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Crise au Venezuela : Maduro accuse les États-Unis de fomenter un coup d’État

Le président vénézuélien Nicolas Maduro s'est exprimé mardi 18 avril dans le palais Miraflores, à Caracas. ©Reuters
Le président vénézuélien Nicolas Maduro s’est exprimé mardi 18 avril dans le palais Miraflores, à Caracas. ©Reuters

Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, a accusé les États-Unis d’avoir donné leur feu vert à un coup d’État dans ce pays.

« Les États-Unis et notamment le département d’Etat, ont donné leur feu vert et leur approbation à un processus putschiste effronté, en vue d’une intervention au Venezuela », a ainsi affirmé le président vénézuélien mardi soir, dans son palais de Miraflores, à Caracas, lors d’une réunion diffusée à la radio et la télévision.

En effet, cette accusation intervient après que le porte-parole du département d’État américain, Mark Toner, s’est ingéré dans les affaires intérieures du Venezuela et a osé adresser une sévère mise en garde aux responsables de Caracas concernant les manifestations de l’opposition.

Plus loin dans ses propos, le président Maduro s’en est violemment pris au président du Parlement, Julio Borges, disant qu’il devrait être poursuivi pour appel au coup d’État.

« Ce que Borges a fait aujourd’hui constitue une violation de la Constitution et, pour ce fait, il doit être poursuivi », a réitéré le président vénézuélien.

Par ailleurs, les manifestations antigouvernementales se sont poursuivies, mercredi 19 avril, où au moins trois personnes ont été tuées.

Selon Reuters, trois personnes, deux civils et un militaire, ont été tuées mercredi pendant les rassemblements entre les opposants et les partisans du président Nicolas Maduro.

Les anti-Maduro ont appelé à de nouveaux rassemblements ce jeudi 20 avril.

 
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Publié par le 20 avril 2017 dans général, International, Politique

 

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Au Venezuela, les commerçants se mettent à peser les billets

Surperformance massive des marchés boursiers Vénezuelien et Zimbabwéen Avec le bolivar en hyperinflation et le dollar zimbabwéen sur le point d’etre en hyperinflation alors que Mugabe imprime de l’ argent une fois de plus , ces «marchés» reflètent simplement  l’effondrement de la valeur de la monnaie locale.

Le Venezuela a été emporté dans une spirale de la mort, et la situation aura de fortes chances de s’aggraver avant de pouvoir s’améliorer.

A mesure que la devise de la nation d’Amérique du Sud continue de perdre de sa valeur, le peuple du Venezuela se trouve forcé de transporter des piles de billets pour se procurer des biens et services de la vie de tous les jours – un grand nombre de marchands pèse désormais littéralement les billets plutôt que de perdre du temps à les compter.

Voilà qui ne présage rien de bon.

Le Venezuela continue de répéter les erreurs des autres nations en faillite, et sa devise s’approche de jour en jour d’une hyperinflation totale, comme c’est arrivé au Zimbabwe et sous la République de Weimar en Allemagne.

Voici ce que nous en dit The Independent :

Au Venezuela, l’inflation devrait atteindre 720% cette année, et le plus gros billet émis par le pays ne vaut désormais plus que 5 cents sur le marché noir.

Certains commerçants ont commencé à peser les billets que leurs tendent leurs clients plutôt que de prendre le temps de les compter. Dans l’Etat d’Amérique du Sud, les portefeuilles de taille standard sont désormais inutilisables. Les gens se contentent de remplir leurs sacs à main ou à dos de billets, et certains analystes ont décrit la situation comme le parfait exemple d’une « inflation galopante ».

[…]

Humberto Gonzalez, qui tient une épicerie en ville, utilise la même balance pour peser les tranches de fromage qu’il vend et les piles de billets avec lesquelles le paient ses clients.

« C’est triste… et je suis persuadé que le fromage vaut bien plus. »

[…]

« La pesée de billets est un signe d’une inflation galopante. Mais les Vénézuéliens ne savent pas à quel point la situation a dégénéré, parce que le gouvernement refuse de publier quelque chiffre que ce soit. »

Depuis maintenant plusieurs années, le Président Maduro imprime sans cesse de l’argent dans l’espoir de faire face à la crise pétrolière et à l’effondrement de la valeur du bolivar. En conséquence, sa monnaie ne vaut plus rien.

Les planches à billets ne pourront pas sauver le pays de cette spirale de la mort, mais cela ne signifie pas que Maduro est prêt à abandonner son pouvoir. Comme il l’a déjà expliqué, les problèmes de son pays sont la conséquence de la guerre économique que lui mènent les Etats-Unis, qui cherchent à renverser son régime socialiste enrichi par le pétrole.

Bremmer Rodrigues, qui dirige une boulangerie dans la banlieue de Caracas, a expliqué que sa famille ne sait plus que faire de tous ces sacs de billets. « C’est une montagne de billets, qui grandit de jour en jour. »

[…]

La chute de la valeur de la devise nationale signifie désormais que retirer l’équivalent de 5 livres auprès d’un distributeur automatique produit plus de 100 billets. Certains distributeurs automatiques doivent être remplis toutes les trois heures, parce qu’ils ne peuvent pas contenir suffisamment d’espèces. Il n’y a souvent que quelques distributeurs opérationnels à Caracas, et les files de gens qui attendent de retirer de l’argent sont parfois interminables.

Le Venezuela devrait bientôt émettre de plus grosses coupures, mais il est impossible de savoir si cela pourra aider le pays à faire face à ses problèmes actuels.

Maduro a tenté de faire face à un effondrement et à éviter l’inévitable en dirigeant son pays avec une poigne de fer.

En conséquence, son peuple s’est trouvé forcé d’endurer de très longues files d’attentes pour obtenir des rations de nourriture, la vie de tous les jours s’est trouvée plus perturbée que jamais, et le crime et la pauvreté se sont propagés.

Les pénuries de nourriture et la hausse des prix des biens de la vie de tous les jours, de la viande et des autres produits alimentaires sur le marché noir en ont poussé beaucoup à chasser des animaux errants ou à prendre d’autres mesures désespérées. La malnutrition devient rampante, et la santé de la société dans son ensemble atteint des niveaux alarmants.

Comme l’a rapporté Shaun Bradley :

La vie au Venezuela consiste désormais en des magasins vides, une recrudescence des crimes violents, et une multiplication des pénuriesde toutes sortes. Les conditions politiques et économiques se détériorent depuis des années, mais les plus récents articles que nous pouvons lire sur le sujet sont bouleversants. Les bars n’ont plus de bière, les restaurants McDonald’s n’ont plus de pain, et les pannes de courant se font de plus en plus régulières. Un individu moyen passe 35 heures par mois à faire la queue pour acheter des produits rationnés. Même le papier toilette et le dentifrice font l’objet de régulations strictes.

