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Des chercheurs montrent comment les champs magnétiques affectent les humains

Les champs magnétiques qui se multiplient dans notre environnement interagissent avec les champs magnétiques humains (coeur, cerveau ..) et produisent une stimulation de tissus excitables (système nerveux et muscles) pour les plus basses fréquences, à l’échauffement des tissus . De nombreuses études et autres révélations (par exemple ici) dans des articles que j’ai relayé montrent que les ondes électromagnétiques représentent un risque de dommages graves et irréversibles (des cancers, notamment) pour la santé humaine. Elles sont désormais classées par l’OMS dans la « catégorie 2B », qui est celle des agents cancérogènes possibles pour l’homme. Mais voilà, on applique pas le principe de précaution alors qu’en l’état des connaissances actuelles, la question ne devrait même pas se poser ….  Z

Jusqu’à maintenant, on ne savait pas comment les champs électromagnétiques (lignes haute tension, WiFi, 3G, 4G, etc.) influençaient le fonctionnement des mécanismes biologiques. Une équipe de chercheurs de Sorbonne Université vient de montrer comment ces champs magnétiques affectent les humains.

Voilà la conclusion qui vient d’être publiée dans le magazine Plos Biology du 2 octobre : les champs magnétiques ont des effets biologiques, induisant la production de toxines. L’équipe de chercheurs de l’université française a mis en évidence le rôle clé d’une molécule dans ce processus, le cryptochrome.

Les cryptochromes, ce sont des protéines présentes chez les organismes vivants comme les plantes et les animaux. Ce sont des pigments récepteurs de lumière bleue qui interviennent dans de nombreux processus (croissance, développement…) liés au cycle circadien (jour/nuit). Les scientifiques avaient déjà prouvé leur rôle dans la perception du champ magnétique chez les végétaux (CNRS).

L’équipe de scientifiques de Sorbonne Université vient de prouver que les champs magnétiques créent des dysfonctionnements du métabolisme de l’oxygène qui sont à l’origine de la production accrue d’espèces chimiques très réactives appelées « espèces réactives de l’oxygène ». Ces dommages oxydatifs au niveau des macromolécules biologiques (ADN, lipides, protéines) peuvent malheureusement considérablement perturber la machinerie cellulaire. À faible concentration par contre, le champ magnétique peut stimuler le système de défense des cellules pour réparer l’ADN ou détruire cet oxygène oxydatif.

Les expériences menées par l’équipe de Sorbonne Université

Les expériences de Sorbonne Université ont été menées sur des drosophiles : naturellement, les larves de ces petites mouches évitaient les zones où un champ de 2 milliteslas environ (40 fois celui de la Terre) était appliqué. Mais ce n’était pas le cas des larves qui étaient dépourvues de cryptochromes. Ils ont également créé des insectes mutants pourvus de crytochromes humains. Sur ces derniers, ils ont observé de la production d’oxygène radicalaire.

Ces résultats vont d’ailleurs pouvoir être répliqués par d’autres scientifiques, ils permettent également de mieux comprendre les effets de la magnétothérapie. Cette thérapie fait appel aux aimants pour soigner certaines affections. David Larousserie, journaliste au Monde, nous rappelle qu’il n’y a rien de choquant à dire que des champs magnétiques ont des effets biologiques.

« Selon nos résultats, nous ne pouvons pas ignorer les réponses cellulaires à des champs magnétiques induits par les appareils électriques dans l’environnement (…) Mais nous ne pouvons dire pour l’instant si ces ondes sont dangereuses pour les individus. », explique Rachel Sherrad au Monde.

D’ailleurs, il est peu probable que le cryptochrome agisse seul, il n’est peut-être pas directement sensible aux champs magnétiques. Une autre façon de voir les choses est de se dire que nous sommes dotés d’un sixième sens : celui de percevoir les champs magnétiques.

Aux dernières nouvelles, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) constate qu’il n’y a pas d’évidence d’effets sanitaires avérés des radiofréquences.

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Publié par le 18 octobre 2018 dans général, Santé - nutrition, Sciences, société

 

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Comment les gens sont facilement contrôlés par les tyrans

« Plus que tout, les tyrans veulent une population apathique » : hé bien ils sont servi !!! Z

La question se pose souvent dans les cercles du mouvement de la liberté de savoir comment nous en arrivons au point d’une tyrannie totale au sein d’une société. De nombreux facteurs déterminent ce résultat, mais à travers tous les différents systèmes totalitaires de l’histoire, il existe des dénominateurs communs – des éléments qui doivent être présents pour que les tyrans l’emportent. Lorsque nous pouvons identifier ces éléments communs de manière objective, nous rendons beaucoup plus difficile l’enracinement de ces structures despotiques.


C’est une question très complexe, mais je vais la décomposer du mieux possible…

La psychologie du tyran

Pour comprendre comment les tyrans contrôlent la société, nous devons d’abord examiner comment l’esprit d’un tyran fonctionne, car ces personnes ne pensent pas dans la plupart des cas comme pensent les êtres humains moyens. C’est l’un des rares cas où j’encouragerais les gens à « altériser » un autre groupe. Les tyrans sont psychologiquement anormaux à un point tel qu’il est difficile de les classer comme humains.

Je crois que la clé pour comprendre les motivations des tyrans et l’origine de ces gens repose sur notre compréhension de la sociopathie narcissique. J’ai beaucoup écrit à ce sujet dans mon article « Les élites globalistes ne sont pas humaines », donc je vais seulement en faire un résumé ici.

Les traits narcissiques et sociopathiques, comme beaucoup de traits psychologiques, sont innés. Ils sont présents chez environ 5% à 10% des personnes dans toute une société à un moment donné. Dans la grande majorité des cas, ces traits demeurent « latents » et n’affectent pas beaucoup les actions ou les relations d’une personne. Dans une minorité de cas, cependant, le narcissisme et la sociopathie deviennent les facteurs déterminants du psychisme d’une personne. Cela se produit chez moins de 1% de la population.

Pour être clair, tous les narcissiques ne sont pas des sociopathes et tous les sociopathes ne sont pas narcissiques. Il y a des gens qui sont des narcissiques de bas niveau qui excellent dans la société et qui conservent une conscience. Il y a des sociopathes de bas niveau dans la société qui remplissent des fonctions importantes dans des carrières que les personnes empathiques trouveraient difficiles, comme certains emplois dans l’armée ou dans le domaine médical. Je parle ici de sociopathes narcissiques de HAUT NIVEAU le genre de personnes qui deviennent des meurtriers, des violeurs, des pédophiles et, oui, des tyrans.

Un narcissique sociopathe n’est motivé que par un désir personnel. Il est incapable d’empathie pour les autres et considère les gens comme une sorte de source de nourriture et de carburant plutôt que comme des compagnons de route dans la vie. Il considère son manque de conscience comme un avantage évolutif ; un outil qui l’aide à survivre et à prospérer en piétinant, volant, manipulant et tuant si nécessaire sans culpabilité ni regret.

On pourrait penser que ces créatures seraient faciles à repérer dans une foule, mais ce n’est pas toujours aussi simple. Elles ont la capacité d’imiter les comportements de ceux qui les entourent afin de paraître plus humaines. Parfois, cela les trahit parce qu’elles ne peuvent s’empêcher de faire le perroquet ou de plagier les comportements et les manières des gens qu’elles rencontrent au point de rendre leur comportement visible. Pour ceux qui n’ont pas d’expérience avec les sociopathes narcissiques, cependant, la tactique fonctionne pendant un certain temps, parce que les gens pensent voir quelqu’un comme eux ; un reflet. Imaginez-le comme un mécanisme de survie, comme un caméléon.

