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Archives de Catégorie: société

Faut-il vraiment limiter la population mondiale pour sauver la planète ?

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La question revient fréquemment dans les débats sur le changement climatique : l’augmentation de la population constituerait l’une des principales menaces pour l’équilibre planétaire. Les pays pauvres, et particulièrement l’Afrique avec sa forte croissance démographique, sont implicitement visés. Pourtant, un Africain pollue vingt fois moins qu’un Nord-américain. Si la question démographique se pose à long terme, elle risque d’être utilisée pour évincer les vraies priorités et responsabilités : une meilleure gestion et répartition des ressources et une remise en cause du modèle consumériste.

C’est une alerte solennelle qui permet de remettre l’urgence climatique au cœur des débats. Le 13 novembre, plus de 15 000 scientifiques de 184 pays ont publié un cri d’alarme sur l’état de la planète pointant la « trajectoire actuelle d’un changement climatique potentiellement catastrophique » et un « phénomène d’extinction de masse » [1]. Si ce texte, largement relayé par les médias, souligne l’échec des gouvernements à réévaluer le rôle d’une économie fondée sur la croissance, il met surtout l’accent sur « la croissance démographique rapide et continue » perçue comme « l’un des principaux facteurs des menaces environnementales et même sociétale ». Qu’en est-il vraiment ?

Un Nord-américain pollue vingt fois plus qu’un Africain

Quels sont les pays visés lorsque l’on aborde la question démographique ? En quinze ans, la population mondiale est passée de 6 milliards à 7,5 milliards d’humains. Selon les données 2016 de la Banque mondiale, ce sont principalement les pays de l’Afrique subsaharienne (Guinée équatoriale, Niger, Angola, Ouganda…) qui connaissent actuellement les taux de croissance démographique les plus élevés du monde. Selon les projections des Nations-Unies, l’Afrique représenterait 54 % de l’augmentation de la population mondiale entre 2015 et 2050 et 83 % de l’augmentation entre 2015 et 2100 [2].

https://donnees.banquemondiale.org/share/widget?end=2016&indicators=SP.POP.GROW&start=1960&view=map&year_high_desc=trueSi la population africaine se retrouve dans le viseur, sa contribution aux émissions de gaz à effet de serre (GES) est pourtant très faible. Dans leur étude « Carbone et inégalité : de Kyoto à Paris » publiée en novembre 2015, les économistes Lucas Chancel et Thomas Piketty rappellent que chaque consommateur nord-américain émet en moyenne 22,5 tonnes d’équivalent CO2 (tCO2e) par an, soit presque deux fois plus qu’un habitant d’Europe de l’Ouest (13 t), trois fois plus qu’un résident du Moyen-Orient (7,6 t), et quatre fois plus qu’un Chinois (6 t). A l’inverse, les habitants d’Asie du Sud et d’Afrique émettent environ 2 tonnes d’équivalent CO2, bien en dessous de la moyenne mondiale qui s’établit à 6,2 tCO2e par habitant, et vingt fois moins qu’un Nord-Américain ! [3]

Les 10 % les plus riches sont responsables de la moitié des émissions de CO2

Or, de nombreuses inégalités subsistent à l’intérieur des pays. Pour en rendre compte, Lucas Chancel et Thomas Piketty se sont penchés sur les 10 % des individus les plus émetteurs au niveau mondial : comme le montre leur schéma ci-dessous, 40 % des émissions de CO2 satisfont les besoins des nord-américains, 20 % des européens et 10 % des chinois. A l’autre bout de la pyramide, les individus les plus pauvres du Mozambique, du Rwanda et du Malawi émettent environ 0,1 tonnes d’équivalent CO2 par an. Soit 2000 fois moins que les 1 % les plus riches américains, luxembourgeois, singapouriens et saoudiens, avec des émissions annuelles par personne supérieures à 200 tonnes.

L’appel des scientifiques invite à « réexaminer nos comportements individuels, y compris en limitant notre propre reproduction et en diminuant drastiquement notre consommation par tête de combustibles fossiles, de viande et d’autres ressources ». Là encore certains comportements sont bien plus irresponsables que d’autres. Une infographie de l’ONG Oxfam souligne le rôle prépondérant du consumérisme. Dans son rapport de décembre 2015, l’ONG estime que les 10 % les plus riches sont responsables de 49 % des émissions mondiales liées à la consommation !

« Non seulement les habitants les plus pauvres de la planète (moins de 4,40 dollars par jours) sont les moins responsables du changement climatique, mais ils sont en général les plus vulnérables face à ses conséquences et les moins préparés pour l’affronter », rappelle également Oxfam. Parmi les exemples de la carte ci-dessous, le cas du Bangladesh est emblématique. Figurant parmi les pays les plus pauvres et les plus densément peuplés au monde, il est régulièrement frappé par des cyclones et inondations dévastatrices alors même que son empreinte carbone est minime.

90 entreprises sont à l’origine de 50 % de la hausse de la température

Se concentrer sur la question démographique c’est prendre le risque d’évincer la responsabilité des plus grandes entreprises dans l’aggravation du réchauffement climatique. Une étude publiée en octobre 2017 par l’ONG américaine Union of Concerned Scientists (UCS), pointe les 90 principales entreprises productrices de pétrole, gaz, charbon et ciment. Elles sont à l’origine de 57 % de la hausse de la concentration atmosphérique en CO2, de près de 50 % de la hausse de la température moyenne mondiale, et d’environ de 30 % de la hausse du niveau moyen des mers observées depuis 1880 [4]. Depuis 1980, les principaux responsables de la hausse des températures sont Saudi Aramco et Gazprom, suivis par ExxonMobil, National Iranian Oil Company, BP, Chevron, Pemex et Shell. Le français Total arrive en 17e position, juste derrière la Sonatrach algérienne.

