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Jim Rickards sur les détonateurs possibles de la prochaine crise : Les options de la Fed et du FMI face à Trump

Variation des devises majeures vs le dollar – fin 2016

L’élément le plus déterminant dans la mise en oeuvre du programme économique de Trump est la réaction de la Réserve Fédérale. Alors qu’une hausse des taux par la Fed en décembre était pratiquement certaine, la direction des taux en 2017 à la suite de cette hausse sera cruciale pour la réussite ou l’échec du programme de Trump. La Fed peut choisir de se montrer très conciliante face aux importants déficits de Trump.

Dans les faits, elle n’anticipera pas l’inflation mais attendra jusqu’à ce que cette dernière soit réellement là. L’inflation est encore très en dessous du taux cible de la Fed, qui est de 2%. Puisque la Fed vise une inflation moyenne de 2%, elle pourrait autoriser que l’inflation dépasse les 2% pendant un moment, ce qui serait cohérent avec une moyenne de 2%, au vu des niveaux bas actuels.

Pour la Fed, les taux réels négatifs sont également un type de stimulus. Les taux réels négatifs existent lorsque le taux d’inflation est plus élevé que le taux d’intérêt nominal. Cette condition peut exister à n’importe quel niveau de taux.

Par exemple, une inflation de 3% avec un taux nominal de 2,5% donne un taux réel négatif de 0,5%. De même, une inflation de 4% avec un taux nominal de 3,5% produit le même taux réel négatif de 0,5%.

Nul doute que la Fed ne veut pas d’une inflation à 3,5%. Toutefois, elle peut atteindre des taux réels négatifs à n’importe quel niveau, en utilisant la répression financière pour contenir les taux d’intérêt nominaux.

Un nouveau QE furtif pour continuer la répression financière

Comment ? En obligeant les banques à acheter des bons du Trésor même si le bilan de la Fed n’est pas reluisant. Cela revient à une sorte de « QE caché » qui utilise les bilans des banques pour y fourguer des obligations au lieu de les porter sur le bilan de la Fed.

Ce type de compromis face à des déficits plus élevés est également appelé « dominance budgétaire, » une idée élaborée par l’ancien gouverneur de la Fed, Rick Mishkin, et ses collègues théoriciens. L’idée est que l’indépendance de la Fed est surtout un mirage et que la Fed fera ce qui est nécessaire pour faciliter les desiderata budgétaires du Congrès, tout en protestant du contraire.

Sous la dominance budgétaire, on permet qu’une inflation faible perdure pendant une longue période. Elle rongera petit à petit la valeur du dollar et la dette du Trésor libellée en dollars. C’est de cette manière que les Etats-Unis ont réduit leur ratio dette/PIB entre 1946 et 1970.

L’inconvénient de cette méthode ? L’inflation n’est pas un pur phénomène monétaire mais également un phénomène comportemental. A elle seule, la planche à billets ne produit pas de l’inflation. Elle doit se combiner à la volonté des individus à emprunter, dépenser et investir.

Une telle volonté est principalement psychologique — elle dépend des « esprits animaux » décrits par Keynes. Toutefois, une fois que les anticipations passent de déflationnistes à inflationnistes, elles s’inversent difficilement. Cela pourrait mener à une situation où les anticipations d’inflation passent de 1% à 3%, puis passent rapidement à 5% ou plus.

L’ascendant psychologique de la Fed reste à prouver

La Fed croit qu’elle peut faire baisser les anticipations inflationnistes par exemple, de 3% à 2%. Mais elle pourrait bien prendre ses désirs pour des réalités. Un effort pour relever les taux et traiter une hausse des anticipations d’inflation pourrait avoir l’inverse de l’effet escompté car les consommateurs considèrent des taux plus élevés comme une validation que l’inflation est devenue hors de contrôle.

C’est exactement ce qui est arrivé en 1974–1981. La Fed a pris du retard par rapport à l’inflation dès le départ et n’a plus bougé jusqu’aux mesures extrêmes du président de la Fed en exercice, Paul Volcker, en 1980–1981.

Autre scénario, la Fed pourrait choisir de s’appuyer sur le potentiel d’inflation de la politique de Trump et remonter brusquement les taux en 2017. Cette politique pourrait se fonder sur la lecture par Janet Yellen de la courbe de Phillips et la notion largement acceptée selon laquelle la politique monétaire agit avec un certain décalage.

Le chômage enregistre son plus bas niveau depuis la récession ; en outre, les demandes initiales de prestation chômage enregistrent un plus bas record. Par conséquent, l’analyse de Yellen est que la manifestation des pressions inflationnistes liées aux revendications salariales n’est qu’une question de temps. Puisque le resserrement monétaire fonctionne avec un décalage de six à douze mois, il est important de relever les taux aujourd’hui pour garder une longueur d’avance sur cette inflation.

Relever les taux pour mieux les baisser ?

Indépendamment de l’état du marché du travail aujourd’hui, la Fed est prête à tout pour relever les taux autant que possible. Cela devrait lui permettre d’avoir un peu plus de munitions pour réduire les taux lors de la prochaine récession.

Pour la Fed, l’euphorie qui a régné sur le marché boursier après l’élection de Trump compte pour un assouplissement des conditions financières. Un tel assouplissement est le prétexte parfait pour un resserrement en compensation par la Fed. Cette dernière recherchera un équilibre délicat entre assouplissement (des actions) et resserrement (des taux) qui lui permettra d’atteindre son objectif de normalisation des taux sans faire entrer l’économie en récession.

Le dernier joker est le dollar. Un cycle de resserrement par la Fed renforcera le dollar. Ceci est déflationniste parce que les Etats-Unis sont un importateur net et qu’un dollar plus fort rend les marchandises importées meilleur marché pour les consommateurs américains et les autres participants à la chaîne d’approvisionnement mondiale.

La combinaison d’un dollar plus fort, d’une déflation importée et de taux plus élevés dans une économie déjà faible pourrait faire entrer les Etats-Unis en récession.

Il faut envisager également le pire résultat économique : la stagflation. Il s’agit de la combinaison malheureuse d’une inflation plus forte et d’une croissance réelle faible ou en récession.

Les grands plans de dépenses de Trump et les esprits animaux pourraient produire de l’inflation tandis que la hausse des taux et le resserrement monétaire par Yellen favoriseraient une récession. Les Etats-Unis ont déjà connu cette situation entre 1976 et 1981

Une situation rendue de plus en plus périlleuse par le gonflement de la bulle de crédit

En plus des risques macroéconomiques, le risque systémique est plus dangereux que jamais. Il pourrait jouer un rôle important et inattendu dans les plans économiques de Trump. Les banques « trop-grosses-pour-faire-faillites » n’ont jamais été aussi grosses, elles possèdent une part plus élevée des actifs totaux du système financier et elles ont en portefeuille bien plus de produits dérivés.

Dans des systèmes à la dynamique complexe comme le sont les marchés de capitaux, le risque est une fonction exponentielle de la taille du système. Cela signifie qu’un système plus grand implique une crise de liquidité mondiale future et une panique de marché bien plus importantes que celle de 2008.

La capacité des banques centrales à traiter une nouvelle crise de liquidité est fortement limitée par des taux d’intérêt bas et des bilans surgonflés qui n’ont pas été normalisés depuis la dernière crise. Dans la prochaine panique, qui pourrait éclater n’importe quand, les banques centrales se tourneront vers le FMI pour leur fournir la liquidité nécessaire.

Cette liquidité prendra la forme d’émissions de milliers de milliards de droits de tirage spéciaux ou DTS (monnaie mondiale). Cette émission de DTS de secours sera hautement inflationniste et mettra fin au rôle du dollar US comme monnaie de réserve mondiale.

Les détonateurs possibles de la prochaine crise

Il existe de nombreux catalyseurs potentiels qui pourraient déclencher une telle crise : la Deutsche Bank, des défauts de livraison d’or, une crise de la dette libellée en dollars des marchés émergents, une catastrophe naturelle, etc. Le catalyseur d’une telle panique est sans importance — ce qui compte, c’est l’instabilité du système dans son ensemble.

Lorsque le catalyseur déclenchera la panique, des dynamiques impersonnelles se développeront de façon incontrôlée. Ces dynamiques sont indifférentes à l’idéologie politique ou à la politique publique des responsables politiques.

Une administration Trump pourrait rapidement être submergée par une crise mondiale de liquidité comme l’a été l’administration Bush en 2007-2008. Dans un tel cas, les élites mondiales qui opèrent via le FMI, la BRI et le G20 imposeront leurs solutions puisqu’elles contrôlent les leviers de liquidité restants, en particulier les DTS.

