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Archives de Catégorie: économie

La FED cherche-t-elle à créer une récession mondiale ?

Contraction crédit Etats Unis Réserve fédérale

Avec Donald Trump en bouc émissaire …

C’est ce que j’ai toujours expliqué, les Banksters, qui ont le monopole de la création monétaire, créent des cycles d’expansion/récession – ce qui maintient en esclavage les peuples et leurs hommes politiques (qui sont par ailleurs achetés)

La FED cherche-t-elle à créer une récession mondiale ?

Une contraction du crédit, subite, importante, et à ce titre, rare, affecte actuellement les Etats-Unis de Donald Trump. Des analystes stratégiques cités par Ambrose Evans-Pritchard du Telegraph de Londres craignent un retour de bâton : le ralentissement synchronisé les économies américaines et chinoises qui pourrait, cette année, surprendre un marché aujourd’hui euphorique. C’est l’indicateur d’un problème de fond dont la Réserve fédérale américaine a choisi de ne tenir aucun compte en remontant ses taux de base.

L’un des indicateurs clés de l’emprunt par les sociétés américaines – directement lié au taux d’activité économique – chute actuellement avec une rapidité qu’on n’avait pas vue depuis la crise de la banque Lehman. De même, la croissance des liquidités disponibles connaît un ralentissement notable. Outil de financiers, ces indicateurs donnent une vision précise de l’économie réelle, et elle est inquiétante, selon Evans-Pritchard.

Aux Etats-Unis, la contraction du crédit montre-t-elle la mauvaise santé de l’économie réelle

Sur ce marché de 2.000 milliards de dollars des prêts industriels et commerciaux, on note que les prêteurs se font plus parcimonieux, notamment pour financer l’acquisition d’immobilier non résidentiel : au cours des trois derniers mois, on a observé un ralentissement qui, en valeur annuelle, attendrait 5,4 % – du jamais vu depuis décembre 2008.

Patrick Perret-Green d’AD Macro commente : « Les prêts aux sociétés sont au point mort et je suis abasourdi de voir que la Fed augmente ses taux. Ils ont fait une très grosse erreur. »

Erreur ou action délibérée ? Les chiffres analysés sont précisément ceux de la Fed qui sait donc exactement ce qu’il en est. Nous nous demandions ici il y a dix jours si cette baisse des taux n’était pas une manœuvre anti-Trump.

Ceux qui commencent à sonner l’alarme s’étonnent de voir le peu d’attention accordée à cette nouvelle réalité des prêts bancaires aux Etats-Unis – c’est le cas de Matt King de Citigroup. Sans prétendre prédire une nouvelle crise il observe tout de même que le marché du crédit tend à percevoir les signes de difficultés plusieurs semaines avant que celles-ci ne se perçoivent sur les marchés boursiers, comme on a pu le constater lors de récents épisodes de tensions financières.

La Réserve fédérale prend des décisions qui rétrécissent l’offre de crédit

Historiquement, confirment des analystes de Morgan Stanley, la chute du crédit a précédé – pour ne pas dire provoqué ? – des récessions. La hausse des taux aura d’autant plus de conséquences que le secteur des entreprises américaines est très endetté.

Et c’est bien le rétrécissement des liquidités, délibérément mis en place par la Fed, qui cause et aggrave le mouvement : à la fois par la remontée des taux et par la fin de l’assouplissement quantitatif dont les effets restent difficiles à évaluer alors que le système financier global n’a jamais été aussi endetté.

Selon une étude de 122 récessions dans des économies riches depuis 1960 réalisée par le FMI, ces contractions économiques sont généralement précédées par un ralentissement du crédit quatre à cinq trimestres plus tôt. On pourrait ajouter que, cette chose étant acquise, toute décision de faire ralentir le crédit accepte implicitement, voire recherche la conséquence : la récession.

Sans aller jusque-là, et même si les chiffres actuels ne permettent pas de prédire une crise imminente, ils contredisent en tout cas l’exubérance des investisseurs persuadés que le monde est à l’orée d’un nouveau boom économique.

 

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Le shadow cabinet de Marine Le Pen

Début 2016 – La présidente du FN se prépare activement pour 2017 et elle envisage de monter un gouvernement bis. Marion Maréchal Le Pen s’amuse régulièrement à citer en disant qu’ils pourraient rejoindre un gouvernement FN : Henri Guaino, Alain Marsaud, Jacques Myard, Thierry Mariani ou encore Eric Ciotti …

« l’euro peut se disloquer avec ou sans Marine Le Pen » : Et c’est ce qui est en train de se produire, les Français et les Allemands n’en peuvent plus (les élites traditionnelles j’entends) – c’est ce que je vous ai expliqué il y a bien longtemps …. Il ne faut pas rêver ! (cf notamment Fin de l’Euro – Pendant que l’élite Européenne entame le « processus » à Davos, Marine Le Pen s’aligne et affine Sa « stratégie »

Le shadow cabinet de Marine Le Pen

Tiens, Marine Le Pen fait à nouveau à la une du Wall Street Journal d’aujourd’hui…

Elle a débauché des parasitocrates, membres du cercle très fermé « Les Horaces », pour préparer ses 100 premiers jours, nous rappelle le quotidien américain de la Finance Sans Visage. Les Horaces compteraient environ 80 membres « tous diplômés et appartenant à l’élite de la nation, […], hauts fonctionnaires, chefs d’entreprises, énarques, avocats ou anciens membres de cabinets ministériels », selon LCI. Le seul membre non anonyme est l’énarque Jean Messiha.

Les Horaces se retrouvent une fois par mois avec Marine Le Pen pour faire le point sur leurs travaux. Les deux principaux thèmes de travail sont la sortie de l’OTAN et la sortie de l’Union européenne et de l’euro.

En cas de victoire, Les Horaces sortiraient de l’ombre de l’anonymat et prendraient les postes clés du gouvernement. N’oublions pas que Marine Le Pen se revendique candidate « hors système », tout comme… euh… tout le monde sauf Fillon et Hamon.

The Wall Street Journal :

« Certains Horaces sont employés par de grandes entreprises cotées et ne peuvent ouvertement se rallier à Mme Le Pen qui a décrit les élections comme ‘un référendum contre les mensonges des élites auto-proclamées’ ».

