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L’Amérique s’apprête à déclencher sa super-arme NOPEC contre les Russes et les Saoudiens

Bah oui, il ne faut surtout pas que la Russie continue de se rapprocher de l’Arabie, car si l’Arabie commence à vendre son pétrole contre autre chose que du dollar, ce qu’il finiront inexorablement par faire il y a déjà eu plusieurs signes dans ce sens, ça finirai d’achever le pétrodollar , dont la chute finale a déjà commencé du fait de plusieurs accords bilatéraux, notamment entre Russes et Chinois, pour payer le Brut en devise nationale . Une nouvelle « guerre » lancé par les US, qui vont finir par se mettre tout le monde à dos s’ils continuent à ce rythme, avec le lot de crises qui va avec… Ordo hab chaos . Z

Le Congrès des USA a réactivé la loi nommée NOPEC pour contrer l’OPEP et l’OPEP+.

Officiellement dénommée « Loi sur les cartels ne produisant et n’exportant pas de pétrole »[« No Oil Producing and Exporting Cartels Act », NdT], NOPEC constitue l’essence de ce qu’on peut appeler une « guerre législative » : elle autorise les USA à imposer ses lois nationales, de manière extra-territoriale, en autorisant son propre gouvernement à poursuivre en justice les pays de l’OPEP et de l’OPEP+, tels la Russie, suite à leurs décisions coordonnées de contrôler les prix du pétrole. Mais ces actions en justice restent inapplicables selon le droit international, et c’est là que le refus des pays ciblés d’honorer ces décisions de justice risque, dans le pire des scénarios, de déclencher des sanctions de la part des USA ; toute cette série d’événements est pensée pour servir plusieurs objectifs stratégiques.

Le premier objectif des USA, briser l’axe russo-saoudien qui constitue le cœur de l’OPEP+, amène au second, détricoter toute la structure de l’OPEP, et proclamer la libéralisation de l’industrie énergétique dans un grand marché libre mondial. Ce serait clairement à l’avantage des USA, qui visent à devenir une superpuissance d’exportation énergétique, mais le pays doit commencer par neutraliser la compétition avant d’y parvenir, d’où cette déclaration de guerre économico-hybride au travers de NOPEC. En pratique, on pourrait voir les USA menacer d’un premier jeu de sanctions les pays impliqués dans les accords de l’OPEP et de l’OPEP+, suite à quoi ils pourraient cibler d’un deuxième jeu de sanctions les autres parties qui continuent de faire des affaires avec ces pays.

Si, à l’inverse des médias dominants qui ne considèrent NOPEC que comme une nouvelle loi populiste, on le considère comme une salve d’ouverture dans la guerre de l’énergie, lancée en parallèle de la guerre commerciale, alors on peut comprendre la portée de super-arme stratégique de cette décision ; son efficacité dépendra bien sûr en pratique de sa mise en application par les décideurs américains. Il est trop tôt pour dire si cette décision rebattra les cartes – la loi n’est pas encore promue – mais à supposer qu’elle le soit jamais, elle pourrait bien marquer l’histoire comme développement énergétique le plus important depuis la création de l’OPEP, du gaz naturel liquéfié, et des technologies de fracturation hydraulique.L’objectif de cette approche est d’intimider les vassaux européens des USA, pour les forcer à se soumettre à leurs exigences, afin de faire de l’Europe un marché captif des exportations énergétiques américaines, ce qui explique également pourquoi Trump veut jeter aux orties les autorisations d’exportations de GNL (gaz naturel liquéfié) vers l’UE. Si toutes ces manœuvres devaient réussir, elles pourraient venir encore plus éroder l’indépendance stratégique européenne – déjà une peau de chagrin – et surtout abîmer à long terme les économies des rivaux énergétiques des USA, qui deviendraient vulnérables à des manipulations politiques. Dans le même temps, les USA ont récemment dévoilé le projet « Afrique Énergie »[« Power Africa », NdT]visant à investir 175 milliards de dollars dans des projets gaziers sur le continent, en vue d’implanter des sociétés américaines sur les frontières énergétiques de la Tanzanie, du Mozambique et d’autres pays. Ces sociétés devenant par là des fournisseurs de premier plan de la Chine, rivale des USA, l’accès à l’énergie de Pékin serait plus soumis au bon vouloir américain que jamais auparavant.

