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Comment la France s’apprête à devenir un Etat policier où chacun est transformé en potentiel suspect

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« Etat policier », « despotisme doux », « césarisme » : juristes, avocats et grandes organisations de défense des droits humains critiquent très sévèrement le projet de loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, qui doit être votée à l’Assemblée nationale, la semaine prochaine. Remplaçant l’état d’urgence qui arrive à expiration, cette loi en prolonge plusieurs dispositions très controversées, banalise l’arbitraire, et autorise même le recours à des polices privées sur la voie publique. A croire que, bien au-delà de la lutte anti-terroriste, c’est toute forme de contestation de l’ordre établi qui pourrait être visée.

Coincée entre la fameuse réforme du code du travail – dont les cinq ordonnances sont présentées, ce vendredi 22 septembre, dans leur version définitive en Conseil des ministres – et le projet de loi de finance 2018, présenté lors du suivant, mercredi 27 septembre, elle passerait presque inaperçue. Elle n’a pourtant rien d’anecdotique : « C’est une révolution, puisqu’elle nous fait changer de régime politique : jamais une telle concentration des pouvoirs aux mains de l’exécutif n’a été atteinte sous la Vème République », s’insurge Arié Alimi, avocat et membre de la Ligue des Droits de l’Homme. Elle, c’est la loi de sécurité intérieure, attendue à l’Assemblée nationale à partir de lundi prochain dans le cadre d’une session extraordinaire.

Après son adoption par le Sénat le 18 juillet dernier, puis son passage devant la Commission des lois de l’Assemblée la semaine dernière, son vote au Palais Bourbon risque d’être une simple formalité : « La nouvelle majorité parlementaire n’a peut-être ni le choix, ni le recul nécessaire sur ce texte, mais elle n’a pas l’air de s’en préoccuper beaucoup, en tout cas », raconte Florian Borg, avocat au barreau de Lille et membre du Syndicat des avocats de France. Le juriste se dit « inquiet » après son audition par le rapporteur de la loi et par les députés membres de la commission des lois : « D’habitude, il y a toujours du débat, de la confrontation ou, au moins, quelques questions. Là, rien, aucune réaction… . »

Ne dites plus « perquisitions » mais « visites domiciliaires »

Le désintérêt est d’autant plus gênant que l’enjeu est conséquent : le projet de loi « renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme » ne vise rien de moins qu’à remplacer l’état d’urgence installé en France au lendemain des attentats du 13 novembre 2015. Après une sixième et dernière prolongation cet été, ce régime doit être levé au 1er novembre, sans pour autant disparaître du paysage : plusieurs de ces dispositions sont directement reprises dans le texte qui lui succède.

C’est le cas des assignations à résidence ou des perquisitions, maintenues moyennant un petit changement de nom. Il faudra désormais parler respectivement de « mesures individuelles de contrôle et de surveillance » et de « visites domiciliaires » (sic) : « Mis à part quelques petites modifications d’application à la marge, ce sont exactement les mêmes mesures, décrivant les mêmes logiques, décrypte Laurence Blisson, magistrate et secrétaire générale du Syndicat de la magistrature. On les maquille simplement d’une novlangue pour faire croire à une distinction entre l’état d’urgence et l’actuel projet de loi. »

« Abandon des principes qui devaient garantir les individus contre l’arbitraire »

Ce faisant, le projet de loi pérennise donc dans le droit commun un régime d’exception, qui étend considérablement les pouvoirs de l’exécutif, au détriment du judiciaire. « C’est la remise en cause d’un principe fondamental à tout État de droit : la séparation et l’équilibre des pouvoirs, rappelle Kartik Raj, juriste et chercheur pour l’ONG Human Rights Watch (HRW). C’est d’autant plus inquiétant qu’on touche là directement aux libertés individuelles. »

Arié Alimi, lui, n’hésite pas à parler d’un texte « césariste », où les pouvoirs sont de plus en plus concentrés entre quelques mains : « Lorsqu’une démocratie transfère trop de pouvoirs à la police administrative, on appelle cela une dictature du commissaire. Avec de telles dispositions, on peut sans exagération parler d’État policier ». Même son de cloche du côté de la juriste Mireille Delmas-Marty, qui voit la menace d’un « despotisme doux » dans cette « dynamique sécuritaire marquée par l’abandon des principes qui devaient garantir les individus contre l’arbitraire » [1]

