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Le dollar – De Bohême à l’effondrement

Pratiquement aucun investisseur n’étudie l’histoire et les rares qui le font pensent toujours que c’est différent aujourd’hui. Les gens ne retiennent jamais les leçons du passé. Si c’était le cas, ils n’investiraient pas dans un marché boursier qui, selon tous les critères, est maintenant dans une énorme bulle. Ils n’investiraient pas dans un marché de la dette qui a connu une croissance exponentielle au cours des dernières décennies mais qui perdra sa valeur lorsque les débiteurs feront défaut. Personne non plus ne détiendrait une papier-monnaie qui a chuté de 97% à 99% au cours des 100 dernières années et dont la valeur se dirige vers zéro.

 

 

L’histoire de la monnaie illustre bien que « Plus ça change, plus c’est la même chose« . Les cycles de forte expansion et de récession, soit l’euphorie et le désespoir, sont constants dans l’histoire de la monnaie. Les cycles sont naturels, tout comme les changements de saisons.

L’humanité a toujours cru qu’elle savait mieux que les générations précédentes et qu’elle pouvait éliminer les cycles d’expansion-récession. C’est ce que le premier ministre britannique Gordon Brown a déclaré fièrement avant l’effondrement de l’économie en 2007. Paul Krugman, lauréat du prix Nobel d’économie, croit également que la prospérité éternelle peut être générée en créant une dette sans fin et en imprimant de l’argent à l’infini.

Mais l’histoire a maintes et maintes fois transformé les savants-en-tout en has-beens.

DEPUIS 6 000 ANS, L’OR A SURVÉCU À TOUTES LES MONNAIES

Chaque fois que l’humanité a dévié de la monnaie saine, les conséquences ont été catastrophiques. La seule monnaie à avoir survécu depuis sa première utilisation, il y a environ 6000 ans, est l’or. Toutes les autres monnaies ont été détruites par la cupidité et la mauvaise gestion économique. Je cite Voltaire depuis plus de 20 ans et que je continuerai à le faire: « Le papier-monnaie revient finalement à sa valeur intrinsèque – ZÉRO« . Que l’on remonte 100 ans, 300 ans ou 2000 ans, ces mots sont la définition la plus exacte et la plus scientifique de l’histoire économique. C’est la leçon la plus importante que tout étudiant en économie devrait apprendre. Armé de cette connaissance, n’importe qui peut prévoir l’issue probable d’un cycle économique, et en particulier du cycle économique actuel.

LES BULBES DE TULIPES ET LES BITCOINS NE PROTÈGERONT JAMAIS LA RICHESSE

Alors pourquoi les investisseurs ne prennent-ils pas garde et ne se protègent-ils pas contre les risques qui n’ont jamais été aussi grands à l’échelle mondiale ? La première raison est la cupidité. Que ce soit avec les actions, les bulbes de tulipes ou les bitcoins, les gens n’apprennent jamais. La cupidité prend le dessus et empêche toute pensée rationnelle. C’est pourquoi la plupart des investisseurs vont surfer sur les marchés en bulle jusqu’à ce qu’ils n’aient pratiquement plus aucune valeur.

L’expérience et une longue carrière professionnelle sont un avantage lorsqu’il s’agit d’assimiler les risques. Rien ne vaut le fait d’avoir vécu des krachs boursiers de 50% ou plus, comme en 1973, 1987, 2000 et 2007. Cela vous aide à prendre conscience des risques et donc de la nécessité de préserver sa richesse.

LES ACTIONS MONTENT TOUJOURS !

Si l’on regarde le Dow depuis 1971, il est en hausse de 29x ou 2800%. Alors pourquoi s’inquiéter alors que « les actions montent toujours ». Il est vrai qu’au cours des 47 dernières années, depuis que Nixon a mis fin à la convertibilité du dollar en or, les marchés d’actifs ont explosé. Mais la plupart de ces gains ont été illusoires et dus à l’expansion du crédit, à l’impression monétaire et à la dépréciation des monnaies.

Les investisseurs sont certains que les actions continueront de monter. Mais ils ne réalisent pas ce qu’il adviendra de leurs investissements lorsque le « bol de punch » de liquidités sera retiré et que les taux d’intérêt augmenteront. Cela arrivera au cours des prochaines années. Les actions ont augmenté uniquement en raison de l’expansion du crédit et des taux d’intérêt artificiellement bas. Oui, les banques centrales vont paniquer et imprimer des quantités illimitées d’argent, mais le marché va se rendre compte que cet argent est sans valeur et cela n’aura donc aucun effet.

Cela peut prendre beaucoup de temps avant que les actions ne remontent le « mur d’inquiétude » crée par une forte correction. En 1929, le Dow a culminé à 481, puis a chuté de 90% en moins de trois ans pour atteindre un creux de 40 en 1932. Il a fallu 26 ans avant que le Dow ne revienne à son sommet de 1929.

IL A FALLU 26 ANS AU DOW POUR RETOURNER À SON PIC DE 1929

 

La chute de près de 1000 points du Dow Jones lundi dernier était un avant-goût. Nous n’avons peut-être pas encore vu la fin du marché haussier qui dure depuis plusieurs décennies, mais le risque est aujourd’hui colossal. Une fois le marché baissier amorcé, le Dow connaîtra des jours de baisse de plusieurs milliers de points. Le krach de 1929 a été de 90%, mais la bulle actuelle étant beaucoup plus grosse, la chute des marchés boursiers américains devrait être d’au moins 95%.

