RSS

Archives de Tag: le scénario

« Poids des dettes : le scénario catastrophe du FMI » L’édito de Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Je dois vous avouer mes amis que je ne boude pas mon plaisir face aux titres apocalyptiques et “fin du mondiste” de la grande presse financière et des quelques organes de gouvernance de l’économie mondiale, parmi lesquels, évidemment, le FMI tient une place centrale.

Alors quand le FMI tremble devant le poids des dettes et que Les Échos titrent « Le scénario catastrophe du FMI », je me dis que finalement, je suis d’une trop grande sobriété.

Si Les Échos vous parlent d’une catastrophe, de vous à moi, il faut préparer vos abris immédiatement et n’oubliez pas la dotation réglementaire en boîte de raviolis bio de chez Carrefour et en filets de sardines à l’huile d’olive avec un zeste de citron.

Les boîtes de sardines ont cela de prodigieux qu’avec le temps, il en va des sardines comme du bon vin. Cela se bonifie avec le temps.

Mais cessons de parler cuisine.

Revenons à notre FMI.

Le FMI vient de mettre en exergue les fragilités du système financier international. « Dans leur document, les experts du Fonds ont élaboré un scénario catastrophe qui s’étale sur cinq ans jusqu’en 2022 sur la base des constats d’aujourd’hui. »

Cinq facteurs de fragilités

Après le blabla d’usage et de rigueur où il convient de saluer (le chapeau bien bas et avant de devoir le « bouffer ») « les mesures qui ont été prises à la suite de la crise de 2008 avec, notamment, un renforcement de la surveillance bancaire et financière sans oublier le renforcement des fonds propres des plus grandes banques », le FMI n’observe pas moins quelques faits alarmants.

Et pour notre FMI, il y a 3 facteurs principaux de vulnérabilité répertoriés.

1/ Il y a trop d’argent et à titre d’exemple, il n’y a plus que 2 000 milliards d’obligations de bonne qualité offrant un rendement supérieur à 4 % contre 16 000 milliards avant la crise de 2008.
Cela veut dire qu’il n’y a plus d’actifs rentables sur lesquels placer l’épargne abondante et liée à la création monétaire excessive…

2/ 135 000 milliards de dollars, c’est le montant des dettes publiques, des entreprises non-financières et des ménages des pays du G20, soit un endettement équivalent à environ 235 % du PIB en… moyenne. Ce n’est pas bon.

3/ La finance de l’ombre poursuit sa croissance et en Chine c’est là où ce serait le pire…
La finance de l’ombre chinoise inquiète.

Le meilleur pour la fin : la fin du monde selon le FMI

« Les ministres des Finances du G20 auront droit, vendredi, à un petit exercice d’alerte précoce où le FMI leur présentera son scénario catastrophe. Ce dernier se déroule en deux phases. Jusqu’à 2020, l’économie mondiale et les marchés suivent la tendance actuelle. Les marchés progressent, les taux d’intérêt restent bas, les dettes progressent encore.

« L’intensité du choc est égale à un tiers de celle enregistrée en 2008 »

À partir de 2020, le FMI imagine une hausse rapide des taux d’intérêt, une chute de 15 % des marchés et un recul de 7 % des prix de l’immobilier. En faisant tourner ses modèles économétriques, le résultat montre une production mondiale en chute de 1,7 % en moyenne. ”L’intensité du choc est égale à un tiers de celle enregistrée en 2008”, souligne l’institution. Chacun peut imaginer le désastre si d’aventure les marchés dévissent de manière plus importante. »

Ohhh, mes amis, c’est exquis, que dis-je, divin.

Attendez, je répète, je ne m’en lasse pas.

« Chacun peut imaginer le désastre si d’aventure les marchés dévissent de manière plus importante »…

Donc tout le monde sait bien que le prochain choc ne sera pas égal à un tiers de ce que fut celui de 2008, car la situation n’est pas deux tiers moins grave, mais tous les indicateurs se sont largement empirés.

Le prochain choc sera redoutable, et le système économique, tel qu’il est conçu, ne s’en remettra probablement pas, ce qui ne signifie pas que ce soit la fin du monde en tant que tel, mais bien la fin d’un système économique.

Un autre émergera, et devra d’ailleurs émerger, car tous les paramètres du système actuel sont au rouge.

Ce système est au bout du rouleau, et les premières victimes seront les actifs purement financiers et virtualisés qui s’évaporeront au premier coup de canon.

Celles et ceux qui me lisent régulièrement savent imaginer le “désastre” à venir.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

Publicités
 
Poster un commentaire

Publié par le 12 octobre 2017 dans économie, général, International

 

Étiquettes : , , , ,

Le scénario de la partition de la Syrie – Après Mossoul, Raqqa capitale de Daesh

Afficher l'image d'origine
«Si un évènement arrive par hasard », soyez sûr qu’il a été programmé pour se dérouler ainsi.» Franklin Delanoë Roosevelt

Depuis quelques jours nous sommes saturés par les médias occidentaux concernant la bataille de Mossoul présentée comme la «Mère des batailles» qui permettrait de mettre un point final à Daesh. En fait, une analyse fine nous apprend qu’il n’en est rien. On ne sait toujours pas à quoi tout cela rime si nous n’avons pas une vue d’ensemble du problème du Moyen-Orient. On a cru un moment qu’après l’accord américano-russe du début septembre ce serait la paix. Il n’en fut rien, la trêve ne fut pas respectée et comble de l’horreur une «bavure» de la coalition a fait plus de 60 morts dans l’armée syrienne, mais pas seulement, beaucoup de ponts et d’infrastructures ont été détruits,ce qui nous a paru à l’époque incompréhensible car la lutte contre Daesh n’est pas la lutte pour démolir des infrastructures. Ce n’est qu’avec la comédie de l’attaque de Mossoul que le scénario devient plus lisible.

