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La course à l’apocalypse de l’Empire américain devenu fou

À quelques heures d’une possible guerre totale, un entretien lucide et essentiel sur la semaine la plus dangereuse de l’histoire humaine.

Lors de notre précédent entretien (Antipresse n° 52 du 27 novembre 2016) au lendemain de l’élection surprise de Donald Trump, il avait exprimé son soulagement et ses espoirs de paix. Le nouveau président ne promettait-il pas de mettre fin à l’impérialisme global des néoconservateurs et de s’occuper de redresser intérieurement l’Amérique ?

Il ne pouvait rien arriver de pire à la paix dans le monde, pensait-on à l’époque, que l’élection d’Hillary Clinton. Or le rouquin tweeteur a démenti ces pronostics. De concessions en reculades, cet « homme sans aucun courage » a permis le rétablissement d’une « administration Clinton sous un autre nom » plus agressive que jamais.

Aujourd’hui, le Saker nous décrit une Amérique aux abois, profondément divisée entre une élite sans aucun contact avec la réalité et une population réduite à la servitude. Pour cet empire à la dérive, la guerre totale semble la seule issue.

Avec la dernière provocation en Syrie, dénoncée des semaines à l’avance par le gouvernement russe, le monde se retrouve au seuil d’une guerre nucléaire. L’ultime liaison rationnelle entre les puissances est assurée par les militaires. Leur sang-froid l’emportera-t-il sur la démence des néocons ?

Nous voulons l’ignorer, mais l’humanité est sans doute en train de vivre la semaine la plus dangereuse pour sa survie depuis qu’elle existe sur terre.

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Les Etats-Unis iront-ils jusqu’à la guerre en Syrie, ouvrant la voie à un conflit mondial ?

Les Etats-Unis iront-ils jusqu’à la guerre en Syrie, ouvrant la voie à un conflit mondial?

Cette fois ci on ne rigole plus, ça devient trés sérieux !!! Les occidentaux se préparent à frapper en Syrie, et les Russes et leurs alliés ont annoncé qu’ils allaient réagir . La porte vers la 3e guerre mondiale se rapproche dangereusement ! Même les journaux mainstreams ont prévenus qu’un affrontement entre superpuissances « n’a jamais été aussi proche » !!!! Commençons par le début avec ce papier : La Russie avait avant hier « conseillé » aux Etats-Unis de ne pas lancer de frappes en Syrie, sous peine non seulement de détruire les missiles avec les systèmes de protection S300 qui sont en place, mais aussi de détruire les « porteurs » de ces missiles … Oui vous avez bien lu !! Ca risque désormais de déraper à n’importe quel moment !!! Z 

Le conflit hybride syrien risque dangereusement de se « traditionnaliser ». Trump s’est donné jusqu’à ce soir pour annoncer sa décision d’une intervention militaire de grande ampleur en Syrie, avec le soutien particulièrement actif de la France. La présence russe au sol permettra-t-elle de calmer les ardeurs guerrières de nos politiciens en mal de grandeur? Espérons.

Une guerre est toujours improbable, tout autant qu’inattendue. Un être rationnel et raisonnable ne peut imaginer que des hommes prennent la décision d’envoyer d’autres hommes se battre, sous quelque prétexte que ce soit (aujourd’hui, les droits de l’homme), pour défendre en réalité des intérêts très ciblés, circonstanciels, voire très personnels. Trump fera-t-il exception à la règle, alors que ses avocats se trouvent perquisitionnés, que des starlettes l’accusent de les avoir payées pour taire des scandales sexuels, alors que l’Establishment fait planer l’ombre d’une collusion avec la Russie, qu’ils n’arrivent toujours pas à prouver? Mais peu importe. C’est à la Une. Scandales et guerre vont souvent de pair.

Après la montée en pression de la surprenante attaque chimique dans la Ghouta alors presque libérée des terroristes, qui n’a aucun sens sur le plan stratégique pour Assad, mais sert largement les intérêts de la coalition américaine sur place (voir notre article à ce sujet), Trump s’est donné 48h pour annoncer sa décision. Elle doit donc tomber aujourd’hui.

En attendant la présence militaire américaine se renforce dans la zone:

The USS Harry S. Truman Carrier Strike Group will depart Naval Station Norfolk, Va., Wednesday for a deployment to the Middle East and Europe.

The aircraft carrier will be accompanied by the guided-missile cruiser USS Normandy and the guided-missile destroyers USS Arleigh Burke, USS Bulkeley, USS Forrest Sherman and USS Farragut. The destroyers USS Jason Dunham and USS The Sullivans will join the strike group later, a Navy statement said.