Marine Le Pen n’est pas sans ressemblance avec Donald Trump. Elue, elle aura probablement autant de mal à réunir une majorité que Donald. Son programme s’enlisera dans la haute administration française et européenne, tout comme celui de Donald.

marais

La Parasitocratie tient bien les affaires en main et n’est pas prête à les lâcher. Même en cas de dislocation de l’euro, elle restera aux commandes.

Car oui, l’euro peut se disloquer avec ou sans Marine Le Pen. Si l’inflation progresse dans certains pays d’Europe, la BCE sera bien obligé de choisir son camp : soit relever ses taux directeurs pour protéger le pouvoir d’achat des buveurs de bière allemand, polonais, belges, autrichiens… soit laisser filer l’inflation pour complaire aux buveurs de vin français, grecs, portugais, italiens. Chacun voudra reprendre ses billes et sa liberté de gestion… mais pour continuer l’arnaque dans son coin.

Comme nous l’écrivons tous les jours, la cause de nos malheurs n’est pas dans l’euro, le franc ou tout autre monnaie administrée par une banque centrale quelconque.

La cause de nos malheurs réside dans le principe même d’une monnaie administrée par une « élite auto-proclamée » et l’existence des « banques centrales » qui ne sont jamais indépendantes du gouvernement car on ne mord jamais la main qui vous nourrit.

Margaret Thatcher pensait que « le socialisme ne dure que jusqu’à ce que se termine l’argent des autres ». C’est peut-être vrai pour le Venezuela. Ce pays – disposant de sa souveraineté monétaire et d’une manne pétrolière – est en faillite en raison de l’assèchement de ses réserves monétaires.

Les prêteurs étrangers se méfient désormais. Même les camarades-capitalistes-chinois ne veulent plus soutenir le pays.

Mais lorsque vous pilotez un merveilleux système dans lequel l’argent est remplacé par du crédit adossé à du vent (le créditisme) vous n’avez besoin que de crédulité pour durer. Ce capital de crédulité semble, pour le moment, inépuisable…

Les Horaces y veilleront.

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Pour ne pas parler de Macron, cette marionnette fabriquée de toute pièces …

 
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Publié par le 28 mars 2017 dans économie, général, Politique

 

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Indispensable : A l’intention des Français inquiets d’une sortie de l’euro

Ceux qui souhaitent un retour au franc sont très minoritaires (28%), trois quarts des Français sont contre.

et qui n’ont aucune raison de l’être…

Un texte indispensable à la veille de la présidentielle. Comme de coutume, j’ai lu ce texte d’économie avant de le publier et il  est clair et abordable par tous. Manifestement, Jacques Sapir s’y est appliqué . Reprenant une à une les questions que nous nous posons face à cette éventualité, il y répond point par point en évitant les considérations trop techniques.

Nous avons affaire, comme pour le Brexit, à une propagande mensongère qui tire à boulets rouges sur tout candidat qui envisagerait cette option.  Nous devons absolument nous engager pour les années à venir en toute connaissance de cause.

Je remercie par avance chacun des lecteurs du blog qui fera l’effort de lire cet article, il est important.

Effaré par l’ampleur des méconnaissances, mais aussi parfois par la mauvaise foi, des journalistes et des hommes politiques qui s’expriment sur la question de la sortie de l’Euro, j’ai décidé de rassembler ici certaines des principales questions qui se posent.

On peut parfaitement comprendre que nos concitoyens se posent des questions sur une possible sortie de l’Euro et un retour au Franc, et ce d’autant plus que désormais 5 des candidats à l’élection présidentielle de mai 2017 (soit Asselineau, Cheminade, Dupont-Aignan, Le Pen et Mélenchon) en parlent.

Ces questions sont légitimes. Ce qui, par contre, ne l’est pas est le sentiment de panique que l’on cherche à produire dans l’opinion française sur ce sujet. Il devrait être de la responsabilité des journalistes et des hommes politiques (du moins de certains) de ne pas chercher à indûment inquiéter les français. Constatant que ce n’est pas le cas, que très souvent des propos contradictoires avec des textes officiels de l’Union européenne sont tenus, j’ai décidé à publier cette suite de questions-réponses pour éclairer le débat.

 

Comment va se faire le passage de l’Euro au Franc ?

Rien de plus simple ; l’ensemble des comptes et des contrats en France seront re-dénominés de l’euro au franc au taux de 1 pour 1. Admettons qu’un foyer dispose de 1200 euros sur son compte courant, d’une assurance-vie de 50 000 euros, qu’il paye un loyer de 800 euros, et qu’il se soit endetté de 3000 euros pour acheter une voiture. Du jour ou se fait la conversion, il a 1200 « nouveaux » francs sur son compte courant, 50 000 francs sur son assurance-vie, le loyer de son appartement est de 800 francs et sa dette de 3000 francs. Lors de la conversion, les règles s’appliqueront à tous les comptes, tous les contrats et toutes les dettes en France.

Seront appliquées les règles établies lors du passage du franc à l’euro (sauf pour la valeur de la conversion », telles qu’elles sont précisées dans le règlement de l’Union européenne Règlement (CE) nº 1103/97 du Conseil du 17 juin 1997 fixant certaines dispositions relatives à l’introduction de l’euro[1], règlement qui précise à ses points n°8 et n°9 :

  • (8) considérant que l’introduction de l’euro constitue une modification de la loi monétaire de chacun des États membres participants; que la reconnaissance de la loi monétaire d’un État est un principe universellement reconnu; que la confirmation explicite du principe de continuité doit entraîner la reconnaissance de la continuité des contrats et autres instruments juridiques dans l’ordre juridique des pays tiers;
  • (9) considérant que le terme «contrat» utilisé dans la définition des instruments juridiques englobe tous les types de contrats, indépendamment de la manière dont ils ont été conclus;

 

L’épargnant français sera-t-il ruiné par le passage de l’Euro au Franc ?

Comme il a été expliqué plus haut, la totalité des comptes bancaires et des contrats d’assurances seront re-dénominés de l’euro vers le (nouveau) franc au taux de 1 pour 1. Les valeurs mobilières verront, si elles sont cotées à la bourse de Paris, de même leur valeur automatiquement re-dénominée. Pour les biens immobiliers, cela dépendra de l’évolution du marché de l’immobilier ; mais on peut penser que le passage de l’euro au franc aura tendance à faire monter les prix de l’immobilier. D’une manière générale l’épargne ne sera pas touchée par cette re-dénomination. Il faut, pour la suite voir dans quel pays elle sera utilisée, et cela implique de regarder l’impact de la sortie de l’euro sur le taux de change.