Cet article constitue une retranscription partielle de l’émission radio context countdown, diffusée sur Sputnik news le vendredi 3 août 2018.

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Publié par le 20 août 2018 dans économie, général, International

 

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Va-t-on vivre une grave crise financière en 2019 ?

 
 

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Pourquoi Trump vient-il de déclencher une nouvelle crise financière ?

Pourquoi Trump vient-il de déclencher une nouvelle crise financière ? (RT)

On reste dans le domaine monétaire, et vous allez le constater une fois de plus, c’est la clef qui ouvre toutes les portes . Voilà pourquoi ce qui se passe actuellement en Turquie et qui se propage chez les émergents est important et à surveiller de prés … La « monnaie » est l’outil de domination ultime. (le dollar n’est que du simple papier qu’on imprime à volo, il n’a pas tous les attributs d’une monnaie, comme être une réserve de valeur par exemple) Qui maîtrise l’argent maîtrise le monde .  Z 

L’attaque de Trump contre la livre turque, combinée aux récentes mesures de la Réserve fédérale pour réduire drastiquement l’offre de dollars, entrainent le monde vers une crise monétaire identique à celle de 1997. C’est peut-être exactement le but recherché.

Vendredi dernier, Donald Trump a annoncé de nouvelles sanctions contre la Turquie, notamment le doublement des droits de douane sur l’acier et l’aluminium qu’il avait introduits plus tôt cette année. La monnaie turque était déjà en difficulté, mais ces nouvelles sanctions ’ sont la goutte qui fait déborder le vase ’, selon Edward Park de la société de gestion britannique Brooks Macdonald.

Le même jour, la livre turque est tombée à plus de 6 face au dollar, pour la première fois, atteignant un nouveau bas historique de 7,21 par rapport au dollar, dimanche. Après que la Turquie a mis des plafonds aux swaps de devises, la livre a repris un peu de sa valeur perdue, et elle s’échangeait à 6,12 mercredi, toujours bien en dessous des 4,75 pour un dollar qu’elle valait la semaine dernière.

La réaction turque a eu un certain effet, mais ça ne suffira pas : interdire simplement le commerce de la livre au-dessus d’un certain niveau, comme la Turquie a fait, n’est guère un moyen pérenne de revaloriser la monnaie ; et selon le Financial Times, les investisseurs ’ continuent d’augmenter leurs paris contre la Turquie à travers d’autres moyens, comme les swaps de défaut qui garantissent le paiement de la dette en cas de défaut ’. Les actions des banques turques sont aujourd’hui à leur plus bas niveau depuis 2003.

La vulnérabilité de la monnaie vient surtout du fait que le pays a d’énormes dettes en dollars. Les entreprises turques doivent aujourd’hui près de 300 milliards de dollars de dettes libellées en devises, un chiffre qui représente plus de la moitié de son PIB. Comment cela s’est-il produit et pourquoi cela est-il soudainement devenu un problème ?

Pendant l’ère de l’assouplissement quantitatif (QE), la Réserve fédérale américaine a inondé les institutions financières américaines avec 3500 milliards de dollars de nouveaux dollars, dont une grande partie a afflué sur les marchés dits ’ émergents ’ comme la Turquie. Tant que l’orchestre jouait, tout allait bien – des taux d’intérêt presque nuls, combinés à la faiblesse du dollar, rendaient ces dettes abordables. Mais depuis que la Réserve fédérale a mis fin à son programme d’assouplissement quantitatif l’an dernier – et qu’elle a ensuite commencé à l’inverser en vendant les actifs financiers qu’elle avait achetés (et donc en retirant des dollars du système financier) – la valeur du dollar a recommencé à augmenter, ce qui augmente de prix de la dette.