Pepe Escobar est l’un de ceux qui attirent l’attention sur un scénario diabolique: «Le plan est de refouler ISIS d’Irak, afin de s’assurer qu’il survit dans l’est de la Syrie.» Il ne fait aucun doute que Baghdad a besoin de reprendre Mossoul à ISIS / ISIL / Daesh. Il ne pouvait pas le faire avant. En théorie, c’est le moment. La vraie question ce sont les motivations contradictoires du grand who’s who de qui-fait-quoi. Au choix – et dans le désordre – la 9e division de l’armée irakienne, les peshmergas kurdes sous la houlette de l’opportuniste, corrompu et rusé Barzani, les seigneurs tribaux sunnites, les dizaines de milliers de milices chiites du sud de l’Irak, le support opérationnel des Forces spéciales américaines, les bombardements ciblés par l’US Air Force ou, planquées en coulisse, les forces spéciales turques et leur puissance aérienne » (1)

«(…) Et cela nous amène au coeur de la question expliquant le sabotage, par le Pentagone, de la trêve russo-américaine, les crises de rage de Samantha Power la cinglée, aveuglée par le pouvoir, et le baratin non-stop selon lequel la Russie est en train de commettre des crimes de guerre. Pour les Américains [ndr] le cessez-le-feu était un moyen de gagner du temps et de réarmer ce que Washington décrit comme des rebelles modérés. Pourtant, même cela était trop pour le Pentagone, qui fait face à une alliance Syrie / Iran / Russie déterminée à lutter contre toutes les déclinaisons de salafistes-djihadistes déments – quelle que soit leur terminologie – et se sont engagés à maintenir une Syrie unitaire.» (1)

Pepe Escobar pense que «reconquérir la totalité de la ville d’Alep doit être la priorité absolue de Damas, Téhéran et Moscou. (…) Ainsi, la méthode pour reconquérir l’est d’Alep est vraiment extrêmement dure. Il y a une crise humanitaire. Il y a des dommages collatéraux. Et cela ne fait que commencer. Parce que tôt ou tard, la SAA, soutenue par le Hezbollah et les milices chiites irakiennes, devra reconquérir l’est d’Alep avec des bottes sur le terrain – soutenue par des avions de combat russes.(…) Le changement de régime à Damas – d’où «Assad doit partir» – par la voie militaire est maintenant impossible.» Le plan du Pentagone est trompeusement simple. Effacer tous les signes de présence de Damas et de son armée, la SAA, à l’est de Palmyre. Et c’est là que la bataille de Mossoul converge avec la récente attaque aérienne du Pentagone sur Deir Ezzor [tuant plus de 80 soldats syriens, NdT]. Même si nous avons une offensive dans les prochains mois contre Raqqa, menée par les Kurdes du YPG ou même par les forces turques, nous aurons encore une principauté salafiste depuis l’est de la Syrie jusqu’à l’Irak occidental, tout cela regroupé, exactement comme la Defense Intelligence Agency (DIA) l’avait planifié – rêvé? – en 2012.» (1)

«L’historien syrien basé à Londres Nizar Nayyouf, ainsi que des sources diplomatiques anonymes, ont confirmé que Washington et Riyadh ont conclu un accord pour laisser des milliers de djihadistes du faux Califat s’échapper de Mossoul vers l’ouest, aussi longtemps qu’ils se dirigent directement vers la Syrie. Un regard sur la carte de bataille nous montre que Mossoul est complètement encerclée… sauf à l’ouest. (…) Les Russes ne sont pas dupes, on peut parier qu’ils ont la parade: «Il n’est également pas étonnant que le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov ait clairement vu le Grand Schéma: «Pour autant que je sache, la ville n’est pas complètement encerclée. J’espère que c’est tout simplement parce qu’ils ne peuvent pas le faire, et non parce qu’ils ne le veulent pas. Mais ce corridor pose le risque de voir les combattants de l’État islamique fuir Mossoul et aller en Syrie.» Il est clair que Moscou ne restera pas les bras croisés si tel est le cas: «J’espère que la coalition menée par les USA, qui est activement engagée dans l’opération pour prendre Mossoul, va le prendre en compte.» Après tout, pour la Coalition dirigée par les US – de derrière? -, la priorité numéro un est d’assurer la survie du Califat bidon, quelque part dans l’est de la Syrie.» (1)

La tromperie partagée par Washington et Ankara

Il est curieux d’observer que les spécialistes lisent clairement dans le jeu des puissances occidentales, à savoir chasser Daesh de Mossoul et l’aider à créer un Etat entre l’Irak et la Syrie avec comme capitale Raqqa. Comme le rapporte Mouna Alno-Nakhal: «Le 3 octobre, lors d’une émission de décodage de l’hystérie occidentale devant l’avancée de l’Armée syrienne, le général Amine Hoteit avait déclaré: «Si les États-Unis avaient le moindre espoir qu’Alep ne soit pas libérée des terroristes au minimum d’ici deux mois, ils auraient agi autrement. Mais force est de constater que la Syrie et ses alliés, notamment la Russie, en ont décidé autrement » (2)
.
« D’où leur «plan C», initié à Deir ez-Zor, pour prendre la ville en otage et atteindre trois objectifs: délimiter à l’est une région ouverte sur l’Irak pour l’isoler de la Syrie. C’est pourquoi ils empêchent la progression de l’Armée syrienne en détruisant les ponts, exactement comme Israël avait procédé au Liban lorsqu’il avait envahi le Sud, démolissant quatre ponts principaux afin de l’isoler du reste du pays (…)Réussir à «libérer Mossoul» selon le plan des USA et non selon celui des Irakiens. Autrement dit, à la manière turque lors de la prétendue libération de Jarablus, en Syrie, par une opération de passe-passe de la main droite qui guide Daesh à la main gauche qui guide Al-Nosra. La question devient alors: mais où les USA dirigeront-ils les terroristes présents dans Mossoul? Réponse: à Deir ez-Zor. Atténuer la victoire de la Syrie et de ses alliés à Alep, victoire certaine d’ici quelques semaines; laquelle, à notre avis, torpillera définitivement le plan de partition US de la Syrie, les frappes sur Deir ez-Zor se réduisant à une opération de punition et de vengeance…» (2)

«Sayed Nasrallah, poursuit Mouna Alno-Nakhal avait été encore plus explicite que le général Hoteit: «S’agissant de l’Irak, il passe de victoire en victoire grâce aux sacrifices de ses fils, de son armée, de ses forces de mobilisation populaire et de ses tribus sunnites, chiites et kurdes, face aux takfiristes de Daesh. Aujourd’hui, les forces irakiennes progressent vers Mossoul… Je m’adresse aux dirigeants irakiens, aux combattants de l’Armée irakienne et du Hachd al-Chaâbi, afin qu’ils soient vigilants face aux plans américains. Les États-Unis veulent ouvrir la route aux takfiristes de Daesh pour qu’ils fuient vers l’est de la Syrie. Ils veulent «entasser» Daesh à l’est de la Syrie. Et ces derniers vont en profiter pour mener de nouveau des attentats contre le territoire irakien…» (2)