Pour certains tyrans, cette capacité les rend attachants aux yeux du public pendant un certain temps. Ils peuvent être beaucoup de choses pour beaucoup de groupes, et leur capacité à mentir de façon convaincante est exceptionnelle. Ils grimpent rapidement les échelons du succès et construisent des systèmes qui leur permettent de prospérer. Mais ils ont des doutes et des faiblesses.

Dans la plupart des cas, ils sont lâches. Ils préfèrent obtenir ce qu’ils veulent par la subversion et la supercherie, et ils fuient la confrontation directe. Ils préfèrent utiliser d’autres personnes (des idiots utiles) comme armes ou boucliers plutôt que de risquer de se mesurer à leurs adversaires idéologiques. En tant que parasites, ils se concentrent sur les faibles d’esprit ou les personnes fragiles.

Ils veulent désespérément l’admiration des gens qu’ils victimisent. Par conséquent, ils sont constamment forcés de jouer des rôles afin de paraître normaux. Ils n’aiment pas ça. Ils ont l’impression que c’est au-dessous de leur statut que de se laisser aller à la pitié, et ils sont convaincus qu’ils devraient être vénérés pour ce qu’ils sont, et non pour l’image frauduleuse qu’ils ont construite. Ils veulent « sortir du placard », dans un sens, comme un sociopathe narcissique, mais s’ils le font dans un climat social stable, ils seront rejetés ou brûlés sur le bûcher. Ils se regroupent parfois pour se protéger et sont prêts à travailler ensemble tant qu’il y a un avantage mutuel.

Ainsi, ces « gens » cherchent à créer le chaos, puis à réorganiser la société pour agir davantage comme ils agissent, ou penser davantage comme ils pensent. Quand les masses ont été convaincues d’abandonner leur conscience, alors les monstres peuvent sortir à la lumière du jour sans crainte.

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Voici comment ils atteignent cet objectif et comment les gens ordinaires les aident à le réaliser…

Fausses hypothèses

Presque toutes les mauvaises situations commencent par de fausses hypothèses fondées sur des préjugés plutôt que sur des faits ou des preuves. L’hypothèse la plus dangereuse quand il s’agit de tyrannie est de dire « nous avons raison, donc nous ne soutenons pas la tyrannie ». La question qu’il faut se poser, cependant, est de savoir si notre cause est vraiment si « juste » en se basant sur les faits. Si la réponse est « non », alors vous allez probablement alimenter un système tyrannique.

D’abord et avant tout, beaucoup d’êtres humains veulent avoir « raison » plus qu’ils ne veulent être exacts. C’est-à-dire qu’ils sont heureux de « gagner » sur des arguments et autour de conflits, que la vérité soit de leur côté ou non. Ce biais est à l’origine de nombreuses catastrophes de l’histoire.

Cela ne veut pas dire qu’ils n’ont pas de conscience. En fait, la plupart des gens ont une conscience qui leur dit que leurs suppositions sont fausses, mais ils peuvent quand même commettre des actes stupides et des atrocités. C’est là que les manipulateurs tyranniques ont tendance à les aider.

Les tyrans trouvent un grand plaisir à créer toutes sortes de sophismes logiques, de gymnastique mentale et d’arguments vendeurs moralement relatifs afin de convaincre un groupe de personnes que leurs idées fausses sont fondées. La vérité devient brumeuse et les preuves deviennent inutiles. Dans cet état d’esprit, lorsque les individus se fondent dans une foule, les suppositions deviennent des diktats sectaires et « gagner » devient primordial. Les fausses suppositions et les préjugés peuvent être utilisés pour transformer des gens normaux en monstres, tout cela parce qu’ils ont refusé d’accepter que leur position idéologique est erronée ; tout cela parce qu’ils avaient peur de se sentir gênés ou d’admettre s’être fait avoir.

Fausser la prise de position

Le fait de prendre parti dans le discours politique est naturel et normal. Même lorsque les gens sont tout à fait honnêtes sur les faits et s’entendent sur les principes de base de la décence humaine et de la liberté, ils ne s’entendront pas toujours sur les solutions qui devraient être utilisées pour régler les problèmes auxquels ils sont confrontés. Cela crée un éventail de pensées au sein de la société qui est toujours présent ; on ne peut ni changer cela ni l’éviter. Les tyrans comprennent la base de cet éventail et essaient de l’utiliser à leur avantage pour manipuler les gens afin de les éloigner du discours réfléchi et de les amener à des conflits insensés.

Les tyrans exploitent les masses plus facilement quand les gens supposent que les dirigeants politiques et sociaux corrompus travaillent pour « leur côté » contre « l’autre côté ». Souvent, ces dirigeants peuvent être achetés ou menacés de soumission. Les tyrans s’en servent ensuite pour pousser les supporters des différentes opinions jusqu’aux extrêmes opposés, jusqu’à ce que les deux camps adoptent une attitude de fanatisme.

Cela se produit non seulement en politique, mais aussi en géopolitique, alors que des nations entières sont poussées à se faire la guerre par des présidents et des gouvernements fantoches pour des conflits techniques qui ne profitent qu’à la cabale des tyrans derrière le rideau.

Fanatisme et faux récits

Je considère la fanatisme comme une sorte de maladie psychologique qui est en fait transmissible – elle se propage comme un virus à travers une culture jusqu’à ce que tout le monde soit infecté. Le zèle arrive lorsqu’une personne embrasse une idéologie au point de la laisser se substituer à sa personnalité et son âme, et qu’elle n’est plus capable de penser clairement en tant qu’individu. Cela inclut la possibilité qu’elle soit du mauvais côté de l’histoire et de la morale.

Le fanatisme à l’échelle de la masse dépend d’un certain nombre de dominos successifs. La menace de l’effondrement de la société civile et des souffrances économiques aident. Les opposants idéologiques doivent être présentés comme une menace imminente et vile pour le tissu même de la société. Dans certains cas, il s’agit d’une menace réelle et créée (opposition contrôlée) ; dans d’autres cas, il s’agit d’un tigre de papier destiné à pousser un autre groupe à soutenir des mesures tyranniques.

Les tyrans construisent de faux récits. C’est ce qu’ils font de mieux. Ils encouragent les gens à devenir des méchants sans le savoir, ou ils accusent des groupes innocents de méchanceté afin de semer la division. Ils ont besoin que toutes les parties voient les autres comme un allié ou un ennemi. Il n’y a pas d’entre-deux. Si une personne ne se conforme pas à l’opinion du fanatique, elle doit être immédiatement traitée comme une menace. Cela provoque une chambre d’écho sans fin qui détruit toute dissidence ou désaccord, aussi rationnel soit-il.

Les fanatiques opèrent principalement par peur, ce qui en fait des proies faciles pour les tyrans. Et comme l’a dit un intello quelque part : « La peur est le tueur de l’esprit ; la peur est la petite mort qui efface tout. »

Apathie et faux espoirs

Plus que tout, les tyrans veulent une population apathique. L’apathie engendre la complaisance et l’inaction, et elle encourage également la pensée délirante. Les personnes apathiques ont tendance à considérer la philosophie du pacifisme comme un moyen de revendiquer leur propre comportement, mais ce n’est qu’un masque conçu pour cacher leur peur. Elles peuvent craindre la souffrance, elles peuvent craindre la perte, elles peuvent craindre l’échec, mais elles ont certainement peur, et cela les empêche de s’opposer à des développements dont elles savent qu’ils sont mauvais par nature et qui exigent une réaction agressive.

