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Les enjeux de l’élection présidentielle en France : La gouvernance contre le peuple

ASSELINEAU #2017 – L’invité politique de Jean-François Achilli sur France Info – 3 avril 2017

Au passage, Trump a estimé que la course à l’Elysée était particulièrement incertaine et ne s’est donc pas prêté au jeu des pronostics. Interrogé sur Marine Le Pen, il a botté en touche : «Je ne la connais pas, je ne l’ai jamais rencontrée.»

«Je ne sais pas ce qui va se passer. Je sais que des distractions extérieures ont eu lieu et ont changé l’élection. Ça va être une course intéressante», a confié Donald Trump dans les colonnes du Financial Times, à propos de l’élection française. Le président américain, élu alors que Hillary Clinton, son propre adversaire, était embourbée dans les scandales, semble bien avoir en tête l’influence que peuvent avoir les «éléments extérieurs».

D’autre part à noter aussi, à un mois de la présidentielle, la Russie devient «dangereuse» aux yeux de Fillon :

À l’instar de nombreux représentants des élites politiques occidentaux, le candidat Les Républicains à la présidentielle française a qualifié la Russie de «pays dangereux», ce qui semble marquer un changement de rhétorique à l’approche de l’élection.

Intervenant vendredi depuis son QG de campagne à Paris, François Fillon a estimé qu’en tant que puissance nucléaire la Russie était « un pays dangereux » dont le régime politique n’était pas « identique à celui des démocraties occidentales ». Dans le même temps, le candidat Les Républicains s’est prononcé en faveur d’un dialogue avec Moscou en vue de rendre l’Europe plus sûre.

« On peut considérer que c’est un adversaire, ou alors il y a une deuxième stratégie qui consiste à essayer d’engager un dialogue pour mettre sur pied les conditions de la sécurité en Europe », a déclaré l’ex-chef du gouvernement français.

Les enjeux de l’élection présidentielle en France : La gouvernance contre le peuple

Il ne faut pas trop rire de l’élection présidentielle française de 2017. Elle se présente de plus en plus comme la rencontre historique entre deux conceptions de la vie politique, totalement opposées. D’un côté, la gouvernance, c’est-à-dire la gestion de la société par une élite cooptée, sur le modèle des grandes entreprises. De l’autre côté, le système traditionnellement appelée « démocratie », c’est-à-dire le choix par le peuple de leurs dirigeants au moyen d’élections libres et équitables.

Souvent dans l’histoire, les événements politiques en France ont marqué les époques et clarifié les dichotomies, à commencer par la distinction, aujourd’hui sur le déclin, entre « gauche » et « droite ». Cette élection pourrait en être un.

C’est quoi, la “gouvernance”?

Il devient de plus en plus clair que l’élite dirigeante transatlantique a décidé depuis un bon moment que la démocratie représentative traditionnelle ne convient plus au monde globalisé basé sur la libre circulation du capital. Il faut passer au nouveau système, la « gouvernance », un terme emprunté au monde des affaires. Il s’agit de la bonne gestion de grandes entreprises, unies dans un seul but et dédiées au maximum d’efficacité. Cette origine se reconnaît dans certains aspects de la gouvernance politique : l’unanimité quant aux « valeurs » et objectifs ; l’utilisation de comités spécialisés pour traiter certaines questions délicates, un rôle attribué à la « société civile » et aux « organisations non-gouvernementales » ; l’utilisation de la psychologie et de la communication pour former l’opinion publique ; l’isolement des trublions ; et surtout la cooptation des dirigeants.  

La vie politique en Occident correspond de plus en plus à cette description. Malgré l’alternance des partis au pouvoir, les politiques les plus fondamentales sont toujours les mêmes.

Aux Etats-Unis, le remplacement de la démocratie par la gouvernance est facilité par le système des deux partis. Les électeurs n’ont de choix qu’entre deux candidats, tous les deux sélectionnés et approuvés par les principaux actionnaires de l’entreprise nationale. Tout allait bien jusqu’au moment où la grande favorite de toute l’élite, Hillary Clinton, fut battue par un intrus, Donald Trump. La réaction hystérique sans précédent montre bien le refus de l’élite de céder le pouvoir à l’outsider, qui est toujours loin d’avoir pris tout le pouvoir. Quoi qu’il arrive, l’accident Trump illustre le mécontentement grandissant de la part des populations soumises à une globalisation dite inévitable qui les laisse sans perspective.

Hillary Clinton elle-même affectionne le terme « gouvernance » pour qualifier ses objectifs, notamment dans ses relations avec Goldman Sachs et la « société civile ». Mais même Hillary n’était pourtant pas un produit aussi pur de la gouvernance que le candidat français Emmanuel Macron.

La Gouvernance personnifié

Il suffit de regarder les couvertures des magazines pour saisir le rôle de Macron dans l’élection actuelle. Son joli minois accompagne une pléthore d’articles triviaux qui célèbrent le Wunderkind comme une vedette du show business. En janvier, la magazine Foreign Policy présentait Macron au public américain comme « le politicien français anglophone et germanophile que l’Europe attend ».

Son parcours professionnel ne laisse aucun doute sur les raisons pour lesquelles les médias apprivoisés perçoivent dans cet Emmanuel-là le Messie de la croissance.

Né à Amiens il y a 39 ans, Emmanuel Macron a passé une grande partie de sa vie à l’école. Comme la plupart des dirigeants français, Macron a accumulé des diplômes prestigieux. Il a raté l’ENS mais a fait Sciences Po et l’ENA, et fut admis en 2004 à l’Inspection Générale des Finances. A l’IGF il s’est fait remarquer par un homme d’influence, Jean-Pierre Jouyet, qui l’a recommandé à Jacques Attali, le plus spectaculaire des gourous de haut niveau, qui, depuis 35 ans, régale les dirigeants de ses visions futuristes (Jérusalem en tant que future capitale du monde, par exemple). En 2007, Attali a coopté Macron dans sa prestigieuse « Commission pour la libération de la Croissance », chargée par le Président de la République de formuler des recommandations afin de relancer la croissance économique en France.

L’objectif principal de ce cénacle de grands patrons était d’ « instaurer une nouvelle gouvernance au service de la croissance ».

Inutile de souligner que les 40 membres de la commission représentaient les intérêts du grand capital, et pas seulement le capital français. Parmi les voisins invités à formuler la liste de 316 propositions pour remodeler la France se trouvaient la Deutsche Bank et Nestlé. Tout ce beau monde légua au jeune Macron un carnet d’adresses bien rempli.

En 2008, sur recommandation d’Attali, Macron est passé à la Banque Rothschild, où il est rapidement devenu millionnaire, grâce à sa commission sur un achat par Nestle qui valait neuf milliards de dollars.

Comment expliquer une ascension digne d’un roman de Balzac ? Il était « impressionnant » se souvient Attali. Emmanuel « était très habile, extrêmement apprécié de tous les membres de la commission. Il n’a antagonisé personne et s’est créé des relations personnelles, et pour un gamin de cet âge, arriver immédiatement à être visible par 40 personnes puissantes, influentes et qui jugent, c’est un accélérateur de carrière extraordinaire. »

Voilà le mot clé de l’ascension sociale : les « relations ».

Alain Minc, un autre bon connaisseur des réseaux du pouvoir, commente la réussite de Macron en expliquant qu’un banquier d’affaires doit être intelligent, souple, rapide et charmant – qualités nécessaires pour « un métier de pute ».

