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L’explosion des troubles chez les tout-petits surexposés aux écrans

Un enfant regarde un dessin animé sur une tablette.
Serge Tisseron: il faut alerter la population sur l’aspect catastrophique des écrans sur les jeunes enfants. – © LEON NEAL – AFP

Une polémique qui n’est pas neuve vient d’être relancée en France par une enquête publiée par le Figaro. La conclusion d’un médecin est que les bébés et les enfants élevés à la tablette et au smartphone présentent des comportements « ressemblant à des symptômes autistiques « . Plutôt que de paniquer, mieux vaut adopter quelques règles.

L’enquête évoque rien moins que l’explosion des troubles chez les tout-petits surexposés aux écrans. Le médecin prend en exemple un petit garçon qui, familiarisé à la tablette numérique dès ses 18 mois, refuse désormais de se mettre à table, ou de s’endormir s’il n’a pas son écran sous le nez. Et depuis son arrivée en maternelle, il ne répond pas à son prénom et regardait dans le vide.

Troubles d’apprentissage et difficultés à fixer le visage d’autrui

Nous avons contacté Serge Tisseron, psychiatre réputé pour sa théorie  » 3, 6, 9, 12  »  (voir infra) sur les enfants confrontés à l’écran. Il a rencontré, mardi, les auteurs de l’enquête. Et s’il se dit en accord avec certains constats, il l’est moins sur la stratégie à mener.  » Il faut alerter la population sur l’aspect catastrophique des écrans sur les jeunes enfants. Cela peut effectivement causer des troubles d’apprentissage et entraîner des difficultés à fixer le visage d’autrui.  Mais est-ce de l’autisme ou du pseudo-autisme? Je l’ignore. On constate qu’il suffit d’arrêter l’accès à la télévision pour supprimer les symptômes. »

Mais alors que l’auteur de l’enquête croit dans la nécessité de  » culpabiliser les parents « , selon Serge Tisseron, lui assure que tous les programmes ‘antitélé’ ont toujours échoué:  » En général, ces enfants regardent la télévision avec leurs parents. Ce qu’il faut, ce sont des programmes sociaux pour aider les parents« .  Sa conclusion est d’ailleurs optimiste :  » Une fois arrivé à l’âge scolaire, l’enfant tire un bénéfice de l’usage des écrans.  »

Rappeler la règle du 3, 6, 9, 12

En Belgique, Yapaka connaît bien le problème. Cet organisme de la Fédération Wallonie-Bruxelles est responsable de la prévention de la maltraitance à l’égard des enfants.

Pour Claire-Anne Sevrin. Directrice de Yapaka, il est important, pour les parents, de maîtriser les écrans et d’accompagner les enfants dans leur rencontre avec ces fenêtres virtuelles en fonction de leur stade développement. Elle rappelle la règle du 3, 6, 9, 12 popularisée par le psychiatre français Serge Tisseron et largement partagée par les professionnels de l’enfance. La règle est facile à retenir : pas d’écran avant 3 ans, pas de console de jeu avant 6 ans, pas d’internet seul avant 9 ans et pas de réseau social avant 12 ans.

La vraie vie pour mieux gérer l’existence virtuelle

 » Il ne faut pas diaboliser les écrans, mais avant 3 ans un enfant doit faire sa propre expérience de la vie avant de découvrir les écrans. Tout le temps qu’il passe devant une télévision est soustrait au temps qu’il passe à apprendre à toucher des matières, à taper sur une boîte en plastique et à être acteur du monde qui l’entoure. Il doit profiter de ces quelques années pour développer ses cinq sens « . Un écran en fait un simple spectateur. Ce qui lui fait rater son développement avant 3 ans. Le site de Yapaka est sans ambiguïté : « A l’heure où les écrans captivent les plus jeunes par leur praticité, leur instantanéité et leur aspect ludique, une utilisation de ceux-ci, avant 3 ans, peut interférer négativement dans le développement des enfants« .

C’est la raison qui doit inciter à ne pas laisser jouer les enfants de moins de six ans avec des consoles de jeux. « Tout le temps qu’il passe devant une console, il ne le consacre pas au développement de son intelligence sensori-motrice. »

Ce n’est pas un problème de technologie

Et c’est toujours la même réflexion qui milite pour ne pas laisser les moins de 12 ans, seuls devant des réseaux sociaux. Il est important de créer des relations réelles avant de se créer une vie virtuelle, explique Claire-Anne Sevrin par un exemple :  » On ne lâche pas un enfant de 12 ans dans une ville qu’il ne connaît pas s’il n’a pas appris à trouver son chemin ou à lire une carte « .

Mais pour la directrice de Yapaka, ce n’est pas un problème de technologie.  » C’est plutôt une manière de se comporter face à la technologie. Face à une personne virtuelle, va-t-on la harceler, l’injurier ou plutôt faire montre d’empathie ? C’est l’accompagnement des parents qui permet de faire la différence « .

Enfin, Serge Tisseron veut rassurer les parents accros aux nouvelles technologies et qui veulent en faire profiter leurs enfants :  » Votre enfant ne sera jamais en retard en matière de nouvelles technologies. S’il vit loin des écrans, il rattrapera très vite les compétences acquises par d’autres.  »

L’autre victime de l’usage d’un écran est le temps: regarder une tablette, une télé ou un smartphone est atrocement chronophage. Qui oserait prétendre le contraire?

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