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A Lire Absolument. Comprendre le phénomène des « fakes news » – Spirale du silence, tyrannie des agissants et Pensée tribale : « La langue des dictateurs » (comment les élites bernent le peuple)

Fake News, Post-Truth, Filter Bubble, toute puissance des algorithmes, voilà, parmi d’autres, quelques-unes des expressions qui semblent aujourd’hui caractériser le plus notre rapport au numérique. 

Après le lancement de l’initiative assez controversée du Décodex du site Le Monde ce dernier est au centre d’une polémique. (Le Décodex n’arrive pas à classer resistanceauthentique.net : nous sommes dans les « inclassables » , dans la même catégorie que Youtube, Google, ou encore  Facebook , mais dans la sous catégorie « sites d’informations » : cela nous convient, pour le moment, car nous sommes aussi une « source » à proprement parler – Ndlr)

La polémique tourne principalement autour des arguments suivants :

  • la faiblesse de l’échantillon choisi (600 sites pour l’instant), en effet une goutte d’eau dans l’océan des Fake News, dans l’océan de l’information tout court.
  • l’arbitraire des critères : en gros Le Monde collerait systématiquement une pastille verte aux sites de toutes les « rédactions » au sens journalistique du terme et une pastille orange dès lors que l’on ne dispose pas de carte de presse. L’autre arbitraire souligne que l’on pourrait lire dans les sites « verts » différentes connivences liées aux partenariats du site Le Monde.
  • l’autorité morale : et là aucun mot de semble trop fort pour certains : on parle de censure, de dictature des élégances, d’inquisition, de nouvel « enfer » (au sens de l’enfer – les ouvrages interdits – des bibliothèques à la grande époque de l’inquisition).

Mindmap

(la carte heuristique de la controverse autour du décodex produite par SavoirsCom1)

La mobilisation face aux Fake News prend de l’ampleur en France, avec comme prétexte et contexte l’élection présidentielle à venir, : les grandes plateformes (Facebook et Google) se mobilisent avec l’aide de journalistes et des médias mainstream .

Comme l’expliquent Le Monde et Les Echos  :

  • le 27 février et jusqu’à la fin de l’élection présidentielle Google lancera « Crosscheck », une plateforme sur laquelle les internautes pourront « signaler » des informations douteuses ou poser des questions sur un sujet, et différentes rédactions (l’AFP, Les Echos, Le Monde, France Télévisions, La Provence, …) ainsi que des étudiants en journalisme mais également « plusieurs sociétés de tehnologies » (sic) pourront alors faire du debunking ou du fact-checking ciblé.
  • Facebook de son côté, après avoir annoncé il y a quelques jours des modifications sur son algorithme visant à atténuer certains effets de personnalisation, tout en état partenaire du projet « Crossckeck », lance ce lundi son propre outil baptisé « CrowdTangle » en collaboration avec « 8 rédactions partenaires » (Le Monde, AFP, BFM-TV (sic), Franceinfo, France Médias Monde, L’Express, Libération et 20 Minutes). Là encore c’est aux internautes de « signaler » les informations douteuses, qui sont analysées par lesdites rédactions partenaires et si au moins 2 d’entre elles la jugent effectivement fausse ou douteuse, l’info se verra ajouté un petit pictogramme et il sera dans certains cas possibles d’accéder à un article correctif. Une information ainsi repérée et identifée par un pictogramme ne pourra, en outre, plus bénéficier de publicité (et donc devrait voir sa portée ‘son « reach ») diminuer.

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La grille d’analyse proposée par le Décodex du site Le Monde :

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Pour comprendre les « fakes news », je pense qu’il faut prendre le problème sous un autre angle et tenter de comprendre la succession de biais cognitifs, culturels et sociologiques qui participent à la construction et au partage de ces différentes « fausses informations » tout autant qu’à nos éventuelles « bulles de filtre ».

Comme « média », « le » numérique tel qu’en tous cas il prend forme au sein des gigantesques écosystèmes de services ou plateformes que sont Google, Facebook et quelques autres, ce numérique là dispose d’un certain nombre d’invariants qui sont autant de fonctions et de caractérisations précises de ses modes d’agir et qui façonnent en retour la manière dont nous interagissons avec lui.

Et puis il y a tout … le reste.

L’essentiel ce sont les biais cognitifs, culturels et sociologiques. Nos biais cognitifs (culturels et sociologiques) d’abord, ceux qui n’ont absolument rien à voir avec les plateformes ou avec le numérique mais que les plateformes ou le numérique permettent souvent « d’augmenter » avec un simple effet de corrélation ; et puis les biais cognitifs (culturels et sociologiques) directement reliés au numérique ou aux plateformes avec, cette fois, un lien de causalité directe.

