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Comment l’administration de l’Onu organise la guerre

N’oubliez pas que la semaine dernière Lavrov a évoqué une « directive secrète » empêchant l’ONU de participer à la reconstruction de la Syrie   (voir video) Ce qui est énorme comme déclaration venant d’un personnage si haut placé !  L’ONU serait officiellement devenue une organisation au service des intérêts de la coalition américaine et de ses amis. Dans ce cas, quel intérêt présente-t-elle encore, puisqu’en prenant parti elle n’est plus apte à remplir son rôle d’arbitre international. Z

Le document interne des Nations Unies que nous venons de publier atteste que l’administration de l’Organisation travaille contre les buts de celle-ci. La gravité de cette situation appelle à une explication du secrétaire général, António Guterres, a exigé le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Faute de quoi les États-membres pourraient remettre l’Onu en cause.

par Thierry Meyssan

Le 2 juillet 2012, l’ancien assistant d’Hillary Clinton, Jeffrey Feltman devient le numéro 2 des Nations Unies. Il prête serment devant le secrétaire général, le très corrompu Ban Ki-moon, sur la Charte de l’Organisation

Le 2 juillet 2012, l’ancien assistant d’Hillary Clinton, Jeffrey Feltman devient le numéro 2 des Nations Unies. Il prête serment devant le secrétaire général, le très corrompu Ban Ki-moon, sur la Charte de l’Organisation

En octobre 2017, le sous-secrétaire-général des Nations unies pour les Affaires politiques, Jeffrey Feltman, rédigeait secrètement des instructions à toutes les agences de l’Onu sur le comportement à adopter par rapport au conflit en Syrie.

Jamais les États-membres de l’Organisation, ni même ceux du Conseil de sécurité, ne furent informés de l’existence de ces instructions. Jusqu’à ce que le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, les révèle le 20 août dernier [1].

Nous venons de nous en procurer une copie [2].

Ce document trahit la Charte des Nations Unies [3] dont il inverse les priorités. Alors que celle-ci a pour but principal de « maintenir la paix et la sécurité internationales », il place au-dessus de ce but le « respect des droits de l’homme ». De la sorte, ces droits deviennent un instrument contre la paix.

L’expression « droits de l’homme » existait bien avant de trouver un sens juridique (c’est-à-dire avant d’être opposable dans un tribunal). Le ministère britannique des Affaires étrangères en fit un grand usage, au XIXème siècle, pour justifier certaines de ses guerres. C’est pour les défendre, assurait-il, qu’il était prêt à batailler contre l’Empire ottoman. En réalité, il s’agissait uniquement d’un choc entre l’Empire britannique et la Sublime porte. Jamais les peuples prétendument « libérés » par Londres furent plus heureux sous ce maître que sous un autre. Au XXème siècle, les « droits de l’homme » furent d’abord la marque de fabrique des ONG « sans frontières », puis le slogan des trotskistes ralliés à la CIA, les néo-conservateurs.

Si la Charte des Nations unies emploie six fois l’expression « droits de l’homme », elle n’en fait pas un idéal en soi. Leur respect ne peut advenir qu’en temps de paix. La guerre, faut-il le rappeler, est une période de troubles durant laquelle les droits individuels sont occultés. C’est une situation terrible où, pour sauver un peuple, on doit se résoudre à en sacrifier une partie.

C’est pourquoi on distingue la police de l’armée. La police protège des droits individuels, tandis que l’armée protège des droits collectifs. La police doit respecter les « droits de l’homme », tandis que l’armée peut les ignorer. Il semble que nos contemporains, engoncés dans leur confort, ont perdu le sens de ces distinctions élémentaires.

Si le « droit-de-l’hommisme » était initialement un habillage de conquêtes territoriales, poussé à l’extrême, il est devenu l’idéologie de la destruction des structures étatiques nationales. Pour que nos droits soient respectés, nous devons être « citoyens du monde » et accepter une « société ouverte », « sans frontières », administrée par un « gouvernement mondial ».

C’est faire fi de l’histoire et de la culture de chacun de ces « citoyens du monde », leur imposer ce qui nous semble être le meilleur pour nous… et donc pour eux.

Dans ce nouveau document de Jeffrey Feltman, les « droits de l’homme » sont encore une fois un prétexte. Cette personnalité a participé au gouvernement de l’Iraq au sein d’une société privée conçue sur le modèle de la Compagnie des Indes, la mal-nommée Autorité provisoire de la Coalition [4], montrant ainsi le peu de respect qu’elle avait pour les droits des Iraquiens. Il a exprimé son véritable but à propos de la Syrie dans une série de documents connus comme le « Plan Feltman » [5]. Il s’y propose d’abroger la souveraineté du peuple syrien et d’instaurer, comme en Iraq, une gouvernance étrangère.

Avec aplomb, il écrit : « Le Plan d’action humanitaire doit rester humanitaire afin de garantir que l’ONU puisse mener à bien les activités humanitaires essentielles pour sauver des vies et assurer les besoins essentiels des populations. Les activités de développement ou de reconstruction en dehors de cela devront être reflétées dans d’autres cadres qui, par nature, seront des négociations plus longues avec les gouvernements. Cela est essentiel compte tenu des questions juridiques et politiques complexes en cause ». En d’autres termes, donnez à manger aux réfugiés, mais ne combattez pas la famine qui les ronge ; qu’elle reste pour nous un argument lors des négociations avec l’État syrien.

Les Jordaniens, les Libanais, les Turcs et les Européens seront surpris de lire : « L’ONU ne favorisera pas le retour des réfugiés et des personnes déplacées, mais soutiendra les rapatriés en vue de garantir le caractère sûr, digne, informé, volontaire et durable du retour et de la réintégration, ainsi que le droit des Syriens de chercher asile ». Reprenant à son compte la théorie du professeur Kelly Greenhill [6], Feltman ne souhaite pas aider les exilés à revenir dans leur pays, mais entend utiliser leur exode pour affaiblir leur patrie.

« L’assistance des Nations Unies ne doit pas aider les parties qui auraient commis des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité », précise-t-il, interdisant à titre conservatoire toute aide à quelque pouvoir que ce soit.

Il pose que : « Ce n’est que lorsqu’une transition politique véritable et inclusive sera négociée par les parties que l’ONU sera prête à faciliter la reconstruction ». On est bien loin de l’idéal de la Charte.

 Thierry Meyssan    

[1] “Sergey Lavrov news conference with Gebran Bassil”, by Sergey Lavrov, Voltaire Network, 20 August 2018.

[2] « Paramètres et principes de l’assistance des Nations Unies en Syrie », par Jeffrey D. Feltman, Réseau Voltaire, 3 septembre 2018.

[3] « Charte des Nations unies », Réseau Voltaire, 26 juin 1945.

[4] « Qui gouverne l’Irak ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 13 mai 2004.

[5] “Draft Geneva Communique Implementation Framework”, “Confidence Building Measures”, “Essential Principles”, “Representativness and Inclusivity”, “The Preparatory Phase”, “The Transitional Governing Body”, “The Joint Military Council and Ceasefire Bodies”, “The Invitation to the International Community to Help Combat Terrorist Organizations”, “The Syrian National Council and Legislative Powers during the Trasition”, “Transitional Justice”, “Local Governance”, “Preservation and Reform of State Institutions”, “Explanatory Memorandum”, “Key Principles revealed during Consultations with Syrian Stake-holders”, “Thematic Groups” (documents non publiés). « L’Allemagne et l’Onu contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 28 janvier 2016.

[6] “Strategic Engineered Migration as a Weapon of War”, Kelly M. Greenhill, Civil War Journal, Volume 10, Issue 1, July 2008.

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Syrie – Les Russes se préparent intervenir …

Les Russes se préparent clairement à la intervenir en Syrie  en mobilisant d’importantes forces en Méditerranée … Il ne laisseront pas tomber Assad . Et ils ne laisseront pas les US agresser la Syrie . Quelques chose se trame par les américains du coté de la Syrie, une fausse attaque chimique selon le ministère russe de la défense . Les Russes tentent de prendre les devants en accroissant leur présence militaire . En outre La Russie prépare son opinion à une nouvelle bataille – « le statu quo ne peut pas durer indéfiniment » selon Lavrov.