LE NIKKEI TOUJOURS 40% SOUS SON PIC DE 1929

Un exemple plus récent d’un marché boursier qui ne se rétablit pas est le Nikkei, qui a dépassé les 39 000 en 1989. Aujourd’hui, 29 ans plus tard, le Nikkei est encore 40% en dessous de ce niveau, après avoir chuté de 80 % depuis son sommet. En dépit de l’impression monétaire massive, d’une dette supérieure à 1 quadrillion de yens et de taux d’intérêt zéro ou négatifs lors des 29 dernières années, le marché boursier japonais est toujours dans le marasme. Le scénario le plus probable pour le Japon ? L’économie s’effondrera avec des actions en baisse de 95% ou plus, alors que la valeur de la dette et le yen tomberont à zéro.

 

 

LE DOLLAR CHUTE DEPUIS UN DEMI-SIÈCLE

En regardant le dollar depuis 1971, il a perdu 78% contre le franc suisse et 56% contre le mark/euro.

 

 

Si nous mesurons par rapport à la monnaie réelle – l’or – le dollar a perdu 98% au cours des 100 dernières années. La majeure partie de cette chute a eu lieu après la décision de Nixon en 1971.

PAPIER-MONNAIE – DE 100 À ZÉRO EN UN SIÈCLE

 

 

Il est clair que le dollar perdra les 3% restants par rapport à l’or pour atteindre sa valeur intrinsèque de ZÉRO. Cela signifie que le dollar va chuter de 100% par rapport au niveau actuel. C’est pratiquement garantie. Ce n’est qu’une question de temps. La plus grande partie de la baisse du dollar pourrait se produire très rapidement, d’ici 3 à 7 ans. Dans le même temps, la dette américaine atteindra zéro et les taux d’intérêt monteront à l’infini.

LE DOLLAR – DE LA BOHÈME À L’OBSCURITÉ

Fait intéressant, le mot dollar vient du Royaume tchèque de Bohême où les pièces d’argent étaient frappées au début des années 1500. La région s’appelait Joachimsthal (vallée de Joachim) et le nom de la monnaie, Joachimsthaler, a été abrégée en Thaler ou Daler (Dollar). Ce nom a été utilisé dans de nombreux pays pour désigner la monnaie. Il est arrivé en Amérique avec le Peso américain-espagnol qui est devenu le dollar espagnol. En 1785, il a été adopté aux États-Unis comme monnaie officielle – le dollar américain. Lorsque le dollar américain s’écroulera, il sera intéressant de voir combien de temps il faudra pour que le dollar disparaisse totalement, comme l’a fait le Denarius après l’effondrement de l’Empire romain.

LE DENIER – DE L’ARGENT À LA POUSSIÈRE

La pièce d’argent Denarius a été frappée pour la première fois en 211 av. J.-C. Au fur et à mesure que les finances de l’empire romain se détérioraient, le denier fut progressivement dévalué. Au cours de la période de 100 ans, 180 à 280 après J.-C, la teneur en argent du denier est passée de 87% à 0%. C’est exactement ce qui arrive au système monétaire actuel, avec toutes les principales devises en baisse de 97-99% par rapport à l’or. Mais les derniers 1-3% restent à venir, ce qui sera extrêmement douloureux pour le monde.

 

 

 

ÉCONOMIE MONDIALE – DE L’EUPHORIE À LA DYSPHORIE

Nous entrons maintenant dans la phase finale de l’euphorie maniaque. Dans les 6 à 18 prochains mois, l’euphorie se transformera en dysphorie, alors que 100 ans de mauvaise gestion et de manipulation économique prendront fin. Cela affectera gravement les marchés financiers et l’économie mondiale, mais aussi le tissu social de la plupart des pays. J’en ai parlé à maintes reprises et c’est certainement un scénario déprimant. Le monde est susceptible de connaître un chômage très élevé, avec peu d’argent pour la plupart des gens, des maladies, la famine, pas de sécurité sociale, pas de retraite, peu de soins médicaux, des troubles sociaux, des guerres, etc.

Personne, absolument personne, ne peut s’y préparer complètement ou l’éviter. Nous allons tous souffrir. Comme je l’ai souligné à plusieurs reprises, la famille et les amis sont plus importants que tout dans ces périodes. Pour les rares privilégiés ayant de l’épargne, il n’est pas encore trop tard pour acquérir de l’or physique et de l’argent. Lorsque le système financier s’effondrera, les métaux précieux reprendront leur rôle de monnaie. Non seulement l’or et l’argent deviendront extrêmement précieux et démandés, mais plus important encore, ils conserveront leur pouvoir d’achat comme ils le font depuis 6 000 ans.

Les investisseurs ne doivent pas être influencés par les fluctuations à court terme du prix de l’or et de l’argent. Sans avertissement, l’or grimpera de plusieurs centaines de dollars, et l’argent de plusieurs dizaines de dollars, sur une très courte période. L’or et l’argent doivent être accumulé aujourd’hui, à bas prix. Quand le vrai mouvement haussier commencera, il sera impossible de se procurer de l’or  et de l’argent physiques à n’importe quel prix.

source

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La crise financière : un détonateur

Résumé de l’épisode précédent : Après les origines de la monnaie, l’épisode précédent s’attachait à comprendre le système monétaire, bancaire et financier. L’article revenait sur le néochartalisme et les problématiques liées aux monnaies fondantes. Il illustrait le fonctionnement du système bancaire financier avec trois mots clefs : précarité, interconnectivité et dominance.

