Et les industries pharmaceutiques impériales….

Voilà ce que m’évoque le titre de l’article « Novartis pourra soulager des centaines de milliers de migraineux en Suisse ». Il aurait même pu dire « et dans le monde » ! Les termes de ce titre démontrent aussi le type de soutien que les médias apportent à certains domaines en vue actuellement.

Nous sommes donc passés du système décimal au système binaire. De l’éventail de plusieurs thérapies ou produits thérapeutiques pour soigner un problème de santé, le système moderne en est venu à se restreindre à une dimension : le médicament.

Système binaire encore : un diagnostic bien délimité avec un médicament qui lui correspond.

La science se targue de ses progrès. Ici c’en est un du fait de la mise au point d’un produit certainement très étudié et élaboré selon les protocoles en vigueur, avec des techniques très pointues.

Mais a-t-on vraiment étudié l’effet à long terme du fait de la suppression des manifestations migraineuses ? Et encore de l’impact du produit dans toutes les régions du corps et les fonctions de l’organisme ?

Ce qui souligne également le côté binaire, c’est la relation entre la mise sur le marché du produit et l’effet économique. A commencer par son coût par personne aux USA où il est déjà prescrit :  575 dollars pour la dose mensuelle.

Autre calcul pour justifier le médicament : « Les coûts annuels de l’absentéisme dans les entreprises se situeraient entre 21 et 32 milliards de francs en Europe et 20 milliards aux Etats-Unis. ».

Ou encore face à l’avenir : «  La Banque Cantonale de Zurich considère l’Aimoving comme un nouveau véhicule de croissance ». Avec une telle considération, l’être humain n’apparaît plus, ni tous les aléas possibles. On en arrive à la base monaire !

A remarquer aussi que notre système économico-politique manifeste une schizophrénie patente : d’un côté, il se désole de la hausse des primes maladie qui l’amène à la faillite et d’un autre côté il se réjouit d’un nouveau véhicule de croissance. Quand y aura-t-il un système ternaire pour joindre le tout dans un ensemble unique afin de créer un équilibre pertinent?

Il est temps de revenir au système décimal voire centésimal : Il existe ! encore s’agit-il de le reconnaître. Puisque la science n’a que des médicaments pour soulager – et non pour guérir dans le cas présent – pourquoi ne pas étudier avec humilité ce qui ressort des autres médecines ?

Quand je consulte la définition de Wikipédia qui relève de la réflexion officielle, je lis : «  Les médecines non conventionnelles regroupent plusieurs centaines de pratiques thérapeutiques dont l’efficacité n’est pas démontrée, c’est-à-dire non testée, non supérieure au placebo ou bien insuffisamment démontrée. »

Une telle déclaration est d’un péremptoire effarant : elle évoque plusieurs centaines de pratiques qu’elle balaie avec quelques mots en décrétant que l’efficacité n’est pas démontrée donc non supérieure au placebo. Comment les auteurs de cette définition peuvent-ils dénier à ce point l’existence de tous les thérapeutes investis dans leurs formations et tous les bienfaits ressentis par des êtres souffrants ?

Ce déni démontre fortement à quel point leur vision est rétrécie à un système 2D (pas de preuve donc effet placebo) alors que la mode est passée au 3D voire au 4 D qui stimulent l’élargissement des champs de perception, de conceptualisation et d’action.

En réalité, dans différents domaines, la médecine a repris des éléments connus depuis très longtemps. Alors pourquoi renier un espace multidimensionnel pour le restreindre à ce que les scientifiques estampillés par l’Académie mesurent selon des appareils qui les limitent, même s’ils progressent dans la précision.

La sensibilité technique n’a de loin pas encore rejoint la sensibilité très fine, vivante et complexe de l’être humain qui apprend à l’utiliser par une pratique constante et évolutive.

Marie-France de Meuron

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