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Des astronomes vont mettre « sur écoute » l’astéroïde Oumuamua à la recherche de signaux extraterrestres

 

Cet astéroïde venu d’ailleurs est-il un vaisseau extraterrestre ? Des astronomes s’appuieront bientôt sur l’un des plus grands télescopes du monde pour « écouter » cet objet mystérieux qui vogue à travers le Système solaire à la recherche de signaux artificiels, donc d’extraterrestres.

Le 19 octobre dernier, des chercheurs annonçaient la toute première détection d’un astéroïde interstellaire, nommé 1I/2017 U1 (alias Oumuamua). Basés sur des mesures ultérieures de sa forme (très allongée et mince), certains spéculaient alors sur le fait qu’il pouvait éventuellement s’agir d’un vaisseau spatial. Tandis que le Lyra Project propose d’envoyer une mission directement sur place pour étudier l’objet avant qu’il ne quitte notre système, les membres du projet Breakthrough Initiatives ont quant à eux annoncé leur intention d’étudier l’objet en s’appuyant sur le Green Bank Telescope, le plus grand radiotélescope orientable du monde, pour écouter « Oumuamua » afin de détecter (ou non) les signes de transmission radio.

Les observations de l’orbite d’Oumuamua ont révélé que l’objet effectuait son plus proche passage vers notre Soleil en septembre 2017, et qu’il ne reviendrait probablement jamais. Observé en octobre, il traversait la Terre à une distance d’environ 85 fois la distance entre la Terre et la Lune, et se déplaçait à une vitesse maximale d’environ 315 430 km/h. Ceci indiquait que, contrairement aux nombreux objets proches de la Terre qui traversent périodiquement l’orbite de la Terre, cet astéroïde n’était pas lié par la gravitation au Soleil. En novembre, les astronomes s’appuyant sur le Very Large Telescope (VLT) de l’ESO, au Chili, ont également pu déterminer la luminosité et la couleur de l’astéroïde, permettant de calculer précisément sa taille et sa forme.

Fondamentalement, les chercheurs ont déterminé que l’objet mesurait environ 400 mètres de long. L’idée d’un vaisseau spatial en forme de cigare est un concept séculaire en matière de science-fiction et d’exploration spatiale. Un tel navire réduirait en effet au minimum les frottements et les dommages causés par le gaz interstellaire et la poussière, et pourrait tourner sur lui-même pour fournir une gravité artificielle. Pour ces raisons, on comprend pourquoi certains ont réagi à la découverte de cet astéroïde en faisant des comparaisons avec un certain roman de science-fiction d’Arthur C. Clarke, qui présente un vaisseau spatial cylindrique similaire voyageant à travers le Système solaire. Si une origine naturelle est ici le scénario le plus probable, il n’y a en revanche pas encore de consensus sur l’origine exacte de cet objet.

Tout reste donc ouvert. C’est pourquoi des chercheurs vont prochainement tenter « d’écouter » l’objet pour déterminer s’il s’agit ou non d’un astéroïde ou d’un artefact. Créé en janvier 2016, le projet Breakthrough Listen est le plus important programme de recherche scientifique visant à trouver des preuves d’une intelligence extraterrestre. La campagne d’observation débutera ce mercredi 13 décembre. La première phase d’observations durera au total 10 heures, se focalisant sur des bandes allant de 1 à 12 GHz. À l’heure actuelle, « Oumuamua » est à environ 2 unités astronomiques (UA) — soit environ 299 200 000 kilomètres de la Terre (deux fois la distance entre la Terre et le Soleil). Cela le place bien au-delà de l’orbite de Mars, et à mi-chemin entre Mars et Jupiter.

À cette distance, le télescope Green Bank mettra moins d’une minute pour détecter un émetteur omnidirectionnel avec la puissance d’un téléphone cellulaire. En d’autres termes, s’il y a un signal extraterrestre provenant de cet objet, Breakthrough Listen est sûr de le renifler en un rien de temps. Si aucune preuve d’intelligence extraterrestre n’est établie, ces observations constitueront tout de même une opportunité de choix pour les chercheurs. Des études précédentes indiquaient que l’objet était probablement un astéroïde dense et rocheux avec une teneur élevée en métal et peu de glace d’eau. Les informations mises à jour fournies par le télescope Green bank pourraient donc confirmer ou rejeter ces résultats.

Alors, vaisseau spatial ou non ? Il faudra patienter quelques jours pour le savoir. Restez à l’écoute !

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Publié par le 13 décembre 2017 dans Espace, général, Insolite, Sciences

 

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Donald Trump veut renvoyer des astronautes américains sur la Lune !!

Donald Trump entouré d’astronautes lors de la signature de la directive.
Donald Trump entouré d’astronautes lors de la signature de la directive. SAUL LOEB / AFP

Hé bien, il est temps ! Des hommes sur la lune , voici ce qu’aucune nation n’a officiellement réalisé depuis les années 70 . Et on se demande bien pourquoi … Je pense aux contraintes techniques et aux ceintures de Van allen . Mieux, établir une base lunaire ! On se demande pourquoi ça n’a pas déjà été fait ….

Mais pour le moment ce ne sont que des mots, j’attend vraiment de voir comment Trump va concrétiser ce projet . Simple effet d’annonce avec mouvements de manchettes ou vrai projet ? J’ai du mal à y croire personnellement . Surout dans la mesure où il n’a défini ni calendrier ni budget  . Quand ?? Comment ??? C’est le grand mystère une fois de plus …. Z . 

