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L’histoire des ‘fake news’ est elle-même une fake news

L’Assemblée nationale adopte en nouvelle lecture la loi contre « la manipulation de l’information »

« Nous n’avons jamais eu autant de bonnes informations que maintenant ; les gens sont aussi bien informés qu’ils le souhaitent »

« Le fait que nous disposons aujourd’hui d’informations plus nombreuses et meilleures que jamais va presque sans dire »

Oui, c’est vrai . Mais plus pour longtemps . Cet homme s’exprime des états unis, mais ici en France et en Europe une flopée de lois et de projets de lois ont été voté ou vont l’être si nous ne faisons rien, qui risquent d’anéantir la diversité des médias qu’on connait de nos jours, au profit d’une poignée de médias mainstreams aux mains de quelques milliardaires . Il y a  l’histoire des fakes news , mais pas que (lire par exemple rien que pour ce dernier mois : L’Europe vote la Fin de l’internet libre !! (Médias alternatifs en danger !!) , c’est une véritable chasse au sorcières qui a commencé , qui vise purement et simplement à éliminer les médias alternatifs du paysage médiatique . J’ai diffusé assez de papiers qui montrent que les médias alternatifs sont clairement dans le viseur du pouvoir . A ce rythme croyez moi, d’ici 2 ans il risque de ne plus y en avoir . Les anglo saxons auront peut être un sursis, mais ils finiront par être anéantis aussi . Plus largement, c’est la liberté de presse, d’opinion, et d’expression qui est clairement menacée . Donc si dans un 1er temps vous ne voulez pas avoir que des médias anglo saxons pour vous informer , avant de n’avoir plus rien, il va falloir réagir et vous battre pour préserver vos libertés et continuer à avoir accès à la diversité des sources d’info dont on dispose actuellement  . D’ailleurs L’Assemblée nationale vient d’adopter en nouvelle lecture la loi contre « la manipulation de l’information » (voir vidéo ci dessus) , mais ce n’est que le dessus de l’iceberg !!  Z

Par Philip Weiss

Presque tous les jours, à la radio publique ou à la télévision publique, j’entends des reportages sur la façon dont les fake news (informations fausses) sapent notre démocratie. Ces journalistes et présentateurs de haut niveau semblent vraiment croire qu’une menace fébrile est en train de submerger l’esprit des gens sensibles.

Cette histoire est elle-même un fake news pour plusieurs raisons évidentes. Nous n’avons jamais eu autant de bonnes informations que maintenant ; les gens sont aussi bien informés qu’ils le souhaitent. Il y aura toujours des médias qui diffuseront des mensonges ; c’est la nature de la communication. Et l’insistance sur la question des « fake news » est une tentative d’attribuer la victoire de Trump non pas à ceux qui nous l’ont apportée (l’électorat et la mauvaise campagne de Clinton) mais à des agents nuisibles.

Le fait que nous disposons aujourd’hui d’informations plus nombreuses et meilleures que jamais va presque sans dire. Lorsque j’ai commencé dans le secteur de l’information il y a plus de 40 ans, peu de journalistes portaient des magnétophones, en grande partie parce qu’ils travaillaient pour une guilde et ne faisaient jamais l’objet de corrections. Aujourd’hui, il y a d’innombrables diffuseurs, grâce à Internet, et les événements importants sont presque toujours enregistrés. La quantité de données dont nous disposons sur les personnalités publiques est énorme par rapport à ce qu’elle était il y a dix ans.

Nous pouvons tous discuter pour savoir si c’est une bonne ou une mauvaise chose ; mais nous sommes aujourd’hui inondés d’informations. Ces renseignements sont plus fiables qu’ils ne l’ont jamais été auparavant. Mon propre travail sur la Palestine et le lobby israélien m’a montré que les consommateurs du monde entier peuvent obtenir des informations plus précises sur ce conflit qu’ils n’en ont jamais eu. Oui, comme nous l’affirmons ici tout le temps, les principaux médias américains sont soumis à Israël ; mais ce n’est pas comme si une meilleure information n’était pas disponible au bout de vos doigts, en grande partie en provenance d’Europe et de Palestine, souvent des vidéos de citoyens.

