre?

GM: À première vue, dans une guerre nucléaire entre les États-Unis et la Russie, toute la population mourrait. Quelques personnes dans l’hémisphère sud pourraient survivre, mais probablement même pas.

Même seulement quelques armes nucléaires pourraient mettre fin au gouvernement et à l’économie américaine. Cela ne prendrait pas grand-chose pour détruire la chaîne d’approvisionnement «juste à temps», les marchés financiers et l’Internet. Le système entier est très fragile, surtout en ce qui concerne les armes nucléaires. Même dans une guerre nucléaire en quelque sorte limitée, disons une guerre où seuls les silos et les bases aériennes ICBM étaient ciblés, il y aurait tellement de retombées des champs d’ICBM à eux seuls que la majeure partie du Midwest serait rasée, incluant des villes comme Chicago.

Et il y a ensuite le problème des centrales nucléaires dans lesquelles sont entreposées, dans les piscines de stockage du combustible irradié et leurs zones d’entreposage, de très grandes concentrations de radioactivité. Si leur approvisionnement en électricité est interrompu, ces centrales risquent fort de prendre feu et de voir leur cœur entrer en fusion, comme nous l’avons vu à Fukushima.

Comprenez bien qu’une guerre nucléaire n’est pas une ou deux bombes de l’ampleur de celle d’Hiroshima. On ne peut pas imaginer la guerre nucléaire. Une guerre nucléaire veut dire un hiver nucléaire. Cela veut dire l’effondrement des systèmes administratifs très fragiles au niveau électrique, financier et gouvernemental qui garde tout le monde en vie. Nous serions chanceux de recommencer au début du 19e siècle. Et si suffisamment d’armes explosent, la disparition de la couche d’ozone voudrait dire que toute forme de vie ayant des yeux pourrait être aveuglée. Les effets combinés d’une guerre nucléaire entre les États-Unis et la Russie voudraient dire qu’essentiellement tous les mammifères terrestres et de nombreuses plantes disparaîtraient. Il y aurait une extinction dramatique dans le monde biologique.

Je crois que de nombreuses sections de l’armée américaine n’y comprennent rien. J’ai parlé à des gens du Conseil de sécurité nationale et ils pensent que la Russie va reculer. Je les ai suppliés, il y a environ 18 mois, d’emmener quelques diplomates vétérans de l’ère de la guerre froide de l’école réaliste, des gens comme l’ancien ambassadeur en Russie Jack Matlock, qui avait été nommé par Ronald Reagan, de tenter de les convaincre que la Russie ne fera pas simplement ce que l’on veut, qu’elle a également ses propres intérêts légitimes que nous ferions mieux de comprendre et de prendre en considération.

WSWS: Comment pensez-vous que l’on doive aborder le problème de la guerre nucléaire?

Je dirais que les efforts pour diminuer les inégalités dans le monde sont au cœur de la gestion de la menace de guerre nucléaire. Nous devons nous débarrasser de l’influence du complexe militaire, industriel et financier. Si tant de pouvoir est concentré entre si peu de mains, et que les inégalités sont si élevées, les gens au pouvoir sont aveuglés par leur position. Ils sont isolés des problèmes de la société. De telles inégalités – économiques et surtout politiques – mènent à une certaine stupidité politique. Cela pourrait causer notre destruction. Les masses ignorantes ne sont pas le problème. C’est l’ignorance et l’arrogance de ceux au sommet. C’est toujours ça le problème. (source)

 

 

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Crise au Venezuela : Maduro accuse les États-Unis de fomenter un coup d’État

Le président vénézuélien Nicolas Maduro s'est exprimé mardi 18 avril dans le palais Miraflores, à Caracas. ©Reuters
Le président vénézuélien Nicolas Maduro s’est exprimé mardi 18 avril dans le palais Miraflores, à Caracas. ©Reuters

Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, a accusé les États-Unis d’avoir donné leur feu vert à un coup d’État dans ce pays.

« Les États-Unis et notamment le département d’Etat, ont donné leur feu vert et leur approbation à un processus putschiste effronté, en vue d’une intervention au Venezuela », a ainsi affirmé le président vénézuélien mardi soir, dans son palais de Miraflores, à Caracas, lors d’une réunion diffusée à la radio et la télévision.

En effet, cette accusation intervient après que le porte-parole du département d’État américain, Mark Toner, s’est ingéré dans les affaires intérieures du Venezuela et a osé adresser une sévère mise en garde aux responsables de Caracas concernant les manifestations de l’opposition.

Plus loin dans ses propos, le président Maduro s’en est violemment pris au président du Parlement, Julio Borges, disant qu’il devrait être poursuivi pour appel au coup d’État.

« Ce que Borges a fait aujourd’hui constitue une violation de la Constitution et, pour ce fait, il doit être poursuivi », a réitéré le président vénézuélien.

Par ailleurs, les manifestations antigouvernementales se sont poursuivies, mercredi 19 avril, où au moins trois personnes ont été tuées.

Selon Reuters, trois personnes, deux civils et un militaire, ont été tuées mercredi pendant les rassemblements entre les opposants et les partisans du président Nicolas Maduro.

