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« El Salto » en Espagne, une nouvelle coopérative de médias indépendants pour le changement social

Voici ce que j’aimerais bien faire ici en France : créer un pole médiatique alternatif indépendant de pointe – Le journal espagnol indépendant Diagonal et une vingtaine d’autres médias viennent de lancer la première coopérative de médias indépendants espagnols, El Salto. Plus qu’un journal, dont le premier numéro sera distribué en avril, El Salto poursuit la voie d’un autre journalisme fonctionnant de façon horizontale sans dépendre économiquement de la publicité des grandes entreprises ni des gouvernements, un journalisme rigoureux, qui cherche à coopérer plutôt qu’à entrer en compétition, et qui contribue au changement social. Voici l’histoire et le manifeste de cette nouvelle coopérative de presse.

El Salto. L’histoire de cette coopérative vient de loin. Dans les années 80, un groupe de personnes a imaginé un moyen de raconter la réalité à contre-courant des informations « mainstream » qui affluent quotidiennement : le bulletin Molotov fait son apparition et publie 39 numéros. En 1994, Molotov fusionne avec l’agence de contre-information UPA, et constitue le collectif UPA-Molotov. En 2000, cette dynamique donne naissance au mensuel Molotov qui publie 43 numéros au format tabloïd. Lorsque le dernier numéro de Molotov est publié en décembre 2003, ce n’est pas tant pour disparaître que pour réaliser une mutation.

Cette fois, il est question d’amorcer un processus pluriel qui veut transcender le champ militant ; ce qui donnera naissance au site d’information et au journal bimensuel Diagonal distribué dans tout l’État espagnol. Douze ans et 284 numéros plus tard, Diagonal fait un nouveau pas en avant, « bondit » et devient… El Salto, le « saut » en castillan. Le 15 décembre 2016, le journal Diagonal publie donc son dernier numéro. Mais, encore une fois, au delà de la disparition de Diagonal, il s’agit bien plus d’une mutation profonde dont le seul défi est d’arriver à être lu par le voisin de palier, qu’il comprenne ce qu’est le patriarcat et le capitalisme…

Un journalisme qui contribue au changement social

El Salto, c’est une coopérative impulsée par le journal Diagonal et plus de vingt autres médias dont le média féministe Pikara Magazine, la revue Pueblos, le site d’informations économiques El Salmón Contracorriente, AraInfo en Aragon, Bostezo à Valence et d’autres collectifs audiovisuels comme Siberia TV ainsi que des projets radiophoniques… Une campagne d’information a démarré fin novembre 2016 pour une durée de 6 mois, afin d’atteindre le premier objectif de 10 000 abonnés, garant de toute indépendance.

Déjà, le numéro zéro vient de paraître et le premier numéro du mensuel sera distribué en avril. Au mois de mai, le nouveau site Internet sera accessible. Mais d’ores et déjà, El Salto poursuit la voie d’un autre journalisme, un journalisme qui fonctionne de façon horizontale sans dépendre économiquement de la publicité des grandes entreprises ni des gouvernements, un journalisme de qualité et rigoureux, un journalisme qui cherche à coopérer plutôt qu’à entrer en compétition, un journalisme qui contribue au changement social.

Voici leur manifeste :

Ils nous disent : impossible.
Nous répondons : nous sommes déjà en train de le faire

« Ils nous disent : impossible.
Nous répondons : nous sommes déjà en train de le faire

Ils nous disent : mettez-vous en concurrence, c’est la logique du marché. Nous répondons : nous coopérons, nous fonctionnons différemment.

Ils nous disent : pour qu’il y ait de l’ordre, il doit y avoir une hiérarchie. Nous répondons : pour qu’il y ait de l’ordre, nous avons besoin d’horizontalité, de bonne coordination et d’intelligence collective.

Ils nous disent : celui qui paie a accès à tous les contenus. Nous répondons : toute information doit toujours être accessible dès le premier moment. Tes ressources ne doivent pas limiter ton droit à l’information.

Ils nous disent : il est inévitable de se financer avec la publicité des grandes entreprises, sinon l’information n’est pas soutenable. Nous répondons : faisons un média de propriété collective. Une véritable indépendance est possible quand tu ne dépends pas de grands annonceurs, surtout si ce sont des multinationales qui violent les droits humains, économiques et sociaux. Très rapidement, ils finissent par conditionner ton contenu.

Ils nous disent : les contenus sponsorisés aident à la viabilité et ne font de mal à personne. Nous répondons : vendre de la publicité sous couvert d’information n’est pas éthique, ça déforme l’idée de journalisme et revient à tromper les gens.

Ils nous disent : plus ton poste est haut placé et spécialisé dans la hiérarchie, plus ton salaire est élevé, c’est logique. Nous répondons : rompons avec la logique selon laquelle le reproductif et le productif sont différents ; de nouveau, horizontalité et égalité salariale ; beaucoup de travaux invisibles sont nécessaires pour qu’un média voie le jour ; mettons-les au même niveau.

Ils nous disent : baisse les coûts autant que possible. Nous répondons : nous pensons que les coûts ne sont pas seulement économiques mais aussi écologiques et sociaux. Économie sociale et solidaire, distribution à bicyclette et qualité de la vie se trouvent au centre de notre proposition.

Ils nous disent : l’objectivité et le professionnalisme vont de pair. Nous répondons : l’objectivité n’existe pas, l’honnêteté est d’expliquer depuis quel lieu tu écris et vois la réalité. Nous ne sommes pas dans une tour d’ivoire, nous voulons contribuer au changement social, à la transformation de la réalité avec des contenus de qualité.

Ils nous disent : impossible. Nous répondons : nous sommes déjà en train de le faire.

Faisons le pas. Moi aussi, je fais le pari d’un média fait par et pour les citoyens. »

Version originale du Manifeste en castillan 

Source

 

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Chercheurs – Les exoplanètes de Trappist 1 pourraient « grouiller de vie »

C’est l’une de nos meilleures chances de découvrir une vie extraterrestre. Les sept exoplanètes similaires à la Terre, découvertes en février autour l’étoile minuscule Trappist 1, vont attirer l’attention de nombreux chercheurs du domaine spatial dans les années à venir.

la principale question étant de savoir si les trois situées dans la zone habitable disposent d’une atmosphère, condition nécessaire à l’existence d’une vie extraterrestre. Si certains chercheurs tentent déjà de faire des projections, il faudra attendre 2018 pour que le nouveau télescope spatial James Webb nous apporte la réponse.

