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Archives de Catégorie: Guerre – 3e guerre mondiale

Les bombardiers à longue portée Chinois « se préparent probablement à des frappes », prévient le Pentagone

La Chine a développé les capacités de son armée de l’air et s’entraîne « probablement » à viser des cibles américaines, selon un rapport du Pentagone sur les capacités militaires chinoises.

L’armée chinoise a élargi ces dernières années les opérations de ses bombardiers tout en « s’entraînant probablement à des frappes » contre des cibles américaines, selon un rapport annuel du Pentagone publié jeudi,dans un contexte de tensions commerciales accrues entre Washington et Pékin.

Le Pentagone a fait cette évaluation dans un rapport qui souligne les efforts de la Chine pour étendre son influenceMondiale, avec des dépenses en matière de défense estimées par le Pentagone à plus de 190 milliards de dollars (167 milliards d’euros) en 2017.

« S’entraînant probablement à des frappes »

« Au cours des trois dernières années, l’APL (l’Armée populaire de libération, N.D.L.R.) a rapidement étendu les zones d’opérations de ses bombardiers maritimes, acquérant de l’expérience dans des régions maritimes cruciales et s’entraînant probablement à des frappes contre des cibles des États-Unis et de leurs alliés », est-il écrit dans le rapport.

Bien que l’APL ait continué à étendre ses opérations, le message que Pékin cherchait à envoyer, « au-delà d’unedémonstration de capacités accrues », n’était pas clair, a estimé le Pentagone dans son rapport.

Aucun commentaire n’a été effectué par l’ambassade de Chine à Washington. Cette année, les forces aériennes chinoises ont placé des bombardiers à proximité d’îlots à la souveraineté contestée en mer de Chine méridionale dans le cadre d’exercices militaires dans la région.

En janvier, le Pentagone a fait de la lutte contre l’influence de la Chine et de la Russie ses priorités en matièrede stratégie de défense nationale.

La volonté de Washington et Pékin de contenir les tensions militaires a parfois été mise à l’épreuve ces derniers mois, notamment en mai après l’annulation faite à la Chine par le Pentagone de participer à des exercices militaires en mer .

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Les Etats-Unis créent une nouvelle armée pour « dominer l’espace »

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Il y a déjà une « armée » US dans l’espace avec des engins issus des blacks projetcs, avec par exemple l’avion secret Aurora à propulsion MHD capable de voler à mach 12 et encore, ça c’était au début des années 2000 , dieu seul sait quels nouveaux engins sont désormais en circulation dans l’espace . Il  y a aussi des engins qui fonctionnent à l’antigravité comme le TR 3B  … Les Russes et les Chinois aussi ont des flottes spatiales … Z

L’administration américaine a annoncé jeudi la création de la « Force de l’espace », une sixième branche des forces armées souhaitée par le président Donald Trump qui veut ainsi s’assurer que les Etats-Unis « dominent l’espace ».

Rivalités avec la Chine et la Russie
Et le vice-président de citer le lancement en 2007 par la Chine d’un missile qui a repéré et détruit un de ses propres satellites, ce qu’il a qualifié de « démonstration hautement provocatrice de la capacité croissante de la Chine à militariser l’espace ». Il a également mentionné les projets russes de laser aéroporté et de missile destinés à détruire les satellites américains. « Nos adversaires ont déjà transformé l’espace en domaine de combat », a-t-il noté.

Débloquer plus de moyens
L’espace est actuellement placé sous la responsabilité de l’US Air Force et l’administration Trump considère qu’en faire une branche à part entière permettra de débloquer plus de moyens pour ce domaine. Mais la création de cette nouvelle branche militaire n’est pas assurée car elle doit d’abord être approuvée par le Congrès. Or de nombreux élus et hauts responsables du Pentagone s’inquiètent du coût représenté par le projet, notamment parce qu’il implique la création de centaines de postes administratifs. Certains élus républicains ont soutenu publiquement le projet mais de nombreux démocrates s’y opposent.

Pas d’assurance-santé mais une armée de l’espace
« On pourrait peut-être s’assurer que nos concitoyens ne meurent pas par manque d’assurance-santé avant de dépenser des milliards pour militariser l’espace », a tweeté le sénateur démocrate Bernie Sanders. Personne n’a le courage de dire à Donald Trump que c’est une « mauvaise idée », a tweeté pour sa part le sénateur démocrate Brian Schatz. « C’est dangereux d’avoir un dirigeant qu’on ne peut pas convaincre d’abandonner des idées farfelues ».

Jim Mattis sceptique
Le ministre de la Défense Jim Mattis ne s’est pas exprimé jeudi, mais il s’était montré sceptique l’an dernier sur la nécessité de créer une Force de l’espace. Dans une lettre au Congrès, il indiquait qu’il ne « voulait pas ajouter un service séparé qui aurait vraisemblablement une conception plus étroite des opérations dans l’espace, voire un esprit de clocher », ajoutant que cela créerait une nouvelle bureaucratie et que ce serait trop coûteux. Mardi, devant des journalistes, il s’était déclaré favorable à la création d’un nouveau commandement militaire pour l’espace, sans toutefois aller jusqu’à soutenir l’idée d’une sixième branche des forces armées. « Il faut que nous considérions l’espace comme un domaine de combat en développement et il est certain qu’un commandement militaire fait partie des choses qu’on peut créer », a-t-il indiqué.

Evolution par étapes
Le vice-président a précisé que le processus se ferait par étapes, avec pour objectif de créer cette sixième branche d’ici 2020, fin du mandat de M. Trump. Il a demandé au Congrès d’approuver un budget supplémentaire de huit milliards de dollars sur les cinq prochaines années. La première étape sera la création d’un nouveau commandement de l’espace, sur le modèle des commandements géographiques déjà existants, comme Centcom, le Commandement central chargé du Proche-Orient, ou Africom pour l’Afrique, ou thématiques comme le commandement stratégique (Stratcom) en charge de l’armement nucléaire du pays.

Communication
L’équipe de campagne de Donald Trump pour l’élection de 2020 s’est emparée du dossier: elle a demandé aux partisans du président de choisir le logo de la prochaine Force de l’espace, pour l’imprimer sur des produits promotionnels.

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Publié par le 10 août 2018 dans Espace, général, Guerre - 3e guerre mondiale

 

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Demain, la guerre contre l’Iran ?

par Didier Chaudet

La détente récente entre États-Unis et Corée du Nord peut être vue comme le prélude à une montée des tensions avec les Iraniens, peut-être jusqu’à la guerre, comme le soulignait récemment Anshel Pfeffer dans Haaretz. Un tel scénario, si dangereux pour l’ensemble du Moyen-Orient, et donc pour la stabilité internationale, est-il vraiment possible aujourd’hui ?

Le rejet des négociations avec Téhéran

Quand on évoque une guerre future impliquant l’Iran, on pense à trois possibilités, principalement :

  • une opposition directe entre Washington et Téhéran ;
  • le réchauffement de la guerre froide entre Arabie saoudite et Iran ;
  • une guerre opposant Israël et l’Iran, plus particulièrement sur le champ de bataille syrien.