Avant Internet, les sources alternatives étaient beaucoup plus difficiles à obtenir. Vous deviez vous abonner à des revues ou vous rendre au kiosque de Hotaling à Times Square pour obtenir des journaux de l’extérieur de la ville. Le meilleur exemple est le sport. Je ne pouvais qu’espérer que le kiosque à journaux avait la dernière édition du Times, ou que le Times avait publié les résultats de l’équipe de ma ville natale. Aujourd’hui, je peux trouver n’importe quel résultat et voir des vidéos de la performance de mon équipe en un instant. Et la destruction des guildes par Internet nous a apporté des commentateurs pointus qui n’auraient jamais eu accès aux médias traditionnels (comme ce tweeter vers lequel je me tourne tous les matins pour obtenir les résultats).

« Faites-vous confiance à tout ce que vous lisez sur les médias sociaux ? » demande une publicité pour la radio WNYC. Ils disaient la même chose des journaux quand j’étais enfant ! L’idée que l’information était une piscine propre avant l’arrivée de tous les menteurs habiles d’Internet est une illusion de la part des journalistes autorisés qui promeuvent ces histoires de « fake news ». Raconter des histoires est une expérience humaine primordiale. Elle est enracinée dans notre besoin de savoir pour améliorer notre survie. Nous racontons des histoires pour essayer de rendre notre vie meilleure, plus épanouissante, plus compréhensible. Et dès le début de l’histoire, il y a eu des mensonges. Certains disent que les êtres humains ont la langue dans la bouche pour tromper les autres, tandis que certains auteurs de fiction vous diront que l’artifice est l’âme de l’histoire. Nous apprenons tous à distinguer la sincérité et la vérité de l’exagéré et du faux. Non, nous ne réussissons pas toujours en tant que lecteurs et auditeurs dans ce travail, mais nous essayons. Tout comme les reporters cherchent à transmettre des versions exactes des événements en dépit de leurs limites ; et les auteurs de fiction cherchent à construire des contes parfaits pour relater les dilemmes sociaux et psychologiques.

Il y a sûrement des centaines de milliers de sites d’information aujourd’hui (des millions ?) là où il n’y avait que des milliers d’organes d’information. La grande prépondérance de ces sites font comme nous le faisons ici, essayer de présenter la version la plus authentique des événements qu’ils sont en mesure de faire. Comme Ezra Pound l’a dit un jour, il n’y a qu’une seule norme pour l’écriture : l’exactitude de la déclaration. Ce n’est pas compliqué, mais c’est une lutte.

Y a-t-il des sites qui essaient de tromper les lecteurs ? Bien sûr qu’il y en a. Il y a toujours eu des journaux à sensation, du journalisme jaune, des feuilles à scandales, des rumeurs, de la désinformation, des garçons qui crient au loup et des sources peu fiables. Les lecteurs ont toujours eu le devoir de régler ce problème. Combien d’entre nous pensent que nous pouvons mesurer l’exactitude d’un site inconnu en quelques secondes, à partir d’un signe ou d’un autre ? Les lecteurs sont beaucoup plus sophistiqués que ne le croient les journalistes de fake news. Plus que cela, nous savons que certains des plus gros mensonges proviennent des autorités. Ce qui donne lieu à des histoires de conspiration, qui remontent à Shakespeare….

L’affirmation selon laquelle des menteurs et des sites de fake news ont donné l’élection à Donald Trump est une fiction. Une démocratie donne le droit de vote à beaucoup de gens stupides, de tous les côtés. Les gens croient ce qu’ils veulent croire. Il ne fait aucun doute qu’Internet a servi à socialiser l’information, en l’adaptant à un public tribal (je cherche ce tweeteur de baseball parce que nous avons les mêmes idées, alors que notre équipe ne peut toujours pas gagner), mais ce n’est pas comme si l’information était objective avant. La croyance que les gens ont été manipulés pour voter pour Trump peut être réconfortante pour ceux qui aiment l’élitisme néolibéral et l’interventionnisme du monde de l’après-11 septembre, mais cela ne répond pas à la réalité complexe qu’est la société américaine. Le reportage le plus intelligent sur l’élection de 2016 a été l’étude montrant que la Pennsylvanie, le Michigan et le Wisconsin avaient tous des taux élevés de victimes des guerres américaines ; et que ces électeurs considéraient Clinton comme pro-guerre. Et Clinton n’a pas fait campagne au Wisconsin et au Michigan, alors même que ses porte-parole plaidaient en faveur d’un changement de régime en Syrie sur les chaînes câblées. Ces facteurs semblent aussi déterminants que tout ce que les grands journaux nous ont dit au sujet de la débâcle du 8 novembre. Il vaudrait mieux qu’ils interviewent les électeurs de Trump plutôt que de nous faire la leçon sur les fake news.

