RSS

Archives de Tag: européenne

Glyphosate et cancer : des études clés ont été sous-estimées par l’expertise européenne

Glyphosate et cancer : un toxicologue américain relance le débat

Dans une lettre adressée le 28 mai au président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, le toxicologue américain Christopher Portier dénonce l’évaluation scientifique d’études, menée par l’Agence de sécurité alimentaire européenne (Efsa) et l’Agence européenne des produits chimiques (Echa), qui sous-estimeraient le lien entre plusieurs cas de cancer et la substance herbicide glyphosate. Ces agences d’expertise « ont échoué à identifier tous les cas statistiquement significatifs d’augmentation d’incidence de cancers, dans les études de cancérogénicité chronique menées sur les rongeurs », a indiqué M. Portier dans sa lettre.

Quand on sait que les travaux de ces agences se sont appuyés sur des études parrainées par Monsanto pour leur évaluation de la sécurité du glyphosate, on ne peut pas ne pas s’interroger ! 

Eric Andrieu et Marc Tarabella, eurodéputés

Le glyphosate, substance active controversée notamment du Roundup de Monsanto, est la plus utilisée dans le monde. Le 16 mai dernier, la Commission européenne a proposé de réautoriser sa mise sur le marché pour dix ans dans l’UE, après le feu vert de l’Echa. L’agence a en effet jugé, le 15 mars dernier, que les connaissances scientifiques disponibles ne permettaient pas de classer le glyphosate comme substance cancérogène, mutagène ou toxique pour la reproduction (CMR). « Il est improbable que le glyphosate présente un danger cancérogène pour l’Homme« , avait également assuré l’Efsa en novembre 2015. Les agences ont publié leur avis après que le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) a pourtant classé, en mars 2015, cette substance comme probablement cancérogène pour l’Homme. Selon le Circ, des « preuves convaincantes » avaient montré que le glyphosate peut causer le cancer chez les animaux de laboratoire. Le glyphosate serait aussi à l’origine de lésion sur le matériel génétique de cellules humaines.

Huit cas cancérigènes répertoriés

M. Portier a précisé, au journal Le Monde, avoir passé en revue les données brutes d’une quinzaine d’études industrielles menées sur des rongeurs transmises aux agences. Dans sa lettre, l’expert international indique avoir « trouvé huit cas de hausses significatives de la fréquence de tumeurs qui n’apparaissent dans aucune des publications ou des évaluations officielles présentées par l’Efsa et l’Echa. (…) Certaines de ces tumeurs étaient également présentes dans plusieurs autres travaux, renforçant la cohérence des résultats entre études ». Selon M. Portier, il s’agit de tumeurs au niveau du poumon des rongeurs, de la thyroïde, des tissus mous, du rein, du foie, de la peau et des glandes mammaires.

M. Portier a été sollicité par des députés européens pour mener une réanalyse de ces données. Les eurodéputés socialistes, démocrates et écologistes ont dénoncé le renouvellement de l’autorisation du glyphosate proposé par la Commission. Les eurodéputés socialistes français Eric Andrieu et belge Marc Tarabella ont soutenu cette lettre de M. Portier. « Quand on sait que les travaux de ces agences se sont appuyés sur des études parrainées par Monsanto pour leur évaluation de la sécurité du glyphosate, on ne peut pas ne pas s’interroger ! », estiment les deux députés. Ils réclament de nouveau plus de transparence et la mise à disposition publique des études scientifiques. M. Portier a appelé M. Juncker à « s’abstenir de prendre toute décision sur le glyphosate » jusqu’à ce que les nouveaux éléments mis au jour soient inclus dans l’évaluation européenne. « Cela nous conforte dans l’idée qu’il faille prôner le principe de précaution : tant que nous ne sommes pas sûrs que le produit soit inoffensif, on ne peut donner l’autorisation de l’utiliser : les citoyens ne sont pas des cobayes ! », a ajouté le député Marc Tarabella.

Les Etats membres devraient se prononcer d’ici peu sur sa réautorisation pour 10 ans. La Commission a rappelé que chaque Etat membre gardait le droit d’autoriser ou non l’utilisation de pesticides à base de glyphosate sur son territoire. (source)

 

Étiquettes : , , , , , , , ,

L’élection présidentielle française au cœur d’une opération européenne de reprise en main de l’information

La voix de la France dans le monde semblait avoir disparu depuis 2007 au moins, bien loin de l’éclat de la diplomatie française en 2003 quand le pays s’opposait à la guerre en Irak. Et pourtant, au moment où l’on pensait l’influence de ce pays définitivement enterrée, l’élection présidentielle française de 2017 provoque une attention internationale rarement égalée, signe que l’insignifiante France n’est peut-être finalement pas si insignifiante que cela quand elle risque d’élire une présidente d’extrême droite au cœur de l’Europe.

Mais le verdict est tombé et le monde respire1 : bien que la France soit le pays occidental à avoir le plus souffert du terrorisme ces dernières années, les Français ont résisté aux sirènes de la xénophobie et du repli, rejetant à plus de 65% la candidate d’extrême-droite, Marine Le Pen. C’est ainsi qu’un pur technocrate, Emmanuel Macron, se retrouve président. Comment en est-il arrivé là ? Quelle est la signification de ce résultat ? Quelles seront les conséquences pour l’Europe ?

Dans cet article, notre équipe établit un constat très amer sur les rouages qui ont porté au pouvoir Emmanuel Macron, mais s’autorise un optimisme (prudent) sur le potentiel de sortie de crise qu’il est permis d’entrevoir compte tenu précisément des forces qui ont concouru à cette élection.
Pour ce communiqué public, nous avons choisi de partager la partie optimiste de cet article.

L’homme compatible

La campagne présidentielle française 2017 a connu un moment véritablement historique : le débat télévisé qui a opposé Marine Le Pen à Emmanuel Macron, un débat qui a révélé deux choses : la vacuité du programme de l’une et la très inattendue densité du personnage (et du programme) de l’autre. Notre équipe anticipe que Marine Le Pen ne se remettra pas de ce débat, ni probablement son parti, le Front National. Le départ de la nièce de la famille Le Pen est d’ailleurs une première confirmation de cette anticipation. Ceci n’est d’ailleurs pas forcément une bonne nouvelle car la voie va se libérer pour la création d’un nouveau parti d’extrême-droite, plus moderne et efficace…

Mais dans ce débat, il n’y a pas que Marine Le Pen qui a été mauvaise, il y a Emmanuel Macron qui a été excellent et à qui l’on doit directement l’éviction de la candidate au deuxième tour, réussissant à convaincre tout un tas d’abstentionnistes d’aller finalement voter pour lui… pour une bonne raison cette fois et non dans le cadre d’une manipulation de communication.

