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Une nouvelle crise financière en vue en Europe ? La crise bancaire en Italie « échappe désormais à tout contrôle » …

Une pièce d'euro sur fond des dollars

Dettes grecques, stagnation économique en Italie et menace liée au Frexit ainsi qu’au retour au franc en cas de victoire de Marine Le Pen, tout cela peut entraîner une nouvelle crise financière pour l’Europe, estime l’expert de la stratégie monétaire John Hardy.

Emboîtant le pas aux experts de Bloomberg qui ont réalisé des prédictions alarmistes au sujet de l’euro, l’analyste financier de la banque danoise Saxo Bank, John Hardy, a prédit une crise financière d’ampleur en Europe dans une interview accordée au journal russe Lenta.ru.

« Des changements dans l’UE sont attendus depuis longtemps. Compte tenu de l’état actuel des choses, la crise est inévitable », a-t-il déclaré.

Si rien ne change, avertit M. Hardy, des pays pourraient suivre l’exemple du Royaume-Uni sur le Brexit. Selon l’expert, le premier candidat est l’Italie :

« L’économie du pays est sans croissance, tout simplement. Et ils ont une dette très importante. (…) L’Italie a besoin de réformes structurelles, a déclaré l’analyste. Quant à la Grèce, sa situation est la pire. Elle ne remboursera jamais ses dettes. Et à la fin, cela conduira à un effondrement ou à des bouleversements sociaux. Cependant, cela n’aura pas un effet comparable à la crise italienne pour l’économie européenne. »

L’Espagne et le Portugal sont eux aussi en proie à des problèmes financiers, mais leurs gouvernements parviennent encore à y faire face, a déclaré M. Hardy.

Le 27 mars, des analystes financiers interrogés par Bloomberg ont prédit que l’euro pourrait passer sous le seuil d’un dollar en cas de victoire de Marine Le Pen, pour la première fois depuis 2002. Pis, cinq des 38 économistes interrogés estiment que la devise pourrait passer en-dessous de 0,95 dollar, ce qui représenterait une baisse d’environ 12 % par rapport au niveau actuel (1,08 dollar). Ces prévisions s’expliquent par la promesse faite par Mme Le Pen d’organiser un référendum sur la sortie de la France de l’euro et la réintroduction du franc.

Lors d’une réunion publique à Lille tenue le même jour, la candidate du FN a prédit « la mort de l’UE et la fin de la mondialisation sauvage ».

« L’Union européenne va mourir parce que les peuples n’en veulent plus. Nous allons changer d’Europe, car l’idée européenne est mise à mal par ces fossoyeurs que sont les fédéralistes », a-t-elle souligné, en ajoutant que « les pays hégémoniques [de l’Europe] sont destinés à périr ».

Comme le précise Charles Sannat :

Que l’on aime ou pas Marine Le Pen n’a aucune importance dans ce cas, et que l’on aime ou pas son programme non plus.

La réalité, triste pour certains, bonne pour d’autres, c’est que l’Europe et l’euro ne peuvent pas durer comme cela encore très longtemps.

Soit on rend fonctionnel l’euro et l’Europe avec le grand saut fédéral, où l’on transforme l’Europe en pays, avec une armée et aussi des impôts communs ainsi qu’une union de transfert, et dans un tel scénario on peut « réparer » l’euro et le rendre fonctionnel, soit on n’arrive pas à faire ce saut fédéral (et nous en prenons le chemin) et alors il n’y aura d’autre choix que de défaire plus ou moins progressivement ce que nos europathes avaient conçu.

Hé bien justement – Zero Hedge explique pourquoi la crise bancaire en Italie échappe maintenant à tout contrôle :  

Pour un pays qui est au bord d’un plan de sauvetage gargantuesque de son secteur public criblé de prêts bancaires toxiques , ou à défaut, d’une crise financière à part entière qui pourrait faire exploser le système financier européen, les choses sont étrangement calme en Italie ces jours-ci. C’est presque comme si plus grave la crise devient , moins nous en entendons parler – sinon, les investisseurs et les électeurs seraient effrayés. Et les élections sont à venir.

Mais un  article publié dans la section financière du quotidien italien Il Sole expose à quel point grave la situation est devenue.Selon de nouvelles recherches par la banque d’investissement italienne Mediobanca, 114 parmi les 500 banques en Italie ont des « ratios Texas » de plus de 100%. Le ratio Texas, ou TR, est calculé en divisant la valeur totale des prêts non performants d’une banque par sa valeur comptable tangible et ses réserves – ou comme le gestionnaire américain Steve Eisman l’a dit, « toutes les mauvaises choses divisé par l’argent que vous avez à payer pour toutes les mauvaises choses » .

Si le TR est supérieur à 100%, la banque n’a pas assez d’argent pour « payer pour toutes les mauvaises choses. » Par conséquent, les banques ont tendance à couler lorsque le ratio dépasse 100%. En Italie, il en y a 114 d’entre elles. Parmi elles, 24 ont un ratio de plus de 200%.