Le président américain souhaite que la NASA établisse une base lunaire, première étape pour une mission vers Mars. Mais il n’a défini ni calendrier ni budget.

Le président américain, Donald Trump, a signé lundi 11 décembre la « Space Policy Directive 1 » (« directive sur la politique spatiale ») visant à renvoyer des astronautes états-uniens sur la Lune afin de préparer une mission vers Mars. Aucun homme n’est retourné sur la Lune depuis le 11 décembre 1972, lors de la mission Apollo 17. Donald Trump a signé cette nouvelle directive en présence de l’astronaute Jack Schmitt, qui avait participé à cette ultime mission habitée sur notre satellite naturel, et le dernier membre de cet équipage encore en vie.

Le locataire de la Maison Blanche a demandé à l’agence spatiale américaine (NASA) d’accentuer ses efforts sur les missions habitées vers l’espace lointain, une priorité qui rassemble des élus des deux bords. Mais il est resté évasif sur le financement et le calendrier d’une telle initiative.

« Cette fois, il ne s’agira pas seulement de planter notre drapeau et de laisser notre empreinte. Nous établirons une base pour une mission vers Mars et peut-être un jour au-delà », a-t-il déclaré lors d’une cérémonie à la Maison Blanche.

La mission vers un astéroïde mise au panier

La directive, qui s’appuie sur des recommandations du Conseil national de l’espace (NSC), récemment réactivé, va « recentrer la NASA sur sa mission de base, l’exploration spatiale », a précisé le porte-parole de la Maison Blanche Hogan Gidley. Donald Trump et plusieurs de ses soutiens climatosceptiques trouvent que l’agence spatiale américaine dépense trop d’argent et d’énergie pour observer et étudier notre planète, et plus particulièrement son climat.

La NASA, dans un communiqué, prend acte du fait que cette nouvelle directive met un terme à son programme visant à envoyer un équipage vers un astéroïde, qui était jusqu’alors considéré comme une étape vers une mission martienne. Qu’en sera-t-il de la « Deep Space Gateway », une sorte de station spatiale située au-delà de l’orbite lunaire, envisagée comme tremplin vers la Planète rouge?

M. Trump s’inscrit, s’agissant de l’objectif d’une mission habitée vers Mars, dans la ligne de son prédécesseur démocrate Barack Obama – bien que le trajet pour y parvenir apparaisse différent. Quelques semaines avant son départ de la Maison Blanche, ce dernier avait énoncé « un objectif clair pour le prochain chapitre de l’histoire de l’Amérique dans l’espace : envoyer des humains sur Mars dans la décennie 2030 et les faire revenir sur Terre en sécurité ».

Cependant, Donald Trump n’a pas annoncé de calendrier, ni de budget lors de la présentation de la directive. Mais comme l’administration précédente, l’idée est d’associer le secteur commercial. La Commercial Spaceflight Federation, qui rassemble les industriels impliqués dans le vols humains, applaudit cette initiative. Son président, Eric Stallmer, a rappelé dans un communiqué que «  l’industrie spatiale américaine a investi des centaines de millions de dollars de capitaux privés pour développer des capacités innovante de transport, d’opérations, et d’utilisation des ressources sur la Lune ». Il en appelle à la NASA pour développer encore des partenariats pour atteindre les objectifs fixés par la directive Trump.

La nouvelle orientation lunaire impulsée par le président américain devrait réjouir Johann-Dietrich Wörner, le patron de l’Agence spatiale européenne, fervent avocat d’un « village lunaire », un projet qui vise à fédérer toutes les initiatives publiques et privées ayant la Lune pour objectif.

Les experts sont unanimes, atteindre la Planète rouge, qui se trouve au minimum à 56 millions de kilomètres de la Terre, nécessitera une véritable prouesse technique et un budget immense, sans commune mesure avec un retour sur la Lune. Un rapport du bureau d’audit de la NASA rappelait, en avril, qu’une expédition humaine vers Mars dans les années 2030 dépasserait les 210 milliards de dollars – deux fois plus que l’ISS et ses trente ans d’exploitation. Plus cruel encore, le Conseil ­national de la recherche américain de 2014, au terme d’une analyse fouillée, intitulée « Les chemins de l’exploration », concluait qu’« aucune raison ne semble à elle seule justifier la poursuite des vols spatiaux humains. »

Le président Trump n’a pas caché que sa directive recouvrait aussi des objectifs militaires et de défense. Comme le rapporte le site Space.com, son vice-président, Mike Pence, qui a présidé les travaux de la NSC, a déclaré lors de la signature du document: « en poursuivant ces objetifs, M. le Président, nous améliorerons notre sécurité nationale et notre capacité à assurer le défense commune du peuple des Etats-Unis d’Amérique. »

Quoi qu’il en soit, la nouvelle directive devrait signer le lancement de grandes manœuvres de réalignement des programmes publics et privés d’exploration habitée, et donner un coup de fouet à ceux soutenus par Elon Musk (SpaceX) et Jeff Bezos (Blue Origin), plus que jamais désireux de chambouler un secteur longtemps resté la chasse gardée des grands opérateurs historiques.

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Publié par le 12 décembre 2017 dans Espace, général, Insolite

 

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L’Inde « ira sur la Lune » en 2018 !