Le rêve d’Erdogan

Là encore ce n’est pas limpide, on pensait naïvement qu’Erdogan s’est émancipé de l’Empire en basculant vers une entente avec la Russie, il n’en n’est rien. Pepe Escobar avance que «Ankara et Washington écrit Pepe Escobar, discutent activement d’une offensive contre Raqqa, alors qu’Erdogan n’a pas abandonné son rêve d’une zone de sécurité de 5000 km2 dans le nord de la Syrie. En un mot, pour Erdogan, Mossoul est une distraction. Ses priorités demeurent une Syrie fracturée et fragmentée, zone de sécurité incluse, et l’écrasement des Kurdes du YPG (…)» (1)

«Que veut Erdogan écrit pour sa part, Mouna Alno Nekhal, mis à part le fait que, de concert avec l’administration américaine et son allié, Adel al-Joubeir, ministre saoudien des Affaires étrangères, il ne fait que hurler pour écarter le Hachd al-Chaabi de la bataille de Mossoul? (…) Il n’empêche que d’après l’exposé du 19 octobre de l’ex-général libanais Mohamad Abbas sur Al-Mayadeen TV, les forces prêtes à l’offensive encerclaient incomplètement Mossoul: (…) l’ouest de Mossoul restant largement ouvert aux terroristes en direction de la Syrie, comme prévu par tous les observateurs, alors que dans sa dernière émission de «60 minutes» du 21 octobre, M.Nasser Kandil a dévoilé que le plan du Hachd al-Chaabi était d’entrer par le côté ouest du Tigre pour bloquer les terroristes dans Mossoul et leur interdire de s’enfuir vers les campagnes quasi inhabitées, où il leur serait facile de se disperser en attendant des jours meilleurs pour continuer leur mission de guerre d’usure en Syrie. Mais le gouvernement irakien est contraint de composer avec l’Armée américaine…Interrogé à ce propos par la Télévision nationale syrienne, l’ex-général syrien Turki al-Hassan a témoigné qu’environ 800 terroristes étaient déjà arrivés à Raqqa en provenance de Mossoul.» (2)

«Pour le général Al-Hassan poursuit l’auteure, Erdogan a comme ambition de récupérer Mossoul s’appuyant sur une clause du traité de Lausanne de 1923 qui stipule qu’il pourrait être revu 100 ans plus tard (…) Mossoul pourrait revenir à la Turquie. Il pourrait ainsi revendiquer l’enclave sunnite, qu’il appelle de ses voeux avant de la rattacher à la Turquie, sous une forme ou une autre, union ou fédération. (…) En résumé: «Il ne faudrait pas croire que la victoire de l’Armée irakienne, soutenue par la Coalition internationale menée par Washington, signifie l’élimination de Daesh en Irak. Certes, Al-Ramadi et Tikrit ont été libérées, mais la première est sur les rives de l’Euphrate et la deuxième, ainsi que Mossoul, sont sur les rives du Tigre.(…) À la lumière de ce qui se passe à Alep, il nous faut donc croire que les cartes de partition des uns et d’expansion des autres sont sans doute fin prêtes, mais que l’hystérie collective des Occidentaux, suscitée par la détermination de la Syrie et de ses alliés à nettoyer Alep-est des terroristes, signifie qu’ils ont bien compris que ni la Syrie, ni la Russie, ne sont prêtes à céder au chantage des uns et des autres et, surtout, que l’État syrien a refusé catégoriquement tout accord du style afghan ou irakien.» (2)

Que se passera-t-il après?

Robert Fisk abonde dans le même sens en écrivant: «Toute l’armée du califat de Daesh pourrait être dirigée contre le gouvernement Assad et ses alliés – un scénario qui pourrait provoquer une certaine satisfaction à Washington (…) L’objectif réel derrière la «libération» de la ville irakienne planifiée par les Etats-Unis serait, selon l’armée syrienne, d’inonder la Syrie avec les hordes de combattants de Daesh fuyant leur capitale irakienne pour leur «mini-capitale» de Raqqa à l’intérieur même de la Syrie (…) En d’autres termes, si Mossoul tombe, toute l’armée du califat de Daesh pourrait être dirigée contre le gouvernement Assad et ses alliés – un scénario qui pourrait provoquer une certaine satisfaction à Washington. Lorsque la ville irakienne de Fallujah est tombée entre les mains de l’armée et des milices irakiennes plus tôt cette année, de nombreux combattants de Daesh ont immédiatement fui vers la Syrie (3).

« Beau simulacre de bataille pour Mossoul, belle mise en scène, belles explosions après la chute de Mossoul lorsque Daesh fuira vers la Syrie, ils vont se faire carboniser par l’aviation russe et syrienne plus les batteries d’artillerie thermobarique, autre missile kalibr etc…sans compter les troupes au sol syrienne, iranienne, Hezbollah et aussi des éléments des forces spéciales russes les plus aguerries qui les attendent de pied ferme ». (3)

Alors que la presse internationale écrit Christophe Trontin, se lamente de la «reprise des bombardements russes» sur Alep avec l’accord des autorités syriennes, elle se réjouit des «frappes» que prépare la coalition internationale sur Mossoul, avec l’accord des autorités irakiennes. Deux poids, deux mesures. Comme d’habitude, la propagande atlantiste utilise deux vocabulaires distincts: «Frappes» généralement «ciblées» ou «chirurgicales» lorsqu’il s’agit des uns, «bombardements» pour les autres. (…) D’ailleurs, si les Russes sont maîtres du terrain en Syrie, ils doivent désormais compter avec un énième coup fourré de la part de leurs amis d’outre-détroit de Béring: la bataille de Mossoul, dont la «Coalition internationale» affirme, là aussi, qu’il s’agit d’écraser le dernier bastion en Irak du terrorisme salafiste / des djihadistes de Daesh, des méchants en leur ménageant une porte de sortie vers la Syrie» (4).