Trump pourrait accepter la solution des élites, ce qui impliquerait une coopération avec la Chine ; ou alors il pourrait lutter contre les élites, auquel cas une nouvelle grande crise comme celle de 1929 pourrait en résulter.

En résumé, l’économie mondiale est sur la corde raide entre inflation et déflation.

Le vecteur inflationniste pourrait rapidement dominer, si les déficits de Trump trouvent un compromis à la Fed. A l’inverse, le vecteur déflationniste pourrait dominer sur la base de facteurs fondamentaux comme un dollar fort, le désendettement, la démographie et la technologie combinées avec un resserrement prématuré de la part de la Fed.

A l’horizon, plane le spectre d’une crise systémique, qui pourrait entraîner une inflation (due à une émission massive de DTS) ou une déflation (due à l’absence d’une réponse mondiale coordonnée).

Plus d’infos sur : http://la-chronique-agora.com/fed-fmi-trump/
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USA : La prochaine crise économique, privera instantanément de cash les 2/3 de la population

Pour rappel, 33% des Américains n’arrivent même plus à subvenir à leurs besoins élémentaires …

Saviez-vous qu’environ 70% de la population américaine vit d’un chèque de paie à l’autre ? Comme vous le constaterez ci-dessous, une nouvelle enquête vient de montrer que 69% des américains ont moins de 1000 dollars d’économies.

Bien sûr, l’une des principales raisons qui expliquent cette triste réalité, c’est que la plupart des américains croulent littéralement sous les dettes. En fait, le montant total de la dette des ménages américains dépasse maintenant les 12.000 milliards de dollars. Du coup, beaucoup d’Américains sont tellement occupés à essayer de rembourser leurs dettes existantes qu’ils n’ont pas le temps de penser à épargner pour leur avenir. Si les conditions économiques continuent de rester relativement stables et ce même si beaucoup d’américains vivent au bord de la pauvreté, cela ne les tuera probablement pas. Mais le jour où l’économie américaine plongera dans une nouvelle crise du type de 2008 voire pire, les deux tiers des Etats-Unis pourraient se retrouver quasi instantanément dans une grave pénurie de liquidités.

Si vous vivez d’un chèque de paie à l’autre aux Etats-Unis, vous vivez sous la menace permanente de voir votre vie basculer totalement et à tout moment si ce salaire ne vous était plus versé. Durant la dernière crise, des millions d’Américains ont perdu leur emploi très rapidement, et parce que beaucoup d’entre eux vivaient d’un chèque de paie à l’autre, tout d’un coup un grand nombre d’entre eux se sont retrouvés dans l’incapacité de rembourser leurs prêts immobiliers. En conséquence, une multitude de familles américaines ont vécu cette douloureuse vague de saisies immobilières.

Malheureusement, il semble que nous n’ayons tiré aucune leçon de nos erreurs passées. Selon la dernière enquête que j’ai mentionné précédemment, 69% des Américains ont moins de 1000 dollars d’économies

L’an dernier, le site de finance personnelle GoBankingRates avait interrogé plus de 5000 Américains et il avait découvert que 62% d’entre eux avaient moins de 1000 dollars d’économies. Le site GoBankingRates a une nouvelle fois posé cette question le mois dernier auprès de 7052 américains. Le résultat ? Près de sept Américains sur 10 (69%) ont déclaré avoir moins de 1000 dollars d’économies sur leur compte en banque.(69% = 34% qui n’ont rien + les 35% qui ont entre 0,01 et 999,99 dollars)

Si l’on rentre un peu plus dans les détails de cette enquête, nous constatons que 34% des Américains n’ont plus un seul sou sur leur compte en banque, tandis que 35% ont moins de 1000 dollars. Parmi les autres résultats de cette enquête, 11% des américains ont entre 1000 dollars et 4999 dollars, 4% ont entre 5000 dollars et 9999 dollars, et 15% ont plus de 10 000 dollars d’économies.

Probablement que le fait le plus inquiétant de cette enquête, c’est que 62% des Américains avaient moins de 1000 d’économies l’année dernière. Cela signifie donc que le chiffre de cette année est bien pire que celui de l’an passé puisqu’il a malheureusement progressé 7 % au cours des 12 derniers mois.

Comment cela a t-il pu arriver ? Je pensais que les médias nous expliquaient que l’économie se portait bien mieux…

Regardez, si vous n’avez pas eu l’idée de mettre de l’argent de côté pour parer à un imprévu ou à une situation d’urgence, vous risquez de vous retrouver dans une situation très compliquée voire de tout perdre. j’ai alerté à maintes reprises à ce sujet et ce depuis des années, et dans un article toujours en lien avec cette dernière enquête, le quotidien national américain USA Today a lui aussi très fortement souligné ce point

Ces données sont particulièrement inquiétantes car on recommande aux américains d’avoir l’équivalent de six mois de dépenses mis de côté en cas d’urgence, comme dans le cas d’importantes dépenses médicales, de frais pour la réparation d’un véhicule, ou pour un licenciement. Sans ce fonds d’urgence qui sert de coussin, des millions d’Américains pourraient se retrouver dans une situation financière désastreuse.

En tant que rédacteur en chef du site The Economic Collapse Blog, les gens me demandent constamment ce qu’ils doivent faire afin de se préparer au mieux face aux difficultés qui se profilent à l’horizon.

Le tout premier conseil que je donne, c’est de se constituer un fonds d’urgence et donc de mettre de l’argent de côté.

Dans une situation chaotique, il est toujours difficile de prévoir avec précision ce qui va se passer, mais de toute façon, nous devrons continuer à payer nos factures et acheter divers produits à nos familles au cours de la prochaine crise.

Oui, un jour, le dollar américain n’aura plus aucune valeur, mais avant que cela n’arrive, vous aurez toujours besoin d’un toit pour votre famille et à qu’il y ait de la nourriture sur la table.

Et vous aurez besoin d’argent pour cela.

Il y a quelque temps, la Réserve fédérale américaine avait également constaté qu’un grand pourcentage d’Américains vivaient au bord de la pauvreté. La Fed a découvert récemment que 47 % des Américains sont incapables de sortir 400 dollars pour couvrir un imprévu sans devoir emprunter ou vendre quelque chose qu’il possède à quelqu’un.

Si vous n’êtes même pas capable de sortir 400 dollars pour couvrir un imprévu comme une visite aux urgences, alors c’est que vous devez déjà vraiment avoir du mal à joindre les deux bouts financièrement chaque mois. Malheureusement, près de la moitié des américains se trouvent actuellement dans cette situation.

on nous répète inlassablement que l’économie se porte mieux, mais c’est totalement faux !

En réalité, il se trouve que l’intervalle d’années allant de 2005 à 2015 a été la pire période de croissance du PIB par habitant de toute l’histoire moderne des Etats-Unis. Ce qui suit provient du site zerohedge

  1. La croissance était particulièrement forte dans les années 1960 et ce jusqu’au début des années 1970. Chaque année, de 1966 à 1973, le revenu par habitant augmentait entre 30 % et 40 % par rapport à la même période une décennie plus tôt. Ainsi, il n’est donc pas surprenant que de nombreux Américains se rappellent de cette période comme étant la meilleure qu’ait connu l’économie américaine.
  2. Chaque année de 1984 à 2007 – une période que les économistes appellent la Grande Modération, en raison du taux de croissance moins dynamique et de la faiblesse des taux d’intérêt -. Le revenu par habitant augmentait entre 20 % et 30 % par rapport à la même période une décennie plus tôt. Voilà la raison pour laquelle les américains se rappellent de cette période qui fut bonne pour l’économie américaine.
  3. La croissance du revenu par habitant de 2005 à 2015 a été inférieur chaque année à celle qui avait été relevée une décennie plus tôt. C’est certainement ce qui explique pourquoi beaucoup d’américains sont mécontents des récentes performances économiques de leur pays.

Et comme je l’ai répété à maintes reprises, Barack Obama est en passe de devenir le seul président de toute l’histoire des États-Unis à n’avoir jamais fait progresser le Pib américain de plus de 3% sur une année et ce durant ces deux mandats soit 8 ans. Tous les autres présidents dans l’histoire des Etats-Unis, et même les plus mauvais, avaient au moins réussi à faire progresser le Pib d’au moins 3% ne serait-ce qu’une année. Mais cela n’est pas arrivé sous Obama, et ce même si il a eu deux mandats à la Maison Blanche.

