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« L’euro pourrait connaître une nouvelle crise » selon Stiglitz (prix Nobel d’économie)

money cash, euro

« L’euro pourrait connaître une nouvelle crise » selon Stiglitz (prix Nobel d’économie), qui a écrit ce papier très intéressant  à lire jusqu’au bout .  Selon lui « L’euro semble avoir été conçu pour échouer » et  provoque « la discorde plutôt que la prospérité » . Il confirme ce que j’ai déjà rapporté, et que le gouvernement Italien a dans ses cartons , à savoir que  »  La taille de l’Italie est suffisante, et elle compte suffisamment d’économistes créatifs pour gérer un abandon de facto de l’euro en établissant un système souple à double devise »  . 

D’ailleurs, dans ce papier, j’ai donné une news importante, les Italiens seraient déjà en train de mettre en place cette monnaie parallèle : 

« Quant à la monnaie parallèle que veulent mettre en place les nouveaux dirigeants populistes eurosceptiques Italiens, qui leur permettraient de sortir en douceur de l’Euro, on apprend ici que deux institutions financières parapubliques italiennes se sont d’ores et déjà mises à racheter systématiquement des bons du Trésor italien . » Z 

Les promoteurs de la monnaie unique promettaient la prospérité, mais ils ont refusé de donner aux pays membres les outils qui leur permettaient de traverser les crises. L’impatience des populations grandit face à l’intransigeance d’une Allemagne qui continue d’imposer à tous l’austérité. Et si l’Italie faisait tout craquer ? 

L’euro pourrait connaître une nouvelle crise. La troisième puissance économique de la zone euro, l’Italie, vient de choisir un gouvernement que l’on peut qualifier au mieux d’eurosceptique. C’est la répétition attendue du début d’un scénario déjà vu. Dans la longue histoire d’une monnaie commune mal conçue, la puissance dominante, l’Allemagne, bloque les réformes nécessaires et appelle à des mesures qui ne font qu’exacerber les problèmes en utilisant une rhétorique qui semble destinée à enflammer les passions.

Mauvaise posture

L’Italie est en mauvaise posture économique depuis le lancement de l’euro. Son PIB réel (ajusté en fonction de l’inflation) stagne depuis 2001. Mais la zone euro elle-même n’a guère fait mieux. Ainsi entre 2008 et 2016 son PIB réel n’a augmenté que de 3 % au total. En 2000, un an après l’introduction de l’euro, la taille de l’économie américaine ne dépassait que de 13 % celle de la zone euro, or en 2016 elle la dépassait de 26 %. Après le redressement de l’année dernière marqué par un taux de croissance de 2,4 % – ce qui est insuffisant pour rattraper une décennie de ralentissement -, l’économie de la zone euro donne à nouveau des signes d’essoufflement.

la discorde plutôt que la prospérité

L’euro semble avoir été conçu pour échouer. Du fait de son existence, les Etats membres ont perdu les principaux mécanismes d’ajustement dont ils disposaient (le taux d’intérêt et le taux de change). Mais, plutôt que de créer de nouvelles institutions pour aider les pays en cas de difficultés, l’UE a imposé de nouvelles structures (souvent basées sur des théories économiques et politiques fumeuses) concernant le déficit, la dette et même les mesures structurelles.

L’euro devait apporter la prospérité à tous les pays membres, ce qui devait renforcer leur solidarité et encourager l’intégration européenne. Mais il s’est produit exactement le contraire, car il a freiné la croissance et semé la discorde.

Le problème ne tient pas à un manque d’idées sur la manière de progresser. Dans deux discours ( l’un en septembre dernier à la Sorbonne et l’ autre en mai en Allemagne à l’occasion de la remise du prix Charlemagne qu’il a reçu pour son action en faveur de l’unité européenne), le président français, Emmanuel Macron, a présenté une vision claire pour l’avenir de l’Europe. Mais la chancelière allemande Angela Merkel a jeté un froid en suggérant un financement ridiculement insuffisant des investissements nécessaires dès maintenant.

Inadéquation du taux de change

Le problème essentiel d’une zone monétaire est de trouver le moyen de corriger l’inadéquation du taux de change, ce dont souffre l’Italie actuellement. La réponse allemande consiste à faire porter tout le poids de cette correction par les pays les plus faibles qui connaissent un chômage de masse et une croissance anémique. Nous savons où cela mène : plus de souffrance, plus de chômage et une croissance encore plus faible. Et même si la croissance revient, le PIB ne peut atteindre le niveau qu’il aurait eu avec une politique adéquate. Il faudrait au contraire que les pays les plus forts (où les salaires sont plus élevés et la demande plus importante grâce aux investissements publics) acceptent de financer une plus grande partie de l’ajustement nécessaire.

