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Archives de Catégorie: société

Réformons l’élection présidentielle !

Source : Science étonnante

C’est une bonne journée pour parler d’un point important : la façon de désigner le Président de la République.

Réflexion intéressante, mais qui pose d’autres problèmes, à nous d’en débattre  🙂

Notre méthode de scrutin présidentiel est pleine de défauts, il est temps d’en changer ! … en s’aidant de la science, bien sûr !

 

Voir aussi cette vidéo : “Ceux qui choisissent le système électoral déterminent l’heureux gagnant” d’Arte :

Avant toute chose, n’hésitez pas à la partager massivement pour faire connaître ces réflexions, et aider à populariser la méthode du jugement majoritaire. N’hésitez pas aussi à la relayer par exemple sur Twitter en interpelant vos hommes politiques préférés.

En complément de cette vidéo que j’espère relativement simple à comprendre, je voudrai revenir sur les deux aspects un peu plus techniques : le théorème d’impossibilité d’Arrow, et la question des ex-aequo dans le jugement majoritaire.

(Edit du 22/10 : je vais en fait commencer par la question de la robustesse du jugement majoritaire aux manipulations stratégique, question que j’ai traitée trop rapidement et sur laquelle j’ai eu beaucoup de questions/commentaires)

Le vote stratégique dans le jugement majoritaire

Beaucoup de personnes m’ont demandé en quoi la méthode du jugement majoritaire (qui évalue les candidats sur une échelle de 7 mentions) n’est pas sensible au vote stratégique, de la même manière que la méthode des notations entre 0 et 20. Premièrement, elle n’est pas « totalement insensible » (comme je l’ai peut-être improprement suggéré), mais elle est beaucoup plus robuste. Voyons pourquoi :

La réponse courte qui ne satisfera que les matheux, c’est que le jugement majoritaire fonctionne par une médiane, et pas par une moyenne. Et on sait que la médiane est beaucoup plus robuste aux valeurs extrêmes.

La réponse détaillée est celle que je donne dans la vidéo, mais que je vais expliciter. Imaginez un candidat ayant obtenu les mentions suivantes :

  • Excellent : 9%
  • TB : 14%
  • B : 16%
  • AB : 15%
  • Passable : 18%
  • Insuffisant : 15%
  • A rejeter : 13%

Comme je le dis dans la vidéo, sa mention majoritaire sera « Assez Bien à 54% ».

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Imaginez que vous ayez voté « Bien », mais que ce candidat soit votre candidat préféré. Vous êtes donc tenté de faire du vote stratégique et de le mettre à « Très bien » voire « Excellent » pour le favoriser. Si vous faites ceci votre voix passera de Bien à Excellent, mais ça ne changera ABSOLUMENT pas le résultat « Assez Bien 54% ». Pour bien le voir, imaginons que tous les électeurs qui aient voté « Bien » aient voté « Excellent » à la place pour tricher, les mentions seraient alors :

  • Excellent : 25%
  • TB : 14%
  • B : 0%
  • AB : 15%
  • Passable : 18%
  • Insuffisant : 15%
  • A rejeter : 13%

Et le résultat de la mention majoritaire serait toujours « Assez Bien 54% ». Ca marche aussi dans l’autre sens, si tous ceux qui ont pensé et voté « Passable » décident d’exagérer en « A rejeter », on arrive à

  • Excellent : 25%
  • TB : 14%
  • B : 0%
  • AB : 15%
  • Passable : 0%
  • Insuffisant : 15%
  • A rejeter : 31%

Et le résultat est toujours « Assez Bien 54% ».

Évidemment, si TOUS les électeurs choisissent de ne voter que « Excellent » pour un candidat et « A rejeter » pour tous les autres, le système se casse la gueule. Mais vous noterez quand même que le système est insensible à des manipulations stratégiques même quand elles sont réalisées par un pourcentage important de l’opinion. Alors que j’ai montré dans ma vidéo que dans le système à 2 tours, quelques % de vote stratégique (dans mon cas François Nicolas Marine) peuvent décider de l’issue du scrutin.

Le théorème d’Arrow

La première fois que j’ai entendu parler du théorème d’Arrow, j’ai été surpris et choqué. Comment un théorème de mathématique peut-il nous affirmer l’impossibilité de tenir un mode de scrutin équitable ? Il s’agit d’une question organisationnelle, sociale : comment les maths peuvent-ils nous apporter une réponse aussi tranchée (et négative !). Pour bien comprendre, il faut se pencher sur la formulation exacte du théorème d’Arrow.

Le théorème d’Arrow s’intéresse au cas où les préférences des électeurs se manifestent sous la forme d’un classement des candidats (je reviendrai sur cette hypothèse plus tard). C’est-à-dire qu’on part du principe que chacun des électeurs sait classer tous les candidats par ordre de préférence. S’il y a 5 candidats que l’on dénote C1, C2, C3, C4 et C5, les classements des différents électeurs vont donc être un truc du genre

C2 > C3 > C1 > C5 > C4
C2 > C1 > C3 > C5 > C4
C1 > C2 > C3 > C4 > C5
C3 > C1 > C2 > C5 > C4
C2 > C1 > C3 > C4 > C5
C4 > C3 > C1 > C5 > C2
etc.

Il est facile de collecter cette préférence sur un bulletin de vote. La question que l’on se pose maintenant, c’est comment, à partir de ce classement réalisé par chacun des électeurs, peut-on établir un classement collectif, agrégé, qui soit le plus représentatif possible de cet ensemble de classements individuels. Par quel processus peut-on passer d’un ensemble de choix individuels, à un choix collectif « social ».