Les déclarations ministérielles et les reportages diffusés à la télévision russe ne laissent aucun doute : le Kremlin prépare l’opinion publique avant l’offensive que le régime de Damas veut lancer à Idlib, dernière région syrienne échappant au contrôle des forces gouvernementales. Une offensive qui sera appuyée par les forces russes.

Si les US interviennent aussi, ça risque de chauffer fort ! Z

La Russie a mobilisé d’importantes forces navales et aériennes en Méditerranée, au large de la côte syrienne, sous le commandement du commandant de la marine russe, l’amiral Vladimir Korolov. Pas moins de 25 navires de guerre et 30 avions participent à des manœuvres d’envergure : bombardiers Tu-160, Tu-142, II38 de lutte anti-sous-marine, SU-33, SU-30M et autres appareils. Ces exercices ont été annoncés au lendemain du sommet de Téhéran réunissant les présidents Vladimir Poutine, Recep Tayyip Erdogan et Hassan Rouhani, afin de décider du sort et de l’issue de la bataille d’Idlib. Cela pourrait indiquer que la Russie s’apprête à déployer une puissance de feu énorme en appui à l’offensive syrienne contre le djihadistes au nord de la Syrie, en créant du même coup un bouclier pour dissuader toute attaque tactique possible des USA contre Damas.

Des sources proches des responsables du commandement en Syrie n’ont aucun doute que la bataille d’Idlib aura lieu, peu importe les menaces des USA. Elle se divisera en plusieurs étapes. Le premier objectif est d’assurer la sécurité de la base militaire russe de Hmeimim sur la côte syrienne, qui a subi plusieurs attaques de drones armés lancées par le front al-Nosra, alias Hay’at Tahrir al-Sham (HTS), ex Al-Qaeda en Syrie, comme l’a affirmé la Russie. La région rurale de Lattaquié devient ainsi le premier objectif, qui sera suivi par la région rurale d’Idlib. La Turquie a fourni des renseignements substantiels qui s’ajoutent à ce que les services du renseignement syriens et russes ont déjà recueilli. On a pu ainsi établir une banque d’objectifs contre HTS, Tanzim Hurras al-Deen (THD) et tous les autres djihadistes et combattants étrangers dans la ville et ses régions rurales.

Selon les sources, Jisr al-Choghour, Khan Cheikhoun, Saraqeb et Sahl al-Ghab sont les objectifs initiaux favoris de l’armée syrienne et des Russes pour déloger et éliminer les djihadistes s’y trouvant, avec l’assentiment des Turcs.

La Turquie a officiellement désigné HTS comme une organisation terroriste. Cependant, elle tente toujours de convaincre son chef, Abou Mohammed al-Joulani, un ancien émir du groupe armé « État islamique » (Daech), de dissoudre son groupe et de se joindre, lui et ses 12 000 à 15 000 hommes, aux groupes proturcs au nord. La Turquie a également demandé à Joulani de se détacher de tous les combattants étrangers afin d’épargner Idlib de l’assaut, étant donné la volonté ferme de Damas de reprendre chaque centimètre du territoire syrien, y compris Idlib.

Les relations turco-syriennes sont passées d’un état critique à une période moins belliqueuse. Le ministre des Affaires étrangères Walid al-Mouallem a d’ailleurs dit que « Damas n’a pas l’intention d’affronter la Turquie ». C’est la première affirmation non belliqueuse d’un dirigeant syrien envers la Turquie en sept ans de guerre imposée à la Syrie. Même ceux qui ont financé, facilité et soutenu la guerre (c.‑à‑d. l’Arabie saoudite) s’éloignent de leurs positions initiales. Mouallem a envoyé un signal positif à son homologue saoudien Adel al-Joubeir, qui a inlassablement répété pendant toutes ces années qu’« Assad devrait être déposé pacifiquement ou par des moyens militaires ». Tous les signaux indiquent que la Syrie récupère et sort lentement de son état de guerre. Seules de petites poches subsistent dans le nord, ce qui correspond à environ le tiers du territoire syrien, mais où vivaient moins de 10 % de la population totale estimée de la Syrie avant la guerre.

De plus, Ankara a confirmé à la Russie son intention de se retirer de la Syrie une fois qu’une solution politique sera offerte à ceux qui ont combattu contre l’armée syrienne et qui sont maintenant sous mentorat turc. Moscou et Damas ont été informés des intentions turques et apprécient les efforts d’Ankara pour faciliter l’élimination de tous les djihadistes dans le nord. Ankara est prêt à laisser aller ces djihadistes, à les forcer à partir ou à les abandonner à leur sort.

Au milieu de tous ces préparatifs, l’administration américaine saisit toutes les occasions de menacer le gouvernement syrien, en se rangeant du côté des djihadistes et de la ville d’Idlib, que l’envoyé présidentiel des USA Burt McGurk a déjà décrit comme « la plus grande concentration de militants d’Al-Qaeda depuis le 11 septembre 2001 ». On ne sait trop pourquoi les USA protègent Al-Qaeda, qui est censé être leur ennemi mortel.

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En effet, le secrétaire d’État des USA Mike Pompeo a déclaré que « Sergueï Lavrov défend l’assaut syrien et russe contre Idlib. Les USA considèrent qu’il s’agit d’une escalade dans un conflit déjà dangereux ». Pompeo a une fois de plus omis de tenir compte du fait que la Syrie est un pays souverain. À ce titre, la Syrie n’a pas l’intention de laisser Al-Qaeda établir un lieu sûr dans son territoire et compte bien enrayer la menace que posent ces idéologues et djihadistes dangereux expérimentés qui cherchent à établir un émirat islamique où, sous leur domination, la laïcité et les autres religions n’auraient aucune place.

Pompeo a également dit qu’Idlib compte « 3 millions de réfugiés syriens », tandis que le conseiller de l’Envoyé spécial pour la Syrie Jan Egeland affirmait pour sa part qu’il y a « 2 millions de personnes dans la ville, dont plus de la moitié sont des personnes déplacées », ce qui comprend les combattants étrangers et leurs familles.

L’affirmation la plus surprenante est venue de l’Envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie Staffan De Mistura, qui a offert « d’escorter personnellement les résidents d’Idlib en lieu sûr » en cas d’attaque. « Il n’y a pas d’autre Idlib, où donc peuvent-ils aller? ». Ce que De Mistura a omis de reconnaître, c’est que dans les faits, les armées syrienne et russe ont établi des couloirs de sécurité qu’empruntent déjà des milliers d’habitants, mais qui sont ensuite bloqués par les djihadistes qui emprisonnent tous les Syriens prêts à se réconcilier avec les forces gouvernementales ou à quitter la ville encore sous contrôle djihadiste. De plus, De Mistura n’a pas clarifié ou indiqué si l’ONU était prête à escorter tous les djihadistes, y compris ceux d’Al-Qaeda, en lieu sûr à l’extérieur de la Syrie. On ne sait pas vraiment si les USA et l’ONU offrent à Al-Qaeda et aux djihadistes et combattants étrangers du même acabit leur protection (en voulant empêcher toute attaque de leur château fort) ou un passage sûr Dieu sait où.

La Russie est résolue à aider la Syrie à éradiquer les djihadistes, comme Walid Mouallem l’a dit, et à les empêcher de retourner chez eux, d’autant plus qu’ils sont nombreux à avoir la nationalité russe. « Il faut crever cet abcès », a déclaré Lavrov. Mouallem a ajouté que « l’armée tentera d’éviter les victimes civiles », un objectif que les USA sont incapables de remplir, comme le prouvent leurs bombardements de précision qui ont tué jusqu’ici environ 6 000 civils en Syrie et en Irak ces dernières années.

