La « menace potentielle de la Russie », vous la voyez où ? Même en Ukraine, ils  ne sont pas foutus de la prouver. Par contre, le déploiement de l’attirail guerrier US en Europe, l’implication de militaires américains aux côtés des Saoudiens dans le carnage du Yémen, la multiplication de manœuvres belliqueuses aux frontières de l’ennemi désigné — la Russie, mais aussi la Chine — même plus besoin de les démontrer tant tout ça nous pète aux yeux.

La raison de toute cette frénétique agitation est toute simple : l’Empire occidental vacille et, comme chaque fois dans ce cas-là, se rue dans une folle fuite en avant guerrière. Aussi bien d’ailleurs à l’intérieur de ses terres (cf. la brutalité de plus en plus féroce des répressions policières à la moindre manifestation protestataire en Europe ou aux États-Unis) qu’à l’extérieur de ses frontières (histoire de faire oublier ses désastres intérieurs). Rien de plus dangereux qu’une bête blessée.

« Killary sera la dernière présidente des État-Unis »

Le pire, c’est qu’ils ont toutes les chances de la perdre, cette guerre. Mais après combien de tragédies, de victimes et de désolation ?

Écoutons un “ennemi de l’intérieur”, Paul Craig Roberts, économiste et journaliste américain, sous-secrétaire du Trésor l’époque Reagan. Celui-là sait de quoi il cause, et il cause très fort. « Killary sera la dernière présidente des États-Unis », proclame-t-il dans son dernier billet.

Extraits :

« Il est extraordinaire de voir la confiance que beaucoup d’Américains placent dans la capacité de leurs forces armées. Alors qu’en quinze ans les États-Unis ont été incapables de vaincre quelques talibans sommairement armés en Afghanistan, et qu’après treize ans la situation en Irak reste hors de contrôle. Rien pour rassurer quand on se place dans la perspective de vaincre un pays comme la Russie, et pire encore une alliance stratégique entre la Russie et la Chine. Les États-Unis n’ont même pas été fichus de vaincre la Chine en Corée il y a soixante ans, alors qu’à l’époque la Chine était encore un pays du Tiers-monde.

Les Américains devraient pourtant se persuader que “leur” gouvernement est un ramassis d’imbéciles fous furieux capables d’entraîner à la fois la pulvérisation des États-Unis et de toute l’Europe.

L’armement russe est de très loin supérieur à celui de l’arment américain. Les armes américaines sont produites par des entreprises privées dans le seul but de faire de vastes profits. La capacité de ces armes n’est pas du tout leur préoccupation. Les dépassements budgétaires sans fin portent le coût des armes américaines à des niveaux stratosphériques.

Le chasseur F-35, bien moins performant que le F-15 qu’il est censé remplacer, coûte à l’unité entre 148 et 337 millions de dollars l’unité, selon qu’il est un modèle destiné à la force aérienne, au corps des Marines, ou à la flotte navale. Le casque d’un pilote de F-35 coûte 400 000 dollars, soit plus qu’une Ferrari haut-de-gamme.  »

Notre insupportable responsabilité

En face, les Russes et les Chinois suivent placidement cette agitation maladive, pas impressionnés pour un sou par l’orgueil, l’arrogance et la stupidité des ganaches du camp occidental. Et quand je parle d’eux, je devrais dire « nous ».

Car c’est nous qui avons élu ces crétins. C’est nous qui les laissons faire leurs conneries sans broncher, C’est nous qui nous laissons conduire comme des veaux à la « pulvérisation » assurée de notre monde. C’est nous qui allons nous retrouver au milieu de leurs décombres, C’est nous — ou ce qui restera de nous, petit tas fumant — qui allons devenir la honte de l’Histoire.

Sauf à mettre un terme d’urgence à ce suicide organisé par les maîtres que nous nous sommes si aveuglément donnés. Sauf à mettre dare-dare cette engeance maléfique hors d’état de nuire. L’humanité debout, enfin ?

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