Macron exprime sa sagesse en petites phrases.

« Il faut des jeunes qui aient envie de devenir milliardaires. »

Ou bien :

« On se fout des programmes! Ce qui compte c’est la vision!”

Il est clair qu’il possède une vision parfaite des sommets.

Comment former les gouverneurs de la gouvernance

Le chemin vers le sommet est balisé de contacts. L’élite de la gouvernance se reproduit par la cooptation. Ils se reconnaissent, ils se sentent, ils s’entendent.

Aujourd’hui, en réaction à une telle observation, la police de la pensée risque de crier au complotisme. Mais il n’y a ni complot ni conspiration car il n’y an a pas besoin. Ceux qui pensent de la même manière s’accordent sans problème. On n’a pas besoin de consigne.

Par ailleurs, les sentinelles de la pensée qui crient « conspi » dans ces cas semblent croire que ceux qui possèdent un immense pouvoir, surtout un pouvoir financier, ne l’utilisent pas. « Que le peuple décide ! » pensent-ils généreusement. A la manière de George Soros, par exemple.

En réalité, ceux qui possèdent beaucoup de pouvoir non seulement l’utilisent, mais ils sont convaincus qu’il doivent l’utiliser, pour le bonheur de l’humanité, pour le bien général. De leur position supérieure, ils ne doutent pas qu’ils savent ce qu’il faut faire, alors pourquoi permettre aux masses ignorantes de causer un gâchis? C’est dans cet esprit qu’il y a quarante ans, David Rockefeller a fondé la Commission Trilatérale, pour remédier à un « excès de démocratie » qui amènerait les classes travailleuses à formuler trop de revendications.

L’idéologie de nos jours fait en sorte que les masses se divertissent en se querellant sur les questions d’identité, sur quel groupe est plus victime que les autres, sur combien de genres faut-il reconnaître, et qui faut-il « haïr » pour lutter contre le crime de « haine ».

Pendant ce temps, les membres de l’élite délibèrent entre eux et décident.

Grâce à Jouyet, en 2007 Macron fut coopté par le club des Gracques, qui se consacre à la propagation des « valeurs » basées sur l’idée que l’Etat social keynésien est dépassé par la globalisation et la construction de l’Europe.

En 2011, Macron fut coopté par le Club de la Rotonde, qui conseilla au Président Hollande d’infliger à la France un “choc de compétitivité” – c’est-à-dire de favoriser l’investissement en réduisant les dépenses publiques et les coûts du travail.

En 2012, Macron fut accueilli par la French-American Foundation, qui se vante de sélectionner les « jeunes leaders » de l’avenir.

En 2014, l’arriviste est arrivé. Le 31 mai et le 1 juin de cette année, Macron assistait à la réunion annuelle de Bilderberg, tenue à Copenhague. Cet aréopage de sommités fut fondé en 1954 par le Prince Bernhard des Pays-Bas. Pas un mot n’en sort pour informer le public du consensus qui peut s’y réaliser.

Et le programme?

Abondamment vu et approuvé, Macron passa du rôle de conseiller du Président Hollande à Ministre de l’Economie, des Finances et du Numérique dans le gouvernement de Manuel Valls, où il se pressa de faire adopter l’agenda de la Commission Attali, sous prétexte de promouvoir la croissance et, bien sûr, de « créer des emplois ». On compte parmi ses exploits la vente du secteur d’énergie d’Alstom à General Electric, contre le refus de son prédécesseur Arnaud Montebourg.

Au gouvernement, Macron a réussi à faire adopter les mesures les plus impopulaires de la Présidence Hollande, ce qui n’est pas peu dire. Sa « Loi pour la Croissance », dite Loi Macron, allait dans le sens des directives de Bruxelles exigeant de nombreuses dérégulations de l’économie, mais n’a pas pu obtenir une majorité au parlement. Elle a dû être adoptée en recourant à l’Article 49.3 de la Constitution qui permet au Premier Ministre d’adopter une loi sans vote du parlement.

Sa réussite suivante, la « réforme » (ou démantèlement) de la Loi Travail, portait le nom de la jeune Ministre du Travail, Myriam El Khomri, qui donnait un joli visage et une appellation évoquant la « diversité » à une législation qui a suscité des semaines de protestations, divisé le Parti Socialiste et obligea Valls à utiliser encore une fois l’Article 49.3.

A la suite de cela, l’histoire passa à l’humour noir. Le passage « à feu et à sang » de Macron à travers le gouvernement Hollande/Valls a laissé le Parti Socialiste divisé et démoralisé. Suite à quoi, Macron quitte le champ de ruines politiques pour se présenter comme l’alternatif, l’héroïque champion de « l’avenir », « ni droite ni gauche », dans son nouveau mouvement vigoureusement appelé En Marche. Il condamne ce qu’a fait le gouvernement socialiste dans la perspective de faire la même chose, mais plus intensément et sous une autre étiquette.

En ce moment, Macron arrive en tête des sondages avec Marine Le Pen pour le première tour. Les grands médias font ce qu’ils peuvent pour que le charme du banquier suffise pour gagner l’élection à la Présidence de la République.

Les Médias et le Peuple

Malgré l’influence croissante d’Internet, la grande majorité de la population compte toujours sur la télévision et la presse pour s’informer. Dans cette élection, assez déroutante pour les gens peu politisés, les médias ont atteint un record de partialité. Echaudés par la catastrophe Trump, les gardiens médiatiques de la bonne pensée en France singent leurs collègues américains en cherchant des boucs émissaires à blâmer pour les déconvenues de la gouvernance globale. Cela doit être la faute des Russes ! Ou des « fake news » prodiguées par les sites qui ne suivent pas la ligne du journal Le Monde.

Parmi les onze candidats, les gardiens médiatiques de la bonne pensée s’émerveillent du jeune génie Macron, traitent ses rivaux principaux en délinquants, jettent quelques os aux petits candidats anodins, et ignorent les autres. Soutenu par les grands médias, Macron est le candidat de la gouvernance autoritaire, contre tout ce qui reste de la démocratie française.

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Publié par le 3 avril 2017 dans général, Nouvel ordre mondial, Politique

 

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A Lire Absolument. Comprendre le phénomène des « fakes news » – Spirale du silence, tyrannie des agissants et Pensée tribale : « La langue des dictateurs » (comment les élites bernent le peuple)

Fake News, Post-Truth, Filter Bubble, toute puissance des algorithmes, voilà, parmi d’autres, quelques-unes des expressions qui semblent aujourd’hui caractériser le plus notre rapport au numérique. 

Après le lancement de l’initiative assez controversée du Décodex du site Le Monde ce dernier est au centre d’une polémique. (Le Décodex n’arrive pas à classer resistanceauthentique.net : nous sommes dans les « inclassables » , dans la même catégorie que Youtube, Google, ou encore  Facebook , mais dans la sous catégorie « sites d’informations » : cela nous convient, pour le moment, car nous sommes aussi une « source » à proprement parler – Ndlr)

La polémique tourne principalement autour des arguments suivants :

  • la faiblesse de l’échantillon choisi (600 sites pour l’instant), en effet une goutte d’eau dans l’océan des Fake News, dans l’océan de l’information tout court.
  • l’arbitraire des critères : en gros Le Monde collerait systématiquement une pastille verte aux sites de toutes les « rédactions » au sens journalistique du terme et une pastille orange dès lors que l’on ne dispose pas de carte de presse. L’autre arbitraire souligne que l’on pourrait lire dans les sites « verts » différentes connivences liées aux partenariats du site Le Monde.
  • l’autorité morale : et là aucun mot de semble trop fort pour certains : on parle de censure, de dictature des élégances, d’inquisition, de nouvel « enfer » (au sens de l’enfer – les ouvrages interdits – des bibliothèques à la grande époque de l’inquisition).

