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Archives de Catégorie: Education – information

Le GPS désactive les fonctions principales de notre cerveau, … et nous rend plus bête

GPS et cerveau ne font pas bon ménage, estiment des scientifiques UK

L’utilisation du GPS a un impact négatif sur le fonctionnement du cerveau humain.

Des scientifiques l’University College London (UCL) ont réalisé une expérience auprès de 24 voyageurs. Ces derniers, avec ou sans l’aide de la navigation par satellite, ont dû tenter de trouver leur chemin vers des destinations du West End de Londres.

Durant leur expérience, les chercheurs ont remarqué que le GPS « désactive » les zones du cerveau généralement utilisées afin d’envisager des itinéraires alternatifs. La navigation par satellite éteint la partie de notre cerveau associée à la mémoire et nous rend en quelque sorte plus bête, indique l’étude.

Le GPS désactive les fonctions principales de votre cerveau

Pour se repérer dans une ville, notre cerveau fait travailler son propre GPS, grâce à des cellules situées dans l’hippocampe. En revanche, si c’est un ordinateur qui nous indique le trajet à suivre, l’activité du « GPS du cerveau » s’éteint. Alors, qu’adviendra-t-il de notre sens de l’orientation ?

En 2014, le prix Nobel de médecine avait récompensé les travaux de trois chercheurs ayant mis en évidence le « GPS du cerveau » : des cellules de l’hippocampe qui aident les animaux à enregistrer des informations spatiales pour s’orienter. Mais que font ces cellules si l’individu suit les instructions d’un GPS dans sa voiture ou sur son smartphone ?

D’autres chercheurs ont étudié l’activité du cerveau lorsqu’il doit se repérer dans un réseau de rues, prévoir un trajet et gérer des détours imprévus. Dans leur expérience, 24 personnes ont tout d’abord appris à se repérer dans le quartier de Soho, dans le centre de Londres. Puis, les participants ont visionné un film en même temps qu’un scanner enregistrait leur activité cérébrale par IRM fonctionnelle. Deux zones du cerveau intéressaient les chercheurs :

  • l’hippocampe, impliqué dans la mémoire et l’orientation ;
  • le cortex préfrontal, qui sert à planifier et à prendre des décisions.

Parfois, le film était arrêté et les participants devaient trouver leur chemin pour rejoindre une destination en disant s’il fallait tourner à droite ou à gauche à chaque carrefour. Les résultats sont présentés dans la revue Nature Communications.

Edvard et May-Britt Moser, un couple de chercheurs norvégiens, partagent le prix Nobel de médecine 2014 avec John O’Keefe pour la découverte du « GPS du cerveau ». © Kavli Institute at the NTNU, Wikimedia Commons, CC by-sa 3.0

L’hippocampe et le cortex préfrontal moins actifs avec un GPS

Les chercheurs ont trouvé que lorsque les participants devaient s’orienter par eux-mêmes, sans aide d’un appareil de type GPS, l’activité de l’hippocampe et du cortex préfrontal correspondait assez bien aux décisions qu’ils devaient prendre : ces zones connaissaient des pointes d’activité quand les volontaires entraient dans de nouvelles rues. L’activité cérébrale augmentait avec le nombre d’options à choisir.

En revanche, quand les participants suivaient les instructions de l’ordinateur pour s’orienter, ils n’activaient pas autant ces aires cérébrales. Hugo Spiers, chercheur à l’University College London et qui a mené l’étude, a expliqué dans un communiqué« Nos résultats s’accordent avec des modèles dans lesquels l’hippocampe simule des parcours sur des chemins possibles futurs, tandis que le cortex préfrontal nous aide à planifier ceux qui nous mèneront à destination. Quand nous avons la technologie nous indiquant le chemin à parcourir, le cerveau ne réagit pas au réseau de rues ».

En résumé, le GPS de votre cerveau se mettrait donc au repos si vous vous en remettez à une navigation pilotée par satellite… Ces résultats soulèvent aussi quelques interrogations sur le sens de l’orientation des nouvelles générations qui utilisent un smartphone, puisque leur GPS interne pourrait être moins sollicité.

Galileo : comment fonctionne le GPS européen ?  En vidéo, présentation simplifiée du fonctionnement de Galileo, le système européen de positionnement par satellite. Comme le GPS américain, le principe est celui de la mesure du temps de transmission des signaux émis par les satellites, dont les positions sont connues.