Les anti-Maduro ont appelé à de nouveaux rassemblements ce jeudi 20 avril.

 
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Publié par le 20 avril 2017 dans général, International, Politique

 

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Les nouvelles tensions entre Taïwan, la Chine et les Etats-Unis

 

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Corée du Nord : Les Etats-Unis prêts à une frappe préventive

Elle n’avait jamais été utilisée en combat. La « Mère de toutes les bombes » (MOAB, de son petit nom anglais), la charge la plus puissante de l’arsenal militaire américain hors-nucléaire, a été larguée sur des positions de Daesh, en Afghanistan ce jeudi.

Ça fait beaucoup d’actions militaires en fort peu de temps pour un président qui avait fait campagne sur une ligne protectionniste, arguant que « la guerre ça coûte trop cher » Trump enchaîne les volte faces .. 

Les Etats – Unis sont prêts à lancer une frappe préventive avec des armes conventionnelles contre la Corée du Nord – Kim Jong Un étant sur le point de donner suite à un test d’armes nucléaires, rapporte NBC .

La situation s’envenime entre Washington et Pyongyang. Selon les informations de NBC, les Etats-Unis seraient prêts à lancer une frappe préventive contre la Corée du Nord avec des missiles Tomahawks s’il devient certain que le régime de Kim Jong-un s’apprête à procéder à un nouvel essai nucléaire.

Donald Trump a de nouveau prévenu jeudi que les Etats-Unis allaient s’occuper du « problème » nord-coréen, avec ou sans la Chine, quarante-huit heures avant un anniversaire qui pourrait être marqué par un nouveau test nucléaire par Pyongyang. « La Corée du Nord est un problème » qui « sera traité », a affirmé Donald Trump.

Selon NBC, un éventuel tir de dissuasion n’aurait toutefois lieu qu’avec le feu vert de la Corée du Sud, qui craint des représailles de son ennemi du Nord. Après les frappes en Syrie et la démonstration de force en Afghanistan, la démocrate Nancy Pelosi a réclamé la consultation du Congrès face à cette «escalade» avec la Corée du Nord et ces «bruits de sabre».

Anniversaire samedi

Le régime communiste pourrait en effet profiter, selon de nombreux observateurs, du 105e anniversaire samedi de la naissance de Kim Il-Sung, premier dirigeant du pays, pour marquer l’occasion par un nouveau tir de missile balistique ou même son sixième test nucléaire, tous deux interdits par la communauté internationale.

De nombreux signes laissent penser que le site d’essai nucléaire de Punggye-ri est prêt pour un nouveau test souterrain, selon des experts du site 38 North et selon plusieurs responsables américains cités mercredi par la radio Voice of America (VOA). Selon ces derniers, la Corée du nord aurait « apparemment placé un engin nucléaire dans un tunnel » qui pourrait être détoné samedi matin.

Une « armada » américaine sur place

Donald Trump avait annoncé samedi l’envoi vers la péninsule coréenne du porte-avions Carl Vinson, escorté par trois navires lance-missiles, puis quelques jours plus tard avait évoqué une « armada » comprenant des sous-marins. La démonstration de force américaine a appelé mardi la réponde du Nord, qui a dénoncé l’envoi « insensé » de ce groupe aéronaval et a prévenu qu’il était prêt pour la « guerre »

 

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Maduro accuse les Etats-Unis de chercher à « faire éclater » le Venezuela

Maduro accuse les Etats-Unis de chercher à "faire éclater" le Venezuela (AFP)

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a accusé lundi les Etats-Unis d’oeuvrer au blocage du dialogue avec l’opposition de son pays afin de « faire éclater » le Venezuela.

« La vérité vraie est que l’ordre a été donné à Washington pour le +zéro dialogue+ au Venezuela, dans le but de faire éclater notre pays et (permettre) une invasion étrangère », a accusé le président vénézuélien, visé depuis 10 jours par une nouvelle vague de manifestations de l’opposition dans son pays.

Le Venezuela est « dans le viseur », a poursuivi M. Maduro en clôture d’une réunion de pays de la gauche latino-américaine convoquée à Cuba pour réaffirmer le soutien sans faille de ces gouvernements amis au leader socialiste.

Dans une déclaration commune, ces pays de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (Alba) ont condamné les « attaques et manipulations concertées » contre le gouvernement de M. Maduro, attaques qui selon eux « menacent sa souveraineté comme son indépendance et sa stabilité, ainsi que celles de toute la région ».

« Nous condamnons la conduite intrusive, illégale et pro-impérialiste du secrétaire général de » l’Organisation des Etats Américains (OEA) Luis Almagro, ont encore ajouté les membres de l’Alba au sujet du leader régional uruguayen, qui ne ménage pas ses critiques envers le président vénézuélien.
La tenue de cette réunion ministérielle avait été organisée pour contrer les vives critiques émises à l’étranger contre l’attitude du gouvernement de M. Maduro face à la crise politico-économique qu’il affronte depuis plusieurs mois.