Notez dans le papier suivant que ce que l’on entend par « L’inde ira sur la lune » est qu’un véhicule sera envoyé sur notre satellite , et non un humain . C’est qu’il y a les ceintures de Van Allen qui sont pratiquement infranchissables (de nouveaux boucliers capable de les franchir auraient été créés, mais pas en Inde ..) . Ce n’est pas encore demain la veille que nous verrons un homme sur notre beau satellite … Z .

L’Inde lancera et posera un véhicule sur la surface lunaire en 2018. Une première pour le pays qui compte bien se faire entendre dans le domaine en vogue de l’exploration spatiale.

En 2013, la Chine débarquait le rover Yutu sur la Lune. Depuis, personne n’a mis « les pieds » sur notre satellite. Cela va néanmoins changer au début de l’année 2018, avec l’entrée en scène de l’Inde. L’Organisation indienne de recherche spatiale (ISRO) débarquera en effet son premier rover lunaire au cours de l’année 2018 dans le cadre de sa mission baptisée Chandrayaan-2 (qui se traduit approximativement par « véhicule lunaire » ou « voyage lunaire »). L’agence vise actuellement un atterrissage au mois de mars prochain.

Cette mission prend ainsi le relais (tardif) de Chandrayaan-1 qui, en 2008, avait détecté de « l’eau magmatique » dans un cratère lunaire. Malheureusement, cette sonde s’était écrasée sur la Lune avant d’être retrouvée à la dérive par la NASA en 2016. Cette nouvelle mission permettra alors une vision plus précise de la surface lunaire. Ce lancement comprendra notamment trois véhicules sans équipage : un engin orbiteur qui planera au-dessus de la surface de la Lune, un rover lunaire, et un atterrisseur. Après un atterrissage tout en douceur — une première passionnante pour l’Inde — le rover explorera la croûte lunaire et le manteau tandis que l’orbiteur mettra au point « une carte tridimensionnelle détaillée de la surface », selon l’ISRO.

Le coût total de ce projet ambitieux est par ailleurs estimé à environ 93 millions de dollars. Notons également que l’agence indienne a également d’autres projets en cours. La mission « Aditya », notamment, qui vise à étudier le Soleil, et « XPoSat », un satellite qui analysera le rayonnement cosmique. Cette nouvelle mission, et les autres qui suivront, sont donc un signe positif que de plus en plus de pays investissent dans l’exploration spatiale et améliorent nos capacités à comprendre et à voyager vers le cosmos. Rendez-vous en mars prochain pour assister à cet atterrissage historique.

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Publié par le 6 décembre 2017 dans Espace, général, Insolite

 

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De mystérieux nuages en mouvement rapide dans la Voie lactée

 

Un astronome australien a récemment créé et mis en ligne la carte la plus détaillée de tous les nuages ​​de gaz à grande vitesse dans l’Univers qui nous entoure. On y voit alors de curieux nuages ​​d’hydrogène neutre qui se déplacent à une vitesse différente de la rotation normale de la Voie lactée.

Alors que nous connaissons ces nuages ​​depuis un certain temps, ils constituent néanmoins un véritable casse-tête pour les scientifiques. Ils sont absolument énormes — quelques millions de fois la masse du Soleil, pouvant atteindre plus de 80 000 années-lumière de diamètre — dérivant dans le halo galactique, en dehors du plan de la Voie lactée. Ils se déplacent à des vitesses incroyablement élevées, de 70 à 90 kilomètres par seconde, indépendamment du mouvement de rotation de la galaxie elle-même. Ils sont ainsi profondément curieux, car personne ne sait d’où ils viennent.

S’appuyant sur des données relevées depuis l’Observatoire de Parkes, en Australie, l’astronome Tobias Westmeier, de l’Université de l’Australie occidentale, a récemment pu isoler ces nuages ​​en masquant le gaz qui se déplaçait à la même vitesse que la Voie lactée. « C’est quelque chose qui n’était pas vraiment visible dans le passé, et cela pourrait fournir de nouveaux indices sur l’origine de ces nuages ​​et leurs conditions physiques », explique le chercheur, qui suggère quelques hypothèses concernant leur provenance.

Ces nuages pourraient, par exemple, « tomber » dans notre galaxie depuis l’extérieur ou, au contraire, s’échapper de notre galaxie depuis l’intérieur. Ce pourrait également être le résultat d’une interaction avec les grands et petits nuages ​​de Magellan. Mais leurs différentes compositions pointent vers des origines différentes. Certains ont en effet des métallicités plus faibles que ce que l’on trouve habituellement dans la Voie lactée, tandis que d’autres sont riches en éléments lourds.

Toujours est-il que nous ne savons toujours pas d’où ils viennent, simplement que, et nous le devons à cette nouvelle carte, ces nuages à grandes vitesses couvrent au moins 13 % du ciel. « Ces nuages ​​de gaz se rapprochent ou s’éloignent de nous à des vitesses allant jusqu’à quelques centaines de kilomètres par seconde », explique le chercheur. « Ils sont clairement des objets à part ». Westmeier a rendu sa carte librement disponible pour que n’importe qui puisse la télécharger et l’étudier, espérant que l’on puisse un jour lever le voile sur l’origine de ces nuages ​​— et peut-être sur les processus de formation galactique.

