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Archives de Catégorie: Education – information

Comment l’autocensure des médias vous prive d’informations importantes

C’est certain, Ne comptez pas sur les medias mainstreams tenus par une petite élite pour vous informer correctement, il faut des médias alternatifs beaucoup plus puissants, ce qui n’existe pas en France … Z

Les médias sont financés par leurs annonceurs et les fonds publics. Tout en délivrant un message politique, ils occultent des informations vitales pour leurs lecteurs.

J’estime que la crise italienne est très dangereuse pour l’euro et notre patrimoine financier.

Le travail des agences de notation a été vidé de sa substance en ce qui concerne les dettes d’Etat. A quoi sert de noter les obligations souveraines d’un pays si la Banque centrale en reste acheteuse quoi qu’il arrive ? Et pas seulement acheteuse lorsque personne n’en veut plus, puisque la BCE rachète sept fois les émissions nettes, donc finance sept fois les déficits des pays dépensiers.

Quand on sait cela, on comprend pourquoi l’Italie n’a pas à se gêner et pourquoi des démagogues peuvent promettre la lune à leur électorat… « C’est l’Etat qui paye » avait dit l’ineffable Hollande à la télévision. En Italie « C’est la BCE qui paye ».

Ne comptez pas sur les agences de notation pour tirer la sonnette d’alarme avant la prochaine crise.

Qu’on le veuille ou non, il y a des Européens du nord, les buveurs de bière et des Européens du sud, les buveurs de vin, pour reprendre la belle terminologie imagée de Charles Gave. Nous ne sommes pas Américains que le Coca-Cola fédère.

Pour les buveurs de vin, l’argent est gratuit, les riches paieront et toute inégalité est nécessairement injuste. Chez les buveurs de vin, on est habitué à la monnaie faible, aux déficits publics, aux défauts de l’Etat.

Chez les buveurs de bière, c’est une autre histoire. Curieusement leur niveau de vie est plus élevé que celui des buveurs de vin. Mais ces derniers fustigent alors les « inégalités » auxquelles sont exposés les buveurs de bière.

Le message biaisé des medias

Les medias français parlent aux buveurs de vin et leur délivrent le message qu’ils souhaitent entendre. Des finances publiques bien gérées sont assimilées à de l’austérité, les dettes peuvent se dissoudre dans l’inflation, l’Etat sera toujours là pour soulager toute les souffrances, l’argent tombe du ciel et il y aura toujours des riches pour payer.

Peut-on attendre des medias des buveurs de bière un  traitement plus objectif  de l’actualité économique et financière ?

La réponse est NON.

Un éditorialiste vedette du célèbre quotidien financier britannique Financial Times s’est récemment confessé à l’occasion de l’anniversaire de la crise de 2008 :

« Le moment est venu d’admettre que j’ai une fois délibérément occulté des informations importantes pour les lecteurs. C’était il y a 10 ans et je pense avoir bien fait. »

John Authers

Retour au 17 septembre 2008.

Nous sommes deux jours après la faillite de Lehman Brothers.

La nouvelle tombe que l’assureur AIG vient d’être sauvé de la faillite avec 85 milliards de dollars de fonds publics. Une faillite d’AIG aurait entraîné celles des banques européennes. Un gros fonds monétaire annonce de lourdes pertes en raison de son exposition à des obligations de Lehman Brothers. Il met en danger la banque américaine Citibank.

John Authers est un déposant de Citibank. Il sait qu’il peut perdre son argent. A l’heure du déjeuner, John Authers – qui travaille depuis New-York – se dirige vers son agence de Manhattan. Il découvre une longue queue de gens similaires à lui-même, des initiés de Wall Street inquiets pour leurs dépôts et souhaitant les retirer.

C’est ce qu’on appelle une panique bancaire, un bank run.

Plutôt que d’appeler un photographe du journal et de faire un article sur ce sujet, John Authers décide de se taire. Il fait la queue, comme les autres initiés. Il fractionne ses dépôts et les envoie dans une autre banque. Il sauve son argent et se tait pour ses lecteurs.

Il estime avoir bien fait puisque finalement Citi n’a pas fait faillite et que la panique ne s’est pas propagée. Je suppose que si Citi avait fait faillite, nous n’aurions pas eu droit à la confession « comment j’ai sauvé mon argent et trahi mes lecteurs ». John Authers conclut sa confession sur la future crise :

« La prochaine crise ne sera pas bancaire mais elle portera sur l’insidieux danger des pertes au sein des fonds de pension qui laisseront une génération sans suffisamment d’argent pour leur retraite ».

Chez nous en Europe, ce rôle de fonds de pension est assumé par les produits d’assurance-vie…

Les médias nous informent très bien et quotidiennement sur le niveau de surendettement privé et public. Cet endettement n’est soutenable que parce que les taux d’intérêt sont maintenus artificiellement bas.

Mais il est évident que cette situation n’est pas éternelle. Les taux montent aux Etats-Unis.

A un moment, les autorités devront avouer que le stock de dette ne pourra jamais être payé. C’est ce que j’appelle le jour J du jubilé.

Ne comptez pas sur les medias pour vous avertir à temps. Un vendredi les marchés financiers clôtureront comme d’habitude. Ensuite, un jour de la semaine suivante, vous apprendrez que les dettes ont été « restructurées », que votre assurance-vie est gelée ou amputée, que les dépôts bancaires au-delà d’un certain montant sont frappés d’une taxe de solidarité…

C’est avant qu’il faut vous préparer au jour J du jubilé.

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L’industrie pharmaceutique contrôle les portails de santé sur Internet…

L’industrie pharmaceutique contrôle les portails de santé sur Internet

Voici un autre moyen sournois d’attaquer nos libertés en réduisant à néant le contre pouvoir médiatique : s’accaparer le monopole de l’info et manipuler l’opinion publique. Ici on apprend que Big pharma prend le contrôle d’importants sites Web qui traitent de la santé … Z 

De plus en plus de gens cherchent sur Internet des réponses à leurs questions de santé. L’industrie pharmaceutique a également découvert cette tendance et tente de prendre le contrôle d’importants sites Web qui traitent de la santé. Un outil puissant maintenant dans les mains de l’industrie pharmaceutique pour repousser à l’arrière-plan les méthodes alternatives de guérison et pour faire la publicité de leurs produits tels que les médicaments, les vaccins, etc.

Voir la Vidéo

De plus en plus de gens cherchent des réponses à leurs questions de santé sur Internet.