 

La sortie de l’Euro va-t-elle provoquer une explosion des dettes publiques ?

Les dettes négociables émises par le gouvernement français ont été émises à 97% en droit français. Cela signifie que 97% des montants seront intégralement re-dénominés de l’euro au (nouveau) franc, et ce pour la même valeur. Ceci correspond au principe de droit international qui s’appelle la « loi monétaire », principe reconnu par la totalité des tribunaux tant français qu’étrangers. Je rappelle que ce principe fut explicitement mentionné dans le règlement nº 1103/97 du Conseil du 17 juin 1997, règlement cité plus haut, et qu’il fut utilisé sans problème lors de l’abandon du franc pour l’euro. L’euro s’était d’ailleurs fortement déprécié pendant les premières années (de 1999 à 2003). Il n’y a eu aucune protestation de détenteurs américains de la dette française (ou italienne, ou allemande).

C’est Nicolas Sarkozy qui, le premier, à parlé de cette « explosion de la dette » qu’une sortie de l’euro provoquerait, et sur ce point soit il ne connaissait pas la loi (étrange.. ?) soit il a menti.

 

Admettons que sur le stock des dettes existantes il ne se passe rien. Mais, l’Etat continuera d’émettre de la dette, ne serait-ce que pour payer une partie des dettes existantes. On estime à 200 milliards par an cette somme. Une sortie de l’euro ne provoquerait-elle pas une forte hausse des taus d’intérêts ?

Il est exact que le besoin d’endettement de la France est d’environ 200 milliards (« nouvelle » dette et « ancienne » dette cumulées). Les opérateurs étrangers vont pénaliser la dette française par rapport à la dette allemande. Mais ils le font déjà ! Il faut savoir que les taux auxquels la France emprunte sont plus élevés de 0,50% à 0,75% que ceux de l’Allemagne. Cet écart pourrait-il augmenter ? Pas de manière importante car le besoin des investisseurs de placer de l’argent est très important, et le volume des émissions de dettes allemandes sont réduits. La hausse des taux serait alors le produit d’une concurrence entre les taux français et les taux italiens ou espagnols. Et les investisseurs auraient plus confiance dans le Franc que dans la Lire…

Mais, ces 200 milliards peuvent être souscrits par des banques opérant en France (qu’elles soient françaises ou non) si on rétablit la loi rendant impératif à ces banques de détenir un certain pourcentage de leur bilan en dettes publiques françaises. Ce mécanisme a existé et bien fonctionné, des années 1950 aux années 1980. Il permet au gouvernement de rediriger les investissements des banques françaises, mais aussi des banques étrangères opérant en France. Avec ce mécanisme, les taux n’augmenteraient pas plus que ce qu’autorise de fait le gouvernement.

Voilà pourquoi les annonces catastrophistes sur une « forte » hausse des taux sont irréalistes et irresponsables[2].

Pour le reste, je renvoie les lecteurs à l’étude faite par Cédric Durand et Sébastien Villemot sur les conséquences d’une sortie de l’Euro pour les entreprises et les banques françaises[3]. Dans cette étude figure la table suivante sur les « risques financiers » d’une sortie de l’Euro.

Source : Durand C. et Villemot S., Balance Sheets Effects of an Euro Break-Up, OFCE, http://www.ofce.sciences-po.fr/blog/balance-sheets-effects-of-a-euro-break-up/

 

Qu’adviendra-t-il du taux de change du (nouveau) Franc une fois effectuée la sortie de l’Euro ?

Le (nouveau) Franc verra son taux de change fixé par les marchés, sous réserve de mesures conservatoires que le gouvernement pourrait (et devrait) prendre, comme un contrôle des capitaux. A la suite de nombreuses discussions avec des traders opérant sur les taux de change on peut faire le pronostic suivant :

  • Le taux de change du Franc par rapport à « l’euro-maintenu » (soit l’Allemagne, et les pays qui étaient dans la zone Mark, baisserait. Plus précisément, la sortie de la France de la zone Euro provoquerait un mouvement d’appréciation de l’euro-Mark, mouvement que l’on peut estimer entre 20% et 30%.
  • Le taux de change du Franc par rapport au Dollar des Etats-Unis (et à la « zone Dollar ») baisserait entre -5% et -10%. Rappelons que la « zone Dollar » inclut la Chine, la Corée du Sud et Taiwan.
  • Par rapport aux autres pays européens, dont on peut penser qu’ils imiteraient la France rapidement (dans un délai de 3 à 6 mois), comme l’Espagne, la Grèce, l’Italie et le Portugal, le Franc s’apprécierait d’environ +3%-+5% par rapport à l’Italie et à l’Espagne, +10% par rapport au Portugal, +20%-+30% par rapport à la Grèce.

Une sortie de l’Euro, et la dissolution de fait de la zone Euro que cela entraînerait, conduirait à une redistribution des parités monétaires et non simplement une dévaluation du Franc. Rappelons que le gouvernement français pourrait contrôler ce processus par un mécanisme de contrôle sur les mouvements à court terme des capitaux.

 

Quelles seraient les conséquences pour le consommateur ? Ne verrait-on pas les prix augmenter subitement très fortement ?

Rappelons d’abord que dans le budget d’un ménage, une large part des dépenses se fait pour des produits ou des services fabriqués en France. La part dans nos dépenses des produits importés est inférieure, en moyenne, à 40%. Dans cette part, les prix des produits fabriqués en Allemagne augmenteraient fortement (+20% à +30%). Les prix des produits issus de la Zone Dollar augmenteraient faiblement (+3% à +5%), les prix des produits importés d’Italie, d’Espagne, du Portugal ou de Grèce baisseraient.

Penons le cas du carburant. Le pétrole est acheté en dollars, puis raffiné en France. Mais, dans l’essence (ou le gazole) payé à la pompe, il faut savoir qu’il y a une très forte part d’impôts, de 60% à 75%. Donc, la hausse à la pompe induite par la dépréciation du Franc par rapport au Dollar serait infime.

 

Mais, une dévaluation a toujours provoqué une hausse des prix ?

