Jim Rickards a prévenu hier qu’une guerre « conventionnelle » entre les US et la corée aura lieu d’ici 6 à 8 mois, doublée d’une guerre économique avec la Chine : c’est un scénario crédible ! Ça pourrait même aller plus vite qu’on ne le pense … La dégradation de la note de la Chine par les agences étasuniennes peut par exemple être  considéré comme un acte d’agression économique . Z .

Dans une vidéo qui fait la Une de tous les médias nord-coréens, Kim Jong-un voit dans la récente sortie de Trump « la plus féroce déclaration de guerre de l’histoire ».

La démarche est exceptionnelle. En Une, ce vendredi matin, du « Rodong Sinmun », le quotidien du régime nord-coréen, à la télévision d’Etat, sur le fil de l’agence officielle KCNA, la même image et le même texte. Un Kim Jong-un sévère menaçant personnellement Donald Trump de lui « faire payer » son discours devant l’ONU, au cours duquel le président américain s’était dit prêt, en début de semaine, à envisager  une « destruction totale » de la Corée du Nord .

Le regard dur sur l’objectif, discours en mains, Kim Jong-un qualifie le président américain de « malade mental », de « voyou » ou encore de « gangster », et voit dans sa récente sortie de « la plus féroce déclaration de guerre de l’histoire ». « Ses remarques m’ont convaincu, plutôt que de m’effrayer ou de m’arrêter, que la voie que j’ai choisie est correcte et que c’est celle que je dois suivre jusqu’au bout », assène le jeune dictateur, qui a toujours estimé que seule la construction d’une force de dissuasion nucléaire, composée des missiles balistiques intercontinentaux équipés d’ogives nucléaires capables d’atteindre le sol américain, le protégerait d’une initiative hostile des Etats-Unis.

 « Mater ce fou sénile par le feu »

Ulcéré par le discours de Donald Trump, Kim Jong-un assure que son pays va envisager des « contre-mesures radicales » et « historiques » contre les Etats-Unis. « En tant qu’homme représentant la RPDC [République populaire démocratique de Corée, NDLR] et au nom de la dignité et de l’honneur de mon Etat, du peuple et en mon nom, je vais faire payer cher son discours à l’homme détenant les prérogatives du commandement suprême aux Etats-Unis », martèle-t-il. « Je vais incontestablement mater ce fou sénile par le feu », conclut Kim Jong-un.

Si le dirigeant nord-coréen ne donne aucun détail sur la nature exacte de ces représailles, son ministre des Affaires étrangères, Ri Yong Ho, a, lui, confié, depuis New York en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, que Pyongyang pourrait envisager de faire exploser une bombe à hydrogène d’une puissance sans précédent dans l’océan Pacifique. Un projet que le pays paléo-stalinien n’avait jusqu’ici jamais suggéré.

Pour les analystes, un essai nucléaire de ce type pourrait avoir des conséquences gravissimes. Il risque, en effet, d’être perçu comme la provocation de trop par la Maison Blanche qui pourrait être tentée d’activer une réponse militaire, qui deboucherait probablement sur un catastrophique conflit ouvert dans la péninsule coréenne.

Appel à l’apaisement de Séoul

Face à cette soudaine flambée des tensions, la Corée du Sud a appelé, ce vendredi matin, Pyongyang à stopper ses « provocations imprudentes » et à accepter une reprise d’un dialogue sur la dénucléarisation de la péninsule. Séoul redoute particulièrement le scénario d’une escalade incontrôlée qui ferait des dizaines de milliers de victimes en Corée du Sud.

Pointant la sévérité de la situation, le ministère sud-coréen de l’Unification a remarqué que jamais aucun autre leader nord-coréen n’avait adressé, de la sorte, un message personnel à la communauté internationale. Ni Kim Il-Sung, ni Kim Jong-il – le grand père et le père de Kim Jong-un -, n’étaient allés jusqu’à cette extrémité.

Pas de réaction à Washington et Pékin

Ce vendredi midi, la Maison Blanche n’avait pas encore réagi aux menaces de Kim Jong-un. La veille, Donald Trump avait annoncé la mise en place, par son administration, de nouvelles sanctions unilatérales contre le régime paléo-stalinien et s’était réjoui de voir d’autres nations, dont la Chine, prendre des initiatives similaires. Washington compte désormais sanctionner les « personnes et sociétés qui financent et facilitent les échanges avec la Corée du Nord » dans plusieurs domaines dont la construction, l’énergie ou le textile.

« Les institutions financières étrangères sont maintenant averties qu’elles doivent choisir entre faire des affaires avec les Etats-Unis ou avec la Corée du Nord », a détaillé le secrétaire américain au Trésor, Steve Mnuchin. Le décret présidentiel ouvre ainsi la voie à des mesures qui pourront à l’avenir cibler notamment des banques, un moyen de faire pression sur la Chine qui est soupçonnée de fermer les yeux sur les réseaux financiers assurant les échanges de devises de Pyongyang.

Jeudi, Donald Trump avait d’ailleurs salué une décision « très courageuse » et « inattendue » du pouvoir chinois qui aurait ordonné à ses banques de juguler leurs échanges avec les entités nord-coréennes. Ce vendredi midi, Pékin n’avait pas formellement confirmé cette décision qui, si elle était réellement appliquée, aurait des conséquences économiques lourdes pour le pays ermite.