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Rapport RSF 2017 : « Jamais la liberté de la presse n’a été aussi menacée »

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La carte de la liberté de la presse dans le monde, établie par Reporters sans frontières le 26 avril 2017.

La liberté de la presse connaît une situation « difficile » ou « très grave » dans 72 pays (sur 180 recensés), selon Reporters sans frontières.

Attaques anti-médias, fausses informations, répression et triomphe d' »hommes forts » comme Trump ou Erdogan : « Jamais la liberté de la presse n’a été aussi menacée », s’alarme Reporters sans frontières (RSF) dans son rapport 2017 publié mercredi.

Rapport de Reporters sans frontières : qui menace vraiment la liberté de la presse ? Les algorithmes et la publicité !

Selon le dernier rapport de Reporters sans frontières, la liberté de la presse régresse partout dans le monde. A cause de Trump, Poutine et Erdogan ? Ou à cause de la publicité qui fait les budgets des médias et la censure exercée par les grands réseaux informatiques et leurs algorithmes ?

L’ONG Reporters sans frontières s’est fait une spécialité de défendre la liberté de la presse dans le monde, et selon son rapport annuel celle-ci connaîtrait une situation « difficile » ou « très grave » dans 72 pays (sur 180 recensés), dont la Chine, la Russie, l’Inde, presque tous les pays du Moyen-Orient, d’Asie centrale et d’Amérique centrale, ainsi que les deux tiers des pays d’Afrique. La carte du monde dressée par RSF est envahie de rouge (« difficile ») et de noir (« très grave »).

Le rapport de Reporters sans frontières dénonce le populisme

Selon Reporter sans frontières, la presse ne serait libre que dans une cinquantaine de pays – en Amérique Nord, Europe, Australie et sud de l’Afrique. Et l’association s’inquiète d’un « risque de grand basculement » de la situation de la liberté de la presse, « dans les pays démocratiques importants ».

Quel en serait la cause, selon le rapport ? Le populisme : « L’arrivée au pouvoir de Donald Trump aux Etats-Unis et la campagne du Brexit au Royaume-Uni ont offert une caisse de résonance au « médias bashing » et aux fausses nouvelles », déplore Reporter sans frontières. La situation en France l’inquiète pour des raisons semblables. Elle y dénonce un « climat violent et délétère », marqué par des attaques verbales contre « les médias menteurs » lors d’une campagne présidentielle « où il devient normal d’insulter les journalistes, de les faire siffler et huer lors de meetings ».

La menace explicite des dictatures sur la liberté de la presse

Parmi les autres mauvais élèves dénoncés figurent la Pologne (54e), qui « étrangle financièrement » la presse indépendante d’opposition, la Hongrie (71e) de Viktor Orban. La Russie de Vladimir Poutine (148e) reste elle aussi ancrée dans le bas du classement. Le résultat est d’une clarté lumineuse : tout ce qui s’oppose peu ou prou à la forme occidentale du mondialisme se trouve condamné pour atteinte à la liberté de la presse. Ce résultat transcrit évidemment un vice de raisonnement.

Il n’est pas de mon intention de nier qu’un Poutine, un Erdogan, ou un John Magufuli en Tanzanie, sont modérément adeptes de la liberté de la presse, et je n’approuve pas qu’en Iran, au Bahreïn, au Turkménistan, en Corée du Nord ou même en Egypte les prisons soient pleines de journalistes. Je réprouve qu’on les fouette comme en Iran, et je me réjouis qu’on ait tué moins de reporters aux Philippines en 2016 qu’en 2015. Mais il me semble que le rapport de Reporters sans frontières confond un peu tout, et volontairement.

Une menace globale plus subtile contre toute liberté

Il y a d’un côté les dictatures affichées et violentes, de l’autre (les cinquante pays démocratiques), un totalitarisme plus moderne, masqué et non aversif. Les atteintes à la liberté de la presse ne sont pas les mêmes dans les deux groupes. Le knout, le peloton d’exécution et la prison règnent dans l’un. Dans l’autre les journalistes ne risquent pas leur vie, ils ne risquent que leur honneur, et la désinformation.

Ce qui menace la liberté de la presse en Occident, et qui n’est nullement montré dans le rapport, c’est la structure même des médias. Les médias dominants sont la propriété d’un certain nombre de ploutocrates qui déterminent cyniquement les limites de la liberté des journalistes. Et si d’autres entrepreneurs veulent faire entendre un autre (vraiment autre) son de cloche, ils en sont financièrement empêchés par le biais de la publicité, qui nourrit à quatre-vingt pour cent le budget des médias, et dont la répartition dépend d’un très petit nombre d’acheteurs d’espace, ploutocrates idéologues cooptés. Rien ne saurait passer au travers.

Contre la presse Internet, algorithmes et publicité

Reste Internet, ses entreprises différentes, ses petits budgets, ses buzz imprévisibles. C’est là qu’interviennent les chiens de garde des grands médias aux ordres (genre les décodeurs du Monde), qui dénoncent le « médias bashing », les « fake news » etc., ou encore les messages « nauséabonds », terrorisme, négationnisme, et justifient ainsi la censure. Celle-ci se met en route. Déjà la publicité décroit sur YouTube, pendant que Facebook revoit ses algorithmes et que Google lance une grande campagne pour changer les siens, de façon à chasser définitivement les fake news, et tous les indésirables.

Reporters sans frontière apporte sa tisane à la censure mondiale

De sorte que sans un mort, sans une fessée, sans un jour de prison, sans même un blâme se crée une prison de l’esprit d’où toute liberté de la presse sera chassée, où la pensée pourra s’endormir en silence. Ce système de censure ne présentera pas seulement l’avantage d’être indolore et donc de ne pas susciter de réaction dans le public (la violence produit des martyrs et des Samizdats) mais d’éliminer les petites censures nationales ou impériales au profit d’une seule censure globale, instrument régalien de la gouvernance mondiale. On aura des médias indépendants (des Etats) encadrée par une censure indépendante (des Etats). Le rapport de Reporters sans frontières y contribue. Tout à fait consciemment, à mon avis.