Mais si quelques organismes biologiques ont vraiment réussi à émerger sur l’une des sept planètes? Alors plusieurs d’entre elles pourraient bien disposer d’une très importante biodiversité. C’est en tout cas la théorie de deux astrophysiciens de l’université d’Harvard, rapporte le New Scientist .

Autour de Trappist-1, la vie pourrait facilement passer d’une planète à l’autre

Tout près de la petite étoile Trappist-1 se serrent sept planètes, dont trois dans la zone habitable. Si la vie est apparue sur l’une d’elles, elle aurait pu migrer sur les autres. C’est l’hypothèse de deux chercheurs de Harvard.

Relativement proche de nous, 40 années-lumière seulement, la petite étoile Trappist-1 et le cortège de sept planètes très vraisemblablement rocheuses dont les découvertes ont été annoncées en février dernier, régalent autant les chasseurs d’exoplanètes et les exobiologistes que le grand public. Notamment parce que trois d’entre elles, plus ou moins de la même taille que la Terre, sont situées dans la région tempérée de la naine rouge ultrafroide (cette étoile est à peine plus grande que Jupiter). Dans cette zone habitable, l’eau pourrait être à l’état liquide sur une planète si son atmosphère le permet. Dans ces conditions, il n’est pas interdit de penser que de la vie a pu s’y développer.

« [Ces mondes] sont potentiellement un excellent laboratoire pour tester nos idées sur l’habitabilité réelle des exoplanètes de tailles terrestres et en particulier quand elles sont autour des naines rouges », expliquait récemment l’astrophysicien et exobiologiste Frank Selsis à Futura-Sciences.

En attendant que les futurs télescopes, JWST et E-ELT, ouvrent leurs yeux de géants sur ce système, sondant les possibles atmosphères de ces planètes — y détecterons-nous les premières signatures d’une vie ailleurs ? —, des chercheurs travaillent à préciser leur habitabilité.

Selon la puissance d’un impact, des fragments de la surface d’une planète peuvent être éjectés dans l’espace interplanétaire. © Almy, Nasa

Dans l’hypothèse de la panspermie

Dans un article déposé sur arXiv, Manasvi Lingam et Avi Loeb, de l’université d’Harvard, défendent l’idée que si vie il y a autour de Trappist-1, elle pourrait être la même sur chacun des mondes habitables. Pourquoi ? Parce que leur grande proximité les unes avec les autres permettrait à des morceaux éjectés de l’une d’entre elles par l’impact d’une météorite de retomber sur une de ses voisines. À l’intérieur de ces fragments, à l’abri des rayonnements, différentes populations de microorganismes vivants pourraient ainsi survivre à leurs voyages interplanétaires et se répandre ensuite chez les voisines… Par conséquent, « il ne serait pas surprenant de trouver les mêmes formes de vie sur les trois planètes habitables autour de Trappist-1 », avance l’un des auteurs. Si l’une des planètes est habitée, les autres le seraient donc aussi. En quelque sorte, la vie migrerait d’île en île, proposent-ils.

L’idée s’inspire de l’hypothèse d’une panspermie pour expliquer, par exemple, l’apparition de la vie sur notre planète. Selon cette vision, guère étayée, des organismes vivants auraient pu atterrir sur Terre, venus de Mars (alors beaucoup plus chaude et humide) voire de comètes. Mars était peut-être même habitable avant la Terre, voici environ 4 milliards d’années.

Dans leur publication, les deux chercheurs estiment que dans le système de Trappist-1, il y a mille fois plus de chances qu’un transfert se fasse d’une planète à l’autre que dans le cas du couple Terre-Mars. Cela pourrait même se faire cent fois plus vite, ont-ils calculé en tenant compte de la proximité entre Trappist-1e, Trappist-1f et Trappist-1g, les trois planètes habitables autour de l’étoile. Rappelons que si nous étions à la surface de l’une d’entre elles (voir cette vidéo à 360°), les planètes voisines nous apparaîtraient plus grandes que la Lune dans notre ciel !

Dans cette vue à 360°, un geste de souris montre un panorama de ce qui est peut-être l’environnement de Trappist-1d, une planète rocheuse située dans la zone habitable de son étoile, la naine rouge ultrafroide Trappist-1. Nous sommes ici sur la région intermédiaire entre la face toujours éclairée et celle perpétuellement plongée dans la nuit. La présence d’une atmosphère et d’eau liquide demeurent toutefois hypothétiques. © Nasa, JPL-Caltech, Youtube

Trois chances voire plus que la vie ait pu apparaître

Cependant, des chercheurs interrogés par New Scientist ne partagent pas la même vision que celle de Manasvi Lingam et Avi Loeb. Pour la biologiste Valeria Souza, de la National Autonomous University of Mexico« les planètes ne sont pas des îles, même si elles sont proches ». Sur Terre, il est difficile pour les espèces de passer d’une île à l’autre, affirme-t-elle, et par ailleurs, « l’évolution les conduirait sur des chemins différents, une fois qu’ils sont arrivés ».

Lisa Kaltenegger, qui dirige l’Institut Carl Sagan à l’université Cornell (Ithaca, New York), rappelle quant à elle que la théorie de la panspermie est encore incertaine. Toutefois, ce mode de transport pourrait embarquer non pas des formes de vie mais des molécules, des ingrédients prébiotiques(les comètes sont les suspects n°1). Ce qui est fascinant, dit-elle, « serait que la vie ait évolué sur toutes ces planètes individuellement et on pourrait alors voir la diversité dont est capable la nature ». En quelque sorte, « on peut lancer les dés trois fois dans le système de Trappist-1 et avoir ainsi de plus grandes chances de succès » déclare Avi Loeb.