Introduction

Avant de développer les raisons qui me conduisent à penser qu’une crise financière surviendra à court où moyen terme, il est nécessaire d’évoquer les crises larvées qu’elle est susceptible de faire apparaître dans son sillage.

>> Une crise économique (d’ampleur systémique) :

Cette crise est le sous-jacent de l’aspect « précarité » du système bancaire et financier.

Cette crise économique a elle-même plusieurs facettes :

—>Crise spécifique au capitalisme (Réalité des ressources limitées, notamment l’énergie, contre les hypothèses de croissance économique illimitées / Divers mécanismes autodestructeurs identifiés par K. Marx lorsque le système économique cesse sa phase de croissance et entre dans une phase récessive).

—>Crise de la dette survenant lors des récessions économiques (Constante historique qui dépasse le système capitaliste lui-même, Cf Dette 5000 ans d’histoire de David Graeber).

>> Une crise géopolitique :

Cette crise est le sous-jacent de l’aspect « dominance » du système bancaire et financier.

Pour le moment, cette crise géopolitique est larvée.

Elle s’illustre discrètement, ponctuellement, lorsque des pays refusent de s’aligner sur le leadership monétaire des États-Unis. C’est notamment le cas avec la création d’un fond monétaire alternatif par les BRICS[1] où la stratégie explicite de contournement du dollar comme monnaie de réserve mise en œuvre par la Russie[2].

Pour se figurer cette juxtaposition des crises, la meilleure comparaison est certainement un effet « boule de neige » qui conduirait à une avalanche. Je m’explique :

Dans un entretien[3] Olivier Berruyer évoque divers éléments hétéroclites et susceptibles de provoquer « l’éboulis » à effet « boule de neige » qui entrainerait une première « avalanche » : la crise financière :

 » Ça lâchera peut-être parce qu’une banque aura sauté, ça lâchera parce que le Japon aura des problèmes, ça lâchera parce qu’il y aura encore un trader fou qui va couler une banque à Londres…Je n’en sais rien. Ça lâchera parce que Israël va bombarder l’Iran, ça lâchera parce que[…]la Chine va s’écrouler, parce que les États-Unis ne vont pas se mettre d’accord politiquement pour augmenter le plafond de la dette. Voilà, vous êtes juste dans un champ de nitroglycérine avec des gens qui secouent partout en fait… C’est fabuleux…

[…] Maintenant, je ne sais pas si ça viendra dans trois mois ou si ça viendra dans trois ans. Ce ne sera pas beaucoup plus que dans trois ans parce que vous voyez très bien à quel point votre système est en train de se véroler. En plus, vous êtes obligé d’injecter de plus en plus d’argent dans le secteur bancaire et financier. Plus vous le faites, plus vos effets sont à très court terme… »

Les divers événements qu’évoque Olivier Berruyer peuvent n’être que de simples « éboulis » sans gravité significative. Toutefois, lorsque l’un de ces « éboulis » est sujet à un effet « boule de neige » il peut conduire à une avalanche, c’est à dire à une crise financière (comme ce fut le cas avec les Subprime en 2007).

Hors en 2007, cette crise financière (= première avalanche) aurait normalement dû provoquer ces crises économiques et géopolitiques mais elle a été endiguée par l’endettement public d’une majorité d’État.

Les crises économiques et géopolitiques seront des conséquences probables d’une crise financière. Lors de la prochaine crise financière, on imagine mal comment nos États surendettés pourraient à nouveau procéder au sauvetage des banques avec leur seule capacité d’endettement. Dès lors, on peut supposer que la première avalanche (= la crise financière) provoquerait deux avalanches gigantesques (= la crise économique et la crise géopolitique) dont les signes avant-coureurs sont déjà visibles dans l’actualité.

Dans cet article, je m’efforcerai d’analyser les tenants et aboutissants de la crise financière.

Je reviendrai ultérieurement sur les aspects économiques et géopolitiques si la crise financière n’était pas endiguée comme celle de 2007.

Wikipédia donne la définition suivante d’une crise financière :

« Le terme crise financière s’emploie pour désigner un ensemble assez large qui inclut notamment les crises du change, les crises bancaires et les crises boursières, récurrentes dans l’histoire boursière. Mais le terme est également utilisé pour désigner les crises de la dette publique ou des crises qui affectent un marché à terme, voire un marché de produit agricole, comme celui touché au XVIIe siècle aux Pays-Bas par la tulipomanie. Une crise financière peut concerner seulement quelques pays, ou, initiée dans un pays, peut s’étendre par contagion et devenir internationale et ralentit ainsi l’économie mondiale. Si une crise financière ne concerne dans un premier temps que les marchés financiers, son aggravation conduira à des effets néfastes sur le reste de l’économie, entraînant une crise économique, voire une récession. Ces effets sont généralement un resserrement du crédit et donc une baisse de l’investissement, une crise de confiance des ménages. »

Il arrive qu’une crise financière trouve son origine dans une crise économique (par exemple une chute brutale de la demande ou de l’offre) ou dans une crise géopolitique (par exemple une guerre).

Néanmoins les crises financières les plus violentes et les plus néfastes pour la société sont généralement liées à des bulles spéculatives.