L’administration Trump compte en son sein au moins trois opposants de premier plan à l’influence iranienne au Moyen-Orient : James Mattis, ministre de la Défense (dont la modération récente est à mettre en perspective, et pourrait n’être que temporaire) ; Mike Pompeo, Secrétaire d’État ; et John Bolton, conseiller à la sécuritaire nationale.

Clairement, cette administration n’apparaît pas comme intéressée par de réelles négociations : Stephen Walt, professeur de relations internationales à Harvard, a récemment comparé la douzaine de demandes américaines exprimées par Mike Pompeo à l’endroit de l’Iran à l’ultimatum de l’Empire austro-hongrois à la Serbie, avant la Première Guerre mondiale…

Après tout, ces demandes se résument à intimer l’ordre à l’Iran d’abandonner ses politiques de sécurité et d’influence régionale, ce qui serait fatal non seulement pour le régime actuel, mais aussi pour tout gouvernement indépendant et patriote.

Comme l’explique le président du Conseil américano-iranien Trita Parsi : « Quand on associe des demandes irréalistes à une pression massive, on crée sciemment une évolution vers la confrontation. ») De fait, Washington semble plutôt viser une déstabilisation de régime iranien, et se contente, pour l’instant, d’une guerre économique pour atteindre ce but.

Comme un air d’Irak en 2003

En réalité, cette attitude était déjà celle d’administration Trump avant que les Américains ne se retirent de l’accord sur le nucléaire iranien. Après tout, alors que l’Iran le respectait, il semble bien que Washington ait violé les sections 26, 29 et 33 devant permettre la réintégration économique de l’Iran dans la communauté internationale. Le retrait n’a fait que confirmer le refus américain, sous l’actuelle présidence, de voir l’Iran réintégrer la communauté internationale, et donc de pouvoir se développer économiquement.

Continuer de faire de l’Iran un paria, c’est chercher à l’étouffer économiquement, pour le renverser sans avoir à bombarder. Ou le pousser à relancer son programme nucléaire, ce qui offrirait l’excuse d’une guerre préventive.

Plus largement, l’argumentaire actuel contre l’Iran, considérée comme radicalement déstabilisatrice pour le Moyen-Orient, est non seulement faux car simpliste, mais il fait aussi étrangement penser à ce qu’on a pu entendre avant la guerre d’Irak de 2003.

Rudy Giuliani, conseiller et avocat du président Trump, va jusqu’à affirmer qu’un changement de régime en Iran est plus important pour la paix au Moyen-Orient qu’un accord entre Israéliens et Palestiniens… Si la déstabilisation par la guerre économique ne marche pas, l’emploi de la force sera forcément tentant pour certains au sein de l’actuelle administration américaine.

Israël et l’Arabie Saoudite, soutiens des faucons américains

Pourtant, les ardeurs belliqueuses de Washington sont limitées par l’effort militaire conséquent que signifierait une attaque de l’Iran. Et une telle action militaire, si elle allait jusqu’au bout de sa logique, avec une occupation du pays, serait ingérable sans un retour à la conscription. Ces réalités expliquent la résistance d’un ancien militaire comme Mattis face à la vision idéologique de certains civils dans l’administration Trump.

Mais les faucons américains les plus bellicistes ont des alliés au Moyen-Orient, qui pourraient soutenir la politique du pire. Si, sur le dossier nord-coréen, on a un voisinage sud-coréen qui pousse l’Amérique à la modération, au Moyen-Orient, les principaux alliés de Washington – Israël et l’Arabie saoudite – considèrent le régime iranien comme un ennemi avec lequel la négociation serait impossible. Et contre lequel l’action militaire peut être une option.

Iraniens et Israéliens ont des positions irréconciliables sur la Syrie : les premiers veulent s’y maintenir, les seconds refusent radicalement un tel scénario. Pour l’instant, les accrochages entre les deux pays sont restés limités, mais le risque d’un dérapage militaire demeure réel. Israël (tout comme les États-Unis) mise pour l’instant sur une déstabilisation interne du régime iranien. Ce scénario n’étant pas forcément une évidence, comme on le verra plus loin, le désir d’une action militaire plus directe pour contrer l’Iran en Syrie, par exemple, pourrait être une action envisageable par l’État hébreu.

 Au Yémen, un combattant de la milice des Géants, soutenue par Riyad (21 juin 2018). Saleh Al-Obeidi/AFP

Au Yémen, un combattant de la milice des Géants, soutenue par Riyad (21 juin 2018). Saleh Al-Obeidi/AFP

Quant à l’Arabie Saoudite, son opposition à l’Iran est encore plus radicale : c’est une composante importante du nationalisme promu par Riyad. Certains Saoudiens exagèrent les capacités hégémoniques de l’Iran au Moyen-Orient : on en a un bon exemple avec un journaliste de premier plan dans le royaume, Jamal Khashoggi, qui parle, à propos de la situation actuelle au Moyen-Orient, d’un « moment 1939 ».

La peur que l’Iran suscite en Arabie saoudite comme concurrent régional ne fera donc pas du royaume un agent de modération, c’est le moins qu’on puisse dire. On peut même considérer que ces deux pays sont déjà indirectement en guerre, et qu’une escalade entre les deux pays, par exemple au Yémen, est très possible, avec les risques que cela implique.

L’Iran se prépare à une guerre asymétrique

Le danger d’un dérapage guerrier, même s’il n’est globalement pas souhaité, est donc loin d’être négligeable, au niveau international ou régional. Mais qu’en est-il de l’attitude de l’Iran elle-même ? A-t-elle des intentions bellicistes ?

D’un point de vue militaire, l’Iran n’a pas investi en priorité dans son armée conventionnelle. Au contraire, elle s’est d’abord préparée à une possible guerre asymétrique, avec les États-Unis comme l’ennemi le plus probable.

Téhéran a un budget militaire bien modeste par rapport à celui de ses voisins : même les Émirats Arabes Unis dépensent deux fois plus que l’Iran pour leur défense. Téhéran n’a pas accès aux armes les plus sophistiquées de l’Occident, qui se refuse à lui vendre les matériels qu’ils fournissent à l’Arabie saoudite ou à Israël, et manque de moyens financiers pour rivaliser avec ces deux pays dans la course aux armements.

 Google, CC BY-SA

Google, CC BY-SA

Un simple coup d’œil sur une carte de l’Iran montre que la République islamique est entourée de bases et troupes américaines, ainsi que de pays proches alliés des États-Unis ou de l’Arabie Saoudite.

Un arsenal de missiles pour parer une possible invasion

Dès lors, les élites iraniennes ont fait le choix de rendre toute attaque-invasion particulièrement difficile, plutôt que de se concentrer sur des capacités réellement offensives. C’est avec cette logique à l’esprit qu’il faut comprendre le grand nombre de missiles balistiques iraniens : à défaut d’une aviation assez puissante, il s’agit surtout d’une arme capable de cibler une concentration de forces prête à l’invasion, ou des infrastructures régionales en réponse à une attaque conventionnelle.