Trois fois… voire plus car le concept de zone d’habitabilité est peut-être trop restrictif. Dans notre Système solaire, par exemple, il y a des mondes potentiellement habitables en dehors de cette zone, tels Europe (autour de Jupiter) et,plus loin encore, Encelade (autour de Saturne). À l’image des planètes géantes, les forces de marées de la naine rouge peuvent contribuer à rendre des planètes habitables. On n’a pas fini d’en parler…

À quoi ressemblent les exoplanètes de Trappist-1 ?  Cette animation de la Nasa montre les portraits possibles des sept exoplanètes découvertes en février 2017 autour de Trappist-1, à seulement 40 années-lumière de notre Système solaire. Il s’agit d’interprétations car personne ne les a vues. Elles sont supposées rocheuses et de tailles similaires à celle de la Terre et diffèrent sans doute entre elles. Trois sont dans la zone habitable et pourraient donc porter de l’eau liquide en surface.

Publication référence : arXiv, DOI: 1703.00878

Combien de temps durerait un voyage vers Trappist-1 ?

Nombreux sont les astronomes, et même les simples Terriens comme vous et moi, qui auraient très envie d’aller voir sur place à quoi ressemble précisément chacune des sept planètes rocheuses gravitant autour de la petite étoile Trappist-1.

Y en a-t-il qui sont couvertes d’eau liquide ? Sont-elles arides ? Sont-elles toutes synchronisées avec leur soleil, comme le supposent les chercheurs ? Trois d’entre elles figurent dans la zone habitable (c’est la plus remarquable collection de planètes de taille terrestre dans la région « tempérée » d’une étoile détectée à ce jour) : offrent-elles des conditions accueillantes pour des formes de vie ? sont-elles habitées ? et si oui, à quoi ressemblent les êtres vivants ? Bref, ces mondes ont énormément de choses à nous apprendre. Le problème reste la difficulté d’y aller pour un vaisseau avec des passagers humains et même pour une mission de reconnaissance.

Envie d’aller passer vos vacances sur l'exoplanète Trappist-1e ? À la vitesse de la lumière, cela ne prendra que 40 ans pour y aller ! (Affiche de la Nasa.) © Nasa, JPL-Caltech

 

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Vers un effondrement de civilisation ?

Le scientifique François Roddier, astronome et physicien, spécialiste des questions de thermodynamique et de leurs rapports avec l’évolution des civilisations, donne ici une interprétation thermodynamique de l’hypothèse de l’effondrement de notre civilisation. Bien plus qu’un « sujet à la mode » et malgré qu’il le soit parfois dérisoirement, l’hypothèse de l’effondrement de notre civilisation est d’abord une très haute et très pressante exigence intellectuelle et spirituelle des événements de notre temps présent, ceux que nous voyons défiler chaque jour, dans une sorte de vertige métahistorique. Nul ne peut y être indifférent, parmi ceux qui n’acceptent pas une soumission aveugle et mécanique au Système. Chacun y apporte la contribution de son savoir et de ses connaissances, dans son domaine et dans l’esprit de la recherche d’une compréhension générale.

Vers un effondrement de civilisation ?

Après avoir lu l’article Welcome To The Next Awakening de Neil Howe, j’ai mis sur la version anglaise de mon blog un texte, About secular cycles, en accord avec les grandes ligne de cet article et en donnant une explication générale. Depuis lors, Pepe Escobar et maintenant Alastair Crooke ont aussi publié des articles sur ce sujet et dedefensa, commentant l’article de Crooke, a écrit : « Il y a maintenant plusieurs années qu’on ne mesure plus les possibilités de crise aux seuls chiffres du chômage, de la Bourse ou de la croissance, mais que le sentiment général est celui d’une crise de civilisation en train de se préparer ou déjà en train de se dérouler, affectant par définition tous les domaines, un bouleversement à la fois métahistorique et eschatologique»

C’est bien une énorme crise de civilisation qui est en train de se préparer. J’ai donc traduit et en partie repris mon texte pour le présenter ici sur ce blog, dont je me sens très proche : entropie oblige !

Dans un livre intitulé The Fourth Turning : An American Prophecy » 1, William Strauss et Neil Howe affirment qu’en Amérique (et par extension, dans la plupart des autres sociétés modernes), l’histoire se déroule selon un cycle récurrent de quatre générations, impliquant que l’Amérique se dirige maintenant vers un « quatrième tournant » durant lequel le populisme, le nationalisme et l’autoritarisme étatisé pourraient être à la hausse. L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis est aujourd’hui largement considérée comme un tournant dans la vie politique de ce pays. Cela semble confirmer leur prédiction.

J’ai déjà parlé des cycles économiques  et de l’évolution des opinions politiques sur mon propre blog. Comme je suis arrivé à une conclusion analogue à celle de Strauss et Howe, cela m’incite à résumer ici plusieurs billets de ce blog.

Des cycles récurrents ont été signalés depuis longtemps en économie, d’abord par Clément Juglar en 1862, puis par Joseph Kitchin en 1920. Ce sont des cycles économiques dont les périodes typiques sont inférieures à 10 ans. Un économiste russe, Nicolaï Kondratiev, a été le premier à montrer l’existence de cycles économiques ayant une période beaucoup plus longue, typiquement de 45 à 60 ans. L’économiste autrichien Joseph Schumpeter a interprété ces cycles comme dus à la récurrence dans les innovations, processus qu’il a qualifié de « destruction créatrice », tandis que Simon Kuznets et plus récemment Thomas Piketty ont montré leur relation avec la répartition inégale du revenu.

Dans leur livre publié en 2009 2, les historiens Peter Turchin et Sergei A. Nefedov ont montré l’existence de cycles séculaires en Histoire. Ces cycles démographiques sont de même longueur que ceux de Howe et Strauss, avec des virages successifs, appelés « phases », décrits comme une phase de dépression suivie d’une phase d’expansion puis d’une phase de stagflation. Selon leur description, l’élection de Trump marquerait le début d’une phase de crise.

Dans mon propre livre 3, j’ai expliqué que les sociétés humaines sont des « structures dissipatives », un terme d’abord inventé par Ilya Prigogine. Les physiciens réalisent aujourd’hui que toutes les structures dissipatives de l’univers s’auto-organisent, suivant un processus universel appelé « transition de phase continue ». Ce processus a été mis en évidence pour la première fois en physique des particules et en cosmologie. Un physicien danois nommé Per Bak 4 a montré qu’il s’applique aussi bien aux écosystèmes, à notre cerveau ou à l’économie humaine. Il l’a nommé « criticalité auto-organisée ».

