Par Tyler Durden

Ce qui pourrait bien être le pire scénario parmi les événements de ce week-end en Italie, c’est le fait que Rome se trouve au bord d’une crise constitutionnelle parrainée par l’Europe.

Rappelons que lorsque nous avions prévu les issues possibles de l’impasse du gouvernement italien, dans laquelle le président Mattarella avait menacé d’opposer son veto au choix de Paolo Savona comme ministre de l’économie en raison de son sentiment anti-euro/establishment, nous avons dit que le scénario le plus probable – et le plus favorable au marché – était que le président Mattarella cède aux pressions publiques et à la menace d’une nouvelle élection, évitant une crise constitutionnelle potentielle. Nous avions également dit que le deuxième scénario le plus probable, et potentiellement bien pire pour les marchés, était que « si Mattarella et les partenaires de la coalition tiennent bon, nous pourrions nous diriger vers de nouvelles élections, avec M5S susceptible de répéter le succès du mois d’avril et Lega susceptible d’augmenter sa part de votes, absorbant ainsi le parti de Berlusconi« .

Il y a quelques instants, c’est précisément ce qui s’est passé lorsque le nouveau premier ministre de l’Italie, Giuseppe Conte, 53 ans, a déclaré aux journalistes, après avoir rencontré le chef de l’Etat dimanche soir, qu’il avait rendu au président Mattarella son mandat lui demandant de former le « gouvernement du changement ». « Je peux vous assurer que j’ai fait de mon mieux pour essayer de remplir cette tâche », a-t-il ajouté.

En conséquence, et comme l’a dit le dirigeant de la Ligue, Salvini, l’Italie s’apprête à nouveau à voter.

Comme nous l’avons signalé plus haut, Mattarella, qui est censé être impartial, sauf semble-t-il dans ce cas, et qui a été chargé de nommer le premier ministre et les ministres, a rejeté la candidature de l’économiste Paolo Savona, 81 ans, qui a exhorté à plusieurs reprises le gouvernement italien à planifier une sortie de l’euro et qui a critiqué ce qu’il dit être la domination allemande sur l’Europe.

En d’autres termes, Mattarella s’est rangé du côté de l’Europe au détriment de l’Italie.

« Nous avons travaillé pendant des semaines, jour et nuit, pour assurer la naissance d’un gouvernement qui défend les intérêts des citoyens italiens. Mais quelqu’un (sous la pression de qui ?) nous a dit non, «  écrit Salvini dans un post Facebook, attaquant indirectement le veto du président sur Savona.

« A ce stade, avec l’honnêteté, la cohérence et le courage de toujours, vous devez maintenant avoir votre mot à dire », a ajouté Salvini dans un appel pour des élections anticipées.

L’attaque cinglante de Salvini contre le président a continué : « Si un gouvernement doit être conditionné par des menaces de l’Europe avant même de commencer, ce gouvernement ne sera pas soutenu par la Ligue. » Le chef de la Ligue a alors déclaré qu’il chercherait à obtenir un mandat complet en cas de nouvelles élections.

Pour sa part, Mattarella a prétendu qu’il n’était pas la cause de l’échec dramatique d’aujourd’hui, qui, comme certains l’ont dit, peut maintenant entraîner une crise constitutionnelle:

  • * MATTARELLA D’Italie : PERSONNE NE PEUT DIRE QUE J’AI ETE UN OBSTACLE AU NOUVEAU GOUVERNEMENT
  • * MATTARELLA : SEULE LA PROPOSITION POUR LE MINISTERE DES FINANCES A ÉTÉ PROBLÉMATIQUE
  • * MATTARELLA D’ITALIE DIT ACCEPTER TOUS LES MINISTRES SAUF CELUI DES FINANCES
  • * MATTARELLA D’ITALIE VOUDRAIT UN MINISTRE QUI NE RISQUE PAS DE SORTIR DE L’EURO
  • * MATTARELLA : L’ADHESION A L’EURO EST FONDAMENTALE POUR L’AVENIR DE L’ITALIE

Que va-t-il se passer ensuite ? Personne ne le sait, et certainement pas l’homme politique le plus populaire d’Italie, le dirigeant de Cinq Etoiles, Di Maio, qui a déclaré que « ce qui va se passer dans les prochains mois » personne ne le sait :

  • * DI MAIO DE CINQ ÉTOILES DIT QUE PERSONNE NE SAIT CE QUI SE PASSERA DANS LES PROCHAINS MOIS.

Pendant ce temps, Di Maio s’est abstenu de pointer Bruxelles du doigt pour ce qui vient de se passer, disant qu’il accusait les agences de notation, et qu’il avait été « très déçu » par la décision du président italien.

Il y a encore un certain espoir pour clarifier les choses et éviter une crise constitutionnelle…

  • * MATTARELLA D’ITALIE DIT QU’IL VA BIENTÔT PRENDRE UNE DÉCISION POUR LA PROCHAINE ÉTAPE

… Ce qui signifie que le président va maintenant attendre ses ordres de marche en provenance de Bruxelles avant de décider de ce qu’il va faire ensuite. Pendant ce temps, le peuple italien peut difficilement se réjouir du fait que son propre président ait détourné le processus politique au profit de Merkel et de Jean-Claude Juncker.

Il y a encore une autre possibilité : comme nous l’avons exposé plus tôt, « un scénario très improbable est que le Parlement appelle à la destitution de Mattarella, conformément à l’article 72 de la constitution ». Alors qu’une destitution semble improbable à ce stade, à peine le processus aura commencé, vous verrez l’euro regagner son importance et le retour de Draghi pour faire « tout ce qu’il faut » pour garder l’Europe unie.

Source: https://www.zerohedge.com/news/2018-05-27/italy-chaos-country-vote-again-after-president-blocks-government-unclear-what

Via RI