Cette appréciation du dollar a été aggravée par deux hausses successives des taux d’intérêt de la Réserve ; mais elle a également été aggravée par les décisions de Trump. Paradoxalement, les guerres commerciales de Trump ont conduit à une nouvelle hausse du dollar, car les investisseurs ont considéré ce dernier comme un ’ refuge’ par rapport à d’autres monnaies jugées moins capables de résister aux turbulences aléatoires qu’il a déclenchées. Même le yen et le franc suisse, traditionnellement considérés comme ’ aussi solides que l’or ’, se sont affaiblis face au dollar, comme d’ailleurs face à l’or lui-même.

Comme l’a dit Aly-Khan Satchu, fondateur et PDG de Rich Management, ’le dollar américain a été transformé en arme – soit délibérément, soit à dessein’ (y a-t-il une différence ?), ajoutant que d’autres pays subiront le même traitement ’ s’ils s’entêtent dans la même politique qu’Erdogan ’.

Ainsi, le coup porté par les Etats-Unis à la Turquie est quadruple – hausses de taux d’intérêt et tarissement des dollars de la Fed ; tarifs douaniers et sanctions de Trump. Il en résulte une perte de près de 40 % de la valeur de la livre depuis le début de l’année.

Les effets se font déjà sentir bien au-delà des frontières de la Turquie ; le rand sud-africain est tombé, lundi, à son plus bas niveau depuis deux ans, et la roupie indienne, le peso mexicain et la rupiah indonésienne ont tous été durement touchés. Cela n’est pas surprenant, car le gonflement de la dette libellée en dollars – de 2 000 milliards de dollars il y a 15 ans à 9 000 milliards aujourd’hui, en grande partie par les pays du Sud – combiné à l’inversion de l’assouplissement quantitatif, sont les ingrédients d’une crise qui ne demande qu’à éclater. Toutes les conditions qui avaient précédé la crise monétaire de 1997 en Asie de l’est sont désormais réunies. Il ne manquait qu’un petit coup de pouce – et Trump vient de le donner.

Tout cela est expliqué dans tous les manuels d’économie, ou plutôt ça devrait l’être si les manuels reflétaient la réalité (ce qui est loin d’être le cas). Les dix dernières années sont pratiquement le replay exact de la décennie qui a précédé la crise de 1997. Si la dévaluation du dollar de l’Accord de Plaza de 1985 n’était pas exactement du quantitative easing, elle avait le même but et les mêmes résultats – un flot d’argent et de dettes en dollars bon marchés, et donc une dépendance et une vulnérabilité mondiales croissantes au dollar et à la politique monétaire et économique des États-Unis.

Cette vulnérabilité a ensuite été effectivement ‘encaissée’ lorsque l’accord de Plaza a été ‘inversé’, 10 ans plus tard, (par l’accord du Louvres, ndt), un renversement qui à l’instar du renversement actuel de l’assouplissement quantitatif, étrangle le crédit et fait monter les taux d’intérêt, rendant les marchés plus instables et les faillites plus probables.

Le déclencheur a finalement été l’effondrement du baht – la monnaie d’un pays (la Thaïlande) qui avait un PIB deux fois moins élevé que celui de la Turquie – qui a provoqué une crise qui s’est étendue à toute l’Asie, sabotant le développement du continent et permettant aux entreprises américaines d’acheter certaines des usines industrielles les plus avancées du monde pour une fraction de leur valeur.

Il n’est donc pas difficile de comprendre pourquoi Trump et la Fed pourraient vouloir déclencher une telle crise aujourd’hui. Plus les monnaies des pays endettés en dollars dégringolent, plus ils doivent céder de biens et de services réels aux Etats-Unis pour payer les intérêts de leurs dettes en papier-dollars aux États-Unis – et ceux qui ne peuvent pas suivre seront avalés pour trois sous.

Cependant, au-delà du profit purement économique, il y a aussi l’impératif géopolitique de maintenir et d’étendre la domination américaine en écrasant ses rivaux. Trump ne fait rien d’autre, après tout, que d’utiliser toute la puissance dont il dispose pour détruire ses adversaires. Mettre les pays les uns après les autres au bord de la faillite – et donc à la merci du FMI – est un moyen de transformer la dépendance à l’égard du dollar accumulée au cours de la dernière décennie en pouvoir pur et dur.