Certes, la plupart des banques en question sont de petites caisses d’épargne locales ou régionales avec des dizaines ou des centaines de millions d’euros d’actifs. Ce ne sont pas des institutions d’importance systémique et elles peuvent être sauvées sans causer des perturbations plus large du système . Mais la liste comprend aussi beaucoup de plus grandes banques qui ont certainement une importance systémique pour l’Italie, dont certains ont un ratio Texas de plus de 200% en Italie. En Haut de la liste, comme on pouvait s’y attendre, est Monte dei Paschi di Siena, avec 169 milliards € d’actifs et un TR de 269%.

La prochaine étape est Veneto Banca, avec 33 milliards € d’actifs et un TR de 239%. Ceci est la banque qui, avec Banco Popolare di Vicenza (actifs: 39 milliards d’euros, TR: 210%), était censé avoir été sauvé l’an dernier par une intervention du fonds de sauvetage financé par le fond de sauvetage (bailout) pour banque privée Atlante parrainé par le gouvernement, mais qui exige maintenant de toute urgence davantage de fonds publics. Leurs actifs combinés atteint la septième place sur la liste des plus grandes banques italiennes.

Certains experts, y compris ceux embauché l’an dernier par les banques US pour sauver MPS et JP Morgan Chase, ont mis en garde que Popolare di Vicenza et Veneto Banca ne seront pas admissibles à un plan de sauvetage , car ils ne sont pas considérés comme d’importance systémique. Cela a incité les investisseurs à retirer des fonds de ces banques, aggravant encore leurs difficultés financières. Selon les sources provenant de Rome, l’échec des deux banques enverrait des ondes de choc à travers toute l’industrie financière italienne . Et Européenne …

 
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Publié par le 31 mars 2017 dans économie, général, International

 

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L’aggravation de la crise bancaire européenne menace les contribuables

Il se passe tellement de choses en Europe, et si vite, qu’il est difficile de suivre en ce moment. Si l’attention est focalisée sur la scène politique, notamment les élections aux Pays-Bas, Reuters a publié un rapport avertissant que le secteur bancaire européen pourrait être exposé à un risque encore plus important sur les créances douteuses si la BCE se met à réduire son QE, un processus déjà entamé, même si très timidement.

Le stock total de prêts non-productifs dans l’Union européenne est estimé à plus d’un trillion d’euros, soit à 5,4 % des crédits en cours, un niveau trois fois supérieur à celui des autres régions majeures du monde. En creusant à l’échelle nationale, c’est encore plus effrayant. Actuellement, 10 des 28 pays de l’Union européenne ont un ratio de prêts non-productifs de plus de 10 % (soit au-dessus de ce qui est considéré comme sûr). Et parmi les pays de la zone euro, dans laquelle les politiques de la BCE ont un impact direct, voici les champions du crédit non-performant :

  • Chypre : 49 %
  • Grèce 46,6 %
  • Slovénie : 19,7 %
  • Portugal : 19,2 %
  • Italie : 16,6 %
  • Irlande : 15,8 %

Permettez-nous d’insister là-dessus : en Grèce et à Chypre, soit deux des pays de la zone euro qui ont bénéficié des plus gros plans de sauvetage, presque la moitié des crédits bancaires sont toxiques.

Il y a ensuite l’Italie, dont les 350 milliards de prêts non-performants représentent environ un tiers des créances douteuses de l’Europe en termes de montant. Les secteurs public et financier de l’Italie ont passé les 18 derniers mois à échouer spectaculairement dans leur tentative de trouver une solution à ce problème. Les deux banques pourries (« bad banks ») que sont les fonds Atlante I et Atlante II, utilisés pour débarrasser le bilan des banques de leurs actifs toxiques, sont l’équivalent d’un couteau à beurre censé parer un coup de machette. Ils sont tellement sous-financés qu’ils ont même eu du mal à maintenir à flot de petites banques régionales comme Veneto Banca et Popolare di Vicenza, qui implorent désormais l’aide de Rome implorant à son tour la clémence de Bruxelles.

Le peu de valeur qui reste aux fonds Atlante I et Atlante II ne cesse de fondre alors que la valeur des « actifs » qu’ils ont achetés, à des prix bien trop élevés (souvent à 0,40 € pour un euro de valeur initiale) poursuit sa baisse. La décision récente des deux plus grandes banques italiennes, UniCredit et Intesa Sao Paulo, de passer en perte une grande partie de leur investissement dans Atlante devrait sans aucun doute décourager le secteur privé d’injecter de l’argent frais afin de renflouer des banques plus fragiles.

Ce qui signifie que quelqu’un d’autre devra intervenir, et vite. Et ce quelqu’un, ce sera presque avec certitude le contribuable européen.