Suite au traumatisme causé par la guerre Iran-Irak, et la large utilisation de missiles par Saddam Hussein, cet arsenal est vu comme un moyen efficace de protéger le régime et le peuple iraniens face à une agression militaire extérieure. Et on aurait tort de penser que la supériorité militaire américaine pourrait permettre d’annuler les avantages asymétriques de l’Iran.

On l’a bien vu lors de la simulation de guerre intitulée « Millenium Challenge » organisée par Pentagone pour voir comment la marine américaine résisterait à une attaque iranienne. Le résultat a été sans appel : 16 bateaux coulés, dont un porte-avions, et l’exercice a été suspendu en urgence, afin d’en changer les règles et de permettre, en fin de compte, une victoire américaine…

Le général de brigade Hossein Salami, le numéro deux des Pasdarans ou Corps des Gardiens de la Révolution, a bien résumé l’approche militaire iranienne : défensive au niveau de la stratégie d’ensemble, mais très offensive à partir du moment où un ennemi commence une guerre contre l’Iran.

Les Iraniens ne chercheront vraisemblablement pas les hostilités, mais dans le cas d’une attaque, l’assaillant peut s’attendre à être confronté à une terrible guerre asymétrique en territoire iranien, et sans doute plus largement au Moyen-Orient : au moins par un renforcement de l’aide au Hezbollah au Liban, et en l’incitant à réagir à une guerre contre l’Iran ; par des actions contre les intérêts américains en Syrie et en Irak ; et par un renforcement de l’aide aux Houthis au Yémen pour mettre les Saoudiens en difficulté.

A Téhéran, la crainte d’un coup de force bonapartiste

La politique agressive de l’administration Trump pourrait renforcer les plus radicaux en Iran, ceux qui croient le moins en une possibilité d’apaisement avec l’Occident. Rappelons que les « principlistes » (les conservateurs iraniens) ont perdu toutes les élections depuis 2013. Aujourd’hui, ils peuvent présenter leur vision des relations internationales comme étant la seule valable, les modérés autour du président Rouhani, et même Ali Khamenei, le Guide de la Révolution, s’étant fourvoyés dans un projet de dialogue avec Washington qui n’a pas apporté les résultats espérés.

L’actuelle visite d’Hassan Rouhani en Autriche et en Suisse risque de ne rien changer à ce sujet : c’est sans doute le dernier déplacement du Président iranien en Europe avant la réimposition de sanctions par les Américains (à partir du 6 août). Et cet événement a été éclipsé par un bien étrange complot terroriste déjoué à temps, censé avoir visé des opposants iraniens réunis à Paris le 30 juin dernier. Or on voit mal ce que le régime iranien aurait à gagner dans une attaque terroriste en Europe, où il cherche désespérément à trouver des appuis pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien.

Les Iraniens savent pertinemment que des attaques sur sol européen sont une ligne rouge à ne pas franchir. Que les allégations d’un tel complot présumé soient révélées avant l’arrivée du président Rouhani en Autriche, et avant la rencontre décisive du ministre des Affaires étrangères iranien avec les représentants des cinq puissances toujours officiellement associées à l’accord (France, Grande-Bretagne, Chine, Russie, Allemagne) explique la réaction ironique de Javad Zarif.

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La République islamique s’est dit prête à coopérer avec les autorités concernées et a condamné clairement le terrorisme. Mais même si pour les autorités iraniennes, il s’agit d’un complot contre le sauvetage de l’accord sur le nucléaire, cette affaire risque de peser sur ses rapports avec une Europe pressée par Donald Trump de s’associer à sa politique contre Téhéran. Il est peu probable que les réformistes et modérés iraniens obtiennent avec ce déplacement la victoire diplomatique dont il aurait bien besoin face aux principlistes.

Pire encore, un risque de coup de force militaire pourrait survenir au profit des conservateurs : le président Rouhani représentait un atout pour Ali Khamenei, le guide suprême de la Révolution, tant qu’un apaisement avec l’Occident était possible. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, et sa politique économique a mécontenté les classes populaires. Les récentes manifestations, les tensions avec Washington, de récents remaniements au sein des forces armées, amènent à penser que pour une partie des élites à Téhéran, une orientation bonapartiste est une possibilité.

Certains parlent d’un coup d’État faisant tomber Rouhani, ou d’une « présidence militaire » à l’issue de son mandat. Si le scénario d’une reprise en main par des forces plus militaristes, nationalistes et conservatrices devient réalité, alors, on peut s’attendre à des tensions plus importantes au niveau régional.

Union sacrée à Téhéran contre Donald Trump

Quoi qu’il arrive, le régime est renforcé plus qu’affaibli par l’hostilité américaine, et les conservateurs reviennent en force grâce à la divine surprise que leur offre Donald Trump.

Du point de vue iranien, les Américains et leurs alliés israélien et saoudien ont un problème non pas seulement avec le régime, mais avec l’Iran comme puissance régionale. Leur but serait donc de démembrer le pays, de le pousser à la guerre civile.

Une vision iranienne qui semble, en partie, conforme à une certaine réalité : on constate un intérêt marqué de l’Arabie Saoudite pour la minorité baloutche iranienne… et des mouvements financiers suspects qui pourraient profiter aux séparatistes djihadistes évoqués dans une précédente analyse.

La réaction nationaliste face à ces menaces réelles est telle qu’on constate une réconciliation des élites, dans un sens favorable au régime, y compris celles qui ont été réprimées pour leur association au Mouvement vert. L’idée des réformateurs et modérés, selon laquelle il serait possible d’avoir un dialogue avec l’Occident, semble être passée de mode, au moins pour un temps.

Quand on ajoute à cette union nationale, le fait que les récentes manifestations en Iran, y compris celles impliquant le bazar de Téhéran, ne sont pas forcément unies par un sentiment anti-régime, on comprend que le désir d’un changement de régime de l’intérieur a bien peu de chance de se réaliser.

Ce qui pourrait, en définitive, pousser certains faucons américains à demander une action militaire plus directe.

Didier Chaudet: Attaché scientifique, Institut français d’études sur l’Asie centrale

source:https://theconversation.com/demain-la-guerre-contre-liran-99261?utm_source=twitter&utm_medium=twitterbutton

 

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La guerre électronique russe contre les troupes américaines en Syrie entre dans une phase dangereuse

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Image via The National Interest

Pendant ce temps, la guerre en Syrie n’est pas fini, loin de là, il y a une guerre souterraine entre Russes et US qui prend de l’ampleur . Une situation à ne pas sous estimer . Z

Un colonel en retraite de l’armée US, spécialiste de la guerre électronique a déclaré à Foreign Policy : « Tout à coup, vos communications ne fonctionnent plus, vous ne pouvez pas ordonner de tirs, vous ne pouvez pas être averti des tirs hostiles parce que vos radars ont été bloqués et ils ne peuvent rien détecter ». 