 
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Publié par le 26 avril 2017 dans Education - information, général, International

 

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Quand Washington perd le Nord en Corée

Quand Washington perd le Nord en Corée

A noter dans le dernier développement, que Le ton monte face aux Etats-Unis : la Corée du Nord menace le porte-avions USS Carl Vinson :

Dans une déclaration publiée par le site web officiel de la de Corée du Nord, Uriminzokkiri, et citée le 24 avril par un journal sud-coréen, Pyongyang menace de couler le porte-avions USS Carl Vinson et son escorte dans le cadre d’une attaque préventive face à ce que les Nord-Coréens affirment être l’annonce d’une invasion de leur pays par les États-Unis. Radio Pyongyang a également prévenu : « Si les États-Unis se lancent dans une dangereuse provocation, nous répondrons à la guerre totale par la guerre totale et à la guerre nucléaire par nos propres frappes nucléaires », tandis que les célébrations le 15 avril pour le jour du Soleil, nom donné au jour de la naissance de Kim Il-sung, grand-père du dictateur actuel Kim Jong-un, ont été l’occasion d’un concert d’un orchestre militaire sur fond d’images d’une attaque nucléaire contre la ville de San Francisco. Sous les applaudissements du public…C’est en tout cas ce qui ressort d’une vidéo mise en ligne par le journal San Francisco Chronicle.

Quand Washington perd le Nord en Corée

L’administration Trump est-elle en train de découvrir l’(Extrême) Orient compliqué ? Le nouveau président américain pensait peut-être qu’après un entretien téléphonique avec la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, l’annonce tonitruante du retrait du Traité transpacifique (TPP), une poignée de main ferme (et douloureuse) au Premier ministre japonais Abe Shinzo et une chanson traditionnelle chinoise interprétée par sa petite-fille devant un Xi Jinping visiblement peu impressionné, un discours musclé face à la Corée du Nord suffirait à faire de lui un dirigeant fort et résolument engagé en Asie-Pacifique. Mais la diplomatie asiatique est un jeu subtil et difficile, les déconvenues américaines s’y sont multipliées ces dernières années, et l’administration Trump ne semble pas bien armée pour faire face à la complexité des dossiers.

Nous assistons pourtant depuis quelques semaines à une hausse des tensions entre Washington et Pyongyang, sur fond de rhétorique très agressive, et de visites à répétition de hauts responsables américains en Corée du Sud. D’abord le secrétaire à la Défense James Mattis, puis le Secrétaire d’État Rex Tillerson, et enfin le vice-président Mike Pence, Donald Trump n’ayant pour sa part pas encore effectué de visite à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir. A chaque fois, le ton est monté d’un cran. « L’ère de la patience stratégique est révolue », a ainsi annoncé depuis Séoul Mike Pence, comme pour signifier que la politique nord-coréenne de Washington va devoir changer. Mais que révèle ce soudain intérêt pour le dossier nord-coréen, sinon d’importantes carences dans l’appareil décisionnel de la politique étrangère américaine ?

Une inquiétante et coupable méconnaissance du dossier coréen

La Corée du Nord est le plus ancien ennemi des États-Unis encore debout. Bien avant que Castro ne prenne le pouvoir à La Havane, que l’Iran n’expérimente sa révolution islamique, que Saddam Hussein ne montre des crocs, ou que l’état-major américain découvre l’Afghanistan sur une carte du monde, la dynastie des Kim contrôlait déjà la moitié nord de la péninsule coréenne, avec un anti-américanisme à la mesure de ce régime totalitaire, et une guerre d’une rare violence entre 1950 et 1953. En clair, les membres de l’administration Trump ont toujours connu la Corée du Nord comme l’un des principaux ennemis des États-Unis, sorte de résilience de la Guerre froide, de résidu d’un monde que certains crurent révolu après la disparition de l’Union soviétique. Autant dire qu’il s’agit là d’un dossier connu, et pour lequel de multiples stratégies ont été envisagées, avec les résultats médiocres que l’on sait, et que la survie du régime de Pyongyang ne fait que rappeler à ceux qui l’oublieraient. Pourtant, la gestion du dossier nord-coréen par l’administration Trump met en relief une étonnante méconnaissance de la réalité de la péninsule. A moins que ce ne soit une « tactique », visant à modifier les rapports de force en jetant un pavé dans la mare. On peut en douter, tant il y a peu de suivi au-delà des déclarations.

Dans ces conditions, pourquoi cet intérêt soudain pour la dynastie des Kim ? Qui est le personnage qui a eu l’idée soudaine de hausser le ton face à Pyongyang ? Quel est ce Docteur Folamour au sein d’une administration qui ne semble pas très experte des questions asiatiques ? Parmi les conseillers au National Security Council (NSC) supposés apporter leur expertise sur le dossier nord-coréen et placés sous la direction du général McMaster, se trouve le général Joseph Dunford, surtout connu pour avoir servi en Afghanistan ; l’ancien sénateur d’Indiana Dan Coats qui n’a aucun antécédent sur l’Asie ; Christopher Ford, assistant-spécial sur les questions de non-prolifération nucléaire, qui a publié quelques travaux sur la Chine (mais pas sur la Corée) ; Matthew Pottinger, assistant-spécial sur l’Asie, ancien journaliste couvrant la Chine et Marine ayant servi en Afghanistan ; ou Victoria Coates, assistante-spéciale sur les questions stratégiques, ancienne consultante et conseillère de campagne de Ted Cruz. Parmi les autres membres du NSC légèrement plus expérimentés, mentionnons Kathleen McFarland (qui va devenir ambassadrice à Singapour) ou Dina Powell (plus connue pour ses antécédents économiques chez Goldman Sachs). Si on ajoute à cette liste les secrétaires (ministres) qui participent aux réunions du NSC, Mattis, Tillerson, et le Secrétaire à l’Énergie Rick Perry, en plus de Mike Pence et du clan Trump, force est de constater qu’il ne se dégage dans l’entourage du président américain pas un expert pointu de la Corée du Nord, ni même d’ailleurs des questions de prolifération et de contrôle des armements. C’est peut-être justement là le problème : après avoir essayé la fermeté sous l’administration Bush, puis le dialogue sous l’administration Obama, mais à chaque fois en imaginant des scénarii et en cherchant à percer les mystères de la Corée du Nord, la Maison-Blanche se risque au jeu du hasard. Si une telle approche des relations internationales peut, au détour d’un coup du sort, fonctionner dans certains cas, elle est très déplacée face à un adversaire qui a fait la démonstration de ses capacités de négociation et de chantage. Mais gageons que l’administration Trump va très vite faire l’apprentissage de ce qu’est l’énigme nord-coréenne. Mieux vaudrait en tout cas.