(Pour les matheux, on peut poser le problème de la manière suivante : si on a N électeurs et K candidats, le classement établi par chacun des électeurs est une permutation de l’ensemble [1;K]. On cherche une fonction qui à N permutations de [1;K] associe une permutation de [1;K]. On appelle cette fonction, une « fonction de choix social ».).

L’idée du théorème d’Arrow est qu’une telle manière d’agréger les classements individuels en un classement social collectif doit satisfaire certaines conditions naturelles. Une condition évidente est que s’il y a unanimité dans la population (tous les électeurs ont exactement le même classement), alors le classement agrégé doit être identique. Une autre condition assez évidente est que la fonction de choix social doit couvrir toutes les situations possibles (on voit par exemple dans la vidéo que la méthode de Condorcet — prendre celui qui gagne tous ses duels — peut ne pas pouvoir fonctionner dans certains cas).

La condition la moins évidente, mais qui est celle que l’on sait facilement violée, c’est ce qu’on appelle « l’indépendance des options non pertinentes ». C’est-à-dire que le classement relatif de deux candidats dans le choix social ne doit pas être modifié par des changements concernant les autres candidats dans les classements individuels. Si Jean est devant Jacques dans le choix social, cette ordre ne doit pas dépendre de où se trouve classé Paul dans les choix individuels. En particulier si l’on retire complètement Paul des classements individuels, ou que tout le monde le met premier, ou dernier, cela ne doit pas influencer l’ordre relatif de Jean et Jacques. Or on a vu qu’avec un scrutin « à tours », cette condition peut être violée, même avec seulement 3 candidats et 2 tours.

Ce que démontre le théorème d’Arrow, c’est qu’il n’existe aucune fonction de choix social qui respecte ces conditions. Ou plutôt si, il n’en existe qu’une seule : celle qui consiste à choisir dès le départ UN des électeurs, et à décider que le classement du choix social sera égal au classement de cet électeur en particulier, indépendamment de ce que décident tous les autres; pour des raisons évidentes on va appeler cet électeur « le dictateur ».

Et donc si on ajoute comme condition supplémentaire que le système de vote ne soit pas « dictatorial », aucune fonction de choix social respectant les conditions n’existe. Voilà le théorème d’impossibilité d’Arrow.

Classement versus jugement

On l’a vu, il est possible d’échapper au théorème d’Arrow en modifiant la manière dont les électeurs expriment leurs préférences. Dans les conditions du théorème d’Arrow, les électeurs classent les candidats. Mais on peut très bien leur demander de les noter ou les juger, plutôt que de les classer. En théorie, une méthode de choix parfaite serait de connaître pour chaque électeur le niveau de satisfaction que lui apporterait chacun des candidats, ce que les économistes appellent « l’utilité » associée à ce choix. On pourrait alors choisir le vainqueur qui maximise l’utilité totale de la société.

Cette méthode souffre de plusieurs problèmes. Comme je le dis dans la vidéo, cette méthode de vote suppose que chaque électeur révèle de manière sincère l’utilité que lui apporterait chacun des candidats; mais en pratique, il est possible de manipuler le résultat en exagérant son vote. Et puis autre problème relevé par Arrow, même si les gens étaient tous sincères, il est extrêmement difficile de correctement quantifier ses propres niveaux d’utilité. Ce qu’argumente Arrow, c’est que la seule chose que les électeurs puissent faire de manière assez fiable et robuste, c’est de comparer des options deux à deux : est-ce que je préfère Jean à Jacques ? Et Jacques à Marie ? etc. Et donc au final d’établir un classement entre les candidats.

En somme, Arrow nous dit que d’un côté, classer les candidats est la seule chose que l’on sache faire de manière fiable, d’un autre il n’existe aucun système raisonnable permettant de passer d’un ensemble de classements individuels à un classement agrégé « social ».

Le cas des ex-aequo pour le jugement majoritaire

On ne va pas se raconter de blagues : à première vue le système de vote du jugement majoritaire peut être déstabilisant, et paraître « compliqué ». Je dois avouer que j’ai eu cette impression la première fois, mais j’espère sincèrement l’avoir expliqué de la manière la plus simple possible dans la vidéo, et qu’il semblera limpide à tous (si ça n’est pas le cas, j’attends vos témoignages.)

Il reste toutefois un cas délicat que j’ai volontairement un peu escamoté sous le tapis dans la vidéo : celui des ex-aequos.

Imaginons que les deux meilleurs candidats aient obtenu exactement la même mention majoritaire, disons « Assez Bien ». Comment les départager ? Une manière simple consiste à simplement déclarer vainqueur celui dont le pourcentage cumulé des mentions supérieures ou égales (AB, B, TB et Excellent) est le plus élevé. C’est simple, mais les auteurs Rida Laraki et Michel Balinski proposent une autre manière de procéder.

On peut en effet nuancer les mentions : prenez un candidat, considérez le pourcentage des gens qui ont attribué une mention strictement meilleure (ici : B, TB et Excellent) et comparez le au pourcentage des gens qui ont attribué une mention strictement inférieure (ici : à rejeter, Insuffisant, Passable). Si le premier est plus élevé, vous nuancez la mention en « + », si le second est plus élevé, vous nuancez la mention en « -« . Et bien évidemment pour une mention identique, le « + » bat le « -« .

En cas de nouvelle égalité, pour une égalité de mention « + » on regarde le % des gens ayant attribué une mention strictement supérieure. Celui avec le plus gros pourcentage gagne. Pour une égalité de mention « -« , on regarde le % des gens ayant attribué une mention strictement inférieure, dans ce cas celui avec le pourcentage le plus faible gagne.

Ce raffinement des mentions permet de traiter les cas d’égalité, et d’après les auteurs, il donne un résultat plus représentatif que de regarder simplement le pourcentage cumulé.