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Publié par le 6 décembre 2017 dans Espace, général, Insolite

 

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L’astéroïde venu d’une autre étoile serait-il un vaisseau extraterrestre ? Le SETI enquête

Le parcours de 1I/2017 U1 (`Oumuamua) dans notre Système solaire. Découvert le 19 octobre, l’astéroïde passait au plus près du Soleil le 7 septembre. © ESO, K. Meech et al.

L’astéroïde `Oumuamua intrigue avec sa forme allongée. Trop petit pour être le vaisseau Rama, du roman d’Arthur Clarke, ne pourrait-il pas être tout de même une sonde interstellaire de passage dans notre Système solaire ? C’est la question que semblent se poser les membres du programme Seti ayant écouté le voyageur avec des radiotélescopes.

  • L’origine interstellaire de l’objet désormais nommé 1I/2017 U1 (`Oumuamua) est confirmée.
  • Il s’agit du premier astéroïde venu d’ailleurs jamais observé.
  • Nombre de télescopes le suivent de très près. Les premières mesures montrent qu’il est très allongé, « une forme extrêmement inhabituelle » pour un astéroïde. Même si ce n’est pas un vaisseau interstellaire, comme dans le roman Rendez-vous avec Rama, d’Arthur Clarke, pourrait-il s’agir d’une sonde E.T équipée d’une super IA ?

Pour tous les fans de science-fiction, en particulier ceux qui se sont dirigés vers les sciences sous son influence, la découverte de `Oumuamua, l’astéroïde venu d’un autre système planétaire, ne peut que faire songer à Arthur Clarke et son célèbre roman Rendez-vous avec Rama. L’ouvrage met en effet en scène la découverte, en 2131, par les radars terrestres destinés à protéger la Terredes géocroiseurs, d’un astéroïde de grande taille dont les paramètres orbitaux indiquent une origine en dehors du Système solaire.

Baptisé Rama en l’honneur d’un dieu du panthéon hindou, l’objet se révèle en fait rapidement être un gigantesque cylindre quasi parfait, dont l’envergure est d’environ 50 km de long par 20 km de diamètre. Il s’agit donc incontestablement d’un artefact d’une civilisation ET technologiquement avancée.

Une présentation d’Arthur Clarke. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur la roue dentée à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © SirArthurClarke

`Oumuamua a été écouté par Seti avec l’ATA

Or, `Oumuamua ne ressemble à aucun des astéroïdes du Système solaire et, pour le moment, les astrophysiciens ne peuvent pas expliquer sa forme étirée qui le fait ressembler à un long cylindre d’environ 400 mètres de long. L’objet est, certes, trop petit pour être un Rama, que Clarke décrit comme l’équivalent d’une arche interstellaire inspirée des fameuses colonies spatiales du physicien Gerard K. O’Neill. Mais rien n’interdit de penser qu’il puisse s’agir d’une sonde interstellaire de type von Neumann par exemple, ou, pour le moins, d’une machine dotée d’une super IA. Rien n’interdit non plus de croire que cette sonde a ralenti temporairement en fonçant dans le Système solaire pour étudier un peu ce dernier, la Terre en particulier, tout en restant hors de portée des vaisseaux de l’humanité, par sécurité.

Si tel est bien le cas, peut-être que cette machine est en train d’essayer d’établir un contact temporaire par radio avec nous, un peu comme dans un autre roman d’Arthur Clarke, Les Fontaines du paradis, mettant en scène une telle machine baptisée « le Vagabond des Étoiles ». On ne sera donc pas surpris d’apprendre que des membres du programme Seti ont entrepris d’écouter `Oumuamua avec l’Allen Telescope Array (ATA). C’est ce que révèle en effet l’astronome Franck Marchis, membre du Seti Institute, sur sa page Facebook professionnelle en renvoyant vers un billet posté sur le site de Centauri Dreams.

On y apprend que le physicien James Benford a interrogé la célèbre Jill Tarter au sujet de `Oumuamua. Celle-ci lui a confié que le Seti Institute avait bel et bien tourné certaines de ses oreilles en direction de l’astéroïde, en l’occurrence l’ATA mais aussi le Green Bank Telescope dans le cadre du projet Breakthrough Listen, en tentant d’intercepter un signal dans la fameuse bande 1,1-1,9 GHz, où se trouve la raie à 21 cm de l’hydrogène : une bande que l’on pense privilégiée pour la communication interstellaire. Des analyses seraient encore en cours.

Cet astéroïde venu d’une autre étoile a une forme bien étrange

Article de Xavier Demeersman publié le 21/11/2017

Au centre de toutes les attentions depuis sa découverte, 1I/2017 U1 (`Oumuamua) n’est pas un astéroïde comme les autres : il vient d’ailleurs, de l’espace interstellaire. De par sa forme et sa composition, le visiteur interstellaire étonne autant qu’il impressionne les astronomes qui composent son portrait par petites touches.

Depuis sa découverte le 19 octobre dernier, 1I/2017 U1 (`Oumuamua), ou pour faire plus court `Oumuamua, défraie la chronique. Les astronomes se sont donné le mot et nombre de télescopesparmi les plus puissants et prestigieux de la planète sont braqués sur lui. Il s’agit de faire vite, en effet, pour les chercheurs car cet objet qui était passé à 24 millions de kilomètres de la Terre il y a quelques semaines, s’éloigne de nous à grands pas, à plus de 90.000 km/h, en direction de l’espace interstellaire. Il ne reviendra plus jamais et même s’il ressemble à un astéroïde, il n’a rien à voir avec les quelque 750.000 que nous connaissons dans notre Système solaire.

