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Erdogan menace l’Autriche d’une guerre religieuse mondiale entre « les Croisés et le Croissant »

Recep Tayyip Erdogan

« Nous allons devoir faire quelque chose »: Erdogan promet une « réponse » aprés les fermetures de mosquées autrichiennes , qui pourraient selon lui conduire à une guerre religieuse mondiale … Cet homme est un fou furieux ! Z 

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a fustigé la décision de l’Autriche de fermer les mosquées et d’expulser les imams turcs et a promis une réponse, affirmant que les mesures annoncées par le chancelier autrichien Sebastian Kurz pourraient mener à une « guerre entre la croix et le croissant « . Les commentaires d’Erdogan interviennent un jour après que le gouvernement autrichien a déclaré qu’il expulserait jusqu’à 60 imams financés par la Turquie et fermerait sept mosquées dans le cadre de la répression de « l’islam politique », ce qui a conduit à une fureur généralisée à Ankara (ZH)

Le Président turc Recep Tayyip Erdogan a vivement critiqué samedi la décision du chancelier autrichien de fermer des mosquées dans le cadre d’une offensive contre l’«islam politique», écrit l’AFP.

«Ces mesures prises par le Premier ministre autrichien sont, je le crains, en train de mener le monde vers une guerre entre les Croisés et le Croissant», a déclaré M.Erdogan.

Parmi ces mesures annoncées par Sebastian Kurz, figurent la fermeture prochaine de sept mosquées et la possible expulsion de dizaines d’imams financés par la Turquie.

«Ils disent qu’ils vont bouter hors d’Autriche nos hommes de religion. Croyez-vous que nous ne réagirons pas si vous faites une telle chose? Cela signifie que nous allons devoir faire quelque chose», a déclaré M.Erdogan, sans autres précisions.

Vendredi, le porte-parole du Président turc avait déjà dénoncé l’annonce faite par l’Autriche comme une mesure résultant, selon lui, de «la vague populiste, islamophobe, raciste et discriminatoire» dans ce pays.

Environ 360.000 personnes d’origine turque vivent en Autriche, dont 117.000 ont la citoyenneté turque.

Les propos du Président turc surviennent par ailleurs avant les élections anticipées cruciales du 24 juin. Le gouvernement autrichien a explicitement interdit aux responsables turcs d’organiser des meetings en Autriche en vue de ce double scrutin présidentiel et législatif.

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Hélas, ce n’est pas fini !

Hélas, ce n’est pas fini !
Commençons par un bref résumé des événements.
  • Il y a environ un mois, Nikki Haley annonce au Conseil de sécurité de l’ONU que les États-Unis sont prêts à violer les règles de ce même Conseil de sécurité en cas d’attaque chimique en Syrie
  • Puis les Russes ont annoncé qu’ils avaient la preuve qu’une attaque chimique sous fausse bannière est en préparation en Syrie ;
  • Puis une attaque chimique (supposée) se produit (dans un endroit encerclé et essentiellement contrôlé par les forces gouvernementales !) ;
  • L’OIAC envoie des enquêteurs (même si les puissances occidentales clament haut et fort qu’aucune enquête n’est nécessaire) ;
  • Les Anglosionistes bombardent la Syrie ;
  • Puis le Conseil de sécurité de l’ONU refuse de condamner la violation de ses propres règles et décisions ;
  • Enfin, les États-Unis d’Amérique parlent d’une « frappe parfaite ».

Maintenant, dites-moi : avez-vous l’impression que c’est terminé ?

Si vous me dites que 32 sur 103 n’est pas parfait, je vous répondrais que vous êtes à côté du sujet. En fait, 32 sur 103 est une incitation supplémentaire à bombarder de nouveau !

Examinons les choses différemment pendant une seconde et posons-nous la question : qu’a démontré l’attaque anglosioniste, en fait ?

  • Le grand public occidental est si définitivement zombifié que les attaques sous fausse bannière peuvent désormais être annoncées quatre semaines à l’avance ;
  • Les Européens vivent maintenant selon la devise « mon honneur s’appelle solidarité » (une variante de la devise SS « mon honneur s’appelle fidélité ») ;
  • Emmenés par les États-Unis, les pays occidentaux n’ont pas d’objection à des guerres déclenchées en violation de leurs propres lois nationales ;
  • Le Conseil de sécurité de l’ONU n’a pas d’objection à des guerres déclenchées en violation de la Charte des Nations Unies et du droit international ;
  • Les dirigeants de la République populaire de Chine, dans leur infinie sagesse, agissent comme s’ils n’avaient rien de personnel en jeu et agissent comme des spectateurs ;
  • Les Israéliens, par l’intermédiaire des néocons de l’ONU, contrôlent maintenant totalement l’Empire et l’utilisent pour « nettoyer la maison d’à côté ».

J’entends déjà les objections. Elles ressemblent à peu près à ça :

– Mais l’attaque a été un échec lamentable !
– Et alors ? L’Empire n’a rien payé pour la mener.
– Mais les Américains ont cillé ! Ils ont attaqué depuis l’espace aérien jordanien et depuis la mer Rouge ! Ils ont totalement évité les Russes ! Ils ont peur d’eux !
– Et alors ? Ils ont encore bombardé un allié russe en totale impunité.
– Mais vous ne suggérez quand même pas que les Russes auraient dû déclencher une guerre contre les États-Unis à partir d’une attaque qui n’a même pas tué une seule personne ?
– Non, bien sûr que non, mais en ne prenant aucune mesure, les Russes n’ont pas non plus réussi à dissuader de futures attaques.
– Mais qu’auraient pu faire les Russes ?

ÇA, c’est la bonne question !

Examinons les choses d’un peu plus près. Grosso modo, les Russes ont le choix entre trois types de mesures de représailles : politique, économique et militaire. Cependant, chacune d’elle a un ensemble spécifique de prérequis qui sont actuellement problématiques, pour le moins :

Mesures Politique Économique Militaire
Prérequis Suppose un minimum de décence, d’intégrité et de respect de la loi par le reste de la planète. Suppose que d’autres pays, en particulier la Chine, seraient prêts et en mesure de soutenir ces mesures. Suppose que la Russie a la capacité militaire de vaincre la « coalition » anglosioniste.
Réalité actuelle La Russie peut gémir, tempêter, se plaindre, protester, faire appel à des valeurs plus élevées,  à la logique ou au faits – tout le monde s’en fout. Les Chinois et les autres ne sont pas prêts pour l’instant à faire quoique ce soit pour soutenir la Russie. La Russie peut vaincre militairement les Anglosionistes, mais seulement en risquant l’avenir de notre planète.

Cela peut se résumer en une phrase simple : l’hégémonie anglosioniste est une menace pour l’ensemble de la planète, mais personne à part la Russie et l’Iran n’est prêt à l’affronter. Quel paradoxe !