Un nouveau rapport détaille l’inquiétude grandissante du Pentagone face à l’augmentation du nombre d’attaques électroniques russes contre des positions militaires américaines en Syrie, dont le nombre selon les déclarations publiques du Pentagone est de 2000 ou plus, situées sur une douzaine de bases« secrètes », principalement au nord-est de la Syrie, et intégrées dans les Forces démocratiques syriennes, majoritairement kurdes, soutenues par les États-Unis,

Le rapport de Foreign Policy commence ainsi :

« Les officiers qui ont subi le brouillage – connu sous le nom de guerre électronique – disent que ce n’est pas moins dangereux que les attaques conventionnelles avec des bombes et de l’artillerie. Mais ils disent aussi que cela permet aux troupes américaines de découvrir la technologie russe sur le champ de bataille et de trouver des moyens de se défendre. »

Depuis que la Russie est intervenue en Syrie à la demande du gouvernement Assad en 2015, les deux superpuissances se sont affrontées à de multiples occasions dangereuses, mais ont communiqué par l’intermédiaire d’une « ligne directe militaire à militaire » destinée à éviter les collisions aériennes et la confrontation directe des troupes.

La Russie, aux côtés du gouvernement syrien, considère les troupes américaines comme des occupants étrangers non invités, qui ont commis des actes d’agression contre l’État syrien, tuant des centaines de soldats syriens (et des mercenaires russes, même s’ils n’étaient pas sous les ordres de Moscou), lors de multiples incidents près des lignes de front à Deir Ezzor.

Et maintenant, comme l’a récemment déclaré le général Raymond Thomas, chef du commandement des opérations spéciales des États-Unis, lors d’une conférence de renseignement et de technologie militaire, la Syrie est devenue « l’environnement de guerre électronique le plus agressif de la planète ».

Il a dit des « adversaires » russes, iraniens et syriens : « Ils nous testent tous les jours, bloquant nos communications, désactivant nos EC-130 [les grands avions de commandement et de contrôle des champs de bataille aériens de l’Air Force]. »

Foreign Policy (FP) indique que le brouillage électronique par les forces russes signifie une menace d’« escalade » dans un environnement déjà confus compte tenu du large éventail de groupes et d’acteurs étatiques opérant en Syrie.

Le rapport dit que le Pentagone a officiellement reconnu le succès des efforts de brouillage russes la semaine dernière dans les termes suivants :

« Un colonel de l’armée américaine, Brian Sullivan, a décrit un épisode récent à des journalistes au département de la Défense des États-Unis la semaine dernière. Il a déclaré que ses troupes avaient rencontré un ‘environnement de guerre électronique saturé’ alors qu’elles combattaient dans le nord-est de la Syrie pendant leur déploiement de neuf mois, qui avait duré de septembre 2017 à mai 2018. »

Et le rapport cite encore le Col. Sullivan : « Cela nous a posé des défis auxquels nous avons pu faire face avec succès, et cela nous a donné l’opportunité d’opérer dans un environnement qui ne peut être reproduit nulle part à domicile, y compris dans nos centres de formation au combat. »

Dans une citation particulièrement troublante qui rappelle la guerre froide, le colonel note : « C’est une grande opportunité pour nous d’opérer particulièrement dans l’environnement syrien où les Russes sont actifs ».

L’ancien directeur intérimaire/directeur adjoint de la CIA Michael Morell : « nous devons tuer les Russes en Syrie » (vidéo en anglais).

Bien sûr, pour commencer – et quoi qu’on en dise – il y a la grande question de la contradiction concernant des troupes américaines qui se trouvent en Syrie sans aucune autorisation du Congrès ni mandat du peuple américain (à moins que, comme semble le croire le président Donald Trump, l’ancienne autorisation d’utilisation de la force militaire, l’AUMF, après le 9/11, signifie que les troupes américaines peuvent rester au Moyen-Orient pour toujours).

Foreign Policy écrit en outre que la guerre électronique implique l’arrêt des communications et de la capacité de navigation au sol et en l’air, quelque chose de particulièrement dangereux dans un espace de combat bondé comme la Syrie :

« Daniel Goure, expert en sécurité nationale et questions militaires au Lexington Institute, affirme que les nouveaux systèmes de guerre électronique de la Russie sont sophistiqués. Ils peuvent être montés sur de gros véhicules ou des avions et peuvent endommager des cibles à des centaines de kilomètres. »

Goure parle aussi d’un affrontement involontaire potentiel entre des puissances majeures comme les États-Unis et la Russie : « Le problème avec la guerre électronique, de manière plus générale, est qu’elle peut vraiment aveugler votre vision de l’espace de combat, votre vision opérationnelle, et cela peut mener à des erreurs vraiment horribles. »

La Russie aurait fait d’énormes progrès dans sa capacité de systèmes de guerre électronique au cours des quinze dernières années car elle perçoit que la menace d’une invasion par l’OTAN à ses frontières ne peut que croître.

En attendant, la Russie a indiqué qu’elle était au courant des actions militaires futures que Washington et ses alliés occidentaux pourraient comploter contre elle.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov a dit cette semaine dans des déclarations publiques lors d’un forum éducatif russe : « Notre conscience des plans que les militaires américains et d’autres pays occidentaux préparent en relation avec la Fédération de Russie est totale. » Il a ajouté que la Russie et ses frontières terrestres et aériennes étaient sûres « quoi qu’il arrive dans le monde », ce qui semblait être une référence aux récents progrès de la technologie de la défense et du renseignement russes.

Tyler Durden

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Publié par le 8 août 2018 dans général, Guerre - 3e guerre mondiale

 

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Les implications des nouveaux systèmes d’armes russes

C’est vrai que les Russes ont fait fort  en matière d’armements avec leur budget minable, c’est juste un incroyable exploit ! Les scientifiques Russes sont d’un trés haut niveau . Le discours de Poutine en Mars a fait l’effet d’une bombe et tout ça a terrifié les américains . Ils ont  rendu le bouclier anti missiles US obsolète avant même qu’il ne soit déployé ! Il semble bien que la Russie soit devenue sous l’impulsion de Poutine, la 1ere puissance militaro-technologique mondiale . Ça change beaucoup de choses .. Z 

Pendant la guerre russo-géorgienne d’août 2008, les opérations de la 58e armée ont été qualifiées de « contrainte à la paix ». C’est un terme approprié une fois qu’on se souvient de ce qui était vraiment en jeu à ce moment-là. Les Russes ont gagné cette guerre et, en fait, forcé la Géorgie à vivre dans une atmosphère beaucoup plus paisible.En termes clausewitziens, les Russes ont atteint l’objectif principal de la guerre en obligeant l’ennemi à faire la volonté de la Russie. Les Russes, comme l’ont montré les événements des 19 dernières années, ne se font plus d’illusions sur la possibilité d’une conduite civilisée raisonnable de la part de l’Occident combiné, et surtout des États-Unis qui continuent à résider dans leur bulle qui les isole de toute voix extérieure de raison et de paix. Les antécédents mondiaux des États-Unis au cours des dernières décennies ne nécessitent aucune élaboration particulière – c’est un bilan des catastrophes militaires et humanitaires. 

