RSS

Archives de Tag: La Russie

La Russie et la Chine contre l’empire du dollar

La Russie et la Chine contre l’empire du dollar
C’est à tort que nous considérons chaque conflit armé dans le monde comme distinct des autres. La presque totalité d’entre eux s’insère dans un rapport plus général entre d’un côté « l’empire américain d’Occident » et, de l’autre, les BRICS qui tentent de lui opposer « un ordre international alternatif ». Ce rapport de force se joue aussi bien au plan militaire qu’au plan financier.

Un vaste arc de tensions et de conflits s’étend de l’Asie orientale à l’Asie centrale, du Moyen-Orient à l’Europe, de l’Afrique à l’Amérique latine. Les « points chauds » le long de cet arc intercontinental —Péninsule coréenne, mer de Chine méridionale, Afghanistan, Syrie, Irak, Iran, Ukraine, Libye, Venezuela et autres— ont des histoires et des caractéristiques géopolitiques différentes, mais en même temps sont reliés à un unique facteur : la stratégie avec laquelle « l’empire américain d’Occident », en déclin, essaie d’empêcher l’émergence de nouveaux sujets étatiques et sociaux. Ce que redoute Washington se comprend par le Sommet des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) qui s’est tenu du 3 au 5 septembre à Xiamen en Chine.

Exprimant « les préoccupations des BRICS sur l’injuste architecture économique et financière mondiale, qui ne prend pas en considération le poids croissant des économies émergentes », le président russe Poutine a souligné la nécessité de « dépasser la domination excessive du nombre limité de monnaies de réserve ». Référence claire au dollar US, qui constitue presque les deux tiers des réserves monétaires mondiales et la monnaie par laquelle se détermine le prix du pétrole, de l’or et d’autres matières premières stratégiques. Ce qui permet aux USA de conserver un rôle dominant, en imprimant des dollars dont la valeur se base non pas sur la réelle capacité économique états-unienne mais sur le fait qu’ils sont utilisés comme monnaie mondiale. Le yuan chinois est cependant entré il y a un an dans le panier des monnaies de réserve du Fonds monétaire international (avec le dollar, l’euro, le yen et la livre sterling) et Pékin est sur le point de lancer des contrats d’achat du pétrole en yuan, convertibles en or.

Les BRICS demandent en outre la révision des quotas et donc des votes attribués à chaque pays à l’intérieur du Fonds monétaire : les USA, à eux seuls, détiennent plus du double du total des votes de 24 pays de l’Amérique latine (Mexique compris) et le G7 détient le triple des votes du groupe des BRICS. Washington observe avec une préoccupation croissante le partenariat russo-chinois : les échanges entre les deux pays, qui en 2017 devraient atteindre les 80 milliards de dollars, sont en forte augmentation ; en même temps augmentent les accords de coopération russo-chinoise dans le domaine énergétique, agricole, aéronautique, spatial et dans celui des infrastructures. L’achat annoncé de 14 % de la compagnie pétrolifère russe Rosneft par une compagnie chinoise et la fourniture de gaz russe à la Chine pour 38 milliards de m3 annuels à travers le nouveau gazoduc Sila Sibiri qui entrera en fonction en 2019, ouvrent à l’export énergétique russe la voie à l’Est tandis que les USA essaient de lui bloquer la voie à l’Ouest vers l’Europe.

Perdant du terrain sur le plan économique, les USA jettent sur le plateau de la balance l’épée de leur force militaire et de leur influence politique. La pression militaire US en mer de Chine méridionale et dans la péninsule coréenne, les guerres des USA et de l’Otan en Afghanistan, les guerres au Moyen-Orient et en Afrique, le coup d’épaule des USA et de l’Otan en Ukraine et la confrontation consécutive avec la Russie, entrent dans la même stratégie de confrontation mondiale contre le partenariat russo-chinois, qui n’est pas seulement économique mais géopolitique. Y entre aussi le plan de miner les BRICS de l’intérieur, en ramenant les droites au pouvoir au Brésil et dans toute l’Amérique latine. C’est ce que confirmait le commandant du U.S. Southern Command, Kurt Tidd, qui prépare contre le Venezuela l’« option militaire » brandie par Trump : dans une audition au Sénat, il accusait la Russie et la Chine d’exercer une « influence maligne » en Amérique latine, pour faire avancer là aussi « leur vision d’un ordre international alternatif ».

Manlio Dinucci

Traduction: Marie-Ange Patrizio

Source: Il Manifesto (Italie)

via: http://www.voltairenet.org/article197861.html

Publicités
 

Étiquettes : , , , ,

De grands scientifiques étasuniens confirment un plan américain de conquête de la Russie

shutterstock_399404113

Le Bulletin des scientifiques atomiques a publié une étude, le 1er mars 2017, qui commence ainsi :

« Le programme de modernisation des forces nucléaires des États-Unis a été présenté au public, comme un effort pour assurer la fiabilité et la sécurité des têtes nucléaires de l’arsenal nucléaire américain, plutôt que pour améliorer leurs capacités techniques. En réalité, ce programme va utiliser de nouvelles technologies révolutionnaires, qui augmenteront considérablement la capacité de ciblage de l’arsenal américain de missiles balistiques. Cette augmentation de capacité est étonnante. Elle augmente d’un facteur d’environ trois, le pouvoir global de destruction des forces existantes des missiles balistiques américains et cela crée exactement ce à quoi l’on s’attend, si un État possédant le nucléaire prévoyait d’avoir la capacité de combattre et de gagner une guerre nucléaire, en désarmant les ennemis grâce à une première frappe surprise. 

L’étude continue ainsi :

« Parce que les innovations dans les super-fuze apparaissent aux yeux des non-techniciens comme mineures, les décideurs politiques hors du gouvernement des États-Unis (et probablement à l’intérieur du gouvernement) ont complètement négligé leur impact révolutionnaire sur les capacités militaires et leurs importantes implications pour la sécurité mondiale. »

Cette étude a été coécrite par trois grands scientifiques américains spécialisés dans l’analyse des armes et surtout dans l’équilibre géostratégique entre les pays : Hans Kristensen, Matthew McKinzie et Theodore Postol [Le même chercheur qui a démonté le rapport officiel étasunien sur l’attaque au sarin à Khan Shaykhun, NdT]. Leur rapport se poursuit ainsi :

 

 

« Cette vaste augmentation de la capacité de ciblage nucléaire aux États-Unis, largement dissimulée au grand public, a de sérieuses implications pour la stabilité stratégique et pour la perception par les adversaires de la stratégie et des intentions nucléaires américaines.