Futura sciences – Nature

 

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Les médias traditionnels en pleine débâcle, par Paul Craig Roberts


Il ne reste plus grand monde pour faire confiance aux « médias traditionnels », autrement dit à la « press-titution ». Un vent de panique s’est emparé de ces médias, à mesure que la classe dirigeante s’est aperçue qu’elle ne pouvait même plus compter sur eux pour contrôler l’information dans le sens de ses intérêts.

Pour s’attaquer à ceux des médias alternatifs qui disent la vérité, un groupe secret, appelé PropOrNot (1), a publié une liste de 200 sites web accusés d’être des « agents de la Russie ». Cette tentative destinée à jeter le discrédit sur des sites d’informations fiables a été fragilisée par le caractère anonyme de PropOrNot.

A la suite de quoi une nouvelle liste – attribuée à une certaine Melissa Zimdars dont personne n’a jamais entendu parler – a été publiée sur le site de la bibliothèque de l’Université d’Harvard. Les sites répertoriés sur cette liste figurent également sur celle de PropOrNot; à la nuance près que ceux de la liste de Zimdars ne sont plus épinglés comme  « agents de la Russie » mais simplement comme « diffuseurs de fausses nouvelles« .

Personne parmi mes lecteurs ne pense que je diffuse des fausses nouvelles. Quand j’ai voulu prendre ma retraite ils m’ont même demandé de continuer à leur fournir des informations fiables, sachant que les grands médias leur mentent.

Je viens d’apprendre par des blogueurs français que le journal Le Monde a également classé comme conspirationnistes des sites web qui ont traduit et publié mes rubriques en français.

Il apparaît que cette croisade contre la vérité est en train de se répandre dans tout l’Empire américain.

Le journal Le Monde sera confronté à la même situation que le Washington Post et la Bibliothèque de Harvard qui, après s’être ridiculisés, ont été contraints de prendre des distances avec leurs listes. Car j’ai non seulement travaillé comme journaliste pour des quotidiens français comme Libération à la fin des années 80 et Le Figaro au début des années 90, mais j’ai aussi reçu la Légion d’Honneur de la part du Président français. Cet honneur m’a été rendu à l’Ambassade de France à Washington par Edouard Balladur lui-même – alors Ministre français de l’économie et des finances, et devenu par la suite Premier Ministre ; cela dans le cadre d’une grande cérémonie à laquelle assistaient de hauts fonctionnaires de l’Administration Reagan, porteurs d’une lettre du Président américain au Président français, remerciant la France d’avoir récompensé mes contributions.

Que Le Monde publie une telle liste confirme ce que Udo Ulfkotte (2) avait lui-même révélé dans son célèbre ouvrage, à savoir qu’il n’y a en Europe aucun journaliste ayant pignon sur rue qui n’ait figuré sur les fiches de paie de la CIA.

Je me suis demandé si la liste de PropOrNot avait été créée par un organe de  la « press-titution » tel que CNN, le New York Times, le Washington Post, NPR, MSNBC, afin de préserver leur monopole sur l’analyse de l’information, ou si c’était une création de la CIA dans une tentative de protéger les médias qui, travaillent pour elle en contrôlant les informations livrées à un public crédule et ignorant.  Je pense plutôt qu’elle émane de la CIA, ou du Département d’Etat, qui, ayant perdu leur crédibilité, jouent leur dernière carte pour reprendre le contrôle de l’information.

Ce monde de mensonges qui encadre nos vies et escamote la réalité dans le monde occidental a détruit toutes les justifications de l’hégémonie exercée jusque là par l’Occident sur l’humanité. Aujourd’hui l’Occident, corrompu, violent, cupide et malfaisant au-delà de toute mesure, n’est qu’une addition de peuples qui s’accommodent de l’assassinat de millions de millions de Musulmans dans de nombreux pays (3). Quand le diable peut agir en toute impunité, quel espoir reste-t-il à l’humanité ?

Prenant sans doute en compte l’accueil critique qu’a reçu sa liste, le site web de la Bibliothèque d’Harvard a maintenant identifié Melissa Zindars, comme professeur adjoint de communication au Merrimack College. La bibliothèque a pris ses distances avec sa liste en la qualifiant « informelle ». Le lien vers la liste des sites de « fausses nouvelles » répertoriée par Zimdars existe toujours mais donne accès à autre chose.

Stephen Lendman (1) a diffusé une copie de cette liste sur son blog. Il est à noter que Wikileaks figure également sur la liste de Zimdars, preuve de l’absurdité de la chose, dans la mesure où Wikileaks ne diffuse ni commentaires ni nouvelles, mais uniquement des documents vérifiés.

