L’Espagne a signé la déclaration condamnant les crimes de guerre russes et syriens à Alep la semaine dernière mais son nouveau gouvernement s’apprête à autoriser l’armada russe de la Flotte du Nord de mouiller au large de Ceuta pour refaire du carburant. Cette flotte, composée du porte-aéronefs Amiral Kouznetsov, du croiseur nucléaire Pierre-le-Grand (Piotr Velikij), navire amiral de la Flotte du Nord, de deux autres croiseurs, de trois navires de support et quatre corvettes ainsi que de sous-marins d’attaque, a traversé la Manche et s’apprête à franchir le détroit de Gibraltar, direction le port syrien de Tartous et sa base navale russe. Ce ne serait pas la première fois que des navires de guerre russes refont du carburant dans des ports espagnols. Aussi, l’Espagne avait-elle autorisé l’avitaillement à Ceuta, enclave espagnole au nord du Maroc. Mais le secrétaire général de l’#Otan, et le Foreign Office britannique notamment, ont interpelé le gouvernement espagnol, l’incitant à ne pas autoriser que l’armada russe mouille à Ceuta.

Déploiement de force

Le Royaume-Uni en particulier s’est inquiété d’un déploiement de forces navales et aériennes russes. De très nombreuses intrusions de chasseurs ou bombardiers russes sont fréquemment constatées. La #Russie multiplie les signaux belliqueux. La presse russe semble préparer les esprits à une guerre globale. Alors que la Flotte du Nord croise au large de l’Espagne et du Portugal, la Russie a diffusé la première photo de son missile #RS-28 Sarmat (dit Satan 2 par l’Otan) dont la portée est de 10 000 km et la vitesse de sept km/s. Ses 16 têtes nucléaires ont une puissance de 40 mégatonnes (deux-mille fois celle des premières bombes atomiques étasuniennes). Paris, mais aussi Londres, sont à sa portée. Une frappe sur Paris anéantirait pratiquement toute la France. Il pourrait bien sûr aussi atteindre les côtes américaines car il est présumé indétectable au cours de sa trajectoire. C’est d’ailleurs pourquoi l’armée américaine renouvelle sa défense radar et conçoit de nouveaux modèles. Ce n’est pas le seul missile très longue portée russe. Les impressionnants Yars RS-24 ou les RS-20 sont presqu’autant redoutables. Le Sarmat pourrait être mis en service vers la fin de l’année prochaine. L’Espagne a fait savoir en début d’après-midi qu’elle reconsidérait sa décision d’accorder escale à l’armada russe mais ne l’avait toujours pas annulée…

Au final – La Russie retire la demande de stationnement de ses navires en Espagne

Après avoir dans un premier temps donné son accord pour le stationnement des navires russes, l’Espagne a fait marche arrière sous pression de l’Otan. Suite à la menace de retirer l’autorisation de Madrid, Moscou a à son tour retiré sa demande.

L’ambassade russe en Espagne a confirmé que Moscou avait retiré sa demande d’autorisation d’entrée de ses navires dans le port de Ceuta. Madrid ferait marche arrière suite aux critiques de la part de l’Otan après avoir autorisé les navires russes, se dirigeant vers la mer Méditerranée, à jeter l’ancre dans des ports espagnols.

Le ministère espagnol des Affaires étrangères attend des explications de la part de Moscou sur les raisons du stationnement du groupe de navires russes avec le porte-avions Amiral Kouznetsov à sa tête. Au cas où l’escadre se dirige vers la Syrie, l’autorisation sera retirée. Toutefois, depuis 2011, le port de Ceuta, une esclave espagnole au Maroc, a, à lui seul, accueilli 60 fois des navires russes.

Et selon les médias, ses visites ont fait du bien à l’économie locale. Le 15 octobre, le groupe de navires russes dirigé par l’Amiral Kouznetsov a levé l’ancre pour faire route vers le nord-est de l’Atlantique et la mer Méditerranée.

La mission russe a été très mal perçue par les milieux militaires occidentaux. Pour sa part, le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg s’est montré préoccupé par le fait que l’Amiral Kouznetsov puisse être utilisé pour effectuer des tirs sur des groupes terroristes à Alep.

En outre, ce n’est pas la première fois que l’Espagne essuie des critiques de la part de l’Alliance après avoir autorisé des navires russes à stationner dans ses ports.

Les fonctionnaires de l’Otan ont qualifié ces démarches de Madrid de trahison, en l’accusant d’être une base majeure pour la Marine russe en Méditerranée.