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Comment appliquer des politiques antipopulaires d’austérité ? par l’OCDE

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C’est effarant. ! Dans un document destiné aux gouvernants, Christian Morrisson, fonctionnaire de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) – voir encadré – prodigue, en 1996, ses recommandations (1).

PAR :  Eric Toussaint

(NB : Ce très intéressant article est très long, et je ne vous donne en extrait que le décryptage. Je vous conseille vivement de le lire en entier. Vous trouverez le lien source en bas de cette page )

Timing

“ On observe, avec un décalage de trois à six mois, un lien étroit entre l’annonce des mesures de stabilisation et les troubles, les grèves ou les manifestations. Ce décalage est intéressant car il prouve que, contrairement à l’hypothèse d’anticipations rationnelles, les réactions politiques ont lieu au moment de l’application des mesures plutôt qu’à leur annonce. ” (ibidem, p. 10)

Hassan II, un exemple à suivre

“ Toutefois, il existe des cas de réussite où un gouvernement parvient à éviter ce risque, comme au Maroc en 1983-1985. Deux éléments expliquent ce succès politique : la prudence (hausses de prix modulée et étalée) et une bonne stratégie de communication (par exemple : le roi a proclamé que l’on devait protéger les pauvres contre l’ajustement sur le thème “ oui à l’austérité, non à la paupérisation ”). ” (ibidem, p. 15)

Le plus facile à imposer

“ Une politique monétaire restrictive, des coupures brutales de l’investissement public ou une réduction des dépenses de fonctionnement ne font prendre aucun risque à un gouvernement. Cela ne signifie pas que ces mesures n’ont pas des conséquences économiques ou sociales négatives mais nous raisonnons ici en fonction d’un seul critère : minimiser les risques de troubles. ” (ibidem, p. 16)

“ Les coupures dans les budgets d’investissement ne suscitent habituellement aucune réaction, même lorsqu’elles sont très sévères : moins 40% au Maroc en trois ans, moins 40% en Côte d’Ivoire en deux ans, moins 66% au Venezuela de 1982 à 1985 et moins 60% aux Philippines en deux ans. ” (ibidem, p. 17)

Erreurs à éviter

“ Un programme qui toucherait de façon égale tous les groupes (c’est-à-dire qui serait neutre du point de vue social) serait plus difficile à appliquer qu’un programme discriminatoire, faisant supporter l’ajustement à certains groupes et épargnant les autres pour qu’ils soutiennent le gouvernement. ” (ibidem, p. 17)

Un pouvoir qui exerce un monopole sur l’exécutif, le législatif et le mouvement syndical : c’est mieux

“ En cas d’épreuve, le poids politique exceptionnel d’un chef d’État représente un capital déterminant pour le succès de l’ajustement. Certes, les gouvernements ont toujours de réelles capacités de résistance grâce aux forces de l’ordre. Mais lorsque l’émeute risque de faire vaciller le régime, l’autorité du chef de l’État est un atout très important. Ce fut le cas au Maroc comme en Côte d’Ivoire et au Venezuela : le Président avait cette autorité en 1990 parce que le même parti contrôlait la présidence, le Parlement et le principal syndicat. ” (ibidem, p. 18)

Privatiser et licencier massivement : c’est faisable

“ Le problème de la réforme des entreprises publiques qu’il s’agisse de restructuration ou de privatisation, s’est posé dans plusieurs pays et il suscite toujours de fortes oppositions parce que l’on remet en question de nombreux intérêts. Toutefois, dans certains cas, les gouvernements parviennent à appliquer des plans de restructuration qui seraient rejetés dans les pays développés. Ainsi, en Bolivie, le Président Paz a pris en 1987 des mesures draconiennes : les deux tiers des salariés de l’entreprise publique chargée de l’extraction de l’étain ont été licenciés parce que cette entreprise était responsable du tiers du déficit public total. Cette décision a entraîné une série de grèves et de manifestations, mais le gouvernement a tenu bon face aux mineurs et il est encore demeuré au pouvoir pendant trois ans. ” (ibidem , p. 20)

Utiliser l’alibi que constitue le FMI

“ Rappelons que tout ajustement est une opération risquée politiquement. D’un côté, l’opposition va imputer en totalité les coûts de l’ajustement au gouvernement. De l’autre, si le gouvernement, par crainte de l’opposition, attend la crise financière pour ajuster, il aura beaucoup moins de marge de manœuvre, en cas de crise politique. Mais comme il ne peut plus en principe faire de concessions dès lors qu’il a pris des engagements envers le FMI, le gouvernement peut répondre aux opposants que l’accord réalisé avec le FMI s’impose à lui, qu’il le veuille ou non.” (ibidem, p. 22) -mis en gras par la rédaction-.