Voici la liste de Zimdars en question :

21st Century Wire
Activist Post
Antiwar.com
Before Its News.com
Black Agenda Report
Boiling Frogs Post
Common Dreams
Consortium News
Corbett Report
Countercurrents
CounterPunch
David Stockman Contracorner
Fort Russ
Freedoms Phoenix
Global Research
The Greanville Post
Information Clearing House
Intellihub
Intrepid Report
Lew Rockwell
Market Oracle
Mint Press News
Moon of Alabama
Naked Capitalism
Natural News
Nomi Prins
Off-Guardian
Paul Craig Roberts
Pravda.ru
Rense
Rinf
Ron Paul Institute
Ruptly TV
Russia-Insider
Sgt Report
ShadowStats
Shift Frequency

SJLendman.blogspot.com

Solari
Sott.net
South Front
Sputnik News
Strategic Culture.org
The Anti-Media
The Duran
The Intercept
The People’s Voice
The Saker
The Sleuth Journal
Third World Traveler
Voltairenet
What Really Happened
Who What Why
WikiLeaks
Zero Hedge

Par Paul Craig Roberts , traduction 

 

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Le robot disposera bientôt d’une identité juridique : « la personne électronique »

La législation sur les robots prévoira une touche de mise hors tension. – © SAM YEH – AFP

Aussi étrange que cela paraisse, l’Europe travaille à la mise au point d’une législation sur les robots. Une sorte de code cybernétique réunissant les droits et devoirs de nos esclaves en métal. Le processus est déjà fort avancé et le Parlement européen devrait décider, dès février, d’en confier le travail législatif à la Commission. Le robot pourrait devenir « responsable » et soumis à l’impôt.

D’abord qu’est-ce qu’un robot? Selon la définition retenue par le rapport (lisible plus bas) adopté en commission du Parlement, le robot remplit plusieurs conditions. Il s’agit d’une intelligence disposant « d’une enveloppe  physique« . Le robot est rendu autonome grâce à des capteurs et par l’échange de données. Il doit pouvoir s’adapter à l’environnement et éventuellement (ce critère est facultatif) disposer d’une capacité d’auto-apprentissage.

Si en 2009 n’étaient encore vendus que 4,5 millions de robots domestiques assez élémentaires, le dernier salon CES de Las Vegas a montré qu’une nouvelle réalité est en train s’imposer. Le premier robot vraiment humanoïde pourrait exister d’ici 2025. Et, en 2040, la plupart des ménages (des pays riches bien sûr)  posséderont un robot domestique. Et surtout, les voitures autonomes sont à nos portes. Qui sera responsable si une voiture sans conducteur est impliquée dans un accident? L’approche du parlement européen est donc logique… Et urgente.

Un groupe de travail a planché deux ans sur le sujet et le rapport qui en est sorti vient d’être adopté par  la commission des affaires juridiques du Parlement européen. Cette proposition demande à la Commission de préparer une législation pour assurer le respect des normes éthiques et déterminer la responsabilité en cas d’accidents impliquant des robots. Et bien sûr, cela concernera prioritairement des voitures sans conducteur.

Le robot asiatique pourrait influencer le robot occidental

Pourquoi, cette fébrilité ? Parce que l’Europe craint que, faute de texte légal, des normes soient imposées par d’autres pays et qu’il deviendrait alors très difficile de légiférer.

Car le robot n’est pas un concept universel. Toutes les cultures ont leur vision de la cybernétique.  L’Asie a une vision très particulière du robot. Alors que l’Européen le voit comme une créature dangereuse, l’Asiatique  en fait un personnage positif doué d’une âme. L’idée aurait été véhiculée par les mangas, dont une créature robotisée (Astro Boy ci-dessous) née peu après la guerre.

Ce que va réguler le nouveau droit

La nouvelle législation régira trois domaines: la responsabilité du robot, la sécurité et le marché du travail. L’idée est de constituer une agence européenne pour la robotique ainsi qu’un code de conduite éthique pour l’industrie qui développe des robots. Ce code de conduite devra prévoir qui est responsable des conséquences de la robotique. Sur la santé humaine bien sûr (en cas d’accident ou d’erreur lors du traitement d’un malade), mais aussi sur les aspects sociaux (la perte d’emploi)  et sur l’environnement. Il y aura donc des normes pour garantir que R2D2 est bien au service de l’homme et non pas l’inverse. Le rapport insiste sur le libre arbitre de l’homme qui ne pourra jamais être contrôlé par le robot.