En février, le vice-président de la BCE Vitor Constancio a plaidé pour la création d’une toute nouvelle classe de banques pourries garanties par le gouvernement afin d’aider à l’achat du trillion d’euros de prêts non-performants qui putréfient sur les bilans des banques. L’idée de Constancio ressemble furieusement à la proposition antérieure faite par l’autorité bancaire européenne pour la création d’une énorme banque pourrie à l’échelle de l’Union. (…) Voici comment elle fonctionnerait, selon la présidente de l’ABE Andrea Enria :

« Les banques vendraient leurs crédits non-performants à l’entité et un prix reflétant la valeur économique réelle des crédits, qui sera probablement en dessous de la valeur de départ, mais au-dessus du prix du marché prévalant actuellement sur les marchés non liquides. Les banques éviteront donc probablement des pertes additionnelles.

Le gestionnaire de l’entité aura alors trois ans pour vendre ces actifs à des investisseurs privés. Il y aura une garantie de l’État membre de chaque banque qui transfère ces actifs à l’entité via des bons d’options sur chaque actif de la banque. Cela protégera l’entité de pertes futures si le prix de vente final de l’actif devait être en dessous du prix initial de transfert. »

L’un des gros avantages du lancement d’une banque pourrie à l’échelle de l’Union est qu’il éviterait une sorte de résistance publique qui aurait lieu au niveau national, selon Enria. Les banques italiennes pourraient continuer de vendre leurs créances pourries pour environ 0,40 € l’euro, même si leur valeur réelle, soit celle fixée par le marché, est souvent bien inférieure. La différence entre le prix du marché, lorsqu’il existe, et le prix que la banque reçoit pour ses créances pourries sera compensée par les contribuables européens.

Si le projet reçoit le feu vert, il préparera le terrain de l’une des plus grosses opérations ponctuelles de renflouement des banques européennes de l’histoire. Ce serait un plan Paulson (TARP) à l’européenne avec encore moins de garde-fous et de chances de récupérer un jour l’argent du contribuable. D’après un banquier cité par Reuters, même si l’Allemagne n’a pas encore approuvé le plan de l’ABE, l’Europe parle du développement d’un marché secondaire pour les crédits non-productifs comme étant une priorité. D’après Enria, l’ABE espère finaliser les choses « au niveau européen » au cours du printemps.

Le document inclut également des propositions pour une « restructuration du secteur bancaire » plus large alors que le souci des prêts non-productifs est traité par les États. Cela pourrait découler sur « des fusions entre les banques européennes après qu’elles se soient débarrassées de leurs prêts non-productifs », a déclaré un officiel du secteur bancaire.

Autrement dit, les contribuables européens pourraient potentiellement payer des centaines de milliards d’euros pour sauver une nouvelle fois les banques des conséquences de leurs propres actes ….

(….)

Suite et fin

 
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Publié par le 27 mars 2017 dans économie, général, International

 

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Fin du cash – Le numéro de mobile remplacera l’Iban bancaire en Europe en 2018

[titre article pour referencement]
Fin du cash – l’élite mondiale a trouvé encore un nouveau moyen de nous « fliquer » en utilisant les nouvelles technologies, ceci en reliant directement notre No de mobile à notre compte bancaire, le tout au bénéfice des banksters bien évidemment …. Un registre européen des numéros de téléphone se rapportant aux comptes bancaires sera même créé !!!

 Charles Sannat résume tout via La Tribune

 « Le numéro de mobile remplacera l’Iban bancaire en Europe en 2018 » : si le titre de cet article de La Tribune résume assez bien le projet, il est en réalité faux car l’Iban, qui est le « numéro » complet d’identification de votre compte bancaire, ne va pas être remplacé par votre numéro de portable. Disons plus simplement que vous allez relier votre numéro de portable au compte bancaire de votre choix et qu’à chaque numéro de portable, il correspondra donc un numéro de compte bancaire via l’Iban.

Dès lors, toutes les transactions pourront être tracées, et un tel système est évidemment le prélude à la disparition totale du cash et des espèces.

« La BCE prépare le paiement instantané paneuropéen, notamment par mobile entre particuliers. Un registre européen des numéros de téléphone se rapportant aux comptes bancaires permettra de fluidifier les échanges et de consolider un marché des paiements en euros intégré. Et ainsi d’anticiper la déferlante de services comme celui de l’américain Square.

Yves Mersch, membre du directoire de la BCE et président du Conseil des paiements de détail en euro (ERPB), a ainsi expliqué :

« Aligné sur le calendrier de la mise en place du schéma de paiement instantané, l’Eurosystème attend le lancement d’un service standardisé qui permette le paiement de personne à personne en utilisant le numéro de téléphone mobile du bénéficiaire comme équivalent de l’Iban [International Bank Account Number, NDLR]. Ce service devra être lancé d’ici à la fin de 2017 et ne devra pas être cantonné aux Iban nationaux » a-t-il souligné. »

Exit donc les « Monéo » et autres solutions propriétaires de chaque banque ou de quelques banques qui n’ont d’ailleurs jamais réussi à percer. Le système de micro-paiement ou de porte-monnaie électronique sera européen et basé sur le mobile dans lequel tout est en train de converger.

Qu’en sera-t-il de la sécurité, sans même parler de la liberté… et de la surveillance généralisée des individus induite par un tel système ?

 
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Publié par le 17 janvier 2017 dans économie, général, International, Politique

 

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Le rendez-vous secret entre un démon bancaire et F. Hollande roi de l’Enfer français..