“ Le gouvernement peut expliquer que, le FMI imposant par exemple une baisse de 20% de la masse salariale, le seul choix possible est de licencier ou de réduire les salaires et qu’il préfère la seconde solution dans l’intérêt de tous. ” (ibidem, p. 29)

Conseils aux gouvernants du Sud et du Nord pour affaiblir le syndicalisme

“ Si les salariés des entreprises parapubliques sont bien organisés, ils peuvent s’opposer efficacement à la décision du gouvernement (de privatiser ou de licencier massivement, NDR). Toute politique qui affaiblirait ces corporatismes (à noter que Morrisson utilise le terme “ corporatisme ” pour désigner manifestement le mouvement syndical, NDR) serait souhaitable : d’un point de vue économique, cela éliminerait des entraves à la croissance et, politiquement, le gouvernement gagnerait une liberté d’action qui peut lui être précieuse en période d’ajustement. On objectera que cette politique soulèvera des résistances mais il vaut mieux que le gouvernement livre ce combat dans une conjoncture économique satisfaisante qu’en cas de crise lorsqu’il est affaibli. Cette politique peut prendre diverses formes : garantie d’un service minimum, formation d’un personnel qualifié complémentaire, privatisation ou division en plusieurs entreprises concurrentes lorsque cela est possible. ” (ibidem, p. 23)

Mesures à éviter

“ La première précaution à prendre est d’éviter une politique laxiste en période de prospérité car celle-ci crée des droits qu’il est ensuite difficile de remettre en question. ”

(ibidem, p. 26)

“ Beaucoup d’habitants des bidonvilles ou des quartiers pauvres ressentent un sentiment de frustration et d’exclusion par rapport au reste de la population urbaine. Dès lors le saccage et le pillage des magasins dans les quartiers aisés leur permet d’exprimer ce sentiment. Si une mesure de stabilisation – la coupure des subventions par exemple – entraîne une hausse soudaine des prix des denrées courantes, ces populations vont réagir en manifestant avec violence leur désespoir. En effet, cette mesure réduit brutalement leur niveau de vie déjà très bas et arrivés à ce point, les pauvres n’ont plus rien à perdre. ” (ibidem, p. 26)

“ Il faut, comme au Maroc en 1983-1984, relever d’abord les prix des produits intermédiaires et non pas ceux des produits de base consommés par les ménages pauvres. Si les prix des produits de base sont augmentés, il faut procéder par hausses modérées (moins de 20%) et étalées dans le temps. ” (ibidem, p. 27)

Grève des enseignants : pas dangereux mais…

“ La grève des enseignants n’est pas, en tant que telle, une gêne pour le gouvernement mais elle est indirectement dangereuse puisqu’elle libère la jeunesse pour manifester. ” (ibidem, p. 29)

Pour baisser les salaires : diviser pour régner

“ On peut supprimer des primes dans certaines administrations en suivant une politique discriminatoire pour éviter un front commun de tous les fonctionnaires. Évidemment, il est déconseillé de supprimer les primes versées aux forces de l’ordre dans une conjoncture difficile où l’on peut en avoir besoin. ” (ibidem, p. 30)

“ Rien n’est plus dangereux politiquement que de prendre des mesures globales pour résoudre un problème macro-économique. Par exemple, si l’on réduit les salaires des fonctionnaires, il faut les baisser dans tel secteur, les bloquer en valeur nominale dans un autre et même, les augmenter dans un secteur clé politiquement. ” (ibidem, p. 31)

Mesures faciles à prendre

“ On peut recommander de nombreuses mesures qui ne créent aucune difficulté politique. Pour réduire le déficit budgétaire, une réduction très importante des investissements publics ou une diminution de fonctionnement ne comportent pas de risque politique. Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population. ” (ibidem, p. 30)

Pour un pouvoir fort

“ Pour qu’un gouvernement ait la marge de manœuvre nécessaire pour ajuster, il doit être soutenu par un ou deux grands partis majoritaires et non par une coalition de petits partis, ce qui conduit à préférer le scrutin uninominal au scrutin proportionnel pour l’élection du parlement (ou pour le moins à conseiller une combinaison des deux modes de scrutin). D’autres moyens permettent de renforcer l’exécutif comme la possibilité de pouvoirs spéciaux temporaires ou un contrôle ex post par le pouvoir judiciaire, afin d’éviter que des juges puissent bloquer ex ante l’application du programme. Le référendum peut être une arme efficace pour un gouvernement dès lors qu’il en a seul l’initiative. ” (ibidem, p. 34)

