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« Poids des dettes : le scénario catastrophe du FMI » L’édito de Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Je dois vous avouer mes amis que je ne boude pas mon plaisir face aux titres apocalyptiques et “fin du mondiste” de la grande presse financière et des quelques organes de gouvernance de l’économie mondiale, parmi lesquels, évidemment, le FMI tient une place centrale.

Alors quand le FMI tremble devant le poids des dettes et que Les Échos titrent « Le scénario catastrophe du FMI », je me dis que finalement, je suis d’une trop grande sobriété.

Si Les Échos vous parlent d’une catastrophe, de vous à moi, il faut préparer vos abris immédiatement et n’oubliez pas la dotation réglementaire en boîte de raviolis bio de chez Carrefour et en filets de sardines à l’huile d’olive avec un zeste de citron.

Les boîtes de sardines ont cela de prodigieux qu’avec le temps, il en va des sardines comme du bon vin. Cela se bonifie avec le temps.

Mais cessons de parler cuisine.

Revenons à notre FMI.

Le FMI vient de mettre en exergue les fragilités du système financier international. « Dans leur document, les experts du Fonds ont élaboré un scénario catastrophe qui s’étale sur cinq ans jusqu’en 2022 sur la base des constats d’aujourd’hui. »

Cinq facteurs de fragilités

Après le blabla d’usage et de rigueur où il convient de saluer (le chapeau bien bas et avant de devoir le « bouffer ») « les mesures qui ont été prises à la suite de la crise de 2008 avec, notamment, un renforcement de la surveillance bancaire et financière sans oublier le renforcement des fonds propres des plus grandes banques », le FMI n’observe pas moins quelques faits alarmants.

Et pour notre FMI, il y a 3 facteurs principaux de vulnérabilité répertoriés.

1/ Il y a trop d’argent et à titre d’exemple, il n’y a plus que 2 000 milliards d’obligations de bonne qualité offrant un rendement supérieur à 4 % contre 16 000 milliards avant la crise de 2008.
Cela veut dire qu’il n’y a plus d’actifs rentables sur lesquels placer l’épargne abondante et liée à la création monétaire excessive…

2/ 135 000 milliards de dollars, c’est le montant des dettes publiques, des entreprises non-financières et des ménages des pays du G20, soit un endettement équivalent à environ 235 % du PIB en… moyenne. Ce n’est pas bon.

3/ La finance de l’ombre poursuit sa croissance et en Chine c’est là où ce serait le pire…
La finance de l’ombre chinoise inquiète.

Le meilleur pour la fin : la fin du monde selon le FMI

« Les ministres des Finances du G20 auront droit, vendredi, à un petit exercice d’alerte précoce où le FMI leur présentera son scénario catastrophe. Ce dernier se déroule en deux phases. Jusqu’à 2020, l’économie mondiale et les marchés suivent la tendance actuelle. Les marchés progressent, les taux d’intérêt restent bas, les dettes progressent encore.

« L’intensité du choc est égale à un tiers de celle enregistrée en 2008 »

À partir de 2020, le FMI imagine une hausse rapide des taux d’intérêt, une chute de 15 % des marchés et un recul de 7 % des prix de l’immobilier. En faisant tourner ses modèles économétriques, le résultat montre une production mondiale en chute de 1,7 % en moyenne. ”L’intensité du choc est égale à un tiers de celle enregistrée en 2008”, souligne l’institution. Chacun peut imaginer le désastre si d’aventure les marchés dévissent de manière plus importante. »

Ohhh, mes amis, c’est exquis, que dis-je, divin.

Attendez, je répète, je ne m’en lasse pas.

« Chacun peut imaginer le désastre si d’aventure les marchés dévissent de manière plus importante »…

Donc tout le monde sait bien que le prochain choc ne sera pas égal à un tiers de ce que fut celui de 2008, car la situation n’est pas deux tiers moins grave, mais tous les indicateurs se sont largement empirés.

Le prochain choc sera redoutable, et le système économique, tel qu’il est conçu, ne s’en remettra probablement pas, ce qui ne signifie pas que ce soit la fin du monde en tant que tel, mais bien la fin d’un système économique.

Un autre émergera, et devra d’ailleurs émerger, car tous les paramètres du système actuel sont au rouge.

Ce système est au bout du rouleau, et les premières victimes seront les actifs purement financiers et virtualisés qui s’évaporeront au premier coup de canon.