Les loosers de l’Elysée ont tout fait pour que l’info reste bien secrète

Une info restée bien secrète: Jamie Dimon, chef exécutif de l’agence JP Morgan a joyeusement été reçu à l’Elysée par notre feu Président, dit « Flamby ». Ce qu’il va lui lire dépasse la raison et pourrait faire aisément l’effet d’une bombe en France. L’écho de cette entrevue nous parvient d’outre-Atlantique, par l’intermédiaire du prestigieux  Wall Street Journal

L’économie est ce qui enrichit les baltringues qui la manipule. Au cas où ça se passe mal, on mutualise les pertes et si ça se passe bien, on privatise les profits. En coulisse, il se passe aussi, de drôles de choses qu’il est inutile de présenter, les Anglo-saxons voulait faire de Paris la nouvelle City, après le Brexit.

Pour ce faire, il a reçu en grand secret Jamie Dimon (**qui porte bien son nom) l’ancien patron de Blythe Masters et toujours PDG de la JP Morgan and Chase !!

Vous imaginez les torrents d’injures que cela aurait déclenché sur les réseaux sociaux en France ???

Voici ce que nous a appris le WSJ: « French President François Hollande met with J.P. Morgan Chase Chief Executive James Dimon in late October and asked how France could lure finance jobs away from London after Brexit. Mr. Dimon’s message was blunt: The chances that banks would move more employees to France were slim unless the country softens its strict labor laws. Mr. Hollande reassured Mr. Dimon that change would come. But it would happen under his successor, he said. »

Hollande a voulu savoir comment transformer Paris en City (capitale de la finance européenne) après que les Anglais aient voté pour le Brexit.

Réponse du démon Dimon: « Quand tu auras enlevé tous les droits aux salariés sur le sol français« .

Ce à quoi Hollande a acquiescé et promis à Dimon que les droits seront nettoyés sous le mandat du président suivant quel qu’il soit.

Chers lecteurs salariés, bien le bonjour à vous. Hollande vous a vendu, avant même de savoir qu’il ne se représenterait pas… Lire ici le WSJ pour le croire sachant que la nature même de l’article s’explique ici, lisez bien « The political climate in France, however, is a stark example of the hurdles facing banks and the political establishment. Bankers in London worry Ms. Le Pen, an anti-immigrant euroskeptic, could win the French presidential election this year. »

Je traduis: si ce n’est pas Melenchon ou Marine Le Pen qui seront élus, vous pourrez dire adieu à toutes les protections salariales restantes. L’avantage avec Fillon c’est qu’il est honnête: il a déjà prévenu qu’il remettra tout à zéro.

 

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Gerald Celente sur le cauchemar bancaire européen qui se poursuit et l’or

Gerald Celente

Article de Gerald Celente, publié par KWN le 14 octobre 2016 :

« Du Japon à l’Europe en passant par les États-Unis et la Chine, les banquiers centraux agissent soit pour stimuler des économies à la traîne ou voyagent à travers le monde pour parler de hausse des taux qui n’a pas lieu.

Ce mardi, le parlement japonais a validé un nouveau plan d’injection de liquidités dans le but de réanimer son économie moribonde. Malgré presque 4 années d’Abenomics et de taux d’intérêt négatifs, politiques qui sont un échec, les dépenses additionnelles du gouvernement de 3,3 trillions de yens (32 milliards de dollars) ont fait augmenter le ratio dette/PIB du Japon jusqu’à 250 %… Le pire ratio du monde !

Le cauchemar bancaire européen se poursuit

En Europe, alors que la croissance vivote autour de 0,4 % pour le premier semestre de l’année et que la crise bancaire empire, la BCE a envoyé des ballons d’essai dans le but de doper les marchés actions cette semaine. Alors que l’action Deutsche Bank a atteint son plus bas depuis 1980 et que la banque a annoncé 4.000 licenciements, Commerzbank annonçant qu’elle va se séparer de 9.000 collaborateurs et suspendre son dividende 2016, la banque hollandaise ING licenciant 7.000 personnes et que les actions des banques européennes sont en baisse de 20 % depuis le début de l’année, la BCE a déclaré mercredi qu’elle se réunirait la semaine prochaine pour discuter de changements techniques dans son programme d’assouplissement quantitatif.

Tout en maintenant l’espoir qu’elle pourrait augmenter son QE mensuel de 80 milliards d’euros, qui achète des obligations d’État et Corporate et qui a jusqu’à présent échoué à créer de la croissance économique, même modérée, ou à créer de l’emploi, la BCE a également laissé entendre qu’elle pourrait attendre jusqu’à décembre pour décider de l’extension de son programme au-delà de mars 2017.

Aux États-Unis, les membres de la Fed inondent les ondes avec leur ritournelle clamant que les taux vont bientôt augmenter. Wall Street évalue à 70 % les chances d’une remontée des taux par la Fed en décembre (ce qui ne serait que le second relèvement du taux directeur américain depuis 2006). Néanmoins, malgré une croissance américaine post récession qui n’a plus été aussi mauvaise depuis 1949, le président de la Fed de Philadelphie Patrick Harker affirme que l’économie américaine se porte plutôt bien tandis que le président de la Fed de Boston Éric Rosengren affirme mystiquement que la remontée des taux permettra d’éviter une récession !