Mossoul-Alep: la diagonale du fou…

René Labevière fait une analyse qui rejoint aussi celle des autres experts en expliquant que la coalition fera tout pour que l’armée syrienne s’embourbe à Alep pendant qu’ils confortent Daesh dans les nouveaux territoires après leur sortie de Mossoul: «Washington, Riyadh, Tel-Aviv et les capitales européennes ne l’entendent pas de cette oreille, misant toujours sur une fragmentation territoriale et politique de la Syrie, partition pudiquement baptisée «solution fédérale», l’objectif étant de faire dans ce pays, ce qui a été accompli dans les Balkans, en Irak et en Libye, à savoir la destruction de toutes infrastructures régaliennes et autres structures politiques et services publics. (…) Désormais, une course de vitesse est bien engagée entre Américains et Russes pour, après Mossoul, prendre le contrôle de Raqqa. En réponse à la reconquête d’Alep, les Américains veulent appuyer les Kurdes dans leur offensive sur Mossoul. Celle-ci ne manquera pas de provoquer un repli des groupes terroristes de Daesh sur Raqqa afin de fixer, sinon d’épuiser la coalition russo-syrienne.» Dans ce contexte, les Russes déploient deux stratégies concomitantes: pousser l’armée arabe syrienne à reprendre contact avec les groupes locaux en proposant notamment, de sécuriser des passages d’exfiltration pour ceux qui acceptent de quitter l’Est d’Alep et de déposer les armes; poursuivre les bombardements des états-majors enterrés, (…) Sur cette diagonale du fou Mossoul/Alep, il n’échappe à personne que la propagande médiatique bat son plein plus que jamais». (5)

Ce qui peut contrarier les plans de la coalition

Dans la contribution suivante il semble que les Irakiens ne soient pas prêts à lasser échapper Daesh vers l’ouest : « Selon un certain nombre d’observateurs, l’empire ayant vu son plan A (Assad doit partir) tomber complètement à l’eau et assistant impuissant à la reconquête d’Alep par les loyalistes, il active un plan B à minima : laisser une porte ouverte à l’ouest à Daech pour qu’un flot de djihadistes fuyant Mossoul s’engouffrent en Syrie et y renforcent le sunnistan. Une source anonyme russe confirme (ça vaut ce que ça vaut). C’est également indirectement corroboré par le comportement d’une partie des combattants de la coalition, ce qui met une nouvelle fois en lumière l’invraisemblable bric-à-brac de celle-ci. Peut-être soupçonneux des intentions américaines et fermement décidées à éviter des difficultés supplémentaires à leur allié Assad, les milices chiites irakiennes annoncent qu’elles vont couper toute retraite possible aux petits hommes en noir du califat. De fait, certaines se dirigent déjà vers Tal Afar, prenant à revers Mossoul et isolant la ville. Si les Américains pensaient utiliser la grande bataille du nord de l’Irak pour mettre Damas en difficulté, leurs « alliés » au sein de la coalition sont en train de court-circuiter le stratagème… » (6)

On l’aura compris, il est très difficile d’y voir clair et même la Russie joue un jeu incompréhensible ayant trois fers au feu : Défendre Assad, alliance politique avec les Kurdes du PYD et reprendre  les discussions avec Erdogan qui non seulement mène une guerre sans merci à ses Kurdes mais ambitionne de réécrire le traité de Lausanne. Les Kurdes seront encore les grands sacrifiés des grands : Ni la Syrie Ni Erdogan ne veulent les émanciper. Il reste les Kurdes irakiens qui pour le moment se battent pour libérer Mossoul et après ?

Daesh aura encore de beaux jours devant lui, il ne vacille pas, on lui offre une porte de sortie avec  des armes de la même coalition et des milliers de Toyota en prime achetés avec l’argent des Arabes pour combattre d’autres Arabes..;ce n’est pas pour demain que les peuples syrien et irakien retrouveront la sérénité. Ce qui se passe au Moyen-Orient est le prélude à une attaque directe entre les Russes et les Américains. La boutade de Roosevelt nous met en garde contre le hasard. Ce n’est pas un hasard voire une bavure  si l’armée syrienne libre est bombardée pendant plus d’une heure sans répit par les avions de la coalition, ce n’est pas un hasard si tout les ponts sur l’Euphrate ont été ciblés  pour empêcher une éventuelle implantation de Daesh d’être attaquée par l’armée syrienne… Les épaves humaines qui errent sur les routes et à qui on refuse l’asile en Europe sont aussi des victimes d’un conflit qui les dépasse. Sartre avait bien raison d’écrire que «quand les riches se font la guerre, ce sont les pauvres qui meurent»!

1. Pepe Escobar    http://lesakerfrancophone.fr /denouer- lecheveau-alep-mossoul 21 10 2016

2. http://www.legrandsoir.info/la-bataille-de-mossoul-ou-la-tromperie-partagee-par-washington-et-ankara.html

3. http://www.independent.co.uk/voices/mosul-offensive-isis-flee-iraq-syr

4. http://www.legrandsoir.info/les-doubles-standards-entre-alep-et-mossoul.html

5. Richard Labévière  http://prochetmoyen-orient.ch/mossoul-alep-la-diagonale-du-fou/

6. http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2016/10/voyage-dans-la-poudriere-ii-al-bab-alep.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail
Article de référence  ici

 

Étiquettes : , , , , , , ,

Et si l’Otan perdait une guerre prochaine contre la Russie… c’est en tous cas le scénario d’un think tank américain

Et si l’Otan perdait une guerre prochaine contre la Russie… c’est en tous cas le scénario d’un think tank américain

Il faudrait à peine trois jours pour que l’armée russe envahisse les pays baltes, c’est le scénario catastrophe que prévoit un think tank américain, en dépit des forces de l’OTAN en présence… C’est pourquoi la Suède a décidé de remilitarisé une vieille base stratégique de la Guerre Froide, située sur l’île de Gotland, à quelques kilomètres de ses côtes.

Atlantico : Pour contrer la menace russe, la Suède a récemment pris la décision de remilitariser l’ile stratégique de Gotland, une ancienne base frontalière pendant la guerre froide. Quelle est la réalité de la menace militaire russe vis-à-vis des pays baltes ? Peut-on déterminer les intentions de Moscou dans la région ?

Michael Lambert : La Russie est actuellement la principale menace qui pèse sur les pays-Baltes, loin devant le réchauffement climatique ou bien même la fuite démographique.

Historiquement, les pays-Baltes ont du se rattacher à l’URSS en raison de la présence de l’Armée rouge, mais ces derniers sont culturellement Occidentaux et même Nordiques pour l’Estonie, ce qui explique les tentatives de russification pendant la période communiste, afin d’éliminer l’héritage Européen et notamment Luthérien.

