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Archives de Catégorie: Sciences

La Chine teste des armes qui peuvent atteindre les Etats-Unis en 14 minutes

La Chine teste des armes qui peuvent atteindre les Etats-Unis en 14 minutes
Une soufflerie hypersonique secrète, surnommée «Hyper Dragon», est en train de révéler aux experts de nombreux faits que les Américains n’ont pas découverts », déclare un chercheur chinois dans un documentaire de propagande …

Vidéo

Stephen Chen, de South China Morning Post, rapporte que la Chine construit la soufflerie la plus rapide du monde pour simuler un vol hypersonique à des vitesses allant jusqu’à 12 kilomètres par seconde.

Un véhicule hypersonique volant à cette vitesse à partir de la Chine pourrait atteindre la côte ouest des États-Unis en moins de 14 minutes.

Zhao Wei, un scientifique de haut niveau travaillant sur le projet, a déclaré que les chercheurs avaient l’intention de faire fonctionner l’installation d’ici 2020 pour répondre à la demande pressante du programme de développement d’armes hypersoniques de la Chine.

« Cela stimulera l’application technique de la technologie hypersonique, principalement dans les secteurs militaires, en reproduisant l’environnement des vols hypersoniques extrêmes, afin que les problèmes puissent être découverts et résolus sur le terrain », a déclaré Zhao, directeur adjoint du State Key Laboratory of High Temperature Gas Dynamics à l’académie des sciences chinoise à Beijing.

Les essais au sol permettront de réduire considérablement le risque de défaillance lorsque les vols d’essai des avions hypersoniques commenceront.

La soufflerie la plus puissante au monde est actuellement l’usine américaine LENX-X à Buffalo, dans l’état de New York, qui fonctionne à des vitesses allant jusqu’à 10 kilomètres par seconde, soit 30 fois la vitesse du son.

Les avions hypersoniques sont définis comme des véhicules qui voyagent à des vitesses de Mach 5, cinq fois la vitesse du son, ou plus.

L’armée américaine a testé le HTV-2, un avion sans pilote à Mach 20 en 2011, mais le vol hypersonique n’a duré que quelques minutes avant que le véhicule ne s’écrase dans l’océan Pacifique.

En mars, la Chine a effectué sept vols d’essai réussis de son planeur hypersonique WU-14, également connu sous le nom de DF-ZF, à des vitesses comprises entre Mach 5 et Mach 10.

D’autres pays, dont la Russie, l’Inde et l’Australie, ont également testé certains prototypes de l’avion, qui pourraient être utilisés pour porter des missiles, y compris des armes nucléaires.

« La Chine et les Etats-Unis ont commencé une course hypersonique », déclare Wu Dafang, professeur à l’université de Beihang à Beijing, qui a reçu un prix national de la technologie pour l’invention d’un nouveau bouclier thermique utilisé sur les véhicules hypersoniques en 2013 .

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Wu a travaillé sur le développement de missiles de croisière hypersoniques, d’un véhicule spatial pour le proche espace, de drones à grande vitesse et diverses autres armes pour l’Armée populaire de Libération.

Il dit qu’il y avait un certain nombre de souffleries hypersoniques en Chine continentale qui avaient contribué à assurer le taux de réussite élevé de ses tests d’armes hypersoniques.

La nouvelle soufflerie sera «l’une des installations d’essai au sol les plus puissantes et les plus avancées au monde pour les véhicules hypersoniques», a déclaré Wu, qui n’était pas impliqué dans le projet.

« C’est vraiment une bonne nouvelle pour nous. J’attends son achèvement avec impatience « , a-t- il ajouté.

Dans le nouveau tunnel, il y aura une chambre d’essai avec de la place pour des modèles d’avions relativement grands avec une envergure de près de trois mètres.

Pour générer un flux d’air à des vitesses extrêmement élevées, les chercheurs feront exploser plusieurs tubes contenant un mélange d’oxygène, d’hydrogène et d’azote pour créer une série d’explosions capables de décharger un gigawatt d’électricité en une fraction de seconde, selon Zhao.

Cela représente plus de la moitié de la capacité totale de production d’électricité de la centrale nucléaire de Daya Bay à Guangdong.

Les ondes de choc, canalisées dans la chambre d’essai à travers un tunnel métallique, vont envelopper le véhicule prototype et augmenter la température sur son corps à 8 000 Kelvins, soit 7 727 degrés Celsius, a indiqué Zhao.

C’est presque 50% plus chaud que la surface du soleil.

Le véhicule hypersonique doit donc être recouvert de matériaux spéciaux avec des systèmes de refroidissement extrêmement efficaces à l’intérieur de la cellule pour dissiper la chaleur, sinon il pourrait facilement dévier de leur trajectoire ou se désintégrer lors d’un vol de longue distance.

Le nouveau tunnel serait également utilisé pour tester le scramjet, un nouveau type de réacteur conçu spécialement pour les vols hypersoniques. Les réacteurs traditionnels ne sont pas capables de gérer les débits d’air à de telles vitesses.

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Zhao a indiqué que la construction de la nouvelle installation serait dirigée par la même équipe qui a construit JF12, un tunnel d’hyper-vitesse produite par les chocs dus à des détonations à Pékin, capable de reproduire les conditions de vol à des vitesses allant de Mach 5 à Mach 9 à des altitudes comprises entre 20 et 50 kilomètres.

L’an dernier, Jiang Zonglin, développeur principal de la JF12, a remporté le prix annuel Ground Test Award décerné par l’Institut américain d’aéronautique et d’astronautique pour avoir fait progresser les «installations d’essais hypersoniques de pointe à grande échelle».

La conception JF12 de Jiang «n’utilise aucune pièce mobile et génère une durée de test plus longue et un flux d’énergie plus élevé que les tunnels plus traditionnels», selon l’institut américain.

Selon les rapports des médias officiels, le tunnel JF12 a fonctionné à pleine capacité avec un nouveau test tous les deux jours depuis son achèvement en 2012, le rythme du développement des armes hypersoniques ayant considérablement augmenté ces dernières années.

Dans un article publié dans le journal National Science Review le mois dernier, Jiang a déclaré que l’impact des vols hypersoniques sur la société pourrait être « révolutionnaire ».