Pourquoi Donald Trump n’a pas soulevé ce point ? Je pense qu’il pourrait faire mal avec ce fait établi.

Actuellement, personne ne peut nier que la classe moyenne ne cesse de rétrécir.  Nous avons appris pour la première fois que la classe moyenne américaine constituait une minorité au sein de la population.Alors qu’en 1971, 61 % de l’ensemble des ménages américains faisaient partie de la classe moyenne.

En 1970, la classe moyenne américaine ramenait au foyer environ 62 % de l’ensemble des revenus. Aujourd’hui, ce nombre a chuté et atteint dorénavant 43%.

Ceux qui rejettent encore les arguments que je viens d’exposer et qui sortiront des phrases du type: « Trouve toi un travail » ne comprennent pas qu’il devient de plus en plus difficile de trouver un bon emploi actuellement.

Les statistiques les plus récentes montrent qu’il y a 7,9 millions d’américains déclarés comme étant officiellement au chômage. Lorsque vous ajoutez à ce nombre les  94,1 millions d’américains en âge de travailler et sans emploi, qui sont comptabilisés comme étant en dehors de la population active, vous obtenez plus de 102 millions d’américains sans emploi actuellement.

Et avoir un emploi ne signifie pas forcément que tout va bien. Selon les derniers chiffres de l’administration américaine en charge de la sécurité sociale (The Social Security Administration), 51 % de l’ensemble des travailleurs américains gagnent moins de 30.000 dollars par an.

Partout où l’on peut regarder, les choses se détériorent. Il y a quelques temps, j’avais expliqué que les villages de tentes pour sans-abri poussent comme des champignons aux Etats-Unis et que la pauvreté continue de progresser, et que du coup, de plus en plus d’adolescents se prostituent pour se nourrir.

Malheureusement, ce que nous venons d’évoquer se banalise un peu partout à travers les Etats-Unis. Même dans des régions où tout semble bien se passer, nous constatons que la pauvreté progresse à des niveaux records. Par exemple, il a été récemment rapporté que le nombre de sans-abri New-Yorkais vient d’atteindre« un niveau record » le week-end dernier, et le nombre de familles vivant en permanence dans des refuges pour sans-abri a bondi de 60 % au cours des cinq dernières années.

Si les choses vont aussi mal alors que nous sommes normalement en pleine période de « reprise économique », on est en droit de se demander à quoi ressembleront les choses lorsque l’économie implosera…

Et compte tenu du fait que près de 70% de la population américaine n’a pratiquement pas d’économies, comment l’Amérique fera pour gérer un ralentissement économique prolongé qui pourrait être encore pire que ce que nous avions vécu en 2008 et 2009 ?

Le décor est déjà planté pour la prochaine grande crise économique mondiale, et il n’en faudra pas beaucoup pour que les Etats-Unis basculent dans le précipice.

Source, via BB

 
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Publié par le 12 octobre 2016 dans économie, général, International

 

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Deutsche Bank : La nouvelle crise de l’euro commence

Le cours de ces obligations s'est effondré

Les COCO de DB s’effondrent

L’Allemagne a indiqué qu’elle ne soutiendrait pas Deutsche Bank qui devra se débrouiller toute seule. Les Allemands semblent préférer le déclenchement des “armes de destruction financière massive” plutôt que le financement sans fin des déficits de la Zone euro.

Deutsche Bank est un monstre trop gros pour faire faillite, donc trop gros pour exister. Son existence même prouve que le système financier dans lequel nous vivons n’a rien à voir avec le capitalisme qui élimine naturellement ce qui n’est pas viable par la faillite.

Mais Deutsche Bank existe…

Donc il va falloir “faire avec”, comme on dit en mauvais français. – 12,5 milliards d’euros d’amende – La banque la plus “systémique” du monde – Des pertes de 6,8 milliards d’euros – Une capitalisation qui a fondu de moitié depuis le début de l’année – Un cours revenu à son niveau de 1992 ou même 1983 avant l’euro… – … Malgré 20 milliards d’euros de recapitalisation en 2010 et 2014 en émettant entre autres des CoCos (Contingent Convertible Bonds), des obligations convertibles en actions dès que le ratio de fonds propres de la banque descend en dessous d’un certain seuil. – Et une montagne de produits dérivés — 72 800 milliards de dollars — qualifiés par Warren Buffett “d’armes de destruction financière massive”.

Tout cela, Angela Merkel a indiqué qu’elle s’en moquait, que les contribuables allemands ne paieraient pas et que Deutsche Bank n’avait qu’à se débrouiller toute seule sans aide de l’Etat pour se recapitaliser.

Ne vous y trompez pas. Les Allemands sont moins naïfs que les cigales de l’Europe du sud en matière financière. Ils savent ce qu’ils risquent en ne faisant rien. Ils sont prêts à endosser le risque.

La nouvelle crise de l’euro commence :

Deutsche Bank entrainera le système financier dans son naufrage. Il faut s’y préparer maintenant : la fin de l’euro est probable.

Se préparer au pire tout en espérant le meilleur, telle a toujours été notre devise. Le pire semble se matérialiser sous nos yeux : Deutsche Bank (DB) coule, Commerzbank prend l’eau. Les assureurs agrippent une bouée de sauvetage législative pour ne pas mourir asphyxiés par les taux bas ou noyés par une remontée des taux.

DB, le monstre teuton des produits dérivés sombre. Bien sûr, son président John Cryan indique ce matin dans le magazine Bild que tout va bien. (Si vous voulez vraiment lire l’actualité autrement, je vous conseille L’histoire de la désinformation de Vladimir Volkoff et La Langue des médias : Destruction du langage et fabrication du consentement d’Ingrid Rocrieux).

Deutsche Bank a émis des obligations CoCo. Ce sont des obligations dont le remboursement est soumis à certaines conditions, notamment de fonds propres de la banque.

Le cours de ces obligations s’est effondré.

Le cours de ces obligations s'est effondré

Mais quittons les banques allemandes pour une autre épave en devenir, l’assurance-vie en euro. Comme nous le répétons inlassablement depuis deux ans, les assureurs ne peuvent pas supporter indéfiniment des taux nuls ou négatifs. Mais personne, ni même les assureurs, ne peut supporter une hausse des taux.

Donc comment faire ? Vite, fabriquons une loi ! La Loi Sapin 2 contient donc des dispositions pour assurer la survie des assureurs qui pourront bloquer les remboursements, et ne seront plus tenus de rembourser l’intégralité du capital versé sur les contrats dits en euro. Ce que nous prévoyions depuis deux ans fait l’éditorial du jour des Echos. Sombre satisfaction…

Les Echos

Evidemment, cher lecteur fidèle, rien de tout cela ne doit vous surprendre. Vous êtes préparé.*

Mais il nous faut désormais préparer l’étape suivante : la fin de l’euro. Deutsche Bank et Commerzbank sont des banques systémiques. Les contribuables allemands ne les sauveront pas. Ils n’ont jamais été convaincus par le fait qu’on pouvait maquiller une crise d’insolvabilité en baissant les taux et en créant de la fausse monnaie pour racheter des obligations pourries.

L’euro n’y survivra pas.

L’Europe n’est pas l’Italie où le nord paie pour le sud.

Inutile de se voiler la face.

Sautons maintenant l’Atlantique pour nous intéresser à Trump.

Les medias lui reprochent beaucoup de choses.

Il est vulgaire (chacun son mauvais goût). Il ne paie pas d’impôts (une pointe d’envie ?). Il a fait faillite (au moins, il a pâti et appris de ses erreurs). Il est trop riche (il sera moins tenté de voler). …

Je constate toutefois que Trump a fait preuve de plus de bon sens que tous les gouverneurs de la Fed, passés et présents réunis en déclarant :

“La vue selon laquelle les choses s’améliorent est un mirage […] La seule chose qui paraisse en forme est le marché actions, mais si vous augmentez les taux d’intérêt, ne serait-ce que d’un petit peu, le marché s’effondrera […]Nous sommes dans une bulle énorme, obèse, hideuse.”

Se préparer au pire et espérer le meilleur.

Espérons que les futurs gouverneurs de la Fed auront autant de bon sens que Trump !

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Publié par le 28 septembre 2016 dans économie, général, International

 

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Les cours de l’or touchent les 1 320 $ l’once : “Gold is back!”

On repart avec l’or qui continue sur sa lancée avec une tendance toujours haussière à moyen – long terme, et un retournement du marché fin 2015 qui se (re)reconfirme . Prochain objectif comme je l’ai prédis il y a longtemps à 1400 $. Z . 