L’industrie pharmaceutique a également découvert cette tendance et tente de prendre le contrôle d’importants sites Web qui traitent de la santé.

Un exemple : En juillet 2017, un fonds d’investissement KKR & Co*, proche de l’industrie pharmaceutique, a acquis la société américaine WebMD Health. Celle-ci possède à son tour plusieurs des plus grands portails de santé du monde, tels que WebMD.com ou Medscape.com. Ces portails fournissent des informations et des recommandations thérapeutiques sur les problèmes de santé les plus courants, des allergies, des problèmes de surpoids, jusqu’aux souffrances psychiques. Le site Web est visité chaque mois par plus de 75 millions de particuliers et 650 000 professionnels de santé, tels que des médecins et des pharmaciens.

Un outil puissant, maintenant dans les mains de l’industrie pharmaceutique, pour repousser à l’arrière-plan les méthodes alternatives de guérison et pour faire la publicité de leurs produits, tels que les médicaments, les vaccins, etc. *KKR (Kohlberg Kravis Roberts) & Co. Ltd

de sbo

Liens : www.turi2.de/aktuell/finanzinvestor-kkr-kauft-gesundheitsportal-webmd/

source:https://www.kla.tv/index.php?a=showlanguage&lang=fr

 
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Publié par le 14 octobre 2018 dans Education - information, général

 

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Facebook lance une grande purge des pages contestataires

Facebook lance une grande purge des pages contestataires

Et voilà, encore un exemple que la censure de l’info se déploie de plus en plus sur Internet . C’est une tendance globale . 

Tous les réseaux sociaux, qui de part la place qu’ils ont prise dans notre société, ont une énorme influence sur l’opinion publique, se sont lancés dans la chasse aux « fakes news » (vous comprendrez pourquoi certaines chaines youtube sont désormais fermées sans sommation)  . 

Facebook, qui lutte activement et ouvertement contre les « fake news » a par exemple créé, fin 2016, un mécanisme destiné à faire disparaître tout nouvel abonné de la page de nombreux sites d’information alternatifs sérieux .  L’audience des médias alternatifs est en chute libre sur le plus grand réseau social du monde de part les moyens mis en oeuvre, ce qui a un énorme impact sur eux. 

Quand je dis que la liberté d’opinion et d’expression est menacée, je ne dis pas ça par hasard . Z 

Par Andre Damon

Jeudi, Facebook a retiré certains des pages et des comptes contestataires les plus populaires du plus grand réseau de médias sociaux au monde dans un assaut massif et inconstitutionnel contre la liberté d’expression.

Sans avertissement ni transparence envers le public, plus de 800 pages et comptes ont été sommairement retirés d’Internet. Les pages supprimées comprennent Police the police (surveiller la Police), suivie par plus de 1,9 million de personnes, Cop Block (bloquer les flics), suivies par 1,7 million de personnes, et Filming Cops (filmer les flics), suivies par 1,5 million de personnes. Parmi les autres pages ciblées, citons l’« Anti-Media », avec 2,1 millions d’adeptes, la Reverb Press, avec 800 000 abonnés, Counter Current News, 500 000 abonnés, et The Resistance, 240 000 abonnés.

Des publications de droite, dont la page Right Wing News, ont également été supprimées.

Il n’y a aucun précédent pour cette initiative dans l’histoire moderne d’Internet. Les travailleurs des États-Unis et du monde entier doivent être prévenus : l’élite dirigeante fait face à une vague de grèves croissante des travailleurs avec l’extension de la censure et les mesures prises par l’État policier.

Sur son blog, Facebook a annoncé qu’il « interdisait […] les pages, les groupes et les comptes créés pour susciter un débat politique », en faisant référence à « une activité inauthentique coordonnée ».

Ces pages utilisent « un contenu politique sensationnel » pour « créer un public et générer du trafic vers leurs sites Web ». De manière révélatrice, les pages « ne se distinguent souvent pas du débat politique légitime », a déclaré le monopole des médias sociaux.

Facebook a déclaré que les pages étaient ciblées pour leur « comportement », y compris la gestion de « comptes multiples » et la publication de « clickbaits » (pièges à clics). Ces tentatives timides de nier le fait de cibler des pages Facebook contestataires contenant des allégations non fondées sur leur « comportement » sont un mensonge transparent.

La chef de l’exploitation de Facebook, Sheryl Sandberg, serre la main du président de la Commission du Sénat sur le renseignement, Richard Burr

La chef de l’exploitation de Facebook, Sheryl Sandberg, serre la main du président de la Commission du Sénat sur le renseignement, Richard Burr

En un instant, le plus grand monopole mondial des médias sociaux a éliminé les moyens permettant à la population américaine d’en savoir plus sur la criminalité policière, les meurtres d’État et les autres crimes du gouvernement.

Un article paru dans le New York Times sur les mesures de Facebook indique clairement que les mesures de censure d’Internet, qui ont été lancées sous le prétexte de combattre l’ingérence russe lors des élections de 2016, visent désormais ouvertement les organisations politiques nationales.

L’article « Fabriqué et distribué aux États-Unis : désinformation en ligne » fait allusion à la suppression des « campagnes d’influence » qui « constituent de plus en plus un phénomène domestique fomenté par les Américains de gauche et de droite ». Il désigne un « chercheur en guerre de l’information » de l’organisation New Media Frontier qui a déclaré : « Il existe maintenant des réseaux bien développés d’Américains qui ciblent d’autres Américains avec des manipulations délibérément conçues. »

Le Times cite aussi, Ryan Fox, le cofondateur de New Knowledge, affirmant que les pages et les organisations censurées « tentent de manipuler les gens en fabriquant un consensus – c’est aller à l’encontre de la liberté d’expression ». Ryan Fox travaillait auparavant pour la NSA et le Commandement intégré des opérations spéciales des forces armées américaines. Le directeur général de New Knowledge, Jonathon Morgan, est rattaché à la Brookings Institution et était auparavant conseiller spécial auprès du département d’État américain.

En partenariat avec l’État, Facebook et d’autres sociétés de médias sociaux décident quelles organisations constituent un « réseau bien développé » cherchant à « manipuler » l’opinion publique. Bien entendu, cela ne s’applique pas aux grands médias qui font l’objet d’une propagande gouvernementale constante, mais aux groupes d’opposition.