* * *

Réflexion 20 ans plus tard

…/…

ARTICLE COMPLET ET REFERENCES :

Voir la Source, lu Ici

 
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Publié par le 21 avril 2017 dans général, International, Politique

 

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Comment l’Union Européenne a imposé les maïs OGM à la France

C’est une histoire édifiante qui illustre bien le fonctionnement de l’Union Européenne.

Tout commence à la commission européenne. Celle-ci, pour des raisons qu’on ignore mais derrière lesquelles de mauvaises langues ont vu un soupçon de lobbying, décide d’autoriser la commercialisation du maïs OGM (Organisme Génétiquement Modifié) Monsanto.

Pour cela, elle doit obtenir l’aval du conseil des ministres de l’agriculture des 28 pays membres. Elle réunit donc ce conseil et présente son projet. Rendons hommage à la France qui s’est bien battue pour rejeter cette proposition. S’en suivit un vote des ministres qui a dégagée une majorité de votes contre.

Oui mais, le vote de ce conseil se fait à la majorité qualifiée, c’est à dire que chaque état a un nombre de voix qui correspond à son poids démographique. Plus précisément, pour qu’une décision soit adoptée, elle doit l’être par 72% des états-membres représentant au moins 65% de la population, avec une minorité de blocage d’au moins quatre états représentant 35% de la population. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Et là il y a un hic : le non n’obtient pas la majorité qualifiée, ni le oui d’ailleurs. C’est comme si le conseil s’était abstenu : ni pour, ni contre.

Pendant ce temps, le parlement européen, qui a eu vent de l’affaire, décide de s’en saisir. Effectivement, la commission n’est obligée de saisir le parlement européen (codécision) que dans certains domaines comme la culture ou l’environnement, mais pas pour l’agriculture qui, comme chacun sait, n’a rien à voir avec l’environnement.

S’ensuit un débat puis un vote qui dégage une majorité de non. La commission en prend acte, mais rappelle que dans ce domaine, le vote du parlement n’est que consultatif.

A la même époque, des sondages sont réalisés dans la plupart des pays de l’union, qui montre clairement que la majorité des européens sont opposés aux OGM.

Résumons-nous :

  • une majorité de pays est contre mais ce n’est pas suffisant pour constituer une décision
  • une majorité de députés européens est contre mais leur avis n’est que consultatif
  • Les peuples européens sont en majorité contre mais qui les écoute ?

Dans un système démocratique, cela aurait dû suffire pour que la commission retire sa proposition. Mais que croyez-vous qu’il arriva ? La commission l’a maintenue en vertu des traités européens qui lui en donnent le droit. Cette proposition s’applique alors à tous les états sans discussions. Dans les institutions européennes on a une curieuse conception de la démocratie…

La France s’est donc vue dans l’obligation d’accepter d’importer du bon maïs Monsanto, tant pour l’alimentation animale qu’humaine, maïs que vous retrouverez dans votre assiette que cela vous plaise ou non, directement ou indirectement.

Pour l’instant la France fait de la résistance sur la culture de ce maïs sur son sol mais elle en paye le prix lourd. En effet, tout retard dans la transposition d’une directive européenne entraîne des pénalités financières très lourdes. Combien de temps pourra-t-elle tenir, et le prochain gouvernement en aura-t-il la volonté ?

Dans ses mémoires, Jacques Delors qualifiait l’UE de « despotisme éclairé ». C’est sûr, c’est plus acceptable qu’une dictature aveugle, on se demande juste : éclairée par qui ? Cette histoire montre bien que ce n’est pas par les peuples.

Et cela ne va pas s’arranger puisqu’avec l’adoption du traité de libre-échange avec le Canada, les Etats-Unis pourront, via l’accord de libre-échange qu’ils ont avec leur voisin du nord, venir tranquillement déverser leurs produits chez nous.

Bon appétit.

Post-scriptum : les institutions européennes sont nombreuses et complexes et il convient de bien distinguer l’Europe et l’Union Européenne :

  • l’Europe comprend des institutions inter-gouvernementales comme l’OSCE ou le Conseil de l’Europe (dont fait partie la Russie). C’est l’Europe qui nous a donné Airbus et Ariane, par exemple.
  • L’Union Européenne est une institution proto-fédérale composée entre autres du conseil, du parlement et de la commission. C’est l’Union Européenne qui nous a donné le maïs OGM, la loi Macron ou la loi El-Khomri.