Les bombardements américains contre des objectifs syriens ont très peu de chance de changer le rapport de force au Levant. La Russie a la ferme intention de s’opposer à toute agression des USA contre la Syrie, au moment même où son armée cherche à reprendre le contrôle du pays et à éliminer les djihadistes. Nous devons toutefois garder à l’esprit que le président Trump est confronté à une lutte interne qui remet profondément en question sa capacité à diriger le pays. Ainsi, une attaque contre la Syrie qui s’approche dangereusement d’une hostilité guerrière contre la Russie pourrait lui permettre de respirer un peu. Nul ne peut toutefois prédire quelles seront les conséquences ultimes des manœuvres effectuées par deux superpuissances si proches l’une de l’autre avec un appareil militaire imposant dans un tout petit secteur du Moyen-Orient. Mais une chose est sûre : la Syrie reprendra tôt ou tard le contrôle d’Idlib.

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Malgré des pourparlers entre la Chine et les Etats-Unis la guerre commerciale va s’intensifier

Des négociations commerciales entre délégations américaines et chinoises auront lieu cette semaine à la veille de ce qui pourrait être une escalade majeure par Washington de sa guerre tarifaire contre Pékin. Des droits de douane de 25% sur 16 milliards de dollars de marchandises chinoises devraient entrer en vigueur jeudi et la Chine est prête à imposer des mesures de rétorsion sur une quantité équivalente de produits américains, portant à 50 milliards de dollars la valeur des biens touchés par les deux pays.

D’autres mesures sont en préparation alors que le Département américain du commerce tiendra des auditions publiques cette semaine sur une proposition visant à imposer des droits de douane pouvant atteindre 25% sur des produits chinois d’une valeur supplémentaire de 200 milliards de dollars. En réponse, Beijing a indiqué qu’il imposerait des mesures sur des produits américains d’une valeur de 66 milliards de dollars, ainsi que d’autres mesures de rétorsion non précisées à ce jour. Ces nouveaux impôts pourraient être en place le mois prochain ou début octobre.

Aucune autre proposition concrète visant à résoudre ce conflit grandissant n’est attendue des dernières discussions car les deux équipes de négociation sont des fonctionnaires de niveau inférieur qui n’ont pas le pouvoir de prendre de décisions finales.

La délégation chinoise, qui devrait être à Washington pendant deux jours, sera dirigée par Wang Shouwen, vice-ministre du Commerce, tandis que la délégation américaine sera dirigée par le sous-secrétaire au Trésor, David Malpass.

De précédentes délégations commerciales chinoises avaient été dirigées par le vice-Premier ministre Liu He. Mais Pékin a déclassé sa représentation après que Liu eut conclu un accord en mai dernier avec le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, pour augmenter de 100 milliards de dollars les importations chinoises vers les États-Unis ; l’accord fut supprimé par le Président Trump.

L’élément fondamental du conflit reste la demande formulée par les États-Unis dans leur déclaration de position soumise à Pékin en mai dernier, que la Chine non seulement réduise le déficit commercial, mais renonce aussi à son plan industriel et technologique « Made in China 2025 « .

Les États-Unis affirment que la Chine développe ce projet par le vol de droits de propriété intellectuelle, des transferts forcés de technologies et l’utilisation de subventions publiques pour les industries de haute technologie, leur donnant un avantage injuste sur les marchés mondiaux. Les principaux responsables de l’administration Trump, dont le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer et le conseiller économique Peter Navarro, considèrent le développement technologique de la Chine comme une menace majeure pour la suprématie économique et en fin de compte militaire des États-Unis.

Si la Chine a accepté d’augmenter ses importations en provenance des États-Unis et de limiter les références officielles au «Made in China 2025», il existe une vive opposition à Pékin à ce qu’on considère être des efforts des États-Unis pour arrêter le développement économique de la Chine.

« L’administration Trump a clairement indiqué que contenir le développement de la Chine était la motivation profonde derrière les actions tarifaires », a déclaré à Bloomberg He Weiwen, un ancien ministre du Commerce. L’agence de presse a déclaré que ces vues ont été exprimées par de nombreux responsables gouvernementaux, anciens et actuels, et dirigeants d’entreprises parmi ceux qu’elle a interrogés.

Le Wall Street Journal a rapporté que le Trésor américain et le Conseil économique national, dirigé par Larry Kudlow, avaient préparé une liste de revendications globales pour la Chine qui, selon eux, pourraient constituer la base d’un accord commercial. Tant Mnuchin que Kudlow sont considérés comme favorables à des mesures visant à réduire le déficit commercial et qui pourraient être présentées comme une victoire pour les mesures de Trump. Mais, selon l’article, « le bureau du représentant américain au commerce, chargé des tarifs, souhaite retarder les négociations, arguant que des prélèvements supplémentaires donneraient aux États-Unis un plus grand pouvoir de négociation d’ici octobre ».

L’article indique que Trump n’a pas décidé sur lequel des deux camps s’appuyer et interviendra lorsqu’un accord serait sur la table. Mais cela ne viendra pas des pourparlers de cette semaine car aucune des parties n’a le pouvoir de le conclure.

En tout état de cause, l’administration se dirige vers des actions plus agressives contre la Chine. Après avoir annulé l’accord conclu en mai entre Mnchuin et Liu pour mettre « en suspens » la guerre commerciale, elle a imposé des droits de douane sur 50 milliards de dollars de marchandises. Trump a ensuite décidé que les tarifs proposés sur 200 milliards de dollars supplémentaires devraient être élevés de 10% à 25%.

Un tweet de Trump durant le week-end indique que de nouvelles mesures pourraient être envisagées et met en évidence la source sous-jacente du conflit politique qui sévit à Washington, poussé par l’appareil militaire et du renseignement, le Parti démocrate et des sections clés des médias pour une politique plus agressive envers la Russie.

« Tous les imbéciles qui se concentrent uniquement sur la Russie devraient commencer à regarder ailleurs, vers la Chine », a-t-il tweeté.

En plus de la menace de tarifs supplémentaires, les États-Unis ont clairement indiqué que la Chine, l’un des principaux marchés pour le pétrole iranien, devra faire face à des sanctions secondaires après la date butoir du 4 novembre imposée par les États-Unis pour l’arrêt d’achats de pétrole. Les Etats-Unis ont fait cette menace à la suite de leur retrait unilatéral de l’accord nucléaire iranien de 2015.

Interrogé sur les plans des Etats-Unis si la Chine insiste pour continuer son commerce pétrolier et de matières premières avec l’Iran, Brian Hook, chef du nouveau Groupe d’action iranien au Département d’État américain, a déclaré: « Les États-Unis s’attendent à ce que toutes les nations se conforment pleinement pour ne pas risquer des sanctions secondaires si elles continuent à effectuer ces transactions ».

Depuis l’imposition des premiers tarifs douaniers américains à la Chine le 6 juillet, la monnaie et les marchés boursiers chinois ont subi des baisses importantes. L’indice de référence des 50 plus grandes entreprises sur les marchés de Shanghai et de Shenzhen est en baisse de 15% et le yuan a baissé de près de 7% par rapport au dollar américain.

On s’inquiète maintenant du fait que les tarifs existants et la menace de nouvelles mesures pourraient commencer à avoir un impact sur l’économie en général. Au cours du week-end, le régulateur bancaire chinois a ordonné aux banques de soutenir des projets d’infrastructure et d’exportation. Il a déclaré que les banques devaient proposer un soutien aux entreprises et aux projets confrontés à des « difficultés temporaires » et qu’elles devraient « promouvoir efficacement la stabilité de l’emploi et la stabilisation des échanges et des investissements ».

Un problème majeur pour le gouvernement chinois est qu’il n’a pas une idée claire de ce que le gouvernement américain a l’intention de faire ensuite. Personne n’espère un résultat positif des discussions de cette semaine à Washington, et une source proche des décideurs de Beijing a déclaré au Financial Times: « Les responsables chinois sont inquiets parce qu’ils ne voient pas où cela mènera à la fin ».

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Publié par le 21 août 2018 dans économie, général, International, Politique

 

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Demain, la guerre contre l’Iran ?

par Didier Chaudet

La détente récente entre États-Unis et Corée du Nord peut être vue comme le prélude à une montée des tensions avec les Iraniens, peut-être jusqu’à la guerre, comme le soulignait récemment Anshel Pfeffer dans Haaretz. Un tel scénario, si dangereux pour l’ensemble du Moyen-Orient, et donc pour la stabilité internationale, est-il vraiment possible aujourd’hui ?

