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Le Coca-Cola et le Pepsi sont utilisés comme des pesticides très économiques en Inde

Et je ne vous reparle pas des dégâts que cela occasionne dans notre estomac (mais aussi les dents, etc) et sur notre santé en général !!! C’est vraiment incroyable que ce soit en vente libre !!

Dans l’État de Chhattisgarh, en Inde, les agriculteurs utilisent le Coca et le Pepsi comme pesticides, parce que c’est moins cher que les pesticides et le résultat est le même. 

Pepsi et Coca-Cola sont fortement en désaccord avec l’idée que leurs produits puissent servir comme pesticides parce qu’ils disent qu’il n’y a rien dans les boissons qui pourraient être utilisées comme antiparasitaire. Mais les agriculteurs des districts de Burg, Rajnandgaon et Dhamtari ne sont pas d’accord et ont utilisé le Coca et le Pepsi avec succès pour protéger leurs plantations de riz contre les parasites.

Et si vous vous souvenez bien Rajnandgaon a battu le record du monde de la production de riz sans utilisation d’OGM.
Nous savons que l’utilisation du Coca comme pesticide n’est pas vraiment 100% naturelle ou organique mais c’est sûrement plus sûr que les poisons traditionnels.

C’est une tendance que l’on voit dans d’autres régions de l’Inde, avec les agriculteurs qui utilisent également d’autres marques de colas indiennes.
La pratique de l’utilisation des sodas à la place des pesticides, qui coûtent jusqu’à 10 fois plus cher, gagne tellement en popularité que les ventes de sodas ont augmenté de façon spectaculaire dans de nombreux villages.

Les agriculteurs disent que l’utilisation de pesticides peut leur coûter environ 70 roupies (0,83€) l’acre. A titre de comparaison, s’ils mélangent une bouteille de Pepsi ou de Coca avec de l’eau et qu’ils la pulvérisent sur leurs cultures, ça leur coûte 55 à 60 roupies de moins par acre.
Quand on multiplie ces économies, les agriculteurs constatent qu’il y a un changement significatif en ce qui concerne les bénéfices qu’ils réalisent et ils remarquent également qu’en l’absence d’utilisation de pesticides, ils conservent un sol riche.

Le spécialiste agricole Devendra Sharma dit que certains agriculteurs pensent réellement que les boissons sont les mêmes que les pesticides, mais il explique que c’est probablement dû aux sirops de sucre et quand ils sont versés sur les cultures ils attirent les fourmis qui se nourrissent à leur tour de larves d’insectes.

Assez intéressant n’est-ce pas ?

Combien d’entre vous pensent que c’est une meilleure idée que l’utilisation des pesticides ?

Sources : http://www‌.naturalcu‌resnotmedicine.com/, BBC, Yournewswire  …

 

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Le pouvoir d’influence délirant des dix milliardaires qui possèdent la presse française

Dix milliardaires ont pris le contrôle d’une grande partie des médias français. Ces oligarques, venus du BTP, de l’armement, du luxe ou de la téléphonie, ont accaparé les grands quotidiens nationaux, les chaînes de télévision et les radios, pour asseoir leur influence. Avec à la clé, conflits d’intérêts, censures, pressions, licenciements, ingérence malsaine… Cette concentration des moyens de production de l’information entre les mains de quelques uns met en péril l’indépendance de la presse dans notre pays. Et porte ainsi atteinte au fonctionnement démocratique. Comment garantir la liberté de l’information et le pluralisme de la presse ? Résumé d’une situation critique, à l’occasion de la campagne #LibertéEgalitéInformés.

À qui appartient la presse française ?

Le secteur de la presse en France est un grand Monopoly. Tout s’achète, tout se vend, les journaux, les télés, les radios. Quelques milliardaires se partagent le gâteau. Résultat : 90 % des quotidiens nationaux vendus chaque jour appartiennent à 10 oligarques ! D’après les calculs de Basta !, les mêmes possèdent des télévisions et radios qui totalisent respectivement 55% et 40% des parts d’audience [1]. Vous avez donc une grande probabilité de lire, regarder ou écouter chaque jour des médias qui appartiennent à ce petit cercle de milliardaires.

Cela pose plusieurs problèmes. La concentration d’abord. Est-il sain qu’une si grande part de la presse appartienne à quelques personnes, richissimes, faisant partie d’une caste de privilégiés ? L’indépendance, ensuite. Est-il normal que les principaux médias français de notre pays soient entre les mains de marchands d’armes, d’entreprises du luxe, du BTP, de la téléphonie, de banquiers ou de fabricant de toilettes ? Comment ces propriétaires peuvent-ils concilier liberté de l’information et intérêts privés ? Comment TF1, BFM-TV, Le Monde, Libération peuvent-il produire en toute indépendance des enquêtes sur le secteur de la téléphonie, quand leurs propriétaires sont les patrons de Free, Bouygues Telecom et SFR ? Comment les journalistes du Figaro peuvent-ils porter un regard critique sur la politique de défense de la France, quand le propriétaire de leur journal vend des avions de chasse à l’État français ? Enfin, cette situation ne peut qu’encourager la reproduction d’un système économique qui assure la continuité des intérêts financiers de cette petite classe de possédants. Ils constituent une véritable communauté d’intérêt ! Et ce qui motive de riches patrons à créer des conglomérats médiatiques – qui ne rapportent pas vraiment d’argent – c’est d’abord la possibilité d’acheter de l’influence.

Qui sont ces 10 milliardaires ?

Ils sont cinq à faire partie du cercle des dix premières fortunes de France : Bernard Arnault, PDG du groupe de luxe LVMH (patron des Echos, du Parisien), Serge Dassault (Le Figaro), François Pinault (Le Point), Patrick Drahi, principal actionnaire de SFR (Libération, L’Express, BFM-TV, RMC), Vincent Bolloré (Canal+). On trouve ensuite Xavier Niel, patron de l’opérateur de téléphonie Free et 11ème fortune de France, qui s’est associé avec Pierre Bergé, héritier du couturier Yves Saint-Laurent, et avec le banquier Matthieu Pigasse, pour devenir propriétaire du groupe Le Monde (L’Obs, Télérama, La Vie…). Matthieu Pigasse possède également Radio Nova et l’hebdomadaire Les Inrocks.