L’affirmation selon laquelle les Russes seraient derrière les fake news et qu’ils auraient truqué les élections n’est qu’une fiction de la part d’un parti démocrate déterminé à avoir une nouvelle guerre froide afin de se justifier de son incapacité à atteindre les électeurs blancs d’Obama qui ont voté pour Trump. Les gens pensent-ils vraiment que les publicités russes placées sur Facebook, ou les données auxquelles les alliés de Trump avaient accès par le biais de Cambridge Analytica, ont incité les gens à voter pour Trump ? Est-ce ainsi que vous avez pris votre décision ? Peut-être que quelques imbéciles ont changé leur vote à cause de certains mensonges ; mais encore une fois, cela ne va pas dans la vraie dynamique de la course de 2016. Les gens n’aimaient pas Clinton pour de bonnes raisons. Les gens cherchaient un perturbateur pour de bonnes raisons.

Si les Russes étaient derrière le piratage Wikileaks des courriels du Comité national démocrate, nous devrions peut-être les remercier. Le piratage a révélé une corruption réelle: cela concerne les efforts actifs de l’équipe Clinton pour vendre la position de Clinton sur le boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) aux grands donateurs pro-Israël afin de se faire pardonner d’avoir soutenu l’accord iranien. Personne n’a contesté l’exactitude de ces courriels, et ils constituent une fenêtre inquiétante sur le fonctionnement de la politique. Ce serait bien que les médias consacrent un peu de temps à la substance de ces courriels. Mais non, le fake news a une vie propre.

P.S. La photo de Judy Woodruff est à la une de ce post parce qu’elle et le PBS News Hour ont pris la fausse nouvelle beaucoup trop au sérieux. En toute justice, j’invite les lecteurs à regarder son interview de deux survivants de Boko Haram, un des meilleurs moments de journalisme que vous verrez jamais.

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Publié par le 11 octobre 2018 dans Education - information, général, Politique

 

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Fascinant : le système de défense des plantes est très proche du système nerveux des animaux

Hé oui, les plantes sont des être vivants , et elles sont bien plus complexes que ce qu’on pense . De mémoire , j’avais par exemple diffusé un papier qui expliquait comment les plantes communiquaient entre elles pour alerter des dangers . Ici une nouvelle découverte vraiment intéressante … Z

Une équipe de biologistes américano-japonaise vient de faire une découverte importante. Alors qu’on les pensait très éloignés sur le plan physiologique et anatomique, les plantes disposeraient d’un système de signalisation végétale très proche du système nerveux des animaux.

UN SYSTÈME DE SIGNALISATION TRÈS PROCHE DU SYSTÈME NERVEUX ANIMAL

Quand une plante subit un stress important, son système de défense s’active dans différentes zones de son organisme. Selon la récente étude menée conjointement par des chercheurs de l’Université de Saitama et de celle du Missouri et parue dans la revue Science, les végétaux disposent d’un système de signalisation moléculaire extrêmement proche du système nerveux des animaux. Pour démontrer cela, les biologistes ont utilisé différentes protéines fluorescentes afin de pouvoir suivre la propagation de ces signaux à travers la plante lorsque cette dernière était attaquée.

Si les chercheurs savaient déjà qu’un signal électrique était émis et se propageait à travers une plante lorsqu’elle était blessée, ces nouvelles expériences leur ont permis de mieux comprendre le mécanisme de déclenchement de ce signal et la manière dont ses ondes se propagent. Une découverte importante due au hasard, puisque l’équipe de biologistes étudiait l’effet de la gravité sur les plantes en analysant leurs variations de calcium.

Ci-dessus : La propagation du flux de calcium à travers une plante de moutarde lorsqu’elle est attaquée par un insecte

DES MÉCANISMES DE DÉFENSE COMPLEXES

Lorsqu’une plante subit un traumatisme important, les signaux vont se propager à travers son organisme à la vitesse d’un millimètre par seconde, ce qui s’avère très lent par rapport aux signaux nerveux des animaux qui atteignent parfois la vitesse impressionnante de 120 mètres par seconde, mais nous prouve que leur système de signalisation partage de nombreuses similitudes avec celui le système nerveux animal.

