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Comment les nano-particules nuisent-elles à notre santé ?

Après avoir connu les OGM, des nouvelles substances se font peu à peu connaître dans les produits alimentaires : les nano-particules. Pourquoi l’avènement des nanotechnologies dans l’alimentation ? Comme toujours, la réponse est très simple : faire exploser les profits de quelques-uns au détriment de la santé de tous les autres ! La preuve en est : aucune règle ou contrôle ne s’applique au domaine des nanotechnologies alimentaires.

L’avènement du nano-monde, que cela veut-il dire ? Des aliments intelligents s’adaptant aux goûts du consommateur aux vêtements hydrophobes, en passant par des matériaux capables de s’auto-régénérer … bienvenue dans ce que l’on appelait l’autre fois l’univers de la Science-fiction. Aujourd’hui, la fiction n’existe quasiment plus.

Soit dit en passant, en physique, un nanomètre équivaut à 10^(-9) mètre, ou alors à un milliardième de mètre. Pour vous donner un ordre d’idée, c’est environ 1000 fois plus fin qu’un cheveu … c’est dire si c’est petit.

Mais où est le problème, me direz-vous ? Eh bien, étant donné l’infime petitesse des nanoparticules, ces dernières sont capables de pénétrer et de traverser les barrières biologiques de la peau et peuvent donc pénétrer au fin fond de l’organisme.

Enquête…

Des centaines de nano-aliments en vente libre

Étant donné l’extrême opacité de l’industrie sur les nano-aliments, il est compliqué de tous les recenser. Néanmoins, une ONG a établi, en 2008, que toute la chaîne alimentaire était déjà compromise et a dressé une liste de 106 pseudo-aliments contenant des nano-particules (p. 51 à 57) : Out of the laboratory and on to our plates: Nanotechnology in food and agriculture

Une étude parue dans Beilstein (études scientifiques sur les nanotechnologies) a montré que : « L’inventaire corrigé [des produits alimentaires contenant des nanotechnologies] a été réalisé en Octobre 2013. Il liste 1814 produits de consommation provenant de 622 entreprises dans 32 pays ».

Une aubaine financière pour les pays développés

« Du silicate d’aluminium pour empêcher l’agglutination des aliments en poudre, du ketchup épaissi avec du dioxyde de silicium, des vinaigrettes blanchies au dioxyde de titane… Les nano-aliments nous apporteraient, selon leurs partisans, des avancées culinaires majeures : du chocolat ou des glaces sans lipides et sans sucre, qui conservent le même goût que l’original, une huile (Shemen Industries) qui inhibe l’entrée du cholestérol dans le sang, un substitut alimentaire (Nanotrim de Nanonutra) qui brûle les graisses. Ou la possibilité de modifier le goût d’un aliment selon nos désirs. Des industriels comme Nestlé cherchent à concevoir les « nano-aliments du futur ».

Le géant agroalimentaire Kraft Foods (Etats-Unis) fait partie de ces pionniers. En 2000, il a financé un consortium de 15 universités et laboratoires de recherche, Nanotek, pour concevoir de la nourriture « intelligente » et personnalisée, tels des aliments qui contiennent des centaines de nano-capsules, remplies de saveurs, de nutriments, de couleurs différentes. Un four à micro-ondes pourrait déclencher, selon la fréquence des ondes, telle ou telle capsule, selon les désirs du consommateur. Une nourriture interactive en quelque sorte, qui peut même se transformer elle-même si une personne est allergique à un composant, ou libérer une dose de supplément nutritif si elle détecte des carences. Kraft Foods, le concepteur de ce projet, est propriétaire des marques de chocolat Milka, Côte d’Or, Toblerone, Suchard, et de café Carte Noire, Grand’Mère, Jacques Vabre ou Maxwell. » (Source : MrMondialisation)

Les nano-particules dans l’alimentation

Les nano-particules majoritairement présentes dans les aliments sont : les nano-particules d’argent ; les nano-particules de dioxyde de titane et les nano-particules de silice. Pour ce qui est des nano-particules d’argent, elles possèdent des propriétés de conservation bien supérieures aux conservateurs traditionnels. Elles permettent aussi de conférer un aspect de fraîcheur aux aliments. Ce conservateur « high-tech » est déjà présent dans de nombreux plats préparés, charcuteries, pâtisseries, boissons alcoolisées, sodas et autres.

Les nano-particules de dioxyde de titane (E171) accentuent la coloration des produits alimentaires. Il devient fréquent d’en trouver dans les yaourts, biscuits, confiseries et les fruits et légumes traités chimiquement pour valoriser leur aspect.

Les nano-particules de silice (E550 et E551) permettent de conférer une consistance très fine à de nombreux produits tels que le sucre, le sel, la farine ou encore la poudre de cacao. Elles sont également employées dans les sauces, mayonnaises, ketchups, soupes, yaourts et autres.

Scandale sanitaire en vue !

L’ex-Afssa a déclaré, dans une étude qui a disparu des écrans radars, que « le foie et la rate seraient des organes cible, mais certaines nanoparticules sont retrouvées dans les reins, les poumons, la moelle osseuse et le cerveau ».