Aujourd’hui, la présence russophone est palpable en Estonie ou ils représentent plus de 24% de la population, et ces derniers ne partagent ni la tradition luthérienne et peinent à apprendre la langue nationale. La présence des russophone n’est pas un problème économique ou politique, mais davantage un obstacle à l’affirmation de l’identité Nordique de l’Estonie. 

Une situation similaire s’observe en Lituanie, ou la minorité russophone pose plusieurs problèmes car moins sceptique vis-à-vis du danger que représente la Russie pour la sécurité sur le continent. Il semble pertinent de noter que la minorité russophone dispose cependant de meilleures conditions de vie au sein de l’Union européenne par rapport à en Russie, ce qui explique en grande partie la réticence des russophiles à vouer une allégeance totale à Moscou.

Malgré cela, les minorités russophone constituent un problème majeur pour la stabilité régionale en raison de leur potentielle instrumentalisation par le Kremlin. En effet, les évènements en Ukraine en 2014 mettent en avant le fait que le Kremlin dispose désormais des techniques dite de “Guerre hybride”, et celles-ci permettent de contourner l’application de l’Article 5 du Traité de Washington et donc une intervention de la part de l’OTAN.

Les experts à Bruxelles savent que le processus de Guerre hybride naît avec les divergences entre les minorités ethniques, ce qui amène donc à penser que la Russie pourrait envisager d’utiliser le même processus en Estonie ou en Lituanie, ce qui aurait pour conséquence de directement nuire à la stabilité en Union européenne, dans la Zone euro et au sein de l’OTAN, et ce sans que les Occidentaux ne puissent réagir.

Dans l’espace Balte, les intentions de Moscou sont dès lors limpides, il est question de vouloir donner naissance à une potentielle guerre civile afin de pouvoir re-définir la carte établie au moment de la chute de l’URSS. La Russie pourrait ainsi affaiblir la Lituanie pour permettre de relier par la suite l’enclave de Kaliningrad au reste de la Fédération.

Moscou pourrait également utiliser le motif d’une guerre civile pour militariser Kaliningrad et ce en y disposant des armes nucléaires à moins de 600kms de Berlin en prétextant qu’elle souhaite se prémunir en cas de dégénérescence d’un potentiel conflit qu’elle aurait elle-même engendré.

La menace russe est tangible car la mer Baltique regroupe les pays les plus avancés au sein de l’Union européenne. Dans une perspective statistique, les pays du Nord sont les moins corrompus, les plus avancés sur le plan technologique, et incarnent un exemple à suivre en matière de respect des Droits de l’Homme et de la femme pour les pays du Sud de l’Union.

L’objectif de Moscou est dès lors de parvenir à affaiblir l’espace Nordique, notamment les Pays-Baltes, tant pour rattacher les minorités russophone à la Fédération que pour tenter de regarder un contrôle militaire en mer Baltique. Cela permettrait également de prendre une forme de revanche sur des pays comme l’Estonie qui, malgré une taille modeste, est devenue leader dans les domaines de la cyber-défense et cyber-sécurité.

Selon plusieurs scénarios élaborés par un think tank américain, les forces armées russes postées en périphérie des pays baltes seraient en mesure d’en envahir les capitales en moins de trois jours. Quel est l’état des forces de l’OTAN dans la région des pays Baltes ? Sont-elles suffisantes comparé à la capacité militaire russe ?

Sur un plan purement militaire, la Russie est apte à envahir l’ensemble des pays Baltes en moins de 24 heures, mais cette approche militaire classique, qui n’use pas de la Guerre hybride, serait totalement incohérente.

Dans un premier temps, un simple état des lieux permet de constater que la supériorité totale de la Russie en nombre d’hommes, de chars, d’avions de chasse de 4ème et 5ème générations. Abstraction faite de la cyber-défense Estonienne, tous les paramètres donnent la Russie gagnante sur terre, mer et air, non sans oublier que Moscou est une puissance nucléaire, ce qui n’est pas le cas des pays Baltes. Mais malgré cela, une occupation directe de la part de la Russie aurait pour conséquence de mener à l’application de l’Article 5 du Traité de Washington qui stipule qu’une agression envers un pays membre de l’OTAN, ce qui est le cas de tous les pays Baltes, reviendrait également à rentrer en guerre avec les Etats-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne, la France ou encore l’Allemagne. En cas de conflit avec les Etats-Unis, les Russes seraient probablement en déroute après quelques semaines, sans oublier les conséquences diplomatiques lourdes pour le pays. C’est la raison pour laquelle les pays Baltes ont décidé d’intégrer l’OTAN en même temps que l’Union européenne en 2004, ce qui leur confère l’assurance d’une protection contre le Kremlin.

Dans un deuxième temps, si l’on se concentre sur les forces en présence dans cet espace, ces dernières restent insuffisantes en cas d’attaque de la part de la Russie. 

Les Etats-Unis ont récemment envoyé des drones MQ1-Predator en Lituanie, ainsi que des F-22 (avion de chasse de 5ème génération) en Allemagne, avant de les disposer en Pologne. Ces forces sont insuffisantes mais peuvent retarder la progression de l’Armée russe. Il semble pertinent d’ajouter qu’une attaque contre l’Estonie amènerait sans doute l’Armée polonaise à intervenir, sachant que celle-ci dispose de systèmes anti-aérien, et de nombreuses troupes au sol.

Une attaque de la Russie engendrerait donc des cyber-attaques en provenance de l’Estonie, une mobilisation de l’ensemble des pays Baltes, une intervention de la part de la Pologne, et des conséquences sur les plans économiques et diplomatiques assez lourds. En conséquence, la Guerre hybride semble être la seule alternative dont dispose la Russie pour le moment, et ce malgré sa supériorité militaire absolue.

En prenant la décision de se ré-armer et de remilitariser l’ile de Gotland, la Suède – qui se rapproche progressivement de l’OTAN – ne risque-t-elle pas de communiquer des dangereux signaux à la Russie ? Comment ceux-ci pourraient être interprétés, particulièrement dans un contexte de méfiance généralisée ?

La Suède et la Finlande se rapprochent aujourd’hui de l’OTAN, mais cette coopération peut également s’interpréter de plusieurs manières. Le renforcement des relations OTAN-Suède et OTAN-Finlande atteste possiblement du souhait de nouer des relations plus fortes avec certains membres de l’Union européenne qui sont aussi membres de l’OTAN ainsi qu’avec les autres pays Scandinaves. Dans la pratique, les pays du Nord de l’Europe, membre de l’OTAN ou non, participent déjà à des entrainements militaires au sein de la NORDEFCO.