La lecture des statistiques économiques du spectre économique mondial indique récession et contraction. Par exemple, la Chine, la seconde économie mondiale, a rapporté jeudi une chute de 10 % de ses exportations tandis que ses importations ont baissé de 1,9 %

Suite et fin

 
 

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Quand la Deutsche Bank se présente comme l’Etna bancaire de l’Europe

Petit tour chez Pierre Jovanovic qui suit aussi de prés les problèmes de la Deutshe Bank  , à noter selon ZH que L’UE propose un systeme de Bailout des Dérivés financé par les contribuables :

comme le rapporte Bloomberg, le cher vieux contribuable européen est sur le point de sauver le monde … L’Union européenne envisage de donner aux autorités des pouvoirs étendus pour faire face aux dérivés en difficulté pour les empêcher de faire des ravages dans tout le système financier.

QUAND LA DEUTSCHE BANK SE PRESENTE COMME L’ETNA BANCAIRE DE L’EUROPE
du 2 au 6 octobre 2016 : Suite à mon article de la semaine passée, je confirme: non seulement aucune solution n’a été trouvée pour sauver cette banque étouffée par la puanteur de sa propre faillite, mais en plus, cette semaine, la ruée sur la banque, ie, bank run, va s’accentuer. Jeudi et vendredi derniers, la DB a été confrontée à des retraits massifs et immédiats de capitaux de la part de fonds de pension et de hedge funds.

« The Bloomberg report, citing one source and a review of an internal document, named Millennium Partners, Capula Investment Management and Rokos Capital Management as among the 10 hedge funds that have cut exposure, and pointed out that most of Deutsche Bank’s derivatives clearing clients haven’t made changes« .

Comprenez par là que cette semaine, sur les 800 clients de la DB d’autres vont solder leurs positions avec la banque allemande puisque celle-ci a commencé à couler. Inutile de souligner que les autres traders et directeurs de hedges et fonds de pension serrent les fesses, parce que par contrat ils ne peuvent pas sortir ou solder tout et tout de suite (photo de notre lecteur Gaetan, merci à lui).

Et cela ne comprend même pas les réglements que la DB doit payer sur ses engagements en Credit Default Swaps. Témoin infaillible du risque que court la banque, le CDS sur la Deutsche Bank ELLE-MEME (autrement dit s’assurer chez quelqu’un contre une défaillance soudaine de la DB) a littéralement explosé… Regardez ce graphique qui date (LoL) de… février 2016 (lire ici un article détaillé)

Depuis, le CDS a crevé le plafond, et l’action est même descendue à 9 euros !!!! Rappel: en juillet 2007 la même action valait 100 euros !!!

Vous imaginez les fonds de pension qui avaient investi des milliards de cotisations dans l’action DB ??? Perte nette de 90%…

En 2016, ils sont en slip !!! Ils ont TOUT PERDU !!!

Alors avec quoi vont-ils payer les retraités ????

Comme sous les Assignats, avec des boutons d’uniformes de l’armée allemande ! Revue de Presse par Pierre Jovanovic © www.jovanovic.com 2008-2016

LE DR FAUST A SON COMPTE PROFESSIONNEL A LA DEUTSCHE BANK…
du 2 au 6 octobre 2016 : L’AFP a publié une information vendredi soir ( que j’avais donnée sur TV Libertés 8 jours avant) concernant le refus de la DB de payer l’amende de 14 milliards de dollars au ministère de la Justice américain, et aussi que la banque avait fait savoir qu’elle ne pouvait payer que… 4 milliards.

Selon les dernières informations, les négociations officielles entre la banque et les Américains sur cette affaire commencent cette semaine et tout permet de croire que Washington n’aura pas trop de choix… d’autant que la Deutsche Bank ne tient encore debout que grâce aux rumeurs et le fait qu’elle n’ait pas encore payé cette amende.

En revanche, si la DB saute, le reste du monde saute avec elle.

Problème: personne ne serait assez dingue (genre Qatar, Arabie Saoudite ou EAU) pour prendre une participation dans une banque-bombe-nucléaire dont les engagements notionnels en CDS et autres contrats financiero-faustiens représentent 5 fois le PIB de 500 millions d’Européens !!!!

Imaginez la situation totalement isoluble et folle… un Rubik’s Cube avec 130.000 cubes de chaque côté à mettre d’équerre…

Si Angela Merkel nationalise la banque, alors l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Grèce et la France pourront se livrer à un concours de celui qui hurle le plus fort contre le viol des règles européennes (qui interdisent le sauvetage d’une banque par l’Etat).

D’ailleurs cela n’a pas traîné: Rome menace de mettre 3 ou 4 banquiers allemands en prison pour avoir aidé la banque Monte Pesachi de Sienne A MAQUILLER SES PERTES DE 2008 et 2009 dans leur bilan comptable (lire ici « Deutsche Bank Charged By Italy For Market Manipulation, Creating False Accounts » le rapport détaillé de ZH).