Les États-Unis déterminés, mais à quoi ?

« Toutes les options sont sur la table », « une action militaire n’est pas exclue », « le régime nord-coréen est sous étroite surveillance »… A plusieurs reprises au cours des dernières semaines, les responsables américains ont claironné leur détermination face à la Corée du Nord. Certes, la détermination est une vertu, à condition toutefois de savoir pourquoi elle est invoquée, ce qui n’est pas le cas ici. Ainsi, à quoi sont donc déterminés les membres de l’administration Trump ? A empêcher que la Corée du Nord ne se dote de l’arme nucléaire, alors que ce pays a procédé à cinq essais depuis 2006, narguant ainsi deux administrations américaines successives ? A éviter une guerre, alors que celle-ci n’est pas plus imminente aujourd’hui qu’hier, et que personne ne semble la souhaiter ? A renverser le régime, perpétuant ainsi les prophéties d’un autre âge des « experts » de la Corée du Nord à Washington qui, depuis 1991, nous en annoncent l’effondrement imminent et ne craignent pas le ridicule en revenant systématiquement à la charge ? Ou alors à éviter que Pyongyang ne se serve de son chantage nucléaire pour marchander sa survie, ce que le régime parvient à faire depuis plus de vingt ans (les accords de la KEDO remontent à 1994) ? Il y a lieu de s’interroger.

Dans tous les cas, il semble y avoir un grand écart entre la détermination et la capacité à la confirmer par des actes. Et cet écart traduit la difficulté de plus en plus grande qu’éprouvent les États-Unis à imposer leurs objectifs stratégiques dans le monde, et tout particulièrement en Asie. Les rapports de force ont évolué, et si Washington était il y a deux décennies au centre de toutes les attentions, et donc du règlement de tous les nœuds politico-stratégiques, l’émergence de la Chine s’est traduite par un retrait progressif. De quels leviers dispose ainsi désormais l’administration Trump face à la Corée du Nord ? Le régime des sanctions est un échec, la recherche du dialogue n’a jamais fonctionné, et l’option multilatérale est désormais (depuis 2003) entre les mains de Pékin. Dans ce contexte, peut-être faut-il dès lors entendre cette détermination comme une volonté farouche de vouloir rester présent sur un dossier qui échappe de plus en plus à Washington. Et l’histoire des relations internationales nous enseigne que quand une puissance sur le déclin, relatif mais réel, cherche à préserver ses acquis et réaffirmer son leadership, elle devient potentiellement déstabilisante. C’est le scénario auquel nous assistons actuellement.

A la recherche d’interlocuteurs légitimes

L’équipe Trump a désormais bien compris que la Corée du Sud est un allié. C’est déjà un premier pas, quand on se souvient que le candidat Trump considérait la possibilité de se désengager militairement de la péninsule (ce que les États-Unis firent une fois, en 1949, avec les conséquences qu’on connaît). Mais les conseillers du président américain ont sans doute oublié de mentionner que ce pays est confronté à une très grave crise politique, qui s’est soldée le mois dernier par la confirmation de la destitution de la présidente Park Geun-hye, qui est même désormais incarcérée en l’attente de son jugement pour corruption et confits d’intérêts. Il serait plus avisé pour James Mattis, Rex Tillerson et Mike Pence – et donc pour l’administration qu’ils représentent – d’attendre que l’élection présidentielle sud-coréenne livre son verdict que de s’afficher avec le président sud-coréen par intérim (ancien Premier ministre de Park et très hostile à la Corée du Nord) Hwang Kyo-ahn, qui n’a aucune crédibilité aux yeux de l’opinion publique sud-coréenne, et dont il convient de rappeler qu’il n’est pas élu. Et pourtant, c’est bien Hwang que les trois hommes ont rencontré successivement, comme pour lui afficher un soutien sans faille. Les Sud-Coréens vont désigner un nouveau président de la République en mai, et tourner définitivement la page de la présidence désastreuse de Park Geun-hye. D’ailleurs, le grand favori de cette élection est Moon Jae-in, candidat malheureux en 2012. Il souhaite renouer le dialogue avec Pyongyang mais aussi repenser la pertinence des missiles THAAD, que Madame Park avait choisi de déployer. Sur ces deux points, il semble peu en phase avec la ligne de l’administration Trump.