Martin Bouygues, 30ème fortune de France, est propriétaire du groupe TF1. La famille Mohn, qui contrôle le groupe allemand Bertelsmann [2], est propriétaire de M6, RTL, Gala, Femme actuelle, VSD, Capital,… Viennent ensuite Arnaud Lagardère, propriétaire d’Europe 1, Paris Match, du JDD, de Virgin radio, RFM, Télé 7 jours, et Marie-Odile Amaury, qui possède L’Equipe (et dont le groupe est, par l’une de ses filiales, organisateur du Tour de France notamment). Petite précision : ces deux derniers ne sont « que » millionnaires, avec tout de même une fortune évaluée entre 200 et 300 millions d’euros. A ce « Top 10 », on pourrait aussi ajouter la famille Bettencourt qui finance le journal ultra-libéral L’opinion. Ou le milliardaire d’origine libanaise Iskander Safa, 71ème fortune de France et propriétaire du très réac Valeurs actuelles.

[Cliquer sur l’image pour agrandir]

Conflits d’intérêts en pagaille

Quelles sont les conséquences sur l’indépendance des médias ? Un mélange des genres pour le moins douteux, qui peut mettre les journalistes en porte-à-faux. Comment TF1 pourrait-il produire des enquêtes critiques sur les abus des partenariats publics-privés (PPP) quand son propriétaire, Bouygues, fait partie des multinationales du BTP qui bénéficient de ces juteux contrats ? Autre exemple : comment un média peut-il s’intéresser de près aux affaires d’évasion fiscale quand son patron manifeste un attrait prononcé pour les paradis fiscaux ? C’est la question que doivent se poser les journalistes de BFM-TV à chaque nouveau scandale fiscal.

Leur boss, Patrick Drahi, a échafaudé, à partir de sa holding personnelle, un opaque et complexe montage de filiales et de trusts, dispersés au sein de paradis fiscaux notoires : Guernesey, Suisse ou Luxembourg. Comment BFM évoque-t-elle le scandale des Panama Papers, dans lequel apparaît le nom de Patrick Drahi ? « Vous avez vu la réaction des gens qui ont été cités ? Ils se défendent c’est normal. Patrick Drahi, par exemple, qui reconnaît avoir une société, mais rien d’illégal. (…) Est-ce que finalement c’est la bonne méthode de jeter en pâture des noms de personnalités, sans qu’elles aient vraiment la possibilité de se défendre ? », explique ainsi l’animateur Olivier Truchot dans son émission BFMStory…

Voir l’organigramme de l’empire industriel de Patrick Drahi, réalisé par l’économiste Benoît Boussemart et publié par Le Canard enchainé (cliquez sur l’image) :

Autre problème, les proximités entre patrons de presse et politiques. C’est Nicolas Sarkozy, proche de Bernard Arnault, qui annonce en 2007 aux journalistes des Echos le nom de leur nouveau patron ! Car ces richissimes propriétaires de presse entretiennent quelques affinités avec des responsables politiques : lors du mariage de Nicolas Sarkozy avec Cécilia Ciganer-Albéniz, les deux témoins sont… Bernard Arnault et Martin Bouygues. C’est sur le yacht d’un autre ami, Vincent Bolloré, que Nicolas Sarkozy choisit d’aller se reposer après son élection en 2007. « Arnaud est plus qu’un ami, c’est un frère », déclare encore Nicolas Sarkozy à propos de l’héritier Lagardère. Enfin, il compte Serge Dassault parmi les clients de son cabinet d’avocats. La moitié de ces dix propriétaires de presse sont des proches de l’ancien président. Bref, question indépendance, on repassera !

Quel que soit l’impact réel de ces connivences et les éventuelles pressions, les dégâts du soupçon – le fait que ces riches patrons se trouvent en conflit d’intérêts, en situation de pouvoir abuser de leur position pour leur intérêt propre – sont bien là. Cette simple suspicion produit une délégitimation du secteur de la presse. Conséquence : seuls 34% des Français estiment que les médias fournissent des informations dignes de confiance. Plus de deux tiers des Français pensent que les médias subissent des pressions commerciales ou politiques qui impactent les informations délivrées [3].

Licenciements et coups de pression

Lorsqu’on est journaliste, peut-on travailler en toute indépendance dans cette situation ? Quelques exemples – la face visible de l’iceberg des pressions souterraines ! – montrent que ce n’est pas le cas : l’ingérence de ces patrons est bien réelle. Certains ont une fâcheuse tendance à faire le ménage en arrivant, pour mettre à la tête des médias des dirigeants compatibles avec leurs intérêts, avec pour mission de purger les rédactions. Un cas d’interventionnisme remarqué fut la nomination de Guillaume Zeller, catholique traditionaliste, comme directeur de l’information du groupe Canal+, par Vincent Bolloré. Ce dernier semble vouloir actuellement enterrer Canal+, après avoir vidé de ses forces vives la rédaction d’iTélé, rebaptisée CNews, après la plus longue grève de l’histoire de la télévision.

Il ne semble plus y avoir de limites à ce « grand ménage ». En 2016, Aude Lancelin, directrice adjointe de la rédaction de L’Obs, est licenciée pour des raisons politiques. En 2017, Olivia Recasens, directrice adjointe de la rédaction du Point, est limogée du jour au lendemain, pour faute grave, et pour des motifs réels tout aussi inavouables. Autant de coups de pression, qui envoient un message clair aux rédactions : pas de vagues, rentrez dans le rang !

Ingérence et censures

Le patron de M6, Nicolas de Tavernost, avoue avoir exercé des pressions sur les journalistes de la chaîne pour « ne pas contrarier des clients ». Il explique ainsi avoir censuré une émission de Capital sur la téléphonie. Autre cas notable, la censure par Vincent Bolloré d’une enquête sur le Crédit mutuel, qui devait être diffusée par l’émission « Spécial investigation » sur Canal+. Un simple coup de fil a suffi pour contenter la banque, partenaire de Vincent Bolloré, qui ne voulait pas voir sortir cette enquête. Reporters sans frontières et le collectif « Informer n’est pas un délit » dénoncent par ailleurs la censure et la déprogrammation de quatre documentaires qui devaient être diffusés par Canal+.