On peut facilement imaginer ce que les États-Unis pourraient exiger en échange de leur soutien pour obtenir le renflouement du FMI – mettre fin aux importations de pétrole en provenance de l’Iran, cesser de participer à la Route de la soie chinoise… le potentiel est énorme. On entend déjà des menaces directes contre la Turquie pour qu’elle fasse ‘ce qu’elle doit faire’ pour ‘rassurer les marchés’ – le Times de mardi, par exemple, exige que ’ Erdogan mette fin à son différend avec l’Occident s’il veut éviter une crise plus profonde… sa ligne de conduite devrait être claire : il devrait relever les taux d’intérêt[c’est-à-dire promettre aux spéculateurs internationaux des coupures plus importantes dans l’économie turque], tenir compte des économistes compétents, garantir explicitement l’indépendance de la banque centrale [c’est-à-dire la soustraire au contrôle démocratique], et se réconcilier avec le président Trump’ – car, après tout, ’le soutien des États-Unis sera nécessaire si le FMI ou la Banque mondiale doit intervenir’.

En effet, c’est là qu’on voit toute l’hypocrisie de la soi-disant opposition entre les ‘mondialistes’ et les ‘nationalistes économiques’ de la Maison Blanche Trump – et du pays dans son ensemble – apparaître au grand jour, une fois de plus. Lorsqu’il s’agit de pousser les pays du Sud à la faillite, leurs intérêts sont absolument les mêmes. Les communiqués de Goldman Sachs qui décrient les tarifs douaniers de Trump sont de l’enfumage, la vérité, c’est que la guerre commerciale est la cerise sur le gâteau de la politique de la Fed dont le but est d’écraser les ‘marchés émergents’.

Wall Street dépend précisément du type d’instabilité financière que les guerres commerciales de Trump ont déclenchée. Comme l’a noté Peter Gowan, ’l’économie américaine dépend… de la reproduction constante des crises monétaires et financières internationales ’. Wall Street en particulier ’dépend de l’instabilité chaotique des systèmes financiers des marchés émergents’. Mais on dissimule la vraie nature de ces décisions en les drapant dans l’étendard du ‘nationalisme’ et en les présentant comme des solutions aux pseudo-chocs de la ‘mondialisation’. Les pays du sud se trouvent maintenant au bord du précipice – et les ‘libéraux de l’establishment’ et les ‘insurgés nationalistes’ attendent en ligne le moment de les y pousser.

Dan Glazebrook

Dan Glazebrook est un écrivain politique indépendant dont les articles passent sur RT, Counterpunch, Z magazine, le Morning Star, le Guardian, le New Statesman, l’Independent et Middle East Eye, entre autres. Son premier livre, ’Divide and Ruin : The West’s Imperial Strategy in an Age of Crisis’ a été publié par Liberation Media en octobre 2013. Il contenait un recueil d’articles écrits à partir de 2009 examinant les liens entre l’effondrement économique, la montée des BRICS, la guerre contre la Libye et la Syrie et l’’austérité’. Il fait actuellement des recherches sur l’utilisation par les États-Unis et le Royaume-Uni d’escadrons de la mort à caractère sectaire contre des États indépendants et des mouvements de l’Irlande du Nord et de l’Amérique centrale dans les années 1970 et 1980 jusqu’au Moyen-Orient et à l’Afrique d’aujourd’hui.

Traduction : Dominique Muselet

https://www.rt.com/op-ed/436206-turkey-crisis-trump-financial/

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Publié par le 19 août 2018 dans économie, général, International

 

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Le jour où les Etats-Unis ont fait défaut – reviendra !

Le jour où les Etats-Unis ont fait défaut – reviendra!