Jason Marczak, directeur de l’Initiative sud-américaine pour la croissance économique, s’est prononcé sur la situation :

« Quand les gens ont faim, et que les enfants meurent à la naissance parce qu’on ne peut pas leur administrer les médicaments nécessaires… quand même le Tylenol n’est plus disponible… la population sombre dans l’angoisse. »

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Publié par le 30 novembre 2016 dans économie, général, International

 

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Le Venezuela au bord de la révolution : Le Vatican met en garde contre « une effusion de sang »

L’archevêque italien Claudio Maria Celli et le président vénézuélien Nicolas Maduro, au palais présidentiel, à Caracas, le 31 octobre.

L’archevêque italien Claudio Maria Celli et le président vénézuélien Nicolas Maduro, au palais présidentiel, à Caracas, le 31 octobre. HO / AFP

« Il y a des gens qui n’ont pas peur de voir le sang . Voilà ce qui me préoccupe. »

Il y a quelques semaines nous avions prévenu que le Venezuela était au bord de la révolution après que Maduro a pris des mesures pour bloquer un référendum révocatoire qui selon beaucoup aurait abouti à son éviction. En réponse, l’ opposition politique à Maduro a exhorté les Vénézuéliens à descendre dans les rues pour protester contre le mouvement dont ils disent qu’il équivaut à un coup d’ Etat.

Le peuple vénézuélien, on le sait, a déjà tout perdu, ou presque. Pénuries de denrées alimentaires, de produits d’hygiène et de médicaments ; hyperinflation, de 700 % par an ; dollar échangé à 2 000 bolivars sur le marché parallèle (contre 6,30 au taux officiel), dans une économie qui doit tout importer ; industrie pétrolière en ruine et endettée : le Venezuela est en faillite et menacé d’une explosion de mécontentement populaire.

Apparemment , nous ne sommes pas si loin de notre prédiction concernant cette «révolution» . Le Vatican et l’Union des nations sud – américaines ont récemment appelé à négocier une trêve entre le gouvernement vénézuélien et les dirigeants de l’ opposition alors que la situation a continué à devenir hors de contrôle .

Afin de calmer les tensions, Maduro a accepté de libérer quelques membres de l’ opposition politique de prison et l’opposition a annulé un «procès» symbolique au Congrès contre Maduro et une manifestation. Cela dit, comme Le Monde  le souligne, si les pourparlers négociés par le Vatican n’aboutissent pas, le résultat pourrait bien être « effusion de sang » (Zero Hedge) :

Tout faire pour éviter un bain de sang au Venezuela et poursuivre coûte que coûte le dialogue entre le gouvernement du président Nicolas Maduro et l’opposition. Tel est l’appel de l’archevêque italien Claudio Maria Celli, envoyé par le pape François comme médiateur au Venezuela.

« S’il advient qu’une partie ou une autre veut mettre fin au dialogue, ce n’est pas le pape, mais le peuple vénézuélien qui y perdra, parce que la voie ouverte pourrait être celle du sang », a mis en garde l’émissaire de Rome dans un entretien, publié samedi 5 novembre. Le dialogue doit reprendre le 11 novembre, après l’élection américain

Il est à craindre une rupture dans les négociations pourrait voir un retour des affrontements de rue entre les manifestants anti-Maduro et les forces de sécurité, et peut-être une escalade dans la violence pure et simple.

« Il y a des gens qui n’ont pas peur de voir le sang. Voilà ce qui me préoccupe », a déclaré Celli.

Il a dit que François jouait un « rôle important » dans les pourparlers.

« Nous courons un risque, » at-il admis. « Nous allons voir. Que Dieu nous aide. »

Cela dit, il y a déjà des signes que les pourparlers entre Maduro et son opposition sont sur le point de voler en éclats alors que les leaders de l’ opposition ont demandé la libération de plus de «prisonniers politiques» ,  Maduro a tiré en arrière : « Il ne peut y avoir aucun ultimatums » 

Compte tenu de la crise économique extrême au Venezuela , qui a donné lieu à de graves pénuries alimentaires, l’ hyperinflation et ainsi de suite, nous ne sommes pas sûr que les Vénézuéliens seront prêts à maintenir la trêve du Vatican .

 
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Publié par le 7 novembre 2016 dans général

 

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Scènes d’apocalypse au Venezuela : « D’innombrables blessés » après que 5000 personnes eurent dévalisé un supermarché à la recherche de nourriture

Et Ce qui devait arriver arriva – De la mort de Chavez à la déstabilisation (de Maduro) puis l’effondrement du Venezuela, la CIA est passé par là …

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Au cours des dernières années, nous avons documenté avec la régularité d’une horloge l’effondrement du Venezuela jusqu’à un statut d’État en faillite, ce qui a été cimenté il y a quelques semaines, quand la nouvelle est tombée que « le Venezuela était officiellement à court d’argent pour imprimer de nouveaux fonds ». À ce moment-là, la meilleure chose qu’ils pouvaient faire était simplement de prendre du recul et de regarder la société locale comme une civilisation tournée sur elle-même, déclenchant ce qui allait se transformer en triste apocalypse du Venezuela lui-même.

Hier soir, nous avons montré à quoi Caracas, ressemblait cette semaine :

Comme nous l’écrivions alors, ce sont tout simplement les Venezuéliens affamés qui protestaient que leurs enfants étaient en train de mourir d’un manque de nourriture et de médicaments, et qu’ils ne possédaient pas suffisamment d’eau ou d’électricité. Comme l’a ajouté AgainstCronyCapitalism, c’est un pays avec plus de pétrole que l’Arabie Saoudite et le gouvernement qui a volé tout l’argent, et maintenant ils encerclent des manifestants pacifiques et les menacent avec des bombes (ou de les mettre en prison pour les torturer).

Un pur désespoir a pris place, le crime devient inévitable. Un homme accusé d’agression de personnes dans les rues de Caracas a été entouré par une foule de spectateurs, battu et brûlé vif, une vidéo pixélisée, mais qui reste un élément graphique a été publiée de l’homme brûlant vif alors que maintenant la justice populaire est l’arbitre suprême de qui vit et qui meurt :

« Roberto Fuentes Bernal, 42 ans, aurait été surpris en train d’agresser des passants dans la capitale venezuélienne, et avant que la police arrive sur les lieux, la foule a fait sa propre loi avec ses propres mains. » La vidéo peut être vue ici.