Les planificateurs russes considéreront presque certainement cette avancée de la capacité de ciblage, comme augmentant le risque d’une frappe nucléaire préventive de la part des États-Unis – un risque qui obligerait la Russie à préparer des contre-mesures, qui accroîtraient encore le niveau d’alerte, déjà dangereusement élevé, des forces nucléaires russes. Les postures nucléaires tendues, basées sur des hypothèses de planification déjà les plus défavorables, entraînent la possibilité d’une réponse nucléaire à un faux signal d’attaque. La nouvelle capacité de destruction engendrée par le super-fuze augmente la tension et le risque que les forces nucléaires américaines ou russes soient utilisées en réponse à l’alerte précoce d’une attaque, même si l’attaque ne s’est pas réellement produite. »

Les auteurs expliquent ensuite pourquoi le départ accidentel de la troisième guerre mondiale, c’est-à-dire un anéantissement mondial, serait plus probable de la part de la Russie que des États-Unis :

« La Russie ne dispose pas d’un système d’alerte précoce satellite fonctionnel, mais repose principalement sur des radars d’alerte précoce, posés au sol pour détecter une attaque de missiles américains. Comme ces radars ne peuvent pas voir plus loin que l’horizon, la Russie dispose de deux fois moins de temps d’alerte précoce que les États-Unis. (Les États-Unis disposent environ de 30 minutes, la Russie 15 minutes ou moins).

En d’autres termes : alors que Trump disposerait d’environ 30 minutes pour déterminer si Poutine a lancé une frappe préventive, Poutine aurait moins de 15 minutes pour déterminer si Trump l’a fait. Et si, au bout de cette période, de chaque côté, il n’y a aucune certitude qu’aucune attaque nucléaire préventive n’a été lancée par l’autre, alors cette personne serait obligée de riposter contre l’autre, en supposant que ne pas le faire aurait non seulement pour résultat une planète toxique condamnée à un hiver nucléaire et une famine universelle, mais aussi une humiliante et scandaleuse absence de représailles contre l’auteur d’un tel acte. Ce qui serait une humiliation en plus d’un anéantissement, et donc un partage de la faute avec le vrai criminel, qui résultera, quelque soit le temps d’existence qui pourrait rester à le vivre, en une honte insupportable et se traduira rapidement en suicide, si les compatriotes survivants de ce pays ne l’exécutent pas avant que lui ne se tue.

Inévitablement, la moralité personnelle et l’image de soi du dirigeant de la nation, dans ce type de situation, sont des facteurs différents des conséquences mondiales très publiques qui détermineront la décision de la personne. Mais, avec seulement (au plus) 15 minutes pour décider du côté russe, et 30 minutes pour décider du côté américain, il y a une chance fortement élevée maintenant, qu’une guerre nucléaire mette fin à la vie de tous ceux qui existent actuellement et qui ne mourront pas rapidement de causes ordinaires avant le drame. Même les projections les plus désastreuses des dangers dus au réchauffement climatique sont loin du danger nucléaire.

La question, maintenant, est : comment le monde en est-il arrivé à ce niveau extraordinairement sinistre ? Les co-auteurs se réfèrent à plusieurs reprises au secret, gardé par le gouvernement américain comme une source essentielle, telle que « … qui a été largement dissimulé au public en général… » et «  … que les décideurs politiques en dehors du gouvernement américain (et probablement à l’intérieur du gouvernement ont complètement négligé… ». Ces passages se réfèrent à un phénomène ordinaire dans les conspirations au sommet de grandes opérations criminelles comme la criminalité du monde des affaires, où seul un très petit cercle d’individus, communément une demi-douzaine ou même moins, sont conscients de l’objectif stratégique principal de l’opération et des principaux moyens tactiques qui sont mis en place afin d’exécuter le plan. Dans ce cas particulier, il n’inclurait pas le chef de chaque cabinet ministériel, ni rien de si large que cela. Mais il est clair que puisque la décision clé, la mise en œuvre des « super-fuze » sur « toutes les ogives placées dans les sous-marins balistiques américains » a été prise par Obama, il est la principale personne responsable de cette situation. Cependant, Trump, en tant que personne qui a hérité cette situation de son prédécesseur, n’a toujours pas montré de signe comme quoi il désirait abandonner l’objectif stratégique américain actuel de conquête de la Russie. Plus le temps passe sans que Trump annonce au public qu’il a hérité de cette opération moralement répugnante de son prédécesseur et qu’il retire tous les super-fuzes, plus cela indique que Trump a décidé de poursuivre le plan d’Obama. Habituellement, dans une telle situation, le dirigeant qui a hérité d’un tel plan serait assassiné, s’il donnait une indication claire de son intention de changer de plan ou de l’annuler (les initiés clés sont généralement obsédés par le « succès », en particulier à une étape aussi tardive ). Et donc, si Trump essayait de le faire, il tenterait presque certainement de cacher ce fait, jusqu’à ce que le plan hérité soit déjà désactivé et ne soit plus une menace.

Le point tournant clé qui a mené à la crise actuelle a été l’acceptation progressive et croissante, du côté américain, de la possibilité d’utiliser l’arme nucléaire pour conquérir, plutôt que seulement pour la dissuasion – le système antérieur, celui de la dissuasion, ayant été appelé «  MAD » [fou, NdT], acronyme de Mutually Assured Destruction(destruction mutuelle assurée), exprimant l’idée que si les deux superpuissances nucléaires se déclaraient la guerre, le monde entier serait détruit de manière catastrophique et rendrait l’idée d’un « gagnant » et d’un « perdant » du conflit une distorsion grotesque de la réalité. La seule réalité étant l’anéantissement mutuel et une planète invivable. Un événement historique, dans le processus de re-conceptualisation qu’une telle guerre peut être considérée comme étant « gagnable », a été la publication, en 2006, de deux articles dans les deux revues les plus prestigieuses de relations internationalesForeign Affairs et International Security, introduisant officiellement le concept de « Primauté nucléaire », c’est-à-dire la (prétendue) opportunité pour les États-Unis de planifier une conquête nucléaire de la Russie. Jusqu’à ces deux articles (tous deux co-écrits par les deux mêmes auteurs), une telle idée était considérée comme farfelue, mais depuis lors, elle est devenue populaire. Comme l’explique le dernier lien ci-dessus (l’article en lien précédent), l’origine, avant même George W. Bush, remonte au 24 février 1990 lorsque son père, alors également président américain, a secrètement lancé une opération dont le but final est de conquérir la Russie. Dans cet article, se trouvent les liens aux documents-sources sur les origines d’un plan qui nous mènera à une guerre nucléaire de fin du monde. Remonter aux causes originelles de la progression régulière, après le 24 février 1990, dans la direction d’une conquête de la Russie par les États-Unis (assisté de ses alliés) peut maintenant être fait par les historiens, même si ce n’est que maintenant que l’information est finalement révélée au public, 27 ans après la très fatale décision de George Herbert Walker Bush, qui a déjà coûté aux contribuables américains des milliards de dollars, un vrai gaspillage, et dont le résultat risque d’être un anéantissement total.