Et il s’approche à grand pas  …

Les géostratèges, les experts militaires, les analystes politiques, les reporters, les économistes en tout genre font mines de ne pas comprendre la relation de dépendance qui relie l’économie, la politique, la diplomatie et les forces militaires. L’article qui suit clarifie les relations de causalité nécessaire qui attache ces différentes variables.

Ainsi, quand le Président américain Roosevelt a – au nom des banquiers Étatsuniens – décrété qu’il n’allait pas honoré la colossale dette américaine, mais plutôt dévaluer le dollar, flouant de la sorte tous les détenteurs de billets verts de 69% de leur fortune, qu’est-ce qui a empêché tous ces milliardaires frustrés ainsi que les travailleurs petits-porteurs de s’en prendre aux USA afin de forcer ce voleur à rembourser ? La marine et l’armée américaine furent les défenseurs de cette arnaque sans qu’il y ait de guerre pourtant. C’est un peu comme dans un village  du Far West où le maire pillait la banque et le shérif le couvrait, puis  banquier, maire et shérif se partageaient le butin.

En réalité, la prochaine fois il n’y aura même pas de butin à partager car la nono-convertibilité du dollar en or a déjà été abolie en 1971. Reste à fixer la nouvelle convertibilité du dollar en or. Vous comprenez maintenant pourquoi il fallait Donald Trump aux commandes du « tank » Maison-Blanche. Comme d’habitude, les  économistes sont tout juste capable de décrire le passé (article ci-dessous), et nullement habilité à anticiper l’avenir.  Bonne lecture.

Robert Bibeau, Éditeur.  http://www.les7duquebec.com

***

Par David Frum. Sur Le Temps.

Le refus par Roosevelt de respecter les engagements des Etats-Unis sur leur dette, en juin 1933, puis sa décision de dévaluer le dollar font l’objet d’un livre de référence. L’épisode pourrait-il se reproduire aujourd’hui ?

Amnésie collective ? Les Américains, pour qui les contrats sont sacrés, ont oublié le moment où leur président a rompu les engagements américains, écrit le professeur Sebastian Edwards, dans American Default – The Untold Story of FDR, the Supreme Court, and the Battle over Gold (Princeton, 252 p., 2018). Les faits sont-ils trop douloureux? Ils ne sont en tout cas plus enseignés à l’université.

C’est «une histoire fascinante aux leçons éternelles», selon le Financial TimesMême la dette américaine n’est pas sûre, rappelle le journal britanniqueGreg Mankiw, auteur du principal manuel d’économie aux Etats-Unis et ancien conseiller à la Maison-Blanche, loue cet ouvrage et estime sur son blog que l’affaire a été très controversée à l’époque et le serait encore aujourd’hui si elle se renouvelait.

Fermeture des banques

Les faits: entre 1929 et 1932, la Grande Dépression s’est traduite par une chute de l’emploi de 50% et une baisse moyenne des salaires de 67%. Lors de son entrée en fonction, le 4 mars 1933, le président Roosevelt (FDR) affronte une crise bancaire si aiguë qu’il doit fermer les banques plusieurs jours (Banking Holiday). Les Etats-Unis subissent toutefois de fortes sorties d’or.

Le 5 avril 1933, le gouvernement oblige les particuliers et les entreprises à vendre leur or à la Fed au prix de 20,67 dollars l’once, sous peine d’amende (jusqu’à 10 000 dollars) et de prison (jusqu’à 10 ans). Le répit n’est que provisoire. Le 20 avril, les Etats-Unis finissent par abandonner l’étalon-or, provoquant une baisse du dollar. L’objectif de FDR est alors d’augmenter les prix, en particulier agricoles, pour enfin sortir le pays de la crise.

Le rôle de la clause or

L’or joue un autre rôle clé. La plupart des contrats de dette, privée et publique, comprenaient une clause or, prévoyant un remboursement en or qui protégeait l’investisseur d’une baisse de la valeur du dollar. Un montant considérable de la dette, 120 milliards de dollars, soit 180% du PIB, était doté de cette clause. Avec la dévaluation du dollar par rapport à l’or, les débiteurs allaient-ils être remboursés en fonction du cours du billet vert ou du métal jaune? Le 5 juin 1933, le Congrès annule toutes les clauses or des contrats, même passés. Un coup de tonnerre dans un pays réputé pour le respect de ses engagements.