La criticalité auto-organisée consiste en cycles de même nature que les cycles de Carnot d’un moteur thermique, autour d’un point critique. Les oscillations consistent en une transition de phase lente dite continue, suivie d’une transition rapide dite abrupte. La transition continue, aussi appelée macro-évolution, donne naissance aux grands animaux, aux plantes de longue durée de vie, ou aux grandes structures économiques telles que l’URSS et l’Europe. Les biologistes appellent cette phase « sélection K ».

Au cours de la transition de phase abrupte, appelée aussi microévolution, les grandes structures se dégradent ou disparaissent et donnent naissance à des structures plus petites et plus adaptables telles que des petits animaux, des petites plantes ou des structures économiques comme les villes en transition. Les biologistes appellent cette phase « sélection r ».

Selon ce schéma, nos civilisations actuelles aborderaient une transition de phase abrupte, durant laquelle les États-Unis ou la communauté européenne pourraient se scinder, au moins partiellement comme l’a fait le bloc soviétique. Suivra ensuite une lente transition de phase dite continue, durant laquelle l’humanité tout entière pourrait progressivement former une seule et même civilisation planétaire.

Pour explorer davantage ce processus, j’ai identifié les cycles économiques à des cycles de Carnot décrits par les variables traditionnelles P, V, T, mais pour lesquels P reflète ce que les économistes appellent la « demande » et joue le rôle d’une pression sociale. La variable V représente le « volume » de la production (quantité d’objets manufacturés). La variable T mesure ce que j’ai appelé la « température » de l’économie, et que l’on peut assimiler à ce que les économistes appellent « l’offre ». Le revenu $ joue le rôle de l’entropie. Dans un état stable, l’équilibre entre l’offre et la demande est donné par l’équation P.dV = T.d $. (avec les variables habituelles l’équation est P.dV = T.d S).

À un instant donné, l’état d’un ensemble économique peut être représenté par un point dans l’espace (P, V, T). L’ensemble des points se trouve sur une surface décrite par une équation d’état de l’économie. Cette équation d’état est analogue à celle des fluides condensables. Comme un fluide, une économie peut se condenser en deux phases distinctes : une économie de gens riches et une économie de gens pauvres. Ces deux économies se dissocient l’une de l’autre, à l’intérieur d’un certain domaine représenté en sombre sur la figure 2a ou à l’intérieur du pli dans la figure 2b.

point critique
Figure 2. L’état d’une économie peut être décrit par un point sur la surface ci-dessus. C est appelé point critique, d’où le nom de criticalité auto-organisée.

La figure 2a représente l’équation bien connue de Van der Waals pour les gaz réels, mais tournée de 90° dans le sens direct. Les trois axes de coordonnées sont toujours P, T, V maintenant désignés sous leur appellation économique de demande, offre et production. La production économique étant une grandeur extensive, celle-ci est maintenant portée sur un axe vertical en fonction des deux grandeurs intensives que sont l’offre (vers l’arrière) et la demande (vers la gauche). Les courbes dites « isothermes » sont les lignes le long desquelles l’offre reste constante. La figure 2b représente la même surface avec une vue perspective. À mesure que l’économie évolue, son point représentatif tourne autour du point critique C, passant d’une phase de dépression à une phase de dilatation, puis à une phase de stagflation, processus qui rappelle l’image de Schumpeter d’une tornade.

La figure 2 montre que pendant la phase de crise, deux économies coexistent dans le même pays, de la même manière que deux phases, comme le liquide et le gaz, coexistent dans le même fluide lors d’une transition de phase abrupte. À tout moment, la production peut chuter du niveau supérieur, où l’ancienne économie basée sur les énergies fossiles s’effondre, jusqu’au niveau inférieur où une nouvelle économie fondée, espérons-le, sur des énergies renouvelables, prend le relais.

Figure 3. Modèle de métamorphose de Mensch. Entre les flèches a et b, les économies successives se chevauchent comme dans la fig. 2.

Ce schéma se compare bien au « modèle de métamorphose » développé par l’économiste allemand Gerhard Mensch dans les années soixante-dix 5. Ce modèle est représenté sur la fig. 3 reprise de son livre. Aujourd’hui, le modèle de métamorphose de Mensch est largement utilisé chez les économistes schumpeteriens. Il a même été utilisé par des historiens tels que Giovanni Arrighi. 6

Le circuit de la figure 2a représente un cycle économique arbitraire autour du point critique. Projetée dans le plan production/demande, son aire représente l’énergie dissipée au cours d’un cycle. Celle-ci étant positive, la rotation a nécessairement lieu dans le sens des aiguilles d’une montre. Par analogie avec les fluides, la partie du cycle située dans la zone sombre a été représentée par une « isotherme » de condensation, ici un segment de droite verticale.

Résultats de recherche d'images pour « falaise de seneque images »

Cette zone sombre est dans un plan vertical. Il paraît naturel de l’identifier à une zone d’effondrement de l’économie, zone baptisée « falaise de Sénèque » par Ugo Bardi. Dans cette zone d’instabilité, la production s’effondre verticalement, quelle que soit l’offre (température) ou la demande (pression) correspondante. L’effondrement de la production s’interprète alors par le fait que les gens pauvres ne peuvent plus acheter ce que produisent les gens riches. Peu à peu, l’ensemble de la population s’appauvrit.

Le cycle économique de la figure peut être suivi et interprété de la façon suivante. Si l’on part du pied de la falaise, la production économique commence par passer par un minimum. Cette partie du cycle se caractérise par une pénurie de biens matériels et une demande grandissante. Elle est clairement identifiable à la phase de dépression de Turchin et Nefedov. On arrive ensuite dans la partie gauche du cycle durant laquelle la production économique reprend. Cette partie se caractérise par des inégalités de richesses faibles et une absence quasi-totale de chômage. L’offre tend à satisfaire la demande et la production augmente. La paix et le bien-être s’étendent, de sorte que la population tend à croître. C’est la phase dite d’expansion de Turchin et Nefedov.

Une fois satisfaite, la demande tend à décliner mais, liée aux investissements, l’offre se maintient. On arrive dans la zone chaude de l’économie de luxe. Celle-ci suit des lois proches de celles des gaz parfaits. L’offre y maintient la demande, de la même façon que la température maintient la pression dans une chaudière. Les gens riches sont de plus en plus nombreux, mais peu à peu la production stagne et le chômage s’installe. C’est la phase de stagflation de Turchin et Nefedov. On arrive alors au bord de la falaise de Sénèque, du haut de laquelle la production économique s’effondre. Les sociétés tombent en faillite, les populations se soulèvent et les gouvernements sont renversés. C’est la phase de crise de Turchin et Nefedov.