Cet article est soumis gratuitement à tous les médias, pour publication, dans l’espoir que le président actuel des États-Unis va le commenter publiquement, même si c’est pour s’en moquer afin d’éviter d’être assassiné pour y avoir fait référence. Nous sommes à un moment extrêmement dangereux dans l’Histoire, et Donald Trump est maintenant sur un siège très chaud, ce que toute personne intelligente et bien informée reconnaît être le cas. Si jamais le monde avait besoin d’un grand dirigeant courageux, c’est maintenant ; parce que, sans cela, nous pourrions entrer bientôt en enfer. L’éviter, 27 ans après que le gouvernement américain s’est lancé sur cette pente savonneuse, sera extrêmement difficile, mais pas encore totalement impossible. C’est là que nous en sommes à l’heure actuelle et, depuis le coup d’État en Ukraine en 2014, les achats de bunkers « à l’épreuve du nucléaire » ont augmenté de façon conséquente.

Ce danger extrême est la nouvelle réalité mondiale. Si l’élimination de la menace ne vient pas de la Maison Blanche, l’apothéose de la menace viendra, qui que ce soit qui frappera le premier. La décision – soit d’envahir la Russie, soit d’annuler et de condamner la préparation des États-Unis à le faire depuis plus d’une décennie – ne peut être prise que par le président américain. S’il reste silencieux sur la question, Poutine peut raisonnablement continuer à supposer qu’il devra être le premier à frapper. Il ne s’est pas placé lui-même dans cette position ; le régime étasunien l’aura forcé. Espérons que les États-Unis vont diminuer la menace, dès maintenant.

Eric Zuesse

Source

 

Étiquettes : , , , , , , ,

Les USA préparent la doctrine d’une guerre avec la Russie et la Chine

Les USA préparent la doctrine d’une guerre avec la Russie et la Chine.

Selon les Russes – Les militaires américains planchent sur un document intitulé « Consignes de préparation et de réalisation d’opérations militaires » ou, autrement dit, sur le règlement sur le service en campagne. Selon le Pentagone, ce document est indispensable dans le cadre d’une guerre éventuelle avec la Russie ou la Chine ».

Cependant, les militaires affirment que cette doctrine est un moyen généraliste et sera applicable à la lutte contre l’organisation terroriste État islamique (EI ou Daech) qui utilise des moyens de renseignement et des armements modernes. Les fonctionnaires de l’armée américaine sont en train d’examiner le document. Il devrait être prêt en automne 2017.

Selon le document, les États-Unis doivent être en mesure d’affronter la Russie et la Chine qui développent des chasseurs dernier cri et des systèmes de défense antiaérienne. Le texte précise que ces pays disposent de missiles antinavires de longue portée qui seraient destinés à détruire les porte-avions américains.

Les experts russes sont convaincus que les États-Unis ne frapperaient jamais un fort adversaire. C’est pourquoi ils n’ont pas encore porté un coup contre la Corée du Nord. Selon l’expert militaire Viktor Iessine, l’administration a pris en compte les conséquences éventuelles d’un tel coup. Ils ont compris qu’il n’est pas exclu que Pyongyang puisse recourir à ses missiles balistiques afin de frapper les troupes américaines déployées en Corée du Sud et au Japon.

« S’il y a un risque de réponse, ils (les USA) contiennent leurs élans », a souligné l’expert.

Auparavant, les spécialistes du Centre d’action préventive au sein du Conseil américain des relations internationales (Council on Foreign Relations – CFR) ont établi la liste de menaces principales pour les États-Unis en 2017. Selon eux, la confrontation entre la Russie et les pays de l’Otan, provoquée par « la politique agressive de Moscou en Europe de l’Est », est la menace la plus importante.

source

 

Étiquettes : , , , , , ,

«Dans une guerre nucléaire entre les États-Unis et la Russie, toute la population mourrait». Des experts du nucléaire abordent les dangers d’une guerre entre les États-Unis et la Russie

«Dans une guerre nucléaire entre les États-Unis et la Russie, toute la population mourrait». Des experts du nucléaire abordent les dangers d'une guerre entre les États-Unis et la Russie (WSWS)

Depuis la frappe de missiles du 6 avril par l’administration Trump contre une base aérienne syrienne, les tensions entre les États-Unis et les puissances européennes et la Russie sont à leur plus haut niveau depuis la guerre froide. Dans leur rhétorique, les États-Unis et leurs cherchent surtout à défendre l’attaque non provoquée, tandis que la Russie répond en augmentant son appui militaire pour le régime de Bashar al-Assad.

La plus récente escalade de ces tensions est le largage d’une bombe à effet de souffle d’artillerie lourde (MOAB) GBU-43/B par l’armée américaine en Afghanistan. Une MOAB est une bombe de 10 tonnes, la plus puissante arme non nucléaire dans l’arsenal de l’armée américaine. Elle n’avait jamais encore été utilisée au combat.

Bien que la cible officielle soit un complexe de grottes et de tunnels de l’État islamique dans la province de Nangarhar, le réel objectif était de démontrer à l’Iran, la Russie, la Syrie, la Corée du Nord, la Chine et à toutes autres nations qui se mettent dans le chemin des intérêts mondiaux de l’impérialisme américain qu’il n’y a aucune limite à la violence que l’armée américaine est prête à infliger à ceux qu’elle considère comme ses ennemis.

Ce qui est frappant à propos de la couverture médiatique de la crise géopolitique actuelle est l’absence de discussion, que ça soit de la part du New York Times, du Washington Post, de Fox News, de MSNBC ou CNN, des conséquences d’un échange nucléaire. La prochaine étape après une MOAB est une ogive thermonucléaire tactique de faible puissance, une arme dont le pouvoir de destruction est bien plus grand. Néanmoins, personne dans les médias corporatifs n’a demandé: qu’arriverait-il si de telles armes étaient utilisées en Syrie, en Iran ou en Corée du Nord ou encore contre la Russie ou la Chine?

Cela soulève deux autres questions: la situation actuelle est-elle proche d’un conflit direct et d’une escalade militaire entre les États-Unis et la Russie qui mèneraient à une guerre nucléaire? Combien de personnes mourraient dans un tel conflit?

Pour faire la lumière sur ces questions, le World Socialist Web Site s’est entretenu séparément avec deux experts sur les dangers d’une guerre nucléaire, Steven Starr et Greg Mello.

Steven Starr

Steven Starr est scientifique principal à Physicians for Social Responsibility (Médecins pour la responsabilité sociale) et associé de la Nuclear Age Peace Foundation (Fondation pour la paix à l’ère nucléaire). Ses articles sur les dangers environnementaux d’une guerre nucléaire ont été publiés dans le Bulletin of Atomic Scientists et dans la publication du Centre pour le contrôle des armes, l’énergie et les études environnementales de l’Institut de physique et de technologie de Moscou.