Le soi-disant « Occident chrétien » est devenu un parasite volontaire pour son hôte sioniste et les seuls qui ont le courage et l’intégrité morale de l’affronter sont les chrétiens orthodoxes et les musulmans. Sic transit gloria mundi en effet…

Mais ce qui est encore plus important, c’est que s’il est vrai que les néocons américains n’ont pas réussi à lancer le genre d’attaque massive qu’ils auraient voulu et s’il est vrai que l’attaque américaine a été à peu près aussi boiteuse que possible, il faut complètement oublier ces faits. Les faits ne comptent simplement pas. Ni la logique. Tout ce qui compte, ce sont les perceptions !

Et la perception est que « nous » (les dirigeants anglosionistes et leurs serfs) avons « botté le cul » d’Assad et que « nous le referons » si « nous » en avons envie. C’est tout ce qui importe dans L’Empire des illusions que l’hégémonie anglosioniste est devenue.

Dès que vous comprendrez cela, vous devrez aussi accepter que Trump avait raison : c’était une « frappe parfaite » (de nouveau, pas dans la réalité mais dans le monde d’illusions créé autour d’elle).

La boucle est bouclée.

L’hégémonie anglosioniste exige que la planète entière s’incline et la vénère.  À l’exception de la Russie et de l’Iran, tout le monde se met à genoux ou, au mieux, détourne les yeux. Dans leur réalité illusoire, les « Méricains » se sentent autorisés à frapper la Russie ou l’Iran à n’importe quel instant.  Il n’y a rien que l’Iran puisse faire pour les arrêter et alors que la Russie le peut, elle ne peut le faire qu’au risque de l’avenir de notre planète entière.

Maintenant, dites-moi : pensez-vous réellement que ce soit terminé ?

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« Les événements d’aujourd’hui pourraient mener à la dernière guerre de l’histoire de l’humanité », avertit un ancien Général de Poutine

"Les événements d'aujourd'hui pourraient mener à la dernière guerre de l'histoire de l'humanité", avertit un ancien Général de Poutine (Zero Hedge)

Les retombées de l’attaque de l’agent neurotoxique de Salisbury nous rappellent l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, qui a été le catalyseur le plus immédiat – de nombreux récits et séquences d’événements parallèles – qui a finalement abouti à la Première Guerre mondiale. Nous ne sommes pas seuls dans ce raisonnement, car un général russe de haut niveau à la retraite prévient que l’empoisonnement de Salisbury pourrait mener à la « dernière guerre de l’histoire de l’humanité ».

Le lieutenant-général Evgeny Buzhinsky à la retraite – qui a servi dans les forces armées russes pendant plus de quarante ans – a déclaré que les relations entre la Russie et Washington pourraient devenir « pires » que l’apogée de la guerre froide et « aboutir à un très, très mauvais résultat » à la suite de l’attaque au gaz neurotoxique au Royaume-Uni.

Plus de 150 diplomates russes ont été expulsés de 25 pays – dont 23 du Royaume-Uni depuis que les pays occidentaux ont accusé la Russie d’être le seul acteur responsable de l’utilisation d’armes chimiques mortelles sur Sergei Skripal et sa fille dans leur maison de Salisbury.

Buzhinsky, qui est maintenant vice-président principal du Russian Center for Policy Studies (PIR Center), a déclaré à BBC Radio Today :

« S’il vous plaît, quand vous dites le monde, vous voulez dire l’UE, les États-Unis et d’autres pays…. vous voyez que c’est une guerre froide, c’est pire que la guerre froide parce que si la situation évolue à la manière dont elle est actuellement, j’ai peur que cela finisse par un très très mauvais résultat ».

Nicholas Robinson, un présentateur britannique à l’émission Today de la BBC, a insisté sur ce qu’il entendait par « pire qu’une guerre froide », à laquelle le lieutenant-général russe à la retraite a réagi avec cette bombe : « la situation actuelle échappe à tout contrôle et pourrait se transformer en une « vraie guerre ».

Le Daily Express partage une effrayante transcription de la conversation de Buzhinsky sur la BBC :

    Il a déclaré : « Pire qu’une guerre froide, c’est une vraie guerre. Ce sera la dernière guerre de l’histoire de l’humanité. »

    « Pas l’empoisonnement de Salisbury, mais toutes les actions. »

    « Vous voyez la pression des États-Unis, vous dites que la pression va continuer, qu’est-ce que vous allez faire ? Vous allez réussir le changement de régime, c’est inutile. Vous ne connaissez pas les Russes. Plus la pression extérieure est forte, plus la société se solidifie autour du Président. »

    Lorsqu’on lui a demandé comment le conflit conduirait à une véritable guerre, Buzhinsky a accusé le Royaume-Uni de ne pas vouloir discuter de l’attaque de Salisbury.

    « Commençons à discuter », a-t-il déclaré. « Vous ne voulez pas en parler. Vous dites que la Russie devrait changer son comportement, ce n’est pas le genre de discours ou de compromis dont nous avons besoin ».

    « D’accord, vous avez expulsé des diplomates. Nous avons expulsé des diplomates. Si vous continuez à expulser, quelle est la prochaine étape ? La rupture des relations diplomatiques. »

    « Après ça, j’ai déclaré que ça ne mènerait nulle part. En fait, vous êtes en train d’accaparer la Russie. Coincer la Russie est une chose très dangereuse. »

    M. Buzhinsky a affirmé qu’il était « absurde » que la Russie était derrière l’attaque car le président Vladimir Poutine n’avait aucun avantage dans cette attaque, qui a eu lieu avant l’élection présidentielle russe. Ces commentaires interviennent après que le ministre des Affaires étrangères de M. Poutine ait accusé Theresa May de « mentir ouvertement ».

    Il a déclaré : « Je crois que nos partenaires occidentaux, je veux dire principalement le Royaume-Uni, les États-Unis et certains pays qui les suivent aveuglément, ont rejeté toute décence, ils recourent au mensonge ouvert, à la désinformation flagrante ».

Entre les guerres froides, les guerres par procuration et les guerres commerciales, à mesure que le temps avance dans l’ère Trump, il semble que le monde se soit détraqué.  Alors que l’histoire a tendance à ne pas se répéter – mais plutôt de rimer (?) – l’opinion fataliste d’un expert et observateur russe chevronné comme Buzhinsky doit être prise au sérieux. On ne peut qu’espérer que sa prévision d’une « dernière guerre » est fausse.

Zero Hedge

Traduction SLT

 

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Le Pentagone prépare une nouvelle guerre en Asie du Sud-Est

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Le Pentagone prépare une nouvelle guerre en Asie du Sud-Est, cette fois contre le Mynamar. Les jihadistes présents en Syrie, soutenus par plusieurs pays du Moyen-Orient, qui jusqu’ici se faisaient la guerre entre eux, envisagent de se battre avec le Pentagone contre l’armée birmane et la prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi.