Les bulles financières

Pour définir le phénomène de bulle financière et spéculative on peut retenir la définition que donne Rosser en 2000 : « Une bulle spéculative existe lorsque le prix de quelque chose ne reflète pas les fondamentaux du marché sur une période de temps pour des raisons autre que des chocs aléatoires. Par « fondamentaux », on entend un équilibre de long terme qui est cohérent avec un équilibre général. »

Les bulles financières présentent généralement quatre phases distinctes (gestation, naissance, euphorie et éclatement) que l’on peut représenter de manière graphique :

Gestation : Les investisseurs avisés remarquent du potentiel dans un secteur jusqu’ici ignoré par les marchés.

Naissance : Une tendance claire naît et le marché attire de plus en plus d’investisseurs. Premières prises de profits des investisseurs avisés.

Euphorie : Le grand public se rue vers le marché qui doit forcément monter. Les médias parlent du dynamisme du marché et du « nouveau modèle ».

Éclatement : Un évènement déclenche une baisse rapide et tout le monde se rend compte que la situation a changé. Perte de confiance.

Cette représentation schématique d’une bulle financière permet de comprendre que le mécanisme est toujours le même. Voici ses manifestations historiques :

Mon hypothèse est que les phases d’éclatement sont de plus en plus rapides. Voici le détail des phases d’éclatement des trois crises présentées ci-dessus :

Les raisons qui me conduisent à formuler cette hypothèse sont les suivantes :

  1. L’information financière (et générale) circule de plus en plus rapidement entre les différents acteurs. Par ailleurs, les pouvoirs économiques et publics sont de moins en moins en mesure de « contrôler » cette information.
  2. Découle du 1. >> L’information financière et économique dite « hétérodoxe » ou « critique » est de plus en plus portée à la connaissance des acteurs du marché. Cette connaissance implique qu’un nombre croissant d’acteurs a conscience d’être dans une bulle avant qu’elle n’éclate. Ces acteurs pensent être en mesure de revendre rapidement leurs titres lorsque la bulle financière prendra fin.
  3. Le processus transactionnel est de plus en plus rapide et automatisé, notamment via l’influence du trading haute fréquence[5] et des algorithmesinformatiques.
  4. La concentration du capital investi sur les marchés conduit à un nombre très réduit d’acteurs ayant une influence significative sur les marchés. Les crises successives renforcent ce phénomène par une sélection naturelle des acteurs les mieux informés, les plus influents et les plus réactifs. (Cf 1. et 3.)

Lors de l’éclatement d’une prochaine bulle, si mon hypothèse est valide, le nombre de jours entre le point boursier le plus haut et le point boursier le plus bas devrait être inférieur à 512. Cependant, si cette crise est définitive, il n’y aura probablement pas de rebond comme en 2009 et l’on peut s’attendre à ce que ce crash boursier fulgurant succède à une longue récession de l’économie et de la finance à moyen terme.

>> Dans ce contexte, le « point bas » de l’éclatement de la bulle sera difficile à déterminer.

Par ailleurs, l’apparition des bulles spéculatives présentent des caractéristiques spécifiques :

  1. La croissance extrême des prix
  2. Investissement massif / spéculation intense (flux de capitaux importants)
  3. Perspectives optimistes mais futur incertain
  4. Levier (surexposition des investisseurs aux risques)
  5. Rôle de l’état dans la formation de la bulle

La situation actuelle

Sommes-nous dans une situation de bulle aujourd’hui ?

  1. La croissance extrême des prix

Depuis le point bas de 2009, soit 666,79 points, le S&P 500 a cru de 310,63% pour atteindre les 2071,26 points. Cette forte croissance de l’indice S&P 500 (et de nombreux autres indices boursiers) est comparable à celle d’autres bulles financières observées dans l’histoire de la finance (crack boursier de 1929 +370 % sur 5 ans ; crack boursier de 1987 +237 % sur 5 ans ; crack de la bulle internet +220 % sur 5 ans ; crack des subprimes +75 % sur 4,5 ans).

  1. Investissement massif / spéculation intense (flux de capitaux importants)

Comme en témoigne ce graphique[6], depuis mi 2013, on observe des flux nets de capitaux sur les marchés financiers en provenance d’investisseur (que l’on peut distinguer des spéculateurs.)

  1. Perspectives optimistes mais futur incertain

Récapitulatif :

1) Sortie de la crise financière par le QE (Quantitative easing), c’est à dire la planche à billet, mis en œuvre par la Fed (Banque centrale américaine). Cette politique monétaire conduit à inonder les marchés financiers de liquidité, c’est à dire d’argent « gratuit » puisque prêté par la Fed à 0% d’intérêt.

2) Ces liquidités de la Fed conduisent à un gonflement extraordinaire des actifs financiers (obligations et actions). Logiquement, cette politique monétaire ultra-abondante aurait dû conduire à une explosion du prix des matières premières et particulièrement des valeurs refuges telles que l’or et l’argent. Cependant, il apparaît que les banques centrales interviennent sur les marchés financiers (notamment via les produits dérivés) afin de maintenir artificiellement le prix de ces valeurs refuges au plus bas et dedécourager les mouvements de capitaux dans cette direction.

