Aux dernières nouvelles, Trump a déclaré qu’il ne virerait pas Yellen, mais qu’il ne renouvellerait pas son mandat en 2018 .

La victoire de Trump sème le doute sur la politique de la Fed

L’hypothèse d’une hausse des taux de la Réserve fédérale en décembre perd du terrain. La Banque centrale américaine pourrait ne pas souhaiter alourdir un climat qui s’annonce agité pour les marchés. L’avenir de Janet Yellen à la tête de l’institution est en question.

La Fed va -t-elle pouvoir relever ses taux en décembre ? La réponse ne semblait pas faire de doute en début de semaine. Tant les chiffres de l’emploi que ceux de l’économie américaine constituaient un feu vert pour une extinction – très progressive – de sa politique monétaire accommodante. Mais la victoire de Donald Trump change la donne. Alors que, avant les premiers résultats de l’élection présidentielle mardi après-midi, les marchés estimaient à 82 % la probabilité d’une hausse de 0,25 point des taux directeurs de la Banque centrale américaine, elle est tombée à moins de 50 % mercredi matin.

Les investisseurs ne voient pas comment la Réserve fédérale pourrait resserrer sa politique monétaire étant donné l’énorme incertitude liée aux projets du président élu, tant sur le plan économique que sur le plan international. Jusqu’à présent, la Banque centrale s’est montrée extrêmement prudente , pour ne pas ajouter à la nervosité des marchés en cas de choc.

La crédibilité de la Fed en jeu

« La probabilité d’une hausse des taux en décembre, suivie de deux autres en 2017 a considérablement diminué. La tendance haussière du dollar s’est en conséquence inversée. Ces deux phénomènes constituaient une menace au marché haussier, et sont désormais remis à plus tard. La politique monétaire va ainsi demeurer accommodante. Cependant ces risques financiers vont laisser place à un niveau de risque politique sans précédent », explique ainsi Dominic Rossi, chez Fidelity International. Un climat qui n’incitera pas l’institution à jeter de l’huile sur le feu en entamant la normalisation de sa politique monétaire.

La Fed se retrouve donc dans une position très inconfortable. Car, à l’inverse, le choix du statu quo en décembre prochain pourrait remettre en cause sa crédibilité. La hausse de taux attendue n’était que la deuxième en plus de 10 ans. Et cette décision a déjà été repoussée quatre fois au cours des derniers mois, à cause de doutes sur la croissance américaine et sur la stabilité économique dans le monde. Si elle n’agit pas d’ici la fin de l’année, cet attentisme pourrait être analysé comme une incapacité à relever ses taux. Une hypothèse qui inquiète un nombre croissant d’investisseurs.

Les critiques de Trump envers la banque centrale

Pour compliquer le tout, les relations entre Janet Yellen, présidente de la Fed, et Donald Trump devraient être extrêmement tendues. Ce dernier n’a eu de cesse de critiquer la politique de taux bas de la Réserve fédérale, accusée de faire le ,jeu des démocrates . Janet Yellen avait dû intervenir, en septembre, pour défendre l’institution. « La Réserve fédérale n’est pas corrompue politiquement. Nous ne discutons pas de politique dans nos réunions. Je n’ai aucun souvenir d’une réunion en ma présence où la politique ait été un sujet de débat », avait-elle alors déclaré.

Néanmoins, elle pourrait se retrouver rapidement sur la sellette. D’autant que la politique de relance que le futur président entend mener plaiderait plutôt pour une hausse des taux dans un avenir proche. Même si le mandat de Janet Yellen court jusqu’en février 2018, plusieurs observateurs se demandent, à l’instar de Jim Leaviss, le directeur de la gestion obligataire chez M&G, « si elle pourra encore être à la tête de la Fed sous le « régime Trump » »