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Archives de Tag: du Portugal

Appliquer les recettes du Portugal à la France ? Chiche !

Ces derniers temps, on a vu apparaître quelques ronflants articles sur l’actuelle réussite économique du Portugal. D’une publication à l’autre, une nouvelle réalité semble faire jour : le redressement de ce pays ne doit rien à la politique prônée par Bruxelles et montre d’excellents signes de retour à la santé alors même que les mesures prises par le gouvernement actuel sont en parfaite contradiction avec les recommandations officielles.

La presse semble unanime : ce redressement économique prend le contre-pied de Bruxelles, le plein emploi sera atteint alors qu’on fait l’inverse de ce qu’exigent les recettes turbolibérales (forcément turbolibérales) de l’Union Européenne, c’est même, comme l’écrit la brillante rédaction de La Dépêche, un « miracle embarrassant pour Bruxelles car il repose sur une politique anti-austérité ».

Pas de doute, l’ultraturbo-néolibéralisme ne fonctionne pas et son contraire, en revanche, fait des « miracles » ! Pour toute la clique de gauche, c’est fête à tous les étages et tout le monde reprend deux fois des nouilles.

Ou presque, parce qu’à bien y regarder, les rédactions qui se sont jetées sur cette nouvelle et ont fourni cette analyse, ainsi que tous ceux qui se sont empressés de les relayer fiévreusement sur les réseaux sociaux, additionnés d’un petit « Je te l’avais bien dit ! » tout à fait symptomatique d’une vision particulièrement biaisée de la réalité semblent, les uns comme les autres, avoir oublié quelques petits détails qui font une montagne de différence.

Dans un raccourci qui serait comique s’il n’était finalement à la fois le reflet d’une ânerie que certains pensent vraiment, dur comme fer, et la démonstration d’un biais de logique consternant, si le Portugal a vu passer son chômage de près de 18% en 2013 à 7% aujourd’hui (contre 9% pour la France), c’est bel et bien grâce à une augmentation du salaire minimum, des retraites, des allocations familiales, un bonne petite bastonnade taxation des plus riches et via une jolie diminution des impôts pour les classes moyennes et populaires.

Ben voyons. On se demande pourquoi en France, après avoir appliqué les recettes ci-dessus, on n’a pas obtenu le même résultat flamboyant que le Portugal. Zut alors : la logique est prise en défaut, mais cela n’a aucune importance. Sans doute n’en a-t-on pas fait assez !

parabole de l'aspirine (c) Maître Du Monde

La réalité est cependant nettement plus contrastée, et finalement pas tellement en faveur des discours résolument ancrés à gauche qui prévalent autour de la réussite portugaise.

D’une part, il faut bien se rappeler que le Portugal part de fort bas : la crise de 2008 a laissé des traces profondes dans le pays qui a subi une baisse de plus de 20% de son PIB entre 2008 (262 milliards de dollars) et 2016 (204 milliards). C’est une chute 5 points plus lourde que pour la France sur la même période.

Cette lourde chute a directement obligé le gouvernement de Pedro Passos Coelho (centre droite) alors en place à appliquer des mesures un peu plus vigoureuses que les petites limonades amusantes qui nous furent présentées, en France, comme de l’austérité. Ainsi, les dépenses publiques du pays ont chuté (oui, chuté, j’insiste) de 10% entre 2010 et 2018. Pour rappel, en France, dans le même temps, elles n’ont jamais cessé d’augmenter (oui oui, augmenté, j’insiste) – de 8% sur la même période.

Là où l’austérité française fut un véritable foutage de gueule institutionnel et politique seulement bon aux gargarismes populistes de nos politiciens les plus démagos, le Portugal a effectivement mis en place des mesures de redressements. Celles-là même que les économistes libéraux (et, incidemment, les gens de bon sens) recommandent, à savoir qu’un gouvernement dépense moins qu’il ne gagne, qu’il libère les énergies créatrices en abaissant les impôts après avoir diminué sa gloutonnerie, etc.