L’immense soulagement des Français d’avoir évité Le Pen, combiné à une bonne dose de morale médiatique et à l’effet nouveauté, permet au nouveau président d’espérer un début de mandat « relativement » tranquille (contrairement à ce que nous écrivions il y a un mois – avec assez peu de conviction il faut bien dire). En tous cas, il ne devrait pas faire l’objet du lynchage médiatique qu’a subi Hollande dès les premiers jours de son quinquennat… et les bonnes nouvelles économiques qui continueront de pleuvoir devraient calmer les plus récalcitrants.
Le fait que son programme s’inscrive dans la continuité permet d’éviter à M. Macron la défiance des marchés, généralement accompagnée d’une fuite des capitaux, d’une chute des bourses, d’une hausse des taux d’intérêt, etc. Bien au contraire, son passé de banquier (qui par ailleurs en exaspère plus d’un) et son côté pro-business assumé lui assurent une bienveillance utile quand rôde toujours le spectre de la crise financière de 2008. Compatible avec les marchés, donc, sans aucun doute.

Figure 1 – Taux des obligations françaises à maturité 10 ans, mai 2016-mai 2017. Source : Boursorama.

Compatible avec l’Europe aussi, plus que jamais : Européen convaincu, il ne cache pas sa volonté de renforcer la construction européenne. « Une France forte (et ouverte) dans une Europe qui protège2 » : s’il parvient à tenir cette promesse, ce serait le retour d’une France influente et constructive en Europe, ce qui ne déplairait pas à de nombreux pays cherchant un contrepoids à l’Allemagne (Allemagne incluse comme nous le disons souvent : aucun pays, mais surtout pas l’Allemagne, n’a la capacité/légitimité de diriger l’UE ou la zone euro seul, et elle le sait). Par ailleurs, il n’est pas représentatif de la gauche française qui déplait tant aux autres Européens : au contraire, son programme est en accord avec la «gauche » des autres pays de l’UE (c’est-à-dire sociaux-libéraux), avec une acceptation claire de la mondialisation et du libéralisme. Il arrive en outre avec une image d’homme brillant, un homme de compromis qui emporte facilement l’adhésion (sa campagne fulgurante semble le prouver aux yeux du monde), ce qui est nécessaire pour le bon fonctionnement des institutions du continent.

Compatible avec l’Allemagne, enfin. Mme Merkel l’a soutenu pendant la campagne3 , et même l’intransigeant M. Schäuble, actuel ministre des Finances allemand, souhaite travailler avec lui sur un projet de parlement de la zone euro4 . Si le SPD emporte les élections allemandes de septembre, et bien que le candidat Schultz ait apporté son soutien à M. Hamon5 (courtoisie entre partis socialistes oblige), M. Macron est là encore compatible, soutenu notamment par l’ancien président du SPD, vice-chancelier et ministre de l’Économie allemand, M. Gabriel6 (ils ont d’ailleurs écrit une tribune commune sur l’Europe dans le Guardian7 en 2015). En deux mots, quel que soit le résultat de l’élection allemande, M. Macron travaillera volontiers avec l’Allemagne, ce qui ne plaira certes pas à tout le monde, mais ce qui a l’avantage de créer le potentiel de réforme de la zone euro tant attendue.

Il promet également de réduire le déficit public français (tout en baissant les impôts…), ce pour quoi il obtiendra vraisemblablement l’aval de l’Assemblée Nationale que notre équipe voit mal majoritairement à gauche. S’il réussit, cela devrait lui donner une certaine crédibilité en Europe et particulièrement en Allemagne.

Les questions concernant sa capacité ou non à se créer une majorité au Parlement français sont, d’après notre équipe, moins importantes que suggéré par l’attention portée par les médias à ce sujet : d’une part, dans la « démocratie » que nous avons décrite au début de cet article, les médias-faiseurs-d’opinion ont plus d’importance que les parlements suiveurs-d’opinion et c’est donc bien du contrôle des premiers que viendra le pouvoir réel de Macron à mettre en œuvre son programme; et, d’autre part, les résultats obtenus par les deux grands partis (PS et LR) à la présidentielle sont propices à une cascade de ralliements directs ou indirects au mouvement d’Emmanuel Macron. Nous avons parlé plus haut d’une crise majeure au FN, il fait aussi mentionner la crise majeure que les partis de pouvoir français commencent à traverser depuis le 7 juin.

De fait, la seule véritable opposition avec laquelle Macron va devoir compter, c’est la gauche radicale de Mélenchon et sa base ultra-militante, mais cette opposition sera davantage dans la rue qu’à l’Assemblée Nationale.

Conséquences pour l’euro et l’Europe

Si Mme Merkel reste au pouvoir, on peut douter que le président français obtienne gain de cause sur sa volonté de redistribution des richesses au sein de la zone euro8. De même, avec M. Macron s’éloignent les perspectives d’une réforme de l’euro telle que nous la décrivions le mois dernier. En réalité, la question est moins le contenu de la réforme que la volonté politique requise pour la mettre en oeuvre. « Tout est politique » comme le disaient les manifestants de mai 68. Et le fait est qu’une force politique, ancrée dans un appareil économico-médiatique supra-national, qui parvient à prendre les rênes laissés libres de la zone euro, est la condition sine qua non pour que la zone euro se remette à fonctionner… d’une manière ou d’une autre.
En ce qui concerne la valeur de l’euro, les bonnes nouvelles économiques de la zone euro, la probable création d’un parlement de la zone euro, ainsi que l’enthousiasme des marchés,… la maintiendront à un bon niveau, seulement affaiblie par le QE de la BCE tant que celui-ci durera.

Or les chances d’arriver à sortir du cercle infernal des QE augmentent considérablement avec l’arrivée d’un leader « eurosystème-compatible » dans le jeu. Notre équipe pense que le nouveau président, ancien banquier et ancien ministre de l’Économie, mesure bien les dangers du quantitative easing de la BCE et poussera pour un « QE fiscal » profitant à l’économie réelle, ce que M. Draghi lui-même promeut comme nous l’avons déjà expliqué.

Figure 2 – Cours de l’euro en dollar, mai 2016-mai 2017. Source : Yahoo.