Un autre risque, plus pervers car plus discret, est l’autocensure de journalistes. Des journalistes qui veulent bien faire leur métier, mais qui n’osent plus proposer des articles sur des sujets sensibles, ou qu’ils savent problématiques pour le propriétaire de leur média. Sans compter les pressions économiques, avec les suppressions de postes et des moyens nécessaires à tout travail d’enquête. Promouvoir des logiques managériales « musclées », imposer des contraintes économiques fortes sur la production de l’information, précariser les rédactions mises en permanence sur la sellette, bref, promouvoir une information low cost, est aussi une forme de censure.

A cette liste des moyens de censure, il faudrait ajouter les « poursuites baillons », dont l’objectif est de dissuader les médias de s’emparer de certaines affaires (lire notre article « Bolloré, la presse et les poursuites ‘homéopathiques’ en diffamation »). Ou les mesures de rétorsion, comme celle de Bernard Arnault, ulcéré par le titre « Casse-toi, riche con » de Libération, lors de sa demande de naturalisation en Belgique en 2012, et qui décide de couper les budgets de publicité alloués par le groupe LVMH au quotidien.

Comment cela évolue-t-il ?

Pas vraiment vers davantage de pluralisme ! En quelques mois, en 2015, on a vu le rachat par Patrick Drahi de Libération et du cinquième groupe de presse magazine en France, Express-Roularta, ainsi que sa prise de participation (à 49%) dans NextRadioTV (BFMTV, RMC). A la même période, Bernard Arnault, déjà propriétaire des Échos, rachète Le Parisien et Aujourd’hui en France, le groupe Le Monde rachète L’Obs, et Vincent Bolloré prend le contrôle de Canal +, via Vivendi. Des banques sont également entrées dans ce jeu de Monopoly. Le Crédit mutuel est ainsi devenu en dix ans l’unique propriétaire du groupe EBRA, premier groupe de presse quotidienne régionale, implanté dans l’Est de la France (Le Dauphiné libéré, Le Progrès, Dernières Nouvelles d’Alsace, L’Est républicain…) [4]. Et le Crédit agricole est devenu actionnaire de journaux régionaux, comme La Voix du Nord et Le Courrier picard (via le groupe belge Rossel).

Ce petit milieu multiplie les participations croisées [5]. En parallèle de cet accaparement, ces milliardaires ont mis la main sur l’ensemble de la chaine de production. Exemple avec les entreprises de production de contenus : c’est Lagardère qui produit pour France 5 les émissions « C dans l’air », par l’intermédiaire de sa société Maximal Productions. Ces oligarques sont aussi propriétaires des « tuyaux » de diffusion, comme les « box » (FreeBox, Bbox, Box SFR) qui permettent la diffusion dans tous les foyers de France d’internet et de la télévision. Une intégration « verticale » qui concentre la diffusion d’une grande part de l’information entre les mains de ceux qui détiennent les clés de sa production.

L’information devient ainsi un produit comme les autres : l’opérateur de télécoms SFR propose ainsi une box Internet « à partir de 19,99 euros par mois », avec, pour le même tarif, l’abonnement numérique à 18 journaux. « Une machine à tuer le journalisme de qualité », estimeLe Point. Un peu comme un cadeau bonus. On achète le tuyau – une connexion web – et on gagne en prime un produit secondaire, des médias.

En quoi cela nous concerne tous ?

On pourrait se dire que chaque société a les médias qu’elle mérite. Ou que chacun lit, écoute, regarde ce qu’il veut. Que tout le monde peut faire son propre tri dans le flot médiatique. Sauf que les médias ne sont pas un business comme un autre. Défendre l’indépendance de la presse, ce n’est pas un combat « corporatiste », un « truc de journalistes » qui se battraient pour leur outil de travail. Il ne peut pas y avoir de démocratie forte, voire même de démocratie tout court, sans citoyens informés, et bien informés. L’information est un bien public. Autant de médias sous contrôle d’une petite oligarchie, véritables chiens de garde du néolibéralisme, c’est une atteinte à nos libertés fondamentales.

Cette situation n’est pas une fatalité. Lutter contre tout ce qui encourage la concentration des médias et leur financiarisation est possible (voir les propositions de la campagne #LibertéEgalitéInformés). On pourrait mettre en place des dispositifs anti-concentration plus exigeants. Ou interdire le contrôle de médias par des entreprises qui dépendent de marchés publics – Bouygues, Dassault,… – comme le propose l’association Acrimed. Ou conditionner le versement des aides à la presse aux médias qui ne sont pas détenus par des milliardaires, dont les intérêts principaux ne sont pas dans le secteur de la presse. Voire même, soyons fous, limiter ces aides aux médias à but non lucratif, qu’ils soient privés, coopératifs ou associatifs.

Il est nécessaire que ces propositions et réformes salutaires – ou d’autres ! – soient discutées et débattues. Mais aussi les conditions qui favoriseront l’émergence, le développement et la consolidation de médias indépendants, pour garantir le pluralisme de l’information en France. Défendre et faire vivre une presse libre ne semble malheureusement pas une priorité pour bon nombre de candidats à l’élection présidentielle.

