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Archives de Catégorie: Politique

Les bombardiers à longue portée Chinois « se préparent probablement à des frappes », prévient le Pentagone

La Chine a développé les capacités de son armée de l’air et s’entraîne « probablement » à viser des cibles américaines, selon un rapport du Pentagone sur les capacités militaires chinoises.

L’armée chinoise a élargi ces dernières années les opérations de ses bombardiers tout en « s’entraînant probablement à des frappes » contre des cibles américaines, selon un rapport annuel du Pentagone publié jeudi,dans un contexte de tensions commerciales accrues entre Washington et Pékin.

Le Pentagone a fait cette évaluation dans un rapport qui souligne les efforts de la Chine pour étendre son influenceMondiale, avec des dépenses en matière de défense estimées par le Pentagone à plus de 190 milliards de dollars (167 milliards d’euros) en 2017.

« S’entraînant probablement à des frappes »

« Au cours des trois dernières années, l’APL (l’Armée populaire de libération, N.D.L.R.) a rapidement étendu les zones d’opérations de ses bombardiers maritimes, acquérant de l’expérience dans des régions maritimes cruciales et s’entraînant probablement à des frappes contre des cibles des États-Unis et de leurs alliés », est-il écrit dans le rapport.

Bien que l’APL ait continué à étendre ses opérations, le message que Pékin cherchait à envoyer, « au-delà d’unedémonstration de capacités accrues », n’était pas clair, a estimé le Pentagone dans son rapport.

Aucun commentaire n’a été effectué par l’ambassade de Chine à Washington. Cette année, les forces aériennes chinoises ont placé des bombardiers à proximité d’îlots à la souveraineté contestée en mer de Chine méridionale dans le cadre d’exercices militaires dans la région.

En janvier, le Pentagone a fait de la lutte contre l’influence de la Chine et de la Russie ses priorités en matièrede stratégie de défense nationale.

La volonté de Washington et Pékin de contenir les tensions militaires a parfois été mise à l’épreuve ces derniers mois, notamment en mai après l’annulation faite à la Chine par le Pentagone de participer à des exercices militaires en mer .

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Paul Craig Roberts – L’impuissance volontaire des gouvernements russe et chinois

L’impuissance volontaire des gouvernements russe et chinois

Coup de gueule de Paul Graig Roberts, il n’est pas content des Russes et des Chinois, il estime qu’ils se laissent trop faire et qu’ils « se sont fait avoir » par les US … Mais Par ailleurs il sait bien que Russes et Chinois (et de plus en plus d’autres nations) tentent de changer les choses et l’ordre mondial … On le voit bien, ils y vont doucement mais surement, et ça s’accélère de plus en plus . Mais pour PCR ce n’est pas assez radical . Moi je pense qu’ils mettront le coup décisif sur les US d’un coup soudain, quand ils auront bien positionné leurs pions . Z

Les gouvernements russe et chinois sont déconcertants. Avec toutes les cartes de la guerre de sanction en main, ils restent là sans la moindre idée quant à la façon de les jouer.

Les Russes ne recevront aucune aide des médias occidentaux, ce qui obscurcit le problème en faisant ressortir que le gouvernement russe ne veut pas priver ses citoyens de biens de consommation occidentaux, ce pourquoi sont précisément faites les sanctions de Washington.

Les gouvernements russe et chinois sont entre les mains de Washington parce que, pensant que le capitalisme a gagné, la Russie et la Chine ont rapidement adopté l’économie néolibérale étasunienne, qui est un stratagème de propagande au service des seuls intérêts étasuniens.

Depuis des années, la NASA est incapable de se passer des moteurs de fusées russes. Malgré toutes les sanctions, les insultes et les provocations militaires, le gouvernement russe livre toujours des moteurs à la NASA. Pourquoi ? Parce que les économistes russes disent au gouvernement que les monnaies étrangères sont essentielles au développement de la Russie.

L’Europe dépend de l’énergie russe pour faire tourner ses usines et pour rester au chaud en hiver. Mais la Russie ne coupe pas l’énergie en réponse à la participation de l’Europe aux sanctions de Washington, car les économistes russes disent au gouvernement que les monnaies étrangères sont essentielles au développement de la Russie.

Comme Michael Hudson et moi l’avons expliqué à plusieurs reprises, c’est une ineptie. Le développement de la Russie ne dépend nullement de l’acquisition de monnaies étrangères.

Les Russes sont aussi convaincus de la nécessité d’avoir des investissements étrangers. Cela ne sert qu’à drainer les profits de leur économie.

Convaincus aussi de devoir laisser échanger librement leur monnaie, les Russes mettent ainsi le rouble à la merci des manipulations sur les marchés des changes. Si Washington veut déclencher une crise monétaire en Russie, tout ce que doivent faire la Réserve fédérale et ses banques centrales vassales, japonaise, européenne et britannique, c’est de faire se déprécier [to short = court-circuiter ?] le rouble. Les fonds spéculatifs et les spéculateurs participent aux bénéfices.

L’économie néolibérale est un canular, et les Russes se sont laissés avoir.

De même les Chinois.

Supposez qu’au moment où toutes ces accusations contre la Russie ont commencé – prenez par exemple la douteuse attaque contre les Skirpals –, Poutine se soit rebiffé et ait déclaré : « Le gouvernement britannique est en train de mentir et tous les gouvernements, y compris celui de Washington, font écho à ce mensonge. La Russie considère que ce mensonge est très provocateur et qu’il fait partie d’une campagne de propagande visant à préparer les Occidentaux à quelque attaque militaire contre la Russie. Le flux constant de mensonges gratuits et de manœuvres militaires à nos frontières a convaincu la Russie que l’Occident a l’intention de faire la guerre. Il en résultera la destruction totale des États-Unis et de ses États marionnettes. »

Cela aurait mis fin aux provocations gratuites, aux manœuvres militaires et aux sanctions.

Au lieu de cela, nous entendons parler de « malentendus » avec nos « partenaires étasuniens ». Ainsi sont encouragés de nouveaux mensonges et d’autres provocations.