Pas de changement de politique monétaire de la BCE.

Aujourd’hui, 21/07/2016, à 14H03 : Les cours de l’or dans toutes les devises majeures ont grimpé jeudi par rapport à des plus bas de trois semaines mais ont eu du mal à maintenir des gains. Les marchés boursiers mondiaux ont reculé à partir de nouveaux pics historiques alors que le Japon et la zone euro n’ont pour le moment pas pour projet d’ajouter des stimuli monétaires supplémentaires.

[Pourquoi ces éléments sont importants et impactent les cours de l’or ?]

Touchant brièvement les 1 320 dollars l’once, les 1 200 euros l’once et les 1 000 livres l’once, le métal jaune a reculé à midi à Londres, alors que la BCE a annoncé qu’il n’y aurait pas de changement concernant son QE et les taux de refinancement à zéro, ni de diminution supplémentaire de ses taux d’intérêt sur les dépôts des banques commerciales à -0,4%.

Les actions européennes ont reculé pour la première séance sur cinq alors que les prix des commodités ont affiché des hausses tout comme les rendements des bons souverains majeurs.

Le prix de l’or en yens japonais a déjà diminué de 1,1%, chutant brièvement vers les 4 500 yens par gramme alors que la devise du pays a bondi suite à l’annonce sur la BBC par le dirigeant de la Banque du Japon, Haruhiko Kuroda, qu’il n’y aura pas d’impression de monnaie ou d’helicopter money pour tenter de mettre un terme à 27 ans de déflation des prix des actifs, du PIB et des prix à la consommation.

Le yen a ensuite re-glissé et l’or a rebondi après que la BBC ait indiqué que l’entretien était un enregistrement datant de la mi-juin, avant le Brexit. (source)

Pour poursuivre, Voici un papier intéressant auquel j’adhère : 2016 : 3 raisons pour lesquelles “Gold is back!” (Stöferle)

Les deux plus chevronnés analystes européens de l’or viennent de publier leur rapport annuel. Ils examinent les principales raisons de sa hausse en 2016 et prévoient un cours de 2 300 dollars en 2018.

On ne présente plus Ronald-Peter Stöferle, rédacteur depuis 2007 du rapport annuel “In GOLD we TRUST” qui en est donc à sa dixième mouture. Pour marquer le coup, Stöferle, en collaboration avec son collègue Mark J. Valek de chez Incrementum Liechtenstein AG, nous offrait le 28 juin un nouveau pavé de 144 pages aussi intéressant que les précédents.

Ce document* aborde plusieurs sujets sur lesquels on attendait que les auteurs prennent position, en particulier l’or en tant que classe d’actif anti-fragile et le “portefeuille permanent” d’Harry Browne.

Comme chaque année, Soeferle et Valek reviennent avec un regard critique sur leurs prévisions de l’année précédente et confirment ou réajustent leurs objectifs au vu des évènements, tout cela agrémenté de citations éclectiques allant cette année de Rocky Balboa à Janet Yellen, en passant par l’acteur Ned Stark of Winterfell, de la série à succès Game of Thrones.

Nous avions quitté les auteurs le 25 juin 2015 avec une once à 1 172 dollars (et à 1 047 euros) et un objectif de prix pour juin 2018 à 2 300 dollars. Depuis 2008, Stoeferle reconduit cet objectif que d’aucuns qualifiaient à l’époque d’“excentrique”.

Entre temps, la correction du prix de l’once entamée en septembre 2011 en dollars a été plus longue que prévu par les auteurs et a finalement “évolué en un marché baissier à part entière en 2013” avec “à peu près la même structure et profondeur que celui de 1974-76 […].

Mais l’once a finalement enregistré au cours du premier trimestre 2016 “sa plus forte performance trimestrielle en 30 ans” et “est sortie du marché baissier en vigueur depuis 2013.” Le 28 juin 2016 (sortie du rapport), l’or clôturait à 1 309 dollars (1 185 euros).

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1- Le facteur principal de baisse du cours du gold (et des matières premières) avant son (leur) réveil du premier trimestre 2016

Le renforcement du dollar, non seulement du fait de “la prétendue sortie à venir de la Fed de ses programmes monétaires d’urgence”, légende entretenue depuis plusieurs années, mais également à cause de “la perception d’une reprise de l’économie américaine”.

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NDLR : le dollar index est la valeur du dollar mesurée contre les principales devises du commerce mondial

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2- Les facteurs ayant joué un rôle décisif dans cette hausse historique du gold :

  • L’accroissement de l’incertitude à propos de la reprise économique, et en particulier vis-à-vis du prétendu pouvoir** des banques centrales à provoquer cette reprise à hautes doses d’“analgésiques monétaires”(** les auteurs nous rappellent que Karl Deutsch défini le pouvoir comme “la capacité à ne pas avoir à apprendre”), “incertitude accrue après les résultats du referendum sur le Brexit”. Les marchés commencent à prendre conscience du fait qu’en cas d’échec, les banques centrales se retrouveront confrontées à une“situation perdant-perdant”: qu’elles poursuivent la politique de taux d’intérêts bas ou qu’elles l’interrompent, elles confronteront l’économie à “des risques considérables”.
  • Le franchissement du “Rubicon monétaire”dans plusieurs zones monétaires avec l’imposition de taux d’intérêts négatifs. Les auteurs font remarquer à ce propos : “Il est assez surprenant que les économistes soient largement opposés au contrôle des prix mais qu’ils fassent une exception en ce qui concerne les taux d’intérêt”. On ne saurait mieux dire.
  • La prise en considération par les marchés d’un possible recours à l’helicopter money, mesure “de dernier recours” dont “il semble réaliste de penser qu’elle déclencherait la très convoitée inflation”.

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La hausse de l’or a été concomitante de :

  • “L’affaiblissement du dollar ;
  • La hausse du prix des matières premières ;
  • Un retournement dans la tendance de l’inflation (ré-inflation) ;
  • Une diminution des taux d’intérêt réels ;
  • Un élargissement des écarts de taux d’intérêt ;
  • Un affaiblissement des marchés actions américains et européens.”

Nous verrons la semaine prochaine sur quoi se fondent nos deux analystes pour leurs prévisions de cours.

* accessible ici en langue anglaise

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit.

Article de Nicolas Perrin, des Editions Agora.

 
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Publié par le 22 juillet 2016 dans général, or et argent métal

 

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Voici les 8 grands déclencheurs potentiels d’une nouvelle crise financière

Il y a un certain nombre de déclencheurs potentiels d’une nouvelle crise.

Le premier déclencheur potentiel peut être le cours des actions.

Le marché boursier américain est en difficulté. Une appréciation du dollar américain affecte les exportations et les recettes en devises.La faiblesse du marché des Émergents affecte les entreprises dans la technologie, l’aérospatial, l’automobile, les produits de consommation et les industries de produits de luxe. Les dévaluations monétaires combinées avec une capacité excédentaire, tirée par la dette alimenté par un sur-investissement en Chine, maintient les pressions déflationnistes en réduisant le pouvoir de fixation des prix. La baisse des prix du pétrole réduisent le bénéfice, les flux de trésorerie et la valeur des actifs des producteurs d’énergie. la technologie et la bio-technologie des actions surgonflées déçoivent.

Gains et pressions sur les liquidités réduisent l’activité de fusions et de rachats d’actions qui ont soutenu la valeur des actions. la faiblesse des actions américaines reflux sur les marchés boursiers mondiaux.

Le second déclencheur potentiel peut être les marchés de la dette. Les Compagnies d’énergie très endettés et les emprunteurs des marchés émergents font face à un risque accru de détresse financier.

Selon la Banque des règlements internationaux, le total des emprunts par l’industrie mondiale du pétrole et du gaz a atteint 2,5 billions $ en 2014, en hausse de 250 pour cent vs1 billion $ US en 2008.

La contrainte initiale sera concentrée dans l’industrie du pétrole et du gaz  de schiste aux États-Unis qui sont fortement endettées avec des emprunts qui représentent plus de trois fois les bénéfices bruts d’exploitation. De nombreuses entreprises ont des flux de trésorerie négatifs même lorsque les prix étaient élevés, et ont besoin de lever constamment du capital pour forer de nouveaux puits pour maintenir la production. Si les entreprises ont des difficultés à respecter les engagements existants, la diminution des fonds disponibles et des coûts plus élevés va créer une spirale négative toxique.