A travers la zone euro, les dirigeants politiques sont de plus en plus paralysés : les électeurs veulent rester dans l’UE, mais ils veulent aussi la fin de l’austérité et le retour de la prospérité. Les dirigeants leur disent qu’ils ne peuvent avoir les deux. Espérant toujours un changement d’état d’esprit dans les pays du nord de l’Europe, ils restent inflexibles, et la souffrance de la population augmente.

Le Portugal, avec à sa tête Premier ministre socialiste António Costa, constitue une exception . Son gouvernement a ramené le pays sur la voie de la croissance (elle était de 2,7 % l’année dernière) et il est très populaire. En avril 44 % des Portugais estimaient que sa politique donne de meilleurs résultats que ce à quoi ils s’attendaient.

Double devise

L’Italie pourrait devenir une autre exception, mais dans un sens très différent. L’hostilité à l’euro vient tant de la droite que de la gauche. Un parti d’extrême droite, la Ligue, est maintenant au pouvoir. Son dirigeant, Matteo Salvini, un politicien expérimenté, pourrait mettre à exécution les menaces que des dirigeants néophytes ont hésité à mettre en œuvre dans d’autres pays. La taille de l’Italie est suffisante, et elle compte suffisamment d’économistes créatifs pour gérer un abandon de facto de l’euro en établissant un système souple à double devise qui aiderait à rétablir la prospérité. Ce serait une violation des règles de la zone euro, mais c’est Bruxelles et Francfort qui auraient alors à supporter le poids d’un départ de jure de l’Italie qui compterait sur la paralysie de l’UE pour empêcher une rupture définitive. Quel que soit l’aboutissement de cette manœuvre, la zone euro se retrouverait en lambeaux.

Les choses pourraient se passer autrement. L’Allemagne et les autres pays du nord du continent peuvent encore sauver l’euro en faisant preuve de davantage d’humanité et de souplesse. Mais, ayant vu si souvent le début du scénario qui se joue, je ne pense pas qu’ils vont changer d’attitude.

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Publié par le 5 juillet 2018 dans économie, général, International, Politique

 

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A quand l’éclatement de la prochaine bulle mondiale et de la zone euro ?

La zone euro sur la sellette

Bridgewater, le plus gros hedge fund (fonds d’investissement — gère 160 Mds $ d’actifs) du monde a misé 22 Md $ contre la zone euro : les positions à la baisse (« vendeuses  ») du fonds prouvent qu’il parie contre de nombreuses entreprises européennes (Airbus), allemandes (Siemens, Deutsche Bank) françaises (Total, BNP Paribas) et italiennes (Intesa Sanpaolo, Enel et Eni), entre autres. La société n’est pas connue pour s’attaquer à des entreprises en particulier, mais plutôt pour parier sur la santé de l’économie en général.

Depuis 2011, 4 000 Mds € ont été injectés dans la zone euro (c’est-à-dire au sein des banques commerciales) par la Banque Centrale Européenne (BCE), ce qui représente plus d’un tiers du PIB de la zone. La majorité de cette monnaie se situe principalement en Allemagne et au Luxembourg, pays qui, vous en conviendrez, ne sont pas les plus en difficulté de la zone. Plus grave, une grande partie de ces liquidités n’ont pas financé l’économie réelle par le biais du crédit aux particuliers et aux entreprises. À la place, les banques commerciales ont épargné 2 000 Mds € de cet argent frais sur leur compte à la BCE jusqu’à fin 2017 (contre 300 Mds € début 2011) pour « respecter leur ratio de liquidité » (avoir suffisamment de dépôt en cas de crise de monnaie liquide). Comme aux États-Unis, l’assouplissement quantitatif a permis à la banque centrale de renflouer les banques privées en rachetant leurs créances. Autrement dit, les dettes du secteur privé sont payées par le contribuable sans aucun retour sur investissement. Parallèlement, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a lancé un appel en faveur de moins de régulation et plus de fusions-acquisitions bancaires dans l’UE, en prenant pour modèle… le secteur bancaire US.

La BCE prévient aussi que la zone euro risque carrément d’éclater à la prochaine crise si elle n’est pas renforcée. Autrement dit les États membres doivent d’ici là réformer leur économie, dégager des marges budgétaires et intégrer les marchés et les services à l’échelle de la zone pour mieux absorber les pertes potentielles sans faire appel aux contribuables. Un instrument fiscal comme un budget de la zone euro contrôlé par un ministre des finances européen, comme le défend le président Emmanuel Macron, aiderait également à faire face à un choc économique majeur qui semble inévitable. Autant dire que cela s’avère problématique au vu du peu de consensus sur le sujet et notamment une frilosité allemande. La Banque centrale européenne a émis l’idée fin 2017, prévue de longue date par les économistes sérieux, d’abolir la limite de 100 000 € garantis en cas d’opération de sauvetage ou de faillite bancaire (Faits & Document n° 443, 15/11/17–15/12/17 p.8 et 9).