@AgnèsRousseaux

-Voir la campagne #LibertéEgalitéInformés, lancée par le collectif Informer n’est pas un délit (dont fait partie la rédaction de Basta !) et Reporters sans frontières

Pour aller plus loin :

- Acrimed, « Les grandes manœuvres de concentration multimédia : comment et pourquoi ? »
- Acrimed, « Concentration des médias : convergences et dépendances »
-Le Monde diplomatique, « Médias français : qui possède quoi »
- Laurent Mauduit, « Main basse sur l’information ! », Médiapart
- Laurent Mauduit, Main basse sur l’information, Éditions Don Quichotte, 2016
- Aude Lancelin, Le monde libre, Editions Les liens qui libèrent, 2016

Source

 

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L’explosion des troubles chez les tout-petits surexposés aux écrans

Un enfant regarde un dessin animé sur une tablette.
Serge Tisseron: il faut alerter la population sur l’aspect catastrophique des écrans sur les jeunes enfants. – © LEON NEAL – AFP

Une polémique qui n’est pas neuve vient d’être relancée en France par une enquête publiée par le Figaro. La conclusion d’un médecin est que les bébés et les enfants élevés à la tablette et au smartphone présentent des comportements « ressemblant à des symptômes autistiques « . Plutôt que de paniquer, mieux vaut adopter quelques règles.

L’enquête évoque rien moins que l’explosion des troubles chez les tout-petits surexposés aux écrans. Le médecin prend en exemple un petit garçon qui, familiarisé à la tablette numérique dès ses 18 mois, refuse désormais de se mettre à table, ou de s’endormir s’il n’a pas son écran sous le nez. Et depuis son arrivée en maternelle, il ne répond pas à son prénom et regardait dans le vide.

Troubles d’apprentissage et difficultés à fixer le visage d’autrui

Nous avons contacté Serge Tisseron, psychiatre réputé pour sa théorie  » 3, 6, 9, 12  »  (voir infra) sur les enfants confrontés à l’écran. Il a rencontré, mardi, les auteurs de l’enquête. Et s’il se dit en accord avec certains constats, il l’est moins sur la stratégie à mener.  » Il faut alerter la population sur l’aspect catastrophique des écrans sur les jeunes enfants. Cela peut effectivement causer des troubles d’apprentissage et entraîner des difficultés à fixer le visage d’autrui.  Mais est-ce de l’autisme ou du pseudo-autisme? Je l’ignore. On constate qu’il suffit d’arrêter l’accès à la télévision pour supprimer les symptômes. »

Mais alors que l’auteur de l’enquête croit dans la nécessité de  » culpabiliser les parents « , selon Serge Tisseron, lui assure que tous les programmes ‘antitélé’ ont toujours échoué:  » En général, ces enfants regardent la télévision avec leurs parents. Ce qu’il faut, ce sont des programmes sociaux pour aider les parents« .  Sa conclusion est d’ailleurs optimiste :  » Une fois arrivé à l’âge scolaire, l’enfant tire un bénéfice de l’usage des écrans.  »

Rappeler la règle du 3, 6, 9, 12

En Belgique, Yapaka connaît bien le problème. Cet organisme de la Fédération Wallonie-Bruxelles est responsable de la prévention de la maltraitance à l’égard des enfants.

Pour Claire-Anne Sevrin. Directrice de Yapaka, il est important, pour les parents, de maîtriser les écrans et d’accompagner les enfants dans leur rencontre avec ces fenêtres virtuelles en fonction de leur stade développement. Elle rappelle la règle du 3, 6, 9, 12 popularisée par le psychiatre français Serge Tisseron et largement partagée par les professionnels de l’enfance. La règle est facile à retenir : pas d’écran avant 3 ans, pas de console de jeu avant 6 ans, pas d’internet seul avant 9 ans et pas de réseau social avant 12 ans.

La vraie vie pour mieux gérer l’existence virtuelle

 » Il ne faut pas diaboliser les écrans, mais avant 3 ans un enfant doit faire sa propre expérience de la vie avant de découvrir les écrans. Tout le temps qu’il passe devant une télévision est soustrait au temps qu’il passe à apprendre à toucher des matières, à taper sur une boîte en plastique et à être acteur du monde qui l’entoure. Il doit profiter de ces quelques années pour développer ses cinq sens « . Un écran en fait un simple spectateur. Ce qui lui fait rater son développement avant 3 ans. Le site de Yapaka est sans ambiguïté : « A l’heure où les écrans captivent les plus jeunes par leur praticité, leur instantanéité et leur aspect ludique, une utilisation de ceux-ci, avant 3 ans, peut interférer négativement dans le développement des enfants« .

C’est la raison qui doit inciter à ne pas laisser jouer les enfants de moins de six ans avec des consoles de jeux. « Tout le temps qu’il passe devant une console, il ne le consacre pas au développement de son intelligence sensori-motrice. »

Ce n’est pas un problème de technologie

Et c’est toujours la même réflexion qui milite pour ne pas laisser les moins de 12 ans, seuls devant des réseaux sociaux. Il est important de créer des relations réelles avant de se créer une vie virtuelle, explique Claire-Anne Sevrin par un exemple :  » On ne lâche pas un enfant de 12 ans dans une ville qu’il ne connaît pas s’il n’a pas appris à trouver son chemin ou à lire une carte « .

Mais pour la directrice de Yapaka, ce n’est pas un problème de technologie.  » C’est plutôt une manière de se comporter face à la technologie. Face à une personne virtuelle, va-t-on la harceler, l’injurier ou plutôt faire montre d’empathie ? C’est l’accompagnement des parents qui permet de faire la différence « .

Enfin, Serge Tisseron veut rassurer les parents accros aux nouvelles technologies et qui veulent en faire profiter leurs enfants :  » Votre enfant ne sera jamais en retard en matière de nouvelles technologies. S’il vit loin des écrans, il rattrapera très vite les compétences acquises par d’autres.  »

L’autre victime de l’usage d’un écran est le temps: regarder une tablette, une télé ou un smartphone est atrocement chronophage. Qui oserait prétendre le contraire?

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Insultes, verrouillage, pression : Les journalistes inquiets depuis l’arrivée de Macron

Insultes, verrouillage, pression : la communication de l’Élysée sur le banc des accusés

Insultes, verrouillage, pression : la communication de l’Élysée sur le banc des accusés

Depuis quelques jours, la polémique enfle : la communication sans faute d’Emmanuel Macron cacherait-elle un verrouillage qui menace la liberté de la presse ? Dernier éclat en date : le choix des journalistes autorisés à suivre le chef d’Etat en déplacement imposé par l’Élysée. Un choix démenti par la présidence.