Depuis 2001, les États-Unis détruisent systématiquement tout le Moyen-Orient élargi. Ils préparaient il y a encore quelques jours une nouvelle guerre contre l’Irak et la Syrie via les kurdes des familles Barzani et Muslim.

Il semble qu’ils envisagent soudainement un nouveau théâtre d’opération : la Birmanie. Dans ce cas, l’ensemble jihadistes ainsi que plusieurs pays de la région seraient mobilisés pour aller se battre en Asie du Sud-Est.

Depuis un mois, la presse internationale dénonce le sort des Rohingyas et présente la Birmanie comme un enfer avec autant de mensonges qu’elle en a eu à propos de la Syrie.

Alors que l’Arabie saoudite préparait en 2013 une armée en Jordanie et finançait les jihadistes en Syrie, elle créait également à La Mecque le « Mouvement pour la foi », devenu depuis « Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan ». Comme pour la Syrie, elle y mêlait d’authentiques birmans et les mercenaires qu’elle utilise habituellement un peu partout dans le monde. Ainsi le leader de ce groupe est un Pakistanais qui fit ses armes aux côtés de Ben Laden en Afghanistan contre les Soviétiques.

Les jihadistes birmans sont armés par les États-Unis et le Royaume-Unis. Ils sont formés dans des camps d’entrainement en Arabie saoudite et au Bangladesh. En août dernier, ils étaient évalués à au moins 5 000 hommes.

La Birmanie n’a jamais connu la paix depuis la colonisation britannique et japonaise. C’est une mosaïque de 135 ethnies qui, à la différence de la Syrie, se font la guerre les unes aux autres. Une dictature militaire était parvenue à maintenir un semblant d’ordre sur une grande partie du pays au prix d’une cruelle répression. Il y a un an et demi, l’armée a accepté de partager le pouvoir avec la prix Nobel de la paix Aun Sang Suu Kyi afin de résoudre ensemble les problèmes inter-ethniques.

Le nouveau gouvernement a notamment créé une commission consultative pour résoudre les discriminations dont les Rohingyas sont victimes. Elle était présidée par Kofi Annan et comportait des personnalités étrangères comme le Libanais Ghassan Salame et des Birmans comme le guide d’un ordre soufi.

Les travaux de cette Commission ont été sabotés comme ceux de la Commission de la Ligue arabe en Syrie, en 2011-12. Le jour-même où elle rendait son rapport, le 25 août, l’Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan attaquait simultanément 24 commissariats de police et casernes, tuant 71 policiers et soldats.

Le président Erdogan a immédiatement battu le rappel des pays musulmans. Ce n’est qu’après ses discours alarmistes que la migration des Rohingyas vers le Bengale a débuté.

Il s’agit de mobiliser pour l’Otan les mêmes États qui se battirent sous ses ordres en Bosnie-Herzégovine contre les Serbes (pro-Russes), mais cette fois contre les Birmans (pro-chinois).

Des contacts entre les états-majors de l’Arabie saoudite, de l’Iran, du Qatar, du Pakistan, et de la Turquie ont déjà eu lieu.

Observons qu’en Iran, le président Rohani et le chef d’état-major des armées se sont prononcés pour, tandis que l’ayatollah Ali Khamenei et les Gardiens de la Révolution se sont prononcés contre ce projet insensé, qui ferait à nouveau de l’Iran un supplétif de l’Otan.

Si ce projet se réalise, l’ensemble des forces qui se battent contre la Syrie se déplacerait en Asie du Sud-Est. La paix s’installerait alors ici en l’absence de ces combattants. (source)

L’islam politique contre la Chine

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Selon l’état-major US, le Myanmar fait partie de la zone à détruire (ici, la carte publiée par Thomas P. M. Barnett en 2003).

Poursuivant sa Grande stratégie d’extension du domaine de la guerre [1], le Pentagone préparait en même temps l’instrumentation des kurdes au Moyen-Orient élargi, une guerre civile au Venezuela et une guerre d’usure aux Philippines. Cependant, ces conflits devront attendre au profit d’un quatrième théâtre d’opération : la Birmanie, aux marches de la Chine.

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Le 28 septembre au Conseil de sécurité, Jeffrey Feltman, le numéro 2 de l’Onu, assiste aux débats aux côtés du secrétaire général António Guterres. Après avoir personnellement supervisé l’agression contre la Syrie, il entend organiser celle contre la Birmanie. Ancien fonctionnaire états-unien, Feltman fut l’adjoint d’Hillary Clinton.

Lors de la réunion du Conseil de sécurité de l’Onu, le 28 septembre, l’ambassadrice US et plusieurs de ses alliés ont accusé le gouvernement de coalition du Myanmar de « génocide » [2]. Ce gros mot —qui en droit européen désigne un massacre de masse, mais en droit US s’applique à une méthode d’assassinat même si le criminel ne fait qu’une seule victime— suffit pour Washington à justifier d’une guerre, avec ou sans l’aval du Conseil de sécurité comme on l’a vu en Yougoslavie [3]. La réunion du Conseil de sécurité s’est tenue à la requête de l’Organisation de la Conférence islamique (OIC).

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Depuis 2013, les médias occidentaux s’appliquent à présenter le bouddhisme sous une forme sectaire. Ici, le moine Ashin Wirathu. Condamné en 2003 à 25 ans de prison, en raison de ses prêches anti-musulmans, il a bénéficié de l’amnistie générale en 2012. Il n’est pas difficile de trouver des fanatiques dans n’importe quelle religion.

Pour faire correspondre les faits avec leur narration, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, qui célébraient lors de la « révolution safran » (2007) Aung San Suu Kyi et les moines bouddhistes pour leur résistance non-violente à la dictature du SLORC [4], ont purement et simplement amalgamé l’armée birmane, la prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi [5] et tous les bouddhistes du pays [6] dans le camp des méchants.

La Birmanie n’a jamais connu la paix civile depuis la domination étrangère, britannique puis japonaise [7]. Elle est plus facile à déstabiliser depuis que la junte du SLORC a accepté de partager le pouvoir avec la Ligue nationale pour la démocratie (LND) et qu’ils tentent ensemble de résoudre pacifiquement les nombreux conflits internes du pays.

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Indispensables à l’économie chinoise, les pipe-lines du Yunnan aboutissent sur la côte pacifique dans la province d’Arakan/Rakhine.

Par un hasard de la géographie, la Birmanie laisse passer sur son territoire le pipe-line reliant le Yunnan chinois au golfe du Bengale, et héberge des stations de surveillance électronique chinoises des voies navales qui passent au large de ses côtes. Faire la guerre en Birmanie est donc plus important pour le Pentagone que de stopper les deux « routes de la soie » au Moyen-Orient et en Ukraine.