Ou, pour répondre plus modérément, Poutine aurait pu annoncer : « Comme Washington et ses serviles marionnettes européennes nous ont sanctionnés, nous coupons les moteurs de fusée à la NASA, toute l’énergie à l’Europe, le titane [*] aux compagnies aériennes étasuniennes, nous interdisons le survol d’avions cargo et de passagers étasuniens, et nous mettons en place des mesures punitives contre toutes les entreprises étasuniennes présentes en Russie. » [* NdT : Les Russes maîtrisant seuls la métallurgie du titane, ils fabriquent des pièces d’avions spéciales en titane pour la compagnie Boeing. Devant toutes ces incohérences, la logique impose de se demander si l’opposition entre Russie et États-Unis n’est pas un jeu de rôle.]

L’une des raisons pour laquelle la Russie ne fait pas cela, en plus de la croyance erronée en son besoin d’argent et de bonne volonté des Occidentaux, c’est peut-être que la Russie s’imagine à tort que Washington va lui voler son marché de l’énergie en Europe et y expédier son gaz naturel [liquéfié]. Aucune infrastructure de ce type n’existant, il faudrait plusieurs années pour les développer. D’ici là, l’Europe connaîtrait du chômage de masse et gèlerait pendant plusieurs hivers.

Et la Chine ? La Chine héberge un grand nombre de grandes compagnies étasuniennes, dont Apple, la plus grande société capitalisée du monde. La Chine pourrait tout simplement nationaliser sans compensation toutes les multinationales opérant en Chine, comme cela se fait en Afrique du Sud avec les fermiers blancs, sans que l’Occident ne proteste. Les multinationales submergeraient Washington de demandes de levée de toutes les sanctions contre la Chine et asserviraient complètement Washington au gouvernement chinois.

Ou, en plus, la Chine pourrait se débarrasser de la totalité de ses 1200 milliards de dollars en bons du Trésor étasunien. La Réserve fédérale imprimerait rapidement de l’argent pour les racheter afin que leur prix ne s’effondre pas. La Chine pourrait alors se débarrasser des dollars que la Fed a imprimés pour lui racheter les obligations. La Fed ne peut pas imprimer des monnaies étrangères pour racheter les dollars. Le dollar s’effondrerait et ne vaudrait pas un bolivar vénézuélien, sauf si Washington pouvait ordonner à ses banques centrales étrangères, japonaise, britannique et européenne, d’imprimer de l’argent dans leurs propres devises pour racheter les dollars. Cela, même si c’était respecté, engendrerait beaucoup de tension dans ce qui est appelé « l’alliance occidentale », qui est en réalité l’empire de Washington.

Pourquoi les Russes et les Chinois n’abattent-ils pas leurs cartes gagnantes ? Parce que ni l’un ni l’autre gouvernement n’ont de conseillers non endoctrinés par le néolibéralisme. Ce lavage de cerveau, mis en œuvre par les Étasuniens pendant les années Eltsine en Russie, y a été institutionnalisé. Piégée par ce conditionnement, la Russie est une cible facile pour Washington.

La Turquie est une opportunité parfaite pour la Russie et la Chine de faire un grand bond en avant en la sortant de l’OTAN. Les deux pays pourraient proposer à la Turquie d’adhérer aux BRICS, aux accords commerciaux et aux traités de sécurité communs. La Chine pourrait facilement racheter la monnaie turque sur les marchés des changes. La même chose pourrait être faite pour l’Iran. Mais ni la Russie ni la Chine ne semblent capables d’actions décisives. Les deux pays, tous deux attaqués comme l’est la Turquie par Washington, restent là à sucer leurs pouces.

Paul Craig Roberts

Ancien Secrétaire Adjoint au Trésor pour la politique économique, Paul Craig Roberts a tenu de nombreux postes universitaires, a été rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal, chroniqueur chez Business WeekScripps Howard News Service et Creators Syndicate, et il a écrit aussi de nombreux ouvrages, dont l’un, L’Amérique perdue : Du 11 septembre à la fin de l’illusion Obama, a été traduit en français.

Original : www.paulcraigroberts.org/2018/08/12/the-self-imposed-impotence-of-the-russian-and-chinese-governments/

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Publié par le 15 août 2018 dans général, International, Politique

 

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Le ministre allemand de l’économie appelle l’Europe à défier les sanctions de Trump contre l’Iran

Le ministre allemand de l’Économie, Peter Altmaier. ©Intellivoire

Le ministre allemand de l’Économie s’en prend au président américain Donald Trump, dénonçant ses pressions sur l’Iran et ses diktats à ses partenaires commerciaux.

Dans un discours surprenant, le ministre allemand de l’Économie, Peter Altmaier, évoquant la décision américaine de réimposer des sanctions US contre l’Iran après le retrait unilatéral de Trump de l’accord nucléaire de 2015, a exhorté son pays à être « plus ferme » face aux dictats américains sur plan commercial et à défier les sanctions illégales américaines contre les autres qui sapent les investissements et les échanges commerciaux internationaux.

« Les États-Unis ne peuvent pas dicter les règles commerciales aux autres et l’Allemagne doit investir davantage en Iran », a insisté, Peter Altmaier, à l’occasion d’une interview accordée ce week-end, au quotidien allemand Bild am Sonntag, cité par le site web Intellivoire.

« Nous ne devons pas laisser Washington dicter ses volontés dans les relations commerciales avec d’autres pays », a déclaré le ministre allemand de l’Économie Peter Altmaier au journal Bild.

Fustigeant toujours le geste unilatéral des États-Unis de Trump et leur désengagement de l’accord nucléaire iranien, M. Altmaier a souligné l’importance du soutien au document historique de Vienne et la préservation des contrats d’affaires conclus en Iran avant d’exhorter Berlin à ne pas permettre à Washington de dicter ses règles commerciales.

Pour lui, les sanctions américaines contre l’Iran étaient « un exemple dans lequel la négligence de l’Amérique envers ses partenaires était clairement visible ».

« Que ce soit en Allemagne ou en Europe, nous examinons les moyens pour garder les canaux financiers ouverts », a-t-il promis.