Le discours du 1er mars de Vladimir Poutine adressé à l’Assemblée fédérale de la Russie ne parlait pas sur les prochaines élections présidentielles de la Russie, comme le suggèrent beaucoup à l’Ouest, obsédés par les élections. Le discours de Poutine visait à contraindre les élites américaines à la paix, sinon à la paix, au moins dans une certaine forme de santé mentale, étant donné qu’elles sont actuellement complètement détachées des réalités géopolitiques, militaires et économiques d’un nouveau monde émergent. Comme ce fut le cas avec la Géorgie en 2008, la coercition était basée sur le pouvoir militaire. L’Armée russe pré-Choïgou, malgré tous ses défauts réels et perçus, se débarrassa en cinq jours de la force géorgienne entraînée et partiellement équipée des États-Unis – la technologie, le personnel et l’art opérationnel de l’armée russe étaient simplement meilleurs. De toute évidence, un tel scénario n’est pas possible entre la Russie et les États-Unis ; cela au moins avant que le mythe américain de la supériorité technologique ne soit démystifié.

Les élites américaines au pouvoir, dont la majorité n’a jamais servi un jour en uniforme, n’ont jamais fréquenté d’institutions académiques militaires sérieuses et dont l’expertise sur de sérieuses questions militaro-technologiques et géopolitiques se limite à quelques séminaires sur les armes nucléaires et, dans le meilleur des cas, les efforts du Congressional Research Service ne sont tout simplement pas qualifiés pour saisir la complexité, la nature et l’application de la force militaire. Ils n’ont simplement aucun point de référence. Pourtant, étant un produit de la culture pop-militaire américaine, aussi connue sous le nom de porno et de propagande militaire, ces personnes – cette collection d’avocats, de « scientifiques » politiques, de sociologues et de journalistes qui dominent la cuisine stratégique américaine et cuisine sans arrêt des doctrines militaires et géopolitiques délirantes – ne peuvent rien comprendre, quand leurs pauvres idées sont dégommées par tout le monde.

Le message de Poutine aux États-Unis était extrêmement simple : il a rappelé aux États-Unis leur refus condescendant de même envisager la position de la Russie sur le Traité ABM. Comme l’a déclaré Jeffrey Lewis, dans un surprenant moment de sobriété pour le magazine Foreign Policy :

« La genèse réelle d’ une nouvelle génération d’armes nucléaires bizarres de la Russie ne réside pas dans la plus récente Nuclear Posture Review, mais dans la décision de l’administration George W. Bush en 2001 de se retirer du Traité sur les missiles antibalistiques, et l’échec bipartisan à la fois par Bush et les administrations Obama à s’engager de manière significative avec les Russes sur leurs préoccupations au sujet des défenses antimissiles américaines. Poutine a dit autant dans ses remarques. ‘Pendant toutes ces années depuis le retrait unilatéral des États-Unis du Traité ABM’, a expliqué Poutine, ‘nous avons travaillé intensivement sur les équipements avancés et les armes, ce qui nous a permis de développer de nouveaux modèles d’armes stratégiques’. Malheureusement, nous n’avons jamais eu les armes diplomatiques dont nous avions besoin. » 

Le message de Poutine était clair : « Vous ne nous avez pas écoutés alors, vous allez nous écouter maintenant ». Après cela, il a procédé à ce qui ne peut être décrit que comme un Pearl Harbor militaro-technologique rencontrant Stalingrad. Les ramifications stratégiques des derniers systèmes d’armes présentés par Poutine sont immenses. En fait, ils sont historiques par nature. Bien sûr, de nombreux experts américains, selon toute vraisemblance, ont rejeté cette affirmation comme étant grossière – c’est ce que l’on attend de la communauté des « experts » militaires américains. D’autres n’étaient pas aussi dédaigneux et certains ont été, en effet, profondément choqués. L’impression générale aujourd’hui, un jour après la présentation de Poutine, peut être décrite en termes simples comme telle : l’écart de missiles est réel et, en fait, ce n’est pas un fossé mais un abîme technologique. Paradoxalement, cet abîme n’est pas ce que beaucoup admettent, comme le RS-28 Sarmat missile balistique, dont l’existence et les caractéristiques approximatives étaient plus ou moins connues depuis des années. C’est indéniablement une réussite technologique impressionnante d’avoir un missile balistique avec une portée non seulement illimitée mais aussi capable de trajectoires qui rendent toute défense anti-balistique inutile. En fin de compte, être attaqué depuis le pôle Sud, à travers l’Amérique du Sud, n’est pas une éventualité à laquelle l’armée américaine est capable de faire face. Probablement pas pendant de très nombreuses années.

Le système d’arme hypersonique russe appelé Avangard (évoluant à plus de Mach 20), qui est déjà en production en série, n’est pas non plus un développement inattendu – les États-Unis ont leur propre programme, bien que pas encore opérationnel, pour ces types d’armes aux États-Unis depuis le milieu des années 2000 sous la tutelle du PGS (Prompt Global Strike). Oui, ce sont des réussites technologiques stupéfiantes de la part de la Russie avec le terme bizarre de Jeffrey Lewis étant un euphémisme pour « nous n’avons rien de comparable », mais ce n’était même pas là où le vrai choc devait être. Plusieurs de mes articles sur cette ressource ont été concentrés précisément dans la zone où les États-Unis étaient plus que en retard, les missiles de croisière, toutes sortes d’entre eux. J’ai prédit le vrai déclin militaire américain, notamment par ce chemin il y a de nombreuses années. Aujourd’hui, il est clair que la Russie possède un avantage militaire et technologique écrasant dans les missiles de croisière et aéro-balistiques.

Alors que les laquais occidentaux discutaient encore de tous ces systèmes d’armes exotiques et, sans aucun doute, conçus pour délivrer des frappes nucléaires à n’importe quel point du globe avec une très grande précision, beaucoup de vrais professionnels haletaient de surprise quand le Dagger (Kinzhal) a été dévoilé. C’est un changeur de jeu complet géopolitiquement, stratégiquement, opérationnellement, tactiquement et psychologiquement. On savait depuis longtemps que la marine russe déployait déjà un missile anti-navire 3M22 Zircon révolutionnaire (évoluant à plus de Mach 8). Aussi impressionnant et pratiquement impossible à intercepter par toutes les défenses anti-aériennes qu’est le Zircon, le Kinzhal est tout simplement choquant dans ses capacités. Il est probablement basé sur le célèbre Iskander, capable, très maniable (évoluant à plus de Mach 10). C’est un missile aéro-balistique avec une portée de 2000 kilomètres, porté par MiG-31BMs, et il vient de réécrire l’histoire de la guerre navale. Il a rendu obsolètes les grandes flottes de surface et leurs personnels de bords. Non, vous ne vous trompez pas. Aucun système de défense aérienne ou anti-missile dans le monde aujourd’hui (peut-être à l’exception du prochain S-500 spécialement conçu pour l’interception de cibles hyper-sonores) n’est capable de faire quoi que ce soit à ce sujet, et, très probablement, cela prendra des décennies pour trouver l’antidote. Plus précisément, aucun système de défense anti-aérien moderne ou en perspective déployé aujourd’hui par une flotte de l’OTAN ne peut intercepter même un seul missile présentant de telles caractéristiques. Une salve de 5 à 6 missiles de ce type garantit la destruction de tout groupement de combat avec un porte-avion ou de tout autre groupe de surface, d’ailleurs – tout cela sans utiliser de munitions nucléaires.