Pas question de  pouvoir demander à un robot (civil) d’abattre quelqu’un. En revanche, il y aura l’obligation pour un robot d’intervenir en cas de situation de danger pour un humain.

Le robot tueur d’emplois

L’un des aspects les plus inquiétants du robot est l’impact social qu’il peut avoir sur le travail des humains. Une étude  McKinsey avance que 60% des emplois sont potentiellement menacés par les robots. Le site l’Express rappelle qu’en 2015,  Maarten Goos, professeur d’économie à la KUL estimait que, rien qu’en Flandre, les robots pourraient participer à la destruction de 1,4 million d’emplois en 20 ans. D’autres organismes, moins pessimistes, estiment tout de même  à 10% les métiers tellement automatisables que des robots pourraient  les prendre en charge.

Le rapport demande donc à la commission européenne de suivre ces tendances de près. Et aussi de penser à adapter le système fiscal et social. Certains comme le socialiste Benoît Hamon en France, veulent taxer le robot, comme il y a eu jadis la taxe sur la force motrice et même parfois sur les PC. On se dirigera certainement vers un IPH, un impôt sur les personnes humanoïdes.

Etudes du Parlement européen: «Règles européennes de droit civil en robotique»

RAPPORT PDF 766k
contenant des recommandations à la Commission concernant des règles de droit civil sur la robotique

Priorité : les voitures autonomes

Le rapport suggère un système d’assurance obligatoire et un fonds garantissant le dédommagement des victimes en cas d’accidents causés par ce type de voitures. L’idée est que le constructeur devrait prendre l’assurance à sa charge. Mais on imagine qu’il répercutera ce coût supplémentaire sur le prix de vente de l’auto autonome

Une « personnalité physique » pour le robot ?

A long terme, le rapport envisage un statut juridique spécial de « personne électronique ». Et c’est là que nous entrons dans un autre univers. Les robots autonomes seraient dotés « de droits et d’obligations spécifiques, y compris celui de réparer tout dommage causé à des tiers« . Evidemment, cette humanisation du droit robotique a une limite. On ne pourra pas désigner le robot comme un être conscient. Et on ne pourra donc pas l’envoyer en prison ou le menacer de le priver de ses batteries s’il récidive. La vraie responsabilité en incombera aux constructeurs, aux ingénieurs et aux propriétaires. Ce qui suppose un code de bonne conduite pour les humains concepteurs de robots.

Il faudra développer un cadre éthique encadrant la  conception (le design) du robot, sa fabrication et même son utilisation. D’accord pour un robot qui tond la pelouse, mais qu’en serait-il d’un robot policier qui verbaliserait les individus ?

Le texte évoque enfin le risque d’être manipulé par un robot compagnon conçu pour susciter l’empathie grâce à un mimétisme totalement feint.

En 2014 et 2015, Bill Gates (Microsoft), Stephen Hawking (physicien) et Elon Musk (Tesla et SpaceX) ont clairement mis en garde contre les dangers de l’intelligence artificielle. Et le risque réel qu’elle pourrait se retourner contre nous.

Le rapport européen préconise d’ailleurs que code éthique devra  recommander que les concepteurs de robots incluent des « boutons d’arrêt d’urgence » pour arrêter les robots qui se sentiraient  » à l’ouest « .

Pratiquement, ce droit robotique va-t-il voir le jour ?

Dans les faits, la commission parlementaire qui a étudié le rapport sur les robots l’a adopté il y a quelques jours. L’étape suivante est l’adoption par le Parlement européenne en séance plénière, en février. La Commission sera alors invitée à légiférer. Elle peut refuser, mais devra alors s’en expliquer.

 
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Publié par le 23 mars 2017 dans Education - information, général, Insolite, société

 

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« Schooling the World » (Éduquer le monde) – Education : de l’Autonomie à la Dépendance ??? (VOSTFR)

Activez la VOSTFR dans « paramètres »

« Éduquer le monde » est l’antithèse du film de propagande. On voit les dégâts qu’on provoqué les Anglo-saxons (encore eux) parmi les populations indigènes qu’ils ont conquis , ou carrément exterminé (les indiens) … en voulant les « éduquer » .

Éduquer c’est transmettre un système de valeurs et de pensée, une vision de la vie – c’est formater , façonner à son image ..