3) Cette politique monétaire permet également à la Fed de financer le déficit américain. Déficit toujours plus élevé puisque proportionnel à une dette publique toujours plus élevée. Ce déficit public permet néanmoins de produire de la croissance économique à crédit (environ 5$ de dette publique pour 1$ de croissance économique). Cette croissance économique artificielle permet de justifier politiquement le dogme néolibéral et l’usage de la planche à billet. Cependant ce mode de fonctionnement ne repose que sur la domination monétaire du dollar.

Futur incertain :

>> Vu ces éléments, on peut s’interroger sur ce qui adviendra lorsque la Fed cessera cette politique monétaire (arrêt de la planche à billet et hausse des taux).

Comment réagiront les marchés face à ce manque de liquidité et cet argent « payant » ?

Dans l’hypothèse ou la Fed poursuivrait cette politique monétaire ultra-abondante, qu’adviendra-t-il ? Comment se comporteraient les acteurs économiques et financiers dans un environnement où les rentes du capital tendent vers 0 ? Pourquoi prendre un risque pour un retour sur investissement de 0€ ?

  1. Levier (surexposition des investisseurs face aux risques)

Définition de la dette de marge[7] : « Crédit ouvert par un courtier ou société de bourse face à un portefeuille boursier et dont le bénéficiaire l’utilise soit pour des fins personnelles soit pour acquérir d’autres titres (cas le plus fréquent). Vous disposez de 10 000 $ sous forme d’actions par exemple, vous pouvez emprunter 50 % pour vos dépenses propres ou l’utiliser à plein pour l’achat de 10 000 autres $ d’actions. »

Comme en 2007, il apparaît que les investisseurs se sont fortement endettés afin d’investir sur les marchés financiers.

  1. Rôle de l’état dans la formation de la bulle

Le rôle de l’état se manifeste essentiellement par l’intermédiaire de la politique monétaire et les rachats d’actifs des banques centrales et particulièrement de la Fed. Voici la variation et la composition de ses actifs depuis 2009 :

[GDP est le sigle anglais désignant Dross Domestic Product, ou en français Produit Intérieur Brut (PIB). Le sigle GDP est définit dans le dictionnaire financier à travers la définition de Produit Intérieur Brut.]

Conclusion :

Vu ces éléments, on peut penser que nous sommes dans une bulle spéculative.

J’anticipe la question qui vous brûle les lèvres : quand éclatera cette bulle ?

>> Si par-là vous entendez « dans quelles circonstances », je peux vous répondre :

– Soit la Fed durcit suffisamment sa politique monétaire pour effrayer les marchés financiers.

– Soit un évènement ébranle massivement la confiance des investisseurs et conduit par un effet « boule de neige » à une nouvelle crise financière.

>> Si par-là vous entendez « sous quel délai », ma réponse sera encore plus floue :

Demain ? Dans trois mois ? Dans six mois ? Dans un an ? Dans deux ans ? Plus ? Je l’ignore mais je serais surpris qu’elle survienne après la prochaine élection présidentielle (même si ce n’est pas exclu).

Si vous souhaitez en savoir plus sur les bulles financières, je vous recommande trois vidéos qui ont fortement influencé cet épisode >> Cf note de bas de page[8].

Cet épisode marque la fin de la première saison de cette chronique d’un éveil citoyen.

Avant d’entamer la seconde saison, je souhaite publier sur Agoravox divers éléments d’un essai en cours d’écriture.


[3] Entretien d’Olivier Berruyer avec Avant Garde Économique, mai 2013 :https://www.youtube.com/watch?v=3Gc…

[5] Page wikipédia du trading haute fréquence : http://fr.wikipedia.org/wiki/Transa…

[6] Source du graphique présenté : http://www.google.fr/imgres?imgurl=…

 

 
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Publié par le 12 mars 2015 dans économie, général, International

 

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John Williams : « L’Hyperinflation commence en 2015 »

John Williams, le patron de shadow stats, l’organisme de stats le plus fiable (et crédible) au monde, s’exprimait chez Greg HUNTER .

Pas de reprise économique aux US dit john Williams le patron de shadow stats , depuis 08 nous sommes au mieux en stagnation, au bord de la récession .

Les ventes au détail se sont contractées.

Les chiffres sur l’emploi sont bidons : par exemple si vous avez 3 jobs à temps partiel c’est compté comme 3 jobs !

La production industrielle du 4e trimestre 14 devrait etre plus faible que prévu et se contracter.

Les chiffres de l’immobilier sont faibles aussi et n’ont jamais récupérés, un facteur majeur de l’effondrement à venir .

Le FED est au courant de ce qui se passe et de la récession larvée, il y aura un QE 4 selon john Williams, ce qui va frapper profondément le dollar fort (qui est fort à cause de l’arrêt du « QE » ou « planche à billet », et relativement à d’autres devises encore plus faibles comme l’Euro)

L’or va boomer à nouveau, l’inflation aussi, alors que la russie et d’autres sortent de plus en plus du dollar, la dédollarisation .

Le gouvernement US détient pour 100 billions d’obligations, c’est plus que le PIB mondial, et 5-6 fois celui US .

Le gouvernement n’est plus solvable et doit rétablir sa solvabilité à long terme, ce qui signifie entre autre couper dans les programmes sociaux ..

C’est la monétisation de la dette qui entraînera l’hyperinflation et le déclin du dollar.

Pour le moment le $ est fort comme jamais en 10 ans , mais la réalité économique sous jacente est mauvaise, avec la conjonction de tous ces facteurs :

Désordre politique, solvabilité à long terme, pas de croissance etc ..