L’apathie peut aussi être introduite dans une société par l’utilisation de faux espoirs. Les tyrans évoquent des scénarios dans lesquels le public est amené à croire qu’un « changement » positif est sur le point de se produire, généralement par la politique. Mais, il n’y aura pas de changement pour le mieux au-delà de la cosmétique. Les choses ne font qu’empirer. Dans ce processus de conditionnement, les tyrans soulèvent les espoirs des masses, puis les anéantissent encore et encore, jusqu’à ce que le public abandonne.

Le problème n’est pas que les choses ne peuvent pas changer pour le mieux, mais que le public continue à jouer selon les règles d’un jeu fabriqué par les gens mêmes qui causent leur misère. Sortir des contraintes de ce jeu nous oblige à prendre les choses en main plutôt que d’attendre que les autres fassent des changements pour nous. Il faut prendre des risques. Si la farce de la tyrannie doit finir un jour, tous les gens éveillés et conscients devront prendre de nombreux risques.

J’ai entendu dire que la tyrannie est un produit naturel et inévitable de la société humaine. Que les tyrans ne peuvent être évités, qu’ils existeront toujours et que toute tentative de les éliminer ne fera que les remplacer par d’autres tyrans. C’est le sommet de l’état d’esprit pathétique. C’est le sombre vide du nihilisme.

On pourrait aussi dire qu’il ne sert à rien de se laver soi-même parce que nous allons nous salir à nouveau demain. Mais ces gens finiraient par mourir de maladie. Si la tyrannie est une constante humaine, alors la rébellion doit aussi être une constante humaine, sinon, l’humanité mourrait ou se transformerait en quelque chose de méconnaissable.

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Publié par le 17 octobre 2018 dans général, Nouvel ordre mondial, société

 

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Comment l’armée américaine veut «hacker» le cerveau de ses soldats

L'exosquelette Talos présenté par l'armée américaine en 2016.

CNN

Les médias ont toujours 20 ans de retard sur les nouvelles technologies que développent les armées, notamment celle des US . Les armées ne dévoilent pas ces technologies afin de préserver tout leurs avantages pour des raisons stratégiques évidentes, notamment en temps de guerre . Vous pouvez considérer que ces technologies existent déjà depuis belle lurette . Les technologies que développe l’armée atterrissent ensuite dans la société civile . Par exemple on parle ici de transfuges de la Darpa vers Neuralink : quand Elon Musk prétend que « Si votre être biologique meurt, vous pourrez être uploadé dans une nouvelle unité » vous pouvez être certain que c’est non seulement réel, mais que cette technologie existe déjà depuis longtemps. Z 

Doper la mémoire de ses troupes et ses capacités d’apprentissage : voilà l’un des vieux rêves de l’agence de recherche du département de la Défense américain. Quitte à jouer aux apprentis-sorciers.

 
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Publié par le 15 octobre 2018 dans général, Insolite

 

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Comment l’autocensure des médias vous prive d’informations importantes

C’est certain, Ne comptez pas sur les medias mainstreams tenus par une petite élite pour vous informer correctement, il faut des médias alternatifs beaucoup plus puissants, ce qui n’existe pas en France … Z

Les médias sont financés par leurs annonceurs et les fonds publics. Tout en délivrant un message politique, ils occultent des informations vitales pour leurs lecteurs.

J’estime que la crise italienne est très dangereuse pour l’euro et notre patrimoine financier.

Le travail des agences de notation a été vidé de sa substance en ce qui concerne les dettes d’Etat. A quoi sert de noter les obligations souveraines d’un pays si la Banque centrale en reste acheteuse quoi qu’il arrive ? Et pas seulement acheteuse lorsque personne n’en veut plus, puisque la BCE rachète sept fois les émissions nettes, donc finance sept fois les déficits des pays dépensiers.

Quand on sait cela, on comprend pourquoi l’Italie n’a pas à se gêner et pourquoi des démagogues peuvent promettre la lune à leur électorat… « C’est l’Etat qui paye » avait dit l’ineffable Hollande à la télévision. En Italie « C’est la BCE qui paye ».

Ne comptez pas sur les agences de notation pour tirer la sonnette d’alarme avant la prochaine crise.

Qu’on le veuille ou non, il y a des Européens du nord, les buveurs de bière et des Européens du sud, les buveurs de vin, pour reprendre la belle terminologie imagée de Charles Gave. Nous ne sommes pas Américains que le Coca-Cola fédère.

Pour les buveurs de vin, l’argent est gratuit, les riches paieront et toute inégalité est nécessairement injuste. Chez les buveurs de vin, on est habitué à la monnaie faible, aux déficits publics, aux défauts de l’Etat.

Chez les buveurs de bière, c’est une autre histoire. Curieusement leur niveau de vie est plus élevé que celui des buveurs de vin. Mais ces derniers fustigent alors les « inégalités » auxquelles sont exposés les buveurs de bière.

Le message biaisé des medias

Les medias français parlent aux buveurs de vin et leur délivrent le message qu’ils souhaitent entendre. Des finances publiques bien gérées sont assimilées à de l’austérité, les dettes peuvent se dissoudre dans l’inflation, l’Etat sera toujours là pour soulager toute les souffrances, l’argent tombe du ciel et il y aura toujours des riches pour payer.

Peut-on attendre des medias des buveurs de bière un  traitement plus objectif  de l’actualité économique et financière ?

La réponse est NON.

Un éditorialiste vedette du célèbre quotidien financier britannique Financial Times s’est récemment confessé à l’occasion de l’anniversaire de la crise de 2008 :

« Le moment est venu d’admettre que j’ai une fois délibérément occulté des informations importantes pour les lecteurs. C’était il y a 10 ans et je pense avoir bien fait. »

John Authers

Retour au 17 septembre 2008.

Nous sommes deux jours après la faillite de Lehman Brothers.

La nouvelle tombe que l’assureur AIG vient d’être sauvé de la faillite avec 85 milliards de dollars de fonds publics. Une faillite d’AIG aurait entraîné celles des banques européennes. Un gros fonds monétaire annonce de lourdes pertes en raison de son exposition à des obligations de Lehman Brothers. Il met en danger la banque américaine Citibank.

John Authers est un déposant de Citibank. Il sait qu’il peut perdre son argent. A l’heure du déjeuner, John Authers – qui travaille depuis New-York – se dirige vers son agence de Manhattan. Il découvre une longue queue de gens similaires à lui-même, des initiés de Wall Street inquiets pour leurs dépôts et souhaitant les retirer.

C’est ce qu’on appelle une panique bancaire, un bank run.

Plutôt que d’appeler un photographe du journal et de faire un article sur ce sujet, John Authers décide de se taire. Il fait la queue, comme les autres initiés. Il fractionne ses dépôts et les envoie dans une autre banque. Il sauve son argent et se tait pour ses lecteurs.

Il estime avoir bien fait puisque finalement Citi n’a pas fait faillite et que la panique ne s’est pas propagée. Je suppose que si Citi avait fait faillite, nous n’aurions pas eu droit à la confession « comment j’ai sauvé mon argent et trahi mes lecteurs ». John Authers conclut sa confession sur la future crise :

« La prochaine crise ne sera pas bancaire mais elle portera sur l’insidieux danger des pertes au sein des fonds de pension qui laisseront une génération sans suffisamment d’argent pour leur retraite ».

Chez nous en Europe, ce rôle de fonds de pension est assumé par les produits d’assurance-vie…

Les médias nous informent très bien et quotidiennement sur le niveau de surendettement privé et public. Cet endettement n’est soutenable que parce que les taux d’intérêt sont maintenus artificiellement bas.

Mais il est évident que cette situation n’est pas éternelle. Les taux montent aux Etats-Unis.

A un moment, les autorités devront avouer que le stock de dette ne pourra jamais être payé. C’est ce que j’appelle le jour J du jubilé.