En fait, la situation actuelle est très différente de celle des années 1960 ou 1970. Plus qu’une « dévaluation », la sortie de l’euro provoquerait un mouvement de redistribution des parités des diverses monnaies par rapport au Franc. En cumulant les hypothèses les plus négatives, on arrive à une hausse de 3% des prix dans l’année qui suivrait cette sortie de l’euro. Mais, il faut aussi tenir compte du surcroît d’activité qu’impliquerait cette sortie, surcroît qui se ferait sentir pendant au moins 3 ans, et qui entraînerait un retour à l’emploi de 1,5 millions à 2,5 millions de personnes. Ce retour à l’emploi permettrait de régler les déficits des comptes sociaux et de baisser les cotisations sociales, rendant du pouvoir d’achat aux salariés.

 

Mais, le contrôle des capitaux dont vous parlez, c’est une inquisition ! L’Etat va vouloir savoir combien on détient quand on partira à l’étranger ?[4]

Le contrôle des capitaux s’appliquera essentiellement aux entreprises financières qui veulent soit placer à court terme de l’argent en France soit en placer (toujours à court terme) à l’étranger. Ces mouvements sont de la spéculation et celle-ci peut être dommageable pour l’économie. Ce sont donc ces mouvements là que le gouvernement devra contrôler, par le biais d’une taxe payée (en partie) lors de l’opération et remboursable à partir d’un certain délai. Les dépenses correspondant à des opérations commerciales, des investissements à long terme, en seraient exemptées.

Pour les particuliers (vous et moi…) une franchise de 15 000 euros existera sur les comptes. On ne demandera des documents (factures, notes d’hôtels) que si vos dépenses à l’étranger vont au-delà.

 

J’ai par ailleurs publié ces dernières semaines plusieurs notes sur la question de l’euro. En voici la liste avec les adresses précises sur mon carnet RussEurope.

1. Une note porte spécifiquement sur le statut légal des dettes en cas de sortie de l’euro, et montre que cette sortie ne serait certainement pas assimilable à un défaut, contrairement à ce qui est affirmé (un règlement européen reconnaît la Lex Monetae).

Lex Monetae et droit européen

https://russeurope.hypotheses.org/5835

 

2. Deux notes sont des réponses à l’Institut Montaigne et critiquent la description « catastrophistes faite d’une sortie de l’euro :

Les cauchemars idéologiques de l’Institut Montaigne et la sortie de l’Euro

https://russeurope.hypotheses.org/5790

Une sortie de l’Euro

https://russeurope.hypotheses.org/5754

 

3. Une note examine les mesures d’accompagnement qui seraient nécessaires dans le cas d’une sortie de l’euro

Un sortie de l’Euro (suite)

https://russeurope.hypotheses.org/5758

 

4. Une note porte sur le statut international de l’euro (comme monnaie de réserve)

L’échec international de l’Euro

https://russeurope.hypotheses.org/5831

 

5. Une note porte sur les origines historiques de l’euro

Les origines de l’Euro

https://russeurope.hypotheses.org/5829

 

6. Une note porte sur l’impact de l’euro sur l’Italie

L’Italie, l’Euro et Berlusconi

https://russeurope.hypotheses.org/5810

 

 

[1] http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex:31997R1103

[2] N’en déplaise à M. Delhommais, dans Le Point, http://www.lepoint.fr/economie/delhommais-les-aberrations-monetaires-de-marine-le-pen-24-03-2017-2114445_28.php

[3] http://www.ofce.sciences-po.fr/blog/balance-sheets-effects-of-a-euro-break-up/

[4] http://www.boursorama.com/actualites/l-etat-regardera-sur-notre-compte-en-banque-quand-on-partira-en-voyage-en-cas-de-sortie-de-l-euro-selon-l-economiste-jacques-sapir-59a17e401d93e4d9c7de00ca147cdf6e

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Publié par le 27 mars 2017 dans économie, général, International, Politique

 

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La partie est finie : Les banques s’effondrent

La partie est finie .

Avec la courbe des rendements plus plate que avant l’élection de Trump, et les taux qui s’effondrent, la réforme est le dernier espoir pour les bulls (haussiers) bancaire … (graph ci dessus)

 

Après la débâcle de vendredi, il semble que les investisseurs ont perdu patience …

Les banques sont maintenant dans le rouge YTD … (sur un an)

Vous Pensez que les banques sont survendues ? Peut être pas…

 
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Publié par le 27 mars 2017 dans économie, général, International

 

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L’aggravation de la crise bancaire européenne menace les contribuables

Il se passe tellement de choses en Europe, et si vite, qu’il est difficile de suivre en ce moment. Si l’attention est focalisée sur la scène politique, notamment les élections aux Pays-Bas, Reuters a publié un rapport avertissant que le secteur bancaire européen pourrait être exposé à un risque encore plus important sur les créances douteuses si la BCE se met à réduire son QE, un processus déjà entamé, même si très timidement.

Le stock total de prêts non-productifs dans l’Union européenne est estimé à plus d’un trillion d’euros, soit à 5,4 % des crédits en cours, un niveau trois fois supérieur à celui des autres régions majeures du monde. En creusant à l’échelle nationale, c’est encore plus effrayant. Actuellement, 10 des 28 pays de l’Union européenne ont un ratio de prêts non-productifs de plus de 10 % (soit au-dessus de ce qui est considéré comme sûr). Et parmi les pays de la zone euro, dans laquelle les politiques de la BCE ont un impact direct, voici les champions du crédit non-performant :

  • Chypre : 49 %
  • Grèce 46,6 %
  • Slovénie : 19,7 %
  • Portugal : 19,2 %
  • Italie : 16,6 %
  • Irlande : 15,8 %

Permettez-nous d’insister là-dessus : en Grèce et à Chypre, soit deux des pays de la zone euro qui ont bénéficié des plus gros plans de sauvetage, presque la moitié des crédits bancaires sont toxiques.

Il y a ensuite l’Italie, dont les 350 milliards de prêts non-performants représentent environ un tiers des créances douteuses de l’Europe en termes de montant. Les secteurs public et financier de l’Italie ont passé les 18 derniers mois à échouer spectaculairement dans leur tentative de trouver une solution à ce problème. Les deux banques pourries (« bad banks ») que sont les fonds Atlante I et Atlante II, utilisés pour débarrasser le bilan des banques de leurs actifs toxiques, sont l’équivalent d’un couteau à beurre censé parer un coup de machette. Ils sont tellement sous-financés qu’ils ont même eu du mal à maintenir à flot de petites banques régionales comme Veneto Banca et Popolare di Vicenza, qui implorent désormais l’aide de Rome implorant à son tour la clémence de Bruxelles.