Et concrètement, le gouvernement portugais a, suite à la crise, mis en place de très nombreuses réformes : réforme des impôts (particuliers et sociétés), du marché du travail, de l’administration publique, libéralisation de l’économie par la promotion de la concurrence, réduction de la réglementation, introduction d’une règle d’or limitant les dépenses et le déficit et la réduction des délais de paiement, privatisations importantes à hauteur de 10 Md€ (transports terrestres et aériens, déchets, électricité, assurances, postes, etc.) ou restructuration (compagnies des eaux, rail), augmentation de l’âge de départ à la retraite (66 ans), allongement des heures de travail, diminution des effectifs de fonctionnaires et augmentation de leur temps de travail.

Et j’en passe.

Pendant ce temps, en France, …

À la suite de quoi, le Portugal a connu trois années de vaches maigres : dette, déficit public et chômage en hausses, croissance en berne, les années 2011 à 2014 furent difficiles pour le peuple lusitanien. En revanche, à partir de 2014, la tendance s’inverse nettement avec le retour de la croissance. Lorsque les élections ont lieu en 2017, le nouveau gouvernement bénéficie déjà d’une conjoncture favorable et peut commencer à distribuer quelques uns des dividendes des années précédentes de rigueur.

Autrement dit, les petits comiques qui utilisent l’actuel redressement économique du Portugal et proposent qu’on en applique ses recettes à la France réclament en fait une politique qui leur filerait immédiatement de l’urticaire : baisse des dépenses publiques, réformes structurelles massives, privatisations, recentrage de l’État, on est loin des colifichets et autres bricolages économiques approximatifs de la clique insoumise et de tous les nigauds qui s’abreuvent aux mêmes âneries, y compris dans l’actuel gouvernement ou, pire encore, dans l’opposition de droite (ou ce qui passe pour).

À juger les analyses qui sont faites du « miracle » économique portugais (qui n’est miraculeux que si l’on oublie tous les efforts faits en amont), on comprend que les gauchisteries économiques habituelles et la loi de la distribution tous azimuts de l’argent des autres ont encore de beaux jours en France.

Bien plus triste encore est l’inexistence en France du courage dont fit preuve le gouvernement portugais de Coelho : aucun des clowns actuellement au pouvoir ou aucun de ceux qui y prétendent dans notre pays ne semble en disposer.

Ce pays est foutu.

Source : H16

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Publié par le 23 août 2018 dans économie, général, International

 

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La plus grande banque du Portugal en difficulté, l’Etat appelé à la rescousse

La crise de la zone Euro prend un nouveau tournant avec les banques Italiennes et Portugaises qui ont de graves difficultés – Le Portugal et l’Union européenne se préparent à renflouer la plus grande banque du pays, la Caixa Geral de Depósitos, actuellement en graves difficultés. Ce plan de recapitalisation pourrait s’élever à 4,6 milliards d’euros.

«La commissaire à la concurrence Margrethe Vestager est parvenue la nuit dernière à un accord de principe avec les autorités portugaises sur la manière de permettre une recapitalisation de CGD au prix du marché», a déclaré la Commission européenne dans un communiqué publié ce mercredi 24 août.

Plusieurs leviers financiers vont être mobilisés pour venir en aide à la banque portugaise : l’Etat va d’abord directement injecter 2,7 milliards d’euros et faire un prêt de 900 millions d’euros. De son côté, la banque devra s’engager à des réductions de coûts significatives et un milliard d’euros doit être dégagé par la vente de titres de dette, ce qui porte le montant global de la recapitalisation à 4,6 milliards d’euros.

Les autorités portugaises ont du négocier avec les instances bruxelloises pour être autorisés à effectuer ce plan d’aide. En effet, Lisbonne s’est engagé auprès de Bruxelles à réduire son déficit budgétaire de 4,5% du PIB en 2015 à 2,5% en 2016.

L’accord conclu doit encore être validé par les 28 commissaires européens.

Première banque portugaise en termes d’actifs, la Caixa Geral de Depósitos avait pourtant réussi fin 2014, les tests de résistance de la Banque centrale européenne, mais la banque portugaise peine encore à se remettre de la crise économique.