Si l’on s’en réfère, par exemple, aux nanoparticules de silice, il semblerait (selon l’Afsset) qu’elles ne présentent pas de facteurs cancérogènes ou génotoxiques. Néanmoins, elles produisent bel et bien effet sur nos cellules : « L’interférence avec [certains constituants cellulaires] peut mener à un dysfonctionnement de la division cellulaire et perturber le trafic cellulaire. »

Concernant les effets des nano-particules d’argent, testées dans le sang de rats, une seule conclusion s’impose, à savoir que les nano-particules ont été se loger jusque dans le noyau des hépatocytes (i.e les cellules du foie) et qu’elles sont fortement cytotoxiques (= altèrent les cellules) pour cet organe vital qu’est le foie. Une étude toxicologique, publiée par la revue médicale d’Oxford, montre indubitablement le caractère toxique et inflammatoire des nano-particules d’argent dans le foie, une fois ces substances ingérées.

Les nano-particules … ou l’amiante 2.0

Une étude britannique, publiée dans Nature Nanotechnology, a formellement établi un lien indirect entre les nanoparticules et une modification de l’ADN.

M-C Jaurand, directrice de la recherche à l’INSERM, s’inquiète des effets potentiels des nano-tubes de carbone dans la mesure où leurs effets seraient similaires à ceux de l’amiante. Ceci concernerait tout particulièrement la production de lésions de l’ADN lui-même et la formation d’aberrations chromosomiques.

Néanmoins, il est navrant de constater que les soi-disant « instances compétentes » restent de marbre. D’autant plus que les mesures en vigueur sont tout à fait inadéquates pour évaluer les risques liés aux nano-particules. Les gouvernements et les agences sanitaires sont clairement dépassés et aucun d’entre eux ne cherche à rattraper cet incroyable retard acquis depuis des années. L’évaluation des risques est totalement fausse et biaisée.

Comment les éviter ?

En 2009, l’Afssa affirmait que la prudence devait être de mise à l’égard l’utilisation des nano-particules concernant l’alimentation humaine et animale.

Le problème est que, depuis 2009, tout s’est aggravé puisque les contrôles sanitaires n’ont pas bougé d’un poil et que les industries continuent à déferler sur le marché des nano-particules alimentaires.

Actuellement, il n’existe aucun étiquetage annonçant l’éventuelle présence de nanoparticules dans les produits consommés. Dès lors, il faut se tourner vers des aliments BIO et naturels ainsi qu’une suppression de TOUS les produits issus de l’industrie agro-alimentaire classique. Il en va de votre santé.

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Publié par le 15 août 2018 dans général, Santé - nutrition

 

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Comment les géants de la malbouffe ont entravé un étiquetage utile aux consommateurs

Aujourd’hui la malbouffe est absolument partout , et les industriels ne veulent pas que ça se voit . Pour cela ils veillent sur le grain en dépensant des sommes folles en lobbying, car l’argent achète tout, y compris ceux qui sont censés défendre nos intérêts . Le tout au détriment du pauvre consommateur ignorant que nous sommes .. C’est le fric et les profits qui priment, la santé on s’en fout ! Seule solution pour limiter la casse, être au courant des pratiques agro-alimentaires et se renseigner un maximum sur ce qu’on achète, et ça concerne tous les produits . L’information et la vigilance, c’est la seule clef  . Car même le label bio ne garanti rien comme on l’a encore vu hier avec les bananes . C’est affolant !! Z 

La France a finalement adopté, après une bataille de lobbying aux multiples rebondissements, un système officiel d’étiquetage nutritionnel des aliments, le NutriScore. Objectif : lutter contre la malbouffe et son impact sur la santé publique, grâce à un code couleur apposé sur les aliments. Mais les géants de l’agroalimentaire comme Mars, Nestlé ou Coca-Cola ont obtenu que le système reste facultatif, et manœuvrent aujourd’hui pour imposer un système alternatif plus conforme à leurs intérêts, qu’ils ont eux-mêmes conçu.

C’est l’une de ces batailles de lobbying qui n’en finissent jamais, sans doute parce qu’elles touchent trop directement au cœur du modèle industriel de puissantes multinationales, et mettent ainsi en cause les profits mirobolants que celles-ci accumulent depuis des décennies. Tout comme avant eux les géants du tabac, et aujourd’hui ceux du pétrole, les leaders de l’agroalimentaire refusent de voir questionner les pratiques qui ont fait leur prospérité. Une alimentation à base de calories, de sucre, de sel et de gras, dont la qualité nutritive est aussi faible que les impacts sur la santé publique sont élevés.

Pour limiter les dégâts, un outil simple a été mis en place par plusieurs pays : l’« étiquetage nutritionnel ». Rien de révolutionnaire : il s’agit simplement d’informer le consommateur sur la qualité des produits offerts au moyen d’un système de couleurs allant du vert pour les aliments les plus nutritifs au rouge pour ceux de moindre qualité. Une mesure de bon sens, soutenue par l’essentiel de la communauté scientifique, qui a été proposée au niveau européen, puis en France.