Par ailleurs, l’élection de M. Macron, avec son libéralisme, redonne de l’attractivité à la place financière de Paris qui, en réseau avec les autres bourses de la zone euro (et notamment Francfort), pourrait récupérer une bonne part du transfert vers le continent de l’activité financière de la City post-Brexit, en particulier pour les transactions en euro qu’il est évidemment plus que légitime de rapatrier en zone euro910

Mais en réalité, le vrai point positif pour l’Europe est le retour à un dialogue constructif avec la France que permet le président qui se présente comme un homme « sans idéologie ». Selon notre équipe, avec la reprise en main médiatique européenne dont nous parlions plus haut et un changement perceptible de mentalité après les défaites de M. Wilders et Mme Le Pen, les agendas portés par M. Macron de démocratisation de l’Europe et d’Europe de la défense11 pourront enfin avancer, malgré les difficultés de ces débats12.

Des dangers à surveiller

On le voit, le résultat de l’élection française ouvre la porte à la résolution de nombreux problèmes européens et à un début de sortie de crise. Néanmoins, le début de cet article le montre assez : de grands dangers subsistent, et notamment la collusion avec les médias qui risque d’amplifier les bonnes nouvelles et de minimiser celles pouvant faire ombrage au nouveau dirigeant, mais aussi d’aider à faire passer discrètement des mesures impopulaires cachées derrière un flot de nouvelles triomphalistes…

Aux citoyens d’être vigilants ! C’est d’autant plus inquiétant avec un président ouvertement internationaliste, favorable aux traités de libre-échange comme le CETA et le TTIP, qui n’hésitera pas à vendre en catimini aux États-Unis ou à la Chine les fleurons européens par exemple13… La bonne nouvelle, c’est que le président des États-Unis n’est plus fréquentable. Avec M. Obama ou Mme Clinton au pouvoir, il aurait vraiment fallu s’inquiéter ; avec M. Trump, les velléités atlantistes de M. Macron sont déjà largement réfrénées.

Nos chercheurs du LEAP seront particulièrement attentifs à établir si Emmanuel Macron va en effet mettre en place une gouvernance certes efficace mais de fait non démocratique de la France/zone euro/UE, gouvernance qui reflèterait une idée assez répandue désormais dans les technocraties d’ici et d’ailleurs, selon laquelle le niveau de complexité du monde d’aujourd’hui exclut les peuples de tout espoir de compréhension et qu’il faut donc s’en préserver pour la bonne gestion des affaires (en inventant ce concept de « populisme » qui sert de plus en plus à éliminer de la vie publique l’extrémisme, la politique, les peuples et le débat tout à la fois) ; ou bien si, dans le cadre de son agenda, Emmanuel Macron va réellement contribuer à connecter les citoyens européens aux institutions communes via un système de validation démocratique des grandes orientations à donner au continent. Un certain optimisme est de mise compte tenu de ses déclarations concernant le besoin de « retisser les liens entre Europe et citoyens »14 ; mais s’agira-t-il d’œuvrer à recréer une citoyenneté européenne dite de la « claque » (formée à applaudir) ou bien à inventer une citoyenneté européenne impliquée dans les grands processus décisionnels ? Son soutien ou non à des actions de démocratisation européenne sera un indicateur que LEAP, compte tenu de ses actions dans ce domaine15, n’aura pas de mal à constater et partagera avec les lecteurs de sa lettre confidentielle.

Il faudra enfin surveiller les relations qu’il souhaite entretenir avec la Russie de M. Poutine, avec qui il a promis de discuter, et avec la Chine, l’OCS et les BRICS, pour savoir si le nouveau président français veut réellement contribuer à positionner la France et l’Europe dans le monde d’après. Notre équipe ne peut encore en juger…

  1. Source : « La victoire d’Emmanuel Macron vue par la presse internationale », Le Monde, 08/05/2017. []
  2. Sources : Twitter @EmmanuelMacron (03/05/2017) ; France24 (03/05/2017). []
  3. Sources : Bloomberg (28/04/2017) ; Deutsche Welle (03/05/2017). []
  4. Source : Reuters, 11/05/2017. []
  5. Source : EUObserver, 29/03/2017. []
  6. Source : EUObserver, 20/03/2017. []
  7. Source : Guardian, 03/06/2015. []
  8. Source : La Tribune, 02/03/2017. []
  9. C’est la raison pour laquelle le Financial Times titrait : « Macron and Schulz would be bad news for May ». Source : Financial Times, 13/02/2017. []
  10. Nous estimons d’ailleurs que ce projet de transformer Paris en place financière majeure de la zone euro est probablement celui qui a fait converger la classe financiaro-économique française autour de la candidature du poulain commun Emmanuel Macron. []
  11. Le Brexit pourrait bien simplifier les choses ici aussi… []
  12. Lire par exemple « Where might Macron clash with Europe? », EUObserver, 09/05/2017. []
  13. Ce ne serait pas le premier, cela dit… Dernier épisode en date d’incroyable trahison, passé relativement inaperçu (!) : « Les renseignements français cèdent à l’américain Palantir la surveillance du web ». Source : L’Express, 09/12/2016. []
  14. Source : La Dépêche, 07/05/2017 []
  15. LEAP inspire et participe au lancement d’un Processus Citoyen de Démocratisation de l’UE les 1-2 juillet à Louvain-la Neuve auquel les lecteurs du GEAB sont bien évidemment conviés à participer. Source : Association des Amis de Franck Biancheri []

Source : GEAB Mai 2017, pour le Laboratoire Européen d’Anticipation Politique, Mai 2017.

 
1 commentaire

Publié par le 26 mai 2017 dans économie, général, International, Politique

 

Étiquettes : , , , , , , ,

Malgré l’arrogance et le chantage, la désintégration européenne est… en marche

Malgré l’arrogance et le chantage, la désintégration européenne est… en marche

Election présidentielle : Emmanuel Macron espère bien rire le dernier

Le premier tour des présidentielles a à nouveau ébranlé l’Union européenne. Les dirigeants de celle-ci entendent expliquer aux Français quel est désormais le « bon choix », relève Pierre Lévy, rédacteur en chef du site http://www.ruptures-presse.fr

L’image était terrible. Lors de la soirée électorale du 23 avril, les caméras de France 2 (notamment) ont diffusé pendant d’interminables minutes la traversée de Paris du cortège d’Emmanuel Macron : une flopée de motards, une dizaine de véhicules toutes sirènes hurlantes et gyrophares en bataille. Même le commentateur en direct s’est étonné de ce convoi brûlant tous les feux rouges. Comme une hallucinante caricature de la continuité, et d’arrogance digne de l’Ancien Régime.