Le rejet des négociations avec Téhéran

Quand on évoque une guerre future impliquant l’Iran, on pense à trois possibilités, principalement :

  • une opposition directe entre Washington et Téhéran ;
  • le réchauffement de la guerre froide entre Arabie saoudite et Iran ;
  • une guerre opposant Israël et l’Iran, plus particulièrement sur le champ de bataille syrien.

L’administration Trump compte en son sein au moins trois opposants de premier plan à l’influence iranienne au Moyen-Orient : James Mattis, ministre de la Défense (dont la modération récente est à mettre en perspective, et pourrait n’être que temporaire) ; Mike Pompeo, Secrétaire d’État ; et John Bolton, conseiller à la sécuritaire nationale.

Clairement, cette administration n’apparaît pas comme intéressée par de réelles négociations : Stephen Walt, professeur de relations internationales à Harvard, a récemment comparé la douzaine de demandes américaines exprimées par Mike Pompeo à l’endroit de l’Iran à l’ultimatum de l’Empire austro-hongrois à la Serbie, avant la Première Guerre mondiale…

Après tout, ces demandes se résument à intimer l’ordre à l’Iran d’abandonner ses politiques de sécurité et d’influence régionale, ce qui serait fatal non seulement pour le régime actuel, mais aussi pour tout gouvernement indépendant et patriote.

Comme l’explique le président du Conseil américano-iranien Trita Parsi : « Quand on associe des demandes irréalistes à une pression massive, on crée sciemment une évolution vers la confrontation. ») De fait, Washington semble plutôt viser une déstabilisation de régime iranien, et se contente, pour l’instant, d’une guerre économique pour atteindre ce but.

Comme un air d’Irak en 2003

En réalité, cette attitude était déjà celle d’administration Trump avant que les Américains ne se retirent de l’accord sur le nucléaire iranien. Après tout, alors que l’Iran le respectait, il semble bien que Washington ait violé les sections 26, 29 et 33 devant permettre la réintégration économique de l’Iran dans la communauté internationale. Le retrait n’a fait que confirmer le refus américain, sous l’actuelle présidence, de voir l’Iran réintégrer la communauté internationale, et donc de pouvoir se développer économiquement.

Continuer de faire de l’Iran un paria, c’est chercher à l’étouffer économiquement, pour le renverser sans avoir à bombarder. Ou le pousser à relancer son programme nucléaire, ce qui offrirait l’excuse d’une guerre préventive.

Plus largement, l’argumentaire actuel contre l’Iran, considérée comme radicalement déstabilisatrice pour le Moyen-Orient, est non seulement faux car simpliste, mais il fait aussi étrangement penser à ce qu’on a pu entendre avant la guerre d’Irak de 2003.

Rudy Giuliani, conseiller et avocat du président Trump, va jusqu’à affirmer qu’un changement de régime en Iran est plus important pour la paix au Moyen-Orient qu’un accord entre Israéliens et Palestiniens… Si la déstabilisation par la guerre économique ne marche pas, l’emploi de la force sera forcément tentant pour certains au sein de l’actuelle administration américaine.

Israël et l’Arabie Saoudite, soutiens des faucons américains

Pourtant, les ardeurs belliqueuses de Washington sont limitées par l’effort militaire conséquent que signifierait une attaque de l’Iran. Et une telle action militaire, si elle allait jusqu’au bout de sa logique, avec une occupation du pays, serait ingérable sans un retour à la conscription. Ces réalités expliquent la résistance d’un ancien militaire comme Mattis face à la vision idéologique de certains civils dans l’administration Trump.

Mais les faucons américains les plus bellicistes ont des alliés au Moyen-Orient, qui pourraient soutenir la politique du pire. Si, sur le dossier nord-coréen, on a un voisinage sud-coréen qui pousse l’Amérique à la modération, au Moyen-Orient, les principaux alliés de Washington – Israël et l’Arabie saoudite – considèrent le régime iranien comme un ennemi avec lequel la négociation serait impossible. Et contre lequel l’action militaire peut être une option.

Iraniens et Israéliens ont des positions irréconciliables sur la Syrie : les premiers veulent s’y maintenir, les seconds refusent radicalement un tel scénario. Pour l’instant, les accrochages entre les deux pays sont restés limités, mais le risque d’un dérapage militaire demeure réel. Israël (tout comme les États-Unis) mise pour l’instant sur une déstabilisation interne du régime iranien. Ce scénario n’étant pas forcément une évidence, comme on le verra plus loin, le désir d’une action militaire plus directe pour contrer l’Iran en Syrie, par exemple, pourrait être une action envisageable par l’État hébreu.

 Au Yémen, un combattant de la milice des Géants, soutenue par Riyad (21 juin 2018). Saleh Al-Obeidi/AFP

Au Yémen, un combattant de la milice des Géants, soutenue par Riyad (21 juin 2018). Saleh Al-Obeidi/AFP

Quant à l’Arabie Saoudite, son opposition à l’Iran est encore plus radicale : c’est une composante importante du nationalisme promu par Riyad. Certains Saoudiens exagèrent les capacités hégémoniques de l’Iran au Moyen-Orient : on en a un bon exemple avec un journaliste de premier plan dans le royaume, Jamal Khashoggi, qui parle, à propos de la situation actuelle au Moyen-Orient, d’un « moment 1939 ».

La peur que l’Iran suscite en Arabie saoudite comme concurrent régional ne fera donc pas du royaume un agent de modération, c’est le moins qu’on puisse dire. On peut même considérer que ces deux pays sont déjà indirectement en guerre, et qu’une escalade entre les deux pays, par exemple au Yémen, est très possible, avec les risques que cela implique.

L’Iran se prépare à une guerre asymétrique

Le danger d’un dérapage guerrier, même s’il n’est globalement pas souhaité, est donc loin d’être négligeable, au niveau international ou régional. Mais qu’en est-il de l’attitude de l’Iran elle-même ? A-t-elle des intentions bellicistes ?

D’un point de vue militaire, l’Iran n’a pas investi en priorité dans son armée conventionnelle. Au contraire, elle s’est d’abord préparée à une possible guerre asymétrique, avec les États-Unis comme l’ennemi le plus probable.

Téhéran a un budget militaire bien modeste par rapport à celui de ses voisins : même les Émirats Arabes Unis dépensent deux fois plus que l’Iran pour leur défense. Téhéran n’a pas accès aux armes les plus sophistiquées de l’Occident, qui se refuse à lui vendre les matériels qu’ils fournissent à l’Arabie saoudite ou à Israël, et manque de moyens financiers pour rivaliser avec ces deux pays dans la course aux armements.

 Google, CC BY-SA

Google, CC BY-SA

Un simple coup d’œil sur une carte de l’Iran montre que la République islamique est entourée de bases et troupes américaines, ainsi que de pays proches alliés des États-Unis ou de l’Arabie Saoudite.

Un arsenal de missiles pour parer une possible invasion

Dès lors, les élites iraniennes ont fait le choix de rendre toute attaque-invasion particulièrement difficile, plutôt que de se concentrer sur des capacités réellement offensives. C’est avec cette logique à l’esprit qu’il faut comprendre le grand nombre de missiles balistiques iraniens : à défaut d’une aviation assez puissante, il s’agit surtout d’une arme capable de cibler une concentration de forces prête à l’invasion, ou des infrastructures régionales en réponse à une attaque conventionnelle.

Suite au traumatisme causé par la guerre Iran-Irak, et la large utilisation de missiles par Saddam Hussein, cet arsenal est vu comme un moyen efficace de protéger le régime et le peuple iraniens face à une agression militaire extérieure. Et on aurait tort de penser que la supériorité militaire américaine pourrait permettre d’annuler les avantages asymétriques de l’Iran.