Les scientifiques ont également constaté que lorsque ce signal rencontrait certains récepteurs, des hormones défensives étaient sécrétées et permettaient aux plantes d’activer différents systèmes de défense. Ainsi, lorsqu’un végétal était attaqué par une chenille, il produisait des substances toxiques qui rendaient ses feuilles immangeables, ou émettait des molécules volatiles qui attiraient des guêpes parasitaires afin qu’elles pondent à l’intérieur des insectes hostiles.

En résumé, les cellules de la plante ayant subi un fort traumatisme vont sécréter du glutamate, qui va interagir avec les récepteurs appropriés et déclencher un flux d’ions calcium, qui, comme pour les animaux, va activer ses systèmes de défense.

Ci-dessus : L’évolution du flux de calcium à travers le réseau vasculaire de la plante

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Publié par le 23 septembre 2018 dans Climat - Environnement, général, Sciences

 

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Le déclin des banques allemandes est un « problème » (ministre des Finances)

Pour le ministre allemand des Finances Olaf Scholz, les banques allemandes ont décliné par rapport à leurs rivales étrangères / © AFP/Archives /

Les banques allemandes : une bombe à retardement ! 

Le ministre allemand des Finances Olaf Scholz a estimé jeudi que les banques allemandes avaient décliné par rapport à leurs grandes rivales étrangères, dix ans après la crise financière de 2008, un « problème » pour l’économie du pays.

Les grandes banques en Allemagne – et en Europe – ont « perdu en importance » dans le gotha des adresses mondiales depuis la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008 et cela « constitue un problème pour une grande économie comme l’Allemagne et pour l’économie européenne », a déclaré le ministre social-démocrate lors d’un congrès bancaire à Francfort.

Les banques allemandes, en particulier, n’ont « pas la taille et la globalité nécessaires pour soutenir l’économie », a-t-il souligné.

Le reflet de la perte de confiance des investisseurs dans la performance des grandes banques allemandes se lit dans leur parcours boursier calamiteux ces dernières années.

Deutsche Bank ne vaut guère plus de 21 milliards d’euros en Bourse, et ce alors que la banque a levé pour près de 27 milliards d’euros d’actions nouvelles en plusieurs augmentations de capital effectuées entre 2010 et 2017 pour consolider son bilan et financer la croissance.

Commerzbank, renfloué par l’Etat et qui a levé pour près de 13 milliards d’euros en actions nouvelles depuis la crise de 2008, ne vaut aujourd’hui qu’environ 10 milliards d’euros.

Si bien que deux coups durs attendent ces banques de manière imminente: Deutsche Bank pourrait perdre le 3 septembre sa place dans l’indice de référence de la zone euro, l’EuroStoxx 50, et deux jours plus tard Commerzbank devrait céder sa place dans le Dax, l’indice phare de la Bourse de Francfort où elle figure depuis 30 ans. Elle y sera remplacée par une fintech bavaroise, Wirecard, spécialisée dans le marché très porteur du paiement électronique.

Deutsche Bank, qualifiée en 2016 de « source majeure de risque » par le Fonds monétaire international (FMI), a décidé au printemps de se séparer de plus de 7.000 personnes dans la banque de financement et de se recentrer sur ses racines européennes.

Commerzbank entreprend de son côté une course à la taille, organique cette fois, en cherchant à compenser le recul des marges de crédit par des gains de clientèle, entre particuliers et entreprises, un actif censé lui rapporter les recettes de demain.

AFP / (30 août 2018 13h23)

 
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Publié par le 30 août 2018 dans économie, général, International

 

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Réorganisation du monde : Le coup d’Etat par la financiarisation est une réalité

Quand la finance fait du social

Par Pierre Bitoun et Lou Hubert

Pierre Bitoun et Lou Hubert, tous deux sociologues, livrent ici une présentation critique d’une nouvelle offensive de la finance en direction du “social”. Ils décortiquent et critiquent les “Social impact bond”, des titres de dette (obligations) censés financer les politiques sociales et dont le rendement dépend de l’efficacité de celles-ci.Il est important de les comprendre et de les dénoncer pour ce qu’ils sont: des titres financiers faussement sociaux quidévoilent la volonté de la finance de remplacer l’État.