Le 31 janvier 1934, Roosevelt dévalue le dollar de 69% en fixant le cours de l’or à 35 dollars. Immédiatement, les investisseurs au bénéfice d’une clause or font appel jusqu’à la Cour suprême.

FDR a cherché à se justifier en arguant que les épargnants qui avaient acheté des obligations connaissaient les limites de leur protection. En effet, l’or détenu par les Etats-Unis ne dépassait pas 3 à 4 milliards de dollars. Une goutte d’eau face aux montants d’endettement avec clause or.

Violation des contrats

Pour beaucoup d’avocats, de banquiers et de politiciens, la dévaluation du dollar et l’abrogation de la clause or constituaient une «violation des contrats et un transfert majeur de richesse du créancier au débiteur».

Après de multiples pressions présidentielles, les juges décident le 18 février 1935, par cinq contre quatre, en faveur du gouvernement. S’ils avaient décidé l’inverse, la dette se serait accrue de 69%. La Cour suprême a décidé que l’abrogation de la clause or était anticonstitutionnelle, mais que le plaignant, en l’occurrence John Perry, n’avait pas subi de préjudice en termes de pouvoir d’achat. En somme, il n’y avait pas de conséquence économique à passer cette loi pourtant anticonstitutionnelle. La nouvelle loi n’était pas annulée. FDR pouvait poursuivre sa politique comme si elle était constitutionnelle.

Le principal argument était celui de la «nécessité». Sans abrogation de la clause or, la dette se serait fortement accrue.

«La Constitution comme beaucoup d’entre nous l’ont comprise et l’instrument qui signifie tant pour nous, est morte», a commenté James Clark McReynolds, l’un des juges minoritaires.

Reprise économique

Mais en annulant la clause or avec effet rétroactif, le fardeau de la dette américaine a chuté. Pour Ben Bernanke et Milton Friedman, c’est cette décision qui a marqué le début de la reprise économique et la fin de la Grande Dépression.

Les Etats-Unis sont perçus comme un pays sûr qui honore ses contrats parce que le défaut de l’époque était «excusable». Le gouvernement a agi par «nécessité». Les marchés financiers comprennent que la restructuration de la dette et la dévaluation de 1933 étaient nécessaires pour assurer une reprise économique.

Les événements américains de 1933 à 1935 peuvent se reproduire, selon l’auteur. En cas de nécessité, les gouvernements peuvent restructurer et modifier les contrats. Mais deux facteurs clés ont changé. L’étalon or a disparu, remplacé par les taux de change flottants. Et les problèmes ne sont plus purement domestiques. Si un gouvernement modifie les contrats, une cour internationale risque de devoir prendre une décision.

Voyez dans ces derniers arguments l’économiste s’y prend  pour couvrir ce système économique décadent:
A) L’étalon or n’a nullement disparu sur les marchés boursiers (même si non officialisé) et l’or fluctue quotidiennement à la bourse et tous les gouvernements puissants de ce monde se disputent comme des chiffonniers pour récupérer leur OR au nom de leurs financiers et de leurs banquiers paniqués. La FED joue l’or à son plus bas afin de le revaloriser après la dévaluation anticipé du dollar USD. La prochaine étape de l’arnaque en préparation.
B) L’auteur  menace les USA des sanctions d’une cour internationale (sic). Mais  monsieur qu’elle armée – quelle porte-avion ira à Washington, faire exécuter la décision de cette cour internationale ?  Vous comprenez maintenant  l’importance d’avoir une armée qui coûte 600 milliards USD par année aux payeurs de taxes américains.

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Publié par le 19 août 2018 dans économie, général, International

 

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Les bombardiers à longue portée Chinois « se préparent probablement à des frappes », prévient le Pentagone

La Chine a développé les capacités de son armée de l’air et s’entraîne « probablement » à viser des cibles américaines, selon un rapport du Pentagone sur les capacités militaires chinoises.