La Bundesbank juge également que l’économie allemande est plus fragile qu’il n’y parait, avec des prix immobiliers survalorisés de 15 % à 30 % et des banques parmi les moins rentables du continent avec un rendement des actifs parmi les plus bas et un ratio coût/bénéfice parmi les plus élevés de la zone euro (74,9 %). En lien, le rapport confidentiel gouvernemental allemand Prospective stratégique 2040 a été révélé par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel  : le Ministère fédéral allemand de la Défense a officiellement entériné la possibilité d’un effondrement de l’UE.

Fin 2017, le solde Target 2 de l’Allemagne a dépassé les +900 Mds €, un record depuis la création de l’euro. Ce terme de Target 2 traduit, entre autres, l’état des balances des paiements courants intra-zone euro, et donc dans notre cas, le solde de la balance de l’Allemagne sur les autres pays membres. Si la France est presque à l’équilibre, le solde négatif de l’Italie avoisine les -450 Mds € et celui de l’Espagne les -400 Mds €. La classe politico-financière germanique est très inquiète des capacités du bilan de la Bundesbank à absorber les créances (douteuses) des autres banques centrales des pays du sud de l’Europe.

Le parti politique Union Populaire Républicaine a traduit un article du journal allemand Die Welt (15/03/18) traitant d’une récente conférence à Berlin, réunissant plusieurs économistes allemands célèbres. Le thème de la conférence annonce la couleur : « L’euro peut-il vraiment survivre et, sinon, que va-t-il se passer ? ». C’est la viabilité de la monnaie unique et l’asymétrie des soldes Targets qui y ont été questionnées. M. Fuest, n°1 du prestigieux institut d’études économiques Institut für Wirtschaftsforschung (IFO), y a plaidé pour l’introduction d’une clause de sortie de la monnaie euro. Hans-Werner Sinn, ancien patron de l’IFO a y notamment déclaré : « Je ne sais pas si l’euro va tenir dans la durée, mais son système de fonctionnement est condamné. »

Les conséquences inéluctables de l’économie financiarisée

C’est la seconde fois en un siècle que l’indice de Shiller (qui analyse les probabilités de bulles financières) dépasse son record : la dernière fois qu’un tel niveau d’euphorie boursière avait été atteint, c’était juste avant le krach de 1929, soit la plus grande crise économique du XXe siècle. Des points communs avec l’avant-crise de 2008 sont également à signaler. La Banque des règlements internationaux (« la banque centrale des banques centrales »), la Banque d’Angleterre et le célèbre gestionnaire de fonds Neil Woodford relèvent des signaux économiques inquiétants dans le monde : surchauffe des marchés financiers, dette des consommateurs et des devises et actifs financiers surévalués. Tandis qu’une énième étude prouve que les inégalités socio-économiques et la concentration des capitaux se sont accrues dans le monde entier ou presque depuis plus de 30 ans, selon un rapport du World Wealth and Income Database (travail collectif de plus d’une centaine de chercheurs).

Suite à la chute récente et vertigineuse du dollar (une baisse comme on n’en avait pas constaté depuis 2003), les banquiers centraux auront besoin de désigner un responsable pour se dédouaner en cas d’éclatement de bulle, qui serait concevable à court terme. Certains analystes postulent même que la Réserve fédérale des États- Unis a désormais son excuse pour augmenter ses taux d’intérêt rapidement maintenant que le dollar chute, pour que cette bulle explose rapidement sous l’administration Trump. En 2018, le cours du dollar a perdu 4 % de sa valeur par rapport aux six principales devises mondiales et la tendance continue. Le FMI avait d’ailleurs assuré au dernier Forum économique mondiale (ou forum de Davos), que la prochaine crise frappera plus fort et plus tôt que prévu. De même que l’augmentation importante de la cotation de l’or ne laisse présager rien de bon pour l’économie internationale.

Patrick Artus, économiste directeur de la recherche et des études de Natixis, montre dans une récente étude que les économies développées de l’OCDE sont entrées dans la dynamique finale décrite par Karl Marx. La baisse du rendement du capital s’accroît (les investissements rapportent de moins en moins) et les baisses de salaires pour compenser le phénomène commencent à s’essouffler. Les opérations spéculatives (rachat d’actions, spéculations immobilière et financière, achats d’actifs risqués, bitcoins, etc.) explosent, car la productivité réelle ne suffit plus. Les prochaines étapes se résumeront donc en une hausse des inégalités de revenu et une énorme crise financière, selon Artus et Marx.