Maintenant, dans le dernier développement choquant, le Venezuela a vu une nouvelle vague de pillage cette semaine qui a entraîné au moins deux morts, un nombre incalculable de blessés, et des millions de dollars de pertes et de dommages.

Selon Panampost, mercredi matin, une foule a pillé le marché de gros de Maracay dans la région centrale du Venezuela. Selon les témoignages des marchands, les files d’attente sans fin que les Venezuéliens affrontaient pour se procurer des produits d’épicerie ne pouvaient pas être organisées ce jour-là.

 

Au fil du temps, les Venezuéliens désespérés sont devenus de plus en plus anxieux de ne pas pouvoir acheter de la nourriture. Ensuite, ils ont commencé à sauter par-dessus les portes et ont pris d’assaut le supermarché.

« Ils ont pris le lait, les pâtes, la farine, l’huile et le lait en poudre. Il y avait 5000 personnes »a déclaré un témoin à la sortie du Venezuela El Estímulo.

Des gens venant de partout dans l’État tout entier sont venus au supermarché parce qu’il y avait des rumeurs que certains produits ne se trouvant nulle part ailleurs y auraient été vendus.

En raison de la foule massive, les autorités ont été incapables de maintenir l’ordre. « Il y avait 250 personnes pour chaque officier de la Garde nationale … beaucoup de gens et quelques soldats. Au moins un policier a été battu parce qu’il a essayé d’arrêter la foule », a déclaré une autre source à El Estímulo.

Les autres dispensaires alimentaires gérés par le gouvernement ont également été pillés par le peuple.

Loin du paradis socialiste promis, alors que la foule massive se déplaçait, une porte d’entrée s’est effondrée sous le poids des gens, faisant plusieurs blessés.

L’image ci-dessous montre une ruée humaine sur le riz.

Au cours des deux dernières semaines, plusieurs provinces ont accueilli des scènes de pillage dans les pharmacies, les centres commerciaux, les supermarchés et les camions de livraison de nourriture. Dans plusieurs marchés, les cris de « nous avons faim ! » ont fait écho . Le 27 avril, la Chambre venezuélienne des aliments (CAVIDEA) a rapporté que les producteurs de denrées alimentaires du pays avaient seulement 15 jours de réserve d’inventaire.

PanamPost ajoute que les pillages sont des événements de plus en plus courants au Venezuela, alors que la pénurie alimentaire du pays a donné lieu à un autre incident violent dans un supermarché – cette fois dans le Luvebras Automarket situé dans la province de La Florida de Caracas.

Les Venezuéliens ont perdu le contrôle cette semaine quand ils ont donné de petites portions

Les Vidéos postées sur les médias sociaux ont montré des gens désespérés tombant les uns sur les autres en essayant d’obtenir des sacs de riz. Un utilisateur a indiqué que le pillage avait eu lieu parce qu’il est difficile d’obtenir des céréales, et donc les gens « ont cassé les portes et endommagé les infrastructures »

Dans la province centrale de Carabobo, les résidents ont pillé un entrepôt de maïs situé dans la ville côtière de Puerto Cabello. Ils auraient cassé la porte parce que les employés ont donné de petites portions.

« Il n’y a pas de riz, pas de pâtes, pas de farine », a déclaré le résident Glerimar Yohan à La Costa, « seulement la faim. »

* * *

L’effondrement social est inévitable

Avec la mort de l’économie, la seule chose qui reste est de regarder comment la société implose. À cette fin, Oscar Meza, directeur du Centre de documentation pour l’analyse sociale (Cendas-FVM), a déclaré que les mesures de la rareté et de l’inflation en mai vont être les pires à ce jour. « Nous avons officiellement déclaré que le mois de mai était celui où la faim a commencé à se répandre au Venezuela », a déclaré Web Noticias Venezuela… « Quant à Mars, il y a eu une augmentation des prix annuels en raison de l’ inflation – une augmentation de 582,9 pour cent pour la nourriture, alors que le niveau de la rareté des produits de base reste à 41,37 pour cent. »

« Nous avons officiellement déclaré que le mois de mai était celui où la faim a commencé à se répandre
au Venezuela », a dit une ONG qui mesure l’ inflation et la pénurie

Meza a déclaré que le déclenchement de la crise est dû au manque de pain et d’autres aliments dérivés du blé.

« Les prix sont si élevés que vous ne pouvez pas acheter quoi que ce soit, comme les gens ne peuvent pas acheter du pain, ils ne peuvent pas acheter de la farine. Et vous obtenez un porridge, vous voyez le prix du poulet monter et les familles luttent … le déjeuner coûte environ 1500 bolivars… Les gens doivent prendre de la nourriture à la maison pour aller travailler, mais maintenant vous ne pouvez plus parce que vous n’avez plus de nourriture à la maison. »

C’est pourquoi, Español Ramón Muchacho, maire de Chacao à Caracas, a déclaré que les rues de la capitale du Venezuela sont remplies de gens qui tuent des animaux pour les manger. Muchacho a rapporté qu’au Venezuela, c’est une « réalité douloureuse » que les gens « chassent les chats, les chiens et les pigeons « pour soulager leur faim. »

Par conséquent, Muchacho a averti que les îles des Caraïbes et la Colombie pourraient subir un afflux de réfugiés en provenance du Venezuela, si les pénuries alimentaires continuent dans le pays.

« Comme la faim se répand, nous avons pu voir de plus en plus de Venezuéliens fuyant par terre ou par mer vers les îles », a dit Muchacho.

Et voilà comment toutes les utopies socialistes finissent toujours.

* * *

Pendant ce temps, alors que la guerre civile semble inévitable, comme signalé précédemment, il y a des factions en lice pour évincer Maduro, même si nous sommes persuadés que le dictateur se heurtera sur la vie chère (littéralement) et forcera sa population à supporter plus de ce cauchemar socialiste. On ne peut qu’espérer que ces scènes choquantes restent reléguées dans les rues des paradis socialistes perdus en mer, bien que les Américains devraient toujours se préparer au pire dans le cas où ils auraient finalement réussi à se frayer un chemin dans le pays.