Ne comptez pas sur les medias pour vous avertir à temps. Un vendredi les marchés financiers clôtureront comme d’habitude. Ensuite, un jour de la semaine suivante, vous apprendrez que les dettes ont été « restructurées », que votre assurance-vie est gelée ou amputée, que les dépôts bancaires au-delà d’un certain montant sont frappés d’une taxe de solidarité…

C’est avant qu’il faut vous préparer au jour J du jubilé.

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Comment la guerre commerciale aide à cacher le sabotage de l’économie par les banques centrales

Les banques centrales créent de toutes pièces les cycles économiques d’expansion récession de part leur politique monétaire . Elles sont en train de « fabriquer » le prochain effondrement qui sera titanesque, comme je l’ai déjà expliqué . Les élites mondiales sont d’ores et déjà prêtes et commencent à alerter le public pour se dédouaner et préparer le monde d’après . Z 

Presque tous les aspects du ralentissement économique mondial, qui a ostensiblement commencé en 2007-2008 et qui se poursuit encore aujourd’hui, peuvent être attribués aux actions et aux politiques des banques centrales. La Réserve fédérale, par exemple, a utilisé des taux d’intérêt artificiellement bas et de l’argent facile pour créer un environnement de prêts supposés sans risque. Cela s’est traduit par une énorme dette hypothécaire toxique ainsi qu’une toile de produits dérivés (titres adossés à des créances hypothécaires) liés à cette dette.

La Fed a ignoré tous les signes et tous les avertissements des analystes alternatifs. Des agences de notation comme S&P ont soutenu le discours de la Fed selon lequel tout allait bien lorsqu’elles ont accordé la note AAA à une infinité de produits toxiques sur le marché. Les médias grand public ont soutenu la Fed en attaquant tous ceux qui soutenaient que l’économie américaine était instable et prête à vaciller. À cette époque de l’économie, le système a effectivement caché la vérité au public par des moyens relativement courants. Aujourd’hui, les choses ont légèrement changé.

Depuis le krach de 2008, de nombreux économistes et anciens responsables de la Fed ont publiquement admis la culpabilité des banques centrales (en quelque sorte). Alan Greenspan a affirmé pour la première fois en 2008 que la Fed avait « fait une erreur » dans son analyse et avait négligé le potentiel d’une bulle dans  les marchés. Puis, en 2013, il a admis que tous les banquiers centraux savaient qu’il y avait une bulle, mais qu’ils croyaient que les marchés s’auto-corrigeraient sans trop nuire au PIB ou au reste de l’économie.

Les principaux médias financiers ont continué à accuser la Fed pour les conditions qui ont causé la crise, mais lui ont trouvé des excuses en même temps. La narration était que la Fed était aveuglée par des facteurs périphériques et qu’elle avait ignoré les fondamentaux. Les banquiers centraux s’étaient « mis dans le pétrin » avec des taux d’intérêt bas, et ils l’avaient fait sans le savoir. [« À l’insu de leur plein gré », d’après la citation d’un célèbre « philosophe » français, NdT]

C’est le même récit qu’Alan Greenspan a utilisé pour rejeter toute responsabilité de la part de la Fed lors de l’effondrement de la bulle des marchés dans les années 1990. Greenspan s’est opposé à l’idée de relever les taux d’intérêt en réaction à la bulle, car cela « mettrait en péril l’économie tout entière ». Il est intéressant de noter que la hausse des taux d’intérêt dans un marché boursier et une économie très endettée (une économie à effet de levier) est exactement ce que la Fed fait aujourd’hui sous la présidence actuelle de Jerome Powell.

Cette habitude de créer des bulles, puis de les faire éclater, ce qui entraîne le chaos financier, remonte à assez longtemps. Dans les années 1920, la politique de taux d’intérêt bas de la Fed et la facilité avec laquelle la monnaie a été utilisée ont mené à la bulle d’octobre 1929, un mois qui restera comme une infamie avec le début de la Grande Dépression. La Fed a ensuite relevé les taux d’intérêt au début des années 1930, ce qui a ensuite provoqué une nouvelle crise et prolongé la Dépression pendant une bonne partie de la décennie suivante. Il a fallu plus de 70 ans pour qu’un fonctionnaire de la Fed assume finalement le blâme pour ce désastre. Cela s’est produit en 2002 lors d’un discours prononcé par Ben Bernanke lors d’une « conférence pour honorer Milton Friedman … à l’occasion de son 90e anniversaire »:

« Bref, selon Friedman et Schwartz, en raison de changements institutionnels et de doctrines erronées, les paniques bancaires de la Grande Contraction ont été beaucoup plus graves et répandues qu’elles ne l’auraient été normalement en période de récession.

Permettez-moi de terminer mon exposé en abusant légèrement de mon statut de représentant officiel de la Réserve fédérale. J’aimerais dire à Milton et Anna, en ce qui concerne la Grande Dépression. Tu as raison, on l’a fait. Nous sommes vraiment désolés. Mais grâce à toi, on ne recommencera pas. »

C’est peut-être une surprise pour certains, mais Bernanke a menti. La Fed a poursuivi le processus de création de bulles économiques et de leur éclatement en utilisant les taux d’intérêt et son bilan comme armes pendant une bonne partie du nouveau siècle, et pourtant très peu d’analystes sont prêts à suggérer que les banques centrales créent volontairement ces crises.

Tout au long de l’histoire, les calamités économiques ont souvent conduit à la consolidation de la richesse et des actifs entre les mains du 1% supérieur. C’est ce qui s’est produit pendant la Grande Dépression, lorsque les grandes banques globalistes, comme JP Morgan, ont mis en faillite ou ont détruit des milliers de petites banques locales jusqu’à ce qu’il ne reste que les grandes banques. Dans la foulée du krach de 2008, il suffit d’examiner l’élargissement historique de l’écart de richesse, puisque les 1% les plus riches devraient prendre le contrôle des deux tiers de la richesse mondiale d’ici 2030. Ou encore, nous pourrions tenir compte de l’absorption du marché de l’immobilier par des conglomérats comme Blackstone, puisque la propriété privée immobilière a diminué après le krach.

Je crois que la prochaine catastrophe économique sera plus importante que toutes les bulles des 100 dernières années réunies, et l’intention des élites bancaires est d’obtenir une centralisation mondiale complète de tous les actifs et ressources. Cette fois, cependant, le grand public a finalement appris à se méfier davantage des banques centrales et de leurs motivations lors de tels événements. En raison de l’exposition accrue après le krach de 2008, les banques centrales et les institutions qui leur sont liées ne peuvent pas compter uniquement sur les médias grand public ou les entités gouvernementales comme le Bureau of Labor Statistics pour les couvrir. Elles ont besoin d’un écran de fumée.

La guerre commerciale est si parfaite à cet égard, je crois qu’elle ne pouvait être autre chose que ce qui était prévu. En voici cinq raisons :

1) La guerre commerciale fournit une couverture pour la dé-dollarisation : Comme les marchés émergents étaient auparavant dépendants de l’argent facile de la Fed, les dollars ont servi à fournir un soutien artificiel à leurs économies en difficulté. Maintenant, avec la hausse des taux d’intérêt et la réduction du bilan de la Fed, ce flux de dollars est en train de se tarir. Les marchés émergents commencent à chercher des alternatives car ils n’ont pas d’autre choix, ce qui signifie davantage d’accords commerciaux bilatéraux qui contournent le dollar.

Heureusement pour la Fed, la guerre commerciale peut être utilisée comme un bouc émissaire pour les pays qui vendent leurs dollars au nom de rétorsions économiques portées aux États-Unis. Des pays comme la Turquie et la Russie ont déjà commencé à menacer de le faire.