L’Allemagne et d’autres pays européens devraient se sentir libres de poursuivre leurs relations avec Téhéran. « Les entreprises allemandes peuvent continuer à investir autant qu’elles le souhaitent en Iran », a déclaré M. Altmaier, ajoutant toutefois que « de nombreuses entreprises dépendent de prêts bancaires, dont la plupart se refinancent aux États-Unis – et cela peut créer des problèmes ».

Les déclarations du ministre allemand de l’Économie interviennent après que l’administration Trump a imposé une deuxième série de sanctions visant l’achat par l’Iran de dollars américains, malgré les appels de certaines puissances mondiales. Au début de cette année, Washington a imposé à Téhéran des sanctions visant à réduire le commerce ainsi que les industries de l’énergie et de la construction navale.

Ces restrictions ont endommagé les liens de l’UE avec l’Iran, qui a prospéré après l’accord nucléaire de 2015 abandonné par les États-Unis. La semaine dernière, l’UE a réagi aux dernières sanctions de l’Iran en appelant les entreprises à ignorer les menaces des États-Unis. Outre la question de l’Iran, les États-Unis et l’Europe sont en proie à un différend sur les droits de douane sur l’acier, l’aluminium et les automobiles.

Dans cet esprit, a déclaré le ministre allemand, le monde risque de sombrer dans un conflit économique généralisé, ajoutant que « nous sommes au bord de cette crise » et « une guerre commerciale mondiale ne connaîtra pas de gagnants, mais seulement des perdants ». « Les politiciens n’ont pas le droit de mettre en péril des centaines de milliers d’emplois européens qui dépendent du commerce américano-européen, a-t-il déclaré.

« Nous avons appris par le passé que la plupart des consommateurs souffrent des guerres commerciales alors que les biens et les services deviennent plus chers », a déclaré Altmaier. « Cette guerre commerciale entrave la croissance économique et apporte de nouvelles incertitudes », a averti le ministre allemand de l’Économie.

Les déclarations du ministre allemand de l’Économie interviennent après que l’administration Trump a imposé une deuxième série de sanctions visant l’achat par l’Iran de dollars américains, malgré les appels de certaines puissances mondiales. Au début de cette année, Washington a imposé à Téhéran des sanctions visant à réduire le commerce ainsi que les industries de l’énergie et de la construction navale.

Ces restrictions ont endommagé les liens de l’UE avec l’Iran, qui a prospéré après l’accord nucléaire de 2015 abandonné par les États-Unis. La semaine dernière, l’UE a réagi aux dernières sanctions de l’Iran en appelant les entreprises à ignorer les menaces des États-Unis. Outre la question de l’Iran, les États-Unis et l’Europe sont en proie à un différend sur les droits de douane sur l’acier, l’aluminium et les automobiles.

Dans cet esprit, a déclaré le ministre allemand, le monde risque de sombrer dans un conflit économique généralisé, ajoutant que « nous sommes au bord de cette crise » et « une guerre commerciale mondiale ne connaîtra pas de gagnants, mais seulement des perdants ». « Les politiciens n’ont pas le droit de mettre en péril des centaines de milliers d’emplois européens qui dépendent du commerce américano-européen, a-t-il déclaré.

« Nous avons appris par le passé que la plupart des consommateurs souffrent des guerres commerciales alors que les biens et les services deviennent plus chers », a déclaré Altmaier. « Cette guerre commerciale entrave la croissance économique et apporte de nouvelles incertitudes », a averti le ministre allemand de l’Économie.

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Publié par le 13 août 2018 dans général, International, Politique

 

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Demain, la guerre contre l’Iran ?

par Didier Chaudet

La détente récente entre États-Unis et Corée du Nord peut être vue comme le prélude à une montée des tensions avec les Iraniens, peut-être jusqu’à la guerre, comme le soulignait récemment Anshel Pfeffer dans Haaretz. Un tel scénario, si dangereux pour l’ensemble du Moyen-Orient, et donc pour la stabilité internationale, est-il vraiment possible aujourd’hui ?

Le rejet des négociations avec Téhéran

Quand on évoque une guerre future impliquant l’Iran, on pense à trois possibilités, principalement :

  • une opposition directe entre Washington et Téhéran ;
  • le réchauffement de la guerre froide entre Arabie saoudite et Iran ;
  • une guerre opposant Israël et l’Iran, plus particulièrement sur le champ de bataille syrien.

L’administration Trump compte en son sein au moins trois opposants de premier plan à l’influence iranienne au Moyen-Orient : James Mattis, ministre de la Défense (dont la modération récente est à mettre en perspective, et pourrait n’être que temporaire) ; Mike Pompeo, Secrétaire d’État ; et John Bolton, conseiller à la sécuritaire nationale.

Clairement, cette administration n’apparaît pas comme intéressée par de réelles négociations : Stephen Walt, professeur de relations internationales à Harvard, a récemment comparé la douzaine de demandes américaines exprimées par Mike Pompeo à l’endroit de l’Iran à l’ultimatum de l’Empire austro-hongrois à la Serbie, avant la Première Guerre mondiale…

Après tout, ces demandes se résument à intimer l’ordre à l’Iran d’abandonner ses politiques de sécurité et d’influence régionale, ce qui serait fatal non seulement pour le régime actuel, mais aussi pour tout gouvernement indépendant et patriote.

Comme l’explique le président du Conseil américano-iranien Trita Parsi : « Quand on associe des demandes irréalistes à une pression massive, on crée sciemment une évolution vers la confrontation. ») De fait, Washington semble plutôt viser une déstabilisation de régime iranien, et se contente, pour l’instant, d’une guerre économique pour atteindre ce but.

Comme un air d’Irak en 2003

En réalité, cette attitude était déjà celle d’administration Trump avant que les Américains ne se retirent de l’accord sur le nucléaire iranien. Après tout, alors que l’Iran le respectait, il semble bien que Washington ait violé les sections 26, 29 et 33 devant permettre la réintégration économique de l’Iran dans la communauté internationale. Le retrait n’a fait que confirmer le refus américain, sous l’actuelle présidence, de voir l’Iran réintégrer la communauté internationale, et donc de pouvoir se développer économiquement.