Franck Pengam, Avril 2018.

www.geopolitique-profonde.com

Source : Agoravox

 
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Publié par le 20 avril 2018 dans économie, général, International

 

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L’ITALIE VA-T-ELLE SOMBRER, EN EMPORTANT LA FRANCE ET LA ZONE EURO ?

L’Italie va-t-elle sombrer, en emportant la France et la zone euro ?
 

On a pas mal d’alertes sur une probable prochaine crise de la zone euro en ce moment – Remontée des taux d’intérêt, dette publique massive, créances douteuses pléthoriques, risque d’Itaxit, interrogations sur le potentiel de croissance à long terme… Malgré l’embellie conjoncturelle actuelle, l’Italie reste un danger majeur pour la zone euro et la France !

L’économie italienne se porte mieux, sur fond d’embellie conjoncturelle mondiale. “Le pays revient de loin, alors qu’il a connu une crise majeure en 2011-2012. Il vit actuellement un fort redémarrage de la croissance, notamment sur le front de l’industrie. L’indice PMI des directeurs d’achats, très corrélé à l’activité économique, a atteint 59, un niveau très élevé. Reste que si la croissance accélère depuis quelques mois, elle est restée en queue de peloton de la zone euro en 2017”, rapporte Eric Bourguignon, directeur des gestions obligataires chez Swiss Life Asset Managers.

Il faut dire qu’au-delà du mieux constaté sur le front de la conjoncture, l’économie italienne continue de souffrir de nombreux maux. “Le chômage reste massif, avec un taux supérieur à 11% et même à 33% pour les jeunes. Et le pays a un vrai problème de compétitivité-coûts, qui tend à s’accentuer”, souligne Eric Bourguignon. “A long terme, la vrai question pour l’économie italienne est de savoir si elle parviendra à élever son potentiel de croissance. Alors que notre voisin transalpin a accusé depuis 15 ans une faible croissance de la productivité, le gouvernement doit impérativement mettre en oeuvre des réformes pour insuffler une nouvelle dynamique”, renchérit Julien-Pierre Nouen, directeur des études économiques de Lazard Frères Gestion.

Le risque d’Itaxit a-t-il vraiment disparu ?

Alors que les élections italiennes du 4 mars se profilent, “la coalition de centre-droit a bien progressé dans les sondages, mais ne devrait a priori pas obtenir de majorité à elle seule, laissant ainsi la porte ouverte à une période de tractations et de négociations”, indique Jean-Pierre Nouen. Le parti extrémiste Mouvement 5 Etoiles (M5S), lui aussi bien placé dans les sondages, est quant à lui revenu sur son projet de référendum en faveur d’une sortie de la zone euro (Itaxit). “Le risque politique lié à l’élection d’un parti ou d’une coalition en faveur d’un Itaxit semble donc écarté, si bien que les investisseurs considèrent actuellement l’issue du scrutin comme un aléa mineur”, indique Eric Bourguignon. Cependant, comme le dit l’adage, “les promesses n’engagent que ceux qui les croient. Le M5S a bien compris qu’un Itaxit constituait un véritable épouvantail pour bon nombre d’électeurs. Pour autant, on ne peut pas dire que l’opinion publique italienne soit très enthousiaste vis-à-vis de l’euro”, relève Julien-Pierre Nouen.

“Ainsi, à long terme, on ne peut pas exclure que la question d’un Itaxit revienne sur la table. Et s’il devait se concrétiser, la nouvelle devise italienne devrait fortement se déprécier, tandis que les investisseurs de la planète réclameraient une prime de risque (un surcroît de rémunération, pour compenser un plus haut degré d’incertitudes, NDLR). Autrement dit, les taux d’intérêt à long terme s’envoleraient”, explique l’expert de Lazard Frères Gestion.

Hausse des taux d’intérêt et dette publique pharaonique : un cocktail détonant, d’autant plus inquiétant que la croissance structurelle reste faible !