La participation dans l’OTAN peut dès lors s’interpréter comme un souhait de rapprochement avec un partenaire comme la Norvège ou l’Islande.

Pour ce qui concerne la re-militarisation de l’Ile de Gotland, cette attitude pourrait en effet s’interpréter comme une forme de préparation en vue d’un conflit avec la Russie. En réalité, il est ici avant tout question de montrer que la Suède ne reste pas insensible aux évènements survenus en Géorgie en 2008 et en Ukraine en 2014, et ainsi adresser un signal modéré à Moscou. 

L’Armée suédoise ne dispose actuellement pas des capacités nécessaires pour lutter contre l’Armée russe, mais cette remilitarisation montre une certaine capacité de réponse en cas d’attaque. Un conflit entre ces deux pays serait pour le moins atypique dans la mesure ou les deux philosophies militaires sont antagonistes. L’Armée suédoise est moderne, avec du matériel high-tech et dispose d’une excellente organisation et sait faire preuve de polyvalence, mais elle reste de taille modeste. L’Armée russe pourrait alors jouer sur le nombre, mais ses équipements sont désuets et souvent hors-d’âge, remontant souvent à l’époque soviétique. Le résultat d’un conflit ouvert serait pour le moins révélateur de la réelle puissance du Kremlin, qui jusqu’à présent à même du mal à lutter contre des pays comme la Géorgie, en atteste le fiasco des interventions aériennes en 2008.

Néanmoins, en dépit de relations tendues entre les pays de l’Ouest et la Russie, ne faut-il pas voir dans ce rapport américain une volonté de « se faire peur » ou de réenclencher de vieilles mécaniques de guerre froide ? Quels sont, concrètement, les risques que courent les pays Baltes ?

La menace Russe est sérieuse et ce pour plusieurs raisons. En premier lieu, l’économie  Russe est en chute libre, avec une corruption qui prolifère dans toutes les administrations, un GINI qui s’apparente à celui d’un pays en voie de développement, une production agricole archaïque et un complexe industriel hors-d’âge. Pour compléter le tout, la Russie n’attire pas les investisseurs internationaux et connait une compétition accrue de la part de la Chine pour la vente d’armes, le seul secteur performant avec celui des énergies fossiles. En conséquence, la légitimité du gouvernement Russe repose actuellement sur le fait de faire croire aux citoyens que l’ensemble de leurs problèmes viennent de l’extérieur du pays. Une telle situation incite à générer un conflit afin de pouvoir faire passer des réformes extrêmes et de maintenir la population Russe dans un Etat d’ignorance tout en la coupant du reste du monde.

Le rapport Américain ne prend pas en compte le principal danger, qui est la mise en place du processus de Guerre hybride. Un deuxième risque étant la cohésion entre les membres de l’OTAN en cas de guerre avec Moscou. Ainsi, une attaque contre l’Estonie amènerait-elle réellement les Etats-Unis à envisager jusqu’à l’usage d’armes nucléaires tactiques pour s’imposer ? L’expérience de 2008 en Géorgie semble au contraire avoir montré les limites de l’engagement militaire Américain en cas de réponse de la part de la Russie. 

Autrement, le rapport a essentiellement pour objectif d’inquiéter les Européens pour les inciter à investir dans le secteur militaire car le budget pour l’OTAN ne cesse de diminuer (à peine 35% du total pour l’Europe contre 65% pour les USA). S’il apparait comme évident que la Pologne n’est pas le pays le plus risqué, pas plus que la Roumanie et la Bulgarie, l’Estonie et la Lituanie semblent être les cibles les plus pertinentes pour le Kremlin car elles sont toutes deux pro-Europe et pro-OTAN et avec  des russophones sur leur territoire.

Les pays Baltes sont donc bien en première ligne, ce qui explique la mutualisation des moyens militaires ces derniers mois et la participation active dans les Organisations Internationales comme l’OTAN et l’Union européenne. Il n’est donc pas ici question de nouvelle Guerre froide, mais bien d’une opposition entre monde Occidental et monde Russe, ce dernier devant trouver une légitimité à son existence alors même qu’il accuse un retard économique et technologique de plus en plus inquiétant.
Source 

 
 

Étiquettes : , , , , , , , , , , ,

Banques: « La Belgique se retrouve dans le scénario de Chypre »

Afficher l'image d'origine

L’information n’a pas fait la Une des médias et pourtant, elle concerne tous les citoyens. Depuis le 1er janvier, de nouvelles règles en cas de faillite bancaire sont entrées en vigueur…

Ces nouvelles règles sont en principe positives pour les clients, sauf pour ceux qui ont plus de 100.000 euros dans la banque en question.

Mais d’abord, un petit rappel. Jusqu’à présent, quand une banque était au bord de la faillite, c’est très souvent l’État qui était appelé à la rescousse. Donc au final, elle était en réalité sauvée par les contribuables, y compris ceux qui n’avaient pas un euro de dépôt dans cette banque. Rien qu’entre octobre 2008 et octobre 2011, c’est-à-dire au plus fort de la crise de la zone euro, la Commission européenne a donné son accord pour 4.500 milliards d’euros d’aides d’État pour sauver des établissements bancaires. Or, justement, la Commission et les États ne veulent plus voir ce scénario: quand la direction d’une banque sait qu’elle peut être sauvée par l’État, elle peut avoir tendance à déraper puisqu’elle sait qu’elle sera sauvée quoiqu’il arrive.

Pour éviter ce genre de dérapage et éviter que ce soit à chaque fois le contribuable qui passe à la caisse, la Commission européenne a imposé de nouvelles règles à partir de ce 1er janvier 2016. Dorénavant, si une banque a des difficultés, ceux qui passeront à la caisse les premiers, ce sont les actionnaires de la banque. Et si cela ne suffit pas à renflouer la banque en question, les deuxièmes à passer à la caisse seront les détenteurs d’obligations de cette banque. Et si cela ne suffit toujours pas, alors la banque sera sauvée par ses clients.

En clair, les gros clients, ceux qui ont plus de 100.000 euros en compte devront aussi passer à la caisse pour éponger les pertes de la banque en faillite. Autrement dit, les gros déposants ne sont plus à l’abri de perdre leur argent. On se retrouve en réalité dans le scénario de Chypre, qui est resté dans toutes les mémoires, lorsque des Russes ont découvert que l’argent qu’ils y avaient mis en sécurité était parti en fumée avec la faillite des banques chypriotes !