Héritage de la colonisation britannique, se trouve parmi les populations birmanes discriminées, 1,1 million de descendants des ouvriers bengalis que Londres déplaça à l’intérieur de l’Empire des Indes vers la Birmanie : les Rohingyas [8]. Il se trouve que cette minorité nationale —et non pas ethnique— est musulmane alors que la grande majorité des Birmans sont bouddhistes. Enfin, il se trouve que durant la Seconde Guerre mondiale, les Rohingyas collaborèrent avec l’Empire des Indes contre les nationalistes birmans.

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Parfaitement équipé, le Mouvement pour la Foi ou Armée du salut des Rohingyas de l’Araka est entraîné par les Britanniques en Arabie saoudite et au Bangladesh. Avant le début des événements actuels, il comprenait au moins 5 000 soldats.

En 2013, alors que le Pentagone et la CIA avaient déployé des hordes jihadistes en Syrie et y tenaient une guerre de position, l’Arabie saoudite créa une énième organisation terroriste à La Mecque, le Mouvement de la Foi (Harakah al-Yaqin). Ce groupe, qui déclare rassembler des Rohingyas, est en réalité commandé par le Pakistanais Ata Ullah, qui combattit les Soviétiques en Afghanistan [9]. Le royaume saoudien hébergeait la plus importante communauté masculine Rohingyas, après la Birmanie et avant le Bengladesh, avec 300 000 travailleurs mâles sans leurs familles.

Selon un rapport des services de renseignement bengalis, antérieur à la crise actuelle, le Mouvement pour la Foi agit depuis un an avec une scission de la Jamat-ul-Mujahideen bengalie autour du slogan « Le Jihad du Bengale à Bagdad ». Ce groupuscule a fait allégeance au Calife de Daesh, Abou Bakr al-Baghdadi, et a rassemblé dans une même coalition les Mudjahiden indiens, Al-Jihad, Al-Ouma, le Mouvement des étudiants islamiques d’Inde (SIMI), le Lashkar-e-Toiba (LeT) et le Harkat-ul Jihad-al Islami (HuJI) pakistanais. Cet ensemble a été financé par la fondation Revival of Islamic Heritage Society (RIHS) du Koweït.

Lorsque, il y a moins d’un an et demi, en mars 2016, le SLORC accepta de partager le pouvoir avec le parti d’Aung San Suu Kyi, les États-Unis tentèrent d’instrumenter la prix Nobel de la paix contre les intérêts chinois. Sachant qu’il leur serait difficile de manipuler la fille du père de l’indépendance birmane, le communiste Aung San, ils encouragèrent le Mouvement pour la Foi —« on ne sait jamais… »—.

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En septembre 2016, Aung San Suu Kyi est venue expliquer ses efforts en faveur des Rohingyas à la tribune de l’assemblée générale de l’Onu. Comme son père Aung San, qui crut un instant à l’aide des Japonais pour libérer son pays de la colonisation britannique, la prix Nobel de la paix a naïvement imaginé la sympathie des Anglo-Saxons pour résoudre les problèmes internes du Myanmar.

En septembre 2016, Aung San Suu Kyi représenta son pays à l’Assemblée générale des Nations Unies [10]. Fort naïvement, elle expliqua les problèmes de son peuple et les moyens qu’elle mettait en place pour les résoudre progressivement, à commencer par celui des Rohingyas. De retour chez elle, elle réalisa que ses anciens soutiens états-uniens étaient en réalité les ennemis de son pays. Le Mouvement pour la Foi lança une série d’attaques terroristes, dont celle du poste de la police des frontière de Maungdaw où 400 terroristes volèrent l’arsenal tuant 13 douaniers et soldats.

Persévérante, Aung San Suu Kyi poursuivit la mise en place d’une commission consultative chargée d’analyser la question rohingya et de proposer un plan concret pour mettre un terme aux discriminations dont ils font l’objet. Cette commission était composée de six Birmans et de trois étrangers : l’ambassadrice néerlandaise Laetitia van den Assum, l’ancien ministre libanais (en réalité représentant la France) Ghassan Salamé, et l’ancien secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, en qualité de président de la commission.

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La Commission consultative pour les Rohingyas autour de son président, Kofi Annan. Parmi les six membres birmans, on remarque des personnalités historiques de la lutte pour les Droits de l’homme, U Win Mra et U Khin Maung Lay, aussi bien qu’Al Haj U Aye Lwin, le guide spirituel d’un ordre musulman soufi.

Les neuf commissaires entreprirent un travail d’une rare qualité malgré les obstacles birmans. Des partis politiques échouèrent à faire dissoudre la commission par l’Assemblée nationale mais parvinrent à faire adopter une motion de défiance de la commission par l’assemblée locale d’Arakan (l’État où vivent les Rohingyas). Quoi qu’il en soit, les commissaires rendirent leur rapport le 25 août avec des recommandations possibles à mettre en œuvre et sans piège, dans le réel but d’améliorer les conditions de vie de chacun [11].

Le jour-même, les services secrets saoudiens et états-uniens donnaient le signal de la riposte : le Mouvement pour la Foi, renommé par les Britanniques Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan, divisé en 24 commandos, attaquait des casernes de l’armée et des postes de police, faisant 71 morts. Durant une semaine, les troupes birmanes menaient une opération anti-terroriste contre les jihadistes. 400 membres de leurs familles fuyaient vers le Bangladesh.

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Le président de l’Organisation de la coopération islamique, Recep Tayyip Erdoğan, ouvre la campagne médiatique mondiale pour sauver les Rohingyas (Istanbul, 1er septembre 2017).

Trois jours plus tard, le président turc Recep Tayyip Erdoğan commençait à téléphoner à tous les chefs d’État de pays musulmans pour les alerter sur « le génocide des Rohingyas ». Le 1er septembre, c’est à dire le jour de la plus importante fête musulmane, l’Aïd al-Adha, il prononçait un vibrant discours à Istanbul, en sa qualité de président en exercice de l’Organisation de coopération islamique, pour sauver les Rohingyas et soutenir leur Armée du salut [12].

Pourtant, ces jihadistes n’ont aucunement défendu les Rohingyas, mais sont intervenus de manière systématique pour faire échouer les tentatives d’améliorer leurs conditions de vie et de mettre un terme aux discriminations qui les frappent.

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Le général Mohsen Rezaei fut le commandant des Gardiens de la Révolution qui se battirent aux côtés de l’Otan et de l’Arabie saoudite durant la guerre de Bosnie-Herzégovine contre la Serbie.

Le 5 septembre, le président du Conseil de discernement iranien, Mohsen Rezaei, proposait de joindre les forces de tous les États musulmans et de créer une armée islamique pour sauver les « frères rohingyas » [13]. Une prise de position d’autant plus importante que le général Rezaei est un ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution.