World Socialist Web Site: Selon vous, combien grand est le risque d’un conflit militaire entre les États-Unis et la Russie sur la Syrie ou avec la Chine sur la Corée du Nord?

Steven Starr: Je crois qu’il y a un très grand danger que cela se produise. Les Russes sont alliés avec [le président syrien Bashar al-]Assad et font reculer l’ÉI. Ils ont repris Alep et cela a rendu les médias et l’establishment politique hystériques, puisque ce n’est pas de cette façon qu’ils voulaient que la guerre finisse. Trump a fait campagne pour une détente avec la Russie, pour une politique non interventionniste. Lorsque [le secrétaire d’État Rex] Tillerson était en Turquie, il a dit qu’Assad pouvait rester. Mais cinq jours plus tard, les États-Unis lançaient des missiles de croisière sur la Syrie.

En raison de l’attaque de 59 missiles des États-Unis contre une base aérienne syrienne, nous avons essentiellement détruit les relations avec la Russie. Nous avons franchi le Rubicon. La Russie a suspendu le protocole de sécurité aérienne qui fournissait des canaux de communication visant à prévenir des contacts dangereux entre les aéronefs américains et russes. Cela donnera le droit à la Russie et à la Syrie de choisir de tirer ou non sur les avions américains. Les Russes ont déjà l’espace aérien syrien et ils ont mentionné qu’ils allaient augmenter la capacité de la défense aérienne syrienne. Qu’arrivera-t-il quand les avions américains vont se faire abattre par les Russes?

WSWS: Une chose qui vaut la peine d’être mise en contraste est les reportages faux et complètement malhonnêtes des grands médias et l’ampleur des conséquences des politiques qui sont mises en oeuvre. Cela est déjà grave de diffuser de la propagande au nom de l’establishment politique américain, mais lorsqu’il est question d’une politique qui entraînera la destruction de la planète, cela prend une toute nouvelle dimension.

SS: D’après ce que je vois, les «nouvelles» internationales publiées par les journaux d’importance sont en grande partie devenues de la propagande, particulièrement après les événements en Ukraine et en Crimée en 2014. Bien qu’on s’attende toujours à un biais dans les reportages de chaque pays, les médias occidentaux ne semblent plus contraints par le besoin de fournir des faits pour appuyer leurs arguments et allégations. Il n’y a eu aucune investigation à propos de l’attaque chimique en Syrie; Trump a lancé la frappe de missiles avant qu’une quelconque enquête puisse être menée.

La CIA est profondément impliquée dans ce processus. Il n’y a que six mégasociétés qui possèdent 90% des médias américains et occidentaux, et ils ne publient aucune histoire qui serait contraire à la ligne de parti officielle de Washington. La censure par omission où aucune dissidence n’est permise est la caractéristique centrale de ce qu’on entend aujourd’hui. L’usage de «sources officielles» sans preuve concrète crée un faux récit qui est utilisé pour appuyer les actions de l’armée américaine.

Ainsi, il y a un silence total dans les médias à propos des conséquences possibles d’une guerre avec la Russie. Quand avez-vous entendu des médias traditionnels parler des conséquences d’une guerre nucléaire avec la Russie?

WSWS: Qu’arriverait-il s’il y avait une autre attaque des États-Unis sur la Syrie, peut-être suivant une autre attaque fabriquée à l’arme chimique?

SS: La situation pourrait s’intensifier très rapidement, particulièrement depuis que les relations entre les États-Unis et Moscou se sont détériorées jusqu’à leur pire état dans l’histoire. J’ai lu dans un article qu’il y a des plans pour déployer 150.000 soldats américains en Syrie. Étant donné qu’il y a des troupes russes et iraniennes en Syrie (à la demande du gouvernement syrien), cela serait une décision incroyablement stupide pour les États-Unis d’envoyer des forces militaires d’envergure en Syrie. Cela serait très difficile d’éviter la troisième guerre mondiale.

Si les États-Unis et la Russie entrent dans un conflit militaire direct, éventuellement un côté ou l’autre commencera à perdre. Alors, soit il admet sa défaite, soit il intensifie la situation. Et quand ceci arrive, la possibilité d’utiliser l’arme atomique devient plus grande. Dès que les bombes nucléaires commenceront à être lancées, l’escalade à grande échelle d’une guerre nucléaire pourrait avoir lieu très rapidement.

WSWS: À quel point cela serait-il catastrophique?

SS: Les États-Unis et la Russie ont chacun environ 1000 armes nucléaires stratégiques d’au moins 100 kilotonnes, toutes prêtes à être lancées dans l’espace de 2 à 15 minutes. Puisque cela prend environ 9 minutes à un missile d’un sous-marin américain pour frapper Moscou, cela veut dire que le gouvernement russe pourrait riposter. Et ceux-ci ne sont que les missiles qui sont prêts à être lancés immédiatement.

Les États-Unis et la Russie ont 3500 armes nucléaires stratégiques opérationnelles et déployées (chacune avec une puissance explosive minimale de 100.000 tonnes de TNT) qu’ils peuvent faire exploser en moins d’une heure. Ils ont 4600 autres armes nucléaires en réserve, prêtes à être utilisées. Il y a environ 300 villes aux États-Unis et 200 villes en Russie avec une population supérieure à 100.000 personnes. Étant donnée la quantité d’armes nucléaires, la plupart des grandes villes risquent fort d’être touchées.

Probablement que 30% de la population américaine et russe périraient dans la première heure. Quelques semaines après l’attaque, les retombées radioactives tueraient un autre 50% ou plus.

L’hiver nucléaire, l’une des conséquences environnementales à long terme d’une guerre nucléaire, entraînerait probablement la famine et la mort pour la plupart des gens sur la planète en l’espace de quelques années d’une guerre nucléaire d’envergure par les États-Unis et la Russie. La couche de fumée stratosphérique mondiale produite par l’incinération nucléaire empêcherait la plupart des rayons du soleil d’atteindre la surface de la Terre, produisant les conditions météorologiques d’une ère glaciaire qui durerait au moins 10 ans.

Une autre conséquence rarement discutée d’une guerre nucléaire est une impulsion électromagnétique en haute altitude, ou IEM. L’explosion d’une arme nucléaire considérable à haute altitude (150 à 300 km d’altitude) produira une énorme impulsion d’énergie électrique qui détruira les circuits électroniques sur une zone de dizaines de milliers de kilomètres carrés sous l’explosion. Une seule détonation au-dessus de la côte Est américaine détruirait le réseau et causerait la fusion du cœur de toutes les centrales nucléaires touchées par l’IEM. Imaginez 60 Fukushima arrivant en même temps aux États-Unis.