Reste qu’Itaxit ou pas, les taux d’intérêt à long terme italiens sont d’ores et déjà orientés à la hausse, même s’ils ont moins progressé que les taux allemands – la référence du Vieux Continent – ces derniers mois. Or, “si le M5S devait arriver au pouvoir et lancer dans la foulée un plan de relance pharaonique ou des mesures de nature à nettement alourdir les déficits publics, les intervenants pourraient s’en émouvoir, alors que le pays est déjà lesté par une dette publique de 2.300 milliards d’euros – une des plus importantes au monde -, soit 130% du produit intérieur brut ! En réaction, les taux d’intérêt à long terme flamberaient, alourdissant ainsi la charge de la dette…”, indique Eric Bourguignon. Et ce, même si “l’impact de la remontée des taux d’intérêt ne se diffuse que peu à peu sur le stock de dettes d’un Etat, avec un effet étalé sur plusieurs années”, tempère Julien-Pierre Nouen, qui relève que “la hausse des taux d’intérêt est un poison lent pour les Etats”.

“Même si elle est détenue aux deux tiers par les Italiens, la dette publique constitue, par son ampleur, un danger pour le pays, au vu d’une croissance structurelle encore famélique, qui pose la question de la capacité de remboursement de Rome !”, souligne Eric bourguignon.

L’Italie va-t-elle faire basculer la zone euro dans une nouvelle crise, avec la France en première ligne ?

“L’Italie demeure un des plus importants émetteurs d’emprunts d’Etat au monde. Compte tenu de sa dette publique colossale et de son poids économique, qui avoisine 20% du PIB de la zone euro, une grave crise italienne risquerait de provoquer un cataclysme financier pour les autres pays”, juge l’expert de Swiss Life Asset Managers. “D’autant que la taille de l’économie italienne est presque 10 fois plus importante que celle de la Grèce, dont la crise de la dette avait réussi à faire tanguer la zone euro il y a quelques années. En effet, elle avait fait tâche d’huile, les investisseurs se penchant alors sur les faiblesses des autres maillons faibles de la zone euro”, relève-t-il.

Si ce scénario devait être réédité avec l’Italie, on assisterait à “une défiance vis-à-vis de l’ensemble de la zone euro, avec une envolée généralisée des taux d’intérêt à long terme à la clé. Et la France serait loin d’être épargnée, son profil étant proche de celui de l’Italie, avec un même double problème de compétitivité et d’endettement. Or, une très forte hausse des taux d’intérêt à long terme devrait logiquement peser sur la croissance… Heureusement, face au danger, la Banque centrale européenne mettrait tout en oeuvre pour éviter un scénario noir, notamment via des achats massifs d’obligations, destinés à contenir les taux d’intérêt à long terme…”, souligne Eric Bourguignon.

Quels risques pour les banques italiennes et françaises ?

Le système bancaire italien “reste lesté par un stock important – quoiqu’en contraction – de créances douteuses (prêts qui ont de bonnes chances de ne pas être remboursés), représentant actuellement 200 milliards d’euros – soit 12% des encours de prêts bancaires”, souligne Eric Bourguignon. Or, “une remontée plus forte que prévu – mettons à 3 ou 4% – des taux d’intérêt à long terme fragiliserait les entreprises sur lesquelles portent ces créances douteuses”, relève-t-il.

Les banques françaises, “en particulier BNP Paribas (qui contrôle notamment BNL, NDLR) et Crédit Agricole (qui s’est renforcé dans la péninsule en 2016, via le rachat de Pioneer par sa filiale de gestion d’actifs Amundi, NDLR) sont exposées à l’Italie via leurs filiales. Heureusement, ces dernières sont essentiellement financées localement, via les dépôts des particuliers transalpins. Les risques auraient été plus importants si leur financement était assuré par le siège social en France”, explique Julien-Pierre Nouen.

“Les banques françaises ne détiennent plus que pour 9 milliards d’euros de dette italienne. Leur exposition directe est donc limitée. Néanmoins, compte tenu du poids du pays, une grave crise italienne ne manquerait pas de les affecter indirectement”, juge Eric Bourguignon. Décidément, les investisseurs seraient bien inspirés de surveiller le risque italien…

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Publié par le 25 février 2018 dans économie, général, International

 

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« Un plan italien pour quitter la zone euro ? »

Que les Italiens aient un plan pour sortir de la zone euro est une évidence au vu de la situation économique et politique en Italie (voyez l’état des banques Italiennes en faisant recherche dans le menu), et dans la zone Euro en général . Rien de surprenant la dedans, ce n’est que du bon sens !! De toutes les façons la zone Euro est d’ores et déjà morte . C’est bancal et ça ne fonctionne pas, ça tombera comme un château de cartes, un jour pas si lointain !  Z .

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

C’est un article du tabloïd anglais Daily Express qui remet de l’huile sur le feu et le tapis sur le métier avec cette histoire de l’Italie qui voudrait sortir de l’euro et qui aurait préparé un plan validé par la BCE, la Banque centrale européenne.