Ce billet n’a pas d’autre objectif que de me permettre d’y voir un peu plus clair dans la diversité et les enjeux de ces différents biais cognitifs, souvent convoqués un peu « en vrac » dès que l’on évoque, justement, les problèmes liés aux plateformes, aux Fake News, à la post-vérité et autres bulles de filtre. C’est parti.

1. Spirale du silence et tyrannie des agissants.

La spirale du silence est une théorie sociologique qui dit la chose suivante :

« [L’individu] peut se trouver d’accord avec le point de vue dominant. Cela renforce sa confiance en soi, et lui permet de s’exprimer sans réticence et sans risquer d’être isolé face à ceux qui soutiennent des points de vue différents. Il peut, au contraire, s’apercevoir que ses convictions perdent du terrain ; plus il en sera ainsi, moins il sera sûr de lui, moins il sera enclin à exprimer ses opinions.« 

Dans le premier cas (accord avec le point de vue dominant), et si l’on fait partie de ceux qui ne partagent justement pas le point de vue dominant, on dira trivialement qu’ils « hurlent avec les loups ».

Dans le second cas de figure (risque d’être isolé), la pression sociale nous conduit donc à nous enfermer dans une spirale du silence.

La tyrannie des agissants est un phénomène décrit par Dominique Cardon, qui explique la chose suivante :

« On est tous égaux a priori, mais la différence se creuse ensuite dans la mesure de nos actes, entre ceux qui agissent et ceux qui n’agissent pas. Internet donne une prime incroyable à ceux qui font. Et du coup, il peut y avoir une tyrannie des agissants. »

Or il se trouve que fréquemment, avec les effets d’écho et de viralité spécifiques aux environnements numériques, la tyrannie des agissants amplifie et accélère les possibles spirales de silence sur certains sujets de société, permettant alors parfois de faire complètement basculer l’opinion.

Un exemple – assez – simple est celui de l’élection de Donald Trump et de ses thèmes de campagne (racistes, sexistes, misogynes, etc.). Sur ces questions là, l’effet « tyrannie des agissants » a commencé par jouer : il n’y a pas beaucoup plus de gens racistes, sexistes, misogynes que de gens qui ne sont ni racistes, ni sexistes ni misogynes, c’est même a priori plutôt l’inverse. Sauf que ce sont les premiers qui s’expriment le plus (tyrannie des agissants). Et que du coup ils apparaissent comme les plus nombreux, forçant alors ceux qui sont supérieurs en nombre mais s’exprimant beaucoup moins à entrer dans leur spirale du silence. On se tait devant la parole raciste, sexiste ou misogyne parce que l’on a l’impression que c’est cette parole qui est le point de vue dominant. Et si l’on a cette impression c’est en partie lié à l’environnement numérique qui nous la fait éprouver. Car « dans » l’écosystème de Facebook ou de Google (souvenez-vous de ce qu’il se passe lorsque l’on demande à Google si l’holocauste a vraiment existé), cette parole déjà portée par la tyrannie des agissants, bénéficie en outre d’une prime à la visibilité : parce qu’elle est la plus clivante, la plus commentée et partagée et donc la plus « engageante » (au sens de l’engagement mis en avant par Facebook).

Dans un environnement entièrement déconnecté de tout paramètre numérique (un café, une réunion de famille, une réunion publique) ces phénomènes sont aussi observables. Ainsi certaines personnes prennent plus facilement la parole que d’autres et sont immédiatement considérés comme autant de leaders naturels puisqu’ils « agissent » le plus. De la même manière, je vous laisse aisément imaginer la spirale de silence dans laquelle se trouverait pris un électeur du Parti Communiste à un meeting du Front National. Mais dans le « réel », cette tyrannie des agissants ou ces effets de spirale de silence sont immédiatement rationnalisables et quantifiables par l’expérience, de manière empirique directe. Je « vois » la totalité des gens présents à ce meeting, et dans cette totalité je mesure « à vue d’oeil » que je ne partage pas les mêmes idées ou les mêmes codes vestimentaires que le plupart d’entre eux.