L’Elysée assure ne pas avoir cherché à “imposer un journaliste plutôt qu’un autre” lors du déplacement du chef de l’État au Mali. C’est la réponse donnée par l’équipe du nouveau président aux sociétés de journalistes de plusieurs grands médias.

Plusieurs quotidiens français ont en effet publié jeudi une lettre ouverte, intitulée  “Monsieur le président, il n’appartient pas à l’Elysée de choisir les journalistes”, pour protester contre l’organisation de la communication du nouveau président de la République.

Ils pointaient du doigt notamment le fait que ce soit la présidence qui choisisse les journalistes autorisés à l’accompagner lors de son premier déplacement au Mali ce vendredi. “Aucun de vos prédécesseurs ne s’est prêté à ce genre de système, au nom du respect de la liberté de la presse”, écrivent-ils.

“L’Élysée n’entend pas faire le travail des rédactions”

Dans son courrier adressé ce vendredi à Reporters sans frontières (RSF), la présidence indique : “Il va de soi que nous avons ouvert l’option aux rédactions mais jamais imposé un journaliste plutôt qu’un autre (…). Les journalistes qui se sont inquiétés peuvent se rassurer : l’Élysée n’entend pas faire le travail des rédactions”.

Selon le courrier cité par RSF, l’Élysée affirme que sa démarche “est le contraire d’une démarche de fermeture : elle est une démarche d’ouverture”.

Il y est expliqué que le chef de l’État “est très attaché au traitement de fond des sujets et souhaite ouvrir l’Élysée aux journalistes sectoriels qui portent sur l’action présidentielle un autre regard. C’est dans cet esprit qu’il a été proposé aux rédactions d’élargir aux journalistes spécialisés Défense ou Diplomatie le voyage officiel auprès des forces armées”. Sous-entendu que ce ne soit pas seulement les journalistes politiques qui suivent le chef de l’État.

Il s’inspire d’Obama

Cette polémique pourrait retomber comme un soufflé s’il n’y avait pas d’autres signaux de verrouillage plus inquiétants. Alors la communication d’Emmanuel Macron va-t-elle trop loin ? C’est la question à laquelle tentent de répondre des journalistes dans une enquête publiée dans M le magazine Le Monde.

Ils décortiquent le système de communication autour du candidat, qui s’inspirerait grandement du précédent Obama, ce président cool et irréprochable sur papier glacé.

Mais comme pour le président américain, cette image parfaite a un revers : celui d’un verrouillage extrême de la communication avec un conseiller de l’Èlysée parfois prêt à décrocher son téléphone pour injurier les journalistes…

“Gros connard”

Deux exemples sont cités dans l’article. Le premier remonte au soir du premier tour et au traitement de l’affaire de la Rotonde, du nom de cette brasserie parisienne parfois comparée au Fouquet’s de Nicolas Sarkozy.

Le lendemain, selon le magazine M, le directeur de la communication d’Emmanuel Macron, appelle l’émission Quotidien, et “l’animateur de l’émission, se fait agonir par Sylvain Fort. ‘Gros connard.’ ‘Débile profond.’ (après lecture le 18 mai, l’intéressé dément le deuxième terme)”. Sylvain Fort confirme donc implicitement avoir usé du premier à l’endroit de Yann Barthès…

Michel Field également aurait fait les frais de la nervosité du même Sylvain Fort. Au soir du second tour, ce dernier aurait reproché à France 2 de ne pas consacrer toute sa soirée à la victoire d’Emmanuel Macron et de diffuser par exemple le discours de Jean-Luc Mélenchon en direct.

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Les journalistes inquiets depuis l’arrivée de Macron

Une quinzaine de rédactions, dont « Le Monde », signent une lettre ouverte au président de la République afin de lui « transmettre nos inquiétudes quant à l’organisation de la communication présidentielle ».

Vous effectuez demain votre premier déplacement de chef d’Etat au Mali. Avant votre décollage, nous souhaitons vous transmettre nos inquiétudes quant à l’organisation de la communication présidentielle qui est en train de se mettre en place depuis votre entrée en fonction.

Pour des raisons de place ou de sécurité, nous comprenons la nécessité de constituerdes pools de journalistes – parfois, et à condition que toutes les rédactions y aient accès selon un roulement établi. En revanche, il n’appartient en aucun cas à l’Elysée de choisir ceux d’entre nous qui ont le droit ou non de couvrir un déplacement, quel qu’en soit le thème (défense, diplomatie, économie, éducation, social…). Ce n’est pas au président de la République, ou à ses services, de décider du fonctionnement interne des rédactions, du choix de leurs traitements et de leurs regards. Ce choix relève des directions des rédactions et des journalistes qui la composent, qu’ils soient permanents ou pigistes, JRI ou reporters, photographes ou dessinateurs.

Aucun de vos prédécesseurs ne s’est prêté à ce genre de système, au nom du respect de la liberté de la presse. Alors que la défiance pèse de plus en plus sur l’information, choisir celui ou celle qui rendra compte de vos déplacements ajoute à la confusion entre communication et journalisme, et nuit à la démocratie.

Les sociétés des journalistes de l’AFP, BFM TV, Europe 1, Le Figaro, France Info,France Inter, Libération, les JT de M6, Mediapart, Le Monde, Le Parisien, Le Point, RFI, RMC, Télérama, TF1

Jean-Philippe Baille, directeur de la rédaction de RTL

Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières

Guillaume Dubois, directeur de L’Express

Johan Hufnagel, directeur des éditions de Libération

Luc Bronner, directeur de la rédaction du Monde

David Pujadas viré du 20 heures. L’effet Macron ?

Convoqué par les dirigeants de France  Télévisions, David Pujadas s’est vu signifier son limogeage. Le présentateur du 20 heures de France 2, dont les audiences étaient pourtant excellentes, paye, semble-t-il ses mauvaises relations avec le patron de l‘info du groupe, Michel Field. Des négociations sont en cours quant aux modalités de son départ de la chaîne.

Il se dit qu’Anne-Sophie Lapix est la première sur la liste pour remplacer l’emblématique D. Pujadas qui aura été le visage des français durant plus de 16 ans.