Sortir de l’Union Européenne, contrairement à ce que vous pourrez entendre, ce n’est donc pas quitter l’Europe. Une précision bien utile en cette période électorale. (source)

 

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Élections : comment Hollande and Co risquent de se prendre le pied dans le tapis. Par Charles GAVE

Billet de Charles Gave

Je vais partir d’un certain nombre de présupposés qui seront – ou non – confirmés dimanche prochain.

Les voici.

  • Le premier est que Marine Le Pen sera au deuxième tour.
  • Le deuxième est que la classe politique et journalistique attend cela avec impatience pour nous refaire le coup de la nécessité pour les forces de progrès (?) de s’unir pour empêcher qu’elle ne soit élue au deuxième tour, l’idée bien sûr ayant toujours été que celui qui sera opposé à elle sera automatiquement élu.
  • Pour les hommes de Davos et les Oints du Seigneur qui nous gouvernent avec le succès que chacun peut constater depuis des années, la question posée était donc : comment manœuvrer pour être certain que leur candidat sera au deuxième tour ?
  • Tout le monde connaît la réponse à cette question qui est vieille comme les élections. Il suffit de susciter des « petites » candidatures chassant sur les mêmes terres que messieurs Fillon et Hamon (soutenus l’un et l’autre du bout des lèvres par les forces politiques représentant les hommes de Davos) qui garantiront que leur « Oint du Seigneur », soigneusement choisi par les représentants de l’État profond français (messieurs Attali et Jouyet) sera présent au second tour puisque les forces de leurs adversaires auront été dispersées.

Et bien entendu, ces « utiles petits candidats », dont nul ne met en doute l’honorabilité, trouvant sans trop de difficultés les 500 signatures qui pour d’autres seraient moins utiles, sont impossibles à rassembler.

Où l’on retrouve le vieux principe de « diviser pour régner » cher à tout énarque de qualité …

Et c’est là que les choses pourraient se compliquer sérieusement pour nos Machiavels de sous-préfecture qui pensent que l’électorat français se manipule comme un congrès du parti socialiste.

En fait, je ne suis pas du tout certain du coté inéluctable de cet enchaînement qui fait fi de l’intelligence de l’électeur de base.

Prenons un électeur de monsieur Fillon.

Que va-t-il se dire ?

Dans un scrutin « normal » j’aurais pu me laisser tenter par un vote au premier tour pour monsieur Dupont-Aignan, le gendre parfait, ou pour monsieur Asselineau, la réincarnation du Général. Si je me laisse aller à cette faiblesse, il est à peu près certain qu’au deuxième tour, je vais me retrouver avec Macron contre Le Pen, ce qui me paraît avoir à choisir entre la peste et le choléra. 

Et donc, je vais voter comme un seul homme pour Fillon.

Prenons un électeur de « gauche ».

Que va-t-il se dire ?

Dans un scrutin normal, j’aurais pu me laisser tenter au premier tour et donner ma voix à un Hamon ou à un Poutou. Mais à l’évidence, ils ne seront pas au deuxième tour, et je risque de me retrouver sans aucun candidat pour qui voter au deuxième tour, un peu comme quand nous avions eu Pompidou contre Poher.

Et donc je vais voter comme un seul homme pour monsieur Mélenchon.

Le « diviser pour régner » risque en fait de renforcer les gros candidats tant à gauche qu’a droite, plutôt que de les affaiblir.

Ce qui revient à dire que la présence de monsieur Macron au deuxième tour est loin d’être assurée.

Venons-en aux électeurs de monsieur Macron qui, me dit-on, seraient à la recherche d’un « souffle nouveau » et donc serait soutenu par la jeunesse.