L’utilisation d’une telle arme, d’autant plus que nous savons maintenant qu’elle est déjà déployée dans le district militaire sud de la Russie, est très simple : le lieu de largage de ces missiles par des MiG-31 le plus probable se situera dans les eaux internationales de la mer Noire. Il interdira toute la Méditerranée orientale à tout navire de surface ou groupe de navires. La Russie peut également fermer complètement le golfe Persique. Il crée également une vaste zone interdite dans le Pacifique, où les MiG-31BM de Ielizovo au Kamtchatka ou la base aérienne de Centralnaïa Uglovaïa dans le Kraï de Primosrky pourront patrouiller de vastes distances au-dessus de l’océan. Il est, cependant, remarquable que la plate-forme actuelle pour le Kinzhal est le MiG-3, indiscutablement le meilleur intercepteur de l’histoire. Évidemment, la capacité du MiG-31 à atteindre des vitesses supersoniques très élevées (bien supérieures à Mach 2) est un facteur clé du lancement. Mais quelles que soient les procédures de lancement de cette arme terrifiante, les conséquences stratégiques immédiates du déploiement opérationnel de Kinzhal sont les suivantes :

Il retire enfin les porte-avions de la niche de la projection de puissance pure contre des adversaires faibles et sans défense, et loin de la zone maritime éloignée de la Russie, que ce soit la Méditerranée, le Pacifique ou l’Atlantique Nord. Cela signifie également une zone de non-droit complète pour l’un des 33 destroyers et croiseurs de la US Navy équipés d’Aegis qui sont cruciaux pour la défense antimissile américaine ;
Il fait des groupes classiques avec porte-avions une force de frappe principale contre un pair ou un quasi-pair complètement obsolète et inutile, il rend aussi n’importe quel vaisseau de combat de surface sans défense quelles que soient ses capacités de défense aérienne ou antimissile. Il annule complètement des centaines de milliards de dollars d’investissement dans ces plates-formes et ces armes, qui ne deviennent soudainement rien de plus que de grosses cibles sans défense. Tout le concept de bataille air-mer, c’est à dire le Concept joint pour l’accès et la manœuvre dans les communs mondiaux (Joint Concept for Access and Maneuver in the Global Commons/JAM-GC), qui est la pierre angulaire de la domination mondiale américaine, devient simplement inutile – c’est une catastrophe doctrinale et financière.
Le contrôle maritime et le déni de mer changent de nature et fusionnent. Ceux qui ont de telles armes, possèdent simplement de vastes espaces de la mer limités par les portées du Kinzhal et de ses transporteurs. Il supprime également complètement tout support de surface crucial pour les sous-marins dans la zone, les exposant ainsi aux navires d’aviation patrouillant en surface ou dans les airs. L’effet est multiplicatif et profond.La Russie a beaucoup de ces transporteurs, le programme de modernisation des MiG-31 pour sa version BM était en plein essor depuis quelques années maintenant, et les unités de première ligne de l’armée de l’air voient un afflux considérable de ces avions. Les raisons d’une telle entreprise de modernisation sont maintenant claires. Elle l’a été pour les MiG-31BM, plates-formes de lancement pour le Kinzhal . Comme le général James L. Jones l’a enregistré en 1991, après la première guerre du Golfe, « Tout ce qu’il faut pour faire paniquer un groupement tactique est d’entendre quelqu’un laisser tomber un couple de bidons de 50 gallons dans l’eau ». Le Kinzhal supprime efficacement toute force de surface non suicidaire à des milliers de kilomètres des côtes russes et rend ses capacités non pertinentes. Dans le jargon des profanes, cela ne signifie qu’une chose : la totalité de la composante de surface de la marine américaine devient une force creuse, utile uniquement pour les défilés et des manifestation aux drapeaux près et dans les eaux littorales des nations faibles et sous-développées. Cela peut être fait pour une infime partie des coûts astronomiques des plates-formes et des armes américaines.Il est très difficile à ce stade de prédire pleinement les retombées politiques du discours de Poutine aux États-Unis. Ce qui est facile à prévoir, cependant, c’est l’utilisation du cliché de l’asymétrie. L’utilisation de ce cliché est fausse. Qu’est-il arrivé le 1er mars cette année avec l’annonce et la démonstration de nouvelles armes russes. Ce n’était pas d’ordre asymétrique, c’était une reconnaissance de l’arrivée définitive d’un tout nouveau paradigme dans la guerre et la technologie militaire et, par conséquent dans la stratégie et l’art opérationnel. Les anciennes règles et la sagesse ont cessé de s’appliquer. Les États-Unis n’étaient pas et ne sont pas préparés à cela, malgré de nombreux professionnels, y compris aux États-Unis, mettant en garde contre le nouveau paradigme militaire et technologique et une myopie et un hybris américains dans tout ce qui touche à l’armée. Comme le colonel Daniel Davies a été forcé d’admettre :

« Aussi justifiée que puisse être cette fierté à l’époque, elle s’est rapidement transformée en arrogance désagréable. Maintenant, c’est un danger absolu pour la nation. Peut-être rien n’illustre mieux cette menace que le système d’acquisition dysfonctionnel du Pentagone. » 

Il est prudent de prédire aujourd’hui, dans le contexte d’une approche américaine de la guerre, qu’il n’y aura pas de réponse technologique américaine raisonnable à la Russie dans un avenir prévisible. Les États-Unis n’ont tout simplement pas de ressources autres que de faire tourner la planche à billet et de se ruiner complètement dans le processus pour contrer cette menace. Mais le fait est que les Russes le savent et le discours de Poutine ne consistait pas à menacer directement les États-Unis qui, à toute fin pratique, sont simplement sans défense contre la pléthore d’armes hyper-soniques de la Russie. La Russie ne poursuit pas l’objectif de détruire les États-Unis. Les actions de la Russie ne sont dictées que par une seule cause: tirer au pistolet sur un mec bourré qui brandit un couteau et lui faire prêter attention à ce que les autres peuvent avoir à dire. En d’autres termes, la Russie a une arme à feu dans un combat au couteau et il semble que ce soit la seule façon de traiter avec les États-Unis aujourd’hui.

Si les avertissements et la démonstration de la supériorité militaro-technologique russe ont un effet, comme le souhaitait la Russie depuis le début, une discussion sensible sur le nouvel ordre mondial pourrait commencer entre les principaux acteurs géopolitiques. Le monde ne peut plus se permettre un tyran prétentieux, s’auto-glorifiant dont les intimidations sonnent creux, qui ne sait pas ce qu’il fait et menace la stabilité et la paix du monde. L’hégémonie autoproclamée américaine est terminée là où cela compte vraiment pour tout hégémon réel et perçu – le domaine militaire. C’était fini depuis un certain temps maintenant, il a juste fallu le discours de Poutine pour démontrer le bon vieux truisme d’Al Capone que l’on peut aller bien plus loin avec un mot gentil et une arme à feu qu’avec un mot gentil seul. Après tout, la Russie a essayé un mot gentil, ça n’a pas marché et les États-Unis n’ont qu’eux-mêmes à blâmer.