On l’a bien vu lors de la simulation de guerre intitulée « Millenium Challenge » organisée par Pentagone pour voir comment la marine américaine résisterait à une attaque iranienne. Le résultat a été sans appel : 16 bateaux coulés, dont un porte-avions, et l’exercice a été suspendu en urgence, afin d’en changer les règles et de permettre, en fin de compte, une victoire américaine…

Le général de brigade Hossein Salami, le numéro deux des Pasdarans ou Corps des Gardiens de la Révolution, a bien résumé l’approche militaire iranienne : défensive au niveau de la stratégie d’ensemble, mais très offensive à partir du moment où un ennemi commence une guerre contre l’Iran.

Les Iraniens ne chercheront vraisemblablement pas les hostilités, mais dans le cas d’une attaque, l’assaillant peut s’attendre à être confronté à une terrible guerre asymétrique en territoire iranien, et sans doute plus largement au Moyen-Orient : au moins par un renforcement de l’aide au Hezbollah au Liban, et en l’incitant à réagir à une guerre contre l’Iran ; par des actions contre les intérêts américains en Syrie et en Irak ; et par un renforcement de l’aide aux Houthis au Yémen pour mettre les Saoudiens en difficulté.

A Téhéran, la crainte d’un coup de force bonapartiste

La politique agressive de l’administration Trump pourrait renforcer les plus radicaux en Iran, ceux qui croient le moins en une possibilité d’apaisement avec l’Occident. Rappelons que les « principlistes » (les conservateurs iraniens) ont perdu toutes les élections depuis 2013. Aujourd’hui, ils peuvent présenter leur vision des relations internationales comme étant la seule valable, les modérés autour du président Rouhani, et même Ali Khamenei, le Guide de la Révolution, s’étant fourvoyés dans un projet de dialogue avec Washington qui n’a pas apporté les résultats espérés.

L’actuelle visite d’Hassan Rouhani en Autriche et en Suisse risque de ne rien changer à ce sujet : c’est sans doute le dernier déplacement du Président iranien en Europe avant la réimposition de sanctions par les Américains (à partir du 6 août). Et cet événement a été éclipsé par un bien étrange complot terroriste déjoué à temps, censé avoir visé des opposants iraniens réunis à Paris le 30 juin dernier. Or on voit mal ce que le régime iranien aurait à gagner dans une attaque terroriste en Europe, où il cherche désespérément à trouver des appuis pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien.

Les Iraniens savent pertinemment que des attaques sur sol européen sont une ligne rouge à ne pas franchir. Que les allégations d’un tel complot présumé soient révélées avant l’arrivée du président Rouhani en Autriche, et avant la rencontre décisive du ministre des Affaires étrangères iranien avec les représentants des cinq puissances toujours officiellement associées à l’accord (France, Grande-Bretagne, Chine, Russie, Allemagne) explique la réaction ironique de Javad Zarif.

guerre Iran 20180810
La République islamique s’est dit prête à coopérer avec les autorités concernées et a condamné clairement le terrorisme. Mais même si pour les autorités iraniennes, il s’agit d’un complot contre le sauvetage de l’accord sur le nucléaire, cette affaire risque de peser sur ses rapports avec une Europe pressée par Donald Trump de s’associer à sa politique contre Téhéran. Il est peu probable que les réformistes et modérés iraniens obtiennent avec ce déplacement la victoire diplomatique dont il aurait bien besoin face aux principlistes.

Pire encore, un risque de coup de force militaire pourrait survenir au profit des conservateurs : le président Rouhani représentait un atout pour Ali Khamenei, le guide suprême de la Révolution, tant qu’un apaisement avec l’Occident était possible. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, et sa politique économique a mécontenté les classes populaires. Les récentes manifestations, les tensions avec Washington, de récents remaniements au sein des forces armées, amènent à penser que pour une partie des élites à Téhéran, une orientation bonapartiste est une possibilité.

Certains parlent d’un coup d’État faisant tomber Rouhani, ou d’une « présidence militaire » à l’issue de son mandat. Si le scénario d’une reprise en main par des forces plus militaristes, nationalistes et conservatrices devient réalité, alors, on peut s’attendre à des tensions plus importantes au niveau régional.

Union sacrée à Téhéran contre Donald Trump

Quoi qu’il arrive, le régime est renforcé plus qu’affaibli par l’hostilité américaine, et les conservateurs reviennent en force grâce à la divine surprise que leur offre Donald Trump.

Du point de vue iranien, les Américains et leurs alliés israélien et saoudien ont un problème non pas seulement avec le régime, mais avec l’Iran comme puissance régionale. Leur but serait donc de démembrer le pays, de le pousser à la guerre civile.

Une vision iranienne qui semble, en partie, conforme à une certaine réalité : on constate un intérêt marqué de l’Arabie Saoudite pour la minorité baloutche iranienne… et des mouvements financiers suspects qui pourraient profiter aux séparatistes djihadistes évoqués dans une précédente analyse.

La réaction nationaliste face à ces menaces réelles est telle qu’on constate une réconciliation des élites, dans un sens favorable au régime, y compris celles qui ont été réprimées pour leur association au Mouvement vert. L’idée des réformateurs et modérés, selon laquelle il serait possible d’avoir un dialogue avec l’Occident, semble être passée de mode, au moins pour un temps.

Quand on ajoute à cette union nationale, le fait que les récentes manifestations en Iran, y compris celles impliquant le bazar de Téhéran, ne sont pas forcément unies par un sentiment anti-régime, on comprend que le désir d’un changement de régime de l’intérieur a bien peu de chance de se réaliser.

Ce qui pourrait, en définitive, pousser certains faucons américains à demander une action militaire plus directe.

Didier Chaudet: Attaché scientifique, Institut français d’études sur l’Asie centrale

source:https://theconversation.com/demain-la-guerre-contre-liran-99261?utm_source=twitter&utm_medium=twitterbutton

 

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La guerre électronique russe contre les troupes américaines en Syrie entre dans une phase dangereuse

ewin syria
Image via The National Interest

Pendant ce temps, la guerre en Syrie n’est pas fini, loin de là, il y a une guerre souterraine entre Russes et US qui prend de l’ampleur . Une situation à ne pas sous estimer . Z

Un colonel en retraite de l’armée US, spécialiste de la guerre électronique a déclaré à Foreign Policy : « Tout à coup, vos communications ne fonctionnent plus, vous ne pouvez pas ordonner de tirs, vous ne pouvez pas être averti des tirs hostiles parce que vos radars ont été bloqués et ils ne peuvent rien détecter ». 

Un nouveau rapport détaille l’inquiétude grandissante du Pentagone face à l’augmentation du nombre d’attaques électroniques russes contre des positions militaires américaines en Syrie, dont le nombre selon les déclarations publiques du Pentagone est de 2000 ou plus, situées sur une douzaine de bases« secrètes », principalement au nord-est de la Syrie, et intégrées dans les Forces démocratiques syriennes, majoritairement kurdes, soutenues par les États-Unis,

Le rapport de Foreign Policy commence ainsi :

« Les officiers qui ont subi le brouillage – connu sous le nom de guerre électronique – disent que ce n’est pas moins dangereux que les attaques conventionnelles avec des bombes et de l’artillerie. Mais ils disent aussi que cela permet aux troupes américaines de découvrir la technologie russe sur le champ de bataille et de trouver des moyens de se défendre. »

Depuis que la Russie est intervenue en Syrie à la demande du gouvernement Assad en 2015, les deux superpuissances se sont affrontées à de multiples occasions dangereuses, mais ont communiqué par l’intermédiaire d’une « ligne directe militaire à militaire » destinée à éviter les collisions aériennes et la confrontation directe des troupes.

La Russie, aux côtés du gouvernement syrien, considère les troupes américaines comme des occupants étrangers non invités, qui ont commis des actes d’agression contre l’État syrien, tuant des centaines de soldats syriens (et des mercenaires russes, même s’ils n’étaient pas sous les ordres de Moscou), lors de multiples incidents près des lignes de front à Deir Ezzor.