Les principales cibles sont les organisations de gauche. En août 2017, le World Socialist Web Site a publié une lettre ouverte à Google dans laquelle il affirmait que Google censurait les sites Web de gauche, socialiste et opposée à la guerre, ainsi que d’autres monopoles sur les médias sociaux. En raison des modifications apportées à l’algorithme de classement des recherches de Google, le trafic sur les pages de gauche a diminué de 75 pour cent.

« La censure à cette échelle équivaut à la mise en place d’une liste noire politique », a déclaré la lettre. « L’algorithme de censure de Google sert manifestement à bloquer les nouvelles que votre société voudrait passer sous silence, et étouffer des opinions avec lesquelles vous n’êtes pas d’accord. Ce type de fichage politique n’est pas un usage légitime d’éventuelles prérogatives de Google en tant qu’entreprise commerciale. C’est un abus grossier d’un pouvoir de monopole. Vous attaquez la liberté d’expression. »

Le même acte d’accusation s’applique à la dernière action de Facebook.

Des personnalités du gouvernement américain, notamment les sénateurs démocrates Mark Warner et Dianne Feinstein, ainsi que le membre du Congrès démocrate Adam Schiff, ont incité à la censure des médias sociaux, exigeant que les entreprises suppriment le « contenu divisant » lors d’audiences répétées de la Chambre et du renseignement au Sénat et les comités judiciaires.

En agissant en tant qu’agents du gouvernement américain dans le cadre d’une censure de masse, Facebook enfreint directement le Premier amendement de la Constitution, qui interdit au gouvernement de « restreindre la liberté d’expression. »

En essayant de dissimuler leurs efforts derrière les faux prétextes de cessation d’un « comportement inauthentique », les sociétés de médias sociaux ont directement reconnu qu’elles participaient à des discussions internes en matière de censure politique. Un document interne de Google divulgué mardi a admis que « les entreprises de technologie se sont progressivement détournées de la liberté de parole sans intermédiaire vers la mise en place de la censure. »

Le document reconnaît que de telles actions constituent une rupture avec la « tradition américaine qui donne la priorité à la liberté d’expression pour la démocratie ». Face à la demande croissante du gouvernement et des entreprises publicitaires de faire pression sur ce que les usagers disent, la censure est un moyen « d’augmenter les revenus ».

Ces efforts vont tout à fait dans le sens des plans de l’armée américaine visant à passer à un régime d’État policier. Le mois dernier, le think tank Atlantic Council a résumé les travaux d’une conférence des forces spéciales américaines qui a appelé à une répression radicale de la liberté d’expression.

Le rapport a observé que « la technologie a démocratisé la capacité pour les groupes et les individus sous-étatiques de diffuser un récit avec des ressources limitées et une portée pratiquement illimitée », en contournant les « gardiens professionnels » des médias établis.

Les entreprises de médias sociaux ont été « investies d’un rôle central » dans leur tentative d’étouffer les points de vue politiques « incorrects », car la grande majorité de la population s’oppose à la censure directe du gouvernement, a noté le rapport.

En janvier, le World Socialist Web Site a appelé à la formation d’une coalition internationale de sites Web socialistes, anti-guerre et progressistes, afin de s’opposer à la volonté du gouvernement de censurer Internet. Nous appelons toutes les organisations censurées par Facebook à nous contacter et à rejoindre cette coalition.

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Publié par le 14 octobre 2018 dans Education - information, général

 

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L’histoire des ‘fake news’ est elle-même une fake news

L’Assemblée nationale adopte en nouvelle lecture la loi contre « la manipulation de l’information »

« Nous n’avons jamais eu autant de bonnes informations que maintenant ; les gens sont aussi bien informés qu’ils le souhaitent »

« Le fait que nous disposons aujourd’hui d’informations plus nombreuses et meilleures que jamais va presque sans dire »

Oui, c’est vrai . Mais plus pour longtemps . Cet homme s’exprime des états unis, mais ici en France et en Europe une flopée de lois et de projets de lois ont été voté ou vont l’être si nous ne faisons rien, qui risquent d’anéantir la diversité des médias qu’on connait de nos jours, au profit d’une poignée de médias mainstreams aux mains de quelques milliardaires . Il y a  l’histoire des fakes news , mais pas que (lire par exemple rien que pour ce dernier mois : L’Europe vote la Fin de l’internet libre !! (Médias alternatifs en danger !!) , c’est une véritable chasse au sorcières qui a commencé , qui vise purement et simplement à éliminer les médias alternatifs du paysage médiatique . J’ai diffusé assez de papiers qui montrent que les médias alternatifs sont clairement dans le viseur du pouvoir . A ce rythme croyez moi, d’ici 2 ans il risque de ne plus y en avoir . Les anglo saxons auront peut être un sursis, mais ils finiront par être anéantis aussi . Plus largement, c’est la liberté de presse, d’opinion, et d’expression qui est clairement menacée . Donc si dans un 1er temps vous ne voulez pas avoir que des médias anglo saxons pour vous informer , avant de n’avoir plus rien, il va falloir réagir et vous battre pour préserver vos libertés et continuer à avoir accès à la diversité des sources d’info dont on dispose actuellement  . D’ailleurs L’Assemblée nationale vient d’adopter en nouvelle lecture la loi contre « la manipulation de l’information » (voir vidéo ci dessus) , mais ce n’est que le dessus de l’iceberg !!  Z

Par Philip Weiss

Presque tous les jours, à la radio publique ou à la télévision publique, j’entends des reportages sur la façon dont les fake news (informations fausses) sapent notre démocratie. Ces journalistes et présentateurs de haut niveau semblent vraiment croire qu’une menace fébrile est en train de submerger l’esprit des gens sensibles.

Cette histoire est elle-même un fake news pour plusieurs raisons évidentes. Nous n’avons jamais eu autant de bonnes informations que maintenant ; les gens sont aussi bien informés qu’ils le souhaitent. Il y aura toujours des médias qui diffuseront des mensonges ; c’est la nature de la communication. Et l’insistance sur la question des « fake news » est une tentative d’attribuer la victoire de Trump non pas à ceux qui nous l’ont apportée (l’électorat et la mauvaise campagne de Clinton) mais à des agents nuisibles.

Le fait que nous disposons aujourd’hui d’informations plus nombreuses et meilleures que jamais va presque sans dire. Lorsque j’ai commencé dans le secteur de l’information il y a plus de 40 ans, peu de journalistes portaient des magnétophones, en grande partie parce qu’ils travaillaient pour une guilde et ne faisaient jamais l’objet de corrections. Aujourd’hui, il y a d’innombrables diffuseurs, grâce à Internet, et les événements importants sont presque toujours enregistrés. La quantité de données dont nous disposons sur les personnalités publiques est énorme par rapport à ce qu’elle était il y a dix ans.