 

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Un enfant sur quatre pourrait manquer d’eau en 2040

Accroissement de la population, demande en eau plus importante, aléas climatiques (sécheresse – pour le moment) , eau insalubre et manque d’assainissement,  conflits … (Alors qu’il existe une quantité énorme d’eau sous terre, y compris dans les nappes phréatiques

Près de 600 millions d’enfants pourraient vivre dans des zones avec des ressources en eau potable très limitées, alerte l’Unicef à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau.

 

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La longue tradition des annulations de dettes en Mésopotamie et en Egypte du 3e au 1er millénaire avant J-C

Il est essentiel de percer l’écran de fumée de l’histoire racontée par les créanciers et rétablir la vérité historique. Des annulations généralisées de dette ont eu lieu de manière répétée dans l’histoire.

Hammourabi, roi de Babylone, et les annulations de dette

Le Code Hammourabi se trouve au musée du Louvre à Paris. En fait, le terme « code » est inapproprié, car Hammourabi nous a légué plutôt un ensemble de règles et de jugements concernant les relations entre les pouvoirs publics et les citoyens. Le règne d’Hammourabi, « roi » de Babylone (situé dans l’Irak actuel), a commencé en 1792 av. J-C et a duré 42 ans. Ce que la plupart des manuels d’histoire ne relèvent pas, c’est qu’Hammourabi, à l’instar des autres gouvernants des cités-États de Mésopotamie, a proclamé à plusieurs reprises une annulation générale des dettes des citoyens à l’égard des pouvoirs publics, de leurs hauts fonctionnaires et dignitaires. Ce que l’on a appelé le Code Hammourabi a vraisemblablement été écrit en 1762 av. J-C. Son épilogue proclamait que « le puissant ne peut pas opprimer le faible, la justice doit protéger la veuve et l’orphelin (…) afin de rendre justice aux opprimés ». Grâce au déchiffrage des nombreux documents écrits en cunéiforme, les historiens ont retrouvé la trace incontestable de quatre annulations générales de dette durant le règne d’Hammourabi (en 1792, 1780, 1771 et 1762 av. J-C).

A l’époque d’Hammourabi, la vie économique, sociale et politique s’organisait autour du temple et du palais. Ces deux institutions très imbriquées constituaient l’appareil d’État, l’équivalent de nos pouvoirs publics d’aujourd’hui, où travaillaient de nombreux artisans et ouvriers, sans oublier les scribes. Tous étaient hébergés et nourris par le temple et le palais. C’est ainsi qu’ils recevaient des rations de nourriture leur garantissant deux repas complets par jour. Les travailleurs et les dignitaires du palais étaient nourris grâce à l’activité d’une paysannerie à qui les pouvoirs publics fournissaient (louaient) des terres, des instruments de travail, des animaux de trait, du bétail, de l’eau pour l’irrigation. Les paysans produisaient notamment de l’orge (la céréale de base), de l’huile, des fruits et des légumes. Après la récolte, les paysans devaient en verser une partie à l’État comme loyer. En cas de mauvaises récoltes, ils accumulaient des dettes. En-dehors du travail sur les terres du temple et du palais, les paysans étaient propriétaires de leurs terres, de leur habitation, de leur bétail et des instruments de travail. Une autre source de dettes des paysans était constituée par les prêts octroyés à titre privé par de hauts fonctionnaires et des dignitaires afin de s’enrichir et de s’approprier les biens des paysans en cas de non remboursement de ces dettes. L’impossibilité dans laquelle se trouvaient les paysans de rembourser les dettes pouvait aboutir également à leur asservissement en tant qu’esclaves (des membres de leur famille pouvaient également être réduits en esclavage pour dette). Afin de garantir la paix sociale, notamment en évitant une détérioration des conditions de vie des paysans, le pouvoir en place annulait périodiquement toutes les dettes |1| et restaurait les droits des paysans.


Les annulations générales de dette se sont échelonnées en Mésopotamie sur 1000 ans

Les proclamations d’annulation générale de dettes ne se limitent pas au règne d’Hammourabi, elles ont commencé avant lui et se sont prolongées après lui. On a la preuve d’annulations de dette remontant à 2400 av. J-C, soit six siècles avant le règne d’Hammourabi, dans la cité de Lagash (Sumer), les plus récentes remontent à 1400 av. J-C à Nuzi. En tout, les historiens ont identifié avec précision une trentaine d’annulations générales de dette en Mésopotamie entre 2400 et 1400 av. J-C. On peut suivre Michael Hudson |2| quand il affirme que les annulations générales de dette constituent une des caractéristiques principales des sociétés de l’Âge du bronze en Mésopotamie. On retrouve d’ailleurs dans les différentes langues mésopotamiennes des expressions qui désignent ces annulations pour effacer l’ardoise et remettre les compteurs à zéro : amargi à Lagash (Sumer),nig-sisa à Ur, andurarum à Ashur, misharum à Babylone, shudutu à Nuzi.