Semblables à Sisyphe, les civilisations portent le fardeau de la production le long de leur ascension économique, jusqu’au sommet de la falaise d’où elles voient le fruit de leur labeur s’écrouler. Au pied de la falaise, de nouvelles civilisations prennent le relais.

François Roddier

Notes

  1. The Fourth Turning : An American Prophecy,Broadway (1997).
  2. Secular cycles, Princeton (2009).
  3. La thermodynamique de l’évolution, un essai de thermo-bio-sociologie, Parole (2012)
  4. How Nature Works, Springer (1996).
  5. Stalemate in Technology,Ballinger, Englished. (1979).
  6. The Long Twentieth Century, Verso (1994, 2010).
 

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Les médias traditionnels en pleine débâcle, par Paul Craig Roberts


Il ne reste plus grand monde pour faire confiance aux « médias traditionnels », autrement dit à la « press-titution ». Un vent de panique s’est emparé de ces médias, à mesure que la classe dirigeante s’est aperçue qu’elle ne pouvait même plus compter sur eux pour contrôler l’information dans le sens de ses intérêts.

Pour s’attaquer à ceux des médias alternatifs qui disent la vérité, un groupe secret, appelé PropOrNot (1), a publié une liste de 200 sites web accusés d’être des « agents de la Russie ». Cette tentative destinée à jeter le discrédit sur des sites d’informations fiables a été fragilisée par le caractère anonyme de PropOrNot.

A la suite de quoi une nouvelle liste – attribuée à une certaine Melissa Zimdars dont personne n’a jamais entendu parler – a été publiée sur le site de la bibliothèque de l’Université d’Harvard. Les sites répertoriés sur cette liste figurent également sur celle de PropOrNot; à la nuance près que ceux de la liste de Zimdars ne sont plus épinglés comme  « agents de la Russie » mais simplement comme « diffuseurs de fausses nouvelles« .

Personne parmi mes lecteurs ne pense que je diffuse des fausses nouvelles. Quand j’ai voulu prendre ma retraite ils m’ont même demandé de continuer à leur fournir des informations fiables, sachant que les grands médias leur mentent.

Je viens d’apprendre par des blogueurs français que le journal Le Monde a également classé comme conspirationnistes des sites web qui ont traduit et publié mes rubriques en français.

Il apparaît que cette croisade contre la vérité est en train de se répandre dans tout l’Empire américain.

Le journal Le Monde sera confronté à la même situation que le Washington Post et la Bibliothèque de Harvard qui, après s’être ridiculisés, ont été contraints de prendre des distances avec leurs listes. Car j’ai non seulement travaillé comme journaliste pour des quotidiens français comme Libération à la fin des années 80 et Le Figaro au début des années 90, mais j’ai aussi reçu la Légion d’Honneur de la part du Président français. Cet honneur m’a été rendu à l’Ambassade de France à Washington par Edouard Balladur lui-même – alors Ministre français de l’économie et des finances, et devenu par la suite Premier Ministre ; cela dans le cadre d’une grande cérémonie à laquelle assistaient de hauts fonctionnaires de l’Administration Reagan, porteurs d’une lettre du Président américain au Président français, remerciant la France d’avoir récompensé mes contributions.

Que Le Monde publie une telle liste confirme ce que Udo Ulfkotte (2) avait lui-même révélé dans son célèbre ouvrage, à savoir qu’il n’y a en Europe aucun journaliste ayant pignon sur rue qui n’ait figuré sur les fiches de paie de la CIA.

Je me suis demandé si la liste de PropOrNot avait été créée par un organe de  la « press-titution » tel que CNN, le New York Times, le Washington Post, NPR, MSNBC, afin de préserver leur monopole sur l’analyse de l’information, ou si c’était une création de la CIA dans une tentative de protéger les médias qui, travaillent pour elle en contrôlant les informations livrées à un public crédule et ignorant.  Je pense plutôt qu’elle émane de la CIA, ou du Département d’Etat, qui, ayant perdu leur crédibilité, jouent leur dernière carte pour reprendre le contrôle de l’information.

Ce monde de mensonges qui encadre nos vies et escamote la réalité dans le monde occidental a détruit toutes les justifications de l’hégémonie exercée jusque là par l’Occident sur l’humanité. Aujourd’hui l’Occident, corrompu, violent, cupide et malfaisant au-delà de toute mesure, n’est qu’une addition de peuples qui s’accommodent de l’assassinat de millions de millions de Musulmans dans de nombreux pays (3). Quand le diable peut agir en toute impunité, quel espoir reste-t-il à l’humanité ?

Prenant sans doute en compte l’accueil critique qu’a reçu sa liste, le site web de la Bibliothèque d’Harvard a maintenant identifié Melissa Zindars, comme professeur adjoint de communication au Merrimack College. La bibliothèque a pris ses distances avec sa liste en la qualifiant « informelle ». Le lien vers la liste des sites de « fausses nouvelles » répertoriée par Zimdars existe toujours mais donne accès à autre chose.

Stephen Lendman (1) a diffusé une copie de cette liste sur son blog. Il est à noter que Wikileaks figure également sur la liste de Zimdars, preuve de l’absurdité de la chose, dans la mesure où Wikileaks ne diffuse ni commentaires ni nouvelles, mais uniquement des documents vérifiés.