Et comme un symbole subliminal d’une évidence : le «système» a déjà installé son candidat au pouvoir. Le système, c’est-à-dire l’appareil économico-politico-médiatique qui entend assurer la domination de l’oligarchie mondialisée via ses représentants nationaux. L’ancien énarque et banquier de chez Rothschild incarne celle-ci jusqu’à l’outrance. Sur la forme d’abord, au vu de son lancement marketing et médiatique littéralement sans précédent. Et sur le fond, bien sûr, tant ses thèmes de prédilection collent étroitement aux priorités des «élites mondialisées».

A commencer par l’Europe, bien sûr. Concluant l’un des débats de la soirée de France 2, Laurence Parisot – l’ancienne présidente du patronat a fait de l’anti-lepénisme l’affaire de sa vie – a jugé que le plus grand mérite de M. Macron était de vouloir «refonder le plus beau projet qui soit, le projet européen». Au même moment, les messages affluaient pour saluer la victoire annoncée du jeune banquier : du président de la Commission européenne, du porte-parole de la chancelière allemande et du ministre fédéral des Affaires étrangères, de la chef de la diplomatie européenne, de Michel Barnier (responsable pour Bruxelles des négociations sur le Brexit), et de tant d’autres… Tous ont indiqué au peuple français quel serait le «bon choix» pour le second tour.

La carte des votes cumulés Le Pen-Mélenchon recoupe de manière flagrante celle des Non du référendum de 2005

Un bon choix, ou à tout le moins un choix par défaut en faveur duquel s’est prononcée la quasi totalité de la classe politique française. Emmanuel Macron a engrangé des appels allant de Benoît Hamon à François Fillon, de Pierre Laurent à Christian Estrosi. Tous se sont retrouvés pour «faire barrage à Marine Le Pen», qui représenterait «la haine, le racisme, la xénophobie et le danger mettant en péril la République», laissant entrevoir les hordes de chemises brunes en passe de déferler sur le pays… Surtout – car ce cauchemar a tout de même perdu en crédibilité – ils ont brandi la menace de la catastrophe économique qui ne manquerait pas de ruiner le pays si un référendum sur la sortie de l’euro devait être organisé.

Le Monde, quotidien de référence des forces dominantes, n’avait pas publié une seule édition, depuis février, où ne soient parus au moins deux ou trois analyses, points de vue, tribunes ou éditoriaux avertissant contre la «folie» du vote pour la candidate frontiste (les déclarations en ce sens d’Angela Merkel, de Mariano Rajoy, de Mario Draghi ou de Jean-Claude Juncker ont en outre été mises en exergue). La veille du premier tour, le directeur du journal concluait ainsi : «une candidature est incompatible, en tous points, avec nos valeurs et nos engagements : celle de Marine Le Pen». L’Europe est indispensable, précisait Jérôme Fenoglio, car «plus rien n’est désormais possible dans un seul pays». Tout est dit.

Après le 29 mai 2005 puis le 23 juin 2016, la désintégration de l’UE est quoi qu’il arrive enclenchée

Certes, la montée de Jean-Luc Mélenchon dans la dernière ligne droite lui a également valu quelques missiles dénonçant le «populisme anti-européen» ; mais les tirs se sont calmés quand, dans la dernière semaine, l’«Insoumis» a rassuré en précisant qu’il n’entendait pas «sortir de l’Europe».

Reste que le fait est là : la carte des votes cumulés Le Pen-Mélenchon recoupe de manière flagrante celle des Non du référendum de 2005. C’est une nouvelle fois un fossé de classe, social et idéologique qui apparaît : d’un côté une caste qui a intérêt à la mondialisation, et qui réussit à rallier les couches moyennes supérieures, «urbaines et éduquées» ; de l’autre, une France populaire, ouvrière ou rurale, qui constitue la chair à canon de la liberté de circulation des capitaux.

Comme hier au Royaume-Uni. Et c’est bien cette révolte populaire croissante qui inquiète les puissants. Ils essayent de l’endiguer en réanimant régulièrement le spectre de l’horreur et du cataclysme. Du plus ou moins grand succès que ce énième chantage à la peur aura le 7 mai dépendra le plus ou moins long répit que l’intégration européenne pourra gagner. C’est tout l’enjeu du second tour.

Mais, après le 29 mai 2005 puis le 23 juin 2016, la désintégration de l’UE est quoi qu’il arrive enclenchée. Elle est en marche.

Source

 
Poster un commentaire

Publié par le 25 avril 2017 dans général, International, Politique

 

Étiquettes : , , , , , ,

La Bundesbank appelle à la fin du rachat de dette publique

​La Bundesbank veut siffler la fin de la stratégie par laquelle la BCE a sauvé l’économie européenne et tout le monde s’en moque dans la campagne électorale française

La Bundesbank appelle à la fin du rachat de dette publique :

Le président de la Bundesbank Jens Weidmann a de nouveau appelé à une sortie prochaine des rachats de dette publique par la Banque Centrale Européenne, plus de deux ans après le lancement de cette mesure controversée pour soutenir l’inflation. « Le moment se rapproche, de mon point de vue, de ne plus appuyer sur la pédale d’accélérateur mais de lever le pied » en matière de politique monétaire expansionniste, déclare M. Weidmann dans une interview à l’hebdomadaire « Die Zeit » paraissant jeudi. « Je saluerais le fait qu’il n’y ait plus du tout d’achats d’obligations d’ici un an », poursuit-il.

La Bundesbank veut siffler la fin de la stratégie par laquelle la BCE a « sauvé » l’économie européenne et tout le monde s’en moque dans la campagne électorale française

Si Mario Draghi tient bon face aux dernières attaques de la Bundesbank, il serait peut être temps que les candidats à la présidentielle française s’intéressent un peu plus aux questions économiques européennes.

Ce qui se joue dans les coulisses depuis quelques temps c’est l’avenir de la pseudo-reprise pour 2018 en Europe, et un « Game of Trones » en anticipation du moment où notre suzerain, le boomerang Mario Draghi, reviendra chez Goldman Sachs ou ailleurs (à partir d’octobre 2019). Les enjeux sont titanesques parce que les gens dont je vais parler ici traitent tous les mois d’affaires qui dépassent d’un facteur 10 la marge de manœuvre éventuelle dont disposera peut-être annuellement Macron s’il obtient une majorité (ce dont je doute) et s’il fait mine de vouloir bouger quelques lignes concrètes (ce dont je doute) au-delà d’un service-citoyen de 30 jours et 30 nuits pour les garçons et les filles.