The strike group, carrying 6,500 sailors and Carrier Air Wing One, will cruise alongside the German frigate FGS Hessen during the first half of the deployment. The German ship conducted a brief mission with the Harry S. Truman in 2010, the Navy said.

Le destroyer Donald Cook, avec ses missiles de croisière Tomahauwk, est déjà aujourd’hui à moins de 100 km de la base russe de Tartous en Syrie. Et l’USS Porter le rejoindra bientôt, au large des côtes syriennes.

Le véritable danger est présenté par le destroyer Cook, qui peut être opérationnel rapidement. Sera-t-il ou non utilisé? L’USS Porter ne sera pas sur les lieux avant une semaine, quant aux autres il leur faudra un bon mois. Cela signifie-t-il qu’il ne s’agit que d’une opération de comm, une de plus, ou est-ce le signe de la préparation d’un conflit sur le long terme?

L’autre question restant de savoir quelles cibles viser. Il a déjà été clairement affirmé que les frappes ne doivent pas être ciblées comme la dernière fois sur un seul objet, mais doivent viser plusieurs cibles et s’étendre sur plusieurs jours:

Administration officials said they expected any new strike to be more expansive than last year’s, but the question was how much more. Possible options included hitting more than a single target and extending strikes beyond a single day.

Il pourrait s’agir des infrastructures syriennes, des bases militaires, peut-être aussi pour aider les Kurdes. Autrement dit, des frappes répétées et étendues dans le temps et contre des bâtiments publics et des infrastructures, ça s’appelle une guerre. Mais justement, ici, à la différence de l’Irak, des difficultés existent en raison de la présence russe et de l’implication de l’Iran:

The president’s new national security adviser, John Bolton, urged Trump to skip the trip, an official said. This reflects a view in the White House that deeper Russian and Iranian involvement in Syria have complicated calculations about a response to any U.S. military attack, according to the official, who spoke on condition of anonymity to discuss internal deliberations. Moscow has cautioned the U.S. not to launch a military attack.

La Russie a en effet « conseillé » aux Etats-Unis de ne pas lancer de frappes en Syrie, sous peine non seulement de détruire les missiles avec les systèmes de protection S300 qui sont en place, mais aussi de détruire les « porteurs » de ces missiles.

Finalement, toute l’escalade militaire va tenir en cette question: la Russie répondrait-elle vraiment en coulant un navire américain ou en descendant un avion militaire en cas d’attaque de la coalition?

Car si Trump a besoin de faire diversion et de montrer patte blanche pour les élections de mi-mandat, il ne peut se permettre la mort de soldats américains. Seule la certitude de la réponse de la Russie peut empêcher un nouvel Irak. Rappelons que la présence au sol de la Russie en Syrie est très étendue, à la fois militaire avec les deux bases qu’elle possède, mais aussi avec la police militaire qui accompagne l’armée syrienne, les conseillers qui se trouvent notamment à Damas, etc. Des frappes américaines en principe mettent directement en jeu les intérêts russes. Ce qui fait quand même peur aux alliés potentiels de la coalition américaine, les opinions étant largement partagées.

Karine Bechet-Golovko

source:http://russiepolitics.blogspot.fr/2018/04/les-etats-unis-iront-ils-jusqua-la.html

 

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Qui se cache donc derrière la vague de froid s’abattant sur l’Europe ? Twitter a la réponse…

cold, wind

Une vague de froid sibérienne doit frapper la France à partir du 25 février.

Dès le 25 février, l’hiver deviendra encore plus rude en France, avec une nouvelle chute du mercure, due à un phénomène appelé le «Moscou-Paris», un grand froid venu de Sibérie. Mais des internautes facétieux ont décelé sa véritable origine...

Encore un coup des Russes ?! Si le journal allemand Bild pensait récemment prouver une ingérence russe dans la politique allemande en se basant sur un canular, en France, des internautes semblent avoir démasqué un assaut du Kremlin contre l’Europe de l’Ouest tout entière. Et pas des moindres : la fameuse vague de froid Moscou-Paris. Venue de Sibérie, celle-ci doit s’abattre sur la France dès le 25 février, provoquant une nouvelle chute des températures : en début de semaine, elles devraient ainsi atteindre jusqu’à -10°C, soit jusqu’à 11 degrés en-dessous des normales, selon l’AFP.

Un phénomène pour le moins inquiétant, et comme par hasard originaire de Russie, comme ne manquent pas de le souligner des internautes vigilants. «Vague de froid : Venue de Moscou, on a enfin la preuve de l’ingérence russe», proclame ainsi un utilisateur de Twitter, qui ne perd pas le nord.