Un certain nombre de grands emprunteurs des marchés émergents, comme le Brésilien Petrobras, Pemex au Mexique et les russes Gazprom et Rosneft, sont également vulnérables. Ces entreprises ont augmenté l’effet de levier au cours des dernières années, en partie en raison de faibles taux d’intérêt pour financer l’expansion opérationnelle importante sur une hypothèse des prix du pétrole plus élevés .

Ces emprunteurs ont, ces dernières années, utilisé les marchés financiers plutôt que des prêts bancaires pour lever des fonds, encaissant sur la demande de rendement des investisseurs affamés. Depuis 2009, Petrobras, Pemex et Gazprom (avec sa banque éponyme) ont émis 140 milliards US $ en dette. Petrobras US seul a emis 170 milliards $ en dette. Les entreprises russes telles que Gazprom, Rosneft et les grandes banques des États-Unis ont vendu 244 milliards $ d’obligations. Le risque de contagion est élevé et les investisseurs obligataires institutionnels et de détail dans le monde entier sont exposés.

Un troisième déclencheur possible est qu’il peut y avoir des problèmes dans le système bancaire alimenté par la baisse des prix des actifs et des prêts non performants. Les banques européennes ont environ € 1,2 billion de prêts en difficulté. Les Prêts à problèmes bancaires chinois et indiens sont également élevés.

Un quatrième déclencheur potentiel peut être des changements dans les conditions de liquidité exacerbent le stress. Depuis 2009, les prix des actifs ont été touchés par la tentative de reflation des banques centrales. Aujourd’hui, autant que US 200-250 milliards $ en nouvelles liquidités peuvent être nécessaire chaque trimestre pour simplement maintenir les prix des actifs. Cependant, le monde est entré dans une période de politique monétaire asynchrone, avec des divergences entre les différentes banques centrales.

La Réserve fédérale américaine n’ajoute plus la liquidité comme elle l’avait fait entre 2009 et 2014. Bien que la Banque du Japon et les banques centrales européennes continuent d’étendre leurs bilans, ça peut ne pas être suffisant pour soutenir les prix des actifs.

La baisse des prix des produits de base permet également de réduire la liquidité mondiale. Depuis le premier choc pétrolier, le recyclage des pétrodollars, les recettes excédentaires provenant des exportateurs de pétrole, ont été une composante essentielle du flux de capitaux mondiaux fournissant le financement, le renforcement des prix des actifs et pour maintenir les taux d’intérêt bas. Une période prolongée de bas prix du pétrole réduira la liquidité en pétrodollars et peut nécessiter la vente de placements étrangers.

La baisse des liquidités mondiales entraînées par la baisse des liquidités en pétrodollar et des réserves de change du marché des émergents affectent les prix des actifs et les taux d’intérêt à l’échelle mondiale.

Un cinquième déclencheur potentiel sera la volatilité des devises et les guerres des monnaies qui ne sont pas, du moins selon les décideurs, en cours. Un dollar plus fort peut affaiblir la croissance des États – Unis. Mais un dollar plus faible signifie un Euro plus fort et un yen fort qui affecte les perspectives de la zone euro et du Japon.

Un sixième déclencheur potentiel peut être la faiblesse de l’activité économique mondiale. Un facteur sera le secteur de l’énergie plus faible. La croyance que les prix du pétrole vont conduire à une augmentation de la croissance peut être déplacée, avec les problèmes des producteurs compensant les avantages pour les consommateurs. Environ 1 billion $ US de nouveaux investissements peuvent être non rentables avec ces prix du pétrole, surtout si ils se poursuivent pendant une période de temps prolongée. Lorsqu’il est combiné avec la réduction des investissements prévus dans d’ autres secteurs en raison de la baisse des prix, l’effet sur les économies seront importantes.

Il y a aussi des problèmes croissants dans les marchés émergents. La croissance ralentit en raison du ralentissement de la demande à l’exportation sur les marchés développés, la dette insoutenable et les faiblesses structurelles non réglées. Pour les pays producteurs de produits de base, la baisse des revenus va affaiblir la performance économique déclenchant une revalorisation. Les problèmes seront répartis sur les marchés émergents.

Le ralentissement de la croissance, une inflation faible et des problèmes financiers vont recentrer l’attention sur le niveau et la viabilité de la dette souveraine. Les problèmes de la dette publique non résolus du Japon et des États-Unis attirent l’examen des investisseurs. En Europe, les problèmes de dette souveraine affecteront les nations fondamentales comme l’Italie et la France.

Un septième déclencheur potentiel peut être une perte de confiance dans les responsables politiques. Par Une évaluation critique des politiques du gouvernement et de la banque centrale . La stabilité financière artificielle conçu par des taux d’intérêt bas et le QE est minée par l’ inquiétude sur les effets à long terme des politiques et l’absence de reprise auto-entretenue.

Le déclencheur final est la contrainte politique. Avec les élites politiques qui ont été capturés par les entreprises, les banques et les riches, les électeurs se tournent vers les extrêmes politiques à la recherche de représentation et de solutions. L’incertitude et l’incohérence en outre de la politique résultante supprime la récupération. La situation géopolitique s’est également fortement dégradée.

En réalité, ce ne sera pas un facteur unique mais une concaténation inattendue des événements, qui se traduiront par une crise financière, une contagion mondiale, et un ralentissement économique.

Zero Hedge – resistanceauthentique

 
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Publié par le 9 mai 2016 dans économie, général, International

 

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Va-t-on vers une nouvelle crise bancaire ?

Le gourou de la finance Bill Gross  invite les investisseurs à fuir les valeurs bancaires. Ici, au cours d'une conférence à Chicago en juin 2014.

Le gourou de la finance Bill Gross invite les investisseurs à fuir les valeurs bancaires. Ici, au cours d’une conférence à Chicago en juin 2014. – REUTERS/Jim Young

Les médias mainstreams se réveillent un par un, un peu comme des graines qui germent de façon désordonnée .

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Je m’explique: lorsque le rendement d’une obligation à trente ans passe de 0 à 1%, la perte en capital est de 26%. En d’autres termes, une obligation qui valait 100 ne vaut plus que 74. En revanche, lorsque ce même rendement passe de 5 à 6%, la perte en capital n’est « que » de 14%. Les activités de marché des banques sont donc exposées à de fortes pertes en capital. Le marché l’a compris.

Mais ce n’est pas tout. Les banques ont un autre problème sur les bras: quand l’argent ne coûte rien et que la courbe des taux est plate – c’est-à-dire lorsque les taux longs se rapprochent des taux courts -, elles ne peuvent plus s’adonner à leur sport favori, le carry trade. Le ralentissement de cette activité, qui consistait à acheter et à stocker des titres en jouant sur les différentiels de taux, fait chuter mécaniquement la rentabilité de leurs salles de marché.

La faiblesse des taux d’intérêt a aussi un impact négatif sur la partie « banque de détail »: emprunter à court terme pour prêter à long terme ne rapporte plus autant qu’avant. De même, cela pénalise les activités de gestion d’actifs et d’assurance-vie. La soi-disant résilience du modèle « universel » est ainsi remise en cause dans ses fondements.

M.-A.B.-L. Je vous rejoins sur un point. La configuration actuelle des taux d’intérêt n’est pas très favorable. Cependant, les politiques monétaires responsables de cette situation n’ont pas vocation à durer. On peut imaginer que l’on va revenir progressivement vers un environnement plus normal. Par ailleurs, l’action des banques centrales a été un succès: le crédit repart. En France, il a progressé de 4,5% sur un an. Et, dans la zone euro, nous sommes repassés en territoire positif. Encore une fois, la situation n’est pas catastrophique: les résultats des grandes banques françaises sont bons. Le fait qu’elles résistent illustre la pertinence de leur modèle de banque universelle.

N’y a-t-il pas un peu de méthode Coué dans vos propos? Les banques vont souffrir si les taux d’intérêt restent proches de zéro; elles subiront des pertes si les taux longs remontent. Dans les deux cas, elles sont perdantes!

M.-A.B.-L. Si les taux longs remontent, l’activité de transformation, qui consiste à se financer à court terme pour prêter à plus long terme, connaîtra une embellie. Or la banque de détail, qui pratique cette transformation, représente environ 70% du revenu des banques françaises.

C.N. La remontée des taux longs sera bonne pour la partie « retail », mais pas pour la partie « activités de marché ». Il reste encore des stocks importants de titres dans les salles de marché, et les hausses de taux engendreront des pertes en capital. J’ajoute que, comme les banques ne peuvent plus faire de carry trade, elles se reportent vers les marchés de dérivés. Or ces marchés manquent de transparence. Ils sont déjà hypertrophiés, puisqu’ils représentent environ dix fois le PIB mondial, contre à peine trois fois en 1998, au moment de la quasi-faillite de LTCM. Aujourd’hui, 80% des encours sur les marchés de dérivés sont des dérivés de taux. Attention donc aux dommages collatéraux en cas de remontée des taux!