Autre secteur pointé du doigt : les industriels de la viande et des produits laitiers. Un nouveau rapport souligne que les vingt plus grandes entreprises de viande et de produits laitiers ont émis en 2016 « plus de gaz à effet de serre que toute l’Allemagne »« Si ces entreprises étaient un pays, elles seraient le 7ème émetteur de gaz de serre », insistent les auteurs. Ils préconisent une transition vers des systèmes alimentaires qui reposent sur les petits producteurs, l’agroécologie et les marchés locaux.

Mieux gérer les ressources, plus efficace que limiter la démographie

La surpopulation est une thématique qui revient régulièrement dans les débats, s’appuyant notamment sur l’héritage de Thomas Malthus. Dans son Essai sur le principe de population (1798), le pasteur anglais justifie la restriction démographique par la disponibilité alimentaire : la population croît plus vite que les ressources disponibles conduisant à des famines. Un argument que réfute le paysan-philosophe Pierre Rabhi. « Un cinquième de l’humanité consomme les 4/5e des ressources produites. Ce serait très pernicieux d’invoquer la démographie pour dire qu’on ne va pas s’en sortir. Non ! Plusieurs milliards d’humains ne s’en sortent déjà pas »confiait-ilà Basta !. Avant de se préoccuper de limiter la population mondiale si les ressources disponibles le nécessitent, il serait bon de s’intéresser à leur meilleure préservation et répartition.

Plusieurs scénarios, à l’horizon 2050, s’accordent pour conclure qu’il est possible de nourrir une population de 9 ou 10 milliards d’habitants à l’horizon 2050, tout en réduisant les impacts environnementaux [5]. La réduction de moitié des pertes et gaspillages alimentaires permettrait une économie de 12 % de la consommation d’eau [6]« La transformation de nos modes de production et d’organisation économique est porteuse de progrès majeurs en ce qui concerne toutes les limites planétaires », relève l’économiste Sandrine Paillard. Pour elle, ces transformations seraient « porteuses de progrès environnementaux beaucoup plus considérables qu’une réduction de la pression démographique sans modification de nos modes de vie, de production et d’organisation » [7].

La question du consumérisme des classes moyennes

Dans son livre La nature est un champ de bataille (2014), le sociologue Razmig Keucheyan rappelle également que « la crise environnementale est liée au capitalisme et aux inégalités qu’il génère » [8]. A ses yeux, quatre caractéristiques du capitalisme – productivisme, prédation, dépendance aux énergies fossiles, consumérisme – en font un système néfaste pour l’environnement. « Le problème est donc fondamentalement lié à la dynamique du capitalisme et à ses effets sur l’environnement et les inégalités », résume t-il.

Pour autant, que se passera-t-il si les classes moyennes asiatiques – puis africaines – en croissance démographique se mettent à consommer comme leurs homologues européennes ou américaines ? Dans son dernier ouvrage Dire non ne suffit plus, la journaliste canadienne Naomi Klein rappelle l’importance d’affirmer et de défendre des alternatives démocratiques, solidaires, écologiques et sociales. « Après 40 ans passés dans cet univers néolibéral, le plus grand obstacle est la crise de nos propres imaginaires », explique t-elle. Elle invite donc à bâtir sans relâche l’alternative. « Certaines communautés, notamment les peuples indigènes, essaient depuis longtemps de maintenir vivant un mode de vie qui ne se fonde ni sur la propriété de la terre, ni sur la quête incessante du profit », illustre t-elle.

En finir avec la domination des hommes sur les femmes

Parmi les préconisations de l’appel des 15 000 scientifiques figure la volonté de « déterminer à long terme une taille de population humaine soutenable et scientifiquement défendable ». Cet objectif d’une stabilisation du nombre d’individus sur Terre a été clairement explicité lors de la Conférence mondiale sur la population au Caire en 1994. « N’est-ce pas là un vœu pieux ? », interroge Jacques Véron, démographe et directeur de recherche à l’Institut national d’études démographiques [9]. Chaque pays contribuant à la croissance globale est en effet souverain. Et « les pays membres des Nations unies connaissent par ailleurs des situations si différenciées que leurs intérêts immédiats divergent souvent », note t-il.

Si les questions démographiques ont été largement débattues depuis 1946 au niveau international, il semble que la stabilisation de la population mondiale ne soit plus aujourd’hui un objectif affiché par les instances onusiennes davantage préoccupées par les migrations internationales. Une chose demeure établie : la plupart des femmes choisissent d’avoir moins d’enfants quand elles peuvent en décider librement. Ce qui suppose l’amélioration de leur statut, l’accès de toutes à l’éducation et la mise à disposition des moyens modernes de contraception. (source)

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Publié par le 17 novembre 2017 dans général, Nouvel ordre mondial, société

 

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Pour l’Académie, l’écriture inclusive est un « péril mortel »

L’écriture inclusive

Les immortels de l’Académie française se sont fendus ce jeudi 26 octobre d’une déclaration au ton alarmiste condamnant vertement l’écriture inclusive. Ils vont même jusqu’à prédire un « péril mortel » pour l’avenir de la langue française. Pour rappel, cette graphie consiste à inclure le féminin, entrecoupé de points, dans les noms, comme dans « mes ami·e·s », pour le rendre « visible ». Le « point milieu », ce signe situé à mi-hauteur des lettres, peut être utilisé alternativement en composant un mot comme « lycéen·ne » comme suit: racine du mot + suffixe masculin + le point milieu + suffixe féminin. 

Cette pratique défendue par certaines militantes féministes au prétexte que la langue française « invisibiliserait les femmes » a beaucoup fait parler d’elle ces dernières semaines alors qu’un manuel scolaire, destiné à des élèves de CE2, a été publié pour la première fois en écriture inclusive en mars 2017. On peut y lire que « grâce aux agriculteur.rice.s, aux artisan.e.s et aux commerçant.e.s, la Gaule était un pays riche ». L’éditeur a expliqué avoir choisi d’appliquer les recommandations du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes datant de 2015.