Vague de froid :
Venue de Moscou, on a enfin la preuve de l’ingérence russe dans le climat

– Thierry (@Rienenor) 22 février 2018

Validant cette ingénieuse théorie, un autre internaute se pose légitimement la question de savoir ce que font les services de «contre-espionnage» français face à cette menace climatique russe…

Après les élections, ingérence Russe sur le climat français. Mais que fait le contre-espionage. 😉 #climat#froid#neige

– Dod1 (@kdoed1) 24 février 2018

Poutine a dû passer un pacte avec le diable. Espérons que Paris répliquera en leur envoyant un ouragan depuis l’Elysée

France Info rappelle sur les réseaux sociaux que la masse d’air froid provient de Moscou ? Un internaute, au fait des arcanes du pouvoir, lit entre les lignes : «Moscou (sous-entendu le Kremlin) nous envoie une vague de froid terrible et sans précédent. Poutine a dû passer un pacte avec le diable. Espérons que Paris répliquera en leur envoyant un ouragan depuis l’Elysée».

La cellule investigation de @FranceInfo a encore frappé : #Moscou (sous-entendu le Kremlin) nous envoie une vague de froid terrible et sans précédent. #Poutine a du passer un pacte avec le diable.
Espérons que #Paris répliquera en leur envoyant un #ouragan depuis l’Elysée https://t.co/o0VeSTAEQU

– barababor φ🔻🌿 (@fleuteu) 23 février 2018

L’identité du chef d’orchestre de cette attaque thermique n’échappe pas non plus au journaliste Jack Dion, de Marianne : «Un coup de ce diable de Poutine», pour sûr. «On s’étonne que l’Union Européenne n’ait pris aucune nouvelle sanction contre la Russie en riposte à cette agression délibérée du Kremlin», poursuit-il, narquois.

La vague glaciale qui va frapper la France a été baptisée « Moscou-Paris », preuve qu’il s’agit bien d’un coup de ce diable de Poutine. On s’étonne que l’Union Européenne n’ait pris aucune nouvelle sanction contre la Russie en riposte à cette agression délibérée du Kremlin.

– Dion Jack (@DionJack2) 23 février 2018

Face à la multiplication de ces éléments troublants, ni l’Elysée, ni Bruxelles, ni l’OTAN, ni Washington n’ont encore réagi…

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Publié par le 25 février 2018 dans Climat - Environnement, général, Insolite

 

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« Selon UBS, en cas de crise, les banques centrales devront baisser leurs taux à -5 % »

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

C’est une étude sur les risques économiques, les prévisions de croissance mondiale, région par région qu’a publié la banque UBS la semaine dernière.

Cette étude a fait assez peu de bruit et n’a pas été franchement relayée, ce qui est bien dommage. Bon, d’un autre côté, elle fait plus de 200 pages, ce qui en fait un pavé à lire, mais pas qu’un pavé de lecture puisqu’il y a quelques réflexions qui constituent en elles-mêmes autant de petits et gros pavés dans la mare !

Plus de marges de manœuvre monétaire !

“Selon une étude d’UBS, la marge de manœuvre des instituts d’émission est réduite pour affronter une prochaine récession même faible. Celle des gouvernements s’est légèrement améliorée.”

On parle ici pour les gouvernements de “moyenne”, et si les finances de l’Allemagne se sont effectivement améliorées, et que les autres ne se sont pas plus “dégradées”, cela veut dire que globalement nous avons une très légère amélioration, mais vous voyez bien qu’il n’y a pas de quoi sabler le champagne ni même lancer un feu d’artifice pour fêter une nouvelle qui n’est pas si bonne que cela.

Pour les grandes banques centrales, là c’est encore pire, et vu les injections monétaires déjà réalisées, la grande banque UBS estime que les marges de manœuvre sont quasi nulles et qu’il faudrait, pour obtenir des résultats, baisser les taux d’intérêt à -5 % afin de réussir à stimuler l’économie.

Des taux à -5 %, cela veut dire décréter la consommation obligataire !

Appelez cela consommation, investissement ou dépense, peu importe, mais avec des taux à -5 %, cela veut dire qu’en 10 ans, cette taxe sur l’épargne amputerait votre fortune d’environ 50 % (ce n’est pas mathématiquement tout à fait cela, mais c’est l’idée). Si l’on vous laisse le choix entre perdre votre argent sous forme de taux négatifs ou consommer, arrivé à un certain niveau de taux négatifs, nous allons tous préférer comme agent économique acheter n’importe quel truc à n’importe quel prix qui peut nous être utile plutôt que de perdre notre argent.