M.-A.B.-L. Les montants dont vous parlez sont des montants « notionnels ». Ils ne correspondent pas au risque réel porté par les banques.

C.N. Vous avez en partie raison, le marché des dérivés fonctionne un peu comme une assurance. Admettons que vous assuriez votre maison pour 500000 euros. Si la maison entière flambe, le risque porté par l’assureur sera bien de 500000 euros. En revanche, si seule la cuisine prend feu, le risque ne sera peut-être que de 12000 ou 15000 euros.

M.-A.B.-L. Dans votre raisonnement sur le marché des dérivés, vous partez du principe que toutes les maisons vont brûler en même temps. Dans cette hypothèse, aucune compagnie d’assurances ne survivrait!

C.N. Certes, et c’est bien là le problème: n’oublions pas que c’est par le marché des dérivés que la crise financière est devenue systémique. Avec les produits dérivés, on peut prendre autant de polices d’assurance que l’on veut sur un seul et même bien. A l’époque de la crise des subprimes, c’est ce qui a fait basculer l’assureur AIG.

M.-A.B.-L. Le rôle des dérivés n’est pas celui que vous décrivez. Ils peuvent aussi être des instruments de couverture. Quand Airbus s’en sert afin de gérer son risque de change, on est dans le concret. Par ailleurs, je ne pense pas que l’on puisse dire que les banques sont incitées à aller vers les marchés de dérivés. Il y a tout un pan de réglementation postcrise qui a été mis en place, et dont la Fédération bancaire ne conteste pas la légitimité. De fait, depuis le début de la crise, le secteur bancaire a doublé ses fonds propres. Il est beaucoup plus solide.

Les stress tests sont-ils efficaces? Peuvent-ils détecter les risques correctement?

M.-A.B.-L. Ils sont crédibles en raison de leur caractère régulier et de la transparence des résultats. Lors de la dernière vague de stress tests, les banques de la zone euro ont, en plus, subi un processus sans précédent de « revue de qualité des actifs », une sorte de check-up complet de leur bilan.

Le risque de crise systémique a-t-il disparu? Ici, le siège de la Société Générale, dans le quartier d'affaires de La Défense, près de Paris, en 2015.

Le risque de crise systémique a-t-il disparu? Ici, le siège de la Société Générale, dans le quartier d’affaires de La Défense, près de Paris, en 2015.

afp.com/Thomas Samson

Certes, les stress tests qu’on s’apprête à lancer aujourd’hui touchent un peu moins de banques que les précédents. Mais ils couvrent tout de même 70% du secteur bancaire européen. Par ailleurs, ces tests ne sont qu’une des modalités de surveillance des banques. Il y a aussi un nouveau système de supervision unique, qui n’a pas d’équivalent dans le monde, des ratios de solvabilité renforcés…

C.N. Je suis plutôt sceptique sur le principe même des stress tests. Ces derniers testent la solvabilité (le niveau de fonds propres), mais pas la liquidité (la capacité d’une banque à faire face à ses obligations de trésorerie en fonction de leur échéance). Or les banques sautent toujours sur un problème de liquidités. Souvenez-vous des stress tests antérieurs. L’Irlande, en 2010, les avait passés sans problème. Deux mois après, ses banques sautaient pour des questions de liquidités. Et que dire de Dexia? Cette banque a connu deux quasi-faillites en trois ans, alors que, en septembre 2008, elle avait des capitaux propres largement supérieurs à ce que la réglementation demandait, et que, en 2011, elle avait réussi les stress tests sur la solvabilité.

Vous évoquez le processus de revue de qualité des actifs, mais, ce qu’il faut savoir, c’est que les grosses banques évaluent elles-mêmes leurs risques et que les superviseurs n’ont pas toujours les moyens de valider les modèles de gestion des risques utilisés. Danièle Nouy, présidente du Mécanisme de supervision unique au sein de laBanque centrale européenne, s’en est déjà émue en public. Selon elle, il faudrait dix ans pour auditer correctement ces modèles de gestion de risques.

Les stress tests ne sont pas inutiles, mais ils ne « stressent » pas la bonne chose. Il s’agit avant tout d’un exercice de communication financière fait pour rassurer. En France, le Fonds de garantie des dépôts est d’environ 2 milliards d’euros, alors que les dépôts représentent 1500 milliards. Si une crise systémique subvenait, on ne pourrait pas tenir longtemps.

Le risque systémique n’a donc pas disparu?

C.N. Il existe toujours. Le Conseil de stabilité financière a identifié 30 banques capables de « faire sauter le système » au niveau mondial. Parmi elles, il y a une allemande (Deutsche Bank) et quatre françaises (BNP Paribas, Crédit agricole, Société générale et BPCE).

M.-A.B.-L. Il ne faut pas confondre la taille d’une banque et le risque. En France, les grandes banques n’ont pas posé problème durant la crise financière. En Italie, les difficultés récentes n’ont pas porté non plus sur des grandes banques. Par ailleurs, le Conseil de stabilité financière dont vous parlez a pris un certain nombre de mesures spécifiques aux banques systémiques. Celles-ci sont désormais soumises à des ratios spécifiques. Le TLAC, par exemple, oblige les banques concernées à constituer et à conserver un matelas de ressources transformables en fonds propres.

L’idée est de pouvoir faire face à des difficultés sans faire appel à des Etats. D’autres mesures importantes ont ensuite été prises, comme la mise en place d’un nouveau système de supervision bancaire, ou celle d’un Fonds de résolution européen. Bientôt, il y aura 2000 personnes à Francfort et 300 à Bruxelles, dont le travail consiste à vérifier que notre système bancaire tient la route. Sans compter les autorités nationales. Nous sommes dans un système ultracontrôlé!

Difficile, en effet, de nier cette surveillance accrue. Le premier pilier de l’union bancaire, qui concerne justement la supervision des banques, est d’ailleurs le seul à avoir été mis en oeuvre.

C.N. Certes, mais il y a tout de même quelque chose qui me dérange. Il ne faut pas confondre la résilience d’une grande banque avec le fait que, parce qu’elle est systémique, elle doit être soutenue. Pendant la crise, on a soutenu les banques françaises – et d’autres – parce qu’on ne pouvait pas se permettre de les laisser tomber. Elles auraient entraîné toutes les autres. De fait, les banques systémiques bénéficient d’une subvention implicite des Etats, qui sont leurs otages.

Et l’expérience montre que les systèmes de gestion des risques des banques ont un « angle mort ». Ils ne voient pas toujours d’où vient le danger. Souvenez-vous de la fameuse « baleine de Londres » chez JP Morgan, en 2012. Cette affaire concernait une position de dérivés de 100 milliards de dollars. Le système de risque indiquait une perte potentielle de 30 millions et, finalement, la banque a perdu plus de 6 milliards!

Au final, l’épargnant européen est-il bien protégé, avec notamment le nouveau système de garantie des dépôts?

M.-A.B.-L. Nous avons désormais un système de garantie des dépôts dont le montant a été fixé à 100000 euros pour l’ensemble des pays de la zone euro. Ce système, c’est ce qui reste si tout saute. Mais, encore une fois, ce scénario est hautement improbable puisqu’on a renforcé les contrôles, les réglementations. Nous avons désormais plusieurs ratios de liquidités, des superviseurs plus « musclés », un Fonds de résolution européen… Bref, une série inédite de garde-fous.

C.N. A titre de comparaison, la garantie de dépôt est de 250000 dollars aux Etats-Unis. En 2008 en France, elle n’était que de 70000 euros et atteignait à peine 20000 euros aux Pays-Bas! Mais cela n’est pas rassurant pour autant. Le Fonds de résolution européen destiné à renflouer les banques atteindra péniblement 55 milliards d’euros en 2023. S’il était opérationnel et qu’on avait puisé dedans pour sauver Dexia, il aurait déjà fondu de moitié! L’absurdité de la situation actuelle, c’est que n’ayant toujours pas séparé les banques, le plus sûr pour un épargnant aujourd’hui, c’est de déposer son argent dans une banque systémique! Le cercle vicieux s’auto-entretient…

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Publié par le 28 avril 2016 dans économie, général, International

 

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Crise capitaliste mondiale : Les dettes privées ou publiques conduisent à une ponction insoutenable sur l’activité économique

Justementla dette publique de la Chine dépasse désormais celle des Etats-Unis :

Le poids de la dette du pays a atteint 237% de son PIB. Cependant, selon la Banque des règlements internationaux, la dette cumulative de la Chine au troisième trimestre de l’année 2015 était de 259% de son PIB contre 248% du PIB pour les Etats-Unis et 270% du PIB pour la zone euro, rapporte le journal Financial Times.