Et maintenant, comme l’a récemment déclaré le général Raymond Thomas, chef du commandement des opérations spéciales des États-Unis, lors d’une conférence de renseignement et de technologie militaire, la Syrie est devenue « l’environnement de guerre électronique le plus agressif de la planète ».

Il a dit des « adversaires » russes, iraniens et syriens : « Ils nous testent tous les jours, bloquant nos communications, désactivant nos EC-130 [les grands avions de commandement et de contrôle des champs de bataille aériens de l’Air Force]. »

Foreign Policy (FP) indique que le brouillage électronique par les forces russes signifie une menace d’« escalade » dans un environnement déjà confus compte tenu du large éventail de groupes et d’acteurs étatiques opérant en Syrie.

Le rapport dit que le Pentagone a officiellement reconnu le succès des efforts de brouillage russes la semaine dernière dans les termes suivants :

« Un colonel de l’armée américaine, Brian Sullivan, a décrit un épisode récent à des journalistes au département de la Défense des États-Unis la semaine dernière. Il a déclaré que ses troupes avaient rencontré un ‘environnement de guerre électronique saturé’ alors qu’elles combattaient dans le nord-est de la Syrie pendant leur déploiement de neuf mois, qui avait duré de septembre 2017 à mai 2018. »

Et le rapport cite encore le Col. Sullivan : « Cela nous a posé des défis auxquels nous avons pu faire face avec succès, et cela nous a donné l’opportunité d’opérer dans un environnement qui ne peut être reproduit nulle part à domicile, y compris dans nos centres de formation au combat. »

Dans une citation particulièrement troublante qui rappelle la guerre froide, le colonel note : « C’est une grande opportunité pour nous d’opérer particulièrement dans l’environnement syrien où les Russes sont actifs ».

L’ancien directeur intérimaire/directeur adjoint de la CIA Michael Morell : « nous devons tuer les Russes en Syrie » (vidéo en anglais).

Bien sûr, pour commencer – et quoi qu’on en dise – il y a la grande question de la contradiction concernant des troupes américaines qui se trouvent en Syrie sans aucune autorisation du Congrès ni mandat du peuple américain (à moins que, comme semble le croire le président Donald Trump, l’ancienne autorisation d’utilisation de la force militaire, l’AUMF, après le 9/11, signifie que les troupes américaines peuvent rester au Moyen-Orient pour toujours).

Foreign Policy écrit en outre que la guerre électronique implique l’arrêt des communications et de la capacité de navigation au sol et en l’air, quelque chose de particulièrement dangereux dans un espace de combat bondé comme la Syrie :

« Daniel Goure, expert en sécurité nationale et questions militaires au Lexington Institute, affirme que les nouveaux systèmes de guerre électronique de la Russie sont sophistiqués. Ils peuvent être montés sur de gros véhicules ou des avions et peuvent endommager des cibles à des centaines de kilomètres. »

Goure parle aussi d’un affrontement involontaire potentiel entre des puissances majeures comme les États-Unis et la Russie : « Le problème avec la guerre électronique, de manière plus générale, est qu’elle peut vraiment aveugler votre vision de l’espace de combat, votre vision opérationnelle, et cela peut mener à des erreurs vraiment horribles. »

La Russie aurait fait d’énormes progrès dans sa capacité de systèmes de guerre électronique au cours des quinze dernières années car elle perçoit que la menace d’une invasion par l’OTAN à ses frontières ne peut que croître.

En attendant, la Russie a indiqué qu’elle était au courant des actions militaires futures que Washington et ses alliés occidentaux pourraient comploter contre elle.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov a dit cette semaine dans des déclarations publiques lors d’un forum éducatif russe : « Notre conscience des plans que les militaires américains et d’autres pays occidentaux préparent en relation avec la Fédération de Russie est totale. » Il a ajouté que la Russie et ses frontières terrestres et aériennes étaient sûres « quoi qu’il arrive dans le monde », ce qui semblait être une référence aux récents progrès de la technologie de la défense et du renseignement russes.

Tyler Durden

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Publié par le 8 août 2018 dans général, Guerre - 3e guerre mondiale

 

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La guerre commerciale fournit une couverture parfaite pour la réinitialisation financière globale

Trump ne peut être qu’un pion de l’élite globale, qui s’en sert pour accomplir des changements majeurs . Je l’ai toujours dit, le semblant de démondialisation actuel mènera vers encore plus de mondialisme . Trump fout la pagaille un peu partout, un bon prétexte …  Ordo ab chaos Z

Au cours des derniers mois, j’ai examiné les motivations sous-jacentes ou cachées derrière la guerre commerciale mondiale actuellement en expansion, y compris le niveau impressionnant de dissonance cognitive entourant la question. La gauche politique ne semble pas avoir une compréhension intelligente des  problèmes économiques. Je ne vois aucune discussion critique de la part des médias de gauche ou des experts sur les incertitudes fiscales, et la seule réaction qui leur est commune est qu’ils espèrent que la guerre commerciale entraînera la chute financière des États-Unis pour que Trump puisse être viré en 2020. Ils peuvent très bien voir leur souhait exaucé, mais s’ils s’imaginent fêter la catastrophe, je prédis qu’ils seront tellement préoccupés par leur propre survie financière qu’ils n’auront pas le temps de faire la fête.

La réaction initiale dans les cercles conservateurs à la guerre commerciale a malheureusement été un déni de confiance, beaucoup refusant d’appeler la situation « guerre commerciale » et certains prédisant la fin du conflit avant qu’il ne commence. De toute évidence, ces hypothèses s’avèrent incorrectes.

Maintenant, avec l’acceptation que la guerre commerciale est une réalité, l’élan suscité par Trump est en train de croître jusqu’à embrasser un enthousiasme aveugle pour ce qu’ils supposent être un résultat victorieux, peu importe le temps qu’il faudra. Bien que la mentalité d’équipe géopolitique soit alléchante à certains égards, je ne trouve pas grand-chose au niveau des faits et des preuves pour soutenir l’idée d’une Amérique gagnant une guerre commerciale mondiale. Comme je l’ai souligné dans mon article, « La dépendance de la dette américaine en fait une cible économique facile », tant que les États-Unis conservent des niveaux historiques de dette au niveau des gouvernements, des entreprises et des consommateurs et tant que nous demeurons dépendants des investissements étrangers, nos adversaires dans cette guerre ont toutes les munitions dont ils ont besoin.

L’argument que je vois maintenant répété à maintes reprises est que cette guerre commerciale dure depuis des décennies, et seulement maintenant nous avons « un président qui a le courage de faire quelque chose à ce sujet ». Je ne suis pas sûr de savoir où ce mème de non-sens a commencé, mais il est partout.

Les États-Unis n’ont pas été engagés dans une guerre commerciale « pendant des décennies », ni avec la Chine ni avec aucune autre nation. Nous  avons été impliqué dans un arrangement commercial subversif qui profite aux élitistes des deux côtés du monde tandis que les gens ordinaires souffrent. Ce n’est que l’année dernière que nous avons vu une « guerre commerciale » se développer, mais même maintenant, c’est une guerre mise en scène qui va une fois de plus renforcer les banques internationales et les élites mondiales.

Il est difficile d’argumenter sur ce mème d’une guerre de longue date en considérant les faits. Alors que la Chine a effectivement bénéficié d’un excédent commercial avec les États-Unis pendant de nombreuses années, cette situation s’est strictement maintenue en échange d’investissements chinois dans la dette du Trésor américain et le dollar américain. En fait, il est absurde de prétendre que les États-Unis ont été « désavantagés »dans le commerce mondial alors que c’est le dollar qui sert à faciliter presque TOUS les échanges internationaux en tant que monnaie de réserve mondiale. Les actifs libellés en dollars ont été l’investissement refuge depuis des décennies pour cette raison précise.

En 2008, lors de l’effondrement initial des marchés boursiers, les économistes des médias traditionnels et certains économistes alternatifs soutenaient sans faiblir que les investisseurs des marchés émergents et les banques centrales étrangères ne se retireraient jamais des marchés américains parce que le Roi Dollar était le premier filet de sécurité pendant une crise financière. De toute évidence, les États-Unis ont bénéficié d’un avantage spécial dans le commerce mondial ; c’est le dollar, et c’est cet avantage seul qui a alimenté l’économie américaine pendant des années.