 

Source(s) : Crashdebug.fr via Zerohedge.com sur la piste du Contributeur anonyme

 
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Publié par le 17 mai 2016 dans économie, général, International

 

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Obama rate son coup d’État au Venezuela

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Le président Obama avec son conseiller pour l’Amérique latine, Ricardo Zuñiga, et la conseillère nationale de sécurité, Susan Rice.
© Maison-Blanche

Une nouvelle fois, l’administration Obama a tenté de changer par la force un régime politique qui lui résiste. Le 12 février, un avion d’Academi (ex-Blackwater) maquillé en aéronef de l’armée vénézuélienne devait bombarder le palais présidentiel et tuer le président Nicolas Maduro. Les comploteurs avaient prévu de placer au pouvoir l’ex-députée María Corina Machado et de la faire immédiatement acclamer par d’anciens présidents latino-américains.

Le président Obama avait prévenu. Dans sa nouvelle doctrine de Défense (National Security Strategy), il écrivait : « Nous nous tenons aux côtés des citoyens dont le plein exercice de la démocratie est en danger, tel que les Vénézuéliens ». Or, le Venezuela étant, depuis l’adoption de la constitution de 1999, l’un des États les plus démocratiques au monde, cette phrase laissait présager du pire pour l’empêcher de poursuivre dans sa voie d’indépendance et de redistribution des richesses.

C’était le 6 février 2015. Washington terminait de mettre au point le renversement des institutions démocratiques du Venezuela. Le coup d’État avait été planifié pour le 12 février.

L’« Opération Jéricho » était supervisée par le Conseil national de sécurité (NSC), sous l’autorité de Ricardo Zuñiga. Ce « diplomate » est le petit fils du président homonyme du Parti national du Honduras qui organisa les putschs de 1963 et de 1972 en faveur du général López Arellano. Il dirigea la station de la CIA à La Havane (2009-11) où il recruta des agents et les finança pour former l’opposition à Fidel Castro tout en négociant la reprise des relations diplomatiques avec Cuba (finalement conclue en 2014).

Comme toujours dans ce type d’opération, Washington veille à ne pas paraître impliqué dans les événements qu’il dirige. La CIA agit au travers d’organisations prétendument non-gouvernementales pour organiser les putschistes : la National Endowment for Democracy et ses deux pseudopodes de droite (International Republican Institute) et de gauche (National Democratic Institute), Freddom House, et l’International Center for Non-Profit Law. En outre, les États-Unis sollicitent toujours leurs alliés pour sous-traiter certaines parties du coup, en l’occurrence au moins l’Allemagne (chargée de la protection des ressortissants de l’Otan durant le coup), le Canada (chargé de contrôler l’aéroport international civil de Caracas), Israël (chargé des assassinats de personnalités chavistes) et le Royaume-uni (chargé de la propagande des putschistes). Enfin, ils mobilisent leurs réseaux politiques qui se tiennent prêts à reconnaître les putschistes : à Washington le sénateur Marco Rubio, au Chili l’ancien président Sebastián Piñera, en Colombie les anciens présidents Álvaro Uribe Vélez et Andrés Pastrana, au Mexique les anciens présidents Felipe Calderón et Vicente Fox, en Espagne l’ancien président du gouvernement José María Aznar.

Pour justifier du putsch, la Maison-Blanche avait encouragé de grandes sociétés vénézuéliennes à entreposer plutôt qu’à distribuer des marchandises de première nécessité. L’idée était de provoquer des files d’attente devant des commerces, puis d’infiltrer des agents dans la foule pour provoquer des émeutes. En réalité, s’il y a bien eu des problèmes d’approvisionnement en janvier-février et des queues devant des magasins, jamais les Vénézuéliens n’attaquèrent de commerces.

Pour renforcer son action économique, le président Obama avait signé, le 18 décembre 2014, une loi imposant de nouvelles sanctions contre le Venezuela et plusieurs de ses dirigeants. Officiellement, il s’agissait de sanctionner les personnalités ayant réprimé les protestations estudiantines. En réalité, depuis le début de l’année, Washington payait un salaire —quatre fois supérieur au revenu moyen— à des gangs pour qu’ils attaquent les forces de l’ordre. Les pseudos-étudiants avaient ainsi tué 43 personnes en quelques mois et semaient la terreur dans les rues de la capitale.

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Ancien numéro 2 de l’Isaf en Afghanistan, le général Thomas W. Geary est aujourd’hui chargé du Renseignement au SouthCom.

L’action militaire était supervisée par le général Thomas W. Geary, depuis le SouthCom à Miami, et Rebecca Chavez, depuis le Pentagone, et sous-traitée à l’armée privée Academi (ex-Blackwater) ; une société désormais administrée par l’amiral Bobby R. Inman (ancien patron de la NSA) et John Ashcroft (l’ancien Attorney General de l’administration Bush). Un Super Tucano, immatriculé N314TG, acheté par la firme de Virginie en 2008 pour assassiner Raul Reyes, le n°2 des Farc de Colombie, devait être maquillé en avion de l’armée vénézuélienne. Il devait bombarder le palais présidentiel de Miraflores et d’autres cibles parmi une douzaine pré-déterminée, comprenant le ministère de la Défense, la direction du Renseignement et la chaîne de télévision de l’ALBA, TeleSur. L’avion étant stationné en Colombie, le QG opérationnel de « Jéricho » avait été installé à l’ambassade des États-Unis à Bogota avec la participation de l’ambassadeur Kevin Whitaker et de son adjoint Benjamin Ziff.

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Quelques officiers supérieurs, en active ou à la retraite, avaient enregistré à l’avance un message à la Nation dans lequel ils annonçaient avoir pris le pouvoir afin de rétablir l’ordre. Il était prévu qu’ils souscrivent au plan de transition, publié le 12 février au matin par El Nacional et rédigé par le département d’État US. Un nouveau gouvernement aurait été formé, conduit pas l’ancienne députée María Corina Machado.

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Le coup d’État devait placer au pouvoir María Corina Machado. Le 26 janvier, elle recevait à Caracas ses principaux complices étrangers.

María Corina Machado fut la président de Súmate, l’association qui organisa et perdit le référendum révocatoire contre Hugo Chávez Frias, en 2004, déjà avec l’argent de laNational Endowment for Democracy (NED) et les services du publicitaire français Jacques Séguéla. Malgré sa défaite, elle fut reçue avec les honneurs par le président George W. Bush, dans le Bureau ovale, le 31 mai 2005. Élue représentante de l’État de Miranda en 2011, elle était soudain apparue, le 21 mars 2014 comme chef de la délégation du Panama à l’Organisation des États américains (OEA). Elle avait immédiatement été démise de ses fonctions de député pour violation des articles 149 et 191 de la Constitution.