Pourtant, derrière ce raisonnement logique d’agent économique embarqué dans une situation hallucinante, j’espère que vous avez vu l’aberration totale de ladite situation !!

Un système tellement à bout qu’il doit rendre la dépense obligatoire !

C’est cela qu’il faut comprendre dans cette remarque d’UBS, une grande banque du système et par le système et qui finance le système économique marchand tel qu’il est conçu.

Nous ne pouvons pas dépasser cette idée de “croissance” économique où, chaque année, il faut faire plus que l’année d’avant car si ce n’est pas le cas, alors tout le système d’endettement bâti s’effondre.

D’un côté, on vous explique, dans la plus immense des hypocrisies, qu’il faut prendre soin de l’environnement blablablabla et de l’autre, on vous explique qu’il faut plus de croissance, quitte à vous forcer à consommer pour faire tourner à vide ce système absurde.

Finalement, il n’y a pas plus écologiste que la décroissance.

Il n’y a pas plus écologiste que la déflation économique, que les récessions qui font beaucoup plus pour le ralentissement de la consommation, de la production, et donc de la pollution que n’importe quelle politique stupide à la Hulot et consorts.

La réalité c’est que nos dirigeants n’ont pas la moindre idée de la façon dont il serait possible de piloter un changement de système sans faire effondrer le système précédent.

Le problème auquel nous sommes confrontés, c’est qu’ILS ne savent pas comment mener une transition d’un système mourant à un système qu’il faudrait faire naître.

Il est donc fort probable que l’on finisse par un énorme plantage collectif lorsque le système lui-même buttera sur toutes les limites physiques de la planète, sur la disponibilité des ressources.

Nous y sommes presque.

La prochaine crise sera passionnante à vivre et à suivre.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

 
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Publié par le 28 novembre 2017 dans économie, général, International

 

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GEAB 119 – Petroyuan et Arabie Saoudite : De la tentation du QE militaire US à la naissance du Moyen Orient

GEAB 119 : Petroyuan et Arabie Saoudite : De la tentation du QE militaire US à la naissance du Moyen Orient
Fin 2017-début 2018, toutes les grandes banques centrales occidentales sortent des politiques monétaires non conventionnelles, les fameux quantitative easing (QE) qui ont permis d’approvisionner en liquidités les banques en manque de confiance mutuelle de l’après-crise des subprimes.

QE fiscaux dans les pays riches

La Banque centrale européenne, la Bank of England et la Bank of Japan s’approchent toutes d’un ralentissement du rachat d’obligations. En Europe, Draghi l’a répété à l’envi [1] : la banque centrale ne peut pas tout et il faut donc des réformes structurelles de la monnaie unique. C’est ainsi qu’on parle de « QE fiscal » [2] (permettant notamment de financer les infrastructures via un renforcement des politiques fiscales au niveau européen) qui servirait l’économie réelle et qui serait le renforcement logique du plan Juncker [3]

La politique annoncée de la BoJ consiste grosso modo en la même stratégie, à ceci près qu’elle n’a pas à consolider une gouvernance pour sa monnaie comme préalable. La victoire électorale récente de Shizo Abe fournit a priori les conditions nécessaires et suffisantes pour enclencher la transition de diminution du rythme des rachats et du montant de leur dette (200 % du PNB) [4].

QE militaire dans les autres

Quant à la BoE, elle n’en est pas encore à annoncer la fin du resserrement de sa politique monétaire, mais les problèmes d’inflation qu’elle rencontre actuellement (3 % malgré une hausse des taux) ne devraient pas tarder à l’y obliger [5]. Il est probable qu’une politique fiscale ne constitue pas une option pour le Royaume-Uni dont les habitants connaissent des problèmes d’endettement importants [6]. Alors, sont-ils susceptibles de s’engager eux aussi dans un QE militaire convaincant ? Ou bien l’Europe constituera-t-elle in fine la seule planche de salut disponible ?

Côté États-Unis, les choses sont un peu différentes : la Fed a mis fin à son QE il y a trois ans déjà et se contentait depuis d’entretenir son stock en réinvestissant systématiquement les montants des obligations qui arrivaient à échéance dans de nouvelles obligations [7]. Or, depuis le mois d’octobre, la Fed a entrepris de diminuer le stock d’obligations qu’elle avait acquises pour soutenir son économie. Cette diminution se fait essentiellement :

  • 1 : en « annulant » les écritures de monnaie créée sur les comptes des banques (pour la partie création monétaire pure) ;
  • 2 : en trouvant pour les émissions ou renouvellement de bons du Trésor de vrais clients puisque la Fed ne jouera plus ce rôle. Problème : dans un monde désormais multipolaire et ultra-concurrentiel, comment créer un fort différentiel positif d’attractivité de l’économie nord-américaine ?

