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Au moment où Obama confirme l’envoi supplémentaire de 250 militaires US en Syrie et où les US proposent une « partition » de la Syrie (Washington propose à Moscou de délimiter les zones d’influence en Syrie), comme nous l’avions prévu il y a longtemps car c’était le but de la déstabilisation de la Syrie :

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 Les États-Unis exige que l’armée allemande (Bundeswehr) joue un rôle plus actif sur le flanc est de l’OTAN. Ceci est sensé avoir l’effet d’effrayer militairement la Russie. Jusqu’ici, l’Allemagne a été réticente sur la question du stationnement des troupes dans cette zone. Maintenant, Washington accentue sa pression sur Angela Merkel.

La chancelière Merkel et le ministre de la Défense Ursula von der Leyen au parlement, en Décembre 2015. (Photo: AP)

La chancelière Merkel et la ministre de la Défense Ursula von der Leyen au parlement, en Décembre 2015. (Photo: AP)

Selon un rapport de der Spiegel qui cite des sources gouvernementales, les Etats-Unis appellent à un engagement allemand fort dans sa lutte contre la Russie en Europe orientale. Washington parle de la nécessité d’une «dissuasion» et demande instamment [à l’Allemagne] d’accepter une plus grande participation dans le plan de stationnement des unités de l’OTAN envoyées vers la frontière orientale et également de celles qui en reviennent.

Les États-Unis s’attendent à recevoir des troupes et du matériel militaire, principalement du Royaume-Uni et d’Allemagne, pour renforcer la présence de l’OTAN dans les Pays Baltes, la Pologne et la Roumanie. Le président américain Barack Obama l’a annoncé au Conseil national de sécurité, selon le rapport.

Les États-Unis envisagent une brigade de chars permanente à la frontière orientale de l'OTAN. (Photo: AP)

Les États-Unis envisagent une brigade de chars permanente à la frontière orientale de l’OTAN. (Photo: AP)

Der Spiegel est d’avis que l’exigence des États-Unis pour le stationnement des troupes met le gouvernement fédéral allemand dans une situation difficile. Jusqu’à présent, Berlin a été évasif pendant le processus de planification, en raison du fait que la Bundeswehr est déjà profondément impliquée dans le nouveau groupe de travail de l’OTAN et a étendu ses engagements à cet égard jusqu’en 2020.

L’OTAN a annoncé il y a quelques jours qu’elle continuera à s’étendre vers l’est, prétendant que la Russie se comporte de manière agressive.

Depuis le début du conflit en Ukraine, l’OTAN a progressivement renforcé sa présence dans ses pays membres de l’Est. Les États-Unis ont également annoncé qu’ils positionneront une brigade de chars permanente en Europe orientale.

Le lundi, Obama rencontrera la chancelière Angela Merkel (CDU) lors d’une réunion au sommet à Hanovre. Le président français François Hollande, le Premier ministre britannique David Cameron, et le Premier ministre italien Matteo Renzi seront également présents.

Traduction Avic – Réseau International

Source : http://deutsche-wirtschafts-nachrichten.de/2016/04/23/usa-verlangen-mitwirkung-deutschlands-im-kampf-gegen-russland/

L’Allemagne qui met 65 millions d’euros sur la table pour l’extension d’une base militaire en Turquie ….

Et voici un papier en lien – Pour en finir avec «les Anglo-Saxons»

Le Royaume-Uni, partenaire privilégié des Etats-Unis ? La Chine et l’Arabie saoudite lui sont passées devant, estime l’analyste britannique John Laughland.

Il existe en France une habitude malencontreuse d’employer le terme «les Anglo-Saxons» pour désigner les Britanniques et les Américains comme un bloc, et pour insinuer que les Etats-Unis et le Royaume-Uni agiraient toujours ensemble sur la scène internationale et partageraient les mêmes valeurs.  Selon cette théorie, l’hégémonie américaine du XXe et du XXIe siècle ne serait que la continuation, sans interruption, de celle de l’empire britannique au XVIIIe et au XIXe siècle.

La visite actuelle du président Obama à trois pays, l’Arabie saoudite, le Royaume-Uni et l’Allemagne, devrait mettre fin, une fois pour toutes, à cette fausse lecture de la réalité internationale et de la culture politique des deux pays.

Le Royaume-Uni est un pays qui ne pèse presque rien dans le monde et dont il convient de parler avec condescendance

Tout d’abord, la tournée du président Obama prouve que le Royaume-Uni n’est absolument pas un partenaire privilégié pour les Etats-Unis, contrairement à ce que la classe politique britannique aime prétendre. Le dédain avec lequel Obama a parlé du Royaume-Uni dans sa conférence de presse au 10 Downing Street le 22 avril, quand il a dit que les Etats-Unis seraient trop occupés pour négocier un accord commercial séparé avec un Royaume-Uni qui aurait quitté l’Union européenne, a suscité indignation et colère en Angleterre. Nombreux sont ceux qui reprochent à Obama de vouloir imposer aux Britanniques une souveraineté réduite par l’UE que jamais les Américains n’accepteraient pour eux-mêmes. Nombreux aussi sont ceux qui répliquent que les Britanniques ne se sont jamais dits trop occupés pour aider les Américains dans leurs guerres. Mais la remarque du président Obama – qui ressemble étrangement à une insulte bien calculée – traduit très bien sa pensée, à savoir que le Royaume-Uni est un pays qui ne pèse presque rien dans le monde et dont il convient de parler avec condescendance.