Évidemment, cette information ne fait pas plaisir. Mais du côté de la Commission européenne, on insiste pour dire que c’est le prix à payer pour éviter que le contribuable ne mette la main à la poche pour sauver des banques avec lesquelles il n’a aucun lien.

Vous l’avez donc compris, si vous faites partie de ceux qui ont plus de 100.000 euros de dépôts dans une banque, faites en sorte de répartir vos avoirs sur plusieurs banques pour ne pas dépasser cette barre des 100.000 euros. Mais gardez également à l’esprit que même dans l’ancien système, les dépôts au-dessus de 100.000 euros n’étaient pas garantis !

Source

 
Poster un commentaire

Publié par le 25 janvier 2016 dans économie, général, International

 

Étiquettes : , , , , ,

Alerte : Bientôt le scénario chypriote pour l’Italie

Les scénarios grec et chypriote risquent de n'être que des répétitions...

Le secteur bancaire italien entre dans la tourmente, plusieurs grands groupes bancaires se sont effondrés à la bourse de Milan ce lundi : Monte dei Paschi di Siena (BMPS) a perdu 14,76%, Banca Popolare dell’Emilia Romagna (BPER) 8,97%, UBI Banca 8,53%, Banco Popolare 6,46%, Banca Popolare di Milano 5,44%, Intesa Sanpaolo 4,85%. Et encore les cours ont-ils été suspendus, sinon la chute aurait été plus sévère. A la réouverture de la cotation, mardi, la glissade reprend (-14,37% pour Monte dei Paschi di Siena, -8,56% pour Banco popolare, -5,72% pour Unicredit, etc.) entraînant une nouvelle suspension des cours…

L’Italie, nous en avons parlé récemment, le 17 décembre, lorsque le gouvernement a sauvé quatre petites banques régionales, pour une facture de 3,6 milliards d’euros payée par les grandes banques du pays. Matteo Renzi agissait alors dans l’urgence car il voulait absolument éviter la mise en œuvre de la directive BRRD (entrée en vigueur le 1er janvier 2016) qui – nous l’avons expliqué – fait reposer le renflouement d’une banque en faillite sur la ponction des comptes courants de ses clients. Le scandale aurait alors pris une toute autre ampleur, et c’est un bank run qui aurait alors menacé les autres banques de la péninsule.

Manque de chance, c’est ce qui semble devoir se produire. Les grandes banques du pays sont désormais entrées dans la bourrasque : les taux zéro écrasent leurs marges et leurs créances douteuses sont évaluées à 200 milliards d’euros (selon le banquier Lorenzo Codogno et ancien directeur général au ministère des Finances italien). Le FMI presse le gouvernement de créer une bad bank pour prendre en charge ces actifs pourris, mais la Commission européenne s’y oppose car un tel dispositif serait considéré comme une aide d’Etat, interdite en principe. Eh oui, voici une des conséquences de la directive BRRD, l’Etat ne peut plus renflouer ses banques ! Les bail-out son interdits, priorité exclusive aux bail-in, les épargnants doivent payer !

La BCE s’inquiète et a officiellement demandé de nouvelles informations sur ces 200 milliards d’euros de créances douteuses, qui constituent la principale menace. La proportion de ces créances douteuses ramenées à la totalité des créances détenues par les banques est de 17,5% en Italie, alors qu’elle n’est que de 2% en Allemagne, de 4% en France et de 7% en Espagne, selon les données de Royal Bank of Scotland. Elle s’élève même à 22% pour Monte dei Paschi di Siena selon Reuters, la troisième banque du pays (et accessoirement la plus ancienne du monde, fondée en 1472). On peut parler de système bancaire au bord de la faillite.

On se doute que le bank run a déjà commencé, que les gros clients virent leur argent dans d’autres banques ou à l’étranger. La chute des cours indique une prise de conscience des gens, dirons-nous, bien informés. Nous n’en sommes pas encore à la masse des déposants faisant la queue devant les distributeurs de billets, mais cela pourrait ne pas tarder.

Quelle va être la suite ? Une consolidation des banques (le paysage italien est très éclaté avec 700 banques) qui va repousser les problèmes de plusieurs mois ? Matteo Renzi qui réussi finalement à créer une bad bank (et la dette publique qui grimpe de 200 milliards, on n’est plus à ça près), ou une ponction de 200 milliards dans les poches des épargnants (le scénario chypriote, la directive BRRD) et une crise politique assurée ? Il va faire très chaud en Italie dans les semaines qui viennent.

source

 
Poster un commentaire

Publié par le 25 janvier 2016 dans économie, général, International

 

Étiquettes : , , , ,

Malgré des marchés stables, le «Grexit» devient le scénario le plus probable

Notez que Les Français rejettent l’austérité… mais sont favorables au Grexit :

Un Français sur deux se prononce en faveur d’une sortie de la Grèce de la zone euro, selon un sondage publié mardi. Pourtant, seuls 24% des sondés estiment que les politiques d’austérité « sont le seul moyen pour que l’Europe sorte de la crise économique ».

En moins de deux semaines, les partisans du Grexit sont devenus majoritaires dans l’Hexagone. Désormais, 50% des Français souhaitent voir la Grèce sortir de la zone euro, contre 49% qui souhaitent la voir rester, selon un sondage* Odoxa publié mardi 7 juillet dans Le Parisien. Seuls 46% des Français s’étaient exprimés en faveur du Grexit dans le même sondage il y a 10 jours.

« Ces derniers jours, à l’image de leurs leaders, ce sont les sympathisants de droite qui se sont le plus radicalisés : ils sont désormais 62 % à vouloir le Grexit (+ 4 points) contre 32 % à gauche (+ 1 point ) », souligne l’institut de sondage.