Mindmap

(la carte heuristique de la controverse autour du décodex produite par SavoirsCom1)

La mobilisation face aux Fake News prend de l’ampleur en France, avec comme prétexte et contexte l’élection présidentielle à venir, : les grandes plateformes (Facebook et Google) se mobilisent avec l’aide de journalistes et des médias mainstream .

Comme l’expliquent Le Monde et Les Echos  :

  • le 27 février et jusqu’à la fin de l’élection présidentielle Google lancera « Crosscheck », une plateforme sur laquelle les internautes pourront « signaler » des informations douteuses ou poser des questions sur un sujet, et différentes rédactions (l’AFP, Les Echos, Le Monde, France Télévisions, La Provence, …) ainsi que des étudiants en journalisme mais également « plusieurs sociétés de tehnologies » (sic) pourront alors faire du debunking ou du fact-checking ciblé.
  • Facebook de son côté, après avoir annoncé il y a quelques jours des modifications sur son algorithme visant à atténuer certains effets de personnalisation, tout en état partenaire du projet « Crossckeck », lance ce lundi son propre outil baptisé « CrowdTangle » en collaboration avec « 8 rédactions partenaires » (Le Monde, AFP, BFM-TV (sic), Franceinfo, France Médias Monde, L’Express, Libération et 20 Minutes). Là encore c’est aux internautes de « signaler » les informations douteuses, qui sont analysées par lesdites rédactions partenaires et si au moins 2 d’entre elles la jugent effectivement fausse ou douteuse, l’info se verra ajouté un petit pictogramme et il sera dans certains cas possibles d’accéder à un article correctif. Une information ainsi repérée et identifée par un pictogramme ne pourra, en outre, plus bénéficier de publicité (et donc devrait voir sa portée ‘son « reach ») diminuer.

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La grille d’analyse proposée par le Décodex du site Le Monde :

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Pour comprendre les « fakes news », je pense qu’il faut prendre le problème sous un autre angle et tenter de comprendre la succession de biais cognitifs, culturels et sociologiques qui participent à la construction et au partage de ces différentes « fausses informations » tout autant qu’à nos éventuelles « bulles de filtre ».

Comme « média », « le » numérique tel qu’en tous cas il prend forme au sein des gigantesques écosystèmes de services ou plateformes que sont Google, Facebook et quelques autres, ce numérique là dispose d’un certain nombre d’invariants qui sont autant de fonctions et de caractérisations précises de ses modes d’agir et qui façonnent en retour la manière dont nous interagissons avec lui.

Et puis il y a tout … le reste.

L’essentiel ce sont les biais cognitifs, culturels et sociologiques. Nos biais cognitifs (culturels et sociologiques) d’abord, ceux qui n’ont absolument rien à voir avec les plateformes ou avec le numérique mais que les plateformes ou le numérique permettent souvent « d’augmenter » avec un simple effet de corrélation ; et puis les biais cognitifs (culturels et sociologiques) directement reliés au numérique ou aux plateformes avec, cette fois, un lien de causalité directe.

Ce billet n’a pas d’autre objectif que de me permettre d’y voir un peu plus clair dans la diversité et les enjeux de ces différents biais cognitifs, souvent convoqués un peu « en vrac » dès que l’on évoque, justement, les problèmes liés aux plateformes, aux Fake News, à la post-vérité et autres bulles de filtre. C’est parti.

1. Spirale du silence et tyrannie des agissants.

La spirale du silence est une théorie sociologique qui dit la chose suivante :

« [L’individu] peut se trouver d’accord avec le point de vue dominant. Cela renforce sa confiance en soi, et lui permet de s’exprimer sans réticence et sans risquer d’être isolé face à ceux qui soutiennent des points de vue différents. Il peut, au contraire, s’apercevoir que ses convictions perdent du terrain ; plus il en sera ainsi, moins il sera sûr de lui, moins il sera enclin à exprimer ses opinions.« 

Dans le premier cas (accord avec le point de vue dominant), et si l’on fait partie de ceux qui ne partagent justement pas le point de vue dominant, on dira trivialement qu’ils « hurlent avec les loups ».

Dans le second cas de figure (risque d’être isolé), la pression sociale nous conduit donc à nous enfermer dans une spirale du silence.

La tyrannie des agissants est un phénomène décrit par Dominique Cardon, qui explique la chose suivante :

« On est tous égaux a priori, mais la différence se creuse ensuite dans la mesure de nos actes, entre ceux qui agissent et ceux qui n’agissent pas. Internet donne une prime incroyable à ceux qui font. Et du coup, il peut y avoir une tyrannie des agissants. »

Or il se trouve que fréquemment, avec les effets d’écho et de viralité spécifiques aux environnements numériques, la tyrannie des agissants amplifie et accélère les possibles spirales de silence sur certains sujets de société, permettant alors parfois de faire complètement basculer l’opinion.

Un exemple – assez – simple est celui de l’élection de Donald Trump et de ses thèmes de campagne (racistes, sexistes, misogynes, etc.). Sur ces questions là, l’effet « tyrannie des agissants » a commencé par jouer : il n’y a pas beaucoup plus de gens racistes, sexistes, misogynes que de gens qui ne sont ni racistes, ni sexistes ni misogynes, c’est même a priori plutôt l’inverse. Sauf que ce sont les premiers qui s’expriment le plus (tyrannie des agissants). Et que du coup ils apparaissent comme les plus nombreux, forçant alors ceux qui sont supérieurs en nombre mais s’exprimant beaucoup moins à entrer dans leur spirale du silence. On se tait devant la parole raciste, sexiste ou misogyne parce que l’on a l’impression que c’est cette parole qui est le point de vue dominant. Et si l’on a cette impression c’est en partie lié à l’environnement numérique qui nous la fait éprouver. Car « dans » l’écosystème de Facebook ou de Google (souvenez-vous de ce qu’il se passe lorsque l’on demande à Google si l’holocauste a vraiment existé), cette parole déjà portée par la tyrannie des agissants, bénéficie en outre d’une prime à la visibilité : parce qu’elle est la plus clivante, la plus commentée et partagée et donc la plus « engageante » (au sens de l’engagement mis en avant par Facebook).

Dans un environnement entièrement déconnecté de tout paramètre numérique (un café, une réunion de famille, une réunion publique) ces phénomènes sont aussi observables. Ainsi certaines personnes prennent plus facilement la parole que d’autres et sont immédiatement considérés comme autant de leaders naturels puisqu’ils « agissent » le plus. De la même manière, je vous laisse aisément imaginer la spirale de silence dans laquelle se trouverait pris un électeur du Parti Communiste à un meeting du Front National. Mais dans le « réel », cette tyrannie des agissants ou ces effets de spirale de silence sont immédiatement rationnalisables et quantifiables par l’expérience, de manière empirique directe. Je « vois » la totalité des gens présents à ce meeting, et dans cette totalité je mesure « à vue d’oeil » que je ne partage pas les mêmes idées ou les mêmes codes vestimentaires que le plupart d’entre eux.