Le peu de valeur qui reste aux fonds Atlante I et Atlante II ne cesse de fondre alors que la valeur des « actifs » qu’ils ont achetés, à des prix bien trop élevés (souvent à 0,40 € pour un euro de valeur initiale) poursuit sa baisse. La décision récente des deux plus grandes banques italiennes, UniCredit et Intesa Sao Paulo, de passer en perte une grande partie de leur investissement dans Atlante devrait sans aucun doute décourager le secteur privé d’injecter de l’argent frais afin de renflouer des banques plus fragiles.

Ce qui signifie que quelqu’un d’autre devra intervenir, et vite. Et ce quelqu’un, ce sera presque avec certitude le contribuable européen.

En février, le vice-président de la BCE Vitor Constancio a plaidé pour la création d’une toute nouvelle classe de banques pourries garanties par le gouvernement afin d’aider à l’achat du trillion d’euros de prêts non-performants qui putréfient sur les bilans des banques. L’idée de Constancio ressemble furieusement à la proposition antérieure faite par l’autorité bancaire européenne pour la création d’une énorme banque pourrie à l’échelle de l’Union. (…) Voici comment elle fonctionnerait, selon la présidente de l’ABE Andrea Enria :

« Les banques vendraient leurs crédits non-performants à l’entité et un prix reflétant la valeur économique réelle des crédits, qui sera probablement en dessous de la valeur de départ, mais au-dessus du prix du marché prévalant actuellement sur les marchés non liquides. Les banques éviteront donc probablement des pertes additionnelles.

Le gestionnaire de l’entité aura alors trois ans pour vendre ces actifs à des investisseurs privés. Il y aura une garantie de l’État membre de chaque banque qui transfère ces actifs à l’entité via des bons d’options sur chaque actif de la banque. Cela protégera l’entité de pertes futures si le prix de vente final de l’actif devait être en dessous du prix initial de transfert. »

L’un des gros avantages du lancement d’une banque pourrie à l’échelle de l’Union est qu’il éviterait une sorte de résistance publique qui aurait lieu au niveau national, selon Enria. Les banques italiennes pourraient continuer de vendre leurs créances pourries pour environ 0,40 € l’euro, même si leur valeur réelle, soit celle fixée par le marché, est souvent bien inférieure. La différence entre le prix du marché, lorsqu’il existe, et le prix que la banque reçoit pour ses créances pourries sera compensée par les contribuables européens.

Si le projet reçoit le feu vert, il préparera le terrain de l’une des plus grosses opérations ponctuelles de renflouement des banques européennes de l’histoire. Ce serait un plan Paulson (TARP) à l’européenne avec encore moins de garde-fous et de chances de récupérer un jour l’argent du contribuable. D’après un banquier cité par Reuters, même si l’Allemagne n’a pas encore approuvé le plan de l’ABE, l’Europe parle du développement d’un marché secondaire pour les crédits non-productifs comme étant une priorité. D’après Enria, l’ABE espère finaliser les choses « au niveau européen » au cours du printemps.

Le document inclut également des propositions pour une « restructuration du secteur bancaire » plus large alors que le souci des prêts non-productifs est traité par les États. Cela pourrait découler sur « des fusions entre les banques européennes après qu’elles se soient débarrassées de leurs prêts non-productifs », a déclaré un officiel du secteur bancaire.

Autrement dit, les contribuables européens pourraient potentiellement payer des centaines de milliards d’euros pour sauver une nouvelle fois les banques des conséquences de leurs propres actes ….

(….)

Suite et fin

 
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Publié par le 27 mars 2017 dans économie, général, International

 

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Sommes-nous à l’aube d’un changement de tendance ? Mardi a été la pire journée sur les marchés actions depuis 6 mois

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Le CAPE (cyclically adjusted price to earnings), dit aussi PER, qui correspond à la capitalisation boursière rapportée aux bénéfices, ajustés de l’impact du cycle économique est aujourd’hui largement considéré comme l’une des meilleures mesures de la cherté ou non des actions (si elles sont surévaluées ou sous-évaluées) Cet indicateur se situe actuellement autour des 29 points . Or ce seuil n’a été franchi à la hausse qu’à 2 reprises dans toute notre histoire : en 1929, juste avant le krach de Wall Street, et dans les derniers mois de l’euphorie de la bulle Internet à la fin des années 1990. 

Le rallye haussier auquel on a assisté après l’élection présidentielle américaine vient officiellement de prendre fin.

Après avoir flirté avec les sommets historiques ces deux dernières semaines, les actions américaines ont connu mardi, leur pire journée depuis 6 mois. Depuis un certain temps déjà, on sentait que l’élan de ce rallye haussier post-électoral s’était épuisé et qu’il fallait s’attendre à une correction de cette nature. Mais même si les actions américaines ont chuté de plus de 1% sur une seule séance boursière et ce pour la première fois depuis Septembre dernier, cela prendra beaucoup plus de temps avant de les voir revenir à leur juste valeur. En fait, les actions sont tellement surévaluées actuellement qu’il faudrait une chute d’environ 40 à 50% avant qu’elles ne retrouvent un niveau de valorisation raisonnable.

Malgré cette baisse d’1% ce mardi, le marché évolue toujours au sein d’une bulle boursière géante.

Et maintenant, faisons le bilan de ce à quoi nous venons d’assister ce fameux mardi.

-Le Dow Jones a baissé de 237.85 points (1,14 %)

-Le S&P 500 a baissé de 1,2%.

-Le Nasdaq était en baisse de 1,8 % à la clôture.

-Les valeurs financières ont baissé de plus de 2,5 % sur la séance.

-Globalement, ce fut la pire journée pour les valeurs bancaires depuis le jour du vote pour le Brexit.

-Bank of America est maintenant en baisse de plus de 10% depuis le discours de Donald Trump face au congrès.

-Le Russell 2000 (Indice US regroupant les mid et small caps) a chuté d’environ 2%.

Bien entendu, quelques grands noms de Wall Street avaient averti que cela arriverait. Marko Kolanovic fut l’un d’entre eux…

Marko Kolanovic a mis en garde à nouveau.