Dans les deux cas, elle s’est heurtée à un véritable tir de barrage de la part des lobbyistes. Selon l’ONG Corporate Europe Observatory, l’industrie agroalimentaire a dépensé au moins un milliard d’euros en lobbying à Bruxelles pour faire échouer le projet, avec succès puisque les institutions européennes ont finalement renoncé à instaurer un système contraignant.

Lobbying tous azimuts

En France, l’affaire a illustré la multiplicité des moyens et des relais dont disposent les industriels pour combattre une réforme qui ne leur plaît pas. La bataille a été coordonnée par l’Association nationale des industries alimentaires (Ania), le principal lobby du secteur qui regroupe l’industrie laitière, la boulangerie, les spiritueux, des biscuiteries, des brasseurs ou des multinationales comme Unilever ou Orangina. L’Ania a jugé trop « stigmatisants » les projets d’étiquetage nutritionnel du ministère de la Santé, jugés… Et y a décelé une atteinte au patrimoine gastronomique français !

En réalité, ce sont surtout les aliments transformés qui risquent de se voir apposer une étiquette rouge. Il y a un an, les enquêteurs de l’émission télévisée Cash investigation ont pu pénétrer, caméra cachée, au cœur d’une réception du « club parlementaire de la Table française », organisée par les industriels pour porter le message auprès des députés et sénateurs. Les journalistes ont pris le sénateur Michel Raison en flagrant délit de connivence avec l’Ania, grâce à un micro-cravate oublié.

Avec l’aide de l’association Regards citoyens, les journalistes de Cash investigation ont également identifié une série d’amendements rédigés par l’Ania et repris tels quels par plusieurs parlementaires. Parallèlement, le groupe Carrefour tentait une manœuvre de contournement en mettant en place unilatéralement son propre système d’étiquetage nutritionnel, évidemment bien moins « stigmatisant » que celui envisagé par les pouvoirs publics (lire cet article publié sur l’Observatoire des multinationales).

Attaques personnelles contre les scientifiques

Les industriels ne se sont pas privé d’attaquer personnellement les scientifiques qui ont conçu le système retenu par le ministère de la Santé, à commencer par le professeur Serge Hercberg. Sous le mandat de François Hollande, grâce à une intervention inédite du ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, ils ont finalement obtenu la mise en place d’un test « grandeur nature » avec plusieurs systèmes d’étiquetage possibles – celui du ministère de la Santé, et d’autres conçus par les industriels eux-mêmes. Un test qui a, en outre, été piloté par des structures étroitement liées à l’Ania, avec une majorité d’experts ayant des liens avec l’industrie ou la grande distribution, selon l’analyse réalisée par Stéphane Horel pour Le Monde.

L’expérimentation, qui s’est achevée en décembre 2016, a logiquement été qualifiée de « mascarade » par l’association Foodwatch. La ministre de la Santé d’alors, Marisol Touraine, a néanmoins fini par officialiser en mars 2017 le choix du système retenu initialement par ses services. Il aura fallu trois ans. Mais ce choix devait ensuite être validé par la Commission européenne.

L’étiquetage souhaité par les pouvoirs publics, mais qui demeure… facultatif

Au final, ce n’est que le 31 octobre dernier que la France a enfin acté la création de son système d’étiquetage nutritionnel, le NutriScore. Un système désormais officiel, mais qui reste facultatif, grâce au travail de sape des lobbys. Des grands noms de la grande distribution (Auchan, Intermarché…) et de l’alimentation (Danone, Fleury Michon…) se sont néanmoins engagés à l’utiliser.

Un étiquetage des industriels totalement opaque

Une victoire, ne serait-ce que partielle, pour les défenseurs de la santé publique ? Ce serait sans compter sur l’obstination des géants de l’agroalimentaire. L’association de défense des consommateurs UFC Que choisir a en effet publié un courrier diffusé par Alliance 7 – l’association représentant les producteurs de biscuits, de bonbons et de céréales pour petit déjeuner – incitant ses adhérents à refuser le NutriScore officiel et à choisir un système d’étiquetage alternatif, le « NutriCouleurs », développé par les grandes multinationales du secteur, Coca-Cola, Nestlé, Mars, Mondelez, Pepsico et Unilever.

L’étiquetage voulu par les industries agro-alimentaires

Principal avantage du NutriCouleurs pour les industriels : il utilise cinq couleurs, une par catégorie de nutriments (calories, sucre, sel, matières grasses, acides gras saturés), au lieu d’une seule globale pour le NutriScore. Ce qui compliquera la vie du consommateur – d’autant que les informations sont présentées par « portion », une notion extrêmement vague, et non par 100 grammes comme pour le NutriScore – tout en permettant d’afficher un peu de vert même pour un aliment présentant des fortes teneurs en sel ou en sucre. Les seuils retenus pour passer d’une couleur à l’autre ne sont même pas rendus publics. Serge Hercberg et Chantal Julia, membres de l’équipe de recherche qui a mis au point le NutriScore, ont fait l’exercice de comparer ce que donneraient les deux systèmes d’étiquetage sur un même produit, une barre chocolatée Twix (produite par Mars) : dans le NutriScore, elle se voit affublée d’une étiquette rouge, tandis qu’avec le NutriCouleurs cette étiquette pourrait passer miraculeusement… à l’orange.