Un État policier qui s’étend bien au-delà de la lutte antiterroriste

Comme depuis les débuts de l’état d’urgence, ce choix est officiellement motivé par le besoin de renforcer les dispositifs de lutte contre le terrorisme. Un discours resté inchangé avec l’arrivée du nouvel exécutif : « Le risque auquel on est confrontés aujourd’hui et le niveau élevé de menaces justifient parfaitement que l’on prenne un certain nombre de mesures législatives pour lutter contre le terrorisme » se défendait ainsi le Premier ministre Édouard Philippe, cet été, dans une interview accordée au magazine Society. Une obsession qui est toutefois loin d’être aussi légitime qu’on veut bien la présenter : « La France est déjà dotée d’un arsenal législatif très puissant en la matière, l’un des plus robustes d’Europe. Il ne s’agit pas de nier le problème que représente le terrorisme, mais d’expliquer qu’on n’y fait pas face en empilant à chaque fois une loi supplémentaire… », analyse pour Bastamag Bénédicte Jeannerod, directrice de HRW France [2].

Manifestation contre l’état d’urgence permanent, le 1er juillet à Paris / © Serge d’Ignazio

Pis, depuis deux ans, l’état d’urgence a eu pour conséquence d’engendrer toute une série d’abus, outrepassant nettement le cadre présumé de la lutte contre le terrorisme. « Des militants écologistes ont été assignés à résidence lors de la COP 21 ; des interdictions de séjour ont été prononcées à l’encontre de militants participant au mouvement « Nuit Debout » et des interdictions et restrictions de manifester ont été imposées aux organisations syndicales dans le contexte de l’opposition à la loi d’août 2016 relative à la réforme du code du travail » : l’observation émane de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), qui dresse la liste de ces « dérives […] constatées récemment dans le cadre de l’état d’urgence » dans un avis public dénonçant « une dangereuse banalisation des mesures de l’état d’urgence ». [3]

Une manifestation interdite tous les trois jours

De son côté, Amnesty International avait publié au printemps un important rapportcomptabilisant les différentes entraves, notamment politiques, faites au prétexte de l’état d’urgence : 639 mesures d’interdictions individuelles de manifester ont été prises en 18 mois – dont 574 dans le cadre des manifestations contre la loi travail et 21 dans le cadre de manifestations liées à la COP 21 – ainsi que 155 manifestations interdites, soit une tous les trois jours.

De pareils dévoiements sont-ils à craindre avec l’adoption de ce nouveau projet de loi ? « On ne peut pas préjuger de l’intention, mais on constate qu’on avait le même discours sur le seul ‘’objectif terroriste’’ avec la loi de renseignement en 2015. Aujourd’hui elle a une utilisation beaucoup plus étendue, preuve que ce genre de dispositif peut ensuite servir à autre chose, et notamment à contrôler les mouvements sociaux. Il faut considérer ce texte à plus long-terme » témoigne Arthur Messaud, pour l’association La Quadrature du Net.

Périmètres « de protection » ou de répression ?

En singeant l’état d’urgence, le texte risque donc de produire les mêmes effets. C’est même une certitude pour Arié Alimi : « Ce que l’on a vu avec l’état d’urgence était une expérimentation de ce qui va se pérenniser ici ». En cause, plusieurs mesures qui inquiètent plus particulièrement les juristes et associations de défense des droits de l’Homme. Parmi elles, l’une des « quatre mesures phares » selon le Gouvernement : les « périmètres de protection » que pourront instaurer les préfets pour « assurer la sécurité d’un lieu ou d’un événement soumis à un risque d’actes de terrorisme à raison de sa nature ou de l’ampleur de sa fréquentation », tel que le stipule l’article 1er du projet.

« On pouvait difficilement faire plus vague, note Florian Borg. Ça signifie que le seul nombre peut engendrer l’activation du dit ‘’risque terroriste’’ : cela peut devenir très facilement un outil pour enfreindre le droit de manifester… ». Concrètement, palpations, inspections des bagages et fouilles des véhicules – autant de pouvoirs jusque-là soumis à réquisition judiciaire – pourront dès lors être effectuées sur un périmètre, dont l’étendue et la durée sont régies par des critères tout aussi flous, officiellement « adaptées et proportionnées aux nécessités que font apparaître les circonstances » selon le texte.