Tout l’équipe du 20 heures semaine est également écartée. Trois jours après l’investiture d’Emmanuel Macron et du très écolo Edouard Philippe, l’heure est au grand nettoyage sur les chaînes de TV publique.

 
 

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De notre abrutissement par les chaînes info

De notre abrutissement par les chaînes info

Le système a gagné les élections parce qu’il a imposé son règne de la quantité info encore plus que ses mensonges. Pareil, Trump ne peut rien faire en Amérique, malgré sa bonne volonté.

Dans la guerre que nos sites résistants livrent aux infos, nous devons à la fois jouer sur la qualité et sur la quantité des infos. Or cette quantité doit être raisonnable et réduite. Pourquoi ? Parce l’abrutissement du Français moyen et de la planète passe par la répétitive énorme quantité des infos fausses ou débiles (sport, showbiz, cuisine…) qu’il ingurgite. Or nous sommes noyautés et envahis par un flot toujours plus continu d’infos toujours plus abjectes.

Rien de nouveau sous le sommeil hélas. Pas besoin de la radio ou de la télé. Le moraliste grec Théophraste écrit, ici traduit par notre La Bruyère, au IVème siècle avant notre ère.

« Je vous avoue que ces diseurs de nouvelles me donnent de l’admiration, et que je ne conçois pas quelle est la fin qu’ils se proposent ; car pour ne rien dire de la bassesse qu’il y a à toujours mentir, je ne vois pas qu’ils puissent recueillir le moindre fruit de cette pratique.

Je ne crois pas qu’il y ait rien de si misérable que la condition de ces personnes ; car quelle est la boutique, quel est le portique, quel est l’endroit d’un marché public où ils ne passent tout le jour à rendre sourds ceux qui les écoutent, ou à les fatiguer par leurs mensonges ? »

Théophraste décrit ensuite le diseur de rien :

« Il s’échauffe ensuite dans la conversation, déclame contre le temps présent, et soutient que les hommes qui vivent présentement ne valent point leurs pères. De là il se jette sur ce qui se débite au marché, sur la cherté du blé, sur le grand nombre d’étrangers qui sont dans la ville ; il dit qu’au printemps, où commencent les Bacchanales, la mer devient navigable ; qu’un peu de pluie serait utile aux biens de la terre, et ferait espérer une bonne récolte ; qu’il cultivera son champ l’année prochaine, et qu’il le mettra en valeur ; que le siècle est dur, et qu’on a bien de la peine à vivre. »

Dans mon livre sur la décadence romaine, je rappelle que l’homme de l’antiquité ne connaît pas le vœu de silence du moyen âge chrétien. Il s’abrutit sur le forum et sur les agoras. Sa civilisation périclita et il se fit détruire par la rumeur.

Prenons aussi l’exemple de Sénèque :

« De la curiosité provient un vice affreux : celui d’écouter tout ce qui se raconte, de s’enquérir indiscrètement des petites nouvelles (auscultatio et publicorum secretorumque inquisitio), tant intimes que publiques, et d’être toujours plein d’histoires. »

Dans sa Satire VI, le poète satirique Juvénal (c’est le Céline romain) se moque des commères : « Celle-ci saura dire de qui telle veuve est enceinte et de quel mois, les mots et les positions de telle autre quand elle fait l’amour…  Elle guette aux portes de la ville les nouvelles, les rumeurs toutes fraîches ; au besoin elle en fabrique : le Niphates vient de submerger les populations, un déluge couvre les campagnes, les villes chancellent, le sol s’affaisse. Voilà ce qu’aux carrefours, pour le premier venu, elle débite ! »

Cet incessant papotage (on a d’ailleurs recyclé les mots agora et forum) est même dénoncé dans les actes des Apôtres:

« Or tous les Athéniens et les étrangers séjournant à Athènes, ne passaient leur temps à autre chose qu’à dire ou à ouïr quelque nouvelle. »

Puis, « deux mille ans après », Henry David Thoreau écrit dans son légendaire Walden : « Pour le philosophe, toute nouvelle, comme on l’appelle, est commérage, et ceux qui l’éditent aussi bien que ceux qui la lisent ne sont autres que commères attablées à leur thé. Toutefois sont-ils en nombre, qui se montrent avides de ces commérages. »

Thoreau se moque ensuite, avec le ton offensif qui le caractérise, de son intoxiqué : « En s’éveillant il dresse la tête et demande : “ Quelles nouvelles ? Comme si le reste de l’humanité s’était tenu en faction près de lui. Il en est qui donnent l’ordre de les réveiller toutes les demi-heures, certes sans autre but. Après une nuit de sommeil les nouvelles sont aussi indispensables que le premier déjeuner. »

L’excellent et méconnu conteur US O ’Henry décrit aussi des personnages friqués et pendus au téléphone (en 1910 ! En 1910 !), le tout pour écouter les bandeaux info… « une voix féminine lui lisait au téléphone les headlines sur les meurtres, accidents et autres accidents politiques. »

On en arrive à notre société médiologique (Régis Debray) créée par la presse façon Girardin ou l’agence Reuters au début du dix-neuvième siècle : il s’agit de « répéter, dit le maître ». Gustave le Bon explique dans sa légendaire psychologie des foules qui enchanta le Dr Freud : « La chose affirmée arrive, par la répétition, à s’établir dans les esprits au point qu’ils finissent par l’accepter comme une vérité démontrée. »

On arrive ainsi à nous imposer les vérités suivantes : les Russes ont détruit tel avion malais et vont envahir l’Europe ; des peuples se sont révoltés pendant le printemps arabe et ont établi partout la démocratie ; les banques centrales nous sont sauvé de la faillite ; la bourse c’est la vie ; les néocons sont  bons pour la santé et Poor Donald Buck est un tyran en herbe ; un hyper-président Bilderbergs sera le sauveur de la France !