Nous pouvons tous discuter pour savoir si c’est une bonne ou une mauvaise chose ; mais nous sommes aujourd’hui inondés d’informations. Ces renseignements sont plus fiables qu’ils ne l’ont jamais été auparavant. Mon propre travail sur la Palestine et le lobby israélien m’a montré que les consommateurs du monde entier peuvent obtenir des informations plus précises sur ce conflit qu’ils n’en ont jamais eu. Oui, comme nous l’affirmons ici tout le temps, les principaux médias américains sont soumis à Israël ; mais ce n’est pas comme si une meilleure information n’était pas disponible au bout de vos doigts, en grande partie en provenance d’Europe et de Palestine, souvent des vidéos de citoyens.

Avant Internet, les sources alternatives étaient beaucoup plus difficiles à obtenir. Vous deviez vous abonner à des revues ou vous rendre au kiosque de Hotaling à Times Square pour obtenir des journaux de l’extérieur de la ville. Le meilleur exemple est le sport. Je ne pouvais qu’espérer que le kiosque à journaux avait la dernière édition du Times, ou que le Times avait publié les résultats de l’équipe de ma ville natale. Aujourd’hui, je peux trouver n’importe quel résultat et voir des vidéos de la performance de mon équipe en un instant. Et la destruction des guildes par Internet nous a apporté des commentateurs pointus qui n’auraient jamais eu accès aux médias traditionnels (comme ce tweeter vers lequel je me tourne tous les matins pour obtenir les résultats).

« Faites-vous confiance à tout ce que vous lisez sur les médias sociaux ? » demande une publicité pour la radio WNYC. Ils disaient la même chose des journaux quand j’étais enfant ! L’idée que l’information était une piscine propre avant l’arrivée de tous les menteurs habiles d’Internet est une illusion de la part des journalistes autorisés qui promeuvent ces histoires de « fake news ». Raconter des histoires est une expérience humaine primordiale. Elle est enracinée dans notre besoin de savoir pour améliorer notre survie. Nous racontons des histoires pour essayer de rendre notre vie meilleure, plus épanouissante, plus compréhensible. Et dès le début de l’histoire, il y a eu des mensonges. Certains disent que les êtres humains ont la langue dans la bouche pour tromper les autres, tandis que certains auteurs de fiction vous diront que l’artifice est l’âme de l’histoire. Nous apprenons tous à distinguer la sincérité et la vérité de l’exagéré et du faux. Non, nous ne réussissons pas toujours en tant que lecteurs et auditeurs dans ce travail, mais nous essayons. Tout comme les reporters cherchent à transmettre des versions exactes des événements en dépit de leurs limites ; et les auteurs de fiction cherchent à construire des contes parfaits pour relater les dilemmes sociaux et psychologiques.

Il y a sûrement des centaines de milliers de sites d’information aujourd’hui (des millions ?) là où il n’y avait que des milliers d’organes d’information. La grande prépondérance de ces sites font comme nous le faisons ici, essayer de présenter la version la plus authentique des événements qu’ils sont en mesure de faire. Comme Ezra Pound l’a dit un jour, il n’y a qu’une seule norme pour l’écriture : l’exactitude de la déclaration. Ce n’est pas compliqué, mais c’est une lutte.

Y a-t-il des sites qui essaient de tromper les lecteurs ? Bien sûr qu’il y en a. Il y a toujours eu des journaux à sensation, du journalisme jaune, des feuilles à scandales, des rumeurs, de la désinformation, des garçons qui crient au loup et des sources peu fiables. Les lecteurs ont toujours eu le devoir de régler ce problème. Combien d’entre nous pensent que nous pouvons mesurer l’exactitude d’un site inconnu en quelques secondes, à partir d’un signe ou d’un autre ? Les lecteurs sont beaucoup plus sophistiqués que ne le croient les journalistes de fake news. Plus que cela, nous savons que certains des plus gros mensonges proviennent des autorités. Ce qui donne lieu à des histoires de conspiration, qui remontent à Shakespeare….

L’affirmation selon laquelle des menteurs et des sites de fake news ont donné l’élection à Donald Trump est une fiction. Une démocratie donne le droit de vote à beaucoup de gens stupides, de tous les côtés. Les gens croient ce qu’ils veulent croire. Il ne fait aucun doute qu’Internet a servi à socialiser l’information, en l’adaptant à un public tribal (je cherche ce tweeteur de baseball parce que nous avons les mêmes idées, alors que notre équipe ne peut toujours pas gagner), mais ce n’est pas comme si l’information était objective avant. La croyance que les gens ont été manipulés pour voter pour Trump peut être réconfortante pour ceux qui aiment l’élitisme néolibéral et l’interventionnisme du monde de l’après-11 septembre, mais cela ne répond pas à la réalité complexe qu’est la société américaine. Le reportage le plus intelligent sur l’élection de 2016 a été l’étude montrant que la Pennsylvanie, le Michigan et le Wisconsin avaient tous des taux élevés de victimes des guerres américaines ; et que ces électeurs considéraient Clinton comme pro-guerre. Et Clinton n’a pas fait campagne au Wisconsin et au Michigan, alors même que ses porte-parole plaidaient en faveur d’un changement de régime en Syrie sur les chaînes câblées. Ces facteurs semblent aussi déterminants que tout ce que les grands journaux nous ont dit au sujet de la débâcle du 8 novembre. Il vaudrait mieux qu’ils interviewent les électeurs de Trump plutôt que de nous faire la leçon sur les fake news.

L’affirmation selon laquelle les Russes seraient derrière les fake news et qu’ils auraient truqué les élections n’est qu’une fiction de la part d’un parti démocrate déterminé à avoir une nouvelle guerre froide afin de se justifier de son incapacité à atteindre les électeurs blancs d’Obama qui ont voté pour Trump. Les gens pensent-ils vraiment que les publicités russes placées sur Facebook, ou les données auxquelles les alliés de Trump avaient accès par le biais de Cambridge Analytica, ont incité les gens à voter pour Trump ? Est-ce ainsi que vous avez pris votre décision ? Peut-être que quelques imbéciles ont changé leur vote à cause de certains mensonges ; mais encore une fois, cela ne va pas dans la vraie dynamique de la course de 2016. Les gens n’aimaient pas Clinton pour de bonnes raisons. Les gens cherchaient un perturbateur pour de bonnes raisons.