Malgré des marchés stables, le «Grexit» devient le scénario le plus probable

Le scénario d’un Grexit s’est nettement accru avec le non massif de dimanche. Tour d’horizon des économistes qui anticipent une sortie de la Grèce de la monnaie unique, et des autres. Les marchés financiers ont mieux résisté que prévu dans l’attente de la réaction de la BCE. Dès midi, l’indice SMI est toutefois reparti à la baisse. En cas de Grexit, l’euro devrait chuter, selon UBS

Avec le non de dimanche, la Grèce se rapproche de la porte de sortie de la zone euro. «Le Grexit est presque devenu inévitable. C’est le scénario le plus probable», écrit Karsten Junius, chef économiste dela banque J.Safra Sarasin. La banque pense que la Grèce émettra des reconnaissances de dette ces prochaines semaines (IOU) et fera défaut sur ses engagements vis-à-vis de la BCE. Il faut aussi savoir que le FMI n’a pas la possibilité de négocier un nouvel accord tant que les arriérés d’un précédent programme ne sont pas réglés, selon l’économiste.

Baisse de 10 à 15% des actions?

Si les conséquences du vote s’annoncent désastreuses pour l’économie grecque selon J.Safra Sarasin, les marchés financiers ont peu varié lundi matin. Le Nikkei a perdu 2,5%, l’indice SMI 0,7% et l’euro 0,2% à 1,0433 contre le franc. Dans les actions, ce sont les valeurs italiennes qui ont le plus fortement souffert (-2,6%). Avant l’ouverture, Steen Jakobsen, économiste de Saxo Bank, prévoyait «un recul de 5% des actions allemandes. et probablement de 10% les prochaines semaines». « Le résultat de dimanche a surpris les marchés financiers, mais ceux-ci ont bien résisté en raison de la protection offerte par la BCE et des statistiques publiées en début de semaine, par exemple le sondage de Sentix auprès des investisseurs », fait valoir Ricardo Garcia, économiste auprès d’UBS.

Sur les marchés obligataires, les écarts de rendement entre l’Italie et l’Espagne d’une part, et l’Allemagne de l’autre se sont tendus de 15 points de base (0,15%). La situation ne s’est donc pas aggravé significativement. Le dollar est pratiquement inchangé à 0,9445 franc.

Le risque d’une sortie de la zone euro est « très haut » à la veille de la rencontre entre Angela Merkel et François Hollande, a indiqué Ricardo Garcia. En cas de Grexit, l’euro devrait baisser à 1,05 dollar (1,1050 lundi), puis un dollar, selon l’économiste. Face au franc aussi, l’euro baisserait sensiblement. Et les actions pourraient baisser d’environ 10-15%.

Nationaliser les banques?

Les rumeurs les plus folles circulent lundi matin. Selon le Telegraph, le gouvernement étudierait la possibilité d’émettre «une liquidité parallèle». Certains évoquent l’éventualité d’une nationalisation des banques grecques et l’émission de billets de 20 euros (ce qui nécerssiterait l’accord de la Cour européenne). Selon le site zerohedge, il s’agirait alors «d’options nucléaires».

Mais comme les négociations se poursuivent, facilitées par le départ de Yanis Varoufakis, le ministre des finances grec, la probabilité d’un maintien dans la zone reste significative. A la table de négociations, les deux côtés ont besoin de trouver un compris. D’autant plus que le temps presse, explique-t-il. Ricardo Garcia pense que «les pressions de la part de la BCE devraient augmenter : Soit en offrant moins de liquidités aux banques grecques, soit en exigeant davantage de collatéral, soit en proposant une restructuration de ces établissements ». Les banques devraient rester fermées pour le moment, à la veille du délai de paiement d’un crédit à la BCE. Mais « la situation de l’économie grecque se détériore chaque jour. Les importations sont réduites et les stocks en baisse. Le gouvernement doit aller vite », indique UBS.

La drachme tout de suite

La sortie de la Grèce est même recommandée par certains économistes. Pour Hans-Werner Sinn, président de l’institut IFO, à Munich, «la Grèce devrait réintroduire la drachme», selon cash. Il explique que la Grèce est «un Etat insolvable. Il en va de même des banques locales qui lui sont fortement liées». L’économiste munichois estime que, dans ces circonstances, «la BCE ne devrait pas autoriser de nouveaux crédits d’urgence». En l’absence d’un nouveau programme budgétaire, la Grèce sera très vite paralysée, selon l’économiste allemand. La seule solution, à son avis, est alors «d’introduire rapidement une nouvelle monnaie». Hans-Werner Sinn estime que de nouvelles négociations prendraient beaucoup de temps, sans pour autant aboutir à un résultat concret. Le retour à la drachme permettrait au contraire de rétablir la solvabilité de l’Etat grec et des banques locales.

En cas de Grexit, Saxo Bank prévoit une hausse de l’euro. Mais à court terme, les fluctuations devraient être de faible ampleur.

La BCE ferme le robinet au plus tard le 20 juillet

Les économistes de Barclays anticipent également un «Grexit». François Hollande et Angela Merkel se rencontrent, mais il sera extrêmement difficile pour les leaders européens d’obtenir un plan de sauvetage qu’ils puissent «vendre» dans leur propre pays. D’autant que des élections sont proches, par exemple en Espagne. Ils ajoutent que «la BCE fermera le robinet des crédits d’urgence au plus tard le 20 juillet». Deux scénarios allant dans le sens du maintien dans la zone euro demeurent, mais ils sont dorénavant minoritaires, selon Barclays. Le premier serait la conclusion d’un accord entre les créanciers et Athènes. Le second interviendrait en cas de troubles sociaux majeurs en Grèce, lesquels conduiraient à des élections et à la mise sur pied d’un gouvernement plus favorable aux thèses de Bruxelles. Barclays recommande de vendre l’euro contre le dollar. Le risque de contagion est modéré. Les rendements des obligations souveraines italiennes et espagnoles devraient augmenter. L’écart avec les obligations allemandes devrait grimper de 150 points de base (1,5%) vendredi à près de 200 points de base ce lundi.

La probabilité d’un Grexit est maintenant montée à 50%, selon Laurent Bakhtiari, analyste auprès de IG Bank. Même si la sortie se concrétise, elle n’aura pas d’effet durable, selon l’économiste. La démission de Varoufakis permettra aux négociations de reprendre, mais elles seront très dures après le non massif. C’est «un vote de confiance pour le gouvernement Tsipras», ajoute-t-il.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/a58719ea-23ab-11e5-9a9f-be4265bf5f16/Le_Grexit_devient_le_sc%C3%A9nario_le_plus_probable – http://www.zerohedge.com/news/2015-07-06/who-biggest-winner-greek-tragedy

 
Poster un commentaire

Publié par le 7 juillet 2015 dans économie, général, International

 

Étiquettes : , , , , , , ,

 
%d blogueurs aiment cette page :