Pour faciliter la coordination du coup, María Corina Machado organisa à Caracas, le 26 janvier, un colloque, « Pouvoir citoyen et Démocratie aujourd’hui », auquel participèrent la plupart des personnalités vénézuéliennes et étrangères impliquées.

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Pas de chance, le Renseignement militaire vénézuélien surveillait des personnalités soupçonnées d’avoir fomenté un précédent complot visant à assassiner le président Maduro. En mai dernier, le procureur de Caracas avait accusé María Corina Machado, le gouverneur Henrique Salas Römer, l’ancien diplomate Diego Arria, l’avocat Gustavo Tarre Birceño, le banquier Eligio Cedeño et l’homme d’affaire Pedro M. Burelli, mais ils récusèrent les e-mails, prétendant qu’ils avaient été falsifiés par le Renseignement militaire. Bien sûr, ils étaient tous de mèche.

En pistant ces conspirateurs, le Renseignement militaire découvrit l’« Opération Jéricho ». Dans la nuit du 11 février, les principaux leaders du complot et un agent du Mossad étaient arrêtés et la sécurité aérienne renforcée. D’autres étaient récupérés le 12. Le 20, des aveux obtenus permirent d’arrêter un complice, le maire de Caracas, Antonio Ledezma.

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Le maire de Caracas, Antonio Ledezma, était l’agent de liaison avec Israël. Il s’était rendu secrétement à Tel-Aviv, le 18 mai 2012 pour y rencontrer Benjamin Netanyahu et Avigdor Lieberman. Il représentait le chef de l’opposition vénézuélienne, Henrique Capriles Radonski.

Le président Nicolas Maduro intervenait immédiatement à la télévision pour dénoncer les conspirateurs [1].

Tandis qu’à Washington, la porte-parole du département d’État faisait rire les journalistes qui se souvenaient du coup organisé par Obama au Honduras en 2009 —pour l’Amérique latine—, ou plus récemment de la tentative de coup en Macédoine, en janvier 2015 —pour le reste du monde—, en déclarant : « Ces accusations, comme toutes les précédentes, sont ridicules. C’est une question de politique de longue date, les États-Unis ne soutiennent pas les transitions politiques par des moyens non constitutionnels. Les transitions politiques doivent être démocratiques, constitutionnelles, pacifiques et légales. Nous avons vu à plusieurs reprises que le gouvernement vénézuélien tente de détourner l’attention de ses propres actions en accusant les États-Unis ou d’autres membres de la communauté internationale pour les événements à l’intérieur du Venezuela. Ces efforts reflètent un manque de sérieux de la part du gouvernement du Venezuela pour faire face à la grave situation à laquelle il est confronté. »

Pour les Vénézuéliens, ce coup d’État manqué pose une grave question : comment faire vivre la démocratie, si les principaux leaders de l’opposition se retrouvent en prison pour les crimes qu’ils s’apprêtaient à commettre contre la démocratie ?

Pour ceux qui pensent, à tort, que les États-Unis ont changé, qu’ils ne sont plus une puissance impérialiste et qu’ils défendent désormais la démocratie dans le monde, l’« Opération Jéricho » est un sujet de réflexion inépuisable.

Les États-Unis contre le Venezuela

En 2002, les États-Unis avaient organisé un coup d’État contre le président élu Hugo Chávez Frias [2], puis ils assassinèrent le juge chargé de l’enquête, Danilo Anderson [3].

En 2007, ils tentèrent de changer le régime en organisant une « révolution colorée » avec des groupes trotskistes [4].

En 2014, ils semblèrent renoncer à leur objectif et soutinrent des groupes anarchistes pour vandaliser et déstabiliser le pays, c’est laGuarimba [5]. .

http://www.voltairenet.org/article186802.html

 
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Publié par le 27 février 2015 dans général, International, Politique

 

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Socialisme ó muerte… Il faudra bientôt laisser ses empreintes digitales pour faire ses courses au Venezuela !!

200 ans de réserves de pétrole , et en arriver là ?! Mauvaise gestion du pays par Maduro : ce n’est pas Chavez ! Revue de presse 2013-2014 Z@laresistance (spécial été)

Le président vénézuélien Nicolas Maduro veut mettre en place un système obligatoire basé sur les empreintes digitales dans tous les supermarchés d’ici le mois de décembre de cette année. Ce système viserait à prévenir les pénuries alimentaires devenues monnaie courante, et les trafics de produits alimentaires.

Il aurait pour objectif d’empêcher les gens d’acheter de trop grandes quantités d’un article pour le revendre sur le marché noir. Selon le gouvernement, 40% des produits que le gouvernement subventionne pour la vente sur les marchés domestiques partent en contrebande pour la Colombie voisine, où ils sont revendus plus chers.

Maduro a expliqué que ce système serait similaire au système qui était utilisé pour voter aux élections dans le pays.

L’opposition a immédiatement critiqué ce projet, affirmant qu’il traite les citoyens comme des voleurs, qu’il viole leur vie privée, et que cette mesure s’assimile à du rationnement.

Le pays est aux prises depuis plus d’un an à des pénuries de produits de base comme le papier toilette, le lait, le beurre, le dentifrice, le savon, et l’huile, entre autres. Le contrôle des changes  et la pénurie de dollars qu’il a provoquée ont anéanti la capacité des consommateurs à se procurer des produits importés. Les contrôles des prix font que les producteurs ne peuvent plus produire les produits parce que leurs marges sont pratiquement inexistantes.

Le dernier indice de rareté date du mois d’avril, et il indiquait qu’un produit sur cinq n’était plus disponible. A fin juin, l’inflation sur un an atteignait 62%.

Malgré l’immense richesse pétrolière – le pays dispose de 200 ans de réserves de pétrole – l’économie vénézuélienne est au plus mal.

La cause de la récession économique peut être facilement trouvée dans la politique menée par le régime. Par exemple, certaines installations pétrolières, utilisées comme des vaches à lait, sont mal gérées et ne pompent qu’à 50% de leur capacité. Les équipements qui deviennent obsolètes ne sont pas remplacés. Le gouvernement évite tout investissement dans l’avenir.