Alors que l’armée birmane avait cessé toute activité contre les terroristes, des villages rohingyas étaient brûlés, tandis que la population rakhine de l’Arakan lynchait des musulmans, à ses yeux tous liés aux terroristes. Selon les rohingyas, c’est l’armée birmane qui brûlait les villages, tandis que selon l’armée birmane, c’était les jihadistes. Progressivement, tous les Rohingyas habitant au Nord de l’Arakan se mettaient en marche pour se réfugier au Bangladesh, mais curieusement pas les Rohingyas habitant au Sud de l’État.

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Le 6 septembre, une délégation officielle turque se rendait au Bangladesh pour y distribuer des vivres aux réfugiés. Elle était conduite par le ministre des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, et par l’épouse et le fils du président Erdoğan, Bilal et Ermine.

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La campagne de mobilisation communautaire dans les pays musulmans s’appuie sur des visuels particulièrement marquants. Ainsi, cette photographie est diffusée par le gouvernement turc. Elle est censée représenter les victimes musulmanes des moines bouddhistes en Birmanie. Il s’agit en fait d’une ancienne photographie d’une cérémonie funèbre des victimes d’un tremblement de terre en Chine.

Dans les pays musulmans, une vaste campagne de désinformation assurait, photos à l’appui, que les bouddhistes massacraient en masse les musulmans. Bien sur, aucune de ces photos n’avait été prise en Birmanie, et ces fausses nouvelles furent démasquées les unes après les autres. Mais dans ceux de ces pays où la population est peu éduquée, ces photos convainquirent tandis que les démentis furent inaudibles. Seul le Bangladesh émettait des réserves sur le rôle des jihadistes et assurait le Myanmar de sa coopération contre les terroristes [14].

Le 11 septembre, le président en exercice de l’Organisation de conférence islamique (OCI), Recep Tayyip Erdoğan, intervenait devant la commission scientifique de l’Organisation réunie à Astana (Kazakhstan) —dont ce n’est pas la compétence—, « pour sauver les Rohingyas ».

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Pour l’ayatollah Ali Khamenei, l’engagement militaire de son pays aux côtés de l’Otan et de l’Arabie saoudite en Birmanie serait une catastrophe. D’autant que l’Iran a une histoire millénaire de coopération avec la Chine.

Dès le lendemain, le 12 septembre, le Guide de la révolution, l’ayatollah Ali Khamenei prenait position. Très inquiet de la proposition du général Rezaei, il veillait à délégitimer la guerre de religion en préparation, le « choc des civilisations », quitte à mettre en cause la présence d’une femme à la tête d’un État. Il veillait donc à fermer la porte à un engagement militaire des Gardiens de la Révolution. Il déclarait : « Il est tout à fait possible que le fanatisme religieux ait joué un rôle dans ces événements, mais il s’agit là d’une question tout à fait politique, car c’est le gouvernement du Myanmar qui en est le responsable. Et à la tête de ce gouvernement, il y a une femme cruelle, lauréate du Prix Nobel de la paix. En réalité, ces événements ont signé l’acte de décès du Prix Nobel de la paix » [15].

Immédiatement à Téhéran, le président cheikh Hassan Rohani faisait appel à l’armée régulière pour participer au conflit en préparation. Le 17 septembre, les chefs d’état-major des armées iraniennes et pakistanaises entrèrent en contact pour unir leur forces dans la crise [16]. Il s’agit de la première initiative militaire, mais elle concerne l’armée iranienne (qui travaille déjà avec ses homologues turques et pakistanaise pour défendre le Qatar) et non pas des Gardiens de la Révolution (qui se battent aux côtés des Syriens contre les jihadistes). L’Iran achemine également une aide massive aux réfugiés.

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Aung San Suu Kyi appelle l’opinion publique internationale à prendre en compte les efforts du Myanmar pour régler la question des Rohingyas et dénonce le terrorisme jihadiste. Elle ne sera pas plus comprise que Mouamar Kadhafi dénonçant l’attaque d’Al-Qaïda contre son pays (Naypyidaw, 19 septembre 2017).

Le 19 septembre, ignorant les explications d’Aung San Suu Kyi [17] et profitant de l’Assemblée générale de l’Onu, Recep Tayyip Erdoğan réunit le groupe de contact de l’OCI pour demander à tous les États membres de suspendre tout commerce avec le Myanmar et pour demander au Conseil de sécurité de l’Onu de statuer [18].

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L’Arabie saoudite protège et encadre depuis 2013 l’Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan. Le roi Salmane attribue 15 millions de dollars aux réfugiés rohingyas au Bangladesh où se trouvent les camps d’entrainement du groupe jihadiste.

Sortant enfin de l’ombre, l’Arabie saoudite affirma alors soutenir les Rohingyas discrètement depuis 70 ans et leur avoir déjà offert 50 millions de dollars d’aide durant cette période. Le roi Salmane y ajouta un don de 15 millions de dollars [19]. L’ambassadeur saoudien aux Nations unies à Genève, Abdulaziz ben Mohammed Al-Wassil, y mobilisa le Conseil des Droits de l’homme.

Oubliant les guerres qu’ils se livrent en Irak, en Syrie et au Yémen, la Turquie, l’Iran et l’Arabie saoudite, c’est-à-dire les trois principales puissances militaires musulmanes, se sont ressoudées par simple réflexe communautaire [20] et positionnées aux côtés des Rohingyas. Toutes trois ont désigné l’ennemi commun : le gouvernement de coalition de l’armée birmane et d’Aung San Suu Kyi.

Ce complet retournement de situation au Moyen-Orient a déjà eu un précédent : les guerres de Yougoslavie. En Bosnie-Herzégovine (1992-95) et au Kosovo (1998-99), les pays musulmans et l’Otan se battirent côte à côte contre les chrétiens orthodoxes liés à la Russie.

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En 1995, Oussama Ben Laden fait défiler sa Légion arabe, à Zenica, devant le président Alija Izetbegović. Ces combattants sont d’anciens moudjahidines qui se sont battus contre les Soviétiques en Afghanistan. Ils prendront par la suite le nom d’Al-Qaïda. Durant la guerre, les services secrets russes pénétrent la caserne de la Légion arabe et constatent que tous ses documents sont en anglais et non pas en arabe.

En Bosnie-Herzégovine, le président Alija Izetbegović s’entoura de l’États-unien Richard Perle, qui le conseilla au plan diplomatique et dirigea la délégation bosniaque lors des accords de Dayton. Il bénéficia au plan médiatique des conseils du Français Bernard-Henri Lévy, selon les dires de celui-ci, jamais démentis. Enfin, au plan militaire, il s’appuya sur les conseils du Saoudien Oussama Ben Laden qui organisa pour lui la Légion arabe et reçut un passeport diplomatique bosniaque. Durant le conflit, soutenu en sous-main par l’Otan, Izetbegović reçut publiquement l’appui de la Turquie, de l’Iran et de l’Arabie saoudite [21].