De quoi donc s’interroger sur la finalité des pressions américaines dans la péninsule, moins tournées vers Pyongyang que vers Séoul, et accessoirement vers Pékin, comme une doléance à prendre des initiatives. Si ces pressions sont assez logiques, voire légitimes, à l’égard de la Chine, elles ont de quoi surprendre dès lors qu’elles ciblent un allié historique des États-Unis. Conséquence, les manœuvres américaines ont tout pour inquiéter les Sud-Coréens, sans doute plus encore que les gesticulations de Pyongyang dont ils sont de toute façon familiers depuis que la péninsule est coupée en deux, et avec lesquelles ils ont depuis longtemps appris à vivre. Si l’administration Trump cherche des interlocuteurs légitimes et des alliés solides, elle devrait peut-être revoir sa copie dans les signaux qu’elle envoie actuellement à Séoul.

Un commandant en chef des forces armées privé de forces

Reste le problème lié aux moyens. Et une question qui blesse : mais où est donc passé l’USS Carl Vinson, ce porte-avion annoncé avec force par le président américain, et accessoirement commandant en chef des forces armées, comme faisant route vers la péninsule coréenne pour mettre la pression sur Pyongyang ? Aux dernières nouvelles, le bâtiment et la flottille l’accompagnant ont été aperçus dans le détroit de la Sonde, entre Java et Sumatra, en route vers l’Océan indien, à environ 6 000 km au sud des côtes coréennes. Erreur de navigation, tentative de prendre la Corée du Nord par derrière (…) ? Non, tout simplement un ordre de mission respecté à la lettre, avec pour destination l’est de l’Océan Indien où il doit participer à des manœuvres navales avec la marine australienne. Il aurait depuis fait demi-tour, direction la Corée…

De deux choses l’une : soit Donald Trump bluffait quand il affirmait que le bâtiment se dirigeait vers la Corée, auquel cas il devrait s’assurer d’avoir de meilleures cartes dans son jeu avant de faire une annonce aussi risquée ; soit il ne savait pas de quoi il parlait. On ose à peine croire à cette seconde hypothèse, et pourtant. La rumeur enfle à Washington : les officiels du Pentagone n’ont pas osé signaler à leur président que l’USS Carl Vinson ne se dirigeait pas vers la Corée. Pour ne pas le contrarier ? Ou alors en se disant que l’affaire passerait inaperçue ? Le commandant en chef des forces armées ne serait ainsi pas informé de l’état et de la disponibilité des forces sur lesquelles il entend s’appuyer pour rendre sa politique étrangère et de défense crédible ? Voilà qui est, au-delà de l’amateurisme dans la gestion de cette nouvelle crise nord-coréenne, extrêmement inquiétant.

Cent jours après l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, le constat est sans appel et soulève nécessairement de vives inquiétudes. Rarement la politique étrangère des États-Unis fut à ce point hésitante. Rarement la politique asiatique de Washington fut aussi peu pensée et coordonnée. Et jamais sans doute la politique coréenne d’une administration américaine ne fut à ce point marquée par un tel niveau d’incompétence, élevé au rang de doctrine. Il parait que le ridicule ne tue pas. Mais il peut en revanche être très blessant et laisser de profondes cicatrices, et c’est exactement ce que les hésitations coréennes de l’administration Trump risquent de provoquer.

Barthélémy Courmont

Barthélémy Courmont est maître de conférences à l’Université Catholique de Lille, Directeur de recherche à l’IRIS où il est responsable du pôle Asie-Pacifique, il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles sur les enjeux sécuritaires et les questions politiques en Asie orientale. Son dernier livre, Mémoires d’un champignon. Penser Hiroshima, est paru chez Lemieux éditeur.

Photo: Le vice-président américain Mike Pence en visite au village de Panmunjon dans la zone démilitarisée (DMZ) à la frontière de la Corée du Sud avec le Nord le 17 avril 2017. (Crédits : AFP PHOTO / JUNG Yeon-Je)

 

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En pleine tension dans la région, Pékin lance son premier porte-avions 100% chinois

porte-avions

La Chine a mis à flot mercredi son deuxième porte-avions, le premier entièrement conçu et réalisé dans le pays, au moment où le géant asiatique investit massivement dans ses forces armées, à l’appui de son statut de grande puissance capable de rivaliser avec les Etats-Unis.

Pékin dispose déjà d’un porte-avions, le Liaoning, dont la coque avait été produite dans l’ex-URSS.

Le nouveau bâtiment, dont le nom n’a pas encore été dévoilé, ne devrait être pleinement opérationnel qu’en 2020.

Lancement de confettis ce mercredi matin sur le chantier naval de Dalian, dans la province chinoise du Liaoning. Le premier porte-avions entièrement construit en Chine a été mis à l’eau lors d’une cérémonie de lancement organisé par la China Shipbuilding Industry Corp. Il s’agit du deuxième porte-avions de la Chine, après le « Liaoning », mais ce dernier était issu d’un bâtiment inachevé acheté à l’ancienne Union soviétique. Le « Liaoning » avait été mis en service par l’Armée populaire de Chine en 2012.

Le nouveau bâtiment, dont le nom n’a pas encore été dévoilé, ne devrait être pleinement opérationnel qu’en 2020 après avoir été équipé et longuement testé en mer. Lors du lancement en 2015 de la construction du navire, le ministère de la Défense chinois avait indiqué que son premier porte-avions indigène serait équipé d’un système de propulsion conventionnelle, non nucléaire, et transporterait notamment des Shenyang J-15, l’avion de combat de l’aéronavale chinoise.

Un budget militaire de plus de 1.000 milliards de yuans

Hasard du calendrier sans doute, cette mise à l’eau intervient dans un contexte de tensions régionales accrues et de rumeurs de sixième test nucléaire nord-coréen imminent. Le porte-avions américain Carl Vinson et son escorte ont entamé dimanche des exercices conjoints avec la marine japonaise en mer des Philippines.

Le budget militaire chinois, le deuxième de la planète après celui des Etats-Unis , dépassera pour la première fois les 1.000 milliards de yuans cette année (132 milliards d’euros), augmentant de 7%. Si la Chine a multiplié par 10 son budget de la Défense en 15 ans, il reste loin derrière celui des Etats-Unis (552 milliards de d’euros).

