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Le bitcoin : l’arme secrète des banques pour tuer l’or ?

[titre article pour referencement]

Il est évident que les élites ont la main sur un outil si important que le BTC depuis le début . On a même déjà évoqué sa création par l’état profond étasunien, mais je pense que ça va bien plus haut . C’est que le BTC a diverse utilités, notamment celle de remplacer l’or comme valeur refuge et de préparer le public à la dématérialisation de la monnaie (fin du cash) .  Entre autres .. Z . 

Selon certains économistes, l’engouement pour le bitcoin aurait été favorisé par le milieu bancaire pour écarter l’or et l’argent face aux différentes crises de ces 10 dernières années.

Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui pensent que le bitcoin a attiré tous les investisseurs qui, normalement auraient dû se tourner vers les métaux précieux pour contrecarrer les manipulations des banques et reprendre la main sur leur capital. Franchement, y voir une coïncidence au sortir de la plus grosse crise financière de ces 50 dernières années semble bien naïf. Évidemment, le phénomène bitcoin n’est pas né du hasard et le timing apparaît particulièrement bien tombé pour permettre une reconstitution rapide des centaines de milliards de dollars-dettes perdus dans la bataille des subprimes.

Des faits troublants

On pourrait s’étonner par exemple qu’à l’heure où plus rien ni personne ne saurait rester masqué grâce à l’interconnexion de tous les réseaux à travers le globe, on n’arrive toujours pas à savoir précisément qui a inventé le bitcoin. On pourrait également trouver curieux que la NSA se retrouve impliquée à un moment ou à un autre du processus, même si on a tenté de faire oublier ce détail. Pour rappel, un rapport très complet publié par l’agence en 1997 et intitulé « How to make a mint : The cryptography of anonymous electronic cash » détaillerait tout l’écosystème du Bitcoin en allant même jusqu’à évoquer les risques de blanchiment d’argent. Je vous laisse trier le bon grain de l’ivraie autour de cette histoire grâce à notre ami Google qui en sait de toute façon bien moins que ce qu’on aimerait qu’il nous en dise.

Enfin, on pourrait s’interroger sur l’engouement premier des institutions bancaires et politiques pour ce qui aurait au contraire dû, au mieux les laisser indifférent, au pire les inquiéter.

Des autorités étrangement favorables… au début

Ainsi, alors que l’économiste reconnu Milton Friedman appelait lui-même de ses vœux la création d’une monnaie virtuelle permettant de réaliser destransactions anonymes sur Internet (en gros, la porte ouverte au cyber-crime organisé), on voit apparaître dès le mois d’octobre 2012 (en pleine crise de l’euro) un rapport de la Banque Centrale Européenne sur les monnaies virtuelles qui compare finalement le bitcoin au cash en n’y voyant ni plus ni moins d’avantages ou d’inconvénients.

De leur côté, les Américains ne sont pas en reste et, en octobre 2013, quelques jours à peine après que l’Allemagne a octroyé au bitcoin le statut officiel de monnaie privée, Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale des États-Unis, adresse une lettre à un comité du Sénat dans laquelle il présente le Bitcoin comme un système de paiement rapide, sûr et efficient. En novembre de la même année, la FED en remet une couche en accompagnant cette fois ses avis positifs par l’aval du Département Américain de la Justice qui qualifie alors le bitcoin de monnaie « légitime ».

Un peu trop gros…

Je crois que c’est là que le poisson est devenu trop gros. Ils en ont trop fait pour qu’on ne les soupçonne pas d’avoir été plus ou moins impliqués dans la création de ce nouveau monstre financier dont le fonctionnement cumulait tous les excès du capitalisme spéculatif le plus pur, et il a bien fallu qu’ils fassent machine arrière.

Car, au lieu de créer la confiance, tout cet enthousiasme bon enfant a surtout fini par éveiller la méfiance. Et après avoir bien progressé durant 3 ou 4 ans, les cours du bitcoin ont commencé à accuser le coup. Et certains “crypto-activistes” se sont dit que l’intérêt des pouvoirs publics allait forcément se transformer un jour ou l’autre en appétit et que ce beau projet libertaire allait, comme tous les autres, finir sous la domination des institutions financières classiques.

Mais au fait, quel aurait été l’intérêt des institutions financières pour le bitcoin ? On a souvent dit que le bitcoin et l’or répondaient à des mécanismes similaires et qu’ils avaient également tendance à se comporter plus ou moins de la même façon. En économie, on a même été jusqu’à qualifier le bitcoin de “monnaie pseudo métallique” : rareté, quantité finie, difficulté d’obtention (par “minage” même si ça ne signifie pas exactement la même chose dans les deux cas), etc. Or, selon certains experts de l’investissement, cette comparaison est un non-sens, car s’il y a bien une chose qui pourrait faire exploser le bitcoin, c’est bien un retour en grâce des métaux précieux.

Banques et Bitcoin, même combat contre l’or

En effet, d’un côté on a une monnaie virtuelle, sans contrepartie physique, sans aucune matière sous-jacente et donc susceptible d’être réduite à néant en quelques clics. De l’autre côté, on a une monnaie physique, universellement reconnue, dotée d’une valeur intrinsèque historique, incontestable, parfaitement convertible et dont même les banques centrales constituent des stocks considérables en guise de réserves de valeur. Si cette dernière “monnaie” devait tout à coup être présentée avec autant de qualités et de complaisance que les institutions financières modernes en ont mis pour vanter les mérites du bitcoin, il est évident qu’entre acheter une pseudo devise numérique impalpable, susceptible de disparaître à la première coupure de courant, et de bonnes et belles pièces d’or ou d’argent, inaltérables, éternelles et universellement convertibles, les investisseurs auraient vite fait de choisir. Et pas forcément en faveur du bitcoin.

Seulement voilà, l’or et l’argent, les banques n’en veulent plus car ils mettent à mal leur belle mécanique de monnaie-dette mise en place depuis plus de 40 ans maintenant par les Américains. Et étrangement, ce sont ces mêmes métaux précieux qui, en étant subitement prisés par les investisseurs ou les épargnants pourraient reléguer les crypto-devises au rang de curiosités amusantes permettant au mieux à quelques geeks de s’échanger des artefacts virtuels sur des jeux en réseau.

Bitcoin et banquiers ont donc bien le même ennemi: l’or. On comprend mieux alors l’intérêt des banques à booster les cyber-monnaies à leur démarrage pour mieux écraser les métaux précieux. De là à imaginer qu’elles aient pu, à un niveau ou un autre, influer sur leur création, je laisse cette supposition à ceux qui voudront s’amuser à décortiquer d’éventuels nouveaux complots.

Réactions des premiers acteurs du marché de l’or

Toujours est-il que cet engouement pour les bitcoins et consorts n’a pas été du goût de tout le monde. À commencer par les Chinois qui, eux en revanche, aimeraient bien mettre à mal l’hégémonie du dollar et, grâce à leur position de leader sur le marché de l’or, placer ce dernier comme alternative crédible à un éventuel futur nouveau système monétaire international. De fait, dès le 5 décembre 2013, la Banque centrale de Chine annonce qu’elle incite les institutions financières et bancaires du pays à ne pas utiliser le bitcoin. Et quand le régime chinois “incite”, ça sonne un peu comme une interdiction à laquelle il serait prudent de ne pas déroger…

Dans la foulée, l’Inde (autre gros acteur du marché de l’or) s’émeut également et publiquement de la forte poussée des cours de la crypto-monnaie et même la Banque de France (dont on commence à l’époque à dire qu’elle se rapproche de plus en plus des intérêts Russes et Chinois face à un Oncle Sam de plus en plus dominateur) publie également une note assez hostile au Bitcoin. Alors qu’elle n’était pas si inquiète que cela quelques mois auparavant.

Première conséquence, les cours du bitcoin s’effondrent et évoluent désormais entre 400 et 500 dollars après avoir valu plus du double quelques semaines auparavant. Mais ce n’est que temporaire et la vraie carrière de rebelle du bitcoin ne fait que commencer. Lâchée officiellement par de plus en plus d’États et de gros acteurs politiques et économiques mondiaux, la crypto-devise redore son blason de monnaie libre et indépendante. Sa valeur repart à la hausse et, cette fois, plus rien ou presque ne l’arrêtera jusqu’à atteindre près de 20000 dollars3 ans plus tard.

L’or a perdu une bataille, mais le bitcoin n’a pas gagné la guerre

C’est clair, jamais l’or ne pourra rivaliser avec de telles performances. Les banquiers sont satisfaits, rassurés et, en dépit de tout le mal qu’ils ont pu dire de cette vilaine crypto-devise depuis 2014, les voilà presque réconciliés avec le bitcoin, au point qu’il en viennent désormais à créer de nouveaux instruments financiers destinés à faire entrer la monnaie virtuelle dans l’économie mondiale par la grande porte : les marchés boursiers !