Un nouveau-né a fait son apparition dans la galaxie des sigles : le SIB ouSocial impact bond[Bon à impact social]. Bien qu’encore largement méconnu, il est promis à un grand avenir car sur ses fronts baptismaux se penchent depuis au moins une décennie tous ceux qui comptent, au double sens du verbe : G20 ou G8, OCDE ou UE, banquiers de Wall Street ou de la City, multinationales ou start-ups en croissance, pouvoirs publics nationaux, régionaux ou locaux prétendument désargentés. Si, aux dires mêmes de cette Sainte Famille, il faudra au divin enfant une bonne vingtaine d’années pour arriver à maturité, on peut déjà savoir pourquoi il est indispensable, de toute urgence et tous rassemblés, d’évacuer le rejeton dans les poubelles de l’Histoire. C’est à quoi sont destinés les cinq regards, explicatifs et critiques, portés sur ces SIB, ces objets volants – et surtout voleurs – que n’ont pas encore clairement identifiés ceux-là mêmes qui sont appelés à en subir, directement ou non, les conséquences.

Un titre financier éthique ?

L’objet se présente d’abord comme vertueux, fruit d’un capitalisme désormais bienveillant et guidé par le sens de la justice. Ouvrant un long discours prononcé début 2014, au Palais de la City à Londres, par une référence aux deux ouvrages-maîtres d’Adam Smith,La richesse des nationset laThéorie des sentiments moraux, Sir Ronald Cohen, le président de la mission du G8 consacré aux SIB, l’achevait par cette exhortation :

« Nous avons commencé la révolution. Il y a fort à faire. Ensemble, levons-nous et faisons en sorte que “le cœur invisible” des marchés puisse aider ceux que “la main invisible” a laissé de côté ».

Et il avait donné, un peu plus tôt, l’esprit autant que l’occasion historique de cette révolution : repenser la philanthropie à l’heure de la faillite – bien sûr organisée – de l’État social :« Aujourd’hui lesÉtats-providence conçus pour le XXesiècle baissent les bras dans la lutte contre les défis sociaux de ce nouveau siècle.[…]Si la philantropie traditionnelle et les gouvernements peinent à régler ces problèmes, que pouvons-nous faire de notre côté ? »La réponse, débarrassée de tout simagrée, est d’une cupidité sans bornes : elle consiste à ouvrir un nouveau et énième continent de la marchandise et du profit.

De gros profits assurés

L’objet est en effet une machine à faire de l’argent. Résumé dans ses grandes lignes – de crédit… – le SIB consiste à ce que les banques[i]– et non des moindres (Goldman Sachs, Merrill Lynch, BNP, etc.) – avancent pour le compte du secteur public (État, collectivités territoriales) les fonds nécessaires à des actions sociales menées par des associations, en suivent la mise en œuvre, en contrôlent le résultat – avec bien entendu un évaluateur dit indépendant ![ii]– et se retournent, en fin de parcours, vers la puissance publique pour réclamer le remboursement des sommes avancées. Avec un intérêt conséquent, allant jusqu’à 13 % l’an. Soit un quasi doublement de la somme en sept ans, auquel il convient d’ajouter la rémunération de l’évaluateur et autres frais de gestion. L’instrument de “la révolution” est donc très efficace et produit des effets tous azimuts dont il est important de dresser l’inventaire : il crée un marché financier du “social” et dynamise aussi celui de l’évaluation ; il caporalise les associations, encourage leur concentration et leur transformation en entreprises “rentables” ; il démultiplie et affine les liens entre les représentants du monde financier et les acteurs publics nationaux ou locaux, siphonne leurs budgets et accroît donc d’autant la dette. Bref que rêver de mieux, sinon de le voir se propager en direction des pays pauvres, via son frère jumeau, le DIB ouDevelopment impact bond?

« Le nouveau continent de la marchandise et du profit est gigantesque : il couvre en fait, grâce l’ambiguïté du terme “social”, non seulement les dégâts engendrés par le capitalisme mais toute action dite d’intérêt général, et il s’identifie, en définitive, à l’État lui-même. »

Une croissance fulgurante

L’objet, quoique récent, est en expansion rapide. Après un premier SIB, en 2010, visant à diminuer la récidive des détenus libérés de la prison de Peterborough, les “expérimentations” se sont multipliées dans le monde entier. On en comptait une vingtaine en 2014, plus de 80 en 2016 et, probablement, une bonne centaine fin 2017. La Grande-Bretagne, terre d’élection du capitalisme industriel au XIXecomme de la financiarisation du “social” aujourd’hui, se taille la part du lion, avec environ un tiers des SIB en cours de réalisation. Mais on en trouve également aux USA, au Japon, en Australie, en Suisse, et dans de nombreux pays de l’UE (Allemagne, Autriche, Belgique, Finlande, France, Irlande, Italie, Pays-Bas, Portugal). Bref, de quoi commencer à faire rêver le président de la Commission Jean-Claude Juncker en quête, pour l’Union, d’un« triple-A social »!