Il y a quelques jours, sans que cela ne fasse beaucoup de bruit dans le paysage médiatique occupé à des histoires bien plus sérieuses (les justificatifs de travail de Penelope pour 1991, l’élimination de Didier dans Koh-Lanta), les banques de la zone euro ont récolté plus de 200 milliards au guichet de la BCE, à des taux négatifs, pour des durées jusqu’à 3 ans : ce qui en dit long au passage sur le non-rétablissement du marché interbancaire quasi-mort il y a bientôt 10 ans et remplacé par des intraveineuses (de la taille de pipelines) que l’on nous présente toujours comme temporaires et techniques ; ce qui en dit long aussi sur les jérémiades de certains banquiers qui se plaignent des effets des « taux trop bas » sur leur activité, confondant au passage cause et symptôme. Ce biberonnage intense, pas du tout infantilisant et pas du tout zombifiant, effectué par l’instance en charge de superviser le secteur (hum hum…) ne fait pas les gros titres, rien que le nom de code du dispositif (TLTRO2) effraie, c’est d’ailleurs un peu fait pour. Allez voter au mois de mai pendant que les choses sérieuses se déroulent sans vous !?!

Imaginez que vous votiez pour une fois en faveur d’un candidat sympathique, propre sur lui et pas trop hostile à un petit retour de la croissance en France. Vous êtes très content de vous : vous avez fait votre devoir citoyen, vous avez mis Mélenchon à la retraite et Le Pen sur la touche, c’est le bonheur dans le vivre-ensemble et les congés à peu près payés. Mais voilà, votre Président n’a jamais connu concrètement les effets d’une crise de la demande agrégée, il n’a vu cela que de loin ou il ne fait pas bien le lien avec la BCE. Il y nomme un de ses anciens camarades de l’inspection des finances ou un de ses futurs employeurs dans une banque, persuadé au fond de lui que tout cela n’a pas une si grande importance (Obama a fait grosso modo la même erreur et cela lui a coûté très cher : deux des trois activistes anti-QE3 à la FED vers 2013 avaient été nommés par un Président que l’on dit pro-relance).

Et puis, patatra : à Francfort, en 2019, par un de ces coups tordus dont les élites franco-allemandes à majorité allemandes ont le secret, ils remplacent Draghi-les-bons-tuyaux par un tonton-macoute des taux-qui-remontent, un pote louche de Weidmann, un élève d’Axel Weber (qui a bien failli récupérer le poste en 2011, vous imaginez !), un membre de la secte apocalyptique de saint Trichet des derniers jours, un autodidacte monétaire diplômé de la BRI, que sais-je. Votre beau Président tout propre qui a à peine servit se retrouve aussitôt démonétisé, japonisé et sarkoïsé : parce qu’une baisse d’impôt de 30 milliards ou des réformettes structurelles ne pèsent pas lourd en face d’un arrêt du QE de la BCE et d’une envolée artificielle de l’euro, en face d’une programmation de remontée des taux et d’un retour des spreads périphériques, en face d’une jolie correction des actions et de l’immobilier, en face de banques en panne ou qui doivent recapitaliser. Et si votre Président s’acharne, il risque le scénario Berlusconi 2011, il le sait et ils savent qu’il le sait et il sait qu’ils le savent.

Combien pariez-vous que votre Président préférera convoquer une commission pour la croissance et la solidarité et la lutte contre le CO2 (commission confiée à Bayrou, Attali ou Minc) plutôt que de ruer dans les brancards, plutôt que de suivre une stratégie du bord du gouffre ou un « chicken game » face à des gens qui ont plus de moyens et de temps que lui, et qui n’ont pas à répondre de leurs actes ?

Suite et fin

 
Poster un commentaire

Publié par le 9 avril 2017 dans économie, général, International

 

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , ,

L’aggravation de la crise bancaire européenne menace les contribuables

Il se passe tellement de choses en Europe, et si vite, qu’il est difficile de suivre en ce moment. Si l’attention est focalisée sur la scène politique, notamment les élections aux Pays-Bas, Reuters a publié un rapport avertissant que le secteur bancaire européen pourrait être exposé à un risque encore plus important sur les créances douteuses si la BCE se met à réduire son QE, un processus déjà entamé, même si très timidement.

Le stock total de prêts non-productifs dans l’Union européenne est estimé à plus d’un trillion d’euros, soit à 5,4 % des crédits en cours, un niveau trois fois supérieur à celui des autres régions majeures du monde. En creusant à l’échelle nationale, c’est encore plus effrayant. Actuellement, 10 des 28 pays de l’Union européenne ont un ratio de prêts non-productifs de plus de 10 % (soit au-dessus de ce qui est considéré comme sûr). Et parmi les pays de la zone euro, dans laquelle les politiques de la BCE ont un impact direct, voici les champions du crédit non-performant :

  • Chypre : 49 %
  • Grèce 46,6 %
  • Slovénie : 19,7 %
  • Portugal : 19,2 %
  • Italie : 16,6 %
  • Irlande : 15,8 %

Permettez-nous d’insister là-dessus : en Grèce et à Chypre, soit deux des pays de la zone euro qui ont bénéficié des plus gros plans de sauvetage, presque la moitié des crédits bancaires sont toxiques.

Il y a ensuite l’Italie, dont les 350 milliards de prêts non-performants représentent environ un tiers des créances douteuses de l’Europe en termes de montant. Les secteurs public et financier de l’Italie ont passé les 18 derniers mois à échouer spectaculairement dans leur tentative de trouver une solution à ce problème. Les deux banques pourries (« bad banks ») que sont les fonds Atlante I et Atlante II, utilisés pour débarrasser le bilan des banques de leurs actifs toxiques, sont l’équivalent d’un couteau à beurre censé parer un coup de machette. Ils sont tellement sous-financés qu’ils ont même eu du mal à maintenir à flot de petites banques régionales comme Veneto Banca et Popolare di Vicenza, qui implorent désormais l’aide de Rome implorant à son tour la clémence de Bruxelles.

Le peu de valeur qui reste aux fonds Atlante I et Atlante II ne cesse de fondre alors que la valeur des « actifs » qu’ils ont achetés, à des prix bien trop élevés (souvent à 0,40 € pour un euro de valeur initiale) poursuit sa baisse. La décision récente des deux plus grandes banques italiennes, UniCredit et Intesa Sao Paulo, de passer en perte une grande partie de leur investissement dans Atlante devrait sans aucun doute décourager le secteur privé d’injecter de l’argent frais afin de renflouer des banques plus fragiles.