Greg Mello

Greg Mello est secrétaire et directeur général du Groupe d’étude de Los Alamos, une organisation qui a fait des recherches sur les dangers d’une guerre nucléaire et qui prône le désarmement depuis 1989. Ses recherches et analyses ont été publiées dans le New York Times, le Washington Post, le Bulletin of Atomic Scientists et dans Issues in Science and Technology.

WSWS: Quel rôle ont joué les démocrates dans les tensions accrues entre les États-Unis et la Russie sur la Syrie?

Gregg Mello: Aussi récemment qu’en 2013, lorsqu’il y a eu une fausse attaque à l’arme chimique en Syrie, je ne crois pas que les démocrates appuyaient autant la guerre qu’ils le font aujourd’hui. Mais maintenant, en raison de la candidature d’Hillary Clinton, l’attisement des tensions avec la Russie et l’hyperbole néo-maccarthyste ont vraiment augmenté, marginalisant même ceux à l’intérieur du parti qui osent exprimer le moindre scepticisme à propos de l’histoire officielle, comme la membre du Congrès Tulsi Gabbard. Et c’est une personne qui est allée en Syrie pour découvrir ce qui se passait réellement. Elle a découvert que la majorité des gens en Syrie veulent que les États-Unis arrêtent de financer les rebelles et qu’ils sont satisfaits avec les efforts du gouvernement Assad pour chasser Al-Qaïda et l’ÉI. Mais elle se fait réduire au silence.

WSWS: Pourriez-vous nous parler des intérêts corporatifs en jeu?

GM: Cinquante-neuf missiles de croisière coûtent beaucoup d’argent. Chaque missile utilisé coûte, je suppose, entre 1 et 1,6 million $, donc la frappe au total a coûté entre 60 et 100 millions de dollars. Ceci n’inclut pas les coûts de déploiement des navires et d’autres éléments qui composent une frappe. C’est probablement le double, si vous incluez ces éléments. En termes des missiles, s’ils sont remplacés, ceci est un revenu pour n’importe quelle compagnie qui les remplace.

Les compagnies reçoivent également de la publicité gratuite de telles frappes. J’ai vu le vidéo de la part de Brian Williams de MSNBC, qui a louangé les missiles utilisant les paroles de Leonard Cohen, «Je suis guidé par la beauté de nos armes» (I’m guided by the beauty of our weapons). Ceci est un clip publicitaire inestimable, surtout lorsque les mêmes images et vidéos des missiles sont aux bulletins télévisés et partout sur le NET. Je suis persuadé que leurs valeurs boursières ont, littéralement et figurativement, explosé.

Mais ce ne sont que des broutilles comparées aux très grosses sommes qui proviennent des tensions continues avec la Russie et le besoin du gouvernement américain de dominer le monde. Nous ne parlons pas de millions de dollars, mais des milliards; vraiment, des billions. Pour maintenir l’idée que nous devrions être dans toutes les parties du monde, les États-Unis dépensent sur toutes les composantes de la défense nationale environ un billion par année. Donc, cela augmente vraiment rapidement.

Et l’armée américaine vient de recevoir une augmentation à son budget de base qui est comparable au budget de défense entier de la Russie. Aux États-Unis, nous dépensons plus d’argent sur l’armée que tous nos adversaires potentiels combinés. C’est là que se trouve l’argent.

On pousse NATO à acheter l’équipement militaire de point, compatible avec le nôtre. Toutes ces ventes d’armes avec nos propres achats nationaux valent des billions. C’est ce que ces frappes cherchent à maintenir. Un modèle de dépenses militaires à une échelle colossale.

Cela va de pair avec les questions géopolitiques que vous avez mentionnées.

WSWS: Pourriez-vous parler davantage des questions géopolitiques?

GM: Trump a dit qu’il n’irait pas en Syrie, mais il n’y a aucune politique cohérente là-dessus. Supposons qu’il y ait une autre frappe, est-ce que cela impliquera la Russie? Est-ce que cela tuera des Russes? Qu’est-ce que Poutine ou tout autre dirigeant russe sentira le besoin de faire alors?

Stephen Cohen, professeur émérite en études russes à l’Université de Princeton et l’Université de New York, a noté que le premier ministre russe Dmitri Medvedev a qualifié les relations américano-russes de «ruinées». Et Medvedev n’est pas un partisan de la ligne dure contre l’Occident. Pour qu’il dise ça, vous pouvez juste imaginer ce que les généraux et les autres qui ont des positions plus radicales murmurent dans l’autre oreille de Poutine.

Si nous faisons une autre frappe, soit avec un avion américain ou un de la «coalition», il pourrait facilement être abattu par les armes antiaériennes de pointe qu’ont déployées la Syrie et la Russie. Cela provoquerait un tollé dans l’establishment politique américain pour en faire plus, pour doubler la mise sur notre erreur. Finalement, c’est difficile de voir comment une campagne aérienne pourrait avoir un effet décisif sur la guerre en Syrie sans créer un risque extrême d’escalade entre les États-Unis et la Russie.

En termes géopolitiques, la situation en Syrie a tellement évolué vers le maintien d’Assad au pouvoir et le recul des terroristes qu’une attaque américaine sur la Syrie serait inefficace, ou bien endommagerait considérablement les intérêts russes, humilierait la Russie et tuerait ses soldats ainsi que ceux d’Assad. Cela ferait pencher la balance vers une Troisième Guerre mondiale.

L’idée que l’empoisonnement à Khan Sheikhoun ait été causé par des armes chimiques ou des précurseurs relâchés par une attaque conventionnelle contre un entrepôt ou un atelier d’armes d’Al-Qaïda, soit le rapport qui a été produit par le gouvernement russe, fait le plus de sens étant donné tout ce que l’on sait. La notion qu’Assad ou certains éléments rebelles dans son armée ont largué des armes chimiques sur leur propre peuple, au moment où Assad gagnait militairement et politiquement, est ridicule.

Maintenant nous voyons que les États-Unis ne veulent pas que l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques mène une enquête sur l’attaque. Vraiment?

L’OIAC est la police du monde pour les armes chimiques, une entité que les États-Unis ont aidé à créer. Elle a reçu le prix Nobel de la Paix en 2013 pour avoir vérifié que toutes les armes chimiques en Syrie avaient été détruites. Elle les a détruites sur un navire américain. Dans ce cas et dans tous les autres, l’OIAC étudierait soigneusement dans un laboratoire agréé les preuves amassées dans la chaîne de possession. Toutes ces mesures sont essentielles lorsqu’il est question de guerre et de paix. On collecterait les preuves de la même façon que dans le cas d’un meurtre très médiatisé.