Jeudi dernier, 24h avant Le jour dit « des quatre sorcières » où toute une série de contrats futurs et d’options pour plus de 1400 milliards de dollars arrivaient à expiration, la banque JP Morgan avait mis en garde quant à « la fragilité du marché à court terme » et avait suggéré de « réduire l’exposition aux actions américaines ». Et bien entendu, le magicien JP Morgan avait encore une fois impeccablement prévu le coup. Certes, on ne sait pas encore si cette vente massive est liée au manque de voix pour abroger le programme Obamacare, ou si elle est liée aux craintes concernant l’ordre du jour de la politique budgétaire de Trump, ou au fait que le marché ait soudainement réalisé que le CAPE est de 30, c’est à dire que le S&P 500 se vend 30 fois les bénéfices par rapport à la médiane à long terme qui est de 16 (Sur cette base, le marché boursier est surévalué de plus de 70%). Mais peu importe, le plus important encore une fois, c’est que Kolanovic ait tiré la sonnette d’alarme quelques jours avant que cela ne se produise.

Bien entendu, les médias mainstream ont dit aux gens qu’il ne fallait pas s’inquiéter. Ils insistent sur le fait que ce n’est qu’un soubresaut temporaire et qu’il est très peu probable que nous assistions à une correction sur les marchés. Ce qui suit provient de CNN

Peu d’experts anticipent une correction de 10% des marchés par rapport au sommet atteint récemment. Et encore moins poindre à l’horizon, un marché baissier ou une baisse de 20% voire plus.

Espérons que CNN ait raison.

Mais il convient de souligner que des experts tels que Kolanovic viennent d’alerter sur le fait que nous pourrions assister à d’autres ventes paniques dans les prochains jours

En outre, la légère hausse de la volatilité à laquelle nous assistons commence à provoquer la sortie d’investisseurs sensibles à ces mouvements et en conséquence, cela pourrait entraîner un changement de tendance à court terme qui pourrait s’accompagner par des ventes modérées d’actions.

En d’autres termes, en l’absence d’un catalyseur positif au cours des prochains jours – de l’incertitude liée au vote pour le Trumpcare qui monte d’heure en heure, de la volatilité, des CTA qui nous informent d’un reversement de tendance, eh bien, tout ceci risque d’être le catalyseur de la prochaine correction qui aurait déjà dû avoir lieu.

Il faudra que nous vivions encore quelques moments comme celui de mardi avant que nous ne puissions parler d’une véritable crise financière, à savoir celle dont je mets en garde depuis longtemps, mais nous venons peut-être d’atteindre un tournant.

Les indices viennent d’atteindre un niveau jamais observé depuis les bulles de 1929, 2000 et 2007

Depuis l’élection présidentielle américaine, une grande partie de ce rallye haussier ne reposait que sur de l’espoir, c’était une période d’euphorie, mais pendant ce temps là, les chiffres économiques ont continué de se détériorer. Pour preuve, les bénéfices des entreprises sont en baisse, on s’attend à ce que la croissance du PIB des Etats-Unis soit d’environ 1% pour le premier trimestre, et les prix des véhicules d’occasion sont en baisse pour la première fois depuis la dernière récession

Aux États-Unis, les prix des voitures d’occasion ont chuté de 1,6 % par rapport au mois précédent en février. Ce dernier était le huitième mois consécutif de baisse des prix sur ce marché. C’est ce qui ressort des chiffres de l’Association nationale des concessionnaires d’automobiles (Nada).

Cette baisse est tout à fait inhabituelle dans la mesure où généralement, on constate une hausse des prix en février. Les experts du secteur s’attendaient d’ailleurs à une hausse de 1 %. De même, ce n’est que la seconde fois en vingt ans que les prix de vente des voitures d’occasion ont enregistré une baisse au mois de février. Il s’agit aussi de la plus forte baisse depuis novembre 2008, lorsque le déclenchement de la crise économique avait provoqué une une baisse de 5,6 %. Par rapport au mois de février de l’année dernière, la chute atteint 8 %.

La deuxième baisse avait eu lieu l’année dernière, mais elle avait été limitée à moins de 2 %.

Lorsque la Réserve fédérale a relevé ses taux, c’était un très mauvais signal lancé aux marchés actions, et si Donald Trump échoue à reformer l’Obamacare (à l’heure où je vous écris, la réforme est un échec et Trump s’est exprimé en expliquant ceci: « l’Obamacare finira par exploser toute seule, l’année qui vient pourrait lui être fatale ! »), ce sera encore une plus mauvaise nouvelle pour les actions.

Mais de toute manière, même sans aucune mauvaise nouvelle, il est inévitable qu’à un moment donné, nous assistions à une baisse du cours des actions.

Il n’est pas normal d’avoir des actions que se vendent jusqu’à 30 fois les bénéfices par rapport à la médiane à long terme qui est de 16 (Sur cette base, le marché boursier est surévalué de plus de 70%). Les seules autres fois où les ratios cours-bénéfices des sociétés étaient devenus aussi importants, c’était avant le krach boursier de 1929, avant le krach boursier de 2000 et juste avant la krach boursier de 2008.

A chaque fois que nous observons une telle déconnexion entre les fondamentaux économiques et les actions, eh bien, elles finissent toujours par corriger et reviennent à leur moyenne historique. Et si un un événement ou deux de type « cygne noir » surgissait, cela pourrait faire plonger les actions à des niveaux de valorisations qui seraient bien inférieurs aux ratios historiques cours-bénéfices.

Le monde n’a jamais été aussi endetté qu’aujourd’hui, et ce même lorsque les marchés financiers s’étaient effondrés en 2008.

Actuellement, beaucoup de gens essaient de prévoir le jour où les marchés vont s’effondrer, et si vous pouviez le prédire avec précision, alors vous pourriez gagner énormément d’argent.

Mais ce n’est pas le sujet.

Tout le monde devrait être d’accord sur le fait que cette bulle au sein de laquelle évoluent les marchés boursiers et qui a été alimentée par l’intervention irresponsable et dangereuse de la Réserve Fédérale ne pourra pas durer indéfiniment. Les valorisations des actions seront inévitablement plus faibles à l’avenir qu’elles ne le sont aujourd’hui.

Nous devrions être content que cette bulle ait duré beaucoup plus longtemps qu’on ne l’aurait cru, car lorsqu’elle éclatera, les conséquences seront absolument terribles.