Continuer de faire de l’Iran un paria, c’est chercher à l’étouffer économiquement, pour le renverser sans avoir à bombarder. Ou le pousser à relancer son programme nucléaire, ce qui offrirait l’excuse d’une guerre préventive.

Plus largement, l’argumentaire actuel contre l’Iran, considérée comme radicalement déstabilisatrice pour le Moyen-Orient, est non seulement faux car simpliste, mais il fait aussi étrangement penser à ce qu’on a pu entendre avant la guerre d’Irak de 2003.

Rudy Giuliani, conseiller et avocat du président Trump, va jusqu’à affirmer qu’un changement de régime en Iran est plus important pour la paix au Moyen-Orient qu’un accord entre Israéliens et Palestiniens… Si la déstabilisation par la guerre économique ne marche pas, l’emploi de la force sera forcément tentant pour certains au sein de l’actuelle administration américaine.

Israël et l’Arabie Saoudite, soutiens des faucons américains

Pourtant, les ardeurs belliqueuses de Washington sont limitées par l’effort militaire conséquent que signifierait une attaque de l’Iran. Et une telle action militaire, si elle allait jusqu’au bout de sa logique, avec une occupation du pays, serait ingérable sans un retour à la conscription. Ces réalités expliquent la résistance d’un ancien militaire comme Mattis face à la vision idéologique de certains civils dans l’administration Trump.

Mais les faucons américains les plus bellicistes ont des alliés au Moyen-Orient, qui pourraient soutenir la politique du pire. Si, sur le dossier nord-coréen, on a un voisinage sud-coréen qui pousse l’Amérique à la modération, au Moyen-Orient, les principaux alliés de Washington – Israël et l’Arabie saoudite – considèrent le régime iranien comme un ennemi avec lequel la négociation serait impossible. Et contre lequel l’action militaire peut être une option.

Iraniens et Israéliens ont des positions irréconciliables sur la Syrie : les premiers veulent s’y maintenir, les seconds refusent radicalement un tel scénario. Pour l’instant, les accrochages entre les deux pays sont restés limités, mais le risque d’un dérapage militaire demeure réel. Israël (tout comme les États-Unis) mise pour l’instant sur une déstabilisation interne du régime iranien. Ce scénario n’étant pas forcément une évidence, comme on le verra plus loin, le désir d’une action militaire plus directe pour contrer l’Iran en Syrie, par exemple, pourrait être une action envisageable par l’État hébreu.

 Au Yémen, un combattant de la milice des Géants, soutenue par Riyad (21 juin 2018). Saleh Al-Obeidi/AFP

Au Yémen, un combattant de la milice des Géants, soutenue par Riyad (21 juin 2018). Saleh Al-Obeidi/AFP

Quant à l’Arabie Saoudite, son opposition à l’Iran est encore plus radicale : c’est une composante importante du nationalisme promu par Riyad. Certains Saoudiens exagèrent les capacités hégémoniques de l’Iran au Moyen-Orient : on en a un bon exemple avec un journaliste de premier plan dans le royaume, Jamal Khashoggi, qui parle, à propos de la situation actuelle au Moyen-Orient, d’un « moment 1939 ».

La peur que l’Iran suscite en Arabie saoudite comme concurrent régional ne fera donc pas du royaume un agent de modération, c’est le moins qu’on puisse dire. On peut même considérer que ces deux pays sont déjà indirectement en guerre, et qu’une escalade entre les deux pays, par exemple au Yémen, est très possible, avec les risques que cela implique.

L’Iran se prépare à une guerre asymétrique

Le danger d’un dérapage guerrier, même s’il n’est globalement pas souhaité, est donc loin d’être négligeable, au niveau international ou régional. Mais qu’en est-il de l’attitude de l’Iran elle-même ? A-t-elle des intentions bellicistes ?

D’un point de vue militaire, l’Iran n’a pas investi en priorité dans son armée conventionnelle. Au contraire, elle s’est d’abord préparée à une possible guerre asymétrique, avec les États-Unis comme l’ennemi le plus probable.

Téhéran a un budget militaire bien modeste par rapport à celui de ses voisins : même les Émirats Arabes Unis dépensent deux fois plus que l’Iran pour leur défense. Téhéran n’a pas accès aux armes les plus sophistiquées de l’Occident, qui se refuse à lui vendre les matériels qu’ils fournissent à l’Arabie saoudite ou à Israël, et manque de moyens financiers pour rivaliser avec ces deux pays dans la course aux armements.

 Google, CC BY-SA

Google, CC BY-SA

Un simple coup d’œil sur une carte de l’Iran montre que la République islamique est entourée de bases et troupes américaines, ainsi que de pays proches alliés des États-Unis ou de l’Arabie Saoudite.

Un arsenal de missiles pour parer une possible invasion

Dès lors, les élites iraniennes ont fait le choix de rendre toute attaque-invasion particulièrement difficile, plutôt que de se concentrer sur des capacités réellement offensives. C’est avec cette logique à l’esprit qu’il faut comprendre le grand nombre de missiles balistiques iraniens : à défaut d’une aviation assez puissante, il s’agit surtout d’une arme capable de cibler une concentration de forces prête à l’invasion, ou des infrastructures régionales en réponse à une attaque conventionnelle.

Suite au traumatisme causé par la guerre Iran-Irak, et la large utilisation de missiles par Saddam Hussein, cet arsenal est vu comme un moyen efficace de protéger le régime et le peuple iraniens face à une agression militaire extérieure. Et on aurait tort de penser que la supériorité militaire américaine pourrait permettre d’annuler les avantages asymétriques de l’Iran.

On l’a bien vu lors de la simulation de guerre intitulée « Millenium Challenge » organisée par Pentagone pour voir comment la marine américaine résisterait à une attaque iranienne. Le résultat a été sans appel : 16 bateaux coulés, dont un porte-avions, et l’exercice a été suspendu en urgence, afin d’en changer les règles et de permettre, en fin de compte, une victoire américaine…

Le général de brigade Hossein Salami, le numéro deux des Pasdarans ou Corps des Gardiens de la Révolution, a bien résumé l’approche militaire iranienne : défensive au niveau de la stratégie d’ensemble, mais très offensive à partir du moment où un ennemi commence une guerre contre l’Iran.