  • En fait de souffle nouveau, il n’y a pas un seul vieux cheval de retour de la politique ou de la gens jacassière (ceux qui ont fait leur métier de commenter la vie politique, comme l’appelait Raymond Barre) qui ne manifeste un merveilleux enthousiasme pour le candidat de la disparition de la France. On retrouve bien sûr l’éternel trio de comiques troupiers, BHL, Minc, Attali qui se sont toujours trompés sur tout et sur lesquels il n’est point besoin d’épiloguer. Le fait que ces trois-là soutiennent monsieur Macron rend son élection hautement improbable tout simplement parce qu’ils n’ont jamais rien compris à rien.
  • Quant à la jeunesse, je n’accorde aucun crédit particulier à la jeunesse, en partant du principe cher à Jacques Brel qu’un jeune con a tendance à devenir un vieux con et que d’ailleurs, le candidat le plus soutenu par la « jeunesse » est MLP, ce qui semble avoir échappé à la gens jacassière citée plus haut.
  • On le voit être soutenu par un ancien ministre de l’Éducation nationale, monsieur Bayrou, qui, quand il a été en fonction, s’est toujours couché avec la plus grande célérité devant les syndicats qui ont détruit l’Éducation nationale. Nous devons aussi à ce fin politique l’élection de monsieur Hollande et donc cinq ans de dégringolade ininterrompue.

 

Voir monsieur Bayrou embrasser monsieur Macron laisse une impression détestable, sans que je sache très bien pourquoi. Je songe à la formule de Napoléon voyant Fouché donnant le bras à Talleyrand et disant « Tiens, voici le vice appuyé sur le crime » que l’on pourrait paraphraser comme : « Tiens, voici le vide appuyé sur la veulerie. »

  • Et enfin notre Macroniste doit savoir aujourd’hui que son candidat est soutenu par la quasi-totalité des groupes de presse appartenant pour certains d’entre eux à des hommes pour qui monsieur Macron a eu des bontés quand il était ministre. Ce qui peut laisser chez les âmes sensibles comme un léger sentiment de dégoût.

Bref, j’ai beaucoup de mal à penser que les Macronistes vont se lever en masse dimanche prochain en chantant « youkahidi, youkahida » avant d’aller voter pour celui qui apparaît de plus en plus et comme un faux nez du parti socialiste et comme le digne successeur de monsieur Hollande, lequel après tout plafonnait il y a quelques mois à 10 % d’opinions favorables. Je ne vois donc pas très bien pourquoi ce représentant du vide sidéral de la pensée et de l’absence de courage devrait atteindre 20 %.

Qu’un Français sur cinq se laisse embobiner par une manœuvre aussi grossière me paraît déjà beaucoup. Plus, cela confirmerait les craintes que certains peuvent avoir sur le niveau intellectuel des Français en chute libre depuis 1981, mais il y a des limites.

 

Je ne suis payé ni par les instituts de sondage ni par les journaux, ni par leurs propriétaires (qui sont souvent les mêmes), ce qui enlève bien entendu toute légitimité à mes propos. Cependant, je confirme et je signe : je ne suis pas du tout certain que monsieur Macron sera au deuxième tour. Imaginons cependant que je me trompe…  (Ce qui ne m’est jamais arrivé bien entendu mais il faut un début à tout.)

La question que chacun devra se poser alors est : mais où sont donc les troupes de réserve de monsieur Macron ?

Chez les électeurs de Fillon ?

Vous plaisantez sans doute.

Ils ne vont pas voter pour celui qui a été certainement complice de la tentative de déstabilisation de leur candidat, qui était dans le palais de l’Élysée ou au gouvernement quand on leur a imposé le mariage pour tous après qu’on ait augmenté leurs impôts de façon monstrueuse. Qui plus est ce candidat a l’intention de taxer l’immobilier, seul actif qui leur a permis de ne pas encore sombrer.

Plutôt crever.

Chez les électeurs de Mélenchon ?

Vous les voyez voter pour un ancien de la banque Rothschild qui a fait disparaître une partie importante de son patrimoine sans que l’on sache très bien pourquoi ni comment ?

Vous les voyez voter pour le candidat de la mondialisation heureuse, pour celui qui veut que la France devienne une société multiculturelle et qui traite les femmes qui travaillent en usine d’abruties illettrées ?

Et donc, dans ce cas de figure, je m’attendrais à une abstention prodigieuse et à l’élection de Madame Le Pen.

Passons au second cas de figure, Le Pen/Mélenchon.

Même question : où sont les troupes de réserve de monsieur Mélenchon ?

En dehors de monsieur Bayrou, et des trois pelés et deux tondus qui auront voté Hamon, je ne vois pas de troupes fraîches apparaître.

Et donc, dans ce cas de figure, madame Le Pen est élue haut la main.

Venons-en à monsieur Fillon et posons la question fatidique : où sont ses troupes de réserve ?