Les marchés ont tendance à descendre beaucoup plus rapidement qu’ils ne montent, et lorsque le Krach arrivera, celui de 2008 ressemblera à un pique-nique.

Il est grand temps de vous préparer, car la sonnette d’alarme à Wall Street commencent à sonner.

Source: theeconomiccollapseblog via BB

Le graphique ci-dessous représente la valeur de l’indice S&P 500 divisé par les résultats des entreprises. A nouveau, nous avons atteint des niveaux historiques : les entreprises n’ont jamais été aussi valorisés par rapport aux résultats qu’elles sont capables de délivrer. Lorsque (et non pas si) la bulle éclatera, la chute sera sévère.

Le marché n’a été aussi proche du niveau actuel de 11,3 que durant quelques mois de pure frénésie de marché au début du siècle, en 1999.

Zerohedge

P/E Ratio

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Publié par le 27 mars 2017 dans économie, général, International

 

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Vers un effondrement de civilisation ?

Le scientifique François Roddier, astronome et physicien, spécialiste des questions de thermodynamique et de leurs rapports avec l’évolution des civilisations, donne ici une interprétation thermodynamique de l’hypothèse de l’effondrement de notre civilisation. Bien plus qu’un « sujet à la mode » et malgré qu’il le soit parfois dérisoirement, l’hypothèse de l’effondrement de notre civilisation est d’abord une très haute et très pressante exigence intellectuelle et spirituelle des événements de notre temps présent, ceux que nous voyons défiler chaque jour, dans une sorte de vertige métahistorique. Nul ne peut y être indifférent, parmi ceux qui n’acceptent pas une soumission aveugle et mécanique au Système. Chacun y apporte la contribution de son savoir et de ses connaissances, dans son domaine et dans l’esprit de la recherche d’une compréhension générale.

Vers un effondrement de civilisation ?

Après avoir lu l’article Welcome To The Next Awakening de Neil Howe, j’ai mis sur la version anglaise de mon blog un texte, About secular cycles, en accord avec les grandes ligne de cet article et en donnant une explication générale. Depuis lors, Pepe Escobar et maintenant Alastair Crooke ont aussi publié des articles sur ce sujet et dedefensa, commentant l’article de Crooke, a écrit : « Il y a maintenant plusieurs années qu’on ne mesure plus les possibilités de crise aux seuls chiffres du chômage, de la Bourse ou de la croissance, mais que le sentiment général est celui d’une crise de civilisation en train de se préparer ou déjà en train de se dérouler, affectant par définition tous les domaines, un bouleversement à la fois métahistorique et eschatologique»

C’est bien une énorme crise de civilisation qui est en train de se préparer. J’ai donc traduit et en partie repris mon texte pour le présenter ici sur ce blog, dont je me sens très proche : entropie oblige !

Dans un livre intitulé The Fourth Turning : An American Prophecy » 1, William Strauss et Neil Howe affirment qu’en Amérique (et par extension, dans la plupart des autres sociétés modernes), l’histoire se déroule selon un cycle récurrent de quatre générations, impliquant que l’Amérique se dirige maintenant vers un « quatrième tournant » durant lequel le populisme, le nationalisme et l’autoritarisme étatisé pourraient être à la hausse. L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis est aujourd’hui largement considérée comme un tournant dans la vie politique de ce pays. Cela semble confirmer leur prédiction.

J’ai déjà parlé des cycles économiques  et de l’évolution des opinions politiques sur mon propre blog. Comme je suis arrivé à une conclusion analogue à celle de Strauss et Howe, cela m’incite à résumer ici plusieurs billets de ce blog.

Des cycles récurrents ont été signalés depuis longtemps en économie, d’abord par Clément Juglar en 1862, puis par Joseph Kitchin en 1920. Ce sont des cycles économiques dont les périodes typiques sont inférieures à 10 ans. Un économiste russe, Nicolaï Kondratiev, a été le premier à montrer l’existence de cycles économiques ayant une période beaucoup plus longue, typiquement de 45 à 60 ans. L’économiste autrichien Joseph Schumpeter a interprété ces cycles comme dus à la récurrence dans les innovations, processus qu’il a qualifié de « destruction créatrice », tandis que Simon Kuznets et plus récemment Thomas Piketty ont montré leur relation avec la répartition inégale du revenu.

Dans leur livre publié en 2009 2, les historiens Peter Turchin et Sergei A. Nefedov ont montré l’existence de cycles séculaires en Histoire. Ces cycles démographiques sont de même longueur que ceux de Howe et Strauss, avec des virages successifs, appelés « phases », décrits comme une phase de dépression suivie d’une phase d’expansion puis d’une phase de stagflation. Selon leur description, l’élection de Trump marquerait le début d’une phase de crise.

Dans mon propre livre 3, j’ai expliqué que les sociétés humaines sont des « structures dissipatives », un terme d’abord inventé par Ilya Prigogine. Les physiciens réalisent aujourd’hui que toutes les structures dissipatives de l’univers s’auto-organisent, suivant un processus universel appelé « transition de phase continue ». Ce processus a été mis en évidence pour la première fois en physique des particules et en cosmologie. Un physicien danois nommé Per Bak 4 a montré qu’il s’applique aussi bien aux écosystèmes, à notre cerveau ou à l’économie humaine. Il l’a nommé « criticalité auto-organisée ».

La criticalité auto-organisée consiste en cycles de même nature que les cycles de Carnot d’un moteur thermique, autour d’un point critique. Les oscillations consistent en une transition de phase lente dite continue, suivie d’une transition rapide dite abrupte. La transition continue, aussi appelée macro-évolution, donne naissance aux grands animaux, aux plantes de longue durée de vie, ou aux grandes structures économiques telles que l’URSS et l’Europe. Les biologistes appellent cette phase « sélection K ».

Au cours de la transition de phase abrupte, appelée aussi microévolution, les grandes structures se dégradent ou disparaissent et donnent naissance à des structures plus petites et plus adaptables telles que des petits animaux, des petites plantes ou des structures économiques comme les villes en transition. Les biologistes appellent cette phase « sélection r ».

Selon ce schéma, nos civilisations actuelles aborderaient une transition de phase abrupte, durant laquelle les États-Unis ou la communauté européenne pourraient se scinder, au moins partiellement comme l’a fait le bloc soviétique. Suivra ensuite une lente transition de phase dite continue, durant laquelle l’humanité tout entière pourrait progressivement former une seule et même civilisation planétaire.