Beaucoup d’astronomes sont émerveillés par ce visiteur venu d’ailleurs. Une découverte attendue depuis des décennies. « Pour la communauté des chercheurs sur les astéroïdes, [la nouvelle] est aussi importante que l’annonce des ondes gravitationnelles », avait d’ailleurs déclaré Joseph Masiero, de la Nasa.

Dans un article qui à paraître dans Nature, une équipe internationale confirme l’origine extrasolaired’Oumuamua — dont le nom d’origine hawaïenne, rappelons-le, peut se traduire par « messager venu de loin et arrivé le premier » — et en dresse le portrait le plus précis à ce jour. Et le moins que l’on puisse dire est que l’objet est vraiment étonnant, et certaines caractéristiques n’ont rien à voir avec ce que l’on connaît dans notre Système solaire.

Le parcours de 1I/2017 U1 (`Oumuamua) dans notre Système solaire. Découvert le 19 octobre, l’astéroïde passait au plus près du Soleil le 7 septembre. © ESO, K. Meech et al.

Un étrange astéroïde allongé en forme de cigare

D’abord, il y a sa forme. Les chercheurs qui ont étudié les courbes de sa luminosité — entre autres avec le VLT — ont conclu que l’objet dont la période de rotation est de 7,34 heures est au moins 10 fois plus long que large. Sa luminosité varie d’un facteur 10. Mesurant entre environ 400 mètres, `Oumuamua est tout en longueur, ressemblant à un crayon, un cigare ou encore un sous-marin. Une forme vraiment inhabituelle. « Nous ne voyons rien de tel dans notre Système solaire » a déclaré l’auteure principale de l’étude, Karen Meech, chef de l’étude à l’Institut d’astronomie de l’université d’Hawaï. « Nous avons par ailleurs constaté qu’il était de couleur rouge foncé, semblable à celle des objets situés en périphérie du Système solaire, et qu’il était totalement inerte, aucune trace de poussière n’ayant été détectée dans son environnement proche. »

D’abord pris pour une comète, 1I/2017 U1 se montre en réalité pauvre en eau et en glace. C’est un corps céleste dense et rocheux, plutôt riche en métal, estiment les auteurs. Sa teinte sombre — nous le verrions brun foncé — résulterait « des effets de l’irradiation par les rayons cosmiques sur des millions d’années », écrit l’ESO.

Animation d’`Oumuamua, étonnant astéroïde interstellaire à la forme allongée « extrêmement inhabituelle ». Sa période de rotation est de 7,34 heures. © ESO, M. Kornmesser

L’origine énigmatique d’`Oumuamua

Quant à ses origines, elles sont encore incertaines. Si `Oumuamua venait de l’étoile Véga, comme cela a été proposé, il lui aurait fallu 300.000 ans pour faire le voyage, or à cette période, l’étoile qui, comme le Soleil, se déplace dans la Galaxie, n’était pas au même endroit. Pour les chercheurs, l’étrange astéroïde est un véritable vagabond, qui erre dans le milieu interstellaire depuis des centaines de millions d’années…

Désormais à plus de 200 millions de kilomètres de la Terre, 1I/2017 U1 continue de faire l’objet de la plus grande attention des astronomes. Il est actuellement dans la ligne de mire des télescopes spatiaux Spitzer (infrarouge) et Hubble (visible).

« Nous continuons d’observer cet objet si particulier et espérons déterminer, avec une précision accrue, sa provenance ainsi que sa destination prochaine au sein de la galaxie, commente OlivierHainaut, chercheur à l’ESO. Maintenant que nous avons découvert le tout premier rocher interstellaire, nous nous préparons à en observer d’autres ! ». Et selon les chercheurs, ils sont nombreux.

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Un nouveau message à destination d’une forme de vie extraterrestre vient d’être envoyé dans l’espace

Communiquer avec une forme de vie extraterrestre est le fantasme de beaucoup de scientifiques, une preuve que nous ne sommes pas seuls dans l’univers. Un nouveau message vient tout juste d’être envoyé dans l’espace avec un espoir : celui d’une réponse provenant d’une planète potentiellement habitable découverte il y a peu.

VERS QUELLE PLANÈTE CE MESSAGE SE DIRIGE-T-IL ?

C’est en réalité à une étoile que ce message est destiné. L’étoile de Luyten, aussi connue sous le nom GJ 273, est une naine rouge située à 12 années-lumière de la Terre, précisément dans la constellation septentrionale deCanis Minor. Si le message se dirige vers cette étoile, c’est parce qu’en mars dernier, les chercheurs ont découvert deux planètes gravitant autour de cette étoile. L’une des deux, GJ 273b, se situe dans la « zone habitable de l’étoile » et pourrait abriter de l’eau liquide, les chercheurs ont ainsi espoir qu’il y ait aussi de la vie.

Le message radio en question a été envoyé par les astronomes du METI, le Messaging Extraterrestrial Intelligence (une succursale du SETI, organisme spécialisé dans la recherche de l’intelligence extraterrestre). Et selon eux, si la planète abrite bien de la vie, nous pourrions recevoir une réponse de la part d’une autre forme de vie dans les 25 prochaines années.