Très facile de répondre à cette question : tous les gens qui auront voté pour monsieur Macron, étant à la fois pusillanimes, sans conviction et crédules, se précipiteront pour voter pour monsieur Fillon, qui sera élu triomphalement et pourra de plus dégager une majorité de gouvernement considérable au Parlement.

J’en arrive à la conclusion de ce papier.

Les gros malins qui ont essayé de dézinguer monsieur Fillon pour faire élire leur Golem ont, de par leurs actions, rendu infiniment plus probable l’élection de madame Le Pen. Je pense au proverbe Grec : « Ceux que les Dieux veulent perdre, ils les rendent fous. »

Quand on voit monsieur Hollande se promener en déclamant que sa dernière mission est d’empêcher madame Le Pen d’être élue, on ne peut s’empêcher de sourire en repensant que ses missions antérieures étaient de relancer la croissance, de retrouver l’équilibre budgétaire et de faire baisser le chômage. À l’aune de ses résultats passés, l’élection de MLP apparaît une certitude.

Quoi qu’il en soit, la parole est maintenant au souverain – enfin -, c’est-à-dire au peuple.

À lundi prochain et bon vote !

Source Institut des Libertés ici

 
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Publié par le 19 avril 2017 dans général, Politique

 

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Comment la littérature ancienne pourrait nous aider à prédire la prochaine grande tempête solaire

Des recherches récentes suggèrent que les littératures antiques japonaise et chinoise décrivant la météo spatiale dans les siècles passés pourraient nous aider à prédire quelques-unes des plus grandes tempêtes solaires à venir.

Les tempêtes solaires peuvent faire potentiellement beaucoup de dégâts, notamment au niveau des télécommunications, mais elles présentent l’inconvénient de ne laisser aucune « trace » physique de leurs passages que ce soit dans les carottes glaciaires ou dans les sédiments. C’est pourquoi il est si difficile de les étudier et donc de les prévenir. En revanche, certains textes historiques pourraient nous informer sur leurs existences passées.

Dans un effort de collaboration entre les arts et les sciences, les chercheurs de l’Université de Kyoto, de l’Institut national japonais de la recherche polaire (NIPR) et de l’Institut national de la littérature japonaise ont étudié des documents historiques pour tenter de mieux comprendre et d’appréhender les événements solaires passés. Ils expliquent notamment avoir étudié deux volumes historiques. L’un est japonais : Meigetsuki (Le compte rendu de la Lune) et le second chinois : Song Shi (Histoire de la chanson) et ces deux volumes qui couvrent des périodes allant du 10 au 14e siècle, pourraient effectivement nous en apprendre davantage sur les phénomènes astronomiques passés.

« La combinaison de la littérature antique, de la dendrochronologique (une méthode scientifique permettant en particulier d’obtenir des datations de pièces de bois, NDLRet de nos télescopes nous permet aujourd’hui d’identifier des tendances claires dans l’activité solaire et d’autres événements astronomiques », explique Hiroaki Isobe, de l’Université de Kyoto au Japon, qui a participé à l’étude. « De nos jours, les grandes tempêtes solaires peuvent perturber considérablement les réseaux électriques et les satellites. Nous sommes de plus en plus sensibles à ces événements et la perspicacité acquise grâce à certains documents historiques nous permet aujourd’hui de mieux prévoir et préparer l’avenir ».

Dans le premier volume (Meigetsuki), le poète japonais Fujiwara Sadaie mentionne avoir vu « de la vapeur rouge dans le ciel nocturne » le 21 et le 23 février de l’année 1 204, interprétée par les chercheurs comme le signe d’une tempête magnétique qui avait effectivement frappé la Terre à cette époque. Pendant ce temps, une « grande tache solaire », un signe d’activité magnétique intense du Soleil, a également été enregistrée au cours de la même période et retranscrite dans le Song Shi. En creusant un peu plus, les chercheurs ont également découvert une dizaine d’incidents du même type au cours de cette période, entre les années 900 et 1200, avec notamment plusieurs observations rapportées d’aurores boréales. En comparant ces dates aux données de radiocarbone de cernes d’arbres, ils ont alors constaté une diminution des niveaux de carbone 14 (indiquant une augmentation des niveaux d’activité solaire) aux dates correspondantes.