Les Iraniens ne chercheront vraisemblablement pas les hostilités, mais dans le cas d’une attaque, l’assaillant peut s’attendre à être confronté à une terrible guerre asymétrique en territoire iranien, et sans doute plus largement au Moyen-Orient : au moins par un renforcement de l’aide au Hezbollah au Liban, et en l’incitant à réagir à une guerre contre l’Iran ; par des actions contre les intérêts américains en Syrie et en Irak ; et par un renforcement de l’aide aux Houthis au Yémen pour mettre les Saoudiens en difficulté.

A Téhéran, la crainte d’un coup de force bonapartiste

La politique agressive de l’administration Trump pourrait renforcer les plus radicaux en Iran, ceux qui croient le moins en une possibilité d’apaisement avec l’Occident. Rappelons que les « principlistes » (les conservateurs iraniens) ont perdu toutes les élections depuis 2013. Aujourd’hui, ils peuvent présenter leur vision des relations internationales comme étant la seule valable, les modérés autour du président Rouhani, et même Ali Khamenei, le Guide de la Révolution, s’étant fourvoyés dans un projet de dialogue avec Washington qui n’a pas apporté les résultats espérés.

L’actuelle visite d’Hassan Rouhani en Autriche et en Suisse risque de ne rien changer à ce sujet : c’est sans doute le dernier déplacement du Président iranien en Europe avant la réimposition de sanctions par les Américains (à partir du 6 août). Et cet événement a été éclipsé par un bien étrange complot terroriste déjoué à temps, censé avoir visé des opposants iraniens réunis à Paris le 30 juin dernier. Or on voit mal ce que le régime iranien aurait à gagner dans une attaque terroriste en Europe, où il cherche désespérément à trouver des appuis pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien.

Les Iraniens savent pertinemment que des attaques sur sol européen sont une ligne rouge à ne pas franchir. Que les allégations d’un tel complot présumé soient révélées avant l’arrivée du président Rouhani en Autriche, et avant la rencontre décisive du ministre des Affaires étrangères iranien avec les représentants des cinq puissances toujours officiellement associées à l’accord (France, Grande-Bretagne, Chine, Russie, Allemagne) explique la réaction ironique de Javad Zarif.

guerre Iran 20180810
La République islamique s’est dit prête à coopérer avec les autorités concernées et a condamné clairement le terrorisme. Mais même si pour les autorités iraniennes, il s’agit d’un complot contre le sauvetage de l’accord sur le nucléaire, cette affaire risque de peser sur ses rapports avec une Europe pressée par Donald Trump de s’associer à sa politique contre Téhéran. Il est peu probable que les réformistes et modérés iraniens obtiennent avec ce déplacement la victoire diplomatique dont il aurait bien besoin face aux principlistes.

Pire encore, un risque de coup de force militaire pourrait survenir au profit des conservateurs : le président Rouhani représentait un atout pour Ali Khamenei, le guide suprême de la Révolution, tant qu’un apaisement avec l’Occident était possible. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, et sa politique économique a mécontenté les classes populaires. Les récentes manifestations, les tensions avec Washington, de récents remaniements au sein des forces armées, amènent à penser que pour une partie des élites à Téhéran, une orientation bonapartiste est une possibilité.

Certains parlent d’un coup d’État faisant tomber Rouhani, ou d’une « présidence militaire » à l’issue de son mandat. Si le scénario d’une reprise en main par des forces plus militaristes, nationalistes et conservatrices devient réalité, alors, on peut s’attendre à des tensions plus importantes au niveau régional.

Union sacrée à Téhéran contre Donald Trump

Quoi qu’il arrive, le régime est renforcé plus qu’affaibli par l’hostilité américaine, et les conservateurs reviennent en force grâce à la divine surprise que leur offre Donald Trump.

Du point de vue iranien, les Américains et leurs alliés israélien et saoudien ont un problème non pas seulement avec le régime, mais avec l’Iran comme puissance régionale. Leur but serait donc de démembrer le pays, de le pousser à la guerre civile.

Une vision iranienne qui semble, en partie, conforme à une certaine réalité : on constate un intérêt marqué de l’Arabie Saoudite pour la minorité baloutche iranienne… et des mouvements financiers suspects qui pourraient profiter aux séparatistes djihadistes évoqués dans une précédente analyse.

La réaction nationaliste face à ces menaces réelles est telle qu’on constate une réconciliation des élites, dans un sens favorable au régime, y compris celles qui ont été réprimées pour leur association au Mouvement vert. L’idée des réformateurs et modérés, selon laquelle il serait possible d’avoir un dialogue avec l’Occident, semble être passée de mode, au moins pour un temps.

Quand on ajoute à cette union nationale, le fait que les récentes manifestations en Iran, y compris celles impliquant le bazar de Téhéran, ne sont pas forcément unies par un sentiment anti-régime, on comprend que le désir d’un changement de régime de l’intérieur a bien peu de chance de se réaliser.

Ce qui pourrait, en définitive, pousser certains faucons américains à demander une action militaire plus directe.

Didier Chaudet: Attaché scientifique, Institut français d’études sur l’Asie centrale

source:https://theconversation.com/demain-la-guerre-contre-liran-99261?utm_source=twitter&utm_medium=twitterbutton

 

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Vladimir Poutine : Il y a des « forces » prêtent à sacrifier les alliés US et Israël aux états unis .

Activer les sous-titres français dans le menu en haut à droite.

Quand on voit comment Trump ,  l’establishment et les élites US soutiennent inconditionnellement Israël … Il faut voir de quelles forces il parle exactement . Mais apparemment ces forces seraient importantes . Étonnante déclaration !