Tous ces facteurs contribueront à mettre une grosse pression sur le $.

2 facteurs notamment :

les 16 bilions d’actifs détenus hors états unis et le QE 4, qui feront exploser le déficit et mèneront à l’hyperinflation .

Tout va commencer avec un renversement de tendance sur le $, et à ce point tout QE deviendra très inflationniste.

En 2008 le système entier était en panique, au bord de l’effondrement et les autorités l’ont maintenu à flot, et repoussé le problème dans le futur.

Ce qui mènera a une autre panique encore pire . (il rejoint ici peter schiff et d’autres …)

Le système bancaire est insolvable et ne fonctionne pas normalement, ne prêtant plus à l’économie réelle ,

Le système bancaire est en crise, l’économie est en crise, le reste du monde est en crise..

Le catalyseur sera donc le dollar : il pense que ce dernier à topé (atteint son plus haut sur le dollar index)  et que le plus bas est « in » pour le pétrole.

il va y avoir une corrélation inverse pétrole dollar et le brut va recommencer à grimper alors que le $ chutera,

Un sell off du dollar qui a dejà commencer avec les russes qui se tournent vers l’or et le commerce en devises nationales, mènera vers l’hyperinflation car si le pays est insolvable, le $ l’est aussi .

L’effondrement et l’hyperinflation pourraient aller très vite : préparez vous dit john Williams (il conseille de l’or et de l’argent, des réserves de nourriture …) .

Tout ça est 100 % certain de se produire selon lui, tout est question de timing.

Ce qu’il faut donc regarder c’est le $ et le retournement de tendance qui sera un point de rupture, provoquant un sell off du dollar  .

Et donc, on pourrait avoir le marché qui se retourne courant 2015, avant cet été voir cet automne .

Toujours trés important ce que dit john Williams ….

 
2 Commentaires

Publié par le 17 février 2015 dans économie, général, International, Politique

 

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« Imminence d’une nouvelle crise mondiale… Invictus ! »

spartiates

« Imminence d’une nouvelle crise mondiale… Invictus ! »

Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !

En Chine, les prix de l’immobilier baissent, au Vietnam comme je le relatais dans l’édition d’hier le chômage des jeunes diplômés est au plus haut. Au Brésil, la croissance patine et la coupe du monde n’a pas apporté la croissance espérée. L’Argentine est en crise. La Russie soumise aux sanctions internationales voit son économie battre sérieusement de l’aile et sa monnaie s’effondrer. L’Ukraine est en faillite. Les pays arabes souffrent de l’absence de tourisme provoquée par une islamisation de plus en plus forte. Le Japon est en pleine récession/déflation et nous contemplons l’empire du Soleil « couchant » s’enfoncer dans un marasme chaque mois de plus en plus prononcé.

Aux USA, c’est le retour du froid, l’hiver, avec son désormais célèbre « vortex polaire » qui ne gèle pas que les gens (en particulier les millions de sans-abri américains apparemment victimes d’une reprise économique trop forte, ce qui est ironique) mais aussi les affaires et la croissance. L’hiver étant froid… on peut prévoir une récession pour le 4e trimestre 2014 aux États-Unis.

L’Afrique n’en parlons pas, Ebola étant passé par là, même le FMI fait des prévisions dramatiques sur les impacts de croissance dans les pays, hélas, concernés par ces épidémies.

Concernant l’Europe… nous ne sommes pas en guerre avec la Russie (encore) que c’est la Bérézina. L’Italie va de plus en mal, la France s’enfonce et paye les profs du 9-3 en tickets resto, l’Espagne donne des leçons au Portugal en l’incitant à… sortir de la zone euro ! Les Allemands ne veulent pas entendre parler de la « fabrication massive de fausse monnaie » pour faire tenir cet édifice chancelant malgré une activité industrielle qui commence à s’effriter sous le poids de toutes ces mauvaises nouvelles.

Enfin, pour parachever ce tableau bien sombre, il est évident qu’une nouvelle phase de la même crise est en train de s’ouvrir devant nous malheureusement sur des niveaux d’endettement généralisés et stratosphériques jamais atteints dans l’histoire de l’humanité et retirant de facto toute marge de manœuvre budgétaire aux États.

Pour le chef du gouvernement britannique, David Cameron, les voyants de l’économie mondiale sont au rouge comme lors de la crise de 2008.

C’est dans ce contexte particulièrement réjouissant que David Cameron a livré un message assez alarmiste pour un chef d’État au Guardian après le G20 de Brisbane , en Australie, le week-end dernier.

« Pour le chef du gouvernement britannique, il y a actuellement « un contexte dangereux d’instabilité et d’incertitudes » qui menace réellement la reprise britannique. Déjà, confie David Cameron, le ralentissement de la zone euro , a un impact sur les exportations et l’industrie britannique. Selon lui, les voyants de l’économie mondiale sont au rouge comme lors de la crise financière de 2008. »

Bravo David, c’est exactement ça et c’est ce que j’essaie d’expliquer mais moi je ne suis pas Premier ministre, juste un petit économiste d’en bas, avec aussi l’avantage d’être en bas partageant le quotidien avec tous mes camarades galériens du pathétique spectacle capitaliste.