SAIT-ON CE QUE DIT CE MESSAGE ?

Émis au mois d’octobre par une antenne norvégienne pendant environ huit heures, ce message a été pensé pour être simple et facilement compris, selon Douglas Vakoch, président du METI. Il commence par des informations sur le comptage, l’arithmétique, la géométrie et la trigonométrie, et comprend une description des ondes radio qui transmettent le message.

Il comporte également un didacticiel sur les horloges et le chronométrage, afin d’expliquer à une potentielle forme de vie extraterrestre notre notion du temps. Ce message en lequel beaucoup de spécialistes croient offrent aux extraterrestres un aperçu de notre culture, mais nous rappelle également qu’il y a plusieurs années, nous avions déjà essayé de communiquer avec une autre forme de vie.

UN MESSAGE ANNIVERSAIRE CONTROVERSÉ 

Le message du METI célèbre en effet l’anniversaire du « message d’Arecibo », un message radio envoyé en 1974 à destination d’une forme de vie extraterrestre. Il tire son nom du radiotélescope qui l’a émis, à savoir le radiotélescope d’Arecibo situé à Porto Rico. Celui-ci contenait des informations sur les planètes de notre système solaire, la structure de l’ADN, une image de type dessin animé de ce à quoi ressemble un être humain, et d’autres informations de base sur la terre et ses habitants. Le nouveau message a été simplifié afin de faciliter la compréhension, mais il n’est pas bien vu par certains.

Stephen Hawking et des chercheurs du SETI comme Dan Werthimer se méfient des conséquences d’un tel message. « Quatre-vingt-dix-huit pour cent des astronomes et des chercheurs du SETI, y compris moi-même, pensent que le METI est potentiellement dangereux. C’est comme crier dans une forêt avant de savoir si celle-ci abrite des tigres, des lions, des ours ou d’autres animaux dangereux. » Bonne ou mauvaise chose, il est trop tôt pour le dire, mais les chercheurs du METI espèrent vraiment que leur message permettra de mettre en lumière une civilisation autre que la nôtre.

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Publié par le 20 novembre 2017 dans Espace, Exopolitique - Ufologie, général, Sciences

 

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L’étrange astéroïde venu d’une autre étoile

Animation de la trajectoire de l'objet A/2017 U1 récemment découvert. Comète ou astéroïde, il n'a jamais rencontré les 8 planètes de notre Système solaire. Cet objet est le premier identifié à venir d'un autre système planétaire. © Nasa, JPL

A ce sujet Un astéroïde géant, de cinq kilomètres, accompagné par une pluie d’étoiles filantes, devrait approcher le mois prochain la Planète bleue, alertent les scientifiques russes de l’Université Kant de Kaliningrad. Dans une simulation, réalisée à l’aide d’un logiciel spécial, ils indiquent sa trajectoire.

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Les astronomes se sont mis d’accord sur le nom, accepté par l’UAI, du premier astéroïde interstellaire jamais découvert. Il vient en effet d’ailleurs, d’une autre étoile, et sa désignation astronomique, comme son surnom, y font directement référence. Pour les chercheurs, il n’est que le premier que nous remarquons, beaucoup d’autres sont à venir. L’Union astronomique internationale vient, pour lui, d’ajouter une lettre à l’alphabet des petits corps. Après « A » et « C », voilà « I ».

  • Les chercheurs de l’observatoire PanStarrs à Hawaï ont nommé l’astéroïde interstellaire qu’ils ont découvert, Oumuamua. Il faudrait (encore) changer son nom, et le baptiser 1I/2017 U1 plutôt que A/2017 U1.
  • Qualifié aussi d’éjectoïde, Oumuamua aurait été expulsé d’une jeune étoile âgée d’environ 45 millions d’années.
  • Les éjectoïdes seraient nombreux et les futurs télescopes comme le LSST devraient nous permettre d’en débusquer d’avantage dés les années 2020.

De par sa trajectoire hyperbolique avérée (excentricité 1,20), l’astéroïde d’environ 400 mètres découvert le 19 octobre dernier alors qu’il passait à 30 millions de kilomètres de la Terre, ne vient donc pas de notre Système solaire mais d’un autre. Quelle étoile ? Les chercheurs mènent l’enquête et certains avancent une piste (voir article plus bas).

C’est la première fois dans l’histoire de l’astronomie qu’un objet cosmique venu d’ailleurs est observé. Pris d’abord pour une comète, il fut désigné au cours des premières heures C/2017 U1. « C » pour comète, « 2017 » pour l’année bien sûr et « U1 » en référence au premier corps débusqué durant la deuxième quinzaine d’octobre. Finalement, faute d’activité cométaire significative, la première comète interstellaire est devenue le premier astéroïde interstellaire jamais observé : A/2017 U1.

 

1I/2017 U1 (‘Oumuamua), le premier astéroïde interstellaire

Mais le « A » pose un peu problème car cela renvoie aux astéroïdes de notre Système solaire… Pour les découvreurs et nombre d’astronomes avec eux, il est temps de proposer une nomenclature plus adéquate pour ce type d’objet qui, à n’en pas douter, n’est que le premier que nous remarquons sur des milliers d’autres à venir. Les nouvelles générations de télescopesdevraient en effet nous permettre d’en découvrir beaucoup d’autres.