Bientôt des polices privées sur la voie publique

La nouvelle loi stipule que ces contrôles pourront être assurés par des forces de sécurité privé. « Il faut désormais s’attendre à voir des agents de Securitas gérer les manifestations de la voie publique », fait valoir Laurence Blisson. Une mesure dont l’étude d’impact du projet de loi questionnait même la constitutionnalité [4]… Une chose est sûre, les débats brûlants sur la gestion et l’encadrement des manifestations, depuis l’entrée en vigueur de l’état d’urgence, ne devraient pas s’éteindre de sitôt. « Les pratiques d’entonnoir et de souricière, les obligations de ranger autocollant ou drapeau risquent de devenir monnaie courante et créer toujours plus de tension, »regrette Florian Borg.

D’autres dispositions nourrissent les préoccupations, telle l’extension massive des contrôles d’identité sur une bonne partie du territoire français. Les « zones frontalières » sont élargies. Auparavant elles ne concernaient que les ports, les aéroports, les gares ferroviaires et routières ainsi qu’une bande de 20 km à partir d’une frontière terrestre. Ce périmètre de 20 km est désormais étendu autour de tous les points de passages de frontières – ports, aéroports, gares – englobant ainsi la plupart des agglomérations françaises, soit 28,6 % du territoire métropolitain, où réside 67 % de la population. La police pourra y mener des contrôles d’identités massifs pendant 12 heures d’affilée (6h jusqu’à présent), en s’affranchissant de tout feu vert judiciaire, du principe constitutionnel de la liberté d’aller et de venir, et du principe européen de libre-circulation.

« Légalisation du contrôle au faciès »

La Cimade a dénoncé l’effacement « des derniers garde-fous juridiques », ouvrant la voie à une forme de « légalisation du contrôle au faciès » [5]. Une accentuation du régime dérogatoire qui pourrait aussi servir d’autres objectifs : « Le caractère exorbitant du dispositif débouche en pratique sur du contrôle discriminatoire et va d’abord servir la politique migratoire, c’est très classique, explique Laurence Blisson. En l’espèce, il pourrait aussi servir à suivre, voire à empêcher les mouvements des militants politiques, puisque chacun est transformé en potentiel suspect ».

Autre mesure dont on parle moins, inscrite la semaine dernière après le passage devant la commission des lois : la possible radiation d’un fonctionnaire, « eu égard à la menace grave qu’il fait peser sur la sécurité publique » (art 4 sexies). « Or, cette fois, étrangement, il n’est pas fait mention du terme « terrorisme » dans la rédaction de cet article… », constate Laurence Blisson. Le concept de « menace grave » étant par définition à géométrie variable, les syndicalistes de la fonction publique auraient-ils, par exemple, du souci à se faire avec le projet de loi ? « Cette disposition incarne tout ce que l’on dénonce sur le fond avec ce texte : accepter un régime dérogatoire aux procédures classiques ainsi que des mesures privatives de liberté sur la base de critères extrêmement flous », poursuit la présidente du Syndicat de la Magistrature.

« Si quelqu’un dérange, il est relativement facile d’invoquer le terrorisme »

A bien des égards, la notion de terrorisme apparaît – quand elle est mentionnée – comme un alibi, tant elle reste insuffisamment définie. Pour mieux y inclure dans son champ d’approche, les mouvements sociaux et les activistes de tout poil ? « Si quelqu’un dérange, il est relativement facile dans ce contexte d’invoquer le terrorisme… », estime ainsi Arthur Messaud. Or le précédent de l’affaire Tarnac rappelle que l’État français peut vite assimiler des mouvements de gauche et écologistes à une forme de terrorisme…

« La Cour de Cassation a tranché en considérant que Tarnac n’était pas du terrorisme, ‘en l’espèce’ précise-t-elle. Le débat est loin d’être clos », alerte Laurence Blisson. L’histoire même du terme « terrorisme » trace des contours politiques incertains, souligne de son côté Arthur Messaud : « C’est un mot qui a longtemps servi à discréditer les mouvements anarchistes en France, puis à combattre des courants politiques anticapitalistes au niveau international. »

Vers une police du comportement ?