Prenant acte de la diffusion de cette « écriture inclusive » qui « prétend s’imposer comme norme », l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde: « La démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme: devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.»

Commentaire : Peut-être un des objectifs serait justement de faire disparaître la langue française.

« Bégaiement cérébral »

Membre de l’Académie française, Michael Edwards, poète, philosophe et traducteur franco-britannique, avait confié début octobre au Figaro à quel point l’écriture inclusive abîmait, selon lui, la langue française. « C’est la chair même du français qui est ainsi rongée, et son esprit qui se trouve frappé d’une sorte de bégaiement cérébral », indiquait-il. Les académiciens avec qui il avait discuté du sujet étaient « scandalisés » mais ont décidé de prendre un peu de temps pour réagir officiellement.

La virulence du communiqué de l’Académie a été peu goûtée, jeudi, par les féministes, comme la militante et « cheffe d’entreprise » Caroline De Haas: « On va tous mourir! », écrit-elle sur Twitter. « Et après, c’est nous qu’on traite d’hystériques.. .»

Cette condamnation sans appel des académiciens sera-t-elle entendue ? Pas si sûr. Depuis 2015 et les recommandations du Haut Conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes, l’écriture inclusive, longtemps cantonnée aux associations féministes et aux partis d’extrême gauche, entre peu à peu dans les mœurs.

Plusieurs ministères, institutions, collectivités et universités se sont depuis mises à appliquer peu ou prou ces recommandations. Sur le site du ministère de l’Éducation nationale, il est ainsi désormais question de professeur·es. Le ministère de la Santé, quant à lui, évoque les chirurgien·ne·s-dentistes. Depuis 2016, le Conseil économique, social et environnemental ( CESE ) s’est engagé très officiellement à écrire de façon inclusive: « Assemblée la plus paritaire de la République française, le CESE est convaincu que les stéréotypes, terreau du sexisme, sont profondément ancrés dans notre société et s’expriment dans le langage et la grammaire. » Le Cnam se définit désormais comme une école d’ingénieure·es « parce que nos formations sont ouvertes à toutes et tous ».

Dans certains médias comme TV5Monde, dans des communications du CNRS, cette graphie a fait son apparition. Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation, lui, n’approuve pas: « On doit revenir aux fondamentaux sur le vocabulaire et la grammaire, je trouve que ça ajoute une complexité qui n’est pas nécessaire. »

Voir vidéo ici

Commentaire : L’humanité est devenue un amas d’hystérie à tous les niveaux. Et c’est un signe de la fin de l’espèce humaine. On mélange tout. On accepte toutes les modes, sans riposter ni réfléchir. Est-ce vraiment lutter pour la condition de la femme de jouer avec la langue française et la détruire ? Allez demander à une jeune fille du Sahel, ou de l’Inde ou de l’Amérique du Sud si mettre des petits points à la fin d’un mot va améliorer sa condition. Mais nous vivons dans un monde bizarro où le bon sens est totalement absent. En attendant, comme il fallait s’y attendre d’une société cynique et nombriliste, jouons avec les mots …

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Publié par le 15 novembre 2017 dans Education - information, général, Insolite, société

 

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Les 6 changements radicaux sociétaux du nouvel ordre mondial

Les 6 changements radicaux sociétaux du nouvel ordre mondial
Dans le texte ci-dessous, l’auteur utilise une image très intéressante : celle de « la marmite proverbiale de l’eau, faisant lentement cuire la grenouille qui ne remarquera pas l’augmentation de la température jusqu’à ce qu’il soit déjà trop tard pour sauter pour s’échapper ». Cette allégorie n’est souvent utilisée que pour montrer que l’on ne voit jamais arriver le point de non-retour. Mais, à notre avis, son intérêt réside ailleurs, surtout pour tous les « alerteurs », les empêcheurs de « bouillir à petit feu » et les réfractaires. Si nous comparons notre situation à celle de la grenouille, l’eau dans laquelle nous baignons est déjà à 60-70 degrés. Nous nous y sentons bien. Si, par accident, la température de l’eau montait brutalement à 80-90 degrés, il est évident que la grenouille et nous sauterions illico hors de la marmite. Supposons maintenant qu’un petit malin, au lieu de monter la température, la ramène brutalement à 37 degrés. La sensation de froid serait pire que si l’on se retrouvait en Sibérie en plein hiver, et l’évacuation de la marmite serait aussi immédiate que précédemment. La bonne température, c’est la température ambiante, celle de l’eau est à 60-70 (en attendant plus). Tout le problème de notre société est là ; les grandes enjambées ne servent strictement à rien, même pour revenir aux fondamentaux. A l’échelle individuelle comme à l’échelle d’une communauté, rien ne se fera que par étape, tant pis pour ceux qui voient loin, tant pis pour ceux qui sont (ou qui se croient) trop en avance. Ceux qui veulent établir le Nouvel Ordre Mondial l’ont bien compris. Cela fait des décennies qu’ils nous y mènent, mais étape par étape.  RI  

***

Dans une certaine mesure, le terme Nouvel Ordre Mondial (NOM) semble être en train de disparaître à mesure que la  de l’information continue. Avec tant de  et de perversion exposées dans tous les secteurs de la société, qui a le temps de considérer l’idée primordiale qui en constitue le fondement idéologique?