L’argument selon lequel les marchés étrangers ont aspiré le secteur manufacturier américain est également un peu erroné. Comme je l’ai mentionné à maintes reprises, les sociétés américaines sont les véritables coupables de l’effusion de sang dans les industries manufacturières américaines, car elles ont délocalisé toute l’industrie vers des marchés du travail moins chers. Trump aurait pu stipuler que ces mêmes sociétés seraient obligées de ramener une partie ou la majeure partie de cette fabrication aux États-Unis avant de bénéficier d’incitations fiscales. Il ne l’a pas fait. Au lieu de cela, il leur a donné une réduction d’impôt massive sans contrepartie, et la plus grande partie du capital gagné grâce à cette réduction d’impôt a déjà été dépensée – pas pour des emplois américains ou de l’innovation, mais sur les rachats d’actions pour garder le niveau de ces actifs au plus haut un peu plus longtemps.

Les barrières douanières appliquées aux marchandises américaines par les autres pays sont presque toujours liées à l’avantage pour le dollar d’être la monnaie de réserve mondiale. L’externalisation des emplois manufacturiers ainsi que des emplois technologiques a toujours été liée au désir des entreprises américaines de jouer avec une main-d’œuvre bon marché. Non, nous n’avons pas vécu dans une guerre commerciale pendant des décennies, bien au contraire.

Alors qu’est-ce qui a changé ? Pourquoi les anciens arrangements sont-ils abandonnés ? Trump bouleverse-t-il vraiment l’ordre du vieux monde et combat-il les mondialistes, ou les aide-t-il simplement à mettre en place les fondements de leur « nouvel ordre mondial »?

Je suggère que les lecteurs se penchent sur le concept de la « réinitialisation économique mondiale » du Fonds monétaire international pour mieux comprendre pourquoi cela se produit. Je suggère également que les gens prêtent une attention particulière aux « prédictions » de George Soros en 2009 sur l’avenir de l’économie américaine.

Le plan pour cette réinitialisation globale semble tourner autour de l’affaiblissement des États-Unis en tant que puissance économique majeure. Cela ne signifie pas nécessairement que les États-Unis seront remplacés directement. Au lieu de cela, comme le suggère Soros, des pays comme la Chine combleront le vide en tant que « moteurs économiques plus petits ». On parle souvent d’« harmonisation », mais ce que cela signifie vraiment, c’est que le niveau de vie de TOUS, sauf une minorité hautement sélective, sera délibérément réduit à un dénominateur commun, et quoi de plus commun aujourd’hui que la pauvreté ?

Pour de nombreux pays, un niveau de vie inférieur est la norme. Pour les Américains, l’harmonisation signifie que nous avons encore beaucoup de chemin à faire. Pour que la réinitialisation soit efficace aux États-Unis, les mondialistes devront détourner la colère de différents groupes de la population de différentes façons afin d’éviter la révolte.

Le mantra de Trump est embelli avec des notions d’un retour à une ère dorée avec le preux chevalier sur sa  monture blanche menant la charge. Cependant, aucun président n’a le pouvoir d’inverser le préjudice économique déjà fait aux États-Unis ; la seule solution est un long processus de reconstruction de l’économie à partir de la base après le nettoyage des cendres. Tout président honnête qui n’est pas sous le contrôle de la cabale bancaire devrait être honnête à ce sujet. Même dans les meilleures conditions possibles de réforme, une dépression et une crise monétaire sont assurées. Vous ne pouvez pas vous battre contre les mathématiques, et les calculs de la dette américaine par rapport à l’inflation américaine indiquent une instabilité stagflationniste depuis de nombreuses années, bien au-delà des un ou deux mandats possibles de Donald Trump. Quand cette réalité atteindra enfin le carré de dévots de l’Administration Trump, ils seront enragés, et le premier bouc émissaire qui leur sera mis sous le nez sera des gouvernements étrangers comme la Chine.

Pour le sous-ensemble du mouvement de la liberté pas nécessairement amoureux de Donald Trump, le mensonge du « monde multipolaire » a été concocté. Essentiellement, on nous dit que la mort du dollar signifiera la mort de la centralisation mondialiste, alors nous devrions encourager un tel résultat. En vérité, il n’y a pas de « monde multipolaire ». Le FMI et la Banque des règlements internationaux continuent de dominer les banques centrales du monde, autant à l’Est qu’à l’Ouest.

Avec les appels de la Russie et de la Chine pour que le FMI devienne le surveillant de factode la politique monétaire monétaire mondiale, et même pour réclamer un nouveau système monétaire mondial sous le contrôle du FMI, je ne vois aucune indication que nous nous éloignerons de la centralisation si la monnaie US vacille. En fait, nous verrons encore plus de centralisation si les mondialistes obtiennent ce qu’ils veulent.

La clé de la réinitialisation est sans aucun doute la fin du dollar en tant que monnaie de réserve mondiale. Sans ce statut, les États-Unis perdent tout avantage commercial économique ainsi que l’avantage de la monétisation perpétuelle de leur dette. À mesure que l’influence du dollar se réduit à l’échelle mondiale, l’inflation devient une menace plus prononcée localement. La guerre commerciale rend la fin du dollar possible aux élites bancaires internationales tout en évitant d’être blâmée pour les souffrances que cela causera au public.

La « dé-dollarisation » est déjà en train de prendre de l’ampleur alors que la Russie et la Chine signent des accords pour se découpler de notre monnaie tout en augmentant la coopération financière en utilisant leur propre monnaie. Ce que les aficionados de la guerre commerciale ne comprennent pas, c’est qu’une guerre commerciale avec la Chine n’est pas une guerre commerciale avec la Chine seule. En tant qu’exportateur/importateur n°1 dans le monde, si la Chine décide de laisser tomber le dollar comme monnaie de réserve mondiale, ses partenaires commerciaux peuvent très bien faire la même chose pour sécuriser leurs propres relations d’import-export.

Comme un effet de domino peu s’ensuivre, je crois que ce sera le FMI qui interviendra en tant que « médiateur » pour fournir le cadre d’un nouveau système, probablement sous la forme d’un panier de droits de tirage spéciaux (DTS), et conduisant probablement à un système mondial de cryptomonnaie dont le FMI a fait l’éloge récemment comme la prochaine étape de l’évolution de l’argent et de la politique monétaire.

J’ai mentionné de façon constante au cours du dernier semestre qu’une tendance s’est développée en ce qui concerne le comportement de l’administration Trump dans la guerre commerciale. Plus précisément, chaque fois que la Réserve fédérale augmente les taux d’intérêt ou augmente les réductions de son bilan, Trump élargit commodément sa rhétorique sur les barrières douanières.

Lorsque la FED accroit ses réductions de bilan, les actions prennent un coup de 1 000 points ou plus sur la tête. Et, comme par magie, les médias dominants accusent la guerre commerciale et Trump de cette chute des marchés d’actions plutôt que la FED. Je pense que cette tendance va s’accélérer jusqu’à la fin de 2018, et que les actions vont atteindre une vitesse critique à la baisse si la FED ne recule pas. À mon avis, la FED n’a pas l’intention de renverser la tendance car elle préfère voir une crise majeure dans les marchés en ce moment.

Mais plus que la simple couverture de la démolition contrôlée des actions par la FED, la guerre commerciale peut aussi couvrir la démolition contrôlée du dollar alors que plusieurs créanciers étrangers et partenaires commerciaux transforment la plus grande force de l’Amérique en sa plus grande faiblesse.

Le dollar lui-même n’est rien de plus qu’un symbole ; c’est un outil pour les banquiers internationaux. Et, comme tout outil, il peut être remplacé. La guerre commerciale fournit le récit historique parfait pour la fin du dollar. L’histoire racontée aux générations futures sera que les États-Unis, enhardis par la rhétorique et le nationalisme de Trump, alimentés par les idées dangereuses des « populistes conservateurs », se sont lancés dans une forme d’autodestruction et ont blessé le reste du monde dans le processus. Le FMI et d’autres institutions mondialistes interviendront, déclarant qu’aucun pays ne devrait jamais être autorisé à exercer de nouveau le pouvoir de la monnaie de réserve mondiale. Ils offriront ensuite leur solution pré-planifiée au problème même qu’ils ont créé à l’origine.