L’armée chinoise a élargi ces dernières années les opérations de ses bombardiers tout en « s’entraînant probablement à des frappes » contre des cibles américaines, selon un rapport annuel du Pentagone publié jeudi,dans un contexte de tensions commerciales accrues entre Washington et Pékin.

Le Pentagone a fait cette évaluation dans un rapport qui souligne les efforts de la Chine pour étendre son influenceMondiale, avec des dépenses en matière de défense estimées par le Pentagone à plus de 190 milliards de dollars (167 milliards d’euros) en 2017.

« S’entraînant probablement à des frappes »

« Au cours des trois dernières années, l’APL (l’Armée populaire de libération, N.D.L.R.) a rapidement étendu les zones d’opérations de ses bombardiers maritimes, acquérant de l’expérience dans des régions maritimes cruciales et s’entraînant probablement à des frappes contre des cibles des États-Unis et de leurs alliés », est-il écrit dans le rapport.

Bien que l’APL ait continué à étendre ses opérations, le message que Pékin cherchait à envoyer, « au-delà d’unedémonstration de capacités accrues », n’était pas clair, a estimé le Pentagone dans son rapport.

Aucun commentaire n’a été effectué par l’ambassade de Chine à Washington. Cette année, les forces aériennes chinoises ont placé des bombardiers à proximité d’îlots à la souveraineté contestée en mer de Chine méridionale dans le cadre d’exercices militaires dans la région.

En janvier, le Pentagone a fait de la lutte contre l’influence de la Chine et de la Russie ses priorités en matièrede stratégie de défense nationale.

La volonté de Washington et Pékin de contenir les tensions militaires a parfois été mise à l’épreuve ces derniers mois, notamment en mai après l’annulation faite à la Chine par le Pentagone de participer à des exercices militaires en mer .

 

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Trump lance une guerre économique contre plusieurs pays

Après la Corée du Nord, l’Iran et la Russie, Washington s’attaque à la Turquie. Une brouille assez spectaculaire pour deux pays alliés de longue date.

 
 

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Turquie : ce qu’il faut retenir de la crise… et de la place de l’or

« Si vous avez des dollars, des euros ou de l’or, allez dans les banques pour les échanger contre des livres turques. C’est une lutte nationale ». La déclaration du président turc Erdogan, vendredi, n’est pas passée inaperçue. Le pays traverse actuellement une crise majeure. Le métal précieux peut-il être une solution quand la devise nationale perd sa valeur ?

Une crise financière sur fond de bras de fer

Depuis le début de l’année, la livre turque a fondu. Elle a perdu près de 40 % de sa valeur face au dollar et à l’euro. Et en fin de semaine dernière, elle a encore dégringolé lorsque le président américain a annoncé le doublement des taxes de douanes sur l’acier et l’aluminium. Nouvelle escalade dans le bras de fer économique qui oppose Trump et le gouvernement turc… et une réponse du président Erdogan qui ne s’est pas fait attendre. Le même jour, il demandait à ses concitoyens de changer leurs devises étrangères pour soutenir la livre turque. Et pas uniquement leurs devises étrangères : leur or également. « Si vous avez des dollars, des euros ou de l’or sous votre oreiller, allez dans les banques pour les échanger contre des livres turques », a-t-il demandé, évoquant une « lutte nationale ».

Après les craintes de guerre économique entre les Etats-Unis et la Chine, entre les Etats-Unis et l’Iran, il semble donc bien que ce soit la Turquie la première frappée. Est-ce qu’il faut y voir un nouveau signal d’alerte sur l’économie mondiale… ou bien l’un des premiers rouages qui se grippe ? J’en parlais il y a quelques jours justement : les scénarios « dans le vert » ne peuvent pas durer. Un jour ou l’autre, la machine s’enraye !

Et c’est justement la situation vécue actuellement par la Turquie. Les positions économiques d’Ankara inquiètent les spécialistes, la livre décroche. Sur fond de crise diplomatique entre la Turquie et les Etats-Unis, le président Trump assène un nouveau coup sur l’acier et l’aluminium… et la livre turque dégringole encore plus. Déjà mise à mal depuis quelques années, l’économie turque ne semble plus maîtriser son inflation.