Les bons du Trésor pourraient être vendus aux citoyens américains eux-mêmes, mais encore faudrait-il qu’ils aient de l’épargne. Ce n’est toujours pas le cas… Au contraire, on note actuellement une ré-augmentation de l’endettement des ménages et des défauts de paiement [8]. Cette situation donne deux informations : une politique fiscale n’est pas plus envisageable que la vente des T-Bonds aux Américains, et il n’y a pas de temps à perdre si on veut éviter une nouvelle crise des subprimes. Ce deuxième point montre que la stratégie de relance de l’économie par affaiblissement du dollar (et donc l’enchérissement des produits importés) est une politique de bien trop longue haleine.

De quoi les États-Unis disposent-ils qui présente un potentiel de très forte rentabilité à part leur fameux appareil militaro-industriel ? Pas grand-chose en fait, en tout cas pas grand-chose qui ne soit déjà optimisé. Selon ce qu’on intègre au budget militaire, il représente tout de même entre 700 et 1000 milliards de dollars par an [9]

Budgets militaires 2016 des neuf pays les plus dépensiers. Source : PGPF.

Budgets militaires 2016 des neuf pays les plus dépensiers.
Source : PGPF.

C’est ainsi qu’est apparu à l’esprit de notre équipe le concept de « QE militaire », en écho au « QE fiscal » européen. La question devenant alors : comment les États-Unis pourraient-ils optimiser de manière rapide et significative la rentabilité de ce pan de leur économie ?

Les trois pistes

Trois pistes simples apparaissent alors :

1- Piste européenne  : les États-Unis mettent de l’huile sur les nombreux conflits de la planète, justifiant leur présence qu’ils font payer aux pays concernés. La crise euro-russe de 2014, le déploiement de troupes US-Otan en Europe et l’augmentation des contributions des membres de l’Alliance au budget, sont en fin de compte une première application de cette notion de QE militaire (au moment précis où la Fed arrêtait son QE, d’ailleurs…).

Défauts :

  • en augmentant leurs contributions, les alliés reprennent la main sur les fonctions de commandement et peuvent utiliser cette marge de manœuvre pour calmer les tensions (la Corée du Sud en fournit un bon exemple) ;
  • ça rapporte, mais ça coûte aussi. Même si les alliés contribuent mieux au budget, si le budget total augmente, la part US augmente également ;
  • et si personne ne calme les tensions, il y a aussi des risques de réel embrasement qui ne sont en fait pas l’objectif de l’appareil militaire US : problème de coûts, mise en transparence de l’avantage réel de l’arme US sur les autres, image désastreuse conduisant au déploiement de stratégies de découplage de l’ « allié » US.

2- Piste japonaise  : au lieu de miser sur le « militaro », les États-Unis misent sur l’« industriel » et opèrent une vraie réforme de leur appareil suivant un principe de rationalité économique : diminution des dépenses (bases, hommes, missions, etc.) et optimisation des recettes (vente d’armements). Dans cette logique, il peut toujours y avoir intérêt à attiser les conflits, mais en laissant les pays concernés prendre leur indépendance stratégique (une tendance dont le Japon fournit le parfait exemple [10]).

Défaut : le monde peut devenir un endroit très dangereux, ce qui n’est in fine dans l’intérêt de personne. Aucun dirigeant moderne ne peut ignorer le fait de la globalisation (non pas économique, mais sociétale. Ce qui arrive en un point a des conséquences d’un bout à l’autre du globe.

3- Piste moyen-orientale (?) : les États-Unis misent résolument sur l’explosion des dépenses militaires dans un monde multipolaire pour profiter de ce marché au moment où leur primauté technologique est encore avérée et crédible [11]. Ils recréent la confiance de leurs futurs clients en adoptant une plus grande impartialité dans les conflits, voire en participant à la réduction des tensions. Ils ramènent vers eux une partie des dépenses liées à la mise en place des systèmes de défense des gros acteurs géopolitiques émergents qui commençaient à regarder davantage vers la Russie ou la Chine. Ils dégagent des marges, redonnent de la matière à leur économie, et peuvent même réinvestir une partie des bénéfices dans la recherche pour augmenter à nouveau leurs chances de garder leur avance sur les concurrents (c’est le Moyen-Orient qui inaugure, si l’analyse que nous faisons dans les Perspectives de ce numéro est juste, cette nouvelle stratégie, pensons-nous).