Que ce plan de réinitialisation globale fonctionne ou non dépendra de la sensibilisation des conservateurs en particulier. Se laisser prendre par la ferveur de la rhétorique de la guerre commerciale va paralyser notre capacité à nous préparer et à nous battre contre les vrais coupables du déclin des États-Unis. Notre fureur sera dirigée à tort vers les économies étrangères au lieu des élites bancaires, qui elles, le mérite.

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Paul Craig Roberts : « Le problème n’est pas résolu. La guerre se profile toujours à l’horizon »

L’humanité et la conscience morale des Russes ne peuvent rien changer

Lisez un peu cette superbe analyse de l’ancien Secrétaire Adjoint au Trésor US, et il a raison, rien n’est fini, ce à quoi nous assistons est une escalade sans fin qui pourrait mener au pire à n’importe quel moment si aucun camps n’abdique . Et il y a peu de chance que cela se produise , chacun est déterminé à défendre ses intérêts quoi qu’il en coûte . Les Russes sont clairement visés, accablés de toutes parts, sur tous les terrains . Impossible que cela ne dure, ou c’est fini pour eux . Quel est la finalité à tout cela ??? Une attaque directe contre la Russie ? Une déstabilisation du régime pour le ramener dans le giron occidental ? C’est sur, Poutine ne laissera jamais faire et les Russes feront en sorte que ça ne se produise jamais . Mais au delà, pensez à …. la Chine !!! Pensez vous que les Chinois ne savent pas qu’ils sont sur la liste ?? Ils prennent déjà des mesures avec entre autres la guerre économique contre les US . Quelle est la prochaine étape ? Les Chinois modernisent fortement leur armée … Nous sommes dans une nouvelle lutte pour l’hégémonie mondiale, et les enjeux sont énormes et nombreux . Il y a les « intérêts vitaux » de quelques pays (Russie, Chine, Iran etc, de plus en plus de pays sont concernés, ne serait ce que à cause de l’hégémonie du dollar qui devient inadmissible pour eux) qui sont clairement en cause . Bref la situation est vraiment compliquée, et nul ne sait comment ça se terminera . Selon Craig Roberts, les Russes auraient du frapper pendant la dernière attaque, tant qu’il est encore temps, pour affirmer une détermination sans faille et éviter une « destruction » inéluctable selon lui ! Analyse hallucinante à 1ere vue, mais qui pourrait bien être visionnaire . Z 

Il semble que, pour que Donald Trump puisse sauver la face, le gouvernement russe de Vladimir Poutine animé par son humanité et sa grandeur morale, ait consenti à laisser faire une attaque simulée. Malheureusement pour nous tous, ce que récolteront les Russes pour leur générosité, ce ne sera pas les remerciements qu’ils méritent. La Russie et Poutine n’auront pas le prestige d’avoir épargné à Trump de devoir reculer, ni de n’avoir pas coulé sa flotte et abattu ses bombardiers.

Les Russes veulent éviter le conflit. Ce n’est pas parce qu’ils ont peur de l’armée étasunienne, mais parce qu’ils savent avoir affaire à un régime de psychopathes qui ont non seulement volontairement détruit entièrement ou en partie sept pays musulmans au cours des 17 dernières années, mais aussi l’humanité entière. Poutine se dérobe donc à toute confrontation qu’ils orchestrent et s’en tient au droit international et aux règles juridiques.

Seulement, le résultat n’est pas ce à quoi s’attendrait quelqu’un d’humain. La bienveillance russe ne fait que pousser le mal qu’est l’Occident à faire plus de provocations.

Ce matin, j’ai rendu visite à un ami qui avait la télé allumée. Je ne pouvais pas croire les mensonges que Trump, les membres de son gouvernement, et la pressetituée racontaient au monde. C’était étonnant. Stephen Lendman parle ici de quelques-uns de ces mensonges.

Seuls les lecteurs de mon site Internet et quelques autres sauront que si des milliers de marins et des douzaines de pilotes étasuniens sont toujours en vie, c’est parce que les Russes leur ont épargné la vie.

Bien que le gouvernement russe soit animé de bonnes intentions, de conscience morale et de la considération envers les autres, il pousse le monde vers l’Armageddon. La raison en est que les néocons qui contrôlent la politique étrangère des États-Unis, ne cesseront pas d’orchestrer des événements qu’ils reprocheront aux Russes. Plus les Russes attendront avant de sévir enfin, plus les provocations s’accentueront. Les provocations successives acculeront les Russes à se rendre ou à la guerre nucléaire.

La dernière provocation en Syrie était idéale pour les Russes. Les Russes avaient tous les atouts militaires. Ils auraient pu facilement détruire tous les navires et tous les avions, et comme ils avaient annoncé clairement les conséquences à l’avance au monde, les États-Unis auraient reculé. Leur défaite sans un coup de feu, aurait sapé les néocons fous qui cherchent l’hégémonie mondiale.

Après une déclaration aussi claire des Russes, selon laquelle les forces étasuniennes allaient être entièrement anéanties, les chefs d’état-major interarmées étasuniens n’auraient pas attaqué.

Tant que les Russes s’accommoderont de l’agressivité de Washington, la malveillance de Washington empirera.

Je pense parfois que les Russes espèrent que les peuples occidentaux prendront conscience des affrontements dangereux et gratuits qui sont faits en leur nom. En fait, les peuples occidentaux sont impuissants. Ni Washington, ni ses régimes vassaux britanniques et français, ne consultent le peuple ou ses représentants élus avant de lancer une attaque militaire contre un autre pays. Ce fait démontre définitivement que ni les États-Unis, ni le Royaume-Uni, ni la France, n’ont de respect pour la loi et leurs propres démocraties, et que ces pays ont des régimes qui ne rendent aucun compte de leurs actions à leurs peuples. Les régimes britannique et français sont responsables devant Washington, et Washington est responsable devant le complexe militaro-sécuritaire et Israël, dont l’histoire montre qu’ils peuvent faire tomber tout sénateur ou député étasunien.

Si le gouvernement russe avait regardé aujourd’hui les médias télévisés étasuniens, il comprendrait la futilité qu’il y a à éviter les provocations de Washington. Non seulement les Russes noteraient les mensonges de Washington à propos du grand succès d’un non-événement, mais aussi que d’un côté, une grande victoire étasunienne était proclamée, et de l’autre, les alliés néocons de John Bolton racontaient que l’attaque ne suffisait pas pour mettre la Syrie et la Russie au pas.

La victoire et son insuffisance s’allient pour pousser à des provocations pires. La prochaine provocation sera orchestrée de manière à être plus favorable aux armements des États-Unis qu’à ceux de la Russie. Washington ne risquera plus une confrontation comme il l’a fait en Syrie, où il aurait manifestement perdu. Cela signifie que l’humanité et la conscience morale des Russes aboutiront à une confrontation bien plus dangereuse pour la Russie et pour nous tous.

Comme je l’ai écrit plus tôt aujourd’hui, « Il serait erroné de conclure que la diplomatie a prévalu et que Washington a retrouvé la raison. Rien ne pourrait être plus loin de la vérité. Le problème n’est pas résolu. La guerre se profile toujours à l’horizon. »

Paul Craig Roberts

Ancien Secrétaire Adjoint au Trésor pour la politique économique, Paul Craig Roberts a été rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal, chroniqueur chez Business WeekScripps Howard News Service et Creators Syndicate, il a écrit de nombreux ouvrages, dont l’un, L’Amérique perdue : Du 11 septembre à la fin de l’illusion Obama, a été traduit en français, et il a aussi été affecté à de nombreux postes universitaires.

Original : www.paulcraigroberts.org/2018/04/14/russias-humanity-moral-conscience-leading-war/
Traduction Petrus Lombard

 

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