A l’échelle d’environnements numériques (« sur » Google, Facebook, Twitter, ou d’autres), à ces deux effets (spirale de silence et tyrannie des agissants) s’en ajoute au moins un troisième : les audiences invisibles décrites par danah boyd. Il m’est donc doublement impossible de « voir » quelle est la réalité sociologique, idéologique de la communauté dans laquelle je m’exprime puisque précisément je ne vois pas les gens auxquels je parle ou qui parlent autour de moi. Et si je dis « doublement » impossible c’est parce qu’un autre paramètre intervient qui est celle fois celui du déterminisme algorithmique (qu’on l’appelle bulle de filtre ou autrement, peu importe, si l’existence d’une « bulle de filtre » est contestable et contestés dans son ampleur et ses modalités, en revanche nul ne conteste qu’il existe un déterminisme algorithmique) déterminisme algorithmique qui, pour des raisons diverses et changeantes va favoriser et surexposer certains points de vue et en minorer d’autres.

Donc une sorte de cake de biais cognitifs et comportementaux composé de 4 étages : tout en bas la tyrannie des agissants, juste au dessus, comme causalité effective, la spirale du silence, au dessus d’elle, les audiences invisibles et tout en haut la bulle de filtre ou en tout cas le filtrage algorithmique.

J’ai essayé de reproduire la circulation d’une information sur Facebook au regard des 4 phénomènes suivants : déterminisme algorithmique, audiences invisibles, spirale du silence et tyrannie des agissants.

Diapositive1

2. Pensée tribale.

La « tyrannie des agissants » s’appuie elle-même sur une dichotomie plus profonde entre « endogroupe » et « exogroupe » que l’on nomme également « la pensée tribale ». Nous appartenons à une tribu (tribu sociologique, tribu d’opinions) et comme l’explique très bien Samuel Veissière sur InternetActu :

« La plupart de nos intuitions sont acquises socialement et associées aux valeurs de notre tribu, ou endogroupe : nous développons alors une méfiance intuitive qui tourne facilement à la haine pour tous les autres dans notre exogroupe. »

L’approche anthropologique, poursuit-il, fait qu’à certaines étapes de notre vie, nous changeons d’endogroupe, sans nécessairement en avoir immédiatement conscience et que chaque communauté dispose toujours de ses propres endo et exo-groupes qui s’affrontent plus ou moins violemment sur certains sujets.

L’autre point clé est celui qui veut que nous ayons tendance à « ignorer le contexte au sein duquel nous formons nos opinions. » A leur échelle, les plateformes de médias sociaux viennent superposer à ces compositions sociales endo ou exo-gamiques, d’autres (re)compositions sociales communautaires, supposément affinitaires, mais en réalité intangibles car invisibles dans les logiques de constitution qui les façonnent, et biaisées dans la manière dont elles nous « contraignent » à élargir systématiquement les groupes et les réseaux d’amitiés qui constitueront nos sociabilités (de manière certes « douce » mais contrainte tout de même).

Nous avons donc ici un autre « cake » composé cette fois de deux étages : celui de la « tribu » réelle dans laquelle nous forgeons nos opinions et des endo et exogroupes qui constituent les lignes d’affrontement et de conflit au sein de ladite tribu, et les communautés tribales artificiellement augmentées et construites qui participent de notre rapport à l’information et aux autres au sein des grande plateformes de réseaux sociaux. Voilà ce qui constitue la variable « sociologique » ou « anthropologique » de ce que l’on appelle commodément – et assez inexactement – la bulle de filtre, l’autre partie de ladite bulle étant constituée par les différents déterminismes algorithmiques.

Fake News, Post Truth … tout le monde ment en permanence. Tous les vieux espaces de la parole politique s’effondrent, de Cahuzac hier à Fillon aujourd’hui pour ne prendre que les deux exemples les plus récents. Mais relire et revisionner ces hallucinantes séquences de mensonge public à la lumière de ce qu’en dit Hannah Arendt (cf la citation qui est à la fin de ce papier – ou voir la vidéo associée) et après l’élection de Donald Trump nous alerte sur un autre point : ce systématisme dans le mensonge n’est pas que le stigmate apparent d’une oligarchie politique en fin de règne. Il prépare et crée les conditions d’une gouvernance par la pulsion. C’est à dire d’un nouveau totalitarisme. D’un nouveau fascisme. Dans lequel on n’aura plus à s’interroger longuement sur ces nouveaux régimes de post-vérité puisqu’ils ne seront plus que des formes déjà connues et archétypales de propagande. « Un assault contre la démocratie« . « La langue des dictateurs« .

Faire Fake Confiance

Du côté des « médias » l’ambiance n’est pas non plus à la fête. Ces derniers temps nombre d’études scientifiques et d’études d’opinion (je parle de celles avec une méthodologie sérieuse) viennent disséquer le phénomène des Fake News.

Ne nous trompons pas de crise de confiance.

Le baromètre annuel de La Croix en partenariat avec Kantar Sofres sur la confiance des français envers les médias vient de sortir et il est assez angoissant. Radio, télé, presse écrite, plus aucun média ne parvient à dépasser la barre des 50% de gens qui croient que les choses se passent réellement comme on le leur raconte (pour être exact seule la radio atteint les 52% mais elle est aussi à son plus bas niveau historique … hop vous l’avez vu passer le biais de cadrage ? 😉

Globalement le « niveau de confiance général des français envers les médias » n’avait pas été aussi bas depuis … 2002. 2002 c’est la réélection de Jacques Chirac à la présidence de la république française et l’arrivée d’un certain Nicolas Sarkozy au ministère de l’intérieur. Hé oui. Quand la droite arrive au pouvoir, la confiance des français envers les médias est au plus bas. Causalité ou corrélation ? 😉

Quand à « internet » que ce genre d’étude continue – hélas – de considérer comme « un média », le taux de confiance est à 28%.

« Quand tout le monde ment en permanence le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges, mais que plus personne ne croit rien.« 

Nous y sommes.

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Dans la hiérarchie des moyens d’information les plus utilisés, « internet » se classe deuxième avec 25% derrière la télé (48%) et devant la radio (20%) et les journaux (6%).

Pourtant le même « internet » est celui qui suscite le plus la défiance des utilisateurs : 72% disent ne pas faire confiance aux informations qui y circulent.

Merveilleux paradoxe qui n’est plus si paradoxal que cela puisque qu’après lecture de ce billet vous aurez normalement compris. Compris que « sommer internet de dire la vérité » est une erreur.

Compris que ce que les gens vont y chercher, « sur l’internet« , ce n’est ni de la confiance, ni de la vérité, mais une zone de confort cognitive qui leur permet … de voir la vie en biais.

Moralité ?

Peut-être cette citation de Hannah Harendt.

Harendt

Et vous pouvez en retrouver une version longue avec le film issu de cet entretien.

Vous l’avez compris , c’est ce que font les élites avec les « fake news »: manipuler le peuple. Vous avez compris « La langue des dictateurs » .

Vous avez compris le phénomène des « fakes news » en général …

Par Z . 