Le successeur de Hugo Chavez est notamment accusé d’être responsable de la sanction récemment infligée à son principal opposant, Henrique Capriles, déclaré inéligible pour 15 ans, ainsi que de la tentative -finalement avortée- de la Cour suprême, réputée proche du président Maduro, de s’arroger les pouvoirs du Parlement.

De nombreux heurts entre forces de l’ordre et manifestants ont éclaté ces dernières semaines à Caracas. Le 6 avril, un jeune homme de 19 ans a été tué et 19 personnes blessés. Lundi, plusieurs personnes ont encore été blessées lors d’une nouvelle manifestation, selon le maire d’un district de la capitale.

Lancée par Hugo Chavez et Fidel Castro en 2005, l’Alba rassemble l’Equateur, le Venezuela, Cuba, la Bolivie, le Nicaragua et plusieurs petits pays des Antilles, mais a considérablement perdu de son influence ces dernières années.

AFP

 
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Publié par le 11 avril 2017 dans général, International, Politique

 

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WW3 – La Russie et l’Iran « répondront par la force » si les Etats-Unis attaquent de nouveau la Syrie

« La Russie et l’Iran « répondront par la force » si les Etats-Unis attaquent de nouveau la Syrie » : c’est assez clair, et avec un homme aussi imprévisible que Trump qui a complètement retourné sa veste en Syrie et ces malades mentaux de néocons qui reviennent sur le devant de la scene … Ajoutez Poutine qui ne lache pas une miette et qui vient d’abroger l’accord de protection aérienne USA – Russie (= un avion US sera maintenant abattu sur le champs s’il s’aventure contre Assad) et qui met son systeme de défense antiaérien en alerte …. et WW3 se rapproche à nouveau dangereusement …

Trump, l’ami des Russes, envisagerait des sanctions contre la Russie et l’Iran pour leur soutien à la Syrie:

Interviewée par CNN, Nikki Haley, l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, a déclaré que la question de nouvelles sanctions contre la Russie et l’Iran était étudiée par le président Donald Trump.

«Je pense que ce sont des conversations [à propos des sanctions] qu’il va avoir et a même déjà commencé à avoir», a-t-elle expliqué, avant d’ajouter : «Rien n’est exclu !»

En cause : le soutien renouvelé de Moscou et de Téhéran au gouvernement de Bachar el-Assad après l’attaque chimique présumée dans la province d’Idleb, que Washington attribue, sans preuves, au chef de l’Etat syrien.

Pendant ce temps Boris Johnson compte sur le G7 pour infléchir la position de Moscou sur le sort d’Assad  Le chef de la diplomatie britannique entend accorder les membres du G7 sur une position commune appelant au départ de Bachar el-Assad en Syrie. Position qui devrait ensuite être présentée à Moscou par le Secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson….

 La Russie et l’Iran « répondront par la force » si les Etats-Unis attaquent de nouveau la Syrie

Le président iranien Hassan Rohani a contacté son homologue russe Vladimir Poutine après l’attaque américaine en Syrie. Moscou et Téhéran condamnent un acte « qui viole le droit international » et mettent en garde Washington contre toute récidive.

La Russie et l’Iran ont prévenu les Etats-Unis qu’ils « répondr[aient] par la force » si la « ligne rouge » était une nouvelle fois franchie en Syrie, faisant référence au bombardement par l’armée américaine de la base aérienne de l’armée syrienne d’Al-Chaayrate, le 7 avril dernier.

« L’opération conduite par les Etats-Unis est une agression contre la Syrie : une ligne rouge est franchie », peut-on lire dans un communiqué publié ce 9 avril par l’alliance militaire qui soutient le gouvernement syrien et à laquelle participent Moscou et Téhéran. « Désormais, toute agression, quel qu’en soit l’auteur, fera l’objet d’une réponse par la force – et les Etats-Unis connaissent les moyens dont nous disposons pour cela », précise le communiqué.

Le Kremlin a également indiqué que le président iranien Hassan Rohani avait joint le président russe Vladimir Poutine par téléphone ce 9 avril, afin de discuter des conséquences de l’action militaire américaine du 7 avril. Les deux hommes l’ont qualifiée d’« inadmissible », rappelant en outre qu’elle violait le droit international.

Les présidents iranien et russe ont par ailleurs renouvelé leur appel à la tenue d’une enquête objective au sujet de l’attaque chimique présumée qui a touché la ville de Khan Sheikhoun, dans la province occidentale d’Idleb, le 4 avril dernier. Elle permettra d’établir les responsabilités, alors qu’une grande partie des chancelleries occidentales accuse déjà sans preuves le gouvernement syrien. Les deux présidents ont aussi réaffirmé leur détermination à « approfondir leur coopération dans la lutte contre le terrorisme ».

Très tôt le matin du 7 avril, les Etats-Unis ont lancé 59 missiles Tomahawk sur la base de l’armée syrienne d’Al-Chaayrate, en représailles à l’attaque chimique présumée du 4 avril dans la province d’Idleb, dont Washington tient le gouvernement syrien pour responsable sans fournir de preuves. La Russie a qualifié les bombardements d’« acte d’agression usant d’un prétexte artificiel contre un pays souverain et membre de l’ONU ».

 

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