« Je ne pense pas qu’il soit juste de définir le Nouvel Ordre Mondial comme étant nécessairement une  ou un groupe. Je pense que cela fait davantage partie d’une idéologie du globalisme qui a été explicitement articulée de diverses manières par diverses personnes qui sont liées, mais pas toujours directement comme on pourrait le penser. »  James Corbett

Pour manifester une idée aussi grande que celle-ci pour le monde entier, il faut apporter des changements radicaux à la façon dont les gens vivent, à ce qu’ils croient, à ce qu’ils valorisent, et comment ils interagissent les uns avec les autres. C’est, essentiellement, une révolution culturelle. Ceci est accompli par la normalisation lente mais régulière des idées et des pratiques dans la culture populaire, de sorte qu’avec le temps, les choses une fois inacceptables deviennent omniprésentes.

C’est la marmite proverbiale de l’eau, faisant lentement cuire la grenouille qui ne remarquera pas l’augmentation de la température jusqu’à ce qu’il soit déjà trop tard pour sauter pour s’échapper. Nous nous dirigeons vers un territoire dangereux, et bien qu’il y ait un contrecoup contre de nombreux aspects de cette situation, il est avantageux de prendre note de l’ensemble des changements sociétaux auxquels nous assistons aujourd’hui.

À titre d’exemples, voici six choses qui sont en cours de normalisation, tout autour de nous. Ce sont des questions qui modifient radicalement la psychologie et le comportement des gens d’une manière qui réduit la liberté individuelle et l’individualisme, de sorte que le monde est plus facilement conduit à la gouvernance mondiale et à la tyrannie descendante.

1. Une  permanente

Nous avons été avertis par Orwell que le totalitarisme exige une guerre permanente, renversant le scénario pour que la guerre soit la paix. Randolph Bourne nous a expliqué que la guerre est la  de l’Etat. Nous sommes en guerre maintenant sans interruption depuis seize ans, et c’est devenu une partie si ordinaire de la vie, que personne ne se soucie où les guerres sont ou comment nous nous sommes impliqués. Personne ne se soucie de la dépendance de notre économie à l’égard du ravitaillement des bombes et des armes qui déstabilisent le monde.

« L’impact de la guerre sur la ‘société’ est encore plus dramatique. » Bourne écrit: « … en général, la nation en temps de guerre atteint une uniformité de sentiment, une hiérarchie de valeurs qui culmine à l’apogée incontesté de l’idéal d’État, qui ne peut être produit par aucune autre agence que la guerre. incarnant son principe de fonctionnement du temps de paix – «vivre et laisser vivre», la société adopte le principe d’un «groupe» agissant «dans ses aspects agressifs ».

2. Le déni de la  et de la loi naturelle

La société se développe de telle sorte que les valeurs ne peuvent plus être acceptées, et que les valeurs qui vont à l’encontre de la nature sont mises au premier plan de la conscience publique. La confusion sur l’identité de genre est peut-être le meilleur exemple de cela, car nous voyons maintenant le gouvernement promulguer des lois pour punir les personnes qui insistent sur le fait que notre nature biologique est et sera toujours indiscutablement claire.

« Le nihilisme survient dans une société après que les valeurs ont été dévaluées. C’est comme si les valeurs n’existaient plus. Lorsque le système de valeurs de la société tente de contrôler le monde naturel d’une manière qui ne peut pas être contrôlée, le système échouera, et il semblera alors que la société manque de valeurs. » Lauren Rose

3. La société sans numéraire

Sans micro-gestion des finances de l’individu, les humains sont toujours libres d’agir en dehors du système en utilisant de l’argent pour échanger des biens et des services sans surveillance directe de la part des autorités. Cependant, cela prend rapidement fin, car de nombreuses avancées vers une société sans argent sont en train de se faire, et ce, à un rythme de plus en plus rapide.

Si nous n’avons pas la capacité de commercer entre nous sans autorisation, chaque achat que nous faisons, même pour la nourriture, est soumis à l’approbation d’un gouvernement inhumain et exploiteur.

Parmi la longue liste d’articles regroupés par consensus, les marchands de réalité sous la bannière de la «théorie du complot» sont un monde sans argent – où les technocrates dominent la population, et tout et n’importe quoi est échangé via des puces plastiques et RFID.

Dans cette société high-tech Orwellienne stérile et contrôlée, l’idée de faire passer de l’argent de main en main serait aussi archaïque que l’idée de transporter un sac à dos de bâtons de pointage aujourd’hui. Patrick Henningsen

4. Surveillance totale et fin de la vie privée

Tout comme dans le cas d’Orwell en 1984 où les téléspectateurs surveillent tout le monde grâce à une communication bidirectionnelle, le monde d’aujourd’hui est conçu pour accepter et même aimer une surveillance totale. La peur a été la principale tactique utilisée pour pousser cette idée dans la conscience publique, et la volonté pour la fin de la vie privée a commencé sérieusement après le .

Aujourd’hui, avec la menace omniprésente des attaques terroristes, la surveillance semble être une bonne idée pour beaucoup de gens, mais la vie privée est presque inexistante maintenant même au niveau du consommateur. Les produits volontairement achetés par des clients satisfaits comprennent les technologies les plus invasives qui soient. Les gens paient pour placer des appareils chez eux, qui écoutent et voient tout et sont en communication constante avec les bases de données de l’entreprise. La technocratie se referme.

« Bien qu’ils comprennent que les plates-formes et appareils connectés peuvent mener à des résultats négatifs, ils pensent que les mauvaises choses arriveront à quelqu’un d’autre ou, s’ils souffrent à certains égards, ils se poseront encore sur leurs pieds. »

5. Cannibalisme

C’est presque trop bizarre pour y penser, mais le cannibalisme est normalisé dans la culture dominante. Le thème a souvent été récurrent dans les films, les programmes et les vidéos musicales, et les reportages sur le cannibalisme se retrouvent fréquemment dans les grand public en tant que nouvelles de première page.

Le cannibalisme semble être une aberration dans l’agenda du NWO, mais il joue un rôle particulièrement important dans la dévaluation de la vie humaine et encourage les gens à participer volontairement à la zombification de soi.