Ce n’est pas la première fois que l’Etat portugais aide son secteur bancaire en difficulté : les contribuables avaient déjà été sollicités en août 2014 pour sauver la Banco Espirito Santo et la banque Banif en en décembre 2015. Ces opérations avaient coûté respectivement 4,9 milliards et 2,5 milliards d’euros à l’Etat et aux autres banques.

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Publié par le 28 août 2016 dans économie, général, International

 

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La Banco Espirito Santo fait trembler le Portugal, …. et l’Europe !

INFOGRAPHIE – La banque portugaise a encore perdu près de 8 % à la Bourse de Lisbonne. Le risque de défaut de paiement du groupe inquiète l’Europe.

Moins 30 % de capitalisation boursière en un mois pour la 1ere banque du Portugal !!! Autant dire la faillite ! Une affaire qui risque de mal se terminer, toutes les banques étant interconnectées et beaucoup exposées, comme lez CA   ! Revue de presse spéciale été  2013-2014 Z@laresistance 

Nouvel avis de tempête sur le Banco Espirito SantoLes difficultés financières que rencontre la première banque du Portugal font souffler un vent de panique depuis trois semaines sur le pays, à peine sorti de trois ans de tutelle internationale et dont l’économie reste très fragile. La banque a perdu en quelques mois plus de 30 % de sa capitalisation boursière. Inquiet des risques de contagion, le premier ministre, Pedro Passos Coelho, a appelé lundi la famille Espirito Santo – propriétaire du holding à l’origine des pertes – à négocier au plus vite une restructuration «ordonnée» de sa dette «afin d’éviter qu’un éventuel défaut de paiement ait un impact important sur l’économie du pays». L’affaire est prise au sérieux jusqu’à Berlin. Pour la chancelièreAngela Merkel, la crise de la banque «montre à quelle vitesse les marchés s’inquiètent et à quel point la structure de l’euro est fragile».

Après une brève accalmie mercredi à la suite de la nomination d’un nouveau PDG, le titre de la banque portugaise a de nouveau dévissé ce jeudi de près de 8 % à la Bourse de Lisbonne. Les marchés ont réagi à une nouvelle sanction des agences de notation. Moody’s a dégradé de «Ca2» à «Ca» la note de la dette à long terme de Espirito Santo Financial Group (ESFG), la plaçant à un cran du défaut de paiement. L’abaissement de deux crans de la note du principal actionnaire de la banque BES «reflète le risque accru d’un défaut du groupe», a expliqué l’agence américaine dans un communiqué. Un risque dû «à l’exposition élevée d’ESFG» aux holdings Espirito Santo International (ESI) et Rioforte, qui s’élevait fin juin à 2,35 milliards d’euros. Rioforte, qui n’a pas pu honorer une échéance de 847 millions d’euros auprès de son créancier Portugal Telecom, devrait être placé sous peu en redressement judiciaire. «Cette multitude de holdings et la difficulté d’identifier qui est exposé et à combien en raison de l’opacité a mis le feu aux poudres», rappelle l’économiste de Natixis Jésus Castillo.

Intervention de l’État

De son côté, le BES – soutenu par la Banque du Portugal – minimise le risque en mettant en avant 2,1 milliards d’euros d’excédent de capital par rapport au minimum réglementaire. Un montant suffisant pour couvrir une exposition au groupe Espirito Santo de 1,18 milliard d’euros. Pour autant, une augmentation de capital pourrait s’avérer nécessaire pour rassurer les marchés, qu’elle vienne de capitaux publics ou privés. «Si l’État a les moyens d’intervenir à hauteur de 6,4 milliards d’euros grâce à son fonds de restructuration bancaire, cela soulignerait une nouvelle fois les fragilités du système bancaire face à un choc externe», ajoute l’économiste de Natixis. Au risque de provoquer des tensions sur les marchés obligataires et de compromettre le redressement des finances publiques.

http://www.lefigaro.fr/societes/2014/07/18/20005-20140718ARTFIG00010-le-banco-espirito-santo-fait-trembler-le-portugal.php

 
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Publié par le 18 juillet 2014 dans économie, général

 

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