Avec l’aide de Affordance

 
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Publié par le 17 février 2017 dans Education - information, général, société

 

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Fin du rêve pour le peuple Américain – Steven Mnuchin, un ancien de Goldman Sachs et proche de Soros nommé au Trésor

Steven Mnuchin a annoncé qu'il avait été nommé secrétaire au Trésor par Donald Trump.

Steven Mnuchin a annoncé qu’il avait été nommé secrétaire au Trésor par Donald Trump. | Photo : AFP

Bein voilà , c’est officiellement la fin du rêve Américain Trumpien et de la lune de miel post Trump du peuple US avec la nomination de l’ultra mondialiste Steven Mnuchin . Au poste clef du trésor en plus . Gouverner c’est faire des compromis, Trump vient encore de le démontrer, mais là il fait fort – Mnuchin est à l’opposé de « la ligne Trump » protectionniste pré électorale. Du coup le TTIP , pas certain que ce soit vraiment terminé …

Steven Mnuchin, ancien dirigeant de la banque d’affaires Goldman Sachs, a annoncé qu’il avait été nommé secrétaire au Trésor par Donald Trump, sur la chaîne CNBC.

Inconnu du grand public, Steven Mnuchin, le nouveau secrétaire américain au Trésor, est un ancien dirigeant de Goldman Sachs dont la proximité avec les marchés pourrait s’avérer à la fois un atout et un handicap en pleine montée du populisme.

Ancien donateur du parti démocrate, ce grand brun de 53 ans à l’allure svelte surprend son entourage quand il devient directeur financier de la campagne de Donald Trump en avril dernier.

Wall Street, Hollywood puis Washington

« Pourquoi ? », se souvient s’être interrogé Ben Bram, son ami et ancien collègue chez Goldman Sachs.

D’autant que le magnat de l’immobilier devenu président des Etats-Unis avait menacé M. Mnuchin de poursuites judiciaires pour un différend lié au financement d’un de ses gratte-ciel à Chicago.

Est-ce un suicide professionnel, se demande-t-on dans les milieux financiers, décontenancés par la rhétorique incendiaire du candidat Trump contre les immigrés et le libre-échange.

La presse économique prête à l’époque à ce père de trois enfants, deux fois divorcé, l’intention de s’installer au Trésor afin d’ajouter la touche finale à un parcours l’ayant conduit dans les principales sphères du pouvoir aux Etats-Unis : Wall Street, Hollywood et maintenant Washington.

Steven Mnuchin se voit ainsi récompensé de s’être rallié à Donald Trump au moment où les gros donateurs traditionnels du parti républicain, tels les milliardaires frères Koch, s’en détournaient.

Hollywood

Il a un CV atypique : études à l’université de Yale, Goldman Sachs, création d’un fonds d’investissement avec le soutien du financier démocrate George Soros, production avec succès de blockbusters hollywoodiens comme « Avatar » et « Suicide Squad ».

Il revient désormais à ce vétéran de Wall Street de réaliser les promesses ayant propulsé Donald Trump à la Maison Blanche sur fond de croissance modeste et d’augmentation des inégalités sociales.

M. Trump a promis des baisses d’impôts, une réforme fiscale pour inciter les multinationales à rapatrier leurs bénéfices et le démantèlement de la loi Dodd-Frank, adoptée après la crise de 2008 pour protéger le système financier et les consommateurs des abus des banquiers.

Ce nouveau ministre de l’Economie est également très attendu sur la scène internationale où les partenaires du pays redoutent une guerre commerciale.

« Il y a beaucoup à faire mais les priorités sont clairement les impôts, la réglementation, le commerce et les infrastructures », a-t-il énuméré récemment, disant espérer engager ces chantiers dans les 100 premiers jours.

« Il est pour le libre-échange. Il est favorable à la libre circulation des capitaux. C’est un mondialiste », assure à l’AFP, Jeffrey Sonnenfeld, professeur à l’Université de Yale.

M. Mnuchin est le troisième dirigeant de Goldman Sachs placé aux commandes du Trésor depuis les années 1990. Au sein de la banque d’affaires, il a notamment été témoin de l’émergence des produits financiers complexes controversés CDO et CDS qu’il qualifie à l’époque de « développements extrêmement positifs » et qui joueront un rôle important dans la crise de 2008.

Expropriations

Il quitte la banque en 2002 et fonde deux ans plus tard le fonds d’investissement Dune Capital, qui investit dans le cinéma et dans la production de films via des financements apportés aux studios 20th Century Fox et Warner Bros. La crise financière de 2008 le ramène dans la banque: il convainc les milliardaires George Soros et John Paulson de racheter aux enchères pour 1,55 milliard de dollars la banque californienne en faillite IndyMac, spécialisée dans les prêts hypothécaires « subprime ».

M. Mnuchin réussit à obtenir du régulateur bancaire FDIC qu’il assume près de la totalité des pertes en cas de défaut de paiement des clients.

Rebaptisé OneWest, l’établissement renoue très vite avec les bénéfices au prix d’expulsions tous azimuts. D’après le site spécialisé Foreclosureradar, le taux de saisie de OneWest était de 59% en 2009 contre 54% chez les autres banques.

Ces expropriations étaient aussi destinées, selon les sites Think Big Work Small et IamFacingForeclosure, à encaisser les garanties apportées par l’Etat fédéral, ce qu’a toujours rejeté M. Mnuchin.

Ses associés et lui revendront OneWest en 2014 pour 3,4 milliards de dollars, soit plus du double de leur mise initiale, au groupe CIT dont il est devenu actionnaire.

Une coalition d’associations californiennes (California Reinvestment Coalition) vient de saisir les autorités pour dénoncer des pratiques « discriminatoires » de l’ex-OneWest envers les Noirs et les Hispaniques.

Wall Street Réagit copieusement au choix de Steve Mnuchin pour le  poste de secrétaire au Trésor, et ce n’est pas un hasard … (voilà pourquoi Trump avait rencontré le patron de GS la semaine dernière …)

A noter parmi les réactions à Wall Street que sans surprise, l’ancien PDG de Goldman et ancien secrétaire au Trésor Hank Paulson a applaudi le choix de Mnuchin :

 
 

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La débâcle de la monarchie pétrolière : Le peuple saoudien en otage

« Entre Ryad et Téhéran, ce n’est pas encore la guerre », analyse Éric Zemmour

«Mon Dieu, gardez-moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge.»

Voltaire

Cette année 2016 commence mal pour la condition humaine. L’Arabie saoudite exécute 47 personnes en une seule fois dont le cheikh chiite Al-Nimr, figure de la contestation contre le régime. L’an dernier, l’Arabie saoudite a exécuté au moins 153 personnes – la plupart par décapitation. Est-ce moral? Est-ce licite? Sont-ils des apostats? Et encore, ne peut-on pas être libre de ses idées? «Prononcer la chahada sous la menace du sabre est, dit-on, un péché.»

Qu’ont fait ces Saoudiens pour mériter le châtiment suprême? Ils ont tout simplement clamé plus fort que les autres leur rejet d’un régime vermoulu, pourri, qui nourrit 6000 princes qui se partagent le pouvoir depuis un siècle et qui ont, par la rente pétrolière, tétanisé l’Occident au point de tout lui permettre, de tout lui pardonner. L’essentiel est qu’il brade le pétrole, tienne en respect les rentiers de l’OPEP et achète à profusion des armes en dizaines de milliards de dollars, des armes qui serviront, on l’aura compris contre le peuple et contre d’autres pays musulmans, la Syrie, Bahrein où la révolution a été étouffée dans le sang sous l’oeil complice des Occidentaux et de leurs médias, mais aussi le Yémen qui n’en finit pas de mourir.