 

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Les milliardaires américains s’affrontent pour le contrôle politique de l’Europe

Les milliardaires américains s’affrontent pour le contrôle politique de l’Europe

Là on touche un point sensible : l’émergence des « populistes » , la confrontation libéral contre conservateur, ne serait-elle qu’un leurre au profit de l’élite globale qui veut le contrôle de la planète et qui va gagner à tous les coups ? Bonne question !! Z 

par Eric Zuesse

Deux « philanthropes » vont maintenant se battre pour le contrôle des marchés politiques (ou institutions) européens.

Un concours pour le contrôle politique de l’Europe se prépare entre deux camps Américains, l’un dirigé par George Soros, établi de longue date, et l’autre mis sur pied par Steve Bannon, l’ancien directeur de campagne du président américain Donald Trump. Soros a longtemps conduit les milliardaires libéraux américains à contrôler l’Europe, et Bannon est en train d’organiser une équipe de milliardaires conservateurs américains pour arracher ce contrôle aux milliardaires libéraux.

Alors que Soros prétend représenter les intérêts du public, Bannon prétend représenter les intérêts de la population – c’est le côté « populiste » des milliardaires américains, contre le côté « d’intérêt public«  (Soros).

Deux modèles américains de « philanthropes » vont donc se battre pour le contrôle des marchés politiques (ou institutions) européens.

C’est une bataille pour servir soit « le public« , soit « le peuple« , et chaque modèle politique se battra pour que l’Europe reste un allié dans la guerre des milliardaires Américains contre la Russie (que tous les milliardaires Américains veulent défaire), mais chaque équipe le fait dans une perspective idéologique différente, l’une étant « libérale » et l’autre « conservatrice« .

Tout comme il existe une polarisation politique libérale et conservatrice entre milliardaires au sein d’une nation, il y a également une polarisation politique entre milliardaires en ce qui concerne les politiques étrangères de leur nation ; et les milliardaires Américains sont très fortement polarisés politiquement, à la fois au niveau national et, de plus en plus, au niveau international. Aucun d’entre eux n’est progressiste ou gauchiste. Le seul « populisme » qu’un milliardaire promeut actuellement est le « populisme de droite« , qui est le camp de Bannon. (Staline était de gauche -« populiste » ; et Hitler était de droite -« populiste » ; mais aucun dictateur n’a jamais vraiment été « populiste« .

le 9 mai 1950, le ministre français des affaires étrangères, Robert Schuman propose que les pays européens unissent et forment le CECA

le 9 mai 1950, le ministre français des affaires étrangères, Robert Schuman propose que les pays européens unissent et forment le CECA

Les deux camps se diabolisent l’un l’autre aux États-Unis pour le contrôle du gouvernement américain, mais tous deux sont maintenant en compétition l’un contre l’autre à l’échelle internationale pour le contrôle du monde entier, par deux modèles différents : libéral contre conservateur. Les deux modèles soutiennent la « démocratie » ou « les alliés » ; et tous deux soutiennent la propagation de cette « démocratie«  par l’invasion et l’occupation de pays « sous dictature » ou « ennemis« En Europe, on l’appelle « impérialisme » ; en Amérique, on l’appelle « néoconservatisme » ; mais aucun milliardaire Américain ne s’y oppose activement (car s’y opposer serait s’opposer à l’aristocratie elle-même, au contrôle des milliardaires sur le gouvernement – le système même qui leur a réussi, bien plus que le public ne le reconnaît lui même).

Après la Seconde Guerre Mondiale, les milliardaires américains ont pris le contrôle, d’abord de l’Europe Occidentale, puis, après 1990, une fois que l’Union Soviétique, son communisme et son alliance militaire du Pacte de Varsovie prirent fin, ont progressivement pris le contrôle de toute l’Europe. Ils l’ont fait non seulement en agrandissant l’OTAN après 1990 (même si son organisation miroir, le Pacte de Varsovie avait disparu et sa raison d’être par la même occasion), mais aussi par le biais de l’UE, qui a été créée dans les années 1950 comme un effort conjoint des milliardaires américains et européens et de leurs agents – tous étant anti-Russes (ou, comme tout le monde disait à l’époque, « anticommuniste« ). Leur véritable objectif était la conquête, tout d’abord absorber tous les alliés de la Russie, puis, en fin de compte, absorber la Russie elle-même – une conquête mondiale complète.

L’annonce publique de cette nouvelle guerre de milliardaires américains pour le contrôle de l’Europe, est apparue le 20 juillet 2018, dans le site de propagande néoconservateur (c’est-à-dire pro-impérialisme) néolibéral américain, The Daily Beast (pro-Soros et anti-Bannon ; il déclare ainsi que Soros a « donné 32 milliards de dollars à des causes libérales » au lieu de « payer 32 milliards de dollars pour des causes libérales » – pour isoler et finalement vaincre la Russie). Cet article « libéral« , contre le Bannon « conservateur« , commençait comme suit :

https://www.thedailybeast.com/inside-bannons-plan-to-hijack-europe-for-the-far-right

HELLFIRE CLUB

Plan de détournement de l’Europe pour l’extrême droite

Bannon s’installe en Europe pour créer The Movement, une fondation populiste afin de rivaliser avec George Soros et déclencher une révolte de droite à travers le continent.

NICO HINES 07.20.18 9:57 PM LONDRES

Steve Bannon a décidé de se confronter à George Soros et de déclencher une révolution de droite en Europe.

L’ancien conseiller en chef de Trump à la Maison-Blanche a déclaré au Daily Beast qu’il est en train de créer une fondation en Europe appelée The Movement qui, espère-t-il, mènera une révolte populiste de droite à travers le continent à partir des élections du Parlement Européen au printemps prochain…

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le couple de miliardaires Miriam et Sheldon Adelson

le couple de miliardaires Miriam et Sheldon Adelson

Après l’armée, Bannon a passé sa carrière en tant qu’agent pour divers milliardaires Américains, plus récemment pour ceux qui ont soutenu Donald Trump dans les primaires républicaines et ont ainsi acheté la nomination du Parti pour lui.

Alors que le cerveau derrière la campagne démocrate d’Hillary Clinton était le président exécutif de Google Eric Schmidt, le cerveau derrière Donald Trump était Steve Bannon engagé par le mathématicien milliardaire et chef du capital-investissement Robert Mercer qui s’est associé à l’opération avec le capital-risque du milliardaire Peter Thiel.