Ces proclamations d’annulation de dette étaient l’occasion de grandes festivités, généralement à la fête annuelle du printemps. Sous la dynastie de la famille d’Hammourabi a été instaurée la tradition de détruire les tablettes sur lesquelles étaient inscrites les dettes. En effet, les pouvoirs publics tenaient une comptabilité précise des dettes sur des tablettes qui étaient conservées dans le temple. Hammourabi meurt en 1749 av. J-C après 42 ans de règne. Son successeur, Samsuiluna, annule toutes les dettes à l’égard de l’État et décrète la destruction de toutes les tablettes de dettes sauf celles concernant les dettes commerciales.

Quand Ammisaduqa, le dernier gouvernant de la dynastie Hammourabi, accède au trône en 1646 av. J-C, l’annulation générale des dettes qu’il proclame est très détaillée. Il s’agit manifestement d’éviter que certains créanciers profitent de certaines failles. Le décret d’annulation précise que les créanciers officiels et les collecteurs de taxes qui ont expulsé des paysans doivent les indemniser et leur rendre leurs biens sous peine d’être exécutés. Si un créancier a accaparé un bien par la pression, il doit le restituer et/ou le rembourser en entier, faute de quoi il devait être mis à mort.

A la suite de ce décret, des commissions ont été mises en place afin de réviser tous les contrats immobiliers et d’éliminer ceux qui tombaient sous le coup de la proclamation d’annulation de dette et de restauration de la situation antérieure, statu quo ante. La mise en pratique de ce décret était facilitée par le fait qu’en général, les paysans spoliés par les créanciers continuaient à travailler sur leurs terres bien qu’elles soient devenues la propriété du créancier. Dès lors, en annulant les contrats et en obligeant les créanciers à indemniser les victimes, les pouvoirs publics restauraient les droits des paysans. La situation se dégradera un peu plus de deux siècles plus tard.


Les limites des actes d’annulation de dettes

En Mésopotamie, durant l’Âge du bronze, les esclaves pour dettes étaient libérés mais pas les autres types d’esclaves (notamment les prises de guerre). Cependant, les actes d’annulation de dette ne doivent pas être présentés comme des décisions faisant progresser l’émancipation sociale, il s’agissait de restaurer l’ordre antérieur qui incluait de nombreuses formes d’oppression. Néanmoins, sans embellir l’organisation de ces sociétés d’il y a 3000 à 4000 ans, il faut souligner que les gouvernants cherchaient à maintenir une cohésion sociale en évitant la constitution de grandes propriétés privées, en prenant des mesures pour que les paysans gardent un accès direct à la terre, en limitant la montée des inégalités, en veillant à l’entretien et au développement des systèmes d’irrigation. Michael Hudson souligne par ailleurs que la décision de déclarer la guerre revenait à l’assemblée générale des citoyens et que le « roi » n’avait pas le pouvoir de prendre la décision.

Il semble que, dans la cosmovision des Mésopotamiens de l’Âge du bronze, il n’y a pas eu de création originale par un dieu. Le gouvernant (ruler), confronté au chaos, a réorganisé le monde pour rétablir l’ordre normal et la justice.

Après 1400 av. J-C, on n’a trouvé aucun acte d’annulation de dette. Les inégalités se sont fortement renforcées et développées. Les terres ont été accaparées par de grands propriétaires privés, l’esclavage pour dette s’est enraciné. Une partie importante de la population a migré vers le nord-ouest, vers Canaan avec des incursions vers l’Égypte (les Pharaons s’en plaignaient).
Au cours des siècles qui suivirent, considérés par les historiens de la Mésopotamie comme des temps obscurs (Dark Ages) -à cause de la réduction des traces écrites-, on a néanmoins la preuve de luttes sociales violentes entre créanciers et endettés.