La variété des domaines d’application a, logiquement, suivi cette expansion. À la réinsertion des prisonniers, sont venus s’ajouter l’aide aux enfants malades ou handicapés, le soutien aux jeunes en mal d’« employabilité »ou la réduction de l’absentéisme au travail, le logement des sans-abris ou l’intégration professionnelle des migrants et réfugiés, l’activité physique ou la solitude des personnes âgées en maison de retraite. Ou encore la détection et le traitement précoces du diabète, les programmes de vaccination, d’éducation ou d’accès« écologique et durable »à l’eau, à l’électricité ou auxNTICdans les pays en développement, sans oublier non plus la revitalisation des zones rurales désertifiées dans les pays riches ou la réunification des familles« dysfonctionnelles »auxquelles il faut,sicetsib, dicter de« nouvelles conduites ». Bien que financiers et pouvoirs publics de connivence rivalisent pour l’instant de modestie – il faudra, proclament-ils,« entre dix et trente ans »pour changer les mentalités et les institutions –, l’inventaire ne laisse aucun doute.

Le nouveau continent de la marchandise et du profit est gigantesque : il couvre en fait, grâce l’ambiguïté du terme “social”, non seulement les dégâts engendrés par le capitalisme mais toute action dite d’intérêt général, et il s’identifie, en définitive, à l’État lui-même. Ce qui n’a rien d’un hasard, ni du point de vue théorique – il est dans l’essence même du capitalisme de tout marchandiser – ni du point de vue historique : cette nouvelle offensive n’est envisageable qu’en notre époque où tous les postes-clefs de la décision publique, du supranational au local, ont été colonisés par les représentants de la finance mondialisée et leurs serviteurs. Il arrive d’ailleurs à certains, souvent les mieux placés, de “manger le morceau”. Commentant en 2014 l’une de ces expérimentations, Lawrence Summers, l’ancien secrétaire au Trésor américain, ne déclarait-il pas :« This is ground zero of a big deal ! »

Une obligation instructive

L’objet est, dans sa déclinaison française, instructif à plus d’un titre. D’abord, l’hypocrisie, nécessaire au déploiement du système, est dans l’Hexagone portée à son comble. De SIB, qui faisait mauvais genre boursier, on est passé en 2014 à TIS, pour Titre à impact social, pour deux ans plus tard se montrer plus tartufe encore, en adoptant le nom définitif de CIS, Contrat à impact social, qui a le double mérite d’évacuer toute référence à l’argent et d’inscrire le dispositif dans le régime, ô combien sympathique, des “partenaires”. La réunion d’experts, la création de comitésad hoc, ont aussi été fidèles à nos traditions de l’entre-soi, rappelant à s’y méprendre le modèle des commissions Attali, pour« la libération de la croissance française »en 2008 ou pour« l’économie positive »en 2012.

Il en a été ainsi du Comité français pour l’investissement à impact social (CFIIS), présidé par Hugues Sibille, alors vice-président du Crédit coopératif et du Conseil supérieur de l’Économie sociale et solidaire (ESS), qui a réuni en 2013-2014 vingt-neuf membres«issus de la banque, du capital investissement, de l’entrepreneuriat social, d’agences publiques, d’expertise indépendante, d’administrations, de milieux académiques, d’organisations internationales », tous« acteurs engagés en faveur de l’innovation sociale et financière ». Autrement dit, après des décennies de remodelage libéral de la société, les maillons intermédiaires indispensables à la révolution néophilanthropique ! Prompts à discourir sur l’esprit de solidarité ou du don, mais surtout enclins au calcul de leurs intérêts. Enfin, de PS en Macronie, les CIS font peu à peu leur chemin.Benoît Hamon, ministre délégué à l’ESS et à la Consommation de 2012 à 2014, a missionné, en accord avec Sir Ronald Cohen, Hugues Sibille et son Comité, un premier appel à projets a été lancé en 2016 par la secrétaire d’État à l’ESS Martine Pinville et, depuis l’arrivée du haut fonctionnaire et banquier à l’Élysée, la dynamique se poursuit sous l’impulsion de La République en March…é. Le macroniste Christophe Itier, artisan de l’un de ces CIS consacré au placement des enfants mineurs dans le département du Nord, a été nommé en septembre 2017 Haut-Commissaire à l’ESS.