La situation est si grave que 17.000 soldats vénézuéliens ont été déployés à la frontière avec la Colombie pour empêcher que des produits alimentaires bon marché ne quittent le pays.

http://www.express.be/business/fr/economy/isocialisme-muertei-il-faudra-bientot-laisser-ses-empreintes-digitales-pour-faire-ses-courses-au-venezuela/207342.htm

 
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Publié par le 26 août 2014 dans économie, général, International

 

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Des troubles préfabriqués au Venezuela selon le même modèle qu’en Ukraine

  

On tourne un peu la tète aujourd’hui , avec cet Interview de Walter Suter, ancien ambassadeur suisse au Venezuela*  Revue de presse 2013-2014 Z@laresistance 

Walter Suter

Cependant les Etats de l’Amérique latine ferment les rangs face aux USA

Interview de Walter Suter, ancien ambassadeur suisse au Venezuela*

Ces derniers temps, nos médias nous parlent régulièrement de l’opposition contre le gouvernement de Nicolás Maduro et contre sa politique au Venezuela. On lui reproche notamment son « incapacité en politique économique » ou ses « activités antidémocratiques ». La presse occidentale reprend de telles formules de manière complaisante et justifie ainsi les protestations souvent violentes. Vu de l’extérieur, ses descriptions rappellent les récits de Kiev et du Maidan, dans lesquels l’opposition est seule à être entendue. Etant donné que ce qui est publié dans nos médias, ne correspond guère à la réalité, « Horizons et débats » a interrogé Walter Suter, ancien ambassadeur suisse au Venezuela, qui a, actuellement encore, de nombreux contacts étroits en Amérique latine.

Horizons et débats : Le monde semble être en agitation. Dans divers pays, il y a des troubles, qui semblent tous évoluer selon le même modèle, en Syrie ou actuellement en Ukraine, mais également en Amérique latine, au Venezuela. Quelle est votre analyse de la situation dans ce pays-ci ?

Walter Suter : La situation actuelle au Venezuela est liée à la mort de Hugo Chávez. En octobre 2012, il avait été réélu à une grande majorité, mais il est décédé assez rapidement. Selon la Constitution, il fallait élire un nouveau président. Nicolás Maduro a gagné cette élection avec une très faible avance. L’opposition semble croire qu’on peut mettre sous pression le nouveau président, puisqu’il est, à leur vue, affaibli. Elle ne reconnaît donc pas le résultat du vote. Le conseil électoral, qui est en charge depuis plusieurs années et avait quelque mois auparavant confirmé le membre de l’opposition Henrique Capriles lors de l’élection du gouverneur, n’est soudainement plus fiable, bien que l’équipe soit toujours la même. C’est tout à fait irrationnel. Néanmoins cela a eu des conséquences fatales, puisque des jeunes partisans de Capriles sont descendus dans la rue. Il y eut en tout 12 morts, tous des partisans de Maduro, c’est-à-dire du gouvernement bolivarien. Nos médias ne nous ont pas présenté ces information de cette manière. Cela avait déclenché une véritable crise que le gouvernement a certes pu reprendre en main, mais elle n’était pas encore terminée.

Pourquoi pas ?

L’opposition attendait la prochaine possibilité, afin de mettre sous pression une fois de plus le président prétendument affaibli. L’objectif déclaré est sa destitution. Ce n’est rien de nouveau. L’objectif de l’opposition s’est toujours limité à dire : dehors Chávez, dehors Maduro. Il n’existe aucun programme politique concret.

Cela n’est pas un déroulement démocratique. Après la fin du mandat de Maduro, il y aura des élections régulières. Cela veut dire, que Capriles aurait tout légalement la possibilité démocratique, de gagner les élections et de reprendre les fonctions gouvernementales.

… cela va plus loin encore. La Constitution du Venezuela offre la possibilité, après l’expiration de la moitié du mandat de tous les fonctionnaires élus, de récolter des signatures pour un référendum de destitution. Cela est déjà possible après 3 ans et pas seulement après 6 ans, lors de la prochaine élection. Si l’opposition récolte les signatures nécessaires, il est donc possible de demander de nouvelles élections après 3 ans.

Il existe encore une autre variante d’un changement de pouvoir. Fin 2015, les élections parlementaires seront à l’ordre du jour. Si l’opposition s’appuie sur un programme électoral alternatif raisonnable, elle aura peut-être l’opportunité de gagner ces élections. Cette voie est ouverte. Elle doit s’y préparer et si elle gagne, elle va probablement faire partie dans le gouvernement en « cohabitation » avec le président. Le Venezuela est un Etat de droit très bien organisé et qui fonctionne. Le résultat des élections est toujours fiable, ce qui lui est attesté au niveau international. Si l’opposition gagne les élections, le Conseil électoral qui fonctionne indépendamment du pouvoir étatique, mais également la Cour suprême et le président d’Etat respecteront le résultat et ne contesteront pas sa légitimité.

Selon votre récit, tous les éléments démocratiques sont en place. On pourrait arriver à un nouveau gouvernement de manière absolument légale.

L’opposition contre le gouvernement Chávez existe depuis 15 ans. Elle a commencé dès son élection. La nouvelle Constitution, la Constitution bolivarienne, son Etat de droit social accompagné d’éléments de démocratie directe, a été combattu dès le début. Ceux qui avaient auparavant gouverné le pays pendant 40 années n’ont pas accepté la Constitution. C’était un système à deux partis, on se relayait constamment, comme aux Etats-Unis et on se répartissait le gâteau. 20 à 25% de la population en profitaient et le reste en était exclu. Alors ils avaient visiblement de la peine à céder leurs privilèges, qu’ils considéraient comme légitimes, tel le fait de pouvoir impunément ne pas payer ses impôts, etc. La cupidité était si grande, qu’ils étaient persuadés que tout leur appartenait et que Chávez le leur avait volé. La Constitution avait un fort aspect de redistribution. Les exclus devaient aussi pouvoir profiter un peu des richesses du pays et participer à la formation de la volonté politique. En ce temps-là, cela n’a pas été accepté par les puissants. C’était la raison pour le coup d’Etat contre Chávez de 2002 et la grève de pétrole qui le suivit provoquant des pertes de 10 à 15 milliards de dollars pour le pays. Cela a constitué une hypothèque lourde pour le jeune gouvernement. Les possibilités démocratiques n’ont jamais été acceptées, même si les élections en soi sont quelque chose de bourgeois. La résistance au delà de la légitimation démocratique se poursuit, comme les évènements récents le montrent.

N’a-t-on pas fait usage du référendum de destitution, il y a quelques années ?