« Les écrivains et les directeurs qui ont recadré le cannibalisme comme une affliction de l’esprit plutôt que du corps l’ont transformé en un nouvel archétype complexe et souvent en conflit. La plupart des nouvelles histoires cannibales traitent leurs sujets non pas comme des monstres, mais comme des êtres humains se débattant avec le désir dévorant de faire quelque chose de révoltant. Ils sont comme des zombies avec une conscience. »

6. Perversion sexuelle radicale et perversion du corps humain

Au milieu de révélations massives sur la prédation sexuelle d’Hollywood, il est impératif de reconnaître que la perversion sexuelle et la perversion du soi en général sont déjà pleinement normalisées aujourd’hui. C’est une partie largement connue et tacitement acceptée du nihilisme dans notre société aujourd’hui.

Nous constatons une augmentation du nombre de pédophiles et de réseaux de trafiquants sexuels, et nous espérons voir davantage de pédophiles d’entreprises et de gouvernements. Le fait qu’il y ait tant de bustes est une indication de la taille de ce problème.

Pendant ce temps, les  grand public continuent de glorifier et de donner une large couverture des modifications extrêmes du corps chirurgical et des changements de sexe chez les enfants. Cela renforce l’idée que l’être humain est une invention imparfaite et que se donner entièrement à l’ego est parfaitement acceptable. Une fois que l’individu est totalement perdu à l’intérieur de son propre corps, la conscience n’aura aucun centre.

Dernières pensées

Pour que le Nouvel Ordre Mondial se réalise, beaucoup, beaucoup de gens doivent consentir volontairement à des usurpations de plus en plus larges des libertés naturelles par un gouvernement toujours croissant. Pour que cela se produise, les gens doivent être programmés avec l’idée que les individus sont inférieurs au groupe, que les êtres humains ne valent pas la peine d’être sauvés. Notre culture doit être radicalement modifiée pour accepter un nouvel ensemble de valeurs.

Source : https://www.drmo7og.com/single-post/2017/10/31/Les-6-changements-radicaux-dans-la-société-normalisés-par-le-nouvel-ordre-mondial

https://www.onsaitcequonveutquonsache.com/les-6-changements-radicaux-societaux-du-nouvel-ordre-mondial/

via:http://actualiteevarsistons.eklablog.com/nouvel-ordre-mondial-6-changements-radicaux-de-societe-a132608634

 
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Publié par le 13 novembre 2017 dans général, Nouvel ordre mondial, société

 

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« Chaud devant ! Prochainement, pour vous, les ruptures conventionnelles collectives ! »

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

N’oubliez pas de mettre l’adresse charles@insolentiae.com dans votre carnet d’adresse pour éviter que les fournisseurs d’accès classent la lettre d’information dans les « spams » ou autres « publicités, réclames ou promotion ».

C’est la dernière nouveauté en date, et je peux vous dire que cela va faire hurler chez les ex-futurs salariés bientôt tous virés ou presque et que l’on va se taper sur le ventre dans les antres du Medef.

Les ruptures conventionnelles sont devenues en quelques années la principale manière de licencier, et cela a considérablement flexibilisé le marché du travail pour les employeurs, permettant aussi, il faut le dire, pour certains salariés de partir plutôt sur une rupture conventionnelle, et donc les droits au chômage, plutôt que sur une démission.

Il n’en reste pas moins que jusqu’à présent, une rupture conventionnelle était par nature, par essence même, une décision individuelle, à tel point d’ailleurs que l’inspection du travail surveille de relativement près le nombre de ruptures conventionnelles (qui doivent être déclarées) par chaque entreprise afin d’être sûre que par certains effets d’aubaines, certaines entreprises ne masquent pas un plan social à travers de multiples ruptures conventionnelles.

D’un côté donc la rupture conventionnelle, unitaire, personnelle, individuelle et de l’autre, les plans sociaux avec la cohorte de coûts et de contraintes attachées, comme les indemnités mais aussi des notions de formation ou de « reclassements », bref, autant d’éléments qui empêchent notre gentil patronat de virer comme il l’entend et de gagner autant qu’il le souhaite.

Pourtant, c’est l’un des éléments que pas grand monde n’a vu venir des ordonnances Macron qui devraient prochainement autoriser les entreprises à mettre en place des procédures de ruptures conventionnelles collectives au lieu d’un plan social coûteux.

La différence, nous la voyons tous. Vous aurez a priori des ruptures conventionnelles collectives sur la base du volontariat et cela viendra remplacer les plans dits « volontaires » et puis nous devrions sans doute conserver les plans sociaux quand on dégraisse sans laisser le choix ou sans faire appel aux « volontaires ».

Mais le décret peut aller aussi loin que le voudra le président Macron, puisque l’Assemblée nationale lui a voté les pleins pouvoirs économiques et sociaux.

Demain, peut-être, allez-vous vous réveiller dans un monde où l’idée même de plan social aura disparu.

Et vous devez voir la logique d’ensemble.

Nos mamamouchis ont d’abord réduit le coût maximum des licenciements en mettant des plafonds même en cas de licenciements abusifs que les juges ne peuvent plus dépasser.

Puis maintenant qu’en réalité on a mis des seuils, on vous explique très doctement qu’il faut pouvoir faire baisser le coût des plans sociaux…

Sur la partie volontaire, on va donc faire de la simple rupture conventionnelle… Voilà une idée risquant fort de plaire grandement à SFR qui va devoir se délester rapidement de quelques milliers de ses collaborateurs, qui ne vont pas partir avec grand-chose malgré toute leur implication.

Les ruptures conventionnelles collectives, sur vos écrans au plus tard le 1er janvier 2018.

Le gouvernement a transmis son projet de décret fixant les modalités pratiques de ces ruptures conventionnelles collectives aux partenaires sociaux.