Parlons de CNN et des chaînes info. Dans un de ses meilleurs papiers, Thierry Meyssan écrivait :

« Le concept d’information continue consiste à diffuser en temps réel des images d’un événement de sorte que les téléspectateurs puissent en ressentir les émotions, voire éprouver la même sensation que s’ils en étaient des acteurs. L’immédiateté du traitement est sensée protéger des falsifications. Aussi, l’information continue est-elle présentée comme un progrès du journalisme rendu possible par de nouveaux moyens techniques. Elle est en réalité la négation du journalisme. Ce métier consiste en effet à prendre du recul par rapport à l’événement, à sélectionner les faits saillants, à recouper les sources, à vérifier les imputations, et à donner du sens. Le journalisme n’est pas une technique de la description, mais un art de la compréhension. Loin de garantir la vérité, l’immédiateté rend vulnérable aux apparences et aux préjugés. Dans le modèle CNN, l’information n’est pas un outil de connaissance, mais un spectacle. »

Comme dans la caverne de Platon, on croit tout ce qu’on nous montre. Meyssan : « Encore une fois « l’effet CNN » a suffi à crédibiliser l’information. Outre que, dans l’instant, aucun journaliste n’a vérifié l’ampleur de la marée noire, personne non plus n’a observé attentivement les images, ni réfléchi à la crédibilité de l’accusation ».

Serpent tératologique qui se mord la queue, notre société voit des complots, des Fake News et des conspirateurs partout. Elle garde le contrôle et on sait tous que c’est l’oligarchie gardienne du temple de l’argent qui a fait élire qui l’on sait. Le putsch ploutocratique dénoncé par Aude Lancelin est un putsch médiatique. L’argent, c’est le liquide qui circule, l’argent c’est du ruban info. C’est la fabrique des illusions que pressent Shakespeare dans la Tempête.

Le remède ? Coupez la télé. Retrouvez votre âme. Le psychiatre François Plantey m’évoque des maladies actuelles comme la sensation seeking ou le novelty seeking. L’individu postmoderne ne peut plus se passer de son opiomanie informative (9h/jour). Il est tenu comme cela par le système, et on ne saurait trop lui conseiller de se déconnecter, au moins pour des raisons de santé.

Sources

Actes des Apôtres, 17, 21

François Plantey – Introduction à la cabale des hébreux (Editions Via Romana)

La Bruyère – Les caractères de Théophraste

Nicolas Bonnal – La culture comme arme de destruction massive ; le roman noir de la décadence romaine (Amazon-Kindle)

William Porter (O’Henry) – Modern rural sports

Thierry Meyssan – l’effet CNN (Voltairenet.org)

Thoreau – Walden

Nicolas Bonnal, source

 
 

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L’Amérique perdue ou comment les « services » et les médias contrôlent les citoyens

« AFIN DE POUVOIR ÊTRE EN SÉCURITÉ, LES AMÉRICAINS DOIVENT ÉGALEMENT CONSENTIR À ÊTRE ESPIONNÉS SUR CHAQUE COURRIEL, CHAQUE SITE INTERNET VISITÉ, CHAQUE APPEL TÉLÉPHONIQUE, CHAQUE LETTRE ÉCRITE, CHAQUE UTILISATION DE CARTE DE CRÉDIT… LES CITOYENS NE SERONT PAS EN SÉCURITÉ S’ILS N’ACCEPTENT PAS DE VIVRE SOUS L’ÉTAT POLICIER LE PLUS ABSOLU DE L’HISTOIRE DE L’HUMANITÉ ».

Cette citation tirée de la préface du livre de Paul Craig Roberts illustre la problématique de son livre (L’Amérique perdue, du 11 septembre à la fin de l’illusion Obama, éditions Xenia) sur la fabrique du consentement ou comment une oligarchie puissamment aidée par la presse dominante met en fermage une population peu armée pour résister à cette mise en coupe réglée.

Paul Craig Roberts n’a rien d’un hurluberlu et connaît le système de l’intérieur. Économiste, ancien membre de l’équipe de Reagan, membre de l’Institut Hoover, opposant résolu de la politique de George Bush et des néoconservateurs, il anime un blog suivi par des millions d’américains. Son livre reprend l’essentiel de ses articles entre août 2008 et novembre 2016 au lendemain de l’élection de Donald Trump.

Wikileaks fournit une bonne illustration d’une politique de répression systématique contre ceux qui s’opposent à l’empire. Julian Assange citoyen australien vit comme un reclus depuis juin 2012 à l’ambassade d’Equateur à Londres craignant d’être extradé d’abord en Suède (à la suite d’une plainte fantaisiste d’agression sexuelle) puis aux Etats-Unis où Mike Huckabee ancien gouverneur de l’Arkansas et ex-candidat républicain à la présidence réclame ouvertement sa mise à mort. Amazon à la suite des pressions américaines a renoncé à diffuser les informations contenues dans les documents de Wikileaks. Les très nombreux médias influencés par George Soros ne seront pas en reste pour discréditer Assange.

Analysant l’élection présidentielle de novembre 2016 qui a vu la victoire de Donald Trump alors que les médias américains soutenaient quasi unanimement Clinton, Craig Roberts constate que « les médias prostitués et les institutions politiques des deux partis n’ont aucune crédibilité auprès du peuple américain ».

Il détaille ce qu’il considère comme une alliance entre les médias dominants (New York Times en tête) et l’État profond militaro-industriel pour développer l’atmosphère d’une nouvelle guerre froide avec la Russie, susceptible de relancer la course à l’armement et ses juteux profits, au risque de conflits qui pourraient embraser la planète. Son dernier article écrit au lendemain de la victoire de Trump envisagée comme une défaite majeure de l’oligarchie semble toutefois pêcher par optimisme au regard de l’alignement (contraint ?) de Trump sur les intérêts militaro-industriels des États-Unis quelques semaines après son élection. Au total ce gros livre renforcé d’un index sera utile à qui veut découvrir l’envers du décor de la politique de Washington ainsi que les relations complexes entre politiciens, industriels et professionnels du renseignement ou des médias.