Entre-temps, on a inventé les ICO (des levées de fonds équivalant à plusieurs millions de dollars à base de bitcoins… qui restent néanmoins interdites en Chine), de nombreux États (dont la France) ont autorisé les transactions en bitcoin, idem pour de grosses entreprises au nombre desquelles on trouve même Microsoft, Dell ou Apple qui ont accepté d’échanger de vrais produits manufacturés contre une monnaie complètement dématérialisée. Sans oublier toutes ces institutions et ces sociétés qui proposent désormais de vendre de l’immobilier ou même des métaux précieux contre du bitcoin.

Oui, vous avez bien lu, de l’or et de l’argent contre des bitcoins ! En France, on trouve déjà le Comptoir de Change Opéra (CCO) qui propose lingots, onces et pièces d’or et d’argent contre bitcoins, mais nos voisins Suisses qu’on imaginait plus cartésiens semblent eux avoir carrément perdu la tête face à la crypto-devise puisque vous pouvez désormais acheter des lingots et des pièces en or et en argent contre des bitcoins chez Lingot Swiss, bitcoincommodities.com, jmbullion.com, bitgild.com, amagimetals.com, etc. Je vous épargne toutes les autres plateformes internationales similaires dont la stratégie revient en fait àéchanger de vraies richesses contre des fausses.

Le début de la fin pour le bitcoin ?

Là encore, seuls ceux qui possèdent un nombre suffisant de bitcoins seront en mesure de les convertir en métaux précieux (ou en d’autres biens qualifiés de valeurs refuges comme de la joaillerie, des œuvres d’art, voire de l’immobilier à terme). Mais, au final, que pensez-vous qu’il va alors se passer ?

Les anciens millionnaires en bitcoins qui seront devenus millionnaires en or, en argent, en œuvres d’art ou même en immobilier, vont-ils se contenter des rendements faméliques qu’on leur consent actuellement sur la base de leur nouveau patrimoine ? Vont-il accepter d’être taxés, voire surtaxés, sans chercher par un moyen ou par un autre à redynamiser le marché des biens physiques qui constituent désormais leur nouvelle fortune ?

Car, qu’ils soient millionnaires en bitcoin ou en euros, Bercy a bien prévenu les Français : toute plus-value, même virtuelle devra être imposée. Et la détention d’un compte en bitcoin entrera de plein droit dans le patrimoine de son propriétaire. Idem pour les transactions : les gains tirés de la vente de bitcoins seront soumis à l’impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices non commerciaux (BNC) si les transactions sont occasionnelles, mais constitueront une activité professionnelle taxée comme telle dès lors que les transactions deviendront régulières. Enfin, les dons de bitcoins seront soumis aux droits de mutation à titre gratuit et, là encore, donneront lieu à une imposition adaptée.

Donc, quitte à se retrouver de toute manière sous le giron fiscal de l’État, sans doute est-il plus raisonnable de disposer de vraies richesses tangibles, comme l’or et les métaux précieux qui ont toujours servi de valeurs-refuges.

Pour l’instant, les marchés boursiers sont en hausse, même si on ne sait plus trop pourquoi. Mais il suffit qu’une mauvaise conjoncture fasse redescendre les indices pour que, à l’instar de ce qui s’est passé entre 2009 et 2011, les investisseurs se remettent à se couvrir pour limiter leurs pertes. La question est alors simple : vont-ils se précipiter vers les bitcoins dont ils ne pourront sans doute jamais faire autre chose que de les échanger entre eux tant que les systèmes informatiques le leur permettront, ou bien vont-ils revenir vers les actifs tangibles qui ont toujours permis aux individus de traverser TOUTES les crises de l’histoire : l’or, l’argent et l’immobilier ?

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Que faire des banques ? Des mesures immédiates pour aller vers la socialisation

Neuf ans après le début de la crise financière qui continue à produire ses effets délétères à travers des politiques d’austérité imposées aux populations, il est temps de revenir sur les engagements pris à l’époque par les banquiers, financiers, politiques et organismes de contrôle. Ces quatre acteurs ayant gravement failli nous promettaient à l’époque la moralisation du système bancaire, la séparation des banques de détail des banques d’investissement, la fin des bonus et des rémunérations exorbitantes, et enfin le financement de l’économie réelle. Nous ne les croyions pas à l’époque et nous avions raison. En lieu et place de moralisation du système bancaire, nous n’avons qu’une longue liste de malversations révélées au grand jour par les faillites des banques qui se succèdent depuis celle de Lehman Brothers le 15 septembre 2008.

 

Les mots précédés d’un astérisque (*) sont définis dans le glossaire se situant au bas de cet article.

Si on se contente de lister les sauvetages intervenus depuis 2012, on peut mentionner :Dexia en Belgique et en France (2012, 3e sauvetage), Bankia en Espagne (2012),Espirito Santo (2014) et Banif (2015) au Portugal, Laïki et Bank of Cyprus à Chypre (2013), Monte dei Paschi, Banca delle Marche, Banca Popolare dell’Etruria e del Lazio, Carife en Italie (2014-2015), NKBM en Slovénie (2012), SNS Reaalaux Pays-Bas (2013), Hypo Alpe Adria en Autriche (2014-2015), n’en sont que quelques exemples. Le plus grave est que les pouvoirs publics ont décidé de couvrir les exactions de ces banques en faisant supporter les conséquences des agissements coupables des dirigeants et des actionnaires par la population. La séparation des banques des *banques de dépôt et des *banques d’affaires reste toujours un vœu pieux. La soi-disant réforme bancaire engagée en France en 2012 par Pierre Moscovici, ministre de l’économie et des finances, n’aura été qu’une fumisterie. Interrogé le 30 janvier 2013 par Karine Berger, rapporteur de la loi de séparation et de régulation des activités bancaires pour savoir quelle est la part des activités spéculatives concernée par la loi, Frédéric Oudéa, PDG de la Société Générale, déclarait : « Cela représente entre 3 et 5 % de nos activités de BFI, qui représentent elles-mêmes 15 % des revenus totaux de la banque. » Ce qui fait entre 0,5 % et 0,75 % des revenus totaux de la banque. En ce qui concerne les rémunérations des banquiers, le plafonnement de la part variable décidé par le Parlement européen le 16 avril 2013 a eu pour conséquence immédiate… l’augmentation de la part fixe des rémunérations et le recours à une disposition dérogatoire prévue par la loi. Enfin, pour ce qui est du financement de l’économie réelle, les efforts déployés jusqu’à aujourd’hui par les *banques centrales, la *BCE en particulier, se sont révéler impuissants à enclencher un moindre début de reprise de l’économie.

Parce que nous pensons, notamment à la lumière de l’expérience grecque, que les banques sont un enjeu essentiel à tout projet de changement social, nous proposons ci-dessous les mesures immédiates à prendre pour atteindre les six objectifs suivants :

  • 1. Restructurer le secteur bancaire
  • 2. Eradiquer la *spéculation
  • 3. Mettre fin au secret bancaire
  • 4. Réguler le secteur bancaire
  • 5. Financer autrement les dépenses publiques
  • 6. Renforcer les banques publiques

Dans une seconde partie, nous développons nos arguments en faveur de la socialisation du secteur bancaire.


I. MESURES IMMEDIATES


1. Restructurer le secteur bancaire

Réduire radicalement la taille des banques afin de supprimer le risque « trop grande pour faire faillite » que représentent les *banques systémiques |1|.

Séparer les *banques de dépôt et les *banques d’affaires. Les *banques de dépôt seront les seules institutions financières autorisées à collecter des dépôts auprès des épargnants et à bénéficier d’un soutien public (garantie publique des dépôts d’épargne et accès à la *liquidité de la *Banque centrale). Ces *banques de dépôt ne seront autorisées à octroyer des prêts qu’aux particuliers, aux entreprises et aux acteurs publics locaux et nationaux. Il leur sera interdit de mener des activités sur les *marchés financiers. Cela veut dire qu’il leur sera interdit de faire de la *titrisation : les crédits ne peuvent pas être transformés en titres négociables et les *banques de dépôt doivent conserver dans leurs livres de compte jusqu’à leur remboursement définitif les crédits qu’elles ont consentis. La banque qui a consenti un crédit doit en porter le risque.

Les *banques d’affaires ne doivent bénéficier d’aucune garantie publique, en cas de faillite les pertes seront intégralement assumées par le secteur privé, à commencer par les actionnaires (sur l’ensemble de leur patrimoine, voir plus bas).