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« Le deuxième tour est un référendum pour ou contre l’euro !! » L’édito de Charles SANNAT

[titre article pour referencement]

C’est un très bon article de La Tribune, dont vous trouverez le lien source tout en bas de ce billet comme il est d’usage, sur lequel je souhaite revenir. Voilà l’essentiel :

« «Un référendum sur l’Europe» : c’est ainsi que Pierre Moscovici a présenté lundi le deuxième tour de l’élection présidentielle qui opposera Marine Le Pen à Emmanuel Macron. En apportant, sans surprise, son soutien au candidat de En Marche !, le commissaire européen en charge de l’euro et prédécesseur d’Emmanuel Macron au ministère français de l’Économie, concède également que s’il est élu, Emmanuel Macron, tout pro-Européen qu’il est, devra faire des propositions pour préciser la position de son pays sur les changements à apporter au fonctionnement de la zone euro. »

Cette affirmation de Moscovici n’est pas fausse et la stratégie du système bien-pensant et européiste-mondialiste va consister justement à axer la campagne sur le « pour » l’Europe de la paix (gnagnagnagna) incarnée par Macron en opposition à l’Europe des nations portée par Marine Le Pen.

Faire peur, obtenir un résultat pour Macron de plus de 60 % et en conclure donc que ce n’est pas seulement un référendum pour l’Europe mais un plébiscite !!

Pour autant, et même si nous avons déjà commencé à avoir droit aux éléments de discours d’usage sur « les générations futures », « nous devons léguer la paix à nos enfants », ou encore « l’Europe c’est la paix depuis 70 ans », sans oublier les « sans l’euro ce serait la misère, l’enfer, et la damnation éternelle », toute cette manipulation et cette propagande n’exonéreront pas les dirigeants présents et futurs – qui seront exactement les mêmes, car Macron va juste diriger avec les mêmes socialistes que Hollande et une petite touche de Bayrou qui ne représente plus grand-chose au centre si ce n’est une tête d’affiche – de faire face aux problèmes majeurs qu’affronte l’Europe.

Et d’ailleurs, même le journal La Tribune (qui je vous rassure ne roule pas pour le FN) se pose la question de la façon suivante.

Zone euro : les questions auxquelles Emmanuel Macron devra répondre

« S’il est élu, Emmanuel Macron, tout pro-Européen qu’il est, devra faire des propositions pour préciser la position de son pays sur les changements à apporter au fonctionnement de la zone euro.

S’il est élu président, la négociation qui attend le leader d’En Marche ! dans les mois à venir s’annonce particulièrement difficile car l’espace politique européen pour réformer la zone euro n’est pas à la mesure des appels au changement ou des critiques exprimées dimanche par les Français.

Or le sujet ne divise pas seulement en France, mais un peu partout ailleurs en Europe. Et surtout, il met face à face les gouvernements nationaux et les institutions européennes. »

Quel sera donc le projet européen de Macron ? On le connaît pour le moment c’est du genre « je veux une Europe qui rassure, je veux une Europe qui protège, je veux une Europe du bonheur et tous ensemble, oui mes amis, tous ensemble, osons le printemps car c’est notre projet »…

Bon, une fois ces inepties prononcées plusieurs fois à la télé, le président Macron risque d’apparaître pour ce qu’il est, à savoir « tout nu » en terme d’idées et de projets.

Le cœur du problème de l’avenir de l’Europe ? Vers le saut fédéral ou le retour aux nations !!

« Force est de constater que, côté français, la capacité de proposition a reculé ces dernières années, conséquence implicite de la faiblesse budgétaire du pays. En 2012, Jean Pisani-Ferry, l’actuel conseiller économique d’Emmanuel Macron, qui dirigeait à l’époque un think-tank bruxellois, rappelait dans une tribune publiée par le quotidien Le Monde les trois options sur la table :

  • la constitution d’un budget ad hoc avec des ressources propres;
  • un mécanisme de stabilisation sans ressources propres mais auquel les pays contribueraient et feraient appel successivement, selon leurs besoins ;
  • et enfin une capacité d’endettement supplémentaire, à travers des eurobonds.

Or comme le rappelle très justement La Tribune, « on imagine mal l’Allemagne s’engager aujourd’hui sur la voie d’un super-budget, pas plus que les pays qui, comme la France, l’Espagne et l’Italie, continuent de flirter avec les seuils de déficit ou d’endettement du Pacte de stabilité européen. L’idée des «eurobonds» est pour l’instant écartée. L’adversaire social-démocrate d’Angela Merkel, Martin Schulz, qui s’était dit favorable à ces obligations européennes quand il présidait le Parlement européen, s’est bien gardé de remettre cette idée sur la table depuis qu’il s’est lancé dans la course à la chancellerie. Et les travaux de la Commission européenne sur des «safe bonds», destinés à faciliter le refinancement des pays en difficulté, sont menés pour le moins dans une très grande discrétion, car peu du goût de Berlin ».

S’il n’y a pas de possibilité d’aller vers plus d’Europe pour rendre fonctionnel et techniquement viable le fonctionnement actuel des institutions européennes, alors nous serons contraints, par la force des choses, d’aller vers de moins en moins d’Europe et de privilégier évidemment l’échelon national qui d’ailleurs reste le seul susceptible d’assurer réellement un fonctionnement démocratique.

Quelle est donc la représentativité pour un français du Parlement européen ? Aucune bien évidemment !

La campagne du second tour risque de se jouer sur les enjeux de la politique européenne

L’Europe va mal parce que les divergences entre les économies sont une réalité trop niée.

L’Europe va mal parce que l’euro, sa monnaie, est dysfonctionnel.

L’Europe va mal parce qu’il n’y a pas de gouvernance commune et cohérente.