Selon les calculs des deux scientifiques, les multinationales qui ont conçu le NutriCouleurs sont aussi celles qui vendent le plus de produits de faible qualité nutritionnelle : « Pour le groupe Mars, 100 % des aliments de la firme figurant sur Open Food Facts sont classés en orange ou en rouge ; pour Mondelez, c’est 86 % de leurs produits présents dans la base ; 55 % pour Nestlé ; 54 % pour Coca-Cola ; 52 % pour Unilever et 46 % pour PepsiCo. » CQFD.

En aucun cas les informations et conseils proposés sur ce site ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé
Source : Bastamag
 
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Publié par le 1 août 2018 dans général, Santé - nutrition

 

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Comment la grande distribution s’approprie l’image sympathique du petit producteur local

L’attrait du « local » n’aura pas mis longtemps à aiguiser les appétits de la grande distribution. L’argument marketing du « petit producteur », destiné à redorer l’image des supermarchés, était connu. Voici maintenant qu’apparaissent des magasins spécialisés dans les circuits courts, lancés par Auchan ou de grandes coopératives agricoles. Une sorte de « local washing ». Les véritables magasins de producteurs, en plein essor, voient leur avenir menacé par la concurrence de ces hyper-marchés dont ils essayaient justement de se débarrasser. Mais ils résistent et lancent leur propre label. Enquête.

Sur le territoire de Frelinghen, à une dizaine de kilomètres de Lille, les yaourts artisanaux de Marie-Odile Smets ont acquis une certaine renommée. Confectionnés avec le lait de ses vaches, ils plaisent à ceux qui lui achètent directement… mais aussi aux acheteurs de la grande distribution. « Auchan m’a contactée en 2013, raconte l’agricultrice. Le magasin cherchait des producteurs locaux pour les approvisionner directement. J’ai donné mon accord. » Marie-Odile Smets accepte d’autant plus volontiers qu’elle doit fournir le magasin d’Englos, l’un des plus grands du pays. La productrice entame les formalités, et signe enfin un contrat au bout de quelques semaines.

Le premier accroc survient à peine une poignée de minutes plus tard : Auchan veut la prendre en photo, pour l’afficher en grand au sein du magasin, en tant que productrice locale. Marie-Odile Smets refuse. Les commandes arrivent alors… mais au compte-gouttes : « C’était environ 300 yaourts toutes les trois semaines. Autant dire presque rien. » Quelques mois plus tard, les commandes s’arrêtent tout simplement, sans que la productrice en soit informée. Contactée, l’enseigne affirme avoir arrêté ses commandes parce que les yaourts ne trouvaient pas preneurs. Marie-Odile Smets a une autre explication : « Ce qui les intéressait, c’était mon image. Mais ce n’est qu’une vitrine : les consommateurs ne savent pas du tout quels volumes sont réellement commandés aux producteurs. »

Le « producteur local », nouvelle effigie de la grande distribution

« Historiquement, la grande distribution a toujours proposé une offre locale, constate Yuna Chiffoleau, directrice de recherches à l’Inra. Mais pendant longtemps, elle ne l’a pas mise en avant. » Au contraire, la grande distribution a même été épinglée pour la pression qu’elle a longtemps infligée aux plus petits fournisseurs. Maraîcher, Michel Denis [1] a travaillé de 2000 à 2007 avec la grande distribution : Intermarché, Aldi, Auchan, Lidl et Leclerc. À l’époque les relations, peu protégées par la loi, étaient rudes. Avec Leclerc notamment : « Je livrais quotidiennement 100 colis de salades. Quand le magasin ne les vendait pas, le lendemain il me remettait les colis et refusait la nouvelle livraison. » Résultat : l’agriculteur rentrait parfois chez lui avec ses 200 colis de salade, non payés évidemment. Interrogé, le groupe Leclerc n’a pas répondu à nos questions.

Devant les abus de la grande distribution, l’État a progressivement mis son nez dans les négociations. De la loi Galland en 1975 à la loi Hamon en 2014, les textes ont tenté d’apporter un peu plus de protections aux producteurs. Les pratiques abusives, décriées et médiatisées, ont commencé à faire du tort aux différents groupes. « Sous la pression des consommateurs, la grande distribution a voulu montrer une image plus présentable, raconte Yuna Chiffoleau. D’où une débauche de marketing, affirmant que les producteurs viennent de moins loin et sont mieux traités. C’est donc un peu vrai : la grande distribution achète l’image de ces producteurs. En échange de leurs photos, ou de prestations en magasins, ils sont en général un peu mieux payés que ceux qui passent par des centrales d’achat. »