Pour explorer davantage ce processus, j’ai identifié les cycles économiques à des cycles de Carnot décrits par les variables traditionnelles P, V, T, mais pour lesquels P reflète ce que les économistes appellent la « demande » et joue le rôle d’une pression sociale. La variable V représente le « volume » de la production (quantité d’objets manufacturés). La variable T mesure ce que j’ai appelé la « température » de l’économie, et que l’on peut assimiler à ce que les économistes appellent « l’offre ». Le revenu $ joue le rôle de l’entropie. Dans un état stable, l’équilibre entre l’offre et la demande est donné par l’équation P.dV = T.d $. (avec les variables habituelles l’équation est P.dV = T.d S).

À un instant donné, l’état d’un ensemble économique peut être représenté par un point dans l’espace (P, V, T). L’ensemble des points se trouve sur une surface décrite par une équation d’état de l’économie. Cette équation d’état est analogue à celle des fluides condensables. Comme un fluide, une économie peut se condenser en deux phases distinctes : une économie de gens riches et une économie de gens pauvres. Ces deux économies se dissocient l’une de l’autre, à l’intérieur d’un certain domaine représenté en sombre sur la figure 2a ou à l’intérieur du pli dans la figure 2b.

point critique
Figure 2. L’état d’une économie peut être décrit par un point sur la surface ci-dessus. C est appelé point critique, d’où le nom de criticalité auto-organisée.

La figure 2a représente l’équation bien connue de Van der Waals pour les gaz réels, mais tournée de 90° dans le sens direct. Les trois axes de coordonnées sont toujours P, T, V maintenant désignés sous leur appellation économique de demande, offre et production. La production économique étant une grandeur extensive, celle-ci est maintenant portée sur un axe vertical en fonction des deux grandeurs intensives que sont l’offre (vers l’arrière) et la demande (vers la gauche). Les courbes dites « isothermes » sont les lignes le long desquelles l’offre reste constante. La figure 2b représente la même surface avec une vue perspective. À mesure que l’économie évolue, son point représentatif tourne autour du point critique C, passant d’une phase de dépression à une phase de dilatation, puis à une phase de stagflation, processus qui rappelle l’image de Schumpeter d’une tornade.

La figure 2 montre que pendant la phase de crise, deux économies coexistent dans le même pays, de la même manière que deux phases, comme le liquide et le gaz, coexistent dans le même fluide lors d’une transition de phase abrupte. À tout moment, la production peut chuter du niveau supérieur, où l’ancienne économie basée sur les énergies fossiles s’effondre, jusqu’au niveau inférieur où une nouvelle économie fondée, espérons-le, sur des énergies renouvelables, prend le relais.

Figure 3. Modèle de métamorphose de Mensch. Entre les flèches a et b, les économies successives se chevauchent comme dans la fig. 2.

Ce schéma se compare bien au « modèle de métamorphose » développé par l’économiste allemand Gerhard Mensch dans les années soixante-dix 5. Ce modèle est représenté sur la fig. 3 reprise de son livre. Aujourd’hui, le modèle de métamorphose de Mensch est largement utilisé chez les économistes schumpeteriens. Il a même été utilisé par des historiens tels que Giovanni Arrighi. 6

Le circuit de la figure 2a représente un cycle économique arbitraire autour du point critique. Projetée dans le plan production/demande, son aire représente l’énergie dissipée au cours d’un cycle. Celle-ci étant positive, la rotation a nécessairement lieu dans le sens des aiguilles d’une montre. Par analogie avec les fluides, la partie du cycle située dans la zone sombre a été représentée par une « isotherme » de condensation, ici un segment de droite verticale.

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Cette zone sombre est dans un plan vertical. Il paraît naturel de l’identifier à une zone d’effondrement de l’économie, zone baptisée « falaise de Sénèque » par Ugo Bardi. Dans cette zone d’instabilité, la production s’effondre verticalement, quelle que soit l’offre (température) ou la demande (pression) correspondante. L’effondrement de la production s’interprète alors par le fait que les gens pauvres ne peuvent plus acheter ce que produisent les gens riches. Peu à peu, l’ensemble de la population s’appauvrit.

Le cycle économique de la figure peut être suivi et interprété de la façon suivante. Si l’on part du pied de la falaise, la production économique commence par passer par un minimum. Cette partie du cycle se caractérise par une pénurie de biens matériels et une demande grandissante. Elle est clairement identifiable à la phase de dépression de Turchin et Nefedov. On arrive ensuite dans la partie gauche du cycle durant laquelle la production économique reprend. Cette partie se caractérise par des inégalités de richesses faibles et une absence quasi-totale de chômage. L’offre tend à satisfaire la demande et la production augmente. La paix et le bien-être s’étendent, de sorte que la population tend à croître. C’est la phase dite d’expansion de Turchin et Nefedov.

Une fois satisfaite, la demande tend à décliner mais, liée aux investissements, l’offre se maintient. On arrive dans la zone chaude de l’économie de luxe. Celle-ci suit des lois proches de celles des gaz parfaits. L’offre y maintient la demande, de la même façon que la température maintient la pression dans une chaudière. Les gens riches sont de plus en plus nombreux, mais peu à peu la production stagne et le chômage s’installe. C’est la phase de stagflation de Turchin et Nefedov. On arrive alors au bord de la falaise de Sénèque, du haut de laquelle la production économique s’effondre. Les sociétés tombent en faillite, les populations se soulèvent et les gouvernements sont renversés. C’est la phase de crise de Turchin et Nefedov.

Semblables à Sisyphe, les civilisations portent le fardeau de la production le long de leur ascension économique, jusqu’au sommet de la falaise d’où elles voient le fruit de leur labeur s’écrouler. Au pied de la falaise, de nouvelles civilisations prennent le relais.

François Roddier

Notes

  1. The Fourth Turning : An American Prophecy,Broadway (1997).
  2. Secular cycles, Princeton (2009).
  3. La thermodynamique de l’évolution, un essai de thermo-bio-sociologie, Parole (2012)
  4. How Nature Works, Springer (1996).
  5. Stalemate in Technology,Ballinger, Englished. (1979).
  6. The Long Twentieth Century, Verso (1994, 2010).
 

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