Dans la série des scénarios catastrophe, on n’est donc pas loin d’une nouvelle étape. Les équilibres commerciaux sont une nouvelle fois bouleversés. Et les spectres des crises majeures vécues par Chypre ou par la Grèce sont bien visibles.

L’or turc peut-il rétablir un certain équilibre ?

Pour les Chypriotes et les Grecs, les récentes crises majeures ont eu un impact immédiat et très visible sur le quotidien des particuliers : inflation majeure, perte de pouvoir d’achat, bankrun et manque de cash. En appelant les Turcs à changer immédiatement leurs devises fortes ainsi que leur or, Erdogan semble vouloir inverser la tendance tant que c’est encore possible. Parmi les mesures annoncées aujourd’hui, Ankara a également évoqué que la banque centrale turque avait « révisé les taux de réserves obligatoires pour les banque, dans le but d’éviter tout problème de liquidités ». « Environ 10 milliards de livres, 6 milliards de dollars et l’équivalent de 3 milliards en or de liquidités seraient fournis au système financier », annonce ainsi le Monde dans un article ce lundi. 

Une autre information est peut-être passée inaperçue il y a quelques semaines… mais elle prend tout son sens en ce moment. En juin, la Turquie a évacué son or jusque là laissé dans les coffres-forts de la Réserve fédérale américaine. Au total, 28,6 tonnes du métal précieux ont quitté le sol américain pour être stockées à Londres et en Suisse, même si les lieux exacts ainsi que le nombre de tonnes n’ont pas été confirmés officiellement.

« Ces dernières années, la banque centrale turque a été l’une des plus grosses acheteuses d’or », rappelle aussi l’article des Echos.fr en juin. Avec un double objectif : d’abord diversifier les réserves de change d’Ankara, mais aussi s’affranchir du dollar. Selon les chiffres du World Gold Council, les stocks du pays atteignaient au début de l’été 236 tonnes, soit près de 10% de ses réserves de change. Et 358 tonnes d’or des banques commerciales turques sont aussi conservées par la banque centrale…

« De l’or sous l’oreiller » : en Turquie, ce n’est pas un vain mot

Si Erdogan a appelé les Turcs à échanger l’or caché sous les oreillers, c’est aussi parce que ces réserves personnelles sont une réalité dans le pays. Selon le World Gold Council, le pays est même le quatrième plus important consommateur d’or au monde, avec une moyenne de 81 tonnes d’or achetées par les ménages. En 2015, le Conseil mondial de l’or estimait à 3500 tonnes le volume conservé en sécurité par les Turcs. Et c’est certainement là le fameux « oreiller » réclamé en fin de semaine dernière par le président Erdogan.

Mieux comprendre la place de l'or en Turquie - World Gold Council

L’or est déjà un rouage important du système financier turc. Les particuliers l’utilisent pour protéger leur épargne, et ils sont d’ailleurs incités à le faire (et on en parle d’ailleurs dans ce dossier). « Des générations d’épargnants turcs se sont tournés vers l’or pour se protéger contre les ravages de l’inflation et pour se prémunir face à la faiblesse de leur monnaie », estiment ainsi les analystes du World Gold Council. Les banques commerciales aussi utilisent l’or pour soutenir l’économie du pays : depuis 2012, elles sont déjà mises à contribution par le gouvernement. Le pays a aussi mis l’accent sur sa propre extraction aurifère, alors que les réserves d’or souterraines sont estimées à 840 tonnes.

Le cas de la Turquie le montre bien. Oui, le métal précieux peut être une solution quand la devise nationale perd de sa valeur. Et ce n’est d’ailleurs pas anodin si certaines banques centrales rapatrient leur or aux premiers signes de crise économique ou géopolitique. C’est une solution évidente pour les particuliers aussi. Encore faut-il éviter une situation extrême où le gouvernement décide de faire main basse sur les réserves en or de ses citoyens !

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