Si les Russes étaient derrière le piratage Wikileaks des courriels du Comité national démocrate, nous devrions peut-être les remercier. Le piratage a révélé une corruption réelle: cela concerne les efforts actifs de l’équipe Clinton pour vendre la position de Clinton sur le boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) aux grands donateurs pro-Israël afin de se faire pardonner d’avoir soutenu l’accord iranien. Personne n’a contesté l’exactitude de ces courriels, et ils constituent une fenêtre inquiétante sur le fonctionnement de la politique. Ce serait bien que les médias consacrent un peu de temps à la substance de ces courriels. Mais non, le fake news a une vie propre.

P.S. La photo de Judy Woodruff est à la une de ce post parce qu’elle et le PBS News Hour ont pris la fausse nouvelle beaucoup trop au sérieux. En toute justice, j’invite les lecteurs à regarder son interview de deux survivants de Boko Haram, un des meilleurs moments de journalisme que vous verrez jamais.

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Publié par le 11 octobre 2018 dans Education - information, général, Politique

 

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Pensez vous que la science sauvera le monde ?

Alors vous pensez que la science sauvera le monde ? Vous en êtes sûr ?

Jean pierre Petit avait déjà soulevé le problème, et j’en ai parlé dans pas mal d’articles . C’est toute la méthodologie de la science moderne qu’il faut revoir, rien de moins . La plupart des études ne sont pas fiables . Les erreurs ne peuvent même pas être corrigées et atterrissent dans le corpus de la science officielle, avec les gardiens d’une pensée unique de la science officielle qui règnent en haut de la pyramide de ceux qui examinent et qui « filtrent » les publications .  Ce qui « rend presque impossible la publication d’idées novatrices » . Vous voyez un peu le schmilblick … Constat très alarmant ! Z 

Par Ugo Bardi

Je comprends qu’en publiant ce billet, je peux donner des munitions à la foule anti-science. Mais nous ne pouvons pas nous cacher dans une tour d’ivoire et dire aux gens que la science est parfaite telle quelle. Nous avons besoin de réformes profondes dans la façon de faire de la science.

En Italie, nous avons un terme pour ceux qui s’engagent dans une tâche beaucoup trop grande et trop difficile pour eux. Nous les appelons « l’armée Brancaleone » (Armata Brancaleone), un terme qui vient du titre d’un merveilleux film italien de 1966 où un chevalier italien autoproclamé tente de diriger une armée de combattants incompétents. Les tristes conditions de la science de nos jours me font parfois penser à l’histoire de l’armée de Brancaleone.

« Qu’est-ce que la vérité ? », ces mots célèbres ne viennent pas d’un scientifique mais d’un homme politique, Ponce Pilate, gouverneur de Palestine à l’époque romaine. En tant que politicien, Pilate savait très bien comment la vérité pouvait être tordue, étirée, tranchée, cuite, aromatisée et réarrangée de plusieurs façons afin d’être vendue aux gens. Les choses ne sont pas différentes, aujourd’hui. En politique, la vérité est ce que vous percevez comme vrai. Après tout, n’est-il pas vrai que nous pouvons créer notre propre réalité ? (Un fonctionnaire du gouvernement américain aurait dit cela au moment de l’invasion de l’Irak, en 2003.)

Finalement, l’Empire romain est mort noyé dans ses propres mensonges, c’était un effondrement épistémologique. Quelque chose de semblable peut nous arriver : nous ne pouvons pas continuer longtemps à ignorer la réalité, croyant que nous pouvons fabriquer la nôtre, et tromper tout le monde dans le processus.

Mais qu’en est-il de la science ? La science n’est-elle pas capable de nous dire ce qu’est la réalité selon sa « méthode scientifique » très prisée ? En principe, oui, mais la science est loin d’être une parfaite machine à rechercher la vérité. Les attaques que la science reçoit de toutes parts ont une certaine justification : en tant que scientifiques, nous ne pouvons pas prétendre pouvoir sauver le monde si nous ne nettoyons pas d’abord devant chez nous.

Un élément critique du ventre mou de la science moderne est le processus appelé « examen par les pairs ». Si vous n’êtes pas familier avec cette procédure, laissez-moi vous l’expliquer. L’idée est que lorsque les scientifiques veulent diffuser les résultats de leurs études sous la forme d’un « article », ils le soumettent à une revue « peer-reviewed », (évaluée par les pairs). Leur manuscrit sera envoyé à un certain nombre (généralement 2 ou 3) d’évaluateurs anonymes – des scientifiques travaillant dans le même domaine – qui recommanderont le rejet ou la publication et, dans ce dernier cas, avec des changements pour améliorer le document. (pour plus de détails, voir cet excellent article de Jon Tennant).

Jusqu’à présent, tout va bien : si tout le monde fait de son mieux pour accomplir le travail de révision, le processus pourrait donner de bons résultats. Et, en effet, l’examen par les pairs est censé être l’« étalon-or » de la science. L’accusation typique que les climatologues adressent à leurs critiques est que leurs articles ne sont pas examinés par des pairs : ils sont souvent publiés dans des blogs à motivation politique, et ils n’ont pas la rigueur des vrais articles scientifiques. C’est souvent un point de vue correct, la science du climat est aujourd’hui l’un des domaines scientifiques les plus avancés et les plus vitaux, et les critiques qui lui sont adressées sont normalement de mauvaise qualité et politiquement biaisées.

Mais il y a un problème : il y a beaucoup de choses qui peuvent mal tourner avec l’examen par les pairs. Tout d’abord, cela n’empêche pas la mauvaise science de s’infiltrer. Il est toujours possible, avec un peu d’effort et de patience, de trouver une combinaison favorable de critiques et de rédacteurs en chef et d’arriver à publier dans une revue sérieuse un article qui n’est pas parfaitement correct. Cela s’est produit et certains cas sont vraiment scandaleux. Vous pouvez voir celui-ci, par exemple, où les auteurs ont sorti de nulle part une toute nouvelle physique nucléaire basée sur des preuves expérimentales pour le moins bancales, et tout cela afin d’expliquer des phénomènes qui avaient d’autres explications, parfaitement valables.