Voici la liste de Zimdars en question :

21st Century Wire
Activist Post
Antiwar.com
Before Its News.com
Black Agenda Report
Boiling Frogs Post
Common Dreams
Consortium News
Corbett Report
Countercurrents
CounterPunch
David Stockman Contracorner
Fort Russ
Freedoms Phoenix
Global Research
The Greanville Post
Information Clearing House
Intellihub
Intrepid Report
Lew Rockwell
Market Oracle
Mint Press News
Moon of Alabama
Naked Capitalism
Natural News
Nomi Prins
Off-Guardian
Paul Craig Roberts
Pravda.ru
Rense
Rinf
Ron Paul Institute
Ruptly TV
Russia-Insider
Sgt Report
ShadowStats
Shift Frequency

SJLendman.blogspot.com

Solari
Sott.net
South Front
Sputnik News
Strategic Culture.org
The Anti-Media
The Duran
The Intercept
The People’s Voice
The Saker
The Sleuth Journal
Third World Traveler
Voltairenet
What Really Happened
Who What Why
WikiLeaks
Zero Hedge

Par Paul Craig Roberts , traduction 

 

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«Aucun Européen ne pourra plus faire un pas dans la rue en sécurité», menace Erdogan

«Aucun Européen ne pourra plus faire un pas dans la rue en sécurité», menace Erdogan

Le 22 mars, le président turc a fortement tancé l’Europe dans sa façon de traiter la Turquie, sur fond de crise aggravée entre Bruxelles et Ankara depuis l’expulsion de ministres turcs de meetings pro-Erdogan aux Pays-Bas et en Allemagne.

«Je m’adresse une nouvelle fois aux Européens […] La Turquie n’est pas un pays qu’on peut bousculer, dont on peut jouer avec l’honneur, dont on peut expulser les ministres», a martelé Recep Tayyip Erdogan lors d’un discours à Ankara. Le président turc a ainsi menacé l’Union européenne, qui, selon lui, maintient une attitude hostile envers Ankara.

«Le monde entier suit ce qu’il se passe de très près. Si vous continuez de vous comporter de cette manière, demain, aucun Européen, aucun occidental, ne pourra plus faire un pas en sécurité, avec sérénité, dans la rue, nulle part dans le monde», a-t-il ajouté.

«En tant que Turquie, nous appelons l’Europe à respecter les droits de l’homme et la démocratie», a lancé le chef de l’Etat turc.

Ces déclarations surviennent alors que les relations entre la Turquie et l’UE se sont fortement tendues ces dernières semaines après l’interdiction de plusieurs meetings pro-Erdogan auxquels devaient participer des ministres turcs en Allemagne et aux Pays-Bas.

En réaction, les dirigeants turcs avaient multiplié les invectives envers les capitales européennes. Recep Erdogan avait ainsi accusé la chancelière allemande Angela Merkel d’avoir recours à des «pratiques nazies», suscitant l’indignation de Berlin.

Le regain de tension avec l’Europe surgit à moins d’un mois d’un référendum en Turquie, le 16 avril, sur une révision constitutionnelle visant à renforcer les pouvoirs présidentiels, qui pourrait permettre à Recep Tayyip Erdogan de rester au pouvoir jusqu’en 2029.

Ouvrir les vannes des migrants 

Si Erdogan n’a pas précisé en quoi consistaient exactement ces menaces vis-à-vis de la sécurité de Européens, il apparaît vraisemblable qu’il puisse s’agir d’une éventuelle mise à mal de l’accord migratoire en vigueur entre la Turquie et l’UE depuis un an.

Le président turc a déjà menacé à plusieurs reprises de briser cet accord migratoire passé le 18 mars 2016. Il prévoit un plan global pour réduire la migration vers l’Europe en renvoyant les migrants en situation irrégulière présents en Grèce vers la Turquie.

Le 16 mars, le ministre turc de l’Intérieur, Süleyman Soylu, avait déjà annoncé la couleur en déclarant  : «Je le dis à l’Europe, êtes-vous à la hauteur ? Si vous le souhaitez, nous pouvons ouvrir le passage aux 15 000 réfugiés que nous ne vous envoyons pas chaque mois et vous couper le souffle.»

En contrepartie de l’accord, l’Union européenne doit accélérer le versement du montant de 3 milliards d’euros destiné à la gestion des réfugiés en Turquie. L’UE doit également assurer le financement d’autres projets en faveur de personnes bénéficiant d’une protection temporaire en Turquie, pour 3 milliards d’euros supplémentaires jusqu’à fin 2018.

 
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Publié par le 24 mars 2017 dans général, International, Politique

 

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Israël annonce le déploiement du système anti-missile « Fronde de David »

David’s Sling’ Missile Defense System

C’est le dernier volet du système de défense antimissile israélien aux côtés des systèmes Arrow-2 et Arrow-3

Dans le cadre des efforts menés par l’Etat hébreu pour se défendre face aux menaces régionales, le nouveau système anti-missile israélien « Fronde de David » sera pleinement opérationnel début avril, a annoncé lundi un haut responsable de l’armée de l’air israélienne.

Ce système polyvalent de défense anti-aérien conçu exclusivement pour Israël, qui a achevé en janvier dernier les derniers tests nécessaires avant son déploiement, viendra compléter l’arsenal de l’Etat hébreu assurant la sécurité du pays face à la menace posée par les roquettes, les drones et les missiles.

C’est ainsi le dernier volet du système de défense antimissile israélien à trois niveaux aux côtés des systèmes Arrow-2 et Arrow-3 et du Dôme de fer, lequel intercepte les projectiles à courte portée généralement tirés par le Hamas et les groupes affiliés à l’État islamique à Gaza et dans la péninsule du Sinaï.

S’il existe déjà d’autres systèmes de défense anti-aérien déployés, quelles sont alors les différences notables entre le Dôme de fer, le système Arrow et le tout nouveau « Fronde de David » et dans quel contexte sont-ils utilisés?

La Fronde de David

La « Fronde de David » (David’s sling) est un système intermédiaire, il est polyvalent et est conçu pour intercepter des roquettes de courtes, moyennes, et longues portées, ainsi que les avions hostiles au-dessus du territoire ennemi, mais également les drones et missiles de croisières (missiles à longue portée volant rapidement et à basse altitude).

Un officier supérieur de Tsahal a déclaré lundi que l’armée de l’air israélienne était à la recherche de plus d’une solution à une menace donnée, soulignant la souplesse du nouveau système ainsi que le fait qu’il pourra aider à faire coïncider les différents systèmes de défense aérienne.

La « Fronde de David »est capable de lutter contre les projectiles et les missiles de croisière comme les Yakhount de confection russe dont pourrait s’être procuré récemment le Hezbollah.

C’est justement ce système  qui aurait permis d’intercepter le missile anti-aérien tiré par les syriens dans la nuit de jeudi à vendredi.