A l’échelle d’environnements numériques (« sur » Google, Facebook, Twitter, ou d’autres), à ces deux effets (spirale de silence et tyrannie des agissants) s’en ajoute au moins un troisième : les audiences invisibles décrites par danah boyd. Il m’est donc doublement impossible de « voir » quelle est la réalité sociologique, idéologique de la communauté dans laquelle je m’exprime puisque précisément je ne vois pas les gens auxquels je parle ou qui parlent autour de moi. Et si je dis « doublement » impossible c’est parce qu’un autre paramètre intervient qui est celle fois celui du déterminisme algorithmique (qu’on l’appelle bulle de filtre ou autrement, peu importe, si l’existence d’une « bulle de filtre » est contestable et contestés dans son ampleur et ses modalités, en revanche nul ne conteste qu’il existe un déterminisme algorithmique) déterminisme algorithmique qui, pour des raisons diverses et changeantes va favoriser et surexposer certains points de vue et en minorer d’autres.

Donc une sorte de cake de biais cognitifs et comportementaux composé de 4 étages : tout en bas la tyrannie des agissants, juste au dessus, comme causalité effective, la spirale du silence, au dessus d’elle, les audiences invisibles et tout en haut la bulle de filtre ou en tout cas le filtrage algorithmique.

J’ai essayé de reproduire la circulation d’une information sur Facebook au regard des 4 phénomènes suivants : déterminisme algorithmique, audiences invisibles, spirale du silence et tyrannie des agissants.

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2. Pensée tribale.

La « tyrannie des agissants » s’appuie elle-même sur une dichotomie plus profonde entre « endogroupe » et « exogroupe » que l’on nomme également « la pensée tribale ». Nous appartenons à une tribu (tribu sociologique, tribu d’opinions) et comme l’explique très bien Samuel Veissière sur InternetActu :

« La plupart de nos intuitions sont acquises socialement et associées aux valeurs de notre tribu, ou endogroupe : nous développons alors une méfiance intuitive qui tourne facilement à la haine pour tous les autres dans notre exogroupe. »

L’approche anthropologique, poursuit-il, fait qu’à certaines étapes de notre vie, nous changeons d’endogroupe, sans nécessairement en avoir immédiatement conscience et que chaque communauté dispose toujours de ses propres endo et exo-groupes qui s’affrontent plus ou moins violemment sur certains sujets.

L’autre point clé est celui qui veut que nous ayons tendance à « ignorer le contexte au sein duquel nous formons nos opinions. » A leur échelle, les plateformes de médias sociaux viennent superposer à ces compositions sociales endo ou exo-gamiques, d’autres (re)compositions sociales communautaires, supposément affinitaires, mais en réalité intangibles car invisibles dans les logiques de constitution qui les façonnent, et biaisées dans la manière dont elles nous « contraignent » à élargir systématiquement les groupes et les réseaux d’amitiés qui constitueront nos sociabilités (de manière certes « douce » mais contrainte tout de même).

Nous avons donc ici un autre « cake » composé cette fois de deux étages : celui de la « tribu » réelle dans laquelle nous forgeons nos opinions et des endo et exogroupes qui constituent les lignes d’affrontement et de conflit au sein de ladite tribu, et les communautés tribales artificiellement augmentées et construites qui participent de notre rapport à l’information et aux autres au sein des grande plateformes de réseaux sociaux. Voilà ce qui constitue la variable « sociologique » ou « anthropologique » de ce que l’on appelle commodément – et assez inexactement – la bulle de filtre, l’autre partie de ladite bulle étant constituée par les différents déterminismes algorithmiques.

Fake News, Post Truth … tout le monde ment en permanence. Tous les vieux espaces de la parole politique s’effondrent, de Cahuzac hier à Fillon aujourd’hui pour ne prendre que les deux exemples les plus récents. Mais relire et revisionner ces hallucinantes séquences de mensonge public à la lumière de ce qu’en dit Hannah Arendt (cf la citation qui est à la fin de ce papier – ou voir la vidéo associée) et après l’élection de Donald Trump nous alerte sur un autre point : ce systématisme dans le mensonge n’est pas que le stigmate apparent d’une oligarchie politique en fin de règne. Il prépare et crée les conditions d’une gouvernance par la pulsion. C’est à dire d’un nouveau totalitarisme. D’un nouveau fascisme. Dans lequel on n’aura plus à s’interroger longuement sur ces nouveaux régimes de post-vérité puisqu’ils ne seront plus que des formes déjà connues et archétypales de propagande. « Un assault contre la démocratie« . « La langue des dictateurs« .

Faire Fake Confiance

Du côté des « médias » l’ambiance n’est pas non plus à la fête. Ces derniers temps nombre d’études scientifiques et d’études d’opinion (je parle de celles avec une méthodologie sérieuse) viennent disséquer le phénomène des Fake News.