Ce qui signifie que quelqu’un d’autre devra intervenir, et vite. Et ce quelqu’un, ce sera presque avec certitude le contribuable européen.

En février, le vice-président de la BCE Vitor Constancio a plaidé pour la création d’une toute nouvelle classe de banques pourries garanties par le gouvernement afin d’aider à l’achat du trillion d’euros de prêts non-performants qui putréfient sur les bilans des banques. L’idée de Constancio ressemble furieusement à la proposition antérieure faite par l’autorité bancaire européenne pour la création d’une énorme banque pourrie à l’échelle de l’Union. (…) Voici comment elle fonctionnerait, selon la présidente de l’ABE Andrea Enria :

« Les banques vendraient leurs crédits non-performants à l’entité et un prix reflétant la valeur économique réelle des crédits, qui sera probablement en dessous de la valeur de départ, mais au-dessus du prix du marché prévalant actuellement sur les marchés non liquides. Les banques éviteront donc probablement des pertes additionnelles.

Le gestionnaire de l’entité aura alors trois ans pour vendre ces actifs à des investisseurs privés. Il y aura une garantie de l’État membre de chaque banque qui transfère ces actifs à l’entité via des bons d’options sur chaque actif de la banque. Cela protégera l’entité de pertes futures si le prix de vente final de l’actif devait être en dessous du prix initial de transfert. »

L’un des gros avantages du lancement d’une banque pourrie à l’échelle de l’Union est qu’il éviterait une sorte de résistance publique qui aurait lieu au niveau national, selon Enria. Les banques italiennes pourraient continuer de vendre leurs créances pourries pour environ 0,40 € l’euro, même si leur valeur réelle, soit celle fixée par le marché, est souvent bien inférieure. La différence entre le prix du marché, lorsqu’il existe, et le prix que la banque reçoit pour ses créances pourries sera compensée par les contribuables européens.

Si le projet reçoit le feu vert, il préparera le terrain de l’une des plus grosses opérations ponctuelles de renflouement des banques européennes de l’histoire. Ce serait un plan Paulson (TARP) à l’européenne avec encore moins de garde-fous et de chances de récupérer un jour l’argent du contribuable. D’après un banquier cité par Reuters, même si l’Allemagne n’a pas encore approuvé le plan de l’ABE, l’Europe parle du développement d’un marché secondaire pour les crédits non-productifs comme étant une priorité. D’après Enria, l’ABE espère finaliser les choses « au niveau européen » au cours du printemps.

Le document inclut également des propositions pour une « restructuration du secteur bancaire » plus large alors que le souci des prêts non-productifs est traité par les États. Cela pourrait découler sur « des fusions entre les banques européennes après qu’elles se soient débarrassées de leurs prêts non-productifs », a déclaré un officiel du secteur bancaire.

Autrement dit, les contribuables européens pourraient potentiellement payer des centaines de milliards d’euros pour sauver une nouvelle fois les banques des conséquences de leurs propres actes ….

(….)

Suite et fin

 
Poster un commentaire

Publié par le 27 mars 2017 dans économie, général, International

 

Étiquettes : , , , , ,

Fin de l’Euro – Pendant que l’élite Européenne entame le « processus » à Davos, Marine Le Pen s’aligne et affine Sa « stratégie » …

Comme je l’ai précisé hier , concernant la Fin de l’Euro : Mario Draghi valide et l’élite Européenne en panique entame « le Processus » à Davos  . Pendant ce temps, de sont coté, MLP à la fois opportuniste et ambiguë, s’est vite alignée et pense aussi à l’après (et avant tout à arriver au pouvoir) . Dans les TOUS les cas – Qui que ce soit au pouvoir en France – l’Euro et l’Europe telle qu’on la connait arrive à sa fin . 

Marine Le Pen a imaginé ouvertement deux monnaies pour remplacer l’euro .

Une proposition (celle de l’euro ECU, qui est effectivement dans ses cartons) qu’elle avait déjà faite lors de la campagne présidentielle de 2012 et qu’elle a réitéré avant hier – et qui a créé une Polémique (de part l’ambiguïté volontaire de sa position) : 

Marine Le Pen présidente, les Français auraient deux monnaies, avait-elle expliqué mercredi. La candidate Front national à l’élection présidentielle souhaite mettre en place une « monnaie nationale » pour les Français au quotidien, éventuellement accompagnée par une « monnaie commune » pour les États et les grandes entreprises..

« Il est possible d’envisager pour les entreprises, ce qui a existé par le passé, qui était l’écu, une monnaie commune. C’est un peu compliqué, ça ne touche pas les 60 millions de Français, ça touche exclusivement les États ou les grandes entreprises », a-t-elle poursuivi. « Ça n’a pas été, c’est vrai, une grande réussite, mais on peut bien sûr envisager dans le cadre de cette négociation une coopération monétaire avec les pays d’Europe », a ajouté Marine Le Pen.

Le parti d’extreme droite tente de rassurer sur sa position de sortie de l’euro, majoritairement rejetée par les Français, selon les enquêtes d’opinion.  

Une monnaie commune nécessiterait l’accord des autres pays partenaires . (fondamentalement le point clef)

Elle a dans le même temps rectifié le tir tout en se réservant une marge de manœuvre en déclarant – « Il n’y aura pas deux monnaies en France »  . Elle joue sur les 2 tableaux en fait, c’est une position volontairement ambiguë – avant tout « opportuniste » :

Invitée mercredi de la matinale sur Europe 1, Marine Le Pen a réaffirmé sa volonté de sortir de la monnaie unique si elle était élue. Les ménages n’auraient plus accès à l’euro.

Marine Le Pen élue, l’euro ne circulerait plus en France, du moins pour les ménages, après la sortie du pays de la monnaie unique. C’est en tout cas ce que la présidente du Front national a indiqué, mercredi, sur Europe 1 : « Il y a aura une monnaie pour les Français, la monnaie nationale, pas deux monnaies. Pour les entreprises, il est possible d’envisager une monnaie commune qui touche exclusivement l’Etat ou les grandes entreprises. […] On peut envisager une coopération monétaire avec les pays d’Europe. »

« Dumping monétaire ». Pour Marine Le Pen, « l’euro a échoué, cette monnaie a entraîné une augmentation spectaculaire des prix et donc une baisse du pouvoir d’achat. Nous sommes victimes d’un dumping monétaire, cela fait perdre notre compétitivité. » Quant à la parité avec la monnaie unique de l’Union européenne, la présidente du Front national a indiqué qu’un nouveau franc équivaudrait à un euro.