Défaut : même si ces conditions de déploiement du marché de l’armement mondial sont plus rassurantes, le monde peut quand même devenir un lieu dangereux à terme. Sauf si l’évolution est concomitante de la mise en place d’une nouvelle gouvernance multipolaire qui, sur le plan stratégique notamment, fonde la confiance de ses partenaires sur des systèmes militaires de défense et non d’attaque.

En chiffres…

Livrons-nous alors à un petit exercice mental… Le pays n’a plus les moyens de maintenir les 800 bases militaires qu’il possède à l’étranger et qui lui coûtent de l’ordre de 160 milliards de dollars par an [12].

Bases militaires US à l’étranger, 2015. Source : Politico.

Bases militaires US à l’étranger, 2015.
Source : Politico.

Si les États-Unis abandonnaient la moitié de leurs bases étrangères, les économies s’élèveraient à environ 65 milliards par an [13]. Par ailleurs, dans un monde multipolaire où la paix serait assurée par l’équilibre des forces, le besoin d’armement est encore énorme. Ainsi, par exemple, le Japon se remilitarise rapidement [14]. Les exportations étasuniennes d’armes seraient donc considérablement renforcées. Si celles-ci augmentent par exemple de 50 %, ce serait encore de l’ordre de 25 milliards de rentrée d’argent supplémentaire [15]. On atteint ainsi 90 milliards de dollars par an d’économies ou de bénéfices. Si l’on tient compte en outre de la forte augmentation du budget militaire 2018 voulue par Trump et votée presque à l’unanimité par le Congrès [16], on atteint un « stimulus » de l’ordre de 150 milliards de dollars par an. Le voilà, le nouveau QE : c’est un « QE militaire » dans le sens où, plus que jamais (ce n’est pas peu dire concernant les États-Unis), les dépenses militaires soutiennent massivement l’économie.Les montants en jeu sont évidemment bien moindres que ceux du QE de la Fed, mais il faut se rappeler aussi qu’un tel soutien est beaucoup plus efficace pour l’économie réelle. D’ailleurs, les premiers signes du remplacement du pétrodollar par le QE militaire que nous venons de décrire semblent d’ores et déjà visibles, quand on sait par exemple que les exportations d’armes US vers l’Arabie saoudite ont augmenté en 2016, tandis que dans le même temps les importations US de pétrole en provenance de ce pays ont fortement baissé [17], rééquilibrant de ce fait la balance commerciale US-AS en faveur des premiers. Étant donné les balances commerciales auxquelles les États-Unis nous ont habitués depuis plusieurs décennies, ce genre de petit fait peut facilement être interprété comme un vrai changement de tendance et le début du fameux « atterrissage économique » des États-Unis que nous anticipons depuis plusieurs mois, et dont le pays a tant besoin pour réduire ses doses de perfusions financières et recommencer à marcher tout seul…

Geab n° 119. Paris

Notes

[1Dernier discours en date le 18 octobre. Source : BCE, 18/10/2017

[2À ce sujet, lire CNBC, 05/10/2016

[3Plan que nous avons étudié dans notre article sur la BEI dans le GEAB n°118 d’octobre 2017

[4Source : Tokyo Foundation, 09/11/2017

[5Source : Seeking Alpha, 10/11/2017

[6Source : The Guardian, 18/09/2017

[7Source : Les Echos, 08/11/2017

[8Source : MarketWatch, 14/11/2017

[9Sources : The Balance (24/05/2017), POGO (10/02/2016)

[10Shinzo Abe travaille depuis des années à l’obtention d’une modification de la constitution japonaise devant permettre au pays de reprendre la main sur sa défense nationale. Il paraît aujourd’hui bien positionné pour obtenir cet amendement d’ici 2020. Source : Japan Times, 03/05/2017

[11Voir l’article du GEAB n°117 (« La supériorité de l’armement US en question ») sur le resserrement de l’avance technologique US vis-à-vis des nouveaux acteurs de l’industrie de l’armement. Source : GEAB n°117, 15/09/2017

[12Source : Mint Press News, 07/03/2016

[13Soit 80 milliards par an correspondant à la moitié du coût des bases étrangères, à quoi il faut tout de même retrancher les dépenses en personnel qui resteront à honorer, soit environ 15 milliards. En effet, Il y a environ 300 000 soldats US à l’étranger, soit 150 000 à rapatrier. Chacun « coûte » en moyenne 100 000 $ par an. Source : Wikipedia, ici et 

[14Sources : Reuters (04/06/2016), BFMTV (05/09/2017)

[15En moyenne, les États-Unis ont exporté pour 47 milliards par an entre 2012 et 2016. Source : Wikipedia