Ne nous trompons pas de crise de confiance.

Le baromètre annuel de La Croix en partenariat avec Kantar Sofres sur la confiance des français envers les médias vient de sortir et il est assez angoissant. Radio, télé, presse écrite, plus aucun média ne parvient à dépasser la barre des 50% de gens qui croient que les choses se passent réellement comme on le leur raconte (pour être exact seule la radio atteint les 52% mais elle est aussi à son plus bas niveau historique … hop vous l’avez vu passer le biais de cadrage ? 😉

Globalement le « niveau de confiance général des français envers les médias » n’avait pas été aussi bas depuis … 2002. 2002 c’est la réélection de Jacques Chirac à la présidence de la république française et l’arrivée d’un certain Nicolas Sarkozy au ministère de l’intérieur. Hé oui. Quand la droite arrive au pouvoir, la confiance des français envers les médias est au plus bas. Causalité ou corrélation ? 😉

Quand à « internet » que ce genre d’étude continue – hélas – de considérer comme « un média », le taux de confiance est à 28%.

« Quand tout le monde ment en permanence le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges, mais que plus personne ne croit rien.« 

Nous y sommes.

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Dans la hiérarchie des moyens d’information les plus utilisés, « internet » se classe deuxième avec 25% derrière la télé (48%) et devant la radio (20%) et les journaux (6%).

Pourtant le même « internet » est celui qui suscite le plus la défiance des utilisateurs : 72% disent ne pas faire confiance aux informations qui y circulent.

Merveilleux paradoxe qui n’est plus si paradoxal que cela puisque qu’après lecture de ce billet vous aurez normalement compris. Compris que « sommer internet de dire la vérité » est une erreur.

Compris que ce que les gens vont y chercher, « sur l’internet« , ce n’est ni de la confiance, ni de la vérité, mais une zone de confort cognitive qui leur permet … de voir la vie en biais.

Moralité ?

Peut-être cette citation de Hannah Harendt.

Harendt

Et vous pouvez en retrouver une version longue avec le film issu de cet entretien.

Vous l’avez compris , c’est ce que font les élites avec les « fake news »: manipuler le peuple. Vous avez compris « La langue des dictateurs » .

Vous avez compris le phénomène des « fakes news » en général …

Par Z . 

Avec l’aide de Affordance

 
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Publié par le 17 février 2017 dans Education - information, général, société

 

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Les scientifiques se réveillent – Adjuvants des vaccins : « Comprendre qu’en matière de sécurité tout était faux fut un choc »

Adjuvants des vaccins : « Comprendre qu’en matière de sécurité tout était faux fut un choc »

Les scientifiques se réveillent, et admettent enfin les effets néfastes des adjuvants dans les vaccins . Une prise de conscience brutale qui se produit en ce moment même – malgré une profonde réticence à remettre en question l’industrie pharmaceutique . (qui les finance …)

À une époque de profondes mutations, le rapport au temps est chamboulé. Nous avons invité des personnalités et des anonymes à se confier sur ce sujet. Cette semaine, le professeur et lanceur d’alerte Romain Gherardi.

Chef du service du Centre expert de pathologie neuromusculaire de l’hôpital Henri-Mondor à Créteil (Val-de-Marne), Romain Gherardi a signé, fin 2016, un ouvrage (Toxic Story, Actes Sud) dans lequel il narre son odyssée de lanceur d’alerte concernant les effets des adjuvants aluminiques présents dans les vaccins. De quoi revenir sur le temps médical et la recherche fondamentale.

Vous faites partie des premiers à avoir détecté la myofasciite à macrophages et avez débuté vos recherches sur les effets des adjuvants à la fin des années 1990. Quand vous regardez le chemin parcouru, que ressentez-vous ?

On a vu apparaître cette lésion musculaire inconnue en 1993, et c’est ensuite que nous avons compris qu’elle est induite par l’aluminium. On est allé de surprise en surprise, en découvrant l’origine vaccinale de cet aluminium [depuis 1926, 60 % des vaccins contiennent des adjuvants aluminiques pour renforcer la réponse immunitaire] puis en comprenant que l’innocuité de ces adjuvants ne repose sur aucune base expérimentale solide. On a longtemps cru qu’ils étaient rapidement évacués dans les urines sous forme d’atomes d’aluminium, mais les toxicologues n’avaient pas compris que les microparticules d’adjuvants sont capturées par les cellules immunitaires et ont un comportement très différent de celui des atomes d’aluminium.

