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Monsanto était informé de la toxicité du Roundup dès 1999 !

Le glyphosphate a été classé comme « cancérogène probable pour l’homme » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) en mars 2015.
Le glyphosphate a été classé comme « cancérogène probable pour l’homme » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) en 2015 – Le Roundup est la pierre angulaire du modèle économique de Monsanto. Photo d’illustration R.L./Julio Pelae

Dans le cadre d’une action intentée contre Monsanto, la justice fédérale américaine a déclassifié, jeudi 16 mars, plus de 250 pages de correspondance interne de la firme agrochimique, montrant que cette dernière s’inquiétait sérieusement, dès 1999, du potentiel mutagène du glyphosate, principe actif de son produit phare, le Roundup, et molécule phytosanitaire la plus utilisée au monde.

Dès 1999, la firme, dans des correspondances internes, s’inquiétait du potentiel mutagène du glyphosate. Aux Etats-Unis, plusieurs travailleurs agricoles touchés par un cancer du sang attribuent leur maladie au contact prolongé avec l’herbicide commercialisé par Monsanto.

Dans le cadre d’une action intentée contre Monsanto, la justice fédérale américaine a déclassifié, jeudi, plus de 250 pages de correspondance interne de la firme agrochimique, montrant que cette dernière s’inquiétait sérieusement, dès 1999, du potentiel mutagène du glyphosate, principe actif de son produit phare, le Roundup, et molécule phytosanitaire la plus utilisée au monde.

Or, selon Le Monde, la veille de cette publication, l’Agence européenne des produits chimiques annonçait qu’elle ne considérait le glyphosate ni comme cancérogène ni même mutagène, c’est-à-dire capable d’engendrer des mutations génétiques.

Connivences 

Les précédentes archives déclassifiées dans le cadre de cette affaire ont notamment montré que Monsanto avait bénéficié de connivences au sein de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), chargée aux Etats-Unis d’évaluer la sûreté du glyphosate (Le Monde daté du 17 mars).

Cette fois, les courriels mis au jour racontent une autre histoire. En 1999, les cadres de Monsanto souhaitent faire appel aux services d’une autorité scientifique incontestable pour plaider la cause du glyphosate auprès des régulateurs européens. Tout l’enjeu est de les convaincre que le produit n’est pas génotoxique.

« Prenons un peu de recul et regardons ce que nous voulons vraiment faire, écrit un cadre de l’entreprise à ses collègues. Nous voulons trouver quelqu’un qui est familier du profil génotoxique du glyphosate/Roundup et qui peut avoir une influence sur les régulateurs, ou conduire des opérations de communication scientifique auprès du public, lorsque la question de la génotoxicité

Accusations collectives

Pour Monsanto, l’affaire est cruciale : le Roundup est la pierre angulaire de son modèle économique, fondé sur la vente liée de ce pesticide et des cultures transgéniques capables de le tolérer.

Une action collective a été portée devant un tribunal en Californie : plusieurs centaines de travailleurs agricoles touchés par un lymphome non hodgkinien -un cancer du sang- attribuent leur maladie au contact prolongé avec l’herbicide commercialisé par Monsanto .

Une quarantaine d’ONG européennes ont lancé une initiative citoyenne contre le glyphosate

Une décision européenne devrait intervenir cet été pour déterminer si le pesticide est « cancérogène probable » ou pas.

La saga mouvementée de la ré-homologation du glyphosate dans l’Union européenne (La Commission européenne l’a autorisé à repartir pour 18 mois dans les pays qui le désirent, et a justifié sa décision par le refus des Etats membres de « prendre leur responsabilité » au sujet de la molécule du Roundup) devrait connaître son dénouement dans les prochains mois, après deux années et demie de vives controverses.

 

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