« Avec des avions hypersoniques dans l’usage pratique, un vol de deux heures vers n’importe quel endroit du monde sera possible », tandis que le coût des voyages dans l’espace pourrait être réduit de 99% grâce à la technologie spatiale réutilisable, a écrit Jiang.

« Le vol hypersonique est, et dans un avenir prévisible, le moteur de la sécurité nationale, ainsi que du transport civil et de l’accès à l’espace », a-t- il ajouté.

La vitesse de sortie, ou la vitesse minimale nécessaire pour quitter la Terre, est de 11 kilomètres par seconde.

Zero Hedge

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Un analgésique non addictif plus puissant que la morphine créé par des scientifiques

Un analgésique non addictif plus puissant que la morphine créé par les scientifiques russes

PYATIGORSK, Russie – Le chef de département de l’Université médicale d’Etat de Volgograd et membre de la RAS, Alexander Spasov, a déclaré à TASS vendredi à Piatigorsk que des tests cliniques ont débuté sur un nouvel analgésique non addictif mais surpassant la morphine.

« Avec nos collègues de l’Université fédérale du Sud, nous avons créé un médicament qui n’a toujours pas de nom spécifique mais qui s’appelle pour l’instant RU-1205″, a annoncé Spasov lors de la 3ème conférence internationale sur la pharmacologie expérimentale et clinique.

« Sur la base de son effet, il surpasse les antidouleurs bien connus tels que la morphine et le promédol et ne provoque pas d’effets addictifs secondaires « , a-t-il expliqué.

« Aujourd’hui, une série complète d’études précliniques est terminée, et nous sommes en train de négocier avec deux usines qui sont supposées financer la recherche clinique et lancer la production industrielle. » Actuellement, il n’y a pas de médicament similaire dans le monde  » a-t-il annoncé.

« Un médicament antalgique, qui surpasse la morphine et ne provoque pas de pharmacodépendance, ni psychologique ni physique, est une percée majeure. Ce médicament peut déclencher une petite révolution en pharmacologie. Il va sauver les patients de la dépendance consécutive à l’usage d’antalgiques, il élimine la possibilité d’une dépendance à la drogue, qui se produit lors de l’utilisation de produits à base de morphine à long terme « , a souligné Spasov. (source)

 
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Publié par le 19 novembre 2017 dans général, International, Santé - nutrition, Sciences

 

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L’avertissement de 15 000 scientifiques à l’humanité sur l’état de la planète

L’avertissement de 15 000 scientifiques à l’humanité sur l’état de la planète – version française intégrale
Pour la deuxième fois après 25 ans, la communauté scientifique mondiale lance un avertissement, qui est aussi un véritable cri d’alarme à l’ensemble de l’humanité : nous exploitons collectivement la planète d’une manière qu’elle ne peut supporter, le rythme des dégradations que nous infligeons à la biosphère s’est accéléré depuis le premier appel en 1992, et en refusant et reportant par confort matériel ou intellectuel les transformations indispensables, nous sommes en train de scier la branche sur laquelle nous sommes assis, nous condamnant ainsi que nos descendants à de grandes souffrances.

Voici en version libre de tout droit et reproductible sans restriction la traduction intégrale de l’appel en français.

Il y a vingt-cinq ans, l’Union of Concerned Scientists et plus de 1500 scientifiques indépendants, y compris la majorité des lauréats du prix Nobel dans les sciences, ont écrit l’Avertissement des scientifiques du monde à l’humanité de 1992. Ces professionnels inquiets ont appelé l’humanité à réduire la destruction de l’environnement et ont plaidé qu’« un changement radical dans notre gestion de la Terre et de la vie terrestre s’avère nécessaire pour éviter des souffrances humaines à grande échelle ». Dans leur manifeste, ils ont montré que les êtres humains étaient sur une trajectoire de collision avec le monde naturel. Ils se sont dits préoccupés par les dommages existants, imminents ou potentiels sur la planète Terre, avec pour conséquence la réduction de l’ozone et de l’eau douce disponible, l’effondrements des pêches, l’extension des zones mortes de l’océan, la perte de forêts, la destruction de la biodiversité, le changement climatique et la croissance indéfinie de la population humaine. Ils ont proclamé que des changements fondamentaux étaient nécessaires de toute urgence pour éviter les conséquences de notre trajectoire actuelle.Les auteurs de la déclaration de 1992 craignaient que l’humanité ne pousse les écosystèmes terrestres au-delà de leurs capacités à soutenir le tissu de la vie. Ils ont décrit notre approche rapide de plusieurs des limites de ce que la planète peut tolérer sans dommage substantiel et irréversible. Les scientifiques ont plaidé pour la stabilisation de la population humaine, en décrivant comment notre nombre important – augmenté de 2 milliards de personnes supplémentaires depuis 1992, une augmentation de 35% – exerce des pressions sur la Terre qui peuvent annuler les efforts pour construire un avenir durable (1). Ils ont imploré de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), d’éliminer les combustibles fossiles, de réduire la déforestation et d’inverser la tendance à l’effondrement de la biodiversité.

À l’occasion du 25ème anniversaire de leur appel, nous lançons un regard rétrospectif sur cet avertissement afin d’évaluer la réponse que l’humanité y a apportée, tout en explorant les données disponibles en séries chronologiques. Depuis 1992, à l’exception de la stabilisation de la couche d’ozone stratosphérique, l’humanité n’a pas réussi à faire des progrès suffisants dans la résolution générale de ces défis environnementaux qui avaient été prévus et, de façon alarmante, la plupart d’entre eux ont largement empiré (voir les figures plus bas). Particulièrement inquiétante, la trajectoire actuelle du changement climatique est potentiellement catastrophique en raison de la hausse des GES poussée par la combustion des combustibles fossiles (2), par la déforestation (3) et par la production agricole – en particulier les ruminants pour la consommation de viande (4). En outre, nous avons déclenché un événement d’extinction de masse, le sixième en environ 540 millions d’années, si bien que de nombreuses formes de vie actuelles pourraient être anéanties ou au moins placées sur la voie de l’extinction d’ici la fin de ce siècle.