Interdire les relations de crédit entre *banques de dépôt et *banques d’affaire. D’accord avec Frédéric Lordon pour imposer un véritable ’apartheid’ entre *banque de dépôt et banque d’affaires, une *banque de dépôt ne pourra en aucun cas être impliquée dans une relation de crédit avec une *banque d’affaires |2|.


2. Eradiquer la *spéculation

Interdire la *spéculation. Comme le propose Paul Jorion, il faut interdire la *spéculation.« En France la *spéculation a été autorisée en 1885, en Belgique en 1867. La *spéculation était d’ailleurs définie très clairement par la loi qui visait à « interdire les paris à la hausse ou à la baisse sur des titres financiers ». Avec une telle interdiction, les gens qui la pratiquent seraient en infraction ; qu’ils se trouvent dans une banque X ou Y, cela ne changerait rien » |3|. On peut ajouter que les banques qui spéculent pour le compte de clients ou pour leur propre compte seront condamnées.

L’acquisition par une banque ou une autre institution financière d’un bien matériel (matières premières, aliments, terres, immeubles…) ou d’un titre financier (*actions, *obligations ou tout autre titre financier) dans le but de spéculer sur son prix sera interdite.

Interdire les *produits dérivés. Cela signifie que les banques et autres institutions financières qui veulent se couvrir contre les risques de différents types (risques de change, de taux d’intérêt, de défaut de paiement…), doivent revenir à des contrats d’assurance classiques.

Obliger les *banques d’affaire à demander une autorisation préalable de mise sur le marché de produits financiers. Tout produit financier nouveau (les *produits dérivés ne sont pas concernés ici puisqu’ils sont interdits) devra être soumis aux autorités de contrôle par les *banques d’affaires afin d’obtenir une autorisation avant d’être mis sur le marché.

Séparer les activités de conseil et les *activités de marché. D’accord également avec l’économiste belge Eric de Keuleneer qui propose de séparer les activités de conseil et les *activités de marché : « Il est en effet anormal que des banques prennent des risques de placement de titres, et conseillent leurs clients quant à la qualité de ces titres, ou soient actuellement en mesure de spéculer sur l’or, tout en conseillant de façon « désintéressée » à leurs clients d’acheter de l’or. » Pour cela il propose de recréer la fonction de courtage.

Interdire le *trading de haute fréquence et le *shadow banking. Limiter strictement ce qui peut être mis dans le *hors-bilan |4|. Interdire les *ventes à découvert et les *ventes à nu.


3. Mettre fin au secret bancaire

Interdire les *marchés financiers de *gré à gré. Toutes les transactions sur les *marchés financiers doivent être enregistrées, traçables, réglementées et contrôlées. Jusqu’ici, les principaux *marchés financiers sont de *gré à gré, c’est-à-dire qu’ils ne sont soumis à aucun contrôle : il s’agit du marché des changes (5 300 milliards de dollars chaque jour) |5|, du marché des *dérivés, du marché des matières premières et des produits agricoles |6|…

Mettre fin au secret bancaire. Les banques doivent avoir l’obligation de communiquer toutes les informations sur leurs responsables, leurs différentes entités, leurs clients, les activités qu’elles exercent et les transactions qu’elles réalisent pour le compte de leurs clients et pour elles-mêmes. De même, les comptes des banques doivent également être lisibles et compréhensibles. La levée du secret bancaire doit devenir un impératif démocratique minimal pour tous les pays.

Concrètement cela signifie que les banques doivent tenir à la disposition de l’administration fiscale :
- une liste nominative des bénéficiaires d’intérêts, de dividendes, de plus-values et autres revenus financiers ;
- les informations sur les ouvertures, les modifications et les fermetures de comptes bancaires en vue d’établir un répertoire national des comptes bancaires ;
- toutes les informations sur les entrées et sorties de capitaux avec en particulier l’identification du donneur d’ordre.

Interdire les transactions avec les paradis fiscaux. Il faut interdire aux banques toute transaction avec un *paradis fiscal. Le non-respect de l’interdiction doit être assorti de sanctions très lourdes (pouvant aller jusqu’au retrait de la licence bancaire) et du paiement de lourdes amendes.


4. Réguler le secteur bancaire

Exiger des banques une augmentation radicale du volume de leurs *fonds propresen rapport avec le total du *bilan |7|. Alors que les *fonds propres sont en général inférieurs à 5 % du *bilan de la banque, nous sommes favorables à porter leur minimum légal à 20 %.

Interdire la socialisation des pertes des banques et des autres institutions financières privées. Il s’agit d’interdire aux pouvoirs publics de mettre à la charge des finances publiques des dettes privées.

Restaurer la responsabilité illimitée des grands actionnaires en cas de faillite. Le coût de la faillite doit pouvoir être récupéré sur l’ensemble du patrimoine des grands actionnaires (personnes physiques ou entreprises/personne morale).
En cas de faillite, les clients de la *banque de dépôt doivent continuer à bénéficier d’une garantie d’État pour leurs dépôts, limitée au montant raisonnable d’épargne d’un ménage moyen-supérieur (estimé aujourd’hui à 150 000 euros, montant à soumettre au débat démocratique).

Taxer fortement les banques. Les bénéfices des banques doivent être soumis strictement aux dispositions légales en matière d’imposition des sociétés. En effet actuellement le taux effectivement payé est très nettement inférieur au taux légal lui-même largement insuffisant. Les transactions bancaires sur les devises |8| et sur les titres financiers doivent être taxées. Les dettes bancaires à court terme doivent être taxées afin de favoriser le financement à long terme.

Poursuivre systématiquement les dirigeants responsables de délits et de crimes financiers et retirer la licence bancaire aux institutions qui ne respectent pas les interdictions et se rendent coupables de malversations.

Sauver les banques d’une autre manière. Outre les dispositions mentionnées plus haut : responsabilité illimitée des grands actionnaires (sur leur patrimoine global), garantie des dépôts jusque 150 000 euros, interdiction de mettre des dettes privées à la charge des finances publiques, il s’agit de créer un mécanisme de mise en faillite ordonnée des banques avec la création de deux structures : une banque de défaisance privée (à charge des actionnaires privés et sans aucun coût pour les pouvoirs publics) et une banque publique vers laquelle sont transférés les dépôts ainsi que les actifs sains. Certaines expériences récentes peuvent servir de source d’inspiration, notamment l’expérience islandaise engagée depuis 2008 |9|.


5. Financer autrement la dette publique

Imposer aux banques privées la détention d’un quota de titres de la dette publique.

Donner pour mission nouvelle à la *Banque centrale d’octroyer des prêts à taux zéro aux pouvoirs publics. A l’inverse de ce qui est pratiqué par la *BCE du fait des traités européens, la *banque centrale serait en capacité de permettre un financement à taux zéro de l’État et de l’ensemble des structures publiques (collectivités, hôpitaux, organisme de logement social, etc.) afin de mener des politiques socialement justes inscrites dans la transition écologique.


6. Renforcer les banques publiques existantes 
et en recréer dans les pays où elles ont été privatisées (bien sûr en les soumettant comme toutes les autres banques aux mesures concrètes mentionnées plus haut). En France, s’est mis en place en 2012 un collectif « Pour un Pôle Public Financier au service des Droits ! » |10| favorable à la création d’un pôle public bancaire. Mais le grave inconvénient de ce projet est qu’il ne va pas au fond des choses car il laisse subsister, à côté d’un pôle public insignifiant, des banques privées et un pôle mutualiste qui n’a de mutualiste que le nom. Dans le cas de la Belgique où le gouvernement a privatisé les dernières banques publiques dans les années 1990, l’État a racheté en 2011, la « partie » banque de Dexia et en est actionnaire à 100 %. Dexia Banque est devenue Belfius et garde un statut privé. Il faut que Belfius devienne une véritable banque publique et qu’on y mette en pratique les mesures concrètes formulées plus haut. Le montant payé par l’État s’élève à 4 milliards d’euros, ce que la commission européenne a considéré elle-même comme tout à fait exagéré. Ce qu’il aurait fallu faire : Belfius aurait dû être constituée sans coût pour les finances publiques comme institution bancaire publique bénéficiant des dépôts des clients chez Dexia Banque et de tous les actifs sains. Cette banque aurait dû être mise sous contrôle citoyen. Les conditions de travail, l’emploi et les revenus du personnel auraient dû être garantis tandis que les rémunérations des dirigeants auraient dû être nettement réduites. Il fallait interdire aux administrateurs et directeurs d’avoir un mandat dans une institution privée. Les dirigeants de Dexia auraient dû être poursuivis en justice par le ministère public pour les différents délits qu’ils ont commis. Le rapport d’information du Sénat n° 58 sur la Société de financement local évalue à environ 20 milliards d’euros (13 milliards pour la France dont 6,6 milliards affectés à la recapitalisation et le reste à la prise en charge d’une partie des indemnités de remboursement anticipé des emprunts toxiques ; 6,9 milliards d’euros pour la Belgique, correspondant à la nationalisation de Dexia Bank Belgique et à la recapitalisation de Dexia) le coût de la faillite de Dexia à cette date. Le 1er février 2013, la France a créé une structure à 100 % publique (avec l’État à 75 %, le CDC à 20 % et la Banque postale à 5 %) afin de procéder à l’acquisition à 100 % de la société de crédit foncier Dexia Municipal Agency (filiale de Dexia Crédit Local) qui est devenue la Caisse Française de Financement Local (CAFFIL).