Celles et ceux qui me lisent régulièrement savent imaginer le “désastre” à venir.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

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Publié par le 12 octobre 2017 dans économie, général, International

 

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La différence entre l’or et la croissance des dettes

central banks printig monney

De 2003 à 2014, la croissance de la dette des États-Unis a été si rapide que l’on aurait pu acheter – toutes les 10 heures – la totalité de l’argent physique circulant dans le monde.

Seuls environ 1 000 millions d’onces d’argent physique, d’une valeur de 15,2 milliards de $, est disponible sur la planète.

Le monde s’est infligé environ 60 000 milliards de $ de dette depuis 2007. Une dette globale en grande partie imputée aux dettes souveraines, créées à partir de déficits budgétaires sur les programmes sociaux, les guerres, et bien plus encore. Aujourd’hui, le monde a probablement extrait 30 000 tonnes d’or, soit environ 950 millions d’onces, d’une valeur d’un peu plus de mille milliards de $, sur la base des prix de septembre 2015. Il est facile de créer de la dette. Les banques centrales « impriment » de la monnaie pour alimenter la dette par des crédits, ce qui amène cette monnaie papier à exister. La dette augmente, la monnaie en circulation augmente et, jusqu’à ce que ce mécanisme crash, la vie n’est belle que pour l’élite financière et politique. Mais la dette augmentant 60 fois plus rapidement que l’or, cela indique que la dette croît trop rapidement et pourrait provoquer une remise à zéro des compteurs.

Cet enchevêtrement de la dette engendre des contreparties et des conséquences inattendues. David Stockman, ancien homme d’affaires et ancien directeur de l’Office of Management and Budget pendant la présidence de Ronald Reagan, continue à dépeindre un tableau très sombre. « Qu’est-ce qui se passe lorsque la dégradation financière arrive et qu’il y a un grand appel de la marge. Tout le monde dit : ‘Je veux mon argent et je vais prendre votre collatéral si je ne l’obtiens pas. Si je prends votre collatéral, je vais le vendre au meilleur prix que je puisse obtenir et couper mes pertes.’ C’est donc un vrai château de cartes. »

Avant de laisser poursuivre David Stockman, une petite remarque sur les « contreparties » et le « collatéral ». Aujourd’hui une grande partie de l’activité sur le marché des produits dérivés de gré à gré est sous-collatéralisée. Les contreparties centrales (CCP) devraient permettre d’améliorer le niveau de collatéralisation des marchés dérivés, et réduire ainsi le risque de contrepartie associé. Toutefois, cet avantage lié à la compensation centralisée ne sera pas maximum si les différentes contreparties centrales actives sur le marché ne sont pas reliées entre elles (ou interconnectées). En outre, dans le cadre des marchés de gré à gré, les grandes banques réutilisent souvent le collatéral reçu, assorti d’un droit de réutilisation appelé réhypothécation.

« L’ensemble de la pyramide de la dette, et de ce que nous appelons l’hypothèque et la réhypothécation des actifs financiers, est une véritable bulle. Voilà ce que les gens n’ont pas suffisamment en tête. Bien sûr, vous pouvez penser à des actions qui sont des bulles, comme Tesla et son prix actuel d’environ 250 $, ou l’indice de biotechnologie qui se négocie à des centaines de fois les bénéfices. C’est fou. Mais ce qui est réellement fou, c’est toute cette dette qui a été créée et a été transformée en collatéral, pour être à nouveau emprunté contre des garanties, le tout à un rythme très élevé. Ce tout est très instable et chancelant à l’heure où nous parlons. Une grande partie de ce crédit garanti créé est un jeu basé sur la confiance. C’est une chaîne, et quand la confiance sera cassée et que cela commencera à détendre la chaîne, l’encours de la dette va diminuer. Cela va casser le système financier ».

Comment se protéger alors ? Où peut obtenir un investissement sûr ? Des obligations, des bons du Trésor ?