L’humanité reçoit maintenant un deuxième avis, comme le montrent ces tendances alarmantes. Nous mettons en péril notre avenir en ne contrôlant pas notre consommation matérielle intense, quoique géographiquement et démographiquement inégale, et en ne prenant pas conscience de la croissance rapide et continue de la population en tant que principal moteur de nombreuses menaces écologiques et même sociales (1). Faute de limiter comme il le faudrait la croissance de la population, réévaluer le rôle d’une économie basée sur la croissance, réduire les gaz à effet de serre, inciter à l’utilisation des énergies renouvelables, protéger les habitats naturels, restaurer les écosystèmes, mettre fin à la défaunation et restreindre les espèces exotiques envahissantes, l’humanité ne prend pas les mesures urgentes nécessaires pour sauvegarder notre biosphère en péril.

Étant donné que la plupart des dirigeants politiques répondent à la pression, les scientifiques, les prescripteurs médiatiques et les citoyens en général doivent exiger que leurs gouvernements prennent des mesures immédiates, car c’est un impératif moral pour les générations actuelles et à venir de l’humanité et des autres espèces. Avec une vague d’efforts populaires organisés depuis la base, les oppositions les plus obstinées peuvent être surmontées et les dirigeants politiques forcés de faire ce qu’il faut. Il est également grand temps de réexaminer et de modifier nos comportements individuels, y compris en limitant notre propre reproduction (de préférence, tout au plus au niveau du remplacement) et en diminuant drastiquement notre consommation par habitant de combustibles fossiles, de viande et d’autres ressources.

Le déclin mondial rapide des substances détruisant la couche d’ozone montre que nous pouvons faire des changements positifs lorsque nous agissons résolument. Nous avons également fait des progrès dans la réduction de la pauvreté extrême et de la faim (5). Parmi d’autres progrès remarquables (pas encore visibles dans les données globales des figures) : la baisse rapide des taux de fécondité dans de nombreuses régions, conséquence des investissements dans l’éducation des filles et des femmes (6), le déclin prometteur du taux de déforestation dans certaines régions et la croissance rapide du secteur des énergies renouvelables. Nous avons beaucoup appris depuis 1992, mais le progrès des transformations urgentes dans la politique environnementale, le comportement individuel et les inégalités mondiales est encore loin d’être suffisant.

Les transitions vers le développement durable peuvent se dérouler de manières diverses, mais toutes exigent une pression de la société civile et un plaidoyer fondé sur des preuves, un leadership politique et une compréhension solide des instruments politiques, des marchés et d’autres facteurs. Parmi les exemples des diverses mesures efficaces que l’humanité peut prendre pour passer au développement durable, il faut citer (pas par ordre d’importance ni d’urgence) :

  • prioriser la mise en place de réserves connectées, bien financées et bien gérées, pour une proportion significative des habitats naturels terrestres, marins, d’eau douce et aériens dans le monde
  • préserver les services écosystémiques de la nature en arrêtant l’artificialisation des forêts, des prairies et d’autres habitats naturels
  • restaurer les communautés de plantes à grande échelle, en particulier les paysages forestiers
  • réimplanter les espèces natives dans leurs habitats, en particulier les super-prédateurs, pour rétablir les processus et dynamiques écologiques
  • élaborer et adopter des instruments politiques adéquats pour remédier à la défaunation, au braconnage et à l’exploitation et au trafic d’espèces menacées
  • réduire le gaspillage alimentaire grâce à l’éducation et à une meilleure infrastructure
  • promouvoir des changements alimentaires, en particulier vers des aliments à base de plantes
  • réduire davantage les taux de fécondité en veillant à ce que les femmes et les hommes aient accès à l’éducation et aux services volontaires de planification familiale, en particulier là où ces ressources manquent encore
  • renforcer l’éducation en plein air pour les enfants ainsi que l’engagement global de la société à apprécier la nature comme elle le mérite
  • réorienter les investissements financiers et diminuer la consommation pour encourager des changements environnementaux positifs
  • concevoir et promouvoir de nouvelles technologies vertes et adopter massivement les sources d’énergie renouvelables, tout en supprimant progressivement les subventions à la production d’énergie issues des combustibles fossiles
  • réviser notre économie pour réduire les inégalités de richesse et veiller à ce que les prix, la fiscalité et les systèmes incitatifs tiennent compte des véritables coûts que les modes de consommation imposent à notre environnement et
  • estimer de manière scientifique une taille de population humaine durable à long terme tout en forgeant un consensus entre les nations et les dirigeants pour travailler à cet objectif vital

Pour éviter des souffrances généralisées et une perte catastrophique de biodiversité, l’humanité doit adopter des pratiques alternatives plus durables sur le plan environnemental que les arrangements et les routines actuelles. Cette recommandation a été bien formulée par les plus grands scientifiques du monde il y a 25 ans, mais, à bien des égards, nous n’avons pas tenu compte de leur avertissement. Bientôt, il sera trop tard pour dévier de notre trajectoire vers l’échec, et le temps est compté. Nous devons accepter, par notre vie quotidienne et par nos institutions gouvernementales, que la Terre avec toute la vie qu’elle contient est notre seul foyer.

***

Figures et Explications

Voici comment ont évolué les questions environnementales identifiées dans l’avertissement de 1992.

Les années avant et après ce premier appel sont en gris et en noir respectivement. Depuis 1992, les changements sont respectivement : (a) –68.1%; (b) –26.1%; (c) –6.4%; (d) +75.3%; (e) –2.8%; (f) –28.9%; (g) +62.1%; (h) +167.6%; et (i) êtres humains +35.5%, ruminants +20.5%

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a – Pendant les années 1970, des produits chimiques d’origine humaine appelés destructeurs d’ozone, principalement les chlorofluorocarbones, réduisaient rapidement la couche d’ozone atmosphérique. En 1987, les gouvernements du monde se rassemblèrent et établirent le Protocole de Montréal des Nations Unies, tentative de s’attaquer au problème à l’échelle mondiale. Le respect de ce protocole a fait que les émissions de gaz halogènes (destructeurs d’ozone et sources naturelles estimées à 0,11 Mt d’équivalent-CFC par an) ont atteint un pic à la fin des années 1980 et ont depuis nettement baissé. La couche d’ozone ne se réduit plus, et elle devrait s’être en grande partie réparée d’ici le milieu de ce siècle

Source : Hegglin, M. I., D. W. Fahey, M. McFarland, S. A. Montzka, and E. R. Nash. 2015. Twenty questions and answers about the ozone layer: 2014 Update: Scientific assessment of ozone depletion: 2014. World Meteorological Organization, Geneva, Switzerland

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b – Les ressources en eau potable par personne sont moins de la moitié de ce qu’elles étaient au début des années 1960, beaucoup de personnes souffrent d’un manque en eau potable. La cause en est avant tout la croissance rapide de la population. Il est probable que le changement climatique ait un impact écrasant sur les ressources en eau, par altération du cycle hydrologique. Les futures pénuries seront néfastes, touchant à la fois l’eau de consommation, la santé, l’hygiène et la production de céréales pour la nourriture.