OJIM, le 15 mai 2017

VOIR AUSSI : TRUMP CONTRE LES MÉDIAS ET LE « DEEP STATE »

L’Amérique perdue, du 11 septembre à la fin de l’illusion Obama, Paul Craig Roberts, éditions Xenia, 2017, 583p, 29 €

Source: Ojim.fr

 

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L’information modulée selon certains intérêts

L’information modulée selon certains intérêts

La vérité des faits passe au second plan

Cette question de l’information-désinformation revient de plus en plus sur les réseaux sociaux. Je voudrais laisser la parole à certains grands spécialistes et à certaines organisations dont le but premier est justement de décoder les tactiques et manœuvres utilisées pour donner au mensonge l’allure de la pure vérité.

Dans un article, publié en 2016 sur son site @Armand Colin, ce dernier présente la problématique de l’information-désinformation de la façon suivante :

la_desinformation« Comment se forger une opinion sur les informations que l’on reçoit sur les réseaux, dans les médias ? Comment agit la désinformation et quel risque représente-t-elle pour la société… Dans La désinformation : les armes du faux  (Armand Colin, 2016), François-Bernard Huyghe, expert de l’information et de la stratégie, présente la genèse de la désinformation, la resitue dans l’histoire des sociétés, analyse ses mécanismes profonds. Alors que nous sommes submergés par les informations vraies ou fausses, voici un ouvrage salutaire, qui, s’il ne se veut pas rassurant, nous avertit et nous permet de prendre pleinement conscience du phénomène. »

L’article tout entier, plutôt bref, mais intense en contenu, mérite d’être lu.

http://www.armand-colin.com/information-desinformation-comment-savoir

Dans les temps que nous vivons où peuples et nations se disputent leurs droits et pouvoirs, les médias de toute nature deviennent une arme de premier plan pour moduler l’opinion publique de leurs commettants et de l’humanité entière que leurs prétentions sont justes et qu’elles répondent aux grandes valeurs dominantes de nos sociétés. Déjà, beaucoup a été écrit sur l’usage de ces médias de la part, évidemment, des plus puissants, pour justifier les interventions en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie et maintenant, plus près de nous, au Venezuela. Dans ce dernier cas, le Venezuela, l’usage de la désinformation des faits devient pratiquement caricatural. Je me permets de vous référer à cet article tout récent qui raconte comment tous ces montages se réalisent à l’insu de l’opinion publique qui n’a d’autres références pour décoder ces malversations des faits.

désinformation NE PAS AVALER

Voici quelques extraits de nature à vous inciter à lire au complet le document en question.

« La tâche de financer la confusion, en faveur d’une situation de guerre non conventionnelle contre le Venezuela, est dirigée par le département d’État. C’est ce que montre la Justification Budgétaire du Congrès (Congressional Budget Justification or CBJ), un rapport annuel fait au Congrès des États-Unis par cet organisme sur ses opérations à l’étranger.

En finançant les médias vénézuéliens, les États-Unis renforcent l’une des armes les plus puissantes contre le chavisme. Mark Weisbrot, un économiste du Centre de Recherche Économique et Politique (Center for Economic and Policy Research), un think-tank de Washington, a affirmé que « dans un certain nombre de pays, y compris le Venezuela et la Bolivie, l’USAID agit plus comme une agence impliquée dans des actions secrètes, comme la CIA, que comme une agence d’aide ou de développement. »

Les noms des organisations étrangères spécifiques qui reçoivent ces fonds sont des secrets d’État, exactement comme dans le cas de la CIA. Quand on demande des informations sur les organisations réceptrices, l’USAID répond qu’elle ne peut « confirmer ou nier l’existence d’antécédents ».

« Le circuit d’élaboration de la fausse information commence avec la déformation d’un fait, immédiatement reprise par les médias internationaux. La note est effacée en 1 à 4 heures, mais l’information continue à tourner sur les réseaux sociaux. Quand on connaît la version réelle, aucun média international ne corrige l’information, tout au moins pas avec la même véhémence. C’est ce qui s’est passé avec plusieurs morts survenues pendant les guarimbas, encore en cours, attribuées à « des collectifs chavistes » (appelés « paramilitaires » par les agents politiques).

Le département d’État a défini la ligne éditoriale des fausses informations : constituer un dossier de terrorisme d’État et de crimes contre l’humanité contre le Gouvernement vénézuélien (en faisant usage de la notion de « collectifs paramilitaires ») pour, de cette façon, aiguiser le siège diplomatique et financier contre lui. Comme cela a été fait contre le Nicaragua, Haïti, la Syrie et la Libye. »

« L’instrumentalisation des fausses informations comme arme d’une guerre psychologique et médiatique leur a servi, entre autres, à provoquer des scénarios d’intervention contre la Lybie et la Syrie. On pourra prendre comme exemple le supposé bombardement de la Place Verte à Tripoli en 2011, ou « l’attaque chimique » du gouvernement syrien la même année. Les mêmes méthodes sont utilisées au Venezuela avec l’obtention des mêmes résultats comme objectif
En savoir plus sur http://reseauinternational.net/le-departement-detat-usa-finance-les-fausses-informations-contre-le-venezuela
/#zWUetkH7kWzGFT18.99 »

Si vous retournez à cet article, vous y verrez les exemples qui sont donnés comme mutilation de la vérité des faits.

http://reseauinternational.net/le-departement-detat-usa-finance-les-fausses-informations-contre-le-venezuela/

Je termine avec cet exemple d’une nouvelle diffusée sur nos médias qui attribuait celle-ci à l’armée d’avoir utilisé des excréments d’humain contre une opposition paisible. Or, la veille, j’avais suivi sur telesurtv.net le déroulement de ces évènements en direct où on voyait ces terroristes payés par l’opposition tirer de ces flacons d’excréments contre les policiers qui assuraient les limites prévues pour les manifestants. À ce moment, leur manifestation se réalisait face à l’Édifice du Ministère de la Justice auquel ils ont causé de nombreux dommages. Nous sommes évidemment loin de la nouvelle qui attribue aux policiers d’avoir utilisé ces excréments contre une opposition pacifique.

La vérité sur ce qui se passe au Venezuela nous est cachée. Le pétrole et les mines d’or font l’envie des prédateurs nationaux et internationaux ayant à leur tête l’immense pouvoir dont dispose Washington.

Oscar Fortin

source

 

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