Israel’s ‘David’s Sling’ Missile Defense System

Dôme de fer

Le Dôme de fer (Iron Dôme) est très certainement le système de défense anti-missile le plus connu en Israël. Déployé en 2010, il s’était révélé très efficace au cours de l’opération « Pilier de Défense » en 2012, mais surtout lors de « Bordure protectrice » en 2014, lorsque le pays était la cible des roquettes en provenance de la bande de Gaza.

Le Dôme de fer était parvenu à détruire en vol des centaines de missiles tirés par le mouvement terroriste palestinien Hamas vers le territoire israélien, sauvant des centaines de vies et empêchant ainsi une aggravation du conflit.

Ce système mobile de défense aérien est conçu pour intercepter les roquettes et obus de courte portée (de 4 à 70 km). En 2016, l’armée israélienne a annoncé qu’une version navalisée du Dôme de fer, le Tamar-Adir, était en cours de tests.

Par ailleurs, l’Azerbaïdjan a finalisé en décembre dernier, un accord avec Israël pour acquérir ce système de défense antimissile.

Arrow

Le système Arrow fait partie des systèmes d’interception de missiles développés par Tsahal, dans le cadre du programme de défense multicouches pour répondre lui aussi à toute la panoplie des menaces de missiles dirigés contre le territoire israélien.

Arrow (« Flèche ») est une famille de missiles anti-balistiques (terme pour désigner les missiles balistiques à longue portée) composée de trois versions du système, Arrow 1, Arrow 2 et Arrow 3.

La dernière version de ce système, l’intercepteur Arrow 3 destiné à contrer la menace des missiles de longue portée, avait été testée avec succès par Israël et les Etats-Unis fin 2015 et a été remise aux forces aériennes israéliennes en janvier dernier.

Le système « Flèche » a la particularité d’avoir été développé dès les années 1980 conjointement par les États-Unis et l’entreprise de construction aéronautique israélienne Israel Aerospace Industries.

Même si le risque zéro n’existe pas, ces trois systèmes de bouclier anti-missile permettront du moins de sécuriser au maximum le territoire israélien contre les menaces proférées par le Hamas et le Hezbollah soutenus par la Syrie et l’Iran.

Le tout au moment où Israël annonce les plus grands exercices militaires de son histoire, relate le site DefenseNews. Les représentants de sept pays étrangers (États-Unis, Grèce, Pologne, France, Allemagne, Inde et Italie) vont aussi prendre part aux exercices Blue Flag, avec au total une centaine d’avions militaires. Les exercices vont être surveillés par des représentants et des attachés militaires de plus de 40 pays.

D’après le lieutenant-colonel Richard Hecht, chef de la direction de la coopération internationale de Tsahal, ces exercices seront les plus grands dans l’histoire du pays.

Pendant ce temps, David Friedman, favorable à la colonisation israélienne, sera ambassadeur des Etats-Unis en Israël …

 

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WW3 – La Russie met en garde la Norvège contre ses plans de défense antimissiles : « Moscou ripostera »

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avait déjà et une fois de plus – mis en garde lundi à Tokyo contre le déploiement de systèmes américains de défense antimissiles balistiques en Asie-Pacifique en réponse à « la menace nord-coréenne », y voyant un « grave risque » pour la région.  

En Europe – Ces derniers jours L’OTAN continue son mouvement d’encerclement de la Russie, et déploie des armes lourdes britanniques et françaises en Estonie, toujours plus proche des frontières Russes .

Apres la Suède qui prépare des milliers de bunkers nucléaires par crainte d’une guerre avec la Russie, et qui Débute maintenant la construction d’une forteresse pour la police – La Norvège est préoccupée par « l’accroissement de la sophistication de l’équipement militaire russe ».

Selon les militaires norvégiens, ils ont du mal à détecter les sous-marins modernes russes qui, selon eux, les menaceraient .

D’après le ministère norvégien de la Défense, la Russie présente une menace pour son pays, ayant augmenté son potentiel militaire.

« Nous observons une activité croissante de la flotte sous-marine russe, qui se dirige toujours plus loin vers l’ouest. Dans le même temps, l’équipement moderne sophistiqué des sous-marins russes se trouve à un tel niveau qu’il devient de plus en plus difficile de les détecter », a déclaré le chef des services du renseignement du ministère norvégien de la Défense, le lieutenant-général Morten Haga Lunde, cité par la chaîne de télévision norvégienne NRK.

D’après M. Lunde, « la Russie a mené de grandes opérations visant à influencer les résultats de l’élection présidentielle aux États-Unis, voici pourquoi on ne peut pas exclure le fait que les autorités russes influenceront les élections en Norvège et dans d’autres pays européens »

Résultat,  la Norvège, qui a jusqu’à présent toujours eu de bonnes relations de voisinage avec les Russes, s’organise pour prendre part au bouclier antimissile de l’OTAN  .

La Russie met en garde la Norvège contre ses plans de défense antimissile 

La Russie  a mis en garde la  Norvège sur les conséquences de l’adhésion au système de défense contre les missiles balistiques de l’ OTAN (BMD). Selon l’ambassadeur de Russie à Oslo, Moscou ripostera. Une Éventuelle adhésion de la Norvège au bouclier antimissile de l’ OTAN «sera un nouveau facteur qui sera pris en compte dans notre planification stratégique comme l’émergence d’un problème supplémentaire dans la région arctique», a dit Teimuraz Ramishvili à NRK , l’organe médiatique de l’ État norvégien.

En 2017, la Norvège pourrait devenir une partie du bouclier antimissile de l’ OTAN. Le gouvernement norvégien a nommé un groupe d’ experts pour envisager une éventuelle contribution norvégienne au bouclier antimissile. Un rapport détaillé sur la question est en cours d’ élaboration par des experts de la défense norvégienne et l’Agence américaine de défense antimissile, et sera soumis cette année .

La Norvège n’a pas d’intercepteurs sur son sol , mais il y a d’ autres façons de contribuer au système anti-missiles. Le Danemark n’héberge pas de missiles , mais il s’est engagé a faire parti du bloc BMD en 2014,  travaillant à équiper ses frégates avec des systèmes radar de pointe capables de détecter et de suivre des missiles balistiques. Le programme de défense antimissile continue d’être mis en œuvre en dépit du fait que , après l’accord nucléaire avec l’ Iran en 2015, il n’y a aucune raison pour cela.