Source : AQUASTAT. 2017. AQUASTAT – FAO’s Information System on Water and Agriculture.

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c – En 1992, le total des prises était égal ou supérieur au rythme maximum soutenable et les pêcheries étaient au bord de la rupture. La reconstruction des séries chronologiques montre que les prises ont culminé à 130 millions de tonnes en 1996 et décru continûment depuis. Ce déclin s’est imposé malgré les efforts redoublés de pêche et malgré l’extension des zones de pêche des pays développés aux eaux des pays en développement.

Source : Pauly, D., and D. Zeller. 2016. Catch reconstructions reveal that global marine fisheries catches are higher than reported and declining. Updated. Nature Communications 7:10244

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d – Les zones mortes côtières sont causées principalement par l’écoulement des fertilisants et l’utilisation de carburants fossiles, qui éradiquent de grandes bandes de vie marine. Les zones mortes, aux eaux hypoxiques pauvres en oxygène sont un facteur de stress important sur les milieux naturels marins. Beaucoup plus ont été repérées que dans les années 1960, plus de 600 en 2010.

Source : Diaz, R. J., and R. Rosenberg. 2008. Spreading Dead Zones and Consequences for Marine Ecosystems. Updated. Science 321:926–929

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e – Les forêts sont primordiales pour séquestrer du carbone et préserver la biodiversité et les ressources en eau potable. Entre 1990 et 2015, la surface totale des forêts a décru de 4 128 à 3 999 millions d’hectares, une perte de 129 millions d’hectares soit nettement plus que deux fois la France métropolitaine. C’est dans les pays tropicaux en développement que les pertes ont été les pires, beaucoup de forêts étant maintenant converties en terres agricoles

Source : Food and Agriculture Organization of the United Nations. 2015. Global forest resources assessment 2015

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f – La biodiversité s’épuise à un rythme alarmant et les populations de vertébrés sont en cours d’effondrement rapide (voir World Wildlife Fund 2016). Prises dans leur ensemble, les populations de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons ont décru de 58% entre 1970 et 2012. Nous affichons ici un index Planète Vivante tenant compte de la diversité et ajusté pour compenser les biais taxonomique et géographique. Les populations en eau douce, en mer et sur terre ont décru respectivement de 81%; 36% et 35%.

Source : World Wildlife Fund. 2016. Living planet report 2016: risk and resilience in a new era. McRae, L., Deinet, S. and Freeman, R., 2017. The Diversity-Weighted Living Planet Index: Controlling for Taxonomic Bias in a Global Biodiversity Indicator. PloS one, 12(1), p.e0169156

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g – Les émissions mondiales de CO2 résultant de l’utilisation d’énergies fossiles ont considérablement augmenté depuis 1960

Source : Boden, T. A., G. Marland, and R. J. Andres. 2017. Global, regional, and national fossil-fuel CO2 emissions, Carbon Dioxide Information Analysis Center, Oak Ridge National Laboratory. US Department of Energy, Oak Ridge, Tenn., USA 2009. doi 10.3334/CDIAC 1

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h – Il s’agit ici de moyennes glissantes sur cinq ans. Par rapport à la moyenne 1951-1980, les températures moyennes en surface moyennées à l’échelle mondiale ont considérablement augmenté, en parallèle aux émissions de CO2. Les 10 années les plus chaudes parmi les 136 pour lesquelles on dispose de données directes sont toutes postérieures à 1988. L’année la plus récente, 2016, est la plus chaude des 136. L’augmentation des températures causera probablement un déclin de la production mondiale des principales céréales, une augmentation de l’intensité des grandes tempêtes, et une augmentation importante du niveau des océans, inondant des métropoles importantes

Source : NASA’s Goddard Institute for Space Studies (GISS). 2017. Global Temperature

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i – Depuis 1992, la population mondiale a augmenté d’environ 2 milliards d’individus, soit 35%. La population ne devrait pas cesser d’augmenter en ce siècle, et il est estimé très probable qu’elle passe de 7,5 à entre 9,6 et 12,3 milliards d’ici 2100. Tout comme la population humaine, celle des cheptels de ruminants a augmenté ces dernières décennies à environ 4 milliards d’individus, avec leurs propres impacts majeurs sur environnement et climat.

Source : FAOSTAT. 2017. FAOSTAT Database on Agriculture

Publication originelle en anglais – William J. Ripple, Christopher Wolf, Thomas M. Newsome, Mauro Galetti, Mohammed Alamgir, Eileen Crist, Mahmoud I. Mahmoud, William F. Laurance – Texte signé par 15 364 scientifiques issus de 184 pays

Traduction officielle du texte – Luiz Marques (fichier ZIP contenant les versions anglaise, espagnole et portugaise en plus de la française ainsi que la liste complète des signataires)

Adaptation, traduction des figures et des notes explicatives – Alexis Toulet

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Références

1 – Crist E, Mora C, Engelman R. 2017. The interaction of human population, food production, and biodiversity protection. Science 356: 260–264

2 – Hansen J, et al. 2013. Assessing “dangerous climate change”: Required reduction of carbon emissions to protect young people, future generations and nature. PLOS ONE 8: e81648

3 – Keenan, RJ, Reams GA, Achard F, de Freitas JV, Grainger A, Lindquist E. 2015. Dynamics of global forest area: results from the FAO Global Forest Resources Assessment 2015. Forest Ecology and Management, 352: 9–20