Peu importe qu’il vise effectivement, ou non, des entreprises de nature terroriste, ce projet de loi produit un glissement fondamental dans le Droit en se fondant désormais également sur des suspicions ou des prédictions. « C’est un renversement d’un principe essentiel du droit : la preuve. En droit pénal, on juge sur des faits, pas sur des comportements. Avec ce texte, on ouvre grand la porte à une police comportementale », analyse Florian Borg.

Les défenseurs du texte feront valoir qu’il prévoit une évaluation annuelle de la loi, ainsi qu’une clause de caducité pour certaines dispositions. Les assignations à résidence et les perquisitions, notamment, ont une date de péremption fixée au 31 décembre 2020. « Mais on sait d’expérience qu’une fois que c’est rentré dans le droit, il est très difficile de faire marche arrière », tempère Bénédicte Jeannerod. Quand l’exception devient la norme, on finit par s’y habituer, en témoigne l’expérience du Patriot Act aux États-Unis, loi antiterroriste supposée temporaire devenue permanente.

« Il y a un effet cliquet, ces mesures ne disparaîtront plus de notre régime de droit, avance Laurence Blisson. Sans compter le phénomène d’accoutumance alimenté par un discours public largement contaminé au tout-sécuritaire. » Une banalisation qui a déjà frappé de plein fouet l’inconscient des principaux responsables politiques, à l’image de l’invraisemblable lapsus du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, au moment de défendre ses amendements devant la commission des lois, la semaine dernière, évoquant la « sortie de l’état de droit » pour parler de la sortie de l’état d’urgence [6]. Dans un tel contexte, le discours du Défenseur des Droits, Jacques Toubon, proactif sur la critique de l’état d’urgence et de ses dérives depuis plusieurs mois, semble tristement inaudible : « Les démocraties ne peuvent pas répondre aux barbares en allant sur leur terrain, en mettant en cause la protection des libertés. L’État de droit est et restera notre arme la plus efficace » [7].

Notes

[1« De l’état d’urgence au despotisme doux », Libération, 16 juillet 2017. Tribune à lire ici

[2A lire également, sa tribune parue sur Libération dans laquelle est dénoncé un pays « drogué à l’état d’urgence ».

[3Voir son avis du 6 juillet 2017, consultable ici

[4Extrait : « Il n’est donc pas possible, en principe, de déléguer à des personnes privées, des tâches inhérentes à l’exercice par l’Etat de ses missions de souveraineté », page 19 de l’étude d’impact, consultable ici

[5Voir à ce sujet le communiqué de la Cimade

[6Vidéo disponible ici

[7Extrait d’une interview accordée au Monde, le 23 juin 2017, consultable ici

(source)

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Publié par le 22 septembre 2017 dans général, Nouvel ordre mondial, Politique, société

 

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Vincent Mignerot : Anticiper l’effondrement ?

 

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La une lesbophobe de « Charlie Hebdo » choque les militants LGBT

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Enfin « Charlie hebdo » qui fait une bonne chose – En couverture de son numéro de cette semaine Charlie Hebdo publie un dessin très anti-PMA, signé Riss. On peut y voir une caricature d’Emmanuel Macron, enceint d’un enfant, Brigitte Macron lui posant la main sur le ventre, avec ce titre « PMA/GPA, il va faire des horreurs ». En bonus, un deuxième dessin signé Coco pour l’interview de Jacques Testard où l’on peut voir une femme enceinte avec un code barre sur le ventre et le titre « Demain on fabriquera des enfants comme on fabrique des objets »

« Charlie hebdo » a pris position. Les mots sont durs. Les phrases sont sévères. La conclusion, implacable : « La procréation n’est pas un ‘droit’, mais une fonction biologique. » Le titre de l’édito de l’édition du 20 septembre ne laissait pas trop de doute sur le fond de l’article : « L’ovule en marche. »

Gérard Briard, rédacteur en chef de l’hebdomadaire satirique, va encore plus loin dans son édito contre l’extension de la PMA à toutes les femmes, et aussi, finalement, la GPA :

« L’exiger [la PMA, NDLR] pour tous au nom de la ‘justice sociale’, comme le revendique Marlène Schiappa, est parfaitement absurde. Sauf à considérer qu’il y a bien un ‘droit à l’enfant’ – ou plutôt à un droit à produire des enfants – et que l’on veut absolument, quel qu’en soit le prix, promouvoir une société où un gosse, c’est comme un Rolex, si on n’en a pas un à 40 ans, c’est qu’on a raté sa vie. Ne serait-il pas plus simple, et pour le coup, plus juste d’avoir enfin le courage politique de dire que ne pas avoir d’enfant(s) n’est pas une maladie grave ? »