Ceci n’est pas arrivé dans la plus récente attaque à l’arme chimique; et les États-Unis ne veulent pas que cela se produise. Au lieu de cela, les États-Unis ont récemment publié un communiqué des «faits», un bout de papier rédigé supposément par toutes les 17 agences de renseignement, mais sans en-tête ou signature, qui utilise des termes ambigus comme «nous sommes confiants». Rien n’indique quelle agence a signé ni quelles preuves ont été réellement fournies. En plus, une attaque comme celle-ci prend quelques semaines à investiguer, pas quelques jours.

Tout ceci arrive parce que la Syrie est l’un des plus importants carrefours entre les hydrocarbures du Moyen-Orient et les consommateurs européens. Si vous voulez avoir du pétrole et du gaz naturel du Qatar jusqu’en Europe sans passer par l’Iran, vous devez avoir des oléoducs qui passent par la Syrie. Ceci est particulièrement important si vous ne voulez pas que l’Europe soit dépendante du gaz naturel russe, si vous voulez prévenir l’Allemagne et la Russie et le reste de l’Asie d’être encore plus intégrés économiquement. Le gouvernement américain ne veut pas que l’Europe soit dépendante des hydrocarbures fournis par la Russie ou l’Iran.

Donc, réellement, la Syrie est une guerre par procuration entre les États-Unis et les autres puissances régionales – l’Iran allié avec la Russie – pour le contrôle sur le gaz et le pétrole qui va vers l’Europe. De plus, Israël veut le contrôle du plateau du Golan afin de pouvoir forer dans cette région.

Il faut aussi considérer que la production pétrolière chinoise semble avoir plafonné. L’exportation nette de pétrole dans le monde, qui est le pétrole qui peut être acheté sur le marché international, commence très tranquillement à diminuer.

Puisqu’un baril de pétrole produira plus de valeurs dans des pays comme la Chine et l’Inde, car les travailleurs sont payés beaucoup moins, la Chine peut toujours surenchérir sur les États-Unis et l’Europe pour le pétrole. Considérant le libre marché, ils le feront. Avec ce problème, les pays producteurs de pétrole utilisent eux-mêmes plus de pétrole avec l’augmentation de leur population et de leur économie, ce qui produira inévitablement une crise dans l’accessibilité et la disponibilité du pétrole. Cette crise éclatera dans les années 2020 et cela implique un potentiel conflit entre les grandes puissances pour ces ressources.

Ce n’était pas comme ça durant la guerre froide parce que les États-Unis et la Russie, ainsi que nos alliés, avaient assez de ressources. Mais maintenant, le pétrole bon marché s’écoule et il n’y a pas de remplaçant abordable. Le risque d’un conflit, incluant un conflit entre les grandes puissances nucléaires, augmente.

WSWS: Combien de personnes perdraient la vie durant la première journée d’une telle guerre?

GM: À première vue, dans une guerre nucléaire entre les États-Unis et la Russie, toute la population mourrait. Quelques personnes dans l’hémisphère sud pourraient survivre, mais probablement même pas.

Même seulement quelques armes nucléaires pourraient mettre fin au gouvernement et à l’économie américaine. Cela ne prendrait pas grand-chose pour détruire la chaîne d’approvisionnement «juste à temps», les marchés financiers et l’Internet. Le système entier est très fragile, surtout en ce qui concerne les armes nucléaires. Même dans une guerre nucléaire en quelque sorte limitée, disons une guerre où seuls les silos et les bases aériennes ICBM étaient ciblés, il y aurait tellement de retombées des champs d’ICBM à eux seuls que la majeure partie du Midwest serait rasée, incluant des villes comme Chicago.

Et il y a ensuite le problème des centrales nucléaires dans lesquelles sont entreposées, dans les piscines de stockage du combustible irradié et leurs zones d’entreposage, de très grandes concentrations de radioactivité. Si leur approvisionnement en électricité est interrompu, ces centrales risquent fort de prendre feu et de voir leur cœur entrer en fusion, comme nous l’avons vu à Fukushima.

Comprenez bien qu’une guerre nucléaire n’est pas une ou deux bombes de l’ampleur de celle d’Hiroshima. On ne peut pas imaginer la guerre nucléaire. Une guerre nucléaire veut dire un hiver nucléaire. Cela veut dire l’effondrement des systèmes administratifs très fragiles au niveau électrique, financier et gouvernemental qui garde tout le monde en vie. Nous serions chanceux de recommencer au début du 19e siècle. Et si suffisamment d’armes explosent, la disparition de la couche d’ozone voudrait dire que toute forme de vie ayant des yeux pourrait être aveuglée. Les effets combinés d’une guerre nucléaire entre les États-Unis et la Russie voudraient dire qu’essentiellement tous les mammifères terrestres et de nombreuses plantes disparaîtraient. Il y aurait une extinction dramatique dans le monde biologique.

Je crois que de nombreuses sections de l’armée américaine n’y comprennent rien. J’ai parlé à des gens du Conseil de sécurité nationale et ils pensent que la Russie va reculer. Je les ai suppliés, il y a environ 18 mois, d’emmener quelques diplomates vétérans de l’ère de la guerre froide de l’école réaliste, des gens comme l’ancien ambassadeur en Russie Jack Matlock, qui avait été nommé par Ronald Reagan, de tenter de les convaincre que la Russie ne fera pas simplement ce que l’on veut, qu’elle a également ses propres intérêts légitimes que nous ferions mieux de comprendre et de prendre en considération.

WSWS: Comment pensez-vous que l’on doive aborder le problème de la guerre nucléaire?

Je dirais que les efforts pour diminuer les inégalités dans le monde sont au cœur de la gestion de la menace de guerre nucléaire. Nous devons nous débarrasser de l’influence du complexe militaire, industriel et financier. Si tant de pouvoir est concentré entre si peu de mains, et que les inégalités sont si élevées, les gens au pouvoir sont aveuglés par leur position. Ils sont isolés des problèmes de la société. De telles inégalités – économiques et surtout politiques – mènent à une certaine stupidité politique. Cela pourrait causer notre destruction. Les masses ignorantes ne sont pas le problème. C’est l’ignorance et l’arrogance de ceux au sommet. C’est toujours ça le problème. (source)

 

 

Étiquettes : , , , , , , , , , , , ,

État-major russe: la Russie doit se préparer à une frappe nucléaire US

Vladimir Poutine a ordonné à son armée de l’air de se préparer à « un temps de guerre »

Selon un haut responsable russe, Washington poursuit une stratégie dangereuse pour l’équilibre mondial en encerclant la Russie avec ses systèmes de défense antimissiles. Ce général a souligné que la Russie n’était pas à l’abri d’une frappe nucléaire.