Vous n’allez pas le croire, LoL, la police italienne a découvert que la société commune DB-Monte Paschi (implantée dans un paradis fiscal) montée pour maquiller des pertes de 750 millions d’euros (sur des CDS), a été baptisée… Santorin !!!!

– Blythe Masters sors de ce volcan…

Cela promet une belle éruption, en effet… et Pompei ne sera pas seulement Sienne, ce sera aussi Munich et Francfort !!!

Mais le plus grave est le suivant: imaginez que tout à coup les Allemands se ruent aux guichets et décident de retirer leurs dépôts !!! ZH écrit à propos de la manipulation média de l’AFP de vendredi: « It also means that the catalyst for Friday’s ramp was, as we suspected, nothing but the latest attempt at media manipulation meant to push DB stock higher and prevent a concerned German population from pulling its cash out of the bank, of which DB has well over €300 billion in retail deposits. » Une seule solution reste: la maudite planche à billets de la Fed, 100 milliards à donner à une banque américaine quelconque, genre Wells Fargo, qui rachètera ainsi la banque allemande afin que le monde entier n’explose pas dans les semaines à venir.

Autrement, on vivra un Lehman Brothers puissance mille. Dans tous les cas, il faut être prêt à tout. Revue de Presse par Pierre Jovanovic © www.jovanovic.com 2008-2016

 

ET LA COMMERZBANK VEND SON SIEGE SOCIAL EN CATASTROPHE !!!
du 2 au 6 octobre 2016 : Comme les mauvaises nouvelles volent en escadrille en ce moment pour les banques allemandes, notre lecteur Mr Gosset a vu dans la presse du Luxembourg que « la banque allemande a annoncé ce vendredi avoir cédé à une filiale du sud-coréen Samsung le gratte-ciel qui porte son nom à Francfort. Cette vente doit lui permettre de faire des économies au lendemain de l’annonce d’une vaste restructuration. « Commerzbank a accepté la vente de la Commerzbank Tower à Samsung SRA Asset Management, une filiale de la division d’assurance-vie de Samsung Group ». L’établissement financier continuera à occuper le bâtiment grâce à un bail prolongeable d’une durée de 15 ans« .

Traduction en français: « il n’y a pas que le siège social de la Deutsche Bank qui est en feu, il y a aussi le QG de la Commerzbank« .

«  Le gratte-ciel haut de 259 mètres, dont les lumières jaunes à l’effigie de la banque illuminent la ville le soir, est la plus haute tour d’Allemagne. Il accueille le siège de l’institut bancaire depuis son inauguration en 1997« .

Ma précision: voici 10 jours Commerzbank a annoncé 9.000 licenciements secs. Environ 4 jours plus tard, la banque a rajouté sur la liste 600 banquiers de plus. Lire ici l’AFP dans L »Essentiel.lu.

La première chose que fait une banque est l’achat de l’immeuble de son siège social… Le fait que la Commerzbank vend le sien à toute vitesse vous montre que sa situation est aussi grave que celle de la Deutsche Bank. Revue de Presse par Pierre Jovanovic © www.jovanovic.com 2008-2016

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Publié par le 6 octobre 2016 dans économie, général, International

 

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Va-t-on vers une nouvelle crise bancaire ?

Le gourou de la finance Bill Gross  invite les investisseurs à fuir les valeurs bancaires. Ici, au cours d'une conférence à Chicago en juin 2014.

Le gourou de la finance Bill Gross invite les investisseurs à fuir les valeurs bancaires. Ici, au cours d’une conférence à Chicago en juin 2014. – REUTERS/Jim Young

Les médias mainstreams se réveillent un par un, un peu comme des graines qui germent de façon désordonnée .

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Je m’explique: lorsque le rendement d’une obligation à trente ans passe de 0 à 1%, la perte en capital est de 26%. En d’autres termes, une obligation qui valait 100 ne vaut plus que 74. En revanche, lorsque ce même rendement passe de 5 à 6%, la perte en capital n’est « que » de 14%. Les activités de marché des banques sont donc exposées à de fortes pertes en capital. Le marché l’a compris.

Mais ce n’est pas tout. Les banques ont un autre problème sur les bras: quand l’argent ne coûte rien et que la courbe des taux est plate – c’est-à-dire lorsque les taux longs se rapprochent des taux courts -, elles ne peuvent plus s’adonner à leur sport favori, le carry trade. Le ralentissement de cette activité, qui consistait à acheter et à stocker des titres en jouant sur les différentiels de taux, fait chuter mécaniquement la rentabilité de leurs salles de marché.

La faiblesse des taux d’intérêt a aussi un impact négatif sur la partie « banque de détail »: emprunter à court terme pour prêter à long terme ne rapporte plus autant qu’avant. De même, cela pénalise les activités de gestion d’actifs et d’assurance-vie. La soi-disant résilience du modèle « universel » est ainsi remise en cause dans ses fondements.