Dès la publication de ce décret, ces ruptures conventionnelles collectives seront possibles dans les entreprises, or selon les syndicats, et je veux bien les croire, cette nouvelle formule est un véritable plébiscite auprès des entreprises qui assaillent de coups de téléphone aussi bien les administrations que les experts comptables pour savoir comment faire pour en bénéficier et faire quelques charrettes à pas cher !
Le tsunami de licenciements en début de quinquennat, pas à la fin !

Les syndicats redoutent donc une vague de plans sociaux.

Ils ont parfaitement raison, et cela a aussi une grande logique politique.

Mieux vaut que les gens qui sont aussi des lecteurs soient virés en début de quinquennat qu’en fin de mandat, bien que Macron, et c’est tout à son honneur n’a jamais caché ses intentions de casse sociale parfaitement assumées lors de la campagne.

Les fêtes de Noël risquent d’être particulièrement moroses et tristes pour bon nombre de nos concitoyens.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

Source ici 

 
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Publié par le 13 novembre 2017 dans économie, général, Politique, société

 

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Facebook : un grave danger pour le cerveau des enfants selon l’un des créateurs…

 

Facebook pourrait représenter un grave danger pour le cerveau des enfants selon l’un de ses tout premiers investisseurs, Sean Parker. Selon lui, le réseau social a été volontairement créé de manière à être le plus addictif possible, et les conséquences sur la psychologie des plus jeunes pourraient être potentiellement désastreuses. Hélas, il est trop tard pour faire marche arrière… 

 

 

Avec 2 milliards d’utilisateurs Facebook est l’un des réseaux sociaux les plus populaires du monde. Malgré l’interdiction officielle du réseau social aux moins de 13 ans, on compte beaucoup d’enfants parmi ces nombreux usagers. Dans le cadre d’une conférence organisée par Axios à Philadelphie, l’un des premiers investisseurs de l’entreprise, le milliardaire Sean Parker, vient de faire part de son inquiétude concernant les effets du réseau social sur le cerveau en développement des plus jeunes.

 

Selon lui, « Dieu seul sait quel est l’effet de Facebook sur le cerveau de nos enfants ».

 

D’après ses propres dires, les créateurs du réseau social dont il fait partie au même titre que Mark Zuckerberg savaient pertinemment dès le départ qu’ils avaient créé une plateforme extrêmement addictive. Mais ils l’ont fait quand même. Leur objectif premier était même de trouver un moyen de « consommer autant de temps et d’attention que possible » auprès des utilisateurs.

 

 

Sean Parker - Facebook

 Sean Parker 

 

 

Facebook : Sean Parker regrette d’avoir contribué à créer un monstre

Comme l’explique Parker, Facebook exploite des vulnérabilités du cerveau humain et de la psychologie. Les utilisateurs se sentent récompensés lorsqu’ils obtiennent des likes ou des commentaires sur leurs publications, et sont donc incités à poster de plus en plus. Ainsi, l’effet du réseau social sur le mental est comparable à celui de la malbouffe sur le corps. L’utilisateur reçoit une satisfaction immédiate sur le moment lorsque ses publications font réagir ses amis, mais il n’est jamais rassasié et les conséquences sur le long terme peuvent être néfastes. Cette déclaration peut notamment faire écho aux suicides en direct sur Facebook Live.

 

Ainsi, même si une grande partie de sa fortune provient de son investissement dans Facebook, et même s’il continue à utiliser les réseaux sociaux de façon active, Sean Parker admet regretter sa création et se considère désormais comme un « objecteur de conscience ». Selon lui, les créateurs de Facebook n’auraient pas imaginé que la plateforme rassemblerait un jour 2 milliards de personnes. Avec une telle quantité d’utilisateurs, les conséquences prennent une tout autre envergure. Il y a quelques jours, le PDG d’Apple accusait aussi Facebook de servir à nous manipuler.

 

Pensez-vous que les réseaux sociaux sont dangereux pour la santé humaine ?

 


 

Facebook - Oeil - Eye

 


 

Facebook a été conçu pour exploiter les faiblesses des gens, prévient son ancien président Sean Parker

 


 

Facebook - Logo

 


 

Source :

http://www.phonandroid.com/facebook-grave-danger-cerveau-enfants-selon-createurs.html

https://www.theguardian.com/technology/2017/nov/09/facebook-sean-parker-vulnerability-brain-psychology

http://www.huffingtonpost.fr/2017/11/11/facebook-a-ete-concu-pour-exploiter-les-faiblesses-des-gens-previent-son-ancien-president-sean-parker_a_23274132/

 

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L’humain réparé, rêve d’immortalité ?

L’humain réparé, rêve d’immortalité ?
L’auteur de cet article sera présent au Forum du CNRS 2017 dont The Conversation France est partenaire. Il interviendra le dimanche 26 novembre de 16h30 à 18h à la Cité internationale universitaire de Paris.

Entre l’espoir d’immortalité et la fatalité de la mortalité, l’humain a de tout temps cherché à contrer le vieillissement et la défectuosité de parties fonctionnelles de son corps.

Ainsi, le mythe de Prométhée montre que les Grecs anciens connaissaient déjà la potentialité de certaines parties du corps à se réparer tout seul. Ce Dieu, attaché sur un rocher pour avoir donné le feu aux hommes, voyait chaque jour son foie dévoré en partie par un aigle. Lequel foie se régénérait le jour suivant pour que la litanie de la punition s’accomplisse. Si les anciens avaient choisi le foie plutôt que d’autres organes pour illustrer le mythe, c’est parce qu’ils savaient le foie capable de se régénérer en grande partie.