[16Dans une étonnante entente entre démocrates et républicains qui ont alloué plus que ce que Donald Trump demandait… Signe sans doute que chacun a conscience du soutien à l’économie que représentent les dépenses militaires. Source : New York Times, 18/09/2017

[17Source : Bloomberg, 14/11/2017

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Publié par le 17 novembre 2017 dans économie, général, International

 

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Le Pentagone évalue une intervention terrestre en Corée du Nord à « des millions de morts »

Alors qu’il se trouve à Tokyo, dans le cadre d’une tournée diplomatique en Asie du Sud-Est, le président Trump a de nouveau mis en garde la Corée du Nord en affirmant que son programme nucléaire est une « menace pour le monde civilisé. »

« Certains disent que ma rhétorique est forte mais regardez ce qui s’est passé avec une rhétorique faible au cours des 25 dernières années », a déclaré M. Trump, ce 6 novembre. À plusieurs reprises, ces derniers mois, le locataire de la Maison Blanche a laissé entendre qu’il envisageait une option militaire contre la Corée du Nord. D’où les tensions entre Washington et Pyongyang.

Cela étant, au Pentagone, une telle éventualité est regardée avec beaucoup de prudence. Ainsi, l’amiral Michael J. Dumont, vice-directeur de l’état-major interarmées, a donné quelques détails et les perspectives d’une intervention militaire dans la péninsule coréenne, dans un courrier adressé à deux parlementaires ayant demandé « l’évaluation des pertes en cas de conflit avec la Corée du Nord. »

Ainsi, selon l’amiral Dumont, le seul moyen de localiser et de sécuriser « en toute certitude » l’ensemble des sites nucléaires nord-coréens passerait par une intervention terrestre des forces américaines. Et les responsables du Pentagone « évaluent que la Corée du Nord peut envisager l’utilisation d’armes biologiques et chimiques ». Mais l’on n’en saura pas plus sur la façon dont ils envisagent de contrer cette menace. Ces détails « ne peuvent pas être discutés en public », font-ils valoir.

En outre, la lettre envoyée aux deux parlementaires, les démocrates Ted Lieu et Ruben Gallego, ne répond pas à la question précise qu’ils avaient posée. L’évaluation des pertes potentielles en cas d’intervention militaire est « difficile » et dépend de la « nature, de l’intensité et de la durée » d’une attaque nord-coréenne ainsi que de la capacité des forces américaines et sud-coréennes à contrer l’artillerie et les missiles balistiques de la Corée du Nord, a expliqué l’amiral Dumont, qui s’est seulement contenté de souligner que l’agglomération de Séoul , située à une cinquantaine de kilomètres de la zone démilitarisée, comptait plus de 25 millions d’habitants.

« La décision d’attaquer ou d’envahir » la Corée du Nord aura « des conséquences pour nos troupes […] et la région pendant des décennies » ont commenté les deux membres de la Chambre des représentants. Qui plus est, selon eux, il n’y aurait pas de plan pour la suite, « y compris pour la continuité du gouvernement sud-coréen. »

D’après l’amiral Dumont, les chefs militaires du Pentagone soutiennent l’approche de Rex Tillerson, le secrétaire d’État, dans cette affaire. En clair, ils estiment qu’il vaut mieux intensifier les pressions diplomatiques et économiques sur le régime nord-coréen plutôt que de chercher la confrontation.

Une approche qui n’est pas celle de Donald Trump. « J’ai dit à Rex Tillerson, notre merveilleux secrétaire d’Etat, qu’il perdait son temps à essayer de négocier avec Little Rocket Man [Kim Jong-un, le chef du régime nord-coréen, ndlr]. […] Économisez votre énergie Rex, nous ferons ce qui doit être terminé! », a-t-il ainsi affirmé, via Twitter.

Dans une déclaration commune, 16 parlementaires américains (dont un républicain), tous anciens militaires, ont estimé « profondément troublant » que ce soit nécessaire une intervention terrestre pour détruire l’arsenal nucléaire nord-coréen. Une telle action « pourrait aboutir à des centaines de milliers, voire des millions de morts dans les premiers jours de combat », ont-ils souligné.