« Fossoyeurs du travail social, ils ont adopté le langage techno-concurrentiel des puissants[…], et ils ont soigneusement mis en œuvre toutes les réformes destinées à éliminer la culture professionnelle des travailleurs sociaux reposant sur l’esprit de service public et l’aide à la personne considérée dans sa totalité. »

Une obligation antisociale

L’objet, accélérant le “déjà là”, ne veut du bien ni aux travailleurs sociaux, ni aux pauvres qu’il prétend aider. Le cas français en est, à nouveau, une bonne illustration. Depuis vingt ans au moins, le secteur de l’action sociale est miné de l’intérieur par une logique gestionnaire et d’entreprise[iii], prélude à la financiarisation des SIB et autres CIS. Pétris de valeurs chrétiennes de gauche ou de droite aujourd’hui macronisées, tour à tour pragmatiques et autoritaires, toute une série de petits roitelets du “social” – présidents et directeurs d’établissements sociaux et médico-sociaux, directeurs d’écoles de formation en travail social, etc. – se sont faits les complices volontaires de ce mouvement et préparent, désormais, la nouvelle étape. Fossoyeurs du travail social, ils ont adopté le langage techno-concurrentiel des puissants – “innovation” et “labellisation”, “appels d’offres” et “indicateurs chiffrés”, “opérateur” plutôt qu’association, etc. –, et ils ont soigneusement mis en œuvre toutes les réformes destinées à éliminer la culture professionnelle des travailleurs sociaux reposant sur l’esprit de service public et l’aide à la personne considérée dans sa totalité. L’éducateur, l’assistant social ? Il est une ressource humaine, une charge salariale, qui doit faire plus avec moins et, surtout,« ne pas penser et se comporter en technicien »[iv]. Le pauvre, l’enfant, la personne âgée ou handicapée, l’adulte français ou étranger ? Il faut ici trier, trier encore et toujours, afin qu’il “participe”, soit “responsable de lui-même”, et qu’il entre ainsi dans le “public-cible” propre à prouver aujourd’hui “l’efficacité de l’action sociale” et à démontrer, demain, que les indicateurs chiffrés du SIB sont validés. Histoire de justifier le remboursement, avec intérêt, du prêt. L’objet, à l’évidence, nécessite qu’on les dégage, tous.

Pierre Bitoun et Lou Hubert

Notes :

[i]Celles-ci peuvent prêter directement ou/et servir d’intermédiaire recueillant, via l’émission de produits financiers (des obligations par exemple), les fonds d’autres investisseurs : fonds de pension, fondations d’entreprise, épargne salariale, etc. Même les assurances-vie en déshérence sont convoquées.

[ii]Un cabinet d’audit, par exemple, naturellement insoupçonnable de tout conflit d’intérêt…

[iii]Cf. les travaux de Michel Chauvière ou ceux, plus récents, du Collectif d’associations citoyennes.

[iv]Propos tenu par son directeur à un assistant social qui a dû conserver l’anonymat.

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Trump a déclaré que l’Union Européenne est un « ennemi » avant la réunion avec Poutine

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Par Jason Ditz

Dans les commentaires faits lors de sa conférence de presse du dimanche, le président Trump a déclaré que les États-Unis ont « beaucoup d’ennemis », désignant l’Union Européenne en premier lieu et avant tout parmi eux. Il a poursuivi en disant qu’il a « un gros problème » avec l’Allemagne.

En parlant des ennemis des Etats-UNis, Trump a déclaré que l’UE est un ennemi, et la Russie « est un ennemi à certains égards », tandis que la Chine est « un ennemi sur le plan économique ». Il a dit que ses problèmes avec l’UE étaient centrés sur « ce qu’ils nous font dans le commerce ».

Trump a minimisé la signification de ces déclarations, disant que cela ne signifie rien d’être un ennemi si ce n’est de reconnaître qu’ils sont « compétitifs ». Il convient toutefois de noter que la semaine dernière, il a minimisé l’idée que le président russe Vladimir Poutine était un ennemi, le présentant plutôt comme un concurrent.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a critiqué les commentaires de Trump, insistant sur le fait que les États-Unis et l’UE « sont les meilleurs amis » et prétendre que quiconque se dit ennemi « répand de fausses nouvelles ».