J’ai eu la chance de pouvoir interviewer Rida Laraki et Michel Balinski sur ces questions, qu’ils en soient remerciés ! Et j’avoue que je trouve cette méthode pour départager les ex-aequos un chouilla compliquée, même si on peut argumenter qu’elle est meilleure. Je me demande si le gain de « perfection » de cette méthode justifie de compliquer le système de vote, surtout que l’on parle déjà d’un changement démocratique majeur.

Les débats sont ouverts !

Pour finir, je vous donne ci-dessous quelques références de Michel Balinski et Rida Laraki, qui relatent notamment plusieurs de leurs expériences « de terrain » pour comparer le jugement majoritaire au scrutin traditionnel à 2 tours, notamment sur différentes élections présidentielles. Pour ma part, j’ai fait exprès de ne pas citer ces exemples, car je trouve que prendre un exemple réel pour faire la promotion d’un système de vote pourrait passer pour de la promotion du candidat que ce nouveau système de vote désignerait. Il me semble que la méthode du jugement majoritaire est intrinsèquement la meilleure, et cette opinion ne doit pas dépendre du résultat qu’aurait eu cette méthode sur les élections précédentes.

Pour aller plus loin : une vidéo de Rida Laraki

Source : Science étonnante, 21-10-2016

Suite des derniers rebondissements sur la campagne électorale et les médias, avec ici François Asselineau :

 
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Publié par le 23 avril 2017 dans général, Politique, société

 

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Cet homme a inventé une ruche maison pour sauver les abeilles (et tout le monde peut le faire !)

ruche maison

Le miel fait maison en plus …

Les abeilles ont récemment fait les grands titres des médias en raison de leur population en déclin et de l’implication énorme sur les produits alimentaires.Des rapports ont affirmé que les ruches disparaissent maintenant à un rythme alarmant, en grande partie en raison des pesticides et des parasites, ainsi que des changements climatiques.

Comme les gens reconnaissent la gravité du problème, beaucoup font de leur mieux pour aider en créant leurs propres ruches, ce qui est une tâche étonnamment simple, mais très efficace, à mener à bien. Non seulement cela aidera les populations d’abeilles en déclin, mais cela signifie aussi que vous pouvez produire votre propre miel organique pour votre consommation personnelle.

ruche maison

Tout ce dont vous aurez besoin est un kit de ruche pré-fabriqué, du contreplaqué et quelques pots pour la ruche principale, ainsi que : un morceau de bois de 2″ x 12″ x 6′ (couper deux pièces à 22″ chacune pour les côtés ) ; un morceau de bois de 2″ x 12″ x 6′ (couper deux pièces à 18″ chacune pour l’avant et l’arrière) ; un morceau de bois de 1″ x 1″ x 6′ (couper deux pièces à 22″ chacune pour les côtés gauche et droit du cadre supérieur) ; un morceau de bois de 1″ x 1″ x 6′ (couper deux pièces à 18″ chacune pour les côtés avant et arrière du cadre) ; un morceau de contreplaqué épais coupé à 16″ x 20″ ; 12 gros bocaux pour le nid d’abeille ; une boîte de vis à bois ; et bien sûr, vos abeilles. (Dimensions en pouces)

ruche maison

Le contreplaqué servira de cadre pour le kit de ruche et peut donc être taché, mais vous choisissez. 12 trous devront ensuite être forés dans le morceau de contreplaqué de 16″ x 20″ qui devrait être assez grand pour visser les bocaux.

ruche maison

Après cela, le cadre supérieur peut être réalisé en vissant ensemble les quatre pièces de contreplaqué 18″ et 22″, qui peuvent également être colorées de n’importe quelle couleur.

ruche maison

Après cela, désinfectez chacun des 12 bocaux avant de les visser à l’envers dans les trous et avant d’ajouter des rondelles ou des cales à l’intérieur des pots pour supporter le poids du miel qui sera là plus tard. Une fois que les couvercles des pots ont été vissés, ils devraient parfaitement s’insérer dans les trous forés avec un écart inférieur à 1/16″ entre le pot et le trou de la ruche.

ruche maison

Après avoir placé des bandes d’amorces ou des rayons vides à l’intérieur des pots, vous pouvez maintenant ajouter vos abeilles. Elles seront immédiatement attirées par les bandes d’amorces et commenceront leur travail, faire du miel. Une fois que les pots sont pleins de miel, vous pouvez fermez les couvercles, afin que les abeilles continuent de travailler pendant que le miel est récolté.

ruche maison

Vous remarquerez que les bocaux se réchaufferont rapidement lorsque les couvercles sont au-dessus, car il n’y a pas de ventilation. Par conséquent, ils doivent être conservés à l’ombre.

ruche maison

Une fois que vous avez les fournitures de base, le reste devrait être facile, et vous aurez accès à un approvisionnement constant de miel délicieux, tout en sauvant une population en déclin.

Source : TruthTheory

 

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Le pouvoir d’influence délirant des dix milliardaires qui possèdent la presse française

Le pouvoir d’influence délirant des dix milliardaires qui possèdent la presse française (Bastamag)

Dix milliardaires ont pris le contrôle d’une grande partie des médias français. Ces oligarques, venus du BTP, de l’armement, du luxe ou de la téléphonie, ont accaparé les grands quotidiens nationaux, les chaînes de télévision et les radios, pour asseoir leur influence. Avec à la clé, conflits d’intérêts, censures, pressions, licenciements, ingérence malsaine… Cette concentration des moyens de production de l’information entre les mains de quelques uns met en péril l’indépendance de la presse dans notre pays. Et porte ainsi atteinte au fonctionnement démocratique. Comment garantir la liberté de l’information et le pluralisme de la presse ? Résumé d’une situation critique, à l’occasion de la campagne #LibertéEgalitéInformés.