L’administration Trump « n’a pas réussi à articuler des plans pour empêcher qu’un conflit militaire s’étende au-délà de la péninsule coréenne », ont aussi écrit ces parlementaires. « Dans cette perspective, l’idée d’envoyer des troupes et de consacrer des ressources à une autre guerre potentiellement impossible à gagner est terrifiante : le président doit arrêter de faire des déclarations provocatrices qui entravent les options diplomatiques et mettent les forces américaines en danger », ont-ils continué. Et de conclure : « Il n’y a pas de bonnes options militaires pour la Corée du Nord. »

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Complot à nos frontières sud

Complot à nos frontières sud
PRÈS DE 1000 GI AMÉRICAINS ET 4000 SOLDATS FRANÇAIS EN OPÉRATION AU SAHEL

Il y a quelques décennies il s’agissait de combattre l’influence soviétique au Moyen-Orient et aujourd’hui, c’est l’avancée chinoise qu’il faut stopper en Afrique. Finalement, le terrorisme n’est qu’un faire-valoir.

Bruits de bottes au Sahel. Depuis quelques jours des forces militaires réunies sous la bannière du G5 Sahel (GS5) composées du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad, sont entrées en opération. Le but avoué de ces opérations conjointes parrainées par la France et les Etats-Unis est de lutter contre le terrorisme.

Le G5S est une initiative concrétisée en 2014 par la signature de l’acte de naissance de l’organisation par cinq chefs d’Etat dont celui de la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad. La convention portant création de cette organisation a été signée à Nouakchott le 19 décembre 2014. Elle a été lancée officiellement, en juillet dernier, à Bamako au Mali, en présence du président français Emmanuel Macron.

Le premier constat est que le Comité d’état-major opérationnel conjoint (Cemoc), initiative militaire régionale regroupant la Mauritanie, le Mali, le Niger et l’Algérie, lancée en avril 2010 et qui n’a pas montré de résultats concluants, est mis hors-jeu.

Deuxième constat est que la première puissance régionale, l’Algérie, en l’occurrence, ne fait pas partie de cet ensemble nouvellement créé. Pourtant, c’est le pays qui partage quelque 2786 km de frontières avec ce GS5! Ensuite, tous les officiels militaires et politiques américains ainsi que français ne tarissent pas d’éloges sur «le rôle leader de l’Algérie dans la région» et son «expérience avérée dans le domaine de la lutte contre le terrorisme» allant jusqu’à solliciter «son expertise en la matière». Or sur le terrain des opérations antiterroristes, l’Algérie n’est ni consultée ni sollicitée.

Ce qui nous amène à poser un certain nombre de questions sur les vrais objectifs de cette alliance militaire.

Le terrorisme, les flux migratoires, la précarité et la misère brandis pour expliquer la présence militaire de puissances occidentales dans la région ne sont en réalité que des faire-valoir. Il y a actuellement au Sahel des forces de l’ONU pour le maintien de la paix, il y a 4000 soldats des unités françaises de l’opération Barkane, une bonne partie d’un contingent de 6000 soldats américains sur le continent, sont stationnés dans cette région. Les Américains comptent même ouvrir une base aérienne dans la région d’Agadez, qui servira de support aux interventions de l’Africom au Mali, le Tchad, le Burkina Faso et la Libye, où ils effectuent déjà des frappes aériennes. Sans compter les armées nationales que comptent les pays du Sahel et les centaines d’espions qui pullulent dans la région.

C’est quand même trop exagéré par rapport à la nature de la menace. Les experts les plus aguerris et les observateurs les plus avertis sont unanimes à soutenir que le nombre de terroristes actifs dans la région ne dépasse pas quelques centaines. Même leur fédération opérée en mars dernier sous la bannière de «Ansar Al Islam Wa Al Mouslimine» n’augmente pas les effectifs. Elle ne fait que coordonner les opérations et le partage des champs d’action.

Toutes ces fortunes dépensées se sont-elles trompées d’objectifs? Il ne serait pas alors surréaliste de supposer que ce sont de purs intérêts géostratégiques qui, au Moyen-Orient, mobilisent les Américains et les Occidentaux en Afrique. Il y a quelques décennies il s’agissait de combattre l’influence soviétique au Moyen-Orient et aujourd’hui en Afrique c’est l’avancée chinoise qu’il faut stopper. Depuis 2009, la Chine est devenue le plus grand partenaire commercial de l’Afrique; le chiffre d’affaires étant passé de 10 milliards de dollars en 2000 à 220 en 2014. Récemment, le président chinois Xi Jinping s’était engagé à débourser 60 milliards de dollars au développement des infrastructures en Afrique. Tout simplement une provocation pour les Occidentaux qui peinent à asphalter une piste au nord du Mali. Voilà qui clôt la boucle des interrogations, mais qui ouvre de sombres perspectives pour le continent.
Washington ne va-t-il pas rééditer en Afrique les mêmes interventions catastrophiques qui ont conduit à la destruction pure et simple des Etats pourtant solides, à la mort de centaines de milliers de personnes et de smillions de réfugiés?

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