II. POUR LA SOCIALISATION DU SECTEUR BANCAIRE

La mise en pratique des mesures concrètes qui sont mentionnées plus haut constituerait une avancée dans la résolution de la crise du secteur bancaire mais le secteur privé continuerait à occuper une position dominante.

Il faut aller plus loin que les mesures immédiates proposées.

Ce que démontre l’expérience des dernières années, c’est qu’on ne peut pas laisser les banques aux mains des capitalistes. Si, par la mobilisation sociale, on arrive à faire appliquer les mesures présentées plus haut (qui sont soumises à la discussion afin de les améliorer et compléter), les capitalistes chercheront par tous les moyens à récupérer une partie du terrain perdu, ils multiplieront les activités leur permettant de contourner les réglementations, ils utiliseront leurs puissants moyens financiers pour acheter l’appui de législateurs et de gouvernants afin de déréglementer à nouveau et d’augmenter au maximum leurs profits sans prise en compte de l’intérêt de la majorité de la population.


Il faut la socialisation du secteur bancaire sous contrôle citoyen

Parce que les capitalistes ont démontré à quel point ils étaient capables de commettre des délits et de prendre des risques (dont ils refusent d’assumer les conséquences) dans le seul but d’augmenter leurs profits, parce que leurs activités entraînent périodiquement un lourd coût pour la société, parce que la société que nous voulons construire doit être guidée par la recherche du bien commun, de la justice sociale et de la reconstitution d’une relation équilibrée entre les humains et les autres composantes de la nature, il faut socialiser le secteur bancaire. Comme le propose Frédéric Lordon, il s’agit de réaliser « une déprivatisation intégrale du secteur bancaire » |11|. La socialisation de l’intégralité du secteur bancaire est préconisée par le syndicat Sud BPCE |12|.

Socialiser le secteur bancaire signifie :

- l’expropriation sans indemnité (ou avec comme seule indemnité l’euro symbolique) des grands actionnaires (les petits actionnaires seront indemnisés) ;

- l’octroi au secteur public du monopole de l’activité bancaire à une exception près : l’existence d’un secteur bancaire coopératif de petite taille (soumis aux mêmes règles fondamentales que le secteur public).

- la création d’un service public de l’épargne, du crédit et de l’investissement, doublement structuré : un réseau de petites implantations proches des citoyens, d’une part, et, d’autre part, des agences spécialisées en charge des activités de gestion de fonds et de financement d’investissements non assurés par les ministères en charge de la santé publique, de l’éducation nationale, de l’énergie, des transports publics, des retraites, de la transition écologique, etc. Ces ministères devront être dotés du budget nécessaire aux financements des investissements relevant de leurs attributions. Les agences spécialisées quant à elles interviendraient dans des domaines et des activités excédant les compétences et les sphères d’action de ces ministères et ce afin d’assurer le bouclage d’ensemble.

- la définition avec participation citoyenne d’une charte sur les objectifs à atteindre et sur les missions à poursuivre, qui mette le service public de l’épargne, du crédit et de l’investissement au service des priorités définies selon un processus de planification démocratique ;

- la transparence (de la comptabilité) des comptes qui doivent être présentés au public de manière compréhensible.

Le mot « socialisation » est utilisé de préférence à celui de « nationalisation » ou « étatisation » pour indiquer clairement à quel point est essentiel le contrôle citoyen avec un partage de décision entre les dirigeants, les représentants des salariés, des clients, d’associations, les élus locaux et les représentants des instances bancaires publiques nationales et régionales. Il faut donc définir de manière démocratique l’exercice d’un contrôle citoyen actif. De même, il faut encourager l’exercice d’un contrôle des activités de la banque par les travailleurs du secteur bancaire et leur participation active à l’organisation du travail. Il faut que les directions des banques remettent annuellement un rapport public sur leur gestion. Il faut privilégier un service de proximité et de qualité rompant avec les politiques d’externalisation menées actuellement. Il faut encourager le personnel des établissements financiers à assurer à la clientèle un authentique service de conseil et rompre avec les politiques commerciales agressives de vente forcée.

La socialisation du secteur bancaire et son intégration aux services publics permettront :
- de soustraire les citoyens et les pouvoirs publics de l’emprise des *marchés financiers ;
- de financer les projets des citoyens et des pouvoirs publics ;
- de dédier l’activité bancaire au bien commun avec entre autres missions celle de faciliter la transition d’une économie capitaliste, productiviste à une économie sociale et écologique.

Parce que nous considérons que l’épargne, le crédit, la sécurité des encaisses monétaires et la préservation de l’intégrité des systèmes de paiement relève de l’intérêt général, nous préconisons la création d’un service public bancaire par la socialisation de la totalité des entreprises du secteur bancaire et de l’assurance.

Parce que les banques sont aujourd’hui un outil essentiel du système capitaliste et d’un mode de production qui saccage la planète, génère un inégal partage des ressources, sème les guerres et la paupérisation, rogne chaque jour davantage les droits sociaux et attaque les institutions et les pratiques démocratiques, il est essentiel d’en prendre le contrôle et d’en faire des outils au service de la collectivité.

La socialisation du secteur bancaire ne peut être envisagée comme un slogan ou une revendication qui se suffirait en elle-même et que les décideurs appliqueraient après en avoir saisi le bon sens. Elle doit être conçue comme un objectif politique à atteindre par un processus porté par une dynamique citoyenne. Il faut non seulement que les mouvements sociaux organisés existants (dont les syndicats) en fassent une priorité de leur agenda et que les différents secteurs (collectivités locales, petites et moyennes entreprises, associations de consommateurs, etc.) se positionnent en ce sens, mais aussi – et surtout – que les employé.e.s de banque soient sensibilisé.e.s au rôle de leur métier et à l’intérêt qu’ils auraient à voir les banques socialisées ; que les usagers soient informés là où ils se trouvent (exemple : occupations d’agences bancaires partout le même jour) afin de participer directement à la définition de ce que doit être la banque.

Seules des mobilisations de très grande ampleur peuvent garantir que la socialisation du secteur bancaire soit réalisée en pratique car cette mesure touche au cœur le système capitaliste. Si un gouvernement de gauche ne prend pas une telle mesure son action ne pourra pas véritablement provoquer le changement radical pour rompre avec la logique du système et enclencher un nouveau processus d’émancipation.

La socialisation du secteur bancaire et des assurances doit faire partie d’un programme bien plus vaste de mesures complémentaires permettant d’enclencher une transition vers un modèle post-capitaliste et post-productiviste. Un tel programme, qui devrait avoir une dimension européenne tout en commençant à être mis en pratique dans un ou plusieurs pays, comprendrait notamment l’abandon des politiques d’austérité, l’annulation des dettes illégitimes, la mise en place d’une réforme fiscale d’ensemble avec une forte imposition du capital, la réduction généralisée du temps de travail avec embauches compensatoires et maintien du salaire, la socialisation du secteur de l’énergie, des mesures pour assurer l’égalité hommes-femmes, le développement des services publics et de la protection sociale et la mise en place d’une politique déterminée de transition écologique.

Aujourd’hui, la socialisation de l’intégralité du système bancaire est bien une urgente nécessité économique, sociale, politique et démocratique.

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Publié par le 5 mai 2017 dans économie, général, International

 

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La japonisation des banques européennes, un danger mortel

L’inflation de la zone euro augmente à un plus haut de 4 ans à mesure que l’IPC (indice des prix à la consiomation) se rapproche de la cible de la BCE

La « japonisation des banques » est une nouvelle maladie de la finance contemporaine, apparue au Japon, elle s’étend progressivement, notamment en Europe. Comment se traduit ce dérèglement ? Les banques s’éloignent de leur métier de base, elles prêtent de moins en moins aux entreprises, parce que leur besoin de crédit augmente peu (contexte de croissance nulle) et, qu’en plus, la désintermédiation progresse (les entreprises se financent directement sur les marchés). Les crédits aux particuliers progressent peu ou reculent également, sous l’effet de la stagnation du pouvoir d’achat ou d’un niveau déjà élevé d’endettement. Reste un dernier emprunteur dont les besoins demeurent insatiables : l’État. Puisqu’il faut bien recycler l’argent des dépôts et placer l’épargne, les banques acquièrent toujours plus de sa dette.