M.-A.B.-L. Je vous rejoins sur un point. La configuration actuelle des taux d’intérêt n’est pas très favorable. Cependant, les politiques monétaires responsables de cette situation n’ont pas vocation à durer. On peut imaginer que l’on va revenir progressivement vers un environnement plus normal. Par ailleurs, l’action des banques centrales a été un succès: le crédit repart. En France, il a progressé de 4,5% sur un an. Et, dans la zone euro, nous sommes repassés en territoire positif. Encore une fois, la situation n’est pas catastrophique: les résultats des grandes banques françaises sont bons. Le fait qu’elles résistent illustre la pertinence de leur modèle de banque universelle.

N’y a-t-il pas un peu de méthode Coué dans vos propos? Les banques vont souffrir si les taux d’intérêt restent proches de zéro; elles subiront des pertes si les taux longs remontent. Dans les deux cas, elles sont perdantes!

M.-A.B.-L. Si les taux longs remontent, l’activité de transformation, qui consiste à se financer à court terme pour prêter à plus long terme, connaîtra une embellie. Or la banque de détail, qui pratique cette transformation, représente environ 70% du revenu des banques françaises.

C.N. La remontée des taux longs sera bonne pour la partie « retail », mais pas pour la partie « activités de marché ». Il reste encore des stocks importants de titres dans les salles de marché, et les hausses de taux engendreront des pertes en capital. J’ajoute que, comme les banques ne peuvent plus faire de carry trade, elles se reportent vers les marchés de dérivés. Or ces marchés manquent de transparence. Ils sont déjà hypertrophiés, puisqu’ils représentent environ dix fois le PIB mondial, contre à peine trois fois en 1998, au moment de la quasi-faillite de LTCM. Aujourd’hui, 80% des encours sur les marchés de dérivés sont des dérivés de taux. Attention donc aux dommages collatéraux en cas de remontée des taux!

M.-A.B.-L. Les montants dont vous parlez sont des montants « notionnels ». Ils ne correspondent pas au risque réel porté par les banques.

C.N. Vous avez en partie raison, le marché des dérivés fonctionne un peu comme une assurance. Admettons que vous assuriez votre maison pour 500000 euros. Si la maison entière flambe, le risque porté par l’assureur sera bien de 500000 euros. En revanche, si seule la cuisine prend feu, le risque ne sera peut-être que de 12000 ou 15000 euros.

M.-A.B.-L. Dans votre raisonnement sur le marché des dérivés, vous partez du principe que toutes les maisons vont brûler en même temps. Dans cette hypothèse, aucune compagnie d’assurances ne survivrait!

C.N. Certes, et c’est bien là le problème: n’oublions pas que c’est par le marché des dérivés que la crise financière est devenue systémique. Avec les produits dérivés, on peut prendre autant de polices d’assurance que l’on veut sur un seul et même bien. A l’époque de la crise des subprimes, c’est ce qui a fait basculer l’assureur AIG.

M.-A.B.-L. Le rôle des dérivés n’est pas celui que vous décrivez. Ils peuvent aussi être des instruments de couverture. Quand Airbus s’en sert afin de gérer son risque de change, on est dans le concret. Par ailleurs, je ne pense pas que l’on puisse dire que les banques sont incitées à aller vers les marchés de dérivés. Il y a tout un pan de réglementation postcrise qui a été mis en place, et dont la Fédération bancaire ne conteste pas la légitimité. De fait, depuis le début de la crise, le secteur bancaire a doublé ses fonds propres. Il est beaucoup plus solide.

Les stress tests sont-ils efficaces? Peuvent-ils détecter les risques correctement?

M.-A.B.-L. Ils sont crédibles en raison de leur caractère régulier et de la transparence des résultats. Lors de la dernière vague de stress tests, les banques de la zone euro ont, en plus, subi un processus sans précédent de « revue de qualité des actifs », une sorte de check-up complet de leur bilan.

Le risque de crise systémique a-t-il disparu? Ici, le siège de la Société Générale, dans le quartier d'affaires de La Défense, près de Paris, en 2015.

Le risque de crise systémique a-t-il disparu? Ici, le siège de la Société Générale, dans le quartier d’affaires de La Défense, près de Paris, en 2015.

afp.com/Thomas Samson

Certes, les stress tests qu’on s’apprête à lancer aujourd’hui touchent un peu moins de banques que les précédents. Mais ils couvrent tout de même 70% du secteur bancaire européen. Par ailleurs, ces tests ne sont qu’une des modalités de surveillance des banques. Il y a aussi un nouveau système de supervision unique, qui n’a pas d’équivalent dans le monde, des ratios de solvabilité renforcés…

C.N. Je suis plutôt sceptique sur le principe même des stress tests. Ces derniers testent la solvabilité (le niveau de fonds propres), mais pas la liquidité (la capacité d’une banque à faire face à ses obligations de trésorerie en fonction de leur échéance). Or les banques sautent toujours sur un problème de liquidités. Souvenez-vous des stress tests antérieurs. L’Irlande, en 2010, les avait passés sans problème. Deux mois après, ses banques sautaient pour des questions de liquidités. Et que dire de Dexia? Cette banque a connu deux quasi-faillites en trois ans, alors que, en septembre 2008, elle avait des capitaux propres largement supérieurs à ce que la réglementation demandait, et que, en 2011, elle avait réussi les stress tests sur la solvabilité.