De par sa nature interstellaire, la désignation 1I/2017 U1 fut donc soumise au comité exécutif de l’Union astronomique internationale (UAI) laquelle accepta rapidement. C’est donc officiel, cet astéroïde venu d’une autre étoile est baptisé 1I/2017 U1 (‘Oumuamua), « 1I » pour « premier interstellaire ». Oumuamua est le surnom que lui ont donné les chercheurs qui ont opéré avec le télescope PanStarrs-1, basé à l’observatoire d’Haleakala, qui l’a découvert. Un nom qui signifie en hawaïen « messager venu de loin et arrivé le premier » et qui lui va très bien.

L’astéroïde interstellaire n’est peut-être pas seul

A/2017 U1, le premier astéroïde interstellaire découvert a désormais un nom : 1I/2017 U1 (Oumuamua). Tous les projecteurs sont braqués sur lui, enfin plutôt les télescopes, alors qu’il traverse notre Système solaire. Des chercheurs pensent avoir trouvé son foyer d’origine et, selon eux, ils seraient plusieurs à suivre le même chemin.

Surpris par les sondages des télescopes PanStarrs-1 le 19 octobre dernier, quelques semaines après son passage au plus près du Soleil, l’objet A/2017 U1 a, de par sa trajectoire hyperbolique confirmée (excentricité de 1,20), tout d’un voyageur interstellaire. Aussitôt la nouvelle connue, des dizaines de télescopes de par le monde, amateurs et professionnels, se sont tournés vers ce visiteur d’un autre monde pour tenter d’en savoir plus sur lui. Il faut dire qu’il est le premier de ce type jamais observé par les astronomes et que ce moment est attendu depuis des décennies !

D’abord pris pour une comète — il fut nommé dans un premier temps C/2017 U1 (C pour comète) —, ce corps céleste d’une taille estimée à 400 m a été requalifié peu après sa découverte en astéroïde, à cause de l’absence manifeste de chevelure de gaz et de poussière.

Maintenant, du fait de la nature unique de l’objet, des astronomes proposent de le désigner 1I/2017 U1, « I » pour interstellaire. En tout cas, ses découvreurs basés à l’Haleakala (Hawaï) lui ont trouvé un nom : « Oumuamua ». Le mot hawaïen fait référence à un éclaireur ou un messager. « « Ou »‘ signifie « vouloir tendre la main » et « mua », avec le second « mua » qui met l’accent, signifie d’abord « en avance de » », indiquent-ils.

1I/2017 U1 (Oumuamua) photographié le 26 octobre par un chasseur d’astéroïde. Deux jours plus tôt, le visiteur interstellaire n’était qu’à 24 millions de kilomètres de la Terre. © Luca Buzzi

Plein d’autres « éjectoïdes » à venir

1I/2017 U1 — ou encore 1I/2017 U1 (Oumuamua) — serait ainsi le premier objet interstellaire découvert par l’humanité. Et selon une étude qui vient d’être déposée sur Arxiv, il faut s’attendre à en découvrir d’autres…, beaucoup d’autres. Surtout à partir de 2022 quand le LSST (Large Synoptic Survey Telescope) entrera en service au Chili. Optimistes quant à leur découverte dans un futur proche, les chercheurs esiiment que « le taux de découverte du LSST des éjectoïdes nous aidera à contraindre la fréquence et les propriétés de systèmes planétaires en formation dans notre voisinage galactique ».

Oui, ils les appellent éjectoïdes. Une désignation qui fait bien sûr allusion à la probable origine de Oumuamua. Selon eux, cet objet a été expulsé du système où il est né et la masse ainsi éjectée à chaque formation d’un système planétaire comme le nôtre serait d’environ 20 masses terrestres. 1I/2017 U1 ne serait donc que le premier d’une grande série…

La trajectoire dans notre Système solaire d’Oumuamua, le premier visiteur interstellaire jamais observé. © Nasa, JPL-Caltech

Les probables origines d’Oumuamua

Quant aux origines d’Oumuamua, trois chercheurs ont déposé un article sur Arxiv qui propose une réponse. L’astéroïde ne viendrait pas de Véga, l’astre le plus brillant de la constellation de la Lyre, à 25 années-lumière de nous, comme cela a été supposé préliminairement, mais de l’une des très jeunes étoiles de l’association Carina, ou Colombe, située entre 163 et 277 années-lumière de la Terre. Les auteurs se sont plongés dans le catalogue du satellite Gaia (qui suit un milliard d’étoiles) pour inférer les étoiles qui ont des mouvements en accord avec celui A/2017 U1.

Compte tenu de sa nature d’astéroïde, les astronomes estiment en outre que l’objet devait être à l’intérieur de la ligne de glace du disque protoplanétaire de l’étoile où il s’est formé, il y a quelque 45 millions d’années. Car oui, cela ferait donc une quarantaine de millions d’années qu’il voyage. Et il n’est sans doute pas le seul à venir de là-bas, soulignent-ils.

Enfin, ils ont estimé que la planète responsable de l’éjection de l’objet — et donc d’autres avec lui — est (ou était) soit une superterre, soit une géante gazeuse de 20 à 30 masses terrestres.

La découverte d’Oumuamua ouvre en tout cas un nouveau chapitre de l’histoire de l’astronomie. Les études sur ce fascinant voyageur se multiplient. Vous n’avez pas fini d’en entendre parler.