Les seuls à protester sont les Saoudiens chiites, et les Iraniens ennemis jurés des Saoudiens: «Peu après l’annonce de la sentence, quelques milliers de personnes sont descendues dans les rues d’Awamiyah, en banlieue de Qatif, la capitale de la province orientale du royaume. Téhéran a également réagi samedi dernier, accusant Riyadh de «soutenir les terroristes» tout en «supprimant» les opposants. «Le crime de l’exécution du cheikh Al-Nimr fait partie du fonctionnement criminel de cette famille traîtresse. Le monde islamique va exprimer son indignation et dénoncer ce régime infâme autant que possible, a déclaré l’ayatollah Ahmad Khatami. Je ne doute pas que ce sang pur tachera la maison Al-Saoud et qu’ils seront balayés des pages de l’Histoire», a ajouté le dignitaire iranien.» (1)

Les droits de l’homme inconnus

On est en droit de se demander pourquoi personne ne proteste parmi les donneurs de leçons. La schizophrénie occidentale envers ces meurtres d’un autre âge n’a pas d’explication rationnelle sauf si on emprunte à Bill Clinton sa fameuse expression: «C’est le pétrole idiot!». A bien des égards l’Occident est responsable de cet état de fait. Il faut rappeler que l’essor pétrolier de l’Arabie saoudite a commencé au début des années 1930 du siècle dernier avec la découverte de l’immense gisement de Gahwahr, actuellement sur le déclin. Les Etats-Unis évincés à l’époque des accords Sykes -Picot pour le partage du Moyen-Orient et des provinces pétrolières dont les plus grands gisements se situaient en Irak, firent mieux. Une compagnie américano-saoudienne fut créée: l’Aramco dont la concession recouvre la presque totalité du territoire. Plus tard dans le pacte du Quincy (1945), renouvelé pour 60 ans en 2008, les Etats-Unis garantissent la sécurité de la famille Saoud (et donc son pouvoir). En échange de quoi… les compagnies pétrolières américaines font ce qu’elles veulent en Arabie saoudite. On l’aura compris, les droits de l’homme dans les pays arabes n’ont pas de sens. L’ esclavage est encore en vigueur dans les pays du Golfe et la condition des immigrés est des plus déplorables. Pour le moment, les potentats du Golfe intéressent l’Occident tant qu’ils ont encore du pétrole et du gaz. (…) Il est à espérer qu’il ne faille pas attendre la fin du pétrole et du gaz pour voir enfin, la fin de la capacité de nuisance de ces roitelets qui se sont installés définitivement dans les temps morts pour le plus grand malheur de leurs peuples respectifs condamnés de ce fait à renouer définitivement avec la tente et le chameau.» (2)

Un pays de non-droit pour tout ce qui n’est pas occidental

L’Arabie saoudite protégée des Américains ayant fait un hold-up sur les Lieux saints, les exploite à sa façon. Chaque année, dans l’impunité la plus totale, des centaines de pélerins meurent et aucune enquête sérieuse n’est faite. Cette année plus de 1500 morts dont 400 Iraniens du fait d’un prince qui a bloqué le chemin et qui a créé le chaos. Une fois de plus, ce sera l’impunité au nom du fait du prince et du mektoub (la fatalité). Du point de vue architectural et patrimoine, on s’étonne et on est scandalisé par les destructions archéologiques de Daesh. L’exemple vient de la famille saoudienne, qui est à bien des égards édifiant. Tout est fait pour marchandiser La Mecque. La curée n’a pas de limite pour dénaturer La Mecque et lui faire perdre sa dimension transcendante pour les musulmans, le total des flux financiers qui seront générés par le pèlerinage s’élèverait à plus de 34 milliards de dollars, Par ailleurs, il est noté que l’industrie du pèlerinage représenterait 50 milliards de dollars pour le Royaume saoudien, soit le deuxième pôle de recettes financières après le pétrole.» Pour l’histoire, au début du XXe siècle le roi Ibn Saoud se plaignait à la France de la suppression de la «zakat» des Algériens qui n’était plus envoyée aux Lieux saints aux pauvres de La Mecque et de Médine.(3)

Pourquoi l’Occident soutient les régimes qui terrorisent leurs peuples

Dans le même ordre, Mohamed Hassan explique la genèse de ce soutien occidental: «Bras armés en Libye et en Syrie, partenaires politiques en Tunisie et en Egypte, alliés stratégiques en Arabie saoudite et au Qatar… L’Occident n’hésite pas à se servir des courants les plus réactionnaires de l’islamisme radical lorsqu’il s’agit de défendre ses intérêts. (4)

Il a fallu attendre les attentats de novembre en France pour que dit-on en France, les Occidentaux envisagent de repenser les liens qu’ils entretiennent avec l’Arabie saoudite et le Qatar. Nous lisons ainsi ce que le quotidien américain The New York Times par Kamel Daoud, écrit à ce propos:

«Daech noir, Daech blanc. Le premier égorge, tue, lapide, coupe les mains, Le second est mieux habillé et plus propre, mais il fait la même chose. L’Etat islamique et l’Arabie saoudite. Dans sa lutte contre le terrorisme, l’Occident mène la guerre contre l’un tout en serrant la main de l’autre. (…) On veut sauver la fameuse alliance stratégique avec l’Arabie saoudite tout en oubliant que ce royaume repose sur une autre alliance, avec un clergé religieux qui produit, rend légitime, répand, prêche et défend le wahhabisme, islamisme ultrapuritain dont se nourrit Daech.» «Le clergé saoudien produit l’islamisme qui menace le pays mais qui assure aussi la légitimité du régime.» (5)

De même, dans une tribune publiée par le Monde les deux historiens Sophie Bessis et Mohammed Harbi affirment, eux aussi, l’existence d’une filiation idéologique entre l’EI et le Royaume saoudien: «Le djihadisme est avant tout l’enfant des Saoud et autres émirs auxquels [la France] se félicite de vendre à tour de bras ses armements sophistiqués, faisant fi des valeurs’ qu’elle convoque un peu vite en d’autres occasions.» (6)

L’effondrement de l’Arabie saoudite est inéluctable

Pour Nafeez Ahmed du point de vue économique,:

«De profondes réalités structurelles sont le signe que l’Arabie saoudite est effectivement au bord de la déliquescence à long terme, processus qui pourrait débuter dans les années à venir. Le mardi 22 septembre, Middle East Eye a révélé dans un article qu’un éminent membre de la famille royale saoudienne appelait à un changement à sa tête afin d’éviter la chute du royaume. Comme de nombreux pays de la région avant elle,l’Arabie saoudite s’apprête à faire face à un tourbillon d’épreuves qui, si l’on se fie à l’histoire, mèneront la monarchie à sa perte au cours de la prochaine décennie.» (7)