À ce stade, préparez-vous à une surprise : les revues scientifiques n’ont AUCUN moyen de remédier à une erreur. Une fois qu’un article est publié dans une revue à comité de lecture, il est inscrit dans le corpus de la « science officiellement approuvée ». À moins qu’il ne s’agisse d’escroqueries évidentes, comme le plagiat ou de fausses données, le fait que la plupart des scientifiques sur le terrain pensent que le document est erroné n’est pas suffisant pour qu’il soit retiré. Le mieux que les autres scientifiques peuvent faire est de soumettre un commentaire aux rédacteurs – qui seront généralement aussi heureux de le publier qu’ils sont heureux de voir leur dentiste. Ensuite, les auteurs du document commenté pourront soumettre leurs contre-commentaires et l’ensemble du processus ne servira qu’à leur donner plus de visibilité – et c’est exactement ce qui s’est passé avec le document dont je vous parlais.

De l’autre côté du processus d’évaluation par les pairs, le filtre rend presque impossible la publication d’idées novatrices, surtout pour les jeunes chercheurs. Les réviseurs sont un groupe auto-sélectionné, souvent formé de messieurs âgés, dont l’objectif principal semble être de s’assurer que rien de ce qui contraste avec leurs opinions ne passe à travers le filtre. Et je ne parle pas du processus incroyablement lent, long et frustrant de traiter avec des examinateurs qui n’ont rien compris de votre travail, mais qui pensent néanmoins qu’ils peuvent le démolir et même s’en moquer. Les critiques peuvent toujours réussir à transformer un papier parfaitement bon en un pâle brouillon juste parce qu’ils veulent y peser de tout leur poids. Le pire, c’est quand ils ne seront pas heureux tant qu’ils n’auront pas imposé leur point de vue aux auteurs, les forçant à écrire le document comme ils le souhaitent (les réviseurs).

Qu’en est-il des normes dans l’examen ? Encore une fois, préparez-vous à une surprise : il n’y en a pas, zéro, zéro, zéro, zéro, zéro, nul. Tout le processus se déroule dans le secret, les auteurs ne savent pas qui est la personne qui a obtenu le droit d’abuser d’une position d’anonymat confortable, il n’y a pas de norme pour savoir quel type de critique est supposé être acceptable ou non, ni quel type de réfutation est supposé être acceptable ou non. Les rédacteurs en chef peuvent faire ce qu’ils veulent avec cette soumission et, normalement, il n’y a pas de procédure qu’un auteur puisse suivre pour protester contre ce qu’il considère comme un traitement injuste de son article.

Maintenant, assigneriez-vous à quelqu’un le travail de – disons – concevoir un avion sur la base de cette méthode d’examen ? Voudriez-vous l’utiliser une fois qu’il sera construit ? Donc, si vous êtes un scientifique, pensez-vous que vous pouvez sauver le monde de cette façon ? Et l’examen par les pairs n’est pas le seul problème de la science moderne.

Heureusement, la science n’est pas encore l’escroquerie qu’elle est accusée d’être, par exemple, par ceux qui rejettent la science du climat. Mais si nous ne faisons pas quelque chose rapidement pour nous améliorer, nous risquons de voir la science perçue par tout le monde comme une escroquerie. Et n’avons-nous pas dit qu’en politique, la vérité est ce que vous percevez comme étant vrai ?

Cet article s’inspire d’un article de Jon Tennant. et d’un article de Jem Bendell.

Ugo Bardi

Source CassandraLegacy

Note du Saker Francophone

 L’auteur oublie ou passe aussi sous silence le financement de la recherche. Comme pour le journalisme, l’auto-censure doit y régner en maitre. Qui va jouer sa carrière et ses financements sur un travail en contradiction frontale avec la doxa politico-financière du moment ? Le mème du moment, c’est le réchauffement climatique. Si vous abondez, vous avez de l’argent ; si vous êtes critique, plus de sous, comme les journalistes qui se retrouvent privés d’antenne. Pute ou chômeur …

Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

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Publié par le 7 octobre 2018 dans Education - information, général, Sciences

 

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Censure antiterroriste : la Commission européenne veut détruire l’Internet décentralisé

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12 septembre 2018 – Ce matin, alors que toute l’attention était tournée vers l’adoption de la directive droit d’auteur, la Commission européenne a publié sa proposition de règlement contre la propagande terroriste en ligne.

Ce texte sécuritaire prévoit d’imposer plusieurs obligations aux hébergeurs, et notamment le retrait en moins d’une heure des contenus signalés. Il banalise la censure policière ou privée et donc le contournement de la justice. Il fait des filtres automatiques – justement au coeur du débat sur la directive droit d’auteur – la clé des politiques de censure à l’ère numérique1.

En pratique, seule une poignée d’hébergeurs pourront satisfaire de telles obligations – en particulier le délai d’une heure pour censurer les contenus. Les autres hébergeurs – la très grande majorité qui, depuis les origines, ont constitué le corps d’Internet – seront incapables d’y répondre et s’exposeront systématiquement à des sanctions.

Si ce texte était adopté, les quasi-monopoles du Net (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft, Twitter…) se verront consacrés dans leur rôle clé pour les politiques sécuritaires des États membres, et renforcés dans leurs positions ultra-dominantes – tous les autres services ayant dû fermer boutique, y compris les services décentralisés qui respectent nos droits. Après avoir vaguement prétendu nous défendre avec le RGPD, la Commission européenne change radicalement de direction et compte désormais défaire l’État de droit en renforçant et en pactisant avec des firmes surpuissantes, qui exploitent nos libertés.

Pourtant, le reste de l’Internet, l’Internet décentralisé et gouvernable de façon démocratique, repose sur un contrôle fin et adapté à chaque personne des contenus qui y sont diffusés. Cette organisation est une des solutions les plus pertinentes pour freiner la propagation de messages problématiques, mais la Commission compte justement la détruire en lui imposant des obligations impossibles à respecter.

En pratique, la proposition de la Commission est donc non seulement inutile – les géants sont déjà largement actifs pour surveiller et censurer et collaborent très largement avec les autorités en matière antiterroriste.2 Elle est surtout contre-productive : son principal effet serait de détruire l’unique version d’Internet compatible avec nos libertés fondamentales.

Ce règlement vient à peine d’être proposé aujourd’hui. S’ensuivront des débats au sein des différentes institutions européennes. Nous y contribuerons avec la plus grande rigueur.