Pour justifier son choix de quitter l’euro, la candidate FN s’est appuyé sur les « 140 économistes [qui parlent d’un échec de l’euro, NDLR], dont quatre ou cinq qui sont Prix Nobel d’économie. » Selon le FMi, cité par la candidat, ‘l’euro est sous-évalué de 6% pour l’Allemagne et sur-évalué de 15% pour la France, cela veut dire qu’il y a un différentiel de 21% de compétitivité du fait de cette monnaie unique. Cela nous tue », a insisté Marine Le Pen.

Vous l’avez bien compris , le FN s’adapte et a une position sans vraiment en avoir une (on appelle cela de la démagogie), tout ce qui compte, c’est être élu . (tout est bon pour le pouvoir)

 
1 commentaire

Publié par le 27 janvier 2017 dans économie, général, International, Politique

 

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , ,

Énorme – Fin de l’Euro : Mario Draghi valide et l’élite Européenne en panique entame « le Processus » à Davos !

Panique générale chez les euro-atlantistes

Énorme Cher Public – voilà, la fin de l’Europe telle qu’on la connait est imminente, et l’heure approche vite – Le ministre italien des Finances, Pier Carlo Padoan, s’en était déjà pris vertement à l’UE il y a quelques jours, et plus particulièrement à la monnaie unique. Il avait affirmé mercredi à Davos que le problème de l’Europe «c’est l’euro»  pointant du doigt le « populisme » .

Dans la continuité, hier Mario Draghi a admis pour la 1ère fois qu’un pays peut sortir de l’euro et il a même expliqué comment –  « Tout pays quittant la zone euro devrait solder son compte » a-t-affirmé dans une lettre à deux députés européens italiens.

Charles SANNAT Résume cet événement historique : 

C’est une déclaration assez extraordinaire de Mario Draghi et qui est totalement passée inaperçue faute évidemment de reprise dans les médias.

Pourtant, Mario Draghi, le gouverneur de la BCE, vient de dire que « tout pays qui souhaiterait quitter la zone euro devrait au préalable solder ses comptes avec le système de paiements commun, a expliqué le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, dans une lettre à deux députés européens italiens ».

« Si un pays devait quitter l’Eurosystème, ses avoirs sur ou ses dettes à la BCE devraient d’abord être réglés en totalité », a-t-il écrit.

Pour l’Italie, par exemple, un tel solde représenterait 358,6 milliards d’euros à payer sur la base des données à fin novembre du système de paiements Target 2, qui enregistre tous les flux de paiements entre les pays membres de la zone euro.

Que cela veut-il dire ?

Que pour la première fois, Draghi confirme bien la possibilité qu’un pays puisse techniquement sortir de l’euro !

Que pour la première fois, Draghi avance même des éléments techniques à une telle sortie par un pays de la monnaie unique.

C’est évidemment un changement majeur !

Préparez-vous mes amis, il est déjà trop tard et l’euro va mourir. La seule question est « comment et quand » !

Pendant ce temps,  c’est la « Guerre civile idéologique » à Davos entre les dirigeants Européens divisés et les technocrates . Perdus suite au choc de l’élection de Trump, ils se déchirent tous quant à l’avenir de l’Europe, le « processus » d’autodestruction est lancé :

Aujourd’hui à Davos, la solidarité européenne s’est transformée en une guerre civile idéologique après que le Premier ministre hollandais, Mark Rutte, a qualifié les rêves de l’Union européenne de « dangereuses fantaisies romantiques ».

rutte-vs-schulz

« L’idée même du renforcement des liens de l’Europe n’est plus, elle a disparu, » a décrété le Premier ministre hollandais, Mark Rutte, après avoir rejeté les appels à un renforcement de l’union politique, qu’il a qualifiés de dangereuses fantaisies romantiques.

« Le moyen le plus rapide de détruire l’Union européenne est de continuer d’avancer pas à pas vers une sorte de super-Etat, » a-t-il déclaré lors du Forum économique mondial.

Ses commentaires ont touché au cœur de la bataille qui se joue aujourd’hui pour le contrôle du projet européen . Martin Schulz, président (non élu) du Parlement européen qui veut garder son pouvoir à tout prix à contre-attaqué :

Mr Schulz a qualifié de profondément malavisé l’abandon du rêve d’union politique. « Qu’il s’agisse d’Angela Merkel, de Mark Rutte ou de qui que ce soit d’autre, quelqu’un devrait avoir le courage de dire que nous avons besoin de renforcer nos liens, aujourd’hui plus que jamais, parce que sans cohésion politique, l’Union européenne n’a pas d’avenir. »

En somme, c’est la Panique générale chez les euro-atlantistes , L’Europe est confrontée à l’un des «plus grands défis de ces dernières décennies» a par exemple alerté Angela Merkel .

Le conflit entre Pays du nord excédentaires menés par l’Allemagne et ceux du sud – les fourmis – va s’accentuer (lire par exemple ici) . D’où le coup de pression de Schäuble qui a exhorté la BCE à relever ses taux , envoyant un message fort il y a quelques jours : « nous ne voulons PLUS de cette Europe »  avait-il dit en substance . Tout sera définitivement joué surement après l’élection en France de 2017 comme je l’avais affirmé. Je le répète – This is the end pour cette Europe de technocrates . 

Voici une vison globale pertinente de la situation, l’Europe telle qu’on la connait est juste en train d’exploser (et de nombreux pays vont certainement se rapprocher de la Russie, cf par exemple ce papier : Seize Etats européens dirigés par l’Allemagne Veulent un accord sur le contrôle des armements avec la Russie) : 

Pierre Lévy pointe ici la panique des élites mondialisées face à l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, et certaines analogies des deux côtés de l’Atlantique.

Effarés, affolés, traumatisés, bouleversés, tétanisés, livides… On peine à trouver un qualificatif qui rende compte de l’état d’esprit des dirigeants euro-atlantiques, et de la presse qui leur est fidèle, au moment où Donald Trump accède à la Maison Blanche.