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L’opinion publique occidentale a accepté sans débat de violer la Charte des Nations Unies au Kosovo après avoir assisté impuissante à l’exode de milliers de civils.

Le conflit kosovare débuta par une campagne terroriste de l’Armée de libération du Kosovo (UÇK) contre Belgrade. Les combattants furent formés par les forces spéciales allemandes sur une base de l’Otan en Turquie [22]. L’actuel chef des services secrets turcs, Hakan Fidan, fut l’officier de liaison avec les terroristes au sein de l’état-major de l’Otan. Il est aujourd’hui le chef du MIT, les services secrets turcs et le second personnage du régime. Au début de la guerre, 290 000 Kosovars fuirent la Serbie en trois jours pour se réfugier en Macédoine. Les télévisions occidentales montrèrent à loisir cette longue file de fuyards. Cependant, selon les quelques millions de Macédoniens qui les reçurent, il n’y avait aucune raison objective à cette migration largement encadrée par l’Otan. Peu importe, on utilisa ce déplacement de population pour accuser le président Slobodan Milošević de réprimer de manière disproportionnée la campagne terroriste touchant son pays, et l’Otan lui déclara la guerre sans autorisation du Conseil de sécurité.

Le sale travail qui se prépare étend le théâtre des opérations vers l’Est. Le Pentagone n’a pas la possibilité d’imposer une alliance turco-irano-saoudienne, mais il n’en a pas besoin. En Yougoslavie, ces trois États étaient coordonnés par l’Otan lorsqu’ils n’avaient pas de contacts directs. Cependant, le fait de se battre côte à côte en Birmanie va les contraindre à trouver des arrangements en Irak, en Syrie et au Yémen ; voire en Libye. Considérant la dévastation du Moyen-Orient et la persévérance des populations à résister, le Pentagone peut laisser cette région panser ses blessures pendant une décennie sans crainte d’y voir surgir la moindre capacité d’opposition à sa politique.

Au lendemain de la réunion du Conseil de sécurité posant les bases de la future guerre contre la Birmanie, le secrétariat d’État a informé le président Barzani que les États-Unis ne soutiendraient pas l’indépendance d’un Kurdistan en Irak. Le Pentagone ne peut en effet pas mobiliser la Turquie et l’Iran en Asie du Sud-Est tout en leur faisant un enfant dans le dos à leur frontière. Massoud Barzani qui s’était engagé sans retour pour le référendum d’indépendance devrait donc bientôt se retirer de la vie politique. D’autant que l’affichage des drapeaux israéliens à Erbil, massivement relayé par les chaînes de télévision arabes, perses et turques, lui a aliéné la totalité de ses voisins.

Si le scénario du Pentagone se poursuit comme on peut l’anticiper, la guerre contre la Syrie devrait se terminer faute de combattants, partis au loin, servir l’« Empire américain » sur un nouveau théâtre d’opération.

[1] Source : The Pentagon’s New Map, Thomas P. M. Barnett, Putnam Publishing Group, 2004. Analyse : « Le projet militaire des États-Unis pour le monde », par Thierry Meyssan, Haïti Liberté (Haïti) , Réseau Voltaire, 22 août 2017.

[2] « Myanmar : le Secrétaire général demande « une action rapide » pour mettre fin au « cauchemar » des Rohingya dans l’État de Rakhine », Compte-rendu du Conseil de sécurité, Onu, 28 septembre 2017. Référence : CS/13012.

[3] Le Royaume-Uni et les États-Unis ont déjà fait rédiger l’acte d’accusation du Myanmar, avant même les événements actuels : Countdown to Annihilation : Genocide in Myanmar, Penny Green, Thomas MacManus & Alicia de La Cour Venning, Queen Mary University of London, 2016. Persecution of the Rohingya Muslims ; Is Genocide Occurring in Myanmar’s Rakhine State ; a Legal Analysis, Allard Lowenstein, Yale University, 2016.

[4] « Birmanie : la sollicitude intéressée des États-Unis », par Thierry Meyssan, Abiad & Aswad (Syrie), Réseau Voltaire, 5 novembre 2007.

[5The Burma Spring : Aung San Suu Kyi and the New Struggle for the Soul of a Nation, Rena Pederson, Foreword by Laura Bush, Pegasus, 2015.

[6Neither Saffron Nor Revolution : A Commentated and Documented Chronology of the Monks’ Demonstrations in Myanmar in 2007 and Their Background, Hans-Bernd Zöllner, Humboldt-University, 2009.

[7Burma/Myanmar : What Everyone Needs to Know, David Steinberg, Oxford University Press, 2013.

[8] Pour être plus précis, il y a eu des immigrés bengalis en Birmanie avant la domination britannique, mais l’immense majorité des Rohingyas descend des travailleurs déplacés par les colons. NdA.

[9] “Myanmar’s Rohingya insurgency has links to Saudi, Pakistan”, Simon Lewis, Reuters, December 16, 2016.

[10] “Speech by Aung San Suu Kyi at 71st UN General Assembly”, by Aung San Suu Kyi, Voltaire Network, 21 September 2016.

[11Towards a peaceful, fair and prosperous future for the people of Rakhine, Advisory Commission on Rakhine State, August 2017.

[12] “We won’t Leave Rohingya Muslims Alone”, Presidency of the Republic of Turkey, September 1, 2017.

[13] “Rezaei urges Muslim states to defend Rohingya Muslims”, Mehr Agency, September 6, 2017.

[14] “Bangladesh offers Myanmar army aid against Rohingya rebels”, AFP, August 29, 2017.

[15] « Myanmar : le Guide critique les défenseurs des droits de l’homme », Leader.ir, 12 septembre 2017.

[16] “Iranian, Pakistani Top Military Commanders Stress Need for Ending Myanmar Muslims’ Plights”, Fars News, September 17, 2017.

[17] “Aung San Suu Kyi speech on National Reconciliation and Peace”, by Aung San Suu Kyi, Voltaire Network, 19 September 2017.

[18] « OIC Contact Group on Rohingya calls for UN Resolution on Myanmar », Organisation of Islamic Cooperation, September 19, 2017.

[19] « Le Serviteur des Deux Saintes Mosquées accorde un don de 15 millions de dollars aux réfugiés Rohingyas », Saudi Press Agency, September 19, 2017.

[20The Rohingyas : Inside Myanmar’s Hidden Genocide, Azeem Ibrahim, Hurst, 2016.

[21Comment le Djihad est arrivé en Europe, Jürgen Elsässer, préface de Jean-Pierre Chevènement, éditions Xenia, 2006.

[22] « L’UÇK, une armée kosovare sous encadrement allemand », par Thierry Meyssan, Notes d’information du Réseau Voltaire, 15 avril 1999.