À qui appartient la presse française ?

Le secteur de la presse en France est un grand Monopoly. Tout s’achète, tout se vend, les journaux, les télés, les radios. Quelques milliardaires se partagent le gâteau. Résultat : 90 % des quotidiens nationaux vendus chaque jour appartiennent à 10 oligarques ! D’après les calculs de Basta !, les mêmes possèdent des télévisions et radios qui totalisent respectivement 55% et 40% des parts d’audience [1]. Vous avez donc une grande probabilité de lire, regarder ou écouter chaque jour des médias qui appartiennent à ce petit cercle de milliardaires.

Cela pose plusieurs problèmes. La concentration d’abord. Est-il sain qu’une si grande part de la presse appartienne à quelques personnes, richissimes, faisant partie d’une caste de privilégiés ? L’indépendance, ensuite. Est-il normal que les principaux médias français de notre pays soient entre les mains de marchands d’armes, d’entreprises du luxe, du BTP, de la téléphonie, de banquiers ou de fabricant de toilettes ? Comment ces propriétaires peuvent-ils concilier liberté de l’information et intérêts privés ? Comment TF1, BFM-TV, Le Monde, Libération peuvent-il produire en toute indépendance des enquêtes sur le secteur de la téléphonie, quand leurs propriétaires sont les patrons de Free, Bouygues Telecom et SFR ? Comment les journalistes du Figaro peuvent-ils porter un regard critique sur la politique de défense de la France, quand le propriétaire de leur journal vend des avions de chasse à l’État français ? Enfin, cette situation ne peut qu’encourager la reproduction d’un système économique qui assure la continuité des intérêts financiers de cette petite classe de possédants. Ils constituent une véritable communauté d’intérêt ! Et ce qui motive de riches patrons à créer des conglomérats médiatiques – qui ne rapportent pas vraiment d’argent – c’est d’abord la possibilité d’acheter de l’influence.

Qui sont ces 10 milliardaires ?

Ils sont cinq à faire partie du cercle des dix premières fortunes de France : Bernard Arnault, PDG du groupe de luxe LVMH (patron des Echos, du Parisien), Serge Dassault (Le Figaro), François Pinault (Le Point), Patrick Drahi, principal actionnaire de SFR (Libération, L’Express, BFM-TV, RMC), Vincent Bolloré (Canal+). On trouve ensuite Xavier Niel, patron de l’opérateur de téléphonie Free et 11ème fortune de France, qui s’est associé avec Pierre Bergé, héritier du couturier Yves Saint-Laurent, et avec le banquier Matthieu Pigasse, pour devenir propriétaire du groupe Le Monde (L’Obs, Télérama, La Vie…). Matthieu Pigasse possède également Radio Nova et l’hebdomadaire Les Inrocks.

Martin Bouygues, 30ème fortune de France, est propriétaire du groupe TF1. La famille Mohn, qui contrôle le groupe allemand Bertelsmann [2], est propriétaire de M6, RTL, Gala, Femme actuelle, VSD, Capital,… Viennent ensuite Arnaud Lagardère, propriétaire d’Europe 1, Paris Match, du JDD, de Virgin radio, RFM, Télé 7 jours, et Marie-Odile Amaury, qui possède L’Equipe (et dont le groupe est, par l’une de ses filiales, organisateur du Tour de France notamment). Petite précision : ces deux derniers ne sont « que » millionnaires, avec tout de même une fortune évaluée entre 200 et 300 millions d’euros. A ce « Top 10 », on pourrait aussi ajouter la famille Bettencourt qui finance le journal ultra-libéral L’opinion. Ou le milliardaire d’origine libanaise Iskander Safa, 71ème fortune de France et propriétaire du très réac Valeurs actuelles.

[Cliquer sur l’image pour agrandir]

Conflits d’intérêts en pagaille

Quelles sont les conséquences sur l’indépendance des médias ? Un mélange des genres pour le moins douteux, qui peut mettre les journalistes en porte-à-faux. Comment TF1 pourrait-il produire des enquêtes critiques sur les abus des partenariats publics-privés (PPP) quand son propriétaire, Bouygues, fait partie des multinationales du BTP qui bénéficient de ces juteux contrats ? Autre exemple : comment un média peut-il s’intéresser de près aux affaires d’évasion fiscale quand son patron manifeste un attrait prononcé pour les paradis fiscaux ? C’est la question que doivent se poser les journalistes de BFM-TV à chaque nouveau scandale fiscal.

Leur boss, Patrick Drahi, a échafaudé, à partir de sa holding personnelle, un opaque et complexe montage de filiales et de trusts, dispersés au sein de paradis fiscaux notoires : Guernesey, Suisse ou Luxembourg. Comment BFM évoque-t-elle le scandale des Panama Papers, dans lequel apparaît le nom de Patrick Drahi ? « Vous avez vu la réaction des gens qui ont été cités ? Ils se défendent c’est normal. Patrick Drahi, par exemple, qui reconnaît avoir une société, mais rien d’illégal. (…) Est-ce que finalement c’est la bonne méthode de jeter en pâture des noms de personnalités, sans qu’elles aient vraiment la possibilité de se défendre ? », explique ainsi l’animateur Olivier Truchot dans son émission BFMStory…

Voir l’organigramme de l’empire industriel de Patrick Drahi, réalisé par l’économiste Benoît Boussemart et publié par Le Canard enchainé (cliquez sur l’image) :

Autre problème, les proximités entre patrons de presse et politiques. C’est Nicolas Sarkozy, proche de Bernard Arnault, qui annonce en 2007 aux journalistes des Echos le nom de leur nouveau patron ! Car ces richissimes propriétaires de presse entretiennent quelques affinités avec des responsables politiques : lors du mariage de Nicolas Sarkozy avec Cécilia Ciganer-Albéniz, les deux témoins sont… Bernard Arnault et Martin Bouygues. C’est sur le yacht d’un autre ami, Vincent Bolloré, que Nicolas Sarkozy choisit d’aller se reposer après son élection en 2007. « Arnaud est plus qu’un ami, c’est un frère », déclare encore Nicolas Sarkozy à propos de l’héritier Lagardère. Enfin, il compte Serge Dassault parmi les clients de son cabinet d’avocats. La moitié de ces dix propriétaires de presse sont des proches de l’ancien président. Bref, question indépendance, on repassera !