Vrai ? Faux ? Rumeurs ?

Un peu les trois à vrai dire.

Dans tous les gouvernements de la zone euros, il existe des plans plus ou moins secrets pour revenir aux monnaies nationales en urgence et si la situation devait le nécessiter.

En ce qui concerne l’Italie, le sujet est relancé par un homme nommé… Berlusconi, ancien Premier ministre italien alors que Sarkozy présidait à ce moment-là aux destinées de la France.

Pendant la crise paroxystique de confiance de la zone euro, l’Europe allait de sommets en sommets, de crise en crise et, pour la petit histoire, Sarkozy et Merkel, c’est-à-dire le couple franco-allemand, ont tordu le bras à Berlusconi et l’ont forcé à démissionner pour pourvoir imposer un nouveau Premier ministre à l’Italie et quelques réformes qui n’allaient pas dans le sens de l’intérêt des Italiens.

Autant dire que Berlusconi, lui, n’a pas oublié ce qu’il s’est passé, ni la responsabilité de l’Europe dans son éviction sous la forme d’un quasi-coup d’État qui n’a pas dit son nom.

Et que voit-on depuis quelques temps ?

Le retour de Berlusconi, avec une poussée assez importante dans les sondages. Une poussée qui repose sur sa défiance totalement assumée vis-à-vis de l’euro et le fait que désormais, il prône la sortie de l’Italie de la zone euro.

Voilà pour ce qui est vrai.

Son interview dans laquelle il dit qu’il faut revenir à la lire est également vraie et vous pourrez la voir et l’entendre.

Ce qui est moins sûr pour le moment, c’est que la BCE ait donné son accord à la mise en place d’une monnaie parallèle, et je ne dispose pas d’un tel document. Je sais en revanche que ces points ont été de multiples fois discutés et qu’en cas de fortes tensions, et cela va arriver, il faudra bien trouver une solution, notamment si comme le propose le ministre allemand des Affaires étrangères nous voulons faire les États-Unis d’Europe !

Pour que les États-Unis soient viables, encore faudrait-il soit mutualiser toutes les dettes au niveau d’un nouvel État fédéral, soit les apurer au préalable. C’est un choix politique avant d’être un choix économique.

Introduction de “Certificats de Crédit Fiscal” comme une alternative à l’euro.

D’après le Daily Express, « le plan complexe à l’approbation de la Banque centrale européenne repose sur ces Certificats de Crédit Fiscal, connus sous le nom de CCF. Ils offrent aux travailleurs et aux entreprises des avantages fiscaux pour augmenter leur revenu et leur productivité.

Bien que n’ayant pas cours légal, tout le monde peut les utiliser pour payer des impôts, acheter des services gouvernementaux ou les échanger contre des biens ou des euros.

Selon un rapport de l’analyste mondial GEFIRA, “il est très probable que les opérateurs commerciaux, tels que les magasins, accepteront les CCF comme une alternative à l’euro.
Dans les faits donc, même s’ils n’ont pas cours légal, ils peuvent être utilisés comme une monnaie parallèle.”

Et enfin, en conclusion, cet article du Daily Express cite l’eurodéputée indépendante Diane James qui a déclaré : “Si l’Italie réussit à quitter la monnaie unique, ce n’est qu’une question de temps avant qu’elle ne quitte officiellement l’UE et que tout le château de cartes s’écroule.”

Il est vrai, et cela n’est pas une nouveauté, que l’Italie est l’un des plus gros maillons faibles de l’eurozone avec… la France.

Ces deux pays sont les plus vulnérables aussi bien aux plans d’austérité qu’à une remontée des taux d’intérêt.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

 
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Publié par le 14 décembre 2017 dans économie, général, International

 

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Les investisseurs allemands se ruent vers l’or par crainte d’un effondrement de la zone euro

Les allemands ont investi un montant record de 6,8 milliards € en or physique (lingots et pièces) et en produits négociés en bourse.

 

Des chiffres émanant du World Gold Council (WGC) révèlent que les Allemands ont investi un montant record de 6,8 milliards € en or physique (lingots et pièces) et en produits négociés en bourse.

Les analystes affirment qu’une disponibilité améliorée, des bas prix et une demande croissante, dus aux politiques monétaires souples, à l’incertitude économique et à la situation géopolitique instable sont les principales raisons de cette ruée vers l’or des investisseurs allemands.

L’amour des Allemands pour le métal précieux est relativement nouveau et, avant 2008, l’investissement dans l’or physique réprésentait une demande moyenne annuelle de 17 tonnes métriques.

Mais la crise financière frappa et déclencha une série d’événements qui ont finalement poussé les Allemands à chercher une réserve de valeur plus fiable.