« N’importe quel pays serait en crise ou en récession suite à une telle augmentation de la dette publique », estime Ha Jiming, stratège d’investissements de la banque Goldman Sachs.

Le Japon, qui est pour le moment en stagnation, est en tête de ce classement, avec une dette s’élevant à 379% du PIB. La Grèce occupe la deuxième place avec une dette atteignant 300% du PIB.

Ce n’est pas le capitalisme qui est en crise comme dirait bill Bonner, lui il fonctionne trés bien si on le laisse s’exprimer . Mais on lui met une muselière, et les économies sont de plus en plus centralisée et planifiées (la notion de forward guidance)  , « dirigées » .

Et les solution proposées face à la crise actuelle, profondément structurelle, et systémique (QE , taux négatifs etc) ne profitent qu’aux élites qui (fabriquent et) pompent l’argent gratuit (capitalisme de copinage) – et non à l’économie réelle .

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Il y a, même au FMI et à l’OCDE, des économistes inquiets qui se font les lanceurs d’alerte du capitalisme. Le gouffre qui existe entre leur diagnostic et leurs recommandations est un symptôme, parmi d’autres, de la profondeur de la crise actuelle.

Maurice Obstfeld est le directeur de la recherche au FMI. Sa récente présentation à la presse des dernières Perspectives de l’économie mondiale du FMI |1| était placée sous le signe du pessimisme et du désarroi. Certes, a-t-il affirmé, « nous ne sommes pas en crise ». Mais sa formule, reprise de sa présidente, Christine Lagarde, selon laquelle « nous ne sommes pas en état d’alarme, mais en état d’alerte », n’a au fond rien de rassurant. Car le diagnostic d’ensemble est là : « la croissance mondiale continue, mais à un rythme de plus en plus décevant qui expose l’économie mondiale à des menaces. La croissance a été trop faible depuis trop longtemps ».

Par « menaces », il faut entendre des évènements financiers, économiques ou politiques qui viendraient déstabiliser encore plus l’économie mondiale. Pour y faire face, le FMI recommande une politique à trois volets : monétaire, budgétaire, sans oublier les inévitables « réformes structurelles ». Un des journalistes présents a réagi avec quelque impertinence à l’énoncé de ce programme : « Cela fait 20 ans que j’assiste à ces réunions. Et j’entends toujours les mêmes choses, encore et encore. Vous dites financier, structurel et monétaire. Mais, comme vous le savez, le monétaire est presque épuisé ; le budgétaire est hors de portée pour beaucoup. Quant au structurel, il prend un temps très long. Dans ces conditions, que faut-il faire pour améliorer la situation à court terme ? »

Christine Lagarde : Nous ne sommes pas en état d'alarme.

Des réponses à côté de la plaque

Excellente question, qui décrit bien les affres du FMI : il voit bien les menaces mais ses propositions répétitives sont à côté de la plaque. Ainsi, Obstfeld évoque les sorties de capitaux des marchés émergents, comme exemple des « épisodes de turbulences » qu’il redoute. Au lieu d’évoquer des outils permettant de réguler les taux de change – ce qui est théoriquement l’une des principales missions du FMI – il renvoie au chapitre 2 des Perspectives |2| qui, selon lui, démontre que la plupart des pays émergents « ont réussi à faire face ». C’est assez hallucinant, quand on pense par exemple au choc que le retrait brutal des capitaux a pu provoquer au Brésil.

Le graphique ci-dessous permet d’en retracer l’histoire. Il montre que le real brésilien s’était considérablement apprécié à partir du début de 2003 : le taux de change du real était passé de 0,28 dollar à 0,62 dollar au début de 2011. Certes, la crise l’avait fait provisoirement chuter en 2009, mais la résistance des BRICS avait rassuré les investisseurs, attirés par une rentabilité élevée. C’est au milieu de 2011 qu’ils retirent leurs billes : c’est le sudden stop, l’arrêt brutal des entrées de capitaux, qui déclenche une baisse continue du real, équivalant à une dévaluation de 60% par rapport au dollar. On peut discuter de ce que devrait être le bon taux de change pour le real, mais une chose est sûre : une économie ainsi exposée à la volatilité des capitaux n’est pas gérable.

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Taux de change du real par rapport au dollar

Ce n’est pas que de l’économie : Obstfeld s’est aussi aperçu que « dans de nombreux pays, la faible progression des salaires et les inégalités croissantes ont conduit à l’idée largement répandue selon laquelle la croissance économique a bénéficié principalement aux élites économiques ». On ne sait pas s’il partage ce point de vue, mais la seule conséquence qu’il en tire est que les attitudes nationalistes progressent et qu’on a d’autant moins « droit à l’erreur ».

Quant aux fameuses réformes structurelles, le chapitre 3 des Perspectives |3| qui leur est consacré envoie un message prudemment balancé : si elles « augmentent la production et l’emploi à moyen terme » (comme chacun sait), elles doivent cependant s’accompagner de « politiques macroéconomiques complémentaires pour maximiser leur effet à court terme, compte tenu de la situation de sous-emploi dans la plupart des économies avancées ». Certaines même peuvent « devenir récessionnistes en période de ralentissement ». La recommandation du FMI est donc « d’établir avec soin l’ordre de priorité et le calendrier de mise en oeuvre des réformes ». Traduction : les réformes structurelles sont assurément une excellente idée, mais peut-être pas dans une conjoncture récessive.

Le même « état d’alerte » se retrouve dans le Moniteur des finances publiques (Fiscal Monitor) publié au même moment |4|. Le tableau est là aussi inquiétant : «  les ratios de ladette publique se sont détériorés presque partout et les finances publiques sont devenues plus vulnérables ». Selon le FMI, c’est le résultat de la « faiblesse persistante de l’activité économique », qui n’a évidemment rien à voir avec les politiques d’austérité (ou plutôt d’assainissement budgétaire selon le jargon néo-libéral) dont le même rapport vante par ailleurs l’efficacité. De ce panorama, Vitor Gaspar, le directeur du Département des finances publiques du FMI, tire ce principe lumineux : « tous les pays doivent s’adapter à ces nouvelles réalités, mais il n’y a pas de solution unique ». Quelle politique budgétaire faut-il mener dans ces conditions ? Elle doit être « propice à la croissance, avec principalement des mesures qui stimulent la croissance à court terme et à moyen terme ». Même en Grèce ?

Tout cela est révélateur d’un profond embarras qui s’explique facilement : le FMI pointe lucidement les dysfonctionnements du capitalisme mondial, mais les éventuelles solutions qu’on pourrait imaginer échappent à son radar néo-libéral.


L’investissement : le privé ne veut pas, le public ne peut pas

Il y a un an, dans ses précédentes Perspectives de l’économie mondiale |5| , le FMI se montrait déjà pessimiste et s’interrogeait notamment sur les raisons du faible dynamisme de l’investissement. Mais, comme dans le cas de la montée des dettes, il l’expliquait de manière assez tautologique, par la « faiblesse générale de l’activité économique ». Il est vrai que la faiblesse de l’accumulation du capital est une caractéristique essentielle de la période actuelle. Mais elle mérite un examen moins superficiel.

Une étude de la Banque des règlements internationaux |6| apporte sur cette question un éclairage beaucoup plus intéressant. Ses auteurs commencent par récuser la théorie selon laquelle l’investissement serait bridé par un crédit trop cher ou contraint. Ils invoquent aussi l’incertitude mais en lui donnant un contenu concret : « il se pourrait que les entreprises anticipent un retour sur investissement inférieur au coût du capital ajusté pour le risque et comparé aux revenus qu’ils peuvent tirer d’actifs financiers plus liquides ». Et même quand les entreprises sont relativement confiantes quant aux perspectives de la demande, elles peuvent « avoir des réticences à investir si elles pensent que la rentabilité du capital additionnel sera faible ». La question-clé est donc « le manque d’occasions d’investissement rentables »

Un autre facteur qui pèse sur la reprise de l’investissement est la lenteur du processus de désendettement (deleveraging). Entre 2007 et 2014, le montant total des dettes, publiques ou privées, a augmenté de 57.000 milliards de dollars à l’échelle mondiale, et le ratio dette/PIB de 17 points |7|. Cette progression concerne aussi la dette des entreprises qui continue de croître rapidement dans un certain nombre de pays : elle a augmenté de 18.000 milliards de dollars, passant de 72,5 % du PIB mondial à 80,5 % entre 2007 et 2014. Et le Global Institute McKinsey souligne que cela « entraîne de nouveaux risques pour la stabilité financière et pourrait peser sur la croissance économique mondiale ».