Ces textes auront permis aux chercheurs d’établir une chronologie de l’activité météorologique spatiale, révélant notamment que les aurores boréales étaient plus répandues au cours de la phase maximale des cycles solaires et que pendant le cycle minimal (1010-1050) aucune aurore n’a été observée. Les chercheurs continueront leurs recherches en explorant d’autres textes anciens qui pourront contenir d’autres indices de ces événements solaires passés. « Ces observations du ciel n’ont jusqu’ici été considérées que dans le cadre d’écritures de fiction », explique l’un des chercheurs, « mais jamais vraiment appréciées pour leur spécificité scientifique. Nous nous rendons compte maintenant que certains textes nous fournissent en fait un compte rendu lucide et précis des conditions célestes du passé ».

Source, via SP

 
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Publié par le 11 avril 2017 dans Espace, général, société

 

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Bombardement américain contre la Syrie : comment Donald Trump a été repris en main par l’« État profond »

Le bombardement soudain et massif, le 6 avril, de la base militaire syrienne de Shayrat par les forces américaines pourrait bien marquer un nouveau tournant dans la géopolitique mondiale. Au-delà de la Syrie, c’est naturellement un geste agressif brutal qui est ainsi perpétré contre la Russie. Pour l’heure, celle-ci a réagi avec sang-froid.

À ce stade, trois points méritent d’être notés. D’abord, sans guère de surprise, les pays occidentaux et les médias dominants reprennent sans la moindre réserve la thèse selon laquelle l’attaque chimique contre la ville syrienne de Khan Cheikhoun – attaque qui a servi de prétexte à l’agression américaine – aurait été ordonnée par Damas.

Or, outre le fait qu’on voit mal quel intérêt le pouvoir syrien aurait eu à alimenter contre lui une nouvelle fois toute la propagande occidentale, les experts militaires, notamment français, mettent en doute cette thèse, comme le révélait hier l’hebdomadaire Challenges, peu suspect de sympathie excessive vis-à-vis de Bachar el-Assad. Dès lors, on peut s’interroger sur une hypothèse : le drame de Khan Cheikhoun n’était-il pas une provocation imaginée par des forces, à Washington ou ailleurs, qui voyaient avec angoisse la guerre en Syrie pouvoir s’orienter – enfin ! – vers une issue négociée respectant la souveraineté de ce pays ?

Deuxièmement et surtout, au regard de la campagne électorale atypique que mena le milliardaire qui siège désormais à la Maison-Blanche, la décision de ce dernier de recourir à l’agression militaire met en lumière l’extraordinaire capacité de ce qu’on pourrait appeler « l’État profond » américain à reprendre en main celui qui avait dû son succès à sa rhétorique anti-establishment. Plus significatif encore est le langage employé par Donald Trump, qui n’a pas hésité à renouer avec des accents moralisateurs que n’auraient pas renié les pires néo-conservateurs, et mis à l’honneur par George W. Bush.

Ces dernières semaines déjà, le président américain avait explicitement tourné le dos à des thèmes qui avaient marqué sa campagne

Ces dernières semaines déjà, le président américain avait explicitement tourné le dos à des thèmes qui avaient marqué sa campagne : tonalité brutalement anti-russe (sur la Crimée, en particulier), guerrière contre la Corée du Nord, beaucoup plus amène en ce qui concerne l’OTAN, et plus encore vis-à-vis de l’Union européenne. Alors qu’il n’avait pas de mots assez durs contre celle-ci, il lui a trouvé récemment des charmes « merveilleux ». Bref, les forces qui pilotent vraiment les coulisses du pouvoir américain n’ont eu besoin que de quelques mois à peine pour circonvenir le nouveau locataire de la Maison Blanche.

Enfin, il n’a pas fallu attendre ne serait-ce que quelques heures pour entendre les déclarations de soutien et d’enthousiasme en provenance de Berlin, de Paris et de Bruxelles : enfin l’Oncle Sam revient à la raison, et renoue avec les discours et pratiques virils qui font tout son charme… Nul doute que ces compliments – doublés d’immenses soupirs de soulagement – vont se multiplier du côté des dirigeants de l’Union européenne. Ceux-ci, éperdus de reconnaissance, n’en seront que plus encouragés pour tenir les promesses d’augmentation des dépenses militaires formulées auprès de l’OTAN.

Le 6 avril constitue un tournant dans la stratégie américaine. Mais ce tournant, aussi inquiétant soit-il, illustre également à quel point la géopolitique mondiale est devenue (pour une part) imprévisible et instable. L’aspiration populaire – aux quatre coins de la planète – à un avenir pacifique et de progrès passe plus que jamais par la reconquête de la souveraineté de chaque État, et la mise en place concomitante de véritables coopérations sur une base d’égalité et de respect mutuel.