Un rapport du WGC indique : ‘’Pendant que le monde entier était tourné vers Lehman Brothers, les investisseurs allemands s’inquiétaient de l’état de leur propre système bancaire. Les banques régionales, auparavant des partenaires stables des entreprises allemandes, semblaient chancelantes, et les gens étaient inquiets pour leurs épargnes.’’

Le développement économique, en Allemagne, a été solide au cours des dernières décennies, mais les investisseurs sont très méfiants quant aux risques dans le système financier et politique européen.

La récente montée de la demande d’or en Allemagne est alimentée par les craintes de l’impact économique du Brexit, de l’indépendance de la Catalogne, de l’énorme dette publique mondiale, des renflouements successifs de la Grèce, des retombées de la crise des migrants et de la résurgence des politiques nationalistes.

Lorsqu’on leur a demandé pourquoi ils avaient investi dans l’or, 57% des investisseurs en lingots et pièces d’or ont répondu que c’était pour protéger leur richesse, et 28% ont déclaré que c’était en vue d’obtenir de bons rendements sur le long terme. Il est clair que l’or remplit un rôle important de préservation de richesse à long terme dans les portefeuilles des investisseurs allemands. À un point tel que la quantité d’or achetée par les Allemands per capita en 2016 a été plus importante qu’en Inde ou en Chine, qui sont les plus gros acheteurs d’or depuis plusieurs années.

 

La quantité d’or achetée par les Allemands en 2016 a été plus importante qu’en Inde ou en Chine

 

De faibles taux de croissance et de productivité dans certaines régions de l’Union européenne, et le manque de confiance envers les banques centrales, ont aussi contribué à l’attrait de l’or.

Selon le WGC, bien que la récente montée en popularité de l’or en Allemagne soit due aux crises financières et économiques, l’or n’avait plus besoin de ces catalyseurs pour progresser.

Le rapport indique : ‘’Même si la croissance de la demande des investisseurs institutionnels est incertaine, il existe une demande latente des investisseurs individuels. En ayant facilité l’achat de barres et de pièces aux investisseurs, les détaillants les commercialisent efficacement.’’

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Publié par le 6 novembre 2017 dans général, or et argent métal

 

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« Independence Day… La dislocation d’un État de la zone euro en direct » ….

Voici un excellent édito de Charles Sannat une fois de plus . J’ai déjà diffusé des articles sur le sujet, la question catalane menace vraiment l’Espagne d’explosion, et donc l’Europe …

Entre l’Espagne et l’Italie c’est la course : qui craquera le 1er ???

Les banques espagnoles (comme les Italiennes) sont dans de sales draps , et cette crise les frappe de plein fouet . .

Nous assistons en outre à l’idée allemande de « régionalisation » de l’Europe, ce qui permettrait d’avoir plus facilement la main sur les régions Européennes, dans un objectif fédéraliste  . 

Ce que nous observons ici, c’est le début de l’éclatement de cette Europe bancale . L’élite de l’UE veut détruire les états qui sont des obstacles au parachèvement de l’Europe Fédérale . Z . 

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Comme j’ai pu déjà le dire, l’histoire souvent se déroule assez lentement pendant des périodes de stabilité relative pouvant sembler longues, puis brutalement l’histoire s’accélère.

C’est une de ces accélérations que nous vivons aujourd’hui avec la crise politique sans précédent qui secoue l’Espagne et la menace d’explosion, une explosion qui peut potentiellement s’avérer catastrophique aussi bien pour la péninsule ibérique que pour le reste de l’Europe. Enfin, disons plutôt pour le reste des pays européens, eux-aussi menacés par les tentations séparatistes de certaines régions.

La stratégie européenne ? Détruire les États pour faire exister l’Europe fédérale

Cela fait des années pour ne pas dire des décennies que l’Europe politique poursuit son rêve d’existence et de puissance. Pour rendre réelle l’existence de cet État européen utopique, il faut évidemment éradiquer les États.

C’est ce qui est consciencieusement fait depuis 40 ans avec ce que l’on appelle la « construction européenne ».

Derrière la construction européenne se cache la destruction des États.

Pour détruire les États, c’est l’euro, l’immigration, le dumping fiscal et social qui ont été utilisés de même que l’élargissement de l’Union. Petit à petit, à force de traités, la souveraineté des pays a été anéantie.

Parallèlement, il a toujours existé la volonté de la part de l’Europe de favoriser l’indépendantisme des grandes régions pour casser définitivement les nations.

Ce que vous voyez à l’œuvre en Espagne est évidemment une bénédiction pour l’Europe dont il faut se méfier du pseudo-silence qui est en réalité un piège politique redoutable.