La une de l’hebdomadaire est, elle aussi, éloquente. On y voit, sous les traits du dessinateur Riss, Emmanuel Macron, enceint, et Brigitte Macron posant sa main sur le ventre de son époux. Et cette phrase : « PMA/GPA, il va faire des horreurs » :

La PMA, ou AMP (assistance médicale à la procréation), regroupe les techniques médicales consistant à manipuler les spermatozoïdes et, ou les ovules pour aboutir à une fécondation et aider un couple infertile ou une femme à avoir un enfant. Elle n’est pas ouverte pour l’heure aux femmes célibataires et homosexuelles.

La secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa avait annoncé la semaine dernière que le gouvernement proposerait l’ouverture de la PMA (procréation médicalement assistée) pour toutes les femmes en 2018. La secrétaire d’Etat était ensuite revenue sur ce calendrier en affirmant que cela ne se ferait pas avant les états généraux de la bioéthique, prévus « a priori fin 2018 ».

Marlène Schiappa était l’invitée de l’émission de Yann Barthès, « Quotidien », sur TMC, mardi soir. Interrogée sur les critiques dont elle fait l’objet, et plus particulièrement celle de « Charlie Hebdo », elle répond :

« J’ai toujours dit que j’étais farouchement pour la liberté de la presse. J’ai toujours dit qu’on ne pouvait pas dire ‘Je suis Charlie’ que quand ça nous arrange. Là, en l’occurrence, ça ne m’arrange pas mais je reste Charlie. Deuxième chose, sur la PMA, ce n’est pas une revendication que je porte mais un engagement de campagne. »

Et la secrétaire d’Etat de vouloir un « vaste débat » qui se déroulera « sereinement et dans une ambiance apaisée. »

La une lesbophobe de « Charlie Hebdo » choque les militants LGBT

La militante Gwen Fauchois, du collectif Pride de Nuit rappelle que ce n’est pas une première dans l’histoire du journal:

La couv est accompagnée d’un édito, signé Gérard Biard. Ce dernier prend position fermement contre l’ouverture de la PMA aux couples de même sexe.

Comme premier argument, l’éditorialiste avance que l’ouverture de la PMA pour les couples de femmes créerait une inégalité vis à vis des couples d’hommes. Raisonnement habituel pour lier la PMA et la GPA, la manœuvre préférée des opposants aux droits des personnes LGBT, comme le rappelle l’Association des journalistes LGBT.

Même son de cloche chez Alice Coffin, de l’Association des Journalistes LGBT et de la Conférence européenne lesbienne dénonce un numéro « au top de la lesbophobie »:

 
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Publié par le 21 septembre 2017 dans général, Politique, société

 

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Mexico frappée par un séisme de magnitude 7.1, plus de 200 morts

32 ans jour pour jour après le tremblement de terre de 1985 qui avait fait plus de 10.000 morts. Et quelques jours après le séisme 8.2 , cette réplique fait mal .

La terre a une nouvelle fois tremblé au Mexique. Un séisme de magnitude 7,1 a secoué la ville de Mexico, mardi 19 septembre, provoquant de nombreuses scènes de panique dans cette mégalopole de 20 millions d’habitants et ses alentours. D’heure en heure, le bilan ne cesse de s’alourdir. 248 personnes sont mortes, selon les derniers chiffres provisoires communiqués par le gouvernement.

Le district fédéral de la capitale et l’État voisin de Morelos sont les zones du centre du pays les plus touchées. Parmi les nombreuses victimes se trouvent 21 enfants, décédés dans l’effondrement de leur école. Des habitants sont portés disparus et d’autres corps sans vie pourraient bien être découvertes dans les opérations de déblaiement des décombres.

Ce tremblement de terre meurtrier survient 32 ans jour pour jour après le puissant séisme de 1985. La catastrophe avait fait 10.000 morts environ.

Un épicentre proche de Mexico

Selon le centre géologique américain USGS, l’épicentre de ce séisme se situait à la frontière de l’État de Puebla et Morelos (centre), proche de la capitale, à 51 km de profondeur. Cette mégapole de 20 millions d’habitants a été le théâtre de scènes de panique, au milieu des cris, des pleurs et des crises de nerfs. Ce nouveau séisme intervient quelques jours à peine après un tremblement de terre de 8,2 dans le sud du pays qui avait fait une centaine de morts début septembre.  