« L’Afssaps, bastion de l’industrie pharmaceutique, s’évertuait à temporiser et à empêcher que la lumière soit faite sur les questions dérangeantes. » Comprendre que, en matière de sécurité des adjuvants, tout était faux, fragmentaire et non pensé fut un choc. Découvrir le fonctionnement des agences sanitaires fut un second choc. Je pensais, par exemple, que l’agence du médicament était la police du médicament, avec pour rôle de comprendre, de mettre en demeure, etc. Mais non : après le scandale du Mediator, le rapport de l’IGAS [l’Inspection générale des affaires sociales] a parfaitement décrit l’Afssaps [l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé] comme un bastion de l’industrie pharmaceutique, s’évertuant à temporiser et à empêcher que la lumière soit faite sur les questions dérangeantes. L’Afssaps, dissoute en 2012, a été remplacée par l’ANSM [l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé] mais il demeure une profonde réticence à remettre en question l’industrie pharmaceutique.

Votre livre retrace votre combat, un chemin de croix qui n’est pas terminé. On ne peut s’empêcher de penser à Irène Frachon, qui a dénoncé l’affaire du Mediator et à d’autres lanceurs d’alerte. Comment fait-on pour tenir, dans le temps, seul contre tous ?

Il y a plusieurs explications. D’abord, les sous. Comme je ne travaille pas uniquement sur ce sujet, mon laboratoire a obtenu de bons financements pour étudier, entre autres, les cellules souches musculaires. Sans compter la petite dotation récurrente du laboratoire et les moyens grappillés à droite et à gauche. Tout cela nous a permis de ne jamais lâcher complètement les recherches sur les adjuvants aluminiques.

Ensuite, il y a les malades : on les voit quotidiennement, on fait des biopsies, on détecte sans cesse de nouveaux cas. Ces patients souffrent un calvaire personnel (douleurs, fatigue, troubles cognitifs) doublé d’une profonde sensation d’injustice liée à la difficulté de faire reconnaître leur maladie. Cela nous rappelle en permanence la nécessité de continuer les recherches. Et ces recherches ont souvent donné des résultats plus stimulants que les hypothèses de départ… C’est devenu passionnant. Un scientifique ne peut résister à cela.

Ce combat a-t-il changé votre regard sur le temps en médecine et le temps de la recherche ?

Oui, et je retiens trois éléments. Les effets secondaires tout d’abord : le temps long n’a jamais été pris en compte dans l’étude des adjuvants, si bien que le problème n’a pas été clairement formulé avant nos travaux. Plusieurs années peuvent s’écouler avant que les effets ne se manifestent. L’adjuvant se déplace lentement du site d’injection vers des organes distants, où il persiste. Longtemps, très longtemps. Ce temps long doit absolument être pris en compte dans l’étude des toxiques environnementaux biopersistants.

« Notre premier article sur l’origine vaccinale de la myofasciite à macrophages a été envoyé à treize journaux différents avant qu’il y en ait un qui accepte enfin de se saisir de la question. » Deuxième leçon : le temps est capital dans la stratégie des agences sanitaires face à des signaux sanitaires inattendus, complexes, ou embarrassants. Elles espèrent toujours que le problème se résoudra spontanément avec le temps. Effectivement, le signal s’atténue souvent progressivement, comme ce fut le cas pour les effets secondaires signalés après la campagne de vaccination massive contre l’hépatite B des années 1990. Douter, relativiser, faire durer les procédures jusqu’à l’usure permet de noyer le bruit initial dans le bruit de fond général. Les responsables éventuels peuvent alors tranquillement partir à la retraite… voire au cimetière.

Troisième point : le temps de la recherche est toujours beaucoup plus long que l’imagine le public. Mener une étude sur la toxicité des particules d’adjuvant prend au minimum deux ans : il faut trouver les chercheurs prêts à effectuer un travail fastidieux et mal payé, mener l’étude, analyser les résultats, écrire l’article, le soumettre pour publication et ce n’est pas fini pour autant ! Notre premier article sur l’origine vaccinale de la myofasciite à macrophages a été envoyé à treize journaux différents avant qu’il y en ait un qui accepte enfin de se saisir de la question et de le soumette pour avis à ses experts. C’est maintenant plus facile, le sujet s’est installé : notre dernier article a été accepté par retour de courrier.

On en est aujourd’hui à la prise de conscience. Et ce grâce à votre ouvrage, au travail de journalistes et à la mobilisation des associations. Cela vous soulage-t-il ?