Quel que soit l’impact réel de ces connivences et les éventuelles pressions, les dégâts du soupçon – le fait que ces riches patrons se trouvent en conflit d’intérêts, en situation de pouvoir abuser de leur position pour leur intérêt propre – sont bien là. Cette simple suspicion produit une délégitimation du secteur de la presse. Conséquence : seuls 34% des Français estiment que les médias fournissent des informations dignes de confiance. Plus de deux tiers des Français pensent que les médias subissent des pressions commerciales ou politiques qui impactent les informations délivrées [3].

Licenciements et coups de pression

Lorsqu’on est journaliste, peut-on travailler en toute indépendance dans cette situation ? Quelques exemples – la face visible de l’iceberg des pressions souterraines ! – montrent que ce n’est pas le cas : l’ingérence de ces patrons est bien réelle. Certains ont une fâcheuse tendance à faire le ménage en arrivant, pour mettre à la tête des médias des dirigeants compatibles avec leurs intérêts, avec pour mission de purger les rédactions. Un cas d’interventionnisme remarqué fut la nomination de Guillaume Zeller, catholique traditionaliste, comme directeur de l’information du groupe Canal+, par Vincent Bolloré. Ce dernier semble vouloir actuellement enterrer Canal+, après avoir vidé de ses forces vives la rédaction d’iTélé, rebaptisée CNews, après la plus longue grève de l’histoire de la télévision.

Il ne semble plus y avoir de limites à ce « grand ménage ». En 2016, Aude Lancelin, directrice adjointe de la rédaction de L’Obs, est licenciée pour des raisons politiques. En 2017, Olivia Recasens, directrice adjointe de la rédaction du Point, est limogée du jour au lendemain, pour faute grave, et pour des motifs réels tout aussi inavouables. Autant de coups de pression, qui envoient un message clair aux rédactions : pas de vagues, rentrez dans le rang !

Ingérence et censures

Le patron de M6, Nicolas de Tavernost, avoue avoir exercé des pressions sur les journalistes de la chaîne pour « ne pas contrarier des clients ». Il explique ainsi avoir censuré une émission de Capital sur la téléphonie. Autre cas notable, la censure par Vincent Bolloré d’une enquête sur le Crédit mutuel, qui devait être diffusée par l’émission « Spécial investigation » sur Canal+. Un simple coup de fil a suffi pour contenter la banque, partenaire de Vincent Bolloré, qui ne voulait pas voir sortir cette enquête. Reporters sans frontières et le collectif « Informer n’est pas un délit » dénoncent par ailleurs la censure et la déprogrammation de quatre documentaires qui devaient être diffusés par Canal+.

Un autre risque, plus pervers car plus discret, est l’autocensure de journalistes. Des journalistes qui veulent bien faire leur métier, mais qui n’osent plus proposer des articles sur des sujets sensibles, ou qu’ils savent problématiques pour le propriétaire de leur média. Sans compter les pressions économiques, avec les suppressions de postes et des moyens nécessaires à tout travail d’enquête. Promouvoir des logiques managériales « musclées », imposer des contraintes économiques fortes sur la production de l’information, précariser les rédactions mises en permanence sur la sellette, bref, promouvoir une information low cost, est aussi une forme de censure.

A cette liste des moyens de censure, il faudrait ajouter les « poursuites baillons », dont l’objectif est de dissuader les médias de s’emparer de certaines affaires (lire notre article « Bolloré, la presse et les poursuites ‘homéopathiques’ en diffamation »). Ou les mesures de rétorsion, comme celle de Bernard Arnault, ulcéré par le titre « Casse-toi, riche con » de Libération, lors de sa demande de naturalisation en Belgique en 2012, et qui décide de couper les budgets de publicité alloués par le groupe LVMH au quotidien.

Comment cela évolue-t-il ?

Pas vraiment vers davantage de pluralisme ! En quelques mois, en 2015, on a vu le rachat par Patrick Drahi de Libération et du cinquième groupe de presse magazine en France, Express-Roularta, ainsi que sa prise de participation (à 49%) dans NextRadioTV (BFMTV, RMC). A la même période, Bernard Arnault, déjà propriétaire des Échos, rachète Le Parisien et Aujourd’hui en France, le groupe Le Monde rachète L’Obs, et Vincent Bolloré prend le contrôle de Canal +, via Vivendi. Des banques sont également entrées dans ce jeu de Monopoly. Le Crédit mutuel est ainsi devenu en dix ans l’unique propriétaire du groupe EBRA, premier groupe de presse quotidienne régionale, implanté dans l’Est de la France (Le Dauphiné libéré, Le Progrès, Dernières Nouvelles d’Alsace, L’Est républicain…) [4]. Et le Crédit agricole est devenu actionnaire de journaux régionaux, comme La Voix du Nord et Le Courrier picard (via le groupe belge Rossel).