 

 

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«La première guerre sur internet du monde a commencé en Catalogne», s’alarme Julian Assange

«La première guerre sur internet du monde a commencé en Catalogne», s'alarme Julian Assange 
Julian Assange sur un écran géant lors d’une conférence retransmise en direct à Barcelone, le 26 septembre

Et le trés important référendum en Catalogne se tient en ce moment même – Les tentatives de Madrid de blocage des applications facilitant la tenue du référendum en Catalogne constituent une véritable «guerre sur internet» selon Julian Assange, qui a lancé un appel appuyé afin de lutter contre ces mesures.

Julian Assange, le célèbre fondateur du site Wikileaks, s’est invité à sa manière dans la campagne du référendum sur l’indépendance de la Catalogne, qui doit se tenir le 1er octobre malgré son interdiction par la justice espagnole. Impitoyable défenseur de la liberté d’expression, le lanceur d’alerte s’est insurgé contre les mesures prises par Madrid pour tenter d’empêcher la tenue du scrutin, ciblant particulièrement les mesures de censure dans le domaines des télécommunications.

«La première guerre sur internet du monde a commencé en Catalogne», a écrit Julian Assange sur Twitter, le 30 septembre. «Les habitants et le gouvernement [de la région de Catalogne] utilisent internet pour organiser le référendum d’indépendance de dimanche [1er octobre], tandis que les services espagnols de renseignement gèlent les télécommunications et se livrent à la censure de centaines de sites, de protocoles, etc…», a détaillé le célèbre lanceur d’alerte.

S’appuyant notamment sur des informations relayées par le journal catalan El Nacional le 29 septembre, Julian Assange a dénoncé l’intrusion de la garde civile espagnole dans un bâtiment de télécommunications de Barcelone, qui visait à bloquer 29 applications que le gouvernement catalan comptait utiliser pour organiser le vote et compter les voix.

J’appelle tous nos soutiens et les informaticiens à révéler les méthodes de censure de la garde civile et des services de renseignement espagnols

Une mesure qui a révolté le lanceur d’alerte et contre laquelle il souhaite faire naître une mobilisation internationale : «J’appelle tous nos soutiens et les informaticiens où qu’ils soient, à nous aider à révéler, puis à contourner les méthodes de censure de la garde civile et des services de renseignement espagnols.»

Madrid, qui n’a pas autorisé le scrutin, cherche par tous les moyens à empêcher son organisation. La justice espagnole a notamment demandé au géant américain Google de désactiver une application expliquant comment et où se rendre pour voter. (source)

 
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Publié par le 1 octobre 2017 dans général, International, Politique

 

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Corée du Nord – la Chine craint qu’un conflit n’éclate « à tout moment » : Une guerre thermonucléaire « pourrait éclater à tout moment »

Un soldat nord-coréen utilise ses jumelles pour observer de l'autre côté de la rivière Yalu, près de Sinuiju, en face de la ville frontalière chinoise de Dandong.

Le ministre des affaires étrangères chinois a prévenu les Etats-Unis, vendredi, des conséquences d’une guerre avec son allié coréen. La Russie, « très inquiète » du regain de tensions, appelle à la « retenue ».

 Konstantin Kosachev, le chef de la commission des affaires étrangères à la Chambre haute du parlement russe, a annoncé vendredi « la chose la plus alarmante au sujet de l’actuelle administration américaine est que vous ne pouvez pas savoir avec certitude si elle est en train de bluffer ou si elle va vraiment mettre en œuvre ses menaces. « 

« L’ Amérique pose objectivement une plus grande menace pour la paix que la Corée du Nord … le monde entier a peur et ne sais pas si elle va frapper ou non ...« 

Comme Bloomberg le rapporte, la Chine a averti qu’une guerre sur la péninsule coréenne aurait des conséquences dévastatrices : « on a le sentiment qu’une guerre pourrait éclater à tout moment. »

Corée du Nord – la Chine craint qu’un conflit n’éclate « à tout moment » : Une guerre thermonucléaire « pourrait éclater à tout moment »

L’armée de Pyongyang a durci le ton vendredi face à Washington, promettant une « réponse sans pitié » à toute provocation, alors qu’un porte-avions américain faisait route vers la péninsule coréenne.

Dans une déclaration publiée par KCNA, l’agence de presse officielle de la Corée du Nord, soupçonnée de vouloir mener ce week-end un essai nucléaire, l’armée assure que les bases américaines en Corée du Sud, « tout comme les quartiers généraux du Mal » tels que la présidence sud-coréenne à Séoul seraient « pulvérisés en quelques minutes » en cas de guerre.

Le vice-président américain Mike Pence doit justement se rendre ce week-end en visite officielle en Corée du Sud.

La Chine a averti de son côté qu’un « conflit peut éclater à tout moment ». « Le dialogue est la seule issue », a martelé le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi lors d’un point de presse à Pékin en compagnie de son homologue français Jean-Marc Ayrault.

Se disant « très inquiète », la Russie a appelé toutes les parties à la « retenue » et mis en garde contre « toute action qui pourrait être interprétée comme une provocation ».

Donald Trump a promis jeudi que le « problème » nord-coréen serait « traité ». Il avait annoncé auparavant l’envoi vers la péninsule coréenne du porte-avions Carl Vinson, escorté par trois navires lance-missiles, puis évoqué une « armada » comprenant des sous-marins.

Un tel porte-avions transporte en général 70 à 80 avions ou hélicoptères, dont une cinquantaine d’avions de combat.

La Corée du Nord a promis de répondre à l’envoi « insensé » de ce groupe aéronaval, se disant prête pour la « guerre ».

Selon de nombreux observateurs, la Corée du Nord pourrait, à l’occasion du 105e anniversaire de la naissance de Kim Il-Sung, premier dirigeant du pays, procéder samedi à un nouveau tir de missile balistique ou même à son sixième essai nucléaire, tous deux interdits par la communauté internationale.

« Pas de vainqueur »

Une semaine après avoir frappé la Syrie, les États-Unis ont utilisé jeudi en Afghanistan la plus puissante bombe américaine non-nucléaire jamais larguée. Cet engin, d’une puissance comparable à 11 tonnes de TNT, a tué au moins 36 membres du groupe djihadiste État islamique (EI), selon le gouvernement afghan.

Le largage de cette bombe, qui intervient au moment où les tensions sont exacerbées avec Pyongyang, est largement interprété comme un signal adressé à la Corée du Nord.

Malgré les menaces, le régime stalinien reste déterminé à ne pas abandonner son programme nucléaire.

Une guerre thermonucléaire « pourrait éclater à tout moment » et « menacer la paix et la sécurité mondiales », avait averti jeudi un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, cité par l’agence de presse officielle KCNA.

« Le vainqueur ne sera pas celui qui tient les propos les plus durs ou qui montre le plus ses muscles », a réagi vendredi Wang Yi, sans citer explicitement les initiatives américaines. « Si une guerre a lieu, le résultat sera une situation dont personne ne sortira vainqueur ».