Les complaintes de Trump au sujet des membres de l’UE ne s’arrêtent pas là : « J’ai un gros problème avec l’Allemagne parce que l’Allemagne a conclu un accord de gazoduc avec la Russie ». Lors du sommet de l’OTAN, Trump a accusé l’Allemagne d’être sous contrôle russe. Au cours du commentaire de dimanche, il a déclaré que les Allemands « agitent un drapeau blanc » en achetant de l’énergie à la Russie.

Article originel : Trump Declares European Union a ‘Foe’ Ahead of Putin Meeting

Traduction SLT

 
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Publié par le 17 juillet 2018 dans général, International, Politique

 

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La Russie est prête pour la guerre — L’humeur à la télévision aux heures de grande écoute est sinistre

La Russie est prête pour la guerre — L’humeur à la télévision aux heures de grande écoute est sinistre

Hé bien, ça fait vraiment froid dans le dos !!! Les Russes sont semble-t-il prêt à la guerre sans aucun état d’âmes, et le pire c’est qu’il semble y avoir un certain consensus national (ça reste à relativiser je pense)  Le message c’est que les Russes détestent de plus en plus viscéralement les US (le tout sur fond de propagande grand public à grande échelle), pire qu’aux grandes heures de la guerre froide . Et ils communiquent sans détours sur la question . Quand on lis ce qui se dit à la TV Russe, on se dit qu’une vrai grande guerre peut éclater vraiment n’importe quand ! Ça fait peur !! Z 

« A ma grande surprise, l’idée que la Russie pourrait avoir à couler quelques navires de l’USN ou à utiliser des Kalibers contre les forces américaines au Moyen-Orient a été considérée comme une option réelle, peut-être inévitable. Vraiment, personne ne s’y est opposé ».

Par Le Saker

Je viens de passer environ 2 heures à écouter un débat télévisé d’experts russes sur ce qu’il faut faire au sujet des États-Unis. Voici quelques points intéressants.

1) Ils ont tous convenu que les Anglo-sionistes (bien sûr, ils ont utilisé les mots « USA » ou « pays occidentaux ») n’allaient qu’aller plus loin dans l’escalade et que la seule façon d’arrêter tout cela est d’amener délibérément le monde au point où une guerre complète entre les Etats-Unis et la Russie était imminente ou même commencée localement. Ils ont dit que la Russie avait fondamentalement tort de répondre par de simples mots aux actions occidentales.

2) Il est intéressant de noter qu’il y avait aussi un consensus sur le fait que même une attaque américaine à grande échelle contre la Syrie arriverait trop tard pour changer la situation sur le terrain, qu’il était beaucoup trop tard pour cela.

3) Une autre conclusion intéressante est que la seule vraie question pour la Russie est de savoir s’il serait préférable pour elle de retarder cette crise maximale ou d’accélérer les événements et de faire en sorte que tout se produise plus tôt. Il n’y a pas eu de consensus à ce sujet.

4) Ensuite, il y a eu un consensus sur le fait que plaider, raisonner, demander l’équité ou la justice, ou même le bon sens, était futile. Le point de vue russe est simple : l’Occident est gouverné par une bande de voyous soutenus par des médias infiniment menteurs et hypocrites, tandis que le grand public occidental a été désespérément zombifié. L’autorité des soi-disant « valeurs occidentales » (démocratie, État de droit, droits de l’homme, etc.) en Russie est maintenant morte.

5) Il y a également un large consensus sur le fait que les élites américaines ne prennent pas la Russie au sérieux et que les efforts diplomatiques russes actuels sont vains (en particulier à l’égard du Royaume-Uni). La seule façon de changer cela serait de prendre des mesures très sévères, y compris des mesures diplomatiques et militaires. Tout le monde était d’accord pour dire que parler avec Boris Johnson serait non seulement une perte de temps totale, mais aussi une énorme erreur.

6) A ma grande surprise, l’idée que la Russie pourrait avoir à couler quelques navires de l’US Navy ou à utiliser des Kalibers contre les forces américaines au Moyen-Orient a été considérée comme une option réelle, peut-être inévitable. Vraiment – personne ne s’y est opposé.

Tirez-en vous-même vos propres conclusions. Je dirai simplement qu’aucun des « experts » ne représentait ou ne travaillait pour le gouvernement russe. Les experts gouvernementaux ont non seulement de meilleures informations, mais ils savent aussi que la vie de millions de personnes dépend de leurs décisions, ce qui n’est pas le cas pour les soi-disant « experts ». Pourtant, les propos de ces experts reflètent, je pense, un consensus populaire grandissant.

Source : Le Saker

Via RI

 

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