Il ne faut pourtant pas s’y tromper : derrière la poignée de producteurs locaux, une forêt d’exploitants sont moins bien lotis. « Contrairement à ce que les distributeurs laissent entendre, poursuit Yuna Chiffoleau, les producteurs mis en avant ne sont pas si « petits » ! Ils travaillent plutôt sur des exploitations moyennes ou grande, car la distribution leur demande quand même de faire du volume. » Évidemment, les grandes marques ont tout intérêt à raconter l’histoire des petits producteurs, plus soucieux de l’environnement. « Il y a confusion dans l’esprit du public, note Yuna Chiffoleau. Selon une étude de l’Inra, 50% des consommateurs interrogés sont persuadés que « circuit court » équivaut forcément à “agriculture biologique”. Or la grande majorité des producteurs qui fournissent la grande distribution travaille encore avec des pesticides et des produits chimiques ! » [2]

Une agence de com’ spécialisée

Un enjeu d’image que des magasins comme Leclerc ont bien compris : l’enseigne réputée pour sa sévérité à l’égard de ses fournisseurs consacre un site internet entier, et une myriade de vidéos scénarisées, à ses partenariats avec des producteurs locaux. L’enseigne revendique ainsi « plus de 10 500 partenariats de proximité entre producteurs et magasins Leclerc ! ». Y voyant un nouveau filon, une agence de communication s’est spécialisée dans le local, et en a tiré son nom : « Producteurs locaux ». Des ralentis sur les visages burinés des agriculteurs aux gros plans sur une miche de pain : vidéos et photos font la promotion des partenariats entre magasins et producteurs. L’agence accompagne depuis 2007 les magasins Leclerc, Carrefour, Monoprix, Système U et Intermarché dans leurs velléités de développement du « local ».

Tout est dit ou presque sur leur site internet : « Provoquez la rencontre entre producteurs et consommateurs, stimulez les émotions (…) et retrouvez cette ambiance de marché, de proximité et d’échanges uniques. Une manière originale de renforcer l’attractivité de vos rayons en y créant une ambiance de halles traditionnelles. » Au supermarché comme à la ferme ? Pour que les clients oublient où – et chez qui – ils se trouvent, les grandes enseignes ont mis les petits plats dans les grands. Et le phénomène dépasse les seuls rayons estampillés « producteurs locaux ». Aujourd’hui, le circuit court s’affiche sur les devantures de magasins entiers.

Des grandes enseignes à l’assaut du « circuit court »

O’tera, Frais d’ici, Prise direct’ : les noms sont encore confidentiels, mais pas forcément pour très longtemps. Frais d’ici a ouvert un magasin en 2014 près de Toulouse, et en compte aujourd’hui cinq. Cinq magasins aussi pour O’Tera, mais deux nouvelles ouvertures prévues en région parisienne en septembre 2018. L’enseigne ne compte pas s’arrêter là. Leurs points communs : un attrait pour les produits locaux… mais aussi leur appartenance à de grands groupes de distribution. Frais d’ici est la propriété du mastodonte InVivo, premier groupe coopératif du pays. Prise direct’ est aussi la propriété d’un géant de l’agro-industrie, Advitam. Quant à O’tera, son fondateur Matthieu Leclercq appartient à la galaxie familiale des Mulliez, les propriétaires d’Auchan… Il est aussi à la tête de Décathlon. Pas vraiment un nouveau venu de la grande distribution. Pour ces commerces, la clé, c’est avant tout de faire oublier leurs origines, et de jouer avec les codes du terroir.

Exemple avec O’tera, implanté dans le Nord-Pas-de-Calais depuis dix ans et connu pour son slogan à rallonge, affiché en étendard sur les devantures : « Démocratisons les bienfaits des circuits-courts ». Dans ces grandes surfaces d’un nouveau genre, on promet plus de 60% des produits « en circuits-courts »« Nous sommes transparents vis-à-vis de nos clients, se félicite Guillaume Steffe, le directeur général d’O’tera. Grâce à nos fiches explicatives, ils savent quels produits sont achetés en circuit court. Cela dit, nous ne sommes pas un magasin de producteurs, nous sommes d’abord des commerçants. Et c’est très clair pour nos clients. »

L’identité du magasin est-elle si claire ? Ce dimanche matin justement, la fête annuelle des producteurs bat son plein au O’tera de Villeneuve d’Ascq (Nord). Entre les dizaines de petits lapins, le cochon, et la paille qui envahit les lieux, on se croirait presque dans une ferme. Surtout si l’on écoute les clients. Dans le caddie de Sylvie, des laitues, des yaourts… mais aussi des bananes, pas vraiment le produit le plus local qui soit : « Je viens ici d’abord pour la qualité des produits. Mais le cadre est aussi important. J’adore le côté fermier. Surtout, c’est un magasin détaché de la grande distribution, entièrement tourné vers les producteurs. C’est un acte engagé de venir ici. » D’autres clients assurent qu’ici, l’ensemble des produits est acheté directement aux producteurs, ou qu’ils sont exempts de pesticides. Autant d’impressions entretenues par le cadre champêtre, et le sourire des producteurs derrière leurs stands.