Plus récemment, la symbolique des sorcières a souvent été associée à la salamandre, capable de régénérer ses membres. L’humain et les vertébrés supérieurs n’ont pas la même capacité que la salamandre, le poisson-zèbre ou l’axolotl et encore moins celle de régénération totale des végétaux. Mais les études récentes démontrent que cette capacité pourrait exister, ou à minima, être localement stimulée.

 L’axolotl est un amphibien capable de régénérer ses membres. Scazon/Flickr, CC BY

L’axolotl est un amphibien capable de régénérer ses membres. Scazon/Flickr, CC BY

Les cellules souches : la clé de la régénération ?

La capacité de régénération est principalement portée par des cellules du corps qui vont se reprogrammer pour remplacer le tissu ou l’organe lésé. Certaines de ces cellules dites « souches » sont générées par la moelle osseuse et peuvent circuler dans le corps. D’autres cellules souches sont générées par les tissus eux-mêmes, comme ces cellules souches des bulbes cutanés dont la mission est de permettre la croissance des cheveux et des poils tout au long de la vie.

Quelle que soit leur origine, ces cellules ont la potentialité de se transformer pour réparer et faire croître toute sorte de tissus. Cette potentialité de devenir différente, qu’on appelle la différenciation cellulaire, suscite de nombreux espoirs, notamment depuis qu’on les a aussi identifiées dans le système nerveux central (le cerveau) et périphérique (la moelle osseuse et les nerfs).

 Cellules souches embryonnaires de souris en culture. Wikipedia, CC BY

Cellules souches embryonnaires de souris en culture. Wikipedia, CC BY

Si le phénomène de régénération est peu évident chez l’humain, il existe un mécanisme que tout le monde connaît. Il s’agit de la cicatrisation. Tout est dans le mot, c’est une réparation qui laisse une cicatrice. La régénération n’est donc que partielle et ne permet pas une reproduction à l’identique. Il n’est qu’à voir la peau régénérée des grands brûlés dont l’aspect cartonné n’est qu’une pâle reproduction de la belle élasticité du tissu cutané d’origine. Il faut donc comprendre le pourquoi de cette insuffisance, même s’il est bien compris que la cicatrisation est essentielle, voire vitale.

Les acteurs de la réparation des corps

Les acteurs œuvrant à la régénération du corps sont au croisement de nombreux mécanismes intrinsèques du vivant, ce qui inclut en première ligne les biologistes et le corps médical, évidemment, mais aussi les physiciens et les mathématiciens ingénieurs ou théoriciens, les chimistes, les ingénieurs, les psychologues et de nombreux acteurs des sciences humaines et sociales.

Ces acteurs de la régénération humaine peuvent orienter leurs travaux vers la régénération d’une fonction, en cherchant à remplacer cette fonction déficiente, par exemple le genou, la peau ou le cœur, ou en incitant le corps à participer lui-même à cette régénération, par exemple en conduisant la repousse de canaux nerveux lésés. L’option actuelle est certainement un mélange des deux approches, par une ingénierie corporelle inclusive et incitative. Ainsi les prothèses de nouvelle génération remplacent et respectent la fonction à recréer, en reproduisant l’organe lésé de façon personnalisée, et en même temps, elles se doivent d’être biocompatibles, en s’intégrant dans le corps sans générer de mécanismes de défense ou de rejet.

Le Graal de cette recherche est de considérer l’élément inséré comme le point de départ de la régénération en incitant et orientant les propres mécanismes de réparation et de régénération du corps. Il s’agit alors de créer une niche pour que les mécanismes de cette régénération soient dûment incités à s’orienter vers une dynamique complète de reconstitution, et non seulement de cicatrisation.

En d’autres termes, les chercheurs, ingénieurs et médecins considèrent le site de réparation/régénération comme un écosystème cohérent. Il doit être connecté ou doit pouvoir se connecter lui-même même, c’est-à-dire être vascularisé et innervé. Il doit retenir les cellules souches circulantes et informer les cellules souches résidantes en leur donnant les informations nécessaires pour les orienter vers une croissance différenciée. Il devra fournir un environnement mécanique précis, tant les cellules sont sensibles aux propriétés mécaniques des tissus environnants ; ceci est illustré par la cicatrisation de la peau qui s’effectue dans l’environnement plastique formé par des mailles rigidifiées de collagène qui n’a plus rien à voir avec l’élasticité de la peau de jouvenceaux servant de référence au discours du cosmétique.

Après l’imprimante 3D, voici l’impression 4D !

Ces considérations théoriques sont celles de l’ingénierie tissulaire moderne qui s’inscrit dans une approche globale où la chimie des matériaux, la pharmacologie cellulaire, l’embryologie et la biomécanique, entre autres, se combinent pour proposer aux tissus lésés des niches cellulaires et tissulaires, à la fois prothèse fonctionnelle et matrice de régénération. Dans ce contexte, le facteur temps est un élément essentiel.

Il est bien connu du chirurgien qui suit les évolutions/involutions en direct sur le corps des personnes soignées. Il devient un élément complexe à prendre en compte pour les chercheurs. Le temps ajoute une quatrième dimension à la modélisation de prothèses et orthèses, qu’elles soient synthétisées classiquement avec un matériau unique ou par l’addition orchestrée de plusieurs matériaux séquentiellement ajoutés sous le contrôle d’un logiciel lors de l’impression tridimensionnelle. Cette « impression 4D » (l’impression 3D et le facteur temps) est certainement une clé pour optimiser la personnalisation des prothèses et orthèses et favoriser l’hybridation avec le corps. Ses potentialités sont à la base de l’ingénierie de ces niches propices à la régénération de tissus, voire à terme, d’organes.