Selon le responsable russe, alors que les Etats-Unis continuent d’affirmer que leurs moyens de défense antimissiles visent à atténuer les menaces provenant des Etats «voyous», les résultats de simulations informatiques menées par des scientifiques russes ont confirmé que les installations du Pentagone étaient dirigées contre la Russie et la Chine – rapportent les médias Russes .

État-major russe: la Russie doit se préparer à une frappe nucléaire US

L’État-major russe a mis en garde contre une attaque nucléaire que les États-Unis pourraient lancer contre la Russie. Les bases du bouclier antimissile US encerclent le territoire russe, ce qui augmente le risque d’une frappe nucléaire, d’après un général russe.

Le système de défense antimissile américain crée une possibilité de porter une frappe nucléaire surprise contre la Russie, a déclaré mercredi à Moscou Viktor Poznikhir, chef adjoint d’état-major opérationnel des Forces armées russes.

«La présence de bases américaines de défense antimissiles en Europe, de navires équipés de systèmes antimissiles […] autour de la Russie crée tout un système dissimulé rendant possible une attaque surprise avec des missiles nucléaires contre la Fédération de Russie», a expliqué le chef adjoint de l’état-major russe, le général Viktor Poznikhir, lors d’une conférence de presse le 26 avril.

L’augmentation du potentiel du bouclier antimissile américain encourage la course aux armements et oblige les autres pays à prendre des mesures de rétorsion. Le déploiement du bouclier antimissile américain rompt l’équilibre des armements nucléaires et complique le dialogue sur le désarmement nucléaire.

Selon le ministère russe de la Défense, les États-Unis ont dépensé 130 milliards de dollars pour la défense antimissile en quinze ans. Washington compte débloquer environ 55 milliards de dollars supplémentaires ces cinq prochaines années. Le nombre des missiles antimissiles américains dépassera d’ici 2022 celui des ogives installées sur les missiles balistiques intercontinentaux russes.

« Cette quantité d’armes antimissiles présente une menace sérieuse pour le potentiel russe de dissuasion, surtout compte tenu de la modernisation actuelle des systèmes de défense antimissile », a indiqué M. Poznikhir.

Les États-Unis disposent actuellement d’une trentaine de missiles antimissiles GBI, de 130 missiles Standard-3, de 150 missiles du système THAAD déployés sur le sol américain, en Europe et dans la région Asie-Pacifique. Un certain nombre de missiles antimissiles se trouvent également à bord de navires des pays alliés des États-Unis, a précisé le général russe. Comme l’Iran et la Corée du Nord n’ont qu’une dizaine de missiles balistiques à moyenne portée, l’arsenal du Pentagone a une taille démesurée par rapport à cette menace, a-t-il ajouté.

 

Étiquettes : , , , , , , ,

WW3 – La Russie et l’Iran « répondront par la force » si les Etats-Unis attaquent de nouveau la Syrie

« La Russie et l’Iran « répondront par la force » si les Etats-Unis attaquent de nouveau la Syrie » : c’est assez clair, et avec un homme aussi imprévisible que Trump qui a complètement retourné sa veste en Syrie et ces malades mentaux de néocons qui reviennent sur le devant de la scene … Ajoutez Poutine qui ne lache pas une miette et qui vient d’abroger l’accord de protection aérienne USA – Russie (= un avion US sera maintenant abattu sur le champs s’il s’aventure contre Assad) et qui met son systeme de défense antiaérien en alerte …. et WW3 se rapproche à nouveau dangereusement …

Trump, l’ami des Russes, envisagerait des sanctions contre la Russie et l’Iran pour leur soutien à la Syrie:

Interviewée par CNN, Nikki Haley, l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, a déclaré que la question de nouvelles sanctions contre la Russie et l’Iran était étudiée par le président Donald Trump.

«Je pense que ce sont des conversations [à propos des sanctions] qu’il va avoir et a même déjà commencé à avoir», a-t-elle expliqué, avant d’ajouter : «Rien n’est exclu !»

En cause : le soutien renouvelé de Moscou et de Téhéran au gouvernement de Bachar el-Assad après l’attaque chimique présumée dans la province d’Idleb, que Washington attribue, sans preuves, au chef de l’Etat syrien.

Pendant ce temps Boris Johnson compte sur le G7 pour infléchir la position de Moscou sur le sort d’Assad  Le chef de la diplomatie britannique entend accorder les membres du G7 sur une position commune appelant au départ de Bachar el-Assad en Syrie. Position qui devrait ensuite être présentée à Moscou par le Secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson….

 La Russie et l’Iran « répondront par la force » si les Etats-Unis attaquent de nouveau la Syrie

Le président iranien Hassan Rohani a contacté son homologue russe Vladimir Poutine après l’attaque américaine en Syrie. Moscou et Téhéran condamnent un acte « qui viole le droit international » et mettent en garde Washington contre toute récidive.

La Russie et l’Iran ont prévenu les Etats-Unis qu’ils « répondr[aient] par la force » si la « ligne rouge » était une nouvelle fois franchie en Syrie, faisant référence au bombardement par l’armée américaine de la base aérienne de l’armée syrienne d’Al-Chaayrate, le 7 avril dernier.

« L’opération conduite par les Etats-Unis est une agression contre la Syrie : une ligne rouge est franchie », peut-on lire dans un communiqué publié ce 9 avril par l’alliance militaire qui soutient le gouvernement syrien et à laquelle participent Moscou et Téhéran. « Désormais, toute agression, quel qu’en soit l’auteur, fera l’objet d’une réponse par la force – et les Etats-Unis connaissent les moyens dont nous disposons pour cela », précise le communiqué.

Le Kremlin a également indiqué que le président iranien Hassan Rohani avait joint le président russe Vladimir Poutine par téléphone ce 9 avril, afin de discuter des conséquences de l’action militaire américaine du 7 avril. Les deux hommes l’ont qualifiée d’« inadmissible », rappelant en outre qu’elle violait le droit international.

Les présidents iranien et russe ont par ailleurs renouvelé leur appel à la tenue d’une enquête objective au sujet de l’attaque chimique présumée qui a touché la ville de Khan Sheikhoun, dans la province occidentale d’Idleb, le 4 avril dernier. Elle permettra d’établir les responsabilités, alors qu’une grande partie des chancelleries occidentales accuse déjà sans preuves le gouvernement syrien. Les deux présidents ont aussi réaffirmé leur détermination à « approfondir leur coopération dans la lutte contre le terrorisme ».

Très tôt le matin du 7 avril, les Etats-Unis ont lancé 59 missiles Tomahawk sur la base de l’armée syrienne d’Al-Chaayrate, en représailles à l’attaque chimique présumée du 4 avril dans la province d’Idleb, dont Washington tient le gouvernement syrien pour responsable sans fournir de preuves. La Russie a qualifié les bombardements d’« acte d’agression usant d’un prétexte artificiel contre un pays souverain et membre de l’ONU ».