4 – Ripple WJ, Smith P, Haberl H, Montzka SA, McAlpine C, Boucher DH. 2014. Ruminants, climate change and climate policy. Nature Climate Change 4: 2–5. doi:10.1038/nclimate2081

5 – Voir les études sur la faim de la Banque Mondiale

6 – Voir les données des Nations Unies sur la population

source 

 
 

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Des chercheurs russes prédisent un nouvel âge glaciaire sur Terre

Des chercheurs russes prédisent un nouvel âge glaciaire sur Terre
Toutes les taches solaires ont disparu du côté du Soleil situé​ face à la Terre, ont rapporté des scientifiques de l’Institut de physique Lebedev de Moscou, basant leurs conclusions sur des photos prises il y a deux semaines. Les conséquences pourraient être importantes pour toute la planète. Est-ce qu’un nouvel âge glaciaire nous attend ?

Quelque chose ne tourne pas rond avec le Soleil. En septembre, la NASA a annoncé la plus grande éruption solaire en 12 ans, ce qui était inattendu quand on a à l’esprit que le Soleil se dirige vers une période connue sous le nom de minimum solaire, lorsque l’activité de surface devient muette.

En 2016, utilisant les observations d’autres étoiles similaires au Soleil faites par le télescope spatial Kepler de la NASA, des scientifiques des États-Unis ont annoncé que le Soleil entrait dans une phase spéciale de son évolution magnétique. Ces résultats ont fourni la première vraie confirmation du fait que les cycles des taches solaires datant de 11 ans risquaient de disparaître complètement. Cela signifie que le Soleil aura moins de taches solaires que pendant la première moitié de sa durée de vie estimée à 10 milliards d’années en tant qu’étoile brûlante composée d’hydrogène.

Les scientifiques pensaient à l’origine que cela se produirait lentement, mais selon des chercheurs de l’Institut de physique Lebedev, le processus est déjà en cours – les taches solaires complexes et les éruptions solaires associées ont complètement disparu sur le Soleil.

« Sur la base de l’image que nous voyons maintenant, le Soleil se dirige inévitablement vers un autre creux, qui sera atteint à la fin de 2018 – ou durant la première moitié de 2019 », ont déclaré les scientifiques dans un communiqué.

Ce n’est cependant que la première étape du processus. Selon les chercheurs de Moscou, les régions de plasma chaud vont également disparaître, puis le rayonnement solaire tombera également à zéro.

« Enfin, au minimum, l’énergie magnétique solaire disparaîtra presque complètement, affirment les chercheurs. Sous cette forme, notre étoile peut exister de plusieurs mois à un an, après quoi de nouveaux flux de champ magnétique commenceront à émerger des profondeurs du Soleil, les premières taches apparaîtront, et le cycle solaire entamera un nouveau cycle de révolution de 11 ans ».

Actuellement, des taches isolées et même des flashs de faible intensité peuvent encore apparaître sur le Soleil pendant une courte période, mais ce n’est que le dernier épisode d’une activité qui s’estompe. Selon les chercheurs, les taches solaires disparaîtront complètement dans les 2 à 3 prochains mois.

Les conséquences pour la Terre pourraient être plus de vagues de froid, du gel et de fortes chutes de neige. Le dernier Petit Âge glaciaire, observé aux XVIIe et XVIIIe siècles, a coïncidé avec ce qui a été qualifié de « dysfonctionnement du cycle solaire », durant lequel, pendant 50 ans, il n’y avait presque pas de taches solaires sur le Soleil.

Le Petit Âge glaciaire a apporté des hivers plus froids en Europe et en Amérique du Nord. Au milieu du XVIIe siècle, des fermes et des villages des Alpes suisses ont été détruits par l’arrivée de glaciers. Les canaux et les rivières en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas gelaient régulièrement et les premiers colons d’Amérique du Nord ont signalé des hivers exceptionnellement rudes.

 
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Publié par le 19 novembre 2017 dans Climat - Environnement, général, International, Sciences

 

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Supercalculateurs : la Chine devient la première puissance informatique du monde

La Chine est devenue le pays qui a la plus importante puissance de calcul avec le parc le plus important de supercalculateurs !

“Selon Top 500, qui liste tous les trois mois les supercalculateurs les plus puissants du monde, la Chine est devenu le numéro 1 mondial en puissance de calcul cumulée.”

Si cela fait deux ans que l’empire du Milieu peut se targuer d’avoir l’ordinateur le plus puissant du monde, c’est la première fois que la Chine passe devant les États-Unis dans la puissance de calcul disponible, et en plus elle détient plus de supercalculateurs que les États-Unis avec 202 pour Pékin contre 143 seulement pour les USA.

Plus surprenant, la progression de la Chine est fulgurante car il y a 6 mois, les Américains détenaient 169 supercalculateurs contre 160 pour les Chinois. En quelques mois, le rapport de force s’est totalement inversé.

Cela veut dire que la montée en gamme de la Chine vient de connaître un nouveau tournant, et s’imaginer que les Allemands n’ont rien à craindre de l’industrie chinoise est une chimère, d’ailleurs c’est assez symptomatique de voir le télescopage de ces deux informations.

Siemens licencie massivement au moment où la Chine devient le leader de la puissance de calcul.

Charles SANNAT.

Source Challenges ici

 
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Publié par le 17 novembre 2017 dans général, International, Sciences

 

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Depuis 7 000 ans, le climat ne cesse de se refroidir

Depuis 7 000 ans, le climat ne cesse de se refroidir

Le réchauffement actuel n’est qu’un sous-cycle dans la tendance générale à long terme de l’holocène. Il est peu significatif quand on le compare aux dix derniers millénaires. Et il est bienvenu. Car nous sortons d’une des périodes les plus froides depuis la dernière glaciation.Politisation

Comment le sait-on ? Par la reconstruction du climat du passé au moyen, entre autres, des carottes de glace du Groenland du forage GISP2. L’image 1 (cliquer pour agrandir) montre cette reconstruction ; la courbe verte est la tendance lissée de manière très globale sur cette post-glaciaire appelée l’holocène.