« On nous prend toutes nos idées, tous nos codes »

Au delà des clients, bien intentionnés mais bercés à grand coup de recettes marketing, l’offensive de la grande distribution fait d’autres victimes : certains « magasins de producteurs », qui sont eux réellement détenus et gérés par des producteurs agricoles. Parmi eux, Talents de fermes. Le magasin fondé par une demi-douzaine d’agriculteurs s’est ouvert il y a quatre ans à Wambrechies, à une dizaine de kilomètres de Lille. Une seule variété par type de légume, des produits disposés horizontalement, les photos des producteurs un peu partout : mise à part la présence permanente de producteurs pour assurer la vente, pour un client lambda, peu de choses différencient Talents de fermes de son concurrent O’Tera. C’est ce qui provoque la colère, aujourd’hui, d’Isabelle Ruhant, maraîchère bio membre du magasin : « Il y a de plus en plus de clients qui disent : « Tiens, c’est un magasin comme O’Tera » ! Et c’est un peu difficile de leur faire comprendre que ça n’a rien à voir. On a l’impression qu’on nous prend toutes nos idées, tous nos codes. »

suite et fin 

 
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Publié par le 29 mai 2018 dans général, société

 

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JT de l’or – Comment les autorités procèdent pour créer une nouvelle crise ?

« Je vous explique pourquoi certains ont décidé de créer une nouvelle crise. Non en fait je ne sais pas pourquoi, mais je sais comment ils vont s’y prendre… Celui qui achète aujourd’hui des actions en bourse est SUICIDAIRE ! L’Or anticipe déjà l’insolvabilité du système. ATTENTION, surveillez bien l’évolution de la courbe des taux d’intérêt car c’est la clé de tout ce qui va se passer ! »

 
 

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L’iPhone collecte vos données, voici comment vous protéger

L'iPhone collecte vos données, voici comment vous protéger

Prêt à acquérir un nouvel iPhone? Il est nécessaire de prêter une attention particulière aux paramètres de confidentialité, car le système suit vos déplacements, recueille vos données privées, et tout cela peut tomber entre des mains malintentionnées. Sputnik passe en revue les moyens de protéger votre vie privée sur ces portables.

En 2018, toute notre vie réside dans notre smartphone: contacts, fichiers privés, accès aux informations bancaires… De plus, les smartphones sont capables de recueillir vos données biométriques, telle que votre empreinte digitale ou les traits de votre visage.

Suite à la présentation de l’iPhone X, doté de la reconnaissance faciale, quelques utilisateurs tirent la sonnette d’alarme, et pour une bonne raison. Plusieurs révélations ont été faites à propos des géants des technologies, comme Google, qui recueillent secrètement les données de leurs utilisateurs.

«De nombreuses agences de renseignement du monde entier mettent en garde la population contre les téléphones chinois. Certains alertent contre un malware espion, d’autres préviennent de l’envoi de données personnelles en Chine. Je ne sais pas ce qu’ils peuvent faire avec ça, mais je peux dire avec certitude que Google et Apple collectent des données utilisateur et les envoient en Amérique», a tweeté un utilisateur concerné.

Même en utilisant les produits d’Apple, il est possible de prendre des mesures pour mieux protéger sa vie privée. Sputnik a jeté un œil sur les dernières révélations au sujet de la collecte des données personnelles par Apple et présente des astuces pour la contourner.

Les applications iPhone peuvent photographier à notre insu?

En octobre dernier, un employé de Google et spécialiste du code iOS, Felix Krause, a jeté un sérieux doute sur les derniers smartphones d’Apple dans un article sur son blog. Il affirme qu’après qu’une application reçoit l’autorisation d’accès à l’appareil photo de l’iPhone, elle peut le solliciter sans le consentement du propriétaire.

Afin de prouver la véracité de ses propos, il a monté une vidéo de démonstration. Dans celle-ci, il crée un faux réseau social qui obtient un accès illimité aux prises de vues.

N’importe quelle application, que cela soit un réseau social ou un service de messagerie, peut accéder aux caméras avant et arrière, prendre photos et vidéos sans le signaler lorsque l’appli tourne en tache de fond et les publier ou les stocker automatiquement en ligne, raconte le spécialiste.

La dernière version iOS 11 soulève aussi des questions: doté de la reconnaissance faciale, l’appareil photo de l’iPhone X peut même, selon l’ingénieur, lancer une analyse du visage.

Afin de solutionner ce problème, M. Krause a suggéré plusieurs options à la marque à la pomme: ne donner qu’un accès temporaire à l’appareil photo, créer une fonction qui signale en permanence que la caméra est active, ajouter une petite LED près des capteurs afin de montrer qu’ils sont actifs.

Quelle solution pour les utilisateurs? C’est en fait assez simple: ne donnez pas toutes les permissions proposées aux applications. Pour les photographies, utilisez uniquement des applications intégrées, leurs capacités à obtenir des images et des vidéos de haute qualité sont suffisantes. De plus, le spécialiste conseille de couvrir l’appareil photo et de ne le découvrir que lorsque vous avez besoin de l’utiliser.

Apple de mèche avec Uber?

L’application iPhone d’Uber a obtenu  un accès secret à de puissantes fonctionnalités d’Apple. En 2017, des chercheurs en sécurité informatique ont rapporté à Gizmodo qu’Apple aurait donné accès à Uber à l’écran des smartphones des utilisateurs. Pour quelle raison? Le but serait d’améliorer l’application Uber pour l’Apple Watch.