Les banques japonaises ressemblent ainsi de plus en plus à des fonds obligataires avec, au passif, des dépôts et, à l’actif, des obligations du secteur public. Et dans ce modèle, c’est un peu « pile je gagne, face tu perds » : si les taux d’intérêt restent bloqués à zéro, les marges bancaires s’effondrent et c’est la faillite, et si les taux remontent nettement, la valeur des obligations détenues s’effondre, et c’est la faillite. Seule une remontée progressive et contrôlée des taux peut laisser espérer un retour à la normale sans trop de dégâts. Mais est-ce seulement possible ? Comment en effet remonter les taux d’intérêt alors que la croissance est nulle et que la dette (publique et privée) n’a cessé d’augmenter depuis la crise de 2008 ? Ce serait l’étranglement.

À l’origine de cette maladie chronique, le Japon est largement en avance sur l’Europe, ne serait-ce que du fait que sa dette publique atteint presque 300% du PIB, soit trois fois le niveau moyen de la zone euro. Mais les banques européennes prennent le même chemin avec la faiblesse de la demande de crédit et un encours de dette publique en augmentation. Les assureurs ne font pas autre chose, eux qui délaissent les placements mobiliers et immobiliers pour se gaver d’obligations publiques.

Au final c’est la fonction de transformation de l’épargne que n’assure plus le système financier. Sa raison d’être est remise en cause, tout simplement. Si les banques diminuent leur volume de crédit et que les entreprises et les particuliers se tournent vers d’autres moyens (marchés, crowdfunding), si les assureurs ne financent plus l’économie réelle, si ces acteurs se contentent d’acquérir de la dette publique, à quoi servent-ils ? Cette japonisation remet en cause le métier bancaire lui-même : un fonds obligataire ce n’est plus une banque. Rideau.

Le système se mord la queue : l’épargne captée par les banquiers et les assureurs sert essentiellement à financer la dette de l’État plutôt que l’économie réelle, il ne faut dès lors plus s’étonner de l’atonie de l’économie. L’État se croit intelligent en y répondant avec toujours plus de dépenses publiques pour « relancer » la croissance alors qu’il ne fait qu’aggraver le mal par ses déficits. Pendant ce temps-là, la dette augmente, rendant impossible toute remontée des taux à un niveau normal. On ne sortira pas de ce cercle vicieux sans une grave crise financière…

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Pendant ce temps l’inflation décolle dans l’UE : 

 
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Publié par le 28 avril 2017 dans économie, général, International

 

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50% De l’or des banques centrales a-t-il disparu ?

Pendant ce temps la peur du Frexit Monte et le ‘VIX’ européen explose signalant une « Non complaisance Pre-Brexit »

La complaisance pré-Brexit – reprise par les sondages, les médias, et l’establishment – n’est absolument plus de mise avant de l’élection imminente en France. Alors que les spreads des obligations se sont creusées, la peur des investisseurs sur le marché européen des options sur actions est bien pire qu’avant le Brexit .

Comme le graphique ci – dessus le montre , comme pendant le Brexit – le spread sur le VIX a commencé à monter quand les sondages ont montré constamment que Le Pen qui monte en puissance, et qu’elle veut désormais sortir de l’UE,  gagnerait … – avant d’ exploser au plus haut pendant le vote réel (concernant le   Brexit).

50% De l’or des banques centrales a-t-il disparu ? 

Nous avons récemment obtenu des informations qui rendent le marché de l’or souverain encore plus opaque. Les banques centrales et la Banque des règlements internationaux (BRI) font tout ce qu’elles peuvent pour ne rien dévoiler de leurs transactions d’or. Toutes les transactions sont secrètes, et aucune banque centrale n’a jamais fait d’audit de ses réserves d’or physique. Le dernier audit, aux États-Unis, date de l’époque d’Eisenhower, dans les années 1950. Ron Paul a milité pour un audit, sans succès. Est-ce que Trump demandera un audit ? Il en a peut-être l’intention, mais lorsqu’il découvrira qu’il manque une grande partie des 8 000 tonnes d’or américain, il restera silencieux. Ces dernières années, des pressions ont été exercées en France et en Allemagne pour réaliser des audits, mais cela n’a abouti à rien. Aucun pays ne veut révéler que l’or n’est plus là.

IL FAUT CINQ ANS À L’ALLEMAGNE POUR RAPATRIER 647 TONNES D’OR

L’Allemagne a récemment prétendu être totalement transparente à propos de son or, mais qu’a-t-elle révélé au monde ?

En 2013, l’Allemagne a annoncé un plan visant à rapatrier 674 tonnes d’or des États-Unis et de France. La première année, elle n’a récupéré que 37 tonnes et on lui a annoncé qu’elle aurait le reste en 2020. On nous dit maintenant que le plan de rapatriement s’est accéléré. Sur les 3 381 tonnes que possède l’Allemagne, 51%, soit 1 713 tonnes, auront regagné l’Allemagne d’ici fin 2017. Un peu plus de 49% de l’or allemand restera à l’étranger, avec 1 236 tonnes toujours à New York, et 432 tonnes à Londres.

On se demande pourquoi il faut cinq ans pour rapatrier 674 tonnes d’or. Les responsables de la Bundesbank ont expliqué qu’il s’agissait d’un exercice logistique compliqué. La Bundesbank aurait rencontré des problèmes majeurs de transport, d’assurance, de sécurité etc. Mais si on prend la Suisse comme exemple, nous importons et exportons plus de 2 000 tonnes d’or chaque année. Cela exclut les transferts entre banques et coffres privés. C’est la même chose dans des pays comme l’Angleterre, la Chine, l’Inde et les États-Unis. Donc, autour du monde, plusieurs milliers de tonnes d’or sont expédiées sans aucun problème logistique. C’est à se demander pourquoi les Allemands, habituellement redoutables d’efficacité, rencontrent des problèmes pour rapatrier 674 tonnes en plus de cinq ans…

La raison, bien sûr, est que l’or n’était pas disponible, parce qu’il a été prêté ou même vendu. Cela est confirmé par les informations selon lesquelles les lingots reçus ne seraient pas les originaux.

Mais la grande question est maintenant de savoir si les 1 668 tonnes qui sont censées être aux États-Unis et en France existent vraiment. Si elles existent, pourquoi ne pas les rapatrier tout de suite en Allemagne ? À l’origine, l’or était stocké à l’étranger à cause de la guerre froide. Mais il serait difficile d’expliquer pourquoi détenir de l’or au Royaume-Uni et en France empêcherait la guerre froide. Aujourd’hui il n’y a pas de guerre froide, donc ce n’est plus une raison valable. Nous savons pourquoi l’or a été conservé à New York et à Londres : parce que c’est là où la majorité des transactions d’or ont lieu.

Mais de grandes banques centrales comme la Bundesbank n’ont pas besoin de déplacer l’or si elles le prêtent. Tous ceux qui échangent avec ces banques centrales croient qu’elles sont dignes de confiance. Nous ne sommes pas d’accord. Les banques centrales détiennent de la dette toxique qui ne sera jamais remboursée et, donc, elles ne sont pas sûres.

LES BULLION BANKS HYPOTHÈQUENT LE MÊME OR PLUSIEURS FOIS

Alors pourquoi l’or n’est-il pas en Allemagne ? Au début, il était utilisé pour être prêté et échangé. Auparavant, lorsque l’or était prêté, il restait à Londres ou New York, et passait d’une banque à l’autre. Mais maintenant les choses sont très différentes, parce que les acheteurs sont principalement la Chine, l’Inde et la Russie. Ces pays ne sont pas intéressés par l’or papier : ils veulent la livraison de lingots physiques. Le résultat de cela est que, lorsqu’une banque centrale prête de l’or à une bullion bank, celle-ci vend l’or à la Chine, qui prend ensuite livraison de l’or physique. Tout ce que les banques centrales détiennent est une reconnaissance de dette émise par la bullion bank. Lorsque la banque centrale voudra récupérer son or, il ne sera pas disponible et la bullion bank devra emprunter l’or de quelqu’un d’autre, comme celui d’un client. Donc les bullion banks hypothèquent le même métal plusieurs fois. C’est pourquoi les investisseurs ne devraient jamais entreposer leur or dans une banque.