«Au cours des dernières années, le royaume a procédé à des extractions en quantité record afin de maintenir sa production à flot, Mais les réserves ont une durée de vie limitée pour une Arabie saoudite qui pompe à un rythme dément. Une nouvelle étude spécialisée parue dans le Journal of Petroleum Science and Engineering projette que l’Arabie saoudite va constater un pic dans sa production pétrolière, qui sera suivi par un déclin inexorable en 2028 (…) Selon le Modèle des pays exportateurs (MPE) inventé par le géologue pétrolier texan Jeffrey J. Brown et par le Dr Sam Foucher, la question principale ne concerne pas seulement la production de pétrole, mais la capacité à exporter la production face à la croissance des taux de consommation à l’intérieur du pays. En 2008, ils découvraient que les exportations pétrolières nettes de l’Arabie saoudite avaient déjà entamé leur déclin depuis 2006. Selon leurs prévisions, cette tendance allait se poursuivre »(7)

« Et ils avaient raison. Un rapport publié récemment par Citigroup a prévu que les exportations nettes plongeraient jusqu’à zéro dans les quinze prochaines années. Cela signifie que les recettes enregistrées par l’État saoudien, dont 80% proviennent des ventes de pétrole, sont condamnées à la chute perpétuelle. L’Arabie saoudite est le plus gros consommateur d’énergie de la région, la demande des ménages ayant grimpé de 7,5% au cours des cinq dernières années. On estime que la population saoudienne totale va croître des 29 millions actuels à 37 millions aux alentours de 2030. Les considérables réserves de l’Arabie saoudite tombent à des niveaux sans précédent, chutant de leur pic de 737 milliards de dollars atteint en août 2014 à une valeur de 672 milliards de dollars en mai. À ce rythme, à la fin 2018, les réserves du royaume pourraient atteindre la très basse valeur de 200 milliards de dollars.» (7)

Les subventions supprimées, hausse massive des prix du carburant

Nafeez Ahmed poursuit:

«La fortune pétrolière de l’Arabie saoudite, et sa capacité hors du commun à maintenir de généreuses subventions pour le pétrole, le logement, la nourriture et d’autres biens de consommation, jouent un rôle majeur dans la prévention des risques d’instabilité civile. Les subventions énergétiques couvrent à elles seules un cinquième du produit intérieur brut saoudien. À mesure que les recettes subiront une contrainte grandissante, la capacité du royaume à maîtriser les dissidences à l’intérieur du pays faiblira, comme cela a déjà été le cas dans d’autres pays de la région. Le chômage s’élève à environ 12%, et il touche principalement les jeunes – 30% d’entre eux sont sans emploi. On projette que les changements climatiques vont accroître les problèmes économiques du pays, notamment en ce qui concerne l’eau et la nourriture. Vers 2040, on prévoit que les températures moyennes y seront plus élevées que la moyenne mondiale, et qu’elles pourraient augmenter de pas moins de 4° Celsius, tandis que la diminution des pluies pourrait encore s’aggraver. De toute façon, 80% des besoins saoudiens en nourriture sont achetés via une importation largement subventionnée. Le royaume est l’un des pays du monde où l’eau est la plus rare, avec 98 mètres cubes par an et par habitant. (…) Comme pour nombre de ses voisins, de telles réalités structurelles profondément enracinées sont le signe que l’Arabie saoudite est effectivement au bord de la déliquescence à long terme, processus qui pourrait débuter dans les années à venir et devenir parfaitement visible d’ici dix ans.» (7)

Mort virtuelle de l’Opep

On sait que l’OPEP, en décembre 2015, a décidé de ne rien décider du fait de l’intransigeance des monarchies du Golfe conduites de main de fer par l’Arabie saoudite. Quelle est la situation actuelle? Une offre largement excédentaire, un dollar plus fort que jamais, une demande déclinante et un baril de Brent autour de 36 dollars «la production de l’OPEP ne montre aucun signe de ralentissement». Elle a atteint 31,77 millions de b/j. Les raisons d’une telle dégringolade des prix sont multiples. La récession de l’économie mondiale, l’introduction du gaz/pétrole de schiste américain qui bouleverse toute la carte énergétique mondiale, les rivalités au niveau de l’Opep dont certains ne respectent pas les quotas, le retour sur le marché de la Libye de l’Irak et de l’Iran Enfin, l’efficacité énergétique dans la majorité des pays occidentaux. On peut ajouter le fait que les stocks américains sont au plus haut à près de 490 millions de barils/jour soit plus de 110 millions de barils/jour achetés avec un pétrole bradé. Il faut ajouter le fait qu’en dix ans, les pays du Golfe ont amassé des réserves estimées à 2 450 milliards de dollars. L’Opep de papa, des pionniers qui avaient une haute idée de leur mission, est morte. L’OPEP de rentiers qui n’a plus d’avenir.» (8)

Dans ces conditions comme le rapporte Rafik Tadjer: «Confrontée à la chute des prix du pétrole, l’Arabie saoudite a pris une série de mesures destinées à équilibrer son budget. Les prix du carburant seront augmentés d’au moins 50%, ont annoncé, ce lundi 28 décembre, les autorités locales. Le prix de l’essence sans plomb 95 augmente ainsi de 50%, passant de 0,60 riyal à 0,90 riyal (0,24 dollar) le litre, et celui de l’essence 91 de 67%, passant de 0,45 riyal à 0,75 riyal (0,20 dollar) le litre. Les subventions du diesel et des produits pétroliers, mais aussi de l’électricité et de l’eau, vont également être révisées. Comme l’Algérie, l’Arabie saoudite est l’un des pays où les carburants sont les moins chers. Le Royaume saoudien a adopté son budget 2016 avec un déficit prévu de 79,3 milliards d’euros. Cette année, ce pays a enregistré un déficit budgétaire record de 89,2 milliards d’euros.» (9)

La déclaration du ministre saoudien du pétrole le 30 décembre  a sonné le glas de l’Opep.

« L’augmentation de la production dépend (…) de la demande des clients. Nous répondons à la demande de nos clients, il n’y a plus de limite à la production, tant qu’il y a de la demande, nous avons les moyens de répondre à la demande », a-t-il déclaré » (10).

Voilà qui est clair, il n’ya plus de concertation Les Saoudiens misent sur le volume et non pas sur le prix et dans ces conditions l’Opep  ne sert à rien si ce n’est à discipliner pour le compte de l’empire, par, prévôt interposé, les récalcitrants notamment ceux qui à défaut de stratégie hors hydrocarbure, brûlent des cierges pour que les cours remontent.  Sombres jours pour les rentiers arabes, ils vont successivement subir le même sort que la Libye au fur et à mesure de l’épuisement des réserves.

Cependant , L’Arabie saoudite pourra toujours compter sur sa manne de l’industrie du tourisme religieux évaluée à 50 milliards de dollars. Il est fort à parier que le Monde arabe ne représentera plus grand-chose à l’horizon d’une trentaine d’années. Ils retourneront à leur vocation de nomades comme au début du XXe siècle.

Les Saoudiens jouent présentement aux pyromanes avec deux foyers entretenus  le Yemen, et la Syrie. Ouvrir les hostilités avec l’Iran est téméraire et surtout  risqué car les Etats Unis sur lesquels ils comptent n’auront aucun état d’âme à les lâcher d’autant plus que le pétrole ne structure plus comme avant l’énergie du fait d’autres sources ( les non conventionnels et surtout le renouvelable) avec l’apport de nouvelles technologies ( voitures hybrides qui nons pas besoin autant d’essence) .