Le journal Les Échos nous apprend d’ailleurs au détour de cet article que « la directrice du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, a également exprimé ses craintes à Brisbane que dette élevée, faible croissance et chômage soient en passe de devenir « la nouvelle normalité en Europe »… Christine (qui n’est pas vraiment une visionnaire), sache que le chômage de masse c’est déjà devenu la norme : ce n’est pas en « passe », c’est déjà fait et depuis longtemps.

Et Cameron de se lancer dans le même descriptif apocalyptique que je vous ai fait en préambule de cet article, sauf que lui, encore une fois, est Premier ministre.

« La zone euro frôle une troisième récession, avec un chômage élevé, une croissance en baisse et le risque réel d’une chute des prix », écrit David Cameron dans le Guardian. « Les économies émergentes qui étaient les moteur de la croissance montrent maintenant des signes de ralentissement. (…) Les négociations sur le commerce mondial sont au point mort tandis que l’épidémie d’Ebola, le conflit au Moyen-Orient et les actions illégales de la Russie en Ukraine ajoutent un contexte dangereux d’instabilité et d’incertitudes », écrit-il.

Encore une fois, il est trop tard pour les réponses collectives, l’heure est à la préparation personnelle de votre résilience économique, de votre robustesse patrimoniale, de votre résistance sociale et de votre survie familiale.

Organisez-vous et préparez-vous car vous êtes le « capitaine de votre âme », hymne à la responsabilité personnelle. Alors d’humeur sombre ce soir, je vous livre ce poème qui, au-delà d’être le préféré de Nelson Mandela, correspond parfaitement aux contrariens que nous sommes. Ne les blâmons pas, ne blâmons personne, en revanche prenons nos destinées en main. Vous serez bientôt seul aux manettes. Les drames économiques sont toujours individuels. Les souffrances personnelles. C’est ce que vous avez fait et ce que vous ferez qui fera la différence.

Invictus (invincible dans le combat, Cicéron)

Dans les ténèbres qui m’enserrent
Noires comme un puits où l’on se noie
Je rends grâce aux dieux, quels qu’ils soient
Pour mon âme invincible et fière.

Dans de cruelles circonstances
Je n’ai ni gémi ni pleuré
Meurtri par cette existence
Je suis debout, bien que blessé.

En ce lieu de colère et de pleurs
Se profile l’ombre de la Mort
Je ne sais ce que me réserve le sort
Mais je suis, et je resterai sans peur.

Aussi étroit soit le chemin
Nombreux, les châtiments infâmes
Je suis le maître de mon destin
Je suis le capitaine de mon âme.

William Ernest Henley (1843-1903)

À demain… si vous le voulez bien !!

Charles SANNAT

http://www.lecontrarien.com/cameron-inquiet-de-limminence-dune-nouvelle-crise-mondiale-20-11-2014-edito

 
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Publié par le 20 novembre 2014 dans économie, général, International

 

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SCOOP, Exclusif, comment l’état français se prépare à l’effondrement!

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Bienvenue dans la revue de presse avec le retour de charles Sannat rentré de vacances, et cette formidable histoire , où on apprend que des valises diplomatiques françaises  pas claires, circulent au proche orient !

revue de presse 2013 Z@laresistance

Mes chères contrariées, mes chers contrariens !

Chaque jour nous apporte de nouvelles blagues gouvernementales absolument géniales. Créatifs, drôles, avec des scénarios de premier ordre, il n’y a pas à dire, cette guerre en Syrie nous permet de passer d’excellents moments ensemble.

Aujourd’hui, par exemple, nous avons appris que le chauffeur du consulat français en Israël a été arrêté.

En effet, les douaniers israéliens d’Allenby, au point de passage entre la Jordanie et la Cisjordanie, ont saisi dans son véhicule 152 kilos d’or, des chèques pour près de deux millions de dollars, 500 kilos de tabac et 800 téléphones portables. L’homme a été très vite expulsé vers la France. Une affaire crapuleuse, dit-on du côté des autorités.

Vous noterez tout de même qu’il y avait dans cette voiture 152 kilos d’or, une espèce de vieille relique barbare qui ne servira jamais de mode de paiement… Bien sûr que non. Une fois la calculatrice sortie et la multiplication faite, cela fait la modique somme de 5 075 208 euros ! Soyons sympas et arrondissons à 5 millions. 5 millions d’or auxquels s’ajoutent des chèques pour près de 2 millions de dollars. Je dois vous dire qu’à ce niveau, j’aimerais bien avoir la photocopie desdits chèques pour voir la liste des noms dessus… Se faire payer par chèque lorsque l’on est trafiquant… franchement ! Autant prendre la CB ou encore les tickets resto… soyons sérieux.

Mais ce n’est pas tout ! Le type, il avait aussi 500 kilos de tabac. Le problème avec le tabac, c’est que c’est volumineux. 500 kilos ça en prend de la place. Si le type en question conduisait une Twingo de fonction, il devait avoir l’air passablement suspect avec ses cartouches de clopes sur le toit…

Du coup, je penche sur l’hypothèse de l’utilisation d’une camionnette du corps diplomatique français. Il faut que je vous dise autre chose. 500 kilos de tabac auxquels on ajoute 152 kilos d’or nous font, en gros, 650kg, ce qui est bien plus que le PATC – poids total autorisé en charge – de votre véhicule (courrez vérifier votre carte grise), en tout cas du mien de véhicule… plus l’histoire du volume.