L’introduction systématique du temps introduit un dernier concept qui caracole au front de nos connaissances. Il s’agit du destin des tissus régénérés. On voit que le destin des tissus cicatrisés n’est souvent pas optimal, au regard de leur fonction initiale, même si le corps a dûment fait son travail d’urgence. La croissance des tissus doit être rapide sous peine que d’autres mécanismes se mettent en place (inflammation, infection). La croissance des tissus doit être objectivée : un nerf doit redonner un nerf. La croissance doit être limitée : des cellules doivent mourir ou arrêter de croître au front de la plaie, souvent en invoquant ce mécanisme de mort programmé que l’on appelle l’apoptose. La croissance doit être évolutive : les informations initiales transmises aux cellules doivent soit évoluer soit être interprétées différemment par les cellules. C’est là où les mécanismes épigénétiques vont intervenir. Il s’agit de faire en sorte que le bout de tissu ou d’organe en construction évolue vers un ensemble complet et fonctionnel.

Si l’information initiale de la niche fournie est traduite par les gènes en un programme initial de croissance et de différenciation cellulaire, l’évolution de l’environnement va réguler cette action au fil du temps. Cette épigénétique, autour de la génétique, fait appel à des mécanismes qui sont loin d’être compris et qui font l’objet d’excitantes recherches. Un moteur important de la régulation épigénétique est l’environnement mécanique des tissus. La mollesse d’un foie n’a rien à voir avec l’élasticité des vaisseaux sanguins et de la peau ni avec la dureté d’un ligament ou d’un os. Ce facteur biomécanique est devenu essentiel dans la modélisation des prothèses, orthèses voire des niches environnementales favorables à la régénération.

En résumé, la régénération partielle du corps est l’objet de nombreuses études se traduisant déjà cliniquement. Il y a cependant beaucoup à faire tant les espoirs sont importants, comme celui de régénérer les nerfs chez le tétraplégique. Mais ce qui était inenvisageable il y a quelques décennies devient un objectif réaliste. Le futur seulement dira si cela est réalisable. Le foie pourrait perdre sa singularité régénératrice inscrite dans le mythe de Prométhée. Quant à la régénération de l’Humain dans son entièreté, même la salamandre n’en est pas capable. Pour le moment.

Photo: Un homme à réparer : réalisable dans le futur ? Falcon C/FlickrCC BY-SA

source: https://theconversation.com/lhumain-repare-reve-dimmortalite-86959

 
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Publié par le 10 novembre 2017 dans général, Sciences, société

 

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La 6e extinction de masse nous privera de nourriture…

Si elle a déjà commencé sans que nous nous en rendions compte, la sixième extinction de masse pourrait faire des ravages chez de nombreuses espèces animales mais pas seulement. Les chercheurs soulèvent en effet le fait qu’un élément inattendu va lui aussi souffrir de ce phénomène : notre nourriture. Un problème inquiétant qui pourrait pourtant être évité.

LA SIXIÈME EXTINCTION DE MASSE

Menacées par le réchauffement climatique, la destruction de leur habitat ou encore le braconnage, les espèces animales sont les premières victimes de la sixième extinction de masse. Souvent appelée la défaunisation, cette extinction incarne un vrai danger pour la biodiversité. Mais Ann Tutwiller, directrice générale de Bioversity International, a révélé dans le journal The Guardian un nouveau fait tout aussi alarmant et dangereux pour l’Homme.

Selon les dernières estimations réalisées, « d’énormes proportions d’espèces végétales et animales qui constituent la base de notre approvisionnement alimentaire sont tout aussi menacées que la faune sauvage et ne reçoivent presque aucune attention ». En d’autres termes, notre nourriture aussi connue sous le nom de « biodiversité agricole » pourrait aussi être appelée à disparaître. S’il y a une chose que nous ne pouvons pas permettre de disparaître, ce sont les espèces qui fournissent la nourriture qui soutient chacune des sept milliards de personnes sur notre planète… et c’est une ressource précieuse que nous sommes déjà en train de perdre. »

QU’EST-CE QUI MENACE LA BIODIVERSITÉ AGRICOLE ?

Étant donné que près de 75 % de l’alimentation mondiale a pour origine 12 cultures et 5 espèces animales, les probabilités de voir disparaître la biodiversité agricole sont grandes. La faible variété de provenances est un facteur important de disparition. En effet, comme le nombre de cultures et d’espèces utilisé est faible, ces dernières peuvent plus facilement être touchées par les autres facteurs de disparition : nuisibles, maladies, changement climatique, pollution….

Surveiller la biodiversité agricole est capital car par le passé, ce manque de précaution a déjà coûté la vie à près d’un million de personnes comme ce fut le cas avec la famine irlandaise de la pomme de terre. Un autre problème à prendre en compte est le fait que la population mondiale évolue en permanence, ce qui n’est pas le cas des cultures alimentaires. Cependant, c’est un scénario contre lequel il est possible de lutter en adoptant les bons gestes.

COMMENT AGIR POUR LA PRÉSERVER ?

Sauver l’approvisionnement mondial en alimentation est possible selon Ann Tutwiler en augmentant tout d’abord la diversité de cultures utilisées. Plusieurs alternatives existent dans la nature pour nous fournir à la fois plus de nutriments bons pour notre santé mais aussi des cultures plus résistantes aux mauvaises conditions. Diverses plantes ont ainsi été évoquées comme le blé dur, différentes variétés de quinoa, les fruits gac vietnamiens ou encore les bananes Asupina.

L’autre action que nous pouvons mener pour éviter ce fléau est de lutter contre une mauvaise nutrition. Qu’elle soit surconsommée ou pas assez, les régimes pauvres constituent pour Ann Tutwiller l’une des causes de handicap et de décès majeures dans le monde. « Ils sont en grande partie responsables parce que nous avons des régimes très unifiés basés sur un ensemble étroit de produits et nous ne consommons pas assez de diversité. » Le combat peut paraître difficile mais pour la spécialiste, « il a un rôle critique mais négligé à jouer » afin d’éviter à notre alimentation de disparaître à cause de l’extinction de masse.

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