Et que dire des quelques poignées d’«idiots utiles» (selon la formule jadis prêtée à Lénine) qui, à Berlin, Paris ou Londres, ont défilé notamment avec ce délicieux slogan : «ce n’est pas mon président»… Que dire, si ce n’est pointer une ligne de fracture fondamentale qui s’esquisse progressivement tout autant dans de nombreux pays européens qu’aux Etats-Unis, et dans bien d’autres contrées du monde : entre des couches moyennes plutôt aisées, urbaines, intellectuelles et aspirant à la mondialisation ; et une classe ouvrière qui subit mépris et atomisation depuis des décennies.

Entre les premiers qui pensent «valeurs», et les seconds «intérêt», voire survie sociale pure et simple. Entre d’un côté ceux qui se mobilisent «contre la haine» (!) ; de l’autre ceux qui se rassemblent pour l’emploi. Simplification outrancière ? Peut-être. Mais cette polarisation de classe qui émerge n’en est peut-être qu’à ses débuts. Et tant mieux si les seconds y regagnent cette dignité, cette existence et ce rôle collectifs qui leur ont été déniés par les chantres de la globalisation économique mais aussi idéologique.

Si Monsieur Trump passe de la parole aux actes, alors oui, ce sera bien la fin d’un monde, l’amorce d’un changement d’ère historique

Pour l’heure, écoutons ces derniers. «C’est la fin du monde», a lâché Manuel Valls (BFMTV, 16/01/17), qui n’évoquait pas les résultats de la primaire socialiste, mais la perspective d’une «alliance entre Trump et Poutine». «Donald Trump [est] décidé à détruire le projet européen», s’épouvante l’éditorial de Libération (18/01/17). Et Le Monde (19/01/07) sonne le tocsin : «le président des Etats-Unis s’est lancé dans une opération délibérée de déstabilisation de l’Allemagne (…) c’est toute l’Europe qui est attaquée».

L’UE est confrontée à l’un des «plus grands défis de ces dernières décennies» alerte pour sa part Angela Merkel. Le Commissaire européen Pierre Moscovici s’étrangle : «on a une administration américaine qui souhaite le démantèlement de l’Union Européenne, ce n’est pas possible !». Quant au Secrétaire d’Etat américain sur le départ, il a exhorté le gratin des élites mondialisées réuni à Davos à se «rappeler pourquoi nous avons fait ce voyage de 70 ans ensemble». John Kerry semble ainsi évoquer l’axe euro-atlantique… au passé.

Cette panique générale – qu’on ne peut s’empêcher de savourer – est compréhensible. Car, dans un entretien publié quelques jours avant sa prise de fonction, Donald Trump a confirmé les éléments qui faisaient déjà trembler tant Bruxelles que l’«establishment» de Washington lors de sa campagne électorale. Or, comme l’a fait remarquer Monsieur Valls, décidément inspiré, «on a oublié qu’un populiste peut vouloir mettre en œuvre son programme».

Sera-ce le cas avec le nouvel hôte de la Maison Blanche ? Pour l’heure, la prudence doit rester de mise. Mais si Monsieur Trump passe, ne serait-ce que partiellement, de la parole aux actes, alors oui, ce sera bien la fin d’un monde, l’amorce d’un changement d’ère historique.

Car qu’a dit le milliardaire dans l’entretien publié par les quotidien allemand Bild et anglais The Times ? Que le Royaume-Uni a été «intelligent» de quitter l’UE ; que cette dernière n’était que le «véhicule de la puissance allemande» ; qu’il comptait bien que d’autres Etats imitent le Brexit ; qu’il se réjouissait de préparer un accord commercial séparé avec Londres ; que le libre-échange mondial (donc notamment le TTIP) était désormais caduc ; que l’industrie automobile allemande pourrait bien se voir imposer d’importants droits de douane si cela encourage l’emploi aux Etats-Unis ; et que la chancelière avait commis une «erreur catastrophique» avec sa politique de portes ouvertes aux réfugiés.

Les citoyens seraient enthousiastes pour plébisciter une Union Européenne de plus en plus populaire et légitime

Pire – ou mieux : le nouveau président américain a confirmé qu’il jugeait l’OTAN «obsolète» ; qu’un grand accord avec Moscou visant au désarmement nucléaire «serait dans l’intérêt de beaucoup de gens» ; et que, conséquemment, les sanctions contre la Russie pourraient bien être remises en cause. Mobilisant tout son sens de la litote, le Secrétaire général de l’Alliance atlantique s’est dit «préoccupé». Le Monde enrageait déjà fin décembre (22/12/16) : Monsieur Trump «veut être l’homme du renouveau industriel américain, pas le shérif d’un ordre démocratique occidental à maintenir et propager». Impardonnable ! A Davos, Joseph Biden, encore vice-président américain pour deux jours, a lancé un appel désespéré pour «sauver l’ordre libéral international»…

Seize anciens chefs d’Etat ou de gouvernement et de ministres – essentiellement issus des pays d’Europe du Nord-est – avaient, peu avant, alerté contre le péril majeur d’un réchauffement des relations avec la Russie : «la confiance et l’amitié seraient une grave erreur», écrivaient-ils sans ciller.

Faut-il dès lors s’étonner de l’hystérie croissante contre la Russie ? Moscou est pêle-mêle accusé de promouvoir (avec un succès grandissant) ses médias publics à destination de l’Occident, d’envahir les réseaux sociaux par de fausses nouvelles, et de pirater les ordinateurs des institutions occidentales. Selon la CIA, la NSA, et le FBI – et Dieu sait que ces nobles échoppes ne peuvent dire que la vérité – Vladimir Poutine aurait ainsi influencé l’élection américaine en faveur de son favori et bien sûr sablé le champagne. Retransmis par Arte (06/01/13), le grand chef (sortant) du renseignement, James Clapper, a ainsi déclaré : «les Russes ont une longue expérience de l’ingérence électorale, qu’il s’agisse de leurs propres scrutins ou de ceux des autres». Humour involontaire ?

Et déjà, l’hôte du Kremlin se préparerait à prendre en main les électeurs néerlandais, français, puis allemands, qui se rendront aux urnes en 2017, pour que les uns et les autres choisissent des formations anti-UE (ou réputées telles).

Car, évidemment, sans ces sombres manœuvres, les citoyens seraient enthousiastes pour plébisciter une Union Européenne de plus en plus populaire et légitime.

Encore une coupe, Vladimir Vladimirovitch ?

 
3 Commentaires

Publié par le 26 janvier 2017 dans général, Insolite, International, Politique

 

Étiquettes : , , , , , , ,

 
%d blogueurs aiment cette page :