Les banques centrales ne font pas que prêter leur or sur le marché. Elles en vendent également en secret. Officiellement, les réserves totales d’or des banques centrales s’élèvent à 33 000 tonnes. Sur cette quantité, les banques centrales occidentales en détiennent environ 23 000 tonnes, en incluant les réserves du FMI. Mais personne ne sait vraiment combien d’or se trouve en Occident.

 

 

EST-CE QUE 50% DE L’OR ALLEMAND SERAIT EN CHINE ?

Prenons l’exemple de l’Allemagne qui, à la fin de 2017, aura officiellement 50% de son or, soit 1 668 tonnes, à l’étranger. Si cet or a été prêté et ensuite vendu à la Chine, ces 1 668 tonnes sont définitivement sorties de l’Occident. Mais elles sont toujours comptabilisées comme étant de l’or des banques centrales occidentales. Tout ce que l’Allemagne possède est une réclamation papier qui ne sera jamais réglée en or physique. C’est certainement le cas de tout l’or des banques centrales de l’Ouest. Tout comme l’Allemagne, jusqu’à 50% de l’or des banques centrales occidentales a probablement été prêté, ce qui représenterait 12 000 tonnes. La majorité de ces 12 000 tonnes a été achetée par les pays de la Route de la soie, comme évoqué plus bas. Cela laisse les banques centrales occidentales avec une réclamation papier potentielle de 500 000 milliards $ d’or. Ils ne reverront plus cet or.

3 000 TONNES D’OR VONT VERS L’EST CHAQUE ANNÉE

Si l’on jette un coup d’œil sur les achats d’or des pays de la Route de la soie (Inde, Turquie, Russie et Chine), nous constatons que depuis 2009 ces pays ont acheté presque 20 000 tonnes. Soit un peu moins de 3 000 tonnes d’or par an, un montant supérieur à la production annuelle enregistrée durant ces années. Quatre pays ont donc absorbé la production aurifère annuelle des sept dernières années. De plus, il y a eu des achats substantiels d’autres pays, ainsi que des investisseurs. Il ne serait pas surprenant qu’une grande partie de l’offre ait secrètement découlé des activités des banques centrales.

 

 

Approximativement 4 500 tonnes d’or sont raffinées chaque année. 3 000 tonnes proviennent de la production minière et 1 500 tonnes d’or du recyclage. Depuis 2011, lorsque l’or a atteint un pic à 1 920 $, il semble y avoir peu d’intérêt et de demande pour l’or physique, surtout si l’on en juge par le déclin de son prix. Mais ce n’est certainement pas le cas. Au cours des six dernières années, 4 000 à 4 500 tonnes d’or ont été raffinées chaque année, et tout cet or a été absorbé par le marché. Il n’y a pas de stocks d’or, nulle part.

Le déclin du prix, depuis son pic à 1 920 $ en 2011 jusqu’au bas à 1 050 $ en décembre 2015, n’a rien à voir avec un déclin de la demande physique. Comme la plupart des investisseurs le savent, le prix de l’or n’est pas déterminé par le marché physique, beaucoup plus important que le marché papier. La manipulation soutenue du prix a lieu sur le marché papier. J’ai dis à plusieurs reprises que le marché papier de l’or, tel qu’il existe aujourd’hui, ne devrait pas survivre encore bien longtemps. Lorsque les détenteurs d’or papier réaliseront qu’il n’y a pas d’or physique pour régler leurs réclamations papier, le prix de l’or grimpera alors, non pas de centaines de dollars, mais de milliers de dollars en très peu de temps.

D’ici là, les investisseurs continuent d’acheter de l’or papier et aussi des ETF or. Certains de ces ETF sont adossés à de l’or, mais le problème est que les ETF font partie du système financier, et il est impossible de savoir combien de fois le même or a été utilisé ou comptabilisé. De l’or acheté en vue de préserver sa richesse ne devrait pas être détenu à l’intérieur du système bancaire.

Aujourd’hui, il y a 2 670 tonnes d’or, ou 106 milliards $, dans les ETF.

 

 

Alors que les craintes augmentent dans le système financier, une grande partie de l’or des ETF sera transférée dans la détention privée et les coffres. Quelques sociétés, comme la nôtre, qui opèrent en-dehors du système bancaire, peuvent offrir de l’or physique au même prix qu’un ETF, avec propriété directe de lingots individuels, assurés, offrant une liquidité instantanée.

LA SUISSE, UNE PLAQUE TOURNANTE STRATÉGIQUE POUR L’OR

Il est indispensable de stocker son or dans une juridiction stable. Il y a eu des craintes que la Suisse ne soit plus sûre après l’attaque des autorités américaines contre UBS à cause de comptes non déclarés de clients américains. Plusieurs personnes ont cru que l’or stocké en Suisse serait transféré vers Singapour. Nous avons des coffres aux deux endroits, mais nous n’avons pas vu de migration de la Suisse vers Singapour ou ailleurs. Plusieurs investisseurs sont inquiets du risque de confiscation dans plusieurs pays. Je crois personnellement que la détention d’or est aujourd’hui tellement répandue que la confiscation n’est pas envisageable. Il est bien plus facile de taxer des actifs comme l’or que de les confisquer. Les impôts devraient augmenter considérablement dans les années à venir, surtout pour les riches. La planification fiscale est devenue aussi importante que la planification des investissements.

Il est impératif de stocker son or dans un pays ayant une tradition de détention d’or. Les Suisses épargnent depuis longtemps sous forme d’or. Certains achètent chaque mois une pièce en or de 20 francs, la ‘Vreneli’.

Un autre facteur assimilé par peu de personnes est l’importance stratégique des raffineurs d’or suisses. La Suisse raffine plus d’or que n’importe quel pays au monde, environ les deux-tiers de la production minière annuelle. L’or est également important pour les exportations suisses. En 2016, les exportations d’or ont représenté 29% des exportations totales, pour un total de 86 milliards CHF (aujourd’hui 86 milliards $). Pour cette simple raison, la Suisse ne tuera pas la poule aux œufs d’or.

Je ne peux imaginer une confiscation de l’or en Suisse. Au contraire, je crois plutôt que la Suisse deviendra une plaque tournante encore plus importante qu’elle ne l’est aujourd’hui, que ce soit pour le stockage ou le commerce. En plus des coffres bancaires (où vous ne devriez pas stocker votre or), il y a plusieurs coffres privés de taille considérable en Suisse. Il y a aussi des grands coffres dans les Alpes. Certains d’entre eux restent très secrets et ne sont pas révélés.

Enfin, les métaux précieux viennent d’entrer dans une phase importante du marché haussier. Alors que la monnaie papier continue de perdre sa valeur, l’or et l’argent commenceront bientôt à refléter les risques de l’économie mondiale et du système financier.

LE DÉFICIT COMMERCIAL CHRONIQUE DES ÉTATS-UNIS MÈNERA À L’EFFONDREMENT DU DOLLAR

 

Si l’on regarde le dollar US, le déficit commercial chronique de 41 ans est suffisant pour faire passer le dollar à zéro. Une fois que le dollar aura perdu son statut de devise de réserve, rien ne pourra le sauver. C’est pourquoi il est essentiel de transférer ses avoirs en dollars vers l’or et en argent.

LES PÉNURIES D’OR ET D’ARGENT CAUSERONT UNE COMPRESSION DU PRIX

Le resserrement de l’offre de métaux précieux jumelée à l’implosion du marché papier mènera à une hausse majeure des prix dans les années à venir. Nous sommes à un moment où les investisseurs peuvent encore acquérir de l’or physique et de l’argent à des prix extrêmement raisonnables. Comme de sévères pénuries sont à prévoir, cela ne sera bientôt plus possible. L’or et de l’argent physique est l’assurance ultime pour protéger sa richesse contre les nombreux risques mondiaux. L’investisseur doit s’assurer de le stocker de façon sécurisée et de ne pas le toucher, sans se préoccuper des mouvements de prix. Un jour, quelques années plus tard, cet investisseur sera étonné par la hausse exponentielle de la valeur des métaux précieux en monnaie fiduciaire.

 

 

 
 

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Attention – Vent de panique : Monte Paschi s’effondre en Bourse ! Le bain de sang des banques Européennes se propage à l’Espagne …

Et les obligations BMPS se sont effondrés à des niveaux record aussi … priçant un grand haircut / bail-in …

Bien évidemment, ça se passe pendant les vacances de Noel …

La banque italienne sera à court de liquidités beaucoup plus rapidement que prévu.Cela risque de se terminer par un Bail in d’urgence via la directive BRRD . (lire mon papier d’hier : La Spoliation des épargnants se profile : Rome envisage un « Bail in » de 20 Mds pour sauver ses banques !)