À mon avis, c’est une Renault Trafic couleur gris anthracite qui a été utilisée et portant des plaques diplomatiques avec sans doute le 1,9 litre DCI de 120 chevaux car il fallait au moins ça pour transporter cette cargaison.

Le problème avec le journaliste de France Info, c’est qu’il ne semble pas croire à ce qu’il raconte !

Grâce au miracle des téléphones portables (sans doute un aïe-phone d’avant dernière génération de couleur noire) qui permettent de joindre n’importe qui à n’importe quel moment, c’est le branle-bas de combat à Paris :

« L’affaire monte très vite dans la hiérarchie ; le consulat de France est alerté. Son numéro deux ne peut que conseiller à son agent de se plier aux injonctions des douaniers. Qui réplique qu’il risque gros puisqu’il transporte une marchandise pas franchement anodine. Le diplomate alerte alors le Quai d’Orsay, à Paris. Qui conseille de faire ouvrir le véhicule, histoire de ne pas donner l’impression de couvrir une affaire crapuleuse. »

Et l’article, de se conclure sur ce passage fameux…

« L’homme, chef de garage au consulat, est immédiatement arrêté, et expulsé vers la France. Sans que l’on sache s’il a été ou non interpellé sur le sol français. Personne ne sait à qui était destinée la marchandise. Tout juste explique-t-on qu’il s’agit, sans doute, d’une affaire crapuleuse et non d’un quelconque financement du terrorisme. »

Comme de bien entendu, il est évident que le chauffeur du consulat s’est mis à se balader avec plus de 10 millions d’euros dans une région dangereuse uniquement parce qu’il voulait aller visiter le site de Pétra. Et puis à Pétra, il aurait pu fumer tranquillement en attendant le coucher de soleil, ce qui paraît-il est magnifique.

Alors circulez braves gens. Nos zautorités ne paient jamais de rançon. Elles ne financent que les super méga gentils de chez gentil. Nos zautorités sont gentilles, nous n’avons pas de services secrets. La France n’espionne pas ses zamis. La France n’a aucun barbouze en opération actuellement dans la région.

Le problème c’est que de temps à autres, un barbouze se fait attraper… Mais il faut dire que le coup de la camionnette du consulat chargée comme un mulet avait forcément de quoi se faire se gratter la tête à un douanier. Je pense que ce pauvre garçon n’a pas été très bien formé et que, restriction budgétaire oblige, on a pris le stagiaire du coin pour faire l’opération, vu qu’il y avait sans doute personne disponible à ce moment-là. La prochaine fois, le gouvernement confiera le job à un pro… À moins que, justement, le gouvernement ne voulait pas que ce soit confié à un pro, parce que de vous à moi, envoyer un type de la DGSE faire le job c’est encore à notre portée, alors peut-être que c’est parce qu’on ne voulait pas… Ce qui voudrait dire qu’il y aurait de grandes tensions entre le gouvernement et certains services, mais chut, c’est confidentiel défense et cela ne nous regarde pas.

Donc résumons l’affaire : le stagiaire du consulat de France se promène en Renault Trafic gris anthracite chargé d’une cargaison d’une tonne, dont 5 millions d’euros en or, et se fait attraper comme un bleu à la frontière parce que sa camionnette « sent le tabac », selon la version officielle.

Eh bien moi je vous dis que tout cela fleure bon le coup tordu, mais là n’est pas l’essentiel.

Pour l’État, que des actifs tangibles !

Non, l‘essentiel c’est que cette dépêche de France Info, qui sera sans doute rapidement censurée… heu pardon réécrite conformément à l’histoire officielle, prouve que l’or est la monnaie.

Point de cash dans cette histoire. Que des actifs tangibles. De l’or et des clopes ! Laissez tomber le coup des chèques en dollars, je suis un peu sceptique sur le tas de tickets resto retrouvés… Ça doit être des faux pour justement accréditer l’idée que c’est frauduleux ! Pensez donc, il y avait des chèques volés et maquillés, le chauffeur est une horrible crapule qui a comme premier réflexe de téléphoner non pas à son avocat mais à son chef… qui se charge de le rapatrier par le premier avion après avoir obtenu sa libération immédiate. Ha ha ha ha, ils sont super sympas les chefs du Quai d’Orsay !

Nous sommes en 2013, et en 2013, lorsque l’État veut opérer des transactions financières discrètement et acceptées évidemment par la partie d’en face, il doit faire appel aux actifs tangibles. Les cigarettes et l’or.

C’est extraordinaire, c’est bien une preuve que dans certains coins du monde, les billets ne servent pas à grand-chose. Il y a l’anonymat évidemment mais pas uniquement.

C’est aussi une question de monnaie d’échange. Or en Syrie, en plein chaos, un tas de billets de 500 euros ou de 500 dollars n’est d’aucune utilité alors qu’une cigarette, oui. Car il y a de la demande pour les cigarettes ! Donc cela s’échange. Donc cela possède une valeur intrinsèque.

Une bien belle leçon de survie économique par l’absurde, donnée par l’État français lui-même et à son insu, à bien retenir pour les temps qui s’annoncent.

À demain… si vous le voulez-bien !!

Charles SANNAT

Editorialiste et rédacteur du Contrarien Matin

Directeur des Études Économiques https://www.aucoffre.com/

http://www.lecontrarien.com/

 
1 commentaire

Publié par le 11 septembre 2013 dans général, or et argent métal

 

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