L’image 2 présente un lissage plus nuancé, selon les périodes. On voit la même tendance globale vers un refroidissement. Toutes les reconstructions du climat de l’holocène indiquent la même tendance.

On constate des variations abruptes sur à peine quelques siècles. Peut-être en vivons-nous une actuellement. Trois repères historiques marquent les périodes chaudes : la civilisation minoenne, l’époque romaine et l’optimum climatique médiéval.

La plupart des graphiques utilisés pour démontrer le réchauffement actuel le présentent comme unique et extrême. Ils prennent comme date de départ le XIXe siècle, éventuellement le XVe, ou l’an 1000. Souvent même on ne montre qu’un siècle d’évolution des températures. Cela produit un effet grossissant. C’est ce qu’on nomme l’effet loupe : on ne regarde qu’une section courte et on la prend pour représentative de l’histoire du climat.

Cet effet loupe fait émerger (ou justifie) l’alarmisme, qui lui-même sert la politisation du sujet. Une fois le sujet politisé, il est très difficile de revenir à un débat ouvert. Les enjeux biaisent l’analyse.

 

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Al Gore

Aujourd’hui il faudrait vouloir « sauver la planète » pour être bien vu de ses pairs. Quelle prétention exorbitante et peu raisonnable ! Et si l’on garde l’esprit critique envers les théories et prédictions scientifiques, on se fait au mieux traiter de négationniste. Peu importe.

Bien sûr des faits sont là : le retrait des glaciers, la fonte de la banquise, la montée de certaines espèces vers le nord en Europe. Malheureusement les tenants du réchauffement anthropique comme Jean Jouzel ou Al Gore ont des intérêts économiques personnels dans cet alarmisme. Ils ont fermé le débat.

À ce sujet la présentation récente du deuxième film d’Al Gore (vidéo en fin de billet) est à mon avis malhonnête. Les extraits sont destinés à caricaturer la situation. L’évocation de l’ouragan Sandy ne démontre rien d’autre qu’un ouragan puissant passant près de New York. Exceptionnel par sa rareté mais pas significatif d’une évolution globale. Pas plus que les ouragans Harvey ou Irma, que j’ai traités et documentés ailleurs.

Le texte, le ton, la dramatisation musicale, sont des méthodes de propagande que les nazis n’auraient pas renié (je pèse ma comparaison). En réalité ce nouveau film, qui n’a pas amené les foules au cinéma, est d’évidence à classer dans les films politiques à usage interne des États-Unis dans la guerre des démocrates contre Donald Trump.

Pour moi comme pour beaucoup d’autres le débat sur le réchauffement n’est pas clos. Benoît Rittaud, mathématicien et scientifique de pointe, l’un des premiers à dénoncer la supercherie de la montée en crosse de hockey des températures établie par Michael Mann et reprise (puis abandonnée) par le GIEC, n’y souscrit pas.

 

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Banquise 2017

Dans son livre Le mythe climatique Benoît Rittaud rappelle que « La courbe en crosse de hockey due à Michael Mann ne résiste pas à l’examen. C’est elle pourtant qui avait donné une justification à l’alarmisme climatique puisqu’elle dessinait un réchauffement brutal de la planète tout au long du XXe siècle et minimisait l’optimum médiéval et le petit âge glaciaire. »

D’autre part la contribution anthropique au réchauffement actuel (d’ailleurs stable depuis bientôt vingt ans sauf suite au dernier El Niño), l’effet de cycle, la date de référence du début du réchauffement, les aspects positifs jamais abordés, les risques éventuels d’une action volontariste pour modifier le climat, font partie des points qui sont toujours ouverts.

Bien. Les températures augmentent. En particulier les températures automnales et hivernales, qui font monter les moyennes annuelles. En Suisse, en plaine, les automnes sont plus chauds qu’il y a trente ans. Est-ce dû en partie à la diminution constatée des jours de brouillard (image 3 Météosuisse), brouillard qui gardait le froid au sol quand les sommets environnants étaient plus chauds ? Et quelle part prend la diminution constatée du stratus hivernal dans la douceur relative des hivers ?

Cela n’explique cependant pas le recul actuel des glaciers ni la diminution de la banquise arctique. Elle a atteint, l’hiver dernier, sa plus basse extension hivernale. Un effet probable du très fort El Niño de 2016, qui a donné un coup de chaud à toute la planète et qui cette fois n’a pas été suivi par une Niña refroidissante.

 

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Adaptation

Autre diminution historique de sa surface en 2012 : un ouragan polaire exceptionnel, comme il en arrive épisodiquement, avait été déterminant dans la fonte exceptionnelle de l’été. En 2017 on constate toutefois que la banquise s’est en partie reconstituée au printemps. Actuellement et depuis l’été elle est dans la zone moyenne de baisse (image 4, trait rouge).

On observe aussi des cycles dans le réchauffement. Ils semblent en partie superposés à l’ONA (NAO en anglais), ou Oscillation Nord-Atlantique (images 5 et 6, XXe siècle). Cette ONA est considérée comme le pendant atlantique de El Niño, en moins ample dans ses effets. Elle conditionne le type d’hivers (froids ou doux, secs ou humides) en Europe et en partie en Amérique du nord. Pour les cycles depuis le petit âge glaciaire, voir cette page internet.

Ces jours la COP 23 se déroule à Berlin. On doit y préciser le concret des accords de Paris de 2015 (COP 21). De l’avis de plusieurs analystes ces engagements de 2015 ne pourront pas être tenus. La décision de Trump de retirer les USA de l’accord n’y est pour rien. Aujourd’hui les esprits raisonnables misent non plus sur la réduction des températures de 1,5° ou 2°, mais sur l’adaptation au réchauffement. Ce que je répète depuis des années. De Science & Avenir :

« Même si les pertes et dommages représentent un sujet central cette année, l’adaptation sera sur la table et dans l’esprit de tous les pays alors que depuis 1992 il était le parent pauvre des débats. La limitation du réchauffement à 2°c sera un objectif extraordinairement difficile à atteindre. On doit donc chercher un objectif d’adaptation commun. »

 

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Oasis

La limitation du CO2 reste cependant en ligne de mire même si la production humaine de ce gaz ne représente qu’une infime partie de la totalité des émission. D’ailleurs, saviez-vous que la respiration des sept milliards d’humains, qui exhalent du CO2 à chaque expir, compte pour 8,5% des émissions humaines totales ? C’est loin d’être négligeable. Et d’ailleurs le CO2 est indispensable à la vie sur Terre. C’est un ami bien plus qu’un polluant (voir aussi ce document de l’Uni Lausanne).