Oui bien sûr ! C’est très important. Mais qu’il est difficile de faire comprendre qu’il faut à la fois maintenir une couverture vaccinale protectrice de la population et faire les recherches nécessaires sur la sécurité des adjuvants… D’un côté, la France est le pays où la défiance antivaccin est la plus forte et, de l’autre, les industriels ont beau jeu de disqualifier toute recherche susceptible de nuire à leurs intérêts de court terme.

Je dis aux personnes réticentes face aux vaccins que l’être humain est constitué pour faire face en permanence à un très grand nombre d’antigènes, et que le principal problème à régler est celui de la susceptibilité particulière de certains individus à des adjuvants aluminiques hors d’âge. Je dis aux grands industriels, comme Sanofi, qu’au-delà de l’objectif de croissance de leur segment, visant à faire passer le chiffre d’affaires mondial du vaccin de 7 milliards en 2005 à 100 milliards en 2025, leur intérêt est de réduire dès à présent l’exposition globale des populations aux adjuvants aluminiques, de travailler la question des facteurs de susceptibilité individuelle et d’optimiser continûment la sécurité de leurs produits comme le fait l’industrie aéronautique. À défaut, ils seront rapidement suspectés d’être des pourvoyeurs de maladies environnementales chroniques.

Anne-Sophie Novel
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Comprendre les enjeux décisifs des batailles d’Alep et de Mossoul

 

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Comprendre la valeur intrinsèque de l’or

Coûts de production de l'or

Quelle chaleur ! Et notre corps dépense beaucoup d’énergie à lutter contre cette chaleur . La valeur de toute chose est déterminée par la quantité d’énergie nécessaire pour la produire . Les métaux précieux ont une valeur intrinsèque car il faut une certaine quantité d’énergie pure pour les extraire . Pour produire de la dette il ne faut presque aucune énergie : actuellement c’est celle des doigts qui écrivent un nombre sur un bout de papier ou qui tapent une série de chiffres sur un ordinateur – et l’énergie nécessaire à la fabrication de l’ordinateur . Mais avec un seul ordinateur (celui d’une banque centrale) on peut créer autant de dette qu’on peut l’imaginer .

La valeur de l’or (et de toute chose à vrai dire) est déterminée par le coût énergétique global de sa production. Ce facteur, ainsi que l’allocation massive de la richesse mondiale dans des actifs papiers dénués de valeur tangible (dette), sont les 2 éléments principaux à prendre en considération pour calculer la valeur intrinsèque de l’or, comme l’explique cet article de SRSroccoreport.com, publié le 23 août 2016 :

« La véritable valeur de l’or est bien plus élevée que celle du cours spot. Cela est dû à plusieurs facteurs, mais le plus important est incompris par quasi tous les économistes et les scientifiques monétaires d’aujourd’hui. Les gens capables de comprendre le contenu de cet article pourront enfin appréhender la véritable valeur de l’or sous un jour complètement différent. (…)

Malheureusement, la majorité des économistes et des analystes des métaux précieux appréhendent l’or sous un angle très spécifique. Les analystes des métaux précieux estiment que l’or est la monnaie, à l’inverse de la vision keynésienne basée sur le dollar. Pourtant, ces 2 catégories ne comprennent pas la véritable valeur de l’or.

L’or est plus qu’un métal précieux dont la valeur est déterminée par l’offre et la demande. De plus, l’école autrichienne perçoit l’or en tant que fondation de la monnaie, utilisée pour se procurer des biens et des services. Alors qu’en fait, la véritable valeur de l’or découle de l’énergie dépensée sous toutes ses formes, et à toutes les étapes de production, pour le produire. Répétez cette phrase :

« La véritable valeur de l’or découle de l’énergie dépensée sous toutes ses formes, et à toutes les étapes de production, pour le produire. »

Je le dis et je l’écris depuis des années, mais je pense malgré tout que beaucoup de gens ne le comprennent pas encore. Je vais donc développer l’idée en long et en large, de façon chronologique.

Les fondations de l’or monétaire : énergie = or = monnaie

Pour comprendre ce principe, j’utilise pour exemple l’un des plus gros producteurs d’or du monde, Newmont Mining. Les coûts de production tout inclus de cette société sont les suivants (chiffres de 2013) :

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C’était il y a 3 ans, lorsque le prix du pétrole (énergie) était plus élevé. Vu que le prix du pétrole a baissé, les coûts ont diminué depuis. Peu importe, ce graphe nous permet de consulter la liste des coûts. Le plus gros des coûts de production de Newmont est les CAS, « cost of sales » (coûts de production purs). Le camembert de droite détaille ces coûts.