  • 1.Ce réglement prévoit une obligation pour tout hébergeur Internet, quelque soit sa taille ou son fonctionnement, de retirer dans un délai d’une heure les contenus jugés de nature terroriste, en cas d’injonction faite par les autorités judiciaires ou administratives (article 4). Il permet également à ces dernières d’imposer une telle censure non sur la base du droit national applicable (par exemple, en France, le décret Cazeneuve de février 2015), mais sur la base des conditions d’utilisation des plateformes (article 5). Le texte invite aussi les acteurs du Net à adopter des mesures « proactives », sous la forme de filtres automatiques scannant les contenus mis en ligne pour bloquer ceux correspondants à certains critères arrêtés par ces firmes (article 6).
  • 2.Depuis 2015, les États comme la France et des organisations telles qu’Europol ont développé de multiples partenariats avec les géants du numérique pour lutter contre la propagande terroriste, le plus souvent au mépris du droit international.

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L’Europe vote la Fin de l’internet libre !! (Médias alternatifs en danger !!)

Explosion de joie à l’annonce des résultats du vote de mercredi à Strasbourg.

C’est grave ! Il faudra tout simplement payer pour diffuser un lien ou un article ou une vidéo voir de la musique !!! C’est un énorme coup porté à la liberté d’expression . Si ça va au bout, ça sonne surement la fin des médias alternatifs, car il faudra payer pour publier, ou on pourra nous réclamer de l’argent si on publie quelque chose qu’on a pas créé soit même ! (au mieux nous serons « bloqués »)  Quant à vous lecteurs idem, vous ne pourrez plus poster ce que vous voulez sans subir le même sort !! Alors là il faut vraiment vous mobiliser, il faut arrêter ce carnage en cours, qui risque de signer notre fin . Le lobbies de l’industrie des médias appartenant aux milliardaires à frappé fort, seul les médias de la pensée unique seront tranquille !! Au secours ! Mobilisez vous, c’est capital !!! Z 

Lisez bien tout ce qui suit 

Selon le Monde :

Le Parlement européen a finalement adopté, mercredi 12 septembre, le projet de directive censé adapter les droits d’auteur à l’heure du numérique. Il offre une victoire nette aux industries des médias et de la culture, qui ont beaucoup milité pour son adoption. Pour les opposants à cette directive – les grandes entreprises du Web et les défenseurs des libertés numériques –, c’est un coup porté à la liberté d’expression en ligne.

L’un des points les plus contentieux de la directive est son article 13 : ce dernier obligera tous les sites importants qui permettent aux internautes de poster du contenu (réseau social, service de vidéo en ligne…) à nouer des accords avec les titulaires des droits d’auteur (de la musique, de l’image, de la vidéo…). Cet accord (et cette rémunération) permettra aux utilisateurs de partager légalement les contenus soumis au droit d’auteur, et aux plates-formes internet de les laisser faire.

Seront concernés tous les sites qui permettent aux internautes de poster du texte, du son et de la vidéo . 

L’article 11 de la directive – celui qui a le plus suscité de lobbying – crée, pour sa part, un « droit voisin » pour la presse sur Internet. Cela signifie que lorsqu’une plate-forme numérique (Google ou Facebook sont les plus connues et les plus directement visées par la directive, mais cette dernière s’appliquera de manière beaucoup plus large) utilise tout ou partie d’un article de presse, elle devra s’acquitter d’une somme d’argent, dont le périmètre et le montant restent inconnus à ce stade.

Toujours le Monde dans un autre papier : 

L’article 11 de la directive, consacré au « droit voisin » des éditeurs de presse et l’un des points les plus contestés (…)  prévoit la création d’une forme spécifique de droit d’auteur, qui donnera le droit aux médias de réclamer le paiement de royalties, lorsque des plates-formes numériques diffusent ou agrègent des extraits d’articles accompagnés d’un lien.


Articles 11/13 : la liberté du web sacrifiée sous un tonnerre d’applaudissements…

En adoptant une directive controversée sur le droit d’auteur, dont le filtrage à l’upload, le Parlement européen se plie aux exigences des éditeurs de presse et de l’industrie du divertissement. Les dispositions, si elles devaient entrer en vigueur de manière définitive, changeraient radicalement le visage d’internet avec le risque d’un coup de grâce pour le « libre » et ses plateformes alternatives.


Les plateformes web devront-elles bientôt payer à chaque fois qu’elles utilisent un simple lien ou citent un article externe ? Les contenus artistiques seront-ils filtrés strictement par les plateformes d’hébergement avant leur mise en ligne avec tous les risques que cela comporte ? C’est précisément ce qui approche, s’alertent les associations de défense des libertés sur internet, au lendemain de l’adoption par le Parlement européen d’une directive jugée répressive et dont les articles 11 et 13 sont au centre de la polémique. La directive, largement approuvée avec 438 voix contre 226, ouvre la voie aux négociations avec le Conseil de l’Union européenne et la Commission européenne afin de s’accorder sur un texte définitif qui sera alors à nouveau soumis au Parlement. Il reste donc une étroite marge de manœuvre pour que les opposants fassent entendre leur voix avant qu’il ne soit trop tard.

Parmi les députés français, le taux de votes favorables était l’un des plus élevés au sein de l’UE. En Allemagne, l’opinion des élus était plus partagée, alors que la Finlande et la Suède ont voté contre (voir la répartition des voix ici). Les premières discussions à propos du texte remontent à 2015 et ont été l’occasion de vifs échanges à propos de l’avenir d’internet. Les débats, qui avaient pourtant commencé avec la publication d’un rapport de l’eurodéputée Julia Reda contenant des propositions afin de favoriser les partages et les échanges sur internet, ont été finalement dominés par les éditeurs de presse et l’industrie du divertissement. Le fond du débat fut ainsi renversé non pas dans l’intérêt des utilisateurs ou d’un internet libre, mais de ces géants de la production de contenus.

« Droit voisin » : les éditeurs de presse veulent l’argent du beurre des GAFAM

L’article 11, unanimement soutenu par les médias si bien que le scandale n’a que peu fuité dans l’opinion, crée un droit voisin au profit des éditeurs de presse en leur permettant d’exiger une rémunération lorsque leurs contenus sont partagés par les services d’agrégation de nouvelles. En résumé : taxer le partage de liens. L’idée de taxer Google pour le partage de simples liens semblait séduisante pour les eurodéputés. Mais de nombreux observateurs craignent que cet article assez flou remette également en cause le fonctionnement de sites comme Wikipédia qui reposent également sur l’utilisation importante de sources extérieures et de citations. Pour les opposants au texte, comme la députée Julia Reda, c’est l’internet libre et ouvert à tous qui est en danger. En effet, le web et les réseaux sociaux, libres ou non, reposent sur l’idée du partage libre de l’information, donc des liens qui font référence à ces contenus. Les éditeurs de presse et l’industrie du divertissement de la culture, qui se sont prononcés pour leur part en majorité en faveur du texte, espèrent quant à eux que ces nouvelles dispositions puissent être la source de revenus supplémentaires, en particulier auprès des GAFAM.