Du cash, du liquide, du physique encore est toujours

« Oubliez les bons du Trésor américain », prévient Laurence Kotlikoff, professeur d’Economie à l’université de Boston. « Je pense qu’ils représentent les titres les plus risqués dans le monde, parce que les taux d’intérêt sont susceptibles de monter. Je pense que la Fed va devoir continuer à imprimer de l’argent parce que le Congrès ne paie pas nos factures, et que cela va amener de l’inflation par la suite. Je pense donc que les bons du Trésor sur le long terme sont extrêmement risqués et qu’ils peuvent chuter de 5%, 10% ou 20% du jour au lendemain. Cela pourrait mettre ma banque, qui était considéré comme parfaitement sûr jusqu’aujourd’hui, hors du coup. Donc, nous pourrions avoir une inflation qui décolle, et des taux d’intérêt qui montent. Nous pourrions avoir des banques en défaut, et cela pourrait être contagieux pour les autres banques. Voilà le scénario. »

diff entre or physique et dette basé sur de la monnaie papier

Le salut passe par « le cash », explique David Stockman. « Maintenez des positions courtes et gardez de la trésorerie à disposition, parce que nous entrons dans l’effondrement déflationniste. Nous allons vers une grande remise à zéro sur les marchés financiers, la valeur des actifs gonflés, les prix des obligations et des cours boursiers vont pointer dramatiquement bas. Comme une chose en entraine une autre, il y aura des grandes opportunités après cette dislocation pour acheter des actifs beaucoup moins chers que leurs prix d’aujourd’hui. »

Stockman estime que l’ensemble du système se dévide quelque temps avant que la course à la présidentielle US de 2016 ne soit terminée.

Les points critiques vis-à-vis de la dette :

  • Les appels de marge viennent lorsque les marchés sont en ruptures, comme maintenant.
  • Puis nous découvrons qui a « nagé à poil » pour plagier Warren Buffet.
  • La chaîne des actifs douteux, hypothéqués et réhypothéqués soutenant des prêts massifs, se brise. Le risque de contrepartie peut submerger le système financier.
  • La tour de la dette, cet édifice imposant, est instable et survit principalement en raison de la confiance, jusqu’à ce que la confiance se brise comme cela s’est passé il y a sept ans.
  • Un effondrement de la confiance se produit avec un effondrement des prix des obligations et des actions. Étant donné que les milliers de milliards de $ en obligations ont été si gonflés, au point d’avoir des rendements négatifs ou proche de zéro, il y a une énorme marge pour une correction substantielle sur le marché obligataire haussier des 35 dernières années.
  • Lorsque les entreprises supportent des obligations vieilles de 100 ans, la bulle obligataire touche à sa fin inévitable.
  • Aux États-Unis, les actions subissent une correction ou vont au crash environ tous les sept ans. Le SP 500 a atteint un niveau record en mai 2015, soit sept ans depuis sa dernière grande sortie de route. Il existe un revers considérable face à nous, même si la Fed mouline à coup de QE4 et QE5 pour sustenter le marché boursier.
  • Question : Si la Fed est « l’acheteur en dernier recours », à qui la Fed vendra-t-elle ? Le problème avec ce territoire monétaire inconnu dans lequel la Fed a conduit le monde, c’est que les conséquences désagréables et imprévues sont encore à venir.

Les points critiques vis-à-vis de l’or :

  • Pas de risque de contrepartie. Il n’y a pas de guirlandes d’actifs hypothéqués pour l’or physique. Si vous possédez de l’or papier, réfléchissez à nouveau sur le risque de contrepartie. Si vous pensez que vous êtes le propriétaire de l’or, mais que votre sympathique banquier a vendu, prêté ou loué votre or à plusieurs reprises, il y aura un problème lorsque vous souhaiterez retirer votre or de ce labyrinthe bancaire. Pire encore, le banquier a peut être volé l’or et laissé une reconnaissance de dette dans le coffre. Bien sûr, certaines personnes font confiance à leurs banquiers et ne se sentent pas concernées… Malgré les amendes, les malversations, les preuves et les poursuites devant la justice.
  • Fort Knox détenait 147 millions d’onces d’or au dernier comptage… il y a de nombreuses décennies. Depuis le dernier audit effectué, il y a maintenant 60 ans, il existe un risque pour que le Fort Knox « Bullion Depository » (le dépôt de lingot d’or) ne soit en fait que le Fort Knox Delusion. Apparemment, le système du « faire confiance, mais vérifier », n’est plus viable, il faut donc agir en conséquence. La confiance dans le système monétaire mondial sera ébranlée si le contenu réel de Fort Knox ne correspondait pas à celui qui avait été affirmé. Ne vous attendez donc pas à l’arrivée d’un réel audit de sitôt.
  • L’or physique stocké en toute sécurité à l’extérieur du système bancaire n’a aucun des problèmes mentionnés ci-dessus. La même chose est vraie pour l’argent.

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Publié par le 16 octobre 2015 dans économie, général, or et argent métal

 

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