Si on les observe de plus près, nous constatons que l’énergie représente 20 % de ces coûts. Bien sûr, le réflexe de tout analyste des métaux précieux consiste à dire que l’énergie ne représente que 20 % des coûts de Newmont pour produire de l’or. (…) Ce qui est erroné. Voici le camembert en question, de plus près.

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Comme on peut le voir, le diesel et l’électricité, de chacun 10 %, représentent 20 % des coûts en énergie pure de Newmont. Cependant, nous devons aussi réaliser que le travail, de 50 %, représente aussi une forme d’énergie, il s’agit d’énergie humaine. (…)

Cela dit, certains employés gagnent plus que d’autres en raison de leur expérience et de leur spécialisation. Par exemple, un machiniste aux commandes d’une énorme pelleteuse gagne plus qu’un simple ouvrier en raison du temps et de l’énergie investis dans sa formation. Ce machiniste a passé des années à se former et à travailler dans son domaine. Une grande quantité d’énergie a donc été consommée pour obtenir ces 20 années d’expérience. (…)

Si nous ajoutons le travail humain (énergie) de 50 % aux 20 % du diesel et de l’électricité, nous arrivons déjà à 70 %. Donc, en termes scientifiques de travail qui représente de l’énergie, l’énergie pure et l’énergie travail représentent 70 % des coûts de production de Newmont.

Penchons-nous désormais sur les 2 catégories restantes :

  • Consommables : 10 %
  • Matériaux et pièces détachées : 20 %

Newmont utilise beaucoup de consommables pour produire de l’or. Voici une liste provenant d’un rapport de 2015 :

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J’ai décidé d’utiliser la chaux (lime) en tant qu’exemple parfait, car la production et le transport de la chaux consomment beaucoup d’énergie. De nouveau, un analyste lambda de l’industrie minière considèrera la chaux comme un consommable, et non pas comme un coût énergétique. Lorsqu’on se penche sur le processus global de production et de transport de la chaux, on réalise que le prix production de la chaux est dérivé du coût de l’énergie nécessaire à sa production :

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Il faut extraire de la roche calcaire, la transporter jusqu’à l’usine de production. Ce qui représente beaucoup d’énergie, du diesel en passant par le travail du chauffeur. Alors que le calcaire est traité, le processus consomme beaucoup d’électricité. (…)

Lorsque la chaux est produite, il faut encore la transporter jusqu’aux mines de Newmont. Il s’agit d’un matériau très lourd, qui exige donc beaucoup d’énergie pour être transporté que ce soit par bateau, par train ou par camion, et que ce soit en termes de carburant ou de travail humain. (…)

Cette analyse peut être répétée pour le cyanure, le ciment, etc., dont la valeur est déterminée par l’énergie, sous toutes ses formes, nécessaire pour les produire. Ceci est également vrai pour la catégorie « matériaux et pièces détachées ». (…)

En ce qui concerne les investissements de maintenance, il s’agit également de coûts liés à de l’énergie, sous toutes ses formes (par exemple la création de nouvelles routes pour accéder à de nouveaux filons d’une mine, etc.).

Une autre catégorie sur laquelle il faut nous pencher : les dépenses en capital. Cela inclut l’achat de bébés tels que celui-ci :

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Cette machine, c’est le Caterpillar 797F. Elle coûte 5 millions de dollars. Si on réalisait la même analyse que pour la chaux, on réalise également que la majeure partie de l’énorme valeur de cette machine provient de l’énergie dépensée sous toutes ses formes pour la produire, durant tous les stades de production. (…)

De nouveau, d’après les analystes du secteur minier, un Caterpillar 797F est considéré comme une dépense en capital. Alors qu’en bout de course, si Newmont a dépensé autant d’argent pour une telle machine, c’est en vertu de l’énergie nécessaire sous toutes ses formes pour la produire. Cette logique s’applique à tous les postes de dépenses. (…) Même les taxes représentent de l’énergie, celle que le gouvernement dépense via les fonctionnaires, la maintenance des routes et de l’infrastructure en général, etc.

L’importance stratégique du triptyque « énergie = or = monnaie »

Il y a des centaines d’années, les empires se bâtissaient sur l’or et l’argent. L’Empire Espagnol fut puissant il y a quelques siècles de par sa capacité à accumuler une grande quantité de métaux précieux, en provenance d’Amérique du Sud et du Mexique. À l’époque, le travail humain (esclavage) était la source d’énergie à la base de la production. (…)

Suite et fin 

 
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Publié par le 25 août 2016 dans or et argent métal

 

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Comprendre la crise financière – Entretien avec Marc Chesney

Marc Chesney, professeur de Finance à l’université de Zurich est l’invité de ce numéro du Monde Moderne. Il revient sur les excès de la « finance-casino », le rôle des banques et les liens entre dette des États, crise financière et guerre permanente.