L’Europe va mal parce que le projet européen est entre deux eaux, et que sur le chemin de plus d’intégration, à un moment, il va falloir choisir entre abandonner toute sa souveraineté – ou ce qu’il en reste – ou la reprendre en totalité.

Nous sommes collectivement au milieu du gué.

Nous devrions faire un choix politique historique, avec un débat démocratique exemplaire.

Ce débat nous a été ôté.

Le système tentera d’expliquer que la victoire de Macron, c’est la victoire de l’idée européenne. Que les Français veulent encore plus d’Europe.

Une chose est sûre : le temps presse. « Si rien ne bouge, il n’y a plus de zone euro dans dix ans », avait déclaré Emmanuel Macron au Figaro en septembre 2015. Avant d’ajouter : « L’absence de proposition est un choix : c’est la sortie de la zone euro »…

Macron le sait. Beaucoup parmi nous le savent aussi. Nous sommes à la croisée des chemins et tout peut arriver.

Celles et ceux qui veulent se préparer à ces temps difficiles peuvent s’abonner à ma lettre STRATEGIES. Vous aurez ainsi accès aussi à toutes les archives, et aux rapports spéciaux concernant la manière de survivre à l’explosion de la zone euro, ou encore celui consacré à l’Assurance vie au Luxembourg, etc, etc!! Plus de renseignements ici

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

Source La Tribune ici

 
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Publié par le 26 avril 2017 dans général, International, Politique

 

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Doug Casey : l’effondrement de l’Union européenne est « imminent »

Nick Giambruno : Doug, vous avez prédit la chute de l’Union européenne il y a quelques années… qu’est-ce qui a changé depuis ?

Doug Casey : La situation s’est empirée. L’inévitable est maintenant devenu l’imminent.

Alors que l’Union européenne était, à la base, un accord de libre-échange entre quelques pays, elle est devenue une gigantesque bureaucratie dysfonctionnelle et tentaculaire. Le libre-échange est une excellente idée. Cependant, il n’est pas nécessaire de légiférer ce libre-échange – c’est presque une contradiction dans les termes. Un accord de libre-échange entre les différents gouvernements n’est pas indispensable pour commercer librement. Un pays intéressé par la prospérité et la liberté n’a qu’à éliminer toutes les taxes à l’import-export, ainsi que tous les quotas. Lorsqu’un pays impose des tarifs ou des quotas, il se met lui-même sous embargo et tire dans le pied de son économie. Les sociétés devraient pouvoir commercer avec qui elles veulent pour leur propre avantage.

Mais ce n’est pas ce qu’ont fait les Européens. Les eurocrates, au contraire, ont créé un accord de la taille d’un bottin téléphonique, en règlementant tout. C’est le problème de l’Union européenne : ils disent que c’est pour le libre-échange, mais en fait c’est pour l’idée arbitraire de « commerce juste et équitable », ce qui revient à tout règlementer. En plus des conséquences économiques désastreuses, cela crée de l’incompréhension et de la confusion dans l’esprit des gens. Bruxelles constitue une couche supplémentaire de bureaucratie par-dessus les couches nationales et locales avec lesquelles l’Européen moyen doit composer.

L’Union européenne à Bruxelles est composée d’une classe dirigeante de bureaucrates extrêmement bien rémunérés, jouissant de bénéfices extraordinaires, avec leur propre culture interne. C’est exactement le même type de personnes qui vivent dans leur bulle à Washington, D.C.

L’Union européenne a été construite sur du sable, et elle était vouée à l’échec dès le départ. L’idée ne pouvait faire long feu, étant donnée que les Suédois et les Siciliens sont aussi différents les uns des autres que peuvent l’être les Polonais et les Irlandais. Il existe des différences linguistiques, religieuses et culturelles, et les niveaux de vie sont très divergents. Les constructions politiques artificielles ne durent jamais. L’Union européenne, c’est parfait pour « l’élite » de Bruxelles, mais pas si parfait pour les citoyens.

Dans le même temps, il y a une force centrifuge à l’intérieur de ces pays européens. En Espagne, les Basques et les Catalans veulent leur indépendance, et au Royaume-Uni, les Écossais voudraient que ce Royaume soit un peu moins uni. Il faut se souvenir qu’avant Garibaldi, l’Italie était composée d’un grand nombre de petits duchés et principautés où l’on parlait sa propre variante de la langue italienne. C’était également le cas pour ce qui est aujourd’hui l’Allemagne, avant Bismarck, en 1871.

En 2014, 89% des Vénitiens se sont dits favorables à une séparation avec l’Italie. La région du Tyrol du sud, où 70% des gens parlent l’allemand, a un fort mouvement indépendantiste. Il y a des mouvements similaires en Corse et dans une demi-douzaine de départements français. Même en Belgique, fief de l’Union européenne, la probabilité que les Flamants deviennent un jour indépendants est élevée.

Il y a fort à parier que, à l’avenir, les pays restants de l’Europe s’effondreront.

D’un point de vue strictement philosophique, l’idéal ne serait pas un gouvernement mondial, ce que « l’élite » préfèrerait, mais plutôt environ sept milliards de petits gouvernements individuels. Cela serait bien mieux pour la liberté et la prospérité.

Nick Giambruno : De quelle façon le Brexit affecte-t-il l’avenir de l’Union européenne ?

Doug Casey : C’est le début de la fin. L’inévitable est maintenant devenu l’imminent. La Grande-Bretagne a toujours été, peut-être, la culture la plus différente de toutes celles qui composent l’Union européenne. Les Anglais y ont adhéré tard et à contrecœur, et n’ont jamais songé sérieusement à abandonner la livre pour l’euro.

Vous allez voir d’autres pays quitter l’Union européenne. Le prochain pourrait bien être l’Italie. Toutes les banques italiennes sont en faillite. Qui pourrait arranger la situation ? Est-ce que le reste de l’Union européenne va débloquer des centaines de millions de dollars pour aider une nouvelle fois l’épargnant italien moyen ? Je ne pense pas. Il y a de fortes chances que l’Italie se débarrasse de l’euro et quitte l’Union européenne.