«Il semblerait qu’un autre développeur tiers ait obtenu l’accès à ce genre de données très sensibles. Au vu des problèmes passés d’Uber quant au respect de la vie privée, je suis très curieux de savoir comment ils ont convaincu Apple de leur laisser cet accès», a déclaré l’un des chercheurs, Will Strafach, soulignant qu’obtenir une telle permission reste très rare.

Suite aux informations publiées sur Gizmodo, Uber s’est empressé de mettre les points sur les i. La société a informé Business Insider que le code de l’application qui permettait cet accès n’était pas encore utilisé et qu’il constitue surtout une trace qui remonte à une ancienne version de l’application destinée à l’Apple Watch.

Même si l’intention est, semble-t-il, tout à fait honorable, il y a matière à s’inquiéter. Que se passerait-il si un hacker prenait le contrôle d’Uber? Il pourrait alors, en théorie, enregistrer tout ce qu’il y a sur l’écran des utilisateurs de l’application sur iPhone.

«Every step you take, I’ll be watching you»

De plus, Apple recueille des informations sur votre sexe et votre nationalité, sur les livres que vous lisez et la musique que vous écoutez. La société est intéressée par votre localisation, le type d’appareil, même votre nom, adresse et âge, et, en général, tout ce que l’on peut apprendre sur vous via votre mobile.

Pas de panique! Les services d’Apple fonctionnent comme les moteurs de recherche, qui collectent vos données sous forme impersonnelle pour pouvoir mieux cibler les publicités qui vous sont envoyées. Ces informations peuvent à la fois être utilisées par Apple et par des tiers, raconte le Laboratory Kaspersky, mais sans pouvoir isoler les données individuelles d’une personne. Dans la section des paramètres, il est possible d’éteindre cette fonctionnalité et d’effacer les données déjà recueillies.

Quant aux services de géolocalisation, ils suivent les déplacements dans l’espace. Apple utilise ces données pour la prévision météorologique et calculer les trajets sur Apple Maps ou Google Maps. Votre service de géolocalisation est déterminé par les données des stations de base, des points d’accès Wi-Fi et des satellites GPS. Dans le même temps, la fonction de géolocalisation utilise activement la charge de la batterie.

Vous pouvez activer ou désactiver l’utilisation des données de localisation pour chaque application individuellement. Décidez simplement quels programmes n’ont absolument pas besoin de savoir où vous vous trouvez et bloquez leur cet accès.

De plus, si vous ne savez pas pourquoi l’application accède à votre caméra, microphone ou photos, essayez de l’éteindre et regardez si quelque chose change dans le fonctionnement de l’appli. Vous pourrez toujours rétablir l’accès si l’application ne peut pas fonctionner correctement.

 

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Comment les Suédois se préparent à la guerre

 
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Publié par le 18 janvier 2018 dans général, Guerre - 3e guerre mondiale

 

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Comment les géants de la malbouffe ont sapé l’étiquetage nutritionnel

Comment les géants de la malbouffe ont sapé (et continuent à saper) l’étiquetage nutritionnel

La France a finalement adopté, après une bataille de lobbying aux multiples rebondissements, un système officiel d’étiquetage nutritionnel des aliments, le NutriScore, avec pour objectif de commencer à lutter contre la malbouffe et ses impacts sanitaires. Mais les géants de l’agroalimentaire comme Mars, Nestlé et Coca-Cola ont réussi à obtenir que ce système reste facultatif et manoeuvrent aujourd’hui pour imposer un système d’étiquetage qu’ils ont eux-mêmes conçus, bien plus favorables à leurs intérêts.

C’est l’une de ces batailles de lobbying qui n’en finissent jamais, sans doute parce qu’elles touchent trop directement au coeur du modèle commercial de puissantes multinationales, et mettent ainsi en cause les profits mirobolants que celles-ci accumulent depuis des décennies. Tout comme avant eux les géants du tabac, et aujourd’hui les géants du pétrole, les géants de l’agroalimentaire refusent de voir questionné le modèle alimentaire qui fait leur prospérité, à coups de calories, de sucre, de sel et de gras, malgré sa faible qualité nutritive et ses impacts en termes de santé publique.

Pour les limiter les dégâts, un outil simple a été mis en place par plusieurs pays : l’« étiquetage nutritionnel ». Rien de révolutionnaire : il s’agit simplement d’informer le consommateur sur la qualité des produits offerts au moyen d’un système de couleurs allant du vert pour les aliments les plus nutritifs au rouge pour ceux de moindre qualité. Une mesure de bon sens, soutenue par l’essentiel de la communauté scientifique, qui a été proposée au niveau européen, puis en France. Dans les deux cas, elle s’est heurtée à un véritable tir de barrage de lobbying. Selon l’ONG Corporate Europe Observatory, l’industrie agroalimentaire a ainsi dépensé au moins un milliard d’euros en lobbying à Bruxelles pour faire échouer le projet, avec succès puisque les institutions européennes ont renoncé à tout système contraignant.