2) La guerre commerciale justifie la vente des bons du Trésor américain : La Russie est déjà bien en avance sur ce processus, vendant au moins la moitié de ses bons du Trésor américain en un seul mois. Ce n’est qu’une question de temps avant que la Chine n’utilise la même méthode de représailles pour contrer les tarifs douaniers américains. Les médias grand public soutiendront qu’il ne s’agit pas d’une menace significative pour l’économie américaine, mais pensez que les partenaires commerciaux de la Chine vont suivre cet exemple, provoquant une « contagion » de ventes de bons du trésor sur les marchés. Si les États-Unis ne peuvent maintenir les investissements étrangers pour financer leurs dettes considérables, ils imploseront sur le plan économique. La Réserve fédérale s’est assurée qu’il n’y a plus d’outils politiques pour venir à la rescousse si cela se produit. Les détenteurs étrangers de dette américaine discutent ouvertement de cette option depuis le krach de 2008. Aujourd’hui, la guerre commerciale rend les États-Unis coupables (du moins en termes de récit historique) de ce qui se passera ensuite.

3) La guerre commerciale couvre l’inflation : Avec l’augmentation constante des droits de douane sur les biens et matériaux en provenance du monde entier, les prix au détail ne feront qu’augmenter, mais le véritable danger inflationniste viendra de la Fed. L’inflation réelle est déjà bien au-dessus des cibles de la Fed. La création de monnaie que la banque centrale a utilisé pour bloquer la crise de la dette a créé une bulle encore plus grande au niveau du dollar lui-même. Les nouvelles politiques de resserrement entraîneront une ruée vers le dollar américain à mesure que les marchés émergents se dé-dollariseront. Sans un stimulus constant de la part de la Fed, l’utilisation du dollar comme réserve mondiale finira par devenir prohibitive pour le commerce. Tout cela sera encore imputé aux tarifs douaniers et aux différends commerciaux, et non à la Fed.

4) La guerre commerciale fournit une couverture pour un nouvel effondrement du marché: Lorsque la Fed a lancé ses mesures de sauvetage et d’assouplissement quantitatif, ce sont les actions des marchés émergents qui ont commencé à grimper de façon exponentielle pour sortir de la fosse profonde causée par la crise de la dette. Les marchés actions américains et européens ont suivi avec les sommets insensés du marché haussier observés récemment. Aujourd’hui, alors que la Fed restreint ses mesures de relance et réduit son bilan, ce sont les marchés émergents qui s’effondrent en premier. La question est de savoir si les marchés occidentaux les suivront. Je crois qu’ils le feront.

Le président de la Fed, M. Powell, a admis ce résultat dans les déclarations qu’il a faites dans le procès-verbal de la Fed d’octobre 2012. Il est bien conscient des conséquences de l’élimination des piliers que sont les faibles taux d’intérêt et l’achat d’actifs par la Fed, mais il continue quand même à dérouler ce plan. Pourquoi ? Parce qu’un nouveau krach boursier peut être imputé à Trump et à la guerre commerciale. Trump s’est presque attribué tout le mérite des sommets actuels des marchés actions, et maintenant il a pris sur lui toute la responsabilité de ce qui se produira au cours des deux prochaines années.

5) La guerre commerciale sert de couverture à la diabolisation des idéaux conservateurs : Le concept de tarifs douaniers sur les produits étrangers afin d’encourager la production localisée et l’autosuffisance est une tactique aussi vieille que l’Amérique elle-même. Elle est de nature conservatrice et peut être une mesure efficace entre de bonnes mains. Cela dit, il faut une base manufacturière existante et des conditions économiques relativement stables. Une économie surendettée qui s’accroche désespérément au statut de réserve de sa monnaie et à l’inflation à vie est le PIRE environnement pour le lancement de ces taxes à l’importation. En fin de compte, l’Amérique n’a que peu ou pas d’influence sur ses concurrents parce que nous sommes plus dépendants d’eux qu’ils ne le sont de nous.

Le fait que le déficit commercial des États-Unis ne cesse de se creuser au fur et à mesure que la guerre commerciale progresse en est la preuve évidente. Certains ont fait valoir que cela est dû au fait que les détaillants américains ont augmenté leurs achats à l’étranger avant l’entrée en vigueur des tarifs douaniers, mais les augmentations mineures des stocks de marchandises au détail n’appuient pas cette théorie. La baisse continue du ratio des stocks sur les ventes laisse également entrevoir une baisse du marché de la consommation aux États-Unis.

Quand il deviendra évident que la guerre commerciale est un échec, le rêve globaliste de diaboliser les modèles et les valeurs économiques conservateurs sera plus facile à réaliser. Alors que toutes les crises financières s’enroulent autour du cou de Trump, et donc des conservateurs par extension, on dira au public que la seule solution est de passer de l’autre côté de l’échiquier politique et économique d’une manière extrême. En d’autres termes, le socialisme à grande vitesse et le globalisme.

Le succès de ce genre de propagande dépendra de la question de savoir si les gens ont reçu une éducation adéquate quant à la VRAIE source de nos maux financiers. Si le mot sur les lèvres des masses est « Trump l’a fait », alors nous sommes dans le pétrin. Si le mot est « Les banquiers centraux l’ont fait et Trump n’était qu’un simple coursier… » alors nous pourrions avoir une chance d’empêcher le navire de couler complètement.

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Comment et pourquoi le dollar va laisser la place aux DTS comme monnaie mondiale

Je vous suggère en complément ce papier, Du Dollar US au Bancor – Du Pétrodollar au Pétro-Gold …., ou je cite cet article fort intéressant  de Philosophy of Metrics :  Les DTS feront le pont entre le dollar US et le Bancor :

Vous voulez la vérité définitive sur le SMI à venir (système monétaire international), la voici .

JC Collins est probablement l’analyste qui connaît le mieux la question des DTS et du SMI. Ses analyses sont d’une justesse absolue, il ne se trompe jamais . Cela conforte et complètent les analyse de James Rickards, c’est pourquoi je le diffusais . Le monde se prépare à un établir le Bancor proposé par Keynes (cliquez sur le lien et lisez la définition du Bancor) , c’est pourquoi tout le monde accumule de l’or .

Tout est dans cet article, y compris le pourquoi de la crise actuelle des émergents, pourquoi de plus en plus de pays accumulent ou rapatrient leur or ,  pourquoi la Chine est entrée dans le panier DTS (et donc pourquoi elle accumule de l’or : en vue des négociations sur le système monétaire international à venir) etc .

Les DTS sont déjà la nouvelle monnaie mondiale (qui subira effectivement encore surement une évolution transitoire) , la prochaine étape, et elle arrive vite, sera le Bancor, il ne faut pas mélanger les 2  . Mais ça ne se fera pas sans douleurs, il y aura un grand choc, qui entraînera un reset, qui mènera à cette fin . Ordo hab chaos, du chaos naît l’ordre . A part ça ce papier est vraiment excellent ! Z

Par Valérie Bugault− Septembre 2018

1. Histoire de la monnaie mondiale : retour sur la séquence historique ayant débuté en 1944

En 1944, lors de la négociation de ce qui sera désormais mondialement connu comme lesaccords de Bretton Woods, les États-Unis d’Amérique, via leur émissaireHarry Dexter White, l’assistant du secrétaire au Trésor des États-Unis, gagne la lutte pour la monnaie mondiale contre leBancorsoutenu parJohn Meynard Keyneset ses puissants maîtres de la City. Le dollar devient donc la monnaie mondiale de référence.

À partir de juillet 1944, le dollar américain a donc une double casquette, à la fois monnaie nationale et monnaie mondiale.