Vous évoquez le processus de revue de qualité des actifs, mais, ce qu’il faut savoir, c’est que les grosses banques évaluent elles-mêmes leurs risques et que les superviseurs n’ont pas toujours les moyens de valider les modèles de gestion des risques utilisés. Danièle Nouy, présidente du Mécanisme de supervision unique au sein de laBanque centrale européenne, s’en est déjà émue en public. Selon elle, il faudrait dix ans pour auditer correctement ces modèles de gestion de risques.

Les stress tests ne sont pas inutiles, mais ils ne « stressent » pas la bonne chose. Il s’agit avant tout d’un exercice de communication financière fait pour rassurer. En France, le Fonds de garantie des dépôts est d’environ 2 milliards d’euros, alors que les dépôts représentent 1500 milliards. Si une crise systémique subvenait, on ne pourrait pas tenir longtemps.

Le risque systémique n’a donc pas disparu?

C.N. Il existe toujours. Le Conseil de stabilité financière a identifié 30 banques capables de « faire sauter le système » au niveau mondial. Parmi elles, il y a une allemande (Deutsche Bank) et quatre françaises (BNP Paribas, Crédit agricole, Société générale et BPCE).

M.-A.B.-L. Il ne faut pas confondre la taille d’une banque et le risque. En France, les grandes banques n’ont pas posé problème durant la crise financière. En Italie, les difficultés récentes n’ont pas porté non plus sur des grandes banques. Par ailleurs, le Conseil de stabilité financière dont vous parlez a pris un certain nombre de mesures spécifiques aux banques systémiques. Celles-ci sont désormais soumises à des ratios spécifiques. Le TLAC, par exemple, oblige les banques concernées à constituer et à conserver un matelas de ressources transformables en fonds propres.

L’idée est de pouvoir faire face à des difficultés sans faire appel à des Etats. D’autres mesures importantes ont ensuite été prises, comme la mise en place d’un nouveau système de supervision bancaire, ou celle d’un Fonds de résolution européen. Bientôt, il y aura 2000 personnes à Francfort et 300 à Bruxelles, dont le travail consiste à vérifier que notre système bancaire tient la route. Sans compter les autorités nationales. Nous sommes dans un système ultracontrôlé!

Difficile, en effet, de nier cette surveillance accrue. Le premier pilier de l’union bancaire, qui concerne justement la supervision des banques, est d’ailleurs le seul à avoir été mis en oeuvre.

C.N. Certes, mais il y a tout de même quelque chose qui me dérange. Il ne faut pas confondre la résilience d’une grande banque avec le fait que, parce qu’elle est systémique, elle doit être soutenue. Pendant la crise, on a soutenu les banques françaises – et d’autres – parce qu’on ne pouvait pas se permettre de les laisser tomber. Elles auraient entraîné toutes les autres. De fait, les banques systémiques bénéficient d’une subvention implicite des Etats, qui sont leurs otages.

Et l’expérience montre que les systèmes de gestion des risques des banques ont un « angle mort ». Ils ne voient pas toujours d’où vient le danger. Souvenez-vous de la fameuse « baleine de Londres » chez JP Morgan, en 2012. Cette affaire concernait une position de dérivés de 100 milliards de dollars. Le système de risque indiquait une perte potentielle de 30 millions et, finalement, la banque a perdu plus de 6 milliards!

Au final, l’épargnant européen est-il bien protégé, avec notamment le nouveau système de garantie des dépôts?

M.-A.B.-L. Nous avons désormais un système de garantie des dépôts dont le montant a été fixé à 100000 euros pour l’ensemble des pays de la zone euro. Ce système, c’est ce qui reste si tout saute. Mais, encore une fois, ce scénario est hautement improbable puisqu’on a renforcé les contrôles, les réglementations. Nous avons désormais plusieurs ratios de liquidités, des superviseurs plus « musclés », un Fonds de résolution européen… Bref, une série inédite de garde-fous.

C.N. A titre de comparaison, la garantie de dépôt est de 250000 dollars aux Etats-Unis. En 2008 en France, elle n’était que de 70000 euros et atteignait à peine 20000 euros aux Pays-Bas! Mais cela n’est pas rassurant pour autant. Le Fonds de résolution européen destiné à renflouer les banques atteindra péniblement 55 milliards d’euros en 2023. S’il était opérationnel et qu’on avait puisé dedans pour sauver Dexia, il aurait déjà fondu de moitié! L’absurdité de la situation actuelle, c’est que n’ayant toujours pas séparé les banques, le plus sûr pour un épargnant aujourd’hui, c’est de déposer son argent dans une banque systémique! Le cercle vicieux s’auto-entretient…

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Publié par le 28 avril 2016 dans économie, général, International

 

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