Ce petit milieu multiplie les participations croisées [5]. En parallèle de cet accaparement, ces milliardaires ont mis la main sur l’ensemble de la chaine de production. Exemple avec les entreprises de production de contenus : c’est Lagardère qui produit pour France 5 les émissions « C dans l’air », par l’intermédiaire de sa société Maximal Productions. Ces oligarques sont aussi propriétaires des « tuyaux » de diffusion, comme les « box » (FreeBox, Bbox, Box SFR) qui permettent la diffusion dans tous les foyers de France d’internet et de la télévision. Une intégration « verticale » qui concentre la diffusion d’une grande part de l’information entre les mains de ceux qui détiennent les clés de sa production.

L’information devient ainsi un produit comme les autres : l’opérateur de télécoms SFR propose ainsi une box Internet « à partir de 19,99 euros par mois », avec, pour le même tarif, l’abonnement numérique à 18 journaux. « Une machine à tuer le journalisme de qualité », estime Le Point. Un peu comme un cadeau bonus. On achète le tuyau – une connexion web – et on gagne en prime un produit secondaire, des médias.

En quoi cela nous concerne tous ?

On pourrait se dire que chaque société a les médias qu’elle mérite. Ou que chacun lit, écoute, regarde ce qu’il veut. Que tout le monde peut faire son propre tri dans le flot médiatique. Sauf que les médias ne sont pas un business comme un autre. Défendre l’indépendance de la presse, ce n’est pas un combat « corporatiste », un « truc de journalistes » qui se battraient pour leur outil de travail. Il ne peut pas y avoir de démocratie forte, voire même de démocratie tout court, sans citoyens informés, et bien informés. L’information est un bien public. Autant de médias sous contrôle d’une petite oligarchie, véritables chiens de garde du néolibéralisme, c’est une atteinte à nos libertés fondamentales.

Cette situation n’est pas une fatalité. Lutter contre tout ce qui encourage la concentration des médias et leur financiarisation est possible (voir les propositions de la campagne #LibertéEgalitéInformés). On pourrait mettre en place des dispositifs anti-concentration plus exigeants. Ou interdire le contrôle de médias par des entreprises qui dépendent de marchés publics – Bouygues, Dassault,… – comme le propose l’association Acrimed. Ou conditionner le versement des aides à la presse aux médias qui ne sont pas détenus par des milliardaires, dont les intérêts principaux ne sont pas dans le secteur de la presse. Voire même, soyons fous, limiter ces aides aux médias à but non lucratif, qu’ils soient privés, coopératifs ou associatifs.

Il est nécessaire que ces propositions et réformes salutaires – ou d’autres ! – soient discutées et débattues. Mais aussi les conditions qui favoriseront l’émergence, le développement et la consolidation de médias indépendants, pour garantir le pluralisme de l’information en France. Défendre et faire vivre une presse libre ne semble malheureusement pas une priorité pour bon nombre de candidats à l’élection présidentielle.

@AgnèsRousseaux

- Voir la campagne #LibertéEgalitéInformés, lancée par le collectif Informer n’est pas un délit (dont fait partie la rédaction de Basta !) et Reporters sans frontières

Pour aller plus loin :

- Acrimed, « Les grandes manœuvres de concentration multimédia : comment et pourquoi ? »
- Acrimed, « Concentration des médias : convergences et dépendances »
- Le Monde diplomatique, « Médias français : qui possède quoi »
- Laurent Mauduit, « Main basse sur l’information ! », Médiapart
- Laurent Mauduit, Main basse sur l’information, Éditions Don Quichotte, 2016
- Aude Lancelin, Le monde libre, Editions Les liens qui libèrent, 2016

Et pour lire des médias indépendants :

Vous pouvez consulter l’itinéraire conseillé par Basta ! et la liste des 150 médias membres du Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil). Bonne lecture !

Les articles publiés pour la campagne #LibertéEgalitéInformés :

- Par Médiapart : #LibertéEgalitéInformés : des censures et des pressions, en veux-tu en voilà !
- Par Les Jours  : Manuel de manipulation du journaliste en campagne et La matinée où l’affaire Fillon a été supprimée d’i-Télé
- Par France Inter :
La chronique de Nicole Ferroni : Informer n’est pas un délit, c’est un défi !
L’invité de 8h20 : Patrick Boucheron : « On adore détester, on est au spectacle d’une parole dont on n’attend plus d’effet de vérité »
- Par Street Press : Coups de matraque, tirs de flashball et fiche S : Journalisme en état d’urgence
- Par Télérama : Une journée pour interpeller les candidats à la Présidentielle sur la liberté de l’information
- L’infographie de CFactuel
- Par Reporterre : Quand les puissants tentent de bâillonner l’information
- Par L’Humanité : Médias. Informer n’est pas un délit, c’est même un devoir
- Par Alternatives économiques, « Le modèle économique des médias s’effondre totalement »
- Par La Télé libre (reportage vidéo) : Les Colleurs de la Liberté de l’Information
- La tribune relayée par MarsActu, Le Journal minimal, AngersMag, Made in Perpignan, Causette, ArtSixMic, Médiacités, Revue XXI, DailyNord, ArtsHebdo Médias, L’Accent Bourguignon, Explicite, Le Zéphyr

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Des produits chimiques pouvant servir à confectionner des explosifs dérobés près de Paris

Des produits chimiques pouvant servir à confectionner des explosifs dérobés près de Paris
Plus d’une vingtaine de litres de produits chimiques pouvant servir à fabriquer des explosifs ont été volés à l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort (Enva), située à Maisons-Alfort (Val-de-Marne), près de Paris.

L’école vétérinaire de Maisons-Alfort a été victime d’un vol d’une vingtaine de litres de produits chimiques dangereux rentrant dans la composition d’explosifs, a-t-on appris le 20 avril.