France-Info a cependant continué dans l’alarmisme, l’information univoque et la sur-dramatisation. Quelques rapides commentaires sur cet article « hollywoodien » (catastrophiste).

 

1. Baisser les émissions de CO2.

Oui, c’est bien pour l’air des villes entre autres, mais l’adaptation est aujourd’hui un objectif majeur. La reforestation par exemple contribuera en bonne partie à absorber le gaz, de même que le plancton dont la quantité augmente avec le réchauffement des océans (rétroaction négative). Mais baisser le CO2 ne suffira pas. Et puis, ne jouons pas trop aux démiurges qui pensent pouvoir changer la grosse et complexe machine climatique sans risques pour les générations futures.

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3. Canicules extrêmes devenues réalité.

Cela reste limité. Les archives météos montrent d’ailleurs que ce n’est pas nouveau : d’incroyables canicules ont eu lieu dans le passé. Il faudra s’y adapter, quelque soit la cause prévalente du réchauffement. Chercheurs et innovateurs n’ont pas attendu pour s’y atteler, entre autres dans l’architecture, l’aménagement urbain et l’agriculture (nouvelles espèces végétales adaptées, nouveaux modes de production inspirés de la culture maraîchère dans les oasis).

 

Alarmisme

4. Réchauffement de l’Antarctique.

Depuis des années la masse de glace antarctique augmente. Ce qui explique peut-être en partie le vêlage récent d’une grande masse de glace.

5. La montée des eaux s’accélère.

Lentement, très lentement, semble-t-il. Le réchauffement réel depuis 20 ans se situe dans la fourchette la plus basse des modélisations du GIEC. New York ne devrait pas être submergée en 2100. Au besoin on construira des digues géantes, comme l’ont fait les Pays-Bas depuis longtemps, ou on déplacera les villes. Là encore, adaptation.

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6. Les coraux du monde entier meurent.

Faux. On constate des adaptations de certaines familles de coraux depuis plusieurs années, par exemple en Nouvelle-Calédonie et en Mer Rouge.

7. Catastrophes de plus en plus destructrices.

Ce n’est pas démontré. Les ouragans de cet été ne prouvent rien, comme je l’ai documenté dans plusieurs billets. Quant aux famines, elles ont toujours existé. Les moyens et méthodes de production modernes, ainsi que la solidarité internationale, peuvent d’ailleurs améliorer ce point.

 

Beaucoup reste donc en discussion, dont en particulier : l’alarmisme lui-même. Agir dans l’urgence comporte des dangers. Il est donc urgent de réfléchir davantage et de débattre encore.

Puissent les délégués de la COP 23 faire ce même constat, ou avoir cette même intuition.

 

 

 
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Publié par le 14 novembre 2017 dans Climat - Environnement, général, Sciences

 

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L’humain réparé, rêve d’immortalité ?

L’humain réparé, rêve d’immortalité ?
L’auteur de cet article sera présent au Forum du CNRS 2017 dont The Conversation France est partenaire. Il interviendra le dimanche 26 novembre de 16h30 à 18h à la Cité internationale universitaire de Paris.

Entre l’espoir d’immortalité et la fatalité de la mortalité, l’humain a de tout temps cherché à contrer le vieillissement et la défectuosité de parties fonctionnelles de son corps.

Ainsi, le mythe de Prométhée montre que les Grecs anciens connaissaient déjà la potentialité de certaines parties du corps à se réparer tout seul. Ce Dieu, attaché sur un rocher pour avoir donné le feu aux hommes, voyait chaque jour son foie dévoré en partie par un aigle. Lequel foie se régénérait le jour suivant pour que la litanie de la punition s’accomplisse. Si les anciens avaient choisi le foie plutôt que d’autres organes pour illustrer le mythe, c’est parce qu’ils savaient le foie capable de se régénérer en grande partie.

Plus récemment, la symbolique des sorcières a souvent été associée à la salamandre, capable de régénérer ses membres. L’humain et les vertébrés supérieurs n’ont pas la même capacité que la salamandre, le poisson-zèbre ou l’axolotl et encore moins celle de régénération totale des végétaux. Mais les études récentes démontrent que cette capacité pourrait exister, ou à minima, être localement stimulée.

 L’axolotl est un amphibien capable de régénérer ses membres. Scazon/Flickr, CC BY

L’axolotl est un amphibien capable de régénérer ses membres. Scazon/Flickr, CC BY

Les cellules souches : la clé de la régénération ?

La capacité de régénération est principalement portée par des cellules du corps qui vont se reprogrammer pour remplacer le tissu ou l’organe lésé. Certaines de ces cellules dites « souches » sont générées par la moelle osseuse et peuvent circuler dans le corps. D’autres cellules souches sont générées par les tissus eux-mêmes, comme ces cellules souches des bulbes cutanés dont la mission est de permettre la croissance des cheveux et des poils tout au long de la vie.

Quelle que soit leur origine, ces cellules ont la potentialité de se transformer pour réparer et faire croître toute sorte de tissus. Cette potentialité de devenir différente, qu’on appelle la différenciation cellulaire, suscite de nombreux espoirs, notamment depuis qu’on les a aussi identifiées dans le système nerveux central (le cerveau) et périphérique (la moelle osseuse et les nerfs).

 Cellules souches embryonnaires de souris en culture. Wikipedia, CC BY

Cellules souches embryonnaires de souris en culture. Wikipedia, CC BY

Si le phénomène de régénération est peu évident chez l’humain, il existe un mécanisme que tout le monde connaît. Il s’agit de la cicatrisation. Tout est dans le mot, c’est une réparation qui laisse une cicatrice. La régénération n’est donc que partielle et ne permet pas une reproduction à l’identique. Il n’est qu’à voir la peau régénérée des grands brûlés dont l’aspect cartonné n’est qu’une pâle reproduction de la belle élasticité du tissu cutané d’origine. Il faut donc comprendre le pourquoi de cette insuffisance, même s’il est bien compris que la cicatrisation est essentielle, voire vitale.