Lobbying tous azimuts

En France, l’affaire a illustré la multiplicité des moyens et des relais dont disposent les industriels pour combattre une réforme qui ne leur plaît pas. La bataille a été coordonnée par l’Ania (Association nationale des industries alimentaires), principal lobby du secteur, qui a dénoncé dans les projets d’étiquetage nutritionnel du ministère de la Santé, jugés trop « stigmatisants », une atteinte au patrimoine gastronomique français… En réalité, ce sont surtout les aliments transformés industriels qui risquent de se voir apposer une étiquette rouge. Les journalistes de l’émission télévisée Cash investigation ont pu pénétrer, caméra cachée, au cœur d’une réception du « club parlementaire de la Table française », organisée par les industriels pour porter le message auprès des députés et sénateurs ; ils ont pris le sénateur Michel Raison en flagrant délit de connivence avec l’Ania, grâce à un micro-cravate oublié [1]. Avec l’aide de l’association Regards citoyens, ils ont également identifié une série d’amendements rédigés par l’Ania et repris tel quel par plusieurs parlementaires. Parallèlement, le groupe Carrefour tentait une manoeuvre de contournement en mettant en place unilatéralement son propre système d’étiquetage nutritionnel, évidemment bien moins « stigmatisant » que celui envisagé par les pouvoirs publics (lire notre article).

Les industriels – qui ne se sont pas privé d’attaquer personnellement les scientifiques qui avaient conçu le système d’étiquetage retenu par le ministère de la Santé, à commencer par le professeur Serge Hercberg – ont finalement obtenu, grâce à une intervention inédite du ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, la mise en place d’un test « grandeur nature » avec plusieurs systèmes d’étiquetage possibles – celui du ministère de la Santé, mais aussi d’autres conçus par les industriels eux-mêmes [2]. Un test qui a en outre été piloté par des structures étroitement liées à l’Ania, avec une majorité d’experts ayant des liens avec l’industrie ou la grande distribution, selon l’analyseréalisée par Stéphane Horel pour Le Monde. L’expérimentation, qui s’est achevée en décembre 2016, a logiquement été qualifiée de « mascarade » par l’association foodwatch. La ministre de la Santé d’alors, Marisol Touraine, a néanmoins fini par officialiser en mars 2017 le choix du système retenu initialement par ses services. Il aura fallu trois ans. Mais ce choix devait ensuite être validé par la Commission européenne.

Une victoire pas encore acquise

Au final, ce n’est donc que le 31 octobre dernier que la France a enfin acté la création de son système d’étiquetage nutritionnel, le NutriScore. Un système désormais officiel, mais qui reste facultatif, grâce au travail de sape des lobbys. Des grands noms de la grande distribution (Auchan, Intermarché…) et de l’alimentation (Danone, Fleury Michon…) se sont néanmoins engagés à l’utiliser.

Une victoire au moins partielle, donc, pour les défenseurs de la santé publique ? C’était sans compter sur l’obstination des géants de l’agroalimentaire. L’association de défense des consommateurs UFC Que choisir a en effet publié un courrier diffusé par Alliance 7 – l’association professionnelle représentant les producteurs de biscuits, de bonbons et de céréales pour petit déjeuner – incitant à ses adhérents à refuser le NutriScore officiel et à choisir un système d’étiquetage alternatif, le « NutriCouleurs », développé par les grandes multinationales du secteur, Coca-Cola, Nestlé, Mars, Mondelez, Pepsico et Unilever.

Principal avantage du NutriCouleurs pour les industriels : il utilise 5 couleurs, une par catégorie de nutriments (calories, sucre, sel, matières grasses, acides gras saturés), au lieu d’une seule globale pour le NutriScore. Ce qui compliquera la vie du consommateur – d’autant que les informations sont présentées par « portion », une notion extrêmement vague, et non par 100 grammes comme pour le NutriScore – tout en permettant d’afficher un peu de vert même pour un aliment présentant des fortes teneurs en sel ou en sucre. Les seuils retenus pour passer d’une couleur à l’autre ne sont même pas rendus publics. Serge Hercberg et Chantal Julia, membres de l’équipe de recherche qui a mis au point le NutriScore, ont fait l’exercice de comparer ce que donneraient les deux systèmes d’étiquetage sur un même produit, une barre chocolatée Twix (produite par Mars) : dans le NutriScore, elle se voit affublée d’une étiquette rouge, tandis qu’avec le NutriCouleurs cette étiquette pourrait passer miraculeusement… à l’orange.

Selon les calculs des deux scientifiques, les multinationales qui ont conçu le NutriCouleurs sont aussi celles qui vendent le plus de produits de faible qualité nutritionnelle : « Pour le groupe Mars, 100 % des aliments de la firme figurant sur Open Food Facts sont classés en orange ou en rouge ; pour Mondelez, c’est 86 % de leurs produits présents dans la base ; 55 % pour Nestlé ; 54 % pour Coca-Cola ; 52 % pour Unilever et 46 % pour PepsiCo. » CQFD. (source)

 
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Publié par le 4 janvier 2018 dans général, Nouvel ordre mondial, Santé - nutrition

 

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