Si Marine Le Pen remporte les élections, la France sortira aussi. Ce qui serait une bonne chose. Mais là encore, Marine Le Pen ne fait pas exception : elle veut faire perdurer l’État-providence et augmenter la règlementation et les impôts. Les Français ne disposent d’aucune bonne alternative – du moins, si l’on se préoccupe de la liberté d’esprit ou de la liberté de commerce. C’est vrai partout en Europe. Le concept-même de liberté est mort en Europe.

Nick Giambruno : Pourquoi les Américains devraient-ils se préoccuper de cela ?

Doug Casey : Tour comme le démantèlement de l’Union soviétique a eu un effet positif sur le monde en général, et sur les Américains, l’éclatement de l’Union européenne devrait être vu de la même manière. La libéralisation de l’économie augmente la prospérité et les opportunités. Cela donne le bon exemple. Alors, les Américains devraient attendre l’éclatement de l’Union européenne avec autant d’impatience que les Européens eux-mêmes. Mais, malheureusement, la plupart des Américains sont insulaires. Les Européens sont tellement habitués au socialisme qu’ils comprennent encore moins bien l’économie que les Américains. Mais cela va arriver de toute manière.

Nick Giambruno : Quelles sont les conséquences en matière d’investissement ?

Doug Casey : Au début, il y aura un peu de chaos et certains inconvénients. Les investisseurs traditionnels n’aiment pas les marchés instables, mais les turbulences sont actuellement une bonne chose, du point de vue d’un spéculateur. Cela dépend de votre attitude psychologique. Comprendre la psychologie, c’est aussi important que de comprendre l’économie. Ce sont les deux choses qui font les marchés. En fait, la volatilité est votre amie dans le monde de l’investissement.

Les gens craignent les bouleversements. Ils ont peur de toutes sortes de crises. C’est naturel. Mais c’est seulement durant une crise que vous pouvez trouver de vraies aubaines. Il faut regarder le bon côté des choses et adopter une attitude différente de celle de la plupart des gens.

Nick Giambruno : Pensez-vous qu’en se positionnant du bon côté on peut profiter de l’effondrement de l’Union européenne ?

Doug Casey : Oui. L’éclatement de l’Union européenne donnera naissance à de nombreuses opportunités d’investissement. Les gens oublient comme les marchés peuvent devenir abordables. Au milieu des années 1980, je m’intéressais à trois marchés en particulier : Hong Kong, la Belgique et l’Espagne. Ces trois marchés avaient des caractéristiques similaires. Vous pouviez acheter des actions pour environ la moitié de la valeur comptable, et obtenir trois à quatre fois les bénéfices, avec des dividendes de 12-15% en moyenne – parfois beaucoup plus élevés pour certaines actions individuelles. Bien sûr, depuis ce temps, ces dividendes ont augmenté. Les prix des actions se sont envolés.

Je m’attends à ce que cela arrive à nouveau… dans un, quelques-uns, plusieurs, ou dans la majorité des 40 marchés où l’on peut investir. Cependant, nous sommes aujourd’hui dans une bulle mondiale des actions. Cela peut basculer dans la direction opposée. Les gens oublient à quel point les actions peuvent devenir abordables.

Je pense que nous nous dirigeons une période très difficile. Mais il y aura des opportunités incroyables. Les gens, en ce moment, courent après des actions qui n’offrent que 1% de rendements en dividendes et qui sont à plus de 30 fois les bénéfices… et ils les veulent. À un moment donné, ces actions vont se vendre pour trois fois les bénéfices et généreront des dividendes de 5%, voire 10%. Mais, à ce moment là, la plupart des gens auront peur de les acheter.

Je ne crois pas au market timing. Mais, cela étant dit, il me paraît sensé de garder ses munitions quand les marchés sont trop hauts.

Le chaos qui prend place en Europe peut être une bonne chose – si vous êtes bien positionné. Vous ne voulez pas couler avec le Titanic. Vous voulez survivre afin de pouvoir embarquer sur le prochain navire qui vous emmènera vers un paradis tropical.

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Publié par le 26 avril 2017 dans économie, général, International, Politique

 

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Malgré l’arrogance et le chantage, la désintégration européenne est… en marche

Malgré l’arrogance et le chantage, la désintégration européenne est… en marche

Election présidentielle : Emmanuel Macron espère bien rire le dernier

Le premier tour des présidentielles a à nouveau ébranlé l’Union européenne. Les dirigeants de celle-ci entendent expliquer aux Français quel est désormais le « bon choix », relève Pierre Lévy, rédacteur en chef du site http://www.ruptures-presse.fr

L’image était terrible. Lors de la soirée électorale du 23 avril, les caméras de France 2 (notamment) ont diffusé pendant d’interminables minutes la traversée de Paris du cortège d’Emmanuel Macron : une flopée de motards, une dizaine de véhicules toutes sirènes hurlantes et gyrophares en bataille. Même le commentateur en direct s’est étonné de ce convoi brûlant tous les feux rouges. Comme une hallucinante caricature de la continuité, et d’arrogance digne de l’Ancien Régime.

Et comme un symbole subliminal d’une évidence : le «système» a déjà installé son candidat au pouvoir. Le système, c’est-à-dire l’appareil économico-politico-médiatique qui entend assurer la domination de l’oligarchie mondialisée via ses représentants nationaux. L’ancien énarque et banquier de chez Rothschild incarne celle-ci jusqu’à l’outrance. Sur la forme d’abord, au vu de son lancement marketing et médiatique littéralement sans précédent. Et sur le fond, bien sûr, tant ses thèmes de prédilection collent étroitement aux priorités des «élites mondialisées».