Les autorités de la capitale faisaient état d’au moins une cinquantaine de bâtiments effondrés. « Je suis bouleversée, je n’arrive pas à m’arrêter de pleurer, c’est le même cauchemar qu’en 1985 », a déclaré Georgina Sanchez, 52 ans, en pleurs sur une place de Mexico. Le président mexicain Enrique Peña Nieto a écourté un déplacement en province pour rentrer à Mexico en avion. « J’ai ordonné l’évacuation des hôpitaux endommagés et le transfert des patients », a-t-il écrit sur Twitter.

Plusieurs institutions de la capitale, dont l’aéroport international de Mexico ou l’université nationale autonome de Mexico (Unam), une des principales d’Amérique latine, ont annoncé sur leur compte Twitter la suspension de leurs activités pour inspecter les bâtiments. Les écoles à Mexico et à Puebla ont été évacuées et fermées. Le président Enrique Pena Nieto a ordonné dans la soirée l’évacuation des hôpitaux endommagés vers d’autres unités médicales. (source)

 
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Publié par le 20 septembre 2017 dans général, International, société

 

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Baisse de température à Paris, Tamise gelée : le monde au seuil d’une période glaciaire

Image d'illustration

Une nouvelle période de glaciation s’annonce : au cours des prochaines années, les températures moyennes risquent de baisser de quelques degrés dans plusieurs villes européennes. Le Royaume-Uni doit se préparer à des décennies d’hivers rigoureux, lit-on dans le Mirror.

Des climatologues promettent aux habitants du «Vieux continent» des baisses des températures hivernales. Le Royaume-Uni risque d’être le plus touché par ce phénomène. Même la Tamise qui ne gèle plus depuis près de deux siècles pourrait se couvrir d’une épaisse couche de glace.

«Cette situation climatique sérieuse […] n’est pas susceptible de changer du jour au lendemain, car une réévaluation des cycles passés et d’autres facteurs affectant l’activité solaire actuelle et la fréquence des taches solaires nous montrent de manière absolument convaincante que nous nous approchons de quelque chose comme le minimum de Maunder [époque, approximativement située entre 1645 et 1715, durant laquelle le nombre de taches solaires et son activité de surface était significativement plus faible qu’aujourd’hui, ndlr]», estime James Madden, expert en climatologie, dans son commentaire au Mirror.

Ce dernier augure pour des décennies à venir une période où la Tamise gèlerait régulièrement ou bien une ère glaciaire de pleine échelle.

Comme l’explique à l’édition Alex Sosnowski, météorologie en chef d’AccuWeather, «les températures de surface océaniques peuvent largement affecter celles des zones riveraines».

Le climat dans la région, notamment à Londres, à Amsterdam, à Paris et à Lisbonne, peut se refroidir de quelques degrés alors que le réchauffement touche globalement la planète, ajoute-t-il.

Ce phénomène est facile à expliquer, estime pour sa part Nikolaï Doronine, de la faculté de géographie de l’Université d’État de Moscou. Dans son commentaire à Vetcherniya Moskva, il souligne que la cause principale de ce genre de changements climatiques est la fonte des glaces arctiques.
Selon M. Doronine, ce nouveau facteur a perturbé le mouvement des masses atmosphériques, si bien qu’elles ne suivent plus l’axe «ouest-est», mais «nord-sud» ce qui provoque la baisse des températures et des froidures anomales en hiver.(source)

 
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Publié par le 19 septembre 2017 dans Climat - Environnement, général, société

 

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Bill Gates met en garde contre une pandémie pouvant tuer 30 millions de personnes

Bill Gates, Microsoft co-founder and co-chair of the Bill and Melinda Gates Foundation

L’humanité pourrait connaître une immense pandémie, aussi forte que celle de la grippe pandémique que le monde a connue en 1918, d’après le milliardaire Bill Gates. Dans le rapport annuel Goalkeepers, il évoque la menace la plus terrible à laquelle le monde pourrait faire face dans la prochaine décennie en emportant environ 30 millions de vies.