Après que Trump ait remporté la nomination, Bannon est resté et son opération a été financée en grande partie par le couple de milliardaires américains et israéliens, Miriam et Sheldon Adelson. Mais tous les milliardaires républicains (juifs, chrétiens évangéliques et même certains autres) étaient de grands partisans d’Israël. Israël, bien sûr, est allié aux Saud, qui détiennent l’Arabie Saoudite ; et Israël et les Saud se concentrent encore plus sur la destruction de l’Iran que sur la destruction de la Russie (le but principal de l’aristocratie américaine). Seuls les milliardaires américains sont obsédés par la conquête de la Russie depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

Comme le chroniqueur Ambrose Evans-Pritchard l’a bien résumé dans le Britain’s Telegraph :

« L’Union Européenne a toujours été un projet de la CIA, comme le découvrent les Brexiteurs » :

Les services de renseignement américains ont financé secrètement le mouvement européen pendant des décennies et ont travaillé de manière agressive en coulisses pour pousser la Grande-Bretagne dans le projet.

Le journal a déclaré pour la première fois lorsqu’on a commencé à se partager le trésor qu’un mémorandum daté du 26 juillet 1950 révèle une campagne de promotion du parlement européen. Il est signé par le général William J. Donovan, chef de l’American Wartime Office of Strategic Services, précurseur de la Central Inteligence Agency.

William J. Donnovan, chef d’orchestre du projet de l’Union Européenne

William J. Donovan, chef d’orchestre du projet de l’Union Européenne

Le principal front de la CIA était le Comité Américain pour une Europe Unie (ACUE), présidé par Donovan. Un autre document montre qu’il a fourni 53,5 % des fonds du mouvement Européen en 1958. Le conseil d’administration comprenait Walter Bedell Smith et Allen Dulles, des directeurs de la CIA dans les années 50, ainsi qu’une caste d’anciens fonctionnaires du SOSS qui sont entrés et sortis de la CIA.

Bill Donovan, chef légendaire de l’OSS en temps de guerre, fut plus tard chargé d’orchestrer le projet de l’UE.

Les documents montrent que l’ACUE a traité certains des « pères fondateurs » de l’UE comme des mercenaires et les a activement empêchés de trouver un financement alternatif qui aurait brisé la dépendance à Washington.

Il n’y a rien de particulièrement mauvais à ce sujet. Les États-Unis ont agi astucieusement dans le contexte de la guerre froide. La reconstruction politique de l’Europe a été un succès retentissant.

Pendant ce temps, la CIA travaillait avec des milliers d’agents secrets nazis et fascistes en Europe, que l’OSS avait secrètement rassemblés et protégés à la fin de la Seconde Guerre Mondiale et qui ont continué secrètement pendant toute la guerre froide à mener des opérations de la CIA pour contrer non seulement les agents communistes en Europe mais, plus important encore, les agents démocratiques en Europe qui favorisaient non pas la soumission aux Etats-Unis mais plutôt la souveraineté démocratique des Européens, sur leur propre politique terrestre. Par conséquent, dès le départ, l’UE a été un moyen d’imposer aux Européens le contrôle des sociétés internationales américaines, au profit des entreprises américaines. C’était l’objectif primordial de l’UE – subordination aux milliardaires de l’Amérique, pas de démocratie authentique. Créer des vassaux au sein de l’empire américain a été et est le but de tous – pour conquérir, d’abord, l’Europe, et ensuite, le monde.

Evans-Pritchard exhorte ses lecteurs :

« A mon avis, le camp Brexit devrait présenter des plans pour augmenter les dépenses de défense du Royaume-Uni de moitié pour atteindre 3% du PIB, s’engageant à propulser la Grande-Bretagne en tête en tant que puissance militaire incontestée de l’Europe. »

Cette vision pro-impérialiste est une extension de celle de Cecil Rhodes à la fin des années 1800, pour un empire mondial Royaume-Uni-États-Unis dans lequel ces deux puissances impériales – l’ancienne et la nouvelle – prendraient progressivement le contrôle du monde entier. George Soros a travaillé fébrilement sur cet objectif. Steve Bannon est contre ce point de vue « internationaliste« , et favorise plutôt le point de vue « nationaliste« , mais dans les versions libérale et conservatrice, les milliardaires de l’Amérique prendront une proportion croissante de la richesse mondiale. La compétition entre ces deux camps porte sur la meilleure façon d’atteindre cet objectif.

Il y a aussi une deuxième raison pour laquelle les milliardaires américains sont enragés contre la Russie d’aujourd’hui, au-delà de celle des milliardaires américains qui exigent de contrôler le monde. Cette raison est que, sous Vladimir Poutine, la politique de la Russie a été d’exiger que tous les milliardaires, tant nationaux qu’étrangers, acceptent qu’en Russie, le bien-être du public russe l’emporte sur le bien-être de tous les milliardaires. C’est un principe que les milliardaires du monde entier, et en particulier les Américains qui, avant la direction de Poutine, volaient le trésor fédéral russe, ne peuvent tolérer. Ainsi, en se rangeant du côté des milliardaires américains, les Européens se sont aussi rangés du côté des milliardaires en tant que classe – du côté des super-riches – contre le peuple, partout dans le monde. Pourquoi les Européens feraient-ils une telle chose ? Ne sont-ils pas censés avoir au moins un certain degré de choix ? Ne sont-ils pas censés vivre en démocratie ?

article originel : America’s Billionaires Battle Each Other for Political Control Over Europe

via RI

 
 

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Sanctions contre l’Iran : l’affrontement UE-USA construit la gouvernance globale

Sanctions Iran UE USA Affrontement Gouvernance Globale

Rien ne va plus entre l’Europe et les US, sur l’OTAN, la guerre commerciale, et maintenant la question Iranienne . La situation risque d’empirer, on se dirige droit vers une réorganisation géopolitique mondiale. Au profit du mondialisme ?? Z 

L’UE vient d’interdire aux entreprises européennes de se soumettre aux sanctions des USAcontre l’Iran, sous peine de sanctions. A-t-elle raison ? Est-ce réaliste ? Et surtout l’affrontement des deux mastodontes ne mène-t-il pas à la gouvernance globale ?