A commencer par l’Europe, bien sûr. Concluant l’un des débats de la soirée de France 2, Laurence Parisot – l’ancienne présidente du patronat a fait de l’anti-lepénisme l’affaire de sa vie – a jugé que le plus grand mérite de M. Macron était de vouloir «refonder le plus beau projet qui soit, le projet européen». Au même moment, les messages affluaient pour saluer la victoire annoncée du jeune banquier : du président de la Commission européenne, du porte-parole de la chancelière allemande et du ministre fédéral des Affaires étrangères, de la chef de la diplomatie européenne, de Michel Barnier (responsable pour Bruxelles des négociations sur le Brexit), et de tant d’autres… Tous ont indiqué au peuple français quel serait le «bon choix» pour le second tour.

La carte des votes cumulés Le Pen-Mélenchon recoupe de manière flagrante celle des Non du référendum de 2005

Un bon choix, ou à tout le moins un choix par défaut en faveur duquel s’est prononcée la quasi totalité de la classe politique française. Emmanuel Macron a engrangé des appels allant de Benoît Hamon à François Fillon, de Pierre Laurent à Christian Estrosi. Tous se sont retrouvés pour «faire barrage à Marine Le Pen», qui représenterait «la haine, le racisme, la xénophobie et le danger mettant en péril la République», laissant entrevoir les hordes de chemises brunes en passe de déferler sur le pays… Surtout – car ce cauchemar a tout de même perdu en crédibilité – ils ont brandi la menace de la catastrophe économique qui ne manquerait pas de ruiner le pays si un référendum sur la sortie de l’euro devait être organisé.

Le Monde, quotidien de référence des forces dominantes, n’avait pas publié une seule édition, depuis février, où ne soient parus au moins deux ou trois analyses, points de vue, tribunes ou éditoriaux avertissant contre la «folie» du vote pour la candidate frontiste (les déclarations en ce sens d’Angela Merkel, de Mariano Rajoy, de Mario Draghi ou de Jean-Claude Juncker ont en outre été mises en exergue). La veille du premier tour, le directeur du journal concluait ainsi : «une candidature est incompatible, en tous points, avec nos valeurs et nos engagements : celle de Marine Le Pen». L’Europe est indispensable, précisait Jérôme Fenoglio, car «plus rien n’est désormais possible dans un seul pays». Tout est dit.

Après le 29 mai 2005 puis le 23 juin 2016, la désintégration de l’UE est quoi qu’il arrive enclenchée

Certes, la montée de Jean-Luc Mélenchon dans la dernière ligne droite lui a également valu quelques missiles dénonçant le «populisme anti-européen» ; mais les tirs se sont calmés quand, dans la dernière semaine, l’«Insoumis» a rassuré en précisant qu’il n’entendait pas «sortir de l’Europe».

Reste que le fait est là : la carte des votes cumulés Le Pen-Mélenchon recoupe de manière flagrante celle des Non du référendum de 2005. C’est une nouvelle fois un fossé de classe, social et idéologique qui apparaît : d’un côté une caste qui a intérêt à la mondialisation, et qui réussit à rallier les couches moyennes supérieures, «urbaines et éduquées» ; de l’autre, une France populaire, ouvrière ou rurale, qui constitue la chair à canon de la liberté de circulation des capitaux.

Comme hier au Royaume-Uni. Et c’est bien cette révolte populaire croissante qui inquiète les puissants. Ils essayent de l’endiguer en réanimant régulièrement le spectre de l’horreur et du cataclysme. Du plus ou moins grand succès que ce énième chantage à la peur aura le 7 mai dépendra le plus ou moins long répit que l’intégration européenne pourra gagner. C’est tout l’enjeu du second tour.

Mais, après le 29 mai 2005 puis le 23 juin 2016, la désintégration de l’UE est quoi qu’il arrive enclenchée. Elle est en marche.

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Publié par le 25 avril 2017 dans général, International, Politique

 

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Le Pentagone menace d’abattre l’aviation russe en Syrie

Le Pentagone menace d’abattre l’aviation russe en Syrie

Vendredi 21 avril un porte-parole du Pentagone Jeff Davis avait relaté que des avions de combat américains avaient tenté d’intercepter des avions syriens pour protéger les « conseillers américains ». En réalité,  2 Su-24 syriens avaient attaqué les forces kurdes (formées par les forces spéciales américaines) dans la région de Hasaka et les forces américaines étaient intervenues pour les défendre. Elles sont arrivées trop tard, les chasseurs syriens étaient déjà repartis.

Ce lundi 24 avril, lors d’un point-presse Peter Cook au nom du Pentagone a mis en garde la Syrie et la Russie, indiquant que les Etats-Unis sont prêts à abattre les avions qui, selon Washington, menaceraient les « conseillers américains » présents dans le nord de la Syrie. (L’expression « conseillers américains » est employée par le Pentagone pour désigner les forces spéciales américaines.) Le porte-parole a indiqué «Il ne s’agit pas de ‘zones d’exclusion’ mais nous recommandons au régime syrien de rester loin des zones où il y a des forces de la coalition.»

En réponse à une question d’un journaliste, Cook a déclaré que les Etats-Unis interviendront également contre les avions russes: «S’ils menacent les forces américaines, nous avons toujours le droit de défendre nos forces armées» .

En leur temps, John Kerry et Hillary Clinton avaient souhaité la mise en place de « zones d’exclusion » mais le président Obama avait refusé.

Le haut commandement de l’armée arabe syrienne a répondu au Pentagone que les forces kurdes «répandent chaos et instabilité »dans la région et indiqué que l’armée syrienne continuera ses opérations. Moscou n’a pour le moment pas réagi de manière officielle.

Rappelons qu’à la différence des forces américaines, les forces Russes sont en Syrie avec l’accord du gouvernement syrien, sur sa demande.

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