Si l’initiative privée a perdu confiance parce que les occasions d’investissement rentable se sont raréfiées, l’investissement public pourrait prendre le relais. Cette idée a donné lieu à de multiples propositions émanant notamment de syndicats ou d’économistes hétérodoxes. Elles insistent toutes sur le rôle de l’intervention publique dans le développement des infrastructures et dans le pilotage de la transition écologique. Ce serait effectivement la voie à suivre et toutes ces contributions sont d’une grande utilité pour revaloriser l’intervention publique en lien avec le passage à un nouveau modèle de développement.

Mais elles se heurtent toutes à cette contradiction fondamentale : comment concilier une relance de l’investissement public avec les politiques d’ajustement budgétaire ? Cette contradiction est particulièrement flagrante dans le cas de l’Union européenne qui a en pratique « constitutionnalisé » l’interdiction de tout nouvel endettement public et tout fait pour réduire au minimum le budget européen.

Cela donne lieu à diverses contorsions rhétoriques. Par exemple, France Stratégie |8| identifie trois secteurs prioritaires (transports, énergie et numérique) mais ajoute aussitôt cette clause de style : « étant donné les contraintes budgétaires actuelles, sélectionner soigneusement les investissements recherchés, dont l’utilité sociale doit être validée, est impératif ». Le FMI pense que l’heure est venue d’un effort (push) en matière d’infrastructure |9|, et assure que « des projets financés par l’endettement pourraient avoir des impacts importants sans augmenter le ratio dette/PIB » mais ajoute cette condition : « si c’est un investissement efficace qui répond à des besoins en infrastructures clairement identifiés ».

Quant à la Commission européenne |10|, elle reconnaît que « des investissements publics en infrastructure bien ciblés peuvent être très utiles dans certains cas » mais ajoute aussitôt qu’ils « doivent tenir compte des conditions macroéconomiques, y compris les contraintes budgétaires et la nécessité d’accroître le financement privé ». On ne saurait mieux souligner la priorité plus ou moins explicitement donnée à l’initiative privée, et le divorce croissant entre les critères de rentabilité et ceux qui donnent la priorité à l’efficacité sociale et environnementale.


Les salaires : profits contre débouchés

Une idée est en train de se frayer un chemin : une revalorisation des salaires pourrait relancer l’activité économique et réduire les inégalités. On pourrait même dire que le salaire minimum est à la mode. En janvier 2015, un salaire minimum de 8,50 € a été institué en Allemagne, sans conduire aux 200.000 destructions d’emplois annoncées par les économistes néo-libéraux. Comme le montre Ronald Jansenn |11|], conseiller de la Commission syndicale consultative auprès de l’OCDE, le salaire minimum a eu au contraire pour effet de « forcer les employeurs à offrir des emplois « normaux », couverts par la sécurité sociale ». C’est une leçon de choses intéressante qui montre a contrario que la flexibilité ne crée pas d’emplois mais « permet aux employeurs de transformer des emplois réguliers en emplois précaires ou mal payés ».

Le 1er avril dernier, David Cameron, le premier ministre britannique, a décidé d’augmenter le salaire minimum de 7,5 %. Il passerait à 9,10 euros de l’heure (contre 9,67 euros en France), puis devrait augmenter de 40 % d’ici à 2020. Aux États-Unis, le salaire minimum fédéral est bloqué à 7,25 dollars depuis 2009. Barack Obama voudrait le faire passer à 10,10 dollars avant son départ, Hillary Clinton hésite entre 12 et 15 dollars, et Bernie Sanders revendique clairement les 15 dollars. L’État de New York et la Californie ont déjà choisi de le faire passer à 15 dollars, d’ici à 2018 et 2022. En Russie, le salaire mensuel plancher va augmenter de 20 % et passer à 7500 roubles (environ 98 euros). Et on sait qu’en Chine, les salaires augmentent à un rythme de plus de 10 % par an depuis quelques années |12|.

La contradiction est donc béante avec les politiques dites de compétitivité qui visent à faire baisser le « coût du travail ». C’est la contradiction classique entre profits et débouchés, que Patrick Artus a su résumer avec beaucoup d’ingénuité : « des politiques économiques de redressement des salaires, de réduction des inégalités salariales, peuvent être dangereuses si elles ne sont pas associées à l’acceptation par les entreprises d’une rentabilité plus faible du capital » |13|.


Les dettes : jamais remboursées ?

Un autre sujet d’inquiétude préoccupe William White, le président du comité d’examen (Economic Development and Review Committee) de l’OCDE |14|. Quand il était économiste en chef à la Banque des Règlements Internationaux, il avait, avec son collègue Claudio Borio, averti des risques d’une crise avant que celle-ci n’éclate en 2008. Aujourd’hui, il pense que la situation « est pire que ce qu’elle était en 2007 » et que « nous avons épuisé toutes les munitions macroéconomiques dont nous disposons pour faire face aux retournements de conjoncture ». La raison en est l’amoncellement des dettes propulsées notamment par les politiques monétaires : « il a toujours été dangereux de confier aux banques centrales la tâche de régler un problème de solvabilité (…) Cela ne peut conduire qu’au désordre, et aujourd’hui nous atteignons la limite ».

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A la Banque des règlement internationaux, nous avons adressé beaucoup de bons conseils aux banques centrales, mais malheureusement, personne ne nous a écoutés.

La prochaine récession devrait montrer, selon White, qu’une grande partie des dettes accumulées, publiques ou privées, « ne pourront jamais être honorées ni remboursées ». Les gouvernements devraient adopter une « approche plus systématique de la réduction des dettes ». Et White n’hésite pas à inciter les décideurs publics à « accorder plus d’attention à la croissance des salaires, qui reste trop faible ». Même en langage diplomatique, c’est un message auquel l’OCDE ne nous avait pas habitué.

White résume bien le désarroi des économistes dominants les plus lucides en déclarant que « les économistes ont commis une profonde erreur ontologique en postulant que l’économie est compréhensible. Et ils en ont inféré que s’ils pouvaient la comprendre, ils pouvaient aussi la contrôler ».

Ce désarroi est compréhensible, devant un capitalisme manifestement détraqué sur lequel rien ne semble mordre : « argent partout, croissance nulle part » nous disent Le Monde comme Le Figaro. Et c’est cette fois le lecteur qui est gagné par la perplexité, quand il découvre que The Economist se demande s’il n’y a pas « trop de profit » |15| et va jusqu’à reconnaître qu’Hillary Clinton et Bernie Sanders ont raison de dire que l’économie est « truquée » (rigged) car des profits trop élevés « peuvent signaler l’existence d’entreprises plus aptes à siphonner la richesse que d’en créer ».

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William White. La macroéconomie moderne est fondée sur une croyance erronée.

Ce constat éclaire et nuance l’opposition entre keynésiens et marxistes sur l’analyse de la période. Au risque de la caricature, on pourrait résumer le débat ainsi : les keynésiens disent que c’est une politique absurde que de ne pas relancer la demande ; et les marxistes rétorquent : mais non, c’est une politique rationnelle, puisqu’elle vise à soutenir le taux de profit. Il est vrai que les politiques néo-libérales ont au fond deux objectifs : rétablir le taux de profit et garantir le capital fictif, autrement dit les droits de tirage du « 1 % » sur la plus-value. Mais la poursuite de ces objectifs, certes rationnelle du point de vue des intérêts des dominants, engendre toute une série de « turbulences » dans le fonctionnement du capitalisme : l’accumulation du capital ne redémarre pas vraiment, les débouchés ralentissent, et les dettes privées ou publiques conduisent à une ponction insoutenable sur l’activité économique. Il faudrait, pour reprendre la formule d’Artus que les entreprises « acceptent une rentabilité plus faible du capital » et, comme le souligne White, adopter « une approche plus systématique de la réduction des dettes ». Mais ces deux revendications sont de toute évidence totalement étrangères à la logique profonde du capitalisme.


Source : À l’Encontre

 
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Publié par le 27 avril 2016 dans économie, général, International

 

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