En dénonçant l’accord signé par les USA et l’UE avec l’Iran, Donald Trump avait assorti sa décision de sanctions contre les entreprises qui continueraient à faire des affaires avec l’Iran. Dans la présentation qu’il en faisait, il s’agissait de faire plier l’Iran en répondant à une menace militaire par une guerre économique. L’UE quant à elle, comme d’autres puissances comme la Russie et la Chine, estimait que le nucléaire iranien était sans danger et préconisait donc de pérenniser l’accord.

L’UE « regrette » les sanctions des USA et les sanctionne

Aujourd’hui les sanctions des USA sont effectives, et l’UE, qui les « regrette », s’y oppose officiellement. Elle vient de publier un communiqué où on lit : « Nous sommes déterminés à protéger les opérateurs économiques européens engagés dans des affaires légitimes avec l’Iran […] C’est pourquoi le statut de blocage mis à jour par l’Union européenne entre en vigueur le 7 août ».

La loi dite « de blocage », adoptée par l’UE en 1996 pour contourner les sanctions américaines contre Cuba, la Libye et l’Iran, n’a jamais été appliquée. Son actualisation a été approuvée par les ministres des Affaires étrangères de l’UE le 16 juillet de cette année. Elle interdit aux entreprises européennes de se plier aux injonctions américaines, sous peine de pénalités fixées par chaque Etat membre. Si ce n’est pas un vain mot, une entreprise aura le choix entre faire des affaires avec l’Iran et subir les sanctions des USA et ne pas en faire et se trouver pénalisée par l’UE.

Les sanctions de l’UE n’auront pas de portée pratique

En première analyse, un Européen peut s’en réjouir. Il y a dans la prétention des USA d’imposer leur manière de voir par des sanctions internationales qui s’appliquent hors de leur territoire quelque chose d’insupportable. La raison du plus fort est toujours la meilleure, on le sait, mais l’enrober dans le moralisme anglo-saxon est proprement exaspérant. Et il faut redire que l’exterritorialité des sanctions américaines est contraire au droit international.

Mais la décision de l’UE soulève dès qu’on l’examine une foule de questions. A qui s’adresse-t-elle ? Aux entreprises qui sont déjà en affaire avec l’Iran. Comment saura-t-on si elles s’arrêtent parce qu’un grain de sable a fait échouer l’opération ou pour se soumettre aux sanctions des USA ? De toute manière, des dérogations sont prévues pour les grands groupes. Ils devront demander l’autorisation de se retirer et se justifier. Cela limitera un peu plus la liberté d’entreprendre et augmentera leur soumission au contrôle supranational, mais cela risque de limiter la portée pratique de ce « blocage » à presque rien.

USA-UE : un affrontement en trompe-l’œil

On fait valoir à Bruxelles qu’il s’agit d’un « signe », d’une décision « politique » : mais précisément, envoyer un « signe » sans portée pratique est une manifestation d’impuissance qui réduit à néant les effets positifs éventuels d’une volonté politique, qui s’avère ainsi une simple velléité.

Il faut remarquer que l’UE n’a jamais protesté contre les sanctions abracadabrantes prononcées par la justice américaine contre la BNP voilà quelques années. En quoi les tribunaux américains seraient-ils juges de la politique d’une banque française ? Cette aberration judiciaire est aussi grave que les prétentions de l’exécutif de Trump. L’UE semble donc plus soucieuse de marquer son désaccord avec les USA sur l’Iran et les sanctions que de défendre les entreprises européennes ou le droit international. En d’autres termes, le débat sur l’exterritorialité n’est ici qu’un prétexte, ce n’est pas la vraie pomme de discorde. Forcément : l’UE, malgré son affrontement avec les USA, aimerait bien se faire aussi gros qu’eux et rêve aussi de tout régenter avec ses propres tribunaux.

L’Iran construit-il sa bombe atomique ?

Autre question, que je ne saurais trancher, mais qui n’est pas sans importance : qui, sur le plan militaire, a raison, les USA ou l’UE ? En d’autres termes, le nucléaire iranien présente-t-il un danger, comme l’ont prétendu les renseignements israéliens, dont Trump a repris la thèse, ou non ? Toute information est la bienvenue. Si l’on regardait la situation du point de vue de la guerre froide, on constaterait que l’Europe se « neutralise », qu’elle passe du côté de la Russie et de la Chine.

Autre donnée importante : si une entreprise se conforme au blocage de Bruxelles, elle encourra les sanctions des USA. L’UE a donc prévu de lui verser un dédommagement d’un montant équivalent. En d’autres termes, les contribuables européens devront payer pour la décision des juges américains. Outre le fait que cela laisse l’initiative aux USA (ils pourraient augmenter le montant des sanctions rien que pour assécher l’UE), cela crée une nouvelle usine à gaz typiquement socialiste de bonus et de malus. La situation deviendra si ubuesque qu’il faudra bien un jour créer une juridiction pour arbitrer, et l’on rentera ainsi un peu plus dans le processus qui mène à la gouvernance globale.

Les USA, l’UE et l’Iran construisent ensemble la gouvernance globale

L’actualité est une fable. Quelle leçon le public est-il appelé à tirer de l’histoire qu’on lui raconte ? D’abord que Trump, le gros populiste national, prend des poses hégémoniques agaçantes et qu’il nuit aux entreprises européennes et françaises, et, au-delà, au commerce international et à la paix dans le monde. En provoquant l’affrontement avec les USA sur l’Iran, l’UE nous montre que c’est paradoxalement elle qui défend l’intérêt de ses peuples : c’est une belle pédagogie d’européisme mondialiste. Nous sommes invités à appeler de nos vœux la gouvernance mondiale qui ne nous agacera pas par l’exterritorialité de son action et de ses prétentions, puisque nous appartiendrons tous à son territoire et serons donc, ipso facto, soumis à sa juridiction.*

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