Oui, lorsque les deux actions anticonstitutionnelles mentionnées n’ont pas abouti, l’opposition s’est souvenue de la possibilité du référendum de destitution (qu’ils avaient combattue auparavant) et en 2004, ils ont récolté les signatures nécessaires. Le référendum a tout juste abouti, mais ils ont perdu le vote qui s’en est suivi. Avec 60% des voix, la majorité du peuple a confirmé Chávez dans sa fonction. Mais l’opposition n’a pas voulu l’accepter et s’est retiré des élections parlementaires de 2005. Elle a donc quitté le Parlement. Jusqu’à ce moment-là, elle possédait 40% des sièges. Ce n’était pas une petite minorité. Lors de ces élections, elle aurait pu s’attendre à un nombre de sièges semblables. Quitter un espace politique, mine de rien, est irrationnel. Probablement, ils voulaient ainsi démontrer la prétendue illégalité du gouvernement. Pourtant se sont eux qui se sont retirés, et cela sous les yeux de deux missions d’observation électorale, c’est-à-dire de l’UE et de l’OEA. J’y avais participé. Face au président de la Mission d’observation électorale de l’UE, l’opposition a assuré qu’elle se présenterait à l’élection ; trois jours plus tard ils se sont retirés. En réalité, ils ont menti à la Mission. Voilà l’attitude de ses personnes.

Quelles en étaient les conséquences ?

Pendant 5 ans, ils n’étaient pas représentés dans l’espace politique et le parti gouvernemental pouvait réaliser son programme sans opposition. C’est l’arrière-plan. Lors des élections 2006, Chávez a de nouveau gagné les élections présidentielles. En 2012, Capriles s’est présenté et a clairement perdu les élections. Puis, après la mort de Chávez, ils ont espéré pouvoir prendre la barre, mais ils se sont trompés. C’est pourquoi la colère de l’opposition est si forte, parce qu’elle n’a pas percé dans le domaine de la politique électorale. Elle a continué à dénigrer le gouvernement. Cela est exact que la situation économique s’est réellement détériorée, que l’inflation et la pénurie de marchandises dominent, dues, au moins partiellement, au comportement de l’opposition. Mais il y a naturellement aussi les erreurs faites par le gouvernement, celles que l’opposition lui a toujours reprochées.

N’aurait-elle pas eu d’autres possibilités pour reprendre le pouvoir ?

En décembre 2013, elle a annoncé avec pompe que les élections municipales seraient un plébiscite contre le président. Cela n’a pas réussi. Le parti gouvernemental a préservé une avance de 10% en moyenne. Dans les élections communales elle détient plus de 70% des maires et des conseillers communaux. Les élections parlementaires dans deux ans seront la prochaine opportunité légale pour l’opposition d’inverser la donne. Cela laisse au parti gouvernemental un peu de temps pour se consolider et améliorer la situation économique et sécuritaire difficile. Suite à cela, il serait encore plus difficile pour l’opposition de gagner les élections parlementaires. C’est pourquoi ils vont continuer de perturber le développement politique et économique au Venezuela. C’est ce qu’ils tentent de faire depuis belle lurette, mais jusqu’à présent, ils n’ont pas atteint leurs buts.

Comment le gouvernement a-t-il réagi à ces activités ?

Jusqu’à présent, le gouvernement est resté très discret. Il y a quelques semaines cependant, il a décidé que les barricades devaient disparaître. Etant donné le fait que certains maires de l’opposition n’ont pas obtempéré, on est intervenu pour évacuer ces barrages routiers qui entravaient sérieusement la vie publique. Et maintenant c’est le calme. Le gouvernement est légitime, il a été élu par la majorité du peuple et ils ne se laissent pas provoquer par la minorité. Tout cela n’a pas déstabilisé le gouvernement en exercice. Au contraire, ils ont réussi de venir à bout de ces attaques. Ce qui est certain c’est que l’opposition avait le soutien des Etats-Unis. Les médias ont rapporté dans le monde entier des cas de violations des droits de l’homme : en réalité, il est prouvé que la majorité des 35 morts constatés au cours des démonstrations d’une durée de cinq semaines, étaient des partisans du gouvernement.

N’y a-t-il pas eu des snipers en action ?

Oui, de soi-disant mercenaires qui avaient l’ordre de tuer. Ils tirent sciemment d’abord sur l’opposition puis sur les forces de sécurité pour échauffer la situation. On a déjà vécu cela en 2002. Mais en ce temps-là, ils n’ont pas non plus eu de succès.

La population semble être du côté du gouvernement ?

Lors des 19 élections et votations écoulées, le parti gouvernemental a gagné 18 fois. Ce sont des chiffres impressionnants. Les réformes sociales, la participation des exclus, l’introduction d’éléments de démocratie directe – les habitants peuvent participer et décider dans les communes et dans les quartiers – la population sait à qui elle le doit. Cette révolution culturelle remet en question 500 ans de verticalité et d’autoritarisme suite à la participation directe des gens. L’importance de cet événement pour les populations est souvent sous-estimé dans nos pays occidentaux. Aujourd’hui, cela a déjà fait des racines. Malgré les campagnes médiatiques contre lui, l’engagement de Chávez en faveur de l’intégration du Venezuela au sein de l’Amérique latine déploie maintenant ses effets.

Comment faut-il concrètement se représenter cette intégration ?

Le Venezuela a le soutien de la région, notamment de l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA) [cf. encadré], mais également de l’Union des nations sud-américaines (UNASUR) qui comprend tous les Etats d’Amérique du Sud, incluant des Etats positionnés différemment au niveau idéologique. S’y ajoute encore la Communauté d’Etats latino-américains et caraïbes (CELAC) [cf. encadré] qui est encore plus vaste. Mais la plus importante est l’UNASUR parce qu’elle a les structures les plus développées.

Comment a réagi l’UNASUR ?

Aussitôt que de tels mouvements d’opposition ont surgi – nous les avons eu en Bolivie, en Equateur et maintenant de nouveau au Venezuela après l’élection de Maduro – elle a resserré ses rangs et cela au-delà des frontières étatiques et idéologiques. Elle soutient les gouvernements démocratiquement légitimés et condamne les émeutes violentes. Ce soutien international a été très important, avant tout en tant que contrepoids contre le ténor dans la plupart des médias, notamment des médias privés de droite d’Amérique latine. Les gouvernements d’Amérique latine, même sans être socialistes, savent qu’à long terme, il est important de stabiliser la région, notamment comme zone de paix ; des émeutes illégitimes et violentes n’y ont pas leur place. Cela signifie un soutien important pour le gouvernement. Une commission des ministres de l’Extérieur de tous les Etats de l’UNASUR est invitée à rencontrer prochainement le gouvernement vénézuélien. L’Organisation des Etats américains (OEA) voulait également une telle rencontre, cependant sans auparavant consulter le gouvernement. L’ UNASUR s’est d’abord mis en contact avec Caracas et a annoncé qu’elle désirait envoyer quelqu’un.