Parmi les principaux ingrédients dérobés : du trichloréthylène, de l’acétone et du fluorure de zinc. «Vu les produits, c’est évident que ça peut servir à fabriquer des engins explosifs», a expliqué une source policière à l’AFP, confirmant une information du journal Le Parisien.

Plusieurs de ces ingrédients rentrent effectivement dans la composition du TATP, explosif prisé par les terroristes de Daesh.

Le vol a eu lieu il y a une semaine environ, mais l’établissement n’a prévenu la police que le 19 avril, a ajouté la source policière. Ce n’est pas la première fois que l’Enva est victime d’un vol, selon elle : des produits stupéfiants y ont déjà été dérobés par le passé, notamment de la kétamine.

Une enquête a été ouverte et confiée au commissariat de Maisons-Alfort.

Cet incident survient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu en France : sous l’état d’urgence et à quelques jours de la présidentielle, un projet d’attentat qui ciblait des prétendants à l’Elysée a été déjoué il y a quelques jours. 4

Trois kilos d’explosifs de type TATP ont en effet été découverts le 18 avril au domicile de deux suspects par les forces anti-terroristes.

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Publié par le 20 avril 2017 dans général, Politique, société

 

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Des perturbateurs endocriniens retrouvés dans les cheveux de tous les enfants !

Le magazine presse les pouvoirs publics d’interdir ces substances nocives pour la santé

Ils sont partout et cette fois, ce « ils  » n’est pas la cible d’une théorie complotiste. Eux, ce sont « le bisphénol A, les phtalates, les pyréthrinoïdes (famille d’insecticides), les dioxines, les furanes, les PCB, les retardateurs de flamme et les composés perfluorés « . En bref, des perturbateurs endocriniens, des molécules qui interfèrent avec le système hormonal et qui se retrouvent actuellement au coeur d’une bataille européenne pour déterminer exactement leur risque sur la santé.

La dernière étude en date de Santé publique France, l’ancienne Agence nationale de santé (ANS), publiée fin 2016, révélait déjà que des traces de perturbateurs endocriniens avaient été retrouvées chez quasiment toutes les femmes enceintes testées.

Maintenant, au tour des enfants ..

Le magazine « 60 millions de consommateurs » a détecté des substances nocives chez tous les enfants ayant participé à une étude.

Bisphénol A, phtalates, pesticides… Des traces de dizaines de perturbateurs endocriniens ont été retrouvés dans les cheveux d’enfants de 10 à 15 ans, selon une étude publiée jeudi par « 60 millions de consommateurs », qui appelle autorités et consommateurs à réagir.

« Aux très hautes autorités d’arrêter de jouer les poules mouillées et d’imposer des règles. (…) Et rappelons que la meilleure pression vient des consommateurs, capables de refuser d’acheter des produits non vertueux », interpelle la rédactrice en chef du magazine Sylvie Metzelard dans son éditorial, évoquant les risques de ces substances pour le développement et la fertilité.

« Tous contaminés »

L’association de consommateurs a fait analyser par un laboratoire indépendant une mèche de cheveux d’un panel de 43 enfants et adolescents de 10 à 15 ans, habitant « sur tout le territoire » français, tant en ville qu’en milieu rural, pour y rechercher 254 substances « répertoriées comme des perturbateurs endocriniens potentiels ou avérés ».

Les résultats, publiés dans son magazine en kiosques ce jeudi, montrent que des polluants ont été détectés dans les cheveux de tous les jeunes participants : 23 à 54 molécules ont été retrouvées selon les enfants (34 en moyenne). Des résultats qui « suggèrent fortement » que les petits Français sont « tous contaminés », s’alarme le magazine.

Perturbation du système hormonal

Les perturbateurs endocriniens (PE) sont des substances présentes dans de nombreux produits du quotidien (cosmétiques, jouets, peintures, contenants alimentaires…), qui perturbent le système hormonal et peuvent générer maladies et anomalies.

Parmi les sept grandes familles de polluants recherchées, des phtalates et des pesticides étaient présents dans tous les échantillons analysés, tandis que bisphénols, PCB (interdits depuis 1987), hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), métaux lourds et retardateurs de flamme bromés (PBDE) ont été retrouvés chez une partie des enfants.

Le débat sur les perturbateurs endoctriniens s’est invité dans la campagne présidentielle : le candidat socialiste Benoît Hamon, qui a fait de l’environnement un thème majeur de son projet, a promis de les interdir s’il est élu, mettant en avant le « principe de précaution ».

 
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Publié par le 20 avril 2017 dans général, Santé - nutrition, société

 

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Le souverainisme est-il une insulte ?

Comment le mot « souverainiste » a-t-il pu devenir une insulte ? se demande Michel Onfray dans Le Point. Comment la souveraineté des peuples a-t-il été diabolisée au point d’être synonyme de racisme, xénophobie, islamophobie ? Comment le pouvoir d’un peuple, par le peuple et pour le peuple est-il devenu une régression ? Comment l’exercice de la démocratie est-il considéré comme une erreur ?

Si aujourd’hui le souverainisme s’apprête à remporter cette élection, n’est-ce pas une victoire de la démocratie sur un système capitaliste fou qui échappe au pouvoir des peuples, ou bien le retour des « heures les plus sombres » de notre histoire ?

Et finalement, si le peuple Français refuse de fondre la Nation Française dans un ensemble territorial supra-national et rejette les traités qu’on lui propose, est-il normal de passer outre et de les mettre en oeuvre malgré lui ? La souveraineté du peuple doit-elle être ignorée quand il ne pense pas comme les élites ? sa voix, amoindrie ?

L’exercice de la démocratie n’est possible que si il y a un peuple qui détient la maîtrise de son destin, un peuple qui est donc souverain. La démocratie ne peut pas s’exprimer sans la souveraineté. Veut-on nous faire croire que, finalement, la démocratie, c’est une idée dépassée ? (« democracy is so overrated » – Frank Underwood, House of cards).