Découverte du premier astéroïde interstellaire

Article de Xavier Demeersman publié le 27 octobre 2017

Les premières observations d’un petit corps céleste qui vient d’être découvert suggèrent qu’il vient de l’espace interstellaire. Si cela se confirme, ce serait le premier cas connu d’une comète ou d’un astéroïde venu d’ailleurs. Mais d’où ?

Chaque semaine, de nouvelles comètes sont découvertes alors qu’elles s’approchent ou entrent dans le Système solaire interne. Petits corps célestes glacés plus ou moins lumineux, selon l’activité de leur noyau réchauffé par le Soleil, elles ont beaucoup à nous dire sur les origines de notre Système solaire. La plupart viennent des régions les plus éloignées de notre étoile, au-delà de Neptune, à des dizaines ou des centaines de milliards de kilomètres. Certaines déboulent pour la première fois dans la région où gravitent les planètes les plus proches du Soleil (les quatre planètes telluriques). Tandis que d’autres, à courte période, par exemple Halley ou Tchouri, sont des habituées.

Mais le 18 octobre, des astronomes ont repéré dans les sondages réalisés par les télescopes PanSTARRS 1 installés sur l’Haleakala, à Hawaï, un étrange visiteur à quelque 37 millions de kilomètres du Soleil. D’abord baptisé C/2017 U1, l’objet vient d’être requalifié en A/2017 U1, suggérant une nature d’astéroïde plutôt que de comète. En tout cas, l’astre paraît très pressé et surtout, et c’est plutôt inhabituel, sa trajectoire montre une extrême excentricité hyperbolique (1,19). Aussi, et si d’autres observations ultérieures le confirment, « cet objet pourrait être le premier cas évident d’une comète interstellaire », a déclaré à Sky&Telescope Gareth Williams, qui codirige le MPC (International Astronomical Union’s Minor Planet Center), centre qui engrange les données des petits corps célestes.

Nous attendons ce jour depuis des décennies.

« Nous attendons ce jour depuis des décennies, s’est exclamé le directeur de Cneos  Paul Chodas. On a longtemps émis l’hypothèse que de tels objets existent – des astéroïdes ou des comètes qui se déplacent entre les étoiles et qui traversent parfois notre Système solaire – mais ceci est la première détection de ce type. Les données aideraient à le confirmer. »

Animation de la trajectoire de l'objet A/2017 U1 récemment découvert. Comète ou astéroïde, il n'a jamais rencontré les 8 planètes de notre Système solaire. Cet objet est le premier identifié à venir d'un autre système planétaire. © Nasa, JPL

D’où vient cette comète ou cet astéroïde apparemment interstellaire ?

L’astre est très pâle (magnitude 20). De premiers calculs basés sur sa luminosité estiment pour l’instant sa taille à moins 400 m (Nasa). Assez petit, il a malgré tout survécu à la chaleur du Soleil lorsqu’il était au plus près de lui, le 9 septembre. C’est une des raisons pour lesquelles les chercheurs s’orientent sur la piste d’un astéroïde plutôt qu’une comète. Le supposé visiteur interstellaire file assez vite, à quelque 25,5 km/s. Si c’est une comète, « elle n’a peut-être pas eu le temps de se réchauffer suffisamment pour se briser », suggère Bill Gray, un dynamicien qui s’intéresse à elle.

A/2017 U1 est passé dans le voisinage de la Terre, le 14 octobre dernier, à environ 24 millions de kilomètres. Et nous ne sommes pas prêts de le revoir, car il se dirige vers l’espace interstellaire… Où sera-t-il dans un million d’années ? À une quinzaine d’années-lumière…, et peut-être rendra-t-il visite à d’autres étoiles.

Évidemment, cet astéroïde (ou comète) venu d’ailleurs aurait beaucoup de choses à nous raconter. Cela suscite beaucoup de questions : quelle est sa composition ?, est-il similaire à nos astéroïdes ?, a-t-il visité d’autres étoiles ?, quelle est son étoile d’origine ?, etc. Pour l’instant, tout ce que peuvent dire les astronomes qui l’étudient est qu’il vient de la direction de Véga (mais pas exactement), l’étoile la plus brillante de la constellation de la Lyre. « C’est exactement ce qu’on peut attendre [notre Système solaire se déplace dans la Voie lactée, en direction des étoiles de la Lyre, NDLR]. Il devrait y avoir davantage de comètes interstellaires venant de la direction vers laquelle le Soleil se dirige », explique Luke Dones, du Southwest Research Institute (SwRI) à Boulder, dans le Colorado.

Dans le passé, la seule autre comète soupçonnée de venir d’ailleurs était C/1980 E1 Bowell. Mais son excentricité (1,05) a pu être provoquée en cours de route par son passage à 35 millions de kilomètres de Jupiter. Peut-être en a-t-il été de même pour C/2017 U1 ? Les chercheurs ne l’excluent pas. L’enquête est en cours et nous devrions en savoir plus sur son histoire dans les semaines à venir.

Interview 4/5 : quels dangers pourraient venir de l’espace ?  Pluie de météorites, tempêtes solaires, géocroiseurs, etc. : comme toute planète, la Terre est exposée à des dangers venant de l’espace. Michel Casse, astrophysicien à l’Institut d’astrophysique de Paris, nous explique quels sont ces risques et comment les combattre.

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Publié par le 20 novembre 2017 dans Espace, général, Sciences

 

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