Les acteurs de la réparation des corps

Les acteurs œuvrant à la régénération du corps sont au croisement de nombreux mécanismes intrinsèques du vivant, ce qui inclut en première ligne les biologistes et le corps médical, évidemment, mais aussi les physiciens et les mathématiciens ingénieurs ou théoriciens, les chimistes, les ingénieurs, les psychologues et de nombreux acteurs des sciences humaines et sociales.

Ces acteurs de la régénération humaine peuvent orienter leurs travaux vers la régénération d’une fonction, en cherchant à remplacer cette fonction déficiente, par exemple le genou, la peau ou le cœur, ou en incitant le corps à participer lui-même à cette régénération, par exemple en conduisant la repousse de canaux nerveux lésés. L’option actuelle est certainement un mélange des deux approches, par une ingénierie corporelle inclusive et incitative. Ainsi les prothèses de nouvelle génération remplacent et respectent la fonction à recréer, en reproduisant l’organe lésé de façon personnalisée, et en même temps, elles se doivent d’être biocompatibles, en s’intégrant dans le corps sans générer de mécanismes de défense ou de rejet.

Le Graal de cette recherche est de considérer l’élément inséré comme le point de départ de la régénération en incitant et orientant les propres mécanismes de réparation et de régénération du corps. Il s’agit alors de créer une niche pour que les mécanismes de cette régénération soient dûment incités à s’orienter vers une dynamique complète de reconstitution, et non seulement de cicatrisation.

En d’autres termes, les chercheurs, ingénieurs et médecins considèrent le site de réparation/régénération comme un écosystème cohérent. Il doit être connecté ou doit pouvoir se connecter lui-même même, c’est-à-dire être vascularisé et innervé. Il doit retenir les cellules souches circulantes et informer les cellules souches résidantes en leur donnant les informations nécessaires pour les orienter vers une croissance différenciée. Il devra fournir un environnement mécanique précis, tant les cellules sont sensibles aux propriétés mécaniques des tissus environnants ; ceci est illustré par la cicatrisation de la peau qui s’effectue dans l’environnement plastique formé par des mailles rigidifiées de collagène qui n’a plus rien à voir avec l’élasticité de la peau de jouvenceaux servant de référence au discours du cosmétique.

Après l’imprimante 3D, voici l’impression 4D !

Ces considérations théoriques sont celles de l’ingénierie tissulaire moderne qui s’inscrit dans une approche globale où la chimie des matériaux, la pharmacologie cellulaire, l’embryologie et la biomécanique, entre autres, se combinent pour proposer aux tissus lésés des niches cellulaires et tissulaires, à la fois prothèse fonctionnelle et matrice de régénération. Dans ce contexte, le facteur temps est un élément essentiel.

Il est bien connu du chirurgien qui suit les évolutions/involutions en direct sur le corps des personnes soignées. Il devient un élément complexe à prendre en compte pour les chercheurs. Le temps ajoute une quatrième dimension à la modélisation de prothèses et orthèses, qu’elles soient synthétisées classiquement avec un matériau unique ou par l’addition orchestrée de plusieurs matériaux séquentiellement ajoutés sous le contrôle d’un logiciel lors de l’impression tridimensionnelle. Cette « impression 4D » (l’impression 3D et le facteur temps) est certainement une clé pour optimiser la personnalisation des prothèses et orthèses et favoriser l’hybridation avec le corps. Ses potentialités sont à la base de l’ingénierie de ces niches propices à la régénération de tissus, voire à terme, d’organes.

L’introduction systématique du temps introduit un dernier concept qui caracole au front de nos connaissances. Il s’agit du destin des tissus régénérés. On voit que le destin des tissus cicatrisés n’est souvent pas optimal, au regard de leur fonction initiale, même si le corps a dûment fait son travail d’urgence. La croissance des tissus doit être rapide sous peine que d’autres mécanismes se mettent en place (inflammation, infection). La croissance des tissus doit être objectivée : un nerf doit redonner un nerf. La croissance doit être limitée : des cellules doivent mourir ou arrêter de croître au front de la plaie, souvent en invoquant ce mécanisme de mort programmé que l’on appelle l’apoptose. La croissance doit être évolutive : les informations initiales transmises aux cellules doivent soit évoluer soit être interprétées différemment par les cellules. C’est là où les mécanismes épigénétiques vont intervenir. Il s’agit de faire en sorte que le bout de tissu ou d’organe en construction évolue vers un ensemble complet et fonctionnel.

Si l’information initiale de la niche fournie est traduite par les gènes en un programme initial de croissance et de différenciation cellulaire, l’évolution de l’environnement va réguler cette action au fil du temps. Cette épigénétique, autour de la génétique, fait appel à des mécanismes qui sont loin d’être compris et qui font l’objet d’excitantes recherches. Un moteur important de la régulation épigénétique est l’environnement mécanique des tissus. La mollesse d’un foie n’a rien à voir avec l’élasticité des vaisseaux sanguins et de la peau ni avec la dureté d’un ligament ou d’un os. Ce facteur biomécanique est devenu essentiel dans la modélisation des prothèses, orthèses voire des niches environnementales favorables à la régénération.

En résumé, la régénération partielle du corps est l’objet de nombreuses études se traduisant déjà cliniquement. Il y a cependant beaucoup à faire tant les espoirs sont importants, comme celui de régénérer les nerfs chez le tétraplégique. Mais ce qui était inenvisageable il y a quelques décennies devient un objectif réaliste. Le futur seulement dira si cela est réalisable. Le foie pourrait perdre sa singularité régénératrice inscrite dans le mythe de Prométhée. Quant à la régénération de l’Humain dans son entièreté, même la salamandre n’en est pas capable. Pour le moment.

Photo: Un homme à réparer : réalisable dans le futur ? Falcon C/FlickrCC BY-SA

source: https://theconversation.com/lhumain-repare-reve-dimmortalite-86959

 
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Publié par le 10 novembre 2017 dans général, Sciences, société

 

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