OSLO participe aussi au Forum des missiles de défense maritime américain . La contribution norvégienne au système de défense antimissile n’a pas encore été décidée. Même sans intercepteurs, la Norvège pourrait contribuer en intégrant dans le système BMD son radar Globus II / III dans l’île de Vardøya située près de la frontière russe à quelques kilomètres de la base de sous-marins stratégiques où sont aussi stationné 5 frégates de classe  Fridtjof Nansen équipées du dispositif Aegis 5. Le radar Vardøya peut distinguer les ogives réelles des leurres .

Un autre radar situé à Svalbard (l’Arctique) peut également être utilisé par l’ armée américaine à des fins de défense antimissile. Les hauts fonctionnaires et politiciens américains ont visité le site au cours des dernières années, dont l’ ancien secrétaire à la Défense Ash Carter, l’ancien secrétaire d’ État John Kerry et le sénateur républicain John McCain. Le radar est installé en violation du traité de 1925 qui stipule que Svalbard a un statut démilitarisé. Les visiteurs ont inventé des raisons différentes, comme l’observtion des effets du changement climatique (John Kerry) ou  mettant en lumière le sort des ours polaires (John McCain) pour justifier la nécessité d’inspecter le site.

L’Installation des sites BMD pourrait potentiellement nuire à l’efficacité des forces nucléaires stratégiques russes comme moyen de dissuasion.

La Norvège exécute un changement radical dans sa politique militaire – vers une posture beaucoup plus agressive . Même si le pays est petit, il a le sixième plus gros budget militaire par habitant, après les États-Unis, Israël, Singapour et quelques « monarchies » dans le golfe Persique. Le pays dépense 7,3 milliards de dollars pour l’armée, soit plus que la Suède (5,7 milliards), un pays qui à une population deux fois plus importante. Sa position géographique en fait un élément clé de la planification militaire de l’ OTAN. Les principaux partis politiques de la nation veulent  mettre davantage l’accent  sur les « actifs stratégiques » comme le F-35, capables de frapper profondément le territoire russe, les sous-marins et les capacités de surveillance.

La Norvège accueille 330 Marines américains dans les régions centrales du pays, officiellement sur une base de « rotation ». La rotation ne change pas le fait que les forces sont présentes en permanence en Norvège. Ils sont déployés sur la base militaire de Vaernes, à environ 1500 km (900 miles) du territoire russe, mais le programme d’entraînement provoque un déplacement plus proche de la frontière. La Norvège et la Russie partagent une petite frontière terrestre tout au nord.

Les Marines peuvent être facilement renforcés. Les zones de stockage des États-Unis ont été mises à jour pour stocker des armes de pointe et de l’ équipement pour environ 16 000 Marines. Construire des stocks est un élément clé de la stratégie américaine pour améliorer ses capacités en Europe. Il existe des plans pour entrepôser des thanks, de l’artillerie et d’ autres véhicules de combat dans d’ autres endroits du Vieux Continent.

Le seul but du déploiement est une préparation à une attaque contre la Russie. Les Marines sont premières troupes de grève. Le mouvement provocateur a lieu au moment où la relation OTAN-Russie atteint un nouveau bas et alors que les forces du bloc se déploient en Europede l’Est . Les tensions sont fortes dans la mer Noire et ailleurs. Selon  Heather Conley, directeur du Centre d’étude des programmes stratégiques et internationaux Européen, l’Europe du Nord est maintenant considéré comme un «théâtre d’opérations».

Il existe d’ autres plans pour augmenter la présence militaire américaine en Norvège. Selon un  rapport  du Centre d’étude des programmes stratégiques et internationaux basé à Washington (CSIS), «L’ancienne base de la Marine royale norvégienne à Olavsvern est idéale pour soutenir les opérations sous-marines dans l’Atlantique dans l’extrême Nord et la mer Arctique ». Le groupe de réflexion estime qu’il peut être possible pour la Norvège de nationaliser et de rouvrir une partie de l’installation pour soutenir la présence en rotation des Etats – Unis, du Royaume – Uni, des français et des sous – marins norvégiens. Olavsvern était le plus proche base navale de l’ OTAN face aux bases de sous’marins Russes le long de la côte de la péninsule de Kola à l’ouest de Mourmansk .

Il a été  rapporté  l’ an dernier qu’un groupe d’étude de l’US Navy a visité les deux aéroports d’Andøya et d’Evenes dans le nord de la Norvège pour voir si l’ un des deux aéroports pourrait convenir à servir de base pour les avions de patrouille Americains Poseidon  P-8.

Le déploiement des forces de l’ OTAN en Norvège est clairement un acte de provocation dirigée envers Moscou. La Norvège partage une frontière de 121 mile avec la Russie, alors que la flotte russe du Nord est basée dans la région de Mourmansk, à environ 100 miles de la frontière.

La Norvège avait promis de ne pas accueillir de forces étrangères sur son territoire. Elle avait caché des stocks d’armes en vue d’un éventuel conflit, mais jusqu’à récemment, les troupes étrangères n’avaient été autorisés à entrer dans le pays que temporairement à des fins de formation. Oslo avait maintenu ce principe même pendant la guerre froide.

La sortie de cette politique «pas de forces étrangères sur le sol national» est lourde de conséquences. Transformer le territoire national en fer de lance pour une offensive contre la Russie fait inévitablement de la Norvège une cible pour une frappe de rétorsion. La Russie n’a pas encore riposté. En fait, très peu de membres de l’ OTAN participent aux plans du BMD. La décision d’y adhérer serait considérée comme une provocation pure et simple mise en scène par un Etat voisin. Ce faisant, la Norvège va détériorer ses relations avec la Russie et réduire considérablement sa propre sécurité, qui ne peut être optimale que grâce au développement de partenariats et au renforcement de siècles de relations de bon voisinage.

Le bouclier antimissile de l’OTAN en Europe est un dispositif et une stratégie géopolitique US que pas même l’élection de Trump n’a réussi à changer .

Et c’est même Pire : un autre bouclier (THAAD) à donc été implanté et mis en service en urgence en Corée du sud, face à « la menace Nord Coréenne » (ou Chinoise devrais je dire), ce qui risque de provoquer une guerre mondiale à tout moment (en relativement peu de temps) …

Pendant ce temps Poutine annonce que le potentiel de l’armée russe sera multiplié par quatre d’ici 2021 …

Poutine

 

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