La menace inévitable qui s’approche à grands pas de l’humanité serait une éventuelle éruption pandémique, qui serait capable de tuer environ 30 millions personnes, indique Bill Gates dans le récent rapport Goalkeepers. Annuellement, ce rapport de la fondation de Bill et Melinda Gates présente les dernières découvertes mondiales dans le domaine de la santé publique.

«Nous arrivons sur le centenaire de la grippe pandémique de 1918», a déclaré Bill Gates à Business Insider. «Nous avons heureusement été épargné de telles pandémies pendant ces 100 dernières années, mais il est inévitable qu’une éruption pandémique de virulence égale apparaisse».

Un simple virus de la grippe pourra provoquer une pandémie dans le futur, étant capable de se déclencher naturellement ou à l’aide de bioterroristes qui seront en mesure de synthétiser une souche de bactéries, poursuite le milliardaire. D’après Bill Gates, un tel virus serait capable de tuer plus de 30 millions de personnes en moins d’un an. Le milliardaire estime qu’une pandémie de cette échelle pourrait se déclencher dans les 10 à 15 années à venir.

Lors d’une conférence de presse, Bill Gates a déclaré qu’il y aurait du progrès dans le domaine du traitement des maladies chroniques et infectieuses, pourtant, d’après lui, l’humanité n’est pas encore préparée à faire face à leur variété. La fièvre des marais, la pneumonie et le VIH sont encore très répandus dans les pays en voie de développement. On trouve partout dans le monde des maladies chroniques, telles que le diabète, la maladie d’Alzheimer et d’autres maladies neurologiques. (source)

 
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Publié par le 19 septembre 2017 dans général, Insolite, International, Nouvel ordre mondial, société

 

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Le Venezuela libelle ses ventes de pétrole en yuan pour «libérer le pays de la tyrannie du dollar»

La crise politique et humanitaire au Venezuela a de graves conséquences pour la population, qui n’a plus les moyens de se soigner, car il n’y a plus de médicaments.*

Pendant ce temps, un séisme économique se confirme – Le Venezuela libelle ses ventes de pétrole en yuan pour «libérer le pays de la tyrannie du dollar»

Le Venezuela a commencé à libeller ses ventes de pétrole en yuan chinois, en réaction aux sanctions financières que lui a imposées par Washington. Une décision qui nourrit le débat sur l’hégémonie du pétrodollar au plan international.

En réponse aux sanctions financières décrétées par Washington contre Caracas, le Venezuela a décidé le 15 septembre de libeller ses ventes de pétrole en yuan chinois, allant ainsi à l’encontre de l’usage international qui veut qu’elles soient libellées en dollars.

«Cette formulation est la concrétisation de l’annonce faite par le président [Nicolas Maduro] le 7 septembre […] qui indiquait que le Venezuela adopterait de nouvelles stratégies pour libérer le pays de la tyrannie du dollar», peut-on lire dans un communiqué du ministère vénézuélien du Pétrole.

«Le marché est dominé par les transactions utilisant le dollar américain et nous devons développer d’autres façons de mener des transactions internationales», a expliqué le ministre vénézuélien des Finances, Ramon Lobo, sur la chaîne VTV.

Le ministre n’a pas précisé si ce changement concernait uniquement les transactions avec la Chine ou tous les échanges.

Le prix du baril pour la semaine s’achevant le 15 septembre était de 306,26 yuans, soit 46,76 dollars, selon le taux de conversion utilisé par le ministère et publié dans son bulletin.

La fin de l’ère dollar ?

Cette décision de Caracas fait suite à une annonce chinoise, début septembre, – la Chine demeurant le principal importateur mondial de pétrole – de lancer des contrats à terme pour des ventes de pétrole brut libellés en yuan chinois et convertibles en or. Pékin va ainsi potentiellement créer la plus importante référence asiatique dans le domaine pétrolier et permettre aux exportateurs de pétrole de s’affranchir du dollar et des sanctions décrétées par Washington dans ce domaine.

Dès 2012, l’Iran avait d’ailleurs commencé a accepter de vendre son gaz et son pétrole en yuans, suivi par la Russie en 2015, comme le soulignait le commentateur politique Dan Glazebrook dans un éditorial paru en juin dernier sur RT.

Une tendance qui pourrait signifier selon lui «littéralement le début de la fin de la superpuissance américaine». «Le dollar est la monnaie mondiale de réserve uniquement parce que le pétrole s’achète en dollar», rappelait-il alors.

 

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