Petit rappel historique

Ce ne sont pas des Nations souveraines et démocratiques, mais des Empires hégémoniques qui ont provoqués les plus grandes guerres européennes modernes. Ce sont Louis-Napoléon Bonaparte, alias Napoléon III, Otto Eduard Leopold, alias Bismarck, et Adolphe Hitler, alias Führer, fondateurs respectifs de l’Empire Français, du IIème et du IIIème Reich Allemands qui mirent l’Europe à feu et à sang depuis 150 ans, et non des peuples Européens souverains; des guerres où les empires Français, Allemands, Austro-Hongrois, Russe et Ottoman se sont finalement brisés pour laisser la place aux Nations et aux peuples souverains et, par voie de conséquence, à 70 années de paix.

Que fait-on depuis bientôt 20 ans ? On s’efforce de sortir de cette Europe des Nations en paix, coopératives et démocratiques, pour construire un nouvel ensemble Européen sur la foi d’une élite dogmatique qui prétend savoir mieux que le peuple ce qui est bon pour lui et qui diabolise leur souhait de souverainisme. Que croyez-vous qu’il arrivera ? (source)

 
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Publié par le 19 avril 2017 dans général, Politique, société

 

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Comment l’Union Européenne a imposé les maïs OGM à la France

C’est une histoire édifiante qui illustre bien le fonctionnement de l’Union Européenne.

Tout commence à la commission européenne. Celle-ci, pour des raisons qu’on ignore mais derrière lesquelles de mauvaises langues ont vu un soupçon de lobbying, décide d’autoriser la commercialisation du maïs OGM (Organisme Génétiquement Modifié) Monsanto.

Pour cela, elle doit obtenir l’aval du conseil des ministres de l’agriculture des 28 pays membres. Elle réunit donc ce conseil et présente son projet. Rendons hommage à la France qui s’est bien battue pour rejeter cette proposition. S’en suivit un vote des ministres qui a dégagée une majorité de votes contre.

Oui mais, le vote de ce conseil se fait à la majorité qualifiée, c’est à dire que chaque état a un nombre de voix qui correspond à son poids démographique. Plus précisément, pour qu’une décision soit adoptée, elle doit l’être par 72% des états-membres représentant au moins 65% de la population, avec une minorité de blocage d’au moins quatre états représentant 35% de la population. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Et là il y a un hic : le non n’obtient pas la majorité qualifiée, ni le oui d’ailleurs. C’est comme si le conseil s’était abstenu : ni pour, ni contre.

Pendant ce temps, le parlement européen, qui a eu vent de l’affaire, décide de s’en saisir. Effectivement, la commission n’est obligée de saisir le parlement européen (codécision) que dans certains domaines comme la culture ou l’environnement, mais pas pour l’agriculture qui, comme chacun sait, n’a rien à voir avec l’environnement.

S’ensuit un débat puis un vote qui dégage une majorité de non. La commission en prend acte, mais rappelle que dans ce domaine, le vote du parlement n’est que consultatif.

A la même époque, des sondages sont réalisés dans la plupart des pays de l’union, qui montre clairement que la majorité des européens sont opposés aux OGM.

Résumons-nous :

  • une majorité de pays est contre mais ce n’est pas suffisant pour constituer une décision
  • une majorité de députés européens est contre mais leur avis n’est que consultatif
  • Les peuples européens sont en majorité contre mais qui les écoute ?

Dans un système démocratique, cela aurait dû suffire pour que la commission retire sa proposition. Mais que croyez-vous qu’il arriva ? La commission l’a maintenue en vertu des traités européens qui lui en donnent le droit. Cette proposition s’applique alors à tous les états sans discussions. Dans les institutions européennes on a une curieuse conception de la démocratie…

La France s’est donc vue dans l’obligation d’accepter d’importer du bon maïs Monsanto, tant pour l’alimentation animale qu’humaine, maïs que vous retrouverez dans votre assiette que cela vous plaise ou non, directement ou indirectement.

Pour l’instant la France fait de la résistance sur la culture de ce maïs sur son sol mais elle en paye le prix lourd. En effet, tout retard dans la transposition d’une directive européenne entraîne des pénalités financières très lourdes. Combien de temps pourra-t-elle tenir, et le prochain gouvernement en aura-t-il la volonté ?

Dans ses mémoires, Jacques Delors qualifiait l’UE de « despotisme éclairé ». C’est sûr, c’est plus acceptable qu’une dictature aveugle, on se demande juste : éclairée par qui ? Cette histoire montre bien que ce n’est pas par les peuples.

Et cela ne va pas s’arranger puisqu’avec l’adoption du traité de libre-échange avec le Canada, les Etats-Unis pourront, via l’accord de libre-échange qu’ils ont avec leur voisin du nord, venir tranquillement déverser leurs produits chez nous.

Bon appétit.

Post-scriptum : les institutions européennes sont nombreuses et complexes et il convient de bien distinguer l’Europe et l’Union Européenne :

  • l’Europe comprend des institutions inter-gouvernementales comme l’OSCE ou le Conseil de l’Europe (dont fait partie la Russie). C’est l’Europe qui nous a donné Airbus et Ariane, par exemple.
  • L’Union Européenne est une institution proto-fédérale composée entre autres du conseil, du parlement et de la commission. C’est l’Union Européenne qui nous a donné le maïs OGM, la loi Macron ou la loi El-Khomri.

Sortir de l’Union Européenne, contrairement à ce que vous pourrez entendre, ce n’est donc pas quitter l’Europe. Une précision bien utile en cette période électorale. (source)

 

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