Quel rôle joue le Panama, qui a soudainement posé des exigences envers le Venezuela ?

Etant donné que les Etats-Unis et le Canada voulaient rester à l’arrière-plan, ils ont envoyé ce petit pays, totalement dépendant des USA. Le Panama a exigé l’instauration d’une commission contre les violations des droits humains.

Comment le Venezuela a-t-il réagi ?

Le gouvernement Maduro leur a transmis que personne ne devait venir sans avoir été invité. Ils ont refusé cette proposition et ont interrompu les relations diplomatiques avec le Panama. Puis, il y eut au sein de l’OAS une votation concernant cette proposition : des 32 Etats membres, 29 l’ont refusée. C’était une défaite claire pour les Etats-Unis. Ainsi on a soutenu le gouvernement de Caracas. Ce soutien régional et interétatique a énormément renforcé le gouvernement. Ces pays le font parce qu’ils savent que le Venezuela a un gouvernement légitimé démocratiquement et que dans leur pays ils risquent des démarches semblables.

La CELAC a déclaré l’Amérique latine zone de paix. Est-ce que cela a un rapport ?

Oui, lors de son dernier sommet la CELAC a décidé de déclarer explicitement sa région zone de paix et de ne plus tolérer de telles émeutes. Ce n’est pas dans l’intérêt d’une coexistence et d’un développement pacifiques. Tout le monde le sait, également ceux qui sont plutôt à droite qu’à gauche. Grace au soutien gouvernemental par une réelle majorité des citoyens et par les pays de la région, l’ultra-droite radicale du Venezuela et les instigateurs de Washington ont du pour le moment interrompre leurs activités. Cependant, on ne peut pas s’attendre à ce que les Etats-Unis abandonnent leur plans. Ils ont toujours un grand intérêt pour le Venezuela, car le pays a les plus grandes réserves certifiées de pétrole du monde entier. C’est donc une région hautement intéressante pour les Etats-Unis.

D’autant plus que les USA se retirent du Proche-Orient. Pourrait-il y avoir un lien ?

… oui, les Etats-Unis veulent jouer un rôle au niveau mondial et jouer de leur influence partout, en Europe, en Europe de l’Est, en Asie. Ils le font tout spécialement là, où leurs intérêts sont les plus grands. C’est de cette idée-là qu’il faut partir et il est clair que le gouvernement de Caracas le voit également ainsi.

Quelle est la position des Etats membres de l’ALBA, de l’UNASUR et de la CELAC ?

En Amérique latine, la situation est très claire. Il s’agit de créer une zone de paix. L’intégration se base sur la souveraineté de chaque Etat-nation et sur une coopération solidaire et complémentaire. Voilà l’idée fondamentale de l’ALBA et de l’UNASUR : nous nous soutenons où nous pouvons, mais toujours librement, sur la base d’une souveraineté nationale claire. Au sein de l’UNASUR il y a un conseil de défense, mais les forces armées des divers pays restent autonomes tout en préconisant la coopération. On s’est mis d’accord que le devoir des Etats et des gouvernements est de sauvegarder la paix. C’est une organisation de défense mais sans engagements coordonnés et contingents de troupes. Il n’y a pas de commandement suprême. C’est un Conseil de défense ; il est avant tout politique et traite de questions de défense. Il y a des rencontres régulières et des présidences alternantes, changeant tous les six mois. Ces organisations – d’abord l’ALBA avec un nombre de pays assez restreint, ensuite l’UNASUR déjà plus élargie, puis la CELAC avec encore davantage de pays – représentent trois projets d’intégration dont l’initiative revient à Hugo Chávez. Lorsqu’il les a lancés, j’étais ambassadeur à Caracas. L’objectif de ces regroupements n’est pas la domination sur d’autres pays mais l’exacte contraire : égalité en droits, solidarité et complémentarité, car tous les pays ont une économie nationale différente avec laquelle ils veulent coopérer de façon complémentaire. On réalise aujourd’hui déjà que, même s’ils sont toujours sous pression par le Nord, ces pays ont résisté à l’épreuve du feu. Même si en Occident, on a de la peine à reconnaître ce fait, c’est la réalité.

Maduro a expulsé des diplomates états-uniens. Quelles en étaient les raisons ?

Le reproche était, qu’on aurait surpris des membres de l’ambassade qui avaient des contacts réguliers avec des meneurs de l’opposition, responsables d’altercations violentes. Il est bien connu que les ONG qui prétendent promouvoir la démocratie s’immiscent dans de telles activités, dirigés par le National Endowment for Democracy. Ainsi, à l’aide de la CIA, on mobilise les moyens financiers utilisés en faveur de groupes qui n’ont d’autres buts que de miner l’autorité de l’Etat. On les a surpris lors de telles activités et c’est pour cela qu’ils ont été expulsés. Ces personnes sont nommément connues, on a pu leur reprocher les faits.

Il y a quelques semaines a eu lieu à Genève une réunion de l’Union interparlementaire (UIP), à laquelle appartient aussi le Venezuela. Quelle est leur position concernant la situation au Venezuela ?

Au sein de l’UIP, il existe différents groupes, dont le GRULAC qui regroupe les 33 Etats d’Amérique latine et des Caraïbes. Ces Etats ont élaboré une résolution, dans laquelle ils soutiennent entièrement le gouvernement du Venezuela et condamnent les violences de l’opposition. Ce projet a été présenté au plénum de l’UIP. Ainsi, le GRULAC a entrepris un acte très important. Là aussi, on voit que le Venezuela est entièrement intégré dans la fédération des Etats d’Amérique latine.
Cette nouvelle intégration renforcée des divers Etats au sein de l’Amérique latine et le soutien mutuel des gouvernements empêcheront que de telles tentatives de coup d’Etats se multiplient.

Monsieur Suter, merci beaucoup de cette interview.

(Interview réalisée par Thomas Kaiser)

* Walter Suter est entré au service du Département fédéral des Affaires étrangères en 1964. Pendant sa longue carrière diplomatique, il a été actif dans un grand nombre de pays, avant tout en Amérique latine. Le Venezuela était le pays dans lequel il a représenté la Suisse jusqu’à sa retraite en 2007. Walter Suter est membre du parti socialiste suisse.

la suite sur http://www.legrandsoir.info/des-troubles-prefabriques-au-venezuela-selon-le-meme-modele-qu-en-ukraine.html

 
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Publié par le 7 mai 2014 dans International

 

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