L’action de la banque italienne, en pleine opération d’augmentation de capital, s’effondre de 16% ce mercredi. La troisième banque italienne indique qu’elle pourrait être à court de trésorerie dans quatre mois.

On savait particulièrement risqué l’appel aux marchés de Banca Monte dei Paschi di Siena, mené in extremis avant la date-butoir du 31 décembre imposée par la BCE. L’augmentation de capital de 5 milliards d’euros lancée lundi par la troisième banque italienne se passe dans des conditions chaotiques : l’action BMPS perd plus de 16% ce mercredi matin, touchant un nouveau plus bas historique, après avoir été suspendue pour excès de volatilité, à quelques heures de la clôture de son opération de conversion volontaire d’obligations et de son émission d’actions nouvelles.

La banque toscane a publié une mise à jour de son prospectus d’opération ce mercredi dans laquelle elle précise qu’elle risque de consommer sa trésorerie, actuellement de 10,6 milliards d’euros plus vite prévu, non pas en onze mais en quatre mois. Elle serait à court de liquidités à partir d’avril. Les capitaux levés doivent servir principalement à éponger les pertes sur les 27 milliards de créances douteuses dont la banque doit nettoyer son bilan.

Monte Paschi liquidités

[extrait du supplément au prospectus daté du 21 décembre 2016]

Vote du Parlement italien sur le plan d’aide

En outre, l’opération de conversion de dette en actions aurait pour l’instant rapporté moins que prévu, dans les 500 millions d’euros. L’offre d’actions nouvelles se termine ce jour pour les particuliers et demain jeudi pour les institutionnels. Le conseil d’administration de Monte dei Paschi doit se réunir dans l’après-midi pour dresser un bilan.

L’annonce du vote par les députés italiens autorisant le gouvernement à emprunter jusqu’à 20 milliards d’euros pour venir au secours du secteur bancaire italien très fragilisé a permis à l’action BMPS de se redresser en repassant quelques instants dans le vert, avant de replonger dans le rouge. (source)

Le bain de sang des banques Européennes se propage à l’Espagne Après que l’Italie dégaine un « Bazooka » de 20 milliards  face à un problème à € 360 milliards

Un chaos total règne dans les valeurs bancaires européennes ce matin , les actions Monte Paschi se crashent, montent en flèche, et plongent  encore, sur des bruits de bail-in (les actions et obligations ont frappé un bas record). Toutefois, l’ Italie n’est maintenant pas seule , les banques espagnoles vivent également un bain de sang suite à une décision de la Cour européenne contre eux lié à la fraude hypothécaire .Pour l’instant, la douleur reste sur Monte Paschi (qui se Crash à un plus bas de tous les temps , avant de Rebondir Après que le gouvernement accepte de financer un « bail in », ou renflouement bancaire, puis de replonger .. ) avec Unicredit et Sanpaolo qui sont « stable » … :

Le mouvement avait commencé avant hier, sur des rumeurs de Bail in non confirmées (le marché anticipant un échec de la recapitalisation via le marché) :

Et se propage maintenant aux banques Espagnoles – Les actions Banco Popular tombent de 7%, CaixaBank 3,2% et Banco de Sabadell 3,4%. Santander tombe de 1,25% et Bankinter de seulement 0,1%.

En effet, comme le précise ZH, les banques espagnoles devront rembourser 4 mds EUR d’intérêts abusifs, ce qui empire une situation déjà délicate pour les banques ibériques :

La Cour européenne de justice a décidé mercredi que les banques espagnoles devraient rembourser des clients n’ayant pas bénéficié de faibles taux d’intérêt sur leurs emprunts immobiliers à cause de clauses abusives, pour un montant total d’au moins 4 milliards d’euros.Le Tribunal suprême espagnol avait annulé en mai 2013 les « clauses plancher » sur les prêts à taux d’intérêt variables, qui permettaient aux banques de ne pas réduire leur taux en deçà d’un certain seuil, même si les taux du marché baissaient. Mais il ne les avait pas obligées à rembourser les intérêts perçus avant sa décision.Cette fois, la Cour de justice de l’Union européenne reconnaît aux emprunteurs le « droit d’obtenir la restitution des sommes qu’ils ont indûment versées aux établissements bancaires« , y compris avant 2013.

La décision de la Cour basée à Luxembourg ne concerne pas en principe les affaires déjà jugées mais seulement les affaires en cours de jugement ou futures, précise Erick Berguer, avocat spécialiste du droit des hypothèques joint par l’AFP.

La décision porte néanmoins un coup aux banques qui ont longtemps pratiqué ces clauses: elle coûterait selon une estimation de la Banque d’Espagne plus de 4 milliards d’euros aux banques concernées, dans un pays où plus de 90% des prêts immobiliers étaient en 2015 à taux variable.

Preuve de ces craintes, des banques ont vu leur titre en Bourse chuter. Banco Popular perdait 6,71% à 12h34 (11h34 GMT), Banco de Sabadell 3,17% et CaixaBank 3,10% dans un marché en baisse de 0,94%.

Les banques espagnoles ont contribué dans les années 2000 à la formation d’une bulle immobilière, accordant énormément de crédits dans une économie tirée par l’activité frénétique du secteur de la construction.

Au plus fort de cette bulle, en 2007, 1,78 million d’emprunts immobiliers avaient été contractés pour une valeur totale de près de 300 milliards d’euros, selon l’Institut national de la statistique (INE).

En 2015, ce chiffre était tombé à 372.000 emprunts pour un montant de 49 milliards.

L’éclatement de cette bulle spéculative, début 2008, a plongé l’Espagne dans une grave crise économique, portant le chômage jusqu’à plus de 25% en 2012. De nombreuses familles qui s’étaient endettées dans les années fastes, incapables de payer leurs mensualités, ont été expulsées de chez elles.

Des banques ont accumulé des actifs immobiliers toxiques dont elles se sont débarrassées à l’aide d’une structure de défaisance publique, la Sareb, mais Banco Popular ne s’en était pas défaite et cherche toujours à se débarrasser de 15 milliards d’euros d’actifs toxiques.

Les syndicats et associations de défense des consommateurs ont manifesté leur satisfaction: « Grande surprise et énorme gifle de la Justice européenne aux banques« , a réagi la PAH, principale association anti-expulsions, sur Twitter.

« La justice va être restaurée« , s’est félicité le secrétaire général du syndicat Commissions ouvrières (CCOO), Ignacio Fernandez Toxo, appelant à « éradiquer » cette pratique et à « compenser les personnes pour le préjudice qui leur a été fait« .

Le président de l’organisation patronale CEOE, Juan Rosell, a quant à lui appelé à respecter la décision de justice sans plus de commentaires.

« C’est sans doute une bonne nouvelle pour les personnes affectées par ces clauses, mais moins pour ceux qui pensaient contracter un emprunt à court terme« , a de son côté réagi le site d’annonces immobilières Idealista, craignant que les banques n’augmentent leurs intérêts pour faire face financièrement à cette décision.

 
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Publié par le 21 décembre 2016 dans économie, général, International

 

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La Grèce n’est pas l’Inde ? Le Banques Grecques lancent un Plan de « taxation sur les retraits en espèces » pour lutter contre l’économie noire

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Les banques grecques ont proposé une série de mesures visant à combattre l’évasion fiscale , renforcer les transactions électroniques et limiter l’utilisation du cash dans l’économie, et comme KeepTalkingGreece.com le rapporte, l’une des mesures proposées est une taxe spéciale sur les retraits en espèces.

 Les banquiers soulignent que l’argent cash peut facilement et en grande partie être canalisée dans l’économie noire. Par conséquent, une taxe sur les retraits en espèces va considérablement réduire les transactions en espèces et par extension l’économie souterraine.

Les banquiers suggèrent que les cartes de crédit et de débit ainsi que le puits de nouvelles technologies permettant moins de transactions en espèces , même pour de petites sommes, et les téléphones mobiles, peuvent être utilisés pour l’achat d’un billet de transport ou d’un journal au kiosque.

La proposition des banquiers au gouvernement comprend également :

L’utilisation OBLIGATOIRE de cartes ou d’autres réseaux de paiements électroniques pour chaque transaction avec les professions où il y a de fortes preuves de fraude fiscale et où le cash est principalement utilisé [comme les boulangeries, les kiosques, les vendeurs ambulants et les … vendeurs de châtaignes ?].

 

L’utilisation -OBLIGATOIRE de cartes ou de réseaux électroniques pour les transactions dépassant un certain montant [cette mesure est déjà en vigueur].