Égypte : la pierre de Rosette confirme la tradition des annulations de dette

La pierre de Rosette qui a été accaparée par des membres de l’armée napoléonienne en 1799 lors de la campagne d’Égypte a été déchiffrée en 1822 par Jean-François Champollion. Elle se trouve aujourd’hui au British Museum à Londres. Le travail de traduction a été facilité par le fait que la pierre présente le même texte en trois langues : l’égyptien ancien, l’égyptien populaire et le grec du temps d’Alexandre le Grand.

Le contenu de la pierre de Rosette confirme la tradition d’annulation des dettes qui s’est instaurée dans l’Égypte des Pharaons à partir du VIIIe siècle av. J-C, avant sa conquête par Alexandre le Grand au IVe siècle av. J-C. On y lit que le pharaon Ptolémée V, en 196 av. J-C, a annulé les dettes dues au trône par le peuple d’Égypte et au-delà.

Bien que la société égyptienne du temps des Pharaons fût très différente de la société mésopotamienne de l’Âge du bronze, on retrouve la trace évidente d’une tradition de proclamation d’amnistie qui précède les annulations générales de dette. Ramsès IV (1153-1146 av. J-C) a proclamé que ceux qui ont fui peuvent rentrer au pays. Ceux qui étaient emprisonnés sont libérés. Son père Ramsès III (1184 –1153 av. J-C) a fait de même. A noter qu’au 2e millénaire, il semble qu’il n’y avait pas d’esclavage pour dette en Égypte. Les esclaves étaient des prises de guerre. Les proclamations de Ramsès III et IV concernaient l’annulation des arriérés de taxes dues au Pharaon, la libération des prisonniers politiques, la possibilité pour les personnes condamnées à l’exil de rentrer au pays.

Ce n’est qu’à partir du 8e siècle av. J-C, qu’on trouve en Égypte des proclamations d’annulation de dettes et de libération des esclaves pour dette. C’est le cas du règne du pharaon Bocchoris (717-11 av. J-C), dont le nom a été hellénisé.

Une des motivations fondamentales des annulations de dette était que le pharaon voulait disposer d’une paysannerie capable de produire suffisamment de nourriture et disponible à l’occasion pour participer à des campagnes militaires. Pour ces deux raisons, il fallait éviter que les paysans soient expulsés de leurs terres sous la coupe des créanciers.

Dans une autre partie de la région, on constate que les empereurs assyriens du 1er millénaire av. J-C ont également adopté la tradition d’annulations des dettes. Il en a été de même à Jérusalem, au 5e siècle av. J-C. Pour preuve, en 432 av. J-C, Néhémie, certainement influencé par l’ancienne tradition mésopotamienne, proclame l’annulation des dettes des Juifs endettés à l’égard de leurs riches compatriotes. C’est à cette époque qu’est achevée la Torah |3|. La tradition des annulations généralisées de dette fera partie de la religion juive et des premiers textes du christianisme via le Deutéronome qui proclame l’obligation d’annuler les dettes tous les sept ans et le Lévitique qui l’exige à chaque jubilé, soit tous les 50 ans.


Conclusion

Aujourd’hui, le remboursement de la dette constitue indéniablement un tabou. Il est présenté par les chefs d’État et de gouvernement, les banques centrales, le FMI et la presse dominante comme inévitable, indiscutable, obligatoire. Les citoyens et citoyennes devraient se résigner au paiement de la dette. La seule discussion possible porte sur la façon de moduler la répartition des sacrifices nécessaires afin de dégager suffisamment de moyens budgétaires pour tenir les engagements pris par la nation endettée. Les gouvernements qui ont emprunté ont été élus démocratiquement, les actes qu’ils ont posés sont donc légitimes. Il faut payer.

Il est essentiel de percer l’écran de fumée de l’histoire racontée par les créanciers et rétablir la vérité historique. Des annulations généralisées de dette ont eu lieu de manière répétée dans l’histoire. Ces annulations correspondent à différents contextes. Dans le cas que nous venons d’évoquer, les proclamations d’annulation généralisée de dette étaient prises à l’initiative de gouvernants soucieux de préserver la paix sociale. Dans d’autres cas, les annulations ont été le résultat d’une lutte sociale exacerbée par la crise et la montée des inégalités. C’est le cas de la Grèce et de la Rome antiques. D’autres scénarios sont aussi à prendre en compte : l’annulation de dette décrétée par des pays endettés posant un acte souverain unilatéral, l’annulation de dette concédées par les vainqueurs à un pays vaincu ou/et allié… Une chose est certaine : à l’échelle historique, la dette joue un rôle moteur dans de nombreux bouleversements sociaux et politiques.