La Chine est considérée comme le plus proche allié de la Corée du Nord, mais s’oppose fermement au programme nucléaire à visée militaire du régime de Kim Jong-Un. Elle plaide pour une solution négociée et appelle régulièrement les États-Unis à la retenue dans ce dossier.

Quelle solution ?

« Les options militaires sont déjà en train d’être étudiées » sur la Corée du Nord, a cependant déclaré vendredi un conseiller en politique étrangère de la Maison-Blanche, sous couvert d’anonymat, ajoutant s’attendre à ce que Pyongyang procède à un nouveau test, soit de missile balistique soit nucléaire.

« Avec ce régime, la question n’est pas de savoir si [cela va arriver] mais juste de savoir quand », a-t-il ajouté.

En cas d’essai ou de tir, « Pékin réagira fermement », a averti cette semaine le journal chinois Global Times, réputé proche du pouvoir. Le quotidien estime que la Chine pourrait soutenir de nouvelles sanctions de l’ONU allant jusqu’à des restrictions aux importations pétrolières de Pyongyang.

Pékin plaide depuis plusieurs semaines pour une solution dite « suspension contre suspension » : Pyongyang doit interrompre ses activités nucléaires et balistiques, et Washington ses exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud, des manœuvres annuelles considérées par le Nord comme une provocation.

Les États-Unis rejettent le plan chinois. Mais la Chine juge qu’il s’agit de « la seule option réalisable » et met Washington au défi d’avancer « une meilleure proposition ».

Un éditorial du Global Times a laissé entrevoir jeudi une solution inédite, en appelant Pyongyang à « abandonner son programme nucléaire » en échange de la protection de Pékin.

« La Chine a la capacité de lui apporter une garantie sécuritaire » si elle renonçait à ses armes atomiques, assure le quotidien. Une suggestion faite aussi par une source diplomatique française.

Quoi qu’il en soit, les vols de la compagnie aérienne publique Air China entre Pékin et Pyongyang seront suspendus à partir de lundi, a annoncé vendredi la chaîne d’État chinoise CCTV.

 

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Les atlantistes repartent à l’attaque en Syrie

Les atlantistes repartent à l’attaque en Syrie

Et c’est reparti pour un tour. Sonnés par la reprise d’Alep en décembre dernier, les atlantistes n’avaient plus trop le cœur à l’ouvrage pour soutenir encore leurs «coupeurs de tête modérés» en Syrie. L’arrivée d’un Trump annoncé comme mieux disposé à l’égard de Moscou avait aussi ajouté à la torpeur générale. Les pourparlers d’Astana avançaient péniblement mais avançaient. Londres, Paris et l’Etat profond US croyaient de moins en moins à leur chance de pouvoir rallumer efficacement l’incendie syrien. On commençait même à balbutier au plus haut niveau que le «départ de Assad n’était plus une priorité» (1).

Et puis patatras! Voilà que la divine surprise survient quelques jours après ces déclarations. Une attaque chimique, une vraie, dans toute son horreur, avec ses gosses qui étouffent la bave aux lèvres en plein «prime time». La totale !   Le coup de fouet magique ! Et soudain l’espoir de renverser la table par une énième flambée d’hystérie atlantiste concertée, c’est-à-dire surtout un énième foutage de gueule d’ampleur cosmique.

False flag ou frappe ciblée

Bon, tirons la chasse sur cette fable abracadabrantesque avec une simple question: alors que Damas et Moscou gagnent sur absolument tous les fronts en Syrie depuis des mois, qui peut croire une seule seconde que Bachar al-Assad aurait été assez débile pour ordonner une attaque chimique? En fait personne. Tout le reste, c’est de l’enfumage-Système.

Alors oui, peut-être, sans doute, qu’il y a eu dispersion de produits chimiques à Khan Cheikhoun, même s’il faut garder à l’esprit que la principale source d’info de cette affaire est comme toujours la même: l’Observatoire syrien des droits de l’homme, qui se résume à une officine basé à Londres, liée au MI6 et pilotée par… un seul type. S’agissant de l’attaque proprement dite, les seuls scénarios possibles sont donc: soit un false flag organisé par les «coupeurs de tête modérés» sur le modèle de ce qu’ils ont déjà fait dans la banlieue de Damas en 2013 (2); soit il s’agit comme l’affirment les Russes du bombardement d’un dépôt d’armes chimiques de ces mêmes «coupeurs de tête modérés».

Dans le premier scénario, nous incluons évidemment la variante d’une opération infiltrée des barbouzes occidentaux ou alliés.
Avec le scénario 2, on notera que cela apporte une nouvelle preuve tragiquement irréfutable que les rebelles détiennent encore des armes chimiques, et que ce sont d’ailleurs sûrement les seuls désormais en Syrie (3).

Opération à double-détente

L’affaire a évidemment mobilisé l’entier des moyens de pression atlantistes, de l’intégralité des merdias-Système à la saisine du Conseil de sécurité.

Et il fallait les voir, ces ambassadeurs britanniques, français ou américains, accuser Bachar al-Assad et la Russie devant le Conseil de Sécurité sans le moindre début de preuve; en appeler à l’humanité, brandissant certes de véritables photos d’enfants asphyxiés mais avec la même volonté de tromper qu’en 1990, lorsqu’ils brandissaient la fable mensongère des couveuses prétendument renversées par les troupes de Saddam au Koweït (4); comme en 2003 lorsque Powel agitait sa petite fiole de talc en assurant que Saddam, encore lui, disposait du pire arsenal chimique de la planète; comme en 2011, lorsqu’ils brandissaient une autre fable de bombardements aériens massifs de Khadafi sur son peuple. En fait un ramassis de menteurs, de tricheurs et de manipulateurs osant simuler la vertu alors qu’ils suintaient de tous leurs pores le sang et la mort des boucheries qu’ils téléguident au Moyen-Orient depuis 25 ans.

C’est que potentiellement les avantages sont énormes.
L’instrumentalisaton obscène de cette affaire monstrueuse vise bien sûr à briser l’élan victorieux de Damas, Moscou et de leurs alliés libanais et iraniens sur le terrain en Syrie.
Il s’agit aussi de tout faire pour contraindre Moscou à abandonner ou réduire son soutien à Damas.
Il s’agit encore de justifier un réarmement massif des «coupeurs de tête modérés» pour relancer la guerre sur tous les fronts.
Et puis, pour l’Etat profond US, en guerre ouverte contre l’administration Trump, il s’agit enfin de forcer le Président à lâcher le morceau et à rejoindre enfin le camp des bellicistes russophobes.

1 Syrie : le départ d’Assad n’est «plus une priorité» pour Washington

2 Attaque chimique en Syrie : le rapport qui dérange

3 Accusé à tort? Damas ne possède plus d’armes chimiques depuis 2014

4 Affaire des couveuses au Koweït

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