 

Reformer Le système fiscal en introduisant un système de revenu et de dépenses. Les ménages ou les professionnels ne seront imposés que sur le montant du revenu qui n’aura pas été dépensé. De cette façon, les ménages et les professionnels auront une forte incitation à rechercher des reçus pour toute dépense afin d’augmenter leurs dépenses et réduire le montant de l’impôt qu’ils auront à payer.

 

L’obligation Pour toutes les entreprises quelle que soit leur taille de payer par voie électronique tous les salaires. (Source: Kathimerini via Liberal.gr)

Je ne peux pas dire qui a lancé cette idée révolutionnaire, si ce sont certains jeunes génies universitaires ou les banquiers grecs eux-mêmes, ceux de plus de 60 qui ont leurs secrétaires ou leurs enfants qui effectuent leurs transactions en utilisant leurs propres iPhones et iPads.

Je ne sais pas si ils ont demandé aux créanciers du pays de réformer le système fiscal avec plus d’incitations à ne pas utiliser de cash, dans un monde grec où les ménages seront obligés d’utiliser des livres de recettes et de dépenses.

Je ne comprends absolument pas comment un groupe de banquiers peut proposer de telles mesures et fixer la règle du système économique d’un pays où environ 30% de la population vit en situation de, ou est en risque de pauvreté, où le système de protection s’est effondré et où des milliers de familles vivent sur les dons d’un parent ou d’un ami qui met secrètement dans leurs poches quelques billets afin qu’ils achètent de la nourriture, des médicaments ou payent quelques factures.

Sans parler de ceux de plus de 60 ans avec une connaissance minimale des appareils et des applications électroniques et ceux de plus de 80 ans qui ne peuvent même pas utiliser un téléphone mobile.

La taxation sur les retraits en Cash donnera bien entendu aux « contrôles de capitaux » une nouvelle dimension.

Je suppose que l’ensemble de la proposition a été élaborée par un groupe de quelques professionnels universitaires coincés dans une énorme bulle .

Allons-nous maintenant interdire le cash et devenir comme l’Inde ?

Avec Zero Hedge

 
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Publié par le 28 novembre 2016 dans économie, général, International

 

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FMI : Le Fonds inquiet de l’état de santé des banques européennes

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Le Fonds monétaire international a exprimé ses inquiétudes sur l’état de santé des banques occidentales et particulièrement européennes, au moment où la situation de Deutsche Bank et des établissements italiens préoccupent les marchés.

Menacée d’une lourde amende par les Etats-Unis pour un litige lié aux subprime, la banque allemande a récemment fait dévisser les bourses européennes, inquiètes de la fragilité du secteur. Deutsche Bank fait partie des banques d’investissement qui « essayent de délaisser un modèle d’activité dépassé » qui repose sur le gigantisme, a estimé Peter Dattels, le directeur adjoint du département Marchés financiers lors d’une conférence de presse. Selon lui, la banque allemande doit continuer à « convaincre les investisseurs que son modèle d’activité est viable dans l’avenir et qu’il s’est attaqué aux risques provenant des contentieux » en cours. Plus généralement, les institutions financières dans les économies avancées font face à une « série de défis structurels et conjoncturels et doivent s’adapter à cette nouvelle ère de faible croissance et de taux d’intérêts bas », indique le FMI dans son nouveau rapport sur la stabilité financière.

Sauvetage public 

La réglementation accrue du secteur, le faible coût du crédit et le poids des créances douteuses minent la rentabilité de ces banques comme leur capacité à soutenir la croissance et pourraient au final « affecter la stabilité financière », met en garde le FMI. Leur capitalisation boursière globale a fondu de 430 milliards de dollars sur fond d’activité économique atone, note le rapport. Mais même en cas de forte reprise, plus d’un quart des banques des pays riches –qui gèrent 11.700 milliards de dollars d’actifs, soit quatre fois le PIB de la France– resteraient « faibles et confrontées à d’importantes difficultés ». La situation est particulièrement alarmante en Europe où certaines banques continuent de se débattre avec des « niveaux encore très élevés de créances douteuses » qui pourraient se transformer en pertes sèches, assure le FMI. Le secteur en Europe doit être réformé en profondeur en réduisant le nombre d’établissements et en limitant la coûteuse rémunération des dépôts bancaires notamment en France avec l’objectif de renouer avec la rentabilité, plaide le Fonds. « Sans une amélioration sensible de la capacité des banques fragiles à générer suffisamment de capitaux en interne, les investisseurs risquent d’hésiter avant d’injecter de l’argent frais pour compenser les pertes liées aux créances douteuses », écrit le FMI. Le seul recours des banques en difficulté serait donc de demander un renflouement public, ce que plusieurs pays européens ont déjà repoussé avec force. Le gouvernement allemand a ainsi récemment rejeté tout « plan de sauvetage » public pour venir en aide à Deutsche Bank, qui pourrait avoir à payer plusieurs milliards de dollars d’amende aux Etats-Unis. Le FMI a par ailleurs réfuté l’idée que les Etats-Unis seraient plus sévères avec les banques étrangères qu’avec leurs homologues américaines en leur imposant de plus lourdes pénalités. « En réalité, quand vous regardez l’ampleur de ces amendes, vous vous rendez compte que les institutions américaines ont plus souffert que d’autres pays », a estimé Matthews Jones, assistant directeur du département Marchés financiers.

L’endettement mondial à des niveaux record

La dette publique et privée dans le monde a atteint un montant sans précédent au point d’être plus de deux fois supérieure à la richesse économique créée sur le globe, a prévenu le Fonds monétaire international (FMI) mercredi. En excluant le secteur financier, l’endettement global s’élevait à la fin 2015 à 152.000 milliards de dollars, soit 255% du produit intérieur mondial exprimé en nominal, selon un nouveau rapport publié par le Fonds. « De hauts niveaux de dette sont coûteux parce qu’ils conduisent souvent à des récessions financières qui sont plus marquées et plus longues que les récessions normales », a estimé Vitor Gaspar, directeur du département des affaires budgétaires au FMI. Cette flambée de l’endettement tient principalement au secteur privé, qui a profité à plein de l’ère de « l’argent pas cher » alimentée par les politiques monétaires ultra-accommodantes des grandes banques centrales. Sur fond de croissance atone, cet endettement se révèle toutefois aujourd’hui un lourd handicap pour de nombreuses entreprises, notamment en Chine. « Une dette privée excessive constitue un grand frein à la reprise mondiale et un risque pour la stabilité financière », a estimé M. Gaspar. Les pays ont également vu leur dette publique gonfler et souffrent eux aussi de la conjoncture économique morose, qui les empêche de réduire ce fardeau, souligne le FMI. La dette du Japon devrait atteindre 250% de son produit intérieur brut cette année, celle de la Grèce 183% tandis que celle de la France devrait frôler les 100%, selon les nouvelles projections du FMI.

La BCE ne voit pas de risque de crise bancaire 

La Banque centrale européenne (BCE) ne perçoit pas de risque de crise bancaire dans la zone euro, malgré quelques « cas individuels » d’établissements en difficulté, a déclaré l’un des responsables du Mécanisme de surveillance unique (MSU), l’organe de supervision bancaire de la BCE. L’environnement de taux bas et l’accumulation de créances douteuses alimentent les craintes sur la santé financière des banques européennes. Celles-ci ont été aggravées par l’amende de 14 milliards de dollars (13,6 milliards de francs) que risque Deutsche Bank aux Etats-Unis. Ignazio Angeloni a cependant déclaré mercredi à Milan que le système bancaire européen était solide. « Il y a des cas individuels de banques avec des problèmes mais le système est solide », a dit ce membre du conseil de surveillance prudentielle de la BCE. « Il existe des instruments de supervision et financiers pour traiter les situations particulières. Nous ne voyons pas les préconditions d’une crise systémique. » La BCE s’efforce de permettre aux banques de se débarrasser d’un total de 900 milliards d’euros de créances douteuses héritées de la crise financière de 2007-2009. Il s’agit notamment de leur demander de fixer des objectifs chiffrés de niveaux de créances douteuses qu’elles espèrent atteindre dans des délais d’un et trois ans, selon des directives de la BCE publiées le mois dernier.

Ignazio Angeloni a reconnu que ce processus prendrait du temps mais qu’il fallait le lancer sans délai. « Nous devons avoir conscience que la solution, même pour les banques où le problème est le plus aigu, ne peut pas être très rapide. Mais précisément parce qu’il s’agit d’un long processus, il devrait démarrer immédiatement », a-t-il dit.

 
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Publié par le 20 octobre 2016 dans économie, général, International

 

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