Les Saoudiens  ne se souviennent pas des époques où le Shah d’Iran et par la suite Saddam Hussein qui étaient les bons gars des Américains, ont été non seulement lâchés  mais pour le premier livrés aux mollahs, au point de s’enfuir et de ne trouver asile qu’en Egypte les Etats Unis ne voulant pas s’en encombre. Le deuxième eut encore moins de chance, puisque comme le dit le proconsul Bremer qui a  occupé l’Irak en juin 2003 : « Nous l’avons eu » Il fut confié sans état d’âme à El Maliki qui le pendit le jour de l’Aid El Adha ( sacrifice)

L’Algérie, devrait se  protéger de ses amis arabes exportateurs de fanatismes. Elle devra plus que jamais réhabiliter l’Islam  maghrébin tolérant pour  lutter intelligemment contre l’extrémisme. De plus, elle n’a pas su développer des alternatives au tout-pétrole. Le temps encore une fois, nous est compté et les problèmes de l’Algérie doivent faire l’objet, de mon point de vue, d’un consensus car quels que soient ses dirigeants, les faits sont têtus.

Si on ne remet pas tout à plat dès à présent en expliquant aux citoyens les grands enjeux, tarissement de la manne pétrolière, risques climatiques, sécheresse, ils n’adhéreront pas. Naturellement, les réformes indispensables concernant le ciblage intelligent des subventions aux couches sociales à faible pouvoir d’achat, ne peuvent commencer que par l’exemple de la réduction du train de vie de l’Etat. Il n’y a pas de fatalité ni de hiérarchie ni de monopole ni de famille révolutionnaire dans le patriotisme. Seules la connaissance et la compétence permettront à l’Algérie de sortir de cette épreuve.

Professeur Chems eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

source et notes

 

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L’ex-adjoint de Manuel Valls dénonce les magouilles politiques : « Le manque de respect des dirigeants envers le peuple »

Et c’est vrai , comment un élu condamné 8 fois peut il siéger (ou même avec un casier judiciaire tout court, sur une des fonction clef de notre democrassie) ??? . Une député siège même avec bracelet électronique d’après ce Monsieur ( Philippe Pascot) … Et d’autres révélations . C’est complètement aberrant . 

 

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Nicolas Sarkozy : « L’humanité a une dette envers le peuple juif »

Discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Netanya (Israël) le 22 mai 2013 

 
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Publié par le 2 décembre 2014 dans général, International, Politique

 

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L’ARMEE SECRETE DE L’UE CONTRE LE PEUPLE : EUROGENDFOR, L’ ARMÉE EUROPÉENNE

 

Leur étrange insigne … et leur devise « LEX PACIFERAT »

C’est Médiapart qui l’a donné : très peu de gens le savent : il existe déjà une structure policière armée Européenne, qui pourrait être une arme terrible contre Les peuples, car le fait que c’est une force « internationale » , ça enlève toute possibilité de « fraternisation » entre ces forces armées et le peuple  quelque soit le pays d’Europe concerné . (même chose aux US avec des troupes russes sur leur territoire, pour le compte de la FEMA) 

L’infrastructure de cette force armée Européenne étant déjà en place, c’est là le grand danger ;

Pour l’instant il ne sont que 3000, mais ce chiffre ne veut rien dire dans la mesure où les système et L’infrastructure  sont en place :  à partir de là les technocrates peuvent sur quelques jours monter cette force à 100 000 , voir  bien plus, en basculant les services de police ou de gendarmerie nationaux dans ce dispositif , tout est prêt en cas de besoin d’une grande répression … qui sait cela ?

C’est pourquoi Mediapart fait bien de titrer « L’ARMÉE SECRÈTE  DE L’UE CONTRE LE PEUPLE  » ; Z .

Qu’est-ce qui se cache derrière Eurogendfor et son droit d’occupation ?

A propos d’armées secrètes ou de troupes d’intervention policière secrètes. Elles existent depuis longtemps dans l’UE, mais peu de gens le savent.

La troupe policière de l’UE existe depuis longtemps – et elle dispose de larges pouvoirs ! Actuellement, c’est une « troupe d’intervention spéciale » forte de 3000 hommes ( !) sous le sigle difficile à prononcer « Eurogend­for » (European Gendarmerie Force/troupes de police européennes). Le commandement se trouve à Vincenza en Italie, loin du siège de l’UE !

Ce corps de police a été créé à l’initia­tive de l’ancienne ministre de la Défense française Michèle Alliot-Marie, pour réprimer à l’avenir plus facilement les manifestations qui dégénèrent toujours à nouveau dans les villes françaises.

Le grand problème est le suivant : Eurogend­for va à l’avenir réduire au niveau européen le droit national et la souveraineté natio­nale des Etats-membres de l’UE ! Un « conseil de guerre », qui se compose des ministères de la Défense et de la Sécurité des pays de l’UEparticipant à l’Eurogendfor et du pays concerné, décidera de l’intervention dans un Etat-membre de l’UE – voilà comment est réglementée la nouvelle troupe policière de l’UE dans le « document constitutif » dé­nommé Accord de Velsen (NL).

Eurogendfor

Cela représente pour les observateurs un droit d’occupation par l’UE.

Car, si une intervention à l’intérieur d’un pays « ami », membre de l’UE, est une fois décidée, tous les bâtiments et zones occupés par des unités d’Eurogendfor, jouissent de l’immu­nité et ne sont plus accessibles pour les autorités du pays concerné. En fait, il s’agit d’un droit d’occupation par l’UE. Mais il y a pire : l’Eurogendfor ne dispose pas seulement dans le cas particulier de compétences policières mais aussi de compétences qu’ont les ser­vices secrets et elle a le devoir de réinstaller l’ordre et le calme dans la zone d’intervention concernée en collaboration étroite avec l’armée ( !). En cas de besoin, les troupes doivent avoir à disposition toutes les autorisations et tous les moyens pour remplir leur mandat.

Eurogendfor résout divers problèmes pour les gouvernements européens. A l’avenir, ils pourront, lors de troubles sociaux ou de manifestations majeures de longue durée, utiliser des armes à feu contre leurs populations, mettre des zones entières sous quarantaine militaire et retirer les meneurs de la circulation sans avoir à engager leurs propres forces militaires ou policières qui pourraient éventuellement se solidariser avec les manifestants. L’Eurogendfor de son côté, ne pourra pas être poursuivi en justice grâce à ses autorisations exceptionnelles, civiles et militaires.

Eurogendfor

Notons que ce n’est que grâce au Traité de Lisbonne – qui n’est rien d’autre que l’ancienne « Constitution européenne » controversée sous un nouveau titre – qu’une telle situation incroyable à pu être instaurée. Grâce au jugement du Tribunal constitutionnel su­prême, les politiques allemands, qui ont soutenu ce traité douteux à la quasi-unanimité au Bundestag, auront à l’avenir le droit d’être entendus. Un homme politique allemand, ramené à la réalité, déclare lors d’un entretien privé : « On s’amusera bien au sein de l’Eurogendfor quand à l’avenir l’état d’urgence sera imposé dans les centres chauds de Bottrop ou Neukölln en Allemagne fédérale. »

http://blogs.mediapart.fr/blog/jolemanique/301014/larmee-secrete-de-lue-contre-le-peuple-eurogendfor

 
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Publié par le 7 novembre 2014 dans général, Nouvel ordre mondial, Politique, société

 

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