À l’opposé, les puissants banquiers de la City avaient soutenu, via leur porte-voix Keynes, une autre option : celle d’une monnaie mondiale conçue comme un panier de monnaies. Panier de monnaies que nous allons retrouver en ce début de XXIesiècle, sous la forme desDroits de Tirage Spéciaux(DTS).

1.a Les fondamentaux

Pour bien comprendre les enjeux économiques et financiers de la monnaie mondiale, il faut rappeler les fondamentaux sur lesquels reposent la viabilité d’une monnaie.

Pour être durablement viable, une monnaie doit être :

  1. Adossée à des richesses réelles. C’est la raison pour laquelle une monnaie est irrémédiablement liée à une«économie »;
  2. Émise en quantité suffisante pour pouvoir être utilisée dans tous les échanges internationaux.

Il faut également rappeler que les fondamentaux économiques d’une monnaie nationale et internationale saines sont antagonistes. Alors qu’une monnaie nationale saine préconise que les exportations soient supérieures aux importations, une monnaie mondiale doit être émise en quantité suffisante pour abreuver le monde entier, elle suppose donc, dans l’hypothèse où elle est une monnaie nationale, que les importations soient supérieures aux exportations, seule façon d’assurer une juste diffusion internationale de la devise.

1.b La suite historique des événements

L’année 1971 voit arriver la fin de laconvertibilité or du dollar. N’ayant plus suffisamment d’or pour garantir l’intégralité des dollars en circulation, legouvernement de Nixonse voit contraint, consécutivement à la pression de De Gaulle qui avait exigé1la transformation d’une grande partie des avoirs américains détenus par la France en or, d’abandonner le principe de convertibilité dollar-or.

À partir de 1971, le dollar américain en tant que monnaie mondiale est concrètement adossé :

  1. Au pétrole (notamment en vertu duPacte du Quincysigné en 1945) et
  2. À la seule force de l’économie américaine ; car le dollar, en tant que monnaie nationale, est garanti par le dynamisme intérieur de l’économie américaine.

Concrètement, la valeur du dollar repose maintenant essentiellement sur la force brute des USA, leur capacité à faire militairement et monétairement respecter leur hégémonie dans les pays tiers. Il en résulte que cette période a vue la disparition de la notion d’« ordre juridique », à la fois interne et international, pour revenir à la situation primaire de la loi du plus fort.

Entre 1970 et 2000, le considérable développement des échanges internationaux réclame toujours plus de dollars en circulation. La« politique monétaire mondiale du dollar »nécessite toujours plus d’importations, lesquelles sont nécessairement financées, car les capacités économiques des ménages sont largement dépassées, par toujours plus de dettes publiques et privées. Mécaniquement, la situation intérieure de l’économie américaine se dégrade corrélativement.

C’est ainsi que, dès le début des années 1970, nous assistons, aux USA au début du« principe général »de dérégulation financière, qui deviendra de plus en plus massive avec le temps. La régulation issue duGlass Steagall Actcommence à ne plus être appliquée, afin de :

  1. « fabriquer artificiellement des actifs »(subprimes, actifs synthétiques (CDO, CDS…), politique qui, on le verra, sera suivie de celui de la titrisation et,
  2. Capter les réserves monétaires des pays tiers, véritables colonies financières (les pays dits«alliés », membres de l’Union européenne…).

Cette captation abusive était rendue nécessaire afin de garantir la viabilité économique du dollar comme monnaie nationale, lui-même garant de la fonction mondiale de cette monnaie2.

Très concrètement, la dérégulation financière a permis d’augmenter artificiellement la capacité d’endettement des contribuables américains et de supporter la politique monétaire expansionniste du dollar, ce qui a eu pour effet d’augmenter artificiellement les« actifs bancaires »en circulation. Au point que les« actifs », qui circulent aujourd’hui internationalement, sont largement devenus eux-mêmes« fictifs ».

Pour que ce système fonctionne, il fallait pouvoir assurer la circulation internationale de ces nouveaux« actifs financiers ». C’est précisément ce à quoi ont répondu :

  1. La titrisation, qui a permis de faire circuler dans le monde entier les« actifs douteux »et,
  2. L’internationalisation de la normativité anglo-saxonne (colonisation du droit continental traditionnel par les préceptes réglementaires anglo-saxons : trust, propriété économique etc.).

Dans un troisième et dernier temps, le temps du désespoir des partisans du dollar en tant que monnaie mondiale, l’extraterritorialité du« droit »(qui n’en est pas un) anglo-saxon s’est développé de façon anarchique et monstrueuse par la généralisation des sanctions économiques appliquées aux entreprises et dirigeants de pays étrangers qui ne voulaient plus jouer le jeu du dollar comme monnaie mondiale.

À compter des années 1990, les besoins en dollars s’intensifient considérablement en raison du considérable développement des échanges économiques mondiaux en même temps que celui de la concentration des capitaux (mise en place massive du libre-échange par l’OMC, de l’optimisation fiscale favorisée par l’OCDE notamment par la généralisation de la lutte contre les« prix de transfert », qui a surtout été le moyen de banaliser et de généraliser la pratique de l’optimisation des flux financiers intra-groupes au niveau international et d’imposer aux États le principe d’une« normativité extra-territoriale »etc.), lesquels ont été accélérés par la chute de l’URSS. Corrélativement, l’économie américaine (intérieure) faiblit en raison de la politique économique forcenée d’« importation »indispensable à la fonction mondiale du dollar.

Dans la mesure où la solution de la planche à billets est exclue, les banquiers ne voulant à aucun prix d’une monnaie mondiale créée ex-nihilo (qui a pour effet direct et quasi immédiat une dépréciation de la monnaie et, consécutivement, des actifs), s’est faite jour« la nécessité de l’innovation financière »qu’est le«quantitative easing »(QE). Ainsi, la création monétaire est désormais adossée à des rachats d’actifs, de plus en plus pourris en raison de la dérégulation financière, et non formellement sur du néant comme avec la« planche à billet »traditionnelle.

En conséquence de cette« course à l’échalote », le circuit financier international est devenu«non viable »; la preuve a ainsi été historiquement et empiriquement apportée que Keynes avait raison et que le dollar en tant que monnaie mondiale n’était pas une solution monétaire viable.

Ceci avait largement été anticipé par ce que Brandon Smith appelle, à juste titre, les«globalistes », qui sont en réalité les descendants des banquiers-commerçants (changeurs) du Moyen-Âge qui ont pris, essentiellement au moyen de la corruption, le pouvoir politique au fil des siècles.

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C’est ainsi que le magazineThe Economistavait, dès 1988, prévenu le public du fait que le Bancor, panier de monnaies, allait, tel le phénix, renaître de ses cendres autour des années 2018 sous la forme d’un Phoenix.

Mais il fallait, afin d’imposer définitivement l’idée qu’une« monnaie mondiale »était indispensable pour développer les échanges internationaux. Ce développement aurait deux effets recherchés :

  1. Apporter la preuve de l’incapacité du dollar américain en tant que monnaie mondiale ;
  2. Et faire avancer l’agenda globaliste du« gouvernement mondial »(connu en français sous l’acronyme NOM, et en anglais sous celui du NWO) car à une économie mondiale doit, mécaniquement, répondre une monnaie mondiale !

2. La situation monétaro-économique actuelle : une totale domination politique par les« banquiers-commerçants »

Nous assistons actuellement à des grandes manœuvres géopolitiques consistants en ladémolition contrôlée du dollar. La force de ce dollar repose, rappelons-le, sur les sous-jacents économiques et politiques des États-Unis d’Amérique, ce qui nécessite de démonter, partiellement, cette force dominatrice. D’où les tentatives, plus ou moins adroites, de mise en cause de la suprématie américaine sur les échanges internationaux.3.