Pour la presse mainstream, qui rencontre des difficultés financières de plus en plus importantes et a globalement manqué sa transition numérique, on comprend aisément que l’enjeu soit de taille : il s’agit de grappiller quelques miettes à des géants comme Facebook, quitte à remettre en question les fondements du web. Mais ces taxes sont-elles vraiment la bonne solution ? Ce n’est pas l’avis de la Quadrature du net, qui analyse que l’une des conséquences insidieuses de ce texte pourrait être, au contraire, le renforcement de la dépendance de la presse vis-à-vis des GAFAM. Rappelons que Facebook et Google financent déjà en partie la presse mainstream depuis quelque temps (donc, non-alternative) tout en prétendant rester dans un rapport de neutralité.

Un communiqué publié ce 12 septembre explique : « Les éditeurs de presse […] exigent aujourd’hui que Facebook et Google les financent en les payant pour chaque extrait d’article cité sur leur service. Mais quand les revenus du Monde ou du Figaro dépendront des revenus de Google ou de Facebook, combien de temps encore pourrons-nous lire dans ces journaux des critiques de ces géants ? Plutôt que de s’adapter, les éditeurs de presse préfèrent renoncer entièrement à leur indépendance […] ». En termes simples, un pacte avec le diable – qui remettra un peu plus l’indépendance de la presse en question – semble plus facile qu’une remise en question du modèle de celle-ci. Évidemment, les médias alternatifs resteront quant à eux sur le carreau.

Qui plus est, comme Google l’avait déjà fait en Espagne en réponse à une loi nationale de même type, il n’est pas exclu, comme le soulève « Médiapart » que les géants du web préfèrent fermer leurs services d’information que de payer cette link-tax (taxe au lien). Et pour cause, des géants comme Facebook se moquent bien, sans le dire, que les médias soient présents ou pas sur leur plateforme, d’autant que les contenus les plus racoleurs (buzz) sont plus efficaces pour les annonceurs, contrairement aux articles de presse très peu lus et partagés. Ainsi, les éditeurs de presse prennent un très gros risque, pour eux comme pour la libre information, dans l’espoir d’un éventuel nouveau gain financier. Que feront alors les éditeurs de presse dont une bonne partie du flux dépend de ces plateformes ?

Filtrage automatique des contenus sur les sites d’hébergement de vidéos

L’article 13, le second à faire polémique, obligerait les réseaux sociaux à empêcher les utilisateurs à publier des contenus jugés sous copyright. En d’autres termes, il appartiendra à des géants comme Facebook de vérifier et filtrer l’ensemble des contenus avant leur mise en ligne. Aujourd’hui, les hébergeurs ne sont tenus de supprimer un contenu protégé qu’après que ce dernier leur a été signalé avec raison, ce qui laisse une marge de manœuvre acceptable. L’article 13 inverse donc la logique. À l’image de Youtube, les contenus seraient filtrés et bloqués à la source. Outre le fait que les robots « vérificateurs » ont souvent tendance à filtrer des contenus qui n’auraient jamais dû l’être, on pense également aux Youtubeurs, critiques ou intellectuels dont beaucoup se sont fait une spécialité de parodier, de détourner les images ou simplement d’informer les citoyens. La liberté d’expression de ces derniers serait fortement remise en cause au nom du droit d’auteur. À titre d’exemple, quelques secondes d’une musique protégée en arrière-plan d’une conférence, ou quelques images d’un reportage ou d’un film pour illustrer une critique, précipiterait la suppression totale de l’information, donc de la parole de celui qui la porte. Une approche qui n’est pas juste absurde ou liberticide, mais dangereuse pour la liberté d’informer sur Internet.

D’autres s’interrogent sur les conséquences de cette mesure pour les petites plateformes alternatives, qui auront de grandes difficultés à se munir d’un tel système de contrôle. En effet, un tel système réclame des moyens techniques de pointe et couteux. Par ailleurs, les plateformes « libres » s’opposent par définition à un web filtré sous des règles avant tout commerciales. « L’article 13, met en danger les alternatives comme Peertube (alternative libre et décentralisée développée par Framasoft, Ndlr) qui permettraient aux citoyens et citoyennes de s’autonomiser contre les géants du web. Nous serions contraints de développer une solution technique de filtrage ou alors d’avoir recours à un acteur externe, mais qui ? », analyse Pouhiou, salarié chez Framasoft. « Cette loi est le meilleur moyen de détruire ce qu’on est en train de construire »,s’inquiète-t-il.

Autre point, la rémunération des artistes évoquée elle aussi à l’article 13. La nouvelle directive pourrait obliger les plateformes comme Youtube à négocier des accords de licence avec la Sacem et/ou les grands distributeurs. Mais comme le pointe « Les jours », la problématique de la rémunération des artistes n’en sera pas pour autant réglée, car rien n’impose pour le moment que ces nouveaux contrats profitent aux créateurs. Les grandes maisons de production risquent donc d’être les premiers, voire les seuls, à véritablement en profiter (une fois encore).

Alors que la nouvelle directive bouleversa l’architecture du web, il se pourrait bien qu’elle passe à côté de l’essentiel. Les GAFAM conserveront leur toute-puissance, distribuant éventuellement « quelques miettes » aux éditeurs de presse. Pendant ce temps, les alternatives se verront confrontées à de nouveaux verrous et les artistes, au nom desquels la loi est votée, resteront sur le banc de touche. Une vision politicienne archaïque de ce qu’est l’Internet menace à nouveau ses fondements, cherchant à enraciner un peu plus les logiques marchandes dans la diffusion de l’information.

Reste désormais une infime marge de manœuvre pour faire infléchir la décision sous le regard du Conseil de l’Union européenne et de la Commission européenne. Mais la pression citoyenne sera-t-elle au rendez-vous ? Les citoyens seront-ils seulement informés ? Rien n’est moins certain alors que l’ensemble des éditeurs de presse, à quelques rares exceptions, soutiennent cette directive dans leurs publications.

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