L’Europe s’oppose à toute violence, garante qu’elle est de la démocratie !

Cette position politique d’une perfidie inouïe est en réalité un piège politique majeur.

En effet, en s’opposant à toute violence d’État, à savoir la violence pratiquée par Madrid pour éviter la sécession de la Catalogne, l’Europe en réalité prive Madrid, au nom de la démocratie, de tout pouvoir et moyens d’action coercitifs à l’égard des Catalans et des indépendantistes qui restent une minorité agissante et bruyante, mais une minorité tout de même !

Toutes celles et ceux qui sont pour la Catalogne indépendante sont pour le fascisme financier le plus abject.

Tous les bien-pensants de la « démocrassie » qui bêlent comme des ânes pour la Catalogne sont les utiles des riches !

Les indépendantistes sont la négation même de toute générosité et je vais vous dire pourquoi.

Parce que l’indépendantisme catalan se nourrit de l’idée que seuls les Catalans, « êtres supérieurs », savent, eux, travailler, bosser, et produire des richesses, par rapport au reste de l’Espagne peuplé d’abrutis et de fainéants (clin d’œil à notre maréchal jupitérien à nous qu’on a).

Les Catalans seraient donc bien plus riches sans le reste de l’Espagne.

Et vous savez quoi ?
C’est vrai !

Oui les Catalans seraient plus riches sans le reste de l’Espagne.

Ce serait la même chose pour les Italiens du Nord sans les Italiens du Sud.

Pour les Parisiens du 16e sans le reste de Paris, et pour tous les parisiens sans le reste de la France.

Suivant ce raisonnement d’un cynisme financier hallucinant, toutes les régions riches, donc, auraient vocation à devenir indépendantes des régions pauvres.

Or, les pays sont fondés, basés, sur des unions de transfert.

Les riches paient pour les pauvres.

C’est la base de tout impôt et de tout système redistributif.

C’est d’ailleurs ce dispositif qui fait défaut à l’euro pour rendre la zone euro fonctionnelle. Il faudrait que les « riches » allemands paient pour tous les autres pauvres.

Mais plus personne ne veut payer et d’ailleurs l’Europe, pour casser, les États cassent leurs sources de financement en organisant, comme je vous l’ai dit, le dumping fiscal.

Ceux qui défendent donc l’indépendance de la Catalogne sont les idiots utiles du système totalitaire marchand incarné par Bruxelles et les europathes.

Il n’y a pas plus injuste que cette idée. Il n’y a pas plus abjecte que cette Europe qui déclenche la fureur des peuples pour mieux exister, quitte à tuer et à devenir sanglante.

Cette Europe n’est plus la paix.

Sous vos yeux, cette Europe devient la guerre.

N’oubliez jamais qu’aucun État ne s’est jamais créé sans guerre et sans violence. C’est une règle historique intangible et il en sera de même pour l’Europe fédérale.

Ce qui se passe sous vos yeux est sans pareil. Vous en serez, nous en serons et nous en sommes déjà les victimes anonymes.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

 
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Publié par le 6 octobre 2017 dans général, International, Politique

 

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L’Autriche lance un emprunt à 100 ans, historique pour la zone euro

Les états sont en faillite et ne savent plus quoi faire pour se financer – L’Autriche a annoncé le succès d’un emprunt historique à 100 ans lancé mardi auprès des investisseurs, une durée exceptionnelle rendue attractive par la faiblesse des taux d’intérêt sur les échéances plus courtes.

Le Trésor autrichien s’est félicité mardi soir d’être le premier Etat de la zone euro à avoir placé une obligation sur une durée aussi longue, prouvant ainsi « la haute cote de crédit » du pays auprès des investisseurs, selon un communiqué.

Déjà des offres à hauteur de 10,8 milliards d’euros

L’émission a suscité l’appétit des investisseurs, qui ont fait des offres à hauteur de 10,8 milliards d’euros. Le Trésor autrichien a annoncé avoir accepté 3,5 milliards d’euros d’offre de la part de 208 souscripteurs (principalement des gestionnaires de fonds), à un taux de 2,1%. L’obligation arrivera à échéance le 20 septembre 2117.

En zone euro, seuls la Belgique et l’Irlande, en 2016, avaient emprunté à 100 ans un montant beaucoup plus modeste de 100 millions d’euros en s’adressant directement à un nombre restreint d’investisseurs privés, et non via une émission publique. L’Argentine a emprunté il y a quelques mois à 8% sur 100 ans et le Mexique l’avait fait avant elle.

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Publié par le 15 septembre 2017 dans économie, général, International

 

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