Andrei Martyanov

On peut aussi lire son essai pointu sur la question. Commentaire du traducteur Ce texte est la traduction d’un article d’un spécialiste russe en questions militaires. Miraculeusement ignoré en France, très commenté en Amérique, il affirme que les Russes sont maintenant au-dessus du lot. Avec un problème : on ne les croit pas.

Traduit par Nicolas Bonnal

 

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Israël menace de représailles militaires si les Houthis soutenus par l’Iran bloquent le détroit de la Mer Rouge

Israël menace de représailles militaires si les Houthis soutenus par l’Iran bloquent le détroit de la Mer Rouge

Sous l’administration Trump, Israël est plus actif que jamais, sur quasi tous les points chauds dans le monde . Nous allons peut être bientôt vivre de grands basculements, vers la pax judaica . Z

La guerre au Yémen deviendra-t-elle le prochain champ de bataille de la guerre par procuration entre l’Iran et Israël au Moyen-Orient ?

L’année écoulée a été témoin de l’accentuation d’une guerre ouverte par procuration entre l’Iran et Israel, mais leurs rôles au Yémen ont été plus dissimulés : Israël s’est fait l’écho des accusations américaines selon lesquelles l’Iran fournit aux rebelles chiites Houthis du Yémen des missiles balistiques capables de frapper Riyadh, tandis que les rebelles chiites ont accusé les Saoudiens « Sionistes » de massacrer la population civile, car l’alliance secrète du royaume Saoudien pour le partage de renseignements secrets avec Israël est devenue publique ces derniers temps.

Alors que les deux pays ont mené une guerre des mots au Yémen, accusant Israël d’opérer dans l’ombre, Israël a maintenant ouvertement menacé d’intervenir au large des côtes du Yémen si les Houthis bloquent la voie navigable par laquelle passent les cargos en provenance d’Asie et à destination d’Israël.

détroit de Bab el Mandeb

détroit de Bab el Mandeb

Selon un article de Reuters« Israël déploierait ses forces militaires si l’Iran essayait de bloquer le détroit de Bab al-Mandeb qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden, a déclaré mercredi le Premier ministre Benjamin Netanyahu. »

Il s’agit de la première menace importante de déploiement d’une force militaire provenant de Tel Aviv dans le théâtre yéménite, après l’arrêt temporaire des expéditions par le détroit stratégique de Bab el Mandeb qui a commencé il y a une semaine. Cet arrêt faisait suite à une accusation saoudienne selon laquelle les rebelles Houthis soutenus par l’Iran au Yémen avaient attaqué deux pétroliers saoudiens traversant la voie navigable, faisant comprendre la menace que le conflit fait peser sur le commerce international et le flux de pétrole du Golfe vers les marchés mondiaux. Les Houthis, pour leur part, ont prétendu avoir attaqué des navires de guerre saoudien et non pas des pétroliers.

Au cours des mois précédents, les Saoudiens avaient accusé les Houthis d’attaquer les navires commerciaux saoudiens qui traversaient le détroit avec des missiles sol-sol fournis par l’Iran. Début avril, par exemple, la coalition a déclaré qu’un pétrolier saoudien a été touché en Mer Rouge lors d’une attaque Houthie au large de la principale ville portuaire du Yémen, Hodeidah, et s’est échappé avec des dégâts mineurs après l’intervention d’un autre navire de la coalition.

On estime que 4,8 millions de barils de pétrole sont expédiés chaque jour par Bab al Mandeb, qui relie la mer Rouge à la mer d’Arabie, au large des côtes du Yémen, de Djibouti et de l’Érythrée.

Production d'énergie au Moyen-Orient et points de passage pourcentage de la production mondiale de pétrole

Production d’énergie au Moyen-Orient et points de passage
pourcentage de la production mondiale de pétrole

Pendant ce temps, les principaux médias occidentaux ont largement ignoré l’intervention militaire saoudienne dévastatrice au Yémen, qui en est à sa troisième année et qui a fait jusqu’à 70 000 morts, selon certains rapports de groupes humanitaires et militants.

Les Houthis du Yémen ont à plusieurs reprises menacé de bloquer le détroit stratégique de Bab al-Mandeb et ont annoncé la semaine dernière la grève des installations navales des ports saoudiens.

Simultanément, il y a un affrontement croissant dans un autre grand point de transit pétrolier, le détroit d’Ormuz dans le golfe Persique, où les dirigeants militaires iraniens (en particulier l’élite du CGRI (Corps des Gardiens de la Révolution Islamique)) et le Pentagone ont échangé des menaces à propos du passage en toute sécurité des pétroliers. Bien que l’Iran ait proféré des menaces à peine voilées de bloquer le détroit d’Hormuz, il ne fait pas directement allusion aux combats près de Bab al-Mandeb, jouant peut-être un rôle plus discret et réservé dans les coulisses au Yémen.

Mercredi, lors d’un défilé militaire à Haïfa, Netanyahu a annoncé :

« Si l’Iran essaie de bloquer le détroit de Bab al-Mandeb, je suis certain qu’il se trouvera confronté à une coalition internationale déterminée à empêcher cela, et cette coalition inclura également toutes les branches militaires d’Israël« .

Netanyahu a également qualifié les incidents récents présumés d’attaques Houthies contre des navires saoudiens « d’affrontement brutal avec les navires iraniens qui ont cherché à saboter la navigation internationale » à l’embouchure de la Mer Rouge.

le ministre de la défense israélien, Avigdor Lieberman

le ministre de la défense israélien, Avigdor Lieberman

Dans un discours séparé, le ministre israélien de la défense, Avigdor Lieberman, s’est fait l’écho de la charge du Premier ministre à propos de cet événement, déclarant qu’il avait « récemment entendu parler de menaces contre les navires israéliens en Mer Rouge » sans apporter de détails à l’appui de sa déclaration.

L’arrêt des expéditions de pétrole pourrait provoquer une escalade du conflit avec des puissances extérieures intervenant dans une tentative d’aider l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis à vaincre les Houthis et à porter un coup à la prétendue présence iranienne dans la région.

De même, cette interruption offre potentiellement à l’Arabie Saoudite et aux Émirats Arabes Unis l’occasion de focaliser l’attention internationale sur la résolution d’une guerre civile aggravée et transformée en conflit régional par l’intervention militaire des deux États du Golfe en mars 2015.

Plutôt qu’une campagne rapide qui aurait dû maîtriser les Houthis, l’intervention s’est transformée en un bourbier et un fiasco des relations publiques pour l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis.