Notes

|1| Les dettes entre commerçants n’étaient pas visées par ces annulations.

|2| Cet article est essentiellement basé sur la synthèse historique présentée par Michael Hudson, docteur en économie, dans plusieurs articles et ouvrages captivants : « The Lost Tradition of Biblical Debt Cancellations », 1993, 87 pages ; « The Archaeolgy of Money », 2004. Michael Hudson fait partie d’une équipe scientifique pluridisciplinaire (ISCANEE, International Scholars’ Conference on Ancient Near Earstern Economies) comprenant des philologues, des archéologues, des historiens, des économistes qui travaillent sur les sociétés et les économies anciennes du Proche-Orient. Leurs travaux sont publiés par l’université de Harvard. Michael Hudson inscrit son travail dans le prolongement des recherches de Karl Polanyi, il produit également des analyses sur la crise contemporaine. Voir notamment « The Road to Debt Deflation, Debt Peonage, and Neoliberalism », février 2012, 30 p. Parmi les ouvrages d’autres auteurs qui, depuis la crise économique et financière initiée en 2007-2008, ont écrit sur la longue tradition d’annulation de dette, il convient de lire : David Graeber, Debt : The First 5000 Years, Melvillehouse, New York, 2011, 542 p.

|3| La Torah (loi religieuse juive) est la compilation des textes qui forment les cinq premiers livres de la Bible : la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome. Ils n’ont pas été rédigés dans l’ordre où nous les connaissons aujourd’hui.

Source : CADTM

 

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Manipulation de l’opinion – Débat « restreint » sur TF1 : Asselineau appelle au désistement des candidats, une émission alternative s’organise

La polémique se poursuit concernant le débat présidentiel organisé par TF1 le 20 mars, avec cinq candidats. François Asselineau a appelé les «qualifiés» à se désister, tandis qu’est prévue une émission sur Internet avec les laissés pour compte.

Réagissant au maintien de la formule de TF1, qui consiste à ne convier que les cinq principaux candidats à participer à son débat présidentiel organisé le 20 mars, François Asselineau a dénoncé dans un communiqué un acte «contraire aux principes républicains, car l’article 7 de la Constitution ne fait aucune distinction entre les candidats», et appelé les qualifiés à se désister de ce débat «contraire aux principes démocratiques».

«S’ils devaient maintenir leur présence – fût-elle accompagnée d’hypocrites larmes de crocodile pour regretter la mise à l’écart des autres candidats –, cela signifierait qu’ils avalisent tacitement que la République et la démocratie peuvent être bafouées par la première chaîne de télévision française», affirme le candidat de l’Union populaire républicaine.

En début d’après-midi du 17 mars, le parti Debout la France a fait savoir qu’il annulait la manifestation prévue devant les locaux de la chaîne en protestation contre la mise à l’écart de Nicolas Dupont-Aignan du débat présidentiel. Il appelle néanmoins les téléspectateurs à boycotter TF1.

«L’émission […] n’aura pas lieu dans les locaux de TF1 à Boulogne mais en Seine-Saint-Denis, dans des studios inaccessibles à toute manifestation. En conséquence, notre mobilisation prévue ce lundi devant le siège de TF1 est annulée. Pour autant, il est important de poursuivre nos actions pour faire savoir aux Français qu’organiser un débat d’une telle nature, sans l’intégralité des candidats ayant recueilli les parrainages nécessaires, est profondément anti-démocratique», a a déclaré le parti sur la page de l’événement.

Le 16 mars, le Conseil d’Etat avait rejeté le recours du candidat Nicolas Dupont-Aignan qui contestait ne pouvoir participer au débat sur TF1 entre cinq des prétendants à l’Elysée (François Fillon Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, Marine le Pen et Benoît Hamon). L’institution a donc finalement considéré que la chaîne ne contrevenait pas au «principe d’équité».

Un débat alternatif sur internet

Nathalie Arthaud, Jacques Cheminade et Philippe Poutou débattront lundi à 19h30 sur Explicite, média 100% web, dans une formule «interactive», a annoncé le média fondé par les anciens d’iTELE.

Ce débat sera diffusé via Facebook live quelques minutes avant le début du débat sur TF1, qui n’a invité que les cinq principaux candidats.

«Ainsi, les Français pourront entendre durant cette soirée tous les candidats à la présidentielle», a souligné Explicite.

Le jeune média attend toujours la réponse de François Asselineau et Nicolas Dupont Aignan, également invités.

 

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