Et donc par le refus d’intégrations régionales porteuses de logiques de puissance impériale et de rivalités.(source)

 

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Comment la nanotechnologie va révolutionner la guerre

En temps normal, en matière de conflit, plus c’est gros, mieux c’est. Les armées sont toujours à la recherche de quelque chose à l’impact plus grand. Elles veulent de plus gros navires, de plus gros chars, et de plus grosses explosions. Il arrive cependant que les plus petites choses soient les plus dangereuses. Les développements actuels en matière de nanotechnologie pourraient bientôt donner vie à des armes miniatures qui ne devraient pas être sous-estimées.

La CNBC s’est récemment entretenue avec le physicien et futuriste, Louis Del Monte, au sujet de son récent livre, Nanoweapons: A Growing Threat to Humanity. L’avenir qu’il dépeint est absolument terrifiant :

L’une des prévisions les plus troublantes faites par Del Monte est que d’ici la fin des années 2020, les terroristes pourront mettre la main sur des nano-armements au travers du marché noir.

Selon Del Monte, ces nano-armements seront plus petits encore qu’un brin de cheveux humains, et des nano-robots de la taille d’insectes pourront être programmés pour effectuer des tâches diverses, comme injecter des toxines dans le corps d’individus ou contaminer les réserves d’eau de grandes villes.

Il suggère également que des nano-drones puissent un jour être utilisés pour déposer du poison sur des objets prédéterminés, comme de la nourriture, pour prendre pour cible un individu particulier.

Et Del Monte n’a pas sorti ces idées d’un chapeau de magicien. Il ne s’agit pas ici de devinettes quant aux armes susceptibles de naître, au fil de ces prochaines années, des avancées en matière de nanotechnologie. Il cite en effet des rapports publiés par le Pentagone :

Des détails effrayants quant aux nanotechnologies militaires ont été soulignés dans un rapport publié en 2010 par la Defense Threat Reduction Agency du Pentagone, comme par exemple la possibilité de développement « d’insectes transgéniques chargés de produire et de transmettre des agents de guerre biologique à base de protéines, susceptibles d’être utilisés de manière offensive contre des cibles en territoire étranger ».

Il mentionne également des « micro-explosifs » et des « nano-robots susceptibles d’être utilisés en tant que systèmes de transmission d’armes biologiques ou de microparticules inhalables ».

Pour ce qui concerne les nano-robots, Del Monte estime qu’ils feront la taille de moustiques et pourront être programmés pour utiliser des toxines en vue de tuer ou d’immobiliser. Pire encore, ces robots autonomes pourront peut-être aussi s’auto-répliquer.

Compte tenu de leur taille, il est évident que les nano-armements seraient parfaits pour prendre pour cible avec une grande précision un petit nombre de victimes. Il ne fait aucun doute qu’ils seront employés par les gouvernements pour effectuer des assassinats clandestins. Si quelqu’un venait à mourir parce que sa nourriture a été empoisonnée, qui se douterait que le poison lui a été délivré par un robot-insecte volant ? Qui soupçonnerait même un empoisonnement ?

robot-mosquito

Je me demande combien de temps il faudra au public pour saisir ce qui se passe. Parce que les prouesses technologiques des gouvernements excèdent souvent ce que nous voyons dans le monde civil, des dissidents pourraient être éliminés pendant des années avant que quiconque réalise qui est responsable. Et qui dit que le gouvernement ne dispose pas déjà de ce genre de technologie ?

Ce qui est le plus effrayant n’est pas les capacités de petite échelle de cette technologie, mais son utilisation en vue d’infliger des pertes massives.

La nanotechnologie présente un potentiel de développement de composants nucléaires miniatures, si petits qu’ils seront très difficiles à détecter. Des armes capables de générer une explosion équivalente à 100 tonnes de TNT pourront tenir dans une poche ou un portefeuille, peser moins de 2 kilos et détruire un bâtiment tout entier.

« Les armes nucléaires conventionnelles sont difficiles à fabriquer. Concevoir des armes nucléaires miniatures serait certes difficile, mais toutefois moins que des armes nucléaires de grande échelle. »

La guerre a beaucoup changé ces cent dernières années, mais compte tenu de ce que nous sommes susceptibles de voir apparaître ces prochaines années, je pense qu’aucun d’entre nous n’est aujourd’hui capable de déterminer ce à quoi elle ressemblera dans cent ans. (source)

 
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Publié par le 6 avril 2017 dans général, Guerre - 3e guerre mondiale, Sciences

 

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