La Chine et la Russie sont parties prenantes de cette stratégie, ce qui expliquece genre d’article. La Chine en tant que moteur principal des DTS tandis que la Russie a raccroché les wagons du train de la monnaie mondiale, croyant, malheureusement (comme Napoléon l’avait lui-même cru) à un contrat« gagnant-gagnant »pour son propre développement économique.

Si la chute du dollar en tant que monnaie mondiale est extrêmement souhaitable pour les peuples, il n’en va pas de même de l’avènement des DTS (droits de tirage spéciaux) gérés par les banquiers. Car ce sont précisément les banquiers qui contrôlent d’ores et déjà la grande majorité des monnaies du monde, qui sont à l’origine de l’idée d’une« monnaie mondiale »centralisée dans leurs mains et qui sont les metteurs en scène de la nécessité d’un futur gouvernement mondial oligarchique.

À terme, et quels que soient les maux actuels issus du dollar compris comme monnaie mondiale, les DTS, c’est-à-dire la version renommée du Bancor de Keynes, vont entraîner des maux bien plus grands pour l’humanité, laquelle se verra littéralement assiégée et mise en esclavage, sans plus aucune« poche de résistance »politique et institutionnelle possible.

L’avènement de cette monnaie mondiale DTS-Bancor, a été préparé, confidentiellement, par les principaux propriétaires des banques et leurs affidés, les banquiers centraux, lesquels se réunissentau sein de la BRIsise à Bâle. Tout comme avait été préparé, en son temps, l’avènement de la Federal Reserve (Fed) américaine.

L’avènement de cette«monnaie mondiale »sera le premier pas institutionnel vers le gouvernement mondial oligarchique. Or les oligarques à la manœuvre sont précisément ceux qui ont organisé et profité de toutes les formes que l’esclavagisme a pris ces 400 dernières années. Ils ont aujourd’hui conquis les pouvoirs politiques de la quasi-intégralité des pays du monde par le contrôle qu’ils ont pris sur les monnaies et sur le système économique mondial. Ce contrôle a pris la forme de la corruption élevée au rang légal par les anglo-saxons (qui prend le doux nom de lobbying).

Nous assistons aujourd’hui et pour l’avenir à une« lutte à mort »des banquiers-commerçants contre tous les peuples du monde. Toutes les armes utilisées, monnaies, entreprise, parlementarisme à l’anglo-saxonne, ne sont que des outils utilisés par les banquiers pour prendre le pouvoir. Ces armes de domination utilisées par les dominants seront bien entendu abandonnées le moment venu, c’est-à-dire lorsque la prise effective et officielle du pouvoir politique à l’échelle mondiale surviendra. Ce jour approche à grands-pas…

3. L’avenir politique des peuples : l’option entre le droit, politique, à disposer de soi-même et l’esclavagisme, entre la« Civilisation »et le néant civilisationnel

Deux voies se profilent à l’horizon, la première emporte la disparition totale de toute idée de civilisation, la seconde, si elle était entrouverte, pourrait donner naissance à un renouveau civilisationnel historique.

La première voie est celle de l’avènement et de la pérennité des DTS gérés par les banquiers.

Pour parfaire et simplifier le processus de domination monétaire, les banquiers commerçants ont prévu de gérer les échanges internationaux de DTS sous forme exclusivement dématérialisée. Il faut comprendre ici que l’avènement récent des« crypto-monnaies »répond précisément à ce besoin bancaire.

Le lancement des crypto-monnaies privées a pour objectif de faire testerin vivoet en grandeur nature le fonctionnement de telles monnaies, de façon à les perfectionner et les rendre parfaitement fonctionnelles dans le cadre de l’utilisation de cette technologie pour l’échange de DTS. Ce type de monnaie dématérialisée aura également un second avantage : celui de contrôler parfaitement et définitivement la vie privée de tous les utilisateurs, alors même que personne ne pourra échapper à cette dématérialisation monétaire pour les échanges nécessités par la vie courante.

Cette marche, consistant en l’avènement des DTS en tant que monnaie mondiale, permettra de mettre en place la suivante, celle d’institutions politiques mondiales gérées par les banquiers, le fameux« Nouvel Ordre Mondial ». Cet ordre politique, qui n’est pas nouveau mais représente l’aboutissement d’un long cheminement, sera porté par un groupe d’individus qui préconise également l’avènement d’une« religion mondiale »(lire à cet égard les travaux de Youssef Hindi et de Pierre Hillard).

Dans cette perspective, les États disparaîtront du jeu en tant qu’entités politiques (qu’ils ne sont, dans une large mesure, déjà plus dans les pays d’Europe de l’ouest ainsi que dans beaucoup d’autres pays, tous continents confondus), pour devenir de simples courroies de transmissions du« gouvernement »central aux mains des banquiers (comprendre les principaux propriétaires de capitaux de la planète). Ce gouvernement mondial, aura la même structure que les empires l’ayant précédé au détail près qu’il ne pourra régenter qu’un nombre réduit d’individus, d’où tous les fléaux qui s’abattent déjà et continueront à s’abattre sur l’humanité comme annoncé par lesGeorgia Guidestones.

La seconde voie, qui pourrait être entrouverte par des dirigeants courageux, consisterait à reprendre, en sous-main, l’entier contrôle politique de leur monnaie4tout en faisant mine de jouer le jeu des DTS. Il s’agirait de retirer aux banquiers le contrôle du système monétaire intérieur des pays et d’engager avec des pays tiers des« conventions fondatrices d’échanges de monnaie ». Ces conventions poseraient les critères, politiques, d’une juste appréciation de la valeur respective de chacune des monnaies, au regard de la qualité et de la viabilité socio-économique du pays en question. Nous retrouverions, ici, une conception réellement politique de la monnaie.

D’un point de vue technique, le système dit« monnaie structurale »élaboré par Jean Rémy, permettrait d’élaborer des chambres de compensations, de nature politique, gérées par des instances politiques et diplomatiques de chaque État parti prenante de l’échange.

Valérie Bugault

Notes

  1. https://www.loretlargent.info/dossiers/charles-de-gaulle-et-sa-vision-sur-la-place-de-lor-dans-le-systeme-monetaire-mondial-12ethttps://www.loretlargent.info/dossiers/charles-de-gaulle-et-sa-vision-sur-la-place-de-lor-dans-le-systeme-monetaire-mondial-22, lire égalementhttp://archives.investir.fr/2007/jdf/20071117ARTHBD00267-la-france-du-president-de-gaulle-prefere-l-or-au-dollar.php
  2. Frédéric Lordon: dans cet article Frédéric Lordon explique, autour de la note 2, la cause de la dérégulation financière :«en effet, les États-Unis se trouvent confrontés à la question suivante : comment financer des déficits (extérieur et budgétaire) quand on n’a plus d’épargne nationale (2) ? Tout simplement en faisant venir l’épargne des pays qui en ont. Soit, à l’époque (comme d’ailleurs aujourd’hui), le Japon et l’Allemagne, et désormais la Chine. La déréglementation financière est donc la réponse stratégique qui consiste à installer les structures de la circulation internationale des capitaux pour dispenser l’économie américaine d’avoir à boucler le circuit épargne-investissement sur son espace national. »
  3. Lire, à cet égard, Brandon Smith :http://lesakerfrancophone.fr/la-guerre-commerciale-fournit-une-couverture-parfaite-pour-la-reinitialisation-financiere-globaleethttp://lesakerfrancophone.fr/la-chine-se-prepare-a-une-guerre-commerciale-depuis-plus-dune-decennie
  4. cf.Du nouvel esprit des lois et de la monnaiede Valérie Bugault et Jean Rémy

Source : Le Saker Francophone

 
 