 

Étiquettes : , , , , , , ,

Pour la Russie l’attaque américaine en Syrie a presque déclenché l’holocauste nucléaire

Pour la Russie l’attaque américaine en Syrie a presque déclenché l’holocauste nucléaire

Comme vous le savez, il existe un partenariat officiel entre Russes et Syriens : les Russes sont censés protéger et « défendre » le gouvernement Assad . Hé bien de fait, en attaquant cette base syrienne, Trump a failli déclencher une 3 e guerre mondiale . Heureusement que ni syriens ni russes n’ont réagi … (ils avaient été prévenus de l’attaque)

Pour la Russie l’attaque américaine en Syrie a presque déclenché l’holocauste nucléaire

Après l’attaque des Etats-Unis avec ses missiles sur la base aérienne militaire syrienne de Shayrat près de Homs, beaucoup se sont posés la question de savoir pourquoi les systèmes de défense anti-aériens sophistiqués comme les Pantsir, S-300, S-400, Buk-M2 et Tor, n’ont pas protégé la Syrie des 59 missiles Tomahawk qui furent lancés des deux destroyers américains les USS Ross et Porter, déployés en Méditerrannée.

De manière prévisible, les libéraux russes et les activistes ukrainiens se sont réjouis de l’attaque de missiles américains en affirmant que les Etats-Unis avaient ainsi démontré leur supériorité sur la Russie.

Mais les experts militaires ont expliqué que les défenses anti-aériennes russes étaient déployés en Syrie en accord avec le gouvernement légitime syrien pour protéger les facilités russes, notamment les bases navale, aériennes, les troupes et les infrastructures impliqués en provenance des forces armées russes.

Dans le passé, la Russie a fourni certains éléments de défense anti-aérienne à la Syrie, mais ces complexes sont maintenant entretenus, et maintenus par les forces armées syriennes, qui n’ont pas répondu de la manière supposée. La Russie aurait manifestement pu intercepter les cibles américaines volant à basse altitude en utilisant le système de défense Pantsir. Pourtant la Russie a été notifiée bien en avance de la frappe de missiles américains afin d’être capable d’évacuer son personnel militaire et civil de la base de Shayraat et tous citoyens russes si besoin était.

Le représentant officiel du ministère de la défense russe, le général Igor Konatchenkov a dit que seulement 23 des 59 missiles tirés ont atteint la base syrienne.

Si la Syrie avait utilisé les systèmes de défense anti-aériens russes en réponse à l’attaque des missiles américains, ceci aurait déclenché un conflit nucléaire. Pourtant, ce ne fut que le calme du commandant en chef russe qui a rendu possible d’empêcher que ceci ne dégénère en conflit nucléaire,” a dit Sergueï Soudakov, membre de l’académie des sciences militaires russe.

La question la plus importante que tout le monde pose aujourd’hui est celle de savoir pourquoi la Russie n’a pas utilisé ses systèmes de défense anti-aérienne en Syrie pour abattre les missiles américains. La plupart des gens croient que la Russie aurait dû le faire afin de stopper l’agression de la Syrie par les Etats-Unis. Le fait est, que si la Russie avait commencé à abattre ces missiles, nous ne nous serions probablement par réveillés ce matin. Si la Russie avait répondu aux Etats-Unis, ceci aurait déclenché un conflit nucléaire, un clash de deux puissances nucléaires dans un pays tiers…”, a ajouté l’expert.

“Donald Trump est arrivé maintenant au point de ce qui est connu sous le nom de ‘guerre chaude’ “, a conclu l’expert.

“Les systèmes de défense russes ne sont subordonnés qu’à la Russie. Ils protègent les facilités militaires russes en Syrie. Tout le reste n’est que relation publique qui n’a rien à voir avec la réalité. Ceci dit, on a vu Israël et la Turquie qui bombardent la Syrie de temps en temps, tandis que la Russie ne protège que sa propre infrastructure militaire en Syrie. Je n’exclurai pas le fait que l’administration russe ait pris la décision politique de ne pas intercepter les missiles, parce que cela aurait pu résulter en un conflit entre la Russie et les Etats-Unis au niveau de l’interception des missiles par les systèmes de défense”, a expliqué l’expert militaire Vladislav Chourigin.

Les Etats-Unis ont prévenu la Russie de l’attaque de missiles à venir et à son tour la Russie a prévenu la Syrie. Celle-ci a fait retirer ses personnels de la base avant que les missiles ne frappent. La Russie a pris une sage décision de repousser sa réponse et restez certains que la Russie répondra en proportion,” a t’il conclu.

Cela vaut la peine de noter que le ministère de la défense russe a fortement décliné les rumeurs qui disaient que la Russie avait intercepté les missiles américains qui n’avaient pas touché leur cible.

L’attaque américaine sur une base aérienne syrienne a été faite “à la limite d’un conflit militaire avec la Russie”, a dit le premier ministre russe Dimitri Medvedev, ajoutant que le président Trump a été “brisé par la machine du pouvoir américain” en juste deux mois et demi.

“Au lieu d’une déclaration surtravaillée au sujet d’un combat conjoint contre le plus grand ennemi, l’EIIL/Daesh, le gouvernement Trump a prouvé qu’il combattrait farouchement le gouvernement syrien légitime,” a écrit Medvedev sur sa page facebook. Le premier ministre a insisté que pour poursuivre ce but, les Etats-Unis ne peuvent plus attendre d’agir “en une dure contradiction avec la loi internationale et sans l7accord de l’ONU, en violation de ses propres procédures stipulant que le congrès doit d’abord être notifié de toute action militaire n’ayant aucune relation avec une agression contre les Etats-Unis.”

La frappe des missiles en Syrie a révélé que la courante administration américaine manque d’indépendance et est suspendue à l’establishment de Washington que Trump avait pour habitude de sévèrement critiquer pendant sa campagne électorale et aussi durant son discours d’inauguration a ajouté Medvedev.

“Peu de temps après sa victoire aux élections, j’ai noté que tout dépendrait du comment les promesses électorales de Trump seraient bafouées par la machine du pouvoir existante. Cela n’aura pris que deux mois et demi,” a écrit Medvedev.

“Personne ne surestime la valeur des promesses électorales, mais il doit y avoir des limites à l’indécence. Au-delà, nous sommes dans l’abus de confiance complet, ce qui est déjà mal en soi pour nos relations qui sont maintenant en ruine. Ceci est une bonne nouvelle pour les terroristes néanmoins,” a conclu le premier ministre russe.

VT de source russe

Url de l’article: http://www.veteranstoday.com/2017/04/07/americas-syria-strike-on-verge-of-military-clash-with-russia-pm-medvedev/

 

Étiquettes : , , , , , , ,

 
%d blogueurs aiment cette page :