Le pays européen qui compte pour les Américains, c’est l’Allemagne. Nous savons depuis la publication du long entretien qu’Obama a accordé à Jeffrey Goldberg à la revue The Atlantic en mars  qu’Angela Merkel est «un des très peu nombreux dirigeants mondiaux pour lesquels Obama a du respect». Cette attitude est certes arrogante mais elle traduit une vérité indéniable : les Etats-Unis raisonnent en termes de pouvoir et non pas en termes d’affectivité. C’est avec Berlin qu’Obama veut s’entendre sur le Pacte commercial transatlantique car l’Allemagne est, de loin, la plus grande puissance économique en Europe. Croire à une quelconque communauté d’esprit «anglo-saxonne» quand il s’agit d’un président américain issu de la communauté africaine est une pure fantaisie, d’autant plus que les fameux WASPs ne sont plus, et depuis au moins un demi-siècle, hégémoniques à Washington, pas plus qu’ils ne sont dans la société américaine en général. L’immigration massive aux Etats-Unis en provenance de quasiment tous les pays du monde sauf la Grande-Bretagne pendant les XIXe et XXe siècles explique, d’ailleurs, la raison pour laquelle, pour l’Américain moyen, un Britannique est tout aussi étranger qu’un Allemand ou n’importe quel autre Européen.

Les Etats-Unis raisonnent en termes de pouvoir et non pas en termes d’affectivité

Alliée principale des Américains pendant la guerre froide, et pilier principal de la politique américaine d’extension des structures occidentales (UE + OTAN) depuis 1991 – une politique qui s’apparente à la fameuse Mitteleuropa chère aux stratèges allemands du XIXe et du XXe siècle – l’Allemagne est en Europe la seule «nation indispensable» pour les Américains. Cette alliance américano-allemande est d’ailleurs très ancienne, les premiers rapports diplomatiques ayant été établis entre Washington et les Etats allemands, et notamment la Prusse, à la fin du XVIIIe siècle, précisément car les Etats-Unis nouvellement indépendants cherchaient des alliés contre un Empire britannique revanchard. Plus récemment, les Etats-Unis ont attendu décembre 1941 avant d’entrer en guerre contre l’Allemagne nazie, c’est-à-dire plus de deux ans plus tard que les Britanniques, et seulement après que Hitler leur avait déclaré la guerre.

Ensuite, la visite en Arabie Saoudite, où Barack Obama a été accueilli à l’aéroport non pas par le roi en personne, mais par le gouverneur de la capitale, a été largement interprétée comme la preuve que Washington ne privilégiait plus Riyad comme avant. Il est certainement vrai que Barack Obama, avant d’être élu président, avait ouvertement critiqué le régime saoudien. Jeffrey Goldberg, qui désapprouve l’accord nucléaire conclu avec le grand rival des Saoudiens, s’attarde longtemps dans son article sur les difficultés qui ont empoisonné les rapports arabo-américains sous Obama. En renouant avec Téhéran, le président Obama aura effectué un tournant historique dans la politique étrangère américaine, comparable à son abandon de cinquante ans de sanctions contre Cuba, pays qu’il a ensuite été le premier président américain depuis 1928 à visiter. Sans doute les Saoudiens espèrent que les vieilles habitudes reprendront, une fois la parenthèse Obama refermée. Ils se trompent peut-être, car la non-publication des 28 pages du rapport dans les attaques terroristes du 11 septembre, qui parleraient de l’implication du régime saoudien dans le réseau d’Osama bin Laden, continue à susciter des remous au sein de l’opinion publique.

Pilier principal de la politique américaine d’extension des structures occidentales […]l’Allemagne est en Europe la seule «nation indispensable» pour les Américains

Néanmoins, le fait est que l’un des axes majeurs de la politique étrangère américaine depuis 1945 est l’axe saoudien. Conclu quelques jours à peine après les accords de Yalta, le 14 février 1945, l’accord dit de Quincy entre le roi Ibn Saoud et le président Roosevelt est l’un des axes majeurs de la politique américaine non seulement au Moyen Orient mais au monde. Malgré quelques vicissitudes, cet accord, qui consiste à vendre des armes aux Saoudiens et à leur acheter leur pétrole en contrepartie, par le biais notamment de concessions pétrolières en partie américaines, a été soutenu par cinq rois saoudiens et par douze présidents américains successifs. N’oublions pas non plus que le président Obama lui-même s’est rendu à Riyad l’an dernier pour présenter ses hommages au nouveau roi Salman, ce qu’un président américain ne fait qu’avec très peu d’autres nouveaux chefs d’Etat au monde.

Il est sans doute superflu de rappeler, en conclusion, qu’il est de notoriété que le plus grand partenaire commercial des Etats-Unis, après le Canada, c’est la Chine, avec laquelle le bilan commercial est six fois plus grand qu’avec son «cousin anglo-saxon» britannique. Quitte à dire «les Francs», le nom d’une vieille tribu germanique, pour parler de la France et pour créer l’illusion d’une communauté politico-culturelle franco-allemande, il faudrait abandonner l’expression les «Anglo-Saxons» qui ne peut qu’induire les gens crédules en erreur.