Dans son dernier ouvrage De la Grande Guerre à la crise permanente (Presses polytechniques universitaires romandes), Marc Chesney dresse un parallèle entre la Première Guerre mondiale et la crise financière de 2008.

Aujourd’hui, une aristocratie financière a pris le pouvoir au détriment du reste de la population, dénonce-t-il, tout en proposant des solutions innovantes comme une taxe sur les transactions financières.

 
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Publié par le 6 avril 2016 dans économie, général, International, Vidéos (Toutes)

 

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Nouvel Ordre Mondial – Comprendre la Crise Financière

 

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Loi travail : un ex-conseiller d’El-Khomri tire à boulet rouge sur la réforme… et sur Valls

Comprendre la loi Travail El Khomri en 60 secondes

Loi travail : un ex-conseiller d’El-Khomri tire à boulet rouge sur la réforme… et sur Valls
Pierre Jacquemain, ex-conseiller stratégique de la ministre du Travail, estime que la politique de son ancien ministère se passe à Matignon.

Pierre Jacquemain, ex-conseiller stratégie de la ministre du Travail, Myriam El Khomri, a jeté l’éponge. Après sa démission mi-février, “sur un désaccord politique et stratégique majeur”, il s’explique longuement dans une tribune au “Monde” . Il y dénonce notamment l’ingérence de Manuel Valls dans le projet de loi.

“La réforme de Myriam El Khomri devait porter l’exigence d’un nouveau modèle de société. […] Ce devait être une réforme de progrès, ce sera au mieux une réforme de compromis – voire de compromission. Au pire cela restera une trahison historique – et destructrice – d’une gauche en mal de repères”, écrit Pierre Jacquemain, issu de la gauche radicale, recruté par Myriam El Khomri dès 2015 au secrétariat d’Etat chargé de la politique de la Ville.

L’ancien conseiller se dit déçu par la ministre, décrite comme “une militante qui n’a pas peur de tenir tête ni au ministre ni au président de la République. Son parcours, ses engagements […] auraient pu – auraient dû – la conduire à porter haut et fort les revendications des travailleurs.”

“Prenez Villepin, mettez Valls”

Sa cible n’est pas tant Myriam El Khomri, que le Premier ministre, Manuel Valls. “Il ne s’agit aucunement de remettre en cause une ministre en exercice, qui m’a fait confiance. […] Il s’agit d’attaquer sur le fond un texte droitier, une réforme libérale qui déshonore la gauche.” “Prenez Villepin, mettez Valls”, dénonce-t-il souhaitant que la réforme du travail connaisse le “même sort que le CPE”.

Ce texte est […] une aberration politique. Il résulte d’une équation terrifiante : d’une part, l’autoritarisme matignonnesque et, d’autre part, l’invasion à tous les étages, de la technostructure.”

Lundi déjà, dans “l’Humanité”, Pierre Jacquemain dénonçait la mainmise de Manuel Valls sur la réforme du travail : “En réalité, la politique du ministère du Travail se décide ailleurs, à Matignon. C’est le Premier ministre qui donne le ton.”

Il y rappelle que tout le travail de Myriam El Khomri, réalisé avec les partenaires sociaux avant la présentation du texte avait “débouché sur de réelles avancées”. “Malheureusement aucune des avancées n’apparaît dans le projet final.”

Menace de démission pour Valls ?

Selon le “Canard Enchaîné”, Manuel Valls tient tellement au projet de loi El Khomri telle qu’il est aujourd’hui, qu’il aurait mis sa démission dans la balance. “Si la loi sur le travail est retirée ou vidée de sa substance, Valls claquera la porte de Matignon”, assure l’un de ses conseillers.

Cependant, le Premier ministre semble prêt à trouver un compromis. Il a reporté en avril son déplacement en Nouvelle-Calédonie, initialement prévu du 10 au 14 mars pour lui permettre de consulter les partenaires sociaux. Il a également organisé un “séminaire de travail” entre le gouvernement et le groupe PS à l’Assemblée nationale.

Face à des “interrogations fortes” sur le texte, “le temps que nous avons dégagé est là pour le dialogue”, a-t-il déclaré. Tout en précisant :

Mais cela ne remet pas en cause le calendrier global”, sur le vote du projet de loi.

S.D.

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Publié par le 2 mars 2016 dans économie, général, Politique, société

 

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