Les critiques internationales à l’égard de leur gestion de la guerre sont de plus en plus nombreuses en raison de son coût humain dévastateur. Les voix au Congrès américain, au Parlement britannique et dans d’autres assemblées législatives occidentales, ainsi que les groupes de défense des droits de l’homme qui réclament l’arrêt des ventes d’armes à l’Arabie saoudite sont de plus en plus forts.

article originel : Israel Threatens Military Response If ‘Iran-backed’ Houthis Block Red Sea Strait

via RI

 

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Les États-Unis préparent un changement de régime et une guerre avec l’Iran

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Quelques jours seulement après que le président Donald Trump a publiquement menacé l’Iran de « conséquences comme peu [de pays] ont eu à en subir dans l’histoire », son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, a organisé une réunion au sommet pour discuter de plans pour affronter l’Iran.

Bien connu pour ses propres menaces envers l’Iran, Bolton préside le Forum décisionnel sur les questions de sécurité nationale, dont les membres comprennent le ministre de la Défense Jim Mattis et le ministre des Affaires étrangères Mike Pompeo. Des responsables ont déclaré au Wall Street Journalque ce n’était que la troisième réunion du genre organisée par Bolton depuis sa désignation comme conseiller à la sécurité nationale en avril.

En mai, le gouvernement Trump a effectivement saboté l’accord de 2015 avec l’Iran, dans le cadre duquel Téhéran restreignait fortement ses programmes nucléaires et soumettait ses installations nucléaires à une intense surveillance internationale en échange de la suspension de sanctions économiques sévères.

Les sanctions américaines recommenceront le mois prochain contre l’industrie automobile iranienne, et contre le commerce de l’or et d’autres métaux. En novembre, des interdictions viendront frapper le secteur énergétique iranien – la principal source d’exportations du pays et de financement pour le gouvernement – ainsi que le commerce maritime, les assurances et les transactions de la banque centrale du pays. Washington a juré de réduire les exportations de pétrole iranien à presque rien.

Les décisions du gouvernement Trump sont des provocations qui rapprochent les États-Unis d’un affrontement dangereux avec l’Iran. Elles ont également dégradé les relations avec les alliés des États-Unis en Europe, qui avaient développé des liens économiques avec Téhéran depuis 2015. Washington a refusé d’exempter les compagnies européennes de ces sanctions, menaçant de les exclure du système financier américain si elles continuaient à faire des affaires avec l’Iran.

Aucune déclaration officielle n’a été faite après la réunion du forum décisionnel, mais son but était clairement de préparer une accentuation des pressions sur l’Iran. Des responsables ont déclaré au Wall Street Journal que cette réunion avait abordé une stratégie « holiste » pour saper l’influence iranienne dans tout le Moyen-Orient. Si l’on ne sait pas quelles options militaires ont été discutées, l’article notait que le ministère de la Défense avait par le passé « travaillé sur des options militaires limitées. »

Un article de la chaîne australienne ABC vendredi dernier a apporté des preuves supplémentaires que le gouvernement Trump se prépare à attaquer l’Iran. « De hauts responsables du gouvernement Turnbull {Australien] ont déclaré à ABC qu’ils croyaient que les États-Unis étaient prêts à bombarder les installations nucléaires iraniennes, peut-être dès le mois prochain, et que l’Australie était prête à contribuer à identifier des cibles envisageables », affirme cet article.

Citant des sources haut placées du gouvernement, ABC indiquait que des installations australiennes joueraient probablement un rôle de renseignement pour l’armée américaine dans une guerre avec l’Iran. Si les sources ont nié que l’Australie serait impliquée dans le « choix des cibles », la base d’espionnage américano-australienne de Pine Gap, en Australie centrale, fournit des renseignements sur toute la région entre le Moyen-Orient et l’Asie orientale ; elle a aussi fourni des informations sur des cibles d’assassinats par drones.

ABC a suggéré que « les analystes de la peu connue AGO [agence spatiale de renseignements australienne] joueraient aussi probablement un rôle. » L’AGO utilise des images satellites et aériennes pour fournir des renseignements géographiques (GEOINT) qui peuvent servir à déterminer des cibles dans diverses opérations militaires.

Le ministre américain de la Défense, Mattis, et le Premier ministre australien Malcolm Turnbull ont tenté de minimiser les informations d’ABC. Mattis a déclaré que c’était de la « fiction », ajoutant : « je suis sûr que ce n’est pas quelque chose qui est envisagé en ce moment. » Turnbull, cependant, n’est pas allé jusqu’à un démenti complet, se contentant de dire que les informations d’ABC « n’ont pas bénéficié d’une consultation avec moi, le ministre des Affaires étrangères, le ministre de la Défense ou le chef des forces armées. »

Mattis a insisté sur l’idée que le gouvernement Trump n’a pas de plan pour changer le régime en Iran. « Il n’y en a aucun qui ait été créé », a-t-il affirmé ; il a néanmoins déclaré « il faut qu’ils changent leur comportement sur un certain nombre de risques qu’ils peuvent créer avec leur armée, leurs services de renseignements et leurs intermédiaires. »

En réalité, ce n’est pas l’Iran qui menace les États-Unis, ce sont les gouvernements américains successifs qui ont menacé l’Iran avec toute la force de l’armée américaine, et tenté de déstabiliser le régime de Téhéran. Ayant déchiré l’accord de 2015, les États-Unis ont sans aucun doute envisagé toutes les options, y compris les options militaires, pour en finir avec ce qu’ils considèrent comme un obstacle sérieux à leur domination du Moyen-Orient.

Le journal israélien Haaretz a indiqué à la fin du mois dernier qu’il y avait des divergences au sein du gouvernement Trump sur l’Iran, Bolton faisant pression pour exploiter les troubles sociaux afin d’organiser un changement de régime. « Une personne qui a récemment parlé de la question avec des responsables haut placés de la Maison-blanche a résumé les idées de Bolton en ces mots : « Une pichenette et ils sont à terre », écrit-il. Mattis quant à lui aurait prévenu que ce genre de tentative pourrait mener à une guerre de grande ampleur.

Début juillet, Axios a indiqué qu’Israël et les États-Unis avaient « formé un groupe de travail commun il y a quelques mois qui se concentre sur les tentatives internes pour encourager les manifestations en Iran et faire pression sur le gouvernement du pays. »

En anticipation des sanctions du mois prochain, la valeur du rial iranien a chuté, passant de 97 500 à 111 500 rials pour un dollar américain sur les marchés non-officiels, d’après un site de vente de devises. La monnaie iranienne a perdu près de la moitié de sa valeur depuis avril sur fond de craintes des conséquences des sanctions sur l’économie.

Exacerber délibérément les tensions sociales en Iran, cependant, risque d’alimenter un mouvement explosif de la classe ouvrière contre le régime islamiste de Téhéran, ce qui ne serait pas du goût de Washington. À la fin de 2017 et au début de 2018, des manifestations de masse des travailleurs avaient éclaté dû à la détérioration des conditions sociales et à l’inégalité qui se creuse. Ces manifestations avaient un caractère de classe complètement différent de celles du « Mouvement vert » des classes moyennes supérieures de Téhéran, qui avait tenté d’inverser le résultat de l’élection présidentielle de 2009.

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