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Comment l’administration de l’Onu organise la guerre

N’oubliez pas que la semaine dernière Lavrov a évoqué une « directive secrète » empêchant l’ONU de participer à la reconstruction de la Syrie   (voir video) Ce qui est énorme comme déclaration venant d’un personnage si haut placé !  L’ONU serait officiellement devenue une organisation au service des intérêts de la coalition américaine et de ses amis. Dans ce cas, quel intérêt présente-t-elle encore, puisqu’en prenant parti elle n’est plus apte à remplir son rôle d’arbitre international. Z

Le document interne des Nations Unies que nous venons de publier atteste que l’administration de l’Organisation travaille contre les buts de celle-ci. La gravité de cette situation appelle à une explication du secrétaire général, António Guterres, a exigé le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Faute de quoi les États-membres pourraient remettre l’Onu en cause.

par Thierry Meyssan

Le 2 juillet 2012, l’ancien assistant d’Hillary Clinton, Jeffrey Feltman devient le numéro 2 des Nations Unies. Il prête serment devant le secrétaire général, le très corrompu Ban Ki-moon, sur la Charte de l’Organisation

Le 2 juillet 2012, l’ancien assistant d’Hillary Clinton, Jeffrey Feltman devient le numéro 2 des Nations Unies. Il prête serment devant le secrétaire général, le très corrompu Ban Ki-moon, sur la Charte de l’Organisation

En octobre 2017, le sous-secrétaire-général des Nations unies pour les Affaires politiques, Jeffrey Feltman, rédigeait secrètement des instructions à toutes les agences de l’Onu sur le comportement à adopter par rapport au conflit en Syrie.

Jamais les États-membres de l’Organisation, ni même ceux du Conseil de sécurité, ne furent informés de l’existence de ces instructions. Jusqu’à ce que le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, les révèle le 20 août dernier [1].

Nous venons de nous en procurer une copie [2].

Ce document trahit la Charte des Nations Unies [3] dont il inverse les priorités. Alors que celle-ci a pour but principal de « maintenir la paix et la sécurité internationales », il place au-dessus de ce but le « respect des droits de l’homme ». De la sorte, ces droits deviennent un instrument contre la paix.

L’expression « droits de l’homme » existait bien avant de trouver un sens juridique (c’est-à-dire avant d’être opposable dans un tribunal). Le ministère britannique des Affaires étrangères en fit un grand usage, au XIXème siècle, pour justifier certaines de ses guerres. C’est pour les défendre, assurait-il, qu’il était prêt à batailler contre l’Empire ottoman. En réalité, il s’agissait uniquement d’un choc entre l’Empire britannique et la Sublime porte. Jamais les peuples prétendument « libérés » par Londres furent plus heureux sous ce maître que sous un autre. Au XXème siècle, les « droits de l’homme » furent d’abord la marque de fabrique des ONG « sans frontières », puis le slogan des trotskistes ralliés à la CIA, les néo-conservateurs.

Si la Charte des Nations unies emploie six fois l’expression « droits de l’homme », elle n’en fait pas un idéal en soi. Leur respect ne peut advenir qu’en temps de paix. La guerre, faut-il le rappeler, est une période de troubles durant laquelle les droits individuels sont occultés. C’est une situation terrible où, pour sauver un peuple, on doit se résoudre à en sacrifier une partie.

C’est pourquoi on distingue la police de l’armée. La police protège des droits individuels, tandis que l’armée protège des droits collectifs. La police doit respecter les « droits de l’homme », tandis que l’armée peut les ignorer. Il semble que nos contemporains, engoncés dans leur confort, ont perdu le sens de ces distinctions élémentaires.

Si le « droit-de-l’hommisme » était initialement un habillage de conquêtes territoriales, poussé à l’extrême, il est devenu l’idéologie de la destruction des structures étatiques nationales. Pour que nos droits soient respectés, nous devons être « citoyens du monde » et accepter une « société ouverte », « sans frontières », administrée par un « gouvernement mondial ».

C’est faire fi de l’histoire et de la culture de chacun de ces « citoyens du monde », leur imposer ce qui nous semble être le meilleur pour nous… et donc pour eux.

Dans ce nouveau document de Jeffrey Feltman, les « droits de l’homme » sont encore une fois un prétexte. Cette personnalité a participé au gouvernement de l’Iraq au sein d’une société privée conçue sur le modèle de la Compagnie des Indes, la mal-nommée Autorité provisoire de la Coalition [4], montrant ainsi le peu de respect qu’elle avait pour les droits des Iraquiens. Il a exprimé son véritable but à propos de la Syrie dans une série de documents connus comme le « Plan Feltman » [5]. Il s’y propose d’abroger la souveraineté du peuple syrien et d’instaurer, comme en Iraq, une gouvernance étrangère.

Avec aplomb, il écrit : « Le Plan d’action humanitaire doit rester humanitaire afin de garantir que l’ONU puisse mener à bien les activités humanitaires essentielles pour sauver des vies et assurer les besoins essentiels des populations. Les activités de développement ou de reconstruction en dehors de cela devront être reflétées dans d’autres cadres qui, par nature, seront des négociations plus longues avec les gouvernements. Cela est essentiel compte tenu des questions juridiques et politiques complexes en cause ». En d’autres termes, donnez à manger aux réfugiés, mais ne combattez pas la famine qui les ronge ; qu’elle reste pour nous un argument lors des négociations avec l’État syrien.

Les Jordaniens, les Libanais, les Turcs et les Européens seront surpris de lire : « L’ONU ne favorisera pas le retour des réfugiés et des personnes déplacées, mais soutiendra les rapatriés en vue de garantir le caractère sûr, digne, informé, volontaire et durable du retour et de la réintégration, ainsi que le droit des Syriens de chercher asile ». Reprenant à son compte la théorie du professeur Kelly Greenhill [6], Feltman ne souhaite pas aider les exilés à revenir dans leur pays, mais entend utiliser leur exode pour affaiblir leur patrie.

« L’assistance des Nations Unies ne doit pas aider les parties qui auraient commis des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité », précise-t-il, interdisant à titre conservatoire toute aide à quelque pouvoir que ce soit.

Il pose que : « Ce n’est que lorsqu’une transition politique véritable et inclusive sera négociée par les parties que l’ONU sera prête à faciliter la reconstruction ». On est bien loin de l’idéal de la Charte.

 Thierry Meyssan    

[1] “Sergey Lavrov news conference with Gebran Bassil”, by Sergey Lavrov, Voltaire Network, 20 August 2018.

[2] « Paramètres et principes de l’assistance des Nations Unies en Syrie », par Jeffrey D. Feltman, Réseau Voltaire, 3 septembre 2018.

[3] « Charte des Nations unies », Réseau Voltaire, 26 juin 1945.

[4] « Qui gouverne l’Irak ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 13 mai 2004.

[5] “Draft Geneva Communique Implementation Framework”, “Confidence Building Measures”, “Essential Principles”, “Representativness and Inclusivity”, “The Preparatory Phase”, “The Transitional Governing Body”, “The Joint Military Council and Ceasefire Bodies”, “The Invitation to the International Community to Help Combat Terrorist Organizations”, “The Syrian National Council and Legislative Powers during the Trasition”, “Transitional Justice”, “Local Governance”, “Preservation and Reform of State Institutions”, “Explanatory Memorandum”, “Key Principles revealed during Consultations with Syrian Stake-holders”, “Thematic Groups” (documents non publiés). « L’Allemagne et l’Onu contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 28 janvier 2016.

[6] “Strategic Engineered Migration as a Weapon of War”, Kelly M. Greenhill, Civil War Journal, Volume 10, Issue 1, July 2008.

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